La Revue moderne., 1 août 1959, août
£a Kevue Montréal Août 1959 20 cents UN ROMAN SENTIMENTAL DE Josette Gaëly LA COMEDIENNE / " oîi-niC-e y 09 iwr 81 îvauHCM SI N30.IS 3DH OQLï 301 dins IS 3D&3H10I Tfl| B 3 UNE ETRANGE AGRICULTURE Grâce au plomb et au cuivre, des fermes poussent à la cadence de deux par mois dans les déserts de l'Australie La conquête progressive du désert australien — une des régions les plus désolées du monde — qui se poursuit actuellement, est une des plus helles réalisations de l'énergie humaine.En un an, il tombe un demi-mètre d'eau à Perth — au sud-ouest et trois mètres à Port Douglas au nord-est .Dans le grand désert il peut choir du ciel, chaque année .quelques dizaines de millimètres.Si l'on regarde une carte, en voyageur prévoyant, on commence par se réjouir de voir l'Australie parsemée, criblée de lacs comme la Scandinavie .et toute sillonnée de traits bleus de rivières.On évoque avec ravissement les campements près des hauts eucalyptus, tout près d'une eau claire.Mais si, poussé par un légitime désir d'en savoir davantage, on va consulter les services touristiques, l'enthousiasme s'effrite.Ces rivières sont, pour la plupart, comme les oueds sahariens, du moins toutes celles qui coulent vers l'intérieur.Leur flot s'amenuise en cours de route jusqu'au moment où le dernier filet d'eau est bu par le sable .Pour les lacs, même déception.Ce sont bien souvent de simples mares, des dépressions argileuses ou salées qui se remplissent d'un peu d'eau après les grandes pluies.Le plus grand lac australien, l'Eyre.en Australie Méridionale, renferme un volume d'eau .à peu près négligeable Etonnons-nous d'apprendre aussitôt après qu'on n'a pas foré moins de 8.000 puits artésiens et dressé des moulins à vent pour pomper l'eau dans les nappes souterraines ! C'est un étrange spectacle, en tout cas, de voir ces lacs desséchés, souvent recouverts d'une croûte blanche de sel, autour desquels une multitude de petits cadavres d'animaux et d'insectes achèvent de se dessécher : lézards et criquets, araignées des sables, oiseaux.Quand la soif les talonne, les kangourous et les wallabies eux-mêmes viennent jusqu'aux citernes construites par le fermiers ou par l'armée de loin en lom sur certaines routes.Il arrive aussi qu'un automobiliste de p.ssage, qui compte se ravitailler à telle ciierne.n'y trouve qu'une flaque d'eau c> nipie et le corps demi-putrefié d'un qi idrupède qui s'est noyé .Pourtant, ces déserts hostiles sont, aujourd'hui, attaqués de toute part.Il n'est Pa* permis d'affirmer que l'homme les fera tous disparaître, mais il est certain H' les Australiens parviendront à en re onquérir ou à en utiliser la plus Si ndc partie.John I orghlin disait, il y a quelques années, que les savants australiens font pousser une ferme tous les quinze jours dans le désert.C'est l'effort concerté de la science australienne qui permet ce miracle de remise en valeur Cela a commencé dans l'Australie du sud aux confins de l'état de Victoria, laissons la parole a John Lorghlin : "Un désert de 150 kilometres, représentant deux millions et demi d hectares de terres incultes, rebelles depuis un siècle à toutes les tentatives faites pour les rendre cultivables, a été littéralement conquis Aujourd'hui des bâtiments modernes y émergent au milieu de champs labourés, s'étendant à perle de vue."Pourtant, ce n'est pas la sécheresse qui entravait le développement de ce pays ! Il semble jouir d'une pluviosité suffisante.Des orages sérieux, des rivières, et même des lacs."Non.ce qui manquait aux terres, c'étaient certains minéraux.Depuis plus de vingt-cinq ans, les équipes du C S.I.R.O.(Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) travaillaient sur cette question.Finalement, c'est.par les moutons qu'on est parvenu à une solution.Un lliau mystérieux entravait considérablement l'élevage du mouton dans ces régions côtières de l'Australie du Sud.On l'appelait le "mal de la côte".La laine des bovins de ces régions devenai rèche.perdait sa souplesse, les animaux maigrissaient et dans les zones les plus (Suite en page 14) Partout et dans toutes vos activités les nouvelles serviettes à centre Kimlon donnent une protection meilleure et plus durable.Quel réconfort de sovoir que les nouvelles serviettes Kotex vous opportent une protection meilleure et plus durable.Le secret est ceci .Kotex comporte maintenant le centre Kimlon.Ce nouveau tissu interne remarqucble augmente grandement l'absorp-tivité, rend la serviette Kotex plus douce et plus confortable .et vous donne une confiance absolue, en toutes circonstances.Nouvelles serviettes Kotex KOTEX ol KIMLON sont dos marques déposées de KIMBERIY-CIARK CANAOA UMIIED le choix de la plupart des femmes La revue moderne — août 1959 No.KON-5939r" —Fin.P.— 7 x 10—4 colours La Revue Moderne—AuKint.19S9 Lj Revue Popolxira Aukum, 19S9 Egayez votre salon ! 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l'argent lorsque les annonces ne sont pas publiées.4 — Chaque leltro adressée à un annonceur doit être accompagnée do 25 entai Fleur printanière.— Désirerait correspondre avec monsieur distingué, 45-50 ans, catholique, instruction moyenne, canadion-français, sérieux, bonne santé, situation convenable.Mitii.— Brune, 22 ans, 5T\ caractère gaie, sincère, désire correspondant sobre et honnête.Solitaire.— Veuve aisée sans enfant, 5', 52 ans, brune, désire connaître correspondant sobre, honnête, bonne situation.Nicole L.— Célibataire, 42 ans, 5'5", 133 lbs, brune, aimerait correspondant célibataire instruit et distingué.Photo appréciée.î.D.— Veuve, cinquantaine, 5'1".107 Ibs, belle éducation, avant propriété, seule, désire correspondants sobres, éauqués, 57-65.But sérieux Marie-Paule.— De la rive sud, célibataire, distinguée, désirant correspondant 37 à 46 ans, bonne situation, sobre, honnête, célibataire ou veui sans entant.Marguerite.— Infirmière licenciée crux yeux et cheveux noirs, 37 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comédienne .Josette Gaêly 7 Articles Une étrange agriculture .Willy Sunset 3 Confidentiellement .Michelle Tisseyre 8 Trop de violence, une nouvelle beauté et une autre invention .Roger Champoux 10 Le saint curé d'Ars .Pierre Germain 12 L'Ile-du-Prince-Edouard .Louis Duparc 13 La Simca Océane .27 La Caravelle Renault .28 Chroniques féminines Pull-overs rayés .11 Toutes couleurs .14 Les petits pains sucrés-maison .Hélène Gougeon 16 Votre enfant et sa vie .Dominique Aubier 22 Bijoux d'été.Rachel Dauray 25 Les petites robes qui dansent 26 .Comme ma grande soeur .29 La bonne mine à volonté .Louise Martin 30 Chroniques mensuelles Petite poste .5 Mots croisés .32 Les manuscrits tourna aux éditeurs reçoivent toute U consideration possible, mais avec U restriction qu ils restent lux risques de l'Auteur et sans que les éditeurs s'engagent à les accepter ou a les publier.LA REVUE MODERNE lAisse a ses collaborateurs l'entière responsabilité de leurs écrits.TARIF DE L'ABONNEMENT : Cana da : un an $1.30 — 2 Ans 12.00 — 3 ans $3.00 — Etats-l.rus et étrangers : un an $2.00.Faire toutes remises par mandat posai, bon de poste ou ebéque certifié i La Revue Moderne.225 est, rue Roy.Montréal, Canada.LA REVUE MODERNE est membre de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des postes, Ottawa.LA REVUE MODERNE est publiée mensuellement par la Revue Moderne Inc.à ses bureaux, 22) est, rue Roy.i Montréal — VI.9-9213 et est imprimée par Pierre Des Marais, imprimeur, 223 est.rue Roy i Montréal — AV.8-5191 — Directeur de la publicité: R.-J.Brown.Bureau de Toronto, Suite 209 12 Rich-mont Street East, Toronto.Ont, Tél.: EMpire 3-7737.Imprimée au Canada Lorsque votre vie dépend de votre vue Votre sécurité au volant dépend de vos yeux—des yeux qui vous donnent prompte-ment une image claire et fidèle de l'état de la circulation durant le jour et surtout durant la nuit Cependant, on juge qu'un chauffeur sur cinq souffre de troubles de la vue.Il va sans dire que tous les chauffeurs devraient connaître l'état de leurs yeux, même si un examen de la vue n'est pas requis pour obtenir un permis de conduire.Il est prudent de se faire examiner la vue par un spécialiste avant de commencer à conduire—et de la faire examiner de nouveau au moins tous les deux ans.Si vous remarquez des changements dans votre vue entre les examens, faites-vous examiner la vue de nouveau par un spécialiste.Si vous avez des défauts de la vue qui exigent des verres convenablement ajustes, ne manquez pas de les porter chaque fois que vous conduisez.Certaines gens dont la vue est normale durant le jour, ne voient pas bien durant la nuit.C'est une des raisons pour lesquelles les accidents mortels surviennent à peu près trois fois plus fréquemment la nuit que le jour.Pour plus de sécurité au volant durant la nuit, observez toujours les règles suivantes: I.Ralentissez beaucoup quand vous faites face à la lumière éblouissante des phares —et n'accélérez pas immédiatement après avoir rencontré.Un certain laps de temps doit s'écouler avant que vous voyiez bien de nouveau après avoir été ébloui par des phares.L'éblouisscment peut être dangereux même s'il ne dure qu'une seconde.2.Ne recardez jamais directement les phares de la voiture que nous rencontrez.Surveillez le côté droit de votre file de circulation, tout en remarquant, du coin de l'oeil, la position de l'automobile qui vient à votre rencontre.3.Ne portez pas de lunettes contre le soleil durant la nuit.4.C (induise/ toujours il une vitesse qui \ous permettra d'arrêter la voiture dans la distance éclairée par vos phares.Si vous faites un long voyage cet été, souvenez-vous que vos yeux se fatiguent tout aussi bien que le reste de votre corps.Afin de prévenir la fatigue des yeux et la fatigue des muscles des yeux, arrêtez de temps à autre et fermez les yeux.Ne regardez pas fixement trop longtemps.Les accidents de voitures automobiles causent encore plus de 3,000 décès par an dans notre pays.C'est plus souvent le conducteur que l'automobile, le chemin ou la température qui est la cause de l'accident.Voilà pourquoi vous—et tous les autres conducteurs—devriez vous assurer que vous êtes capables, physiquement et mentalement, de conduire une automobile avec sécurité, efficacité et courtoisie.COLLER LE COUPON SUR UNE CARTE POSTALE t ttm— imnnuTlt un msuatnci commi Metropolitan Life Insurance Company i< OMFAGNlt À FORME MUTUELLE) SièHv Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa Metropolitan Lifo Insoronc* Compony D.lion Gonorolo ou Conodo.D i ' H W ) Oflowo 4.Conodo Veuillez m'envoyer un eacmplairc de voire brochure intitulée "Con-tells aux uulntmtbillMrt." 89R.Nom Ru* VIII* P VOUS LE VOULEZ.?(ACHETER.Banque de Montréal Sous un même toit -tous vos besoins en fait de crédit personnel grâce à un prêt économique de la B de M comportant une assurance-vie.Il n'y a pas de moyen plus efficace, plus sûr et plus commode de financer vos achats familiaux que le 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un couteau beurré ou des ciseaux, coupez une croix profonde sur le dessus de chaque petit pain.Badi geonnez le dessus de beurre.Couvrez et laissez lever 15 à 2"> minutes, ou jusqu'à ce que la pâte soit légère.Faites cuire 12 à 15 minutes dans un four de 425° ou jusqu'à ce qi"-' les pains soient dorés.Mélangez le sucre, l'eau et la vanille.Quand les pains sont cuiK déposez-les sur une claie à gâteju et laissez-les refroidir légèremen Avec une cuiller, faites tomber en pluie le glaçage sur la croix de chaque petit pain.LA REVUE MODERNE — AOÛT 19S1) 21 A COMÉDIENNE Smlv de la page 13) I II icni.i Je se rappeler quelques son , is .1.Pétrarque qu'elle avail éludii ¦ uilrcfois, mais elle n'y réussit pas el disque Marie entrouvrit la porte et fit le la lumière, le téléphone a la main, elle Itirmait profondément, si profondement lu'elle n'entendit pas la porte se refermer lerriere Marie qui repondit au téléphone en disant : —• Je regrette, Monsieur Barnet, mai» Mademoiselle dort.Il Isabelle s'arrêta en vue de Gordes.Le village lui était apparu brusquement, tel que le docteur Sorbier le lui avait décrit, la vue des maisons grimpant au flam, du rocher et le château dressé au sommet de celui-ci la firent penser a des icmps révolus, à cette époque médiévale dont Gordes semblait un vestige que les siècles avaient respecté.Un soleil chaud et doré baignait le village.Entre les maisons, il était difficile de trouver un peu d'ombre.Aussi, Isabelle se hâta vers l'auberge de maman Alice qu'elle dénicha rapidement.Une large façade blanche trouée de deux fenêtres et d'une porte au-dessus de laquelle était suspendue une enseigne qui figurait, combien maladroitement découpé, un profil de jeune femme en coiffe provençale et sous ce profil, des lettres qui formaient le prénom de l'héroïne de Mistral : Mi-reio.Une pause devant la porte et Isabelle poussa celle-ci.Une cloche tinta à l'intérieur et, à peine la jeune femme avait-elle pénétré dans la salle de l'auberge qu'une autre porte s'ouvrit pour livrer passage à maman Alice.Dans la soixantaine, vêtue avec un soin extrême, le vi- sac,e a peine ridé quoique tanné par le soleil, maman Alice posa sur l'arrivante ses petits yeux gris acier et demanda avec un accent savoureux : — Vous desirez, ma petite dame ?Isabelle posa sa valise a côté d'elle.— Je viens de la part du docteur Sorbier, Madame.Deux mains se joignirent — Le docteur Sorbier !.Comment va-t-il '.' Y a-t-il longtemps que vous l'avez vu ?.Vous a-t-il parlé de moi ?Le flot de questions n'en finissait pas et elles se succédaient sans attendre de réponse.Comment, d'ailleurs, Isabelle eût-elle pu en donner puisqu'elle n'avait pas l'occasion d'ouvrir la bouche ?Peu importait pour la brave dame Alice qui évoquait déjà le temps où Jacques Sorbier, pas plus haut qu'un agnelet qui vient de naître, accourait à l'auberge pour y acheter un flacon de vin pour son père.Un bien honnête homme, le père Sorbier I.Il était notaire et s'était retiré des affaires dans le village de Gordes parce qu'il aimait l'endroit.Et patati et patata.Lorsqu'elle se tut, Isabelle connaissait son ami le docteur Sorbier mieux qu'elle ne l'avait jamais connu.Enfin, maman Alice parut se rendre compte qu'elle avait papoté pendant un bon bout de temps, car elle s'écria en levant les bras au plafond : — Mais je cause, je cause et j'oublie que vous devez être fatiguée, ma petite dame.Comme Isabelle esquissait un geste de dénégation, elle lui fit signe de ne rien dire en ajoutant : — Ne mentez pas, ça se voit à votre pauvre petite figure.Vous êtes toute pâlotte et bien jolie avec ça, malgré tout.Puis, montrant une chaise : — Là.asseyez-vous et dites-moi pourquoi le docteur vous a envoyée ici, chez moi ?y
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