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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1941-09, Collections de BAnQ.

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Dans le village, personne ne l'appelle par son nom; c'est "le docteur".Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît; depuis toujours.Il aide les jeunes à naître et à grandir sainement; il aide les vieux à mourir dans la paix.Jamais pressé, car il sait que dans le village la vie est lente et sans surprises, il est souriant car il sait que les souffrances ne sont pas éternelles.Il plaint ceux qui ne se plaignent pas et plaisante ceux qui se plaignent trop.Il ne demande rien à celui qui ne possède au monde qu'un maigre champ; mais à tous il donne plus qu'on ne lui demande.Et la sérénité lui vient de sa science, qui varie peu, ainsi que de la terre au contact de laquelle librement il a choisi de vivre." (Publié en hommage aux médecins du Québec par la Brasserie Molson Ltée.) J TABtEAU DE N.de G RANDMAISON • tÉGENDE DE RINGUET _ L_ A REVUE MODERNE M N T R E SEPTEMBRE vol.2 3 N o 5 i'iïs.,1 ni : n.-n,,, ai:thii:i{, m k V.-Président et directeur: Roland BEAUDRY Directeur littéraire: Henri CI HA RU Directeur artistique: Raser FRIGON SOMMAIRE Jle (la+ncot du tnoti.PA.GES Autant en emporte le vent Margaret Mitchell 34 Roman a d-uiosie Le Cygne noir A/auuelleA La Princesse de Val-Joli L'arbitrage La Vie du frère André Je prouve Le Saint-Cyr de la France Libre Rafaël Sabatini 9 Carole Richard 5 Etienne Gril 12 Louis Francoeur 7 Pierre LeBaron 16 E.de Miribel 13 Le tricot La mode La cuisine La beauté 18 Michèle LeMaitre 19 Florence Raymond 22 Florence Raymond 23 Le film du mois Les mots croisés La petite poste -Ha fioae del eé^atitl Histoire de Dodu civilisé Entre nous 14 32 52 Arthur 33 Henri Girard 4 Le Major-Général L.-R.LaFlèche.D.S.O.I*ea manuscrlt-s fournis aux éditeur! regolmm tout*' la considération poaslbuv.ninks iwtH' la i^trirtlon qu'il» le «ont uux risque» de J'«.uh>ur et sati£ qu« les éditeurs a'«n«-aKent ù U« :i« < eptt-r ou .\ Uvh publl-i 1.» K.M l K MOI>KKM\ NlIssp j\ se* oollal'oi\ittMirs lVntien- responsabilité de leu r> écrits.\IIKK N K < -I pub! lée mensuel l.iu.nt par la a*- Moderne ldmlte>, Si tÊM bureaux et atelier», 320 est.rue Notre -Dam*, il Montréal ; MArque-tte 1221."J'aimerais mieux que Grand-père ne vive pas chez nous!" Pu Q Une jeune maman apprend comment résoudre un vieux problème 1.Je n'aime guère à corriger mon petit Jacquot mais, l'autre jour, il fut si impoli envers Bon grand-père que je dus lui donner la fessée.Mon beau-père, un homme charmant, est d'ailleurs mal à l'aise d'être obligé de rester avec nous.2.Le trouble commença lorsque je priai Grand-père de donner à Jacquot son laxatif.Celui-ci déteste prendre ce laxatif et Grand-père dut le lui faire avaler maigri lui.C'est alors que Jacquot fit la scène à ~m grand-père.3.Je me vis donc forcée de punir l'enfant, et l'atmosphère était à l'orage lorsque ma cousine, une garde-malade diplômée, entra tout à coup.Mise au courant de la situation, elle me dit: "Pourquoi obliger un enfant à prendre un laxatif qui lui déplait ?" 4."Vous risquez ainsi de blesser son svs-tème nerveux si délicat", continua-t-elle."Il faut donner aux enfants un laxatif qui a bon goût, qui est fait spécialement pour eux, et non pas pour les adultes.Pourquoi ne pas essayer le Castoria?Il est sûr, efficace et a bon goût".5."Et l'on peut se fier au Castoria car, bien qu'il soit bénin, il ne manque jamais son effet.Cependant, il ne contient pas de drogues drastiques.Essaie-le", conclut ma cousine, "et tu verras!" Je courus en acheter une bouteille sans délai, à la plus proche pharmacie.m 6.l'-t la prochaine fois que Jacquot eut besoin d'un laxatif, je laissai Grand-père le lui donner.La petit en aima si bien le goût, qu'il lécha la cuiller et remercia son grand-père.Les deux sont maintenant de grands amis et, grâce au Castoria, le problème du laxatif n'en est plus un! RENSEIGNEMENTS D'ORDRE MEDICAL Les traités de médecine disent: (1) dans la plupart des cas, le séné ne dérange pas l'appétit ni la digestion et ne cause pas de nausées; (2) li' s.n.'- produit mu I.ut son rff.t dans le gros intestin ; (3) dosé convenablement il facilite l'élimination et n'a guère tendance à occasionner de l'irritation ou de la constipation après qu'on en a fait usage.Le séné est soumis à un procédé spécial dans le Castoria de manière à éviter la colique et a produire un effet laxatif bénin.CASTORIA Le laxatif SUR pour les enfants lui lectèuJt Sous cette rubrique nous publions les opinions et les critiques de nos lecteurs choisies parmi les lettres les plus intéressantes que nous avons reçues pendant le mois.Toute lettre publiée vaut à son signataire un dollar.A l'auteur de la lettre jugée la meilleure publiée pendant l'année va un prix de $25.L'on est prié de s'en tenir à des opinions et des critiques sur la Revue Moderne ou les écrits de ses collaborateurs.L'on adresse ses lettres à "Opinions", 320, Notre-Dame est, Montréal.OUI, FRANCOEUR FERA ENCORE DU BIEN Montréal, le 21 juillet 1941.Monsieur le directeur, Je ne puis résister aujourd'hui, en feuilletant de nouveau la Revue Moderne, de venir vous en causer un brin.Elle me plait beaucoup comme à plusieurs je n'en doute pas.Les nouvelles et articles sont fort intéressants et instructifs.Les gravures captent l'oeil et le roman, eh! bien, il sait nous faire.rêver.Et ce qui est très beau, c'est l'hommage rendu à ce grand Canadien disparu.Je vous félicite de votre idée de nous le faire revivre par ses écrits, que votre revue publiera tous les mois.Sa plume, si facile, saura encore faire du bien et apprendre un peu ce que M.Francoeur vivant aurait voulu graver dans les coeurs canadiens.Je suis persuadée du succès de la Revue Moderne et ses collaborateurs méritent des félicitations sincères.Bien à vous, Simone C.-BOUCHER, 3608 ouest, Notre-Dame, Montréal.* * * BIEN MALIN, EN EFFET ! Thetford-Mines, 14 juillet 1941.Messieurs, Bien malin serait celui qui n'aimerait pas cette revue bien française qui nous aide à enrichir notre domaine intellectuel et qui devrait être lue par tous, les jeunes comme les vieux.Etant une mère de famille j'apprécie hautement les pages féminines de travaux de fantaisie, de mode ou même de beauté.En vous offrant mes félicitations, je demeure, Sincèrement vôtre, Mme Noël POTVIN, Thetford-Mines, P.Q.Septembre.A lécole, les enfants! A l école, l avenir tin Canada françaisl L école.1' San} les instituteurs, quelques députés à l Assemblée législative, un très petit nombre de parents et, bien entendu, plusieurs membres du Conseil de lins truction publique, qui s occupe d elle ?Qui se préoccupe de ce quelle est, de te qu elle doit être, de ce qu elle sera?Datnnable indifférence} Comme il ny a pas moyen de transformer brusquement un peuple entier, il faut bien que le progrès et les progrès se réalisent par l école.Dans une très large mesure, nous sommes ce qu elle nous fait.Il faut donc qu elle devienne la préoccupation constante de ceux qui ont assez de coeur et d intelligence pour ne pas se laisser croupir dans la satisfaction du vivre quotidien.Je ne veux pas croire qu ils soient aussi rares qu on l a dit.Mais le grand péché, c est que les parents sont tous portés, par un sentiment de vanité bien compréhensible, à penser que leurs enfants s avèrent bien plus francs, bien mieux doués, bien plus intelligents que leurs instituteurs et institutrices.Le péché, j allais dire le malheur, c est que la plupart des parents prennent parti pour l enfant contre l instituteur, voire contre l école.Loin de collaborer avec celui qui demeure, en fin de compte, leur meilleur allié dans l'accomplissement quotidien de l oeuvre d éducation, ils écoutent plus volontiers le charmant chouchou ("Il a un si beau caractère, ma chère.Je pense qu il va faire un prêtre.) que l'homme ou la femme de dévouement qui s'applique à raboter et polir ces spécimens de nature en réi*olle que sont presque tous les enfants.Collaboration, collaboration urgente et de nécessité immédiate! Il ne faut plus que nos enfants nous paraissent trop fuis pour s instruire, trop aimables et dociles pour subir les punitions qu ils méritent et que nous devons juger comme méritées puisque l école les leur inflige.Considérez que les instituteurs ont si grand besoin de cette collaboration que l'Alliance catholique des Professeurs de Montréal a approuvé, dernièrement, à la grande majorité de tous ses membres, l idée de réunir "les parents à l école pour les instruire du travail scolaire et pour obtenir leur collaboration ."Les parents, dit le rapport de l'enquête, sont de droit les premiers éducateurs de leurs enfants.L école ne peut que dans une faible mesure modi-jier l influence de la famille et du milieu.Pour assurer le succès à l'école, il importe que la famille fasse sa part.La nécessité d éclairer les parents sur le travail scolaire et de susciter ainsi leur coopération à l oeuvre commune de I éducation de leurs enfants s impose de toute évidence.' Aurons-nous le bon sens de comprendre l utilité, la bienfaisance de ces réunions?Irons nous à l école pour rencontrer les instituteurs dans un véritable esprit de coopération, sans préjugés, sans acrimonie?Voilà une résolution à prendre tout de suite./Aoekaut L'autre jour, lorsque le facteur est passé à nos bureaux, il ne se doutait pas de l'importance du courrier qu'il nous apportait.En quatre enveloppes, nous trouvions une nouvelle de Robert de Roquebrune, un article d'Otto Strasser, une nouvelle de Carole Richard et une autre de Gabrielle Roy.C'est ce que nous appelons abondance de biens.C'est une abondance de biens qui augure favorablement pour nos numéros d'automne.Si l'on ajoute à cela les nouvelles que nous annoncent Ringuet, Val-dombre et Donat Coste, nous avons raison de croire que nous finirons l'année en beauté.* * * L'auteur de "30 arpents" n'a pas voulu nous confier le sujet de son prochain ouvrage, mais nos lecteurs savent que Ringuet ne leur sert jamais autre chose que des oeuvres de choix.* * * Claude-Henri Grignon, ne doit pas toujours savoir où donner la tête.Tantôt c'est Valdom-bre, le pamphlétaire, qui l'accapare; tantôt c'est l'auteur des "Belles Histoires des Pays d'en Haut" qui prend le dessus.Ajoutez à cela les séances du conseil municipal de Sainte-Adèle qu'il préside, et vous avez un auteur bien occupé Malgré cela, nous avons confiance de pouvoir prochainement publier un conte qu'il nous a promis depuis quelque temps.Ce sera rafraîchissant comme les brises des Pays d'en Haut.* * * Otto Strasser, l'un des premiers chefs du parti national socialiste en Allemagne aux environs de 1920, n'a jamais pardonné à Hitler d'avoir détourné son parti de ses fins premières et surtout d'avoir fait assassiner son frère Gregor Strasser en 1934.Depuis plusieurs années, Strasser cherche à renverser Hitler et personne mieux que lui ne connaît les moyens à prendre et les points faibles du dictateur allemand Tous ceux qui s'intéressent à la politique internationale et à la façon dont l'Allemagne croule lentement voudront lire "Hitler et ses complices" que le Dr Strasser a écrit spécialement pour notre numéro d'octobre.A remarquer que la Revue Moderne est le seul magazine français d'Amérique auquel l'illustre écrivain ait voulu collaborer.* * * Louis Francoeur reste justement l'un des plus grands écrivains du Canada français.Dan^ le numéro d'octobre, nous publions l'un des nombreux articles canadiens qu'il a laissés à la Revue Moderne.Ces articles se trouveront tous les mois et ont d'autant plus d'intérêt qu'ils font voir les côtés inconnus jusqu'ici de notre grand disparu. Par Carole RICHARD VAL UN soleil de fin d'é chauffé à blanc la couvée ture de tôle galvanisée.L'atmosphère du grenier massait avec des doigts de plomb les tempes de la Princesse.Mais comme toujours, la Princesse demeurait imperturbable.A peine si de temps en temps, sa lèvre inférieure faisait la moue, lui permettant de souffler, de bas en haut, la mèche rebelle qui persistait à s'échapper des boucles cendrées, épinglées sur le front.Dans le cou, le chignon était impeccable.Les ongles roses des doigts de pieds et de mains étaient impeccables.Le pyjama de soie pongée était impeccable.Comme toujours, la Princesse était impeccable.A ceux qui, depuis deux jours, la tarabustaient pour qu'elle descendît enfin du grenier: — Je range mes malles, répondait-elle.Et ni Françoise, la vieille bonne, ni Georges Dumontel l'époux de la Princesse, ni Robert, Yvon, Pierre et Sylvain, ses quatre grands gars n'insistaient.On savait que lorsque la Princesse avait décidé de ranger ses malles, rien ne pouvait la faire changer d'idée.On l'avait déjà surprise à essayer une robe bleue drapée de frange de soie argentée, une robe dont le modèle avait bien fait rire ses gars, une robe vieille de Plus de vingt-cinq ans.On l'avait surprise à lire des lettres, des lettres qui fleuraient la lavande 't la poussière.Chaque fois que la princesse av'ait une "crise de grenier", c'était une affectueuse rigolade pour les Quatre gars qui ne cessaient de 'aquiner le père que sur ce mot de la fin: -Ha oalxuité de lÂp&i&i l'&i-ia f&uH&Lie accorde à un homme (^ainil^ la {jouewi de netteHuteA, l'a- — Sacré paternel, allez! Ce que tu as dû en briser des coeurs dans ta jeunesse.Georges Dumontel souriait à ses fils, fixait d'une joue à l'autre un sourire avantageux, tout en portant à sa poitrine, d'un geste cou-tumier .trois doigts qu'il glissait entre deux boutons de sa chemise.Un éternel malaise d'estomac lui avait donné le tic du grand Napoléon.Mais à la boutade de ses fils, ce n'était pas à cause de ses malaises que Georges portait la main à sa poitrine.C'était pour que ses gars ne vissent pas battre un vieux coeur fatigué d'avoir trop battu.Il craignait toujours que son hoquet ne le trahit à travers la toile de sa chemise.Il tenait son coeur, en comprimait les cahots: Georges Dumontel n'avait jamais été un Don Juan; il n'avait jamais écrit de lettres d'amour; et jamais, pour lui, sa Princessse n'avait mis de robe bleue frangée d'argent.Blanche Dumontel ne sentait pas la chaleur torride du grenier.Souple et légère, d'un corps resté jeune à quarante-trois ans, Blanche, d'un bond se redressa.La dernière jiialle était bouclée.Un sourire de félicité enfin acquise effleura ses yeux pers, sans que la commissure de sa bouche ne se plissât.Elle avait cette façon de sourire.Si le Sphinx un jour souriait, c'est ainsi qu'il sourirait.Dans une vieille psyché reléguée près de la lucarne, elle se vit belle et fut satisfaite.Elle tourna le commutateur de l'unique ampoule qui clignotait sous son assiette de porcelaine et descendit l'escalier sans rampe qui la ramenait de sous le toit.Dans le couloir, elle hésita, oh! à peine, devant deux portes closes.Ici dormaient Robert et Yvon, là se trouvaient Pierre et Sylvain.Puis elle entra dans la vaste chambre qu'elle partageait avec Georges.— Je t'en prie, ouvre la porte du balcon! — La fenêtre.ça va faire un courant d'air.— Mais non, voyons! La fenêtre et la porte sont sur le même plan.Ouvre la porte, je te dis.— Bon.bon, je vais ouvrir.L'homme obéit, tandis que la femme, dénouant ses cheveux dorés, les attaquait à coups de brosse.Dans le grand miroir qui lui faisait face, elle voyait passer et repasser l'autre.Elle ferma les yeux.Oh! ne plus voir, être délivrée à jamais de ce spectacle quotidien: la promenade, à travers la chambre, de ce torse nu, verdâtre, aux côtes si visibles qu'à l'oeil on les pouvait compter; ces épaules de rachitique; ce cou trop large pour cette tête étroite qu'entourait une mince couronne grisailleuse!.Trois robes de chambre étaient aux clous, dans la panderie.Jamais Blanche Dumontel n'avait pu l'ha- U REVUE MODERNE — SEPTEMBRE.MJ.| l bituer à s'en servir.Il se promenait ainsi, vêtu de son seul pantalon, les pieds nus.Ces pieds nus, il y a longtemps qu'elle ne les regardait plus! — j'ai assez mal à l'estomac, à soir! — Ah! oui?Vingt-cinq ans de ce refrain.Pendant des années, docile, elle descendait alors et remontait de la cuisine avec un soda.Puis elle en était venue à ne plus pouvoir entendre, dans un verre, le gli-gli de l'eau gazeuse.Jamais il n'avait voulu consulter le médecin, jamais elle n'avait pu lui faire entendre raison.Quoi! même des ulcères d'estomac, ça se guérit de nos jours! — J'ai assez mal à l'estomac, à soir! — Ah! oui?Il y a longtemps qu'elle ne descendait plus à la cuisine.Quelques fois, il y allait lui-même.La plupart du temps, il y renonçait, préférant se promener et se promener, se frottant la poitrine et gémissant, jusqu'à ce qu'abruti, il s'écrasât sur l'édredon.Souvent sans même retirer son pantalon.Comme elle détestait cet homme avec qui elle était forcée de vivre depuis un quart de siècle! Un quart de siècle! Un jour qu'il avait eu une vraie crise, elle se prit à dire des Ave pour qu'il mourût.Non pas pour que le pauvre homme soit débarrassé à tout jamais de la vie, mais pour qu'elle soit débarrassée, elle.Et pourtant.Blanche Dumontel n'est pas une méchante femme.Au village, on ne peut s'empêcher de l'admirer, bien qu'on la trouve excentrique, la femme de monsieur le maire, et bien que personne ne l'appelle autrement que "la Princesse".(Si c'a du bon sens, pour une femme de son âge, qu'est la mère de quatre grands garçons, voire si c'a du bon sens de s'habiller comme une jeune fille, de monter à cheval comme un homme, de faire du ski avec la jeunesse, ô*.se mettre du vernis sur les ongles.et de se teindre les cheveux! Oui, ma chère, parce que tu diras comme moi, que c'est pas possible qu'une femme de plus de quarante ans ait encore des cheveux de même, doux Jésus! ) Mais comme elle était présidente du cercle des fermières, directrice du choeur de chant, comme il y avait peu de gens, à Val-Joli, qui n'avaient reçu d'elle petits ou gros services, comme surtout, monsieur le curé, qui lui donnait la communion tous les dimanches, ne perdait jamais uns occasion de la citer en modèle, on pardonnait à la Princesse ses excentricités comme on lui aurait pardonné une maladie incurable.Blanche Dumontel, femme admirable, bonne épouse et bonne mère, mérite pourtant la damnation éternelle: "Tu ne tueras point!" Blanche Dumontel, dans son coeur, a tué vingt fois son mari.Sa haine prit franchement corps le jour où elle apprit que Georges ne l'avait épousée que pour échapper à la conscription de 1917.Femme saine et forte et belle et courageuse, elle n'a jamais pu admettre la lâcheté chez le mâle.Et celui qu'elle aimait, son petit conscrit, allait se faire tuer par les boches, tandis qu'on la forçait d'épouser l'autre, celui-là, ce fils de vieux fouinard qui avait vu, à temps, venir la conscription.Elle avait, si c'est possible, encore plus détesté son beau-père qu'elle n'avait détesté son mari.Heureusement, il est mort, de sa belle mort, cinq ans après le mariage de son fils unique.Il est mort d'un surcroit de graisse, dans son lit de cuivre, la dernière folie de ce vieux profiteur de guerre.Il est mort en la narguant, en l'appelant "Princesse" au sens le plus ironique du mot, ne lui pardonnant pas d'avoir fait admettre dans la maison des principes d'hygiène; d'avoir exigé l'installation de l'eau courante et d'une salle de bain avant l'achat de ces engins à quatre roues qui vous promènent sans chevaux; d'avoir réclamé l'assistance du médecin pour la naissance des enfants; ne lui pardonnant surtout pas d'être belle et saine et forte, à côté de son malingre de fils.Jamais il n'a même voulu lui donner le crédit des quatre beaux petits gars, que coup sur coup, elle lui mit dans les bras.— L'hérédité, ça saute une génération, qu'il répétait.C'est de moi qu'ils tiennent, ces quatre bandits! Allez, on va en faire des hommes, de ces petits gars à pépère! Il est mort assez tôt pour qu'elle leur apprit à dire "grand-papa" en montrant du doigt la figure rubiconde qui éclaboussait le mur de la salle à manger, dans son grand cadre doré.* * * Blanche Dumontel avait dix-sept ans lorsqu'elle épousa Georges.La guerre, l'autre, ruina ceux-ci et enrichit ceux-là.Le père de Blanche était de ceux qui ne savent pas profiter d'un marasme universel.Elle avait quatre petits frères et trois petites soeurs qui avaient droit, à leur tour, d'aller dans les collèges et les couvents de la grande ville, comme elle, l'ainée en avait eu la chance.Le mariage fut combiné entre les deux pères.Les petits frères et les petites soeurs purent aller aux collèges et couvents.Et puis, elle croyait que Georges l'aimait.Et elle en avait pitié.Pitié comme en avaient pitié tous les gens du village qui trouvaient "ben de valeur qu'un gars comme le fils au père Dumontel, ait si peu de santé pour jouir de la vie et de tout c't'argent".La pitié d'une femme solide pour un homme malingre, ça se mue souvent en tendresse, parfois même en amour.Il y avait eu des éclairs heureux dans les débuts de leur vie conjugale.Puis il y avait eu ses quatre petits, beaux comme des chérubins.Mais il y avait eu aussi un beau-père qui, tel un monstrueux Jupiter, s'amusait à souffler sur les éclairs.La première fois qu'elle eut l'idée de s'enfuir, c'était dans la seconde année de son mariage.Le grand-père, sous prétexte de le dresser, d'en faire un homme, avaii pris en croupe son Robert, son toui petit qui n'avait pas un an.Le cheval prit peur, l'enfant aussi, v; sans dire.Pas d'accident, une bagatelle, quoi! "Tous les enfant: tombent de convulsions".Ce jour-là, elle rêva d'une vie seule avec son fils.A Montrée par exemple.Elle était capabl.de travailler.Oui, plus tard.Mai pas à ce moment.Il fallait attendre que l'autre naquit.Robert esl né, puis Yvon, puis Sylvain.D'ailleurs, elle savait bien qui tant que le vieux serait là, elle n-pourrait échapper à son oeil scru tateur.Il lisait en elle comme dans un livre ouvert.Il la guettait.Il la ramènerait.Le vieux est mort.Mais Georges était si désemparé, si impuissant dans son chagrin, si incapable d prendre les rênes de la vaste fernir et du magasin général.Elle pril la direction du magasin général, il se tira d'affaire tant bien qu 17 le n 10 ai HORIZONTALEMENT I.—G£n«*»ranx en chef.— Accord dnnt on fuit entendrp «ureeNsh entent toutes les note».2.—Divination par les songea.— Conjonction.— Historien français né à Paris en Ififll.3.—Derniers.— Qui déclare l'absolu Inoc-cesNltiIe à l'esprit humain.— Venu au monde.4.—Triangle de métal.— Tirn îles sons de.— Ganlien d'un sérail.5.—Tombé en faiblesse.— Petit cube.— Interjection pour encourager.—I I.e vent «le l'est, chez les Grecs.fi.—Viscère situé dans Thypocondre |?au-, h, — Ruse de (fuerre.— Partie provenant dp la dissociation d'un élec-trolyte.7.—Affirme qu'une chose n'existe pas.— Qui ont suIm le supplire votre poitrine cotle rondeur et cwtto fermeté si rechorchèos.PILULES PERSANES $1.00 ta botte, 6 boltot pour $5.00.Dans toutes les bon nos pharmacies ou expédiées franco par la malle, sur réception du prix.1 Société Jes Produits Persans 411, ne Naut.Diai, lit, Montreal TP iïule» 1 S Persanes Pour grandir, Rester jeune, en santé, améliorer vue, débarrasser rhumatisme, maigrir, culture physique, gagner l'amour, réussir.Envoyé! 10c.INSTITUT, 1225, Benoît, Montréal.Grande, et belle, elle avait un visage hardi et une masse de cheveux roux, trop rouges pour être naturels.C'était la première lois que Scarlett voyait une femme qui avait, à coup sûr, "fait quelque chose à ses cheveux" et fascinée, elle la dévora des yeux."Oncle Peter, qui est-ce?" mur-mura-t-elle.— Moi je sais pas.— Si, vus le savez, j'en suis persuadée.Qui est-ce?— Elle s'appelle Belle Wa'.ling, dit l'oncle Peter qui se mit à faire la moue.Scarlett remarqua aussitôt qu'il n'avait point fait précéder le nom de la personne en question de "mademoiselle" ou de "madame"."Qui est-ce?" — Ma'ame Sca'lett, répondit Peter d'un air sombre tout en don-n?nt un léger coud da fouet au cheval surpris, Mam'zelle Pitty elle aime'a pas que vous posiez des questions qui sont pas vot' affai'.Y a maintenant dans ce'.te ville des tas de 'ien du tout qui valent pas la peine qu'on pa'lent d'eux."Grands dieux, pensa Scarlett contrainte de garder ses réflexions pour elle, ça doit être une femme de mauvaise vie." Elle n'avait jamais vu de femme de mauvaise vie auparavant et tournant la tête, elle suivit celle-là des yeux jusqu'à ce qu'elle se fût perdue dans la foule.Maintenant les magasins et les bâtiments édifiés pour les besoins de la guerre s'espaçaient et étaient séparés par des terrains vagues.Enfin, l'attelage quitta le quartier des affaires et, poursuivant sa course, s'engagea dans la partie la olus élégante de la rue du Pêcher.Là s'élevaient un certain nombre de maisons particulières que Scarlett retrouva comme de vieilles amies.Elles reconnut la demeure digne et imposante des Leyden, celle des Bonnel avec ses petites colonnes blaches et ses volets verts, la maison en briards roiip*>s de la famille Mac Lure.La voiture avait ralenti car, des vérandas, des jardins et des trottoirs, des dames appelaient Scarlett.Elle en connais-s a i t vaguement quelques-unes, mais la plupart lui étaient totalement étrangères.Pittypat avait à coup sûr annoncé son arrivée à tous les échos.Il fallut maintes et maintes fois tenir le petit W^.de à bout de bras afin que les dames pussent s'extasier sur lui.Toutes demandèrent à Scarlett de se i
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