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Titre :
Mon magazine
Revue qui visait à instruire et à divertir la famille, Mon Magazine (1926-1932) avait tout pour plaire à un large public, notamment de superbes pages couvertures. [...]

Mon Magazine est une revue mensuelle montréalaise qui reprend le modèle de La Canadienne (1920-1924) ainsi qu'une partie de son équipe de rédaction. La revue vise à concurrencer les magazines américains en adaptant un contenu moderne et varié à la rigueur morale du Canada français.

On trouve dans Mon Magazine des romans-feuilletons, des poésies, une chronique culinaire, des articles de vulgarisation sur la médecine et la santé publique, sur l'histoire et sur de nombreuses pratiques populaires. La revue présente aussi des publicités de produits de consommation, des biographies et des récits de voyages.

Mon Magazine est d'abord dirigé par Joseph Léon Kemmer Laflamme puis, à partir de 1928, par Édouard Fortin. Les collaborations de Gaétane de Montreuil sur la condition féminine y sont abondantes. Henriette Tassé y écrit sur les salons français, et on y trouve une chronique de l'abbé Étienne Blanchard sur la qualité de la langue française.

En plus de textes littéraires, on peut y lire des critiques littéraires de Jules-Ernest Larivière et des reproductions d'articles de Camille Roy, de Séraphin Marion et d'Albert Tessier. La revue traite aussi fréquemment de cinéma.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 113.

SAINT-JACQUES, Denis et Lucie ROBERT (dir.), La vie littéraire au Québec - 1919-1933 : le nationaliste, l'individualiste et le marchand, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2010, vol. VI, p. 211-212.

Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de publication Mon magazine,1926-
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mon magazine, 1928-05, Collections de BAnQ.

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VOL.HI No.2 Beauceville, Mai 1928 MON MAGA2ÏNC Refw Canadienne de la Famille et du F oyer LA COMPAGNIE DE PUBLICATION "MON MAGAZINE' Beauceville — Montréal Prix 25 cents /Z.L APRE/"— RAFRAICMI/SEZ- VOUX DAWES BLACIUIORSE Pihbknvkiliit i Plus de 100 ans d'expérience dans chaque bouteille i Mon Magazine, Mai 19JS 1 D'UN MOIS A L'AUTRE Où il est question .Les biographies de M.Raphaël Ouimet fJSKQ ON excellent ami, M.Raphael Ouimet, vient ^KfflP ^e mettre au Jour une septième édition de HSSé2 ses "Biographies Canadiennes-Françaises".Ce volume de 1927 ne contient pas moins de cinq cents "Biographies", dont un très grand nombre sont inédites, je veux dire paraissent, dans les livres de M.Ouimet, pour la première fois.Cette année, c'est M.Olivar Asselin qui a écrit la préface, ou plutôt, "en manière de préface", une page pleine d'humour.On ne saurait mieux recommander et taquiner tout ensemble Ouimet et son oeuvre! Asselin, c'est entendu, ne trouve que rarement la perfection dans les oeuvres humaines — où elle n'est jamais du reste.Mais il a une manière à lui de piquer sans faire trop mal qui est bien plaisante.Le plat qu'il sert au biographe et aux biographies du recueil qui vient de paraître n'est pas précisément à la sauce blanche.Mais il sera goûté! Et ça fera acheter le volume.Tant mieux."Le défaut des "Biographies" de Ouimet, me disait un autre malin, qui, s'il n'a pas l'esprit d'Asselin, ne manque pas de bon sens, c'est qu'il y a dans ses galeries une foule de gens qui ne devraient pas y être et que beaucoup d'autres devraient y être et qui n'y sont pas." Je lui ai demandé : "Y êtes-vous, vous-même?" — "Oui, avec ma femme".J'ai envie de vous indiquer la page.Vous verriez qu'il a raison, au moins sur un point, et non pas peut-être dans le sens qu'il croit.Nous sommes tous des vaniteux, et Ouimet le sait bien.Asselin a beau dire, il ne changera pas la nature des gens, hommes ou femmes.On aime toujours à se faire photographier et à entendre louer ses propres mérites- Ce n'est pas là, sans doute, pratiquer l'humilité que prêchent les saints.Mais c'est bien humain.Ceux qui ne figurent pas dans les livres de Ouimet et haussent les épaules sont peut-être orgueilleux d'une autre façon.Et, si Ouimet voulait tous les "biographier" pour rien, je gage qu'ils lui fourniraient volontiers les notes.Pauvres hommes! Pour être plus sérieux, je n'hésite pas à écrire, comme je le crois, que les livres de M.Ouimet sont des livres utiles, très utiles, en dépit des lacunes et des.surabondances.Ainsi que le dit M.Asselin, ils constituent une mine précieuse pour nos frères les journalistes, gens souvent aussi pressés que curieux.Tout le monde n'a pas l'avantage d'être connu en dehors du cercle de ses intimes.On meurt sans préparer sa notice nécrologique, comme on meurt souvent sans faire son testament.Il convient de dire du bien des défunts.Le journaliste n'a qu'à se documenter dans ces bénies "Biographies" et l'éloge funèbre se trouve prêt.Et puis, il est agréable toujours, sinon indispensable parfois, de connaître ceux avec qui l'on chemine en ce bas monde.On aime à savoir qui ils sont, d'où ils viennent, ce qu'ils ont fait, comment ils ont réussi.Tout cela, les livres de M.Ouimet le disent excellemment, sans calomnies et sans médisances, d'abord parce que le compilateur est le plus débonnaire des nommes, et ensuite parce que le "biographie", qui fournit lui-même d'ordinaire les renseignements qui le concernent, n'est pas naturellement enclin à faire une confession publique de ses méfaits, et qu'il se représente toujours en beau.Je le sais parbleu! puisque c'est moi qui ai condensé ma propre notice, sauf deux lignes que ce cher Ouimet a imaginées ou inventées pour que mon portrait paraisse mieux! Qu'on me pardonne le ton trop léger de cette courte recension.L'important, c'est qu'on achète le volume, ce que je recommande fort.M.Ouimet se donne assez de peine pour mettre ses livres au point tous les ans que, vraiment, il le mérite largement.L'abbé Elie-J.AUCLAIR.LA GLOIRE DU CANADA "L'honneur du Cardinalat est la récompense de vos vertus sacerdotales, Messieurs les membres du clergé.Il est donné à la foi vivante et agissante qui anime votre vie privée et votre vie publique, ô fidèles de Québec et du Canada! N'est-ce pas le témoignage solennel qu'a bien voulu rendre à notre pays le Vicaire du Christ, lorsqu'il déclarait, le 21 décembre, lors de la remise de la barette cardinalice, en présence des cardinaux, des évêques, du patriciat romain et d'une illustre assemblée, que le Canada est un pays catholique, et magnifiquement catholique : Questo catolico et magnificamente catolico paese che il Canada -.C'est là un titre dont nous devons être infiniment fiers.Il proclame un passé de trois siècles de pure et vaillante foi.Il dit trois siècles de zele apostolique pour conquérir à Jésus-Christ ces terres nouvelles, trois siècles remplis d'oeuvres magnifiques pour assurer la solide formation intellectuelle et morale de notre jeunesse depuis l'école élémentaire jusqu'à l'enseignement supérieur de nos universités; trois siècles pendant lesquels se sont multipliées les institutions charitables et sociales pour soulager toutes les misères et pour favoriser tous les progrès, à la lumière de l'Evangile, trois siècles, enfin de fidèle et confiante union au Siège de Pierre.Voilà ce que le Pape a voulu reconnaître." — S.Em.le Cardinal Rouleau : réponse à S.G.Mgr.Plante, au clergé et aux fidèles : 7 février 1928.LE CENTENAIRE CARTIER, Par J.L.K.Laflamme.C'est un volume de 500 pages, orné de il gravures hors-texte, où se retrouve l'histoire des monuments ériges au Canada à la mémoire du grand homme d'Etat canadien, et donnant au moyen d'une compilation préparée avec le plus grand soin, l'histoire d'un mouvement patriotique qui a occupé l'attention canadienne pendant une période de plusieurs années.Le livre, qui a pour titre "Le Centenaire Cartier", bénéficiant de l'importance de l'oeuvre qu'il a mission de raconter, a été honoré, du haut patronage des hommes distingués qui étaient, à cette époque à la tête des affaires de l'Etat.Ainsi, on trouvera en tête du volume des lettres d'adhésion de la part de Son Altesse Royale le duc de Connaught, de Sa Grâce le duc de Devonshire, deux anciens Gouverneurs-Généraux du Canada, ainsi que celles du Très honorable Sir Robert Laird Borden, ancien premier ministre du Dominion, et de l'honorable Sir Lomer Gouin, ancien premier ministre de la Province de Québec et ancien ministre dans le cabinet fédéral.Dans la suite du livre se trouvent également, à part l'adhésion unanime de l'épiscopat canadien, celle non moins généreuse des grands corps de l'Etat, des gouvernements provinciaux, du gouvernement impérial, des Dominions d'outre-mer et des nations alliées.Il est à peine nécessaire de rappeler le caractère national de l'oeuvre du Centenaire Cartier.Inspirée, à son origine, par le désir d'un parti politique d'honorer l'un de ses fondateurs, elle est vite devenue l'expression d'un sentiment de gratitude et d'admiration partagé par la nation tout entière.Cela ressort bien, du reste, des discours qui ont été prononcés à cette occasion, ainsi que des nombreux articles de journaux et de revues qui sont reproduits et qui sont comme un hommage ému de la presse de tous les pays d'empire.L'auteur a réussi, à maintenir tout le long de l'ouvrage, la belle impartialité dont ont fait preuve, avec autant de désintéressement que de patriotisme, les hommes politiques de toutes opinions qui ont tenu à honorer, comme il le méritait, le grand canadien qui les précéda dans la carrière où ils ont eux-mêmes joué un rôle éclatant.Sous un rapport le livre est, à proprement parler, une oeuvre bilingue, ce qui le met bien d'accord avec l'esprit d'entente cordiale qui a caractérisé tout le Centenaire.Les pièces principales, discours, articles, y sont reproduits dans leur texte original, anglais ou français.Certains morceaux importants, comme l'introduction et les panégyriques, d'une grande beauté, prononcés par le Très Honorable Sir Charles Fitzpatrick, représentant le Gouverneur-Général, et par l'honorable sénateur Thomas Cha-pais sont reproduits dans les deux langues.On pourra ainsi goûter dans son idiome préféré les pièces oratoires ou littéraires contribuées par ceux qui représentent de plus près les sentiments de chacun."Le Centenaire Cartier" est un livre qui aura sa place dans toutes les bibliothèques.En vente dans toutes les librairies.LE JEU DE GOLF Les amateurs de ce fameux sport, si en vogue, vont bientôt couvrir les "links".Le jeu de golf, dont le succès augmente tous les jours, ne date pas d'hier.Il était pratiqué, en 1718, à Montpellier, qui occupait à peu près la même situation au point de vue des élégances hivernales, que Nice à présent, ("était le vieux jeu de "mail", où l'on poussait une balle avec un maillet, et les nombreux Ecossais qui s'étaient réfugiés en France après la chute des Stuarts, le jouaient absolument comme le golf et y prenaient le même plaisir.Aquoi songez-vous donc, ô mon beau ténébreux Dans la paix de ce jour, de ce jour de septembre Qui caresse les sens, comme un archet trvs tendre Que l'automne tiendrait dans ses doigts langoureux?l'eut-être écoutez-vous, de la forêt prochaine, .Monter comme un refrain l'adieu tristement doux Que murmurent déjà les grands érables roux, Dans le vent qui les blesse en rafales soudain.- ' l'eut-être suivez-vous, au-dessus des maisons.Ainsi qu'un vol d'oiseaux, la chute de ces feuilles Que la peur de mourir, vers le ciel qui s'endeuille, Fait monter et planer en légers tourb lions.' l'eut-être laissez-vous votre âme encor rebelle Oublier la défaite et ce rude pa>s Pour évoquer la France et les combats fleuris Vos triomphes futurs de la "Guerre de Dentelles?" l'iul-ètre priez-vous, chevalier de l'Amour.Afin que Cupidon, à vos voeux favorable.Permette que bientôt une bouche adorable Répondre d'un baiser à votre ardente cour?A quoi songez-vous donc, ô rêveur solitaire.Par ce beau jour d'automne, où déjà dans I.s champs, l'arre qu'ils savent bien que demain le printemps Rcviindra.les soldats d'hier préparent la terre?"Je songe à mes drapeaux que tous j'ai vu tomber Puis se tordre en la flamme, ô belles feuilles mords Que le sang empourprait, sublimes feuilles mortes.Que même le printemps ne saurait remplacer!" PAUL GOUIN.(.Médailles Anciennes).Il existe même un livre daté de 1717, et dû à un professionnel français nommé Lauthier, qui était fait pour instruire les amateurs venus en France.Voilà qui précède de loin les premiers et brillants exploits de Mlle Thion de la Chaume.DE VERITABLES OBSTACLES Québec était dévasté, ses monastères et ses institutions avaient été détruits, plus de 1,400 fermes avaient été incendiées ou mises à sac; les moulins à farine avaient ete abattus; les instruments agricoles mis hors d'usage; le papier-monnaie qu'ils détenaient leur avait été racheté de perte; leurs églises à Montréal et à Québec avaient été saisies par l'envahisseur à 90 pour cent et transformées en entrepôts.A cela ajoutez qu'Amherst et le Baron Mazères voulaient remplacer les prêtres, à leur décès, par des ministres protestants; que les Lords Commissaires désiraient ouvrir toutes nos églises catholiques aux réformés; que Prescott s'opposait à la création de nouvelles paroisses; que Craig voulait se réserver le droit de nommer les curés; que les biens des Jésuites et des Récollets avaient été confisqués, et demandons-nous, en présence d'une si terrible situation, s'il était humainement possible d'espérer la survivance française et catholique des quelques milliers de malheureux qui avaient vu fondre sur eux tant de désastres et qui allaient avoir à essuyer tant d'épreuves.Et nos pères ont pourtant réussi à surmonter ces obstacles! Ne pourrions-nous pas faire comme eux?Ne nous ont-ils pas appris à lutter?APOSTOLAT SECULIER "Toutes les âmes d'élite ne sont pas appelées à la vie religieuse.Il faut aussi dans le monde de ces sanctuaires réservés, "Béthanies du Maître", où Il vient se consoler.11 y faut de ces flammes ardentes qui demeurent là, parmi les miasmes morbides et empêchent la masse de se corrompre; ne serait-ce que par le rayonnement divin qui émane d'elles!.Il y faut de ces bons Samaritains qui pansent les plaies cachées qui ne se révèlent qu'à un de leurs semblables et dont le costume austère n'effarouchera pas, ne paralysera pas les confidences.Il faut là de ces paratonnerres de la Jostie« Htnri Gautier; mai' celui-ci se dégagea de cette étreinte, comme si elle importunait sa modestie, ou plutôt comme si elle lui paraissait disproportionnée avec la simplicité qu'il apportait, lui, dans la vie, aux décisions les plus graves, aux heures les plus solennelles.—Décidément tu es toujours le même.Je me ra-pelle qu'au temps où tu étudiais la peinture, tu étonnais tes camarades par ton horreur de l'attitude, de la déclamation, du geste convenu.Entre toi, l'artiste, comme nous te nommions d'une façon_ dérisoire, et nous, futurs chimistes, ingénieurs, économistes, il y avait une différence qui n'était certes pas à notre avantage; à s'en tenir aux apparences, on aurait pu assurer que c'était toi l'homme de laboratoire, et nous les artistes.—Tu es bien aimable.Pour en revenir à ton portrait, à notre portrait, si tu le veux bien, je ne t'é-tonnerai pas en te disant que d'une manière générale je n'affectionne pas beaucoup ces travaux de mémoire.Depuis la guerre il ne Re passe pas de semaine qu'on ne me demande de retracer l'image (Suite à la page 33) 14 Mon Magazine, Mai 1928 LES TRÉSORS DU GÉÀN1 E ne comprends pas le caractère de ma soeur, s'empressa de répondre Jean avec un désespoir comique.Elle se croit la fille la plus maladroite, la plus laide, la plus ignorante et la plus sotte qui soit et, cependant, au lieu de maudire continuellement ce mauvais sort, elle est toujours gaie comme un pinson! —Maman l'a dit cent fois : "avec un caractère insouciant comme le tien, tu resteras célibataire!" —Pourquoi refuserais-tu de rendre un homme heureux quand tant d'autres, par les femmes, sont malheureux! rétorqua sérieusement le frère.—Voyons, Jean, cesse de me taquiner devant ces messieurs! supplia la jeune fille.—Je ne veux pas que tu fasses une vieille fille! exclama Jean.—Monsieur Larisière, ne comprenez-vous pas que mademoiselle ne cherche qu'à vous faire parler?demanda Paul avec bonhomie.Marcelle lui sourit et répondit finement : ¦—Mon pauvre frère jette les hauts cris chaque fois que je parle de rester célibataire.On dirait qu'il croit qu'il est facile, dans cette forêt, de trouver un mari! —Tu n'as qu'un mot à dire pour voir dix bûcherons tomber à tes genoux! assura Jean.—N'en croyez pas un mot, messieurs! Je sais que les bûcherons me respectent et m'estiment beaucoup, mais je n'en crois pas un seul amoureux de moi, déclara Marcelle.—Tu t'obstines à ne pas vouloir voir clair! proclama Jean.—Tu sais bien que je n'ai pas d'amoureux! D'ailleurs, avec un sévère chaperon tel que toi, comment pourrais-je me laisser conter fleurette?demanda-t-elle avec une feinte gravité.—Nos parents m'ont confié la mission de veiller sur toi et j'ai pris mon rôle au sérieux; si un jour tu daignes te laisser courtiser, vous veillerez sous mes yeux, car je tiens à la bonne réputation de "l'Ange des grands Bois!" —Vous voulez que, comme la femme de César, aucun soup,on ne plane sur elle?posa Paul Allaire.—Il y a parmi nos bûcherons quelques mauvaises langues.Personne n'a encore osé calomnier ma soeur mais le soir qu'elle ferait une promenade sentimentale, au clair de la lune, le nimbe dont on l'encadre disparaîtrait et les ailes de notre "ange" tomberaient! Marcelle était devenue rouge de confusion : —Voyons, Jean, veux-tu bien parler d'autres choses! Demande plutôt à ces messieurs d'où ils viennent —Nous venons de Montréal, répondit Allaire.—Alors, M.Allaire, c'est un voyage d'étude forestière?s'enquit la jeune fille.—Dans la forêt, mademoiselle, j'ai tout à apprendre! —Vous êtes envoyé par le gouvernement ?demanda encore Marcelle.—C'est la recherche d'un trésor qui m'a conduit ici! —Vous voulez rire, sans doute?s'amusa la soeur de Jean.—Je ne badine pas.Voici les faits.Alors, Paul raconta, toujours sous le sceau du secret, par quel concours de circonstances il s'était allié au robuste Béland pour son voyage à la Rivière au Chien.Le frère et la soeur étaient tout oreille.Enfin, Paul narra avec forces détails leur pénible randonnée et parla de la généreuse hospitalité que, enfin de compte, les deux vieillards leur avait accordée.—Ils vous faut excuser la première attitude de nos parents, car ils sont maintenant très méfiants, fit Marcelle avec un bon sourire.—Ils nous en ont dit la raison, déclara Paul Allaire.—Maintenant que vous savez à quel point nous étions désespérés, j'espère que vous me pardonnerez d'avoir forcé la porte?implora David.—Comme vous ne vouliez aucun mal aux chers vieux, vous n'avez pas fait une mauvaise action.Ainsi, nous n'avons rien à vous pardonner.—Vous avez dit, n'est-ce pas, qu'ils se portaient bien?fit Marcelle.—Ils se portaient à merveille, répondit Paul Allaire.Un nuage passa sur le front de Jean Larisière et il dit.d'une voix singulièrement émue : _Bon père et brave mère, ils se sacrifient pour moi.Ils n'ont pas mes goûts d'ours sauvage et cependant, ils n'ont pas hésité à me suivre dans cette solitude éloignée.Et ma pauvre soeur, arrachée brutalement à ses études et enterrée vivante, loin de la civilisation! J'ai été trop égoïste de les entraîner ici, car ils seraient tous bien mieux à Montréal._Je ne regrette pas la ville, affirma la jeune fille, avec une conviction profonde, quant à nos parents, ils se sont faits à leur nouvelle vie et leur bonheur est parfait quand nous sommes avec eux._Il y a un mois que je ne les ai vus, expliqua le frère, et j'attends que le chemin soit passable, en Par Henri Lapoink Roman Canadien inédit {Suite de la dernière livraison) voiture, pour aller embrasser les deux chers vieillards.Je profiterai de cette occasion pour prendre des mitaines de laine pour les premiers grands froids.—Vos mitaines sont dans mon sac, déclara Béland.—Mademoiselle, j'ai dans mon baluchon, quelque chose que votre mère vous envoie, fit Paul, joyeusement.—Devine, Marcelle! dit Jean, en clignant de l'oeil.La jeune fille n'hésita pas longtemps : —C'est mon beau chandail rouge! —Vous avez deviné juste.—Quel bonheur, s'exclama Marcelle.Je veux, cet hiver, respirer un peu l'air extérieur, en faisant de courtes promenades en raquettes et ce vêtement me sera très utile.—Vous n'avez guère de temps disponible, n'est-ce pas, s'enquit Paul.—Une heure ou deux dans l'après-midi.—Ma pauvre soeur accomprit une rude besogne et, pourtant, elle trouve encore le moyen de faire de la couture et de soigner les blessés.—Les accidents sont fréquents dans la forêt, affirma gravement David.—Nous avons un infirmier et cependant, pour les pansements douloureux, les bûcherons réclament Marcelle.—Les femmes ont les mains douces proclama finement Paul Allaire.La jeune fille se contenta de sourire.—Ma soeur est une merveilleuse infirmière.—Mademoiselle, avez-vous étudié en ce sens?demanda Paul.—Je ne sais que ce que ma mère m'a enseigné, répondit modestement Marcelle.—Notre mire est une garde-malade diplômée, expliqua Jean.—Je suis bien ignorante dans l'art de soigner mais je fais mon possible pour soulager les souffrances que je trouve sur mon chemin! —Mademoiselle, vous parlez d'or! exclama Paul Alaire.—Je suis très sensible à vos compliments, mais, si vous le voulez bien, revenons à mes parents.Vous ont-ils chargés de quelques messages.—Votre père a hâte de vous revoir et votre mère vous fait une recommandation expresse, répondit Paul Allaire.—Laquelle?demanda Jean, croyant deviner.—C'est de ne pas oublier votre prière, matin et soir! déclara Paul, en lançant à Marcelle, un regard amusé.La jeune fille devint soudainement songeuse.—Pauvre mère, soliloqua-t-elle, à mi-voix, en évoquant sans doute l'être cher, elle s'inquiète toujours des âmes que Dieu lui a confiées! —C'est tout naturel, approuva Jean, avec conviction.—Maman peut se rassurer, car notre santé morale est parfaite et nous n'oublions pas les pratiques de notre religion.Nous ne recevons que rarement les sacrements et cependant, nous sommes toujours en état de grâce.Pourtant, malgré notre vigilance, si nous abandonnions le bon Dieu, je ne sais tropee qui pourrait arriver et c'est le tourment de ma mère que de me savoir confinée avec une troupe d'hommes plus ou moins rustiques.—Les bûcherons ne sont pas tous confits dans la dévotion! souliena en souriant le frère.—Je ne crois pas que les hommes de chantiers soient plus méchants que les autres ouvriers, opina Paul, et je gagerais aue la vertu de mademoiselle serait plus en dantrer dans une manufacture ou dans un bureau d'homme de profession ou d'affaires! _ —Je suis de l'opinion de mon savant confrère! laissa tomber David, de sa voix grave.—Monsieur Allaire, vous tenez là le langage de mon père, déclara la jeune fille.Comme le repas était fini Paul et David gagnèrent la hutte des bûcherons pour aller chercher les articles qu'ils avaient apportés au frère et à la soeur.Paul, en ouvrant son sac, eut une surprise desa- gréable : les mitaines lui apparurent mais il ne vit trace du chandail.—La vieille a-t-elle oublié de nous le donner?fit-il à David.—Je vais regarder dans mon baluchon, répondit le géant.Quelques secondes plus tard, David en retirait le précieux vêtement.Alors, piqué quelque peu de constater que la mère Larisière avait accordé à son compagnon le privilège d'apporter le merveilleux ouvrage de laine, Paul dit, avec une pointe de dépit : —Je vais donner les mitaines au garçon et vous, vous allez présenter le chandail à la fille avec un gracieux compliment.—Oh non! se récria David, en faisant un pas en arrière, je suis trop timide avec le beau sexe.—Puisque l'on vous a confié le chandail, livrez-le à la demoiselle.Devant l'obstination de son ami, le colosse fit appel à tout son courage, prit le tricot et, embarrassé, tout songeur, suivit Paul.—Voici vos mitaines! dit Paul, en les donnant au jeune homme.Allaire n'attendit pas les remerciements de Jean, et sortit à la hâte, non sans avoir jeté un regard moqueur à David Béland.Le géant, remarquant la retraite précipitée de Paul et son regard narquois, se troubla devant les yeux bleus et charmeurs de Marcelle.Les quelques phrases de circonstance qu'il avait hâtivement combinées, s'envolèrent de son esprit et, décidemment affolé, David mit le chandail dans les mains tremblantes d'expectation, et dit simplement : —Il était dans mon sac de voyage! —Je vous suis bien reconnaissante de l'avoir, de si loin, apporté sur vos épaules! répondit Marcelle en gratifiant le gros homme d'un sourire que Paul eut payé un bon prix.Avec un enthousiasme enfantin, la jeune fille se mit à palper le vêtement et à le baiser follement.David, près de la porte, s'était promptement esquivé, et, en relevant le front, Marcelle constata la disparition du timide colosse.Elle poussa un soupir et, sur un ton chagrin, demanda à Jean.—N'est-ce pas ma laideur qui les a effrayés tous deux à ce point?—Tu n'es pas laide! affirma le frère avec bonté.—Je me suis déjà vue dans un miroir! posa Marcelle en essayant de rire.—Va te regarder tout de suite dans une glace! conseilla Jean, avec bienveillance.La jeune fille se rendit machinalement au petit miroir pendu au mur de troncs d'arbres et jeta dans la glace un rapide coup d'oeil interrogateur.Elle avait à ce moment le visage rouge d'émotion et les yeux pleins de lueurs étranges.Marcelle vint bien près de se trouver quelque peu jolie.Mais, d'habitude, la pauvre petite glace lui révélait une face si sombre, éclairée faiblement des deux taches de graisse qu'étaient ses yeux, qu'elle ne s'attarda pas à étudier son reflet et qu'elle lança sur un ton moitié rieur, moitié sérieux : —Jean, je ne sais pourquoi tu persistes à me répéter que je ne suis pas horrible à contempler?—Les bûcherons ne t'ont-ils pas fait des compliments ?—Si, mais la galanterie et la reconnaissance ne reculent pas devant ces mensonges qui ne causent de mal à personne.Mais, toi, tu devrais me dire la vérité.Voyons, ne suis-je pas noire comme une corneille ?—Tu as les cheveux très noirs et la peau brune, mais tes traits sont bien réguliers.—Oh! oui, avec un nez à ne pas sortir à la pluie! —Ton petit nez, légèrement retroussé, donne à ta beauté un cachet particulièrement enchanteur.—Et mes yeux blancs comme ceux d'un poisson gelé ?—Leur douce flamme attire mystérieusement —Tais-toi, car je sais que tu ne parles pas sérieusement.—Crois-moi, Marcelle, ta vue fait soupirer bien des forestiers.— Mes formes ne sont plus de mode.—Encore une erreur! —La mode est aux cure-dents et je suis un saucisson de Bologne! —Voici que, de nouveau, tu exagères.Tu ne pèses aue cent cinquante livres.—Joli poids pour une fillette! Soixante kilos! —Mais tu mesures cinq pieds et huit pouces.—De diamètre, n'est-ce pas?—De taille.—Autour de la taille?—Tu veux toujours me taquiner.Reconnais donc que tu es admirablement bien proportionnée.—Veux-tu bien parler d'autre chose- Tu deviens insupportable avec tes flatteries.Va faire ton tour de chasse; ce sera plus sensé que de me dire des fadaises! Mon Magazine, Mai 192S 15 —Tu as raiBon.Je vais inviter Allaire et Béland à m'accompagner.Jean prit sa carabine, accrochée aux poutres du toit, et quitta aussitôt la cuisine.La jeune fille resta un moment pensive.-—Jean est un grand fou, songea-t-elle.Je resterai célibataire, je le pressens, et ne m'en attriste pas.J'éprouverai de grandes joies à prendre soin de mes vieux parents ainsi qu'à me dévouer envers mes malheureux frères, les exilés des grands bois.Mon avenir est tout tracé : je trouverai mon bonheur à aimer globalement tous les êtres humains.N'est-ce pas une sorte d'égoïsme que de se hâter, par le mariage, de confiner notre amour et nos attentions à un seul homme quand, dans l'enfer terrestre, des milliers réclament des consolations dans leur infortune, un lumineux sourire féminin dans leurs ténèbres?Décidément, je ne me sens aucune vocation pour le mariage.Vive les hommes, vive les femmes, vive la liberté! Sur cette réflexion, Marcelle reprit joyeusement sa besogne.Bientôt, on eut pu l'entendre turluter comme un rossignol.CHAPITRE IV Quand Jean rejoignit Paul et David, ceux-ci étaient en train de vider leurs baluchons.Aux yeux étonnés du marmiton le géant sortit de son sac le coffre d'outils dont nous avons déjà parlé.—Par quel moyen avez-vous fait transporter cette boîte?s'informa Jean Larisière avec surprise.—Je l'ai tout simplement apportée sur mon dos, répondit David, en s'amusant de la stupeur du marmiton.Paul, après avoir, de son colis, mis à jour des vêtements, en retira un petit appareil de radio muni de tous les accessoires.—Combien de temps vous faut-il pour mettre cet appareil en état de fonctionner?questionna le chauffeur.—Trois ou quatre heures.—Et, si l'on vous aidait?s'enquit Jean.—Une couple d'heures, tout au plus.—Alors, je n'irai pas à la chasse.Vous installerez votre machine et, dès ce soir, je parlerai à mes vieux parents.—Je vais installer mon appareil, mais je constate que vous ne connaissez encore rien du radio.Allaire dit à ses auditeurs que sa machine ne pouvait lancer de messages mais qu'elle permettrait d'entendre les postes émetteurs dans un rayon de mille milles.Il leur apprit qu'un grand journal de Montréal avait, à grands frais, fait construire un poste puissant et qu'il lançait dans les airs des concerts de toute beauté.—N'y a-t-il que le chant et la musique qui soient irradiés ?s'informa l'éclopé.—Non, monsieur, ce poste est à l'affût de l'actualité et tous les personnages de marque qui passent à Montréal sont invités à débiter un discours au radio.—En comprend-on les paroles?demanda le chauffeur.—Aussi bien que je viens de saisir celles que vous venez de prononcer.Une scène sur l'une de nos belles rivières canadiennes.—J'ai bien hâte que votre appareil fonctionne! exclama Jean.—Alors, vite à l'oeuvre! commanda Paul avec enthousiasme.—Quels outils vous faut-il?s'informa le chauffeur.—Ne te dérange pas; Paul puisera dans mon coffre! répondit David.En radiophonie Paul était déjà expert car, dès l'apparition des premiers appareils, il s'était passionné à l'étude de cette science moderne.Il fallait qu'il souffrit d'une forte attaque de radiomanie pour emporter si loin, sur ses épaules sensibles, la boîte aux disques numérotés, une batterie électrique et quelque cinq cents pieds de fils métalliques.Paul, au moyen d'une tarière, fit percer deux trous horizontaux dans les murs.Ensuite, il y enfonça deux longues chevilles de bois sur lesquelles il cloua une épaisse tablette, tirée d'une grosse bûche de pin.Il déposa son appareil sur cette table rustique mais, en somme, assez solide.Paul s'occupa en- La flotte des billes vers les usines.suite à fabriquer une antenne qu'il fit de la longueur séparant deux gigantesques sapins.Puis, il confia à David et à Jean le soin de mettre en place cet accessoire indispensable à son modeste appareil.Une heure plus tard, à part quelques détails a rectifier, le poste récepteur était terminé.—"Cette machine va émerveiller les bûcherons!" songeait notre mécanicien, en mettant la dernière main à son oeuvre.A ce moment, venant de la cuisine, Marcelle apparut.Paul la salua poliment, lui présenta une paire d'écouteurs et lui dit de les coiffer comme il allait le faire.La jeune fille se prit à lui sourire en écoutant les vibrations de l'éther : elle ne croyait pas devoir entendre autre chose que ces bruits insolites imitant parfois le cri des sirènes de navires ou le crépitement d'une salve d'artillerie.Paul tournait les disques numérotés en expliquant: —Il n'y a peut-être, à ce moment, rien dans les airs.Paul continua de chercher les ondes chargées et Marcelle s'écria soudainement : ¦—On parle en anglais! Le mécanicien ajusta l'appareil et les deux auditeurs saisirent parfaitement tous les mots d'un discours en langue anglaise.—On dirait que l'homme est ici même! fit observer Marcelle.—Il parle cependant à une grande distance de notre appareij.Mon radio peut capter les émissions des postes situés à mille milles à la ronde.Si nous attendions la fin du discours nous saurions qui parle et de quel endroit, car on l'annonce toujours aux auditeurs.—C'est une étonnante invention! s'émerveilla Marcelle.—C'est, à mon avis, l'une des plus grandes découvertes du vingtième siècle car c'est une chose presque miraculeuse que d'avoir construit un appareil pour lancer au loin les sons et un autre dispositif pour capter fidèlement tout ce que transmet le microphone.—Qu'est-ce qu'un microphone?—C'est un instrument pour saisir le son et en augmenter l'intensité.—Ainsi, fit Marcelle, en prêtant une oreille distraite à l'orateur éloigné, quand les postes lancent leurs émissions dans l'espace, l'air qui nous environne est rempli de paroles, de musique vocale ou instrumentale, et, sans le secours des écouteurs de radio, nos oreilles ne saisissent rien de tout cela?—En effet, mademoiselle.Une autre chose extraordinaire c'est que, lorsque plusieurs postes opèrent en même temps, il n'en résulte pas un vacarme sans nom —Bn effet, comment peut-on éviter la confusion?—La découverte des ondes hertziennes a résolu le problème.Paul allait se lancer en de longues explications lorsque soudain des cris de douleur se firent entendre au dehors.Prompte comme l'éclair, Marcelle enleva de .sa tête l'appareil récepteur, en coiffa brusquement David et, le coeur battant d'angoisse, elle sortit à la hâte. 16 Mon Magazine, Mai 1928 Sur une civière rudimentaire, deux hommes transportaient un blessé à l'infirmerie.—Mon Dieu! qu'est-il arrivé à ce pauvre homme?se lamenta Marcelle en s'approchant.t —Il s'est ouvert un pied avec une hache! répondit l'un des brancardiers en esquissant un geste d'horreur.—Il saigne abondamment! ajouta le second avec tin soupir triste.—Ce pauvre malheureux est bien malchanceux, car c'est la seconde fois qu'il se blesse! s'apitoya la jeune fille en joignant les mains.—Cette fois-ci, il s'est blessé plus grièvement, expliqua le premier brancardier.—Courez à l'infirmerie pour faire laver cette plaie et la panser! Le blessé, les dents serrées, pour ne pas crier sa souffrance et son désespoir, laissa enfin échapper cette plainte : —Ji.ne veux pas que l'infirmier me touche le pied! Allez chercher mademoiselle Larisière! —Ne vous désolez pas, pauvre monsieur, répondit Marcelle en se penchant vers lui, je vous donnerai bien volontiers mes soins.—Oh! mademoiselle, vous êtes toujours notre providence! proclama le malheureux d'une voix douce et avec un regard noyé.L'on pénétra dans l'humble hôpital.Marcelle, avec d'infinies précautions, enleva la chaussure et les bas du blessé et mit à nu la plaie béante de laquelle s'échappait encore un flot de sang.La jeune fille lava soigneusement la blessure, et, comme elle s'apprêtait à verser du collodion dans la plaie, l'infirmier lui dit : —A votre place, je placerais des feuilles de tabac-sur la blessure avant de procéder au pansement.—Pas de tabac! se lamenta le blessé.—N'ayez crainte, mon bon monsieur, je ne vous ferai pas souffrir inutilement.Marcelle laissa couler dans la plaie quelques gouttes de la préparation chimique et procéda ensuite à un savant pansement.Bientôt, l'homme reposait paisiblement et remerciait généreusement la jeune fille : —Mademoiselle, vous êtes bonne comme une mère! s'écria-t-il, en prenant la main de notre héroïne.—Il eut été cruel, de ma part, de vous refuser mon assistance.—Vous êtes une créature du bon Dieu! exclama le blessé.—Reposez en paix, mon bon monsieur.Il faut que je cours à ma cuisine mais je reviendrai bientôt prendre de vos nouvelles.—Allez, mademoiselle, je sais que vous ne m'abandonnerez pas! Marcelle sortit de l'infirmerie et avec elle sortirent aussi Jean, Paul et David qui avaient été témoins de la dernière scène.En regagnant la hutte des bûcherons, Béland souffla à l'oreille du marmiton : —On a bien raison d'appeler votre soeur : "L'ange des grands bois".—-Marcelle est bien bonne pour tout le monde! répondit le frère.Le géant ne parla plus et, songeur, réintégra la maison de troncs d'arbres.Paul raccrocha ses deux paires d'écouteurs de radio en remarquant : —C'est dommage que je ne possède que ces deux appareils récepteurs.Il m'en faudrait cinquante pour accommoder les forestiers qui voudront écouter le concert, ce soir.—Ils écouteront à tour de rôle, répondit David Béland.—Le soleil est couché, ils ne tarderont pas d'arriver, expliqua le chauffeur.A peine avait-il prononcé ces paroles que la porte s'ouvrit brusquement et qu'un jeune homme entra en coup de vent : —Victoire! exclama-t-il, nous avons encore gagné la prime! —Tu fais toujours partie de l'équipe Polsuk ?fit le chauffeur.—Oui, mon petit.—De combien de billes l'emportez-vous ?questionna Béland.—D'une cinquantaine, comme d'habitude.—Votre chef d'équipe se croit-il supérieur aux autres bûcherons?—Il le dit à qui veut l'entendre.—Sait-il qu'il ne doit la prime qu'à la terreur qu'il inspire?—H doit s'en douter quelque peu.—Vous vous laissez faire la loi par cet étranger?—C'est un cas de force majeure.—Que dites-vous?—Contre la force, il n'y a pas de résistance; contre Polsuk, il est impossible de lutter! _Chaque homme trouve un jour son maître! lança Béland avec conviction._C'est ce qui va vous arriver si vous osez regarder Polsuk de travers ou, pis encore, cherchez à le dominer! déclara le jeune homme en se dirigeant vers le lavabo rudimentaire afin d'y procéder à une toilette sommaire avant d'aller au réfectoire._Jules Lavigueur à raison, dit d'une voix grave le convalescent, car le Polonais est un homme redoutable dont il ne fait pas bon provoquer la colère.-—Alors, au lieu de lui tenir tête, je lui lécherai les mains! proposa David Béland en souriant mystérieusement.A ce moment, l'homme qui était à se laver à grande eau se tourna vers nos héros, les yeux fermés, le visage ruisselant et, en s'emparant à tâtons de la serviette à rouleau, s'esclaffa : —Nous n'en seronspas scandalisés car c'est ce que font tous nos bûcherons! —C'est une bande de poltrons et mon ami ne les imitera pas! proféra bravement Paul Allaire.—Attendons les événements! répondit fièrement le colosse au moment où un second bûcheron pénétrait dans la hutte.Ce dernier, vieillard aux cheveux blancs, vint s'asseoir près de Paul.—Je vous présente le père Berlache, possesseur de bottes inusables, s'écria joyeusement le chauffeur.—Tu voudrais bien en avoir de semblables! ronchonna le vieux._Pas du tout car vos chaussures ne sont pas meilleures que les autres! —Elles proviennent de la peau de ma grosse vache rouge! .—Parlons-en de votre vache, morte d un coup de soleil! .,._Qu'est-ce que cela fait, voyons, petit polisson .' _Une vache cuite au soleil, ça fait du cuir brûlé! Tous les bûcherons présents éclatèrent de rire mais le père Berlache parut s'en offenser : _C'est mal agir que de rire d'un vieillard! _Nous ne rions pas de vous mais de la face du chauffeur, voulut expliquer David Béland._Ce jeune freluquet veux me faire passer pour un faible d'esprit; c'est pourquoi je n'aime pas les libertés qu'il prend avec moi! _Admettez que vous êtes un peu maniaque! répondit le bourreau.—Si je le suis, il n'est pas nécessaire de le dire tout de suite à ces nouveaux venus; ils s'en convaincront assez vite! —Vous n'entendez plus la plaisanterie?—J'entends que l'on respecte mes cheveux blancs! —Le père Berlache n'est pas dans son assiette, ce soir, opina Paul.—On serait grincheux à moins! marmotta le vieillard.—Avez-vous perdu une maille de votre tricottage ?s'enquit le gamin.—Si le chef de notre équipe n'était pas un poltron, nous eussions gagné la prime! —Que dites-vous là?interrogea avidement David.—-Depuis trois jours, nous allons à une allure de tortue afin de laisser triompher le Polsuk du diable.—Consolez-vous, père Berlache, car le Polonais ne remportera plus la palme ou j'y laisserai ici mes os! exclama Béland, d'une voix forte.Le bonhomme Berlache en resta bouche bée : —Vous entreprenez une rude tâche! finit-il par dire.—Me croyez-vous de taille à résister au Polonais?—Vous êtes un colosse et cependant Polsuk est plus gros que vous! —Ce n'est pas un homme, c'est un hippopotame! fit le chauffeur.La porte s'ouvrit et les bûcherons entrèrent pêle-mêle.La plupart des forestiers étaient de taille moyenne.Un homme énorme attira bientôt l'attention d'Allaire et de Béland : —Quel est ce gros pâté-la?demanda Paul au père Berlache.—C'est un nommé Laframboise.—A le voir, j'aurais cru qu'il s'appelait Lamonta-srne! Que fait-il?(Suite à la page 39) Mon Magazine, Mai 192S 17 La convention des femmes libérales et l'émigration par GAETANE DE MONTREUIL La chaufferette "Perfection", pour bouteilles & lait de bébés.Fait disparaître les aléas du problème qu'était le chauffage de ces bouteilles et l'eau, et élément douteux, n'est plus nécessaire pour chauffer la bouteille.L'air sec accomplit ce travail électriquement, d'une façon sanitaire.Le danger des bouteilles brisées est aussi éliminé et il y a égale distribution de chaleur sur tous les côtés.I.'aïK'Ieiinr méthode Tous peuvent utiliser cette chaufferette, qu'il suffit de relier à une sortie électrique ordinaire.La course nocturne & la cuisine refroidie a toujours ét* un gros Inconvénient.Vous pouvez maintenant chauffer la bouteille de bébé dans votre chambre a coucher.Vous n'avez plus besoin de craindre le manque de facilités pour réchauffer les bouteilles, alors que vous voyagez, car la chaufferette "Perfection" pour bouteilles de bébés peut être utilisée partout où se trouve de l'électricité.SI votre marchand ne peut vous en procurer.écrlvez-nous directement, nous donnant son nom.niiiiM'Ili' iik'-iIkmIc CANADIAN RADIANT COMPANY, LIMITED now m \ i\\ m ii Onn.Si le Congrès des Femmes libérales, à Ottawa, n'a pas l'effet de changer l'orientation de nos destinées et d'apporter une amélioration immédiate dans le sort de tous ceux qui souffrent, il aura prouvé, au moins, que les femmes ont des idées et qu'elles savent les exprimer: il aura donné l'occasion aux hommes de constater que les femmes pensent à des choses qu'ils oublient, eux, ou qu'ils négligent.Le programme énoncé par toutes les orateurs marquait un grand souci du bien-être des individus et du développement progressif du pays.Et l'émigration, ce grand problème, a été l'un des articles le plus fièrement discutés.Nous applaudissons avec enthousiasme, parce que le système de recrutement appliqué depuis longtemps en notre pays a été désastreux.Quelques-uns de nos gouvernants ont cru opportun de remplir en hâte tous les coins vacants de notre vaste territoire, sans trop de souci du triage des émigrés.Et le résultat a été un abaissement de la morale et un accroissement de la criminalité.Comptant sur la complaisance ou la veulerie de leurs chefs, les agents d'émigration ont souvent envoyé dans nos "plaines de neige" des contingents indésirables, qui étaient, cependant reçus avec bienveillance et si bien accueillis, qu'ils se croyaient bientôt les maîtres.Nous avons voulu l'émigration belge: les résultats ont prouvé la non valeur de nos espérances: la France — peu portée à sortir de chez elle — nous a envoyé (à part quelques sujets honorables) non pas son élite, assurément: d'autres pays se sont spécialisés dans 1'exoédition de ras-taquoières et de coupe-gorge: l'Angleterre, sans invitation, a souvent déversé dans nos villes le trop plein de ses trottoirs.Mais, ne disons pas trop de mal de l'Angleterre, car certaines compagnies canadiennes, qu'on accuse trop anglo-maniantes.ont su.au moins, faire un choix judicieux dans leurs importations.Dans la plupart de ces cas particuliers, les magnats de ces grandes organisations étant Anglais, ils favorisaient, naturellement, les leurs, mais avec prudence.Et c'est là un geste que tout Canadien devrait imiter: favoriser ses compatriotes: à mérite égal.leur donner la préférence, au lieu d'offrir insensément tous les avantages aux nouveaux venus, sans égard à leur manque d'aptitudes, à leur ignorance et trop souvent, à leur ingratitude et à leur hypocrisie.Ah! ceux oui nous arrivent avec des intentions honnêtes de demeurer, en se conformant à nos habitudes — qui valent bien celles des autres pays.— nous devons les accepter avec bienveillance, mais sans nous amoindrir en leur faisant croire que nous les admirons en grandeur.Hélas! c'est trop souvent le contraire qui se produit: nous subissons sans révolte l'arrogance et l'insulte des oiseaux de passage, qui viennent s'engraisser à nos dépens, en s'amassant des rentes, qu'ils s'empressent d'aller manger dans leur pays, en se moquant de notre bonté.Il y a peu de temps, encore, une famiJle française, qui était arrivée à Montréal, en misère, il y a vingt-cinq ans.annonçait triomphalement qu'elle "rentrait en France", avec une jolie fortune gagnée en notre beau Canada, largement exploité et profusément dénigré.Comment ces départs n'ont-ils pas inspiré déjà l'idée d'imposer une taxe raisonnable sur le capital qui s'en va de chez nous.Ce serait un acte de justice, envers ceux qui restent avec l'intention de s'assimiler, de se naturaliser.—Mais nos lois de naturalisation elles-mêmes ont grand besoin d'être remaniées.— Dans tous les cas, les gens qui viennent s'établir en Amérique avec l'idée de n'y point prendre racine sont des acquis peu profitables au bien de notre pays: ils n'ont au coeur que l'ambition de s'enrichir et le mépris de ceux qui les aident généreusement à cette tâche.Dans toutes les grandes administrations, il y a chez nous des étrangers qui prennent injustement la place des Canadiens mieux préparés pour l'emploi et plus aptes à le remplir à l'avantage des employeurs: dans tous les départements du gouvernement, à Ottawa aussi bien qu'à Québec, on trouve de nombreux échantillons d'c.-ffronte-rie et d'insignifiance étrangères.C'est vraiment montrer l'exemple de très haut et consacrer le gobisme par décrets parlementaires.Les femmes libérales, en se préoccupant de cette question, ont montré leur haute conception du patriotisme et leur noble ambition de faire de la nation canadienne un peuple sain, uni dans un même rêve constant de développement matériel et de culture intellectuelle: elles ont désigné aux hommes — qui n'y prêtent pas assez d'attention — l'inconséquence d'un système, qui invite les étrangers et chasse les nôtres.Mai9 les hommes ont parfois des raisons que la raison ne comprend pas: ils protègent en force des faiblesses qu'on devine sans les expliquer: ils ont.souvent, des tolérances scandaleuses, dont les conséquences s'étendent au delà de leurs prévisions.Pourquoi tolèrent-ils en notre pays des femmes tarées de France, de Belgique et d'ailleurs, qui n'ont d'autres mérite que leur audace, leur prétention, des moeurs honteuses, et qui s'insinuent à la place des canadiennes honnêtes et instruites, aux emplois de confiance, par le gobisme et la bêtise des chefs, qui les acceptent par trahison et les honorent en s'avilissant.Nous pourrions citer de nombreux exemples et entr'autres celui de toute une famille belge oui.après avoir été éduouée dans le vice par une mère infâme, fit un simulacre de conversion pour accaparer la protection d'un piteux comité de vertu.On retrouve maintenant ces femmes avilies et avilissantes en des milieux selects et exceptionnellement propices à l'usage de leurs hvpocrites et dangereuses manoeuvres, où elles simulent l'honneur, en étant très généreusement pavées.L'apnlication d'une loi rétroactive de l'émigration imnoscrait un peu de retenue à ces déchets d'outre-mer.oui font en notre pavs un honteux commerce d'elles-mêmes, de leurs enfants et même dos nôtres.Ou'on les chasse sans égard aux nombre d'années one ces parias auront souillé l'atmosohcre de nos villes.Ce travail d'épuration est au programme des femmes libérales: les anti-féministes-oui ont si facilement et si mal à propos l'ironie à la bouche, oseront-ils tenter d'amoindrir d'un mot: utopie, une si noble ambition.Ils ont tellement pris l'habitude de parler en balivernes d'une conception qu'ils redoutent sans la connaître, qu'ils en sont venus à ne s'occuper que de l'assonance des mots, sans en mesurer la signification.Mais c'est à l'école des grands principes et du véritable patriotisme qu'il faudrait refaire l'éducation de ceux qui ne savent pas encore lire dans les tristesses du présent les désastres de l'avenir.Gaétane de MONTREUIL Recueil d'idées FjfS?ECUEIL d'Idées, par l'abbé Etienne Blan-ArJM chard, auteur du "Dictionnaire du Bon Lan-feia» gage", près de 300 pages, relié.Cinq mille pensées et citations, dont un grand nombre canadiennes, sur cinq cents sujets différent*.Prix : $0.75; franco, 85 sous.Chez les libraires, ou écrire à l'adresse suivante : L'Abbé Etienne Blanchard, Eglise Saint-Jacques, Montréal Timbres acceptés.Cet ouvrage a pour but : L — De rendre service aux écrivains, professeurs, journalistes, orateurs, improvisateurs, etc., qui désirent broder sur une idée, activer leur verve, agrémenter leurs écrits ou leurs discours.2.— De maintenir toutes fraîches dans la mémoire les pensées littéraires, philosophiques, religieuses, apprises durant la jeunesse et que le temps, chaque jour, contribue à nous faire oublier.3- — De cultiver l'esprit et de l'affiner en le forçant à réfléchir sur des idées ingénieuses, concises, exprimées en style lapidaire.4- — De réparer l'erreur de ceux qui ont négligé de prendre les notes au cours de leurs lectures et d'en recueillir des pensées, plus tard très précieuses.5.— De fournir à ceux qui ne veulent pas rester inactifs et qui tiennent à utiliser tous leurs moments libres, soit au foyer, soit au bureau, soit en voyage, un petit livre commode où ils trouveront, en l'ouvrant à n'importe quelle page, des idées profondes qui réjouiront leur esprit et influeront sur leur conduite dans la vie.6.— De compléter l'oeuvre du DICTIONNAIRE DU BON LANGAGE, en gravant dans la mémoire de ceux qui feuilletteront souvent ce volume, les pensées leB mieux tournées et les vers les mieux frappés de notre langue, ce qui ne pourra qu'enrichir leur vocabulaire, rendre leur phrase grammaticale, et leur assurer une grande facilité d'expression. 18 Mon Magazine, Mai 1928 Le Foyer La Causerie de Tante Tante Ariette JLe meilleur moment \ E meilleur moment des amours N'est pas quand on a dit : "Je [t'aime !" Il est dans le silence même A demi rompu tous les jours.Il est dans les intelligences Promptes et furtives des coeurs.Il est dans les feintes rigueurs Et les secrètes indulgences.Il est dans le frisson du bras Où se pose la main qui tremble.Dans la page qu'on tourne ensemble Et que pourtant on ne lit pas.Heure unique où la bouche close Par sa pudeur seule en dit tant; Où le coeur s'ouvre en éclatant Tout bas, comme un bouton de rose; Où le parfum seul des cheveux Paraît une faveur conquise! Heure de la tendresse exquise Où les respects sont des aveux! Pour ftjre EMPS superbe et presque chaud, malgré un soleil en gribouille qui n'a pas l'air dans son assiette.Les petits oiseaux chantent sans s'apercevoir que déjà les feuilles tombent.Comme c'est heureux d'être oiseaux et de ne point penser! Aujourd'hui samedi — 3 heures.— Les grandes dames qui ont une toilette nouvelle à faire voir, doivent en ce moment se ballader dans l'Ouest, poussant à qui serait la plus belle.tandis que les jeunes demoiselles, la bouche en amande et le corps en trente-six croches, font leurs plus beaux saluts aux bons partis qui les regardent passer.Moi qui n'ai, hélas, pas même un mouchoir à étrenner et qui, hélas encore, ne sais pas faire de beaux saluts, je dois me contenter, pour aujourd'hui, de me mettre le nez à la fenêtre pour regarder dehors ce qui se passe.est-il au monde amusement plus innocent et moins érein-tant ?N'avoir pas à travailler, par un beau samedi, ma foi, c'est presque du luxe! Et je plains mes voisines qui se croient obligées de savonner tout ce qui leur tombe sous la main parce que c'est le samedi.et le pauvre mari qui, ce jour-là au moins, devrait être tranquille, se sauve dans tous les coins pour éviter les coups de balai.et les bébés qui attrapent la coqueluche dans les courants d'air.et les statuettes de la maison qui demandent en grâce qu'on leur laisse leur poussière vénérable et qui se voient, elles aussi, les pauvrettes, flanquées dans l'eau bouillante avec du savon plein les yeux, plein les oreilles.Courage, les bonnes Sainte-Anne et les Mozart ne craignez rien : c'est le grand ménage! Et le soir venu, tout est si propre et si bien rangé.qu'on ne retrouve plus rien! Ouf, ce samedi! jour de tremblement où toutes les petites maisons ont l'air des ruches en révolte! Voici qu'une porte s'ouvre tout près d'ici pour livrer passage à une jolie petite créature brune en peignoir rose."chouette"! Mais dont les yeux noirs et pas très doux me jettent des regards furibonds parce que j'ai le malheur de la regarder balayer son trottoir.Je ne suis pourtant pas pour me crever les yeux pour l'amour Le mystère des âmes Si l'on pouvait mettrt au jour le fond d'une âme, quelles eurieuses choses n'y découvrirait-on pas f \E restais songeuse en me remémorant cette phrase entendue autrefois ou que j'avais lue dans un vieux bouquin.Et je me disais que parfois il est bien difficile de connaître et de comprendre les sentiments des éimes que nous rencontrons dans la vie.Qui peut deviner les harmonies secrètes de l'esprit, saisir les mystérieuses correspondances du coeur T Nul ne peut se vanter d'avoir pu explorer pas plus que d'avoir compris le pourquoi de telles pensé)s, le levier de cette action.L'âme de l'homme est vaste et mystérieuse.Nous ne pouvons nous-mêmes lu sonder si parfaitement que nous puissions avouer se connaître soi-même entièrement.Qui peut savoir jusqu'où notre esprit peut s'élever et jusqu'à quelle beauté notre coeur peut atteindre.' Il y a des f'euves profonds, des torrents qui, délivrés des entraves imposées par les lois naturelles, emporteraient dans leur furie tout l'honneur accumulé par une longue vie de devoir et de vertu.Qn y rencontre aussi des zones où la pensée n'a jamais osé s'aventurer mais on peut y voir aussi des zones tropicales, sauvages et malsaines que la religion vient heureusement tempérer.Et dans toutes ces régions voltigent, comme des papillons légers aux ailes diaprées, nos sensations habituelles, et telles des chauves-souris repoussantes, nos doutes mauvais, nos préjugés, nos antipathies et nos haines.Si nous nous étudions attentai nu ni, vous comprendrez qu'il est bien difficile de déclarer que tel homme est complètement mauvais ou que tel autre est absolument parfait, puisque tant de sentiments complexes et opposés se peuvent trouver au plus profond de soi-même.Parce qu'il y a en moi tant de moi divers, mon bonheur varie chaque jour.Aujourd'hui, mon âme est remplie d'aurore et de soleil.Demain, le saule y pleurera sous un ciel désolé.Si nous connaissions tous les sentiments et les espoirs de chaque âme, ses aspirations vers le bien, son désir de s'amender, de refaire sa vie, de suivre dans l'avenir le chemin du devoir, nous ne porterions pas de jugements sur notre prochain et nous lui tendrions une main sccourable.Parce que nous ne pouvons voir et comprendre ces âmes, nous leur dénions le droit de devenir meilleures et de regagner l'estime universel.Si naus connaissions l'histoire intime de chacun, nous n'aurions plus aucun désir d'envie et serions-nous si heureux de posséder notre moi personnel, quelque multiple et difficile soit-il.Lorsque l'Evangile nous apprend que le Christ "savait tout ce qui était dans l'homme", il n'a pas besoin d'ajouter qu'il était pitoyable et divinement indulgeiit.Pour conclure ces réflexions personnelles que j'aime à vous exposer, il fait bon comprendre que l'humanité, l'indulgence, la bonté sont des vertus grandes et magnanimes qu'il est doux de pratiquer et d'appliquer.Notre vie en est embellie et notre humeur adoucie.Et puisque vous découvrez dans votre moi intime ces sources d'eau fraîche qui purifient et vous remplissent de sentiments sublimes it élevés, ne refusez pas à vos semblables le droit à l'honneur et à la vertu.TANTE ARLETTE.d'un balai."Allez, Madame, ne vous fâchez pas; je vais me mettre les prunelles ailleurs.faites votre ménage : c'est aujourd'hui samedi!" Juste devant chez nous, existe un grand couvent sombre et pas fortement gai pour les personnes qui, comme moi, l'ont sous les yeux une partie de leur vie.Pendant le jour, on y entend des sonatines tapotées par des petites mains incertaines qui recommencent sans cesse.le soir on aperçoit des chauves-souris qui profitent du sommeil des oiseaux pour jouer à cache-cache, sous les grands ar- bres.et je n'aurais que la rue à traverser pour faire une religieuse (si j'en avais la vocation), mais avec mon caractère de porc-épic, je me crois vite en grève avec "notre supérieure." Quelle belle rue que la mienne! Depuis une heure, je regarde dehors, et pas un chat qui passe ! ! Mais oui, voici le facteur.mais il n'arrête pas! Déception! Car depuis six mois j'attends quelques ecus que j'ai gagnés à la sueur de.ma plume.N'écrivez jamais pour de l'argent : ça ne paie pas! Voyez-vous cette grosse dame à l'air heureux, qui s'en vient là-bas, un panier de fleurs au bras?ha sagacité de la femme VEZ-VOUS jamais étudié toutes les qualités physiologiques et intellectives de ce petit être si aimable, si délicat et si tendre qu'est la femme?Le côté piquant intéressant et subjectif de la compagne du premier homme ne fut-il jamais le sujet de votre étude?Considérons sa pénétration d'esprit et sa bonne intelligence dans ses rapports avec son compagnon.La femme (ou la jeune fille) soucieuse par essence s'intéresse à tout; curieuse par nature, elle prend tous les moyens pour assouvir cet appétit.Elle ne se butte à aucune difficulté de cet ordre, si parfois elle n'atteint pas le terme décidé elle ne laisse pas défaillir son courage et reprenant une autre voie elle tente de nouveau l'attaque.Sous ses habits féminins, elle lutte à sa manière, avec tous les petits procédés que lui suggèrent ses qualités intellectives.Cet être si tendre, la création l'a doué de qualités qui pourraient suppléer à la force virile et à cette intelligence pénétrante que Dieu a donnée au chef de la création.Aussi la grâce et la beauté que lui a départie son créateur en font un petit objet qui se joue des hommes et les fascine parfois aussi facilement que ses moyens sont plus ingénieux.Que fait la femme lorsqu'elle veut avoir une gâterie, un objet de luxe de son mari?Regardons-la: elle va toute souriante, bien mise, toute rieuse vers son mari à qui elle vient de donner un excellent diner, lui fait quelques caresses, oh! fort aimables, et de sa douce voix, de son regard suppliant lui fait sa demande.Elle est toujours si prévenante qu'elle fait la réponse affirmative avant même qu'on ait eu le temps de lui dire qu'on ne lui pouvait rien refuser.Toute heureuse, elle paie de caresses et de joie la faveur obtenue et ne se demande cependant assez rarement si les hommes eux aussi ont bon coeur.Qui de nous a pu garder un secret envers sa femme ou son amie?Qui peut lui cacher quelque chose?Oh! Il n'est pas nécessaire de lui dire ou de lui laisser entendre qu'on nous a confié un secret.Sa sagacité le découvre.Vous remarque-t-elle soucieux, sérieux, nerveux, perplexe, elle connaît déjà votre secret.Elle ne vous dira pas: "Tu me caches quelque chose dis-moi vite, cela m'intéresse.Mais avec sa tendresse naturelle, elle se fera le médecin de votre coeur, elle vous apportera le remède de sa caresse et de ses consolations, elle compatira à votre douleur avant que vous lui ayez tout raconté.Et vous croyez la femme moins bien douée que l'homme; il faudra donc qu'elle exerce encore quelque temps sur vous ses qualités et ses talents pour vous convaincre qu'elle est pour le moins votre égale.ROGER DUPIC Elle échange des plantes pour du vieux linge qu'elle vend ensuite, puis elle gagne ainsi son paradis sans avoir l'air de s'en douter.Il me vient une idée terrible : celle de "bargainer" les vieux habits de mes frères pour de jolies palmes et de métarmorphoser ainsi mon modeste boudoir en une délicieuse petite serre.Que voulez-vous?J'ai la manie du changement.et si cela ne change pas, plus tard, quand mon mari sera vieux.je le "bargainerai".MARGOT. Mon Magazine, Mai 19JS Ce que seront les prochaines toilettes Les nouvelles modes de l'été qui tarde tant à nous arriver s'annoncent avec un charme délicat et enchanteur.Leurs variantes sont infinies et leurs lignes, élégantes et sobres.1 On peut appeler cette époque du printemps, époque de transition, puisque aucune ligne n'est vraiment établie.Il nous semble qu'il est coûteux de laisser de côté, la robe qui nous a plu et d'en adopter une d'un genre tout différent.Aucune caractéristique ne peut être remarquée dans la mode.Certains détails nous montrent les nouvelles tendances de la mode future.Ainsi les robes du soir paraissent avoir adopté, la ligne plus longue en arriére qu'en avant.Les robes ne sont plus entièrement floues, elles s'ajustent aux hanches et dessinent le buste.W4 Sans que les robes du soir aient changé complètement, il y a tout de même un mouvement en faveur du crêpe georgette, de la mousseline de soie, du voile.Et ces robes toutes unies ne portent pour ornement qu'une large fleur de strass.Les manteaux du soir suivent ce mouvement plus long derrière qu'en avant.Ces manteaux sont souvent montés sur un empiècement rond qui emboîte les épaules, qui s'élargissent ensuite par des fronces, de godets ou des plis.Ces manteaux ont toujours de grands cols de fourrure.Ils demeurent à la mode dans les coloris de contraste blanc et noir: col d'hermine sur manteau de velours noir.pi ROBES NOUVELLES Dans les robes nouvelles, on remarque tout particulièrement une toilette de popeline marine ouverte sur un plastron descendant jusqu'au bas de la robe de popeline ivoire.Les modèles de crêpe de Chine à impressions noires sur blanc, de mousseline bleue marine à pastilles de velours bleu clair, le crêpe de Chine imprimé ivoire sur fond rouge, une autre de crêpe satin noir rehaussée de broderies argent sur fond gris, un crêpe tchin-tchin noir à impressions vertes; un plissé vert uni forme un long jabot blissé fin sur le côté du haut en bas de la robe; ce plissé uni garnit le bas de la manche sur un petit poignet étroit.Le crêpe georgette bleu ancien sera garni de crêpe satin marine, he crêpe de Chine noir compose une toilette de jupe à plis creux qui laisse transparaître du crêpe de Chine blanc; l'encolure est bordée d'un large biais de crêpe bleu porcelaine en forme de V.Une autre toilette de crêpe de Chine vert sera ornée de nervures se joignant en pointes à taille, du haut en bas de la robe; une ceinture de peau d'or y met une note brillante.ROBES D'APRES-MIDI Dans ces genres nous remarquons tout particulièrement les ensembles formés des nouvelles étoffes si en vogue et si aimée.En voici un très joli en drapalga bleu marine combiné avec le crêpe de Chine beige clair.L'ne autre de djerkasha chiné beige et nègre est bordé de ganse nègre.Le chandail qui l'accompagne est de jersey beige à bandes nègre.L'n autre ensemble est de ma-junga rouge, garni de nervures.La robe qui l'accompagne est de crépclla blanc ainsi que la doublure du manteau.Voici maintenant l'ensemble de popla noir garni d'hermine en une large bande faisant le tour du cou et descendant jusqu'au bas du manteau avec de grands parements semblables.La robe qui l'accompagne est de satin noir à grandes pastilles de velours noires. Mon Magazine.Mai 1928 21 La petite robe pratique.—Pour le matin nous avons la robe trotteur, en souple lainage travaillé de nervures et d'incrustations.La silhouette est droite, assouplie à la taille, mais sans effet bouffant; au corsage elle est coupée d'une ceinture au sommet des hanches, la jupe est à plis ou à godets.C'est la petite robe idéale pour sortir en taille, accompagnée du renard traditionnel.Jabots et manches.—On remarque dans les récents modèles une tendance au flou et l'on commence par les jabots.Celui-ci, placé à droite dans le corsage et à gauche dans la jupe, avec des mouvements tenant le haut du bras; l'ampleur du bas est maintenue par un haut poignet plat.Elles rappelleraient les manches Charles IX si elles étaient cerclés le long du bras pour former deux ou plusieurs ballons.Comme fantaisie nous avons en ce moment la manche gantelet.Alors que la robe est rouge, bleue ou beige, sans aucun rappel de noir, des manches collantes en satin noir montent jusqu'au dessus du coude.Et, cet été, nous aurons la manche "cris-pin" en lingerie, crêpe Georgette ou organdina blanc ou de couleur, avec col assorti et jabot.Les parures "lingerie" seront aussi le seul ornement des robes froncées ou noires.Toujours en vogue.—Le noir et le blanc sont toujours d'une grande élégance.Ces toilettes sont portées l'après-midi avec des souliers de verni ou de daim noir, des bas de teinte chair légèrement grisée, des gants en suède teinte chair, ou noirs.Un chapeau noir en feutre ou taupe éclairé d'un bijou blanc, ou, s'il fait très beau, un chapeau de feutre blanc garni d'un bijou noir.Le crêpelliver ou le crêpella noir, mélangés de crêpe de Chine blanc, le velours blanc et le Femmes et coquetterie velours noir avec manteaux assortis, sont tout indiqués pour ces vêtements.Les mouchoirs fantaisie.—Le mouchoir est l'accessoire du jour: il est du matin et du soir.On le voit en crêpe de Chine écossais noué à la ceinture de cuir de la robe de sport.On le voit en crêpe de Chine ou en voile triple tout blanc et seulement rehaussé de jours enfoui dans le revers d'un poignet ou glissé dans la fente d'une écharpe sur la robe d'après-midi.On le voit enfin en mousseline de soie assortie à la teinte de la robe du soir et enroulé, pour la danse, autour du poignet.Les gants, les bas et les souliers.—Toujours de plus en plus raffinée, la chaussure de cette saison s'assortit au sac à main pour le jour comme pour le soir.L'antilope, le reptile, le chevreau, le léopard sont les cuirs en vogue pour la course.Le soulier de satin ou crêpe de Chine de couleur avec boucle de strass se porte également, bien que souvent le soulier de tissu argent ou or triomphe.La forme du soulier varie, soit qu'elle emboîte le pied plus avant ou qu'elle soit fort découpée.Les talons sont très hauts.Les tons les plus en vogue, outre la note noire, sont les beiges, le rouge, le vert et le bleu.Le réticule sera de même cuir que le soulier de rue.et le sac du soir sera pailleté.Peu de nouveauté pour le bas.La nuance "nu", le ton bisque rosé, le beige et ses dérivés restent les plus en faveur.Les gants sont en chevreau glacé, en suède et en soie dans tous les tons neutres.La manchette s'ornemente presque toujours d'une délicate broderie ou d'un dessin découpé.A propos de ceintures.—A côté des robes princesse et de toutes celles où la taille est indiquée par une garniture: broderie, travail de plis, de fronces, incrustations ou autres apprêts, bien des modèles sont agrémentés d'une ceinture dont la fantaisie ajoute à celle de l'ensemble.Sur les manteaux et les robes de sport nous voyons souvent des larges ceintures de cuir: chevreau, daim, cuir verni, qui font très jeune.Certaines ceintures.larges toujours, sont en même étoffe que la robe en drap, en taffetas, en crêpe-satin.Des piqûres, des tresses les strient parfois.Les ceintures originalement travaillées en .chaînons de métal mettent une note recherchée sur quelques robes.La coiffure nouvelle.—Les coiffeurs préparent les têtes bouclées entièrement, cheveux tombant bas sur la nuque et même retenus à la nuque par des épingles de nacre, d'écaillé ornée de pierres de couleurs.Est-ce un retour vers le chignon?Tout semble le prévoir.Quelques coiffures mêmes portent sur la nuque un chignon ou des boucles.Les cheveux sont entièrement lissés et les oreilles dégagées. 88 Mon Magazine, Mai 192S Parures de chambre en broderie V AT RON-S VEJVNA T Nous revenons peu â peu aux parures de chambre en broderie blanche, délaissées quelque temps, et qui connaissent un renouveau de faveur.Elles offrent cet avantage de ne pas se démoder, et de supporter sans s'abîmer, un usage constant.Nous croyons donc être agréables à nos lectrices, en leur proposant un modèle, qui malgré sa simplicité, est d'un effet très sûr.Le couvre-lit est orné d'un grand dessin en forme d'encadrement, qui couvre tout le dessus du lit.Il se fait dans les trois genres de broderie; nous suggérons le richelieu point de feston, qui est en général plus solide que le point roulé, surtout peur les dessins larges.Les fleurs et les oeillets sont à jour; les feuilles sont pleines.Il faut faire grande attention à suivre exactement les contours des feuilles en les brodant, afin de leur garder leur forme élégante.Pour les brodeuses novices, nous donnerons quelques indications de broderie: le richelieu ne se bourre pas; on passe un Al tout le tour du motif, en même temps qu'on fait les brides; celles-ci doivent être soutenues par trois fils, et solidement attachées de chaque côté; on finit le tout au point de feston, étroit et régulier.Les tiges sont faites au point de cordonnet; on passe d'abord le fil à broder, au point devant, tout le long de la tige, puis on revient à petits points couchés bien régulièrement les uns â coté des autres.Il faut faire attention à toujours soutenir son travail droit fil, car si on l'étiré sur le biais en suivant le dessin, la broderie se présente ensuite toute cassée, lorsqu'on rétablit le sens du morceau.Pour des oeillets d'une certaine grosseur, nous ne conseillons pas l'usage du poinçon; avec celui-ci, en effet, On se trouve à avoir tout le tour du rond percé, comme un bourrelet de toile, qui fait une broderie lourde; on obtient un meilleur résultat, en se servant de ciseaux fins, avec lesquels on fait une entaille en forme de croix, on replie par-dessous, et une fols l'oeillet terminé, on coupe a l'envers, les quelques fils qui pourraient encore dépasser.On se sert enfin du poinçon pour arrondir parfaitement.Le rouleau de l'oreiller est orné d'un dessin dans le même genre que le dessus du lit, on ne fait plus guère de ces grandes toilettes d'oreillers qu'on attachait, aux montants du lit.La plupart des personnes préfèrent la bande recouvrant simplement l'oreiller; quelques-unes ont des rouleaux en bois; d'autres, arrangent simplement les oreillers de manière à leur donner une forme arrondie.Les côtés du lit sont simplement ornés d'un feston très découpé; on doit bourrer très solidement, en suivant bien les contours des dents; ceci se fait ordinairement au point de chaînettes, un seul rang dans les oins, et plusieurs dans le milieu des dents.Celles-ci sont ensuite recouvertes au point de feston; pour obtenir un résultat parfait, 11 faut que la broderie suive la courbe arrondie du dessin, et pour cela.11 faut que les points soient un peu plus espacés à l'extérieur do la dent qu'à l'intérieur.L'usage de la corde à bourrer n'est pas à recommander; procurant un rembourrage égal dans toutes ses parties, il enlève au dessin sa forme exacte; il suffit d'un feston fait de la sorte pour enlever à un travail une partie de sa valeur, et le classer parmi les travaux d'amateurs; jamais, en effet, une brodeuse professionnelle, ne l'emploie, et on ne le trouve indiqué dans aucun livre d'instructions sur la broderie.Les autres morceaux de la toilette de chambre, sont ornés dans le même esprit; il y a deux dessus de meuble, plus les trois pièces de la table de toilette, enfin, un rideau store, qui n'est pas nécessaire, mais qui complète bien l'ensemble.La broderie de ces morceaux se fait de la même manière qu'indiqué plus haut.Les tissus à employer sont la toile, ou le coton fini toile; la première est toujours plus jolie, et nous ne saurions trop la recommander; surtout pour un travail de cette importance.Sa durée est d'ailleurs supérieure, surtout si l'on choisit une toile souple, qui n'est pas sujette à se couper, comme le serait une toile empesée.Nous dirons à ce propos qu'il ne faut jamais empeser la toile; une toile empesée, puis pliée, et laissée de côté pendant des mois, peut finir par se couper, ce qui ne serait jamais arrivé si on ne lui avait pas fait subir cette préparation.Quand vous lavez une broderie, essorez-la dans un linge, et repassez-la immédiatement, en la séchant sous le fer; elle deviendra ferme et apprêtée, autant que vous pouvez le désirer.C'est une erreur de croire qu'un coton à broder très fin, fait nécessairement une plus Jolie broderie; 11 faut que fil et tissu soient proportionnés l'un à l'autre; et comme une broderie faite avec un fil fin.est plus difficile à réussir on obtiendra presque toujours meilleure satisfaction, en employant un fil un peu gros; c'est ce que font en général les professionnelles.PRIX DE CES MODELES : Dessus de lit: patron a tracer, centre, 25c; toilette, 15c; feston.15c, perforé, centre, 50c; toilette 25c feston, 25c, au fer chaud, centre, 40c.toilette 25c, 5 verges, feston, 40c.Tout étampé sur coton fini toile, $5.50, sur pure toile, $8.50 et $10.00.Coton If, F.A.pour la broderie.90c.Dessus de bureau, 17 x 52 pouces, patron à tracer, 25c, perforé.50c.au fer chaud.35c, tout étampé sur coton fini toile, $1 00, sur pure toile.$1.45 et $1.65.Coton M.F.A.45c.Set vanity, 3 morceaux, patrons à tracer, 2 grandeurs.20c perforé, 50c au fer chaud.3 morceaux, 35c.Tout étampé sur coton fini toile, 70c; sur pure toile, 85c et $1.00.Coton M.F.A.24c.Rideau assorti, patron a tracer, 35c, perforé, 75c au fer chaud, 60c, tout étampé sur toile légère, 1x2 verges, $5.25.Coton M.F.A.45c.Les dimensions du rideau peuvent être modifiées suivant les désirs de la cliente; les prix varient avec les grandeurs.Les abonnées de "Mon Magazine", ont droit a une réduction de 20% sur les patrons illustrés dans cette Revue, durant le mois courant, et à 10% sur la marchandise étampée.Veuillez seulement nous faire parvenir, en même temps que votre commande, votre bande d'abonnement.Raoul Vennat 3770 rue St-Denis Montréal Mon Magazine, Mai 192S 23 La Page des Enfants Essayez de résoudre MOTS EN TRIANGLE 1— X X X X X X 2.—X X X X X 3.—X X X X 4—X X X 5.—X X 6.—X Remplacez les astériques par des lettres.Voici quelques renseignements pour vous aider.1.—.Quant on l'est du bonheur d'autrui.Celui qu'on cherche vous fuit.2.—.Marque un ordre de préférence, Une petite différence.3-—.Incontestablement, ces dents, Sont les premières des enfants.4.—.Possèdent.Note de musique.5.—.L'inconnu, mais sis au Mexique.JEU DE MOTS Jeannette a deux petits oiseaux, Dits de l'ordre des passereaux, Que vient de lui donner sa tante.Nul plus qu'elle n'est contente : Elle bat des mains de plaisir; D'en avoir, c'était son désir.Aussi, près d'eux, elle s'empresse; Elle les regarde sans cesse Et promet de les bien traiter, Ces oiseaux, ce sont des.Qu'elle appelle déjà.Oh! le superbe jeu de mots Qu'elle redit à tout propos! Les oiseaux semblent la comprendre Et la contemplent d'un air tendre.Mes chers enfants, qu'en pensez-vous?Est-il vraiment un nom plus doux?ENIGME Je suis le premier sur la table; Cela peut sembler détestable, Et cependant c'est naturel.Quand je suis bien mis, rien de tel! Alors j'offre cet avantage Lorsque l'on dîne au bon moment; Quelquefois, je suis en argent, Voir en vermeil, en or, que sais-je?Mais,—car il faut bien que j'abrège— Mon nom, en automne, au printemps, On l'emploi en parlant du temps Quand il est nuageux, gris, même, Ce qui vous ennuie à l'extrême, Bref, je puis être un logement, Un abri, plus ou moins charmant.(Solutions dans notre prochain numéro).ON A BI BI BI BI BI BI BI BI BI BI VAN - LA x OL AIN AIDE M EL arj LE JLe Journal UR votre table de travail, dans votre petite chambre, à côté des livres d'images et de vos revues d'enfants, j'aimerais que mes chéris eussent un pros cahier, sur lequels ils écriraient en belles lettres appliquées : "Mon Journal." Le journal, le mot le dit, c'est un confident, au jour le jour, de tout ce qui nous arrive.Alors que les grands quotidiens que lisent vos papas traitent de politique et autres choses au-dessus de votre portée, le vôtre, fait par vous et pour vous, sera une relation de tout ce qui vous arrive et vous intéresse.une confession vraiment sincère où vous vous rencontrerez, où vous vous montrerez tels que vous êtes, sans déguisement et sans fard.Ne lui donnez pas plus d'une demi-heure journellement à votre journal, c'est assez.Vous ferez cela en secret, avec maman seule pour confidente.En quelques lignes, tracez nettement le récit de ce qui a rempli votre journée : promenade, réception d'amis, jeux tranquilles ou occupations ménagères, pique-niques ou excursions pendant la belle saison.Faites suivre ce récit succinct de quelques réflexions qui vous habitueront à penser et à tirer des événements et des choses une conclusion, une leçon.A certains jours, vous n'aurez presque rien à dire : quelques simples lignes suffiront sur votre cahier.D'autres fois, il vous faudra plusieurs pages; votre journal vaudra d'autant plus qu'il saura donner à chaque chose la place qui lui convient.Conservez ensuite précieusement votre "journal"; laissez-le en compagnie de vos albums, de vos livres intéressants.Quand vous aurez feuilleté la collection de vos "croquis" ou de vos livres d'images ne dédaignez pas de feuilleter les pages de vos confidences.Vous revivrez ainsi les jours de classe, vos vacances, vous vous rappellerez tel détail que votre mémoire laissait échapper, et si vous rougissez un peu devant le récit de telle ou telle défaite, vous sourirez de joie en relisant, ici et là, celui de vos bonnes actions.Plus tard, bien plus tard, quand vous aurez grandi, vieilli même, comme il vous sera précieux, le cher petit cahier! comme vous le relirez avidemment.N'avez-vous jamais trouvé dans le grenier de votre maison, ou dans quelque vieille armoire, un vieux carnet jauni, où, d'une écriture fine, avec une encre blanchie par les années, une aïeule a tracé, jour par jour, les événements de son existence?Je suis bien sûre que ces pages vieillies, vous les avez lues avec intérêt, avec émotion, respirant avec délices l'atmosphère du passé?Vous y avez puisé des leçons de vaillance, de simplicité, de bonté.et pourtant celle qui les a tracées ne pensait pas à vous, certes, en les écrivant.Dans nombre d'années, petits amis lecteurs et lectrices, vos petits-enfants, quelque jour, liront vos petites confidences et apprendront de vous, ainsi, bien des choses qu'ils ignorent, la façon de se vaincre et d'être meilleurs.ils connaîtront mieux votre coeur et vous aimeront davantage.C'est dans le "journal" intime que s'écrit et que se propage l'histoire des familles et leurs chères traditions.MARRAINE.MA6IE ET TOURS DE PHYSIQUE Par le Prof.Loupin.AfT)ûSor)S-ooûS CIL DORT REFLEXION JUSTE Alfred lit le récit d'une chasse à l'éléphant.Commentant sa lecture, il dit à son père : "C'est drôle papa! Quant on attaque un éléphant c'est pour prendre sa défense"!.INVENTEUR J'ai appris que tu étais l'auteur d'une fameuse invention.—Oui, un nid à révolution.Lorsque la poule pond un oeuf, le nid tourne sur lui-même et laisse tomber l'oeuf.La poule regarde et ne le voyant plus, elle croit à une erreur et elle pond de nouveau.LA CARTE MAGIQUE Voulez-vous faire changer une carte sous les yeux de vos spectateurs émerveillés ?Collez face à face, deux enveloppes.Ainsi collées elles auront l'apparence d'une seule enveloppe.Dans l'une d'elles que vous avez fermée, vous avez eu soin d'introduire une carte à jouer.Annoncez à votre auditoire que vous allez faire changer une carte que vous tenez à la main.Insérez cette carte dans l'enveloppe vide que vous fermez.Sous prétexte de faire quelques passes, vous tournez l'enveloppe double et vous ouvrez la partie qui contient la première carte.Personne n'a compris le tour.vous êtes magicien!.a leurs yeux.L'OEUF EN EQUILIBRE Le célèbre navigateur Christophe Colomb, invita un jour des seigneurs, avec qui il dînait, à faire tenir un oeuf droit sur la table.Chacun essaya et nul ne réussit.Colomb frappa alors le sien fortement par un des bouts, la coquille céda et l'oeuf put tenir droit.L'on a depuis, perfectionné le stratagème, pour faire tenir un oeuf en équilibre sur la surface la plus plane ou l'extrémité la plus aiguë, il faut prendre un oeuf frais, l'agiter fortement de droite à gauche et de haut en bas de manière a rompre complètement la petite peau qu'enserre l'inte-ricur de l'oeuf et, une fois rompue, la matière liquide se répandant également dedans, l'oeuf se tiendra facilement en équilibre partout.POSSIBLE MAIS INCROYABLE Seriez-vous prêts à croire, petits amis, qu'il est possible de rompre un baton posé sur deux verres d'eau, sans casser ni répandre le contenu des verres?Mettez les deux verres sur deux sièges d'égale hauteur et distant d'un à trois pieds, posez votre baton sur le bord des deux verres, frappez alors de toutes vos forces avec un autre baton sur le milieu du premier, vous le rompez en deux sans casser les verres.Vous feriez de même sur deux brins de paille suspendus en l'air, sans les briser.Courrier de WarraiQc TI LUTIN.— Soyez le bienvenu, cher TI, au foyer de Marraine.Vous êtes, en effet, le premier à visiter le nouveau Coin des Enfants de "Mon Magazine".Soyez assuré de ma tendre affection et que toujours, vous trouverez ici, l'accueil le plus cordial.Merci de vos excellents voeux et de vos "mille bonnes choses".XXX PROF.LOUPIN.— J'accuse réception de votre premier envoi pour notre page.Je vous remercie sincèrement.Je ne publie que vos tours de physique dans ce présent numéro, dans l'attente des clichés qui illustrent vos tours de magie.Mes filleuls Beront heureux de suivre vos très intéressantes chroniques Marraine. 24 Mon Magazine, Mai 1928 Nouveau Festival a Québec du 24 au 28 mai ^Magnifique programme ¥ E Festival de la Chanson et des Métiers du *—' Terroir, qui remporta un si grand succès en mai dernier, à Québec, aura lieu de nouveau cette année, au même endroit, du 24 au 28 mai, sous la direction conjointe de MM.Marius Barbeau, du Musée National Victoria, et Harold Eustache Key, directeur musical du Pacifique Canadien, dans le but de perpétuer nos vieux airs du terroir et d'en faire apprécier la beauté.Le programme élaboré pour le Festival de 1928 ne le cédera en rien à celui de l'an dernier.Il est même beaucoup plus considérable et son exécution occupera quatre jours complets.Non seulement les Chansons du Terroir y seront rendues dans leur pure forme primitive, mais encore des opéras-ballades, des suites d'orchestre et des compositions chorales, toutes basées sur ces mélodies primitives, y seront exécutées.On y entendra, outre des chanteurs du terroir, quelques-unes des plus célèbres vedettes de concert et d'opéra de Montréal, de Toronto et des Etats-Unis.Madame Leblond, de Ste-Famille, Ile d'Orléans, et ses filles qui vont donner une démonstration de filage.La pièce de résistance du Festival de cette année sera incontestablement la production de l'opéra comique: "Le jeu de Robin et de Marion", écrite au treizième siècle par le troubadour Adam de la Halle, opéra dans lequel se trouvent incorporées la plupart des chansons populaires de l'époque.Cet opéra est, croit-on, le premier en date dans l'histoire de la musique.Il n'a été produit qu'une seule fois depuis la mort de l'auteur, en 1896, à Arras, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de la Halle.La production canadienne promet d'être une interprétation plus fidèle et plus exacte que celle d'Arras.Le professeur Jean Beck, directeur des recherches concernant la musique du Moyen-Age, à l'université de Pennsylvanie, et l'une des autorités de l'heure sur la musique des troubadours, est en train de reconstituer, d'après les manuscrits.les harmonies originales de cette oeuvre, dont il a l'honneur d'avoir mis à jour plusieurs parties.C'est lui-même qui veille à l'exacte reproduction des costumes et de la mise en scène.On peut donc s'attendre à ce que l'oeuvre d'Adam de la Halle soit enfin reconstituée et présentée dans sa beauté et sa simplicité primitives.La production de l'opéra sera dirigée par M.Wilfrid Pelletier, assistant-directeur de l'orchestre du "Metropolitan Opera".Les principaux interprètes seront Tokatyan.du "Metropolitan Opera Company": Camille Bernard, élève canadienne d'Yvette Gilbert; Cédia Brault.autrefois du "Boston Opera"; Pierre Pelletier, un Canadien qui arrive justement d'un voyage de cinq ans en Italie, où il a étudié sous les plus célèbres maîtres, et Ulysse Paquin.chanteur fort avantageusement connu de Mont- réal, qui fut autrefois grande vedette de la "Montreal Opera Company".Tous les costumes ont été préparés par les costumiers du "Metropolitan Opera.Cet opéra-ballade, sera présenté deux fois durant le Festival, le jeudi après-midi et le samedi soir."L'ORDRE DU BON TEMPS'' Une association de joyeux compères, fondée par Champlain à Port-Royal en 1606, sera le titre et le thème d'un opéra-ballade original, composé par le Dr Healy Willan, l'un des plus éminents compositeurs du Canada.Le libretto de cet opéra est dû à la collaboration de Louvi-gny de Montigny, écrivain canadien-français bien connu, et du major Gustave Lanctôt, du Département des Archives, qui a déjà contribué quelques oeuvres brillantes et vigoureuses aux lettres canadiennes-françaises.L'opéra reconstituera la vie de la petite garnison de Port-Royal à cette époque, alors que, durant les premiers rigoureux hivers, l'Ordre du Bon Temps sut maintenir les traditions joyeuses de la vie sociale française et trouver le moyen de faire excellente chère.En effet, à la table bien garnie de Poutrincourt, l'orignal, le caribou, le chevreuil, la loutre.l'ours et le chat sauvage constituaient les pièces de résistance gargantuesques et l'on pouvait déguster, comme entrées plus délicates, du canard, de l'oie, du coq de bruyère, des pluvieurs, ou même des truites, éturgeons ou autres poissons, péchés au dard sous la glace de la baie voisine.Comme le dit Lescarbot: "Quoi qu'en pensent nos gourmets de Paris, nous pûmes faire aussi bonne chère à Port-Royal qu'ils le purent eux-mêmes dans les grands restaurants de la Capitale, et à cela à bien meilleur compte".Ces repas plantureux étaient accompagnés de rites appropriés et d'un cérémonial solennel.Souvent les invités d'honneur y étaient des chefs et des guerriers indiens avec leurs "squaws".C'est M.J.Campbell Mclnnes.l'un des directeurs de l'American Opera Company, qui jouera le rôle de Champlain.Rodolphe Plamondon, autrefois de l'Opéra de Paris, interpréta le rôle de Poutrincourt et Lescarbot sera interprété par Léon Rothier.de la "Metropolitan Opera Company".Un drame musical, qui reconstituera les débuts de l'industrie du tissage domestique du Québec, sera un numéro important du programme du Festival.Jeanne Dusseau, de la "Chicago Opera Company", y chantera le rôle de Madame de Repentigny.l'entreprenante grande dame, dont l'initiative fit revivre sur le sol de la Nouvelle-France cette industrie bien française.C'était en 1705.Le vaisseau "La Seine", qui avait à bord une consignation de robes de Paris, destinées aux dames de Québec, avait été capturé en haute mer par les Anglais.Ces dames se voyaient donc dans la triste nécessité d'attendre, indéfiniment peut-être, une provision de robes nouvelles.Madame de Repentigny, qui donnait le ton à la société d'alors, se mit à exhorter les fermiers à semer du chanvre et à élever des moutons, et encouragea les femmes à filer et à tisser.Et l'on eût bientôt ainsi "l'étoffe du pays".C'est cet événement qui fera le sujet du drame musical.Les Chanteurs Canadiens de Toronto, un ensemble de neuf chanteurs sous la direction de J.Campbell Mclnnes, rendra deux groupes de chansons: un groupe de motets des quinzième et seizième siècles, basés sur des chansons du terroir de cette époque et composés par de grands musiciens du temps; et un autre groupe de berge-rettes des dix-septième et dix-huitième siècles, arrangées par le Dr Ernest MacMillan.directeur du Conservatoire de Musique de Toronto.Charles Marchand et ses "Troubadours de Bytown", interprètes bien connus des chansons du terroir, dont les chansons de voyageurs furent le clou du Festival de l'année dernière, représenteront la cérémonie d'initiation qui avait lieu au départ de la brigade des trappeurs de la Compagnie de la Baie d'Hudson.Ulysse Paquin leur prêtera son concours et Oscar O'Brien présidera à l'arrangement musical de cette représentation.Le libretto de cette oeuvre, basé sur "Les Forestiers Voyageurs" de Taché, a été préparé par M.Louvigny de Montigny.Jeanne Dusseau rendra un groupe de chansons du terroir par Alfred Laliberté: et Cédia Brault chantera en duo avec son frère, Victor Brault, un groupe d'aubades, harmonisées par M.Léo-Pol Morin.|| Madame Duquet et quelques enfants de Québec interpréteront deux groupes de chansons, danses et jeux d'enfants, qui reproduiront les Mon Magazine, Mai 192S 25 jeux, les danses «t les chanions qu'exécutaient traditionnellement dans leur couvent les élèves des Ursulines de Québec.Les compositions musicales, basées sur mélodies du terroir, qui ont remporté les trois mille dollars de prix, donnés par M.E.W.Beatty, président du Pacifique Canadien, seront exécc-tées au cours du Festival.Les autorités musicales, qui ont adjugé ces prix, sont: Sir Hugh Allan, directeur du Conservatoire de Musique de Londres, le Dr R.Vaughan Williams, célèbre compositeur, Paul Vidal, professeur du Conservatoire de Paris, Eric Delamarter, directeur associé de l'Orchestre Symphonique de Chicago, et Achille Fortier.docteur en musique et musicien bien connu de Montréal.La suite d'orchestre, ayant remporté le prix, sera jouée par l'orchestre augmenté du Royal 22ème régiment de Québec, sous la direction d'Eric Delamarter.Le quatuor Hart House jouera la composition pour quatuors à cordes, ainsi que d'autres sélections instrumentales.Et ce sont les Chanteurs de St-Dominique qui rendront les compositions pour voix d'homm.s.Des chanteurs et chanteuses du terroir interpréteront, au cours du Festival, toutes sortes de chansons de leur pittoresque répertoire.Philéas Bédard, Vincent Ferricr de Repcntigny, Madame Leblond de Ste-Famille et ses filles, Madame Cimon, de la Baie St-Paul.et ses filles, Madame Bouchard, des Eboulemcnts, seront de nouveau au programme.On y verra aussi Johnny Boi-vin, "le roi des violoneux", et Jacques Garneau, fameux danseur de gigues simples.D'habiles artisans dans l'art de filer la laine et tisser la toile et la Catalogne, donneront des démonstrations, en s'accompa-gnant, dans leur travail, de chansons appropriées.Madame Lord et Madame Vigneau tisseront, sous les yeux des spectateurs, leurs fameuses ceintures fléchées recherchées aujourd hui comme des curiosités, tandis qu'on verra à leurs métiers à tisser Madame Plante et Madame La-chance.Le Musée National Victoria, la Galerie Nationale et le Département des Archives du Canada ont prêté au comité d'organisation de nombreux spécimens de produits des métiers du terroir, des spécimens de sculpture, de sculpture sur bois et des tableaux, représentant des scènes du terroir, objets qui se- Charles Marchand.Emile Boucher (au centre), Fortunat Champagne.Mlvllle Belleau re Je 4>5 Roc»tt»t Si Chmil— NOM.ADRESSE .648 Lait St.Charles de ~/3ordcti 'Les Cuifints CLARK tous aideront " FEVES £! au LARD Clark excellente U J *i La Boite Je 36 oz.est ^ V la plus profitable.W CLARK Limited.Montreal
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