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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1954-07, Collections de BAnQ.

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Raison de plus pour nous marier au plus vite.Vous dépendrez entièrement de votre mari, ma chérie.N'est-ce pas normal?Je travaillerai davantage.Je ferai des gardes, mais vous pourrez continuer à préparer vos examens Mon Dieu! que ce débat est pénible et qu'il m'en coûte de décevoir ce garçon têtu et tendre.le secoue la tête.—Je vous en prie, Jacques, ne me rendez pas li séparation plus difficile.Je suis navrée de ne pouvoir accepter votre dévouement, je vous l'ai iln II ne s'agit pas d'argent, ni d'études: je suis Parfaitement incapable de dépendre d'un homme, voilà.\près tout, mieux vaut être brutale, pour en finir.—D'un homme que vous n'aimez pas, acheve-'-il, amer.-Même d'un homme que j'aimerais, rétorque-je ^''tement.Je n'ai pas une nature soumise, moi, e' ie ne me laisserais pas asservir, même.même pa un prince, fùt-il Kabyle.c disant, je pense à Isabelle.et le souci secret S11 habite mon coeur re\icnt me tarauder, posant sa griffe sur moi avec plus d'acuité.(Suite en page 16) "I! me retienl une seconde .Son beau visage est pensif.' L\ 'EVUE MODERNE — JUILLET IQ5-1 B L'HOMME ET L'ELEPHANT pat icuti fcuparc Chaque jour l'éléphant doit être conduit à la baignade, indispensable à son bien-être.Témoignage de pierre en l'honneur de l'éléphant, dans une ville en ruines de Ceylan.BEAUCOUP d'animaux sont encore moins que l'éléphant à notre mesure et à notre figure, mais il est assez loin de nous pour être considéré parfait étranger.L'impasse particulière où l'a conduit l'évolution — car toute espèce animale est la dernière impasse d'une longue série — semble bien au premier abord l'enfermer dans une infranchissable épaisseur de différence.II n'est pas difficile de trouver des êtres humains dont la binette ou l'architecture évoquent irrésistiblement la girafe, le dindon, le morse, le renard, la chatte, le brochet ou la carpe.Tout le monde connaît des requins, des colombes, des porcs, des souris ou des boeufs.Qui a jamais rencontré un éléphant'' L'éléphant est trop singulier pour courir les rues ou hanter les salons.Personne ne lui ressemble et tout au plus la malveillance attribue-t-elle à certains lourdauds sa démarche — en réalité une des plus délibérées qui soient.Mais le connaître le moindrement, c'est le voir s'humaniser par toutes sortes de qualités.Ainsi son nez, trompe agile et puissante qui lui donne une silhouette si absolument originale, loge un des odorats les plus exquis de la création et se termine en un organe de préhension aussi habile et subtil qu'une paire de doigts.Ses oreilles aux immenses pavillons sont la finesse même.Et dans sa haute caboche, solennelle et méditative, il abrite une des plus remarquables intelligences animales.Aucune bète vraiment n'a l'air plus sage que lui.Il faut qu'il le soit en effet pour avoir vécu en la compagnie de l'homme depuis l'antiquité, comme le font les quatre variétés de l'espèce asiatique, et lui demeurer un très précieux auxiliaire, moyennant des conditions que le cheval ou l'âne n'ont jamais "osé" exiger.La journée de huit heures, trois jours Au travail.Il doit comprendre 24 commandements différents et faire bien des choses d e lui-même.Un adolescent encore très bébé.L'éléphant ¦IC commence à être vraiment sérieux qu'entre 20 et 30 ans.LA REVUE MODERNE — JUILLET 1931 9 Si, à l'instar du cheval, presque absent de nos villes et de plus en plus rare dans nos compagnes, l'éléphant disparaît rapidement de l'Inde, il est > neore commun en Birmanie et à Ceylan, où il remplace fort iutellif/t mon ut et souvt ut tris avantayi u-sement quelques-unes de nos tnaekmeê les 2)1 us puissantes et les plus compliquées.Contrairement aux autres races asiatiques, l'éléphant de Ceylan n'a pas de défenses.d'ouvrage suivis de deux jours de repos, la liberté en dehors des "heures", trois mois de vacances et pension à 60 ans.Telles sont quelques-unes des conditions de travail que l'éléphant exige de ses patrons dans les forêts de Birmanie où on l'emploie au transport du bois de teck.De tous les cas de domestication du plus grand des mammifères terrestres, ceux qui supposent un "contrat" semblable sont les plus intéressants, parce qu'ils permettent à l'éléphant de manifester la pleine mesure de ses aptitudes et au savant de l'observer dans une spontanéité aussi sincère que possible.Son rendement est excellent, mais quelle que soit sa tache il refuse de se surmener.Ainsi, dans les scieries il laissera tomber dès que sonne midi le tronc ou le madrier qu'il s'apprêtait à présenter à la scie, à la manière des terrassiers qui, par conscience, ne donnent pas un coup de pic de trop.Bête de somme, il porte quelque 1,000 livres, mais il vaut mieux au trait, capable qu'il est de tirer dans la boue et les broussailles des montagnes un tronc de teck de quatre tonnes, par exemple.C'est un tracteur plein d'initiative, capable d'ajuster lui-même les chaînes de trait, de retourner, de pousser sa charge, de la faire rouler au bas d'une falaise où, sur la grève il formera les trains de billots que les inondations emporteront à destination.Sa croissance, ses âges et sa longévité correspondent curieusement à notre développement et achèvent de le rapprocher de l'homme.Il y a des cornacs nés le même jour que la bête enfantine qu'enfants ils commenceront à dresser, et avec laquelle ils travailleront ensuite toute leur vie durant, échangeant leurs dignités.En tenue de gala pour une procession sacrée à Kandy, où on garde la "dent" du Bouddha.Sur le coup de midi, un éléphant est allé cueillir son déjeuner.Sa ration quotidienne: 600 livres.Cet éléphant est affecté au transport des poutres d'acier sur le site d'une nouvelle université à Ceylan.REVUE MODERNE — JUILLET 10 L'INTIMITE DE LA MER par Jean £e tflcifhe C'est parco que la mer est pleine de vie que ses bonheurs sont si grands, si simples.POUR DOMINER les souvenirs de grandes vacances d'une enfance à laquelle chaque été révèle un paysage nouveau, le lac est trop contenu et laisse trop voir ses limites; la rivière se ressemble trop; les cascades, les chutes, trop continues dans leur danse et leur jaillissement, rejoignent l'immobilité; la plaine est trop monotone et la montagne et la forêt resserrent trop leur présence.Tour à tour ces lieux sont préférés, tour à tour ils ont des paradis qu'un émerveillement tout neuf vient agrandir en les habitant, en les revisitant.Ces paradis ne sont en effet jamais tout à fait perdus, car ce sera à travers leur enchantement que mûriront les A peine est-on arrivé à elle qu'on se sent en relations avec l'uni v:rs, car tout ce qu'elle offre vient de si lcin! Les vagues ne disent pas tout, elles ne font que nous raconter les humeurs de la mer.plaisirs et la connaissance des étés à venir.Mais quelle que soit leur importance, la mer joue dans la découverte que fait du vaste monde l'enfance privilégiée un rôle bien plus vivant et fécond.A côté d'elle et de ses plages, les autres paysages se mettent à se ressembler, en ceci qu'ils ont tous quelque chose de docile, de complaisant, voire de confiant, ce quelque chose de subtilement passif ou deficient que l'anglais désigne admirablement par tainciu^ Peut-être se laissent-il trop faire, peut-être se laissent-ils trop prendre.Ils ont du mystère, mais ils n'en ont pas assez pour imposer à la sensibilité la souveraine solennité qu'on éprouve un jour devant la mer, par delà les premières familiarités de ses écumes caressantes «.t taquines, et qui présidera désormais à chaque expérience nouvelle tic l'océan.Cette solennité n'a rien de figeant, rien de cérémonie.i elle est faite du sentiment de l'inépuisable, de l'ampleur de tout ce qui est atteint en nous et activé, exprimé et satisfait en accords dilatants.C'est la gravité qui accompagne les très grands dons de l'homme ou de la nature, les dons vraiment comblants et libérants.Quand nous arrivons ou séjournons à la mer, il nous arrh ¦ l'événement le plus riche que la nature puisse entretenir dans noi voisinage immédiat.Il est évidemment trop abondant pour qu'il soit possible de l'éprouver dans sa totalité autrement que d'une manu diffuse.Il s'offre d'ordinaire selon différents aspects plus ou moii > isolés.Ce sera par exemple, l'invitation au voyage, l'imagination des lointains exotiques de la mer.Mais si, au long de sa course supe ficielle, cette rè\eric perçoit l'unité de l'océan, la communication do mers autour des continents, elle nous accorde soudain une plein {Suite en pace 17) LA REVUE XODEINE — JUILLET IÇ" I 11 Devant le village de la Descente des Femmes.1 YACHT SIR LE SAGIMAY fiat Ç.W.hean Après une longue carrière comme journaliste et administrateur de grands journaux américains, M.Sidney W.Dean vit enfin — ci l'âge de 65 ans! — la réalisation de ses rêves: voyager à bord de son propre bateau, pêcher à sa guise, écrire quand et comme il lui plairait.' Pendant dix étés consécutifs, M.et Mme Dean — Marguerite Mooers Marshall est elle-même journaliste et romancière de grand talent — ont navigué dans la province de Québec, à bord de leur Margot, un cruiser de trente pieds.Ils ont tiré de ces croisières le sujet de nombreux articles, qui ont paru dans des périodiques américains et qui ont constitué lu substance d'un livre fort sympathique pour notre province.We Fell in Love with Quebec, paru en 1950 La Revue Moderne est heureuse de publier en primeur la traduction, par Roland Prévost, de quelques bonnes feuilles d'un ouvrage posthume de M.Dean.All the Way by Water, qui parait chez Wilfred Funk, Inc., à New-York, The Ryerson Press, à Toronto.L'ouvrage contient une émouvante présentation écrite par Mme Dean et un excellent choix de photos prises au cours des croisières sur le S.-Laurent, le Saguenay et jusque sur la Côte Nord.PAR BEAU TEMPS, le Saguenay est, à plusieurs points de vue, un endroit idéal pour les croisières en yacht.Pour les 50 premiers milles, comme l'indique le St.Lawrence River Pilot, "les instructions nautiques sont inutiles, puisqu'il n'y a ni rochers, ni écueils dans la rivière".En outre, c'est la rivière la plus profonde en Amérique du Nord, et peut-être dans le monde entier.Le Pilot dit aussi que "la profondeur du Saguenay est presque aussi considerable que la hauteur des montagnes qui le bordent", et les montagnes — ou les caps — ont Le "Margot" au quai de l'Anse S.-Jean.L» REVUE MODERNE — JUILLET à certains endroits plus de 1,000 pieds de hauteur! A l'embouchure de la rivière, le navigateur remarque tout de suite le contraste entre les eaux sombres du Saguenay et les eaux vertes du S.-Laurent.A marée montante, les deux courants, loin de se confondre, coulent en sens opposés.La marée se fait sentir jusqu'à Chi-coutimi.Un courant remonte le côté nord du Saguenay, l'autre descend en longeant la rive sud.On nous avait conseillé d'en tirer parti, mais nous avons parfois préféré faire à notre guise.Sur le Saguenay, il n'y a que deux vents dominants, l'un du sud, l'autre du nord, mais nous avons remarqué qu'il s'en produit d'autres dans les baies, à cause du voisinage des montagnes et des vallées.Margot n'a rencontré, au cours de cette croisière, que les bateaux d'excursion qui se rendent à Bagotville.et des cargos qui font escale à Port-Alfred.Comme le chenal occupe la largeur de la rivière, la circulation maritime n'a pas empé-"hé notre petit croiseur d'aller où bon lui semblait.Nous avons donc eu tout loisir d'admirer l'extraordinaire grandeur et la majesté du Saguenay.Je ne suis pas amateur de qualificatifs ronflants, mais quand on parle du Saguenay on ne peut s'empêcher d'en employer.Pendant notre premier après-midi sur la "Rivière des Morts" — nom que 1 e s Montagnais donnaient au Saguenay — nous avons vu s'approcher, avec quelque saisissement, la masse sombre des caps.Ce fut d'abord la pointe La Boule, élévation arrondie et boisée sur la rive nord, coiffée d'un feu sur pylône d'acier.La carte marine indique qu'à cet endroit la profondeur passe presque sans transition de 190 à 882 pieds.C'est la que se termine le Bas-Sagucnay; nous perdions de vue le S.-Laurent.Du côté sud.le haut profil de la pointe aux Crêpes, si longue qu'elle semble fermer l'horizon.Malgré le courant favorable, nous avons préféré tourner à bâbord.Il était près de 6 h.du soir, mais nous connaissions un excellent mouillage de l'attire côté.L'expérience nous avait appris combien il est difficile d'ancrer dans le fîa-guenav.Cette fois-ci.nous étions daai la baie S.-Etienne, havre paisible, charmant, bien abrité.Dans l'alignement du ravin qui se trouve près de la pointe aux Crêpes, nous avons stoppé le moteur.A 20 brasses, l'ancre s'enfonça dans l'argile: elle était solidement piisc. NON.Par CONSEILLÈRE EN BEAUTÉ BIEN CONNUE___ Pendant l'été où le soleil darde ses rayons dessé- Wév ah chants, la chevelure requiert des soins spéciaux.Il faut surtout la protéger du soleil.Après une journée à la plage, se servir du rinçage-crème Tame pour lui rendre toute sa souplesse et son éclat.OUI— ayez toujours sous la main du rinçage-crème Tame.Ce nouveau cosmétique invisible rince la chevelure en 20 secondes, et lui don-ne un éclat particulier.S'en servir ré-gulièrement après chaque shampooing.Les cheveux resteront en place et ne s'tmmèltront pas d'un shampooing à l autre.Il y a 16 rinçages par flacon de (M.NON — n'ouhliez pas de laver vos cheveux au moins une fois par semaine.La crème enrichie de lanoline du shampooing-crème Toni mousse,' dans l'eau la plua^^^^^ dure.La chevelure reste soyeuse et lustrée même après le rinçage.Format de famille $1.00.Tubes de 6h et de 39*._£BêÊ^ OUI — servez» vous de ciseaux droits et bien aiguisés pour égaliser les cheveux.Pour les amincir, tenir les ciseaux entre le pouce et le majeur et presser contre l'index.Bouger le pouce de haut en bas, en mouvements sac~ cadés, sans jamais ^ fermer les ciseaux complètement.NON — ne choisissez pas de bigoudis de deuxième ordre pour une permanente chez soi.La tige spéciale des higou-dis rotatifs ^ Toni permet de monter les bou* dettes plus facile* ment, plus rapidement: l'agrafe tient en place sans toucher les cheveux ni laisser de marque.Le jeu complet comprend les bigoudis minuscules pour les cheveux courts de la nuque.Seulement % \.29.OUI —il faut choisir la permanente qui contient parfaitement à la chevelure.La même permanente ne convient pas nécessairement à toutes.Toni oflre 3 types de permanentes chez soi, au choix — tl.7S.Svp»r.Pour I*» cheveux difficile* 6 friser.UUra de ,j, • Pour les chevaux foeilet à friser.Oréinawm.Pour les cheveux normaux.TONt—mn t»tm dei p/ui grandi 'aborafo*>#i de reenerene capif/oire ou monde—çaranttf cei prodwfi pour /• toit de la cn«ve/vre.MO> ROYAUME.(Suite Je la page 7) Il s'est carré sur le divan.Il s'éloigne de moi.Je le sens hostile et cela me chiffonne.J'aime bien ce bon cocker de Jacques, après tout.—Je vais en Kabylie.Il relève brusquement son profil boudeur.—En quoi?.En Kabylie?Je ne lui laisse pas le temps d'exprimer son ahurissement et les doutes qui l'assaillent soudain quant à l'équilibre de mon esprit.J'enchaîne: —Je vais là-bas comme infirmière engagée dans une famille pour appliquer le traitement Parentis.—Le traitement du patron?Il a froncé les sourcils.Il a l'air soudain intéressé.Du moment qu'il s'agit de médecine.Le professeur Parentis est un de nos plus distingués neurologues.Ses derniers travaux ont révolutionné la thérapeutique et ses études sur les centres nerveux sont, de l'avis de tous, remarquables.Jacques Marédis a été un de ses assistants et moi son élève à Neuilly.J'ai vu appliquer son fameux traitement B.K.pour la paralysie des abdominaux.Les résultats obtenus sont extraordinaires.De plus, pendant plusieurs mois, j'ai assuré l'intérim du secrétariat de Parentis et je me suis familiarisée avec ses méthodes.Cela me sert aujourd'hui.—Comment cette idée vous est-elle venue?s'enquiert Jacques, curieux et perplexe.—Vous connaissez mon camarade Lothier?—L'interne?—Parfaitement.C'est par lui que je suis entrée en relations avec la famille Abderrahmane.laquelle m'a engagée pour une période de six mois, à des conditions exceptionnelles.—Lothier.Lothier.répète-t-il, songeur, n'est-ce pas lui qui était au dernier bal de l'internat avec une étrange et ravissante fille brune, l'air exotique?.—C'est Rheira Abderrahmane.—Une Arabe?interroge-t-il.incrédule.—Une Kabyle.—Mais je croyais que cette fille-là faisait sa médecine?—Mlle Abderrahmane est tout à fait émancipée.Elle prépare, en effet, son concours de 2e année.—Lothier avait l'air assez entiché d'elle.—Rien ne vous échappe.Il en est, je crois, très amoureux.C'est vrai.Au cours du banquet, Lothier, qui était à la même table que nous et qui n'avait pas quitté sa brune compagne de la soirée, la protégeant contre les facéties quelquefois discutables de nos camarades, a porté un toast assez inattendu.—Je bois à l'émancipation de la plus jolie et la plus intelligente des filles de Kabylie.notre camarade Rheira Abderrahmane, qui.rompant avec toutes les traditions, a accepté de devenir, pour le meilleur et pour le pire, la femme d'un carabin roumi.J'ai encore ces singulières paroles présentes à la mémoire et les applaudissements qui ponctuèrent le discours.Fn fait, cette soirée devait être décisive pour moi en me rapprochant de celle qui, aujourd'hui, me fournit le moyen inespéré de me rendre dans un pays qui demeure chargé d'un mystère inexplicable, mais que je suis résolue à percer à jour coûte que coûte.Il y a une semaine, — au lendemain de la mort de tante Eva et lorsque j'eus connaissance de tant de conjonctures troublantes qui m'ont plongée dans un désarroi complet, — j'ai, par un hasard quasi miraculeux, rencontré à nouveau Lothier.—C'est toi que je voulais voir, s'est-il exclamé, en m'arrêtant dans un couloir de la Fac.Tu as assuré, je crois, pendant un temps, le secrétariat personnel de Parentis?Sur ma réponse affirmative, il continuait: —Ne pourrais-je le joindre, pour lui demander de nous recommander une infirmière qui accepterait d'aller appliquer son traitement B.K.auprès d'une malade, une malade riche et qui paierait bien'1 — Ma foi.je peux lui téléphoner ou le relancer à l'hôpital —C'est assez urgent, expliquait mon camarade.Il faudrait prévoir une longue absence.J'approuvai: —Le traitement B.K.est long à appliquer.—D'autant qu'il s'agirait de partir assez loin.—Ah!.Je n'étais pas autrement intéressée par ces détails.—En Kabylie.Un sursaut me secoua.Immédiatement, je me sentis rougir, comme si Lothier pouvait deviner la pensée qui venait de surgir au fond de moi.Il continuait, sans s'apercevoir de mon trouble: —Tu sais que je suis pour ainsi dire fiancé à une jeune fille de là-bas.Mlle Abderrahmane1 —J'étais présente quand tu l'as annoncé, ce soir où tu étais un peu.gai.Son visage rude s'éclaira.—Mlle Abderrahmane a une personne, dans sa famille, qui aurait besoin de suivre le traitement B.K.Les émoluments ne seraient pas à dédaiener.Je lançai, comme on se jette à l'eau, en essayant de réprimer l'anxiété qui faisait trembler ma voix: —Crois-tu que je ferais l'affaire?Derrière ses verres de myone.les prunelles grises de Lothier me dévisagèrent avec surprise.—Toi?Tu abandonnes la médecine?Je me forçai à sourire.—Pas tout à fait, puisque je me propose pour l'application du traitement B.K.Seulement.je suis fauchée, mon vieux.Je n'ai pas les moyens de continuer.Son air abasourdi était éloquent.Sa commisération se traduisit par un geste gauche d'amitié qui se transforma en bourrade.—Ma pauvre vieille! Je te croyais à l'abri de ces choses.Tu avais l'air plutôt.confortable.Je lui confiai que la pension de ma tante s'éteignant avec elle, il ne me restait aucune ressource et qu'en ce qui concernait la succession je ne pouvais rien toucher, ni rien vendre, tant que ma soeur jumelle ne me donnerait pas son accord.—Au fait, c'est vrai, tu as une soeur?Puis il ajouta: —Tu accepterais donc de partir là-bas?—Oui.A la suite de cette conversation, je posai ma candidature, avec la chaude recommandation de Lothier.Et ma décision est maintenant prise.La voix ronchonneuse de Jacques m'arrache à mes réflexions.—En vérité, tout cela ne me dit pas quelle mouche vous a piquée tout à coup et ce que signifie ce brusque départ pour la.la Kabylie! Réellement.Edith, on croirait une histoire de fous.Je n'ai pas relevé l'impertinence du propos.Il faut tout de même que j'en arrive aux explications.—Vous vous souvenez de ma soeur Isa?.Je vous l'avais présentée, il y 4 quatre ans.—Celle qui a épefusé un Agha Kh i quelconque ' —Mais non.Un prince kabyle; Mat.-sour el Haad.Ils sont partis aussit.i après la demobilisation de mon bear, frère.—Ah!.oui.—Nous avons reçu une carte après leur arrivée en Algérie.Une carte pu -taie.Et puis une photo, une photo qui représentait ma soeur dans un merveilleux jardin mauresque, au milieu de ba-sins, de terrasses fleuries, de bougam-villes.Elle souriait.elle avait l'air heureuse.—Alors.que voulez-vous de plus1 aboie-t-il, pour clore ma dissertation qui semble le plonger dans un très visible agacement.—Après, nous avons reçu d'autres cartes.et d'autres photos.Pour Noel, pour l'anniversaire de tante Eva.pour le mien.Les photos reproduisent chaque fois l'effigie d'Isa, prise dans un coin de son palais des Mille et une Nuits.Attendez, je vais vous les montrer.Tandis que Jacques grommelle, tout en dissimulant mal un bâillement que je soupçonne d'être agressif, j'ai ouvert mon sac.J'en tire les cartes brièvement paraphées de la main de ma soeur et de celle de son mari.et qui portent des phrases si impersonnelles: "Tendres baisers." "Pensées affectueuses." "Merveilleux pays." "Je suis heureuse et je vous embrasse.", etc.—Elle n'est pas loquace, remarque Jacques, méchant.Comme elle vous ressemble.—Savez-vous que ces photos et ces quelques cartes sont les seules choses que nous ayons reçues d'elle depuis quatre ans passés?.Avec trois ou quatre télégrammes.Et il y a même un an que nous n'avons plus eu ni cartes, ni photos.Il me dévisage.—Et alors?Elle est trop occupée pour écrire.Il n'y est toujours pas.Je rassemble les épreuves et les lui offre en éventail.—Vous ne remarquez rien sur ces clichés.Jacques?—Non.sauf que votre soeur est ravissante.Une réplique de vous.—Merci.Donnez-vous donc la peine de lire des dates, au dos.—27 janvier 47.15 octobre 47.20 janvier 48.15 septembre 48.Janvier 49.Avril 49.Il ramène vers moi ses yeux in-compréhensifs.—Eh bien!.que trouvez-vous de singulier à ces chiffres?—Je les trouve singuliers, appliqués à ces images.Regardez-les mieux.Que porte Isabelle sur cette photo?Il examine rapidement le cliché.—Cela me semble être un tailleur.fort bien fait, ma foi.Elle doit savoir ce qu'il lui coûte.—C'est tante Eva qui le lui a offert .Et là?—Jupe et blouse.La même jupe, on dirait.—Et sur celle-ci.et sur celle-là?Cette fois, il a compris.Il se penche sur les épreuves, les sourcils froncés.—Sapristi, en quatre ans, elle n'a donc jamais changé de costume?—Ah! cela vous surprend aussi.Nous nous regardons intensément.La même pensée gît derrière nos visages tendus.—Voyez-vous, Jacques, cette anomale ne nous a pas frappées tout de suit .tante Eva et moi.Isabelle sembla') heureuse.Elle n'écrivait pas beaucoup, mais elle n'a jamais aimé écrire.En pi"' de ces images et de ces cartes, elle er-(Suite en page 18) LA REVUE MODERNE — JUILLET l r.'INTIMITE».( Sullt île la pane 10) , .cscnce it la lorre.Nous sommes prolongés jusqu'aux bouts du monde.Et réciproquement, l'état de la mer con-i mplcc de telle plage a tel moment — sa couleur, sa température, son calme, •on agitation, ses courants — se révèle le résultat de causes extrêmement complexes et dont beaucoup sont extraordi-n.iircment lointaines.Certes pareils prolongements de soi-même et pareilles nouvelles de l'univers né sont pas le privilège exclusif de la mer; cependant elle seule les accorde avec une aussi intense suggestion de vie, apparentée qu'elle est a la vie, par le mouvement et les variations rythmiques.Si les vagues fascinent tellement et sont un tel repos, c'est qu'elles inventent tant Je rythmes et de formes et que l'assurance de leur perpétuel arrivée s'accompagne de tant de surprises! Il y a des vagues qui se distinguent si bien des autres qu'on leur prête une personnalité le temps de devenir amoureux d'elles et de s'élancer dans l'ambre vert de leur transparence dressée et creusée pour recevoir au moment de l'écroulement.Ici elles arrivent de front, martelant la grève à vastes coups; là, déferlant de biais, elles lissent rapidement la plage d'une main d'écume.Mais les vagues ne racontent que des humeurs et la mer impose sa présence avec une insistance bien plus marquée, par le rythme des marées, variables et toujours déplacées sur les 24 heures de nos convenances comme une vie à part.Elle insinue ainsi la masse qui creuse ses profondeurs et la puissance irréductible qui nous la rend à la fois si étrangère et si proche.La respiration de ses gonflements et de ses retraits quotidiens nous fait expérimenter aussi sensiblement que possible le travail des liens qui unissent la Terre aux astres et accorde notre présence aux dimensions de l'univers.Parce que les odeurs élémentaires, par exemple celle de la belle terre noire ou brune, fraîchement retournée et remuée à pleines mains, nous atteignent très loin dans notre vie inconsciente, nous les éprouvons comme une joie générale, tandis que les parfums demeurent un simple plaisir, limité, plus ou moins étudié.L'odeur de la mer, elle est un bonheur et c'en est le pressentiment qui plus que tout, à l'approche de l'océan, exalte, impatiente, rajeunit.On s'exclame, on crie à la mer avant de l'avoir vue, on se félicite mutuellement comme d'une vieille connaissance infiniment chère et soudain annoncée.La plus vieille de toutes en vérité, car cela sent la vie, la première vie, la vie dans la premiere mere.On a spontanément au bord de la mer des patiences d'immobilité ou de recherche qu'on manifeste exceptionnellement ailleurs.Plus que le bercement des vagues, plus que le culte du soleil, c'est l'odeur de la grande eau qui nous retient indéfiniment étendus sur le sable ou assis sur un rocher.Si la longue indiscrétion de la marée basse était sans odeur nous attarderions-nous tellement sur la plage découverte à chercher, bien plus enfants que savants ou gourmets, des trésors — agates, galets, coquillages, étoiles de mer, oursins, crustacés, algues?C'est une odeur composite liée par un goût.Elle est presque un goût: celui du sel, le sel du sang et de la vie.Elle sollicite la mémoire même du corps et lui rappelle sa saveur originelle, empruntée à la mer et abritée dans notre chair.La senteur et le goût de l'eau salée nous font rêver dans notre ultime intimité avec la mer, de laquelle les anciens faisaient surgir Vénus — la vie.Comme les autres eaux sont pauvres! Et quels sages, quels poètes étaient les vieux médecins qui nous envoyaient à la mer, vous savez, à cause de l'iode.PARFUMS FLORAUX PAR LOUISE MARTIN De vieille et bonne race, la lavande.Il est des parfums d'hiver comme des fourrures à l'été: entreposez les unes et rmisez les autres.Parfums d'hiver et fourrures sont des poids lourds, l'été.P isque la chaleur active les éléments à* parfum, pensez à la pauvre femme, 111 jour torride de juillet, succombant sous les effluves centuplés de son acca-M nt parfum d'hiver et suffoquant ceux l^i l'entourent, dans un tramway par c> mple.Si les fleurs sont un bain de fraîcheur à nos yeux, leur délicat parfum l'est à notre épiderme et à notre odorat.Parmi les parfums floraux, la lavande, une plante aromatique qu'on utilise en parfumerie depuis des siècles, connaît un succès ininterrompu.Son arôme exquis fait délicieusement jeune.On recommande de l'appliquer aux tempes, aux poignets et à la base du cou, où la chaleur des points de pulsation provoquera le plein épanouissement de son parfum.Et si vous portez un chapeau fleuri, il est amusant de parfumer chaque fleur d'une goutte ou deux de lavande.(Photo: Yantlcy.) Mme Georgia Elliot.Tenafly.N.J.emploie les detergents, mais ses mains sont douces."Je lave 24,000 morceaux d'argenterie par année.mais je suis fière de mes mains!" (Fabrication Canadienne) ¦ JERGENS LOTION ¦ 15c, 37e, 65c.il 15 Eclairage discret, nappe et argenterie scintillantes, créent l'ambiance idéale a Georgia Elliot.Elle a recours aux detergents pour entretenir ses milliers de pieces d'argenterie chaque année.(Vous en nettoyez autant!) Les detergents dissolvent la graisse facilement, mais peuvent aussi détruire les huiles naturelles et rendre les mains rugueuses.Aussi, après s'être servie de détergent ou de savon fort, Georgia a soin d'employer la Lotion Jcrgeos pure et blanche, immédiatement.Elle pénètre instantanément (ne se depose pas en "couche" sur les mains).Ses deux Ingredients adoucissants aident a remplacer l'humidité hitnfjuJHte.Ser\e/-\ous de detergents pour entretenir votre foyer.Mais employez chaque jour la lotion la plus populaire au monde, si vous désirez avoir de jolies mains.Employez la Lotion Jergens après les détergents L' REVUE MODERNE — JUILLET 1Q5-I 18 MON ROYAUME.(Suite de la page 16) voyait parfois des télégrammes pour une féte.Cette année seulement, elle a oublié l'anniversaire de notre tante."Cela a surpris tante Eva, qui se tracassait déjà à vrai dire à mesure que passaient les mois et qu'Isa ne se manifestait pas davantage.Elle lui écrivait lettre sur lettre.Toujours, aucune réponse à ses questions."En examinant les photos, tante Eva a été frappée par ce détail de costume que je vous ai fait remarquer.Mieux.Elle a regardé avec une loupe et clic a saisi alors un autre détail qui l'a alarmée davantage.Tenez, cette petite tache dans ce coin; c'est un oeillet que ma soeur porte accroché à sa veste.Est-il vraisemblable que, pour se faire prendre par l'objectif.Isa revête invariablement le même costume.et le même oeillet?Chargé de perplexité, le regard de Jacques scrute le mien.—C'est bizarre.Quelle hypothèse formez-vous?—Qu'Isa a de bonnes raisons pour ne pas écrire.des raisons inquiétantes.Je connais ma soeur; elle ne resterait pas ainsi quatre ans sans parler d'elle, de sa vie, de son bonheur.Elle n'a peut-être pas de bonheur.terminai-je, soucieuse.—Pensez-vous qu'il lui soit arrivé quelque chose?formule vivement Jacques.—Je ne sais pas.Tante Eva non plus ne savait pas.Chaque fois qu'elle posait des questions pressantes à Isa, celle-ci répondait par un bref télégramme: "Ne te tourmente pas, tout va bien.Excuse ma paresse.Vous embrasse.Espère vous revoir bientôt." "Et toujours des télégrammes partant d'Alger.—Hum.bien troublant tout ça! formule Jacques.Et votre tante n'a rien fait?—C'est-à-dire que ses soupçons ont mis du temps à se former.Et puis, quels soupçons?.Très imprécis, très vagues.Isa reçoit bien nos lettres puisqu'elle y repond.par cartes ou par télégrammes.Elle prend la peine de poster ces photos.Au début, nous n'avions pas remarqué ce détail du costume qui, par la suite, nous a ouvert des horizons.D'autre part.Isabelle, par son mariage, est entrée dans un monde qui nous est peu familier.Ma tante était hantée par la pensée de ces harems où l'on emprisonne les épouses.Elle n'était pas loin de voir Isa tenue en esclavage par son mari.et elle n'osait rien faire qui pût aggraver son sort.Enfin, il y a les coutumes, les moeurs de ces étranges peuples.Tout cela pouvait empêcher Isa d'écrire, d'entretenir une correspondance suivie avec sa famille européenne.Ce n'est qu'à la longue, à force de creuser le problème, que ma tante a fini par dégager tout ce qu'il y avait d'équivoque, de suggestif dans l'attitude de ma soeur.Elle a pris des renseignements là-bas, dans la région où Isa et son mari sont censés résider.Les yeux de Jacques ouvrent un large point d'interrogation.—Cest ici que l'affaire se corse.On nous a répondu que l'adresse où nous écrivions depuis quatre ans était celle du bureau de poste où les usagers viennent chercher leur courrier régulièrement.Quant à la famille El Haad, ils sont si nombreux à porter ce nom dans le pays qu'on n'a pu nous fournir de données exactes.Avouez que c'est assez stupéfiant?Les traits de Jacques s'allongent.—Mais, enfin, vous ne supposez pas que votre soeur serait.—Morte?.Disparue?.Nous y avons pensé.et que les lettres étaient envoyées par mon beau-frère dans le but de nous berner.Mais j'ai la certitude qu'il y a trois mois ma soeur était encore en vie.Elle m'a envoyé ce bracelet, avec une date gravée.J'ai retiré le cercle d'or de mon bras et le lui tends.C'est un de ces bijoux arabes qu'on appelle kholkhol, qui ne ferment pas et qu'on prétend porter chance à celui qui le porte.—La date gravée est celle du jour de ma première communion.Ma soeur avait égaré un bracelet qu'on m'avait offert à cette occasion et que je lui avais prêté.Elle m'avait promis de me le remplacer un jour.Mon beau-frère, ni personne de sa nouvelle famille ne pouvait connaître cette circonstance, non plus que cette date.J'en ai conclu que le cadeau venait d'elle et d'elle seule.—Aucun message n'accompagnait l'envoi?—Aucun.Aussi, c'est bizarre!.J'ai été étrangement remuée quand je l'ai reçu.Il m'a semblé que c'était.comme un appel.Grave.Jacques hoche la tète.—Tout cela ne me plait qu'à demi.Edith.Vous vous aventurez sur un terrain assez peu sûr.—Je n'ai pas le choix, mon cher ami.Et je souris pour le rassurer.CHAPITRE II .Je n'ai jamais eu si froid que dans ce train.Le chauffage ne marchait pas et ces premières nuits d'octobre so.i traîtresses.L'aube m'a trouvée transi .Dans le couloir, un voyageur se pi.menait, sans doute pom se rechauffi Que les hommes sont indiscrets!.v plusieurs reprises, j'ai surpris le regard il cet inconnu fixé sur moi à travers le carreau de ma porte: un regard Interu insistant, insolent.J'ai pris mon air le plus hautain et je lui ai rabattu à la face le rideau do coton bleu aux initiale) de la compagn ._• qui masque et isole notre compan ment.Malheureusement, il s'est pas un incident grotesque dont ma dignité i quelque peu pâti, le rideau, comme m i par une force maligne et narquois., s'entêtait à ne pas vouloir se fermer, a peine l'avais-je abaisse d'un geste si que, à vive allure, il remontait, à mon nez, me livrant de nouveau à la curiosité gouailleuse de mon badaud.De quoi avais-je l'air?.Celte lutte ridicule, entre le rideau et moi, a duré cinq bonnes minutes.Je m'énervais de plus en plus.Le satané panneau avait l'air de se moquer de moi.L'inconnu aussi.Il observait la scène, le dos appuyé à la portière, sans cesser de fumer de longues cigarettes à bout doré.Alors, j'ai aboyé, rageuse: —Vous croyez que vous ne feriez pas mieux de fermer la vitre, non?Il s'est incliné, très cérémonieusement: —Mais vous n'avez qu'à en manifester le désir.madame.ou mademoiselle! Je lui ai tourné le dos.Il s'est éloigné: le souffle d'air a cessé de sévir.Je suis allée prendre la place de coin, côté fenêtre, à l'autre bout de la banquette, et j'ai appuyé mon front à la vitre, ré- Souplesse et absorptivite' plus grandes que seule assure om/e [.a \tmrelle httle.x* avec Couverture \ ation eu fait île confort durable .(le douceur jii-ipi'ici inconnue.Une douceur plu» sûre—En raison de sa base de gaze si Sable, cette «¦ouverture-merveille prOCUN une double -écurité: non seulement elle est plu- lurle.m.h- elle absorbe opoo bltncfct «>ora pém$nm rWtorm Nm___ Aémm_^_____._ VHU ii frWu croire?.Ah! j'ai bonne mine.moi.Tout de même, j'aime mieux cela.L'idée qu'il pouvait être amoureux de ce monceau de chair me hérissait toute.Pauvre Mériem! Toutes mes préventions contre elle tombent d'un coup.Restent mes autres préventions, celles que je nourris à l'endroit du dénommé Didier.Je pose brusquement la question, en le regardant droit dans les yeux: —Pourquoi avez-vous voulu me faire partir, retourner en France, l'autre jour, à M., avant de nous séparer?Qu'est-ce qui vous a pris, tout à coup?Il s'assombrit.Ses doigts pianotent distraitement sur la table.Je le devine embarrassé.—Je me suis trompé, dit-il sourdement.—Comment ça?Il a un mouvement des épaules comme pour repousser ma légitime curiosité.—Vous m'en avez voulu?—Là n'est pas la question.—Oublions cela, voulez-vous?Lentement, il se rapproche de moi.Il m'a prise par les poignets et me tient sous son regard.Je retrouve le mystérieux et troublant Didier de mon souvenir.Au fait, pourquoi Didier?.Sans doute, devine-t-il encore, ce magicien à qui je ne suis pas loin de prêter d'étonnantes possibilités psychiques, la muette question qui habite mon crâne.Le sourire adoucit sa face basanée: —J'ai fait la guerre.On m'a parachuté en France pendant l'occupation.Didier, c'est le nom de bataille que j'avais pris.pour travailler, vous comprenez?Didier.j'aimais assez ce prénom.Il me plaît qu'il ait été attaché à des heures de bravoure.Je sens mes traits se détendre et ma provision de méfiance céder.—Edith.Il est si près de moi que je sens son souffle sur ma joue.Je suis sans force.Allons! dans quelle histoire vais-je encore m'emharquer?Je me recule brusquement.—Edith, voulez-vous vous souvenir que, quoi qu'il arrive, vous avez en moi un ami sûr?Quoi qu'il arrive.Que pourrait-il arriver d'autre?Déçue, — peut-être attendais-je un autre genre de déclaration?— j'ai proféré: —Merci, Mouloud.A voix basse, il corrige: —Non, pour vous.Didier.Et avant que j'aie pu prononcer une parole, il est allé m'ouvrir la porte.Il s'efface devant moi, respectueusement.Mouloud et moi, nous avons peu l'occasion de nous retrouver, en dehors du rite matinal de sa visite chez Mériem.J'ai cru comprendre qu'il s'occupait beaucoup de l'exploitation forestière du domaine, de la vente du liège, et qu'il allait à l'extérieur conclure des marchés.Il lui arrive, en effet, de s'absenter plusieurs jours, et, ces jours-là, la maison est plongée dans une morne léthargie qui n'est troublée que par le hCMMMnl des femmes.J'y retrouve l'atmosphère nostalgique des premiers jours de mon arrivée.Le cafard s'empare de moi.Ft puis, soudain, il arrive.On entend le sabot de son cheval sur le chemin pierreux, — il m'a dit garer sa voiture en bas, près d'une de ses fermes, à cause du mauvais état des routes d'accès, — sa voix sonore crier des ordres, son rire secouer les servantes, sa ghaïla chanter dans le vent du soir, et, aussitôt, une vague chaude me flambe au coeur.La maison secoue sa monotonie, le paysage retrouve sa beauté, et, moi, cette mystérieuse allégresse que je ne ressens que lorsqu'il est là.Il part avec Tullio pour d'inlcrmina-bles parties de chasse.J'écoute l'écho des coups de fusil se répercuter dans la montagne.Ils reviennent, leur carnicr plein de bécasses, de perdreaux, de cailles, que les femmes, affairées et rieuses, accommodent de multiples façons, presque toutes inédites pour moi.Je passe des heures sur la terrasse à scruter la vallée en bas et la montagne autour de moi.Placés comme nous le sommes, sur ce piton, rien ne nous échappe de ce qui se passe dans le vaste paysage qui nous environne, et tous les détails de la vie rustique des gens d'ici me sont offerts, comme sur une merveilleuse et gigantesque scène, aux décors sans cesse changeants.Comment oublier ces images?Désormais, elles habiteront toujours ma pensée.Matins roses de Kabylie, midis cuivrés, couchants violets et odorants, où tous les parfums de l'Afrique semblent se cristalliser dans l'appel d'un meneur de troupeaux ou le chant plaintif d'une flûte de roseau à travers l'espace.O puissante et ensorceleuse Kabylie!.* * * .Pourquoi ai-je eu tant envie d'aller l'autre jour à ce marché d'Azazga qui me tentait depuis que je vois chaque samedi les montagnards dévaler les pentes, chargés de leur barda ou conduisant leur bétail?Toujours est-il que j'ai demandé ma journée à Lalla Beira.Mouloud est absent depuis hier; il est parti vers Alger pour ses affaires.Lorsque je fus rassasiée de mouvement et de bruit, je rejoignis Akli à qui j'avais donné rendez-vous au début de l'après-midi, près du marché aux grains, à l'entrée du souk.Nous redescendîmes vers le village.C'est alors que survint cet incident qui, sur le moment, me procura une si forte émotion.Je quittais la petite boutique de librairie où je venais de renouveler ma provision de papier à lettres et d'enveloppes, lorsque je vis un burnous blanc s'immobiliser devant moi.Je levai machinalement les yeux et retins une exclamation de surprise: sous la chéchia kabyle, je croyais reconnaître des traits connus.L'homme passa que la surprise me clouait encore sur place.Lorsque je repris mes esprits, il avait déjà tourné à gauche, dans la ruelle.Alors, je me mis à courir derrière lui: —Mansour1.MansourL.A mon tour, je pris le tournant.L'homme ne se retourna pas.Il marchait vite, dans la sente sombre sur laquelle s'ouvraient les échoppes indigènes.Je m'entêtai dans ma poursuite.Le Kabyle avançait toujours et me fit tourner trois ou quatre fois derrière lui dans des rues zigzagantes.Lancée, j'arrivai chaque fois à temps pour ne pas le perdre de vue, mais je m'essoufflai à cette filature inattendue.Mes appels, sonores d'abord, puis timides, ne troublèrent pas une seule fois la marche de celui que je poursuivais.Il continuait à avancer de son pas régulier et rapide jusqu'au moment où il entra dans un café maure.Je restai là.décontenancée.M'étais-je trompée'' Je l'avais vu en pleine face et j'aurais juré que ce front lisse et étroit, ces yeux bien coupés, ce visage rond et mat aux pommettes légèrement saillantes, ces lèvres charnues et brutales, appartenaient au prince Mansour, le bien-aimé d'Isabelle.Mais pourquoi n'avait-il pas répondu à mes appels0 Le café maure regorgeait de burnous et de gandouras.J'hésitai à entrer.Au surplus, il était tard.Je regagnai peu à peu mon calme et compris que je m'ét ii5 laisse abuser par une ressemblance.< L-, tait une idée fixe, je voyais Mansi ur partout! Je revins sur mes pas, retrouvai à.grand-peine la rue où s'était produite notre rencontre avec le Kabyle et eh r-chai en vain Akli.L'heure d'Afrique du Nord est dé-calée de sois.ink minutes siii celle d I i.rope, de sorte que lorsque je m'avi u qu'il était quatre heures, le soir tombail déjà.Certainement, Akli avait dû pr.n-dre la route, persuade que je le précéd iis dans le trajet.Il s'agissait de le rattraper au plus tôt.Sans plus réfléchir, je m'engageai dans le chemin boisé qui monte vers la foiét de Yakourène.Je longeai les haies d'à-loès qui abritent les maisons arabes.Je continuai à monter entre les oliviers et les eucalyptus; puis j'amorçai la sente qui zigzaguait dans la brousse de lentisques et de palmiers nains avant d'escalader le mamelon.Je march.us vite, mais la nuit me gagnait de vitesse, ces crépuscules d'Orient ayant la brièveté d'une aurore.Avec inquiétude, je mesurai la distance qui me restait à parcourir.Arrivée au mamelon, il faudrait encore redescendre et remonter.Une vague crainte s'empara de moi, qui grandit à mesure que l'obscurité s'intensifiait et que les parages devenaient plus désertiques.Des chacals glapirent dans l'ombre.Une hyène ricana.Je faillis gémir d'angoisse et serrai les dents, essayant de lutter contre la peur qui, peu à peu, me gagnait.Soudain, comme je relevais la tête vers la crête maintenant toute proche, j'aperçus sur le roc une ombre mince et gigantesque.Droite, immobile, découpée sous le ciel, on eût pu la prendre pour quelque apparition d'apocalypse.Je réalisai vite que la nuit seule lui donnait ces proportions démesurées.Mais, en même temps, je pensai à ce que m'avait raconté Mouloud au cours de nos conversations, à ces coupeurs de route qui avaient autrefois rançonné le pays.à de sauvages razzias.à des crimes plu, atroces.La peur brutale et sauvage s'empara de mon esprit enfiévré, je poussai une clameur folle, et, trébuchante, je m'abattis sur les pierres du chemin, la sueur aux tempes.Un hennissement me répondit.j'entendis la dégringolade des sabots du cheval et le claquement sec de l'ordre qui l'avait précipité en avant.Folle de terreur, je me recroquevillai sur moi-même, quand une voix prononça: —N'ayez pas peur, Edith.Maîtrisé par la main de fer de son cavalier, le cheval s'était cabré à un mètre de ma figure.Je sentis du sable voler sur mes joues.Il me sembla que je remontais d'un puits sans fond.Le cavalier avait mis pied à terre.—Vous n'êtes pas blessée?.Mouloud! Merci, mon Dieu!.Une chaude bouffée me monta au coeur, chassa l'épouvante, me fondit toute, dans une indicible sensation d'allégement et de bonheur.—Oh! Didier, quelle chance que vous soyez venu là! Je suis à bout.Je n'aurais pas pu faire un pas de plus.Il s'était agenouillé près de moi Bt m'aidait à me redresser.Je voulais imt-tre ma chute sur le compte de la fatigi honteuse que j'étais de ma pusillanim f et de mes frayeurs absurdes.Il ne s'y trompa pas.—Mais aussi, gronda-t-il tendreme t.quelle idée de vous être séparée d'Ak ?Ces Françaises ne doutent de rien.Sa voix cordiale exorcisait l'atmosph -re.Je ne voyais plus que la forêt bru -sante autour de nous et la lune tou'* (Suite en page 28) LA REVUE MODERNE — JUILLET I 0 ! 27 JALOUSE.(Situe de la paye 13) I idée me vint alors de saboter les pci lures.J'hésitai, dix secondes, puis, menaçante j'approchai.Vénus était là.Il sufhsait pour la vaincre, de piquer puis de repiquer mon stylet dans la toile.M.us l'audace s'effondra.Je ne pouvais pas.je ne voulais pas attenter à la vie de l'art, au bien d'autrui.Et qu'eus-je lire du méfait?L'hostilité ouverte, le j, miment de mon homme?Des regrets?le me devais d'être subtile.Je connaissais, du musée, certaine piece accep-i.inl mon emprise.Bravo, Ginette! Oui.la pièce c'était moi.Moi, dont je révoquerais les dispositions heureuses, les velléités de perfection; moi que j'affublerais d'insolence, que je hérisserais d'épingles; moi qui ne suis qu'amour et dont je ferais la solitude personnifiée! Dès le lendemain, le rôti, selon mon ordre, brûla.Guy eut une moue délicieuse, rien de très grave, mais le soir il me pria d'apporter de l'attention au travail — oh! la sauce épicée! Je boudais et, s'il s'abaissait à demander le pourquoi de mon humeui, l'éclatais en doléances: il me laissait seule, j'étais une esclave — des cols à repasser, des chemises — et l'amour m'ignorait! —Caprices! s'exclamait Guy.Je ne te comprends plus, Germaine.Tu était raisonnable et crac! depuis un mois, l'anarchie te prend en croupe (il a de ces métaphores, ma chère!).Cuisinière impossible, enfant gâtée.Et tu te coiffes, tu t'habilles comme.tiens, comme les Maou-Maous.Volontairement, je négligeais mon élégance.—Tu m'insultes, ripostais-je.Tu n'es jamais content.Je le voyais perdre patience, sa main serrait mon bras.—Germaine! Je.Au moment de la menace, il m'embrassa, certain jour, avec une ferveur inhabituelle.L'espoir m'était rendu.Et je continuai de lui faire une existence chargée de courtes scènes et de plats gâchés.Guy s'inquiétait de ma conduite, délaissait Renoir et Toulouse-Lautrec.Nous ne nous quittions guère; je le suivais sur les pentes de neige et, d'autres soirs, au Forum, j'applaudissais Beliveau; lui m'accompagnait chez ma mère, chez la modiste, chez toi.Des mois passèrent.J'étais heureuse et, graduellement, je redevenais la normale Germaine, â cette difference près que le sport chambardait mes coutumes.Je savais être élégante, cuisinière habile, amoureuse inégalée.Guy me racontait ses espoirs.Peut-être irions-nous vivre à la campagne.—T'y plairais-tu?Et j'affirmais: —Tant que tu voudrais m'y aimer.Lyrique, il évoquait son enfance près du golfe: les vagues, les hautes falaises, les érables, le vent.Je ne doutais plus de son amour, quoique la hantise du pouvoir me berçât quelquefois.Etais-je la plus forte, l'aimée devant laquelle tout courbait la tète: les souvenirs du maitre, ¦>on musée?L'obsession devint vite une torture.Ici, je t'accorde que je ne fus pas raisonnable.J'aurais dû me taire, jouir du bonheur et n'en point chercher de preuves.Mais j'attendais, impuissante à découvrir un stratagème: j'y perdais le repos.II y eut ta lettre annonçant le mariage avcc Claude, apportant l'occasion d'é-V' uver la tendresse de mon Guy.J'al-ldl demander qu'il m'octroyât la Vénus Pour t'en faire un présent: —Guy.H referma son volume et je lui fis part de 'heureuse nouvelle.Nous en discutâ- mes.Quels étaient vos projets?Vers quel endroit de l'univers le voyage était-il prévu?Il y eut un silence et Guy questionna: —Qu'offrirons-nous aux mariés?Mon coeur était lourd, je bredouillai: —Je.j'avais pensé.que.Telle une farandole, les images d'Mé-rodiade gambadaient.—Allons.tu deviens muette.—Oh! j'étais folle.Demander celai —Dis au moins ce que c'est.Obstinée, je répétais: —Tu crierais non.—Mais, Germaine, tu as le choix de ce que je possède.Prends.—Alors.alors.elle aime la peinture.Donnons Vénus.Il me regarda, amusé d'abord, espérant quelque blague, puis, abasourdi: —C'est une idée.Ah! j'aurais dansé! Mais tu n'as pas reçu la peinture car je n'entendais pas te la donner.Le soir même, Vénus rentrait au musée: j'expliquai qu'à un jeune ménage, il convenait d'offrir un présent plus utile.Ainsi fut fait.Je ne réclame point la gloire.Mon homme s'en chargera, quelque jour.A un copain narrant des difficultés conjugales, il citera son exemple, prendra l'air vainqueur: —Sois psychologue.dira-t-il.Psychologues, les mâles! Oh! la, la.Je les vois, dinosaures — brûle ma lettre! — dans un magasin de porcelaine.Mais Guy mérite des louanges.Il est magnifique, puisqu'il m'ensorcelle et que le bonheur depend de lui.C'est la raison simple qui m'inspire ce voeu.Sois heureuse, à mon exemple.immédiatement.Ta même, Germaine.Vu parles yeux dun gamin.UN SPECTACLE APPÉTISSANT r Quand garçons el fillettes rentrent du jeu, il leur faut bcaueoup de nourriture substantielle.Servez-leur de grand* l>l- « 1 adultes, tons l'adorent.Rapportez un assortiment de soupes Heinz la prochaine fois que vous ferez vos provisions.Swtjjeé- IWi£ LA l'EVUE MODERNE — JUILLET 1054 28 CE QUE TOUTE MÈRE DEVRAIT FAIRE AU PREMIER SIGNE DE BOUTONS Les Saet'i'ittt nous avertissent que let bou-toni minent la confiance en toi des enfants ( .qu'il» peuvent même endommager leur personnalité d'une façon permanente.De plus, négliger les boutons peut causer des cicatrices permanentes.Agissez donc uni tarder.CLEarasil, la nouvelle formule scienti-h'j.ic faite spécialement comme remède contre les boutons, peut protéger votre teune fils ou fille contre ce double danger.Nouvelle) Formule Medicomentée ÉCLAIRCIT LES BOUTONS counu» riraiin 'l'SZ MiidfiMir Un nouvel espoir pour Ici victimes de boutons! 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—Vous êtes certaine ne n'avoir aucun mal?Je vis luire ses yeux dans l'ombre et, tout près de mon visage, son visage marqué par l'inquiétude.Alors, je ne pus résister à l'impulsion qui me poussait.Je mis mes bras autour de son cou et appuyai mes lèvres au coin de sa tempe.— Merci, Didier!.Il me serra contre lui avec une sorte d'emportement.Je sentais l'odeur laineuse de son burnous, et, plus subtile, celle de son tabac.et je me trouvai ma joue appuyée contre la sienne, debout dans ses bras.Il me semblait que je ne désirais rien de plus au monde.—Venez, dit-il, m'enlevant dans ses bras.Je retins mon souffle.Il me jucha sur la selle et se remit à cheval.Dans quel film avais-je déjà vu cette chevauchée.ou dans quel rêve?La voix de Didier expliquait: —Quand je suis arrivé au borj et qu'on m'a dit que vous étiez partie depuis le matin avec Akli, j'étais d'une humeur massacrante.Vous m'avez manqué, Edith.Je chuchotai, si bas que la lune seule aurait dû l'entendre: —Répétez-le, Didier?11 dit, avec une espèce de colère: —Oui, vous m'avez manqué.Je n'aime plus la maison sans vous.Je vous ai attendue toute la journée, luttant contre le désir d'aller vous rejoindre à Azazga.—Oh! vous auriez dû venir.Didier.Je réalisai que j'avais pensé à lui sans vouloir me l'avouer et que c'était l'espoir de le revoir qui m'avait donné cette joie sans cause dont je m'étais senti gonflée dès le matin.Ah! pourquoi faut-il qu'il y ait toujours des lendemains au bonheur?.CHAPITRE VII .Mouloud ne se montra pas ce matin-là.Sans emmener Tullio.il était parti aux aurores, "pour ses affaires", me renseigna le régisseur, qui ne savait pas exactement quand il rentrerait.Effectivement, il ne revint pas pour le déjeuner et la journée se traîna, lente, interminable, tandis que je tressaillais au moindre bruit et me précipitais à la fenêtre dès que j'entendais un caillou rouler sur le chemin.J'étais dans un état d'effervescence indicible.Moi.Edith, la fille indépendante qui ne vivais que pour l'étude, les concours, la médecine et dont la camaraderie des étudiants suffisait à remplir la vie sentimentale, je me découvrais amoureuse'.O mon bel amour qui avait pris naissance dans le vent de mer, sous la nuit éclatante d'étoiles et qui trouvait tout son sens, toute sa force, dans ce paradis merveilleux qu'était cette ardente et sauvage Kabylie!.Serait-ce là mon pays, désormais?La pensec d'abandonner délibérément Paris, la France, tout le cadre de ma vie pas-sec, ne me laissait aucun regret.J'aimais et il me semblait que le sentiment qui venait de se révéler à moi était un grand feu pur, capable d'illuminer mon existence entière.Cet état d'euphorie et d'enthousiasme impatient me tint éveillée longtemps, alors que tout dormait dans le borj.J'avais allumé ma lampe de chevet et je m'essayais en vain a lire, supputant les chances que j'avais de voir revenir Didier dans la journée du lendemain.Soudain, dans le silence de la maison calme, je perçus un bruit insolite; c'était le choc d'un objet lourd sur la terrasse, sous ma fenêtre.Pendant que je demeurais l'oreille tendue, tous les sens affinés et sur le qui-vive, la fraîcheur de la nuit m'arracha un frisson.Je serrai frileusement les pans de mon peignoir sur ma uorge et esquissai le geste de rabattre les volets, me moquant de ma pusillanimité.C'est alors que je vis se dresser une grande ombre blanche, tout contre le mur, à mes pieds.Je retins un cri de frayeur.Rapidement, l'ombre avançait la main vers moi: —Edith.ne criez pas! C'est moi.c'est Mansour.L'exclamation se figea sur mes lèvres.A quelque distance de mon visage penché, je reconnus la sombre figure où brillait l'éclat du regard.—Mansour!.A cette heure?.La surprise altérait ma voix.Le visiteur chuchota: —Chut! ne faites pas de bruit.Je vous expliquerai.C'est Isabelle qui.Il s'interrompit et j'entendis son souffle haletant.—Vous êtes sûre qu'on ne peut pas nous entendre'1 Je reprenais lentement mes esprits.Le nom d'Isa acheva de me rendre mon sang-froid.Maintenant, j'avais hâte de savoir et il me venait une vague joie à l'idée que j'allais enfin revoir ma soeur.—Ne craignez rien, assurai-je à mon beau-frère, tout le monde dort.Mais.comment se fait-il que les chiens n'aient pas aboyé?Il eut un rire silencieux qui, dans l'ombre, fit briller ses dents, cruellement.—J'ai fait attention.Pouvez-vous me laisser entrer?—Bien sûr.Je vais descendre vous ouvrir.Il arrêta mon mouvement de retraite.—Attendez! Non, Edith, on pourrait nous entendre.—Quelle importance?.Je sais bien que l'heure n'est pas très protocolaire.mais enfin, vous n'avez pas pu arriver plus tôt?.—Je n'ai pas voulu, Edith.J'attendais que la maison soit endormie.Je ne comprenais pas.Je continuais à scruter ce visage qui me parlait dans le noir, essayant de percer l'obscurité qui le noyait, de saisir une expression sur cette face où luisait le blanc des prunelles.—La maison endormie?Pourquoi diable.?Il m'interrompit brusquement: —Ecoutez, Edith, le temps presse.Recevez-moi quelques instants, je vous expliquerai.Avant d'avoir obtenu mon assentiment, avant même, à vrai dire, que je pusse réaliser ce qui arrivait, la forme blanche avait bondi.Agrippé à la saillie du mur, Mansour opéra un rétablissement digne des meilleurs gymnastes.et je n'eus plus qu'à me reculer pour le laisser sauter dans ma chambre.Le tapis amortit le bruit de sa chute voulue.Vivement, j'étais allée vers le coin où se trouvait le commutateur.En un clin d'oeil, il fut sur moi, tourna le bouton: —Chut! malheureuse, n'allumez pas.Cette lampe de chevet suffira.Ahurie, je le regardai, choquée et va- guement angoissée.Que signifiaient ces façons?Dans un désordre rapide, les idées c précipitaient dans mon cerveau: c'était bien là le même Mansour que j'avais rencontré dans la rue d'Azazga et qui m'avait fuie.Tandis qu'il se promenait fébrilement à travers la pièce, marchant d'un pas de fauve, souple et silencieux, je confrontai ce visage avec celui de mis souvenirs.Des années avaient passé depuis que j'avais vu le beau Mansour, si elegant et sûr de lui sous l'uniforme, avec son sourire avantageux, son regaid de velours, sa légère claudication qui n'entravait en rien sa jeunesse vigoureuse.Il avait changé.Ses traits s'étaient durcis et deux sillons, au coin de sa bouche méprisante, le vieillissaient.Il n'avait plus sa voix chantante et harmonieuse.La chéchia cachait ses noirs cheveux lustrés dont Isa était si férue.Il vint vers moi, me regarda fixement: —// n'est pas rentré?Vous êtes sûre?Ses yeux brillaient d'un feu étrange.—Qui ça?—Mouloud.—Mais.non.Il sembla allégé.Une détente se produisit sur sa face.—C'est bien ce que j'avais prévu, dit-il avec satisfaction.Avec précaution, il repoussa les deux battants de la fenêtre.Ma surprise était intense.Il s'v mêlait de plus en plus d'anxicté.Ainsi, Mansour connaissait Mouloud?Je ne pus empêcher la méfiance de poindre dans ma voix quand j'observai: —C'est bien vous que j'ai rencontré à Azazga?Il hocha la tête, promena autour de lui ce regard mobile et fureteur qui semblait toujours sur le qui-vive.—Pourquoi n'avez-vous pas voulu me reconnaître?demandai-je d'un ton sévère.—Parce que je n'avais aucune confiance dans votre petit espion, riposta-t-il, hargneux.Je n'avais encore jamais remarqué combien le visage de Mansour pouvait avoir une expression sournoise et féroce.—De quel espion parlez-vous?Malgré moi, mon timbre était agressif.Mansour se rapprocha, de ce pas félin qui m'avait frappée tout à l'heure.—De ce garçon qui vous escortait.—Akli.ce gosse?C'est l'être le plus inoffensif de la terre.Il fronda: —Vous croyez?Vous ne savez pas où vous vous êtes fourvoyée, Edith.Vous êtes dans la gueule du loup.Je sentis mes yeux s'écarquiller.Que signifiaient ces extravagances?J'étais confondue par l'attitude de mon beau-frère et par ses discours incohérents.—Ecoutez, Mansour, exprimai-jc posément, je ne sais pas ce que vous voulez dire, mais je suis contente de vous voir enfin.Avant tout, comment va Isabelle?Il me dévisagea intensément.Ses yeux brûlants s'attachaient à moi et il me semblait sentir leur feu d'irradier sur ma peau.Un malaise me pénétra.Je sentis ma bouche devenir sèche.Mansour avait l'air d'un fou.—Mansour.vous n'allez pas me dire qu'il est arrive quelque chose à Isabelle' —Quelle idée, Edith!.Isabelle va très bien.Elle.elle n'a pu vcnir„.—Je pense bien, en pleine nuit et par ces chemins!.Mais je la verrai?for-mulai-je anxieusement.—Certainement, chuchota-t-il, se rapprochant de moi.Habillez-vous, Edith Je dois vous emmener.Elle vous attend.Eberluée, je le considérai: —Vous voulez que.maintenant1 LA REVUE MODERNE — JUILLET \Qï I Les cut on midis uiii n/m ni un tel point de perfection fertile (/lie leur suu/ilrssr, lair élégance leur ouvrent les /this grandes maisons de couture.29 De Harvey Berin, un guingan à petits carreaux roses et blancs orné d'application de dentelle d'Alençon blanche.Jupon, en tulle de nylon Texture tapisserie en noir et en blanc.Un deux pièces de ville, tout doublé Poches bordées chaque côté du large col.Création Ben Zuckerman COTON Coton dit jacquard, blanc sur blanc.Robe d'une pièce à col marin, boutons de même tissu.Création Harvey Berin.Le Voile Coquetef pour '54 — tel qu'interprété per John Frederics./ les aissc//es sont inodores Les aisse//es ne tachent pas .„-v /es tissus seul FRESH dresse cet "écran contre la transpiration " qui tient /es aisse//es SÈCHES ! 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Mansour, ne comprenez-vous pas que je suis employée ici?J'y ai accepté un poste d'infirmière.Si je m'en allais nuitamment, sans donner aucune excuse, que dirait-on?—Eh! peu importe ce qu'on dira! ré-torqua-t-il avec violence.Je vous dis, moi, que votre place n'est pas dans cette maison.—Mais enfin, que vous a-t-elle fait, cette maison?Mansour fit un pas en avant.Dans ses yeux couvait une flamme sourde.D'un geste inattendu qui m'arracha aussitôt un sursaut, il cracha sur mon tapis, en murmurant un juron en arabe.—Voilà pour les Abderrahmane! dit-il.haineusement.Vous ne savez donc pas que ces gens-là sont nos ennemis les plus acharnés?—Vos ennemis?.Comment ça?—Ils ont juré d'avoir notre peau, à tous.A partir de cet instant, je parlai pour meubler le silence, mais je n'avais qu'une idée, faire sortir ce sauvage de la chambre.Mansour était fou: pour moi, cela ne faisait plus l'ombre d'un doute.11 avait la folie de la persécution.Le mieux était de ne pas le contrarier.de l'amadouer pour obtenir qu'il s'en allât.Demain, j'aviserais.Il saisit brutalement les revers de mon peignoir, amena d'une secousse mon visage contre le sien: —Vous êtes complètement bouchée!.Vous n'avez rien appris en France ou ici, depuis que vous y êtes arrivée?Nous.les patriotes.tous ceux qui veulent l'indépendance et la vie pour les nôtres.Ce failli chien est l'âme damnée des oppresseurs.Il veut notre peau.mais c'est nous qui aurons la sienne, tu comprends?Il avait pris le ton d'un orateur de réunions publiques.Oui, je commençais à comprendre: Mansour était intoxiqué du virus politique.Ils étaient quelques-uns dans son cas.Mais, chez lui, cela prenait un caractère exalté qui devenait inquiétant.—Ecoutez, Mansour, déclarai-je en essayant de maîtriser mes nerfs et d'assurer ma voix, je suis bouleversée par les révélations que vous venez de me faire.Je ne peux pas croire que les Abderrahmane.—Mais vous ne savez pas qu'ils font partie de la police.qu'ils sont payés pour nous pourchasser.qu'ils touchent des primes pour chaque patriote qu'ils font prendre?Mon sang ne fit qu'un tour.Accuser Didier de jouer ce rôle abject.—Je ne vous crois pas, m'écriai-je, révoltée.Au surplus, beaucoup de choses me semblent suspectes dans votre conduite à vous, Mansour.Le silence à quoi vous contraignez Isa depuis votre mariage; la comédie que vous nous avez jouée en nous envoyant ces photos de l'hôtel Transatlantique pour nous faire croire qu'elles avaient été prises de chez vous et à des dates inexactes.tout cela me parait sujet à caution et me trouble.Je désire m'en expliquer avec Isabelle.Demain, j'irai vous voir, mais aujourd'hui, je vous prie de vous retirer; ce n'est ni le lieu, ni le moment d'une discussion de ce genre.Peu a peu, j'avais élevé la voix dans l'énervcmcnt qui me possédait.Mansour prit un air traqué et deux veines s'enroulèrent à ses tempes.—Vous avez envie de me faire pendre, Edith?jeU-Vil, hors de lui.Il était si visiblement effrayé que je m'arrêtai net et posai un doigt contrit sur mes lèvres.—Pardon, mais tout cela est absurde! —Oh! Mansour, je suis si anxieuse d'Isabelle! Ne pouvons-nous cesser de nous disputer'' Tout ceci s'expliquera demain, lorsqu'il fera jour.Mais s'il existe un différend entre vous et Mouloud Abderrahmane.Le mouvement furieux de Mansour me coupa la parole: —Entendez-la.un différend sérieux! Il veut ma tête, vous appelez ça un différend?C'est décidément un fou agressif.Je m'impatientai: —Mais enfin, c'est insensé! Je sentais l'affolement menacer ma volonté de calme.Mon Dieu! si seulement Didier avait été là pour mettre fin à cette scène ridicule et faire entendre raison à ce forcené!.—Je ne comprends rien à vos histoires, Mansour.Ce ne sont pas des affaires de femme et je déteste la politique.—Il ne s'agit pas de politique, gron-da-t-il, exaspéré, mais de notre existence.Nous luttons pour notre liberté, pour nos droits.et ces chiens ont fait cause commune avec ceux qui nous les refusent.Ce sont des renégats.Ils nous traquent, ils profitent de ce qu'ils appartiennent à notre race pour nous mieux trahir.Ce sont de faux frères.Nous les vomissons, eux et leurs pareils.Son visage était convulsé de rage.Dieu! que faire?Je ne savais plus à quel saint me vouer, ni comment calmer l'accès de ce maniaque furieux.Je résolus de me débarrasser à tout prix de ce forcené.J'eus soudain une idée: je tenais enfin un argument! .—Après ce que vous venez de me révéler, je comprends, en effet, que ma place n'est plus ici.Je ne peux vous suivre cette nuit, pour la bonne raison que j'ai emporté tous les bijoux et les papiers de la succession de tante Eva.Je ne peux les abandonner.Je les ai confiés à Mme Abderrahmane qui les a placés dans un coffre, dans sa chambre.Demain, je les lui redemanderai et je vous rejoindrai.Il m'observait, d'un oeil plein de soupçons.—Vous voudriez bien que je vous révèle notre retraite, à Isa et à moi?N'y comptez pas.Vous viendrez avec moi ou pas du tout.Je me forçai à sourire: —Demain, à la même heure, si vous voulez.Vous m'attendrez en bas, dans le chemin.Je me tiendrai prête.Cette proposition parut le séduire.Il déplissa son front buté, réfléchit quelques instants en m'observant en dessous.J'attendais anxieusement le résultat de ma ruse.A partir de cet instant, tout sembla se dérouler pour moi dans un film de cauchemar.—Ahbeul.(Attends!.) Guttural, l'avertissement avait retenti.A la même seconde apparaissait dans l'encadrement de la croisée le visage concentré et tendu de Tullio.Et Tullio pointait le canon de sa carabine dans la direction de Mansour.Je n'eus pas le temps de réaliser.Une autre injonction éclatait derrière moi.Je vis Mansour s'immobiliser et verdir.Ses yeux élargis se fixaient au-dessus de ma tête.Comme attirée par un aimant, je me retournai: dans le cadre de la porte, immense et droit, se tenait Mouloud.Il était sans arme, mais sa carrure oblitérait toute l'ouverture et son visage avait la dureté d'un visage sculpté dans la pierre, une dureté minérale.En Kabyle, il répéta son ordre bi f Ramenant mon regard affole vers M sour, je vis qu'il levait lentement tel bras, obéissant à la consigne qui lui était donnée.En même temps, il crailia par terre, du même geste méprisant K\ haineux qu'il avait eu au début de noire entretien.Il tourna vers moi son profil busqué.Une haine mortelle brillait dans sei prunelles etincelantes.—C'était donc un piège, dit-il d'imc voix basse, si froide et méprisante qu'i.le m'égratigna les vertèbres comme une râpe.Pour une roumia, vous avez fait du beau travail.—Ne bougez pas, Edith, intima sèchement Mouloud sans me regarder.Rapidement, Didier fouillait son prisonnier.Il extirpa un revolver de la poche de sa gandoura, le regarda d'un oui sarcastique et, sous le nez de Mansour, blême et crispé, il le fit sauter au creux de sa paume et le fit disparaître dans les plis de son burnous.J'entendis un remous dans le couloir, comme si d'autres personnages, qui s'y étaient tapis à l'affût jusque-là, se décidaient à se manifester.Je vis luire des armes.voltiger la tache blanche d'un burnous.On avait prévu du renfort.Je ne pouvais pas parler.Ma gorge se refusait à articuler le moindre son.Cette scène me terrifiait, en même temps qu'elle me coupait bras et jambes.Mansour s'arrêta à quelques pas de moi.Il jeta un mot ignoble, en arabe.Rien ne peut rendre l'expression de sa face farouche.Soudain, il m'apostropha: —Tu as servi d'appât à ces pourceaux, chienne! (Il cracha.) Tu as vendu ta soeur pour l'amour de ce maudit porc qui s'est servi de ta personne.La honte sur toi!.Les mots me giflèrent comme une serviette d'eau glacée jetée de plein fouet sur mes joues.—Mansour, criai-je, éperdue, Isa.Il me toisa.Il eut l'air tout à coup plus grand et plus cruel.Un rictus lui déformait la bouche.—Isa est ma complice.Elle a joué le jeu, elle.Ce n'est pas une vendue, ni une renégate.Mais, grâce à toi, couic.Il eut un geste terrible vers son cou, et puis son doigt se tendit vers Didier qui n'avait pas esquissé un mouvement pour l'empêcher de parler et semblait attendre, sa forme massive obstruant la porte: —Mais lui.il touchera la prime double.Ah! ah! ah!.Son rire de fou ponctua la phrase scélérate.Je regardai Didier.Je n'avais jamais vu des yeux aussi froids, aussi implacables.CHAPITRE Vin .Il y a maintenant dix jours que j'ai réintégré mon studio en bénissant l'inspiration qui m'a empêchée de le céder ou de le sous-louer avant son départ.Depuis, je tourne comme un ours en caçe entre ces murs qui ont perdu pour moi leur visage familier et affectueux.Tout me semble étranger, hostile, et le portr >ii de tante Eva qui me fixe de ses yeux figés, tandis que je m'accorde à ma table, semble me regarder avec sévcri'é.Je ne veux pas m'avoucr que c'est bien là ma pire peine, mon humiliation la plus brûlante que de m'étre à X point trompée sur Didier et m'étre lai prendre à son indigne comédie.Dès mon retour, je suis allée troin r Me Ragondeau en qui tante Eva av; it toute confiance.Je lui ai raconté toute mon histoire, en omettant bien enter U de faire mention des sentiments que j'avais voués au fils Abderrahmane.Ceci restera mon secret et ma secrète hon - LA REVUE MODERNE — JUILLET IÇ 1 31 KOBE POUR FOURNITURES 2 vgs tissu rayé de 36" de largeur.3V4 vgs de biais pour bordure.6 boutons de Vi" de diamètre.Fil à coudre mercerisé "CHAIN" Loats Super Sheen de couleur assortie.PATRONS Faire les patrons d'après le schéma, I carré = 1 pouce.Les points noirs indiquent les endroits où le tissu doit être plié.Les flèches indiquent le grain du tissu.COUPE Patron A — empiècement du devant — tailler 2 morceaux.Patron B — empiècement du dos — tailler 2 morceaux.Tailler 2 morceaux de 27" x 18" pour la jupe — rayures sur la longueur.EXECUTION I.—Poser un empiècement du dos et un du devant, l'endroit à l'intérieur; faufiler et coudre les coutures de côté.Répéter la même opération pour les deux autres empiècements.Presser les coutures ouvertes.2.—Poser les deux empiècements ainsi réunis l'endroit à l'intérieur, les coutures du côté égales, la partie du dos sur l'autre partie du dos et celle du devant sur l'autre devant et faufiler.Puis, en une seule opération, coudre le tour de la manche, les épaules, le cou, etc., en laissant le bas de l'empiècement ouvert.Faire de petites entailles dans les pointes sans couper le fil.Raser la couture à W\ retourner à l'endroit, presser et faire une piqûre à la machine tout le tour.3.—Unir les côtés de la jupe et presser les coutures ouvertes.Passer un fil au haut de la jupe et plisser de manière à l'ajuster au corsage.Faufiler et coudre l'empiècement du dessus à la jupe plissée en piquant par-dessus, les coutures du côté devant correspondre.Coudre l'empiècement du dessous à points perdus sur la piqûre en pliant et dissimulant les bords vifs.4.—Coudre les boutons sur l'empiècement du dos, 3 à chaque épaule et faire des boutonnières pour correspondre sur l'empiècement du devant.5.—Faire un bord à la longueur voulue et le border avec le biais.B • A • y* Le schéma est réduit trois fois.• • International Harvester présente Cette porte à 7 tablettes • Pantry-Dor" contient plus d'aliments .sans voiler ou fléchir.parce qu'elle est la seule porte genre armoire * -1.1 m.ii- auparavant on a .ml.ainsi be*uté l't utilité dans une porte de réfrigérateur.Des lignes modernes qui s'harmimi.M ¦ ront aux autres accessoires de la cuisine, et .c'est ta seule porte que VOUM pouvtM décorer pour s'harmoniser à I 'en semble iie> couleurs de votre cuisine .on la laisser d'un blanc immacule *i vous le préférez.1 Attaches de com nouvelles, plus loties, soudées a même.2 Nouveau cidre a double nervure pout plus de ! 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—Margot, Margot, Margot, répondent les échos.Il était 3 h.37, lorsque nous avons jeté l'ancre à l'embouchure de la rivière Eternité, à 100 pieds d'un énorme rocher à tribord.Sur terre, aucune trace de vie humaine.Tout était silence et quiétude.Comme Jacques Cartier, nous nous demandions comment le sapin, l'épinette, le bouleau peuvent survivre sur des rochers apparemment sans humus, et résister aux ouragans.C'était fin-août.Les feuilles commençaient à prendre leurs coloris d'automne, et les baies du sorbier faisaient des taches orangées sur les conifères environnants.A 9 h.55 du matin, nouveau départ, mais à vitesse réduite pour admirer plus à l'aise les fameux caps qui s'éloignaient.Ma femme fit ses adieux à la Vierge du Rocher, aussi bien qu'au Vieux de la Montagne, curieuse formation à la base du cap Trinité: si on la regarde d'un certain angle, on y reconnait le profil d'un sauvage.Un peu plus loin, toujours sur la rive sud, c'est le Tableau, immense rocher vertical et nu qui, en effet, donne l'impression d'un grand tableau noir.Deux milles en amont, une autre curiosité naturelle: la Niche, qui est un grand trou dans la falaise.Nous avons ensuite oblique à tribord, pour profiter du courant ascendant qui longe la rive nord.Cela nous permit d'admirer une magnifique cataracte de 50 pieds de hauteur; après trois sauts, elle se divise en cinq branches avant 'l'atteindre le Saguenay.Sur 18 milles, Margot suivit la côte, quelque distance.Il était presque midi lorsque, après un coude à tribord, nous rrivions à la Descente des Femmes.Ce petit village est aussi pittoresque que son nom; sur la carte il s'appelle Ste-Rosc-¦ e-Lima et Stc-Rose-du-Nord dans le - ride postal.Rien d'étonnant, après cela, Hue ce paradis soit inconnu.La légende — qui est souvent l'His-' 'ire non consignée — explique comme ut l'origine du nom.Les sauvages vc-dent y pécher pendant que leurs squaws icillaient des bleuets.Le moment venu e préparer les repas, elles se laissaient lisser sur la pente, jusqu'au rivage.Les yachtmen québécois, comme les villageois eux-mêmes, préfèrent conserver cette appellation intéressante.Contrairement à ce qui se passe ailleurs à l'égard des yachtmen, la discrétion est de mise à la Descente des Femmes.Pendant le repas — que nous prenons dans le cockpit lorsqu'il fait beau — personne ne vint "reluquer" les visiteurs.Puis ma femme gravit un sentier conduisant a quelques maisons placées entre-la rivière, la montagne et une petite prairie.Elle désirait acheter des provisions, et aussi lier connaissance avec les habitants Partout on nous avait dit grand bien de cette population—presque toute issue des pionniers — qui mené une existence idyllique mais laborieuse, dans un somptueux décor naturel encore embelli par les fleurs semées à profusion.Le village se suffit à lui-même, mais il n'est nullement renfrogné dans ses habitudes.Les gens sont hospitaliers et vraiment bien renseignés.Quoiqu'étran-gers par la foi et la langue, nous avons été reçus avec la plus franche hospitalité.Leur éducation n'est pas purement livresque.Ils s'en servent pour améliorer leur existence.Comme à l'Anse St-Jcan on est d'abord cultivateur, et l'on vend à l'extérieur les produits de la ferme Les travaux forestiers, en hiver, procurent un autre revenu.Rien d'étonnant, donc, que les maisons soient très confortables Chaque famille a son piano, et, ce qui est mieux, l'on en joue, et fort bien.Voilà une existence qui laisse peu de place à l'imprévu.On y travaille fort: pas de semaine de cinq jours et pas de journée de huit heures! Mais c'est le lieu de rappeler la réponse que me fit un habitant à propos de Maria Chapdelaine: "Ce que j'aime pas de ce roman, c'est qu'il est triste.Nous autres, les gens du Saguenay, on est heureux!" Nous avions acheté du pain de ménage, du beurre, des tartes, des conserves, et un fromage du cru qui a gagné des prix aux expositions agricoles.Il fallait maintenant partir; jamais ce mot ne nous avait paru si amer.Ce que nous ne regrettions pas, cependant, c'était la nouvelle lune, car sur le Saguenav la marée de nouvelle lune est plus forte que celle de pleine lune: à la Descente des Femmes, elle peut atteindre 20 pieds Quelques incidents nous en ont laissé un souvenir peu agréable.Le 7 septembre, tôt dans l'après-midi, nous partions pour Chicoutimi.Nous avons suivi la rive nord, peu intéressés à connaître l'activité industrielle de Port-Alfred.Après avoir tourné à tribord, nous sommes passés devant le cap de l'Est et ses arbres multicolores.Quatre milles plus loin, devant le village de S-Fulgcnce, un phoque vint s'ébattre autour du bateau.Au cap des Roches, à 57 milles de l'embouchure du Saguenay, c'est la fin du chenal naturel.Nous sommes entrés ensuite dans un chenal de huit milles, plein de détours, mais soigneusement balisé d'espars et de bouées sans compter les alignements d'avant et d'arrière.La dernière bouée est à 1,700 pieds du quai du gouvernement à Chicoutimi.A 4 h.06 nous jetions l'ancre près du pont de Ste-Annc, sur un fond de bonne prise.Nous avions parcouru 25 milles depuis la Descente des Femmes.Le lendemain matin, le nordet s'éleva, rendant notre position peu confortable.Un jeune homme s'offrit à nous trouver un endroit mieux abrité.Non seulement il nous y conduisit mais en un tournemain il posa nos amarres de façon à compenser le jeu des marées.Une fois de plus nous constations à quel point les ( anadiens français ont su conserver l'hospitalité proverbiale de leurs ancêtres.(Version française de Roland Prévost.) DANS L'ESPACE DE DEUX SECONDES Moins de deux secondes après avoir commencé a danser, let danseurs à claquettes accomplis frappent le sol à la cadence impressionnante de 840 coups par minute I Et comme le prouve cet essai dans un verre d'eau, moins de deux secondes après que vous avez pris de l'Aspirin, il commence à agir pour vous apporter un tsui «montrinl «**c qutllt rapAtt Aspinn it dtugrlgi danil ntomtç ! PROMPT SOULAGEMENT °> DOULEUR QUAND un mal de tête, des douleurs névritiques ou névralgiques vous accablent, ayez recours à Aspirin pour un soulagement rapide.La raison pour laquelle Aspirin agit si vite est démontrée dans la vignette ci-dessus.Aspirin se désagrège en 2 secondes dans votre estomac, de façon à vous apporter un prompt soulagement de la douleur! En outre, aspirin se compose d'un ingrédient actif unique qui est si doux pour l'organisme qu'il a été employé .d'année en année .par des millions de gens .sans effets nuisibles ! Prenez donc Aspirin—en toute confiance ! 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J'ai plongé la tête dans mes mains et m'absorbe dans une fervente oraison.Un bruissement de robes m'arrache à ma méditation.Je lève les yeux.Le prêtre n'est pas encore arrivé, mais, dans le choeur, par une porte dérobée, survient, ombres absorbées et furtives, une file de religieuses aux lonques robes foncées.Elles prennent place à côté des béguines.Je ne connais pas cet ordre et la coiffe blanche qui encadre leurs pâles figures recueillies ne me rappelle rien.Isabelle est parmi ces femmes.je le pressens.et c'est pourquoi je suis ici.Tandis que j'étais absorbée dans ma méditation, l'église s'est vidée.Je lève les paupières.comme si je remontais d'un rêve.Les béguines sont sorties, les religieuses se sont évanouies comme des ombres par la porte dérobée.Mais il y en a une auprès de moi, debout, les mains jointes dans les larges manches de sa robe monastique.—Voulez-vous venir avec moi, madame?Elle me sourit d'un air amical.Très troublée, je me lève et la suis.Nous traversons l'enclos; les femmes en mante noire, coiffées de la capuche, regagnent, solitaires, leurs petites maisons.J'aperçois Mouloud qui fait les cent pas sous les grands arbres, tête nue dans le vent d'hiver.—Sans doute me conduisez-vous près de ma soeur?Ma compagne fait un signe affirmatif: —Elle savait que vous veniez aujourd'hui, chuchote-t-clle, et, tout à l'heure, elle vous a aperçue dans l'église.Elle m'a chargée de vous escorter jusqu'à elle.De vieux meubles sculptés, des portes anciennes, ouvragées comme des pièces d'exposition, et, au mur, le grand p .trait d'une dame en coiffe du quiu/n , siècle, composent un decor que ne de vouerait pas un conservateur de mus Seule, la croix qui occupe le haut des cintres rappelle le couvent.—Edith.Isa est la, dans le cadre de la poi'e ogivale.Isa qui me tend les bras.t je ne vois plus qu'elle et son délicat i.sage sous le bandeau blanc qui l'cncail ses lèvres souriantes et émues.Je m .lance et nous mêlons nos larmes, d,i s une étreinte qui n'en finit pas,.J'ai enfin repris mon souffle et un pi u de sang-froid.De mes deux mains q | étreignent ses bras minces pour mieu\ la regarder, j'éloigne Isabelle de moi.—Isa.depuis quand es-tu ici?—Depuis deux ans.Elle a dit cela comme une chose toute naturelle et je la fixe, incrédule, stupéfaite.—Tu veux dire que tu es arrivée ici, au béguinage, il y a deux ans?Elle cherche dans sa mémoire, prononce une date qui précise en effet son affirmation.Je n'en crois pas mes oreilles.—Isabelle.mais.je ne comprends pas.Comment ne serait-elle pas sensible i mon air malheureux, indigné, au reproche contenu dans ma voix?Elle rougit, contrite, et je retrouve très fugitivement ma jumelle des temps révolus.Elle abandonne sa main diaphane sur mon épaule.—C'est vrai, Edith, tu aurais raison de m'en vouloir de mon silence, mais, vois-tu, chérie, c'était trop dur pour moi, trop affreux de vous révéler la vérité.Quand je me suis enfuie de là-bas, j'étais comme une bête pourchassée qui cherche un coin pour s'y terrer, loin des regards.J'avais besoin d'apaisement et de me retrouver moi-même.Il fallait que je laisse passer le temps sur toute ces heures abominables.Elle a serré les lèvres, et, une seconde, la sérénité de ses prunelles est troublée.Mais c'est très fugace.Là où elle est arrivée désormais.Isa est hors d'atteinte des maléfiques prolongements d'un monde qu'elle a quitté.Je la sens terriblement lointaine, placée sur des cimes inaccessibles, et mon coeur se crispe sous la morsure d'une souffrance que je n'avais pas prévue.—Oh! Isabelle, n'étions-nous pas ton refuge normal et t'étais-je devenue à ce point étrangère que tu aies préféré te laisser taxer d'ingratitude plutôt que de nous apporter ta peine et ta misère' Tante Eva en a été très affectée, les derniers temps de sa vie.Elle regarde mon manteau.Sa figure s'attriste.—C'est son deuil que tu portes?J'ai incliné la tête, refoulant des sanglots qui me chauffent la gorge et paralysent ma voix.Elle me serre les mains.—Quand l'as-tu appris, Isa?—Par M.Abderrahmane, ces dernicis jours.Ses yeux clairs me scrutent, comme autrefois quand elle voulait m'amener i quelque confidence.—Tu as en lui un ami sûr, dit-elle.—Un ami?.Mon ironie agressive ne lui échapf pas, non plus que cette hostilité qui so dain durcit tous mes traits.Elle détour: : ses paupières, semble suivre un rêve intérieur.—Mais pourquoi rester debout?rem.i quc-t-elle soudain avec un rire lége Nous serions mieux sur les sièges poi causer.Ma Mère Supérieure m'a ai-corde une grande heure.{Suite en page 37) LA REVUE mop erne — JUILLET K)"j i DE TOUT El JITE De l'humble sac, une élégante robe de cocktail.(Photo: teintures Tintex.) Le jute, sans la teinture, fuit difficilement oublier ses origines, mais la magie de la couleur transforme tout.fi ES SACS de jute (burlap) utilisés 'A I depuis toujours pour l'emballage I I d'engrais alimentaires ou de pata-M^M les peuvent être transformas en articles de tout genre.Ces metamorphoses s'accomplissent au moyen des teintures tous tissus et de quelques points de couture fort simples.Le jute teint dans les couleurs de votre choix vous permet Je réaliser une gamme infinie de vêtements: jupes, shorts, costumes de jeux, etc., ainsi que des articles d'ameublement (rideaux et tentures, napperons, serviettes, housses, etc.).Tous est dans la façon de procéder, et voici les instructions générales à suivre: COMMENT LAVER LES SACS: Décousez le sac en tirant sur les deux fils de la couture à chainette.Secouez pour enlever la poussière et les grains.Faites une couture à '/à" du bord coupé pour éviter que le tissu ne s'effiloche.Placez les sacs dans la lessiveuse ou une cuvette remplie d'eau savonneuse chaude.Laissez tremper deux heures et lavez ensuite soigneusement pour faire disparaître les let-Ire imprimées.Rincez.COMMENT DECOLORER: Il n'est pa- toujours nécessaire de décolorer avant de teindre, mais dans certains cas cela es! préférable, surtout si vous désirez teindre le jute en une couleur claire.Servez-vous d'un décolorant selon le mode d'c nploi indiqué sur le paquet.Servez-vous toujours d'une solution nouvelle poi r chaque sac.N'employez pas le dé-.int dans la lessiveuse, car la quantité d'eau requise diminue l'efficacité du décolorant.1 OMMENT TEINDRE: Versez la teinture dans un pot d'une pinte rempli d'e.iu chaude.Remuez jusqu'à dis-soli:tion complète .Ajouter cinq pintet d'eau chaude dans la cu-à teindre, versez la teinture délayée pat Cachet foautaij dans l'eau et remuez.Placez les sacs de jute mouillés dans la solution de teinture.Chauffez l'eau graduellement pendant 30 minutes, presque jusqu'au point d'ébullition, tout en remuant les sacs au moyen d'une cuiller ou d'un bâton.Laissez ensuite tiédir l'eau tout en continuant à remuer les sacs.Retirez et rincez dans de l'eau froide jusqu'à ce que l'eau soit claire.Enlevez autant d'eau que possible et repassez les sacs jusqu'à ce qu'ils soient secs.Que votre fer soit très chaud, soit "linen" sur un fer automatique.COMMENT TEINDRE LE JUTE DANS LA LESSIVEUSE: Si vous désirez teindre plusieurs sacs en une même teinte, il vaut mieux les teindre tous ensemble dans votre lessiveuse.Mettez de l'eau très chaude dans la lessiveuse et laissez-la fonctionner quelques minutes.Videz.Placez les sacs lavés dans la machine.Remplissez la machine de nouveau.Diluez la quantité de teinture requise dans une pinte d'eau chaude.Versez la teinture diluée dans la machine remplie d'eau très chaude en ayant soin de ne pas la verser directement sur le jute.Il vous faudra arrêter votre lessiveuse de temps à autre pour vous assurer si la teinture a pénétré les sacs jusqu'à la teinte désirée.Une fois la teinte désirée obtenue, rincez les sacs à fond et essorez à la main le surplus d'eau.Ne passez pas dans l'essoreuse.Repassez quand les sacs sont humides.Lavez les taches de teinture sur la machine au savon et à l'eau chaude.Pour nettoyer la machine, remplissez d'eau chaude avec un peu de savon et laissez fonctionner pendant quelques minutes.Videz.Il n'est pas recommandé de teindre plus de 4 livres et demie à la fois dans une lessiveuse.Il est donc prudent de peser vos sacs avant de les teindre.Tloriê tOPPERÏONE AUX BAINS .OU DANS VOTRE COUR - .N'importe où au soleil, Coppertone donnera à votre teint un éclat bronzé digne des plages du sud.Coppertone, l'huile-soleil préférée des baigneurs de Floride, contient lanoline et beurre de cacao, pour assouplir votre épiderme et le hâler sans le durcir.Vous pouvez choisir Coppertone liquide, en crème, ou vaporisé.A bas les visages pâles VAPORISÉ LIQUIDE TUBE CRÈME Amateurs! 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; ,i question jaillit qui, depuis tout à l'h urc, me hrûlait les lèvres: -Tu as pronODCé des voeux?Son fin visaec s'éclaire; c'est comme un- lampe intérieure qui s'allumerait soudain derrière ce masque pâle, un peu cir.'ux.—J'ai pu entrer aux Filles de l'Eglise.J"i,i terminé mon noviciat, il y a trois mois.Une omhrc passe sur son visage uni.Ses doigts vont chercher le scapulane qui pend sur sa poitrine.—Cest vrai.je te dois des explications.M.Ahderrahmane m'a raconté comment tu étais allée là-bas et aussi que M.msour avait été arrêté.—Pauvre Mansour.c'est une âme éearée.et un grand criminel, ajoutc-t-clle tout bas.—Oh! un criminel.Isa, tu es sévère! Son activité politique a-t-cllc donc été si oraecuse?Elles ramène vers moi son regard bleu, songeur et va«ue.—Son activité politique?Tu y as cru'' Moi aussi, j'y ai cru.Pas longtemps.hélas! Sa main monte jusqu'à son front qu'elle presse nerveusement.—Oh! Edith, comment te dire l'affreux sentiment de solitude et de désespoir qui m'a poignée à mon arrivée chez.chez lui.Tout cela était si différent de ce que j'avais imaginé, de ce qu'il m'avait laissé entrevoir.Mansour m'avait menti.Le palais était une maisoi.sordide enfermant une famille, une tribu nlutôt, de gens cruels et cupides, qui étaient toujours en révolte contre les lois établies* Je ne tardai pas à me rendre compte que, sous prétexte de buts idéologiques, d'indépendance et de lutte religieuse, ces gens se livraient à de véritables brigandaces.Ils faisaient de la contrebande d'armes, dénonçaient aussi les vrais patriotes, les sincères, les purs, rour toucher des primes, rançonnaient les gerts.Je ne pouvais pas croire ce que j'en-lendais.Je l'interrompis d'une voix étouffée: —Isa, mais tu te trompes!.Mansour avait fait la guerre.—Et c'est là-dessus qu'il a tablé pour jouer son personnage auprès de moi, ruprès des autres.Mansour s'était jeté duns la euerre comme dans une aventure où il trouverait à satisfaire ses mauvais instincts de pillage et des avantages matériels.J'ai appris à le connaître.Il est mon mari, continue-t-elle en relevant la tête, mais c'est un criminel qui a des morts sur la conscience et je n'aurai pas trop de toute ma vie pour r.icheter son âme misérable et mon aveu-glement.l'étais confondue.Ainsi, voilà la raison de la présence, dans ce cloître, de ma soeur Isabelle: une expiation et un r;chat.—Tout est venu, dit-elle, parce que i'>vais demandé aide et protection à 'hammed Ahderrahmane.le frère de ton ami Didier.Je la considérais, les yeux élargis par la surprise et l'émotion.—Oui.Mohammed faisait partie d'une 0 .'anisation politique qui revendiquait il' i droits nouveaux pour les musulmans.& insour s'était mêlé à eux, mais le clan n tarda pas à se rendre compte que les S' -disant sentiments de Mansour et des ii ns se résumaient à des buts de lucre 'I de pillage.Mohammed les chassa de l'organisation.Mais j'avais eu le temps de lui parler, de l'intéresser à mon sort.Il voulut obliger Mansour à me rendre ma liberté.Mon mari feignit d'accepter, mais il attira Mohammed dans un guet-apens — je lui servi-, de prétexte, Mohammed s'étant offert à venir me chercher et à m'escorter jusqu'à Al»er — et il le tua.Ce jour-là, je m'enfuis dans la montai'ne.en pleine QJlit, J'étais épouvantée.Je réussis à gagner la ville voisine.Une famille kabyle me recueil lit et me cacha.Je ne voulais pas témoigner contre mon mari et je ne pouvais, en restant là, me faire sa complice.Enfin, je gagnai Alger.Je me rendis à Notre-Dame d'Afrique et là, dans la sacristie, alors que j'attendais le prêtre pour me confier a lui, je feuilletai des publications ou il était question de Bruees, du béguinage, de ce monastère récemment fondé.J'étais sauvée.Ses yeux clairs sont venus se reposer sur moi.J'y lis une immense sérénité, un détachement joyeux.Oui, Isa a atteint d'autres cimes.Et devant cette femme nouvelle, souriante, calme, heureuse d'un bonheur qui n'a plus rien de commun avec ce que nous attendons ici-bas, je reste désemparée.—Mais, Isabelle, ces photos que j'ai reçues de toi, ces télégrammes.?Elle hoche la tête.—Les photos?Il les avait prises en voyage, au cours de notre arrivée en Kabylie, alors que j'étais encore pleine d'illusions.Elles se sont vite évanouies.Au début, je n'avais pas le courage de Attendez qu'on sache que c'est vous qui l'avez cuit! Vous serez la reine du festival quand on saura que vous êtes l'auteur de ce superbe et succulent Gâteau aux Fraises 'Magic'! "Il est si léger .si savoureux %, .vraiment, il est incomparable! C'est tout comme les bons gâteaux aux fraises d'autrefois!" Avec vos propres ingrédients, bien frais et choisis avec soin, ET avec la Poudre à Pâte 'Magic', vous pouvez toujours W compter sur d'excellents résultats.De plus, la 'Magic' ne coûte pas cher.moins de le" par cuisson ordinaire ! Gâteau aux Fraises 'MAGIC iVo tasse farine à pâtisserie tamisée ou lVa tasse farine de blé dur tamisée 2 c.à thé Poudre à Pâte 'Magic' Va c.à thé sel 4 oeufs séparés Va tasse eau froide 1 tasse sucre granulé fin lVa c.à thé vanille Tamisez 3 fois ensemble farine, ni et Poudre à Pflte 'Magic*.Battez les jaunes d'oeufs jusqu'à ce qu'épais et légers; incorpore?, graduellement l'eau froide et 7\ de tasse de sucre, puis continuez I battre 4 minutes.Battez les blancs d'oeufs jusqu'à ce que fermes mais non pas secs.Incorporez graduellement le 's de tniMn de sucre qui reste, battant après chaque addition jusqu'à ce que le mélange forme des monticules.Ajoutez le mélange de farine au mélange de jaunes d'oeufs, environ un quart à la fois, repliant légèrement après chaque addition, jusqu'à ce que la farine soit bien incorporée.Ajoutez la vanille.Ajoutez la meringue au mélange de jaunes d'oeufs et repliez légèrement pour bien mêler.Versez dans deux moules à gâteau ronds do 8" non graisses.Cuisez à four modéré (350*) de 25 à 30 min.Renversez immédiatement les gateaux cuits et laissez-les refroidir ainsi suspendus Ipour cela, posez les moules sur les bords de 3 cocotiers ou de 3 tasses à café).Posez ensuite les gâteaux l'un sur l'autre, étendant entre les deux des fraises écrasées et sucrées.Couvrez le dessus de crème fouettée légèrement sucrée ot aromatisée, puis garnissez avec des fraises entières.REVUE Moni hm — n ni i t iq-, i 38 vous écrire, éprouvant une répugnance indicible à vous conter mes rancoeurs et ma cruelle déception.Je ne voulais pas inquiéter tante Eva dont je savais la santé précaire, troubler tes études.Par-dessus tout, je craignais votre venue.Mais Man-sour allait chercher le courrier.Il ouvrait vos lettres, les lisait, et, pour se prémunir contre une enquête possible de votre part, il expédiait les photos avec ma signature au dos.Il a dû continuer après mon départ.Je sais qu'il avait toujours espéré me retrouver, me faire rentrer chez lui de gré ou de force.Une brusque lumière se fait en moi.Machinalement, ma main tourne à mon poignet le bracelet d'or qu'Isa m'a fait tenir quelques mois avant mon départ.Je l'interroge à ce sujet.Son front s'éclaire.—Je l'avais acheté chez un bijoutier indigène, mais je n'avais pas assez d'argent pour le payer.En quittant la Ka-bylie, je suis restée en relations avec cette famille kabyle qui a été si charitable pour moi.Plus tard, lorsque j'ai prononcé mes voeux, je me suis séparée de tous mes bijoux et leur vente m'a permis d'écrire là-bas, de payer ton bracelet et de te le faire envoyer.Mon Dieu! comme tout parait simple, maintenant!.Une cloche a sonné, mélancolique, dans le vent du soir.Isabelle s'est redressée: —Voici l'heure, dit-elle.C'est le salut.Je suis obligée de te quitter.Du seuil, je la regarde s'en aller.Une bruine légère s'est mise à tomber.Isa- De nouveau cette année, la Royal Canadian Golf Association présentera la Coupe d'Or Seagram au gagnant du tournoi pour le championnat de golf omnium canadien.Ce célèbre trophée, sur lequel -ni in-, ni |i - 11 • .111- île 1111.¦ 1.111 < - - -11 r 1 - illplus grands joueurs de golf du monde, Little, Snead, Nelson, Wood, Locke, Harrison, Ferrier, Palmer et Douglas, sera mis en jeu les 14, 15, 16 et 17 juil-let, au pittoresque Point Grey Golf & Country Club ilr Vatn-nuvrr.Li Maison N-.iui.im tient à souhaiter la plus cordiale bienvenue à tous les spectateurs et à ollrir ses meilleurs voeux de succès aux concurrents.aison Se a9 ram belle presse le pus, sous les grands or !ts mélancoliques, et les deux extrémités Jc son voile flottent derrière sa silhou iie fuyante, comme des ailes.Lentement, j'ai quitte l'enclos solil reperdu dans l'ombre des grands arb :s, —Allons, Edith, du courage! murm ire tout près de moi une voix qui m'arru he a m.i délectation morose.J'ai tressailli et j'ai levé la tête.dier est là, sous la pluie douce qui cm-perle son front.Ses traits ont une \-pression pitoyable et tendre.Nos reg;i rjj s'accrochent.—Oh! Didier.Je me suis laissée tomber sur son épaule, avec lassitude.Il me semble s.u-dain déposer un fardeau.Mon chai m crève en sanglots silencieux.Sa main, doucement, caresse mon épaule.—Là.mon petit.pleurez un bon coup.Cela vous soulagera.Comme elle sait être parfois réconfortante la dure voix de Didier! Que j'ai été sotte et aveugle! Dire que je n'ai rien deviné de tout ce qui se tramait autour de moi.—Je me sens si seule à présent!.ai-je murmuré comme malgré moi.Le bras de Didier se fait plus chaud sous le mien.—Si seule, Edith?Il s'est arrêté, d'autorité.Peut-être y a-t-il des yeux à l'affût derrière les vitres closes, mais le silence est si doux et si léger qu'il me semble être seule avec Didier au milieu de la vaste terre.Je lève la tête, frémissante: —Oh! Didier, tant de choses nous séparent!.Cette question de race, de religion.Il y aura toujours entre nous des barricades.—Edith, écoutez.Quand mon père, le lieutenant Abderrahmane, épousa ma mère, une infirmière de Beauvais, à l'autre guerre, il lui promit que leurs enfants communs seraient élevés dans sa foi et dans ses traditions.Ma mère mourut fort jeune, à la naissance de ma soeur Rheira — qui s'appelle aussi Marie si vous voulez tout savoir.Mon père aurait pu transgresser sa promesse, mais il était droit et juste.Il avait juré sur le Coran.Nous avons été élevés dans la religion catholique et nous avons fait toutes nos études en France.J'ai tressailli à cette révélation et le regarde intensément.Il appuie, gravement, d'un signe de tête: —Mais oui, moi aussi, jc suis un roumi.au pleins en grande partie D'ascendance maternelle, d'éducation, de foi, de traditions.encore que j'aime le pays de mon père et m'y sente beaucoup chez moi.Car j'ai éprouvé pour mon père un respect infini et une immense tendresse: il les méritait.Quant à mon frère Mohammed, élevé à l'indigène el Kabyle cent pour cent, j'ai été son meilleur ami.C'est pourquoi j'ai voulu remplir tous mes devoirs vis-à-vis de sa mémoire et n'ai eu de répit qu'après a\oir fait arrêter ses meurtriers.11 me retient une seconde, suspendue a son bras, le souffle coupé par l'émoi ion que ses révélations m'ont communiquée.Son beau visage est pensif.—Voyez-vous, Edith, le grand point, c'est d'être d'accord avec soi-même., el de garder intacte sa foi.Jc n'ai plus envie de pleurer.Jc ne sens plus sur ma poitrine le poids qui I oppressait et je suis délivrée de la gr 'c amêre de la solitude.Mon coeur a tr u-vé sa voie et ma vie son sens.Et c'est en définitive, sur la route Je Bruges, que j'ai découvert.mon ro) iU- y me en Kabylie.LA REVUE MODERNE — JUILLET 111 I.S FRAISES.(5, te de la page id) POUDING D'ETE AU RIZ —Battre ensemble 1 oeuf entier, V4 de la- e de sucre, 14 eu.à thé de sel, I eu à table de jus de citron, I eu.a the Je râpurc de citron, -Amener 2 lasses d'eau à l'cbulli-li, .y verser I lasse de ri/, couvrir cl nu|Oter 15 minutes ou jusqu'à ce que le ri.soit tendre.Il u'esl pas nécessaire de l'cuouttcr car le riz aura absorbé tout l'e.iu.Ne pas découvrir durant la cuisson.3—Ajouter le melange des oeufs au ri.- chaud en brassant avec une fourchette.La chaleur du riz est suffisante pnur cuire l'oeuf et fondre le sucre.Au coût, ajouter I eu à table de beurre.Servir chaud ou froid.CHARLOTTE RUSSE AUX FRAISES I—Tremper 2 enveloppes de gélatine non aromatisée dans >,î tasse d'eau froide pendant 5 minutes.2—Chauffer ensemble I tasse de fraises écrasées avec 1 tasse de sucre jusqu'à ce que le sucre soit dissous.Aiouter la nélatine aux fraises chaudes.Brasser pour bien, fondre la pé'atine.Laisser refroidir iusqu'à demi-pris.3—Tapisser un moule de 10 pouces avec des doicts de dames.4—Fouetter 2 tasses de crème aromatisée avec 1 eu.à thé de vanille et inr-ornorcr au mélin"e des fraises.Bien mélanner.Aiouter 1 tasse de fraises coupées en tranches minces.Verser sur les rloicts de dames.Mettre au réfrigérateur pour faire prendre.TARTE CHIFFON AUX FRAISES 1—Tremper 1V4 eu.à table de gélatine dans 2 eu.à table d'eau froide Fondre au-dessus de l'eau chaude.2—Mélanger 1 chopine de fraises écrasées, 1 tasse de sucre granulé fin, 3 eu.à table de jus de citron, 1 pincée de sel, la gélatine fondue.Bien brasser et mettre au frais jusqu'à ce que le mélange commence à prendre.3—Incorporer au mélange en celée.2 blancs d'oeufs battus en mousse, 1 tasse de crème fouettée assez ferme.Verser dans un fond de tarte fait avec la pâte viennoise.Remettre au frais jusqu'à ce que le remplissage soit bien pris.PARFAIT AUX FRAISES 1—Laver et nettoyer 2 tasses de fraises.Placer dans une casserole avec 12 guimauves, 3A tasse de sucre, 1 eu.à thé de jus de citron.Cuire sur feu lent er brassant assez souvent jusqu'à ce que les guimauves soient fondues.2—Retirer du feu et brasser fortement jusqu'à ce que les fraises soient bier écrasées dans les guimauves.3—Fouetter 2 tasses de crème.Y ajoute r 1 eu.à table de vanille et le me linge des fraises.Verser dans le tiroir à crème glacée du réfricérateur et brasse ~ ou 3 fois pendant la congélation.Servir au goût avec des fraises tranchée-e' sucrées.CONFITURES AUX FRAISES 1—Laver, nettoyer et bien égoutter 5 I ses de fraises.Placer dans un grand P 't et recouvrir avec 5 tasses de su-c< -.Laisser reposer toute la nuit.2—Amener à forte ebullition pour e ictement 8 minutes.Au bout de 8 n nutes ajouter 'A tasse de jus de citron nencr encore une fois a l'ébullilion P1 ur exactement 3 minutes.Retirer du ' et laisser refroidir dans le plat de Cl sson.Lorsque complètement refroidi.v scr dans des plats stérilisés et paraf-fi'-es.39 wM arxVelveeta POUR LE DINER Régal au Velveeta — Ecroùter 12 tranches de pain de la veille.Disposer 4 tranches dans un plat carré de 8 po.allant au four.Trancher U lb.Vclvcct.i et en disposer la moitié sur le pain.Placer 4 autres tranches de pain sur le fromage et les recouvrir avec le reste du Velveeta tranche.Ajouter les 4 dernières tranches de pain.Mélanger 4 oeufs battus, 2% tasses lait, X c.à thé sel, un soupçon de poivre, Verser sur le pain et Velveeta et laisser reposer 1 heure.Cuire au four à '325° environ 40 min.ou jusqu'à ce que bien gonflé et doré.Le fromage fondu pasteurisé Velveeta ajoute considérablement à la valeur nutritive de ces mets.Velveeta aide à fournir une excellente qualité de protéines, calcium, phosphore, riboflavine et Vitamine A.Le fromage le plus populaire au Canada.VELVEETA, fabriqué exclusivement par Kraft POUR LE DÎNER Légumes Gratinés au Velveeta — Faire cuire 8 petites carottes, 8 petits oignons, IS tasse haricots verts et 1 tasse pois verts.Bien égoutter et placer dans un plat à gratin.Préparer une sauce blanche avec 4 c.à table beurre, 4 c.1 l.dili l.irinc et 2 t.issi s lait, Ajiiuti-i '= 11).Velveeta, tranché, et faire fondre, en remuant.Saler et poivrer au goût.Verser sur les légumes.Biscuits en spirale: tamiser 2 tasses farine, 3 c.à thé poudre à pâte et S c.à thé sel.Incorporer, en coupant finement, 4 c.à table beurre.Ajouter 5 tasse lait, en remuant piur obtenu- une pâte lisse.Pétrir H minute sur une planche farinée.Abaisser au rouleau à !»" d'épaisseur et beurrer avec S tasse beurre fondu; rouler la pâte comme un rouleau à la gelée.Couper en tranches de 1 po.et les disposer autour du plat.Cuire au four à 42~° environ 20 min.ou jusqu'à ce que les biscuits soient dorés.Pour 4 personnes.POUR LE LUNCH Petits Pains au Velveeta — Hacher % lb.Velveeta, S petit oignon, 1 moyen piment VI il et 6 tranches de bacon, cuit.Ajouter )> tasse soupe ans tmn.il.s condensée (non diluée), X c.à thé sel, un soupçon de cayenne, un soupçon de sauce Worcestershire; bien mélsngi r.Fendre 4 petits p.,ims à cbicns-chauds.étendre la garniture sur les moitiés inférieures; couvrir avec les dessus.Mettre au four à 400° jusqu'à ce que la garniture fonde.Servir chauds, de-mi s .1, r.iilis eu ruses En boite de Uj lb., pain de 1 lb.et pain économique de 2 lbs.ViiX 1 KEVUE MODERNE — JUILLIT IQ j | Cotte salle de bam ultra-moderne doit sa beauté aux appareils sanitaires Crane dont elle est pourvue: la baignoire "Criterion" en fonte émaillée, les lavabos "Diana" et les w.-c."Drexel" en porcelaine.quel sryLE désirez-vous?COMBIEN voulez-vous payer?.vous trouverez ce qu'il vous faut dans rassortiment complet CRANE! 2 2V Pour qui recherche la plut stricte économie, voici une installation Crane peu coûteuse et cependant très moderne: baignoire "Neuday" en fonte 6maillee, lavabo "Yorkshire" et w.-c."Beaver" en porcelaine.Le robinet CRANE Pour une installation moins coûteuse, mais trAs agréable et pratique, voici la baignoire "Ohio" et le luvauo "Linda" (tous deux en acier ûmaillé loger mais solide) et les w.-c."Oxford" en porcelaine.One vaut une salle de bain moderne?Pour le confort et la santé qu'elle procure pendant des années, elle n'a pratiquement pas de prix .et pourtant, son installation vous coûtera probablement bien moins que vous ne pensez! Renseignez-tous auprès d'un entrepreneur en plomberie et chauffage.Quels que soient vos projets, il vous indiquera exactement comment vous pouvez moderniser votre salle de bain — selon vos goûts et vos moyens — avec une installation d'appareils Crane.Vous constaterez sûrement que la dépense est beaucoup moins forte que vous ne pensiez! L'assortiment des appareils sanitaires Crane — baignoires, lavabos, w.-c.— vous offre un choix complet d'installations, de styles, de couleurs et de prix convenant à tous les goûts, à tous les thèmes décoratifs et à tous les budgets.Pour toute demeure.pour tout budget.A la maison, vous apprécierez la commodité des robinets "Dial-Lso" mis au point par Crane, qui s'ouvront et so ferment avec uno aisance extraordinaire.Il eirste des robinets "Olsl-Ese" pour toute* les installations Crane: baignoires et lavabos, cuves a lessive et évturt de cuisine.Renseignez-vous auprès d'un entrepreneur en plomberie et chauffage CRANE LIMITEE Siège social: 1170 square Beaver Hall, Montréal 7 usines et 18 succursales au Canada rl^/^TCRANE ne coûte ^ pas plus cher
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