La Revue moderne., 1 août 1933, août
COEUR DE GENTILHOMME, roman complet, par France BERNARD Etats-^nis: 25c 14e Année MONTREAL, CANADA Août 1933 —N° 10 Barques de pêche au repos, à Barachois Photo C.N.R. ••Piquez au plus court.Avec cet auto vous ne sentirez jamais les chocs!" CHICAGO CENTUKY QF PROGRESS LES McLAUGHLIN-BUICK HUIT donnent des milles plus nombreux et meilleurs CONFORT?Faites un voyage de deux semaines ou une simple course dans le bas de la ville et vous vous sentirez mieux dans un McLaughlin-Buick.Il y a du plaisir à s'asseoir au volant d'un auto que tout le monde respecte.Il y a aussi une sensation particulièrement agréable à "lui donner du gaz" —et à tourner les coins comme si rien n'était—comme si vous étiez toujours sur une belle route en ciment.Et que dire de cette impression de bien-être quand, après un long voyage, vous êtes frais et dispos—prêt à faire tout ce qui se présente! 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Page 10 La Revue Mo d e r n e — Mont r cal, Août 19.] LA VIE CANADIENNE Les Conquérants de l'Air PARTIE d'Orbetello, le 1er.juillet, l'escadrille italienne du général Balbo amerrissait à Longueuil treize jours plus taid.Des vingt-cinq hydravions qui s'étaient envolés sous le commandement du jeune ministre de l'Air, lieutenant du Duce, vingt-quatre survolaient notre ville et venaient se poser doucement sur les eaux du Saint-Laurent, en face de l'aéroport Fairchild, ayant franchi sans encombre l'avant-dernière étape de leur long voyage de 6,100 milles.Arrives la veille à Shédiac, petit port de pêche du Nouveau-Brunswick dont la population se compose en majorité d'Acadiens, les intrépides aviateurs y avaient été accueillis avec enthousiasme et curiosité par le premier ministre de la province et le maire, M.Sormany.Les journaux ont rapporté que l'honorable L.P.D.Tilley s'adressa aux conquérants de l'air en anglais et en italien.Quant au maire de Shédiac, il prononça son discours en français.Ce furent, du reste, les premières paroles qui frappèrent l'oreille de Balbo et de ses compagnons.Le ministre de l'air répondit en italien et en anglais, se réservant d'employer la langue française, qu'il parle mieux que l'anglais, dès son arrivée à Longueuil.Le lendemain de ce jour mémorable, les vingt-quatre hydravions géants se remettaient en route vers Chicago où ils ont apporté au peuple américain le message de l'Italie fasciste.Ce remarquable exploit de l'aviation italienne venant couronner une politique de l'air éminemment constructive et l'effort persévérant de deux années de préparatifs ininterrompus, a provoqué dans la presse mondiale les commentaires les plus élogieux.Il est facile d'imaginer l'enthousiasme des foules italiennes qui ont suivi heure par heure le vol émouvant de l'escadrille partie, comme le rappelait le maire de Shédiac, à la découverte du Nouveau-Monde par voie aérienne, plus de 450 ans après le geste du Génois Christophe Colomb.Et lorsque les héros rentreront en Italie, de quelles acclamations ce peuple vibrant, qui domina un jour l'univers et qui retrouve, grâce à Mussolini, sa fierté du temps des Césars, n'accueille-ra-t-il pas les magnifiques ambassadeurs de son génie et de sa renaissance, ces "Ariels casqués", beaux comme la jeunesse et l'espérance! Il est encore trop tôt pour affirmer que l'exploit de Balbo et de ses hommes inaugure, au point de vue pratique, une ère nouvelle dans les relations de l'Europe et de l'Amérique par la voie des airs.Il est hors de doute que l'Italie et l'aviation italienne en retireront un énorme prestige.Préparé et dirigé par des Italiens, effectué sur des appareils italiens munis de moteurs italiens, ce voyage extraordinaire, qui laisse loin en arrière les plus prodigieux exploits imaginés par Jules Verne, est caractéristique du régime instauré à Rome il y a onze ans.Il est le fait d'hommes ambitieux, jeunes, intrépides, de ceux-là qu'annonçait, au début du siècle, la voix prophétique de Gabriele d'Annunzio.Il illustre magnifiquement cette politique fasciste appliquée à l'aviation et dont Son Altesse Royale, Mgr le comte de Paris résumait le programme dans un solide article publié par La Revue Universelle du 15 juin.Comme le prince exilé, chargé des gloires passées et d'espérances, a raison d'écrire que, "dans le domaine particulier de l'aéronautique.le redressement de l'Italie est un exemple qui vaut d'être médité".L'n peu plus loin il ajoute: "La politique générale de l'Italie est ce qu'elle est.Avec une étonnante précision, la politique aéronautique de l'Italie s'est modelée sur elle ou plutôt elle en a découlé comme l'eau jaillit de la source".Le ministre de 37 ans qui a su accomplir pareil exploit, le régime qui l'a conçu et en a permis l'exécution méritent plus que le respect.L'un et l'autre incarnent ce dont le monde a le plus besoin: la jeunesse et l'audace raison-née.Fortuna audaces juvat.M.Victor Doré PElî de temps après avoir été élu à la présidence de la Société Saint-Jean-Baptiste, en remplacement de M.Brossard dont la mort dramatique causa l'émoi que l'on sait, M.Victor Doré se voyait confier une seconde fois la résidence de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.Aucun de ces deux événements n'aura surpris ceux qui connaissent M.Doré et l'ont vu à l'œuvre.H n'est pas un Canadien français, quelles que soient ses opinions politiques, qui refusera de reconnaître, dans la personne du nouveau président de notre société nationale, un patriote sincèrement dévoué aux intérêts de notre petit peuple, un homme de bon sens, de jugement droit, unissant à de solides aptitudes d'homme d'affaires une précieuse expérience de pédagogue averti.Et ce qui, par-dessus tout, autant que la chose est possible sur cette terre où la bonté n'est pas toujours, loin de là, payée de retour, mérite à M.Doré le respect et l'estime de ses concitoyens, c'est son grand cœur.Parce qu'il a vu souffrir autour de lui, parce qu'il connaît les hommes et leurs faiblesses, parce qu'il sait combien il est difficile pour un jeune de faire son chemin dans la vie, parce qu'il n'ignore aucun des défauts de notre race et qu'il n'a rien oublié des obstacles auxquels il s'est lui-même heurté, M.Doré accueille toujours avec un sourire et de bonnes paroles ceux qui s'adressent à lui.Qu'il parle en public ou qu'il engage la conversation avec un de ses interlocuteurs, on le sent toujours prêt à s'émouvoir.Ce ne sont pas seulement les lèvres qui s'ouvrent chez lui.Bien avant elles, le cœur s'est ouvert.On se sent en face d'un homme qui comprend, qui sympathise et qui, s'il ne lui est pas possible de se rendre au désir exprimé, cherche au moins à encourager, à réconforter, à raviver l'espoir.Lui-même n'a pas honte de s'émouvoir, de vibrer, comme il n'a pas l'horreur des responsabilités.Et ceux-là en savent quelque chose, qui entendaient M.Victor Doré plaider la cause de l'L'niversité de Montréal, au Cercle Universitaire, à la fin d'une magistrale conférence sur l'organisation scolaire de notre métropole.Combien d'entre eux pouvaient se dire, ce soir-là: "Que n'avons-nous une demi-douzaine de Victor Doré"! Que la réélection de M.Doré à la présidence de la Commission des Ecoles Catholiques n'ait pris personne par surprise, tout d'abord en raison des éminentes qualités du titulaire et puis en vertu du système qui réserve la présidence à un représentant du gouvernement provincial, impossible, encore une fois, de le nier.En quoi, du reste, ce second élément diminuerait-il la valeur du témoignage dont notre compatriote vient d'être l'objet ?Ses vingt-huit années de service actif à la Commission de- Ecoles, ses cinq dernières années à la présidente justifient tous les espoirs.La cause de l'enseignement primaire et de l'éducation de notre jeunesse est entre bonnes mains.S'il existe, parmi les nôtres, un homme capable d'adapter l'une et l'autre aux exigences de l'heure, en conformité avec nos plus saines traditions, un homme qui sache allier une prudence nécessaire à une audace réfléchie pour opérer des transformations indispensables, c'est bien M.Victor Doré.Concours de Français FONDE pendant la guerre et préside depuis lois par Mgr Alfred Baudiillart dont tout le monde connaît la vaste culture et le dévouement, li- I • imité ( atholique des Amitiés Françaises à l'Etranger poursuit une œuvre des plus bienfaisantes que l'Académie vient, encore une fois, de souligner en lui ai cordant l'un de ses grands prix.Ce Comité, dont le siège est à l'.iris et qui possède des coi respondants dans toute l'Europe, publie, depuis près de quatorze ans, une revue menauelli très vivante et documentée où la part la plu large est faite aux Canadiens français.Ceux i sont, du reste, assurés de trouver la plus chaude sympathie au sein même du Comité cl pari culicrement auprès de cet infatigable prél.i de cet ami dévoué des bons et des mauvais jours qui s'appelle Mgr Kugène Bcaupin.Voil un Français qui nous connaît bien, quoiqu'il ne soit jamais venu à Québec, à qui nous pou vons tout dire et tout demander tant il a l'esprii ouvert et le cœur large.Le jour où Mgr Beau-pin, cédant aux instances de ses amis canadiens, se décidera à traverser l'Atlantique et à venir nous visiter, nous pourrons lui ouvrir très larges nos cœurs et les portes de nos maisons et je doute fort qu'il nous soit possible de lui rendre la dixième partie de ce que nous lui devons.L'une des initiatives les plus heureuses du Comité Catholique, qui en compte des douzaines à son crédit, est, sans aucun doute, le Concours international de Composition française organisé il a trois ans.Cette année, cent cinquante et un jeunes garçons et jeunes filles sujets de quatorze nations, ont pris part au concours qui a eu lieu à l'intérieur de chaque collège ou école et non pas entre plusieurs collèges, comme le rappelle opportunément Mgr Beaupin.Tous ces élèves, "appartenant à la classe la plus élevée de chacune des maisons prenant part au concours",— on en compte 43 — avaient à parler soit d'un écrivain de leur pays, soit d'un prosateur français du XVI le siècle.Les élèves moins avancés avaient à faire une narration française sur un thème choisi par leur professeur.Pourquoi ce concours ?Mgr Baudiillart en donne lui-même le sens et la portée dans le dernier numéro des Amitiés Jatholiques Françaises."Il ne s'agit pas seulement, écrit l'éminent historien, pour vous et entre nous de lauriers littéraires, de plus grande amitié politique et intellectuelle.La fraternité qui nous rapproche doit Itre aussi et avant tout catholique et spirituelle.L'union des intelligences et des esprits ne serait rien sans celle des âmes".Lin tel Concours international, provoquant la plus saine des émulations, est en même temps l'hommage des intelligences à la "plus précieuse des possessions humaines" que constitue, suivant le mot de M.Murray Butler, président de l'Académie américaine des Arts et des Lettres, la langue française.Le Canada était représenté au troisième Concours.Le Comité a reçu, nous apprend Mgr Bcaupin, trois narrations envoyées du Couvent Notre-Dame de Morinville, (Alberta) et sept devoirs transmis par M.René Gauthc-ron, professeur à l'Université Dalhousie: troi-provenant de l'Université Saint-François-Xavier d'Antigonish, quatre de l'école de Mete ghan River, (N.E).Comment ne pas souhaitei que les envois du Canada français, en particulier ceux des provinces où nos compatriotes sont en minorité, augmentent d'année en année ?Rien n'est plus propre à assurer, dans ces régions, l< respect de la langue dont.on a dit qu'elle était "la langue de la raison".Nos jeunes compatriotes éloignes ne peuvent que bénéficier d< cette nouvelle forme de collaboration franco canadienne, et Dieu s:iii s'il importe plus que jamais de resserrer les liens entre la Fram • catholique et les descendants de ces autre Français qui ont fait notre patrie canadienne Jean-Baptiste ROMAN COMPLET Coeur de Gentilhomme Par France BERNARD CHAPITRE I I >'iinc*"ln.iin 11 il ! I mutilait lin peu, la .il il' il'l l.iul rri\e reposa sur l ' de amitié, sa fillette, le seul bien qui lui restât.Elle revoit Marie de Trêves toute petite, mièvre et délicate, idéalement jolie, avec sa tête fine penchée tristement et de6 larmes dans les yeux, telle qu'elle lui était apparue pour la première fois dans la cour du Sacré-Cœur à Paris, nouvelle venue pour qui tout était nouveau dans cette vie de pensionnaire.Son cœur aimant avait bondi de pitié.Elle se rappelait, combien elle aussi avait souffert deux ans auparavant lorsque son père, après l'avoir très tendrement baisée au front, avait refermé la porte du parloir, la laissant avec la religieuse, qui, maternelle, essuyait ses pleurs.Aussi était-elle allée la trouver et la prenant par la main: "Ne pleurez pas, je serai votre amie, si vous le voulez bien ?" Deux petits bras affectueux s'étaient noués autour de son cou, et une voix très douce avait murmuré à son oreille: "Je vous aime déjà petite amie! mais consolez-moi, je suis si triste!" Et tendrement enlacées, à l'écart de leurs bruyantes compagnes, Lucie d'Au-bignie avait, de ses tendres caresses et de ses douces paroles, apaisé la petite Marie qui se blottissait contre elle.Depuis, une solide et inébranlable amitié avait uni les deux fillettes: elles se retrouvaient au moment des récréations avec un plaisir toujours nouveau et très intense; Lucie de trois ans plus âgée que sa petite compagne ne suivait pas les mêmes cours.Elles vécurent ainsi, très intimement liées, ne se séparant avec chagrin qu'au moment des vacances, qui dispersaient les élèves dans leurs familles.Lucie rejoignait le château qu'elle et ses parents habitaient dans la région si fertile et si riante de la Touraine; Marie allait vivre avec son père veuf, déjà presque infirme et prématurément vieilli par les chagrins, dans le manoir breton des comtes de Trêves.C'était avec une joie toujours vive, qu'elle retrouvait le vieux nid familial qui s'étageait, pittoresque et charmant, au bord de la Manche, dont les hautes vagues baignaient sans cesse avec un bruit sourd les fondements majestueux.A leur sortie de pension, les jeunes filles avaient continué leur intimité, et, bien souvent, des plaines de la Touraine aux côtes bretonnes, des lettres s'échangeaient.C'est ainsi que Marie de Trêves, alors âgée de vingt-deux ans, apprit le mariage de son amie Lucie avec le baron Maurice d'Hauterive.Elle demanda et obtint de son père l'autorisation d'assister au mariage de sa meilleure amie, et confia alors à celle-ci que le comte de Trêves, l'avait elle aussi fiancée à un lointain cousin, le vicomte Yves de Kermor, gentilhomme breton fort riche, qu'elle ne connaissait que bien peu, et pour lequel elle n'éprouvait qu'une très légère sympathie.Puis les événements s'étaient précipités: la jeune baronne d'Hauterive.devenue mère d'un tout petit garçonnet avait appris par une lettre de son amie, son mariage avec un musicien de talent, Jean Duval, connu dans une soirée et aimé aussitôt de toute la force d'un cœur jeune et ardent.Furieux de voir sa fille refuser le mari qu'il lui destinait, pour un musicien sans fortune et sans nom, le vieillard qui avait fondé sur son unique enfant de très grandes espérances, cessa toutes relations avec le jeune ménage, et pour distraire *on chagrin se lança dans de folles spéculations.Il y engloutit une fortune déjà fortement ébréchée par le jeu qu'il aimait avec passion.Le manoir antique des comtes de Trêves fût vendu à de riches anglais, et le vieillard ruiné et malade, mourut peu de temps après, dans une modeste pension de famille où il s'était retiré.Cinq ans après son mariage, Mme Duval fit part à son amie de la naissance de sa petite Liane, et elle ajoutait ravie: "Dieu a enfin récompensé notre longue attente; pauvre chérie, comme nous allons l'aimer.Notre bonheur sera maintenant complet.Je ne puis cependant songer sans un douloureux serrement dt cœur au père que j'ai tant aimé et qui vit Page 12 La Revue Moderne — Montréal, Août 1 !t loin de nous.Que notre Divin Maître lui accorde la grâce d'oublier et de revenir sur ses erreurs passées".Encore quelques lettres; puis, plus rien Sans doute, dans son égoïste bonheur la jeune femme oubliait son amie qui venait elle aussi de donner une petite sceur au jeune Philippe d'Hauterive.Etonnée de ce changement subit, la baronne avait écrit plusieurs fois à celle qu'elle continuait de chérir si tendrement, mais ses lettres restèrent sans réponse, et le mystère, profond et enveloppant se fit.Dix ans avaient passé et voilà que tout à coup, elle apprenait par une religieuse d'un hôpital de Paris, les malheurs qui avaient fondu sur Mme Duval et la fin lamentable de cette dernière.Après de bien douces années vécues auprès du mari qu'elle chérissait si tendrement, et de la mignonne fillette que Dieu leur avait donnée, la pauvre femme avait vu le malheur fondre sur sa vie.Son mari lui avait été enlevé, victime d'un accident d'auto, alors qu'il venait de donner une leçon à un de ses élèves.Désormais la veuve dût gravir un dur calvaire.Terriblement ébranlée par le malheur si soudain qui l'atteignait en pleine sécurité, Mme Duval tomba malade et les quelques économies qu'elle avait pu réaliser furent vite englouties par les soins coûteux dont il fallait l'entourer.Lorsqu'elle se sentit plus forte, elle écrivit à son père une lettre éplorée, lui demandant de vouloir bien avoir pitié d'elle et de son enfant.Elle allait, hélas au-devant d'une autre douleur: car elle ignorait la mort du gentilhomme.Sa lettre lui revint, non décachetée et portant la fatale sus-cription: "Décédé".Elle pleura sincèrement ce père que, malgré tout, elle aimait encore et pria Dieu de lui accorder le pardon et la paix.Puis, courageuse devant l'adversité, elle se releva.Il fallait vivre, malgré la plaie atroce qui lui déchirait le cœur; il fallait donner du pain à son enfant qui n'avait qu'elle pour la soutenir.Elle avait travaille alors dans ce Paris, qu'elle avait tant aimé au temps de son heureuse enfance, jusqu'à ce que la maladie la terrassât impitoyablement.Bientôt à bout de ressources, elle fût transportée à l'hôpital, où elle mourut quelques jours après.Le son argentin de la cloche du château, s'égrena dans l'air pur annonçant l'heure du déjeuner, et son appel, un peu atténué par la distance, arriva jusqu'à la baronne, qui se releva vivement, honteuse d'avoir si longtemps rêvé.Elle passa sa main sur son front un peu moite et parcourut très vite la distance qui la séparait du manoir.Dans la spacieuse salle à manger où la table était dressée, coquettement fleurie par les soins de la femme de charge, son fils l'attendait, tambourinant nerveusement une marche guerrière sur les vitres d'une porte-fenêtre donnant accès sur le perron.Elle l'appela d'un geste, et tous deux, avant de prendre leur repas récitèrent pieusement le "Benedicite".En dépit de tous leurs efforts pour paraître gais, le repas fût triste et silencieux, et pour la première fois, le désaccord divisa cette mère et ce fils qui s'aimaient pourtant si tendrement.Lorsque le domestique, froid et correct qui les servait se fût éloigné, la baronne dit à son fils d'une voix légèrement tremblante: — J'écrirai ce soir, Philippe, à Mère Bernard, la religieuse qui a recueilli les dernières volontés de ma pauvre amie, pour la prier de m'amener Liane Duval.J'espère que tu m'approuveras, et que tu aimeras l'orpheline comme une seconde sœur.— Je désire, ma mère, que cette enfant que vous accueillez si spontanément sous votre toit, ne vous donne toujours que des satisfactions, répondit-il d'une voix mesurée.Quant à moi, je tâcherai de l'aimer un peu.Se» lèvres prononçaient ces paroles.Il savait devoir n'accorder jamais la moindre sympathie à la fillette que sa mère aimait déjà si vivement.Dans son cœur orgueilleux, il avait juré de tout faire, pour écarter l'orpheline de son chemin.CHAPITRE III — Décidément nos voyageuses n'ont pas beau temps, et je suis inquiète à leur sujet! dit la baronne d'Hauterive à la femme de charge qui venait d'entrer dans le grand salon moyenâgeux.Pour la dixième fois, peut-être, elle releva le lourd rideau de drap vert, et ses yeux inquiets fouillèrent l'immensité du ciel, où de Coeur de os nuages noirs se poursuivaient.Un lair stria la nue.Elle frissonna et reprit sa place dans le grand fauteuil, son tricot à la main.A pas de loup, Léa se retirait.Mme d'Hauterive la retint d'un geste: — Dites à Eloi, de se munir de couvertures; l'air s'est sensiblement rafraîchi, Mère Bernard et la fillette en auront sûrement le plus grand besoin, à leur descente du train.Et elle songea tristement: "Chère petite Liane, vous arrivez ici avec un bien vilain temps! Que ce ne soit pas, mon Dieu, un présage de mauvais augure! S'il ne dépend que de moi, vous serez heureuse ici; je vous chérirai comme une fille tendrement aimée et je m'efforcerai d'écarter de votre route les épines qui pourraient y être semées.Mais comment Philippe accueillera-t-il votre venue ma mignonne ?.J'ai déjà remarqué chez lui, certains signes de mécontentement, et je suis presque certaine, que ce n'est qu'à contrecœur qu'il supportera votre présence au château".La baronne pressa ses mains sur son front douloureux, et s'abîma dans une profonde rêverie.Elle connaissait à fond le caractère de son fils.Elle le savait excessivement fier du nom glorieux que lui avaient légué ses ancêtres, dont les premiers avaient combattu avec Saint-Louis contre les musulmans pour délivrer le tombeau du Christ.Il lui était facile de comprendre la cause qui éloignerait toujours peut-être, l'orpheline de son fils: il ne pourrait jamais aimer un peu, celle qui n'avait pas l'honneur de porter comme lui, un nom plein d'éclat; il ne lui pardonnait pas non plus, d'avoir déjà pris une si grande place dans le cœur de sa mère qu'il chérissait si exclusivement.Mme d'Hauterive ne se trompait pas.Dans sa chambre, qu'il arpentait à grands pas nerveux, les sourcils violemment contractés, et un éclair de dureté dans ses yeux noirs, le jeune homme réfléchissait.Cette enfant que sa mère accueillait sous son toit, il ne l'aimerait jamais.A peine, lui accorderait-il, lorsqu'ils seraient forcément réunis, un semblant de légère sympathie.Tout, d'ailleurs, le séparait de cette fillette pauvre et d'un nom plébéien.Il mettrait dans leurs rapports, la distance que son orgueil lui dicterait, et il écraserait de son mépris l'orpheline recueillie par charité.Plus tard, lorsque, jeune fille, elle comprendrait qu'elle n'était là que contre son gré à lui, elle chercherait une situation indépendante dans le travail, et quitterait le château.Un sourire s'ébaucha sur les lèvres de l'adolescent laissant découvrir des dents admirables.Il avait son plan, il le suivrait jusqu'au bout, sans défaillance, jusqu'à ce qu'il ait écarté la petite roturière de sa route à lui, qu'il entrevoyait idéalement belle et fleurie.Il en était là de ses réflexions, lorsque son ouïe, très fine, perçut le grincement particulier du lourd portail de fer qui venait de s'ouvrir, livrant passage à l'automobile qui ramenait de la gare la religieuse et l'enfant en deuil.Il courut à la fenêtre et souleva le rideau de dentelle.La pluie avait presque complètement cessé, un rayon de soleil inondait de lumière la luxueuse automobile qui s'avançait dans l'allée.Elle décrivit une courbe savante et vint se ranger devant le perron sur lequel, la baronne, souriante et profondément émue, attendait.Philippe ne put entrevoir, l'espace d'un éclair, qu'une petite forme frêle et noire qui se blottissait contre la religieuse.Déjà les deux femmes et l'enfant disparaissaient dans le grand corridor dallé de blanc, et le bruit de leurs voix monta jusqu'à lui.Il en ressentit un douloureux serrement de cœur, mais il se redressa, et rejettant en arrière, par un mouvement qui lui était habituel, la masse de ses beaux cheveux châtain foncé, il descendit dans le salon.Dès ou'il eût ouvert la porte, son regard chercha Liane.Il vit une insignifiante " lille.aux traits menus, aux cheve.r roux mousseux et frisottants, drôlement ' vé» sur la tête et fixés par un lacet n'l triste avenir vous attend! Décidément une bonne fée n'a pas présidé à vol e naissance!" Et il s'isola dans un silence farouclte, jusqu'à l'heure du repas qui fût simple et charmant.Ce soir-là, une sympathie spontan e s'établit entre le prêtre et la jeune orpb • line.E La Revue Moderne — Montréal, Août 19 3 3 Page 13 Coeur de Gentilhomme CHAPITRE V Déjà plus d'une feuille tèckt Parsème les gazons jaunis.Soir et matin la hriie est fraiihe; Ilélusl les beaux jours sont finis, Théophile ( .\c THIER A pas lents, l'air infiniment heureux, I lanc se dirige vers le château.Elle a lui, dans It- p.id , him- .11111 priA imoii ,le Heurs, el une magnifique «erlje rouge et or, déborde de ses bras menus.Quel-i|uefois en un geste adorable et gracieux, l'Ile enfouit son mince petit visage dans cette moisson parfumée, et en respire avec ivreBse les parfums capiteux.Puis, elle reprend sa marche un instant interrompue, et son regard erre, ravi, sur la sereine beauté du site qui l'entoure.Mais elle tressaille soudain, arrachée à sa muette contemplation.Le gravier crisse sous les pas d'un promeneur: elle relève la tête et aperçoit Philippe d'Ilauterive.Toute iremblante, elle s'apprête à fuir dans une allée qui s'ouvre devant elle, car elle craint de toutes ses forces ce grand jeune homme, qui ne lui a témoigné jusqu'ici aucune douceur, lorsqu'elle s'entend interpeller avec humeur; — Qui donc vous a permis, détestable enfant, de dévaliser ainsi nos plates-bandes?Les beaux yeux de l'orpheline, surpris et effarouchés, se lèvent sur l'adolescent et elle répond d'une voix légèrement tremblante: — C'est aujourd'hui qu'arrive Mlle l'errin, mon institutrice, et c'est Mme votre mère qui m'a permis.Le jeune garçon ne la laisse pas terminer: d'un coup de cravache, il a dispersé à terre la belle moisson parfumée et il la piétine avec colère; puis il s'éloigne vivement, un peu honteux de sa vivacité, car il a vu des pleurs dans les yeux de la fillette.Devant les belles fleurs, hachées, pulvérisées, qui s'étalent en une tache sanglante sur le sable de l'allée, Liane demeure attérée.Les larmes coulent librement le long de ses joues subitement pâlies, et un tremblement nerveux agite ses petites mains qui tâchent de rassembler les Heurs encore belles.L'enfant a la pieuse coutume de fleurir chaque jour l'image de ses parents bien-aimés, et elle ne voudrait pas aujourd'hui, par la faute brutale de Philippe, manquer à cette si douce habitude dont son petit cœur aimant se fait un si tendre devoir.Elle ne les oublie pas les pauvres chers disparus.Chaque soir avant de s'endormir, elle s'agenouille au pied du Crucifix et prie ardemment pour eux.Toujours penchée sur le sable de l'allée, Liane rêve tristement.Sa besogne est depuis longtemps terminée car elles sont peu nombreuses, les fleurs qui mil échappé .m in.iss.irrc ni.us, toute à son chagrin, la fillette ne songe pas à se relever.Klle est vraiment mignonne et enfantine dans cette pose douloureuse.Un rayon de soleil se joue dans ses beaux cheveux blonds, et avive l'éclat soyeux des longues boucles qui s'étalent magnifiques sur ses épaules secouées de sanglots convulsifs.C'est dans ce délicieux et si triste abandon que Philippe la retrouve quelques instants plus tard.Pendant quelques minutes, il contemple, attendri, le touchant tableau qui s'offre à sa vue, et son cœur est ému de pitié.Le jeune garçon regrette déjà sa vivacité.Touché par les larmes de l'enfant, il a un moment la tentation d'aller vers elle et de la consoler par de douces paroles.Mais son orgueil est plus fort que sa volonté, et, froid, hautain, un pli dur barrant son large front, il continue sa route, sans un regard pour l'orpheline.Que lui importe d'ailleurs l'amitié de ¦Mr enfant ' I Luis quelques joui s.la vie I' -> séparera île nouveau.les vacances touchent à leur fin, et il va être obligé de 'luitter le château ancestral pour reprendre ses études dans la capitale.A cette pensée, un sourire éclaire sa physionomie.Excessivement intelligent et travailleur, Philippe est ravi de revenir à cette vie de travail intense.Ce n'est pourtant pas sans un réel chagrin, qu'il quitte chaque innée sa mère chérie, et il est étonné de ne pas éprouver à la quitter aujourd'hui un petit serrement douloureux.Il s'interroge tout bas, et c'est profondément absorbé qu'il pénètre dans le salon familial.Liane l'y a déjà précédé.Tristement assise aux pieds de la baronne, elle feuillette distraitement un beau livre de contes, et souvent un léger soupir, vite réprimé, s'échapiie de ses lèvres pâlies.A la vue de Philippe, une contraction douloureuse a durci son tout [jetit visage, et le livre a glissé de ses mains tremblantes.Soudain, conscient du chagrin qu'il a causé à l'enfant, le jeune homme veut réparer un peu, et il dit gaiement en s'asseyant: — Voulez-vous me permettre, mère, d'amener avec moi Liane pour une petite promenade t La baronne s'était levée ravie.— C'est cela, allez vite mettre votre chapeau ma mignonne.Et elle ajouta tristement lorsque l'enfant eut disparu: — Pauvre chérie! Je suis heureuse pour elle de cette diversion.Je l'ai trouvée tout à l'heure en proie à une vraie crise de larmes, et la pauvrette m'a avoué qu'elle pleurait ses parents chéris.Une légère pâleur envahit le visage de l'adolescent.Il mordit violemment ses lèvres, et se détourna pour cacher son émotion.Ainsi, l'orpheline avait tu à la baronne la scène qui avait eu lieu dans le parc! "C'est un trait d'une petite âme délicate", pensa-t-il.Il ne devait jamais oublier la leçon que lui donnait aujourd'hui la petite plébéienne.— Je vais donner l'ordre d'atteler Stella, dit-il d'une voix mal assurée: vous m'enverrez l'enfant dès qu'elle sera prête, et il sortit du salon, l'air parfaitement indifférent.CHAPITRE VI — Liane, arrivez vite! s'écria la baronne dès qu'elle aperçut sa fille adoptive dans l'allée principale du château; et, joyeusement elle accourait vers elle, agitant au bout de ses doigts un léger papier bleu.Elle continua, un peu essoufflée par sa course rapide: — Philippe nous arrive ce soir ma chérie, un peu plus tôt que nous ne l'attendions.Pensez combien grande est ma joie.Cher enfant! voilà deux grandes années que je n'ai eu le bonheur de l'embrasser.Comme je vais être heureuse de l'avoir tout à moi et pour toujours, car il ne nous quittera plus maintenant.Sans l'interrompre, Liane avait écouté ce flux de paroles joyeuses.Très tendrement, elle avait appuyé sur le sien le bras de la baronne, et toutes deux avaient repris leur marche.Ainsi donc, le jeune homme arrivait définitivement.Après avoir fait de brillantes études à l'école Polytechnique, il avait décidé de passer deux années à Londres pour se perfectionner dans la langue anglaise et étudier en même temps, sur place, le développement maritime britannique, car, il avait l'intention d'écrire un traité sur ce sujet qui le passionnait.Il allait reprendre aussi en mains la direction de ses domaines et soulager ainsi sa vieille mère de ce lourd fardeau.— Je suis très heureuse, mère chérie, dit affectueusement Liane à sa compagne, de l'arrivée prochaine de Philippe.Sa présence va vous être une très douce joie Et elle ajouta, rieuse, en s'inclinant profondément devant la baronne amusée — Me permettez-vous, noble dame, d'aller changer de toilette en l'honneur de notre jeune seigneur?Et, sans attendre une réponse, elle s'éclipsa vive et légère, dans le grand cor ridor.Elle gravit en hâte le monumenta escalier et pénétra dans son appartement C'était toujours la même pièce, luxueuse et simple tout à la fois, qu'elle occupait.Elle en avait fait, avec les quelques sou venirs de famille qui lui restaient, une retraite délicieuse et intime et c'est là, qu'elle aimait souvent à s'isoler.Dès que la porte se fut refermée sur elle, Liane se laissa tomber accablée dans un fauteuil.Comme par magie, sa joie avait disparu et les couleurs avaient fui son visage.Ses deux mains croisées sur sa poitrine, elle comprimait à grand peine les battements douloureux de son pauvre cœur meurtri, et un léger tremblement agitait ses lèvres décolorées.Le visage enfoui dans ses mains, elle rêvait douloureusement et mille pensées tumultueuses s'agitaient dans son cerveau en feu."Pourquoi vous avoir tant aimée, mère chérie ?"Pourquoi mon pauvre petit cœur d'orpheline s'est-il donné à vous si complètement ?puisqu'il faut que je vous quitte bientôt!.Oh! comme ce mot de départ L'échapper belle! N'AVEZ-vous jamais échappé à la mort par une fraction de Be-conde, étant allé vous jeter pour ainsi dire dans le chemin d'une automobile menée bon train?Ou, croyant traverser en sûreté une rue, n'est-il jamais survenu d'automobile tournant un coin et ne vous manquant que par quelques pouces?Cette fois-là, vous avez été chanceux! En ce pays, il ne se passe pas une journée que l'automobile ne tue des piétons et ne fasse plusieurs blessés — quelques-uns estropiés pour la vie.Une partie de cette tragédie quotidienne est due aux "chauffards", mais le plus grand nombre de ces accidents sont imputables à la négligence ou à l'irréflexion des piétons.Bien que les leçons de prudence données aux enfants de quelques écoles aient contribué à prévenir beaucoup d'accidents, il se fait encore tuer des enfants tous les jours.Même les bons signaux et les agents de circulation vigilants, aux coins de rue très fréquentés, sont impuissants à secourir les gens qui s'engagent sur la chaussée par derrière une voiture en stationnement.Votre sécurité et celle de chaque membre de votre famille, quand il s'agit de traverser une rue ou de faire route à pied sur le grand chemin, tient à l'acquisition d'une habitude fixe qui doit devenir une seconde nature; s'assurer que la chaussée est libre avant d'y mettre le pied.Seconderez-vous les instituteurs et les institutrices qui forment les enfants à veiller aux signaux "Passez" et "Halte" — et observerez-vous les règlements de circulation prescrits pour votre propre sécurité?Faites venir le "Carnet du piéton prudent", publié par la Metropolitan, qui signale les dangers auxquels sont constamment exposés les gens à pied, et dit comment vous et les vôtres pouve» a-ssurer votre sécurité comme piétons.S'adresser au Service des brochu-rettes, Dept.8-R-33.NON OUI ÊTES-VOUS UN PIÉTON PRUDENT?A combien de ces questions pouvez-vous répondre NON?Est-ce que: 1.—Vous vous engagez imprudemment sur la chaussée, par derrière des voitures en stationnement ou des obstacles masquant la vue?._ .__.t.—Vous essayez de vous faufiler à travers la circulation?__ 3.—Vous traverser les rues de biais?.__._.k.—Vous montez en voiture ou en descendez dans le mouvement de la rue?.___._.___ 5.—Vous traversez la rue sans avoir l'œil à la circulation?.6.—Vous traversez à l'encontre des signaux au croisement de deux rues?.7.—Vous stationner sur la chaussée?.__.S.—Vous permettez à votre enfant de jouer dans la rue?.___ - - 9.—Vous suivez le cours de la circulation, au lieu d'aller en sens inverse, quand vous faites route à pied sur le grand chemin?.____.__.- - 10.—Vous néglige: d'observer une jrrudence )>articulière, la nuit?- - Metropolitan Life Insurance Company FREDERICK H.ECKER.PRÉSIDENT BUREAU CHEF CANADIEN, OTTAWA AU SERVICE CANADA DEPUIS 187' 3 Page n La Revue Moderne — Montréal, Août 1983 Vo us n OSERIEZ p as .vous servir de ces choses devant votre médecin pour enlever un COR/ I'ourquoi TAI1J.KR avec des ciseaux, PI- Les Hôtes de la Ma ison Blanche CE QUE L'ON PENSE LA-BAS DU PRESIDENT ET DE SA FEMME "J [E ne suis pas sûr de savoir ce que je dois faire à la Maison Blanche", disait récemment à Madame Roosevelt un visiteur genê."Bien moi non plus", repartit gaiement son hôtesse.Et cette réponse charmante mit immédiatement à l'aise le visiteur timide.Il est évident que Madame Roosevelt sait parfaitement comment agir à la Maison Blanche de même que partout ailleurs.S'il fut jamais une femme née grande dame, c'est bien la compagne du président Roosevelt.La fine réplique par laquelle elle mit aussitôt son hôte à l'aise, rappelle le tact gracieux de la reine Victoria qui, voyant un général boire dans le bol contenant l'eau destinée à rincer les doigts, porta aussi le sien à ses lèvres.Ce ne sont que les parvenus et les snobs—jamais la grande dame et le vrai gentilhomme — qui traitent les autres avec auteur, essayant de les domi- ner de leur importance, et qui ne font rien pour dissiper leur gêne et leur embarras.Non seulement cette attitude est étrangère à la première Dame du Pays; mais elle serait en désaccord complet avec l'harmonie parfaite que son mari et elle veulent comme base de lien entre la Maison Blanche et les autres foyers américains.Madame Roosevelt reçoit avec un tact et une simplicité du plus grand charme.Elle le fait sans cérémonie, mais le mot de bienvenue qu'elle adresse à chacun de ses hôtes est personnel et ne se borne pas à quelques mots dits avec hâte.En la quittant, personne n'a l'impression d'être à la dérive dans un redoutable milieu étranger, car elle s'assure que ses visiteurs rejoignent un groupe d'amis, ou s'ils sont étrangers à Washington, qu'ils sont cordialement accueillis.Son salon est hospitalier et accueillant: beaucoup de fleurs l'égaient, l'hiver il y a un bon feu dans la cheminée et la table à thé est toujours dressée dans un coin, de quatre heures et demie à cinq heures et demie.On peut s'y asseoir et prendre le temps de causer; on sent que l'hôtesse s'attend à ce que ses invités fassent l'un et l'autre.La pièce a une atmosphère de gaieté; on y ressent une impression de repos, de détente, et le charme d'un ensemble harmonieux d'intérêts, d'enthousiasme et d'idéal.Ce n'est pas une impression passagère.Chaque visite à la Maison Blanche la fortifie, et le Président et sa femme ayant tous deux l'habitude de l'hospitalité, l'occasion s'en présente souvent.Les Roosevelt ne sont pas de ceux que "cela dérange d'avoir de la compagnie" D'ailleurs Madame Roosevelt accepte les invi-tarions avec la même affabilité qu'elle reçoit.La Maison Blanche retient actuellement i toute l'attention des femmes américaines inté- J ressées au plus haut point à la personnalité de celle qui en fait les honneurs.Madame Roosevelt connait les problèmes, les personnalités, les situations les plus en évidence en ce moment.Elle croit que les femmes de tous les pays doivent contribuer au rétablissement de l'équilibre mondial, à la nécessité d'un point de vue large et général plutôt que limité, pour le bien de tous, à la possibilité de fusionner les idées avec l'idéal.Elle parle avec ardeur et intelligence, si bien qu'elle fait partager ses convictions sans qu'il y ait cependant aucune solennité dans son attitude.Les journalistes, que les hôtes de la Maison Blanche accueillent avec bienveillance, peuvent faire connaître les activités de Madame Roosevelt aux femmes qui ne la connaissent que pour en avoir entendu parler.Elle y aide généreusement toute femme-journaliste d'une discrétion, d'une sincérité et d'un talent reconnus.Pour faciliter leur tâche, Madame Roosevelt, aussi bien que son mari, réunit en des conférences régulières les correspondantes accréditées à la Maison Blanche, et qu'elle reçoit en groupes.On y pose des questions auxquelles chacune donne son opinion personnelle et on y discute librement les sujets d'actualité, entr'autres celui de l'éducation des enfants et de la préparation technique à l'enseignement.Et sa compréhension très juste de la nécessité actuelle de tous les peuples du monde de s'unir en une coopération internationale, se révèle clairement dans sa manière d'appuyer sur le fait que 6 lis les voyages et l'étude des langues font partie intégrale d'une solide éducation.Madame Roosevelt est tendrement sympathique à la douleur.Le jour des funérailles du sénateur Walsh, mort si tragiquement avant d'avoir prononcé son serment d'office, elle s'approcha de la fille de l'homme d'état, et mettant sa main sur son épaule, elle releva doucement le voile de deuil baissé sur la petite figure pâle inondée de larmes."Chère, dit-elle tendrement, la vie doit se continuer.Elle se continuera".Et ce fut dans la pièce comme un courant d'harmonie céleste l'emplissant de foi, d'espérance et de courage pour continuel la route.C'est un don précieux de savoir partager la peine de ceux qui souffrent.Ceux qui le possèdent ne sont pas nombreux, et il y en a encore moins qui savent consoler la douleur, redonner l'espérance et la force de vivre.Madame Roosevelt a ce don.(Courtoisie du "Delineator"1 /„ « Revue Moderne — Montréal, Août 19 3 3 Page 17 Coeur de Gentilhomme iSuile île la page 75) lant radieux.Elle serai! encore restée bien longtemps sans cloute dans cette muette contemplation, si le clocher du village n'avait élevé la voix avec vigilance pour n\ lier 1rs fidèles .'1 venir adorer leur Dieu.I Ile pressa le p.is.et arriva Inenlôl devant le grand port.iil de dois sculpté qui donnait accès dans le sanctuaire.Pieusement, elle s'agenouilla dans cette pauvre église presque déserte à cette heure matinale, et demanda à Dieu, de lui donner la force et l'énergie qui lui étaient nVcssaircs.pour silure, s.111- déf.iill.iin e, le dur chemin Qu'elle s'était volontairement tracé.Puis, l'office terminé, elle se rendit au presbytère, pour connaître le résultat des démarches que l'excellent prêtre avait tentées, en vue de lui donner bientôt une situation conforme à ses goûts et à ses aptitudes.Dés que le retour de Philippe dans le château de ses pères lui avait été annoncé, Liane avait confié son projet au bon vieillard qui lui avait promis son concours.Mais jusqu'à ce jour rien encore ne s'était offert pour elle, l.e cœur battant, elle souleva le lourd marteau de fer qui résonna longuement, lacquine vint lui ouvrir et l'introduisit dani le très simple petit salon où l'abbé Kavol vint la rejoindre quelques instants après.Les années avaient marqué d'un sceau ineffaçable ce vénérable ministre de Dieu.Sa taille s'était courbée, ses cheveux étaient maintenant très blancs et presque semblables aux neiges éternelles qui enca-puchonnent le sommet des hautes montagnes pyrénéennes.Et, malgré ce changement pourtant très sensible, il accomplissait toujours avec zèle et intelligence les fonctions que son Sauveur lui avait dévolues.Souvent, en voyant son front las et ses pauvres yeux fatigués par un trop long travail, on lui conseillait de prendre un peu de repos.Il répondait alors avec un très doux sourire: "Mon seul bonheur sera de mourir au service de Dieu".A la vue de Liane qui le saluait respectueusement, une lueur heureuse anima sa physionomie très expressive et il dit, les deux mains tendues vers elle: — Enfin, mon enfant, une réponse est venue pour vous; voyez si cela vous convient.Et il lui tendit une lettre d'une main que l'âge avait rendue tremblante.Avec une hâte un peu fébrile, la jeune fille s'empara du léger papier et dévora les lignes qu'il contenait.Il s'agissait pour elle, d'être la compagne dévouée et tendre d'une toute jeune fille qu'un mal cruel, et hélas incurable, conduisait à grands pas vers le tombeau.Avec deux domestiques, elle devait conduire sur la côte d'azur Pierrette Revigny, la fille d'un riche commerçant de Pau, veuf depuis la naissance de cette unique enfant qu'il idolâtrait.Elle était un peu pâle lorsqu'elle releva la tête et une expression de souffrance contractait sa lèvre et durcissait ses traits.Mais, elle se domina bien vite, et, en apparence parfaitement indifférente: — J'accepte, M.l'abbé, la situation qui m'est faite; veuillez être assez bon pour faire parvenir mon oui à M.Revigny.Puis, après lui avoir, en termes émus, exprimé son immense gratitude, elle sortit du presbytère et revint vers le château.Elle atteignait à peine les premiers degrés du perron, lorsque Eloi, après lui avoir adressé quelques paroles de sympathie respectueuse, l'informa que son jeune maître l'attendait dans son cabinet.Avec bienveillance, l'orpheline remercia ce vieux serviteur fidèle; puis, très surprise et quelque peu inquiète, elle se dirigea vers la massive porte de chêne sculpté qui terminait le long corridor et pénétra dans la pièce où la jeune châtelain assis dans un fauteuil, fumait nonchalamment.— Comment ! c'est déjà vous ?s'écria-t-il à la vue de Liane, tandis que son regard surpris et aussi un peu admirai if I enveloppait toute, car elle était vraiment exquise de fraîcheur et de grâce simple.Entièrement vêtue de blanc jusqu'à la pointe de ses fins souliers, moulant son pied menu, elle ressemblait à quelque déli- • m use fée des neiges Du simple petit béret de laine qui la coiffait à ravir et qu'elle avait adopté pour ses courses ma-'maies, quelques mèches rebelles retombaient irrégulières sur son front pur, voilant d'ombre légère ses admirables yeux 'leus, profonds et graves.Un silence très léger régna quelques instants dans l'appartement après l'entrée de Liane qui, ayant salué Philippe, attendait immobile et silencieuse.I-e jeune homme le rompit le premier: — Veuillez excuser le dérangement que je vous cause, mais je serai bref; asseyez-vous donc, dit-il en lui présentant un fauteuil.Et il continua, les yeux mi-clos, suivant rêveusement ta fumée de son cigare: — Ma mère m'a communiqué hier votre étrange et subite résolution.J'espère que vous voudrez, bien revenir sur votre décision et que vous nous resterez.D'ailleurs, je crois inutile de vous dire combien serait grande la peine que ressentirait votre bienfaitrice de ce départ que rien ne motive.En son nom, je vous demande d'oublier ce projet insensé.Dès les premières paroles du jeune homme, une légère pâleur avait envahi le visage de la jeune fille et allait toujours croissant, blanchissant jusqu'à ses lèvres crispées.— Ma décision, Monsieur est, et restera irrévocable, répondit-elle d'une voix altérée.Ce n'est pourtant pas sans une véritable douleur que je quitterai ma seconde mère; veuillez me pardonner le mal que je lui cause; mais je ne peux profiter plus longtemps de cette généreuse hospitalité.Et elle continua avec une exaltation croissante: Que diraient-ils les fiers comtes de Trêves qui reposent là-bas dans le château breton, s'il leur était donné de contempler une descendante aussi dégénérée! En prononçant ces dernières paroles elle s'était redressée, grandie soudain, et cette fière attitude présentait sous un aspect nouveau cette jeune fille de dix-huit ans, d'habitude réservée et très disposée à passer inaperçue.Philippe remarqua ce changement et, un pli dur contractant ses sourcils, il dit: — Pourtant, Mademoiselle — Je vous en prie Monsieur, dit Liane en l'interrompant, plus un mot là-dessus.Je n'ignore pas d'ailleurs que vous réprouvez ces habitudes de luxe et de confort qui ne peuvent que m'être funestes.A l'intonation de la jeune fille, il comprit qu'elle l'accablait des paroles qu'il avait lui-même prononcées où et quand ?Il n'aurait su le dire et qu'elle avait entendues par hasard.Son visage se colora légèrement, mais il reprit bien vite son empire sur lui-même et il dit du ton moqueur qui lui était habituel: — Décidément, Mlle Duval, vos ancêtres maternels peuvent dormir tranquilles, leur dernière descendante n'a pas failli à ce qu'elle considère comme un devoir.Elle inclina la tête affirmativement et son regard rencontra sur le bureau d'ébène, dans un cadre finement ciselé, la ravissante image d'une jeune fille en toilette de bal.Philippe suivit la direction des magnifiques prunelles et.froidement correct: — Permettez-moi, dit-il à l'orpheline, de vous annoncer mes prochaines fiançailles avec miss Evelyne Carson; et il désigna la photographie qu'un rayon de soleil, filtrant à travers les persiennes, idéalisait encore.Une souffrance soudaine, subite, inexplicable, étreignit la jeune fille.Elle dut se raidir pour paraître calme, car la voix de Philippe reprenait avec insouciance: — C'est justement M.Carson qui fut jadis l'acquéreur de l'antique manoir de vos pères et j'ai été fort surpris lorsque j'ai appris cette bizarre coïncidence.Un nuage passa devant les yeux de Liane, un étau.qui lui semblait de feu.enserra ses pauvres tempes meurtries et elle dut s'appuyer au mur pour ne pas défaillir.Lorsqu'elle reprit un peu conscience, elle vit le visage de Philippe penché anxieusement vers elle.Dans ses veux elle crut lire une intense émotion, et la voix qui arriva jusqu'à elle lui parut d'une douceur infinie.— Pardonnez, Liane, le mal que je vous ai causé, disait le jeune homme en plongeant son regard jusqu'au fond de ses yeux fiévreusement ouverts.J'ai parlé inconsidérément, si vous saviez comme je le regrette! continua-t-il en prenant dans les siennes les petites mains tremblantes.Un faible sourire éclaira le pâle visage enfantin.Servir des RICE KRISPIES c'est un événement dans la vie quotidienne des enfants DONNEZ aux.enfants un motif d'être heureux aux repas.L'appétit et la digestion ,|,.p]us jeunes vont bien quand l'atmosphère est gaie et la nourriture appétissante.L'un des sûrs moyens pour que les enfants mangent avec joie, c'est de leur servir les Rice Krispies de Kellogg avec du lait.Voilà une céréale qu'ils mangeront avec bonheur.Ces bulbes de riz grillé croustillant dans le lait ou la crème — un bruit qui semble dire: "Ecoutez.Mangez avec appétit!" Les Rice Krispies sont nourrissants et faciles à digérer.Valent beaucoup mieux que les mets lourds — particulièrement au souper.Les Rice Krispies prédisposent à un sommeil reposant et réparateur.En vente partout, par tous les épiciers, dans un empaquetage rouge et vert.Fabriqués par Kellogg, à London.Ont.Qualité garantie.mange* at)ec apPel " Les Rice Krispies de Kellogg sont le fruit de vingt-cinq ans (( nui, tues 1 epi eseiu de la plus haute quwuv m ue iu plus complète valeur qu'il soit possible d'obtenir." RICE KRISPIES "S Page 18 La Revue Moderne — Montréal, Août t 9 S MnMHWMMHHMMHRi "Les plus jolies catalognes que j'aie encore vues" Coeur de Gentilhomme "Je sens qu'il me faut partager avec vous le très bel éloge dont mes nouvelles catalognes ont été l'objet", écrit une femme des Trois-Rivières, "('ne riche dame de la ville de Québec, de passage ici, vit les catalognes que je venais justement de terminer.Elle en fut tellement enthou siasmée qu'elle me déclara n'en avoir jamais vu d'aussi artistiques avec d'aussi riches et belles couleurs.Elle me demanda si j'avais acheté de nouveaux tissus pour obtenir d'aussi beaux effets de couleurs Quand je lui dis que j'avais teint mes vieilles guenilles dans la Teinture Diamond elle ne voulut pas me croire Certes, je suis très fière de mes catalognes Elles ont des couleurs magnifiques; mais elles sont, de plus, durables et lavables" Dans ce nouvel art populaire de la fabrication des tapis, les femmes réalisent de nouveau la valeur des Teintures Diamond lesquelles, ayant bouilli, donnent de sombres et durables couleurs Aucune autre teinture ne fait paraître de vieux tissus aussi neufs et ne leur donne d'aussi riches cou leurs, parce qu'aucune autre ne contient autant de couleurs à base de la meilleure aniline Pour donner à vos sous-vêtements blouses d'été et robes des tons clairs et doux, employez toujours les merveilleuses et nouvelles Teintes Diamond qui ne demandent pas à être bouillies.Teintures Di.ini.mi I il I eunes Diamond sont en vente dans toutes les pharmacies LA PETITE REVUE Petit format — 112 pages 15' XMMO-U QMù 2i„ t.CHAQUE FOIS que vous cousez sur des tissus fins et clairs, employez la Sole en Bobines J.& P.Cnats, le fil mercerisé fin et lustré, l'idéal pour coudre tous tissus délicats.Fin, doux, uni, il s'offre en plus de 100 nuances à votre choix.Il ne casse pas, ne se noue pas ni ne s'emmêle.Pour le point d'ourlet ou pour finir ces tissus pure soie ou soie artificielle, ne manquez pas de vous servir de la Soie en Bobines J.& P.Costa, un fil pure soie de la meilleure qualité.Vous Trouverez que les Aiguilles de Milward Sont les Meilleures.Soie on I Ko m vis J.& P.Coats Fabriquée au Canada par THE CANADIAN SPO,Ol COTTON CO., = MONTRÉ AL= Fabricant! du Coton an Bobinât Coatt at Clark — J'ai été seulement un peu saisie par cette révélation inattendue, mais c'est passé maintenant, vous êtes pardonné M.Philippe, dit I.iane en retirant ses mains que le jeune homme tenait toujours entre les siennes.Elle ajouta: — Je suis vraiment aujourd'hui d'une nervosité extrême, veuille/ être assez bon pour me permettre d'aller me reposer un peu.Et elle le quitta d'un pas mal assuré encore.Dès qu'elle eut regagné sa chambre, Liane se laissa tomber lourdement sur le divan oriental qui garnissait un des coins de la pièce et pleura abondamment.Pour étouffer le bruit de ses sanglots, elle mordillait nerveusement l'étoffe soyeuse d'un petit coussin bas.A aucun prix elle n'aurait voulu être entendue de sa mère ulopuw .|M était la ¦ J.111la pièce voisine.Qu'aurait-elle répondu aux questions qu'elle n'aurait pas manqué de lui poser ?Non! personne, pas même sa seconde mère, ne devait connaître l'intolérable souffrance qui broyait son cr.l linlrj "¦ Demander à votre pharmacien.i .>.,'.Pn Coftim IN VtVTlf»BTOlT EVAN WILLIAMS S HA M P OO S Pour le Bain du Bébé On ne doit pas courir le risque d'un savon inconnu.Cinq générations de mamans canadiennes ont fait usage du Savon Baby's Own dont la mousse abondante adoucit la peau, prévient les échauffaisons et laisse à la peau un arôme de roses.ir-n Se vend 10c "Le meilleur pour Bé'-'ê et pour Vous" Un Véritable Aliment ! La Mél a >se " BEM A " conserve toute la valeur nutritive du suc de la célèbre canne à sucre des Barbades— le sucre de canne le plus pur du monde ! Sa valeur est aussi grande que son goût est exquis.Elle est riebe en fer pour nourrir le sang.Elle est riche en vitamines pour conserver la santé.Pour les enfants il n'y a rien de mieux.Donnez-en souvent I Voire Epicier Va en Vente! wk MARQUE ,.BEMA La Véritable ^ MELASSE Extra Fénty du BARBADES Coeur de Gentilhomme sur la feuille à laquelle elle confiait ses impressions, et se dirigea vers la frêle créature qui réclamait ses soins.Avec une douceur mêlée de tristesse, elle contempla le tout petit visage aux traits fins et réguliers, aux grands yeux noirs et fiévreux, qui se détachait, d'une blancheur d'ivoire dans l'enchevêtrement des longues boucles brunes, magnifique flot soyeux et sombre déployé sur la couverture de satin blanc.— Serez-vous mieux, ma petite Pierrette?Désirez-vous que je roule votre chaise-longue dans le parc ?Vous y jouiriez d'un magnifique panorama, dit-elle tendrement, en caressant doucement le front brûlant et moite.Une contraction douloureuse, crispa les pâles lèvres de la malade, et sa voix laissa tomber avec une infinie désespérance: — Je resterai ici, Liane.Du moins, à personne autre que vous, je ne donnerai le spectacle de ma faiblesse; aucun regard attristé ne s'attachera sur moi, et je ne lirai ma condamnation sur aucun visage.Et puis, je souffre atrocement, ma grande sœur chérie, de voir les jeunes filles de mon âge rayonnantes de vie et de sève, alors que moi!.Elle n'acheva pas.Une quinte de toux la rejeta inerte, sur l'oreiller.Elle porta à ses lèvres un fin mouchoir brodé qui se teignit presque instantanément de rose.Très maternelle, et presque aussi blanche qu'elle, Liane essuya la sueur qui perlait au front de la pauvre enfant, força ses lèvres à un pâle sourire, et, pour la première fois cette bouche si pure, prononça des paroles mensongères: — Ne vous excitez pas, ma petite Pierrette; je suis certaine que vous allez vite guérir; le climat très doux, dont nous jouissons ici, aura bientôt raison de votre tenace anémie, et vous serez, lorsque nous rentrerons à Pau, aussi fraîche qu'une belle rose à peine éclose.Une lueur d'espérance, traversa les magnifiques prunelles sombres; un sourire heureux distendit le visage amaigri et la voix de l'enfant s'éleva presque joyeuse: — Vous avez raison, Liane, je guérirai! On ne meurt pas à quinze ans pour un mauvais rhume, n'est-ce pas?Et ses yeux se fixèrent ardemment sur la jeune fille, qui redressait, avec un geste gracieux, le beau nœud écarlate fixant ses cheveux noirs.Puis, se blottissant contre elle, tendrement, elle continua: — Pardonnez cette passagère faiblesse, et le tracas que je vous ai causé; allez vite terminer votre correspondance, mon amie; nous sortirons ensuite faire une ample provision d'air vivifiant et de soleil.Et elle s'appliqua, de ses doigts amaigris, à réunir en une magnifique gerbe, les mimosas aux grelots d'or, les œillets au parfum capiteux, les héliotropes à la robe de velours violet, les roses aux tons variés qui gisaient pêle-mêle, superbe moisson odorante sur son lit de malade.Et pendant qu'elle s'occupait ainsi, oubliant un instant l'atroce mal qui la minait chaque jour davantage, Liane relisait sa missive.Mère chérie, écrivait-elle, "Notre départ pour Menton a suivi de très près mon arrivée chez M.Revigny.Dans la fièvre des préparatifs, et, à mon très grand regret, je n'ai pu vous adresser depuis que je vous ai quittée, que quelques mots hâtifs sur de banales cartes postales, et je devine avec quelle impatience, vous attendez une plus longue causerie de votre Liane."Me voici enfin avec un long moment devant moi, et je m'empresse de venir m'entretenir avec vous, mère bien-aimée, dont la pensée ne me quitte pas.J'avais le ca'ur bien gros de sanglots contenus, et mon énergie et ma volonté étaient bien près de m'abandonner, quand, au moment de l'adieu, je me suis blottie sur votre cœur si aimant et si bon.Je ne sais encore, comment j'ai pu trouver la force de m'ar-racher à votre étreinte, et de suivre le bon Eloi qui avait la mission de m'emmener loin de vous.Ces moments si pénibles sont passés, et je vous jure que je suis forte maintenant.D'ailleurs, au contact d'autres douleurs plus poignantes, on s'oublie fatalement, et si vous saviez combien tout ce qui m'entoure ici, m'arrache à moi-même et m'empêche de m'appesantir sur mes propres ennuis! "Ma petite malade, ma chère Pierrette que j'aime si tendrement déjà, et qui, elle-même s'est spontanément attachée à moi, avec une passion maladive et si enfantine, est irrévocablement condamnée à s'éteindre doucement ."Les plus grandes célébrités médicales consultées par M.Revigny, qui est fort ri.lie, n'ont pu donner à ce père infortuné aucune parole d'espérance.Tout au plus, ce séjour sur la cote d'azur peut-il prolonger les jours de la chère enfant, c'est tout ce que l'on peut espérer."Je m'habitue mal à celte pensée, mère chérie, que la mort va faucher en pleine jeunesse une aussi charmante créature, et je me surprends, bien des fois, à demander à Dieu de faire un miracle el de retenir encore ici-bas la douce petite âme qu'il appelle à Lui.Quand le regard du père se pose sur son enfant, il force sa bouche à sourire pour tromper la perspicacité de I.i ni.il.i.le toujours en éveil, ni,us lorsqu'il m arrive de rencontrer les yeux de M.Revigny, j'y lis un désespoir si atroce et si farouche, qu'involontairement je joins les mains et prie le Divin Maître d'avoir pitié de ce pauvre désemparé, et de lui accorder la force dont il a besoin pour gravir son douloureux calvaire.Monsieur Revigny, que son commerce appelle, va repartir, après avoir présidé à notre installation ici; je resterai seule avec Mariette et Jules, un vieux couple de domestiques qui étaient au service de Mme Revigny, qui ont vu naitre et qui adorent Pierrette.Ils sont tous fort aimables pour moi et ne savent comment me récompenser de l'affection qui me lie à la fillette et que celle-ci me témoigne.La fortune de mon maître lui permet de faire royalement toutes choses, et il me comble déjà d'une infinité d'attentions, que le respect attendri, avec lequel elles me sont adressées, me rend plus chères encore."Nous sommes logées au Cap Martin, dans une villa splendide et luxueuse, jadis la propriété d'une reine déchue, et qui en conserve un caractère de grandeur et de majesté incomparables."Le bosquet de pins, qui entoure la villa, s'étend sur une assez grande étendue et le panorama qu'il laisse entrevoir à travers ses clairières, est bien un des plus beaux que l'on puisse rêver.En face s'étend la mer à perte de vue, imposante et calme, dorée par les rayons d'un soleil toujours splendide et chaud, avec ses tons changeants et le mystérieux concert de ses vagues, qui s'éteint parfois en d'étranges et douloureux soupirs.A droite, dans toute sa gloire, et dans une apothéose de lumière qui ne manque jamais à sa beauté, Monte-Carlo se dresse, et Pierrette s'amuse quelquefois à suivre avec sa longue-vue, le va-et-vient de la foule cosmopolite et tapageuse qui se presse dans son Casino, ou se prélasse sous ses verts palmiers."Si ma petite malade, gâtée au point qu'elle en est souvent tyrannique me le permet, je veux connaître en détails cette merveilleuse côte d'azur, et je vous écrirai alors de vrais journaux de détails et d'impressions senties.Mais quelque belle que soit cette contrée de France, son charme ne prendra jamais dans mon cœur, la place qu'y occupent mes chères montagnes, mon gave impétueux, mes vertes prairies et tout ce cadre enfin où vit ma chère bienfaitrice, ma seconde mère, et où s'est écoulée mon enfance, entourée de l'affection la plus noble et la plus généreuse."Je ne voudrais pas m'attendrir de nouveau, et je vais laisser pour aujourd'hui ma plume qui me rapprochera si souvent de vous, jusqu'au jour où je pourrai m'é-chapper un peu pour aller vous embrasser.Veuillez dire, je vous prie, à M.le Curé que je lui écrirai un de ces jours, et que je lui adresserai incessamment deux belles gerbes dorées pour la Chapelle du Sacré-Cœur.Il se désolait toujours que les anciennes devenaient bien ternes, et je suis heureuse de pouvoir faire ce petit cadeau à notre chère église.Je crois, qu'en tenant compagnie à Pierrette, je pourrai aussi i onlci i lonnci .nappe pour l'autel de la Sainte Vierge.Celle que j'avais brodée quand j'étais jeune, commence à s'élimer, et il faut songer à la remplacer."Voilà rpie je m'attarde encore et je voudrais adresser ce soir même quelques mots à ma chère Andrée; je suis vraiment une incorrigible bavarde."Mon souvenir à Philippe, dont la présence doit être pour vous un si doux reiiiiifoit l'espère qu'il comble l.iigi ment le vide laissé par votre Liane, et que vous ne remarquez pas, grâce â lui que je manque.Un amical bonjour à Eloi et Léa, à tous ceux qui me sont chers, et pour vous, mère mille fois chérie, les baisers les plus tendrement affectueux de votre, Liane l'epuis longtemps déjà.Liane av.m li i miné s.Ici Ire, el pi un I .inl elle i esl.rn toujours silencieuse, suivant rêveusement, de l'embrassurc de l.i fenêtre où elle s'était retirée, l'envol gracieux des mouettes 11 il i.semblables à îles milliers de gro-flocons neigeux, s'ébattaient dans un ciel très pur.Où donc?et vers qui?.ses pensées s'élançaient elles |.ju'cllc s'oiililrài dans une si longue rêverie?.Pourquoi ses admirables grands yeux, qui revêtaient parfois la teinte de cette mer idéale s'étendant à l'infini, et que la jeune fille, contemplait à cet instant, étaient-ils noyés de larmes?Mystère! .Qui pourra jamais deviner l'énigme (ompbquéc d'un cour de jeune fille.Soudain pourtant, elle s'arracha à ses souvenirs; et, regrettant confusément l'heure très douce qui venait de s'écouler et qu'il ne lui serait peut-être plus jamais donné de revivre avec tant d'intensité, elle quitta sa retraite et appuya légèrement sur un timbre.Presque aussitôt une vieille servante parut : — Mariette, veuillez porter cette lettre à la poste et donnez l'ordre d'atteler Mlle Pierrette désire sortir un peu.Quelques instants plus tard, dans le luxueux landau qui les emportait, elles contemplaient ravies, le merveilleux décor qui s'offrait à elles, et un hymne de reconnaissance et d'amour, s'éleva de leur âme pieuse vers le Créateur.CHAPITRE XIII La baronne d'Hauterive, promena dans l'appartement un regard satisfait.Décidément tout était bien ainsi.Auprès du foyer où se consumaient deux énormes bûches, dont la flamme ardente teintait de jaune un écran merveilleux, où des oiseaux exotiques se poursuivaient dans des arbres en fleurs, un guéridon était dressé.Sur la nappe damassée d'une blancheur éclatante, un superbe service en biscuit de Sèvres était rangé, rivalisant d'éclat avec l'argenterie armoriée, et l'élégante bouilloire au travers de laquelle, on percevait le bruit de l'eau en ébullition.Dans un vase de cristal, baignaient les tiges de très beaux chrysantèmes blancs, lesquels penchaient tristement leur lète.comme pour protester contre la cruauté humaine qui, pour en jouir en égoïste, les contraignait à mourir là dans cette atmosphère surchauffée.Ils auraient certes de préférence désiré finir leur vie comme ils étaient nés, au grand air pur, sous les rayons d'un tiède soleil d'automne.Certaine que rien ne manquait plus au bien-être de ses hôtes, la vieille dame se dirigea vers la haute cheminée de marbre et, comme il lui arrivait de le faire bien souvent dans la journée, elle souleva délicatement un beau cadre sculpté dans lequel, un délicieux visage de jeune tille souriait.Subitement, un nuage avait \oilé sa physionomie douloureuse et une larme avait glissé sur sa joue.Tendrement elle posa ses lèvres frémissantes sur l'image inanimée et murmura doucement: "Comme vous me manquez, mon enfant, et combien tout est triste ici depuis que vous nous avez quitté.Non! Philippe ne vous remplace pas complètement nia chérie! Quoiqu'il se montre pour moi un fils très bon et très tendre, je sens toujours le vide qu'à laissé dans mon cœur, votre départ!." Soudain, un bruit de voix animées parvint jusqu'à elle.Philippe et ses invités revenaient de la serre, où le jeune châtelain venait de leur faire admirer une nouvelle variété de roses auxquelles le vieux jardinier donnait tous ses soins.Depuis le retour de son fils, la vieille dame avait repris, bien à contre-cœur, ses relations de voisinage.Elle déplorait particulièrement aujourd'hui l'absence de son enfant d'adoption dont le charme si pur parait l'antique demeure.Et elle ['évoquait dans sa robe de mousseline blanche, ses beaux cheveux roux simplement tordus sur la nuque, les joues animées par la joie, ses yeux purs pétillant (Suite à la page 2$) La Revue Moderne — Montréal, Août 1 'J 3 -i Page 21 Une Installation Originale et Facile QUELQUES SUGGESTIONS POUR DONNER UN NOUVEL ASPECT A VOTRE SALLE A MANGER UNK salle à manger demande une atmosphère particulière.C'est comme un bon appétit: salutaire et réconfortant.Les moindres détails doivent être considérés pour que l'ensemble soit parfait.Le choix de la carpette est important: le mobilier, la carpette, les draperies d'une pièce doivent exprimer l'idée que Y union fait la force.Pour les murs, un fond dans les tons bois est toujours d'un bel effet.Il y a de merveilleux papiers-tentures imitant admirablement les libres du bois.Les panneaux de pin sont très riches.Le plancher doit être tenu brillant et on doit en voir une partie tout autour de la moquette.Le mobilier de la salle à manger tel qu'il apparait dans l'illustration ci-dessus, est d'inspiration basque.Il est d'une belle solidité.Il fera peut-être penser à quelques meubles relégués au grenier.La table est montée sur des pieds forts que le genre moderne avait fait disparaître mais que le caprice de la mode nous ramène.le plateau est uni, brillant et accueillant.Vous pouvez donner à votre ins cretonne pour les chaises et les fenêtres.Ne rejetez pas les carpettes qui sont encore sert moquette iables.Vous économiserez le coût d'achat de cette réversible.» doit voir une partie du plancher ciré tout autour de la carpette.D'abord et avant tout, les chaises de la salle à manger doivent être confortables, les sièges larges et les dossiers reposants.Les sièges rembourrés sont les meilleurs garanties du confort.Le dessin géométrique du coton imprimé des chaises est d'un contraste plaisant avec l'imprimé aux louleurs gaies des rideaux.Les couleurs accentuées sont préférables, telles que les bruns, oranges, rouges et bleuf.L'ensemble est moins fondu et plus vivant.Pour les chaises et les rideaux, le bleu est très joli.L'effet des draperies dépend de leur dessin, de leur nuance, non de la richesse du tissu employé.Celles que nous voyons ici, sont en simple coton imprimé mais de tons riches qui en font toute la beauté.Il faut aussi que les dessins s'y prêtent : un homme à cheval et coiffé d'un turban, une femme au bord d'un lac, des chameaux, des éléphants, des maisons.des rieurs, des oiseaux, offrent des tons qui animent la cretonne et dont on ne se fatigue jamais.Il faut donner autant de lumière que possible à la salle â manger et donner beaucoup d'espace aux fenêtres qui doivent s'ouvrir facilement pour bien aérer la pièce et laisser entrer le gai soleil.Les châssis qui s'ouvrent sur des gonds, à la vieille manière française, se voient de plus en plus.L'éclairage doit distribuer une lumière abondante, mais plutôt douce.Une installation centrale ou des appliques dispersées peuvent la diffuser dans de bonnes conditions et ajouter au cachet d'originalité de la pièce.Le plafond demi-rugueux est une nouveauté intéressante.In plâtre, d'une composition spéciale, est d'abord peint ivoire.On le glace ensuite avec une légère teinture brune qui lui donne des tons de bois. Paffe 22 La Revue M o d e r n e — Montréal, Août 19 3 3 5 2 2 5 Le piqué blanc 5225.— Les gants de tisssu sont de plus en plus portés cet été: piqué, toile, organdi, soie imprimée.On les assortit aux robes ou aux accessoires.Ils sont longs et larges, ce qui les rend très simples à confectionner.Numéros: 5\i-6-6M-7.Prix: 25 sous.5223.— La vogue du piqué prend chaque jour plus d'importance.Aucune garniture ne vaut cette touche de blanc.Il compose la bordure du grand col de notre modèle, le chapeau et les gants.Métrage: pour un 36 (18 ans), 6% verges de toile imprimée en 35 pouces et % de verge de piqué en 35 pouces pour le chapeau et la garniture.12 à 20 ans et 30 à 42.Prix: 50 sous.Bttt.— Voici une de ces modes nouvelles dont l'apparition fait sensation.Cette robe est aussi chic pour le tennis que pour la ville et le piqué blanc qui l'orne l'éclairé et la rend seyante.Métrage: pour un 36 (18 ans), 4 verges de toile en 35 pouces et 1M verge de piqué en 35 pouces.12 à 20 ans et 30 à 42.Prix: 25 sous.5206.— Les encolures carrées sont redevenues nouvelles.Un autre détail que nous voulons particulièrement souligner et qui est une note charmante de cette robe de crêpe beige, c'est le biais de piqué blanc qui borde les petites capes d'épaule et accentue la forme carrée.Métrage : pour un 36 (18 ans), 3% verges d'imprimé en 39 pouces et U de verge de piqué en 35 pouces.12 à 20 ans et 30 à 42.Prix: 35 sous.StiO.— On emploie le piqué même avec le chiffon et le crêpe "sheer".Le tissu doit être naturellement foncé pour mieux faire ressortir l'éclat du blanc et produire un contraste harmonieux.Notre modèle est de crêpe noir.Métrage: pour un 36 (18 ans), 4% verges de crêpe en 39 pouces et % de verge de piqué en 35 pouces.12 à 20 ans et 30 à 44.Prix: 45 sous.Si votre marchand local ne veut vous fournir ces patrons Butterick, demandez-les directement à The Biitterick Publishing Co., itiS Wellington Street West Toronto La Revue Moderne — Montréal, Août 19 3 3 Page 23 La caractéristique des nouvelles jaquettes.L'originalité de leur encolure.5002.— La nouveauté veut que les manches de la jaquette et de la robe forment double volant.Métrage: pour un 36 (18 ans), 2% verges de lainage léger en 54 pouces et 1% verg« de soie en 35 pouces.12 à 20 ans et 30 à 44.Prix: 50 sous.5005.— Très chic le col-écharpe retenu à la robe par des boutons.Métrage: pour un 36 (18 ans), 3 verges de lainage en 54 pouces et l'A verge de crêpe de soie en 39 pouces.12 à 20 ans et 30 à 40.Prix: 45 sous.5067.— Robe avec jaquette portant cape et chapeau de tissu.Métrage: pour un 36 (18 ans), 4 verges de crêpe en 39 pouces et 1% verge de tissu contrastant.12 à 20 ans et 30 à 44.Prix: 50 sous.5126.— Chapeau: 21 à 23 de tour de tête.Prix: 25 sous.5108.— Très nouveau cette jaquette genre pourpoint, et d'un amusant contraste avec l'imprimé de la robe.Métrage: pour un 36 (18 ans), verge de toile en 35 pouces et 4V4 verges de toile imprimée en 35 pouces.12 à 20 ans et 30 à 40.Prix: 45 sous.5002 5105 1067 610S Si votre marchand local ne peut vous fournir ces putrons Butterick, demandez-les directement à The Butti rick Puhhs ting Co., itis Wi llingtan Strct \Y< s- 7 La Revue Moderne — Montréal, Août 193.; obes et manteaux forment d'harmonieux ensembles 4980.— Métrage: pour un 23, 2% verges en 35 pouces pour le manteau et verge de tissu en 35 pouces pour la robe.21 à 25 (2 à 7 ans).Prix: 25 sous.1,986.— Métrage: pour un 23, 1% verge de lainage léger en 54 pouces.21 à 25 (2 à 7 ans).Prix: 25 sous.1,992.— Manteau.Métrage: pour un 30, 2% verges de tweed en 54 pouces.26 à 33 (8 à 15 ans).Prix: 25 sous.1,991,.— Ensemble.Métrage: pour un 25, 2% verges en 35 pouces pour le manteau, et 2 verges en 35 pouces pour la robe.24 à 28 (6 à 10 ans).Prix: 25 sous.1,996.— Métrage: pour un 30, 2V*.verges de soie en 39 pouces pour la robe et l'/è verge de soie quadrillée en 35 pouces pour la blouse.26 à 33 (8 à 15 ans).Prix: 25 sous.5053.— Ensemble.Métrage: pour un 30, 4,/i verges de crêpe ou de lainage en 39 pouces et \ de verge de tissu contrastant en 39 pouces.26 à 33 (8 à 15 ans).Prix: 25 sous.5058.— Manteau.Métrage: pour un 23, 1% verge de lainage en 54 pouces.21 à 25 (2 à 7 ans).1561,.— Béret 20 à 22 de tour de tête.Prix: 25 sous chacun.5070.— Elégante cape de tweed.Métrage: pour un 30, 1% verge de tweed en 54 pouces.23 à 32 (4 à 14 ans).Prix: 25 sous.4996 Chapeau 5094 5094 5094.— Trois des plus jolis chapeaux de la saison.Pour les tissus à employer et la quantité requise, consulter l'enveloppe des patrons.19%-203i-2114 de tour de tête.Prix: 25 sous.d ne r«ut nous fournir ces patrons Butterick, demandez-les directement à The Butterick Pubhshing Co., 468 Wellington Street West Toronto Lu Revue Moderne — Montréal, Août 19 3 3 Page 2r> Coeur de Gentilhomme (Suite de la page 20) li'-gaielé jlIVrililr, 1 «-II.- i ilhii qu'elle sl- montrait toujours, ravissante de fraîcheur et de grâce.— La nouvelle variété de roses que vient de nous faire admirer Philippe, Mail une, est une merveille, s'écria Mme de ( havignac dès qu'elle eut pénétré dans | e sal< n.Et s'adressant à son fils qui causait avec animation dans le groupe formé par l'abbé Favol, Andrée Masseron, sa toute petite nièce, et Philippe, elle dit avec une irihnie sollicitude tandis qu'un soupir éloquent s'échappait de ses lèvres: — Gérard, mon enfant, viens donc t'asseoir, tes pauvres jambes seront ce soir bien malades si tu réclames d'elles de trop grand services! Le jeune homme leva sur sa mère, le triste et fier regard de ses yeux bleus; une impression de souffrance vite réprimée contracta ses traits et il se dirigea sans plus tarder, vers le grand fauteuil que lui désignait, avec un bienveillant sourire la maitresse de maison.Un terrible accident de cheval avait laissé le jeune homme dans ce triste état.Pendant longtemps on avait dû disputer à la mort le pauvre infortuné et contrairement à ce qu'avaient cru tout d'abord les docteurs, il pouvait aujourd'hui, grâce aux soins continus dont il était entouré, marcher assez facilement à l'aide de béquilles.Un célèbre pratricien de Paris consulté récemment, avait donné l'assurance qu'il le guérirait bientôt complètement.Malgré son infirmité, le jeune Gérard de Chavi-gnac avait poussé très activement ses études et il était aujourd'hui, bien qu'à peine âgé de vingt-sept ans, l'un des plus célèbres professeurs de sciences de la contrée.Quoique condamné à l'immobilité, il suivait de son regard ravi, la charmante amie de Liane, qui évoluait avec grâce autour du petit cercle, avec pour chacun une parole aimable, line fraîche et naïve idylle s'était ébauchée entre ces deux amis d'enfance, et proche était le jour où leurs fiançailles officielles seraient célébrées.La baronne, frileusement, offrait ses pieds à la flamme du foyer.L'abbé Favol se rapprocha d'elle et lui dit en souriant: — Savez-vous Madame, que le plus beau jour de mon ministère, sera celui où je célébrerai le mariage de votre grand Philippe et de ces deux enfants.Et il désigna de la main Gérard et Andrée qui devisaient gaiement.Un pli soucieux barra le front de Mme d'Hauterive.Inconsciemment le vieux prêtre venait de raviver une vague douleur.Ce n'était pas sans appréhension que la baronne voyait arriver le jour où il lui faudrait unir son fils à la brillante jeune fille, dont il lui avait un jour montré avec tant d'orgueil le séduisant portrait.l>éjà ses lèvres s'ouvraient pour une confidence, lorsque le docteur Masseron et Mlle de St-Servan, une très ancienne amie nriginale et autoritaire, vinrent grossir la petite réunion.La baronne s'empressa auprès d'eux, et les gronda amicalement de leur venue trop tardive.Après quelques instants de causerie, le vieux docteur qui aimait particulièrement l'amie de sa fille chérie, s'informa de Liane.La conversation devint alors générale.On parla longuement, en termes fort élogieux de la pauvre petite exilée, que tout le monde chérissait et dont chacun déplora l'éloignement.A quelques pas du petit groupe, retiré dans l'embrasure d'une fenêtre, Philippe l'air absorbé et lointain, regardait, sans le voir, le panorama familier qui s'étendait devant lui, enveloppé par la gloire d'un pâle soleil couchant 11 recueillait avec une intensité d'attention surprenante, les paroles qui arrivaient jusqu'à lui, ressentant à les entendre, une incompréhensible et douce satisfaction.La soirée se prolongea encore intimement.Sur la prière de Mme d'Hauterive, Andrée exécuta, avec un réel talent quelques mélodies qui tinrent ses auditeurs sous le charme, et mirent des larmes d'or-siieil et de joie dans les yeux du pauvre infirme.Assez tard dans la soirée, chacun se ict ira, visiblement ravi des agréables mstants passés en compagnie de ces châtelains qui unissaient à une incomparable l'onté d'âme, les charmes d'un esprit élevé.Après le départ de leurs hôtes, Philippe dépouilla son courrier.Presque aussitôt son beau visage exprima une vive contrariété et, s'approchanl de la baronne qui feuilletait une revue, il dit en lui présentant une lettre finement bordée de noir.— Un fâcheux contre-temps nous arrive.Evelyne m'annonce la mort d'une de ses tantes, et par ce fait, nos fiançailles doivent être retardées.Monsieur Carson tient absolument à ce que le deuil soit rigoureusement suivi par ses enfants, car sa sœur a été pour eux une mère très tendre qui a remplacé par ses soins et son affection, celle qu'ils avaient perdue tout jeunes.Et, pendant que la vieille baronne, s'absorbait dans sa lecture, il regagna son bureau de travail pour converser avec un de ses serviteurs qu'Eloi venait de lui annoncer.CHAPITRE XIV De sa marche toujours égale et implacable, le temps avait fui; trop lent au gré des souffrants et des déshérités de ce monde, trop rapide au contraire pour ceux que la vie choyait en idoles et emportait dans son tourbillon de fêtes et de plaisirs.Une année s'était écoulée depuis que Liane Duval avait quitté le château; et, comme le jour de son départ, le ciel gris et nuageux d'octobre déversait une véritable trombe d'eau sur la campagne uniformément triste.Le vent soufflait avec rage, emportant dans sa fureur d'innombrables feuilles jaunies qui, après avoir tourbillonné dans l'espace comme de pauvres désemparées, venaient s'échouer lamentablement sur le sol détrempé et boueux.Dans son confortable cabinet où brûlait un feu clair, et où une lampe coiffée de rose mettait sa lumière diffusé, Philippe d'Hauterive marchait avec nervosité.Il était visiblement inquiet.La baronne était sortie dans la soirée pour apporter en même temps que quelques secours matériels, le réconfort de sa présence et de quelques bonnes paroles dans une pauvre chaumière que le malheur venait de visiter et, quoique l'élégant cartel, qui animait la pièce de son tic-tac régulier, marquât déjà six heures, la vieille dame n'était pas encore rentrée.En proie à une agitation extrême et quelque secret pressentiment l'envahissant, ii se disposait à revêtir son imperméable, à coiffer son chapeau pour aller au devant de sa mère, lorsque un bruit de voix animées et un remue-ménage insolite le firent tressaillir.Il sortit précipitamment et une pâleur cendreuse envahit son visage lorsqu'il lui fût donné de voir.Sur un brancard, une forme inerte gisait et c'était sa mère bien-aimée qui était là, étendue sans vie, ses vêtements ruisselants maculés de boue, son front blanc taché de sang, ses belles tresses grises dénouées mettant une traînée humide sur les dalles de mosaïque.Auprès de la civière, quelques personnes s'empressaient, se communiquant des ordres à voix basse.Doutant encore, tant la réalité était atroce, le jeune homme passa sa main sur son front où perlait la sueur de l'angoisse et ses yeux égarés se fixèrent de nouveau avec une expression d'horreur sur le groupe qui se mouvait à l'extrémité du couloir.Alors seulement, il parut comprendre.D'un bond il fût près de sa mère, épiant sauvagement sa pauvre physionomie contractée, questionnant avec anxiété les bûcherons qui se tenaient respectueusement devant lui, leur béret noirci à la main, leur regard honnête empli d'inquiétude.— C'est en rentrant de notre travail, M.Philippe, que nous avons trouvé Mme la baronne inanimée au pied d'un jeune sapin abattu récemment.Trompée sans doute par l'obscurité, elle aura butté sur le tronc et se sera évanouie sous la violence du choc.La blessure n'est pas grave, rassurez-vous; nous l'avons compris tout de suite en relevant Mme d'Hauterive, car nous avons l'habitude de soigner nos camarades lorsqu'ils sont victimes d'un accident.Ce qu'il faudrait craindre, c'est un mauvais rhume! Philippe avait écouté avec attention le récit du bûcheron.Il se releva aux dernières paroles et, s'adressant à Léa qui se lamentait dans la pièce voisine, il ordonna: 5*01.— La robe genre chemisier est très populaire pour le golf.On la fait surtout en toile avec plis creux ouverts du bas devant et dans le dos et avec poches pour les "tees".Le jaune citron est particulièrement joli avec accessoires bruns.12 à 20 ans et 30 à 42.Prix: 45 sous.5197.— Le hâle est encore à la mode pourvu qu'il ne soit pas exagéré.Notre modèle, le nouveau genre de la robe de plage, se porte bien sur un costume de bain pour se rendre à la grève et même pour jouer au tennis.On y ajoute alors une petite cape ou des manches bouffantes.12 à 20 ans et 30 à 42.Prix: 25 sous.5154.— Elégante robe de soirée en organdi quadrillé avec volant fortement ondulé en guise de manches.Il est intéressant de changer quelquefois la ceinture foncée pour une autre et d'attacher quelques brillants pavots rouges à la ligne d'encolure.12 à 20 ans et 30 à 40.Prix: 50 sous.Si votre marchand total ne peur vous fournir cet patrons Bultrrick.demandei-les Publishing Co.468 Wellington Street West Toronto. Page 26 La Revue Moderne — Montréal, Août 1 9 S .1 Un Réqal do on se Délec Le Paris-Pàté a toujours bon goût .à la maison .au dehors .entre les repas .n'importe quand.nt te/ LISEZ.La Petite Revue en vente partout 15e r BAZIN EME OU POUDRE LEVE LES POILS ÀNTAIUNE Les Capsules Antofgjne maîtrisent les maux de tête, névralgies, rhumes, lagrippe,douleurs périodiques,etc.Faciles à prendre—plus solubles que les tablettes.En vente partout 25c POU Q et DUVETS disgra-aJ \J 11™cieux enlevés radicalement et pour toujours par "GYPSIA", produit importé de Paris.Nous payons le port et la Douane.Ecrivez pour Notice gratuite avec attestations, à: Gypsia Products Co.(M.O.) 55 W.12 Street, New-York.POURQUOI o S'ATTRISTER i Un cheveu blanc est si vite disparu.— LE RESTAURATEUR CANADIEN ramène les cheveux gTis à leur couleur et à leur beauté naturelle.(Ce n'est pas une teinture).S'applique facilement.Ne tache pas.75 SOUS- Falra ramlaa par mandata ou chèquai au pair a Laboratoires "NEL" 820 eat, rneNotre-Dame, Montréal Coeur de Gentilhomme — Préparez vite un lit bien chaud, ainsi qu'une infusion calmante, et faites dcpficher Eloi chez le docteur Masscron.Quant à vous, mes braves, allez à I'ofhce et priez la cuisinière de vous octroyer un bon dfner; je m'occuperai de vous plus tard.Et le cœur lourd, empli d'inquiétude, il gravit le grand escalier à la suite des serviteurs qui transportaient la malade avec des précautions infinies.Le jeune châtelain, penché sur le lit de sa mère, contemple avec émotion le pauvre visage décoloré et le front blessé qu'un pansement sommaire entoure.Depuis que les bûcherons l'ont ramenée, la baronne n'a pas encore repris conscience et le jeune homme, se demande avec terreur, si l'évanouissement va se prolonger encore.Fébrilement, et pour la dixième fois peut-être, depuis qu'il veille au chevet de sa mère, il se dirige vers la fenêtre et tâche de percer l'obscurité, tandis que son oreille avide se penche pour écouter.Mais le murmure du vent dans les hautes branches, le bruit de la pluie sur les vitres, troublent seuls le silence de cette soirée orageuse.Avec un geste de profond découragement, il laisse retomber le fin rideau de mousseline et revient vers sa mère.Alors une joie intense l'envahit, tandis qu'un cri de reconnaissance s'échappe de ses lèvres vers le Dieu Crucifié qui étend au-dessus du grand lit, en un geste d'amour, ses bras grands ouverts.Un léger battemeht vient de soulever les paupières au cerne profond, un regard d'intelligence anime les yeux fiévreux qui errent étonnés dans la grande chambre où la lueur d'une veilleuse met sa lumière tremblotante.— Ne vous agitez pas, mère chérie, recommande doucement Philippe, votre grand fils est auprès de vous et veille à votre sécurité.Et, comme la malade parait ne pas comprendre, il explique affectueusement, en baisant sa main brûlante: — Vous avez, dans la forêt, trébuché à* un tronc de sapin, et une légère écor-chure à votre front a procuré chez vous un long évanouissement; mais rassurez-vous, vous êtes déjà mieux.Veuillez vous reposer, en attendant la prochaine arrivée du docteur que j'ai envoyé chercher.Un frisson secoua les épaules de la baronne; une rougeur ardente colora ses joues pâles, et elle retomba aussitôt dans une torpeur inquiétante, tandis qu'une respiration haletante et saccadée soulevait sa poitrine.Elle resta ainsi jusqu'à l'arrivée du docteur qui ne tarda guère.Philippe retiré dans un coin, étudiait son visage ordinairement jovial et bon enfant qui avait revêtu maintenant une gravité extrême.Longtemps son examen se prolongea.Une dernière fois, il pressa dans les siennes la petite main fiévreuse, adressa à la malade quelques mots d'encouragement puis, ayant rédigé hâtivement une ordonnance, il quitta la pièce, visiblement préoccupé.Philippe, silencieux, le reconduisait, écoutant ses explications.— La blessure à la tête ne présente aucun caractère de gravité, et avec les compresses que j'ordonne, la plaie doit se cicatriser très vite.Ce que je redoute particulièrement, c'est un grave refroidissement.Je reviendrai demain matin de très bonne heure.La baronne passa une nuit très agitée, en proie à un affreux délire.La fièvre augmentait et son état paraissait empirer sensiblement.Son fils, véritablement atterré, passa une nuit d'angoisse à son chevet et ce fut avec un sentiment de soulagement indicible qu'il vit paraître Taube qui devait ramener le docteur auprès de la malade.Au lever du jour, en effet, il reparut.A l'expression sévère de ses traits, le jeune homme comprit le terrible danger qui menaçait cette existence chère et une douleur aiguë le pénétra.Dès que la porte fut franchie, il questionna âprement M.Masseron, en plongeant courageusement son regard dans celui du docteur comme pour y lire une réponse, puis, tandis que sa physionomie revêtait une pâleur ardente il continua avec une force virile: — Je vous en prie, cher ami, parlez-moi franchement.L'état de ma mère est-il grave ?Il sentit tout à coup ses mains saisies avec force pendant qu'on l'entraînait sous le globe lumineux qui inondait l'escalier de clarté.— Vous êtes un homme, Philippe, cette vérité que vous me réclamez avec tant de courage, je ne vous la dissimulerai pas.Quoique profondément atteinte, Mme d'Hauterive n'est pas irrémédiablement condamnée.La pneumonie évoluera, je l'espère, sans complications.Je redoute pourtant un nouvel assaut de irise cardiaque; la vieille maladie de cœur dont souffre depuis de nombreuses années déjà Mme la baronne, et qui n'était plus qu'à l'état latent vient, de se réveiller subitement et m'inquiète.Mais, je vous l'affirme le danger n'est pas immédiat.Je vous quitte.Veillez et ne vous laissez pas abattre; au revoir.Un moment encore, Philippe resta à la même placé écoutant décroître et s'éteindre le bruit de ses pas; puis, ayant composé son visage, il rentra dans la chambre pour reprendre sa veille.Elle devait hélas! se prolonger encore de longs jours! Pendant une semaine la vieille dame resta entre la vie et la mort.Mais les soins continus dont elle avait été entourée, la tendresse immense que lui avait témoignée son fils.avaient vaincu le terrible mal et, la veille, le médecin avait déclaré qu'il considérait sa malade comme hors de danger.Il avait ajouté pourtant, une lueur inquiète traversant encore son regard: — Le cœur me tourmente toujours quelque peu.Je vous en prie, pas d'émotions ni de contrariétés.Au moment même où le soleil pénétrait dans la chambre, les paupières de la malade se soulevaient pour livrer passage à un regard joyeux qui, après avoir erré sur les objets familiers qui garnissaient la pièce, contempla avec amour le jeune homme qui était assis auprès du lit.Là avait été sa place, depuis le tragique jour où on lui avait rapporté sa mère inanimée; là, il avait enduré les pires tortures, les angoisses les plus vives, celles qui nous font ardemment désirer la mort pour nous-mêmes lorsque nous voyons un être cher prêt à nous quitter.A cette douleur sans nom s'était mêlé aussi un atroce remords.Pendant les longues nuits, quand, dans son délire la baronne appelait sa Liane chérie, il pensait: "Mère, je suis votre bourreau; c'est moi qui suis responsable du mal qui vous arrive.Comme je suis impitoyablement châtié, et comme je renie à jamais le sot orgueil de mon adolescence! "Si je m'étais montré pour votre enfant adoptive, le bon frère que vous désiriez que je sois, si je ne lui avais pas fait comprendre méchamment que sa présence m'était importune, elle n'aurait pas cherché à fuir notre toit, et se serait trouvée auprès de vous, petite fée bienfaisante pour guider vos pas et soutenir votre marche.Ainsi tout aurait pu être évité".— Philippe! Aussitôt il fut près de sa mère, un doigt sur la bouche pour lui imposer silence.Mais elle n'obéit pas et tendrement: — Comment vas-tu, mon Philippe?.Ton pauvre visage est bien pâle! Je suis désolée de la fatigue que je t'ai involontairement causée.— Je suis en parfaite santé, et vous me voyez le plus heureux des fils, puisque votre guérison n'est plus aujourd'hui qu'une question de jours, répondit le jeune homme avec émotion.La baronne sourit, demandant encore: — Liane écrit-elle souvent ?— Ses lettres sont entassées sur le meuble réservé aux médicaments.Les voulez-vous ?Et il continua en riant, tandis que sa main entr'ouverte laissait tomber sur la couverture soyeuse une véritable pluie d'enveloppes.— Cette lecture va vous fatiguer; savez-vous, mère, que Liane n'oublie pas sa chère bienfaitrice! Une lueur heureuse éclaira le visage émacié.— Chère enfant! comme sa présence me serait douce, je la désirerais tant auprès de moi! Ne serait-il possible de l'appeler ?Sa voix était devenue soudain si suppliante, et les yeux, qui se posaient sur son enfant, imploraient avec tant d'ardeur, que le jeune homme répondit sans hésitation.— Vous aurez bientôt le bonheur d'embrasser votre Liane, mère chérie; je vais rédiger un télégramme à son adresse.Quelques instants plus tard, alors que la baronne dormait d'un profond sommeil réparateur, le jeune châtelain, traçai quelques mots sur un tout petit feuillet blanc qu'il présenta ensuite au^domestique, en disant brièvement: — Expédier ceci sans tarder.Avec une netteté surprenante, les dernières recommandations du durtciii, s', taient gravées dans son esprit en caractères ineffaçables.C'est pourquoi, il s'empressait de rappeler l'orpheline que sa mère désirait tant.CHAPITRE VX Dans son grand lit, Pierrette agonisait.Sur sa poitrine que soulevait un souffle toujours plus faible, une croix de nacre aux incrustations d'argent reposait.Souvent ses mains transparentes la saisissaient et la pressaient pieusement sur ses lèvres décolorées.Ses paupières bleuâtres, frangées de longs cils bruns se soulevaient parfois, et le regard qu'elle fixait dans le vide semblait empreint déjà d'une immense félicité.Ses traits presque rigides paraissaient sculptés dans un bloc d'argile; sur ses lèvres Hottait un étrange sourire qui communiquait à sa physionomie cette incomparable majesté qu'elle devait emporter jusque dans la corruption du tombeau.Soudain, un affreux hoquet la souleva à demi.Elle retomba presque aussitôt sur le riche coussin qui soutenait sa tête défaillante, tandis qu'une mousse rosée s'échappait de ses lèvres.Avec effroi, Liane se pencha sur la pauvre enfant, tâchant de percevoir encore les sourds battements du cœur.Mais, l'irréparable était accompli, la vie venait de l'abandonner.Avec un soin tendrement pieux, Liane abaissa les paupières, baisa le front encore moite d'une sueur d'agonie, joignit les doigts menus dans lesquels elle plaça un crucifix d'ivoire, et la revêtit entièrement d'une robe de mousseline blanche.La pauvre fillette préférait à toute autre cette étoffe légère qui idéalisait encore son visage, et que par une dernière coquetterie elle avait voulu revêtir.Dans ses beaux cheveux noirs, qu'elle avait tant aimés, et que tant de fois elle avait orgueilleusement soupesés dans ses doigts Huets, une couronne de roses blanches fut posée.Jamais encore en cet instant, elle n'avait rayonné d'une beauté plus saisissante.Le visage baigné de larmes, la jeune fille contemplait le corps enfantin entré dans l'éternel repos.Parfois pourtant, emplies d'une infinie tristesse, ses prunelles bleues se dirigeaient vers l'homme agenouillé auprès du lit, qui, le regard fixe, restait muet.Tout à coup, il quitta sa pose accablée.Passionnément, il étreignit le corps encore tiède de son enfant murmurant des paroles d'amour que Pierrette, hélas! ne pouvait plus entendre.A peine parut-il remarquer Mariette, qui venait d'introduire dans la pièce funèbre Miss Rokings, riche américaine dont la villa attenait à la leur, et qui avait toujours témoigné à Liane et la pauvre morte une vive amitié.A peine aussi re-marqua-t-il les paroles que lui prodiguait la vieille demoiselle, non pour le consoler, elle savait bien, malheureusement, que sa douleur était trop profonde, mais pour lui marquer au moins sa sympathie.Après une courte prière, miss Rokings se releva.Doucement, elle souleva le linceul qui recouvrait la forme inerte.Sur le cœur qui ne battait plus, une belle gerbe virginale s'étiolait déjà.L'oreiller disparaissait sous une moisson de roses immaculées, dont les pétales neigeux frôlaient le froid visage que la mort avait empreint d'une souveraine grandeur.— La fin, m'a dit Mariette, a été admirable! dit-elle, en se tournant vers la jeune fille qui allumait un cierge dans un riche candélabre de bronze aux fines ciselures.Le sérieux visage de Liane, fatigué et pâli par plusieurs veilles successives, s'éclaira d'un rayonnement de joie tandis qu'elle répondait à voix basse: — Mariette ne vous a pas menti, miss.Sur la prière de son enfant M.Revigny a été hier chercher un prêtre.Ce vénérable pasteur a accompli son douloureux devoir avec une délicatesse infinie.Longuement, il a parlé à Pierrette du Dieu de Miséricorde et d'amour qu'elle allait avoir bientôt le bonheur de contempler dans sa gloire, de sa mère qu'elle n'a pas connue et qui l'attendait, les bras grands ouverts, lia su faire pénétrer en elle, cette pensée consolante de Lacordaire: "Que la véritable vie ne commence qu'en Dieu, où La Revue Moderne — Montréal, Août 19 3 3 Coeur de Gentilhomme Page 27 nous retrouverons ceux que noua avons aimés, attendant avec confiance ceux que nous avons laissés sur terre dans la désola-lion".Lorsqu'il s'est relevé, aprc's avoir donné la Sainte Communion à l'enfant, le visage de la mourante resplendissait d'une surnaturelle joie.Peu après, elle est tom-|,i'e dans un profond aUittcment et s'est iteinte lentement, sans souffrance.— Et maintenant, qu'allez-vous devenir Mlle Liane?demanda miss kokings à la jeune fille qui la reconduisait.Elle eut un geste d'indifférence, et sa voix laissa tomber avec lassitude: — Il va me falloir de nouveau chercher une autre situation.Auparavant néan- .ins je désirerais aller embrasser ma mère adoptive, que j'ai hâte de revoir.Son fils m'a appris il y a une di/.aine de jours qu'elle était souffrante, je suis même très tourmentée à son sujet, car je n'ai plus rien reçu depuis les quelques mots brefs qui m'annonçaient la maladie.— Eh bien, Mademoiselle, promettez-moi, de devenir ma compagne lorsque vous serez de retour.J'ai toujours éprouvé pour vous une grande sympathie, et je nie réjouis à la pensée de vous avoir près de moi, si vous le voulez bien.Je devine.continua-t-elle, en tourmentant une boucle blanche, qui s'échappait de son bonnet, que cette perspective n'a pour vous rien de réjouissant.Je ne saurai sûrement pas me montrer toujours gaie et rieuse, telle enfin que vous désireriez votre nouvelle amie; il vous faudra subir parfois mes bizarreries, mais je vous sais tellement indulgente!.Je vous en prie, ne brisez pas cet espoir que j'ai si longuement caressé.— Je suis infiniment touchée, miss Rokings, de l'intérêt que vous voulez bien témoigner à une pauvre orpheline.J'accepte avec reconnaissance, croyez-le, la situation que vous m'offrez, dit Liane, en pressant dans les siennes les mains de la vieille demoiselle qui souriait joyeusement.Elles échangèrent encore quelques paroles relatives à leur toute fraîche décision, et se séparèrent les meilleures amies du monde.Dans la cuisine, la vieille bonne s'agitait fiévreusement.La famille de M.Revigny ainsi que de nombreux amis étaient attendus pour les funérailles et la besognes s'en trouvait accrue.Voyant des larmes couler le long de ses joues ridées, Liane essaya de la consoler.— Ce n'est pas sur Pierrette que je pleure, Mademoiselle, répondit la fidèle servante en levant ses paupières rougies sur la jeune fille.Pourtant je l'aimais comme mon enfant; mais c'est bien pour cette raison, que je dis aujourd'hui du fond du cicur: Béni soit Dieu qui la rappelle à Lui et la délivre de son martyre.Mais, que va devenir son pauvre père ?.elle était son trésor le plus précieux, son seul bonheur ici-bas, depuis la mort de sa chère femme dont elle était le vivant portrait.Ayant dit tout ce qui l'oppressait, Mariette s'était tue.Liane, très fatiguée se retira dans son appartement pour prendre un peu de repos.Il lui faudrait, le lendemain, dépenser tant de courage qu'elle frissonnait involontairement.Conserverait-elle jusqu'au bout l'énergie qui l'avait jusqu'ici soutenue?.Assise devant sa psyché, elle enlevait maintenant d'un geste lent, les peignes d'écaillé qui retenaient l'énorme poids de ses cheveux, qui, affranchis de toute contrainte, se déroulèrent sur ses épaules, 'iniil.ilili-s A une magnifique nappe d'or liquéfié.Un instant elle resta immobile, dans ce désordre gracieux, les yeux fixés sur la glace qui lui renvoyait son image pensive, savourant la douceur d'avoir de nouveau trouvé une situation, sans avoir eu recours comme elle le redoutait tant a un office de placement.Rientot cependant elle s'arracha à ses pensées.Douillettement, elle se glissa dans la blancheur des draps, attendant que le sommeil vint close ses paupières.— Ceci est arrivé pour vous, Mademoiselle, dit le lendemain Mariette à la jeune Idle en lui présentant, du bout de ses doigts rugueux que le travail avait brunis, un rectangle de papier bleu.Toute tremblante, Liane saisit le message.Très vite, elle déchira la mince bande gommée et ses yeux dans lesquels se lisait une indicible expression d'effroi, se fixèrent ardemment sur les mots qu'il contenait: "Mère vous réclame.Venez.Philippe" Un instant elle demeura anéantie, défaillant sous ce choc si brutal.Une émotion intense l'étreignait, paralysant son énergie.Ohl comme elle devait être mal, sa mère bien-aimée, pour qu'un appel si pressant lui fût lancé?peut-être même était-elle étendue sans vie sur son lit de douleurs!.Cette funèbre vision lui donna la force de réagir.Avec abattement, elle passa sa main sur son front, comme pour chasser de son cerveau une atroce pensée; puis sans calculer ses gestes, à pas d'automate, elle se dirigea vers la chambre funèbre où M.Revigny entouré des siens veillait.Une bienfaisante réaction s'était produite en lui: il sanglotait amèrement auprès du pauvre corps raidi et ses yeux qui avaient perdu leur effrayante fixité contemplaient sans se lasser, le visage marmoréen sur lequel le couvercle du cercueil allait bientôt se refermer.Il tressaillit soudain devant le visage défait de Liane et ses lèvres s'entr'ou-vrirent pour questionner.Mais déjà la jeune fille lui tendait le télégramme.— Courez vite, Mademoiselle, à l'appel de votre bienfaitrice, dit-il avec bonté après y avoir jeté les yeux.Vous n'êtes malheureusement plus ici d'aucune utilité.Dieu veuille que vous puissiez encore recevoir son dernier baiser.Et maintenant soyez bénie pour l'affection que vous avez témoignée à ma petite Pierrette, pour le bien que vous m'avez fait aussi: Vous m'avez ramené là où je ne voulais plus aller: aux pieds du Christ que j'avais oublié depuis le jour lointain de ma première communion.Grâce à vous, je crois fermement retrouver un jour les êtres bien-aimés qui m'ont devancé dans le séjour de l'éternelle paix, et cette pensée est si douce à mon cœur attristé, elle verse en mon âme une telle allégresse que je vous crie encore du fond du cœur: Merci.Tandis que des larmes généreuses inondaient son visage, il tendit à l'orpheline qui le remerciait de ses bontés passées sa main loyale.Elle y plaça la sienne qu'il serra à la briser.Une dernière fois.Liane grava dans sa mémoire, pour l'emporter à jamais, le doux visage de sa petite amie, les objets familiers qui l'environnaient, et sortit, en proie à une immense détresse.Quelques heures plus tard, elle arpentait fiévreusement le quai de la petite gare de Menton attendant impatiemment le train qui allait sûrement l'emporter vers une nouvelle douleur.CHAPITRE XVI Le long voyage de Liane, touche à sa fin.Chaque nouvelle station marque maintenant l'approche de son petit village pyrénéen; mais elle ne ressent nulle joie à revoir ses chères montagnes tant aimées, une seule pensée la domine toute, la maladie de sa mère adoptive qu'elle entrevoit, son imagination aidant, toujours plus grave à mesure que les heures passent.Distraitement, ses yeux contemplent le paysage connu qui, toujours davantage, s'estompe dans l'ombre du crépuscule.Peu à peu la nuit enveloppe la terre: le ciel se peuple d'une infinité d'étoiles, tout disparaît et s'efface.Alors, lentement, la jeune fille détourne son visage de la vitre embuée, sa tête se rejette en arrière sur le coussin de drap bleu, un instant elle ferme les yeux et demeure immobile savourant l'extrême jouissance de ce court repos.Mais déjà le train ralentit sa marche; la voix monotone d'un employé invisible crie le nom de la petite gare.Très vite l'orpheline est descendue; d'un prompt coup d'œil, elle parcourt le quai.Là, une année auparavant, le cœur brisé, elie a quitté son amie et le fidèle Eloi.Sans doute il est là pour l'attendre; ses yeux pleins d'angoisse errent sur les silhouettes qui s'agitent toutes sombres sur le fond éclairé de la petite gare.Mais bien vite, à son extrême surprise, elle tivomi.iit la liante e! minci-taille de Philippe qui vient vtrs elle.(Suite à la page 2Q) Au premier rang depuis 40 ans THÉ SALADA" Frais des plantations Une heureuse combinaison de plaisir et de profit CONSECUTIVE YEAR SMmf ANNEE CONSECUTIVE \ct ordez-vons au rythme de cette toujours changeante ehilNution.Venez à l'Exposition Nationale Canadienne, cette année, et enrichisse» Totre esprit de connaissants qui en valent la peine.l'romenez-vons dans les grands édifices permanents célèbres par leur magnifique architecture, et contemplez les Merveilleux étalages de produits régionaux et exotiques.Visitez le salon de l'auto oii seront expose» les modèles pour 1934.Admirez les pnres races de chevaux an Concours Hippique tenu dans le nouveau Palais du (heial construit au coût d'un million de dollars.Arrêtez-ioui deiant les chefs-d'oeuvre de la peinture ancienne et moderne dans les deux Galeries des Arts, Vibrez à la musique des (.antes Ecossais de Sa Majesté et de trente autres fanfares.Voyez le somptiieut.enchanteur, brillant Pairennt "Montezuma" qni raconte la déconiertp et la conquête de l'Empire des Aztèques par les aventuriers espagnols, \rretez-ious sur les pe-Innses qui desrendent doucement vers le lac Ontario et, de là, assistez au Marathon International de natation.Eprouvez le plus grand enthousiasme de votre vie en contemplant les courses à la rame pour le championnat professionnel du monde et bien d'antres eoncours sur terre et sur l'eau.Soyez l'une de ces milliers de personnes qu'on verra snr l'avenue centrale d'un mille de long.La plus considérable Exposition annuelle dn mena, offre à tous.>iui< distinction d'ôffe et de sexe, quatorze Jours ef quatorze nuits d'enseiimement et de récréation à bon marché Dépliants descriptifs envoyés g-ratultement et promptement sur demande.Taux spéciaux d'exenrsion — Renselrner-vous auprès des agents locaux.Chemin de fer.Bateaux, Autobus.IV.M.Ih'GLIS Président.H.IV WATERS.Gérant-général, CANADIAN NATIONAL EXHIBITION TORONTO AUC.15*>SEPT.9 1933 DU 25 AOUT AU 9 SEPTEMBRE 1933 L'Opinion de nos LECTRICES Pour mieux noua rulder dans le choix de nos romans, noua demandons à nos lectrice* de Men vouloir airier te coupon cl-deaaoua en marquent d'une erolx l'une dea trota qualités qui y sont Indtquéea.eelon que le roman publié tear aura plu.Nos lectrlcea seconderont elnal lea efforts constants faite pour rendre notre revue de plua en plus 1 ntéreaaante.Bt cette coopération eer* fort appréciée de la Direction qui poursuit activement aeo but de proparer une lecture aaln* et »cr.able, mala de valeur sérieuse.-COUPON- LE ROMAN QUE JE VIENS DE LIRE EST EXCEIJJCNT .BON ORDINAIRE., Nom .On peut «.rn»r dun pseudonyms ai an 1* préfers.Prier» d'adreaaer: — LA \:m\ .K MOD1TRNE.SI», rua Notre-Pama as t.Montréal.P Q Page 28 La Revue Moderne — Montréal, Août 193 Hommes d'affaires, Banquiers, Chefs d'entreprises Employeurs de toutes catégories Retenez les services des diplômés de nos écoles techniques et professionnelles IL Y VA DE VOTRE INTERET ! LORSQU'IL fonda les écoles techniques et professionnelles de la province de Québec, Sir Lomer Gouin avait en vue la formation d'une élite commerciale et ouvrière : hommes d'affaires instruits et artisans spécialisés parmi lesquels nos maisons de commerce et nos établissements industriels se choisiraient un personnel expérimenté, répondant parfaitement à leurs besoins.L'ambition de Sir Lomer Gouin est aujourd'hui réalisée.Dans toutes les branches d'affaires, dans tous les corps de métiers, des jeunes hommes instruits et des artisans dont le diplôme officie] de nos écoles professionnelles et techniques atteste la haute compétence, se mettent a la disposition des entreprises commerciales et industrielles.Ils sont prêts à remplir, à la plus grande satisfaction des employeurs, des postes de confiance.Je crois qu'il est du devoir et de l'intérêt des patrons de la province de Québec de reconnaître le mérite de ces hommes en leur accordant la préférence.Non seulement ils démontreront ainsi le cas qu'ils font de l'heureuse initiative du gouvernement, mais, en collaborant avec lui, Os aideront à promouvoir le sens de la coopération désormais si nécessaire au progrès de la province et donc, au bien-être de notre population.On trouve aujourd'hui chez nous, des contremaîtres, des ingénieurs, des chefs de services, des directeurs d'usines, des gérants, des comptables, etc.Nous ne saurions trop insister dans l'intérêt de la province et du Canada tout entier, pour renseigner les patrons sur ce fait de la plus haute importance.Nous sera-t-il permis de faire remarquer aux administrateurs, aux gé-' rants, en un mot à tous les employeurs qu'en se déchargeant sur les diplômés de nos grandes écoles d'une partie de leurs responsabilités, ils travaillent au succès de leurs propres entreprises.Ils s'assurent ainsi les services d'hommes dont, non seulement la compétence est reconnue, mais dont l'esprit ne diffère pas de celui des autres employés, ce qui n'est pas toujours le cas quand les entreprises recrutent leur personnel spécialisé à l'étranger.Il est sans doute difficile de prévoir les conséquences du choix d'un employé.Mais en recommandant aux patrons d'accorder la préférence aux diplômés de nos écoles techniques et professionnelles, nous croyons demeurer fidèles à l'esprit de coopération et de bon vouloir si cher à nos ancêtres.Nous croyons même qu'en Canadiens éclairés, les employeurs contribueront ainsi à fortifier, entre les groupes, la bonne entente si nécessaire à la prospérité du Canada.EMPLOYONS LES DIPLOMES DE NOS ÉCOLES TECHNIQUES ET PROFESSIONNELLES Athanase DAVID, secrétaire provincial. La Revue Moderne — Montréal, Août 1933 Page 29 Coeur de Gentilhomme (Suite de la page 27) — Bonjour, Liane! Comment allez-vous?demande-t-il, en lui tendant la main, tandis qu'il s'incline légèrement pour mieux voir son visage plongé dans l'obscurité.— Bien, merci.Et elle s'informe très vite, des larmes dans les yeux: Comment va notre chère malade ?— Mère est mieux, répond avec vivacité Philippe en l'entraînant vers la sortie.Elle a été très fatiguée; le docteur affirme cependant que tout danger est maintenant passé, néanmoins il lui faut encore beaucoup de calme et pas d'émotions.— Dieu soit loué!.s'écrie la jeune fille joignant spontanément les mains, son regard lumineux, que traverse un rayon de joie, levé vers la voûte céleste.Tout son être s'élance avec reconnaissance vers le Divin Créateur et une courte prière s'échappe de ses lèvres.Jamais rien ne lui a paru plus beau: l'air qui fouette son visage ne lui a jamais semblé plus délicieux, le ciel plus pur; les étoiles qui le constellent plus brillantes.Un instant elle oublie son compagnon qui demeure silencieux à ses côtés et l'examine.Il éprouve, à la revoir, un doux sentiment de joie et 'comme un bienfaisant apaisement, après les jours pénibles qu'il vient de traverser.Liane est bien toujours une délicieuse jeune fille.Son front a la même blancheur de lis, ses cheveux, que souligne une petite toque d'astrakan, leur même teinte rousse; ses yeux bleu foncé sont toujours aussi fiers, aussi purs; et pourtant un changement notable s'est opéré en elle, communiquant à ses traits, d'un charme si particulier, une Iégère'gravité.Cela est dû sans doute au mouvement de sa lèvre inférieure qui s'incline souvent comme sous le poids d'une pensée douloureuse.L'année qu'elle vient de vivre face à face avec le malheur l'a marquée de son empreinte ineffaçable et la toute jeune fille d'autrefois est maintenant une femme.En ce moment, ses paupières frangées de longs cils se lèvent sur Philippe et une légère rougeur colore son teint quand elle surprend son regard fixé sur elle.Maintenant ils se dirigent silencieux tous deux vers la limousine luxueuse, qui projette sur la terre durcie le faisceau lumineux de ses deux phares.Mais bientôt la voix du jeune homme s'élève: — Je vous prie, Liane, de me pardonner l'angoisse que vous a value mon inconséquence.J'aurais dû réfléchir que mon appel allait vous affoler, mais j'étais si fiévreux, si impatient de vous savoir auprès de mère! J'ai voulu venir moi-même au-devant de vous, car Eloi aurait été malhabile à vous rassurer et j'avais hâte de vous calmer un peu.Elle inclina la tête avec un faible merci; sourit doucement et pénétra dans l'automobile.Assise sur les coussins soyeux, Liane se laisse aller maintenant à la douceur de l'heure présente.Quelquefois cependant elle tressaille, arrachée au monde lointain où sa pensée s'égare.L'aboiement d'un chien de garde troue le silence de la nuit.Alors elle se penche, son gant essuie la vitre brumeuse, ses yeux tâchent de percer l'obscurité.Là, au pied de la montagne, s'élève la ferme de Jeannette: ici.à l'ombre protectrice de pins et de marronniers séculaires, la villa de M.de Chavignac dresse sa forme élégante.Plus loin, là-bas, immense tache sombre, la forêt apparaît.Que d'heures charmantes et trop vite écoulées elle a passées sous ses feuillages épais, écoutant avec délices la chanson murmurante du clair petit ruisseau qui serpente entre deux bordures de fraisiers sauvages.Mais voici qu'une émotion sans nom s'empare d'elle.L'automobile vient de s'engager dans la magnifique allée d'ormeaux, au bout de la-ouelle le château d'Hauterive paraît.Encore un détouret la voiture s'immobijise.Vivement Philippe a sauté de son siège et lui tend la main pour l'aider à descendre.Puis tandis qu'il chemine à ses côtés dans l'étroit sentier, qui conduit au perron qu'une douce clarté inonde, il dit tout à coup en se tournant vers elle, dont il entrevoit, dans l'obscurité l'élégante silhouette: — Mère a, je crois, l'intention.Liane, de vous demander de rester auprès dVlle, jusqu'après la célébration de mon mariage.Je vous ai déjà dit que de trop vives contrariétés devaient lui être épargnées; c'est pour cette raison que je me permets d'insister auprès de vous.J'espère que votre réponse n'ira pas à rencontre de son vœu le plus cher, et que vous voudrez bien redevenir pour elle jusqu'à notre retour de voyage, la petite compagne dévouée que vous avez toujours été.' Comme l'aurait fait une lame aiguë, ces paroles pénétrèrent en elle, meurtrissant son cœur, soulevant en son âme un lourd flot d'amertume.Mais elle se raidit bien vite contre l'incompréhensible et si soudaine souffrance qui la martyrisait, et répondit d'une voix où passaient encore quelques frémissements nerveux.— Ce serait méconnaître mon devoir, Philippe, que de rester sourde aux supplications de ma mère adoptive: tant qu'elle désirera me garder je resterai à ses côtés, trop heureuse si, par mon affection et mes soins, je paie un peu l'immense dette que j'ai contractée envers elle.D'ailleurs plus rien ne me retient; je peux, à mon gré, abréger ou prolonger mon séjour ici, ma petite malade est morte.Pendant ce court dialogue, les deux jeunes gens avaient atteint le vestibule.— Comme vous voilà pâle! s'écria Philippe lorsqu'il lui fût donné de voir le visage défait de Liane et il ajouta, légèrement pensif: Ce voyage a dû vous fatiguer beaucoup; hâtez-vous d'aller embrasser mère, vous vous reposerez ensuite.Je vous quitte, notre chère malade a recommandé de vous laisser monter seule.A tout à l'heure.Il s'inclina devant elle et sortit.Alors très vite, son cœur battant à larges coups, l'orpheline gravit les degrés.Un instant elle s'arrêta, défaillante, devant la cloison qui la séparait encore de sa bienfaitrice.Mais son hésitation fut de courte durée.— Mère me voici! dit-elle, d'une voix brisée en repoussant la porte derrière elle.Puis follement elle courut à elle, se blottissant avec joie sur sa poitrine, savourant la douceur de recevoir des baisers semblables à ceux qu'elle donnait, palpitante de tendresse, heureuse infiniment d'entendre de nouveau la chère voix lui murmurer des paroles d'amour.— Ma Liane, mon enfant, je vous retrouve enfin! Levez vos yeux sur moi, ma chérie, j'ai tant de hâte de revoir leur lumière! Elle releva la tête, comme on le lui ordonnait si tendrement, et, à temps, retint un cri.Oh! comme elle était changée, sa mère bien-aimée; ces cheveux presque entièrement blancs; ce visage pâli et creusé, ces yeux au cerne profond, comme ils lui faisaient mal.Et un regret lui vint, le premier depuis qu'elle avait fui cette demeure: "Pourquoi vous avoir quittée, mère chérie" pensa-t-elle, avec remords.Rassemblant toute son énergie elle se força à sourire, son visage s'éclaira d'une gaieté factice, et longuement elle parla.Mme d'Hauterive, broyée par une émotion intense, écoutait avec ravissement la voix musicale de sa petite voyageuse, goûtant enfin l'enivrant bonheur de la revoir, après une si longue absence! Avec une émotion attendrie.Liane a repris possession de sa petite chambre.Elle range lentement les menus objets qui constituent son mince bagage et elle songe: "Comme Philippe a changé à mon égard!.Avec quelle joie sincère il accueille mon retour et quelle sympathie délicate et attentionnée a fait place à son attitude nassée, si indifferente^et si dédaigneuse".Maintenant, à la fraîcheur de la nuit, l'orpheline offre son front brûlant.Un pâle rayon de lune tissé d'argent, tombe d'aplomb sur sa tête et sur ses épaules couvertes d'une écharpe légère.Un souffle d'air frais soulève les boucles rebelles oui auréolent son front pensif.Ainsi que l'a pressenti Philippe, la baronne l'a priée de rester auprès d'elle pendant de longs jours encore.Les fiançailles officielles du jeune homme doivent être célébrées pour les fêtes de Noël; le mariage aura lieu bientôt après et les jeunes châtelains ont l'intention d'entreprendre un voyage qui promet d'être fort long, car ils doivent visiter l'Italie et la Suisse.Elle a consenti.CAlumet 1144 2461 rue des Carrières MOJfTBEAL J- H.Breton TEINTURIER et NETTOYEUR Prop, da NEW SYSTEM CLEANING SERVICE Impossible de bénéficier de la devise JOUBERT à des bas prix Qualité et propreté — cette capitale devise de Joubert n'est jamais sacrifiée pour l'amour de bas prix.Chaque bouteille est pleine jusqu'au bord d'un aliment complet.Chaque goutte de lait Joubert est sous l'attentive surveillance des chimistes de Joubert, depuis l'heure de la traite jusqu'au moment où le lait est déposé à votre porte.Le Lait Joubert se vend à un prix légèrement plus élevé, mais il possède à un degré beaucoup plus élevé la propreté et la qualité.NOTRE AMBITION EST DE REDUIRE LE TAUX DE LA MORTALITE INFANTILE A MONTREAL.LIMITEE 4141, rue Saint-André — FRontenac 3 12 1 Lait — Crème — Beurre — Crème à la Glace Lait certifié provenant de la Ferme Saint-Suipice à Oka Aux Futures Mamans Chaque année, lea statistiques canadienne* nous révèlent que les mortalités maternelles et Infantiles, à la naissance des enfanta, sont beaucoup trop élevées.La plupart dea décès par accidents de natalité, peuvent être prévenus par l'hygiène PRENATALE, OBSTETRICALE et POSTNATALE.J*""; Propre intérêt de chacun, pour l'amour de voa bébés et de votre famille, Instruisez-vous afin que, possédant lea connaisxances nécessalrea, vona pnlsulei, vous et voa enfants vous maintenir en aanté et être heureux.Vous n'avez, pour vous instruire très facilement, qu'à demander les lettres maternelles qui vous seront adressées gratuitement.Adreasez le coupon ci-dessous à : LE CONSEIL CANADIEN DE LA SAUVEGARDE DE L'ENFANCE ET DE LA FAMILLE 245, rue Cooper, Ottawa.Ont.COUPON Non, Adrsa Data probable da la naissance attendue : Nom du médecin retenu:.Adressa du médecin:.s La Santé du Bébé Il Importe de protéger l'enfant contre lea maladiea, afin d'en faire plua tard un citoyen capable de remplir parfaitement ses devoirs d'état.La revue mensuelle LA GARDE-MALADE, sera un auxiliaire précieux pour les mamans conscientes da leurs devoirs envers leurs enfanta.Chaque mola LA GARDE-MALADE) vous apportera des conseils sur la diète, les habitudes d'hygiène et sur maints autres sujets du plus grand Intérêt.Abonnei-vous a I.A GARDE-MALADE.Prix de l'abonnement: $2.00 par an Envoyez ee coupon aujourd'hui l LA GARDE-MALADE, a/a La Revue Moderne, «10 eat, rue Notre-Dame, Montreal.Maaaleura, Veuille» m'envoyer La Garde-Malade pondant un an (12 numéros).Cl-Joint, veuillez trouver la somme da $2.0).Nom Adresse .Prière de faire ohèque payable au pair à Montréal a l'ordre de La Revue Moderne Page 30 #> Nos Mots Croisés Page 31 lui était impossible de méconnaître la i .ilvcillancc dont on l'accablait.Très i.ilme, elle se dirigea ver» la porte; un ,nstant on eût pu croire qu'elle obtem-iii à l'ordre, qui venait de lui être ,Inline, mais il n'en était rien.Avec une dignité fiére, elle appuya légèrement sur un timbre et au domestique qui se présenta: — Miss Carson a, je crois, ries ordre» à vous donner! dit-elle, parfaitement mai-,i- ilr Ms nerls in ilésignaiil l.i jeune fHIe qui semblait lui ter contre une surprise ,,, ,| dissimulée et elle rejoignit aussitôt sun amie et le jeune Carson immobiles et muets d'étonnement.Un silence, lourd ,|, pensées diverses, régna dan» l'apparte-.I après cette brève scène.Philippe d'I lauterive, le front soucieux, regardait Liane, surpris de lui découvrir ,', cet instant une aisance si fièrement huitaine.Elle paraissait excessivement calms; un observateur attentif aurait pu cependant découvrir au battement de ses longs cils, ainsi qu'au tremblement nerveux de ses lèvres, que sa tranquillité n'était qu'apparente.Elle luttait en effet contre les sanglots oui l'oppressaient et une immense lassitude l'avait envahie.\ssez tot, dans la soirée, elle put se réfugier chez elle et pleurer à son aise.CHAPITRE XIX Assise sur un divan bas la baronne et Evelyne causent avec animation.Dans in rapprochement anui.il les cheveux hruns frôlent parfois la tête déjà blanchissante.Saisissant tableau de la fragilité des choses de ce monde où tout décline ei meurt.Car elle a été aussi jeune et (raiche, la noble femme dont les yeux embués d'une légère mélancolie, se posent avec une expression interrogative sur la charmante personne qui sera demain la compagne de son fils adoré, la nouvelle luronne d'Hauterive.Jusqu'à ce jour elle n'a pu déchiffrer l'énigme de cette jeune âme.Evelyne reste pour elle un beau sphinx indéchiffrable.Elle est tantôt d'une gaieté affectueuse et tendre, presque enjôleuse, tantôt d'une humeur froidement dure, faisant redouter un caractère difficile, un cœur inaccessible à la bonté et à la charité chrétiennes.Sera-t-ellp pour Philippe l'épouse dévouée et forte qu'elle avait toujours souhaitée pour lui ?et ce goût excessif de luxe et de toilettes, n'est-il à tout prendre, qu'un défaut d'éducation chez une jeune tille élevée sans mère et livrée dès sa plus tendre enfance à des soins presque exclusivement mercenaires?En cet instant si calme, où la douce lumière baigne de sa blonde clarté la tête ravissante, Madame d'Hauterive se re-ineiiil à espérer Oui.certainement Evelyne sera bonne et deviendra plus simple.Dans la vie nouvelle qui va être la sienne, guidée d'ailleurs par l'amour de Philippe et ses conseils maternels à elle, la jeune femme de demain se transformera complètement et unira à sa réelle beauté tous les charmes d'une exquise douceur,.Le Courrier du Mois (Suit* de la page Jl) I* ET IT fi PRIVILEGIEE — Je connais ce roquet village pour y avoir jadis passé une semaine.' J'en garde le meilleur souvenir et j'y retournerais avec plaisir, bien que certaine d'y trouver de grands changements.Lorsque nous revenons après une absence, il semhle que les lieux aient une Ame nouvelle que nous ne connaissons pas et iv« laquelle il nous faut reprendre contact.— Votre "plaisir neuf" a parfois la magie du mirage.TYncï-vous sur vos gardes, jolie débutante; les ailes d'oiseau sont frôles, il ne faut pas les fatiguer.—- Vous êtes bien aimable à mon égard.Je vous en remercie.Votre pensée appellera la mienne chaque fois que nos regards se rencontreront et suis certaine de toujours comprendre la vôtre.J'espère bien que cet ennui ne se renouv.Il, ra pas.du moins pas a* partir de septembre.— Au '¦voir, petite amie, je vous souhaite la plus belle fin de vacance possible.VIOLONISTE — Il n'y | que l'espérance qui puisse éclairer les jours sombres du cœur, et il n'y 1 que aca rayons qui puissent guérir votre blessu-t tant repos et de luirtncer dans le» bénefiees jusqu'à rnnrurrenre de itf Additionnels Nom.Adresse Localité.L_.____ Page 36 Lu Revue Moderne — Montréal, Août lu Pour le Temps des Vacances Des framboises fraîches cueillies, crème et sucre CELLES qui ne peuvent faire de voyages parce que retenues chez elles par leurs devoirs de maîtresses de maison, ont-elles déjà pensé aux intéressants et amusants livrets que publient les compagnies de chemins de fer ou de navigation ?Ils renferment toutes sortes d'informations et d'explications.'quelquefois un peu d'histoire des différents endroits qu'ils mentionnent, de jolies gravures qui vous donnent l'illusion d'être soudain au milieu de ces sites merveilleux.Et vous passez ainsi des moments délicieux qui sont des vacances d'imagination, mais reposantes tout de même.Vous parcourez votre pays, vous faites le tour du monde même, sans aucune fatigue et cela ne coûte rien du tout.Ces vacances vous laissent une entière liberté Vous restez avec les vôtres, vous n'avez aucune inquiétude, et vous avez encore le temps de vous amuser en famille et de profiter d'autres distractions.Vous pouvez recevoir vos amies, et en prenant le thé sur la verandah, parler à votre tour des endroits qui vous sont devenus familiers au moyen de ces livrets.Ce sont d'intéressantes connaissances qui permettent de vous mêler aux conversations avec un bagage de renseignements justes.Pendant ce temps, rien ne vous empêche de préparer d'excellents menus pour les soupers et les déjeuners qui, avec les pique-niques, font partie des plaisirs de la vacance.Nous devons manger, mais nous devons aussi nous distraire et donner à nos repas ce quelque chose de particulier qui met les cœurs en joie pendant la bel le saison.Le poulet entre dans presque tous les menus à la campagne.Le reste importe peu.Les parents ou les amis peuvent venir et témoigner d'une grande faim.Cela n'embarrasse pas la maîtresse de maison: il y a un poulet dans la glacière! Pour un bon repas du dimanche, par exemple, on ne peut donner mieux qu'un poulet sauté Coupez en morceaux et faites cuire à la vapeur une volaille assez jeune Enlevez tous les os excepté les ailes et les cuisses.Saupoudrez bien de farine, assaisonnez d'un peu de poivre et faites sauter jusqu'à ce que la viande soit dorée Mettez aussi peu de friture que possible Redonnez la forme de la volaille au moyen de brochettes et garnissez d'abricots ou de pêches sautés en remplissant le creux des fruits avec de la gelée de groseilles Tout autour disposez de petites pommes de terre nouvelles, bouillies et couvertes de persil haché.Servez avec une sauce à la crème bien assaisonné* et accompagné de blé-d'inde en épi que l'on fait bouillir une dizaine de minutes dans parties égales d'eau et de lait.Un plat de truite pour le déjeuner ou le souper est toujours un régal Pour celles qui peuvent la pêcher elles-mêmes, je dirai qu'elle mord mieux de bonne heure le matin ou vers la brune.J'ajoute que je n'aime pas servir la truite avec la tête, mais évidemment, c'est affaire de goût.De toute façon, après avoir paré le poisson roulez-le dans la farine, faites frire et ne tournez qu'une fois soigneusement pour qu'il ne se brise pas.Si vous le faites cuire sur le gril, arrosez le poisson d'huile sur les deux côtés.Ne saupoudrez pas pour éviter qu'il ne s'attache au gril.Dans l'un ou l'autre cas, il faut qu'il soit bien roussi Assaisonnez de sel et de poivre et gar- nissez de citron et de cresson Servez avec tranches de bacon croustillantes et une sauce tarlare si vous aime Café et petits pains.Ce plat n'a rien d'extraordinim penserez-vous.Il est simplement bon et délicieux à la campagne.C'est un plat de vacances.On peut profiter de la fraîcheur du matin pour pré-parer d'excellents soupers froids qui acquerront plus de saveur dans la glacière durant la journée.Il est bien entendu que l'on sert alors un potage chaud d'abord: au poulet, aux légumes, aux pois, aux tomates, ce >|ui s'accommodera le mieux avec la température.Faites suivre d'un plat de tomates glacées, creusées et remplies d'une salade de saumon ou de viande de crabe ou de légumes.Apprêtez avec de la mayonnaise et servez sur belles feuilles de laitue, avec céleri et concombres.Y a-t-il quelque chose de plus frais qu'un concombre qui a baigné dans de l'eau glacée salée, que l'on fait égoulter et que l'on apprête avec du vinaigre et un peu d'huile?Pour ce qui concerne les concomhres, le vinaigre est plus important que tout autre chose.Si vous êtes fatiguée des œufs farcis, voici une recette des plus savoureuses pour le souper ou le lunch.Lorsque les a-ufs sont cuits durs, faites-les refroidir.Enlevez la coquille et coupez-les en deux.Détachez le jaune que vous écrasez, ajoutez sel, poivre, mayonnaise, et quelques petits oignons ou des échalotes finement hachés, et remplissez les blancs.Au milieu, mettez un anchois.Préparez quatre tasses de gelée de tomates.Versez-en une petite quantité dans de petites tasses ou de petits moules; quand elle est à peu près prise, mettez la moitié d'un œuf dans chaque moule.Recouvrez de gelée refroidie mais encore liquide.Faites glacer et servez avec une salade verte ou une viande froide et mayonnaise.Qui n'aime la sauce cramoisi avec la pouding "cottage" et le gâteau éponge ?En voici la recette.A une demi-tasse de gelée de gadelles rouges ajoutez deux cuillerées à thé de jus de citron, deux cuillerées à table d'eau chaude, une pincée de sel.Incorporez-y alors deux cuillerées à table de groseilles hachées, quatre ou cinq cerises nia-rasquinées hachées menues et un peu de marasquin Servez.Et vous aurez eu de belles et paisibles vacances vous permettant de faire tout ce qu'il vous plaira, de jouir de la campagne, de vous bercer à l'ombre d'un vieux pommier, de lire vos auteurs favoris, d'écouter les murmures des champs.Vous vous sentirez reposée, contente, et vous aimerez mieux la vie (Courtoisie du ••Delineator"! A la campagne: poulet rôti et blé-d'inde en épi Une belle pèche: des truites pour le souper Salade de saumon froid et oeufs à l'as/ i Revue Moderne — Montréal, Août 1 .'/ .1 3 Page 37 PROVINCE DE QUEBEC Service des Mines Les mines d'or jouent un rôle très important dans l'industrie minière de la province de Québec qui occupe présentement le deuxième rang parmi les provinces, pour la production de l'or.Le tableau comparatif de la production d'or annuelle dans notre province montre les progrès rapides de cette industrie.Année Once* Valeur % 1921 648 12,317 1922 Nil Nil 1923 667 13,340 1924 881 18,372 1925 1,834 37,909 1926 3,679 76,070 1927 8,331 172,214 1928 60,006 1,240,435 1929 90,798 1,876,960 1930 141,747 2,930,480 1931 300,075 6,203,101 I '"'M'rime 1932 *340,000 • sur \e 8,000,000 1 ,-hanpe \ o\iimil ion m li -mrm Plus de 90 pour cent de notre or provient de l'ouest de la province de Québec.Noranda, Granada.Siscoe et O'Brien sont les principales mines productrices d'or.De nouvelles mines d'or sont en voie de développement dans les cantons de Duparquet.Rouyn.Beauchastel, Cadillac, Dubuisson, Louvicourt et Pascalis.La région de l'ouest du Québec comprise entre la frontière de la province d'Ontario et Bell River, cinquante milles au nord et au sud du chemin de fer Transcontinental, offre aux prospecteurs une étendue de 10.000 milles carrés de terrains minéralisés qui ne le cède à aucun autre gisement aurifère et cuprifère du monde entier.Le rapport annuel du Bureau des Mines de la province de Québec contient des renseignements complets sur le développement et la géologie des régions minéralisées et sur l'industrie minière de notre province.On obtient sur demande des exemplaires de la loi des mines et des renseignements techniques sur les mines et sur les richesses minérales du Québec en s'adressant au Directeur du service des mines.Le Ministre des Mines.L'HONORABLE J.E.PERRAULT Page 38 La Revue Moderne — Montréal, Août 1 .'/ L élégance par le tricot RIEN ne saurait être plus élégant ni plus enchanteur que les fascinantes petites blouses tricotées qui se voient cette saison.Rien d'étonnant que tout le monde en parle! Ne trouvez-vous pas que les deux qui figurent au dessin (B) sont attrayantes?Le modèle à manches longues est de tricot rouge brillant travaillé en filet à mailles serrées avec un petit picot à intervalles régulièrement espacés.Le collet et les manchettes, qui sont blancs avec un tout petit rucher de rouge, se font dans le même point.L'autre blouse est vert pâle, travaillée en point de filet allemand crocheté.Elle porte un col mollement drapé qui siérait à toute figure, et de fraîches manches bouffantes.Elle se porte sous un jumper de laine d'un vert plus foncé qui peut se tricoter au Coton Perlé "Anchor" de Clark, si vous voulez qu'elle soit particulièrement légère et fraîche à porter l'été.Filet Allemand Crocheté.Le Filet Allemand Crocheté peut être fait avec les Nos 50 ou 70 (même avec le No 100) de Mercer-Cro-chet de J.& P.Coats et un fin crochet à tricoter.Un gros fil et un gros crochet font une dentelle très à jour.Matériel: Mercer-Crochet No 50 de J.& P.Coats.Crochet à tricoter No 8 de Milward.Faire une ch.fondation de la longueur désirée; ajouter 3 m.de plus, tourner.1er rang: 1 d.b.dans la 4e m.à partir du crochet; X 10 m., sauter 8 m.de la ch.fondation, 1 d.b.dans chacune des 2 m.suivantes.Répéter à partir de X jusqu'à la fin; 3 m., tourner.(Voir la note).2e rang: 1 d.b.dans la 2e d.b., 4 m.; 2 d.b.au-dessus du milieu des 10 m., XX 10 m., 2 d.b.au-dessus des prochaines 10 m.Répéter à partir de XX jusqu'à la fin du rang; 4 m., d.b.sur d.b.et d.b.sur les 3 m., tourner.3e rang: d.b.sur la 2e d.b., 3 m; 1 d.b.sur chacune des 3e et 4e m., XXX d.b.dans la le et 2e m.; 6 m., 1 d.b.dans chacune des 9e et 10e m., 2 m.; répéter à partir de XXX jusqu'à la fin du rang.3 m., d.b.sur d.b.et sur la chaînette du bout; 3 m., tourner.4e rang: d.b.sur la 2e d.b., 5 m.; 2 d.b.au-dessus de chacune des 2 m.avec 10 m.entre elles.3 m., 2 d.b.à la fin.Répéter à partir du 2e rang.>OTE: 91 l'on désire faire un morceau circulaire, réunir de façon a ce que le motif •oit complet et que le point de réunion ttolt imperceptible.Visitons Québec La Gaspésie AVEC la bîlle siisia, tous cîux qui ZA peuvent se payer le luxe du tourisme, pensent déjà aux endroits qu'ils aimeront visiter.Les projets s'ébauchent.On discute des routes à prendre.On s'informe des bons endroits, du confort des hôtels, de la sécurité des lieux, de la note à solder.Les uns veulent visiter Québec d'abord, connaître notre bonne vieille province, si riche en sites historiques et pittoresques, en monuments divers.La nature l'a souverainement dotée et les coins enchanteurs fourmillent, se succèdent, abondants et différents,Itout le long de nos belles routes.Pourquoi ne pas aimer parcourir en premier lieu notre province.Elle mérite pourtant qu'on la connaisse, qu'on l'étudié de très près: elle est si riche, si belle de toute façon! D'autres, par snobisme, préfèrent parcourir les routes étrangères, les sentiers battus, les plages américaines aux populations internationales: chacun son goût et "les goûts ne sont pas à discuter' .N'empêche que le vrai canadien préférera conduire sa famille à travers les endroits réputés de chez-nous.Il tiendra à ce que ses enfants apprennent, en s'amusant, un peu de l'histoire de nos héros, prennent goût aux choses du terroir.Voyager dans notre province, c'est parcourir, l'été, des jardins en fleurs, prometteurs de fruits abondants et toujours appréciés.Pour l'esprit, c'est un régal que de glaner anecdotes et souvenirs historiques, contes gais, chansons d'autrefois.La Gaspésie mérite une place toute spéciale sur l'agenda de ceux de chez-nous qui projettent des vacances en auto.Les routes y sont superbes, les hôtels recommandés, les prix raisonnables, et les sites d'une beauté rare.Quel changement avec nos villes enfiévrées, chaudes, surpeuplées.Tout est frais, champêtre, sylvestre dans la Gaspésie.La route suit presque toutes les falaises, le bord de la mer, ou, sinueuse et charmante, coudoie la baie des Chaleurs, cette Côte d'Azur canadienne.En suivant la route No.6 appelée aussi la route Perron, le voyageur encercle la péninsule de Gaspé et la détaille dans tout ce qu'elle offre de particulièrement intéressant.Qu'il voyage par la côte nord en suivant le golfe pour atteindre Gaspé et revenir par la baie des Chaleurs, ou inversement, toujours, il sera enchanté, émerveillé des beautés imprévues qu'elle mettra sous ses yeux.La Gaspésie avec ses baies sablonneuses, ses camps de tourisme, ses maisons de logement de premier choix, ne peut effrayer les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas de villégiatures dispendieuses.On peut facilement visiter la Gaspésie à bon compte, avec toute sa famille.Certes, les grands hôtels ne manquent pas et Cacouna, Le Bic, Métis et autres plages fashionables peuvent satisfaire les plus exigeants et c'est le temps de dire avec la chanson: "il y en a pour tous les goûts".Nous ajouterons: "pour toutes les bourses" .Le Bureau Provincial du Tourisme, 1013 Dominion Square, à Montréal, se fera un plaisir de procurer tous les renseignements désirés, les brochures, les cartes routières, etc., etc., le tout gratuitement.Toutefois les demandes de renseignements par lettre doivent être adressées à l'Office Provincial du Tourisme, Ministère de la Voirie, Hôtel du Gouvernement, Québec.Le tour de la Gaspésie doit commencer ou se terminer par Québec, notre capitale provinciale.Québec mérite une visite spéciale.Les édifices du Parlement, la bibliothèque, ses vieilles églises, son mur, ses champs de batailles, ses monuments historiques, sa forteresse; tout Québec est intéressant, imprévu, archaïque, prenant.Jeunes comme vieux y puiseront des leçons de choses et d'histoire qu'ils apprécieront, retiendront, aimeront à raconter."Visitons Québec".Voilà ce à quoi il faut penser lorsqu'on parle de vacances à prendre, de voyage d'agréments à faire, de maison d'été à louer, de campements, d'excursion de chasse ou de pêche à organiser.Coeur de Gentillhomme (Suite de la page35) — Mme la baronne est sortie; elle a profité de cette belle journée pour aller au presbytère et faire, je crois, quelques autres visites; mais Mlle Liane est dans le jardin et si Monsieur veut la saluer.— C'est bien, je vais la retrouver dit Philippe, son cœur battant subitement à coups précipités.Il aperçoit bientôt la jeune fille, entou- 11 r lie I II'III s, assise SIM II' \ lell\ lu III 111< ni > su sous le marronnier séculaire qui ombrage de ses longs rameaux touffus le petit kiosque rose.Un instant il s'arrête et la contemple, ravi de la retrouver si délicieusement jolie dans sa robe printa-nière et dans ce décor qui s'harmonise si bien avec son charme.Il avance pourtant.Au bruit de ses pas, la jeune fille relève la tête et un léger cri expire sur ses lèvres.Les Ileurs qu'elle réunissait en bouquets se sont échappées de ses doigts, tant est grand son saisissement.Elle reprend pourtant un peu d'empire sur elle-même et, tendant sa main à Philippe qui se tient incliné devant elle, elle dit, en souriant: — Déjà, vous?Nous ne vous attendions certes pas encore; mère va être agréablement surprise.— J'ai voulu jouir de son étonnement et de la joie qu'elle aura en me revoyant plus tût qu'elle ne pensait.Eloi me dit qu'elle est sortie, mais j'ai du moins le grand plaisir de vous trouver là.Permettez-vous à un voyageur fatigué, car j'arrive à pied de la gare, de se reposer un peu en votre compagnie ?Puis-je espérer, Liane, que ma présence vous sera moins importune qu'autrefois, et pouvez-vous maintenant éprouver un peu de sympathie pour celui qui fut si injuste à votre égard ?La jeune fille demeura muette, ayant peur de livrer un peu trop de son âme, de son secret si bien gardé, dans la réponse qu'elle adresserait au jeune homme.Il se méprit sur ce silence et ne crut deviner dans l'attitude de la jeune fille qu'une indifférence dédaigneuse.Il reprit, la voix altérée: — J'avais cru un instant, que vous m'aviez pardonné.Lors de la tragique scène qui a précédée mon départ, vous m'aviez tendu spontanément votre petite main en signe de réconciliation, et m'aviez assuré que le souvenir du passé ne devait plus se dresser entre nous.Ce que vous m'avez dit ce soir-là a été pour moi, non seulement un baume bienfaisant pour ma blessure, mais encore un rayon de joie et une heure d'espérance.car je vous aime maintenant Liane, si invraisemblable que cela puisse vous paraître.Je vous ai donné pour toujours ce cœur qui vous a si longtemps méconnue et ma vie entière vous appartient.Puis-je espérer qu'un jour vous consentirez à me donner, vous aussi, un peu de votre âme si pure, que vous accepterez de parcourir avec moi le chemin de l'existence et que, dans la bonne et dans la mauvaise fortune, vous serez mon soutien et ma force?Les yeux baissés, sans un mouvement, la jeune fille avait écouté dans un ravissement d'extase ces paroles enivrantes.Quel instant bienheureux que celui qu'elle venait de vivre et comme il payait largement les tortures qu'elle avait endurées! Toujours immobile, elle goûtait avidement l'ivresse de se sentir aimée par celui auquel elle avait depuis si longtemps donné sa foi.Voyant qu'elle restait toujours silencieuse, Philippe s'était levé.Elle leva alors sur lui son beau regard aimant, et si limpide était la flamme de ses yeux que le jeune homme comprit à quel point son amour était partagé.Avec une exclamation de bonheur, il s'empara de ses mains qu'il baisa avec transport.Liane parlait enfin: — Oui, j'accepte, Philippe, de devenir votre compagne, je vous aime et je suis heureuse! — Vous m'aimez, ma Liane ?Oh! répétez, je vous en prie, ces mots qui sont maintenant toute ma vie.Est-il possible qu'un bonheur si grand m'arrive aujourd'hui et ne suis-je pas le jouet d'une hallucination ?— Oui, Philippe c'est bien vrai, je vous ai aimé toujours! — Toujours, Liane, répéta-t-il aveuglé soudain par une éclatante lumière.Même le jour où, tout près d'ici, j'ai piétiné méchamment la belle gerbe de Ileurs que vous portiez dans vos petits bras ?A ce souvenir, la jeune fille rit franchement.La Petite Poste ATTENTION .Lts annonces de la Petite.Poste sont pubtiétt à ration de :— UNE INSERTION : 75c On devra adresser:— La Petite Poste, La Revue Moderne, 320, rue Notre-Dame est, Montréal.Désirent des correspondants, les jeunes filles dont les noms suivent -Mesdemoiselles : G.M.E.— (Corr.de 25 à 60 ans, ser.dist.inst.pos.assurée).C.P.107 Station E.Montréal, P.Q.CLAUDETTE BREVILLE — Gaie, dist.(Corr.inst.dist.30 à 40 ans; but: distraire pour connaître).2432, rue Parthenais, Montréal, P.Q.MONIQUE DESCHAMPS.— 30 ans.(Corr.ser.dist.célib.ou veufs de 30 à 50 ans; rep.ass.) 2589, rue Iberville, Montréal, P.Q.PAULETTE AMYOT.— 23 ans.(Corr.dist.inst.) 320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.MADAME E.F.— Canadienne, veuve dans la cinquantaine, dist.scr.(Corr.de 60 à 70 ans, dist.but sérieux).Mont-Joli sud, (Rimouski) P.Q.THERESE DESPRES.— 28 ans, grande, inst.musicienne.(Corr .inst.dist.320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.PERLE.— 3b' ans.Gaie, aimant la musique et la vie tranquille.(Corr.inst.et dist.de 37 à 60 ans; but sérieux).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.FLEUR D'OMBRE.— (Corr.de 30 à 40 ans; but: distraction et échange d'idées).5152, rue des Erables, Montréal, P.Q.YVETTE D'AMBRE.— (Corr.de 30 à 40 ans; but: distraction et échange d'idées).5152, rue des Erables, Montréal, P.Q.ROSE EFFEUILLEE.— (Corr.dist.et inst.but: distraction).458o, rue Fabre, Montréal, P.Q.ANDREE.— (Corr.inst.de bonne éduc.de 35 ans et plus).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.Désirent des correspondantes, les messieurs dont les noms suivent— Messieurs: FRANÇOIS.— (Corr'tes de 38 à 48 ans, inst.dist.très honnêtes, très bonnes).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.ALPHONSE DALAMORES.—Police provin.30 ans.(Corr'tes de 18 à 32 ans; but ser.seulement).Moon-beam, Ont.PAUL.— 45 ans.(Corr'tes cultivées de Montréal seulement; but: distraction et connaissance).C.P.5, Station H., Montréal, P.Q.— Ce jour-là non, certes, j'avoue même que je vous ai cordialement détesté.Ils riaient tous deux, ivres de bonheur, quand la baronne apparut au détour île l'allée.Elle s'immobilisa à la vue de ces deux enfants qui lui étaient pareillement chers; ils venaient de l'apercevoir et Philippe se jeta dans les bras de sa mère.Puis, dénouant son étreinte, il attira Liane rougissante et la désignant à Mme d'Hauterive il lui dit: — Me permettez-vous, mère, de vous présenter ma fiancée et puis-je espénr que vous consentirez à ce qu'elle devienne ma compagne bien-aimée ?Pour toute réponse la vieille dame réunit dans ses bras les deux têtes chéries qui restèrent un moment confiantes sur son sein maternel.Un hymne de reconnaissance jailliss.nt de son âme fervente vers le Dieu Ton'-Puissant qui avait permis que le rêve le plus cher de sa vie s'accomplit.F I N ItACK HORSE LA MARQUE DE L'HOSPITALITÉ PARFAITE LA BIERE QUE VOTRE ARRIERE-GRAND-PERE BUVAIT EÎABLIC A MONTREAL EN 1786 LUNCH SOMMAIRE Voici une collation délicieuse et facile à préparer, qui est rendue encore plus agréable lorsque servie avec de la Bière Molson.Vous avez si peu à faire, que tout peut être prêt en deux minutes — quand il vous arrive des visiteurs inattendus, quand vous revenez d'une randonnée en auto ou quand les hommes rentrent d'une partie de golf.Voici ce qu'il vous faut: un pain de seigle, des "pretzels "(que vous achetez en paquet chez l'épicier) ou des biscuits secs si vous le préférez, des cornichons et un bon fromage.Si vous ajoutez à cela une bouteille de Molson, vous avez un festin miniature que vos gens sauront apprécier.VOTRE CHOIX INDIA PALE (Cliquent blanchi) EXPORT BLUE LABEL II h., ut lu dorlc) (Vue Biirt Stock) La Cie d'Imprimerie des Marchands Engr., 320, Notre-Dame Est, Montréal
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