La Revue moderne., 1 janvier 1936, janvier
N MARGE DE LA VIE, roman complet, par Lucie CLEMENT L'ASSASSINAT DE LA RUE XAVIERE récit policier authentique de l'une des plus célèbres causes du grand savant français Bertillon, paraîtra dans le numéro de janvier 1936 de La Petite Revue qui offrira également à ses nombreux lecteurs et lectrices un roman aussi captivant, aussi sensationnel que L'Infernale Aventure, un roman complet dû à la plume de M.Pierre Benjamin : TROIS LETTRES MANQUENT L'Assassinat de la rue Xavière et Trois lettres manquent suffiraient à assurer le succès de LA PETITE REVUE de janvier.80 pages de lecture 15e "LA PETITE REVUE" DE JANVIER 1936 SERA PARTOUT EN VENTE PROCHAINEMENT U Vous lirez .• Un nouveau reportage sensationnel de notre collaborateur D.Tective qui vous racontera UNE JOURNÉE CHEZ LES FOUS Vous lirez .• Toutes les pages féminines préparées à votre intention par • Marjolaine; les articles de • Madeleine (Mme Huguenin) • Jovette Mais on y trouvera en plus: • des pages illustrées eur le cinéma • vingt pages destinées aux lectrices • une chronique sur l'art et la musique • des pages humoristiques • deux pages pour les enfante • un concours de mots-croisés • une revue sportive, une revue des livres, une revue scientifique, une chronique de bridge, etc.vous intéresseront encore davantage, dans le prochain numéro, par leurs articles inédits sur toute l'actualité .Vous lirez .• Un roman complet dû à la plume de Magali Michelet et intitulé: "COMME JADIS ." Une œuvre qui vous procurera des heures d'agréable lecture.Les collaborateurs de Vous apprendrez les résultats de notre grand concours de dessin et de littérature et trouverez des pages d'un cachet particulier.• Les réceptions de janvier (une page illustré pour • Comment on ne doit pas danser (5 illustrations), l'hôtesse).* l*6 Pages de mode, de tricot, de décoration intérieure, de recettes, de bridge, de cinéma, de sports, des en- • Les desserts décoratifs (illustré).fants, etc., etc.RETENEZ DONC A L'AVANCE "LA REVUE MODEREE" DE FEVRIER 1936 i oui .i i iji (i OS Président et Directeur Paul Oikarij Contrôleur BUREAU A: Toronto, Nuw-York, Chicago, Londres, Anjr Editée et imprimée par LA REVUE MODERNE INC.320 est, rue Notre-Dame, Montréal Téléphone HArbour 6195* RÉDIGÉE EN COLLABORATION François Roger Secrétaire de la Rédaction Marjolaine Pages féminines PRIX D'ABONNEMENT: Canada: 1 an 11 50 — E ¦ 1 ¦ - 1 an t: 00 17e Année Montréal, Canada, Janvier 1036 L'actualité à travers le monde /3 .1 France est divisée en deux camps hostiles, J ce qui est sans doute un grand malheur.^ Le "Front national" et le "Front commun" s'opposent violemment et les incidents graves se multiplient.Au front national appartiennent les "ligues", dont la plus connue est celle des "Croix de feu" et dont la plus vigoureuse est composée par les royalistes de l'Action Française.Au front commun se rattachent les socialistes, dont l'organe est le POPULAIRE, et les communistes, dont l'organe est L'HUMANITE.Il y a plus d'ordre et de discipline au front national, mais la cohue du front commun est plus nombreuse; cela lui donne une influence électorale grâce à quoi elle dispose d'indulgences et parfois de complicités au sein de l'Etat.Le Ji novembre, pour l'anniversaire de l'armistice, les ligues ont défile sur la plus belle avenue du monde — les Champs Elysêes, à Paris; mais après elles le front commun a envahi les Champs-Elysées, semant le désordre.A la Marseillaise a répliqué l'Internationale; le drapeau rouge a succède au tricolore.Il en est ainsi souvent, un peu partout en France, et la liste des victimes des bagarres ou attentats s'allonge.On s'est entre-tué dernièrement à Limoges.Entre les deux camps, croît la haine.Cela est douloureux à constater pour les amis de la France, mais il ne servirait à rien de le cacher.é&A Cité Universitaire de Paris abrite des uvaient estimer la valeur et la beauté, excitait pourtant chez tous les cultivateurs des alentours et bien au-delà, une sorte de jalousie respectueuse.C'est que ce bien immense appartenait à une femme, qui depuis des années veillait seule à son entretien, et en augmentait la richesse.Cette femme, Madame Auzias — Madame Blanche, comme on l'appelait à des milles à la ronde — était la fille unique d'un cultivateur mort il y avait des années.Sa veuve avait d'abord recueilli sa succession et continué les semences et les moissons, avec l'aide d'un personnel stylé.Puis un jour, sa fille unique, mariée à la ville avec un homme qu'on ne connaissait guère en ce rang perdu de la campagne, et dont on avait oublié le nom — parce qu'il y avait plus de vingt ans que personne ne parlait plus jamais de lui était revenue.Le mari ?sans doute était-il mort, puisque Madame Blanche s'était habillée de noir depuis ce temps là.Elle avait ramené avec elle, un tout p°tit garçon, que les deux femmes avaient élevé avec une grande tendresse.On ne l'avait guère connu ce petit, placé au collège toute l'année et qui ne passait aux champs que les deux mois de vacances.Il était beau, grand et pas fier.Tout le monde le saluait au passage, et lui, disait bonjour en souriant à tous ceux qui lui faisaient ainsi honneur.On pensait que Madame Blanche voulait faire de son fils, un monsieur, soit avocat, notaire ou médecin.On fut très fier d'apprendre un jour que le fils de Madame Blanche prenait la soutane, et dès lors le respect gTandit encore autour de cette belle femme, vigoureuse et sereine, qui soignait sa vieille mère, conduisait sa terre, mieux que n'importe quel homme, et pardessus le marché donnerait un prêtre à notre sainte religion.Et après le presbytère du village, la maison de Madame Blanche parut à tous, le coin bénie de cette contrée lointaine, où se perpétuaient, dans la sérénité du travail austère, les traditions les plus simples comme les plus augustes.Ce soir d'automne finissant, Madame Blanche a verrouillé sa porte avec soin, car depuis quelques mois, elle éprouve dans sa solitude de vagues appréhensions.C'est que la présence de sa mère ne lui sert plus ni de réconfort, ni de stimulant; la chère vieille repose au cimetière aux côtés de l'époux, et Madame Blanche est désormais la seule gardienne de ce bien immense que des étrangers cultiveront un jour, puisque son unique enfant a renoncé aux biens de ce monde pour servir le grand Maître.Elle savait encore qu'il était question pour son fils, de devenir curé de son village et depuis lors, Madame Blanche rêvait d'aller finir ses jours auprès de lui.Pour cela il faudrait vendre la terre, ou l'affermer.Mais à qui ?Le souffle vigoureux de la jeune fille qui la servait avec tant de zèle et de probité semblait lui répondre.En effet, celle-là, formée par elle, connaissait le travail et l'accomplirait ferme.Mais il faudrait la marier et à qui ?Madame Blanche y songerait et sérieu sèment.Elle éprouva dans la solitude du soir qui tombait lentement sur la campagne blondie par l'automne, comme une sorte de joie à se distraire à de telles préoccupations, et sa main s'attardait à flatter doucement la tête du » Montréal, Can., Janvier 1936 chien policier qui s'était posée sur ses genoux, dans le besoin de cette caresse, dont il avait l'habitude.Mais soudain, le chien s'échappa et bondit, en même temps que le grincement de la barrière avertissait que quelqu'un s'avançait.Par la fenêtre, elle aperçut un individu déguenillé, chapeau bosselé et rabattu, qui se dirigeait vers la maison.Tout de suite, elle fut dehors, accompagnée de Loup, et se dirigea bravement vers le maraudeur.Il releva alors la tête, et malgré la noirceur presque venue, elle le reconnut sans hésiter .Après 25 ans, était-il possible qu'il revint ?.— Je te croyais mort dit-elle simplement, sans que sa voix fle-chit.Ils s'étaient arrêtés et tout près d'eux, immobile dan6 l'allée, le chien les surveillait.L'homme néanmoins gouailla: — C'est vrai que j'ai été un peu longtemps parti, mais on revient toujours à la femme que l'on aime.Et il la cingla de son rire sarcastique: — Tu ne m'invites pas à rentrer ?— Non! — Et si je veux, qui m'en empêchera ?— Lui, fit-elle, en happant le collier de Loup.Il changea alors de ton etd'attitude: — Veux-tu me donner un verre; vois comme je suis gelé Ensuite un peu d'argent, car tu dois en avoir gros, depuis le temps que tu trimes sur cette belle terre.— L'argent tu sais que ça ne se trouve pas dans les pas d'un cheval — et par le temps qui court, c'est plus que dur.Pour ce soir, n'y compte pas, je ne garde jamais rien à la maison.— T'as peur des voleurs ?— Ça se trouve — coupa-t-elle sèchement.— Mais ces jours-ci, j'essaierai de t'en envoyer.Mais ce soir, si tu veux boire, il va te falloir aller à la grange, là-bas.Et elle lui montrait dans un coin obscur le bâtiment blanc dressé un peu plus loin.— Drôle d'idée — grommela-t-il — mais puisqu'y faut y aller, allons-y! — Le whiskey est serré là à cause des hommes, afin que le fermier puisse les ravigoter, les jours de gros ouvrage.— Y'a pas à dire.T'es une maîtresse femme, tu penses toujours à tout.— Je suis faite comme cela, fit-elle simplement, vaguement flattée de l'hommage.— Quelle vieille bête j'ai été de ficher le camp avec cette Mélanie.Tu savais que c'était avec Mélanie ?Elle haussa les épaules, méprisante.Que lui importait vraiment ?— Maintenant, je ne m'en irai plus.Je vais rester avec toi, et jouir de tout ce beau bien qui est autant à moi, comme à toi.Elle frémit sous la lourde cape de laine qui l'enveloppait.Elle savait que ce qu'il disait il le ferait.Alors son plan fut vite conçu .Il fallait que cet homme disparaisse.Il le fallait pour l'honneur de son fils et sa sécurité à elle.Tout à l'entour la nuit descendait sur le silence absolu des champs et la solitude de la route.Elle poussa la porte de la grange et lui fit signe d'entrer.Il fit le geste de reculer, soudain obsédé d'un pressentiment.— Entre, fit-elle, l'armoire est dans le coin.Et elle lui tendit la clef qui ouvrait l'armoire.Entre, je vais t'éclairer d'ici.Elle fit scintiller la lampe électrique qu'elle portait avec elle.— Entre, fit-elle une dernière fois, d'un ton ferme, et le chien gronda.— Alors l'homme entra — et le chien le suivit — alla vers l'armoire.Quand il fut assez loin, la femme referma brusquement la porte, rabattit vivement la bâche, et cria à son chien, "Loup! mange-le, mange-le!" Elle entendit un cri sourd, une chute, des broiements d'os, des gémissements vite étouffés, puis plus rien.Elle attendit de longs instants, puis renversa le fermoir de bois, et entrouvrit tout juste la porte, pour éclairer le sinistre spectacle.L'homme était étendu tout son long, et sur lui, accroupi, Loup veillait.— Reste là, dit-elle au chien.Et sans refermer la porte, elle remonta vers sa maison, alerte et délivrée.—"Morte larbête! exhala-t-elle en se glissant entre Ce bien immense appar- ses draps.Puis tandis que tenaU a une femme> qul le souffle bruyant de la depuls des année8 veUlalt fille de ferme remplissait .j ,, .a son entretien .la maison, elle se mit a prier tout haut "donnant son coeur à Dieu".Puis elle s'endormit, harassée, n'en pouvant plus.Lorsque les hommes revinrent à leur travail, le lendemain, ils trouvèrent Loup qui dormait sur le cadavre d'un vagabond.Le fermier convint avoir oublié de fermer la grange au cadenas, ce qui avait permis au malfaiteur de s'y introduire.Le rôle de Loup n'étonna personne, tous savaient qu'il remplirait à l'occasion, son office de gardien.Ce maraudeur devait ne pas connaître le pays, pour ignorer que Loup était réputé à des lieues à la ronde.Quant à Madame Blanche et à la servante, elles dormaient et n'avaient rien entendu.L'enquête fut rapidement conduite, et ne donna lieu à aucune complication ni ne jeta de doute sur qui que ce soit.Les autorités disposèrent du corps du misérable que personne au village, ni dans les rangs, ne put identifier.Et l'on oublia cette histoire qui rendit de plus en plus redoutable, la réputation du terrible gardien du domaine Auzias, le chien policier alsacien: Loup.Madame Blanche vient de recevoir une lettre, sous un large pli, marqué aux armes de l'Evêché.Elle tremble de l'ouvrir, tant elle est restée nerveuse du sinistre incident qui a traversé sa vie, incident auquel sa conscience IAREVIJEMODERNE Ce que personne ri a jamais su.n'a pas encore attaché toute la responsabilité encourue.Ni la crainte ni le remords ne l'obsède.On l'attaquait dans ce qu'elle avait de plus cher: l'honneur de son fils-prêtre à qui il aurait fallu présenter ce père, devenu un bandit et un vagabond.Non, rien ne montait en elle qui la condamnait.Elle avait bien fait de livrer cet être immonde à son chien.Elle ne ressentait ni horreur ni regret de ce qui ne lui apparaissait pas comme un crime, mais comme une délivrance! Elle ouvrit lentement la grande enveloppe et lut: Madame, jf.A la suggestion du vé-*~ nérable curé de Saint-Ixe, votre paroisse, dont la retraite prendra effet dans un mois, nous avions déjà choisi pour le remplacer l'Abbé Auzias, votre fils, dont la vie ecclésiastique est un exemple fort consolant pour son pasteur et pour tout le clergé de ce diocèse.Aussi fondions nous, Madame, les plus belles espérances sur l'apostolat de votre fils et sur son élévation rapide dans la carrière ecclésiastique qu'il poursuit avec zèle, savoir et piété.Cette décision prise, nous avons pressenti votre fils, afin de savoir si le choix que nous avions fait pour lui, répondait à ses désirs spirituels, et si nous devions confirmer cette nomination.C'est alors.Madame, que l'abbé Auzias, nous confessa son désir absolu d'entrer dans une communauté de missionnaires et d'aller aux confins des pays barbares, conquérir des âmes au Ciel.Sa résolution date de plusieurs mois, il a voulu la mûrir profondément avant de nous la soumettre, et me prie de vous en transmettre l'expression en vous suppliant de n'y apporter aucune entrave qui lui en rendrait l'accomplissement plus douloureux".Madame Blanche ne lut pas les dernières formules de cette lettre paternelle du Chef spirituel de son unique enfant.Elle éclata en sanglots, et épuisa sa douleur en plaintes dont elle sentait l'inanité et l'impuissance.Le lendemain, elle frappait à la porte de l'Evêché et demandait à parier à Sa Grandeur.Et lorsqu'elle se trouva devant le doux prélat, elle lui exprima sa gratitude, très simplement: — Monseigneur l'Evêque, je vous remercie d'avoir bien voulu recevoir une humble femme comme moi.— Madame, les mères de nos prêtres sont ici, chez-elles, et je serai heureux de causer avec vous de notre futur missionnaire.— Avant, Monseigneur, je vous prierais de m'entendre en confession.Et le lourd secret de sa vie brisée, de ses espoirs de femme, étouffes, puis la dernière phase, sanglante cette fois, de sa triste vie, furent dévoilés, sans détours, sans regrets.Elle ne s'accusait pas; elle racontait comment elle avait fait justice de l'être ignoble qui l'avait tourmentée.Avec sa connaissance profonde des âmes, Monseigneur pressentit jusqu'à quel point elle se jugeait innocente, et combien lui échappait le sens de sa terrible responsabilité.Il lui parla longtemps, et agita en elle toute l'émotion et la sensibilité de la vraie chrétienne.Il lui fit reconnaître sa culpabilité effroyable et lui démontra toute la rigueur de pénitence qui s'imposait: "Si vous échappez à la justice des hommes, vous ne pouvez échapper à celle de Dieu.Déjà l'expiation vient à vous; cette séparation de votre fils qui, pour être plus près de son nouveau champ d'action, a choisi un noviciat lointain, où vous ne pourrez plus l'atteindre, même, vous sa mère.Elle eut un bref sanglot: — Qu'importe, moi, pourvu qu'il soit heureux.Mais pourquoi a-t-il soudain ainsi choisi ?— Cette vocation montait en lui, depuis qu'il était petit garçon; m'a-t-il raconté.Puis, elle est devenue irrésistible.Il nous faut la soutenir de toutes nos forces; elle le met à l'abri de toute tentation.N'oubliez pas que votre fils porte en lui la lourde hérédité paternelle.IAREVUEMODERNE — Oh! alors, Monseigneur, qu'il parte.qu'il parte.qu'il convertisse, souffre, s'il le faut.— Tandis que, vous, ici, ma fille, vous expierez, vous vendrez bos biens, et vivrez simplement dans la solitude, même la servitude.Je connais un ordre religieux, où vous pourriez racheter votre crime — car c'est yn crime que d'ôter la vie à son semblable, fut-il le dernier des misérables — en vivant dans la claustration, la prière, la pénitence et le travail.Là, vous ne saurez plus rien de la terre, ni des hommes.Vous y serez oubliée, perdue à jamais.— Enterrée vivante murmura Madame Blanche, affallée sur ses talons, incapable de se tenir à genoux, crucifiée dans sa chair et dans son cœur.Il arriva tel que décidé.On sut le fils parti pour les missions lointaines.On assista à la dispersion des biens de la famille Auzias.La terre fut divisée et vendue par bribes.Puis un jour, sans dire adieu à quiconque, Madame Blanche partit et ne revint plus jamais.On ne s'en inquiéta guère, la croyant aller rejoindre son fils dans les pays barbares.Et personne n'a jamais su.Madeleine Emotion ratée Le propriétaire d'un cinéma de Miami voulant lancer son nouveau film.Le Vampire de Londres, l'annonça par voie d'affiches en ces termes: "Nous cherchons une femme courageuse."Un prix intéressant sera donné à la dame qui consentira à assister toute seule, au milieu de la salle plongée dans l'obscurité la plus complète, à la projection du nouveau chef-d'œuvre de terreur.Le Vampire de Londres.Les concurrentes ne devront pas changer de place, ni pousser le moindre petit cri, et rempliront, à la fin de la représentation, un questionnaire détaillé sur les émotions éprouvées".La première concurrente qui se présenta assista, toute seule dans le noir, à la projection du film, et le moment venu de raconter ses émotions, elle se borna à écrire sur la feuille qu'on lui présentait: "J'ai vainement attendu qu'on vienne me pincer".Livres reçus.DONATIEN FREMONT: Monseigneur Provenct* et son temps, i Editions de ta Liberté, Winnlpeg Le siège épiscopal de Sunt-Bonlfacc a été occupé p.i une suite de grands, de très grands évêques.Leur hia toire, surtout dans les débuts, c'est l'histoire même du Manitoba.Mgr Joseph-Norbert Provencher, sixième des douze enfants d'une famille de Nicolet, fut le pre micr de ces évêques.Sa biographie de missionnaire, d'éducateur, de constructeur, d'adminisl nitcur même puisqu'il fut membre du Conseil de l'Assiniboia, vient d'être écrite par M.Donatien Frémont.Donatien Frémont est rédacteur en chef du journ.i canadien-français du Manitoba: la Liberté de Winnipeg Il est A la fuis — comme beaucoup de ces Français et Canadiens de l'Ouest qui nous font gr.ind honneur -humilie d'étude et homme d'action.En écrivant di livres solides connue celui-là — dont la lecture peui constituer un trait d'union entre nos frères de l'Ouest et nous — il n'a pis droit seulement à notre admiration, mais à notre gratitude.( L'ECOLE DE LA MEDISANCE, par Sheridan.Version française de Jacques Arnavon.— Illustre homme d'Etat britannique qui, de 1780 à 180°, joua un rôle de premier plan dans la politique de son pays, Sheridan a conquis dans les lettres anglaises une renommée encore plus grande.En 1 777 eut lieu la première représentation de sa comédie la plus célèbre: "The School for Scandai", titre que l'on traduit en français par: l'Ecole de la Médisance.Les réminiscences de Molière y sont manifestes, et l'on se prend à rêver de Tartuffe ou du Misanthrope, Le chef d'oeuvre de Sheridan se joue au XXe siècle avec autant de succès qu'au XYIIIe.Il faut connaître ce classique.Il faut féliciter la maison Pion de cette excellente publication.* LA VICTOIRE DE CLOTII.DE, par M.Perroy Publié chez Blond et Gay à Paris.C'est l'histoire admirable de Sainte-Clotilde qui gagne Clovis, et par lui les Francs, au christianisme.Des films pour les nègres La fondation Carnegie, de New-York, vient de mettre une somme de 11,000 dollars à la disposition de la Mission Internationale pour l'Afrique.Ce fonds va permettre de réaliser des films de court métrage s'adaptant aussi bien que possible à la mentalité des spectateurs africains.La "mission" s'attachera tout d'abord à rechercher la meilleure utilisation des films pour l'éducation et le relèvement culturel des peuplades primitives africaines.Elle compte réaliser d'ici trois mois un certain nombre de films de court métrage dont l'ensemble pourra former un spectacle d'une dedurée deux heures.La propagande s'exercera sous la forme d'une tournée, de manière à contrôler les réactions produites par ces premiers films sur les différentes peuplades.Les observations recueillies à chaque séance guideront le choix des sujets pour les programmes futurs.Et puis, Madame, voici pour vous.Lors de l'achat de votre nouveau Manteau de Fourrure • Achetez-le en toute confiance au magasin de fourrure le plus réputé du Canada, où vous serez assurée du syle, de la qualité et de la valeur.• L'achat d'un manteau de fourrure doit être un placement et non une spéculation.• Il n'y a pas de placement plus économique que celui de l'achat d'un bon manteau et de plus onéreux que l'acquisition d'un médiocre.• Nous vous invitons cordialement à venir inspecter notre qualité et à en comparer la valeur.889, rue Ste-Catherine Ouest Montréal, Can, Janvier 1936 • , UNE DIETETISTE D'HOPITAL REVELE SON SECRET ( .sa méthode sûre pour la préparation de biscuits légers et floconneux 'Ne vous exposez pas au désappointement avec une poudre à pâte inférieure, ha 4 MAGIC vous assure toujours de bons résultats—*' dit Miss M.McFarlane, de St.Michael's Hospital, Toronto.• Mesurez le shortening et ajoutez aux grédiehOi secs, utilisant une fourchette acier pour effectuer ce mélange légère-.nt, mais complètement.5« Mesurez le lait et ajoutez-le lentement aux ingrédients secs tamisés, pour faire une pâte molle.Mélangez légèrement avec une fourchette.6« Renversez la pâte sur une planche enfarinée et tournez-la légèrement jusqu'à ce que l'extérieur soit lisse.Jm Abaissez la pâte légèrement avec les mains jusqu'à environ }-i pouce d'épaisseur, ou roulez-la très légèrement avec un rouleau enfariné.8b Découpez avec coupe-biscuits enfariné.Mettez les biscuits dans une lèchefrite graissée—éloignés, si vous les voulez bien encroûtés; rapprochés, si vous les voulez plus épais et plus mous.K Cuisez à four chaud (475° F.) de 12 à 15 minutes, jusqu'à ce que les biscuits soient brunis dessous lessus.(Voyez le Livre de Cuisine "Magic", pages t 2, pour autres recettes de biscuits).10.Et voici les biscuits- légers, tendres et flocon neux.Pour meilleurs résultais, employez toujour la "MAGIC" quand vous cuisez i la maison; fait mieux lever la pâte! • IL FAUT POUR MOINS DE U DE "MAGIC" pour faire pareils biscuits La "Magic" n'est pas seulement la meilleure poudre i pâte, c'est aussi celle qui assure les résultats les plus économiques.Cette poudre fameuse fait toujours lever pleinement la pâte, évite les non-réussites, la perte de temps et le gaspillage des ingrédients.Et pourtant, elle vous coûte moins de I( par cuisson! Procurez-vous aujourd'hui une boite de "Magic".I \BRICATlON CANADIENNE COUPON POUR LE LIVRE DE CUISINE "MAGIC" GRATIS» Cillctt Products, Fraser Ave, Toronto 2 Veuillez m'envoyer gr.itts une copie du Livre de Cuisine "Magi II.Nom Adresse.LM-l NE CONTIENT PAS D'ALUN— Cette déclaration sur chaque boite est votre garantie que tu Poudre a Pate "Maûlc"necan-tient ni alun ni aucun Ingrédient nuisible • Montréal, Cu, Janvier 1938 IAREVUEMODERNE ON attendait le soleil depuis bientôt quinze jours.Il s'est montré, timidement, puis s'est décidé à luire d'une manière plus franche.Et, ce matin, le voici qui illumine l'immense décor planté en plein air.— Nous commencions à être inquiets, me confie Georges Milton.Comment tourner sans soleil toutes ces scènes importantes" ?.Le décor représente le marché des Innocents.Femmes du peuple et bourgeoises se pressent autour des éven-taires où les marchandes plantureuses raccrochent la clientèle.Au centre de la place, une tour, ajourée, et terminée d'un toit pointu comme un chapeau.— C'est le pilori, m'explique Georges Milton.Les faillis, déjà nombreux à cette époque, doivent y être exposés deux heures durant, la tête dans le carcan.Leur nombre est tellement grand qu'on les coiffe du bonnet vert traditionnel seulement pendant quelques minutes.Voilà qui ressemble bien à nos tribunaux actuels, n'est-ce pas?.Et de sourire avec bonhomie.— En quelle année sommes-nous?— Regardez le papier placardé au bas du pilori.Il vous renseignera.Je lis l'inscription suivante: "Par ordre de Son Eminence le Cardinal Mazarin, le jeu de la Fronde est interdit sous peine d'emprisonnement.Ce 12 août 1648." — C'est d'ailleurs lui qui est la cause de la scène qui va se dérouler.Jérôme Perreau, le joyeux frondeur des Halles, vient de lapider l'édit de Mazarin.Les sergents du guet l'arrêtent.La nouvelle en parvient jusqu'au marché, et la foule se précipite pour me délivrer".Coiffé d'une casquette blanche, Abel Gran-ce règle les derniers préparatifs de la scène.Avec son magnétisme habituel, il sait transformer chaque figurant en un acteur conscient de sa valeur, de son rôle, de ses responsabilités.Avec Ui^RGES MILTON pendant qu'il tournait dans "Jérôme Perreau".• Parmi les films nouveaux, qui font parler d'eux à Paris, il faut citer Divine, dont le scénario a été écrit par Colette.Ce sont les débuts de ce grand écrivain au cinéma.L'intrigue est simple: Une gentille jeune fille d« la campagne arrive à Paris pour y faire de la danse et du théâtre.Elle est entraînée par les] mirages d'une vie brillante et par des séducteurs peu scrupuleux.Annabella et Jean Gabin dans une scène du film "Variété*" qui passera sur les écrans prochainement.Studios Pathe-Natan • Films E.F.— Un décor représentant des salons du Palais Impérial sert de cadre grandiose à des scène dramatiques pour "Meyerling" que dirige Anatol Livak.Le professeur d'anglais de Maurice Chevalier • Un Canadien d'Edmonton, William'King, a enseigin l'anglais à Maurice Chevalier, pendant la guerre, dan» un camp de prisonniers en Allemagne.William Kin^ s'était engagé à 17 ans; il partit se battre sur le front, et fut fait prisonnier au saillant d'Yprcs.Il fut interne dans un camp ceint de fils de fer barbelés et electrisés Il eut pour compagnon un soldat -français, Maurio Chevalier, qui n'avait pas acquis sa célébrité d'au jourd'hui.Ils devinrent amis.Et Chevalier, pour tuer le temps, échangea des leçons avec King.Ce dernici reconnaît d'ailleurs qu'il était moins doué que Chevalier Tandis qu'il n'arrivait pas à apprendre le français, Chevalier sut assez vite les éléments de la langue anglaise; King lui apprit des chansons anglaises, que Maurice Chevalier chantait avec son accent typique, au grand plaisir des autres prisonniers.William King termine ces souvenirs en disant: "Maurice Chevalier a distrait et amusé bien des gens, depuis ce temps déjà lointain.Mais il n'a jamais pu faire autant de bien qu'il en a fait sur le moral de ses compagnons du camp, lorsqu'il chan tait, «t improvisait des séances d'opérette" Studios Paramount (St-Maurice) • Abel Gance commence cette semaine LUCRECE BORGIA.Les engagements pour LUCRECE BORGIA sont faits.Abel Gance a comme interprètes: Edwige Feuillère qui sera Lucrèce, Gabrio (César Borgia).Roger Karl (Alexandre Borgia), Escande (le duc de Candie), Aimé Clariond (Machiavel), Philippe Jériat, Josette Day, Daniel Men-daille, Dumesnil, Drinès, Mona Doll, Aymon, Bergeron, Chabrier, Casadesus et Prieur.Henri Garât et Renée St-Cyr dans une scène du film "Valse Royale" que nous verront bientôt.Quelques titres de films que La Cie France-Film présentera au cours de l'année 1936 "Variétés" et "Anne-Marie" avec Annabella."Michel Strogoff" avec Armand Bernard."Jim la Houlette" et "Le chéri de sa concierge" avec Fer-nandel."Les beaux jours" avec Simone Simon."La marraine de Charley" avec Lucien Baroux."L'équipage" et "La kermesse héroïque" avec Jean Murât."Les bateliers de la Volga" avec Pierre Blanchar."Colem" et Les hommes nouveaux" avec Harry Baur."Baccara" et "La madone des sleepings" avec Marcelle Chantai."Lucrèce Borgia" avec Edwige Feuillères."Maternité" avec Françoise Rosay."Valse Royale" avec Henri Garât."L'argent" d'après l'œuvre d'Emile Zola "Les petites alliées" de Claude Fan-ère, avec Madeleine Renaud."La tragédie de Meyerling" avec Charles Boyer."Jérôme Perreau" avec Georges Milton."Les deux gosses" l'œuvre célèbre de Pierre Decourcelles "Gaspard de Bcsse" avec Raimu."Touche a tout" avec Fernand Gravey."Odette" avec Samson Fainsilber.Le premier grand film en couleurs naturelles "JEUNES FILLES A MARIER" • Duvivier a engagé, pour "LE GOLEM" qu'il tournera d'ici quelques semaines à Prague: Harry Baur, Jany H oit, et Germaine Aussey.(Suite à la page 13) lAipiEMpIERNE Photo Franc«-Fllm Tommy Bourdelle et Annie Ducaux seront les vedettes du film "Un homme de trop à bord".Montréal, Can, Janvier 1936 • CINEMA AMERICAIN • Georges Murphy vient de vivre une curieuse aventure.Il avait fait avec sa femme une longue excursion de fin ,|e semaine en auto.Au retour, ils eurent des pannes en pleine campagne, à quelque distance de Santa Barbara.Ils curent toutes les difficultés du monde.Murphy, entrant à Hollywood, n'eut même pas le temps de nonter chez lui, car on l'attendait au studio pour tourner un film.Il s'y rendit en taxi.Il arriva sale, affamé, la barbe non rasée, l'air véritablement épuisé.Le directeur s'empressa de le complimenter sur son maquillage, i ,ir Murphy devait jouer le rôle de vagabond recru de l.itigue.Pour comble de chance, dans la scène qu'il devait loiirncr, sa partenaire Nancy Carroll lui faisait cuire des oeufs et du jambon et chauffer du café.C'était exactement ce dont Murphy avait besoin pour se réconforter après sa malheureuse randonnée.Il se jeta dessus omme un affamé, entrant dans son rôle d'une manière qui fit l'admiration du directeur.• On sait qu'un accident se produisit pendant une prise le scène du film "A l'Est de Java", aux studios Universal.Le lion Tarzan, qui semblait avoir pris l'acteur Charles Hickford en amitié, se tourna soudain contre lui et lui infligea de graves blessures.Biclcford dut faire un séjour à l'hôpital.Or, Bickford devait, peu iprès, tourner pour les studios "Vingtième Siècle" le film "Le Petit Rebelle" aux côtés de Shirley Temple et de John Boles C'est pour i ompenser le dommage indirectement causé à leurs confrères du "Vingtième Siècle" que les -tudios "Universal" leur prêtèrent Jack Holt pour jouer le rôle primitivement réservé à Rickford.L'obligation n'était pas stricte, et l'on estime qu'il y eu là un geste de bonne confraternité.• La Revue Moderne est heureuse de présenter à ses lecteurs une des premières photographies de Joan Perry, nouvelle étoile qui brillera bientôt d'un vif éclat au firmament d'Hollywood.Très jolie fille, Joan Perry fut longtemps modèle d'un fameux photographe de New York.Elle a signé dernièrement un contrat à long terme avec la Cie Columbia, qui se félicite de son acquisition.Joan Perry joue avec Roger Pryor dans le film "The Case of the Missing Man".Elle s'y montre fort habile.• Edward Arnold a pris des vacances à Honolulu.A son retour, il trouve deux grands rôle» qui l'attendaient aux studios Universal.Dans le film "Sutter's Gold", il retracera l'histoire romanesque du premier millionnaire de Californie.Dans le film "Lucky Baldwin", il incarnera l'homme le plus chanceux de l'univers.Voilà au moins des rôles propres à entretenir chez un acteur de douces illusions.• On voit souvent ensemble, à Hollywood, Joan Blon-dell et Richard Powell.II y a, sinon encore promesse, tout au moins-rumeur de mariage.• Clark Gable est un travailleur, qui doit avant tout à sa ténacité la place enviable dont il jouit parmi les vedettes masculines du cinéma américain.Cela ne l'empêche pas d'avoir ses ennuis.Pour la seconde fois, il voit son foyer s'écrouler.Sa seconde femme, Rhea Gable mrait demandé le divorce.Et comme l'on sait que Clark Gable n'aime pas la solitude, on cherche déjà, à Hollywood, qui pourrait bien être la troisième Mme Gable.On chuchote des noms, entre autres celui de Loretta Young, qui se remet actuellement d'un choc nerveux et fut la partenaire de Clark Gable dans "Call of the Wild"; et la toute jeune Mary Taylor.rhoto Paramount Vnn Harding interprète admirablement bien le rôle de Mary, Duchesse de Towers, dans l'immortel roman d'amour de George du Maurier "Peter Ibbatson"."The New Gulliver", un film russe d'une valeur exceptionnelle que Messieurs Oscar Serlin et Jos.Burstyn présenteront prochainement.Cinéma Français "On tourne" La Marraine de Charley • Les films E.F.réalisent en ce moment, au Studio François 1èr, un film de Pierre Colombier, "La Marraine de Charley", tirée d'une comédie anglaise qui connut un succès mondial.C'est René Pujo! qui en a composé les dialogues avec l'esprit que nous lui connaissons.Au cours d'une réception amicale de nombreux membres de la presse cinématographique se retrouvèrent au studio François 1er pour voir tourner une scène du film dans un décor estival, œuvre de Jacques Colombier, Lucien Raroux, avec la verve et l'entrain dont il est coutumier chanta la "mexicaine" et termina par un petit pas de danse accompagné d'Olly Flint, Monique Rolland, Georges Rigaud, Mayloy et Carette.Lucien Baroux, habillé de vêtements féminins, coiffé d'une abondante perruque, ganté de mitaines, sera certainement une des figures les plus amusantes de cette œuvre où la gaieté domine.• Fernand Rivers a réalisé Le Chemineau d'après la pièce célèbre de Jean Richepin Georges Colin, Jeanne Marken et Lucy Léger sont les principaux interprètes, France-Film nous permettra d'applaudir le Chemineau en janvier.Joan Perry, nouvelle étoile des studios Columbia, qui débutera à l'écran dans le film "The Case of the Missing Man", avec Roger Pryor.• Le ténor Michael Bartlett, qu'on a déjà entendu avec la cantatrice Grâce Moore dans "Love me Forever" jouera de nouveau avec elle dans "Cissey", dont la musique est de Fritz Kreisler.Ce sera le premier film tourné par Grâce Moore depuis une tournée triomphale en Europe, au cours de laquelle elle a chanté à Covent Garden, devant l'élite de Londres, pour le jubilé d'argent du roi Georges.Bartlett, qui a fait ses études de chant en Italie, a chanté à la Scala de Milan, ainsi que dans les grands opéras de France et deBelgique.• On s'est longtemps demandé quel jeune premier serait le partenaire de la vedette Mar-garet Sullavan.Toute une pléiade de jeunes acteurs d'Hollywood aspiraient à cet honneur, et Edward Griffith était embarrassé pour choisir.C'est en voyant des photographies uiiouni prises au cours des répétitions du film "Rose-Marie" qu'il décida de faire venir et d'engager James Stewart.Stewart, qui a fait de bonnes études à l'université Princeton, est doué d'une taille imposante.Il a de la personnalité et du charme.Pendant les cinq dernières années, il a fait du théâtre à Broadway.Fifi d'Orsay a quitté la troupe d'Earl Carroll en tournée.Carroll déclare que Fifi d'Orsay donnait toute satisfaction comme actrice, mais qu'elle exigeait des cachets trop élevés pour les recettes de la tournée.• On affirme qu'à Hollywood c'est un symptôme de grande célébrité que d'entendre son nom cité sans le prénom.Ainsi l'on dit Garbo, Dietrich, Gable.Il parait que l'on commence à dire KarlofT tout court.• Gloria Shea, étoile de la radio, a signé un contrat avec Columbia.Elle serait, parmi les jeunes actrices engagées récemment, l'une des plus jolies.• Leslie Howard jouera "Roméo et Juliette" pour le cinéma parlant.Immédiatement après, Leslie Howard mettra "Hamlet" à l'étude, pour débuter avec cette pièce à New York vers le 15 février.L'engagement est cependant limité à trois mois.* Un film américain "La Malle de Singapoure", remporte un vif succès dans les salles parisiennes.Le trio des vedettes, Wallace Beery, Clark Gable.Jean Harlow, est salué comme excellenl * Montréal, tan.Janvier 1936 QU'EN PENSEZ-VOUS?.La vogue du tricot chez les étudiantes La vogue du tricot a gagné l'Université, à Hamilton, Ontario.Les étudiantes consacrent tous leurs loisirs à tricoter robes, corsages, cachez-nez et chandails.Une émulation extraordinaire s'est emparée d'elles, et c'est à qui travaillera le mieux et le plus vite.On ne voit plus dans les chambres d'étudiantes que des jeunes filles penchées sur leurs aiguilles.Cette frénésie a gagné les étudiants eux-mêmes.Non pas qu'ils se soient mis à faire du tricot (encore n'est-il pas impossible que plusieurs d'entre eux en viennent là).Mais ils mettent toute leur fierté à porter des chandails et parfois des gants tricotés par une étudiante de leurs amies.Ne pas avoir de chandail tricoté à la main est la preuve humiliante qu'on n'a pas su se faire une bonne amie parmi les étudiantes.Inutile d'ajouter qu'il y a dans le choix de6 couleurs et des styles la plus grande fantaisie.Sentiment du devoir professionnel chez un médecin Chinois Un médecin chinois,, le docteur Miao Wu-zurg.de Shangal, Chine, a bénéficié de l'indulgence du tribunal devant lequel il était accusé de tentative de meurtre.Et voici pourquoi.Le médecin ayant appris que sa femme le trompait avec un de ses amis, se rendit chez celui ci, revolver au poing, et tira.L'ami indélicat fut blessé à l'épaule.Un autre que Miao Wu-zurg eut sans doute déchargé les autres balles de son revolver.Mais quand le médecin vit couler le sang, le sentiment du devoir professionnel l'emporta chez lui sur le courroux du mari outragé.Il pansa le blessé; il continua ensuite de le soigner, et s'en acquitta si bien que le blessé guérit aussi rapidement et aussi complètement qu'il était possible.C'est en pesant tous les aspects de cette cause peu banale que la Cour, après avoir reconnu Miao Wu-zurg coupable de tentative de meurtre, ne lui infligea toutefois que deux ans et demi de prison Curieuse opinion sur la vie conjugale Le juge Edward O'Brien, de Salem, Massachussets, se fait, noussemble-t-il, une curieuse idée de la vie conjugale.Une plaideuse, Mme Olga Brozner, avait demandé le divorce parce que son mari, Joseph Brozner, la giflait assez souvent.Le juge refusa le di/orce en faisant cette remarque: "Tout le monde peut s'attendre à recevoir une gifle de temps à autre".Nous serions curieux de savoir: 1 Ce qu'en pensent nos lectrices?2 Si le juge O'Brien est marié?3 Ce que le juge O'Brien dirait si sa femme, ou son chef, ou quelqu'un d'autre, lui distribuait des gifles de temps à autre ?Un chien fidèle et ponctuel entre tous Depuis onze ans, le chien Rikie, de race irlandaise, accompagne tous les jours sa maîtresse, Mlle Aitken, de Winnipeg, Manitoba.quand elle va travailler au bureau de poste.Pendant les heures de bureau, il s'installe dans un coin dans le sous-sol.Tous les employés sont habitués à lui.A cinq heures, il monte au rez-de-chaussée chercher sa maîtresse, et retourne avec elle à la maison.Rikie se fait vieux et passe des heures à somnoler, mais il se réveille automatiquement quand le moment de rentrer est venu.Un jour un colis est arrivé au bureau de poste, A l'adresse de "Rikie".L'expéditeur ne se faisait pas connaître.On ouvrit le colis: il contenait d'excellents biscuits de chien.Ils ont été envoyés, croit-on, par quelque habitué du bureau de poste, ami des bêtes, et qui fut sensible au double exemple de fidélité et de ponctualité que donne, depuis onze ans, le brave Rikie.Les châtiments corporels à l'école Acquittement d'un instituteur en Nouvelle-Ecosse Une affaire qui a soulevé un intérêt intense dans la région de Kentville, Nouvelle-Ecosse, et parmi les milieux enseignants de toute la province, vient d'avoir son épilogue devant le magistrat stipendiaire J.G.Yould.L'instituteur Cari Purdy, poursuivi par le père d'un de ses élèves est acquitté.L'affaire a soulevé la grosse question des châtiments corporels.Un élève rétif James Moody était un élève rétif.Son habitude était d'opposer aux ordres du maître une résistance passive.L'instituteur avait donné dernièrement une leçon à apprendre chez soi.Plusieurs élèves interrogés répondirent convenablement.James Moody au contraire resta muet à son banc, les bras croisés, et secouant la tête.L'instituteur répéta sa question et le mit en demeure de répondre.James s'obstina dans son mutisme souriant, Des antilopes ravagent les pâturages Albertains Les éleveurs de la région de Wild Horse, Al-berta, se plaignent que les antilopes, de plus en plus nombreuses et audacieuses, viennent brouter dans les pâturages au détriment des troupeaux.Les antilopes ont été protégées par des lois spéciales à une époque où l'on craignait leur extinction.Ces lois ont été si efficaces que des troupes d'antilopes dépassent aujourd'hui les limites des parcs nationaux, et causent aux fermiers le ton que nous venons de dire.Elles ont dévasté la réserve de foin d'un fermier.Près de Wild Horse (dans la partie sud est de l'Alberta) rôde actuellement une troupe d'un millier d'antilopes On en a vu aussi un grand nombre à petite distance de Coalhurst, ville minière située à huit milles à l'ouest dr Lethbridge.Deux chats témoignent en cour Un nommé Williani Atkinson de Cincinnati.Ohio, a comparu en Cour, sous l'accusation d'avoir maltraité des ani maux.Le juge lui ayant demandé s'il avait choisi un avocat et fait citer des témoins pour sa défense, l'accusé répondit: "Voici mes avocats et mes témoins", et il mon trait deux chats qu'il avait amenés avec lui Les chats, aussitôt po ses sur le parquet du tri bunal, se frôlèrent contre leur maître en ronronnant et en multipliant les démonstrations affectueuses.— Croyez-vous que si je maltraitais les bêtes, celles-ci me montreraient tant d'affection" ?demanda simple ment William Atkinson.Le juge trouva ce plaidoyer adroit et convainquant, et Atkinson fut acquitté.comme s'il défiait le maître en présence de toute la classe M.Purdy finit par perdre patience.Avec le livre qu'il tenait en mains, il soufletta deux fois l'écolier au visage James se plaignit à son père, M.Lawrence Moody, qui porta plainte.Les châtiments corporels à l'école sont interdits par la loi, et M.Moody invoqua la section 6.1 du Code Criminel du Canada.Cependant le magistrat stipendiaire refusa de condamner l'instituteur.En effet, l'article 63 permet au maître de corriger un élève de façon raisonnable, en l'humiliant sans lui causer de douleur.Une décision de la Cour Suprême de Nouvelle-Ecosse, rendue le 8 mars 1904, adopte entièrement ce point de vue.En vertu de la loi et de la jurisprudence, le magistrat Yould a jugé qu'il n'y avait pas lieu de punir l'instituteur Purdy.Les condisciples de James Moody ont en effet témoigné que, sous le double soufflet, on ne vit même pas la tête de l'enfant remuer.On ne croit pas que M.Moody fasse appel, et la décision de Kentville fera sans doute à son tour jurisprudence.A ce titre, elle est doublement intéressante.Montréal, Can, Janvier 1936 Rom a m COUPLET par Lucie CM.mi i En marge de la yie PREMIERE PARTIE CHAPITRE I IL neige.Une langueur descend du ciel avec le» flocons en forme d'étoiles et se pose, en effleurement, sur les fourrures des femmes.
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