La Revue moderne., 1 janvier 1926, janvier
JANVIER 1926 MONTREAL, CANADA 7e ANNEE, No.3 mm IA REVUE MODERNE L'ENFANT BLOND (Collection Il .Londres) Avec le "Chiffre d'Amour " et "La Balançoire," celte exquise étude d'un enfant blond est une des œuvres les plus célèbres de Fragonard dans la collection WaJlace.REVUE MENSUELLE PRIX: 25 SOUS En Avant! Amateurs de Sports d9Hiver! La saison des sports d'hiver s'est ouverte cette année, à Québec, au milieu d'un enthousiasme qui fait bien augurer de son succès.La vieille capitale sera de nouveau le rendez-vous d'une foule d'amateurs de toutes les parties du continent.L'Association des Sports d'Hiver de Québec a préparé un programme d'amusements qui saura satisfaire les plus exigeants.Ski, raquette, patin, bobsleigh, curling, toboggan, courses de chiens esquimaux.Tous les Sports au choix.Le grand " derby " d'attelages de chiens, arrêté pour les 18, 19 et 20 février prochain, sera le clou du Carnaval.Venez en foule à Québec cet hiver.Venez vous y livrer à votre sport favori, dans un cadre historique et éminemment pittoresque.Le Château Frontenac vous accueillera et saura rendre fort agréable votre séjour dans la vieille cité de Champlain.Billets et renseignements de tout agent du | Pacifique Canadien | Janvier 1926 LA REVUE MODERNE 1 Les Grands Reportages Français (Jn exemplaire cnooyé aussitôt sur demande Le Courrier de France Directeur: MAXIME BAZE 106, Boulevard Haussmann PARIS ECRIVEZ-NOUS Si vous avez besoin d'un renseignement, d'une aide, d'un conseil, d'un appui politique pour une cause d'intérêt général.Nous vous aiderons et vous renseignerons sur tout car parlementaires éminents, avocats de grand talent, gens de théâtres, de lettres, d'affaires, de commerce, d'usines, tous de tout premier ordre, par notre intermédiaire vous tendrons la main.Joindre des timbres-poste pour la réponse.LA SOCIETE D'ADMINISTRATION GENERALE, 86, BUE SAINT-JACQUES, Edifice du Crédit Foncier Franco - Canadien Capital souscrit : $500,000.„ ., ., , Capital payé: $250,000.Réserve et Profits non distribués: $110,323.15.Fonds Administrés et fiduciaire pour Emissions d'Obligations: $32,050,132.79 Administration de Successions de Fldél-commls de Fortunes Privées Téléphones on écrivez pour renseignements.Syndic autorisé du Gouvernement Fédéral pour les liquidations et faillites VOUTES DE SURETE ASSURANCES: Incendie, Bris de glaces, Automobiles, etc.¦ direction SIB HOBMISDAS LAPOBTE, Président J.-THEO.LECLEBC, Directeur Général.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Capital autorisé.$5,000,000.00 Capital payé et réserve.4,500,000.00 350 succursales et sous-agences dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et de l'Ile du Prince-Edouard.Président: L'Hon.SIR H.LAPORTE, C.P.Vice-Président : M.W.-F.CARSLEY, Vice-Président : M.Tancrède BIENVENU.extrait des reglements approuves par les actionnaires Aucun prêt ne sera fait par la Banque à ses Directeurs ni à aucun d'eux.Un montant égal à au moins cinquante pour cent (50%) de tous les dépôts d'Epargnes, tel que constaté par le dernier rapport au Gouvernement Fédéral, sera tenu continuellement en espèces, en prêts garantis par actions ou obligations, et autres valeurs facilement négociables.Bureau de contrôle pour le département d'épargne (Commissaires-Censeurs) Président: L'Hon.N.PERODEAU, Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec.Vice-Président: L'hon.E.-L.Patenaude, c.p., m.p.p.L'Hon.Paul Tourigny, cl.- TELEPHONE EST 1235 - LA SOCIÉTÉ COOPÉRA TIVEDE FRAIS FUNÉRAIRES .242, RUE SAINTE-CATHERINE EST : MONTREAL Constituée en corporation par Acte du Parlement de la Province de Québec le 16 Août 189s.ASSURANCE FCNEBAIBE.—Nouveaux taux en conformité avec la nouvelle loi des Assurances, sanctionnée par le Parlement de la Province de Québec, le 22 Décembre 1916.Assurance pour Enterrements de la valeur en marchandises de $60.00.$100.00 et $160.00.Fonds de réserve en garantie pour les porteurs de POLICES approuvé par le Gouvernement.DÉPÔT DE $25,000.00 AU GOUVERNEMENT La première Compagnie d'Assaranee Funéraire aatoiisée par le Gouvernement.DEMANDEZ NOTRE PROSPECTUS 2 LA REVUE MODERNE Janvier 1926 Parfums Supérieurs de GODET Société au Capital de 1,400,000 frs.Neuilly-Paris.PRIX DE VENTE Petite Fleur Bleue 1 Oz.Flacon réclame.$1.00 l " " cristal.2 30 2} " " cristal.5.25 5 " " Baccarat.11 20 Porte Fleurs.9.50 Sous Bols 1 Oz.Flacon réclame.1 00 1 " " " .1 25 2 " " cristal.2 70 4 " " " .4 50 Divinité Chypre i O/ Flacon Petit Modèle____ 2.30 2J " " Luxe.5.25 Rose Ambrée, Parmi les Fleurs, Gentil Muguet, Le Gardénia, Brindilles, Violettes de Nice.1 Oz.Flacon Petit Modèle.1.25 2 " " Luxe.1.95 EAUX DE TOILETTE Petite Fleur Bleue, Le Chypre de Godet, Rose Ambrée 9 Oz.4.10 Sous Buis, Gentil Muguet, Parmi les Fleurs 5 Oz.2.15 9 " .3.25 LOTIONS 7 Oz.Petite Fleur Bleue.2.70 4 " Sous Bois.1.25 7 " Sous Bois.2.60 POUDRES No.50 Petite Fleur Bleue.0.75 1950 Ecrin 0.95 250 Sous Bois, Parmi les Fleurs, Gentil Muguet, Rose Ambrée.0.95 CREME TRESOR DE BEAUTE Pot Grand Modèle.0.95 Tube pour le Sac.0.25 En vente dans toutes les bonnes Pharmacies.Agents Exclusifs pour le Canada: Canada Import Company 14 Carré Phillips, Montréal TELEPHONE : LANCASTER 7614 Janvier 1926 LA REVUE MODERNE 3 £>Pemtft>STe.ft CONDITIONS— » _.ra» b H *• ¦ i.U R£VUC Afin rtaw- w P 4mm u P-ou Para I» éwnM 4* U R«*v I « b 4r»' t ¦ 11 « m 1111 ti • 11 • il ¦ t»0 tt 11 < ij^i >t il i t.MiiiiiiimiiiiiiHiiiiiiHMÏiiim7fiiiiiiiimmiii:ii™ Plus haut encore ! En pleine lumière! Par MADELEINE TV fOTRE Revue va de progrès en progrès, ] y et disons-le aussi de succès en succès ! Nos lecteurs comprendront parfaitement que nous exprimions aussi librement, comme aussi sincèrement, la joie immense que nous ressentons de l'ascension d'une œuvre qui nous est aussi ardemment chère, et que nous éprouvions le besoin d'en causer avec lui, le facteur le plus important, comme le plus sympathique de la réussite.Nous voudrions adresser à chacun de ceux qui, chaque mois s'attache à la lecture de notre publication, le merci qui nous monte tout simplement du cœur, et l'on nous permettra de l'inscrire ici, dans un hommage fervent de gratitude.En effet, le lecteur est l'ami, l'ami sûr et absolu, sur lequel, nous devons compter, et sans lequel notre action resterait stérile.Et ce lecteur, nous voulons le remercier et nous assurer de la constance de sa sympathique attention.Nous atteindrons ce but en nous tenant en communication constante avec lui, en questionnant ses goûts, en nous inspirant de ses suggestions, comme de ses conseils, en nous mettant enfin à la disposition complète de tous ceux qui aiment la Revue Moderne, et la secondent par leur propagande soutenue.Le lecteur peut devenir le collaborateur idéal, l'ami le plus dévoué, le conseiller le mieux avisé, car il lit tout, commente tout, apprécie tout.Il sait vite ce qu'il attend et ce qu'il désire.Nos amis sont sérieux, ils aiment le beau et l'art ; ils ne se laissent pas attirer par des lectures frivoles ou inutiles.Ce qu'ils recherchent dans la Revue Moderne, c'est l'écho de leurs sentiments patriotiques, l'amour de choses belles et saines, le respect des talents nationaux, et c'est encore le charme de la plus fine littérature française.Les articles littéraires les enchantent, les idées que nous préconisons leur deviennent chères, ils sentent tout de suite combien nous sommes anxieux d'avancer vers les meilleurs buts, tout en restant respectueux des traditions les plus nobles, comme les plus sacrées, et ils veulent encourager cet effort constant vers l'idéal, cette marche ascendante vers le progrès.Et puis, la Revue Moderne avec son souci de dignité, l'élégance de son allure, la discrétion de ses propos, la solidité de ses articles, la Revue Moderne qui porte un peu partout à travers le monde, la pensée canadienne-française, et qui est accueillie comme la représentante d'une race éclairée, fait un peu partie de la fierté nationale.Elle va vers l'étranger, simplement pour lui apprendre qu'il existe, dans une contrée toute neuve encore, un peuple dont elle résume l'âme éprise de beauté et de clarté, et elle éveille où elle passe, l'attention de ceux qui ignoraient le pays et la race dont nous sommes si profondément orgueilleux.Depuis au-delà de six ans que la Revue Moderne a pris sa place dans la pensée et l'action canadiennes-françaises, elle n'a cessé de servir de toute son énergie ceux qui avaient placé leur confiance en elle.Il faut une âme dans une œuvre telle que celle-ci, une âme agissante qui soit pénétrée de l'importance de son rôle et respectueuse de la pensée des siens.Et cette âme, nous la croyons posséder, et pour le croire, nous n'avons qu'à regarder tout ce qui vient vers nous d'acquiescement et de sympathie.Mais plus haut encore, nous voulons monter ! Ce vœu n'est-il pas légitime.Ceux qui n'aspirent à rien, sont des ratés.Il faut toujours vouloir aller plus haut, et plus haut encore.Et pour gravir jusqu'au sommet, sachons se tenir par la main et monter ensemble, étroitement unis les uns aux autres, afin d'éviter les obstacles, de trouver la pente moins rude, le sentier plus sûr, de côtoyer, sans danger les précipices et d'arriver jusque là-haut, en pleine lumière, à toucher les étoiles sans jamais songer à les éteindre, mais à leur éclat somptueux, nous allumerons nos rêves qui sont tout d'amour pour la patrie, tout de tendresse pour la famille, tout d'espoir pour la race ! MADELEINE.M r*l Tl^l 11 "l l*IM M t*r l*IJ IM l*> j'ifl l*l Mufl M » MM M rtl* 111*1 "¦ M^l M 1*1 MM M m M *l M *l M M m l*t m IM Tl M 1*1 l'i l"t 1*11*1 *l M M M l*t M l*> |"l M 1*1 M M M r^. s LA REVUE MODERNE Janvier 1926 NOS GRANDES FAMILLES CANADIENNES Le Chevalier Benoist (suite) A TOS lecteurs trouveront dans notre édition de janvier I \/ la première partie de la vie de l'un des fondateurs de nos grandes familles canadiennes.Nous continuerons dans ce chapitre l'histoire d'une vie glorieuse, consacrée à notre jeune pairie : Antoine Gabriel Benoist venait à peine d'être nommé Capitaine, au printemps de 1757, quand il fut chargé par le Gouverneur d'accélérer la marche des troupes sur le Fort George que les Anglais venaient d'élever sur les bords du Lac Saint-Sacrement, il était urgent de s'emparer de ce nouveau poste.M.Rigaud de Vaudreuil frère du Gouverneur devait diriger l'action, et le Capitaine Benoist, faire converger les troupes du Fort Saint-Jean vers M.de Vaudreuil qui comptait sous ses ordres 1500 hommes dont huit cents Canadiens, 400 réguliers et 300 sauvages.Malheureusement les soldats revinrent sans avoir pu s'emparer du fort et l'entreprise fut ajournée.Le fort George devint plus tard le fort William Henry.En juillet suivant le Gouvernement envoya contre cette forteresse une armée plus considérable ; en tout 7,600 hommes, et cette fois, sous le commandement du Général Mont-calm, la place fut emportée en cinq jours de combat.Les Français ne perdirent qu'une centaine d'hommes, et y acquérirent des vivres et des munitions en grande quantité.En 1758 l'Angleterre, furieuse de ces échecs voulut tenter un grand coup, et décida d'attaquer par plusieurs points à la fois.La lutte se porta sur Louisbourg.Une armée de trente mille hommes que commandaient des généraux, dont l'on ne peut nier la compétente : Wolfe et Amherst.en firent le siège.M.de Drucourt, commandant de la place, n'avait à sa disposition que deux mille hommes et 600 miliciens, mais il fit une résistance héroïque pour retenir le plus longtemps possible la troupe anglaise afin de l'empêcher de faire sa jonction avec les autres milices chargées d'envahir le Canada.C'est alors que l'héroïque Madame de Drucourt se couvrit de gloire aux côtés de son mari.Voilà deux noms qui restent parmi les plus grands de l'épopée française au Canada.La lutte commandée par Montcalm se poursuivait du côté d'Albany et le Chevalier de Lévis vint bientôt, avec une nouvelle armée de 16,000 afin de soutenir l'attaque qu'Abererombee dirigeait du côté de Carillon.M.et Madame Benoist, Leur famille.Le Comte de Boismarmin.Mme Dorsev.La Marquise de Talvard.Le Capitaine Benoist eut l'honneur de servir comme Aide-Major le grand chef qui devait s'illustrer à Carillon par une victoire qui rappelle celle de Crécy.La bataille dura cinq heures, et jamais le Canada avait vu si beau fait d'armes ! A cette bataille s'immortalisèrent sous Montcalm, des généraux tels que de Lévis, Bour-lamaque, Bougainville, de St-Ours, de Gaspé est restée légendaire, et est rentrée dans notre poésie épique.Puis hélas ! ce furent les échecs des Forts Frontenac et Duquesne qui affectèrent si profondément la colonie et après une série d'exploits merveilleux les héroïques fondateurs de notre pays devaient succomber sous le nombre et la ruse.Le Chevalier Benoist, blessé au cours des dernières batailles, prit le parti de retourner en France avec nombre d'officiers que la défaite meurtrissait profondément.Mais des fils de cet héroïque soldat revinrent dans le pays qui leur avait donné naissance, et assurèrent la survivance de la famille canadienne.Afin de bien fixer cette descendance, nous empruntons M mot pour mot les détails qui suivent à l'histoire qui fut publiée en 1867 dans les ateliers de Eugène Sénécal, œuvre de compilation remarquable et que l'auteur n'a malheureusement pas signée : Ainsi qu'il a été dit, le Chevalier Benoist avait eu huit enfants T trois garçons et cinq filles.Les deux plus jeunes de ses fils, Charles dit de Joinville, né à Montréal en 1749, et Jean dit de Courville, né dans la même ville en 1751, prirent du service à l'étranger, pendant que leur père vivait encore.Tous deux passèrent à la Martinique, l'un en qualité de Lieutenant, l'autre en celle de Sous-lieutenant.C'est ce que nous apprennent différentes notes trouvées dans les archives de famille, en particulier celle où il est dit que le Chevalier remit à ses deux fils la somme de 3,000 1.à leur départ pour la Martinique, et une autre qui déclare positivement qu'ils se rendirent dans cette Colonie, l'un comme Lieutenant, l'autre comme Sous-lieutenant.D'après l'honorable Saveuse de Beaujeu, Seigneur de Soulanges, ce fut au mois de Mars 1773 qu'ils quittèrent la France, pour aller à la Martinique.Jean dit de Courville passa ensuite de la Martinique à la Guadeloupe, où il fut promu au grade de Capitaine d'Infanterie en 1784, et fait ensuite Chevalier de St-Louis, au mois de juin 1791.Etant tombé malade du scorbut, il se décida à repasser en France, afin de se Janvier 1926 LA REVUE MODERNE 9 faire soigner.L'autorisation qui lui en fut accordée, est signée de Namur par le Chevalier de Picot, par Henri de Ségur, etc.En 1792, à la date du 18 7bre, étant à Witehall, il avait reçu de Lord Grenville un passeport, pour aller d'Angleterre en Allemagne ; mais il ne put effectuer ce voyage.Le mal ayant fait des progrès, il décéda à Lincoln, Comté de Midlesex, entouré d'amis, et après avoir reçu avec les plus vifs sentiments de foi tous les sacrements de l'Eglise, ainsi que l'atteste M.Beaumont, son confesseur.Il fut enterré dans la paroisse de Ste-Madeleine, le 12 juillet 1794.Charitable autant que brave, cet Officier ne pouvait entendre parler du prochain.Ces particularités nous sont fournies par M.le Comte de Boismarmin.Charles étant resté à la Martinique, y acquit une immense fortune.Ne s'étant pas marié, et ses parents n'ayant fait jusqu'à ce jour aucune réclamation, ses grands biens sont restés à l'Etat.Charles et Jean étaient encore en France, que déjà Jacques Louis, l'aîné de la famille, né à Montréal le 12 7bre 1744, était de retour en Canada, après l'avoir quitté avec ses parents au moment de la conquête.Suivant M.de Beaujeu, il laissa sa famille au mois d'avril 1763, et alla à Londres d'où il s'embarqua pour le Canada, où il avait beaucoup de parents et d'amis.Peu de temps après son arrivée, il épousa Mlle Marie Josephte Soumande, sa cousine, 3ème fille de M.François Marie Soumande Delorme et de Dame Elizabeth Charlotte Gauthier de Varennes Le mariage eut lieu en février 1767.Nous avons encore l'acte de mariage, que nous devons à l'extrême obligeance de M.Girard, Ecuyer, motaire à Varennes.A ce mariage assistèrent, avec grand nombre de parents et d'amis, M.de la Morandière, M.DeMuy, M.Morand, Curé de Varennes, qui bénit cette union, était proche parent lui-même de la mariée.A la fin de cette même année, le 2 novembre, Jacques Louis eut un fils.Cette jeune famille ne jouit pas longtemps de son bonheur.Un affreux malheur vint tout à coup la plonger dans le deuil.Jacques Louis se noya, non loin des îles de Varennes, en traversant le St-Laurent.Ce déplorable accident eut lieu quelques mois seulement après la naissance de François Marie.Quelques recherches que nous ayons faites, nous n'avons pu savoir jusqu'à ce jour à quel endroit Jacques Louis avait été enterré.D'après l'honorable M.de Beaujeu, ce fut à Répentigny ; peut-être aussi est-ce dans une des paroisses environnantes.Plusieurs années après, Benoist épousa en secondes noces M.Mathurin Bouvet, notaire à Varennes, qui, après être venu se fixer à Montréal, passa en France d'où il revint pour aller ensuite demeurer au Détroit.De ce mariage naquirent deux fils, dont l'un alla rejoin-cre son père, et l'autre se noya au port de Montréal.Quant à Mde Bouvet, elle resta en Canada, et passa ses dernières années chez son frère, M.Jean Soumande, à la Rivière des Prairies où elle mourut vers 1814.Nous devons ces précieux renseignements à M.Papineau, notaire de St-Martin, allié lui-même à la famille Soumande, alors une des plus riches du pays.Privé ainsi de son père à la fleur de l'âge, François Marie fut élevé par les parents de sa mère.Devenu grand, il fut envoyé, pour faire ses études, au petit Séminaire de Québec, où un de ses oncles, Messire Louis Soumande, distinct d'un autre de sa famille, qui fut Chanoine de l'Eglise cathédrale de Québec, avait fondé, en faveur de ses parents, deux bourses qui subsistent encore, et dont profita un des fils de M.Papineau.* Plus tard, François Marie passa dans la compagnie du Nord Ouest, et de là à St-Louis, Etat du Missouri, où il se maria à Mlle Marie Anne Catherine Sanguinette, d'origine française, comme la plupart des familles établies dans cette vaste contrée.Ce fut le père Didier, vénérable Religieux Bénédictin et Curé de St-Louis, qui bénit le mariage en présence d'un grand nombre de personnes, parmi lesquelles on remarque beaucoup de noms français, tels que les suivants : M.G.Moreau, M.A.Chouteau, M.T.Lacroix, M.H.de St-Cyr, M.L.de la Beaume, etc.Après vingt ans de mariage, François Marie décéda à St-Louis, où il fut inhumé.Mde Benoist mourut quarante ans après son mari, le 8 décembre 1859.De son mariage avec M.Benoist, elle laissa sept enfants : Charles François, Louis Auguste, Malvina, Joséphine, Adéline, Sanguinette Hubert, Sophie Amanda et Zoé.Cette dernière, ainsi que Malvina, mourut en bas âge.Charles François, l'aîné, fit ses études dans le Ken-tucky, au Collège St-Thomas, alors tenu par les pères Dominicains, et depuis érige en séminaire.Ses études achevées, Charles François revint dans sa famille, et entra dans le commerce.Il avait à Nachitoches un oncle du côté de sa mère, M.Roubieu ; c'est là qu'il se retira.C'était en 1820.Etant parvenu par son énergie, son application aux affaires, à se faire une position honorable, il contracta mariage avec Mlle Suzette Rachal.De ce mariage naquirent cinq enfants : Julie, Charles, Clémence, Victor et Suzette.Mlle Julie est marie au Dr Chaupin ; Mlle Clémence a épousé le Dr Wood, tué il y a deux ans passés à la bataille de Shilo.Charles, après avoir fait de brillantes études au Collège de Georgetown, district de la Colombie, fut emporté, en 1852, par la fièvre jaune, ainsi que son père et sa sœur, Mlle Suzette, âgée de 16 ans seulement.Tous les trois furent victimes en une semaine de ce fléau inconnu jusqu'alors dans la contrée.Cette mort aussi précipitée qu'inattendue plongea dans le deuil sa famille et les nombreux amis que lui avait acquis sa conduite loyale et pleine d'honneur.Mde Veuve Benoist est toujours en Louisiane avec ses autres enfants ; la guerre ayant interrompu les communications, il nous est impossible d'en donner des nouvelles.Louis Auguste, le deuxième fils de François Marie, celui à l'encouragement duquel cette publication est due, demeure à St-Louis.Après avoir étudié la médecine d'abord et ensuite le droit, ne se sentant pas de goût pour ces professions, Louis Auguste les abandonna, pour Le General Montcalm Blessé à mort 10 LA REVUE MODERNE Janvier 1926 essayer le commerce de banque.Il n'avait alors que de faibles capitaux, mais encouragé par ses concitoyens, et doué d'une puissance de volonté peu commune, il ne se rébuta point.Les succès sont venus couronner ses efforts^ et aujourd'hui il se trouve à la tête de deux banques solidement établies, l'une à St-Louis, l'autre à la Nouvelle-Orléans, possédant une fortune considérable.En 1824, Louis Auguste fit un voyage en France, où l'appelaient les affaires de la succession du Chevalier Benoist, son aïeul.Pendant le séjour qu'il fit dans ce pays, il fut témoin d'une de ces scènes attendrissantes comme on en voyait dans le bon vieux temps.Mde de Falvard, sa cousine, et ls parents de cette Dame étaient allés de Moulins à Bourges rendre visite à Mde des Colombiers, fille du Chevalier.A leur retour au château de Pontlung, tous les habitants vinrent à la rencontre de leurs maîtres, avec leurs femmes et leurs enfants, pour les féliciter de leur heureux voyage.Rien n'était plus touchant.Au bout d'une année, Louis Auguste quitta la France.Il n'avait pu y voir le Chevalier, ni la vertueuse compagne de sa vie, qui étaient morts depuis longtemps ; mais il y avait retrouvé leur souvenir qui vivait toujours.Il lui avait été doné de parcourir les lieux si souvent témoins de leur noble action, et d'en entendre le récit, toujours plein de charmes.Mde des Colombiers et ses vénérables sœurs, par leur piété douce, leur simplicité aimable, avaient été pour lui comme des images vivantes de ces parents, dont on n'avait cessé de l'entretenir dans son enfance.Ce ne fut donc qu'à regret qu'il s'éloigna de cette contrée et surtout de cette famille, dans laquelle il avait passé de si délicieux moments.Il emportait avec lui d'anciens tableaux qui devaient lui en rappeler constamment le souvenir.Après une traversée des plus longues et des plus orageuses, ayant été obligé de relâcher à Bilbao en Espagne par suite d'une tempête, et étant resté cinquante jours en mer, Louis Auguste revint à la Nouvelle-Orléans, où il continua à s'occuper d'opérations financières.Lorsqu'il fit ce voyage, il n'était pas encore marié.Quelque temps après, il épousa Mlle Eliza Barton.Son épouse étant morte après onze mois de mariage, ainsi que l'enfant auquel elle avait donné le jour, Louis Auguste se remaria en 1832, à Mlle Esther Hackney.De ce mariage sont nés : Sanguinette Hubert, Eliza, Louise Augustine, Esther, Louis Condé, Charles Page et Salomon.Ces deux derniers sont morts très jeunes.Sanguinette Hubert, marié, comme on l'a dit, à Mlle Joséphine Curtis, sa cousine, demeure à New-York, où il fait des affaires de banque ; Mlle Eliza, celle qui a beaucoup contribué à ce travail, a épousé le Dr Montrose Pallen, et réside présentement à Montréal avec son mari ; Mlle Louise est mariée à M.Cornélius Tompkins, et habite New-York, ainsi que Mlle Esther, sa sœur, qui n'est point mariée ; Condé est à St-Louis, avec son père.Le 30 août 1848, ayant eu la douleur de perdre son épouse, Louis Auguste s'est marié de nouveau à Mlle Sarah E.Wilson, personne d'un caractère aimable et d'un cœur exquis.De ce mariage sont nés : Henry Augustus, Eugène Hunt, Clémence Mary, Hellen Amanda, Louis Auguste, Francis Charles, Théodore, Léo de Smet, qui tous, ainsi que leur père et mère, jouissent d'une florissante santé.Mlle Joséphine Adeline a épousé, en 1832, M.James Riley.Elle demeure à deux lieues de St-Louis, et a quatre enfants : William, Isabelle, Benjamin Auguste et Joséphine Amanda.Sanguinette Hubert, marié en 1836 à Mlle Héloïse Leblanc, est mort en Louisiane l'année 1850, après une longue et pénible maladie.Il n'a laissé qu'un enfant : Numa, actuellement au Texas.Mlle Sophie Amanda, étant encore très jeune, épousa, en 1834, à Liberté, Comté de Clay, Etat du Missouri, M.Cyrus Curtis.Elle habita cette contrée jusqu'à la mort de son mari, arrivée il y a seize ans.Depuis cette époque, elle demeure tout près de Mlle Joséphine Adéline, à St-Louis, où par son caractère doux et affable, sa prudence et sa sagesse, elle s'est conciliée l'estime générale.De son mariage avec M.Curtis sont nés : Edouard Ely, marié à Mlle Rebecca Nelson, et demeurant au Texas ; Amanda Eugénie qui a épousé M.James Christy ; Louis François, marié à Mlle Eliza Maddell, et mort en 1859, ne laissant qu'un enfant ; Anna Virginia, cette gracieuse Demoiselle qui a épousé M.O.Dorsey ; Joséphine Esther, mariée à M.S.Benoist.(Ces notes datent de 1874.) Dans un prochain chapitre, nous ferons connaître la descendance de Antoine Gabriel Benoist, par les femmes, et nous verrons ce que devinrent les cinq filles du grand soldat qui a si fièrement servi notre pays, et la cause française au Canada, à la période la plus tourmentée de notre histoire.MADELEINE.BOUGAINVILLE MONTCALM LEVIS gg^j ij^j t^j i^>j tÇ>j tÇ>y i^>j t^j iQj tg^?cÇ>j cy t'•« "il lié.le K-n< le il i.i i il, .'i pi'ine levée, je ik-scriulis au salon.Mon père y était ; je me jetai dans ses bras.Il m'embrassa tendrement, comme d'habitude, et nie demanda pourquoi je n'étais pas coiffée.— C'est, lui répondis-je, que Manou n'était pas là.J'allai aussitôt la chercher afin qu'elle reprit ses fonctions, depuis longtemps oubliées.Mais elle se rappela bien plus vite la manière de me tirer les cheveux que moi celle de supporter ce désagrément ; aussi ne lui épargnai-je ni les aye ! ni les holà ! Combien les belles mains de Mme Thérèse étaient plus douces ! Je fis cette réflexion à part moi et presque malgré moi.Elles étaient plus habiles aussi, car lorsque je m'arrachai enfin de celles de Manou pour courir au miroir, je payai les services de la pauvre, d'un : " Quelle horreur ! " bien accentué qui fut répété par mon père, à mon entrée dans la salle à manger.Le déjeuner fut morne Mon père, distrait, oubliait de manger, parfois même de servir.Quoiqu'il ne me témoignât aucun mécontentement, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il en éprouvait, en voyant la place vide de sa femme.Un léger incident me confirma dans cette idée.Après le déjeuner, nous avions passé dans le petit salon, comme d'habitude.Devant la fenêtre qui donnait sur le parterre te trou vaient la chaise et la table à ouvrage de ma belle mère.Manou qui avait apporté le café, voulut ranger la chaise contre le mur, pensant qu'elle ne servirait pas de longtemps.— Laissez la, dit vivement mon père ; laissez tout ainsi.Manou sortit et il continua à contempler cette embrasure de fenêtre pendant tout le temps qu'il prit son café et qu'il fuma son cigare.Il ne disait rien ; je n'osais rien dire non plus, sentant bien que j'étais la cause des regrets qu'il éprouvait, les jours suivants, il me sembla moins absorbé ; cependant, je le voyais toujours regarder la place de ma belle-mère comme s'il attendait pour se dérider, qu'elle vint la reprendre.Ce ou'avait prévu Mme Thérèse arriva : Dieu m'accorda la erâce d'avoir banni de mon âme tout mauvais sentiment, le jour où il vint y faire sa demeure.Ah ! sans doute, cette demeure était bien pauvre, bien nue, bien vide de bonnes œuvres et même de bonnes pensées ; mais, du moins, elle était purifiée de cette haine qui est le second des crimes, puisque l'amour du prochain est le second des commandements.Quand j'étais entrée chez mon père, le matin du grand jour, pour lui demander sa bénédiction : — Je te bénis, mon enfant, m'avait-il dit : pour moi, pour ta mère qui est au ciel, pour ta mère qui est sur la terre et dont le cœur s'unit aux nôtres, aujourd'hui.Regarde ce qu'elle t'envoie.Il tira d'un étui de veloirs bleu, un livre richement relié en vieil argent.La tranche était bleue, parsemée de fleurs de lys ; l'intérieur, merveilleusement enluminé.Mais ce qui me frappa le plus, ce fut la dédicace : " A ma chère fille, Antoinette, avec ma bénédiction et toutes mes tendresses ".THERESE.— Je prierai pour elle ! dis-je vivement, en regardant mon père.11 m'attira sur son cœur et, d'une voix basse, plus tendre : — Oui, dit il, prie pour elle, mon enfant chérie ; aime-la, car tu en est bien aimée.L'n mois après, nia belle-mère revint.Mon père avait été la chercher.Lorsque j'entendis la voiture qui les ramenait, mon impression fut bien différente de celle que j'avais éprouvée quatre ans plus tôt, à l'entrée de Mme a Bonne Cuisinière* ^ dit auxjeunes 'naqères que durant rois générations h yarinenvparveXXXBrvdie a facilité la pâtisserie , n C Depuis plut de 62 an», la Farine Préparée XXX Brodie a été une source de satisfaction pour la ménagère canadienne en lui permettant de préparer vite, économiquement et avec I assurance du succès, Petits Pains, Pâtisseries et Gâteaux délicieux, sains et attrayants.C Eile a réalisé, pour la débutante dans l'art de la pâtisserie, une heureuse économie de temps, de trouble et d'argent, parce qu'elle contient, exactement mélangés à la farine de choix, tous les ingrédients nécessaires pour bien faire lever la pâte.v*f kujt l 4o>< prwlrt.1 èkW SIROP GAUVIN POUR LE RHUME riarr—I .1 t j.Upi.J -i' Mmlbl, 4m Coant ff)f i ¦n r fî » i 1 1 1 ' ' ; * 7±i-1—i—1 rÇgJ i£g tÇg cC^î cgfj ts^j t^j t^j tÇ^j t^j t^j tQy tf^j gQj rQj iQj tQj tQj tQj tQy o^j tÇ>y Janvier 1926 LA REVUE MODERNE 51 y ¦, y y V ¦, ¦, : : "," 'V A CEUX QUI DORMENT LOIN DE LEUR PATRIE Cimetière Canadien, Vimy.77 est des Morts qui dorment loin de leur pays, La solitude les enserre ! Il est de pauvres Morts dont les yeux enfouis Ne reconnaissent pas la terre ! Leur cœur doit ignorer les arbres et les champs Parmi lesquels ils se reposent.Leur regard a connu d'autres soleils couchants, Ils ont admiré d'autres roses.Ils rêvent, dans leur nuit, aux jardins éloignés Ou se passa leur douce enfance.Et s'étonnent alors, — Eux, les grands résignés ! — D'avoir encore une souffrance ! Ils ont vu sans faiblir la guerre et ses douleurs, Mais maintenant, ils s'attendrissent.Car dormir loin, si loin, est cruel à leurs cœurs Comme un continuel supplice ! Ne pas avoir, ne pas sentir tout près de soi L'ombre des choses coutumières ! Oh ! ne pas reconnaître aux accents de la voix Quelques chers êtres en prières ! Ce soir, ô jeunes Morts, demeurez sans chagrin Dans votre gloire plus tranquille.Je viens tout près de Vous m'asseoir sur le chemin Et bercer votre âme virile.Non, je n'ai pas connu votre force et vos noms.Ni les contours de vos visages.Mais je veux ramener le rouge sur vos fronts En rappelant votre courage.Votre terre lointaine est l'unique douceur Calmant votre âme aventureuse, Pour Vous, j'évoquerai de toute ma ferveur Les jours de la Patrie heureuse.Je chanterai tout bas ses prés et ses torrents Qui bondissent le long des sentes ! Ses monts et ses forêts où l'on s'en va, errant.Et ses neiges engloutissantes.Reposez en songeant à vos soleils dorés, Aux chants qu'on entend sur vos grèves.Je dirai les pays que vous avez pleures Et qui passent dans tous vos rêves.Et tandis que j'évoque à genoux près des Morts La figure de la Patrie, Un apaisement s'est emparé de leurs corps, Et fait leur âme moins meurtrie.-.Ai.im- Henry. 52 LA REVUE MODERNE Janvier 1926 mm, MARIE A.—Pour obtenir des renseignements au sujet d'une situation de ce genre à Paris, adressez-vous à M.Dupuis, secrétaire du Commissariat Canadien, 19 Blvd des Capucines, qui vous donnera les détails dont vous avez besoin.Comme question de fait, je crois que vous pourriez réussir, avec un peu de chance bien entendu.Les frais peuvent être fixés à deux cents dollars, sans commettre d'extravagance.Je vous souhaite bien sincèrement du succès.PAULETTE C—Votre jolie lettre est un régal dont je me délecte encore et qui vaut le merci les plus affectueux qui soit.Votre maman et vous nous resteront, je l'espère toujours.Peut-être de temps à autre reviendrez vous vers nous, et nous en serons toujours heureuses, croyez le bien.Maintenant, une chose nous intrigue.Il y avait dans votre lettre un bon de poste de cinquante sous, que nous ne savons comment attribuer.Vous seriez bien gentille de me renseigner à cet égard, car il y a déjà longtemps que nous l'avons en notre possession, sans savoir ce qu'il faut en faire.Les éloges que vous me faites de M.Léo Pol Morin ne sont nullement exagérés.Cet artiste est l'un des plus grands pianistes canadiens-français, et nous avons le droit d'en être fiers.De plus, sa délicatesse, son esprit, son cœur charmant lui valent les meilleures sympathies.Je vois que vous êtes tout à fait des " pays " et vous avez raison d'en être fort heureuse.MARIE ESTELLE.—Elle est très-bien votre réponse, et personne ne peut en prendre ombrage.Vous avez l'esprit juste, et vous résumez intelligemment vos impressions.Tous mes compliments.MARIUS L.—Ces travaux sont publiés à titre d'essais, et la plus stricte prudence nous condamne à ne payer que les articles commandés, c'est-à-dire ceux qui sont nécessaiies au bel ensemble de la Revue.Croyez que je suis aux regrets de votre déception, et si je tenais les cordons de la bourse.Plus tard quand vous aurez conquis la célébrité.Il faut écrire souvent longtemps avant de voir luire la petite pièce d'or, mais l'on y arrive avec de la persévérance.FLEUR DE GIVRE.—Nous trouvons votre nom à la base de tous nos bonheurs, et votre sourire, partout, dans notre vie.Merci de toute mon âme.EDOUARD B.—Notre septième anniversaire ne pouvait recevoir un plus bel hommage, et je vous sais gré de me l'avoir si bien dit.Nous publions vos vers et dans ce même numéro, si la fatalité de la mise en page, une traîtresse qui en sourdine nous ravit souvent nos meilleures joies ne s'yJoppo-sc, et croyez qu'ils seront trouvés bien jolis par tous les gens de goût.Moi, ils me font regretter que vous ne soyiez plus un étudiant .AME VOLAGE.—De façon générale, l'œuvre est tenue en suspicion, mais d'une façon particulière, elle est bien admirable.Si vous n'avez rien trouvé dans le livre que vous me signalez, c'est donc que vous pouvez lire sans crainte, car il me semble que cette compilation assez sévère ne néglige aucun détail.ALEXANDRINE L.—Votre billet devait m'émouvoir, il avait absolument la note pour faire vibrer toutes mes sensibilités.Ainsi, vous avez été mon amie, à travers les années sans que je soupçonne que dans l'ombre un tel sentiment m'entourait.Comme je vous sais gré de venir me le dire aujourd'hui, au moment où j'atteins justement une période culminante de ma vie de travail.En effet la célébration du septième anniversaire de la Revue Moderne est tout un événement dans ma vie de journaliste, et j'ai conscience d'avoir fondé une œuvre de durabilité, non-seulement une œuvre d'espoir.Pendant cette période, si vous saviez comme il a fallu travailler, lutter contre le mauvais sort, se défendre contre les mauvaises langues, détruire l'effet des potins comme des calomnies— de fait les potins ne sont-ils pas toujours des calomnies.Mais enfin, nous avons réussi, non-seulement à surnager, mais encore à progresser, et nous faisons voiles vers l'avenir sans craindre plus les tempêtes.Dans la prochaine période, il faudra encore accomplir un travail assidu, sérieux, inflexible, mais qu'importe si l'on a atteint son but, et le mien était d'apporter dans la littérature canadienne une publication qui fit échec à l'américanisation par la revue, en donnant à la population, une lecture intéressante et divertissante tout à la fois, bien présentée, qui plairait et garderait de mieux en mieux nos cœurs canadiens-français.Vous êtes contente que j'y aie réussi, et moi ravie de connaître une amie aussi sincèrement attachée que vous.CŒUR FANE.—Je tiens à vous garder ici, où vous me semblez si bien dans le cadre tranquille et distingué qui vous convient.Vous serez la bienvenue partout où il vous plaira de me visiter.Seulement, vous ne me semblez pas apprécier les déménagements.Je sais ce qu'il a dû vous en coûter poui laisser derrière vous tant de choses que vous aimiez et qui vous étaient profondément chères.Je suis courageuse, oui, je crois que je le suis un peu.En tout cas, j'ai fait du travail, le grand attrait de ma vie, et rien ne me plaît mieux qu'écrire.Alors je m'y donne tout entière, et le journalisme actif, avec ses trépidations, ses surprises, ses émotions m'enchante, tandis qu'il en déprime tant d'autres.J'y suis comme un poisson dans l'eau .Alors je ne suis pas courageuse, mais travailleuse tout bonnement.Ecrivez-moi que vous êtes revenue de toutes vos tristesses, et que vous commencez à regarder la vie sous un jour plus serein.j'en serais si contente.JEANNE ST-D.—Vous avez bien fait d'oser.votre petit conte paraît dans ces pages et il leur donne du charme.Merci, et gardez moi tous ces chers sentiments, n'est-ce pas?FRIMAS.—Vous êtes bien jeune, mais j'apprécie tout de même et fortement votre esprit de travail.Seulement ce petit essai révèle votre âge, il faudra vous mettre à l'œuvre et persévérer, si vous voulez atteindre au succès dont vous rêvez.YVON D'ANGUS.—Malheureusement votre manuscrit nous est parvenu assez longtemps après la fermeture de notre petite enquête, et nous en sommes maintenant aux qualités du jeune homme moderne et bien aussi à ses défauts.s'il en a.?Aussi j'attendrai avec hâte vos observations sur ce grave sujet.ROLAND B.—Nous ne pourrions utiliser ces peintures qui dénotent d'une jolie vision, et d'un art charmant.Notre revue pourrait s'en servir comme couverture, car elle ne donne que des têtes et non des paysages.Je vous les retourne donc avec l'expression de mes vifs regrets.COM.—Je ne tiens pas le moins du monde à vous enlever vos illusions, bien au contraire, je voudrais vous en insuffler de nouvelles.Seulement nous sommes débordés de manuscrits qui attendent, attendent.Voulez-vous me permettre d'offrir votre pièce à la rédactrice d'une page féminine d'un grand journal qui s'empressera de l'accepter.UNE ABONNEE—Vous voyez que la Petite Poste est revenue, et j'espère maintenant, vous voilà contente.Il n'y a rien que nous ne fassions pour avoir le sourire de nos amies.DR JOSEPH C— J'ai bien aimé votre lettre, et bien aussi votre livre que je déguste en ce moment et auquel je veux consacrer un article un peu élaboré.J'ai trois romans canadiens, sans compter deux des éditions Garand.Vous avouez, n'est-ce pas qu'en journaliste consciencieuse, je dois leur donner la plus grande attention, plutôt que d'en causer à la légère, et négligemment.Vous avez bien fait de parler de l'amour, et j'ai justement cité ces lignes de votre lettre dans un article écrit lors de la Semaine du Livre Canadien.Je souhaite à votre œuvre le succès que donne la sympathie du public.MAMAN INQUIETE.—Calmez votre inquiétude, et gardez-nous surtout d'employer quoique ce soit.Ce duvet disparaîtra de lui-même, et rapidement.Ces choses arrivent fréquemment et ne doivent pas vous inquiéter en aucune façon.Si cela persiste, alors, nous aviserons.VEIL.—Merci de vos félicitations si gentilles et qui me font bien plaisir, je vous l'avoue en toute sincérité.Vous aurez je crois plaisir à vous composer de jolies choses d'après les modèles des publications François Tedesco, qui toutes traitent de ces différents travaux fémin ns Adressez une demande pour numéros spécimens à " Publications François Tedesco, 39 Boulevard Raspail, à Paris ".Je ne comprends pas le nom très bien.Est-ce la " Femme de France " ?Je ne connais pas cette publication, mais peut-être une lectrice pourra-t-elle me renseigner à cet effet.CARMEN.—Oui, il est bien dommage que vous n'ayiez pas d'enfant, mais puisque Dieu vous en refuse, que n'en adoptez-vous un qui ne soit un tout petit, et que l'on ne pourra jamais vous ôter, parce qu'il ne sera à personne.Il s'en trouve dans les crèches qui sont bien attirants, et dont l'origine ne doit pas inspirer de craintes.La mère était jeune, saine et ignorante, que voulez-vous, de pauvres êtres sont si mal gardés.Alors il n'y a guère à craindre du côté hérédité, et ces enfants sont aussi souvent que les autres, de bons petits enfants, croyez m'en.Cela vous amuserait et vous empêcherait Janvier 1926 LA REVUE MODERNE 53 d'être triste, et vous auriez conscience da remplir votre rôle maternel tout de même, en plus d'un rôle charitable.Mais si cela est impossible, votre mari vous trouvera sans doute trop délicate pour une pareille tâche.Je ne puis que vous conseiller de lire, de vous promener, Ide vous occuper à des travaux féminins, et d'essayer d'intéres6er autour de vous des femmes moins bien douées à des choses littéraires et d'art, et à des œuvres charitables.Il doit y avoir des pauvres chez-vous, visitez-les, donnez leur la douceur de votre présence.Je devine en vous rien qu'au ton de votre lettre, un charme extrême.Et le charme, c'est une magie qui opère des miracles.Alors ceux que vous approcherez se sentiront apaisés et consolés, et de voir l'effet bienheureux du don de votre présence, vous éprouverez vous-même la meilleure distraction.S'il vous plaît d'écrire, faites-le souvent.Je suis là pour vous entendre, et j'espère, pour vous comprendre également.ISAURE.—Vous ne savez pas la joie que m'apporte votre lettre, car depuis quelque temps ne recevant plus de nouvelles, je m'inquiétais de vous.Vous êtes si loin, et c'est en vain que l'on vous cherche quand vous vous faites silencieuse.Mais votre sourire est apparu, et plus charmant que jamais.Alors, la paix est revenu avec lui.Pourquoi M.René du Rouge n'écrit pas plus souvertt ?Parce qu'il travaille, et énormément.Directeur de l'enseignement des langues de même que professeur de littérature française à l'Université McGill, il est fort occupé, et ne compte guère de loisirs.Je vous félicite d'être l'une de ses ferventes admiratrices, cela prouve que vous avez du raffinement dans le goût, et je n'en suis pas du tout surprise, mais ravie.Mais non, je ne vous quitte pas.J'ai l'impression d'être rivée à mon fauteuil de rédaction, et je ne le pourrai quitter d'ici deux à trois ans, sans doute.Vous voyez que si j'ai l'esprit voyageur, je ne remue guère autrement.Merci de votre cher souvenir, et gardez moi toute votre amitié.OLY VARNES.—Comme c'est bien ce souci de préserver même avant qu'il ne naisse l'âme et l'esprit de l'enfant, et lui préparer de beaux jours, par votre précautionneuse tendresse.Tout dépend évidemment de \otre tempéramment.Si vous êtes calme, vous pouvez profiter de distractions qui donneront de la gaieté à votre petit enfant, mais si vous êtes dolente et faible, il vaut mieux vous river à votre fauteuil, et ne prendre que la somme d'exercice nécessaire a votre santé.Tout doit être, proportion né à vos goûts, à vos aptitudes, et vous sauver le plus possible de ces caprices idiots que s'accordent les femmes, dans votre situation, qui sont convaincues que tout doit plier devant leurs exigences insupportables et quelquefois ridicules.Le mari terrorisé essaie de donner tout ce que demande la femme capricieuse, alors qu'il ferait beaucoup mieux de la traiter comme un être normal et qui a encore la tête sur les épaules.Choisissez ces portraits suivant votre goût, s'entourer de jolies choses est certainement excellent.Le laid appelle le laid.Et puis, je vous fais adresser le petit livre de Donnadieu édité ici, par les soins du Docteur Nadeau, par le gouvernement provincial et qui doit être l'évangile de toute maman.Vous trouverez là un bien meilleur conseiller que votre humble amie.Mais puisque je vous suis sympathique, laissez-moi souhaiter et là bien profondément, que votre bébé, Madame, soit doué à tous les points de vue, de façon à combler toutes les fiertés légitimes de sa petite maman.MADELEINE.iiéi le h e Le Dernier Triomphe de Piver Essence, Eau de Toilette, Lotion, Poudre de Riz, Poudre de Toilette, Compactes Jumelles, Pommade pour les livres, Savon, Poudre a Sachets, Talc, etc., etc.Cette récente création, présentée en flacons artistiques, offre une odorante synthèse de jeunesse, joie, vivacité, et beauté.Tout ce que nécessite la toilette de madame, dans de très élégants contenants marquetés noir et or.LT.PIV6R (Paris^france (Fondit O* m-4) Chez tous les bo.ns fournisseurs A.GIROUX, Concessionnaire Canadien 46 rue St-Alcxandrc, Montréal.LES PLUS BEAUX ROMANS: SSi^SESt-tï vous expédirons, par poste, un volume a choisir parmi les titres suivants: L'Exilée, Delly.Une femme supérieure, Dclly.Fiancée d'avril, G.Chantepleurc.Malencontre, G.Chantepleure.Le hasard et l'amour, Chantepleure.Sphinx blanc, Chantepleure.Numéro spécial de l'Illustration Noël, $1.60 par poste.L'ALMANACH HACHETTE 1926, 40c par poste.LIBRAIRIE PONY, 374- 8^
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