La Revue moderne., 1 janvier 1960, janvier
£a Kevue V.Montréal janvier i°oO 20 cents UN GRAND ROMAN D'AMOUR Le grand amour de Sir Harold par MA Ztji~£ic-6 y 19 nvp 01 1V381NOW sira a is 3nw oozi 301 dins IS 3nÛTHlOItqio V Modernisme distingué Des nuances discrètes, mais vivantes, voilà ce qu'exige la mode actuelle en décoration intérieure.Exemple: couvre-plancher "Handicraft" au "lustre «i/inc'", ivoire moucheté de gris (H775), tentures roses, fauteuils rouge sombre.Charmant sans être "voyant".Pour les couvre-pliMTcliers la mode est avi lustre satiné LINOLÉUM DOMINION Confort ruxfit/itr ')'- M[TR0t>UT*N lift |NJUIt*C[ COMPAh1 Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New York Direction Générale au Canada: Ottawa COLLE* LE COUPON SU" UNE CARTE POSTALE Metropolitan Lite Insurance Company Diroction Gcnoralo ou Canada, Ottawa 4, Conodo Veuillez m'envoyer un exemplaire gratuit de votre brochure intitulée: "Vetiitz sur voire santé", I0R.Nom.il (EN MOULÉ !.¥*.) J Im.i ! VIII» 1 bu.Pnv.-j 6 4Une chose que le Canada Banque de Montréal j^o."Première 'ëoMfyce au (^ntAda, "T Li commerce extérieui canadien connaîl actuellemenl une vive concurrence.Vu cours du Ion» voyage (|ue j'ai lait cet automne dans les lies britanniques, j'ai été happé par la grande activité el l'expansion qui paraissent partout et par les mesures vigoureuses el bien choisies que Ton a prises pour empêcher l'inflation."Le Royaume-Uni et la plupart des pays d'Europe se sont attaqués à leurs problèmes monétaires et ont pris les initiatives draconiennes, impopulaires mais nécessaires, qui s'imposaient pour la stabilisation des prix.Les efforts qu'ils ont fait porter sur la converti bilité de leurs devises, l'abaissement ou la disparition des contingentements à l'importation, laissent au vendeur le soin de vaincre la concurrence.Ces succès remportés par les puissances amies donnent un exemple non seulement au Canada, mais aussi pourrions-nous dire aux Etats-Unis."J'ai la ferme conviction que si, sur ce continent, nous ne résistons pas à la tentation de suivre le chemin facile de l'inflation, nous courrons le risque très réel de faire de l'économie nord-américaine une zone de vie chère et de nous isoler ainsi des grands courants du commerce international."Permettez-moi d'ajouter .avec la plus grande insistance, qu'une nouvelle poussée d'inflation est une chose que le Canada, pays commerçant, ne peut se permettre." ¦ - Le président, G.ARNOLD HART KHI ! MIUIONS M CUUDUHi HP AU SERVICE DES CANADIENS DANS TOUTES LES SPHÈRES DE LA VIE DUPUIS 1817 ^t LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 7 SUZANNE Une petite qui jpuah, OdsdisL Dans la vie, ce n'est un secret pour personne, on peut réellement tout ce qu'on veut.A condition de limiter ses désirs aux choses réalisables.La réussite est toujours question de volonté et de persévérance et si je n'étais absolument persuadée (et depuis longtemps) de la véracité du fait, j'en aurais eu une indéniable preuve en parlant avec la ravissante Suzanne Laberge, qui est, dans la vie, Mme Pierre Dufresne.Cette |eunc montréalaise fit ses études à Ste-Made-Icine d'Outremont, les continua au Pensionnat d'Outre-mont et les termina (cours universitaire) à St-Jacques l'Achigan, où elle prit aussi des cours supérieurs d'art ménager, couture, tissage, puériculture, etc.De quoi devenir une maîtresse de maison accomplie.Etre mannequin Tout ceci préparait évidemment Suzanne Laberge à un avenir intéressant mais sans tellement d'imprévu Or, la jeune fille avait son idée.Après avoir assisté à une exposition de modes de la Maison Dupuis Frères Suzanne Laberge chez elle.En plus de ses animaux de peluche, elle possède deux superbes chats siamois, bien vivants ceux-là .(dont, à cette époque je faisais les commentaires) elle décida de devenir mannequin.Et ce que Suzanne Laberge décide est plus qu'à moitié réalisé.11 est rare de trouver, chez une personne aussi fragile, aussi gracieusement féminine, une telle volonté.Du fer !.Son idée une fois formée, il ne resta plus qu'à la réaliser.Et c'est à la même maison Dupuis que Suzanne Laberge s'adressa.Toute petite, fine et menue, elle portait la taille 10.Mais bien entendu, elle avait peu d'expérience, sinon celle des autres et avant de lui confier des toilettes junior à présenter au public, elle dut prendre des cours de mannequin.Et savez-vous ce qu'on lui dit ?Pour surprenant que ce soit, ce n'en est pas moins la vérité.L'experte qui lui fit passer le premier examen la déclara trop mince.Vous avez bien lu : TROP MINCE .Habituellement, ce n'est pas une disgrâce, au contraire, mais il y a comme cela, parfois, des choses.Suzanne Laberge ne se tint pas pour battue.Ne pouvant grossir comme cela du jour au lendemain (et d'ailleurs elle n'y tenait pas) elle usa d'un subterfuge.Il fallait la dose de volonté de cette jeune fille qui sait ce qu'elle veut pour endurer ce qu'elle s'infligea.Car pour rendre sa taille plus ronde et son tour déhanches et de poitrine plus large Suzanne Laberge n'y alla pas par quatre chemins : à l'insu de tous elle s'enroula autour du corps de l'épais tissu de ouatinage à manteaux.Deux, trois épaisseurs, jusqu'à ce qu'elle LABERGE voit grand parût plus grosse.Ayant ainsi gagné artificiellement trois ou quatre pouces, elle revint à la charge et finit par être acceptée comme mannequin junior.Elle portait, devant le public, des robes sport, des toilettes de jeune fille et surtout, des talons très hauts qu'elle ôtait, la parade finie, avec un réel soulagement.Un dur métier On s'imagine quand on voit les mannequins évoluer avec tant de grâce et d'élégance que leur métier est une aimable sinécure et que ce doit être un réve féerique, de passer la journée, (ou du moins les plus belles heures de l'après-midi ou du soir) à mettre, ôter, remettre de belles toilettes, toujours différentes.La réalité est tout autre.C'est un dur, très dur métier qui demande une foule de renoncements.Et le premier, la garde continuelle de la beauté, de la ligne.Suzanne Laberge s'imposa un régime de Spartiate, mais elle devint mannequin attitré, tout d'abord d'une importante manufacture de prêt à porter de haut ton, puis de couturiers créateurs.A son arrivée à Orly, Suzanne Laberge est accueillie par M.et Mme Desmarais et M.et .Mme Lelarge.A la "Kermesse aux Étoiles", à Paris, Suzanne Laberge est ici photographiée aux côtés de Michel Simon.Une belle étude de Suzanne Laberge.Figurez-vous, quand, au cours d'une journée, on doit présenter quelque chose comme 150 robes à des acheteurs différents et parfois très difficiles, quand il faut continuer le soir, sans presque manger, et rester belle et gracieuse, fine et souriante.LTn vrai "junior" Un couturier montréalais, le "Salon Juliette", cherchait un vrai modèle junior, qui puisse porter les tailles 7 à 11.Toutes les femmes comprennent ce que cela veut dire.Suzanne Laberge se présenta et fut agréée.Puis survint quelque chose d'inusité.Le "Petit Journal" lança un concours d'élégance.Il ne s'agissait pas, pour les concurrentes, de montrer seulement leur savoir-faire au sujet de la présentation des toilettes, il fallait encore qu'elles soient capables de pratiquer un sport, et tant mieux si elles étaient musiciennes et avaient d'autres talents.Suzanne Laberge.en plus de son étincelante personnalité et de sa belle éducation était pianiste.Pendant des années, elle avait étudié, à Montréal, avec Anne Mayrand.Elle nape comme un poisson; elle avait, de plus étudié l'art dramatique avec Henri Norbert et quand elle passa devant les juges qui étaient : Nicole Germain, Rocer Lcmelin.Gratien Gélinas, Janette Bertrand, Robert Choquette, J.-P.Lepailleur, Suzanne Manseau, Jean Desprez et Doris Lussier, elle fut élue haut la main.Le "Petit Journal" était représenté par son directeur Jean-Charles Harvey et par Pierre-Paul Lafortune, son adjoint.Ceci se passait en 1957, ce n'est pas jadis.Et quand on pense qu'il se présenta plus de 1150 candidates, que 200 seulement arrivèrent en semi-finale et beaucoup moins (15) en finale, on se rend compte du mérite de la triomphatrice.(Suite en page 22) Déjà reine de l'Elégance, Suranné Laberge fut élue reine de la chaussure.Elle a porté en l'occurence de* souliers sertis de bijouv d'une valeur de $4,000.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 10SG05 RENÉ LÉVESQUE A part la certitude de la voir bientôt pavée des débris de nos plus solennelles résolutions, toute année neuve est un mystère aussi angoissant que le gros lot de "la Poule aux oeufs d'or ! " Il n'y a que les fervents de l'astrologie quotidienne qui s'y engagent absolument surs de leur fait et de leurs lendemains .Si l'individu — celte toute petite mare — regarde l'année qui s'amène comme Churchill considérait la Russie ("mystère enroulé dans son énigme"), combien plus impénétrables encore apparaissent ces douze mois dès qu'on s'embarque sur les flots agités, entremêlés et incontrôlables des peuples et des sociétés ! Quelques instants, amusons-nous quand même si vous voulez à faire semblant d'y apercevoir quelque chose.Quelque chose de précis, comme si c'était vraiment et sérieusement possible.Et pour que le jeu, si vaine et hasardeuse qu'en soit l'issue, nous soit au moins de quelque utilité par la Gymnastique qu'il exige, fixons notre oeil sur l'objectif le plus important et à la fois le plus familier qui s'offre : les Etats-Unis.Nos voisins, nos écrasants et si gentils compagnons de route nord-américains.nos amis et maîtres, amis et chefs de file également du monde occidental.nos braves et généreux et géniaux et pratiques et productifs — nos fanfarons et puérils et brutaux et superficiels — nos passionnants, incomparables voisins, les Américains .En ce moment, ils se demandent avec une insistance chaque mois, chaque semaine plus perceptible où ils en sont, où ils s'en vont.Et nous aussi, forcément, nous nous le demandons avec eux discrètement et in petto, pour ne pas les déranger dans leurs cogitations.Car notre sort est indissolublement lié au leur.1960, pour eux, pour nous tous, est une année tournante, le moment d'un choix, symbolisé par un seul homme, mais qui engacera automatiquement l'avenir de centaines de millions de ses semblables.Le président des Etats-Unis, c'est en effet le roi sans couronne, plus puissant que toutes les monarchies passées ou présentes, le César de notre tiers occidental de la planète.I like Ike.no more En 1960.Ike, ce brave homme de héros national, doit s'en aller.Planter ses choux sur le sol légendaire de sa ferme de Gettysburg, ou répondre enfin à tous ces généraux britanniques qui sont à la veille de l'accuser d'avoir perdu la guerre ! S'en aller de toute façon définitivement et sans espoir de retour — au moment où.depuis la mort du rioide et étouffant Foster Dulles, il semble reprendre chaque jour plus de coeur à l'ouvrage.A titre posthume, c'est la faute de son ancien patron s'il lui est interdit formellement de solliciter un troisième mandat.Ce patron, Roosevelt qui, de concert avec son chef d'élat-major le général Marshall, hissa en quelques promotions vertigineuses, à compter de 1942, l'obscur colonel D.D.Eisenhower au commandement suprême des armées de la Libération.Or Roosevelt, qu'on traitait de bolchevik dans les salons moyens 1960 DE QUOI SERA-T-IL FAIT et grands bourgeois lorsqu'en 1933 il fulminait contre le Big Business tout en reconnaissant la Russie de Staline, à la fois le plus passionnément suivi et le plus cordialement haï des présidents du siècle, dut aussi à la guerre de pouvoir rompre sans peine une tradition établie par George Washington : il obtint un troisième et même un quatrième mandat, l'un et l'autre sans précédent.Ses adversaires, qui n'avaient pas désarmé un seul instant, durent attendre après sa mort pour se venger de l'invincible, en faisant passer un amendement à la Constitution qui limite désormais les règnes présidentiels à ces huit ans dont se contenta Washington.La Constitution prévoit aussi, avec une minutie un peu cocasse, qu'il y aura élections nationales tous les deux ans " le mardi qui suit le premier lundi de novembre".Cette année le mardi fatidique, en plus de voir comme d'habitude le renouvellement de toute la Chambre et d'un tiers du Sénat, donnera donc un successeur à celui qui doit expier l'excessive popularité de Roosevelt .Les Républicains : deux boulets Après Ike ?Il est aussi futile de chercher à prévoir les caprices d'un électorat que ceux d'une coquette.En appliquant tout de même la pauvre logique masculine à un phénomène essentiellement féminin, on peut prédire qu'à la fin de l'année nos voisins devraient normalement élire un chef d'Etat démocrate, et qu'à moins d'une apparition miraculeuse sur la scène politique cet élu a de fortes chances de s'appeler Adlai Stevenson.Et que le monde entier ferait ainsi une excellente affaire.Que les Républicains soient condamnés à évacuer la Maison Blanche, tout l'indique, Il y a huit ans les Américains étaient à bout.Sans compter l'usure de vingt ans de pouvoir, le parti démocrate portait comme un cilice la responsabilité de la double et humiliante déconfiture en Extrême-Orient — le passage de la Chine et 181) millions d'Américains, dans l'orbite communiste et la frustration de l'ingagnable guerre de Corée, démoralisant pour un peuple à qui l'on chante sans cesse qu'il n'a jamais — jamais connu que l'ivresse des victoires décisives.Pourtant, il fallut toute la magie d'Eisenhower pour ramener les Républicains à la direction des affaires.Ils n'y parvinrent, de justesse, qu'en s'accrochant aux basques prestigieuses du général, à son sourire, à sa bonhomie Depuis lors, tous les deux ans, la preuve électorale s'obstine à confirmer les indications des sondages : ce n'était qu'un accident sans lendemain, et les Républicains demeurent désespérément minoritaires dans l'ensemble du pays.Les Sudistes blancs conservent encore le vieux réflexe passionnel qui les écarte du parti de Lincoln l'Emancipateur; à l'autre extrême, les ouvriers, les eagne-petit, les Noirs, les minorités besogneuses des grands centres du Nord se fient d'instinct à l'étiquette de "champions du Common Man" dont FDR et son New Deal ont doté les démocrates.Et cette fois, le macicien n'y sera plus pour fausser triomphalement ces réflexes populaires.Les Républicains se voient réduits à deux porte-drapeaux aussi peu magiques l'un que l'autre.Nison et Rockefeller Richard Nixon, vice-président, politicien retors, traîne comme un boulet une réputation d'opportuniste qu'il n'a pas volée.Il y a dix ans, sa montée spectaculaire débutait par de l'anticommunisme échevelé et hystérique, dont l'irrespirable climat d'Inquisition et de chasse aux sorcières du McCarthyisme devait être l'aboutissement —et c'est le même aujourd'hui qui pose à l'homme de la détente et du rapprochement, discute le coup avec Kroutchef dans la cuisine de l'Expo américaine à Moscou, se drapant dans ce manteau de la coexistence qu'il dénonçait naguère sur d'autres épaules comme la livrée de l'inconscience subversive et de la trahison.Il est peut-être injuste de tenir rigueur à Nixon de ce revirement.Il est fort possible que ça corresponde à une authentique évolution de sa LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 9 Ike s'en va .chefs de file de la démocratie .pensée, d'autant que c'est Ike lui-même qui a déclenché l'Opération Dégel, et que le subordonné n'a qu'à suivre le patron loyalement ou qu'à partir.La virtuosité acrobatique de ses rétablissements et de ses successives et toujours brûlantes sincérités n'inspire pas moins une méfiance assez incontrôlable à l'endroit de Dick-le-Souplc C'est pourtant lui, presque sûr, qui sera candidat.S'il perdait la formidable avance qu'il détient auprès des cadres professionnels du parti, on ne voit pour le remplacer que Nelson Rockefeller.Gouverneur "libéral" de New-York et beau-père de la petite Cendrillon norvégienne, multipliant les efforts herculéens pour se "vendre" au vulgaire, ce dernier est quand même irrémédiablement rivé à cet autre boulet — en or massif — qu'est son ancêtre John D On voit très mal le parti qui souffre déjà électoralcment d'une accointance trop marquée avec les magnats de l'industrie et les rois de la finance mettre tout son précaire espoir en l'héritier d'un nom devenu synonyme de ploutocratie.Les Démocrates : à qui la chance ?Donc, le prochain président serait logiquement un démocrate.Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à considérer de ce côté le pullulement des aspirants jusqu'aux plus fantaisistes.Parmi les partants sérieux dans cette course à la candidature la plus prometteuse depuis 1944, quatre vedettes se détachent pour l'instant du peloton.Toutes ont cependant de graves faiblesses qui reflètent cet aspect essentiel de la grande république : l'inachèvement du "melting-pot", la persistance des traits et des complexes régionaux, des problèmes de couleur et de croyance.Ainsi, le séduisant et richissime sénateur John Kennedy du Mass., grand favori de l'heure, est handicapé non seulement par un air trop juvénile mais aussi par son catholicisme.Un candidat "romain" risquerait de ranimer les vieux sentiments antipapistes qui couvent toujours sous la cendre.De son côté, Lyndon Johnson, vigoureux ferrailleur électoral et grand stratège parlementaire, a le malheur impardonnable d'être sudiste du Texas : le Nord, qui seul détient les majorités, ne l'accepterait pas.Hubert Humphrey du Minnesota, agressif et grand parleur, est réputé trop radical, trop "gauchiste" pour une opinion publique que les bonnes années d'après-guerre ont enlisée béatement dans une prudence et un confort intellectuel foncièrement conservateurs.Quant à Stuart Symington du Missouri, c'est un sous-Truman d'occasion : _ A la rigueur, il pourrait passer si on ne s'entendait sur personne d'autre, disait récemment un impi- toyable observateur.Il est juste assez terne pour ne pas emballer, assez doué pour ne pas décourager, assez gentil pour plaire à tout le monde modérément.Mais les années '60 exigent davantage.Face au monde qui la scrute constamment, l'Amérique est au carrefour.Elle s'y présente avec un sentiment de plus en plus net d'insuffisance, quasiment le début d'un complexe d'infériorité.Elle est tombée de très haut depuis l'avènement martial dike et Dulles en 1952.Aux tambours des "représailles massives" de l'arsenal atomique, aux trompettes de la "libération" des peuples asservis, on a dû mettre la sourdine d'une pénible résignation à un partage du monde qui menace de durer indéfiniment A l'inflexibilité d'un moralisme puritain déguisé en politique succède le laborieux exercice de facultés dangereusement atrophiées : la tolérance, le réalisme, le sens de l'humour.Surtout, les Américains se sont mis à douter avec une angoisse assez visible de leur propre valeur nationale.Spoutniks et Luniks, longue négligence du système scolaire et repli des élites intellectuelles dans une sorte "d'exil intérieur", scandale des quiz et humiliation de tout un public berné collectivement par les grands seigneurs de ses loisirs — c'en est de reste pour qu'on s'interroge et qu'on s'inquiète.De cet examen de conscience, logiquement toujours, le fruit devrait être une troisième campagne de "Stevenson for President", et cette fois la bonne.La revanche des "noix de coco'" Adlai Stevenson, l'intellectuel et gentleman-farmer de l'IUinois, s'est patiemment et habilement remis des deux défaites essuyées aux mains d'Eisenhower.Défaites plus qu'honorables, mais auxquelles il avait lui-même contribué en jouant les Hamlets quand le pays ne songeait qu'à la sécurité dans ce qu'elle a de plus primitif et simpliste.On voyait en lui le prototype torturé, sar-castique, raffiné jusqu'au bord de la fragilité, des "eggheads" — littéralement, des noix de coco.ces intellectuels désincarnés, qui parlent à la foule loin par-dessus la tête.Ses jeux de mots étaient trop subtils, ses hésitations trop nuancées, sa passion trop civilisée et trop élégamment tournée.A côté des grosses banalités sereines d'Ike.de la barbarie souriante de son langage et de sa parfaite indifférence pour toute préoccupation qui fatigue le cerveau, Stevenson apparaissait comme un être inutilement complexe et mystérieux C'était la stabilité rassurante de l'ABC et de 2 plus 2 égalent 4, vis-à-vis de la mobilité troublante des idées, des problèmes et du monde lui-même.Les Etats-Unis s'agrippèrent à deux reprises à l'image un peu grossière et bien primaire du brave soldat pas compliqué.Ils l'adorent toujours, cette image, mais de plus en plus comme on reste obstinément et un peu honteusement attaché à ses travers.Et avec celui des "eggheads", le prestige d'Adlai remonte dans le for intérieur national.De déceptions extérieures en déconcertantes révélations domestiques, les Américains retrouvent rapidement le besoin d'admirer un chef qui les incarne à leur meilleur, en haussant la masse à son niveau, au lieu de la statue sympathique du héros trop évidemment grandeur nature.On "like Ike" comme devant, mais on trouve de moins en moins flatteuses ses allures naguère si plaisantes de commun dénominateur.Stevenson, pendant ce temps, reste en coulisse.Prêt à refaire une entrée au moment psychologique.11 laisse tous ses rivaux se dépenser furieusement à l'avant-scène, et trahir l'un après l'autre les handicaps dont ils sont affligés.Il a voyagé beaucoup depuis quatre ans, a rencontré de pair à égal une foule des principaux leaders étrangers.Il a écrit quelques articles d'une perspicacité et d'une pondération remarquables.Ses discours en particulier, juste assez fréquents, ni trop ni trop peu, sont toujours d'une élégance de forme et d'une rigueur de pensée qui sont la griffe d'un esprit personnel, incapable de se livrer aux bons soins interchangeables des fabricants d'éloquence Mais, sans rien perdre de sa qualité, il manifeste maintenant un désir patent de plaire à son public autant qu'à lui-même, de rejoindre tout le monde et non plus seulement les raffinés.Il a de toute évidence le coffre plus solide, l'humour plus populaire, l'ensemble de la personnalité moins anguleux et mieux trempé que jamais auparavant.Les Américains disent d'un tel homme "that he mellows", qu'il se bonifie en vieillissant comme un vin de marque Or, pour 1960 et les années qui viennent, il semble que le crû Stevenson soit désormais parfaitement au point, et qu'il réponde avec un à-propos providentiel aux soifs de ses concitoyens, les avouées comme les plus secrètes.Nostradamus prédirait donc volontiers, et à notre grand avantage à tous: en 1960, le retour triomphal d'Adlai "malgré" son intelligence et sa culture, ainsi que la revanche peut-être durable des noix de coco.Sauf erreur, bien entendu LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 10 Le monde et la VILLE M.Pierre Petel On le connaisait comme chansonnier, auteur des ravissantes chansons des "Lumières de ma Ville", comme réalisateur, comme personnage charmant et voici que c'est comme peintre que Pierre Petel vient de s'illustrer.En effet, il a remporté le troisième prix de peinture du concours Pan-Américain organisé par la "Ceceile Art Gallery" dont le directeur est M.C.Brandi Ce prix est ouvert à tous les peintres et scuplleurs du continent américain.Seul Canadien à remporter cet honneur, Pierre Petel n'en est cependant pas à son coup d'essai puisqu'il reçut déjà le Grand Prix canadien du Film avec "Terre de Caïn".lorsqu'il était attaché à l'Office National du Film.A Radio-Canada, il a été titulaire de plusieurs Trophées Frigon.Pour la peinture, il reçut aussi le Prix Jessie Dow, au Salon du Printemps, au Musée des Beaux-Arts de Montréal, où il avait exposé un tableau intitulé "Excursion aux îles Mingan".Pierre Petel avait présenté quatre tableaux.Le tableau lauréat est exposé à la Galerie des Beaux-Arts.Pierre Petel continuera certainement de peindre, de faire des chansons et aussi de s'occuper de radio et de télévision à la maison de publicité Foster Advertising où il occupe un poste-clé.Nous lui adressons, personnellement, nos plus sincères félicitations.M.Marc Meunier C'est aussi avec plaisir que nous avons appris la nomination de M.Marc Meunier à la direction adjointe des Relations Extérieures du Canadien National.Marc Meunier est attaché au C.N R.depuis plus de 20 ans.Il y dirigeait les services français des relations extérieures.Marc Meunier est natif de l'ouest, de St-Boni-face, Manitoba où il fit ses études.Il les termina à l'Université de Montréal où il reçut une licence en sciences sociales, économiques et politiques.En 1939, il s'occupait des groupes de voyageurs allant vers les terres de colonisation sous les auspices du CNR, Pendant la guerre, il fit trois ans de service militaire.Puis, en 1951, il était promu surintendant-adjoint de cette organisation (CNR) qu'il avait rejointe et où il s'occupait des services français.M.Meunier fut délégué par le Ministère des Affaires Etrangères à Copenhague, comme représentant canadien au congrès international de l'Unesco.A Brcda, la même année, il représentait le C.N.R.au congrès international d'immigration catholique.Marc Meunier est aussi secrétaire du Conseil national de la Société Canadienne des Relations Extérieures.Cette belle promotion rend justice à son travail et à ses qualités profondement humaines.Miss Hospitalité C'est le jeudi 21 janvier que sera élue, sous les auspices de l'Association des Fournisseurs d'Hôtels et Restaurants, "Miss Hospitalité", au cours d'un diner spécial M.Gérard Dclage, administrateur de l'Association des Hôteliers de la Province de Québec, organisateur du concours, rappelle qu'il ne s'agit pas ici d'un concours de beauté, mais que la gagnante Pierre Petel, peintre et chansonnier.sera choisie uniquement pour ses qualités professionnelles et sa personnalité.La gagnante de l'an dernier fut, on s'en souvient, Mme B.M.Cayer, du restaurant "Rustik" de Châteauguay.La lauréate de 1960 recevra des prix d'une valeur de plus de $1,000.et une coupe sera présentée à l'employeur de "Miss Hospitalité".Portant le nom de la titulaire, ladite coupe devra être exposée dans l'hôtel jusqu'à la fin de l'année.Bonne chance, gentilles serveuses .Marc Meunier, directeur adjoint des Relations Kxtérieures du C.N.R.Gendarmerie Royale Ce n'est pas d'aujourd'hui que notre incomparable "Police Montée", la Gendarmerie Royale pour lui donner son vrai nom, tente les cinéastes et les romanciers.Malheureusement, bon nombre d'entre eux, ne connaissant pas tellement bien le sujet ont exagéré, d'un côté comme de l'autre, montrant nos policiers trop .ou pas assez .Il n'y a plus rien à craindre avec la série tournée tout exprès pour la télévision et qui a débuté avec le succès que l'on sait au cours du mois d'octobre.Gilles Pelletier en est la grande vedette et on ne pouvait mieux choisir que cet artiste viril et versatile, qu'on a vu dans tant de rôles totalement différents et ne fut jamais médiocre.Gilles Pelletier, comédien de talent, en costume de gendarme royal.Pour les Concerts Symphoniques Dans sa splendide résidence de l'avenue Belvédère, Mme Samuel Bronfman.O.B.E., recevait dernièrement la presse, la radio et la télévision, à l'occasion de l'entrée, dans sa 26e année, de l'orchestre Symphonique de Montréal.Au cours de la saison, les habitués entendront des concerts dirigés par Igor Markevitch, qui sera, pour la seconde année consécutive chef attitré, cependant que d'autres seront dirigés par Thomas Schiopers, Josef Krips, Pierre Monteux et André Cluytens.Pour la première fois, au cours de la saison on entendra le directeur de l'Opéra de Francfort, Georg Solti.Quant aux concerts pour la Jeunesse, fondés en 1935 par le Maître Wilfrid Pelletier, ils ont lieu huit fois au cours de la saison : au Plateau pour les jeunes de langue française, au Montreal High School pour ceux qui parlent anglais.Plusieurs jeunes musiciens se font entendre comme solistes à ces concerts qui sont une oeuvre véritable de culture et de beauté.Une campagne de souscription est ouverte.L'orchestre a besoin, cette année, de $186,000.Mme Florence F.Martel "Il importe pour une société de femmes instruites de remplir sa mission d'humanisme, mais il lui faut encore "aider ses membres à se tenir à l'affût des problèmes politiques et sociaux, pour ensuite les approfondir et tenter de les résoudre".C'est pourquoi la Société des Femmes Universitaires de Montréal réunissait récemment outre ses membres, un vaste auditoire de plusieurs centaines de dames, directrices d'oeuvres sociales ou charitables, membres d'associations professionnelles ou politiques, et de groupements culturels, avides d'étudier ensemble la grave question du statut légal de la femme mariée dans la province de Québec.La discussion "table-ronde" dont les participantes étaient Me Elizabeth Monk, C.R., Me Marie-Paule Laurin-Maclver, Me Mignonne Legault-Tessier et Mme Thérèse Casgrain, était sous la prési- Mme Florence Martel, première présidente des Femmes Universitaires.dence d'honneur de l'Honorable Juge Bernard Bissonnette, doyen de la Faculté de droit, de l'Université de Montréal, Mme Paul Lambert, vice-présidente agissant comme animatrice du débat.En présentant les invités d'honneur, la présidente de la Société, Mlle Gabrielle Labbé, exprimait son admiration devant "le spectacle réconfortant d'une assistance nombreuse composée de femmes représentant des groupes aux objectifs différents, lesquels peuvent même s'opposer à certains niveaux, toutes venues dans un esprit d'entente, travailler au redressement d'une situation qu'elles jugent inadéquate"."Si les femmes du Québec commencent à se sentir solidaires, cherchent à se renseigner et veulent un travail en collaboration, tout est à espérer".La French Line Naturellement, quand on ne prend pas l'avion, c'est aux bateaux de la "French Line" qu'on a recours quand on va en Europe, même s'il faut aller les chercher à New-York.Le confort, le plaisir de la traversée valent bien le court voyage de deux heures d'avion, d'une nuit de train.C'est une bien merveilleuse nouvelle pour les voyageurs à venir que nous a communiquée, lors d'une conférence de presse suivie d'une réception, M Jean Marie, président de la Compagnie Générale Transatlantique, (la French Line) lorsqu'il a appris aux journalistes et amis présents que très bientôt des bateaux français partiront de Montréal à destination du Havre.M.Jean Marie dont les titres ne se comptent plus et qui est à l'heure actuelle une des plus éminentes personnalités françaises, Grand-Croix de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre avec deux citations, a également parlé du magnifique paquebot qu," la "Transat" est en train de construire : le "FRANCE" une des plus belles unités maritimes jamais entreprises.Ce navire sera lancé aux chantiers de St-Nazaire le 11 mai 1960 et il sera prêt à entreprendre son premier voyage en novembre 1961.On a surtout soigné, à bord du "France" la classe touriste, la plus demandée.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 11 I.il reception donnée a I hotel Windsor et qui groupait le I out Montréal était donnée aussi à l'occasion de la nomination de M.Jacques Circvin.à litre de représentant de la Compagnie Générale I cuis.ill.unique au Canada.A la conférence de presse, qui eut lieu .m kit/.( arllon, les invités furent accueillis par de charmantes jeUBM filles portant les costumes des Provinces de France : Alsace, Bretagne, Nice, Provence, Bourgogne, Roussillon et Pays Basque .Il n'y manquait que la ( ham-pagne et le "beau toquai" .M.Jean Marie, président de la Compagnie Générale Transatlantique.Une femme d'action Rita < an m.organisatrice du Salon de la Femme et grande voyageuse.On se souvient de l'immense succès remporté, l'an dernier, par le premier "Salon de la Femme" qui eut lieu à l'hôtel Windsor et qui fut une entreprise de Mme Rita Caron.Il y en aura un autre cette année, c'est promis, juste la semaine qui précédera Pâques et au même hôtel, le Windsor rénové.C'est Rita Caron elle-même qui a confirmé la nouvelle, alors que nous l'interviewions rapidement à son retour d'un voyage en Europe qui l'a menée liisqu'en Russie, car cette femme d'action, qui a vingt cordes à son arc, est également une grande voyageuse devant l'Eternel.Femme d'action est même très peu dire.Rita Caron n'a peur de rien et en toutes choses, elle ose.Experte en beauté, elle fit sur le sujet des eludes très poussées, à Paris et devint titulaire de diplômes professionnels lui donnant le droit d'enseigner.Elle fut la première femme à donner à la radio (C.K.A.C.) des conseils de beauté.Et puisque nous parlions tantôt de voyages, il faut mentionner qu'ils ne se sont pas bornés à l'Europe, mais qu'elle a parcouru le Canada en entier, de Terre-Neuve à Vancouver, pour les besoins de la cause de la beauté féminine qu'elle défend autant dans sa revue "Prestige" que dans le "Cosmetic Career Women" dont elle est la fondatrice et la présidente.C in-aste et photographe, Rita Caron a pris dernièrement, en Europe de nombreux films en couleurs sur l'industrie des cosmétiques.Elle avait d'ailleurs, en 1958, dirigé un voyage pour cosméti-tiennes et elle a fait visiter à ces spécialistes la France, la Beleique, Monaco, l'Italie, l'Espagne et le Portugal.Elle arrive d'un autre voyage outremer où elle a participé, à titre de journaliste, aux expositions internationales de coiffures tant à Milan qu'à Paris El elle a visité Leningrad et Moscou, puis l'Ecosse et l'Angleterre avant de revenir au Canada.Ainsi documentée, Rita Caron ne peut faire autrement que préparer un second "Salon de la Femme" dont le succès dépassera le précédent.Nous en reparlerons.Les châteaux de "la Loire" Point n'est besoin, pour les admirer, de faire le voyage de France.Allez seulement à l'hôtel Windsor, si bellement rénové, rajeuni, dépouillé de son air victorien et vieillot et allez diner dans la nouvelle salle "La Loire" toute crème et rouge vif.ornée, sur les murs, des principaux châteaux du Jardin de la France.Saumur, Loches.Montreuil-Bellav.Vilandry, Amboise, et naturellement Chenonceaux ont là, sur les murs, leur "portrait" nature.C'est en cet agréable décor que la Ligue de la Jeunesse Féminine tenait, dernièrement son assemblée, sous la présidence de Mlle Lorette Brosseau.qui eut l'insigne honneur d'ouvrir le "Bal des Petits Souliers" avec l'Hon.Mark Drouin.président du Sénat.L'inauguration de la "Loire" coïncidait aussi avec une exposition de Modes, organisée par la Ligue de la Jeunesse Féminine.On vit défiler sous nos yeux la collection Holt-Renfrew commentée par Andréanne Lafont Le diner fut délicieux .Il faut dire que le Chef de la "Loire" a un nom de prédestiné.Il s'appelle M.Abel Bcn-quet.Les Femmes de la Chambre de Commerce C'est toujours un plaisir et un enrichissement que d'assister à une des réunions du Conseil des Femmes Membres de la Chambre de Commerce.Dans les salons du Mount-Stephen Club, nous avons eu l'avantage d'entendre la très brillante et infiniment spirituelle causerie de Mlle Jeanne Décarie, directrice générale de la vente à la maison de corsets Spencer.Le diner était placé sous la présidence de Mme Alice Saint-Arnaud, présidente du Conseil.Avec beaucoup d'humour, ce qui n'excluait pas la compétence, Mlle Jeanne Décarie parla de la vente spécialisée, ce qui est tout à fait son domaine, activité qui d'ailleurs occupe, dit-elle, des milliers de femmes canadiennes.Elle prouva que souvent la ménagère, retenue à son foyer, aime discuter avec une experte, dans sa propre demeure, les avantages d'un produit sur un autre.Et.ajoute-t-elle.pour la vendeuse, l'avantage est double Elle n'a pas besoin d'attendre la cliente puisque c'est elle qui se présente au domicile de l'acheteuse.Mlle Décarie parla ave: humour du vendeur robot mais sembla attacher peu d'importance à cette chimère.Et elle prouva, clair comme le jour, que notre pays est un Géant Éveillé, à l'avenir merveilleux.Présentée par Mme Annette Vennat.Mlle Décarie fut remerciée par Mme Annette Renaud.Mme Raymond Dupuis fit aussi une brève allocution, rappelant l'évolution du programme aussi culturel que social des Femmes Membres de la Chambre de Commerce.De nombreuses autres activités ont eu lieu au cours de la fin de l'année, entre autres le souoer du Bon Vieux temps de la Ste-Catherine et la réception des Néo-Canadiens.A l'honneur Nous rappelons que la Présidente du Conseil des Femmes Membres de la Chambre de Commerce du District de Montréal.Mme Alice Si-Arnaud a été nommée, au cours de l'année 1959, "Vedette de la Semaine" par le club Richelieu.Quelques jours plus tard.Mme St-Ar-naud était la conférencière invitée au Le Château de Chenonceau.dont on peut voir une reproduction sur les murs de "La Loire" à l'hôtel Windsor.Mlle Jeanne Décarie, conférencière à la réunion des Femmes Membres de la Chambre de commerce.club St-Laurent Kiwanis, à un de ses déjeuners-causerie.La conférencière parla de l'Évolution de la femme, ainsi que du Conseil des Femmes Membres de la Chambre de Commerce de Montréal.Nul n'est censé ignorer la Loi Dans la vie et surtout dans les affaires, la connaissance de la loi est indispensable.Avant de prendre une décision, il est toujours prudent de considérer l'aspect juridique de la situation.Le Conseil des Femmes Membres de la Chambre de Commerce du District de Montréal reprendra ses cours de droit civil et ses cours de droit commercial et statutaire le lundi.18 janvier I960.Ces cours sont donnés par Me Jean-H.Deslauriers, Me Gervaise Brisson et Me Hc-lene Gélinas.Ces cours sont donnés pour les membres Mlle Eveline LeBlanc Après des années de bons et loyaux services, passés au Ministère de l'Agri-culturc où elle faisait partie des économistes ménagères.Mlle Eveline LeBlanc prend sa retraite.Il est peu de carrières aussi fructueuses que celle de Mlle 1 eBlanc dont l'activité débordante s'est exercée dans une foule de domaines.Née à Bonaventurc (P.Q.) Mlle LeBlanc a fait ses études au couvent des L'rsulines de Rimouski et elle a obtenu son brevet de l'université l aval, de Québec.C'est en 1916 qu'elle commençait sa carrière, à titre de première directrice du service d'éducation des adultes de la Province de Québec.Sept ans plus tard, elle devenait conférencière et démons-tra'rice bilingue de la Division des Produits laitiers du Ministère de l'Agriculture.Elle passa à la section des Consommateurs en 19.19.Pendant cinq ans.quittant le ministère fédéral, elle revint à Québec pour diriger la division de l'Économie ménagère du département provincial de l'instruction publique.Elle revint à la section des Consommateurs en 1949 pour y réorganiser le programme de langue française.(Suite en page 26) LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 12 LE MENSONGE DE MARINA VLADY É ^^^^^H^^^^^^^B Les femmes ^^^^^^^^^^^^^^ Depuis la Creation.Marina Vlady hommes redoutent divorce .|e pouvoir maléfique des filles d'Eve dont les lèvres sont si adorables au moment de la caresse, si pernicieuses quand sonne la minute de vérité.Voyez le cas de Marina.Mme Robert Hossein faisait il y a quelques semaines un voyage à Venise."Notre second voyage de noces, disait-elle et aux photographes attachés à ses pas, la blonde femme-enfant offrait la lumière d'un visage rayonnant de bonheur.Or, Marina mentait.Pour le bon motif, bien sur, car le cinéaste Robert Hossein et la vedette n'étaient pas tenus d'annoncer à un avide public leur intention de terminer par un divorce, leur union remontant ii quatre années.Ce qui est triste en cette histoire banale c'est le comportement d'un être qui joue la comédie du mensonge avec une désinvolture déconcertante.Pourquoi avoir dit et répété à tous les journalistes de la terre qu'elle nageait dans le bonheur alors que Marina n'ignorait plus que son mariage était un échec et qu'un dénouement négatif se préparait ?Parce qu'il en sera toujours ainsi chez les femmes.C'est plus fort qu'elles : mentir est leur démon.Nous nous excusons de généraliser et nous précisons qu'il n'est pas tenu compte du mensonge rose dont les hommes abusent eux aussi plus souvent qu'à leur tour.Il reste que les dames du cinéma (on pourrait citer cent exemples) font bon marché de la vérité, fondent leur bonheur sur des faussetés, blâment tout le monde de leurs erreurs puis retombent dans les mêmes fautes.Dommage quand même de constater que des êtres magnifiquement doués, comblés par la fortune à l'âge le plus tendre, soient incapables de vivre une vie normale et donnent à leur public des exemples désolants.L'explication ?Trop de gloire trop tôt.Succès trop facile et une conception de la vie fondée sur l'immédiat.L'avenir .c'est si loin.Mais attention, gentille Marina.Le jour viendra rapidement où vous serez distancée par vos soeurs plus leunes.Vos deux enfants devenus grands prendront leur envol et ce jour-là, entrée dans l'ombre, votre compagne se nommera la solitude.Quant au compagnon, il y a risque qu'il se nomme désespoir.L'IMPERTURBABLE MONSIEUR GRANT ^ S \ 'O' cord : Maurice Chevalier est un phénomène.A 70 ans, il Cary Grant, est pius fringant que sa vogue dure.jamais et l'étoile de sa renommée est à la veille de s'installer au cosmos à la manière des satellites.Or.dans le même ordre d'idée que faites-vous de Cary Grant.Lui aussi s'inscrit dans la catégorie des vainqueurs du temps et sauf quelques rides, un brin d'argent aux tempes, un trait de lassitude au coin des lèvres, l'éminent artiste tient bravement tête à l'ennemi.Avec Gary Cooper, il compose le front d'arrière-garde de la plus somptueuse époque du cinéma américain et ces deux Titans du "box-office" résistent vigoureusement à la poussée de Kirk Douglas et à la montée de la nouvelle génération.Naturellement, vous demandez : comment fait-il ?Le secret de Cary Grant se découvre dans sa philosophie de la vie d'artiste.M'entretenant un jour avec lui sur les données de la réussite au cinéma, il répliqua vivement qu'il n'avait jamais cru à son talent.La conversation allait s'étoffer de faits inédits et force me fut de conclure que Cary Grant ne croyait pas, en effet, à son talent.Il n'a toujours cru qu'à son étoile.Autrement dit .à la chance.Or, dans son cas.la chance se structure sur le charme, l'élégance, une sorte de facilité et un petit ton d'indifférence qui défend Monsieur Grant contre toute atteinte du cabotinage.Cary Grant n'est jamais que lui-même, aussi a-t-il horreur de porter un costume d'époque.N'étant à l'aise que dans le complet de ville, Cary Grant retrouve sa faconde et sa fantaisie à l'instant où il oublie la caméra.et parfois son personnage.Imperturbable, tenant le pire drame pour incident secondaire, plus réaliste que romantique, cet acteur est l'un des rares du cinéma contemporain qui soit près de la vie quotidienne.Voyez-le dans dix films.Vous lui reprocherez peut-être de n'être jamais que Cary Grant d'un film à l'autre mais à défaut de surprise et de révélation, vous aurez au moins la satisfaction de retrouver un type net qui ne brusque pas votre intimité mais, au contraire, y pénètre tel un invité charmant et attendu Cyrano disait : "Ne pas monter bien haut, peut-être mais tout seul !" Grant ajoute : "Découvrir son palier, s'y installer puis s'y maintenir." Et c'est ce qui est difficile, précisément.NADJA TILLER: LES DANGERS D'ÊTRE BELLE Nadja Tiller .un avenir.Le nom n'est p,r français.Nadja Tiller est née à Vienne et jusqu'à l'adolescence fut une fillette comme tant d'autres.Puis, un jour ce fut la révélation : elle était belle comme seules les Suédoises et les Autrichiennes peuvent l'être.Belle d'une beauté parfaite, la subtilité de l'intelligence ajoutant encore à la grâce d'une ligne sans défaut.Nadja fut mannequin et c'était normal.Puis elle songea au théâtre.C'est alors qu'elle suivait les cours d'un minable institut qu'elle engagea un pari avec ses compagnons et compagnes.Nadja paria qu'elle serait élue Miss Autriche (en 1949) et elle l'emporta.Prudente et fort avertie des dangers de ces sortes de concours, Nadja sut se satisfaire des lauriers autrichiens et ne convoita pas ceux de Miss Univers Sage décision.Hélas, la directrice de l'institut de comédie refusa de garder à ses cours cette jeune fille trop belle et porteuse d'un titre exceptionnel.Le cinéma autrichien possédait dès lors sa vedette et en peu d'années le nom de Nadja Tiller s'imposa.C'est un film français, "Le désordre et la nuit" (avec lean Gabin) qui devait accorder au succès de la jeune Autrichienne une dimension plus vaste.La critique s'emballa et signala l'apparition d'une émule de Marlène.La critique ne devrait jamais employer de telles phrases car il est des consécrations redoutables Nadja, portée aux nues, manqua de flair en acceptant de jouer le rôle du film allemand "Rosemarie" qui fit scandale car le scénario n'était autre chose que le carnet d'une fille de chambre devenue courtisane.L'ouvrage (à clé) rappelait des faits, des noms à peine masqués et le film prenait un tel caractère d'indiscrétion que l'artiste se vit en butte à des protestations violentes.Nadja n'y était pour rien.On peut penser qu'elle a été bassement trompée et exploitée.Courageuse, Nadja tint tête à l'orage se faisant un point d'honneur d'accepter pour elle-même les mécomptes d'un sujet mal choisi.Mais elle passa en France, tourna avec Jean Marais ("La Tour prend garde") et n'accepta plus que des films d'une portée internationale.C'est dire que bientôt le nom de Nadja Tiller sera mondialement connu.Mais pas avant quelques mois.Pourquoi donc ?Parce que la belle Nadja attend un enfant et pour elle, cela seul compte au monde.Qui lui donnera tort ! LA REVUE MODERNE — JANVIER 1960 CfowmqiUL dsL cwsmcu pwv (RoqsJi.Qhamfwux. IJ he grand amour de SIR HAROLD I jllklMINI quitta le porche, les mains dans les po-I ches de son anorak.Le vent la bouscula violem-I I ment.Il faisait intenable pour des gens normaux.¦ I Derrière elle, dans le hall une vieille dame 1res \_/ frileuse sciait fait apporter une couverture pour la poser sur ses genoux.Son vieux compagnon s'était plonge dans le journal.Ils étaient avec elle, les seuls clients de ce petit hôtel vieillot, sympathique par ailleurs mais qui, comme tout en ce moment, ennuyait mortellement la jeune fille.Aussi le vent lui parut-il presque un ami.un ami rude et sauvage qui la giflait, arrachait de son capuchon deux ou trois boucles blondes qui prirent vite allure de chevelure de petite fille.Elle devrait se "remettre en plis" pour le soir, mais peu lui importait.Elle avait besoin d'air, de mouvement, sinon elle deviendrait folle.Absolument folle.Elle se le répéta passionnément en empruntant un sentier qui montait le long de la falaise.Promenade pour le moins imprudente par ce temps, elle le savait parfaitement bien.Mais Christine était passé toute raison, toute sagesse en ce moment Arrivée depuis huit jours, sur les conseils du médecin de famille, la jeune fille n'arrivait pas à éloigner les dernières semaines de sa pensée.Sa nature entière, spontanée, honnête, l'avait lancée à corps perdu dans cette aventure d'amour qui paraissait si belle, si complète !.Rencontré dans une soirée le beau Serge lui avait pro- duit, dès le premier instant, une impression violente Jusqu'alors, elle s'était contentée de très vagues flirts, attendant inconsciemment, probablement, l'homme de sa vie.Quelle proie facile, pour un Don Juan adroit !.Christine, tout en appartenant à une famille de gens apparemment aisés, n'avait aucune dot.Son père, ingénieur de talent, n'accumulait pas une fortune spectaculaire, tout en faisant vivre sa famille dans un confort relatif.Très jolie, très adroite, et se taillant elle-même des robes délicieuses, évoluant dans un cercle de gens très riches, elle avait pu donner l'impression de faire partie de ces milieux opulents.(Suite en page 19) m Sur la mer démontée, la barque était en grand danger.Heureusement.Sir Harold as ait tout vu.Christine était sauvée.21: LA REVUE MODERNE - JANVIER I960 i4 Allez-vous porter perruque?pWL.JjJTJL J'OilhlUUL C'est très sérieusement que je vous pose la question : Madame allez-vous, cet hiver, porter perruque ?.Vous ne me croyez pas tout à fait et d'un geste gentiment familier, vous passez la main dans vos bouclettes, vous suivez le contour des vagues que la veille, votre coiffeur, qui est un as, a si joliment étagées ou bien encore, si vous êtes toute jeune.Mademoiselle, vous vous êtes contentée de secouer la tête, sachant bien que vous n'êtes jamais si chic, et en tous cas jamais si à la mode que lorsque vous avez Si vous êtes châtaine .l'air d'être fâchée, brouillée à mort avec le peigne et à plus forte raison avec la brosse.Si vous comptez déjà un nombre .certain d'années, et si votre belle chevelure d'antan n'est plus que souvenir, vous avez peut-être, à ma question, répondu par un sourire et, en votre for intérieur, vous avez murmuré : "Pourquoi pas ?" Ll perruque, que l'on ne comptait plus depuis fort longtemps parmi les fantaisies de la mode revient en force, et — ne dites pas non — il se pourrait fort bien que demain, ou la saison prochaine vous succombiez à la tentation.La perruque â travers les aires Ce n'est pas d'hier qu'on porte perruque.Déjà, au temps de la Rome de la décadence les belles patriciennes, qui enviaient la blonde chevelure des Gauloises se laissaient aller, au gré de leur fantaisie et, brunes lorsqu'elles portaient leurs vrais cheveux, devenaient casquées d'rr lorsqu'elles avaient remplacé par jnc perruque les cheveux donnés par la nature.Elles entretenaient, dans les er-gastules.des esclaves particulièrement belles et blondes, qu'elles faisaient tondre périodiquement pour la confection de leurs ornements capillaires.Au Moyen Age les hommes portaient les cheveux longs, surtout dans la haute aristocratie.Couper les cheveux d'un fils de roi était l'équivalent de son abaissement et les châtelaines aimaient charger de lourdes tresses postiches leur vraie chevelure parfois insuffisante à la tenue en équilibre du hennin pointu, de celui à deux ou trois cornes et au long voile qui en tombait, comme une cascade de mousseline.Sous les Valois, la perruque fut fort en honneur.La reine Margot possédait toute une collection de chevelures de rechange, des blondes, des rousses et de temps en temps, elle consentait à être brune lorsqu'elle était fatiguée de l'édifice de cheveux postiches.On se souvient de la terrible surprise du peuple, lors de l'exécution de Marie Stuart, que les soucis de sa vie cahotée et surtout les années de captivité avaient rendue chauve.Elle portait perruque et nul n'en savait rien, hormis ses femmes.Quand le bourreau eut rempli son office, il saisit par les cheveux la tête royale .La perruque lui resta dans la main et la tête roula sur l'échafaud alors qu'un long cri d'horreur s'échappait de toutes les bouches.En Angleterre, l'implacable rivale de Marie Stuart, la Grande Elizabeth 1ère avait, elle aussi une collection incroyable de perruques, presque autant que de robes c'est-à-dire qu'on les comptait par centaines et qu'un personnel spécialisé en était chargé Perruques simples, pour les galops matinals, perruques hautes, pour les heures de travail souverain, perruques constellées de diamants et enroulées de perles fines lorsque la reine donnait un bal.Elizabeth 1ère était rousse fulgurante comme son père Henry VIII et à cette époque, les roux étaient mal vus.Dans bien des villages reculés on les disait possédés du démon .Aussi la reine désirait-elle cacher cette tare et ses perruques étaient tantôt d'un noir bleu, tantôt du plus doré des blonds Sous Louis XIV Mais c'est surtout sous Louis XIV que la perruque fit florès.Il y avait à cela une raison majeure.Le Roi-Soleil, qui naquit avec deux dents était hélas, affligé, au sommet du crâne, d'une loupe énorme, une protubérance de la taille d'un oeuf qu'il s'agissait de masquer et c'est pourquoi il mit à la mode et porta jusqu'à son dernier jour les énormes édifices de boucles qui retombaient jusque sur les épaules.Naturellement tous les courtisans l'imitèrent et l'art du perruquier fut à son apogée.On peut encore voir, à Versailles, un saisissant portrait sur cire de Louis XIV âgé, muni de la vraie perruque que portait le grand roi .Une de ses perruques, en véritables cheveux, d'un ton que l'âge a rendu indistinct mais qui devait être un châtain cendré, avec un Niagara de bouclettes serrées.Mais direz-vous, apparemment, et jusqu'ici, ce sont les hommes plus que les femmes qui ont porté perruque ?Patience nous y voilà .Nous y voilà sous la Régence, pendant la minorité de Louis XV.Le Régent, ses filles et toutes les belles marquises et marquisettes qui gravitaient à l'entour des châteaux royaux avaient laissé de côté la lourdeur solen- nelle des modes Louis XIV, pour adopter celles qui ont, de nos jours encore, tant de charme et tant d'esprit.Les minois futés que les grands peintres de l'époque ont si joliment reproduits connaissaient bien le charme irrésistible des cheveux blancs encadrant un jeune visage.Pour commencer, il y eut la poudre mais pensez, quelle histoire ! Il fallait, les cheveux une fois coiffés, les huiler puis les enduire de tant de poudre de riz blanche qu'ils paraissaient de neige.Le terme était d'ailleurs ravissant, qu'on Il est facile de devenir blonde .ou brune comme une Espagnole .employait alors et nulle n'aurait refusé d'être poudrée à frimas .Mais la poudre ne tenait pas toujours, elle enduisait le cuir chevelu d'une telle épaisseur de pâte que la vermine y pullulait.Oui, les belles marquises Régence avaient des poux et pour se gratter, quand la démangeaison était trop forte, elles employaient de mignonnes mains d'ivoire sculpté à long manche précieux, qui don- naient beaucoup de grâce à un gesic assez peu poétique.Louis XV et Mme de Pompadoui changèrent tout cela et si les cheveux furent toujours blancs, ils étaient inter changcablcs c'étaient des paniques ha bilement montées et si légères, à côté des monuments I ouil XIV Mai'ie-Aiitiiiiiilli' Le bon Louis XVI portait perruque, mais Marie-Antoinette qui fut par excellence la reine des extravagances vesti mcnlaiics préférait les édifices de cheveux que lui elageait sur la Iclc son mil feur Léonard et que surmontaient les chapeaux de Rose Berlin.Les "Poufs".1 l'Inoculation.iu\ Sentiments a la Frégate, il n'y eut rien qui ne se fît, qui ne se portât et, grâce d'état, rien ne nous semble aujourd'hui ridicule, en peinture ou en sculpture.Les journaux du temps s'en gaussaient, cependant, et toutes ces têtes légères, si haut coiffées tombèrent, place de la Révolution qui n'était pas encore de la Concorde.A la Belle Epoque On porta peu de perruques jusqu'au début du siècle 20 où les belles de 1900 portaient des chichis.Ah ! les chichis ! .Ce n'étaient pas, à vrai dire des perruques, mais des faux cheveux sous forme de bouclettes qu'on posait en chignons, en guirlandes, et qui soutenaient les édifices compliques qu'étaient les chapeaux où toutes les fleurs d'un jardin se donnaient rendez-vous.Et nous ne parlons que pour mémoire des perruques de théâtres.Il fallait bien un arrangement de faux cheveux pour jouer "Manon", une perruque à longues tresses blondes pour être une vraisemblable "Marguerite", de "Faust", et naturellement, pour chanter "Mme Butterfly".Les perruques de théâtre étaient confectionnées par de véritables artistes, qui non seulement savaient leur métier, mais connaissaient parfaitement l'histoire du costume et de la coiffure, afin de ne jamais faire d'anachronismes.Les chichis n'étaient pas des perruques.Quand ils furent démodés, on porta, en couronne, de grosses tresses de cheveux, à la manière de l'impératrice Elizabeth d'Autriche.Bien sûr, les tresses étaient fausses.La première Grande guerre mit fin à toutes ces extravagances.On n'en parla plus jusqu'à l'avènement du nylon car voilà justement où gît le lièvre .Les perruques qu'on vous offre.Madame et que vous porterez peut-être au cours des réunions mondaines de la saison, sont en nylon, en nylon de toutes les couleurs, et elles sont, en somme si peu chères que vous pourrez vous en offrir une pour aller avec chacune de vos toilettes du soir.Vous aurez le choix entre le rose tendre, un beau violet qui escortera à la perfection vos robes mauves, un jaune du plus bel or, toute une uamme de bleus et les verts les plus ravissants, si vous aimez, pour un soir, les cheveux verts.Naturellement personne ne prendra cela au sérieux, pas même vous.Nul ne s'imaginera que vous êtes un phénomène ou que comme un vison moderne, vous avez subi une mutation.Ce sera drôle et vous serez une des reines de la soirée.Les perruques de vrais cheveux ont une fin plus utilitaire et .quelques personnes en ont vraiment besoin.Pas vous, bien sûr .Mais si vous voulez, un soir, ne pas passer inaperçue, procurez-vous une perruque rose, mauve, bleue, verte ou violette.Vous voyez que c'est bien sérieusement que je vous demandais tantôt : — Madame allez-vous porter perruque ?.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 15 Le désir d'être BELLE parc (RjollcmdsL SL-^sihmmrL Commentons bien l'année Puisque nous voici au début d'un mois et d'une année nouvelle, pourquoi ne pas prendre la résolution de faire, de l'an 1960, celui de votre plus grande beauté ?Ce n'est pas difficile.Seulement, il faut le vouloir et faire ce qu'il faut.Etes-vous contente de l'aspect actuel de votre épiderme, de vos cheveux ?Peut-être (après tout, c'est humain) avez-vous fait quelques petits excès dans la nourriture et la boisson au temps des fêtes, avec le résultat que vous voici le teint brouillé, avec quelques boutons, des cheveux ternes et secs et quelques livres de plus.Vous allez voir qu'il est bien facile d'arranger tout cela Pour commencer, soumettez-vous à un petit régime, bien fait, qui ne vous donnera pas la désagréable sensation d'avoir faim, mais qui vous permettra de perdre ces quelques livres de trop qui ne sont probablement que de l'eau, retenue par les tissus surmenés Et quand ce premier pas sera fait, vous verrez aussi votre teint s'éclaircir.Bien entendu, si vous avez quelques boutons, vous n'avez pas commis l'imprudence de les percer, de les pincer, de les maltraiter.Ils ont donc dû guérir en laissant une petite trace rose qui partira avec le temps et que d'ailleurs un maquillage bien fait dissimulera complètement.Vos cheveux Vous savez que pour qu'ils soient beaux, il faut qu'ils soient en bonne santé Tous les soirs, brossez-les longuement Je vous assure que ce n'est pas pour rien qu'on parle des cent coups de brosse.C'est vrai.Cest ce qu'il faut faire.Non seulement le brossage masse le cuir chevelu, mais il nettoie les cheveux des poussières accumulées au cours de la journée.Et ne craignez rien pour votre permanente, faite un peu avant les Fêtes elle n'en sera que plus belle.Evidemment, il faut vous faire laver la tête au moins une fois par semaine ou, à tout le moins, tous les quinze jours.Vous en profiterez évidemment pour vous faire coiffer et soigner les cheveux.S'ils poussent très vite, il faut les faire effiler Votre brosse Si vous voulez avoir de beaux cheveux, il faut les entretenir avec une BONNE brosse.Les meilleures sont en soies de sanglier.Elles coûtent peut-être un peu cher, parce qu'elles sont importées, la plupart du temps de France, mais elles durent des années, surtout si vous les lavez souvent avec un savon doux, genre savon de Castille, si vous les rincez à l'eau tiède et ensuite à l'eau froide 11 y a aussi d'excellentes brosses de nylon, que vous trouvez partout.Choisissez-les montées solidement, afin qu'elles soient pour votre chevelure à la fois un massage et un nettovage.Et soyez en paix Si vous voulez vraiment être belle, tout au long de cette année neuve, prenez dès maintenant, la résolution de ne plus être cette femme nerveuse que vous avez peut-être été pendant trop longtemps.Soyez calme, n'entreprenez pas plusieurs choses à la fois, mais allez jusqu'au bout de ce que vous avez entrepris.Ne vous mettez pas en colère inuti- Pour avoir une belle chevelure souple, il faut absolument la brosser, tous les jours, et longuement» Cent coups de brosse .lement contre les choses à quoi vous ne pouvez rien.Ainsi, si en vous levant le matin vous constatez qu'il fait un temps abominable, ne considérez pas cela comme une catastrophe.Vous savez bien que ce n'est pas votre énervement, ni vos pleurs, ni les paroles amères que vous dites qui vont faire revenir le soleil.Il fait un temps abominable, faites autre chose que ce que vous aviez projeté s'il avait fait beau, c'est tout.Allez chez votr; coiffeuse, magasinez, invitez une de vos amies à prendre le the dans un restaurant, quelque part, ou chez vous.Et ne vous laissez pas emporter par les ennuis si légers que sont les petites contrariétés journalières.C'est la base même, de la résolution d'être belle .o o D V-——i \ 1 , ! .Nil Pi 1 1 O ¦V ) o L O f * Voilà une -femme bien avisée!" Elle augmente la valeur du dollar qu'elle consacre à l'amélioration du foyer en nous appelant l'hiver lorsque nous ne sommes pas trop occupés— il nous fait plaisir alors d'accepter des travaux de rénovation d'intérieur.L'été prochain nous ne serons peut-être pas en mesure d'entreprendre des travaux de ce genre.Aujourd'hui, elle obtient plus rapidement un meilleur service parce que les travailleurs qualifiés sont plus en mesure de répondre à ses besoins.Il y a certainement des travaux à effectuer chez vous ou à votre place d'affaires.Vous y gagnerez à les faire exécuter dès maintenant.AIDEZ-VOUS VOUS-MEMES TOUT EN AIDANT VOTRE LOCALITÉ À ACCROITRE L'EMPLOI CET HIVER.POUR CONSEILS ET ASSISTANCE, ADRESSEZ-VOUS À VOTRE BUREAU LOCAL DU SERVICE NATIONAL DE PLACEMENT.Publication autorisée par le ministre du Travail du Canada LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 16 Un manteau trois-quarts de nutria, à double revers, est ici garni de boutons de nacre blanche.Il fait ensemble avec une robe de lainage blanc d'hiver.Création américaine.l.r seal d'Hudson, (rat musqué rasé et teint ) est une des fourrures les plus aimées des femmes chic.Voici un beau manteau, pleine longueur, agrémenté d'une écharpe de ton vif.lTn trois-quarts de mouton de Perse est d'une très sûre élégance.Celui-ci est d'un beau noir jais, et les détails sont très étudiés: large col et manche à revers.Il n'est rien de plus adorablement jeune qu'une jaquette de panthère, d'ocelot ou de léopard.Celle que voici est en léopard veritable et chic, avec son grand col transformable.Si nous parlions fourrures?Il fait froid, il neige à plein temps et c'est avec plaisir qu'on se croquemitoufle dans les pelages soyeux de nos manteaux de fourrures.Chez nous, comme chacun sait, ce n'est pas un luxe mais bien un besoin.Il semble que depuis longtemps on ait fait le tour des animaux capables de nous donner leur peau pour nous protéger des rigueurs de la saison blanche.Et chaque année, il survient pourtant une nouveauté.Question de mode, question de goût.Cette saison, on verra un peu de tout et des imprévus.Les fourrures ocelées Nous avons un goût tout particulier pour les fourrures ocelées qui font jeune.Il y en a, il faut le dire, tout un choix A commencer par le léopard, dont les meilleures peaux viennent de la Somaliland italienne.Quand les rosettes sont bien régulières, le léopard est de premier ordre.On fait aussi des manteaux et jaquettes de cheetah, une sorte de grand chat d'Afrique, de la famille du léopard et qui est relativement rare.Plus fréquemment trouvé sur le marché est le chat-léopard, amusant, mais de moins belle qualité que les deux précédents.L'ocelot, lui, a tous les suffrages des jeunes personnes.Le fait est que sa fourrure est jolie et facile à tra- f2WL (DsLWjAfL at&Wlf vailler.L'ocelot vient d'Amérique, mais le léopard des neiges, lui, provient de l'Himalaya.C'est une sorte de grand chat musclé, à ventre blanc, qui ressemble un peu à notre lynx.Les pelages de léopard des neiges sont relativement difficiles à trouver.Et il en est de mémo du véritable jaguar, dont les rosettes sont plus larges que celles du leopard.On fait des jaquettes de léopard, mais des manteaux de jaguar.Et parlons donc aussi du zèbre.Paris, actuellement, en raffole, tellement que lorsqu'on ne peut pas avoir du véritable zèbre, on travaille, dans les couleurs et les rayures, des peaux de veaux.L'effet est saisissant.Les fourrures rases Peut-être trouvez-vous que les fourrures rases sont plus faciles à porter que celles à longs poils.Il y en a pour tous les goûts.Les peaux de petits rongeurs, tel le hamster, qui a fait son apparition récente sur le marche, servent aussi souvent à doubler des pelisses de haut ton.Non seulement le hamster, mais la loutre de rivière, qui provient d'Amérique du sud, le burun-duki, une sorte de petit écureuil au fin pelage finement rayé de blanc sur fond gris ou beige Et si vous aimez décidément les fourrures rases, vous choisirez un manteau de caracul, de brietchwantz ou de poney russe, aux larges moirures noires ou brunes.Parlons mouton Le mouton de Perse, ou Astrakan, est une des fourrures les plus aimées, les plus estimées.Comme question de fait, elle ne se démode jamais et les jeunes femmes en portent aussi volontiers que leurs aînées.Le mouton de Perse change de nom selon les dispositions des frisures.Le broadtail russe est fait de mouton d'Astrakan mort-né.C'est un jour ou deux avant le jour présume de sa naissance que le petit mouton d'Astrakan a une plus belle fourrure, faite de poils doux et soyeux et à peine frisés Naturellement, il faut teindre les peaux, la plupart du temps en noir.Même chose pour le broadtail de Perse.Mais le mouton de Perse, celui qu'on connait le plus et le mieux, est fourni par la Russie ou (Suite en page 19) Ce manteau long et ample est en ocelot mexicain naturel.Notez la forme originale du col.I.poches .1 larges revers et les manches cocktail.Création M.Suchat, de Montréal.Deux versions, aussi élégante l'une que l'autre, de la jaquette-cape de vison.Elles sont de forme différente, mais toutes deux de sison de mutation Lutetia Emba.Une merveille digne d'une reine: un manteau pleine longueur de vison de muta-tation gun metal.On le trouve aussi en Emba Automn Haze et bleu Céruléen.LA REVUE MODERNE JANVIER I960 I 17 UNE BATAILLE A GAGNER 1960 est une année mondiale de la santé mentale C est fou ! .Quelle folie !.ou en argot "il csl cinglé le frère !" .Autant d'expressions que l'on emploie couramment, sans même se douter de leur gravité.Heureusement, elles n'ont pas toujours d'autre signification que la bizarrerie, le désir, le besoin de ne pas faire comme les autres.Il faut bien le dire et sans avoir peur des mots : la santé mentale est un des tracas modernes les plus aigus et c'est pourquoi 1960, année toute neuve, est consacrée à la recherche des remèdes a apporter au "grand dérangement" ambiant et ce, à l'échelle mondiale Tout comme l'année géophysique, celle de la santé mentale s'étend sur IX mois et son objectif se résume clairement donner un nouvel élan à toutes les activités de la santé mentale, y compris les travaux de recherche.L'accent est placé sur les points suivants : l'enfant et la famille dans un monde en transformation Fnquëte mondiale sur l'incidence des maladies mentales.Enseignement des principes de la santé mentale.Aspects sociologiques et psychiatriques de l'industrialisation.Problême psychologique posé par les migrations.Il n'y a, comme vous voyez, nulle équivoque et on peut assurer, déclarer sans crainte de se tromper que la santé mentale concerne tout le monde et .le monde entier.On a tout repensé 11 y a déjà longtemps qu'on ne considère plus comme des parias les personnes atteintes cérébralement.Ce sont, aux yeux des médecins, du personnel, de tous ceux enfin qui les approchent, des malades, et nul n'oserait prononcer (et même penser) un autre mot On ne parle donc plus de folie mais d'hygiène mentale et comme on a raison.Le dommage est que parfois encore, dans les familles, où on ne cache pas qu'on a un tuberculeux, un paralysé, un asthmatique, un epileptique.on aie encore une honte terrible à admettre qu'on puisse avoir un malade mental On le cache, comme une tare et si on peut, on s'en défait, le confiant à des institutions, moins dans l'espoir de le guérir que de s'en débarrasser.Un travail silencieux et discret Ceux qui s'occupent des malades mentaux font, à longueur l'année un travail silencieux et discret et surtout, jour après jour, dans le monde entier, des centaines d'équipes d'hygiène mentale effectuent une gigantesque besogne dans le domaine de la prevention.Si bien que nous en sommes au point où on a toutes les raisons de croire qu'on va gagner la bataille Personne, dans un pareil combat (selon les paroles du Dr Eduardo Krapf, chef de la section de la santé mentale de l'O.M.S.) n'a le droit de demeurer neutre Il ne faut plus que les malades mentaux soient enfermés, autant dans les asiles que derrière les murs qu'élèvent autour d'eux les préjugés et l'incompréhension de la société.Les psychiatres demandent à tous ceux qui y peuvent quelque chose, que les malades mentaux soient traités avec les mêmes égards QUE DES MALADES COMME LES AUTRES.Et ceci, en vue de leur guérison Un grand pas sera fait le jour où on aura vaincu la peur de la folie, puisqu'on l'appelle ainsi.Car il faut bien comprendre que la santé mentale n'est pas le seul partage des spécialistes.C'est la collectivité entière qu'elle doit intéresser et chacun de nous a des devoirs a remplir.Comment devient-on malade ?Nous menons une vie si peu conforme à la santé morale et physique, avec le bruit incessant autour de nous, la course continuelle, au travail ou aux plaisirs, les abus perpétuels de tout ce qui détraque l'organisme qu'on finit un jour par se sentir mal en train, et parfois, la véritable dépression n'est pas loin.Elle est comme toutes les autres maladies et donne un avertissement.Le syn- drome précurseur a le choix entre des maux de tète trop fréquents et trop violents; une fatigue inexpliquée, une modification de caractère, tel celui de la personne qui, jusque là a été gaie et aimable et devient pour un oui.pour un non d'une humeur de dogue; la perte presque totale de sommeil; la mémoire qui fait défaut, et aussi (c'est le signe d'alerte le plus facile à déceler) la baisse de rendement dans le travail.C'est le moment de consulter, car il ne faut pas se fier à son propre jugement et seul, le clinicien peut faire la difference, tirer la ligne de démarcation entre un malaise sans importance, qu'un repos de quelques jours effacera et le syndrome précurseur de troubles mentaux.En somme, qu'est-ce que c'est qu'un malade mental : c'est un individu dont les fonctions d'adaptation au milieu sont plus ou moins perturbées.Voilà pourquoi, pris à temps, il a tant de chances de guérir car on lui donne tous les soins désirés, le repos, des conditions de vie nouvelle, qui peu à peu, allègent les soucis et amènent l'apaisement, première étape vers une guérison radicale et per manente.L'art du thérapeute Dans le milieu hospitalier, le malade mental se trouve dans un climat neuf Il s'agit de le réadapter en choisissant le développement de celles de ses facultés restées saines Quant aux fonctions adaptatives perturbées, le premier soin est de les mettre au repos.C'est par un maniement délicat, qui est la base même de tout son art, que le thérapeute vient à bout de la guérison de son patient.Il doit jouer sur tous les tableaux, et en opposant avec art l'agressivité, l'hostilité la vision déviée des choses raisonnables des malades, il les amène à reprendre intérêt, non seulement au monde environnant, mais à une reprise des véritables activités.Nous ne parlerons pas ici des divers genres de traitements apportés à la guérison des malades mentaux, c'est trop savant, mais nous résumerons la majeure partie des traitements en disant qu'ils consistent selon les données du médecin traitant en choc insulinique, en électro- choc, en narcothérapie, enfin, en l'application de tous les nouveaux remèdes qui ont pour but de mettre au repos le système fonctionnel.Les cures de sommeil ont parfois des résultats extraordinaires Le résultat Bien sûr, il n'est pas.à cent pour cent Pas plus que pour les autres maladies, mais les sources les plus autorisées affirment que dans 70 à 80Té des cas, les malades mentaux peuvent être rendus à la vie publique et à la collectivité.Les plus grands espoirs sont fondés, car c'est partout dans le monde qu'on cherche, qu'on se penche sur les maladies mentales qui sont les mêmes, que la peau du patient soit rouge, jaune, brune ou blanche.Les artistes Voilà un point crucial.Pourquoi, si souvent les artistes deviennent-ils des malades mentaux ?L'artiste malade ne perd pas pour autant ses facultés créatrices.Elles sont perturbées, voilà tout.Mais c'est justement à cause de cela que le psychiatre utilise cette faculté et très souvent, dans ses peintures, qui nous semblent horribles ou insensées, le ma- lade artiste et l'artiste malade finit par se dégager de ce qui l'oppressait, par sonfier à la toile ses rêves les plus bizarres, et il se trouve soulagé d'autant.Nous avons choisi, pour illustrer cet article, un cas tout à fait typique Les photos nous ont été données par l'O.M.S.(Organisation mondiale de la santé) et sont authentiques.Vers les années "20, Louis Wain était un artiste anglais fort apprécié comme peintre de chats.Et vous savez si, en Angleterre, un artiste animalier peut être haut coté 11 faisait des portraits classiques des chats de haut lignage, propriété et orgueil des dames de l'aristocratie britannique.Et voilà que quelque temps plus tard, il fut atteint de schizophrénie (dissociation de la personnalité).Il n'en a pas moins continué de peindre, mais plus la maladie faisait de progrés, plus les peintures s'éloignaient du sujet jusqu'à devenir des brouillaminis de cou- leurs où.à peine, se devinait la forme d'une tête et d'un visage de chat.Louis Wain fut obligé de faire plusieurs séjours dans des hôpitaux et il mourut en 1936.Les photographies que vous voyez dans cet article montrent l'évolution de sa peinture en fonction de l'aggravation de sa maladie, qui modifiait complètement sa technique artistique Un immense espoir Il n'y a pas tellement longtemps nous avons pu voir, à la télévision canadienne, des reportages sur le sujet et nous avons entendu des malades guéris parler comme les personnes raisonnables qu'elles étaient redevenues.C'est la preuve que l'espoir de vaincre les maladies mentales est immense.La famille y peut aussi quelque chose, pour les jeunes moins de bruit, moins de musique qui détraque les nerfs, plus de sport pour les adolescents en pleine croissance, une vie tranquille à la maison, du sommeil, du calme, la paix au sein du foyer.Les médecins, les psychiatres travaillent de tout leur coeur, de tout leur esprit.Ils seront vainqueurs, du moins faut-il l'espérer.Même s'il faut attendre encore quelque temps 1 'humanité ne date pas d'hier, et ne mourra pas demain .Une tête de chat, telle Le mal commence à em- Chat ou chouette?C'est la La maladie est à son que peinte par Louis brumer le cerveau de Par- preuve d'une hallucination du point culminant.Il n'y a Wain as ant sa maladie.tiste.Ce n'est déjà plus peintre schizophrène.L'ev- plus de forme, rien qu'un C'est un vrai portrait.qu'une forme surréaliste.pression devient diabolique.barbouillis de couleurs.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 711 18 ROMÉO Poésie de la couleur et équilibre entre le concret et l'abstrait, tels sont les caractères de la peinture de Roméo Houle que vient de nous révéler l'exposition du Festival de Ville d'Anjou.Ce jeune peintre sincère estime qu'il n'est pas nécessaire pour être moderne et original de se livrer à des pitreries abstraites où l'art semble se défier lui-même et c'est par là qu'il a conquis la confiance d'un public sympathique.On dit couramment que les peintres se détestent entre eux.Le moins que l'on puisse dire c'est que ces individualistes nient l'art de leurs confrères.Roméo Houle n'échappe pas à la règle : s'il rend hommage à ses maîtres, il suit d'un oeil critique et étonné les mouvements de sa génération.— Mes maîtres ?Je place au tout premier rang Stanley Gosgrove que j'ai toujours admiré.Il m'a apporté une technique qui me sert toujours.C'est un portraitiste raffiné et un dessinateur subtil.Cosgrove n'est pas un novateur ou un fondateur d'école, mais c'est un peintre réfléchi Jacques de Tonnancour, qui a peint des paysages remarquables, avait sur ses élèves le prestige d'un philosophe.C'est un maître du dessin et du modèle vivant.Avec lui nous étions libres, il nous laissait travailler, parfois une semaine entière sur le même tableau.De Mlle Suzanne Duquette et de M.Marcotte, j'ai appris le dessin de nus, de M.Julien Hébert, le modelage et la sculpture."Beaucoup de ceux qui sont sortis en même temps que moi de l'Ecole des Beaux-Arts se sont lancés tête première dans l'abstrait.Je ne suis pas trop porté vers cette forme d'expression.J'aime les choses concrètes et solides.Certains de mes amis me reprochent de n'être pas assez "moderne", de ne pas suivre la mode."Tes choses ne sont pas assez abstraites, me disent-ils.pourtant c'est le mouvement".D'accord je suis pour la peinture concrète, ce qui ne m'empêche tout de même pas d'apprécier l'initiative de ceux qui cherchent de nouveaux modes d'expression.Même la peinture abstraite peut être transcendante.Quant a moi.pour l'instant, je fais des choses néo-cubistes.— Vous ne vous êtes pas lancé dans l'abstraction en sortant de l'Ecole ?— Vous pensez bien que non.En sortant de l'Ecole, je suis entré comme peintre décorateur dans les studios de télévision de Radio-Canada.Je n'ai pas été heureux durant les deux années où j'ai travaillé à brosser des décors basés sur des maquettes soumises par différents décorateurs.Entre-temps, je peignais des chars allégoriques sous la direction de Fleurimont Constantineau pour la Société si léan-Baptisié 'ic Montréal Quoique j'aie beaucoup appris avec Consiantincau, notamment le coloris et la construction, je brûlais du désir de me livrer à mes propres travaux.C'est ce que j'ai fait.Ne pouvant me soumettre ni à la peinture fonctionnarisée des studios de télévision ni au badigeonnage des cartons-pâte des chars du défilé national, j'ai rompu mes chaînes.Il s'est produit alors en moi une sorte de réaction sur la servilité qui m'était imposée.Je me sentais affranchi, je me suis mis à peindre librement et c'est depuis lors que mon style a commencé à s'affirmer.— Projets d'avenir ?— Je vais vous le dire tout net : j'aimerais disposer d'une bourse qui me permettrait d'aller étudier à Paris.Je ne demande pas la consécration officielle mais seulement l'aide des organismes qui disposent des deniers réservés aux peintres qui désirent aller se perfectionner à la Mecque des artistes.Rien comme un bon bain de Paris pour se tremper l'inspiration ! "Mais, lui fis-jc observer, tout le monde va à Paris C'est devenu une originalité que de n'y cire pas allé !" — Qu'à cela ne tienne, me répondit Roméo Houle, si c'est être vieux-jeu que d'aller à Paris, je préfère y aller quand même.HOULE ou la poésie f2aA.lïlahcsiL SâquitL.Roméo Houle, devant une toile blanche, attend l'inspiration.Son ombre sur le mur est déjà un tableau."Hue déserte" est le nom de cette composition qui tient à la fois du rêve et du réel.Hiver, les arbres sont nus.de la couleur 1 1 1 Coloriste avant tout, Roméo Houle a réussi cet équilibre de formes allongées qu'il appelle "La ronde au jeu".Quand il peint de l'abstrait, Roméo Houle peut se permettre, négligemment, une main dans sa poche.LA REVUE MODERNE - JANVIER I960 19 CHRONIQUE DE MODES (Suite tie la page 16) l'Afrique du sud cl lui aussi vient de petits moulons sitôt tues que nés.Il y en a de bruns naturels et de gris, mais la plupart du temps, les peaux sont teintes en noir le mouton de l'erse est inusable et on le marie facilement aux plus belles fourrures décoratives, à commencer par le vison naturel ou de toutes les couleurs de mutations.Notez aussi qu'on ne perd pas un pouce de la fourrure du mouton de l'erse On se sert même des pattes, réunies et cousues en nappettes qui servent à faire des manteaux de prix doux.Les fourrures précieuses Pour la plupart d'entre nous, les fourrures précieuses restent, hélai ! du domaine du rêve.Il ne nous est cependant pas interdit de les admirer.En tout premier lieu (et nous avons bien raison d'en être fiers parce que c'est une de nos richesses) il y a notre beau vison Le sauvage, dont les couleurs restent les mêmes et tous ceux d'élevage, qui ont, grâce aux mutations, pris des couleurs incroyables.Et il y en a de nouvelles chaque année.Puis vient la martre-zibeline, assez rare, dont les plus belles sont originaires de Russie.Et puis, le chinchilla .L'aime qui veut.• Jusqu'ici, il est si rare que c'est justement pourquoi les femmes difficiles lui donnent la préférence sur le vison, qu'on trouve partout.Certes le pelage du chinchilla est doux comme un beau velours de Lyon, mais il n'a pas encore atteint le degré de popularité du vison.La martre des arbres, avec son pelage mi-long et si joliment coloré de brun et de beige, avec un soupçon de blanc fait de belles parures et des garnitures de manteaux.Elle vient d'Europe.Une autre fourrure aussi dont nous avons toutes les raisons d'être fiers, c'est notre loutre, celle du Labrador Elle est relativement rare et on l'utilise aussi bien comme garniture que pour tout un manteau.C'est une fourrure inusable.Les renards Vous vous souvenez de leur vogue ?.Il semblait qu'une femme aurait été "en marge" si elle n'avait pas eu de renard argenté.El puis, probablement à cause de la facilité de se procurer du vison, les renards tombèrent dans l'oubli.Mais les voici qui reviennent en force.Tous, et ils sont nombreux.L'argenté, bien sûr.Il est d'élevage relativement facile Puis le renard perle.C'est un renard de mutation qui dérive de l'argenté et est plus rare que le renard platine.De Norvège nous vient le renard bleu.Il est de fourrure très serrée, poils mi-longs.Il est surtout employé pour garnir les beaux manteaux du soir.Il y a, sur le marché, peu de peaux de renard bleu du Groenland, mais il est naturel, sans mutation et surtout, sans teinture.Je ne parle que pour mémoire du renard blanc, ce roi des parures du soir et c'est en passant par le renard doré "Golden Glory" (d'élevage) que nous arrivons au renard rouge que tout le monde connaît.On a bien tort de le sous-estimer car il est très décoratif.Les plus beaux renards rouges viennent du Kamchatka mais on en trouve aussi au Canada.Quand il est mâtiné de renard noir, il devient le renard croisé dont on fait aussi de jolies parures.Parmi les pelages à longs poils employés en garniture il faut citer aussi le blaireau, le loup, et ce loup d'Alaska, de Sibérie et du Canada qu'on appelle Wolverine et dont la fourrure sert à faire des cols très décoratifs.Les seals Le plus beau est le seal d'Alaska.Un véritable velours et une fourrure inusable On ne cherche pas toujours le seul duvet dans le seal, et le "hair seal" du Canada n'en a d'ailleurs oas.H sert â faire des manteaux sport.On le teint, brun ou Champagne.Le seal du Cap de Bonne Espérance est parmi les fourrures â prix modéré La Norvège et le Groenland nous envoient aussi le seal "Blueback" et, du Labrador, nous avons le seal tacheté, un des favoris des jeunes filles pour les manteaux de sport.Nous avons bien de la chance de vivre dans un pays aux rigoureux hivers qui exigent un manteau de fourrure.Il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.Et c'est en janvier, justement, lorsqu'il fait froid qu'on se croquemitoufle au fond du manteau où on est si bien, malgré la bise .LE GRAND AMOUR.(Suite de la page 13) Très vite, Serge lui avait fait la cour, l'entraînant immédiatement sur les voies d'un amour exalté et confiant.Quel réveil ! Renseignement pris, probablement, il avait fait machine arrière assez cyniquement, et Christine en demeurait blessée à jamais, croyait-elle.Ceux qui l'aimaient espéraient dans sa jeunesse, sa vitalité et son caractère.Entourée de gens intelligents, honnêtes et affectueux, elle n'arrivait pas à réaliser qu'on put être aussi froidement cruel et intéressé.Comme pour beaucoup de jeunes, l'homme qu'elle avait choisi représentait, pour elle, le désir intense d'aimer, et de se donner entièrement à la merveilleuse tâche de fonder un foyer.Elle croyait voir s'écrouler le monde entier, parce qu'un seul homme se conduisait mal.Sa santé en pâtit et il fallut prendre des mesures extrêmes; le séjour à la mer en était une.La pensée de retourner dans le milieu où elle avait rencontré ce néfaste garçon lui était tellement cruelle qu'elle avait accueilli avec soulagement son de-part pour la côte ouest.Bien qu'habituée à être entourée, la jeune fille trouvait presque un plaisir à être seule dans une nature bouleversée par l'hiver, sous un ciel constamment traversé de nuées noires ou légères qui s'effilochaient en passant sur les crêtes des falaises.Christine se dit une fois de plus en escaladant lentement un sentier pierreux qu'il était nécessaire de rentrer en elle-même Et dans la solitude ! Sa bonne et chère Maman l'exaspérait constamment et elle avait des remords d'être parfois si irritable, si dure avec elle ! Son père l'ennuyait tout autant en se mêlant de ses moindres faits et gestes.Quant à ses frères, ils pratiquaient l'exaspérante politique de la plaisanterie lourde, chère aux jeunes garçons.Rien de tel que la nature pour vous ravigoter ! Elle oubliait presque ce visage qui avait tenu une telle place dans ses pensées, en escaladant la pente raide qui conduisait au sommet de la falaise.Arrivée sur la crête, elle s'arrêta et contempla en reprenant un peu son souffle, l'admirable perspective de la mer qui frappait furieusement la côte aux alentours.L'odeur de l'embrun lui montait aux narines et malgré le temps bouché, elle trouvait une sauvage, passionnante beauté à ces falaises rudes, à ces lointains qui se perdaient dans la brume du côté de la terre, tout comme à l'horizon sur la mer.Elle se rejouit une fois de plus d'avoir forcé la main à ses parents qui vou-(Suite en page 23) MODÈLE PALERMO iano En raison de leur grande variété de modèles, chaque foyer canadien peut posséder un piano Willis.Informez-vous à l'un ou l'autre de nos magasins.Facilités de paiement WILLIS & CD.LimiTED MONTRÉAL • TROIS-RIVIÈRES • QUÉBEC • MONCiON 1871 Veuillez nous en aviser le mois précédent.Exemple: au mois d'août pour recevoir votre numéro de septembre à votre nouvelle adresse.Pour obtenir un service rapide il est nécessaire que vous nous fassiez parvenir: 1 — Notre nom et votre ancienne adresse, 2 — Votre nouvelle adresse.NOUVELLE ADRESSE Nom .Adresse Ville Nom Vdiesse Ville \\( Il \\l.MIUKSSI LA REVUE MODERNS 22.".EST RUE ROY, MONTRÉAL LA REVUE MODERNE-JANVIER I960 20 Une mantille de véritable dentelle, comme en portaient naguère les belles Espagnoles coûterait, de nos jours une fortune.La "Vraie" dentelle n'existe presque plus.La mantille que voici est en Chantilly.Il était une fois .On peut bien commencer à parler de la dentelle comme d'un conte de fées, car en vérité, c'est un travail féerique .dont l'origine remonte même beaucoup plus loin : jusqu'à la Mythologie grecque, avec-la légende d'Arachné.Arachné était une jeune Lydienne, qu'on dit évidemment d'une grande beauté et si habile à tous les travaux féminins qu'un jour, elle osa se mesurer avec celle des déesses qui avait aussi toutes les qualités féminines, la grande Athéna, qu'on nomme aussi Minerve.Les travaux que présenta Arachné étaient si parfaits (on parle tantôt d'une toile, tantôt d'une tapisserie, tantôt d'une dentelle) que la déesse, irritée de se voir dépassée changea la jeune fille en araignée.On pencherait alors bien plus vers l'hypothèse de la dentelle, car s'il est vrai qu'on appelle "toile", le réseau tendu par l'araignée, il faut admettre qu'il ressemble bien plus à une dentelle qu'à une toile, surtout par les matinées de l'automne avancé, lorsqu'il a gelé blanc et que les gouttelettes de rosée se changent en autant de diamants qui scintillent, au soleil, d'un millier de feux L'origine de la dentelle La dentelle est un dérivé de la broderie en ce sens que, de plus en plus, les ouvrières aux doigts de fées voulurent faire plus léger le réseau de fils travaillés, pour commencer, sur la plus fine toile.Et dès le XVe siècle, on connaissait l'art d'entremêler les fils sans aucune trame, ce qui est la base même de la dentelle.Bien sur, de nos jours, on voit relativement peu de vraie dentelle, c'est extrêmement coûteux, comme tout travail fait à la main et c'est un art qui se perd parce qu'il n'est plus rentable, sauf dans les couvents où le temps ne compte pas.Et puis, les progrès du lissage mécanique, la prise de possession du marché mondial par les fibres synthétiques ont fait que la vraie dentelle est si bien remplacée par la dentelle mécanique, que bien des personnes ne pensent même pas qu'il puisse y avoir une différence et que le terme de "vraie" dentelle signifie exactement quelque chose, réponde à une réalité concrète.C'est probablement d'Italie que vinrent les premières dentelles, quoique plusieurs auteurs ne soient pas d'accord et en fassent venir l'origine d'Espagne.Les dentelles auraient été rapportées par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.Comme ces pèlerins passaient, en leur long périple par l'Auvergne, c'est donc au Puy qu'ils auraient laissé leur secret et comme question de fait, dans le Vclay, presque tout le monde fait (ou faisait) de la dentelle.La dentelle à l'aiguille C'est de beaucoup la plus belle La plus difficile aussi a réaliser La dentelle à l'aiguille est faite sur un très fin réseau de mailles, et à l'origine, cette trame provenait tout simplement des fils tires d'une toile de fin lin.C'était ce qu'on appelait en France le "lacis".Et alors vous imaginez .Non seulement l'imagination des den-lelhcres broda, -i l'use 'lire .1 l'infini, m.iis elle chercha et trouva, dans la nature les plus belles, les plus riches sources d'inspiration Heurs, feuilles, délicats dessins LA DENTELLE, CETTE MERVEILLE p£UL JjLTUL JimicUMSL Pour faire une robe du soir, aussi élégante et seyante que celle-ci, il n'est évidemment pas question de "vraie" dentelle.Celle-ci, faite à la mécanique est blanche, posée sur fourreau de satin bleu très pâle.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 21 d'algues, dessins géométriques mis au service de l'art, tout fut mis a contribution pour faire ces admirables dentelles dont il ne reste plus que quelques échantillons et que les grands peintres du XVIe ont reproduites méliculeuscmcnt sur les vêtements des grands personnages dont ils faililcBl le portrait.Catherine de Médicis Avant de porter son deuil éternel, la reine Catherine de Médicis avait follement aimé les riches toilettes.Et une des premieres, elle vil la splendeur des dentelles dont elle fit grand usage, sous forme de collerettes, de fraise*, emp«sées ou comme on disait a l'époque "goderon-nées".Et la première dentelle employée fut celle de Venise, le point de Venise n'est pas mort et ceux qui sont ailes en Italie savent qu'on peut s'en procurer facilement, sous forme de services de table, nappe et serviettes et aussi, évidemment, de cols et de dentelle pour garniture de lingerie.Un peu plus tard.Marie de Médicis, femme de Henri IV mit à la mode les grands cols de dentelle précieuse qu'on appelle d'ailleurs encore cols Médicis, qui formaient comme une auréole à la tête coiffée serré.Sous Louis XIII, les dentelles furent aussi à l'honneur et on se souvient de goût qu'avait, pour les plus belles, M.le Grand, c'est-a-dire Cinq-Mars qui, lorsqu'il fut décapité en 1642, l'année même de la fondation de Montréal, laissait plus de cinq cents parures de cols et de manchettes de dentelles, plus précieuses les unes que les autres.Une parure d'homme Car il se passa ceci, qui est assez curieux.Les dentelles furent, sous les règnes suivants, c'est-à-dire sous ceux de Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, non pas, comme on peut le croire, une parure feminine, mais l'apanage presque exclusif des hommes C'est pour orner leurs magnifiques vêtements de Cour que les dentellières travaillaient nuit et jour.Rappelez-vous les portraits des grands de ce monde, au XVIIIe siècle.Même avec leur cuirasse, c'est-à-dire en tenue de guerre, ils portaient des cols merveilleux avec manchettes assorties de dentelles de rêve.Marie-Antoinette, la reine des coquettes en fit grande consommation et remit les dentelles à la mode féminine.Elle portait, dans l'intimité des déshabillés enrichis des plus belles dentelles que Rose Bertin pouvait trouver.Elle en portait sur la tète, en forme de bonnets sur ses cheveux poudrés à frimas.Mais quand vint la Revolution, tout cet art délicat qui demandait des doigts de fée et une patience d'ange tomba à l'eau.Napoléon remit en faveur les dentelles et tout particulièrement le point d'Alençon.La dentelle aux fuseaux C'est aussi de la vraie dentelle car ne l'oublions pas, seule la dentelle mécanique n'a pas droit à cette appellation contrôlée.En Auvergne, tout particulièrement au Puy et dans les villages de montagnes d'alentour, on fait de la dentelle aux fuseaux.Tout le monde s'y met, les hommes, les femmes.C'est, pour les vieillards qui ne peuvent plus travailler aux champs, un travail de retraite.La dentelle aux fuseaux se fait sur un carreau, c'est-à-dire un coussin spécial piqué d'épingles, selon un dessin préparé sur parchemin, la dentellière entrelace ses fils selon le dessin présente et change les épingles le place à mesure que l'ouvrage avance.Parmi les plus belles dentelles aux fuseaux, qui sont d'ailleurs d'une extrême légèreté, il faut citer la Valenciennes, le Chantilly, la blonde .Cette dernière dentelle, (la blonde), est surtout celle dont se servent, pour leurs mantilles si seyantes, les belles Espagnoles qui sont parmi les femmes, celles qui savent le mieux la porter.La dentelle au crochet C'est également une vraie dentelle et la plus connue, la plus appréciée aussi peut-être est la dentelle d'Irlande.Vous la j connaissez certainement C'est une dentelle formée d'un fin réseau au crochet sur lequel on refait, en relief et toujours au crochet, des fleurs aux pétales plus ou moins nombreux, ce qui donne à l'ensemble un très joli effet décoratif Un effet psychologique Les hommes, de nos jours, se refuseraient certainement à porter des dentelles, comme les plus virils hommes de guerre du Grand Siècle.Mais ils n'ont pas perdu pour autantt c'est parfois même chez eux un effet du subconscient) leur admiration pour les dentelles qu'ils aiment voir porter par de jolies femmes C'est un moyen de séduction très sûr, que porter chez soi.une robe d'intérieur garnie de dentelle, un déshabillé, un négligé (ces mots s'appliquent d'ailleurs à des vêtements d'une parfaite correction) de tissu léger, nylon, soie japonaise, voile triple, garnis de dentelle.C'est extrêmement féminin et rares sont les femmes qui préfèrent, pour leur lingerie, celle qui se présente toute simple, genre tailleur, à celle qu'on garnit d'incrustations, d'insertions, d'entre-deux de dentelle.Dernièrement, j'ai assisté à une présentation de vêtements de fondation dont les plus jolis modèles étaient en dentelle Evidemment il n'est plus question ici de dentelle faite à la main, de "Vraie" dentelle, mais bien d'un produit mécanique qui rappelle si bien et parfaitement les rl beaux Chantilly, les plus ravissantes Malines qu'on en reste séduites malgré nous.Le soin des dentelles Si, dans un coffret de bois précieux ayant appartenu à votre grand-mère ou à votre aïeule vous retrouvez quelque jour un morceau de vraie dentelle, dites-vous bien que vous avez découvert un trésor.Malheureusement, les dentelles anciennes •ont parfois salies, ternies et vous n'osez pas les laver comme vous le faites des dentelles mécaniques dont vous avez l'usage courant.Vous avez raison, elles sont trop fragiles pour être ainsi traitées.Voici comment vous pouvez laver sans les détériorer les dentelles les plus fragiles.Vous prenez une bouteille, et sans trop serrer la dentelle, vous l'enroulez autour.Puis vous préparez un savonnage avec un savon très doux et autant de fois qu'il le faudra, jusqu'à ce que l'eau reste claire, vous plongerez la bouteille ainsi garnie dans le savonnage Pour rincer, même chose, avec une eau à la même température, en recommençant jusqu'à ce que toute trace de savon soit disparue.Vous laissez essorer pendant un temps, puis vous déroulez lentement la dentelle et vous la fixez, avec des épingles qui ne rouilleront pas sur un cadre que vous aurez préparé d'avance et où vous la laisserez sécher.Le repassage doit être fait avec soin sur une planche très molletonnée, avec un fer lourd et pas très chaud Certaines dentelles demandent à être empesées.Vous les empèserez après le dernier rinçage, avant de les fixer sur le cadre.S'il s'agit de laver un col de vraie dentelle, ou un jabot, enfin, un objet de parure délicat, c'est toujours à une bouteille que vous aurez recours Dans cette bouteille, vous mettrez le savonnage de savon très doux, genre Castille ou Marseille.Puis vous mettrez l'objet à laver dans la bouteille, vous boucherez et vous agiterez doucement, jusqu'à ce que l'objet soit propre.Il faudra changer d'eau plusieurs fois et vous pourrez rincer sans avoir besoin de remettre dans la bouteil-ISuite en page 36) f " DCPUIS 1874 Q— Que pourrais-je donc servir ce soir qui soit un peu différent ?R—Quel que soit votre menu, madame, on l'appréciera encore plus si vous y ajoutez un bon vin de table Manor St-Davids ! Rouge ou blanc, le Manor St-Davids rehausse comme par magie la saveur des mets I Les vins Manor S1-Davids sont les vins de table les plus appréciés (et de beaucoup ) au Canada.en compagnie de gais amis, le tintement des grelots dans l'air vif d'un matin d'hiver, la douce chaleur d'une détente au coin du feu .tous ces plaisirs vous attendent au Château Frontenac, dans la vieille capitale.Projetez m.mitcii.nit une sacance d'hiscr inoubliable dans le vieux Québec.Ne Tianquez pas d'aller au Carnaval d'hiver à Quebec, en février! 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façons.On parle aussi, dans l'Ancien Testament (dans la légende Talmudiquel de cet énorme Grenat, du genre Pyrope que Noé mit à l'avant de l'Arche comme signal lumineux.On connaît le Grenat depuis très longtemps et on s'en sert comme parure depuis les plus anciennes époques.Le Demantoid Un Grenat vert, c'est presque impossible, direz-vous.Il n'en est pas moins vrai que plusieurs personnes donnent la préférence au Grenat Demantoid, ainsi nomme a cause de sa ressemblance avec le diamant.Le plus rare et le plus coûteux des Grenats, le Demantoid est trouvé seulement dans les montagnes de l'Oural I Hessonnitc connue comme la pierre couleur cannelle de Ceylan.(à cause du pays où on la trouve le plus souvent) est un Grenat dont la couleur peut varier de l'orange dorée au brun cannelle.Au Muséum d'Histoire Naturelle Américain on peut voir un Camée, représentant une tète de Christ, taillé dans une Hesson-nite.La Rhodolite II existe aussi une variété violette de Grenat, qu'on appelle la Rhodolite.Cette pierre connut une vogue extraordinaire, en Grèce, pendant la période allant du règne d'Alexandre à la conquête romaine.La raison est que cette pierre était tout nouvellement importée et Alexandre la popularisa en favorisant la taille des camées dans diverses pierres précieuses.Les tailleurs de camée lui donnèrent la préférence, non seulement à cause de sa beauté mais parce que le travail, dans cette pierre, était relativement facile.Le peuple se pressait pour voir naitre les camées des Rhodolites et admirait les jolis tons violets-pourprés.Ce sont ces tailleurs de camées qui trouvèrent le moyen de donner au bi|OU une base plate et de faire la figure en relief, à partir de cabochons ( pierre taillée en dôme) et les Grecs suivirent la mode et employèrent des Grenats de toutes couleurs pour leurs bagues.En principe, le Grenat et la famille de-cette pierre appartiennent aux silicates de calcium, magnesium, fer et manganèse.De nos jours, un grand nombre de personnes portent des Grenats.Les femmes nées en janvier en porteront d'autant plus volontiers que cette pierre, qu'on monte généralement sur or.n'est pas des plus coûteuses.Vous pouvez avoir un ensemble serti de Grenats sans avoir à verser la rançon d'un roi.On fait des bijoux de fantaisie, coeurs, bagues, bracelets, colliers, boucles d'oreilles, avec des Grenats taillés ou en cabochons.Pour les hommes, le Grenat fait de jolies bagues, et de très originaux boutons de manchettes.On sertit aussi de petits Grenats des porte-cigarettes et autres petits appareils d'usage courant.Natives de janvier, vous aurez du plaisir à porter des Grenats.Suzanne Laberge fut donc élue reine de l'Elégance.Elle avait à ses côtés quatre princesses : France Joly, rltigiicllc Deniers, Hizabeth Verley cl Noélla Dumas, de Quebec, qui toutes avaient totalise un grand nombre de points Les cadeaux Ceci valut à la "reine" une bourse, des bijoux, des fourrures, des vêtements et surtout, un voyage en Europe, où elle passa trois mois et demi.A Paris, elle lit des films pour la levé américaine et un bout d'essai pour la compagnie Fil-mex, sans parler de trois films avec le mime Marcel Marceau.Suzanne Labcrge fit aussi un séjour sur la Côte d'Azur.Le voyage et tous les frais étaient payes par le "Petit Journal".Suzanne Laberge emportait, dans ses valises quelques ravissantes toilettes, entre autres une robe de nylon blanc ornée de grosses roses peintes à la main et de feuilles brodées, une robe sans epaulettes, pour le grand soir, puis, une robe de chiffon vert, courte, et de style grec, et encore une robe imprimée en satin de coton blanc à motifs verts, lilas et bleus, sans parler d'un ensemble de voyage en lainage noir avec robe et blouson.Plusieurs chapeaux aussi dont une grande paille rouge, qu'elle porta à la "Kermesse aux Etoiles".A Paris, elle fit la connaissance de plusieurs célébrités du monde artistique : Michel Simon, Marlon Brando, Elizabeth Taylor.Ingrid Bergman etc., et Suzanne Avon la fit passer à son programme "Pour elle".Jean-Pierre Aumont fut ravi de présenter la jolie ambassadrice de l'élégance canadienne à "Quand Paris reçoit Paris".A son arrivée à Paris, Suzanne Laberge était attendue, à Orly, par M.et Mme Desmarais, représentant le "Petit Journal" et par M.et Mme Lelarge.ces amis de toujours des artistes, qui lui souhaitèrent la bienvenue à sa descente d'avion.A Joinville Suzanne Laberge visita les studios de cinéma de Joinville-le-Pont.près de Paris un endroit que je connais bien et où j'ai vécu quelques mois.Le souvenir qu'elle a des studios de cinema?C'est qu'on y est très nerveux, irritables, qu'on s'y eng .uirlande facilement et que la poudre semble toujours flotter dans l'air.Une atmosphère, un climat à quoi il faut s'habituer.Le soir.Suzanne Laberge sortait beaucoup, vous pensez bien que les invitations pleuvaient.Elle connut le "Gay Parée" des touristes, celui que la plupart des Français ignoreront toute leur vie.Au retour A son retour au Canada, Suzanne Laberge entra comme mannequin vedette au service du grand couturier Mario Dinardo.Elle fut aussi élue reine de la Chaussure et après avoir continué ses études d'art dramatique avec François Rozet, voici qu'elle part en tournée avec la troupe qu'il a formée et qui va donner les "Femmes savantes".Il y a un peu plus d'un an, Suzanne Laberge épousait Pierre Dufresne, le beau "Marin" de Cap-aux-Sorciers.Ils demeurent tout au sommet de la montagne, dans un appartement où ils élèvent deux magnifiques chats siamois.Croyez-moi, on peut tout ce qu'on veut.Suzanne Laberge l'a si bien compris qu'elle l'a mis en pratique, pour son plus grand succès.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 23 LE GRAND AMOUR.(S ni le dl lu page 19) laicnl l'envoyer dans une plage a la mode dans l'espoir qu'elle y trouverait mal gré l'époque, un peu plus de distractions l'Ile n'en voulait plus des distractions! Ille voulail du vent, du bruit, les cris des oiseaux qui traversaient le ciel de leur vol parfois lourd, elle voulait aussi affronter l'écume salée qui volette au bord de l'eau, loiiiii des risques en suivant les lal.uscs lorsque la marée monte.Bref, mater en elle, cette sensibilité qui lui mettait les larmes aux yeux, comme en ce moment, des larmes stupides se dit-clic en les essuyant rageusemenl hlles ternissaient le paysage qu'elle voulait contempler systématiquement.Kile fit volte face.De ce côté c'était le désert à peu près complet.Un coin sauvage à souhait ou on ne voyait que la mer, le ciel, les roches et vers l'intérieur, à perte de vue, les landes qui s'étendaient derrière les crêtes.Pas une maison, c'était merveilleux ! Puis elle grogna : "Si, il y a une bicoque, là-bas, très loin, quel ennui ! Si j'allais voir ce qui en est ?Ce sera un but de promenade après tout !" Elle consulta sa montre dans un reste de scrupules.Oh ! elle avait le temps.Elle ne devait être rentrée à l'hôtel que pour le dîner.Que la nuit tombât tôt ne la tracassa pas Christine ne s'occupait plus de ces misérables contingences.Une chose comptait désormais Ne plus avoir mal au coeur et on n'arrivait à cela qu'en bravant les intempéries et — de préférence — en courant des risques.Le ciel était d'une étrange couleur plombée Elle leva le nez en le fronçant.De la neige 7 Peut-être bien.Tant pis.Ce devait être amusant de voir la neige tomber si près de la mer.Elle marcha longtemps, le vent dans le dos.poussée presque malgré elle.Il lui vint à l'idée que le retour ne serait pas aussi agréable mais elle ne s'y arrêta pas.Cela faisait partie de son programme actuel.Les accidents du terrain lui masquaient régulièrement la maison vers laquelle elle s'avançait.Mais peu à peu, les détails se précisaient.Ce n'était pas une maison de pécheurs Non Une construction solide, moderne, sans grande beauté mais ayant un souci évident de lumière et de confort On voyait de loin l'immense terrasse courant le long d'une des faces naturellement tournée vers le large.Le vent devait y faire rage en ce moment.Habitée ?Oui, la maison l'était.Une légère fumee quittait la cheminée, effilochée par le vent et se perdait rapidement dans les nuées.Tout en continuant à marcher.Christine sentit bientôt le toucher léger des premiers flocons qui tombèrent de plus en plus serres."Formidable, dit-elle tout haut, de la neige ! Je ne m'étais pas trompée".Elle s'en sentit singulièrement reconfortée, comme si la neige et la tempête étaient bénéfiques à une pauvre amoureuse déçue ! "On se croirait en montagne" marmotta la jeune fille tout en se disant qu'il serait peut-être prudent de revenir vers la sécurité et le poêle craquant et pétillant du hall de l'hôtel.Peut-être se risquerait-elle à faire un bridge avec ce stu-pide vieux couple anglais."Je n'aime pas les Anglais, se dit-elle avec humeur" Puis ne put s'empêcher de sourire sardoniquement.Elle devenait vraiment impossible.A cause de "lui", le monde entier prenait cette vilaine teinte pareille à celle de ce triste ciel.Bientôt on ne le verrait plus, le ciel ! La nuit se mettait à tomber.Elle devrait se dépêcher, si elle voulait arriver à temps pour mieux voir la maison mystérieuse.Elle pressa le pas et fut recompensée.En débouchant du sentier, elle aperçut soudain sous elle, plante devant une échancrure dans la falaise, l'arrière du bâtiment Un jardin l'entourait taille littéralement dans le roc.La vue, par lemps clair, devait être merveilleuse car la côte, toujours aussi désertique, tournait et développait la ligne déchiquetée et spectaculaire de ses sommets.On voyait l'assaut violent des vagues malgré le crépuscule, et la blancheur de la chute inlassable de l'écume.Christine frissonna malgré elle.Un spectacle qui cadrait avec son état d'es-pril mais tout de même, un peu tragique ! Celui ou celle qui habitait là ne devait pas être joyeux tous les jours ! Elle resta un bon moment a contempler le point de vue puis se décida à faire demi-tour et a remonter les quelques pieds qui devaient la remettre dans le sentier courant le long des crêtes.Elle fut désagréablement surprise.Une véritable rafale l'accueillit.Elle se rendit compte rapidement que le temps avait empiré et que non seulement la neige continuait a tomber en flocons serrés mais que le vent avait considérablement augmente Une véritable tempête, se dit-elle un peu effrayée malgré tout.Pourtant elle continua courageusement Elle dut renoncer en arrivant à l'extrême sommet de la crête.Elle faillit être renversée par la puissance du courant d'air.De toutes parts, un bruit immense accourait, le bruit des rafales contre les arbustes contournant les falaises et dans le fond, le grondement incessant, avec des pointes plus violentes, des flots en bataille contre les roches dans ce trou sombre qui béait à ses pieds.Christine hésita Elle eut peur tout à coup.La réalisation de son imprudence la frappa.Quelle sottise ! Le retour lui parut impossible le long de la crête II y aurait un danger grave à suivre le minuscule sentier qui frisait constamment des gouffres à faire frémir; c'eut été sans danger en plein jour et par temps calme, mais à présent ! .La visibilité presque nulle acheva de la dérouter.Elle revint prudemment à l'endroit où elle avait contemplé la maison.Par où aller ?Il devait exister un chemin emprunte par les habitants solitaires, mais où ?Elle comprit qu'il fallait se résigner à aller demander le renseignement Péniblement, pas très fière.agacée au plus haut point, elle dégringola en s'écor-chant plusieurs fois assez vilainement aux roches, jusqu'au sommet du jardin Elle en était maintenant à renoncer à son fameux goût de la solitude.La peur s'emparait d'elle avec un salutaire renouveau d'amour de la vie ! Elle trébucha dans le jardin, hantée soudain par la pensée qu'il lui faudrait marcher au moins deux heures dans ce temps épouvantable pour regagner l'hôtel, paré tout à coup d'un attrait particulier.Elle frappa en vain à une porte qui s'ouvrait sur un minuscule jardin où se dressaient, mélancoliques, quelques tiges desséchées.Silence.Elle se décida alors à faire le tour.Christine commençait à espérer de tout son coeur trouver le logis occupé ! Ah ! une porte beaucoup plus avenante sur la face tournée vers la mer.Elle se pendit littéralement à une cloche munie d'une solide chaîne.Un concert d'aboiements la recompensa.Un instant plus lard, elle entendit des pas rapides.Elle faillit reculer detonnement en se trouvant devant un domestique vêtu d'une livrée très sobre, mais impeccable.Il ne parut pas plus surpris en la voyant que s'il lui eut ouvert en plein Piccadily Circus.Cette pensée lui vint parce qu'elle fut immédiatement convaincue qu'il était bri-tanniuue.Son accent le lui confirma tandis qu'il demandait courtoisement — "Madam" désire ?— Heu .dit Christine brusquement intimidée Puis elle se reprit et ajouta vivement, je suis perdue et je dois retour ner à D .où se trouve mon hôtel Ne pouvez-vous m'indiquer la route 7 Le domestique inclina gravement la téte en lui lançant un regard neutre.Puis il recula : — Si "Madam" veut entrer, je vais prévenir mon maître.Elle eut envie de rire mais se dépêcha de protester.— Oh, ne le dérangez pas surtout.Si vous pouviez seulement m'indiquer par où je dois aller ?Il prit un air dubitatif.— C'est qu'il fait très mauvaise, "Madam", je dois demander à Sir Harold ce qu'il en pense.— Mais il n'en pensera rien du tout ! dit-elle vivement, le "Sir" l'impressionnait malgré elle.Je désire rentrer à D .Elle le regarda avec — elle l'espérait ! — une expression bien décidée.Une voix résonna en Anglais : — What is it, Jenkins ?— It is a young lady, Sir.— What is she doing here ?Christine parlait et surtout comprenait l'anglais.Elle fut furieuse du ton que prenait celui qu'elle présumait être le maître de la maison et de sa réflexion.Qu'est-ce qu'elle faisait là ! Il avait un curieux sens de l'hospitalité et de la politesse ! Elle se redressa pour impressionner davantage ce désagréable personnage qui paraissait justement.Il faisait sombre, très sombre dans le petit hall et d'un geste il fit la lumière.Ils se regardèrent un instant avec une expression à peu près identique.C'était un assez bel homme-telle le reconnut à regrets), vigoureux et vêtu avec ce laisser-aller élégant des Anglais.Un confortable veston de tweed, un pantalon gris, du linge de fine qualité, cravate sobre.Le front haut, les yeux très bleus dans un visage basané et buriné, il lui parut âgé d'environ trente ans.Oui.plutôt beau, mais combien déplaisant ! Il se redressa légèrement, la regarda avec un tel mépris qu'elle se sentit bec et ongles pour se défendre.Comme malgré lui, il pencha la tête dans un léger et raide salut.Christine instinctivement y répondit puis se dépécha de s'expliquer dans son médiocre anglais.Il coupa court avec un accent très prononcé mais une correction parfaite de langage : — Ne vous fatiguez pas.Je parle mieux le français que vous ne parlez l'anglais.Vexée, elle se tut.Il s'avança davantage en remettant les mains dans ses poches et la contemplant comme une curiosité.— Je voudrais bien savoir, dit-il enfin, ce que vous faites ici ! Indignée, elle s'écria : — Mais je ne tenais pas à entrer chez vous.Monsieur ! Je voulais seulement demander mon chemin.C'est votre .votre domestique qui n'a pas voulu me répondre et m'a forcée à attendre — Ah ! Ne vous fâchez pas.Je voulais dire par "ici" dans ce pays perdu, par un temps pareil ! Comment y étes-vous arrivée ?Elle se calma un peu et donna les explications nécessaires en terminant par une répétition de sa demande première.Droit comme un I, Jenkins attendait.L'Anglais se frotta le nez pensivement puis remit ses mains en poches Plus que jamais, il eut l'air de la considérer comme si elle était un pygmée.— C'est absolument stupide de votre part de vous être embarquée dans la tempête sur ces falaises, si loin de tout secours.ISuite en page 26) membres du ivre Romonesque DELLY "HOËILE AUX YEUX PERS"—2 vol.Le dernier grand roman qu'écrivit Delly a\ant de mourir.L'htsloirc se passe pendant la revolution française.Un passionnant roman d'amour dans un cadre historique.Francharme "TU M'AIMERAS OEUX FOIS" Une jeune canadienne rencontre à Montreal un français séduisant.Elle l'épouse mais au cours du voyage de noces un accident d'auto rend son mari amnésique.Il ne la reconnaît pas.Peut-elle lui dire: "Je suis ta femme et tu m'aimais à la folie." l'our recevoir crul uilenirnt ce* 2 tolumm.Hnrnn nirnilin- ilu Cercle «lu Livre ltMiii(i.1b.La couper en dés.Mélanger la viande et sa graisse à 2 boîtes de 20 oz.de fèves à la mode de Boston.Ajouter '/2 t.d'olives farcies, hachées, et 1 ou 2 piments de conserve, tranchés.Réchauffer et servir.Vous raffolerez de ce mets appétissant ! FRIANDISES INTERNATIONALES Faire le tour de monde en 80 jours était un tour de force du temps de Jules Verne.En termes culinaires, cette longue pérégrination ne prend que quelques heures.En fait, vous n'avez même pas besoin de quitter votre cuisine.Les pizzas, lasagna, chili con carne sont maintenant familiers sur les tables canadiennes Ces mets importés procurent une évasion gastronomique vers d'autres cieux et réconfortent ceux qui pour l'instant sont rivés chez eux.Nous nous limitons aujourd'hui à des suggestions de desserts exotiques.Voici trois recettes qui ont été adaptées pour le Canada.Ce sont les "Tablettes norvégiennes', les Tartelettes brésiliennes à la banane" et des "Biscottes turaues" dont le nom original est Elmek Kadiaf.Nous pensons que vous aimerez chacune de ces recettes à tour de rôle.Nous vous recommandons bien de servir ces desserts i la mode, c'est-à-dire couverts d'une boule de crème glacée.TARTELETTES NORVÉGIENNES Elles sont riches et délicieuses à lhc-ure du thé, faites de beurre, de sucre et d'oeuf et d'une généreuse portion d'amandes mondées, ainsi que de macis, de lait et de farine.Elles sont cuites au four avec deux rangs de "shortbread" et un rang de meringue à l'amande.Faites-en l'essai à votre prochaine réception et l'on vous demandera sûrement votre recette.Pour un dessert utilisez les tablettes recouvertes de crème glacée.BARRES NORVÉGIENNES (env.3 douz ) 2 tasses de farine à tout usage, tamisée 2 c.à thé de poudre à pâte I tasse de beurre tasse de sucre 1 oeuf battu IV2 tasse d'amandes mondées, hachées 2 tasses de sucre en poudre, tamisé Vl c.à thé de macis environ 2 c.à table de lait crème glacée (parfumée à votre choix) Tamiser ensemble la farine et la poudre à pâte.Incorporer le beurre à l'aide de couteaux ensuite le sucre et l'oeuf.Diviser la pâte en deux parties.En rouler une partie pour couvrir le fond d'un moule beurré de 9 x 12".Combiner les amandes, le sucre en poudre, le macis, le blanc d'oeuf et assez de lait pour que le mélange s'étende.Etendre sur la pâte dans le moule.Rouler la deuxième partie de la pâte et la placer sur la garniture.Cuire à four moyen (375°F) 25 à 30 minutes, jusqu'à ce que doré.Couper en doigts de dame ou en carrés, saupoudrer légèrement de sucre en poudre.Très élégants dans une assiette de friandises et comme dessert, recouverts de crème glacée.I.cs croust illantK au chocolat (Recette page 3H) LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 38 TARTELETTES BRÉSILIENNES À LA BANANE Les tartelettes brésiliennes à la banane sont des friandises tout à fait différentes.La garniture est faite de banane, de sucre et de beurre, cuits ensemble et parfumés de citron et de gingembre.Verser cette délicieuse garniture dans de petites timbales cuites et garnir de boules de crème glacée.TARTELETTES BRÉSILIENNES À LA BANANE (12 portions) 4 grosses bananes Vi tasse de sucre '/s c.i thé de sel 1 c.à table de beurre 1 c.à table de jus de citron C à thé de gingembre 12 petites croûtes à tartelettes irème glacée à la vanille Peler les bananes et les écraser avec une fourchette.Mettre la pulpe dans une casserole avec le sucre, le sel et le beurre.Mêler et cuire jusqu'à ce que le mélange commence à bouillir Retirer du feu et refroidir.Le shortcake au\ pèches (recette ci-contr» .7 'mit (t'agre mr rit s sans le moindre souci! Ces superbes accessoires en cuivre d'Italie ne terniront jamais.Le succulent ragoût de boeuf aux champignons reste fumant jusqu'à la dernière bouchée dans un réchaud de cuivre.Et le Sel Windsor, le condiment préféré des Canadiens, se garde appétissant et propre dans son nouvel empaquetage.Lorsque refroidi, incorporer le jus de citron et le gingembre et battre.Verser dans les croûtes à tartelettes.Garnir de boules de crème glacée.BISCOTTES TURQUES (12 portions) 1 tasse d'eau 2 tasses de sucre 1 c.à table de jus de citron 1 boite de biscottes % tasse de noix de Grenoble hachées V2 c.à thé de cannelle crème glacée à la vanille Faire bouillir le sucre et l'eau 10 minutes Incorporer le jus de citron.Tremper les biscottes dans ce sirop une minute.Placer sur un treillis pour laisser égoutter.Combiner les noix et la cannelle, et en saupoudrer une c.à table sur chaque biscotte.Au moment de servir garnir chaque biscotte d'une boule de crème glacée.CROUSTILLANTS AU CHOCOLAT VITE FAITS (illustré) Désirez-vous une nouvelle recette qui se réussit vite?Une friandise pour servir à l'heure du thé ou au cercle de bridge ?Ou encore un dessert vite fait ?Voici une délicieuse recette de I riandiscs que vous réussirez en quelques minutes et qui ne demande aucune cuisson.CROUSTILLANTS AU CHOCOLAT s t.de Shrcddics Nabisco '/j t.de brisures de chocolat mi amer 3 c.a table de suire à glacer -1 c.à table de beurre ou de margarine 2.c.à table d'eau chaude '/1 t.de noix hachées Doubler un moule de 9" de papier ciré en le faisant retomber sur les bords.Réduire les Shrcddies en miettes fines.Faire fondre le chocolat et le beurre au bain-marie Retirer du feu; ajouter l'eau chaude.Ajouter ce mélange aux Shrcddies, aux noix et au lucre 1 glacer.Etendre dans le moule et mettre au froid.Quadriller avec la pointe d'un couteau.Démouler en soulevant par les bords du papier.Les carrés se sépareront aisément.36 carrés.SHORTCAKE AUX PÊCHES VITE FAIT (illustré) Un dessert léger, rafraîchissant, vite fait, répond aux désirs de toute cuisinière.Voici un dessert que vous pouvez préparer en peu de temps : des biscuits Shredded Wheat, recouverts d'une sauce sucrée à la cannelle et cuits au four quelques minutes, puis refroidis, garnis de pêches en conserve et d'une généreuse portion de crème glacée à la vanille .quel rafraîchissant dessert ! Une pincée ou deux de muscade lui donne un goût piquant charmant C'est un dessert dont toute la famille raffolera même toute l'année, avec des fruits en conserve ou congelés.SHORTCAKE AU SHREDDED WHEAT 6 Biscuits Shredded Wheat % tasse d'eau chaude 3 c.à table de beurre ou margarine 3 c.à table de sucre Vi c.à thé de cannelle % c.à thé de zeste de citron râpé 3 tasses de pêches fraîches Crème glacée à la vanille Chauffer le four à 400°F.Broyer le centre des biscuits Shredded Wheat sans toucher les côtés.Déposer les biscuits sur une tôle graissée.Mélanger eau chaude, beurre, sucre, cannelle et zeste de citron râpé et faire chauffer, en remuant constamment, jusqu'à ce que le sucre et le beurre soient fondus.Verser à la cuiller, soigneusement, sur les biscuits Shredded Wheat Cuire au four pendant 10 minutes.Laisser refroidir.Au moment de servir, placer les biscuits dans des assiettes à dessert et les garnir de pêches et de crème glacée à la vanille.Six portions.LE MIEL Le miel nature ou combiné à d'autres choses rehausse la crème glacée.Après le patinage ou le ski, peut-il y avoir rien de meilleur que de bonnes gaufres chaudes inondées de beurre et d'une garniture de miel et de coco ?Pour faire 11/4 tasse de cette garniture, mêlez Yi tasse de miel liquide ou en crème avec 2 C.à table de beurre fondu et % tasse de coco râpé, grillé au préalable Pour griller le coco, le passer au four 5 à 7 minutes, étalé mince dans une lèchefrite.LA REVUE MODERNE — JANVIER I960 LE GRAND AMOUR.(Sltlt* île la page 36) — Allons, allons, ne me prenez pas pour une mauviette.— Je ne vous prends pas pour une mauviette mais je suis .je suis terrifiée a l'idée que vous preniez froid.Il détourna les yeux et elle était trop agitée pour distinguer nettement l'expression de ses prunelles grises, aux pau pieres rougies par la lutte contre l'eau salée.Il se contenta de grogner : — Il est bien temps d'y songer ! Vous vous êtes conduite comme une enfant gâtée.File ne trouva pas l'énergie de protester.C'était bien vrai d'ailleurs et elle se sentait complètement vide, anéantie par la fatigue et les emotions De loin, elle vit vaguement Jenkins se permettre un geste de satisfaction en les voyant déboucher sains et saufs.Arrivés a leur portée, il se conlenta de dire à son maître.— You had better change your clothes.Sir.They are ready in the bathroom Sir Harold hocha la tétc.Oui, il irait changer de vêtements mais tout d'abord, il fallait s'occuper de cette jeune personne trempée.La femme de Jenkins les attendaient dans le vestibule, son honnête visage tout joyeux.Elle se précipita vers Christine avec des exclamations de pitié.— Conduisez Miss Corbier dans la chambre d'amis, je vous prie.Mrs.Jenkins, dit paisiblement le maître de la maison.Elle ne songea pas à protester mais demanda timidement : — Il .il n'y aurait pas moyen de prévenir à l'hôtel ?Et le vieux Jean ?Il doit s'en faire pour son bateau.Sir Harold qui enlevait son sweater passa la main dans ses cheveux mouillés — Ce sera fait, ce sera fait, le brave homme sera rassuré sur le sort de son rafiot.Là, maintenant, séchez vos yeux et allez vous changer.Vous trouverez les vêtements que ma soeur laissa ici pour explorer les plaines.La soeur de Sir Harold était immense et bientôt Christine reparut terriblement intimidée, plus qu'elle ne l'avait jamais été.drapée dans une jupe trop large et un sweater qui flottait sur son jeune corps mince Elle fut profondement vexée d'être accueillie par un large éclat de rire.Son sauveur déjà revêtu d'un tweed aussi lympathiquement à l'aise que le précèdent versait précisément du thé bouillant dans une fine tasse.Christine avait brossé sa chevelure encore humide de telle manière qu'elle avait l'air d'un moussaillon dans ces vêtements trop larges.Elle en avait conscience d'une manière cuisante.Avec cette sensation de douce chaleur qui la pénétrait depuis qu'elle avait arraché ses pantalons trempés, frictionné son corps ankylosé par le froid, disparaissait l'exaltation du drame, le soulagement d'avoir été sauvée.Il ne restait que ces sentiments confus et contradictoires.Inquiétude pour le jeune Anglais, fureur d'être l'objet de son mépris — car elle était certaine qu'il la méprisait — certitude qu'il se moquait d'elle.Et pourtant, il l'avait sauvée.Cela c'était sans doute typiquement britannique.Britannique ?Non, purement masculin ! Les hommes étaient capables de ces actions généreuses mais dans le détail, dans la vie courante, ils étaient insupportables ! Lui, silencieux maintenant après cette première explosion de moquerie, buvait et dévorait de bon appétit et l'indignation de Christine augmentait d'instant en instant.— Vous ne mangez pas?dit-il enfin en lui jetant un coup d'oeil.Il fit sauter sur le gril électrique un magnifique toast et le lui tendit avec un souiirc engageant — Vous verrez comme il est bon.Furieuse, elle cria presque : — Comment pouvez-vous parler de toast quand vous venez de risquer votre vie.Qui sait, vous aurez peut-être une nouvelle pneumonie ce soir.Vous êtes un homme froid et sans entrailles, vous ne comprenez rien à rien, vous .Elle s'arrêta piteusement, ravalant ses larmes, le toast brûlant entre les doigts.Sous ses cils baissés, elle vit son geste qui lentement reposait le couteau, repoussait le beurrier.Il s'accouda sur ses genoux et appela doucement : — Hé, Christine, regardez-moi ! Elle releva des yeux ruisselants.Il sourit.Il n'avait plus l'air moqueur mais intéressé, profondement intéressé.— Vous ne dites que des sottises, depuis cinq minutes, affirma-t-il enfin très doucement.Vous en aviez déjà dites pas mal ces derniers temps mais enfin, vous êtes une charmante fille qui s'est crue blessée à jamais par la vie.Est-ce vrai ?Elle inclina la tête : — C'est vrai.Puis relevant des yeux soudain plu^ brillants : — Mais vous aussi.— Oui, moi aussi, mais cela ne m'a pas poussé à faire et a dire des bêtises tout de même ! — C'est de votre faute ! J'ai voulu .j'ai voulu me faire remarquer parce que vous vous moquiez toujours de moi.— Est-ce un crime ?Il la regardait maintenant en plein avec une toute autre expression.Elle hésita.Ce regard était si.Il continua : — Je vous le répète : Est-ce un crime ?Qje voulez-vous, Christine, moi aussi je luttais contre quelque chose de nouveau qui s'éveillait en moi.Qui s'est éveillé, je crois, quand je vous ai vue si douce et si dévouée pour le pauvre malade que j'étais.J'ai compris alors que vous n'étiez qu'une petite fille blessée mais.oh.Dieu merci, pas définitivement.Vous étiez quelque chose de très frais.Christine, de très frais ! — Je ne le suis donc plus, dit-elle d'un ton si piteux que brusquement, il quitta son fauteuil et vint s'asseoir sur le bras du sien.Il glissa tout naturellement la main autour de ses épaules.Elle ne luttait plus contre cette étrange sensation d'espoir, de renouveau qui vibrait en elle Même lorsque Sir Harold appuya sa joue contre ses cheveux très doucement.— Si.vous l'êtes encore, quelque chose de très frais.Pourtant.Elle tourna son jeune visage anxieux vers lui : — Pourtant vous êtes une vraie femme.Christine, de cela, je suis sûr.Il y a des possibilités énormes en vous.— Et alors?dit-elle vaillamment, les yeux dans les siens.Il regarda vers les fenêtres contre lesquelles le vent faisait toujours rage : — Et alors ?.Je crois que je vais faire l'imbécile de nouveau et me déclarer, chère Christine ! — Regardez-moi.cria-t-elle.Elle voulait lire la confirmation de ces mots prononcés presque à la légère.Il ramena son visage vers elle et sourit.Il ne plaisantait plus.Ses yeux devinrent immenses, sa bouche impérieuse car il se penchait sur elle.Christine comprit alors que la vie commençait.Pour la forme, elle crut devoir protester encore en le retenani — Vraiment, Sir Harold, vous ne pen sez plus au passé ?A tout ce bouleversement qui faisait de vous un homme détestant les femmes à tout iamais .— Tout comme vous haïssiez les hom mes pour ['éternité, Christine ! Ce n'était que "Tempest in a tea-pot'.comme nous disons : Une tempête dans une théière Maintenant nous voici au port.F I N Les mots croisés I 7 3 4 5 6 7 6 9 to II 12 13 14 15 16 17 lô HORIZONTALEMENT 1—Epargne minutieuse sur de petites choses.— Coniérence avec un chef nègre.2—Mettra à sec.— An.— Qui n'esl pas cuit.3—Citadsll* de la «lie de Brunn en Moravie.— Considérés, accueillis.— République de 1 Amérique centrale.4—Tamis de crin, de soie.— Du verbe "avoir".— Ville d'Allemagne.— Qui a rapport à la sensibilité.S—Relatil aux habitants de la haute Ecosse.— Filet de pêche triangulaire.— Fib d Isaac el de Rebecca.— Conjonction.6—Chiens de pelage loncé qui ont les poils longs et soyeux.— II* de l'Atlantique.— Preposition.7—Détache ce qui est lié.— Et le reste.— Du verbe "aller".6—Action par laquelle les substances volatiles se détachent des corps.— Ancien nom de l'Irlande.— Particule.9—Mot arabe qui signiiie "fais".— Morceaux de bois longs, étroits et minces.— Colère.— Beau.10—Du verbe "avoir".— Petite ile.— Fait ou tenté avec audact.11—Noie de la gamme.— Une des quatre saisons.— Personnes qu'une autorité quel* conque remet comme garantie de ses promesses ou d'un traité.— Du verbe "lire".12—Unité de mesure de volume.— Du verbe "avoir".— Famille de batraciens dont la grenouille est le type.13—Grosses pièces de bois pour appuyer, pour soutenir.— Evénement fortuit.— Largeur d'une étoile.— Epoque 14—Maladie virulente transmissible des animaux à 1 homme.— Préposition.— Ville de Chaldé*.— Sans activité, sans mouvement.15—Avec péril.16—Adiecbl démonstratil.— Dit qu'une chose n'existe pas.— Petit faisceau du muscle peaucier qui s'attache aux commissures des lèvres.17—Paysans, campagnards.— Au milieu do.— Genre Hapocynacées qui lournissenl du caoutchouc.18—Intoxication du sang par l'urne.— Fai-blies.— Instruction publique ou particulière.VERTICALEMENT I—Genre de plantes dicotylédones aquatiques d'Europe.— Déclarer par arrêt une personne déchue de sa demande en fus-tic*.2—Logo ment composé de plusieurs pièces.— Porsonne qui emprunte souvent do l'argent.3—Très mouillé.— Connaissance des choses, naturelle ou acquis*.4—Abréviation d* compagnie".— A.nom de l'Irlando.— Canal qui conduit l'oau de la mer dans los marais salants.— Deux consonnes.S—Rivière d* Franc*.— Exist*nc*s *U*ctiv*s.— Inscription sur la croix.6—Peintre d Histoire hollandais né à Mau-beuge.— Mourtnr.surtout «n parlant d*s fruits.— Courbé*.Iléchi*.7—Ce qui constitue I ossonee d'un être — Enveloppes :-f.a i ¦ d* qu*lqu*s (ruits.6—Chacune dos doux ouvertures du n«z.— Diplomate français d'origine allomande né à Kork.— Unité d* m*sur* pour Us surfaces agraires.9—D'un* innocvnc* franche.— Propres, sans souillures.— Bisons d'Europe.10—Proposition — Mass* d* n*ige durci* qui •st à l'origin* d'un glaci*r.— Vase de bois ou d* métal propr* à puis*r.— Grand établis se me ni do fabrication.Il—Prénom féminin.— Une des quatre saisons.— Adroit, agile.12—Petite quantité.— S'appliquer avec eflorl.mais sans grand succès.— Levier de la bride qui passe dans la bouche du choval.13—Adjectif possessif.— Terminaison d infini til.— Pièce d* v ai telle pour m*ttr* I* s*l.14—Arl de la navigation en mer.— Non.15—Attacher dee chevaux l'un à la queue d* l'autr*.— M*sur* itinérair* chinois*.— Appareil pour la désinfection ou la stérilisation par la vapour.16—Qui n est pas façonné.— Témoigner du dépit, d* la mauvais* humour.— Espèce de poch* ouverte par I* haut.17—Ancien nom d* certains roug*s.— Inhabité*, très peu lréquanté*.— Inl*rj*ction.16*—Préposition qui marqu* l'intention.— Bièr* anglais*.— "Voir1 *n anglais.— Umlé monélair* japonais*.SOLUTION DU MOIS PRECEDENT 4 I t I I I II II II I) 14 II IS 11 If a dcdc ?do e do oc d eg ?c c ddhp docfj cd ?cdd do n h ce ddo ran c dde t-A REVUE MODERNE — JANVIER i960 r 0 DRAPS ET TAIES D'OREILLERS EN COTON BLANC WABA S S O Plusieurs qualités répondant à tous les besoins: "Hostess Percale'" (coton peigne de luxe) .' 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