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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1937-09, Collections de BAnQ.

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LA REVUE 14c A lire: AU COEUR DE L'ISLAM par Jean Barois Grand reportage d'un pèlerin à LA MECQUE, ville sainte et interdite des Musulmans. Oeuvre de maître Antoine Stradivarius, maître-luthier crémonais, fabriqua au dix-septième siècle le fameux violon qui a depuis servi de modèle aux plus beaux instruments.Les violons de Stradivarius sont encore aujourd'hui pour nombre de musiciens fameux le plus précieux de leurs trésors.Il n'est pas rare d'entendre un stradivarius à la radio.Et maintenant, un instrument moderne digne des plus grands maîtres Le fini d une exécution nunii .¦ i « - dépend beaucoup de I instrument.C'est pourquoi I ambition chère à tout violoniste est de posséder un Stradiva- \ oilà .nissi pourquoi les mélomanes trouveront un plaisir sans cesse renouvelé à écouter les nouveaux radios Westinghouse.En créant les nouveaux modèles, ingénieurs Westinghouse ont emboîté le pas avec les merveilleux perfectionnements incessamment apportés à la transmission moderne sur ondes longues comme sur ondes courtes.Reproduction « haute-fidélité» pour capter les émissions «haute-fidélité»; sélectivité i-M rationnelle pour isoler les centaines de postes émetteurs: cadran de repérage élargi permettant de repérer les postes à ondes courtes plus facilement que les postes lui aux; repérage automatique au simple toucher d un bouton.Tout pour faire la joie des radiophiles les dus difficiles.Et ce qui naul mieux.Westingfiouse cous assure le timbre le plus riche possible dans chaque modèle ¦ .du radio '¦ haute fidélité» de 12 lampes aux appa reila de .4 et 5 lampes .sans compter qu il u en coûte pas plus cher que pour un radio ordinaire.Canadian Westinghouse Co.Limited — Hamilton — Montréal — Canada Maintenant à l'étalage chez les principaux marchands de radios et d ' appareils électriques RADIOS ¦ POÊLES ¦ RÉFRIGÉRATEURS • LAVEUSES • PETITS APPAREILS ¦ LAMPES RADIOTRONS (l'onuke en 1018) MEMBRE 18c année Montréal, Canada — Septembre 1937 No 11 SOMMAIRE Au coeur de l'Islam, première tranche du grand reportage de Jkan BAROIS sur son pèlerinage à La Mecque Aune rouge, nouvelle inédite par Maurice d'AUTEUIL l'aul-limlle Borduas, peintre montréalais, par Maurice GAGNON Hclgi(|ue, pays des beffrois et des carillons ._ La pèche au Canada, par le capitaine F.W.WALLACE .-.Nos mots croisés ._.„.-.- - — — En route vers l'automne.- Elégances du soir._____.—.-—- L'harmonie de la silhouette.______ —_ - Pratiques et de bon goût .______________- — La Petite Poste .„ ______ — — — — — — Parlons gelées et conserves._____________- Le Courrier du Mois, par MARJOLAINE _____ Coeurs dans l'attente, roman Inédit par Marthe FIEL, en supplément.Illustration de la page couverture par Jacques Paradis 4 8 10 12 14 17 21 22 24 25 27 31 32 eux que vous lisez .Ajpan RAROK '''' b^Han! récit de son pèlerinage à La Wtfcdll DHnWI» Mecque, dont La Revue Moderne publie ce mois-ci la première tranche, a valu à Jean Barois le prix Dela-prée qui le classe parmi les as du grand reportage.Né à Paris en 1907, Jean Barois a débuté, il y a quelque six ans, à la rubrique parisienne de Paris-Midi pour devenir ensuite chef des informations à ce même journal.Il passa subséquemment à Paris-Soir pour lequel il a fait différents reportages qui l'ont conduit tour à tour en Angleterre, Suisse.Italie, Belgique, Turquie, Espagne et en tout dernier lieu à La Mecque, qui a servi de décor au sensationnel reportage que nous publions en primeur au Canada.•Maurice d'AUTEUIL GAGNON 2BSfi:£KS; parus dans La Revue Moderne, tous fort appréciés, est né à Winnipeg, Manitoba.Fils d'un officier de carrière, il a passé une partie de son adolescence en France et s'y trouvait lors de la grande guerre.M.D'Auteuil a fait ses études au séminaire de Rimouski de même qu'il a fréquenté les universités McGill et de Montréal.On lira sûrement avec un vif intérêt sa nouvelle intitulée «Aube rouge».AMauriro RAfiNON Auteur d'une série d'articles publiés ici WITIdUMbC UHUnvn même sous la rubrique «Initiation à la peinture moderne», M.Maurice Gagnon, qui a passé plusieurs années à Paris d'où il est revenu diplômé de l'Ecole du Louvre, de l'Institut d'art et d'archéologie de Paris et licencié ès lettres de la Sorbonne, présente cette fois-ci un article sur notre talentueux peintre canadien Paul-Emile Borduas.AMorlha PIPI Romancière française, douée d'un optimisme wmdllllc II tu et ^'une gaieté sincères qui donnent à ses ouvrages une couleur agréable et rendent saine la lecture de ses romans.Notre collaboratrice consacre ses loisirs à la littérature, et outre: «Le Triomphe du coeur» et «Hors du sillon», déjà reproduits par La Revue Moderne, Mlle Fiel a publié: «Sur la terre d'Alsace» et l'«Epouse» qui la placent au premier rang des femmes de Lettres de son pays.NOTRE PROCHAIN ROMAN: j ai promis ' par Pierre Gourdon Roman surtout Intéressant par son sujet largement humain.Il réunit, en des pages attachantes, toutes les subtiles nuances des problèmes d'un coeur aux prises avec l'ombre du passé tragique et ses rêves d'amour.Pour lever l'obstacle qui lui enlève son droit au bonheur et le sépare de la jeune fille qu'il aime, Alain de Surzur entreprend de prouver l'innocence de l'aïeul d'Annik.Pendant que le jeune homme lutte pour cette réhabilitation, la jeune fille, se croyant abandonnée, donne à une amie sa parole de devenir la femme de son frère.Et brisée, mais fidèle à sa promesse, lorsque Alain revient, Annik ne peut que répondre: «Trop tard!».Après le désarroi d'un départ précipité et la tristesse des regrets, après la fièvre de l'inquiétude et de l'anxiété, le mystère du passé éclaircl fait enfin triompher l'amour et le bonheur.— Abonnements: Canada, 1 an $1.50 — Etats-Unis, 1 an $2.00 — Editée M Imprimée par LA REVUE MODERNE (Inc.) 320 est, rue Notre-Dame MONTREAL Conseil d'administration Louis CARRIER, Joseph BOUVIER, Georges PERREAULT — Directeurs BUREAUX A TORONTO — NKM-vohk — CHICAGO Loxnni- Le soin des YEUX commence] dès la naissance 1a_ première mesure en vue de la protec-j tion des yeux de l'enfant est prise dès le moment de sa naissance—lorsque le médecin ou l'infirmière lui instillent sous les paupières quelques gouttes d'une solution de nitrate d'argent.Grâce à cette simple précaution, on a déjà réussi à réduire de 75 pour cent les cas de cécité dus à la "conjonctivite du nouveau-né".Les yeux des nouveaux-nés nécessitent des soins constants.Ayez soin que le soleil ne donne pas directement dans les yeux de l'enfant—même lorsqu'il dort— car ses paupières délicates ne les protègent pas suffisamment.Si ses paupières deviennent rouges et enflées, et sécrètent un liquide, faites venir immédiatement le médecin, ou menez votre enfant à un hôpital ou une clinique.Le strabisme doit toujours être soigné de bonne heure.A l'heure actuelle, les médecins-oculistes sont en mesure de débarrasser des milliers d'enfants d'une maladie qui aurait été pour eux un handicap pendant leur vie entière.Même si la loucherie est à peine visible, il est possible de diagnostiquer une tendance au strabisme et de prendre les mesures préventives nécessaires.Parmi les troubles de la vue affectant les enfants des écoles, le plus commun est la presbytie.Pour obtenir une image nette des objets rapprochés qui leur pi-iissent brouillés, ils sont obligés de - e*Lre les muscles de leurs yeux à des ^.Torts exagérés.On peut y remédier par le port de verres correcteurs, qui empêcheront les yeux de s'abîmer gravement et progressivement.Même les enfants en bas âge qui sont atteints de presbytie ou de myopie très accusée, devront porter des verres correcteurs.Il arrive parfois que certaines maladies de l'enfance laissent derrière elles une faiblesse des yeux.Seul l'examen pratiqué par un spécialiste vous donnera la certitude que les yeux de votre enfant sont en parfait état et que sa vue est normale.Si le verdict de l'oculiste est favorable, vous serez rassuré.S'il y a quelque défectuosité nécessitant une correction, vous conserverez un sentiment de gratitude au médecin qui l'aura découverte.La Metropolitan se fera un plaisir de vous adresser sa brochurette intitulée "Soin des Yeux".Faites-en la demande au Service des bro-churettes 9-R-37, bureau principal pour le Canada, situé à Ottawa.Metropolitan Life Insurance Company SEW-YORK frederick h.ecker leroy a.llncoln BUREAU PRISCIPAL POUR LE C4S iDi — OTTAWi AU SERVICE DU CANADA DEPUIS 1872 Septembre 1957 L\ Revue Moderne Page 3 AU COEUR DE L'ISLAM « « GRAND REPORTAGE par JEAN BAROIS « « On dit que le journalisme mèr\e à tout, à condilioi\ d'en sortir.Ceux qui *en sortent* ne méritaient pas leur chance d'y être entrés.Us ont servi sans passion, et mal, parce qu ils n ont pas connu celte ivresse qui pousse le reporter sur les routes dangereuses du monde à la recherche d'un inconnu \ I ¦nue pBI lleille mil lions de ces crustacés; après celle du saumon, c'est la plus profita ble du pays.Le saumon de la Colombie Bri tannique, dont la plus grande partie est mise en conserve et exportée dans le monde entier, représente un tiers de la valeur totale de la pêche canadienne.Après le saumon et le homard viennent, par ordre d importance, la morue de I Atlantique, le hareng de l'A tlantique et du Pacifique, le poisson blanc des lacs, les sardines de la Baie de Fundy, le flétan du Pacifique, l'aiglefin de l'Atlantique, le doré ou brocheton d'eau douce, la truite des lacs, les pil-chards de Colombie Britannique et l'éperlan du golfe St-Laurent.Ces douze variétés sont les plus importantes de l'industrie de la pêche au Canada.La prospérité de nos pêcheries dépend des conditions des marchés d exportation, puisqu environ 70 pour cent de la récolte se vend habituellement à l'étranger.La consommation domestique est relativement faible.Les pêcheries du Canada, qui rapportaient $60.000.-000 en lOitf.ont décliné à quelque $35,000,000 par suite de l'affaissement des marchés étrangers, des hauts tarifs douaniers et des contingentements.L'amélioration du commerce mondial ramène toutefois graduellement cette prospérité.La pêche, industrie obscure, se fait loin de la foule et des curieux; elle est saisonnière, fort diversifiée et largement disséminée.Prince-Rupert, C.B., et Lunen-burg, N.E., sont peut-être au Ca-rifida les deux seules grandes municipalités entièrement consacrées à cette industrie bien qu'on trouve à Vancouver et à Halifax d'importantes organisations de pêche et qu il existe des centaines de petites villes, de villages et de hameaux situés près des lacs ou au bord delà mer dont la principale industrie est la pêche.II faut visiter les endroits de pêche pour comprendre les hasards et les rigueurs de cette industrie d'où toute faiblesse mora- Septembrc IÇ>37 1)1 s I/H'llllllf s de seines comme celle-ci capturent les sardines et les petits harengs dans les eaux d u Noureuu-Brunswick e t de la Nouvelle-Ecosse La pfiche à la ligne dit flétan, sur un clialutier, en Colombie Britannique le et physique est exclue.Le métier exige de la force, du courage, une patience à toute épreuve et un optimisme indéfectible.Le travail est toujours rude.II comporte des risques perpétuels.On ne voit la récolte que lorsqu'elle est prise: nul pêcheur ne sait d'avance ce qu il rapportera de son excursion.On compte peu d'employés chez les pêcheurs.Ceux qui ne possèdent pas d'agrès travaillent ordinairement pour une part de la prise.Leur rémunération varie donc considérablement.Avec un temps favorable, des prises abondantes et des prix de vente élevés, ils gagnent bien leur vie: dans le cas contraire, ils en arrivent parfois jusqu au dénuement.Oans quelques pêcheries, un individu peut être assez heureux pour gagner $5.000 en une saison tandis que d'autres ne toucheront pas plus de $"00.Au cours des dernières années, plusieurs ont même terminé la saison en déficit.Ce qui n'empêche pas ces rudes travailleurs de préférer les risques de la saison à un salaire fixe.Le climat est rigoureux et l'eau, glacée, dans la plupart des pêcheries canadiennes.Ces conditions, la température de l'eau, surtout, sont précisément la cause de l'a-hondam e el de la haute qualité du poisson, qui est rare et peu prolifique dans les mers du sud.La plupart du poisson consommé dans les paya chauds vient du nord.La rigueur de I hiver canadien permet en plus de pêcher dans les lacs du nord-ouest.Le poisson capturé dans des filets tendus sous la glace est transporté à de longues dislances, sur la neige, chose qui.l'été, serait impossible à cause de l'absence de routes et de la chaleur nuisible à la conservation du poisson.Le pêcheur, s'il veut gagner sa vie.doit être prêt aux risques, à travailler tant qu'il peut soutenir I effort et que la température le permet.Le brouillard, la pluie.la neige et un froid vif ne l'arrêtent pas: seules.la bourrasque et une mer démontée le forcent au repos, encore que les plus endurcis risquent leur vie pour pêcher quand même jusqu'à ce que la situation devienne réellement intenable.Les barques vont à la mer selon le temps et les marées.On pêche souvent sans relâche pendant des journées et des nuits entières, sans s arrêter pour prendre quelque sommeil: les pêcheurs se reposent lorsque le gros temps interdit toute besogne.Chaque année.la destruction des agrès.la perte des barques et des bateaux et les avaries que leur font subir les éléments, sur nos côtes et nos lacs battus par la tempête, atteignent des proportions considérables.Cette situation est d'autant plus lamentable que les pêcheurs sont pauvres, pour la plupart, et qu'il n'existe aucune assurance contre ces dommages.Après chaque tempête, la côte de l'Atlantique est jonchée de débris laissés par les trappes à homard brisées en aiguillettes.Les dommages représentent plusieurs milliers de dollars.Chaque année, également.les glaces flottantes charrient ou détruisent une quantité de filets, dans les pêcheries des lacs et de l'Atlantique.Les hommes courent alors de graves dangers et s'exposent même à périr en essayant de sauver leur attirail.(Suite à la page 17) VINS DE FAMILLE POUR TOUTE LA FAMILLE .Ce soir est un temps propice pour commencer d vous régaler du goul délicieux d un porto et d un sherry a votre diner.Demandez le Vin St.Georges et vous obtiendrez le bouquet des vins importés a des prix raisonnables.26 01 .M 40 01 .60 1 Gol J1.75 TYPE PORTO TYPE SHERRY Le Commandant Wcems, pionnier renomme de la na> iga-tton aérienne, a choisi Longtnes pour dc>e-lopper eette montre W cents ¦ Longines d'a-yiation.arec aiguille fixe-seconde.La Verne, '.a montie at luvini.' ctdeaut, te vend au prix modère de $60.00.Ce modèle et bien ê?KM-trt$, vout ter ont montre* arec planir par le bijoutier Longmet-Wittnauer.Vovt pouvez le reconnaître par U Blason Longtnet.— d'une exactitude aéronautique! 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Suite nV _ Soudain son exaltation héroïque tomba de lui comme un vêtement qu'on rejette parce qu'il est mal ajusté.Le même soulagement qu'on ressent alors le détendit de la tête aux pieds.Il redevint devant la jeune fille le Louis Constant d'hier, celui qu'elle aimait.Mais elle ne put constater ce changement sur ses traite, parce que la nuit opaque les séparait l'un de l'autre comme par une cloison étanche.Il reprit la main de la jeune fille qui ne la retira pas.Elle dit seulement: — Louis, promettez-moi que vous ne vous mêlerez plus aux agitateurs qui parcourent nos villages et veulent tout mettre à feu et à sang.C'était lui rappeler les exploits de la journée.— Je ne puis, Marie.J'ai promis à Pierre Debartzch de me trouver demain au rendez-vous.— Ce n'est donc pas fini?— Ça ne fait que commencer Marie.Comme dit le père chez nous: "Le vin est tiré, il faut le boire".— Alors, je ne puis rien faire?— Marie, dit-il, en se rapprochant d'elle à la toucher, Marie, que me donnerez-vous en échange de ma promesse?— Je vous épouserai, dit-elle, si c'est cela que vous voulez dire?— Oui, Marie, c'est ce que je voulais dire.On demande des colons pour les comtés du Nord.Nous pourrions nous en aller ensemble.Là-bas, la terre est neuve, vide.Ce serait une vie dure.Mais nous la partage- AUBE ROUGE rions.Tandis que si nous attendons toujours ici, rien n'arrivera jamais.— Aucune vie partagée ne serait trop dure, dit-elle.— Vous avez ma promesse, Marie.Elle hésita.Il la sentit frissonner dans l'ombre.Puis, elle se dressa sur la pointe des pieds et le baisa sur la bouche.Il ne put lui rendre la caresse, car, honteuse d'avoir cédé à son impulsion, elle s'était dérobée à son étreinte.Il entendit la porte de sa maison qui se refermait quelques instants plus tard.n continua pendant un instant de caresser machinalement le museau du cheval.Puis, il rentra.Tout dormait dans la maison et il se sentit heureux sans trop savoir pourquoi.L'incertitude, le mécontentement, la nervosité des derniers mois ne hantèrent plus son sommeil Il s'endormit, avec, sur ses lèvres, la sensation encore fraîche du premier baiser de Marie Guillaume.Le lendemain parut, clair sous un ciel lavé de toute menace de neige ou de pluie par le froid sec de novembre.Malgré l'importance des événements qui avalent troublé les environs, les habitants se remirent à leur travail comme d'habitude.La lutte pour la vie absorbait leurs énergies plus que la lutte pour la liberté.Les Constant, les Guillaume et les Morin exploitaient du côté de Salnt-Hilaire des réserves de bois adjacentes.On trouvait là de l'érable, de l'orme, beaucoup de hêtre et de bois mous.Selon la coutume, on procédait à l'abatage avant les neiges définitives, de manière à n'avoir plus, au moment des grands froids et des neiges profondes qui naralvsaient la vie des environs, qu'à effectuer le transport des billots jusqu'aux fermes.Ils seraient alors fendus et sciés, avant d'être mis dans les granges à sécher jusqu'à l'automne suivant.Les trois hommes, qui s'entendaient fort bien, avaient adontê un svstème particulier: ils s'aidaient mutuellement.passant d'une réserve à l'autre, faisant ensemble l'abatage et le transport, mettant à part le lot du seigneur et celui du curé qui acceptait en bois une partie de sa dîme.Ils partirent donc ensemble, montant un traîneau plat, à cause de la boue profonde du sous-bois où se fût enlisée une voiture.Ce matin du 24 novembre 1837, ils se trouvaient donc cinq: Guillaume.Morin, Constant, Louis Constant et le jeune Jos Morin, âgé de quinze ans.mais capable d'une journée d'homme.Ils emportaient de la pâte à crêpes dans des seaux de lait.Entassés sur l'étroite surface du traîneau qui roulait et tanguait au hasard des ornières, ils causaient en fumant, pendant que Jos, debout, conduisait.Jos écoutait parler les hommes et ponctuait leurs discours d'un patient et périodique: -— Marche donc, marche donc, Caillette, marche donc.La jument d'âge mûr qui devait ce surnom à la bigarrure étrange de sa robe pommelée de taches noires, grises et brunes, dressait l'oreille, faisait trois pas un peu plus vite, (ou un peu moins lentement), pour bien montrer qu'elle avait entendu, puis elle reprenait son pas patient.— Tu étais là, Morin?demanda Guillaume, tout-à-coup.— Moi et bien d'autres, Pierre.On leur a foutu une sacrée volée.— Une volée qu'ils méritent depuis longtemps, acquiesça Guillaume.J'aurais aimé y être.— Tout le monde avait été averti.— J'ai cinq bouches à nourrir, remarqua le père de Marie, un regret dans ses prunelles bleues, sans quoi.- la page 9 — Moi, dit brusquement Constant, j'en suis pour ce que disent les curés et Monseigneur.D'abord, l'ordre établi, c'est l'ordre établi.— Ou du désordre établi, grogna Morin.Il n'en voulait pas à Constant de ses opinions, fier en lui-même de la supériorité que lui conférait sur les deux autres sa participation ft l'affaire de Snlnt-Denls.— Ou du désordre établi, je te concède cela, répondit Constant.Mais à quoi nous servira d'avoir protesté, même par les armes, si tout ce que nous tirons de nos protestations, c'est de voir brûler la moitié du pays par les soldats.— S'ils réussissent.— Ils réussiront.— Ils ont manqué leur coup hier à Saint-Denis.— Accident.— Non, ils étaient plus nombreux que nous et mieux armés.Nous avons pris là des fusils qui vont nous servir s'ils reviennent en goûter.— Ils y reviendront.C'est leur métier.Un soldat, ça obéit.Le gouverneur va armer un lot de monde à Montréal, des Anglais et des Irlandais qui ne demanderont pas mieux que de tirer sur du Canayen.Ils amèneront du canon.— Nous leur avons pris leur canon hier.— Un canon.— On leur prendra ceux-là aussi et ça nous fera de l'artillerie à nous.— Si nous apprenons à nous en servir d'abord, puis à faire des boulets.— T'es pas patriote, remarqua doucement Guillaume.—¦ Si tout le pays se révoltait, répondit Constant, je me révolterais avec les autres.Mais les patriotes ne sont que des partisans.Ils prennent pour de l'argent comptant les beaux discours de quelques belles gueules de la ville qui n'ont rien de mieux que de faire de l'agitation.Le traîneau quitta la grande route et s'engagea sur une petite route de traverse creusée d'ornières, durcies par la gelée du matin et conservées dures par le froid vif qui persistait.Les hommes eurent assez de se garer contre les sauts et les contre-coups.Ils se turent.Puis ce fut la forêt.Semblable à une nef d'église avec les innombrables piliers de ses hauts arbres dont les branches nues appliquaient leur nervure grise contre la voûte pâle du ciel.Toute la matinée, leurs haches actives firent résonner le sous-bois.Leurs haleines jaillissaient de leur bouche et de leurs narines en courts jets blancs.Bientôt ils eurent chaud et se dévêtirent de leurs capotes grises et de leurs ceintures de laine.Louis travaillait avec son père, Morin avec Guillaume.Chacun de leurs coups de hache emportait un éclat large comme la main et l'odeur pénétrante des arbres blessés se répandait dans la clairière.L'arbre atteint frémissait à chaque assaut du fer jusque dans ses hautes branches, mais demeurait droit.Puis, soudain, une légère oscillation et deux ou trois craquements trahissaient le moment venu de l'agonie.— Gare! criaient-ils à leurs voisins.Ils s'écartaient, l'un d'entre eux donnait le dernier coup de hache avec un grand han d'effort et sautait de côté.Le géant s'inclinait comme à regret.Puis sa chute vertigineuse l'écrasait contre le sol si vite que l'oeil avait peine à saisir l'instant du contact.Un soubresaut achevait de briser les branches qui volaient dans toutes les directions avec force.La forêt tout entière retentissait de ce dernier cri d'appel.Puis de la voix les hommes (Suite à la page 29) l4ie rt-evl^e _.A • • cOt>V ût '«efgï^ C \.eMf 26 *¦ ù&®*& 10 Jkiwt dt Molbuute 0Nas Gin Kiiyper EN VENTE AU CANADA DEPUIS PLUS DE 100 ANS Distillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de JOHN de KUYPER & SON.Distillateurs.Rotterdam.Hollande— Maison fondée en 1695.1»9F I.A RrVUF MODKRNE Septembre 1937 La pèche au Canada (S III h ilr lu pi ni, 1 T.i Et miil^rr- I» < i 1111 ¦ I r • rie miii métier, un pêohflùr no s'en plaint jamais.Pour lui, le hasard et les misères font partie de la besogne.Quand 11 proteste, c'est Invariablement sur le prix qu'on lui donne de sa poche.Le consommateur de poisson, dans le Québec ou l'Ontario, ne s'occupe guère du mauvais temps et ne se croit naturellement pas tenu de contribuer au paiement des dégâts causés par les rafales du nord-ouest.Le pécheur connaît lui-même assez mal les facteurs ligués contre lui.Les sanctions de la Société des Nations contre l'Italie, la guerre civile en Espagne et l'avilissement de la monnaie du Brésil—pays auxquels le Canada exportait de fortes quantités de poisson; un été pluvieux en Angleterre qui affecte l'industrie du homard en conserve, cette denrée étant populaire dans les pique-niques anglais; le dumping des pêcheries d'Islande, de Norvège, de Russie et du Japon sur nos marchés réguliers; les tarifs élevés; la surproduction, ailleurs sur le marché domestique, autant d'excuses que le pêcheur trouve bien peu satisfaisantes lorsqu'il ne reçoit à peu près rien pour le produit d'une longue journée de rude labeur.Ce fait, et d'autres du même genre, constituent l'un des problèmes de nos pêcheries auquel il faut trouver une solution.On est d'ailleurs en train de le résoudre, mais cela ne peut se faire en un tour de main.On étudie mieux que jamais l'art de promouvoir la vente du poisson.Les laboratoires et les usines expérimentent des méthodes scientifiques pour congeler le poisson, le saler, le mettre en conserve, le traiter, l'empaqueter et le transporter rapidement, car il Importe de reprendre nos marchés perdus et d'en créer de nouveaux.Le gouvernement et les commerçants de poisson lancent des campagnes de publicité, chez nous et à l'étranger.Pour plaire à la ménagère, on sépare les filets du poisson; on lui offre des filets, du poisson fumé, de la chair de homard et autres choix de la pêche enveloppés dans la "Cellophane".Toute.; les industries alimentaires ont subi de profondes modifications.Le public devient de plus en plus exigeant quant au prix, à la qualité, à l'empaquetage et à la commodité de préparation pour la table.Les autres produits de l'alimentation ont depuis longtemps activé leur vente par l'adoption de méthodes modernss, tandis que le commerce du poisson s'est tenu à l'écart du mouvement.Mais il veut maintenant regagner le terrain perdu et il compte le faire avec diligence.Capitaine F.W.W AL LACE Reproduit par gracieuseté de I'"Ovale C-I-L" L'AGENT DE CIRCULATION: "Passez Sweet Caporal.Vous êtes l'élue du peuple!" CIGARETTES SWEET CAPORAL "La forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé."—Lancet sol I IKIN III' PROBLEME NO St c C f 4 1 a t ô p •i t c d L e A' C e T E r 4 s tu i A £ 4 u 1 ! ¦i £ £ u L S £ A_ £ 0 ! S P 4 T T s 3 K 6 r C L A A r U r t s/ C a T • T £ A L ¦i L A_ v £ ! 0 < 0 0 T K L L 0 f E C L r C < A C U a 5 L ¦ 4 C H € S J 3 r £ * £ £ V £ s £ 8, 8.10.11.imi|;i/iis 1 \l i \|| NT — Suhstancc pulvérisée.— Vous pOttl c/ faire celui-ci délicieux, *i «oih employai de i » "Magic i.i-1 m .Powdcr".— Tout D« qui empéVhc dp \ nir, un ftg.— Vent impétueux du S.et du S.-F.— AdJ.pOW.— Situation.— Roi d'Israël.— InterJ.— Il Ile d'Harmonie.— A rttele renv.— Sorte «le genévrier.— Fuit partie d'une charrue.— Notmitarc prise chaque Jour.— Régler le total de* frais.— Militaire et compositeur russe.— i > poudre magique n'en ronflent pus.— Océan.— I*nguno desséchée et mise en eulture.— Ahrév.de Saints.— Mammifère.— refit poisson.— Temps.— Ulde.— AdJ.iiiiiu, — Pr.pers NO |t II C-S.— Pâtisserie plate.— A une haute opinion de lui-même.— Trop compact*-.— Légumineuses.— l'ser jusqu'il la-corde.— Mot anglais mais qui complète hien votre 1er horizontal.— Maréchal et général .— Rivière d'Allemagne.— Note.— Renferme le grain.Dmil con- NOS MOTS CROISES A l'avenir le tirage des solutions exactes se fera le 1er de chaque mois.Ainsi le tirage du 37ième problème se fera le 1er septembre; les noms des gagnants seront publiés dans notre édition d'octobre.Nous accorderons trois (3) prix d'un dollar ($1.00) chacun, aux trois premières solutions favorisées par le sort.il.12.13.14.¦ l*r.pers.— Ame, coeur, pensée.— Mammifère.— Pr.ners.¦ Au fiç.hien fait.— Vous pouve* en fulre plusieurs H \otre 2e horizontal.¦ Formation du fruit qui «uccède à la fleur.— Exprimé par la parole.V KRTH \l,l Mr N 1 ¦ Petit cochon d'Amérique.— Env loppe de la graine.— Pourriture des ¦ Anneaux de fer.nrhrrs.- S*»ul.— Mot latin, signifie ouvrage —- Anneau de cordage.— Lettre grecque.- Kedevahle.— Les quatre saisons.— Préf.— Tièce de monnaie.-Pitances.— Qui est ftiant.- Uni.— >.¦• — Refurge.- OonJ.— Pr.pers.— Couvert de rft-pure de pain.- Conj.— Fleuret.- Nom de deux héros grecs de ta iruerro de Troie.— Préf, — Term.«le %*»H»c - Nain vulgaire du r>astel de* teinturier*, qui donne une couleur hleue.— Sorte de sifflement bref.Espèce de houx de l'Amérique «lu Sud, dont OH fuit une sorte de thé.-Se dit des eaux minérales froide*.— Milieu.-Croix de St-Antoine.— Ceinture Japonaise.— AdJ.pnM.— Signifie mof.en latin.- Pr.M, — Empreinte d'un cachet.— Astrologue.- Moment déterminé du jour.— Tige du tronc qui s'élève en colonn».- Plan qui upparait d'une réalisation Imposslhle.— Divisé.Les noms des gagnants de ce problème seront publiés dans notre édition de novembre Nom Adresse "A DETACHER - PROBLEME No 38 - 3 4 JL S J J y 1e.'' .u/J .'^:J.(Prier* d'adre«aer 4: Noi Mou Croisé*."L* R«vu» Mod*rn«", 120 Ht, ru* Notre-Dame.Montréal.) (La solution de ce problème sera publié dans La Rewe Moherne d'octobreV Septembre 1Q37 La Revue Moderne Page ir La Compagnie d'Assurance sur la vie Canada Jjfe exprime sa confiance dans la Province de Québec La Compagnie fait affaires dans la Province de Québec depuis bien des années.Les réserves requises afin de faire face à ses obligations envers ses détenteurs de polices de Québec, au 31 décembre 1936, se chiffraient a $17,000,000.Justifiée par sa confiance dans la Province de Québec, la Compagnie y avait placé à cette date des capitaux beaucoup plus élevés que cette somme.En effet, ses placements, répartis en diverses hypothèques, obligations, débentures et autres titres provenant de la Province de Québec, se chiffraient alors à $29,000,000.Ceci ne tient nullement compte des gros placements en obligations du Dominion du Canada et celles garanties par le Dominion, faits par la Compagnie pour les détenteurs de polices de Québec.(La Compagnie estime que sur ces obligations plus de $8,000,000 représentait du capital placé au nom de ses détenteurs de polices de la Province de Québec.) Au service des Canadiens depuis 90 ans 1847 - 1937 Gérants de Succursales MONTRÉAL—V.R.F.Macdonald ST-JE AN—Georges Girard Edifice Canada Life, 275, rue St-Jacqueï 33, me M Jacques QUÉBEC—Maurice de Goumois SHERBROOKE—H.A.Peabody Financial Bldg.Côte de la Montagne Angle des rues Wellington et King TRESORS — SOURCES Le RÉVÉLATEUR MAGNÉTIQUE SCHUMFELL, breveté S.G.D.G., mervellleui appareil qui permet de découvrir le* richesse* enfouies dan» le toi: Source* et Nappe» d'eau souterraine*.Gisement* de bouille.Pétrole, Minerai* divers.Trésor* perdu* dan* le sol ou dan* le* Tlelllea demeures, filons d'or, métaux précieux, etc., etc.Notice ftratuite.Le Progrès Scientifique, No SU Votron (Isère) — France.N'oubliez pas de vous procurer un exemplaire ]de notre livraison d'octobre, vous y pourrez lire le captivant roman de Pierre Gourdon: "J'AI PROMIS" NOS DIVERSES FONCTIONS te SUtt TRUST - Cimttee EXECUTEUR TESTAMENTAIRE ADMINISTRATEUR FIDUCIAIRE ACENT DE TRANSFERT ' RECISTRAIRE CARDE DE TITRES COFFRETS DE SÛRETÉ CONSEIL D'ADMINISTRATION Art.Vallès, C.R.président Joseph Simsrd, vice-président Albert Hudon.vice-président J.-A.Brillant, vice-président C.Delagrave.N.P.Hon.R.Grothé JE.Libelle, C.R.Marius Oulresne J.-A.-E.Gauvin J.-C.Hébert.N.P.Hon L.Maraud.C.R.Eugène Poirier.N.R Aimé P*rent.gérant général, 10 ouest, ru* St-Jacques, MONTRÉAL J.Alp Fugèrc.gérant local, 132, rus St-Pierre, QUÉBEC AU COEUR DE L'ISLAM (Suifc de la page 7) Car le Hedjnz est, sans doute, le seul pays au monde qui condamne sa capitale aux diplomates accrédites.La Mecque, ville Interdite, n'accepte que des chargés d'affaires Indigènes.Elle a donné à Djeddah le rôle de capitale diplomatique.Lorsqu'une grave question est à débattre, c'est le roi qui se déplace.A quelques encablures de nous, l'Altaï de tragique mémoire, couché sur un banc où le vent l'a poussé, n'est plus qu'une grande masse noire et calcinée.Seule, une trace de peinture blanche, à l'avant, éclaire un peu ce grand cadavre noirci.Il y a aussi la cheminée bleu-blanc-rouge.Peut-être eût-il mieux valu que le feu ne l'épargnât pas, et que nos trois couleurs ne signalassent pas à ceux qui arrivent ce cimetière flottant.Combien y eut-il de morts?On n'a jamais su exactement On avait embarqué des Yéménites, des Abyssins, des pèlerins anonymes.L'Aéta devait lever l'ancre le lendemain matin.La nuit était belle, une nuit de mai, pleine d'étoiles, une nuit comme elles sont ici, transparente et pure.C'était à cette même place où nous sommes aujourd'hui.En 1930.Et, tout à coup, le feu.Le feu: ils ne comprenaient pas, ils ne voulaient pas comprendre que, telle une torche, le navire s'embrasait et qu'il fallait fuir.Ils couraient sur le pont, traînant leurs bagages, chassés par les flammes, aveuglés par la fumée.Lorsque, enfin, le plancher brûla sous leurs pieds, ils se précipitèrent sur la coupée.Ils étaient 300, bloc compact, chargés de paniers, de bidons et de sacs, immobiles sur l'escalier, n'osant sauter à l'eau pour rejoindre à deux mètres du bord les canots qui risquaient de s'allumer à cette torche vivante.Et, dans la nuit, tandis que les bateaux en rade s'efforçaient au sauvetage, le grand bûcher flamba, Illuminant la mer, éteignant les étoiles.Et les corps rejetés à la côte étaient tous broyés par les requins.La tragique épave gît par bâbord sur le blanc récif.Une barque m'v conduit.Tout ce qui pouvait brûler est anéanti.Et ce bateau mort que personne ne réclame et que le temps seul détruira, à moins que quelque tornade ne le soulève et ne l'emporte vers les grands fonds, est encore plein de morts sans sépulture.Aucune main n'a saisi les ossements épars, entassés dans une cale.Malgré moi, je recule.Une main crispée et desséchée, une main momifiée s'accroche désespérément à une rambarde .Une main coupée.unique vestige de la lutte de cette nuit-là .Lorsqu'on rapatria les pèlerins survivants, le commandant du Belgrano exigea qu'ils se défissent de leurs armes.On rafla des poignards tranchants comme des rasoirs, des couteaux recourbés qui vous ouvrent un ventre comme rien.On en remplit plusieurs tonneaux.C'est avec cela que, brûlés vifs, ils se battaient au milieu du bûcher.Une main coupée .Le lendemain, Hadj Brahim est venu me chercher à bord.Descendre à terre, ce n'est rien, puisque Djeddah est ouverte t tous, mais je n'ose lui demander comment j'en franchirai la porte.Nous partons.Une vedette nous conduit dans les méandres des récifs.A peine le canot a-t-il touché le port que les douaniers se précipitent .Où sont-ils nos gabelous tra-cassiers?Comme me semblerait aimable à ce moment le visage de celui qui — je ne me rappelle plus où — m'a le plus torturé par son inquisition! On se demande, en voyant ceux-lft, de quel crime le ciel veut vous punir.Je vous assure qu'on n'a pas envie de rire ni de jouer avec le voile qui flotte sur leurs épaules.Suls-jc pourtant dans un pays de sauvages?Non.Dès le premier abord, on pale.On paie pour entrer, on pale pour sortir.Pour avoir une voiture, Il faut l'autorisation du gouvernement Les bureaux vous renvoient de l'un a l'autre, tout comme chez nous.Rien ne manque, décidément, des blenfuils de la civilisation.Mais, malgré tout, pour bien marquer que rien ici n'est à In mesure du reste du monde, le premier aspeol physique de cette ville est ahurissant et ces hnutes malsons qui, de loin, avalent l'air de palais, ne sont plus, de près, que des façades vides et closes.Quelle fantaisie étrange a présidé à la naissance de ces édifices?Un tremblement de terre a-t-ll donné aux lois de l'équilibre un démenti brutal et permanent?Rien n'est droit, rien n'est vertical.Les minarets ont des airs de tour dr Pise.les murs des maisons escaladent le ciel en tangente.Un soleil de plomb pèse sur tout cela.Y a-t-il, derrière les mouchara-biehs ouvragés de ces hautes demeures biscornues, des regards vivants qui nous épient?Mystère.Djeddah, c'est le palais des Mille et une nuits où repose la Belle au Bois Dormant.La seule vie tangible bourdonne dans l'air: les mouches.Le soir, elles se posent, lasses et repues, et les moustiques prennent leur place.Jusqu'à 5 heures de l'après-midi, il ne peut être question de mettre le nez dehors.Quand le soleil fait son plongeon dans la mer, quand les maisons de dentelle rentrent dans l'ombre, alors seulement on peut respirer un peu.Hadj Brahim m'a conduit à l'hôtel et enfermé dans une chambre à trois lits, des lits si larges qu'ils doivent être au moins pour trois personnes.Je compte les heures en chassant les mouches.C'est dans cette chambre que je dois me transformer en pèlerin.Je m'enroule dans mes deux serviettes et, pour enfermer mon or, Hadj Brahim m'a acheté une sorte de sacoche comme en ont les receveurs d'autobus.Et j'attends.Jamais le temps ne m'a paru plus long.A partir du moment où j'ai mis le pied dans cette chambre, j'ai accepté une aventure dont la marche inexorable va se poursuivre en quelque sorte en dehors de moi.Pour moi?Contre mol?Je n'en sais rien.Inch Allah .Le directeur de l'hôtel est en même temps le chef de la police .Le soir tombe enfin .La «Croix du Sud» se redresse lentement.Tout s'apaise.Quelques chats se poursuivent sur les terrasses des toits.Les maisons sont si blanches qu'elles demeurent claires dans l'ombre.Un mogdène chante le dernier appel à la prière.C'est le seul chant permis.Car Ibn Saoud ne veut pas qu'on chante.Il ne veut pas qu'on rie.Boire un verre de vin expose aux pires catastrophes.«O Croyants, dit le Koran, le vin, les jeux de hasard, les statues et le sort des flèches sont une abomination inventée par Satan.» Ici règne le puritanisme le plus absolu.Rien ne doit distraire l'homme de ses devoirs envers Dieu.Le consul anglais avait fait venir un jour un appareil de T.S.F.C'était, dans ce désert d'ennui, une planche de salut Pendant une semaine, il entendit les cloches de Westminster et des airs diaboliques de danse.Et puis il reçut la visite d'un haut personnage.Page 18 La Revue Moderne Septembre 1957 — Tiens, vous avez un poste de rudlo?Il ferait bien plaisir à Sa Majesté .Le consul traduisit en langage clair cette formule diplomatique.La voix de l'Europe profane se tut à Djeddah et le -silence retomba sur le quartier des consulats, le silence étouffant du tropique, bourdonnant de mouches et de moustiques, sans que la mer, si proche, apporte le plus léger murmure de brise.lEt c'eit là que pendant trois ans l'Européen doit se mettre en règle avec Ibn Saoud .On conçoit qu'après cela, on ne puisse douter de son zèle pour l'Islam.Une américaine tenta, l'an dernier, de passer.Elle était arrivée à bord d'un yacht fort élégant et montra des papiers qui lui accordaient depuis six ans Je «baptême» de l'Islam.Elle supplia qu'on la laissât passer, pleura, promît une fortune, menaça.Rien n'y fit: elle dut repartir.Personne, en principe, n'échappe à cette règle, et le major Philby lui-même, ami du roi qu'il soutint contre Hussein et contre Lawrence, érninen-ce grise du royaume, courtier en autos, agent de l'Intelligence Service, converti à l'Islam par nécessité diplomatique peut-être autant que par goût, le major Philby n'a pas échappé à cette règle.Il a fait son stage a Djeddah .Il est vrai qu'il y est encore.Il y surveille son négoce et les intérêts de la Grande-Bretagne.Sur la route des Indes, l'Angleterre a posé des jalons: Gibraltar, Malte, Chypre.et le major Philby.Cet homme obscur a vaincu Lawrence.Il a mieux su miser, mais il n'a pas de légende comme le brillant «roi sans couronne».Il semble d'ailleurs que l'Angleterre, en faisant autour de ce dernier un tapage si contraire aux usages de l'Intelligence Service, ait voulu noyer tous les autres dans un nuage discret.Le major Philby est de ceux dont on parle peu.Lawrence s'intéressait à l'archéologie: lui, à la botanique.C'est son violon d'Ingres.C'est l'homme mystérieux du Hed-jaz.Le voile blanc ceint de l'agal encadre son visage aminci par une courte barbe.Parfois il fait venir de Londres sa femme: il en a trois autres à La Mecque qui ne sont pas moins légitimes.Djeddah, c'est encore autre chose.Je vous disais bien que nous entrions dans la Bible.Djeddah signifie (jrand'mère.Et voici pourquoi.C'est une histoire bien ancienne puisqu'elle met en cause Noé.Le patriarche et son fils Cham se promenaient un jour sur le bord de la mer lorsqu'ils se trouvèrent devant une excavation longue d'environ 80 mètres.— Qu'est-ce?demanda Cham.— Mon fils, c'est là le tombeau de notre mère Eve.Et la piété des hommes éleva un mur autour de ce trou.Une coupole en occupait le centre.On venait prier en ce lieu qui marquait l'endroit du nombril de l'humanité.Le tombeau d'Eve, sépulture de famille de toutes les races éparses dans le monde .Il n'en reste qu'un mur démantelé.Ibn Saoud a détruit la coupole comme il a renversé le tombeau des saints.Ibn Saoud.Partout son nom flamboie comme un glaive, ce glaive dont il a fait sa loi terrible et implacable.Combien d'Européens connaissent son nom et combien son extraordinaire épopée?Ce n'est pas encore de l'histoire à l'usage des écoliers: ce sont des pages vécues sous nos yeux, des pages qui, peut-être, ne sont pas achevées.Ibn Saoud est de ces hommes qui ne bornent leur rêve au mot fin que lorsque la mort les saisit.-III- Un nom rayonne sur l'Arabie: loti Saoud, le roi guerrier qui conquit son royaume à la pointe de son sabre.TBN SAOUD, donc, règne sur l'Arable.A treize siècles d'intervalle, deux hommes ont réussi à donner à ce pays six fois grand comme la France le sentiment de sa puissance et la nécessité de son unité.Deux hommes: le prophète et lui, Mohamed et Ibn Saoud.Les Arabes, encore pénétrés des préceptes nouveaux du Koran, ont failli conquérir le monde.Poitiers et Vienne les ont arrêtés dans leur course vers l'Occident Sans Charles Martel, ce sont eux qui auraient découvert et colonisé l'Amérique.Aucun conquérant n'a pu saisir ce pays aride et désolé, décor éternel de l'ancien testament, terre stérile des patriarches où chaque pas que l'on fait vous met sur les traces d'Adam, de Noé, d'Abraham, d'Israël et de toute la légende biblique.Auguste, Alexandre ont tenté de prendre ce pays que, sur la foi de quelques voyageurs visionnaires, ils croyaient prospère.Ils y ont perdu leurs armées.L'Arabie, comme une plante Carnivore, s'est refermée sur eux.Elle est demeurée, même de nos jours, le pays le plus inconnu du monde.Elle se défend par son sol et par sa foi fanatique qui conservent inviolées les terres saintes de l'Islam.Sa misère fait sa force.Elle décourage les colonisateurs auxquels elle semble ne rien offrir, pas même un mirage.Terres désolées, brûlées, vastes steppes de sable, montagnes de rocs, barrières du Hedjaz qui défendez du côté de la mer le grand désert arabique, vous ne tentez personne.Et, cependant, vous êtes au centre d'un monde.Il ne vaut rien pour une nation d'Europe de vous posséder, mais il est nécessaire d'avoir votre amitié.Le maître de l'Arabie contrôle tout le rivage de la mer Rouge en face de l'Egypte, il est aux portes de Suez, de la Palestine, de la Syrie, de Mos-soul et de Bagdad, toutes les routes des Indes.Il est aussi le gardien des villes saintes, de La Mecque et de Médine, vers lesquelles, chaque jour, se prosternent 300 millions d'hommes groupés sous tous les drapeaux du monde, français, italiens, anglais, tchécoslovaques, russes, hollandais, persans .Il est le pape temporel de l'Islam.Cet homme, aujourd'hui c'est Ibn Saoud.Il a ressuscité un empire.Comme Mohamed, il a renversé les sanctuaires auprès desquels les musulmans égaraient leurs prières et oubliaient le culte de Dieu, du Dieu unique.Mohamed avait créé l'unité arabe.De tribus en discordes, il avait fait un empire animé d'une même foi et capable—si le Destin l'avait voulu— de conquérir l'univers.Mais le trop grand rêve s'était brisé et l'Arabie, d'où la flamme avait jailli, ne fut plus qu'un volcan éteint.Elle oublia sa magnifique histoire et sombra de nouveau dans ses luttes de tribus et dans sa misère, plus secrète, plus inviolée, plus impénétrable que jamais.Mais l'heure allait sonner pour elle de se réveiller.Un homme allait recueillir le flambeau et le jeter à la face du monde.Cet homme, c'est Ibn Saoud.Mais qui est-Il?Cinq ans avant la fin du siècle dernier, un adolescent traîne dans les rues de Koweït, au fond du golfe Per-sique, sa nostalgie de l'exil.Il interroge les caravaniers qui reviennent du Nedj, plateau central de la Péninsule, et qui lui apportent des nouvelles du pays natal, de Riad la capitale, de ces contrées dont sa famille a été dépossédée.Il flâne le long du port avec les pêcheurs de perles, il interroge les étrangers de passage qui lui ouvrent un peu le monde, il trompe ses forces inemployées en se battant avec les gamins de son âge.Mais, déjà, il songe qu'un grand devoir l'attend, un devoir auquel dès le berceau il a été préparé: reprendre à l'usurpateur — le Rashid — les terres volées.Il songe au sang qu'il faut verser et peut-être aussi à la tâche surhumaine qui sera celle de sa vie.Il songe enfin au nom qu'il porte.Un siècle auparavant, un Saoud avait tenté de reprendre le grand rêve arabe.Un homme était venu chez lui, qui s'appelait Abdul Wahab.Il prêchait le Koran oublié, mais il parlait dans le désert qui étouffait sa voix.Réfugié dans le Nedj, où régnait Saoud, il le convainquit de réformer les moeurs, d'imposer la vertu, de réveiller le sens national des Arabes et de reconstituer leur empire.Par le glaive et par la parole, tous deux implantèrent ce qui, depuis, s'est appelé le wahabisme.Maîtres de l'Arabie, éperdus de leur puissance, ils s'approchèrent des régions placées sous la souveraineté turque.Défait, ramené prisonnier à Istanbul, Saoud le Grand eut la tête tranchée devant la mosquée Sainte-Sophie.De nouveau, le grand rêve arabe était mort, à peine né.Mais il subsistait une flamme nouvelle: le wahabisme.Et cet adolescent turbulent et anxieux, qui flâne dans l'exil de Koweït s'appelle Ibn Saoud.Il a vingt ans, lorsque, n'y tenant plus, il part une nuit avec trente compagnons.L'aventure commence avec le siècle, une aventure qui n'est pas terminée.Il marche à la conquête de Riad.sa ville familiale.Il croit soulever à son passage les gens du désert contre le Rashid, mais il traverse des populations indifférentes.Il lutte contre la fatigue de ses compagnons — il ignore la sienne — contre la chaleur, la soif, le découragement, l'inaction, car il y a déjà assez de sagesse en sa tête pour ne pas compromettre le succès par trop de hâte.Enfin.Riad est là, dans la palmeraie.La ville est gardée par le gouverneur du Rashid et ses hommes.Ibn Saoud prend avec lui sept compagnons.Ils entrent par ruse, de nuit dans la ville.Quand le jour se lève, s'ouvre le premier chapitre de l'épopée Saoudite.Il prend la citadelle, massacre le gouverneur et la garnison, soulève le peuple qui l'acclame.Il est maître de Riad.Ce n'est rien.C'est un tout petit point où il est isolé et presque prisonnier au milieu de terres qu'il faut soumettre.Mais il a conscience de sa force et le désert rapporte son fait d'armes de tribu en tribu.A partir de ce moment, la vie d'Ibn Saoud n'est qu'une succession de batailles et de poursuites au cours desquelles il brandit le sabre de Saoud le Grand, le décapité d'Istanbul.Il le brandit et il l'abat sur l'ennemi.Il n'est pas de roi au monde qui puisse se vanter d'avoir tué de sa main autant d'ennemis.11 tente déjà de rallier autour de lui les nomades du Nedj.Il y réussit dans la victoire mais dès que la chance s'éloigne, les Bédouins l'abandonnent.Il n'importe.A vingt-deux ans, il a déjà arraché au Rashid la moitié du Nedj.Son étoile grandit II sait comment un chef doit obtenir la confiance de ses hommes.L'Arabe aime les victorieux; il ne s'attendrit pas sur les vaincus.Ibn Saoud le sait.Il sait qu'il ne faut pas demeurer sur une bataille malheureuse.Blessé, entraîné par ses hommes saisis de panique, il cherche aussitôt (Suite à la page 20) Sani-Flush m'a appris que des cabinets propres ne répandent jamais d'odeurs.Les odeurs des cabinets sont un mauvais indice.Elles indiquent que la cuvette est sale et malsaine.Le nettoyage de vos cabinets au Sani-Flush vous met à l'abri de tous ces dangers.Cette poudre inodore est scientifiquement préparée pour le nettoyage des cabinets.Jetez-en un peu dans la cuvette.(Suivre les instructions sur la boite).Faites jaillir l'eau et vous verrez toutes les taches disparaître.La rouille et les incrustations disparaissent tout aussitôt et la porcelaine brille comme neuve.Vous n'avez même pas à y toucher! 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AU COEUR DE L'ISLAM ( Suifr tir lu itmjv 19) des forces nouvelles, reforme ses troupes et retrouve son prestige au soir d'une victoire.A vingt-sept ans.il est déjà le héros d'une légende; il est le guerrier triomphant dont on chante les exploits.Mais il n'oublie pas qu'il est une force sans laquelle il ne peut soutenir ses avantages.Il e~t wahablte et les gens de sa secte ront l^s puritains du désert, les plus fanatiques adeptes de l'Islam.A leur tête sont les anciens, les Ulemas, qui lui reprochent de se laisser parfois aller à rire, de permettre à ses soldats de chanter, de ne pas éloigner de son commerce les étrangers, ces infidèles, et d'être moins sévère pour les autres qu'il ne l'est pour lui-même.Car sa vie est pure et conforme au Koran et ils ne trouvent rien à dire sur ce point.Ibn Saoud, dont le sabre fend un ennemi jusqu'au coeur, écoute les Ulemas et supporte leurs critiques.Il ronge son frein.Il a besoin d'eux.Ils sont le levier avec lequel il soulèvera son empire.Il organise dans les terres qu'il a conquises la police des routes.Il interdit tout pillage.Il est inexorable, craint et respecté.Il étend toujours ses conquêtes, arrache aux Turcs, qui la lui abandonnent, la région de l'Hasa sur le golfe Persique.Il impose alors à son peuple une autorité sans faiblesse.On ne rit plus, on ne chante plus.Il brise son phonographe.Il tente une entreprise que personne avant lui n'avait pu mener à bien.Il crée les Ikhwans, les "frères unis en Dieu", et transforme en cultivateurs sédentaires les Bédouins pillards et nomades.Il les fixe et leur fait aimer le coin de terre où il a arrêté leur course.Ce prodige est une de ses plus belles victoires.C'est chez les Ikhwans qu'il prélève ses guerriers.Rien ne le grise, rien ne trouble son esprit.Des envoyés de l'Angleterre et de l'Allemagne, qui s'affrontent en Arabie, tentent de se ménager son alliance.Il attend, il prévoit un conflit prochain.Il se réserve d'être l'allié du plus fort.Et brusquement, c'est la guerre mondiale.Les Anglais le pressent: il va signer un traité avec eux, mais les Turcs déclenchent contre lui une attaque du Rashid?La nouvelle court le désert qu'il est battu.Les tribus qu'il maintient sous sa coupe vont se révolter.Autour de lui on s'inquiète.Il ne veut pas qu'on désespère.Pharaon faisait périr le messager qui apportait de mauvaises nouvelles.Lui, le fait rouer de coups.Il impose la confiance.Il reforme ses troupes, les galvanise, les entraine dans la bataille.Le sabre de Saoud le Grand tournoie dans l'air.A lui seul, il tue plus d'ennemis que dix guerriers.Il lui faut veiller sans cesse et conserver auprès des Arabes versatiles le prestige qui fait sa force.Blessé à la cuisse, il tombe.Ses soldats sont pris de panique, ils reculent en l'emportant.Il gît sous la tente où ses guerriers l'ont étendu.La consternation règne autour de lui.Déjà on murmure qu'il va mourir, que tout est perdu.Alors, H fait appeler le chef d'un village voisin qui revient quelques moments après avec une jeune vierge.Sous sa tente, au milieu du camp, il l'épouse et la toile se referme sur cette extraordinaire nuit de noces.Il a prouvé qu'il était encore un homme fort.La confiance revient, plus grande encore.Et les batailles continuent, des batailles exterminatrices dans lesquelles, contrairement aux lois du désert, il n'est pas de quartier.Il est, cette fois, maître du Nedj Les Anglais viennent de nouveau le trouver.Ils voudraient l'acheter comme ils ont acheté le chérlf Hussein, gouverneur du Iiedjaz, gardien des villes saintes qui pour leur or et pour l'espoir d'être un jour roi des pays arabes a trahi ses muitn-s, les Turcs.A Hussein, les Anglais ont fourni des armes, des munitions.Il lui ont versé sans compter des trésors.Ils lui ont donné aussi Lawrence.Mais Ibn Saoud préfère rester neutre, neutre bienveillant.Ses rapports avec Hussein ont toujours été acerbes.Ils deviennent plus mauvais encore.L'ambition du chérlf se heurte au rêve d'ibn Saoud qui, par la seule crainte des Anglais, ne l'attaque pas.Mais ses conseillers, ses troupes veulent la guerre contre le Hediaz.En s'y refusant, Il les mécontente.Il le sait, il sait que des murmures s'élèvent.Mais ce guerrier est un sage.Hussein est l'allié des Anglais.Lui aussi est leur allié.Il le croit du moins, mais il y a cependant des choses qui l'étonnent.Il croit encore qu'un pays en guerre n'a qu'une politique et il ne comprend pas pourquoi les Britanniques, ses alliés, fournissent des armes et de l'or à des tribus qui s'apprêtent à lui faire la guerre.Il ne comprend pas pourquoi ils lui demandent de ne pas marcher contre Hussein alors qu'ils donnent à celui-ci des facilités pour le combattre.Dans son langage il traduit ces contradictions étranges par le mot duplicité.Ce n'est pourtant pas son premier étonnement.Il attend encore, mais chaque ;our d'indécision mine un peu plus son prestige.Le mécontentement gronde.Ses guerriers vont jusqu'à le menacer de combattre sans lui Hussein.Il est prisonnier des vic-'oires qu'il leur a données.Enfin une occasion se présente.Une nouvelle trahison d'Hussein lui permet de nouvelles batailles.Il marche d'abord contre le Rashid et le corrige.Puis, descendant vers le Hedjaz, il prend Khurma, près de La Mecque, qui se trouve sous le gouvernement d'Abdallah, fils d'Hussein, qui s'eniuit à cheval, en chemise, jasqu'à la ville sainte, pour recevoir la malédiction de son père Le Hedjaz frémit.Les pèlerins courent vers Djeddah tant le nom seul des wahabites les épouvante.Ibn Saoud a devant lui le chemin de la terre sainte.Il va mettre le plus beau fleuron à ses Etats.Mais les Anglais sont là qui le somment de se retirer.Il connaît leur puissance et ne surestime pas ses forces.La rage au coeur il s'enfonce de nouveau dans les sables du Nedj.L'heure n'a pas encore sonné.Les conférences succèdent à la guerre A Paris, Lawrence tente d'imposer Hussein comme chef d'une confédération des pays arabes.Hussein est le valet auquel on peut donner des ordres.Avec lui l'Angleterre sera maîtresse de l'Arabie et conservera le contrôle des routes des Indes L'émir Fayçal, fils d'Hussein, est installé roi à Damas.La France le chasse.Lawrence, impuissant, nous hait davantage.Un autre fils d'Hussein, Abdallah — le fuyard en chemise de Khurma — est fait roi de TransJordanie, nouvel Etat, et Fayçal reçoit l'Irak, création de la Grande-Bretagne.Hussein demeure au Hedjaz.Personne, au cours de ces conférences qui ont refait la carte du monde n'a prononcé le nom d'ibn Saoud.Mais les Anglais ont établi autour de lui une ceinture.Il est encerclé par leurs amis, ses ennemis.Il attend.(Suite à la page 26) affe 20 La Revue Moderne Septembre 1037 EN ROUTE VERS L'AUTOMNE lis robes d'après-midi ion) droites el courtes ,— pour es de lerre au moins — el les nouveaux lissiis pour «es robes sont I apaga.la ben galtne, les ( rêpes à effet de lainage el de jolis lainages souples.(Quelques fraudes m.lisons de < outure pré-senlenl des modèles a détails de garniture sobre: nervures de couleur, noeuds genre tailleur lOiHIIU ceux «le la robe Q^o.I .e Fermoir-éclair n esl plus une nouveauté es| devenu rl un usage courant par les servir es • 11¦ il rend l.uil au point de vue utile rpie pratique Il ferme parfaitement 1rs rolies et si rapidement qu'il est devenu presque indispensable.I .e genre i liemisier est généralement adopté pour les manche*, Cependant, quelques-unes sont larges du baut.Les encolures sont du même style, quoique certaines collections lancent des encolures ouvertes en Y d un genre nouveau.I.essai tenté, il y a quelques mois, fait définitivement partie de la mode de la saison.I.e V est profond mais étroit.L encolure monte légèrement sur le cou dans le dos et dans les côtés.On peut laisser porter I ouverture ou en retenir les borrls, au milieu, avec une jolie bro< be ou une pince.• L'encolure de cette robe "5339,651 la plushaute nouveauté: un V profond, étroit, dont les bords remontent sur le cou de chaque côté.Métrage: pour un 36, 31 verges de crêpe en 39 pouces.12 à 1S ins, et 36 à 42.Prix: 45 sous.• Petite robe simple 9382, à fermoir-éclair et à empiècement de ligne nouvelle.Elle peut être fermée par des boutons, si on le préfère Métrage: pour un 36, 3J verges de tissu en 39 pouces.12 à 18 ans, et 36'à 42 Prix: 45]sous.SI voire marchand local ne peut vous fournir ces patrons McCall.demandez-les a MeCall Corporation.SO, rue York, Toronto.Ont.Los explications diss patrons McCall sont redtçOs en français et en anglais.Septembre io^ La Rkvi'e Moukrnk Page Jt 38 • Gracieuse toilette du 9oir en taffetas, ou en chiffon sur taffetas, 9361.La jupe, coupée en trois morceaux, est montée sur un empiècement.Métrage: pour un 16 ans, 5J verges de taffetas en 39 pouces.12 à 20 ans.Prix: 65 sous.• Charmante pour le soir cette redingote de dentelle sur une robe de taffetas largement étoffée du bas, 9332.Métrage: pour un 36, 51 verges de dentelle en 35 pouces et 4f verges de crêpe ou de taffetas en 35 pouces.12 à|18 ans et 36 à 42.Prix: 65 sous.• Cette petite robe du soir.93 2 1.réunit à la fois l'allure juvénile gracieusement ondulante et l'originalité.Egalement jolie en imprimé ou en tissu uni.Métrage: pour un 16 ans, 6J verges de tissu en 39 pouces.12 à 20 ans.Prix: 65 sous.• Toilette courte pour la danse, 9335, création de Schiaparelli; se caractérise surtout par l'ampleur du bas de la jupe, soit environ 52 verges.Ce modèle est de satin brocart.Métrage: pour un 16 ans, 5| verges de tissu en 29 pouces.12 à 20 ans.Prix: 45 sous.• Ce beau manteau du soir, 9178, sera élégant en velours et superbe en brocart.Il est fermé à la taille par un bouton et une bride.Métrage: pour un 36, 6} verges de tissu en 39 pouces.12 à 18 ans et 36 à 42.Prix: 50 sous.Page 12 La Revue Moderne Septembre Septembre i0*,7 I a Revue MonF.RNr Page 2-> 9372.930Ô V HARMONIE DE LA SILHOUETTE • Un modèle qui s'adapte bien au velours ou au satin, 9372.Encolure en V avec petit col droit, corsage réuni par des fronces à la longue pointe du devant.Métrage: pour un 16 ans, 3} verges de velours en 39 pouces.13 à 17 ans, 12 à 20 ans.Prix: 50 sous.• Les robes les plus nouvelles se caractérisent par un drapé ou des fronces.Un empiècement drapé comme la robe 9309, est très élégant.Métrage: pour un 16 ans, 3J verges de tissu en 39 pouces.12 à 20 ans.Prix: 45 sous.• Petite robe élégante 9308 pour un tïié-dansant.Se fait en sitin foncé ou clair.Modèle Nina Ricci.Métrage: pour un 16 ans, 2 J verges de sitin en 39 pouces, et \ de verge de sitin ontris-tant en 39 pouces.12 à 20 ans.Prix: 45 sous.• Le style paysin, si en vogue, a inspiré ce modèle 9352.Métrage: pour un 16 ans, 3J verges de crêpe de soie en 39 pouces, et l de verge de taffetas quadrillé.11 à 17ans,et 12à20ans.Prix: 25 sous.I \ Ki m 1 Moderne Septembre 1037 PRATIQUES ET DE BON GOUT • Peu de tissus donnent autant de chic à la robe 9286 que le satin.Les fronces aux épaules fournissent une belle ampleur au corsage.Métrage: pour un 36, 3| verges de satin en 39 pouces.12 à 18 ans, et 36 à 42.Prix: 45 sous.• Un vieux thème toujours rajeuni: la robe tailleur si pratique, si confortable; large cravate nouée à l'encolure.Très chic en tweed.Métrage: pour un 36, 4 verges de tweed en 39 pouces.12 à 18 ans et 36 à 46.Prix: 45 sous.L___ Septembre tQT7 • Le modèle 9227 est de genre chemisier, en crêpe, avec grand plastron à plis creux.Les lignes sont simples et la coupe nette.Métrage: pour un 36, 4 verges de crêpe de soie en 39 pouces.12 à 18 ans et 36 à 42.Prix: 45 sous.• Jolie robe d'une allure juvénile et du lignes amincissantes 9285.L'empiècement est plutôt étroit ainsi que le décrète la mode de cet automne.Métrage: pour un 36, 3| verges de crêpe de soie ou de lainage "sheer".12 à 18 ans et 36 à 42.Prix: 50 sous La Revue Moderne g îlkillm i peu i BiUfcfllmîuïpt'U'i (lui.Améliorez votre apparence, jouissez vous aussi d'une belle taille aux lignes harmonieuses.Les pilules persanes \J ,\ donneront à votre |ur J poitrine cette ron-V / deur et cette fer-./ metesi 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lui acheter de l'eau et tolère le pillage sur les routes du pèlerinage, ce traître qui a vendu son pays aux infidèles et qui cache son or à l'étranger?Les Anglais, au surplus, sont las de ses plaintes.L'heure tant attendue a sonné.L'heure a sonné et Ibn Saoud peut agir à sa guise.Sa diplomatie patiente a sapé les tranchées tortueuses des Anglais.Il envoie, en éclaireurs, quelques troupes vers La Mecque.En route, elles s'emparent de Taïf, la résidence royale d'été.Les Ikhwans poursuivent leur marche vers la ville sainte.La Mecque tremble de peur.Hussein abandonné de ses soldats, entouré de la haine du peuple qui ne voit que dans son départ le salut de la ville, Hussein abdique et fuit, emportant ses trésors.Huit jours plus tard, il s'embarque à Djeddah sur un aviso anglais.Il surveille lui-même l'arrimage de ses coffres, les compte et les recompte.Mais quand il veut les débarquer, l'Angleterre déclare qu'elle met l'embargo sur ces caisses pleines d'or, de bijoux et de pierreries, sur ce trésor des Mille et Une Nuits.Le vieux roi détrôné est mort pauvre, en Irak, où il s'était réfugié.La Mecque tremble toujours.Hussein a abdiqué en faveur de son fils Ali mais les habitants, paralysés par la terreur, refusent de défendre la ville.Les Anglais ne répondent pas davantage à son appel.Ils ne se mêlent pas, disent-ils, des querelles religieuses.Le champ est libre.La Mecque est prise par quatre Ikhwans.Saoud y entre la tête nue, vêtu de l'ihram, des sandales au pied, tel le plus humble des pèlerins.Il a réussi à percer entre la Trans-jordanie et l'Irak, au nord de l'Ara-bie, un corridor que le fait déboucher sur la frontière syrienne.Il a rompu le cercle où ils l'avaient enfermé avant sa conquête du Hedjaz.L'Angleterre ne veut pas de ce corridor qui coupe une des routes des Indes, de la Palestine à Bagdad.Ibn Saoud, pourtant, ne veut pas céder.—- Nous avons signé un traité avec la France, lui dit l'émissaire britannique.Vous devez reculer la frontière du Hedjaz.Alors Saoud consent à évacuer le corridor.Mais quelques mois plus tard, il apprend que jamais il n'y eut de traité franco-britannique .Décembre 1925, Médine et Yenbo, son port, se sont rendues.Djeddah, affamée, lui ouvre à son tour ses portes.Il y entre avec les honneurs du triomphe.Là se trouvent les consulats des puissances européennes.Il n'est pas seulement le maître des contrées désertes où l'Angleterre l'avait encerclé, il est le maître du Hedjaz, le maître des villes saintes.Il faut que l'Europe le sache.Sur la route de La Mec me, il apprend que le peuple l'a nommé roi du Hedjaz.Il retourne dans le Nedj où son absence faisait murmurer.Il parait.On lui offre encore une couronne.De retour au Hedjaz il commence à épurer le pays.Ses Ikhwans pourchassent les pillards de caravanes et les massacrent sans merci.Les Bédouins, épouvantés, se dispersent devant la justice sommaire et immédiate de Saoud et les routes sont maintenant plus sûres que la rue la plus éclairée de Paris.Il lutte contre l'immoralité, contre le luxe, contre tout ce qui distrait de la pensée divine.Il impose la vertu par le sabre.Il organise en même temps l'industrie du pèlerinage, seule richesse du pays.Il lance des autos là où s'acheminaient lentement les caravanes.Il achète des avions qui s'ajoutent à ceux que Hussein a abandonnés, il Installe le téléphone, crée une station de T.S.F.Il sépare le Hedjaz du Nedj.Son fils, Fayçal, est vlce-rol du Hedjaz et son fils aîné, Saoud, vlce-rol du Nedj.Les grandes puissances reconnaissent sa souveraineté.11 est le maître incontesté du 1 K-< 1 -jaz, du Nedj et autres dépendances.Mais les Ulémas ayant trouvé que ses mousfaches étalent plus longues que celles du Prophète, Il les rac-coursit.De nouvelles luttes contre les tribus rebelles pendant que le roi de TransJordanie s'agite et que le Yémen menace l'Asir, cette province mitoyenne avec le Hedjaz.Saoud modernise ses moyens d'action, consolide ses frontières avec l'Irak et la TransJordanie, il se retourne contre le Yémen dont l'Iman a reçu, pour le combattre, l'or des Italiens.Sans bataille il impose un armistice.Le Yémen est la région la plus riche de l'Arabie.Va-t-11 l'annexer?Non.Il le peut mais ne le veut pas, sachant qu'il n'en aura que des déboires.Il organise les Etats que lui a donnés la victoire et consolide son oeuvre.La crise qui s'est abattue sur le monde a atteint l'Arabie dans le pèlerinage de la Mecque et dans la vente des quelques produits qu'elle exportait.Le pays est pauvre, mais il est uni sous le sabre de Saoud, ce sabre qui, avec la devise de l'Islam, flambloie sur l'étendard vert du royaume arabe.Ibn Saoud a conquis malgré les Anglais son royaume à la pointe de ce sabre.On ne le lui a pas offert à l'issue de quelque conférence internationale.Il ne le tient pas de l'étranger.Pendant 36 ans, il a bataillé partout, il a lutté sans trêve, formant autour de Riad, germe vital, l'immense empire avec lequel l'Europe devra peut-être compter si sa faiblesse réveille un jour le grand rêve de l'Islam.Il a inscrit dans l'histoire de notre temps une page fantastique.Tel est l'homme qui a épousé l'Arabie.~ IV- Et voici que, dans la nuit, surgit la ville sainte du désert.]e suis à La Mecque.CETTE redoutable figure du roi victorieux, je la dresse devant moi pendant les heures longues et lentes de ma séquestration.Et je fume.C'est ma première surprise heureuse car Ibn Saoud ne veut pas que son royaume arraché au néant connaisse les faiblesses de l'Occident, et fumer est une distraction sacrilège.Pourtant, depuis cette année, on peut sans se cacher se livrer à cette joie profane.Qui sait?Peut-être l'an prochain aura-t-on le droit de chanter, de rire?Je fume donc et je songe à Ibn Saoud en souhaitant qu'il n'ait jamais l'occasion de penser à moi.Le verrai-je?Et le verrai-je semblable à cette image qu'on ma livrée de lui?Mais n'anticipons pas.Il est dix heures du soir lorsque enfin Hadj Brahim vient me chercher.Je le suis sans lui demander d'explication.Une auto est devant la porte, une sorte de camionnette-char à bancs.Sous ma fenêtre j'avais vu passer, toute la journée, traînées par des bourricots et poussées par des hommes, d'énormes caisses marquées d'inscriptions américaines.Ces caisses contenaient des châssis automobiles, mais rien que des châssis, hélas.La carrosserie se fait sur place: quelques montants reliés par des tiges métalliques où s'accroche une sorte de capote en toile, deux bancs latéraux de bois, c'est tout.Je m'installe au milieu des gens qui font partie de notre groupe et que je ne connais pas.Les valises, les sacs, les bidons sont accrochés de chaque côté de la voiture, à l'extérieur.C'est miracle si tout arrive et si les ficelles qui les arriment ne cassent pas en route .Enfin nous partons.Nous roulons entre des maisons qui ont l'air d'un décor planté là pour quelque ballet nocturne des Mille et Une Nuits.Et brusquement, dans un nuage de poussière, la voiture s'arrête, geignant de tous ses ressorts.Nous sommes devant une double porte toute blanche près de laquelle veillent des Ikhwans en armes — des armes bien inutiles car leur regard inspire une terreur suffisante.Cette porte est celle d'Orient, celle qui va m'ouvrir un monde nouveau dont aucun présage ne m'assure que je reviendrai.C'est le premier contrôle.Nous sommes douze dans la camionnette.Le soldat compte.Le nombre correspond bien à celui qui est porté sur la feuille de voiture.Il fait le tour de l'auto.La nuit dissimule mon visage où ma barbe et mes cheveux ras, et, dois-je le dire, le fait que pour patiner mon visage je ne me suis pas lavé depuis plusieurs jours, créent peut-être l'illusion que je suis arabe.Mais j'ai l'impression assez pénible qu'il s'arrête longuement derrière moi.Enfin il rejoint le poste.Nous allons partir.Le moteur est en marche.Un Ikhwan se précipite alors vers le chauffeur et lui crie des mots que je ne comprends pas.Je songe à une tombe du cimetière de Djeddah, une tombe que je n'ai pas vue mais dont Albert Londres — qui croyait pouvoir passer — m'a dit qu'elle portait le nom d'un Fran-(Suite à la page 28) Patfe 36 La ReVUI MoDKRNr: Septembre ig37 VIENT DE PARAITRE Histoires du < ';tnada ( 1 ) Le litre «le cet ouvrage, récem-m.nt paru aux Editions de l'A.CF., est ù lui seul une promesse pour le futur lecteur de bons et joyeux iM.nls d'heure.Pour se faire une Imnne pinte de sang gai, Il faudra l'apporttt avec sol en vacances ou amplement dans sa chambrette.Il y a dans ces "Histoires du Cana-la" comme d'ailleurs dans "Quand i'pari'tout seul", un peu d'Ironie, un peu de rire, un peu de tristesse au fond.Beaucoup de vérité.Ces récits le i/ijf ramunrhtm, d'un langage fruste et Imagé, font miroiter tous M'iitiments de l'âme populaire.Ce n'est plus de l'histoire officielle, faite de nomenclatures et de grands ;eftM qu'il s'agit, c'est plutôt du revers de l'histoire.D'ailleurs le passé r I le présent offrent de nombreuses similitudes qui n'échappent pas à ce Mvroche canadien et lui donnent l'occasion d'exercer son humour si caractéristique.Parfois le trait dépasse la satire pour exprimer l'indignation d'une âme noble et généreuse.L'auteur n'est plus gêné Ici, comme I ms son recueil de vers, par la mesure et la rime.Aussi s'en donne-t-il à coeur joie.Dans un avertissement aux lecteurs, il confesse que dans les pages qui suivront il va "parler à travers son chapeau" et que c'est là son mérite, sa supériorité, sur tous nos gouvernants qui parlent à travers leur tuque sans en convenir.Il fompte bien n'avoir que des lecteurs intelligents qui sauront lui pardonner son franc parler.Ce livre s'apparente, pour le sérieux historique à celui de Germain Beaulieu, "Nos Immortels".Jean Narrache critique beaucoup de gens, les parlementaires en particulier.Il laisse à chacun le soin de se coiffer du bonnet.Mais il n'a pas pour but de faire de la peine à qui que ce soit.Il ne cherche qu'à mesurer par l'étalage de cocasseries dans le domaine historique.Il peut en sortir du bien.L'auteur se déclarera satisfait si, en plus d'égayer ses lecteurs, 11 a fait quelques conversions au bon sens, au bon goût, à la simplicité, cette vertu des génies.Les vergers sur la mer (2) Dans sa prison, le grand écrivain — Incarcéré pour avoir préservé la France de la guerre — se laisse aller à rêver.Où sa rêverie l'entral-ne-t-elle?Vers ces parages de l'Atlantique, de l'Italie, de la Provence, vers les contrées immortelles qui l'auront Immortalisé.Jamais Maurras n'est plus poète que lorsqu'il dépeint ou se rappelle les rivages de douceur lumineuse où il était né pour vivre.On dirait, dans Les vergers sur In mer, d'une anthologie éblouissante des pages les plus fameuses vouées à sa "patrie de soleil".Pages qui ne sont pas de seule description, mais parfois d'une dialectique aiguë et subtile évoquant Platon.Voici une dissertation hardie, aérienne, profonde, justement sur "l'amour grec"; voici la page où la fille de l'écume, Aphrodite, est mise au bûcher.On voudrait citer chaque morceau de cette mosaïque: les chapitres sur Gênes, sur Florence, sur le fascisme à ses débuts et cette profusion merveilleuse d'impressions de Provence où le poète se reconstruit son Hella-de d'adoption.Les vergers sur la mer est la réponse de l'écrivain aux tyrannies du pouvoir: ce livre admirable proclame la liberté supérieure de l'intelligence parmi les astreintes de l'âge de fer.(I) Jean Narrache: Hi*lolre« tlo Canada.T.lbralrl* d'Action Canadienne Française.Limitée.17J5, rue Saint-Denis.Montréal.(21 Charles Maurras- Le» v errer* sar la mer.Ernest Flammarion, éditeur.Paris.LA PETITE POSTE Une insertion: 75c Cette somme donne droit a dix-huit (18) mots abrégés.La drlectlon n'accepte aucune formule FANTAISISTE et se réserve le droit de retrancher ce qui ne serait pas conforme au règlement.Chaque annonceur devra fournir pour le renseignement de la direction, outre le i^eudonyme, les nom et adresse véritables — ceci est OBLIGATOIRE.Chaque envoi devra être accompagné du montant requis — bon postal ou timbres.Les annonces doivent nous être adressées avant le douze du mois qui précède la publication de la revue.Ceux qui désirent se faire adresser leur courrier a La Revue Moderne n'auront Qu'a ajouter quelques timbres en plus, pour que nous leur en fassions l'expédition.Le courrier non réclamé, après une période de soixante (60) jours sera détruit.On devra adresser: — La Petite Poste.La Revue Moderne, 320, rue Notre-Dame est, Montréal.AVIS — Nous ne nous chargeons nVnucun mes*iage pour les correspondants.La correspondance doH •* lu-.T il.- crampes, ou affecter le Plus de 2,000,000 de mères ont appris à compter sur le Castoria.Pourquoi n'en gardez-vous pas toujours une bouteille à la maison?On en trouve chez tous les pharmaciens.Demandez la grande bouteille, la plus économique.CASTORIA /' laxatif lin'purr expressément pour béhts vt jeunes enfants (.iLttnrlft, muri|ur déposé*, un ( iinsila AUBE ROUGE (Suite tli lu page 29) y a à Saint-Charles une petite colline séparée de la Rivière par la grande route.La maison de Pierre Debartzeh émergeait d'un grand abatis d'arbres auquel travaillaient une centaine de patriotes.Deux autres patriotes se promenaient à l'entrée du village, le fusil sur l'épaule, la tuque de travers, la pipe aux dents, riant et plaisantant.Ils ne semblaient pas prendre bien au sérieux leurs devoirs militaires.— Hé, le jeune, que fais-tu dans ces parages?demanda l'un d'eux, en arrêtant par la bride le cheval de Louis Constant.— Je veux voir votre chef, dit Louis, que sa course rapide avait couvert de boue, de sueur et d'écume.— C'est Brown qui commande, répondit le même patriote qui l'avait interpellé.— Et Nelson ?— Nous ne l'avons pas vu.— Je veux voir Brown alors.— Suis-moi, dit le patriote.Et la main passée dans la bride du cheval, il le mena à pas lents vers le centre du village.Ils n'eurent pas de peine à trouver Brown, qui pérorait au milieu d'un groupe.Il jetait de temps en temps des ordres d'une voix importante.Louis se rappela le docteur Nelson à Saint-Denis, ses moustaches grises, ses manières débonnaires, son oeil vif de vieux Normand.Il conçut une antipathie immédiate pour ce personnage hybride.Tel était le degré de l'exaltation collective que personne ne semblait partager ses sentiments à l'égard de ce leader improvisé qui sortait on ne savait d'où.A des yeux plus expérimentés, il eût apparu dans son vrai rôle d'agent provocateur expédié par les Anglais de Montréal pour soulever des troubles.Personne ne semblait s'étonner de la rapidité avec laquelle Gore était apparu devant Saint-Denis au moindre signe de soulèvement, de la soudaineté de l'avance de Wetherall, avec son infanterie britannique et montréalaise.— Que voulez-vous, jeune homme?demanda Brown, sans avancer d'un pas.Louis mit pied à terre et s'approcha du petit groupe parmi lequel il reconnut plusieurs de ses camarades de la veille.Ils le saluèrent et lui demandèrent des nouvelles de Mo-rin et de plusieurs autres patriotes.Il leur répondit de son mieux.— J'apporte une importante nouvelle, dit-il brusquement, s'étonnant lui-même de son aplomb.— Et cette nouvelle?— Les Anglais sont à trois milles de Sainte-Madeleine.Ils y ont installé leur camp et y passeront probablement la nuit.Les patriotes s'étaient rassemblés à la vue de ce courrier qui leur arrivait de la direction de l'ennemi.— Un coup pour te remettre, le p'tit jeune?suggéra une voix mi-railleuse, mi-respectueuse.— Merci bien.De l'eau seulement, si vous en avez, demanda Louis.Un éclat de rire général accueillit cette inconsciente plaisanterie.Quelqu'un lui tendit un verre d'eau qu'il avala d'un trait.Bientôt, ils se dispersèrent.Personne ne s'occupa plus de lui.On le laissait aller et venir dans l'intérieur du camp.Il fit quelques pas, observant les préparatifs d'un oeil curieux, surpris de l'indifférence avec laquelle on avait accepté la nouvelle vitale de l'approche de l'ennemi.A Saint-Denis, une grande partie des patriotes étaient des fermiers sérieux et bien connus, des amis de Papineau, de Nelson surtout, accourus de plusieurs milles à la ronde.Ici, c'étaient pour la plupart de jeunes, même très jeunes gens.Ils se promenaient avec insouciance et leur verbe haut, Unir démarche, leurs geste, leurs rires, paraissaient faux et assumés.Ils semblaient, sous leur apparence bravache, moins résolus et inoins fermes que ceux de Saint-Denis, où l'on avait attendu l'ennemi avec une gravité de bon augure.Il chercha son beau cheval, capturé au risque de 6a vie, et ne le trouva pas.Haussant les épaules, il s'approcha de ceux qui travaillaient à l'abatis, et leur demanda la permission de les aider.Et jusqu'à dix heures du soir, il peina de son mieux, sans attraper de meilleur repa.s qu'une assiettée de fèves au lard.Puis, brusquement, comme chacun abandonnait la besogne de fortifie! tion, il suivit les autres dans le quar tier-général : la maison de Pierre De bartzeh, une grande structure de pierre meulière bâtie comme on les bâtissait alors, avec des murs de trois pieds d'épaisseur, des fenêtres à croisées blanches, des volets peints en vert, un toit pointu.Cette maison faisait l'angle du camp, face à la direction d'où devaient arriver les Anglais de Wetherall.Elle était pleine de la cave aux combles de patriotes accroupis sur les planchers.Point de femmes en vue.Tout ce monde parlait fort, chantait, buvait, échangeait des plaisanteries sonores, ressassait inlassablement les discours de Papineau et de ses partisans.Pierre Debartzch, Brown, et un groupe de patriotes de mine plus sérieuse que les autres, discutaient les dispositions prises pour résister à l'ennemi.Considérant, disait-on, que YVolfred Nelson avait réussi à arrêter Gore sans autre retranchement que les maisons de Saint-Denis, on ne doutait pas de pouvoir détruire entièrement Wetherall en se servant de l'abatis comme base d'opérations.Louis chercha en vain une place où poser la tête.Une migraine étrei-gnait fortement ses tempes.Il songeait continuellement à sa promesse et à la manière de l'accomplir.Il sortit sans avoir échangé dix mots avec les autres.L'air nocturne sentait la neige.De lourds nuages sombres couraient dans la nue grise, obscurcissant le scintillement intermittent des étoiles.Des groupes causaient devant de grands feux de bivouac.Des hommes dormaient enveloppés dans des couvertures de traîneaux.Il chercha inutilement son cheval.Il y avait bien des voitures attelées de bêtes patientes, mais il était trop honnête pour se saisir ainsi du bien d'autrui.Las jusqu'à la moelle, il entra dans une maison déserte en apparence, située en dehors du retranchement.Il la trouva pleine de dormeurs.Il s'étendit dans un coin de la cuisine, non loin d'un feu de bûches et sombra dans le sommeil sans rêves de l'épuisement complet.Un remue-ménage, des avertissements répétés, une main le secouant par les épaules, le tirèrent de cette espèce de coma.Un patriote moustachu lui avait rendu ce service.Il faisait grand jour.Le feu ne brûlait plus.Il se dressa sur ses jambes ankylosées, ses mains gourdes de froid, la tête vide, une crampe de faim tordant son estomac.— Hâte-toi, lui dit l'autre, les Anglais arrivent.— Les Anglais, murmura-t-il bêtement, faisant effort pour retrouver ses sens.Ah! oui, dit-il, les Anglais.La mémoire lui revint brusquement.Il revit, comme s'il se trouvait auprès d'elle, Marie Guillaume et ses yeux de biche effrayée.—¦ Il faut que je sorte d'ici, dit-il brusquement.— Trop tard, répondit l'autre, qui s'était retourné dans l'encadrement de (Suite à la page 34) Page 30 La Revue Moderne Septembre 1057 PARLONS Gelées et Conserves Voici l'automne, II faut déjà penser aux provisions pour l'hiver.C est le temps de préparer gelées, confitures et conserves afin que, la saison froide venue, lu maîtresse de maison ne se trouve jamais dans l embarras a l'arrivée dliMes inattendus, ou pour varier /es menas et rendre la tahle familiale attrayante aux siens.TomatoH verte» marinées entières 1-4 de Ixiiiiheiii de petites loin.des vertes; 1 pinte d'eau bouillante; 3-4 tasse de sel a marinades; 1 pinte de vinaigre; .3 liv.de sucre hrun; 1-4 cuil.a thé de poivre de cayenne; 1 cuil.à thé de cannelle; 1 cuil.à t li< d'épices mélaiiKi'-es; I cuil.à thé de Kl.il ne de céleri ; < lous de ko "H' enl iers Faites dissoudre le sel dans de l'eau bouillante, nielle/ r|U
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