La Revue moderne., 1 mars 1933, mars
mour m'ouvrir les yeux".Un pli se creusait au front d'Olivier.Très tard dans la nuit son pas résonna nerveux et inlassable au-dessus de la chambre où Mme Renaud ne pouvait dormir.— Non, pensait-elle, tout de même ce n'est pas gentil à M.Palverini de me fnire des cachotteries comme cela! XIV "C'est le dernier jour, c'est la dernière fois.!" Antoinette se répétait ces mots machinalement, sans même les comprendre, tant à la fin ils se pressaient dans la pauvre tête fatiguée.Et souvent, bien souvent, une angoisse lui serrait le cœur: "S'il allait partir sur un adieu banal, sans rien dire!.Mais non, c'est impossible, pourquoi ferait-il cela ?.nos destinées à tous deux ne sont-elles pas là, nettement marquées?" Les feuilles craquaient sous les pieds d'Antoinette; tandis qu'elle marchait très vite, Fanchette avait peine à la suivre.A un détour du sentier, elle vit une feuille brune zébrée d'or qui pendait toute seule à l'extrémité d'une branche, le moindre souffle eût suffi pour la faire tomber.Un oiseau voletait alentour "Si l'oiseau se pose sur cette branche et si la feuille ne tombe pas, se dit Antoinette, c'est qu't/ parlera".L'oiseau s'approchait, il atteignait la branche, son poids ne la fit pas même fléchir et la feuille resta suspendue.Le cœur de la jeune fille battit à se rompre.Un peu après elle entendit Ce même oiseau chanter."Si j'ai le temps de compter jusqu'à onze avant qu'il s'arrête, c'est que tout ira bien".L'oiseau se tut avant qu'elle eût fini."C'est stupide, se dit-elle, à quoi bon ces émotions ridicules puisque bientôt je saurai ?" Olivier était le premier au rendez-vous, mais un Olivier tout différent de celui de la veille et des jours d'avant; un Olivier correctement habillé de noir, soigneusement ganté et cravaté, l'air soucieux et fatigué.Point de pliants, point d'attirail de peintre.Il avait aperçu Antoinette et déjà s'approchait d'elle son chapeau à la main.— Mademoiselle, dit-il en s'inclinant.je suis un affreux égoïste de vous avoir demandé hier de venir poser encore; mon tableau est maintenant assez avancé pour que je puisse rendre la liberté à mon aimable modèle, et puis le temps est maussade, je craignais la pluie.Ce disant, il marchait à pas lents auprès d'Antoinette si émue qu'elle ne trouvait rien à répondre.Il continua: — Comment pourrais-je assez vous remercier, mademoiselle, de votre exquise complaisance, cette complaisance qui d'un tableau banal et sans âme, a fait une de mes œuvres les meilleures?Croyez que jamais, jamais, je n'oublierai les heures charmantes où votre grâce et votre bonté rendaient mon travail plus facile.Pardonnez-moi d'en avoir peut-être abusé; c'est cela, mademoiselle, que je voulais vous dire ici."Mon bon ange, mon bon ange, je crois que je vais m'évanouir"! pensait la jeune fille.Du coin de l'œil, elle observait Olivier un peu pâle et singulièrement troublé.— Je ne vous dis pas adieu, continua-t-il, mais au revoir; il y a encore par ici des horizons délicieux que je n'ai plus le temps d'étudier, l'hiver est trop rapproché.Aussi je pense revenir, et pour pouvoir rester plus longtemps, cette fois j'amènerai ma femme.A ces mots, "ma femme", le choc fut si violent qu'Antoinette, étourdie, en comprit à peine le sens.Les choses qu'elle voyait, les moindres sons qu'elle entendait tourbillonnèrent devant ses yeux et dans sa tête en une ronde affolée, ses lèvres tremblaient, ses mains se glaçaient.Pour ne pas tomber elle dut l'asseoir sur un talus au pied d'un chêne.L'artiste s'attendait bien à peu d'émotion, mais cette confirmation si nette de ses craintes de la veille l'impressionna péniblement.Se détournant à demi, il sembla s'intéresser beaucoup à l'ascension d'une fourmi sur le tronc d'un hêtre.Mais il fallait dire quelque chose, laisser à la pauvre Antoinette le temps de se remettre.(Suite à la page 36) La Revue Moderne — Montréal, Mura 19 3 3 Page 25 ff*f> Des Cheveux d'Or Les cheveux blonds lavés au Shampoo "Camomile" Evan Williams prennent le lustre de l'or fin, délicieusement doux et attrayants.Un Sluni|MKi I \viui Williama propre il chBQIM tcinli- Ji> ctWVfllJi, I >• n, indi ' à volrr pl] >r.IN ,» V H P4HÎOI 1 EVAN WILLIAMS S HA M P OO S , La beauté de la chevelure LA REVUE MODERNE est éditée par Noël-E.Lanolx.Limitée, et Imprimée par ta Compagnie d'Imprimerie des Marchands Limitée, 3'.'0 est, rue Notre-I>ame, Montréal.EVltNilNG LE PARFUM SEDUISANT PAR BOURJOIS PARIS L^EST une "symphonie en parfum'.'.essentiellement parisien et délicieusement féminin .possède le chic et l'exclusivité d'une toilette par Patou."Evening in Paris" s'offre à votre appréciation .dans les meilleurs magasins.thiio» Bleu Améthyste .$1.00 Cr.lilHtform.ih S2.10 et $100 poudre roit.es crayons compacts BIMiAW pol'DRïDf Toilfrrt r t Semti naforiVBMAw ./.-»¦ PALMFRS LIMITED MONTREAL Par Celia Caroline COLE La femme n'est plus embarrassée pour choisir le style de sa coiffure.Elle sait quel genre sied à sa figure, ce qui donne plus de charme à sa beauté, ce qui révèle sa personnalité.Plus de longues tresses bouclées.La mode impose cheveux courts ou chignons.En avant les ciseaux ! Même celles qui n'ont jamais voulu couper leurs cheveux, les coupent maintenant.Les nouveaux chapeaux demandent de nouvelles coiffures.Les modèles montrent de jolies têtes bouclées d'un effet charmant.Elles sont le grand succès du jour.Les Vents de Mars Flétrissent le Teint.Conservez la bonne santé de votre peau en la lavant avec du Savon Baby's Own etjde l'eau tiède Rincez ensuite avec de l'eau froide et tamponnez à sec.Les huiles bienfaisantes du savon Baby's Own^adoucissent et nettoient parfaitement la peau et la beauté d'un teint sain vous est assurée en dépit des vents les plus perçants.La douce mousse parfumée du Savon Baby's Own est une réelle volupté.En vente partout.Cartons individuels 10c.Meilleur pour Vous et pour Bébé Al X jours simples d'autrefois, il y / \ avait des saisons pour les vêtements.On s'achetait un joli costume à l'automne, ensuite, un manteau et quelques robes chaudes pour l'hiver.Au mois d'avril, on portait un costume de printemps, une robe de soie et un manteau de lainage léger.En mai, la couturière venait à la maison et préparait des robes d'organdi, de basin et de guingan.C'était la garde-robe des différentes saisons.Mais il n'y avait pas de saison pour la coiffure.On se coiffait toute l'année de la même manière que l'année précédente.Si, par exemple, le style Pompadour était à l'ordre du jour, toutes les femmes avaient un pompadour.On le modifiait peut-être un peu pour le rendre plus seyant, mais on ne voyait que le genre Pompadour jusqu'à ce que quelque part, un mystérieux quelqu'un fatigué de sa tête, de son visage, de sa coiffure fade, lance un nouveau genre.C'était dans le vieux temps.Maintenant les habitudes sont toutes bouleversées.Tout est changé.Nous avons conservé les vieilles habitudes auxquelles nous en avons ajouté des nouvelles.Dès août, nous nous enveloppons dans une élégante nouveauté de Paris et nous courons demander à notre coiffeur ce que sera la mode d'automne.Mais celle-ci change vers la fin d'octobre pour céder sa place à celle de février.Aujourd'hui toutes les femmes n'adoptent pas la même coiffure sous prétexte que tel ou tel genre est à la mode.Chacune, désireuse d'être à son mieux, examine d'abord oc qui Un \ .i de l.i coiffure portée, elle cherche ce qui lui est le plusseyant, retranchant, si nécessaire, tel ou tel détail, ajoutant telle ou telle chose qui s'harmonise davantage avec son type, accentue son charme et la rend plus jolie.C'est que si la femme aujourd'hui aime A être élégante, elle aime tout autant le confort qui lui rend la vie agréable, et ce, dans sa toilette aussi bien que dans sa maison.Voilà pourquoi elle recherche une coiffure seyante qui dessine harmo- nieusement la ligne de tête, qui ne soit ni compliquée ni surchargée, mais qui soit bien féminine.Il y a cette année toute une série de coiffures à votre disposition, mesdames, depuis les amusantes boucles qui font une parure fraîche et gracieuse aux jeunes visages, jusqu'au pompadour.Eh oui! si ce style vous va, si c'est celui que demande votre figure, adoptez-le .ce sera le genre Gibson 1933.Les ondulations et les cheveux bouclés conviennent à presque toutes les physionomies.Il se rencontre seulement de temps à autre, une figure d'une beauté si pure qu'elle n'a aucun besoin de l'embellissement de la coiffure.Et pour celles-là, les cheveux simplement relevés avec chignon bouclé, sont un genre délicieux.Les petits chapeaux d'où s'échappent à demi les boucles légères, donnent beaucoup de charme à celles qui les portent.Et il est très facile de friser le bout des cheveux.Roulez-les de biais sur votre doigt — remarquez bien, de biais — ils se façonneront ainsi gracieusement.Les cheveux contractent des habitudes comme les enfants et chacun de nous.Donnez-leur l'habitude de boucler, ils la garderont.Il faut nécessairement que la coiffure soit en harmonie avec les chapeaux.Comme ceux de l'époque Victoria dominent et sont décidément les favoris de la saison, ils ne peuvent être portés ni avec de longues mèches bouclées ni avec un chignon de ligne sévère.Celles qui jusqu'ici ont gardé leurs cheveux longs, ne peuvent plus rester retardataires.Toutes les femmes porteront donc un chignon bouclé ou un souple noeud grec, ou encore quelques petites boucles fantaisistes qui terminent bien les cheveux relevés et rejetés en arrière, dégageant complètement le front.La coiffure est ainsi simple, nette, seyante, sans aucune prétention, permettant à chacune quelques légères modifications avantageant la physionomie sans rien faire perdre à la personnalité.(Courtoisie du "Dellneator"' P La NEUMONIE est souvent causée par un Rhume Négligé A moins d'être cassé, un simple rhume abat la résistance physique et prépare fréquemment le terrain pour une attaque mortelle de pneumonie.La meilleure manière de soigner rapidement n'importe quel rhume est d'employer Yicks YapoRub.Cela est doublement important pendant les quelques semaines qui suivront, alors que la pneumonie sera à son point le plus dangerux.Appliquée sur la gorge et la poitrine, Yicks produit aussitôt un double effet, tout en arrêtant le rhume.(1) Les Yapeurs qui se dégagent par la chaleut du corps pénètrent directement dans les passages enflammés.(2) Au même moment, Vicks agit comme un emplâtre et enlève toute raideur et douleur.Cette méthode pour traiter les rhumes a commencé avec Yicks.Aujourd'hui, la pratique médicale moderne tend absolument à rejeter les remèdes inutiles.POUR TOUT RHUME POILS et DUVETS disgracieux enlevés radicalement et pour toujours par "GYPSIA", produit importé de Paris.Nous payons le port et la Douane.Ecrivez pour Notice gratuite avec attestations, à: Gypsia Products Co.(M.0.) 55 W.iS Street, New-York.Tes CAPSULES ANTALGINE SOULAGENT TOUJOURS Maux de tête, névralgies, rhumes, grippe, douleurs périodiques, lumbago, rhumatisme, torticolis. Page 26 Lu Revue Moderne — Montréal.Murs 19 3 3 LA PEUR CHEZ L'ENFANT On peut aider les enfants à triompher des ennuis qui les empêchent de jouir d'une "enfance heureuse." LA peur est peut-être la difficulté reconnue par presque tous les parents comme le problème J le plus délicat de l'éducation de leurs enfants.Il n'y a pratiquement pas d'enfant qui n'en soit atteint dès ses premières années.A ce moment-là, il importe surtout de chercher, non pas tant la peur précise, que le sentiment très subtile et le moins facilement raisonné qui en est la cause.L'inquiétude et l'anxiété sont souvent considérées comme les conséquences malheureuses de la croissance.L'adulte qui doit accepter les responsabilités, non seulement pour lui mais tout autant pour les autres, peut difficilement échapper aux moments de tension et d'inquiétude.Même un adolescent, accablé par les exigences de l'étude et par le désir d'atteindre à un niveau social élevé, n'en est pas toujours exempt.Cependant très peu de personnes réalisent que l'inquiétude peut être un facteur extrêmement troublant dans la vie des tout petits enfants.De fait, même quand l'enfant est capable de montrer qu'il est inquiet et anxieux, les adultes ont une tendance à faire peu de cas de ses inquiétudes parce qu'ils les jugent "enfantines" et passagères.Jusqu'à un certain point, il est vrai que les peurs des petits enfants sont passagères et superficielles.Quand un bébé jette les hauts cris et que sa peau rose devient rouge de rage parce que sa maman l'éponge à l'eau froide après son bain chaud, celle-ci rit de lui et lui dit: "Quel vilain garçon!" Malgré son tapage, la mère sait que l'eau froide — et même ses cris — lui font du bien, et que la tempête sera passée et oubliée en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.Mais l'erreur commence si la maman continue à conserver cette attitude envers l'enfant quand, par la période de développement, de bébé il est devenu un petit homme sensible.Il est vrai que ses peurs peuvent — justement ou injustement — continuer même alors à nous paraître passagères et superficielles, mais le fait essentiel à ne pas oublier, c'est qu'elles ne le sont pas pour lui.Si les adultes devaient conserver tout le long de la vie, l'intensité d'émotion momentanée avec laquelle l'enfant sensible reçoit chaque nouvelle expérience, aucun de nous ne pourrait atteindre un âge moyen.Afin d'aider l'enfant, la mère doit être sensible à ses difficultés et à leurs causes, même quand il est incapable de les expliquer ou de les exprimer ou qu'il n'a pas conscience de leur existence.Les parents doivent examiner les symptômes de terreur ou d'inquiétude même quand ils prennent une forme de peu d'importance, chercher à découvrir les causes, les approfondir et s'intéresser aux efforts de l'enfant pour les expliquer.Cette connaissance approfondie, acquise par tendresse, nous fera bientôt comprendre que ce sont les beaux souvenirs qui plus tard font l'enfance la plus heureuse.Chaque fois que l'enfant montre quelques signes de peur, si légers soient-ils, il faut s'appliquer à les dissiper par le raisonnement, et se garder de les traiter d'insignifiances.Les parents doivent lui aider à expliquer ce qui le trouble.Il y a, bien entendu, une grande diversité individuelle dans la force des sentiments.Mais, plus que d'autres, l'enfant sensible emmagasine des impressions qui le conduisent plus tard à l'inquiétude ou à la peur.Briser "les cercles vicieux" de la peur, a vraiment une importance vitale pour l'enfant qui sera l'adulte de demain.Sinon, les cercles deviennent de plus en plus petits, resserrant de plus en plus l'activité de la vie de l'individu, jusqu'à ce qu'il puisse à peine vivre dans le vrai sens du mot.Nous connaissons tous des neurasthéniques, les pauvres victimes de cet état d'anxiété.Ils ont peur de tout ce qui les entoure, de tout ce qu'ils voient.C'est que cette peur s'est développée avec le temps, qu'elle s'est fortifiée par l'habitude — il est très difficile d'en déterminer la source — et qu'elle est maintenant extrêmement difficile à guérir.Il est donc infiniment plus sage d'en tenter l'essai pendant l'enfance, avant que le mal ait entraîné la faillite de la personnalité, qu'il ait causé des souffrances prolongées et ?âté des années de la vie.Il faut nécessairement que l'enfant y mette de son côté de la bonne volonté, de la patience, de la persévérance pour arriver à surmonter les difficultés.Mais c'est la tendresse attentive des parents qui doit li mettre en état de transformer ses inquiétudes non motivées ou réelles, en un problème tangible qu'il peut envisager et espérer résoudre. La Revue Moderne — Montréal, Mars 19 3 3 Page 27 Le Courrier du Mois Par M A8JQLAINB COKI'K AIMANT — "La buIjHiik* l«COD" de la ( iiVIk- aura-t-cllc HO mieux lomprlitc t Lct peu-nlct voudront-lla cesser cette course icervelêt qui lit Cnmlllit il 1.1 pIllH rltt'iv.llitr l.llllll., v< ill'lf nlil lin '.".i
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