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Titre :
Mon magazine
Revue qui visait à instruire et à divertir la famille, Mon Magazine (1926-1932) avait tout pour plaire à un large public, notamment de superbes pages couvertures. [...]

Mon Magazine est une revue mensuelle montréalaise qui reprend le modèle de La Canadienne (1920-1924) ainsi qu'une partie de son équipe de rédaction. La revue vise à concurrencer les magazines américains en adaptant un contenu moderne et varié à la rigueur morale du Canada français.

On trouve dans Mon Magazine des romans-feuilletons, des poésies, une chronique culinaire, des articles de vulgarisation sur la médecine et la santé publique, sur l'histoire et sur de nombreuses pratiques populaires. La revue présente aussi des publicités de produits de consommation, des biographies et des récits de voyages.

Mon Magazine est d'abord dirigé par Joseph Léon Kemmer Laflamme puis, à partir de 1928, par Édouard Fortin. Les collaborations de Gaétane de Montreuil sur la condition féminine y sont abondantes. Henriette Tassé y écrit sur les salons français, et on y trouve une chronique de l'abbé Étienne Blanchard sur la qualité de la langue française.

En plus de textes littéraires, on peut y lire des critiques littéraires de Jules-Ernest Larivière et des reproductions d'articles de Camille Roy, de Séraphin Marion et d'Albert Tessier. La revue traite aussi fréquemment de cinéma.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 113.

SAINT-JACQUES, Denis et Lucie ROBERT (dir.), La vie littéraire au Québec - 1919-1933 : le nationaliste, l'individualiste et le marchand, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2010, vol. VI, p. 211-212.

Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de publication Mon magazine,1926-
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mon magazine, 1929-07, Collections de BAnQ.

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~ VOL.IV —No 4 Montréal — Beauceville, Juillet 1929 iYVAGAZIJVe Revue Canadienne de la Famille et du Foyer Mon Magazine, Juillet, 1029 C ocktails lr Burnett H, WHITE SATIN —GIN —- Constituent le début tout indique d'un repas parfaitement préparé.Essayez la recette que suggère le maître d'hôtel du célèbre Hôtel Bcrmudiana.des Bermudes.Vous vous rendrez alors compte combien un cocktail peut être délicieux quand il est préparé avec le WHITE SATIN GIN."BERMl DIANA ROSE" Jus d'un demi-citron 2 oz.de White Satin Gin I oz.de Apricot Brandy 1 oz de Grenadine 1 cuillerée à thé de sucre Agitez bien avec les petits morceaux de glace et servez dans un verre à vin.Le WHITE SATIN GIN de Sir Robert Burnett ajoute à un cocktail une saveur et un arôme que ne peut lui donner aucun autre "gin ". Mon Magazine, Juillet, 1929 1 D'UN MOIS A L'AUTRE Ou il est question.NOTRE IGNORANCE Certes, il n'est pas aisé de savoir tout ce qui se passe dans le monde et de le retenir.Nous lisons les journaux d'un oeil distrait, et l'acte qui s'est déroulé dans notre village ou notre quartier revêt plus d'importance pour nous qu'un événement qui eu lieu en un coin éloigné du monde.Nous venons d'en faire l'expérience.A un de nos amis, nous avons posé cette question: "Vous avez bien lu votre journal ce matin ?—Mais oui.—D'un bout à l'autre?—Jusqu'aux annonces.—Bien.Il y est parlé de douze messieurs qui ont pour noms: Borgbjerg, Munch, Zahle, Stauning, Bramsnas, Dahlgaard, Hauge, Bording, Rasmussen, Dahl, Steincke et Priis-Skotte.Savez-vous qui ils sont?—Des membres du comité des experts?—Non.—De la Société des Nations?-—Pas davantage.—Est-ce qu'ils sont connus?—Très! Ils sont célèbres chez eux.-—Je regrette.je donne ma langue aux chats.—Eh bien! ce sont les noms des nouveaux ministres suédois.—Je n'avais pas remarqué." Nous sommes de grands ignorants.Ce qui nous console, c'est que, lorsqu'on change de ministère en Canada, les Suédois peuvent faire les mêmes constatations.LE BAISER FORCE Un baiser?Mais, à tout prendre, qu'est-ce?Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer.Ah! ces poètes, ces exquis, ces délicieux poètes! Ils ne voient pas les choses comme tout le monde.Le baiser n'est point nécessairement un acte d'amour.Judas nous en a donné la preuve, et l'on sait ce que valut le baiser Lamourette.De plus, les très jeunes enfants n'aiment pas toujours embrasser les vieillards dont la joue ou le menton pique un peu trop fort.Et même les époux finissent par accomplir ce geste d'une façon machinale.Quand ils ne l'oublient pas.Mais le baiser par force, le baiser imposé au nom de la loi n'existait pas encore.C'est chose faite depuis une semaine.Un certain McCabe, de New-York, avait contracté la mauvaise habitude de battre sa femme.Celle-ci, lasse de ce traitement, porta plainte devant le tribunal.Et le juge octroya six mois de prison au brutal époux.Il lui accorda le sursis à une condition: c'est que ce Me Cabe embrassât sa femme au moins une fois par jour.Le mari s'exécute, parait-il.Mais il est aisé d'imaginer que ce baiser légal ne doit faire plaisir ni à l'un ni à l'autre.Quand il aura exécuté sa peine, le méchant mari dira-t-il, comme dans notre vieille chanson française: La pénitence est douce Nous recommencerons?C'est peu probable.LES ENFANTS ET LA TYPHOÏDE Les enfants des écoles sont en vacances et des centaines de familles iront passer la belle saison à la campagne.A cette occasion, nous désirons mettre les parents en garde contre le danger pour leurs enfants de contracter la fièvre typhoide.Les causes de la fièvre typhoide étant connues, il est possible de la prévenir, "L'Eau" et le "Lait" renferment les germes de cette maladie lorsque ces éléments sont malsains.Dans l'eau: les conduites des privés et d'égoùts défectueux qui s'infiltrent dans les systèmes d'aqueduc et dans les puits qu'ils infectent de germes de la typhoide.Ces germes s'introduisent ensuite dans le corps humain par l'eau potable ou par celle dont on se sert pour la préparation des aliments crus.Dans le lait: dans les laiteries, la malpropreté et la négligence occasionnent souvent l'introduction des germes de la typhoide.Si le lait est laissé à découvert, les mouches l'infectent aussi.Dans ce cas, il faut faire bouillir le lait trente minutes afin de détruire les germes.On peut donc se mettre à l'abri des atteintes de la typhoide en évitant les causes de cette maladie.On peut également se faire vacciner contre la typhoide.Ce moyen qui assure une protection certaine n'offre, du reste, aucun danger.(JA1ETE DU SOIR C\ST-CE un oiseau qui chante?Un ruisseau qui [murmure?La brise qui souffle harmonieusement?A cette heure, pourtant, déserte est la ramure, La brise dort et l'onde a dit son dernier chant.Serait-ce que la nuit au manteau plein d'étoiles M'apporte un rêve bleu comme ses bleus rayons ?Ou que dans l'air d'été, liliputiennes voiles.En mon âme bruit un choeur de papillons?Serait-ce le souvenir dont le réveil m'enchante?Serait-ce une douleur qui s'enfuit loin de moi?Serait-ce un vieil amour encore brillant d'émoi?Mais enfin, qu'est-ce donc qui dans mon être chante ?C'est l'heure vespérale et c'est le grand silence.Le silence profond d'où s'exhale la paix Qui, dans la solitude, en effluve s'élance Comme un arôme sain venu des bois épais.C'est l'infini bonheur d'écouter, dans son âme, Les sons mystérieux que module l'espoir; C'est de tout croire bon, comme la fleur, la femme, De balancer son vers ainsi qu'un encensoir.Albert LOZEAU LE CARDINAL ET LA SAINTE Mgr Touchet a sa statue dans la cathédrale d'Orléans.Il la mérite amplement, car, devant l'histoire, il restera l'illustre champion de Jeanne d'Arc, qu'il magnifia par la parole et par le livre et que, le premier, alors qu'elle n'était encore que Bienheureuse, il appela "la Sainte de la Patrie".S'il appartient à ses prédécesseurs, Mgr Dupan-loup et Mgr Coullié, de mener Jeanne sur les voies de la vénérabilité, c'est à Mgr Touchet que revint la gloire de conduire les nouvelles procédures canoniques bienheureuse et sainte.C'est lui-même qui remit à Léon XIII le volumineux dossier de plusieurs miliers de pages, constitué en cent trente-cinq séances de neuf ou dix heures chacune."Comment, Monseigneur, lui dit le Souverain Pontife, c'est vous qui avez présidé tout le temps?—Saint-Père, s'il y avait à se fatiguer, autant valait-il que ce fût à moi qu'à un autre." Et après avoir exposé les raisons de son zèle, il ajouta: "Quand Votre Sainteté aura béatifié Jeanne, dès le lendemain, avec votre permission, je poursuivrai la canonisation.—Bien"! dit laconiquement le vieux pape.Et Mgr Touchet fit comme il l'avait dit.Cinq siècles après son martyre, Jeanne, "notre Jeanne", était reconnue sainte aux acclamations du monde entier.PENSEES CHINOISES Qui change de couleur en voyant de l'or changerait de geste s'il n'était pas vu.Quel est le plus grand menteur?Celui qui parle le plus de soi.Un sot ne s'admire jamais tant que quand il a fait quelque sottise.Ou la vie n'est qu'un songe, ou il y a bien des gens qui rêvent.LES MOUSTIQUES C'est en vain que jusqu'ici, on a déployé toutes les tentatives possibles pour faire la conquête des moustiques.Chaque année, à l'époque des grandes chaleurs, l'armée innombrable de la gent moustiquaire envahit les villes et les campagnes et attaque ses ennemis — les mortels, avec un impitoyable acharnement.Les blessures ne sont pas mortelles, mais elles causent souvent de l'effusion de sang mais toujours une irritation désagréable et une démangeaison insupportable.Est-ce à dire que si l'on ne peut combattre les moustiques, il faut rester inactif et se résigner à subir des piqûres douloureuses?A ce propos, la Metropolitan Life soumet aux lecteurs un moyen simple et efficace de les rendre pratiquement inoffensives.Il suffit de mettre sur la piqûre une ou deux gouttes d'ammoniaque, pour que sa sensation irritante et la démangeaison cessent comme par enchantement H n'y a pas d'inconvénient d'employer l'ammoniaque même sur la peau des jeunes enfants.LE FLAIR DE LA POLICE Chaque fois qu'un crime est commis et qu'on n'identifie pas sur-le-champ le coupable, nous nous demandons avec une sorte d'angoisse comment la police s'y prendra pour le découvrir.Le plus souvent, elle ne possède aucun indice.Pas d'empreintes digitales relevées, pas d'objets appartenant au meurtrier trouvés quelque part, aucune déposition de témoins.Et le plus fort, l'incroyable, c'est que, dans la plupart des cas, on finit par mettre la main sur le criminel.Quelquefois, la victime est morte de telle façon qu'on ne peut discerner s'il y a crime ou suicide.Une enquête minutieuse et dont nous, profanes, n'avons pas la moindre idée, est alors ordonnée.On procède à une reconstitution.Reconstitution extrêmement hasardeuse puisque personne ne peut prouver qu'on se trompe ou qu'on a raison.Eh bien! là encore, la police parvient à déchiffrer l'énigme sanglante.Le dernier cas est celui du représentant de commerce trouvé mort sur le pont de Poissy.Qui l'avait tué?.On chercha.On remarqua qu'il avait aux doigts de la main droite deux taches de graisse.C'était tout.On finit par retirer du fleuve dragué pour l'occasion aux environs du pseudo crime, un revolver d'ordonnance.La veuve reconnut qu'il a-vait appartenu au défunt.Un capitaine de gendarmerie prit le reveolver et fit le simulacre de se suicider.Et alors, il montra sa main.Deux taches de graisse y était marquées, à la même place que sur la main du mort.La preuve du suicide était faite! Cela nous parait simple, après coup.Mais, en réalité, c'est tout bonnement merveilleux! \ III.AGES LACUSTRES.L'assèchement du lac Nemi n'a pas donné tous les résultats qu'on en attendait.La première galère a subi l'action corrosive des siècles.La seconde sera-t-elle en meilleur état?Ce demi-échec n'empêche pas d'autres entreprises similaires opérées dans le lac de Constance.Au cours de l'hiver dernier, le niveau particulièrement bas des eaux a permis de découvrir, dans le voisinage de Sipplingen, de nombreux pilotis, vestiges d'habitations lacustres Et cela a éveillé la curiosité des amoureux du passé.Bientôt, on disposera sur le lac un caisson de cinq cents mètres carrés de surface.On pompera l'eau à l'intérieur et l'on pourra ainsi explorer minutieusement le fond.On espère déterminer ainsi de façon précise l'emplacement des rives du lac à l'âge de pierre et h l'âge de bronze, et obtenir des éclaircissements sur l'installation des villages lacustres, aussi bien que sur le mode d'existence de leurs habitants.LA SAGESSE DES ANCIENS.La nature nous a donné deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre qu'il faut plus écouter que parler.Zenon.Celui qui ne dit rien de bon parle toujours trop quand il ne prononcerait que deux syllabes.Philemon.Les bienfaits les plus prompts sont les plus doux; le bienfait qui tarde cesse d'etre un bienfait; il ne mérite plus ce nom.Lucien.C'est augmenter les maux de la patrie que de crier trop haut contre ceux auxquels on ne peut remédier.Tacite.La mer et les femmes ont des colères qui se valent.Une méchante femme est pour son mari une tempête à domicile.Ménandre.La bourse du sage est facile à ouvrir, mais elle n'est pas percée : il en sort beaucoup d'argent, mais il ne s'en perd pas.Sénèque.Mets-toi en état d'obtenir la supériorité, et sache cependant te contenir dans les bornes de l'égalité.iHocratc.Le malheur qui nous frappe nous trouve tous également sensibles; l'âme se console vite des malheurs d'autrui.Pindare.La coupe de la vie serait douce jusqu'à la fadeur, s'il n'y tombait quelques larmes amères.Pythagore.La richesse et la vertu sont comme deux poids mis dans une balance; l'un ne peut monter que l'autre ne baisse.Platon. 2 Mon Magazine, Juilltt, 1920 Lesendroits de vacances y fourmillent LE VIEUX CANADA FRANÇAIS I 'AME fpançaise, transplantée dans cette bonne vieille province de Québec vous invite.Vous y trouverez dans le langage, les moeurs, les habitations, l'hospitalité .de ses habitants gais et sympathiques, tout le charme piquant de la vieille Normandie.Forêts verdoyantes, lacs d'azur, k Saint-Laurent dans toute sa majesté, pêche, natation, vie de camps — golf et tennis —- lacs et cours d'eau navigables, célèbres places d'eau et séjours paisibles, tout s'offre à votre repos et à votre amusement.Jours ensoleillés, nuits fraîehes.Amusements des époques passées, la vie confortable des paysans — le langage et les moeurs de la vieille France, vous raviront.Pour renseignements quant aux endroits de vacances et de promenades s'adresser à l'agent du Canadien National le plus rapproché.PAN AD 1E N N ATI 0 N AL Le Plus Grand Chemin de Fer de l'Amérique Ce que Yon voit LARMES PRECIEUSES Il aurait il,' un charmant papa s'il n'avait eu sans cesse l'humeur bourrelée par l'obsession de cinq grandes filles modernes.Cinq grandes filles.'.Pat vrai?Mais oui! Je ne m MM pas: cinq grandes fi'ks, toutes comprises entre seize et vingt-deux ans.'¦.Vais cela ne doit pas être commode!" Pas commode?Allez i/ voir! Moi je dirais, harassant, terrifiant, épouvantabh .Cinq grandes filles avec des toilettes, des humeurs, des caprices.Cinq grandes filles gui veulent plaire, sortir, recevoir, se rendre aimables.! "Mais ce doit-étre un martyin pour le papaf" .Dites donc, un supplice.Toujours est-il, que ce sont cinq jeunes filles qui veulent plaire.Oh! Elles g réussissent, car elles sont très aimables, et.jolies.Mais, mon Dieu, comme, depuis que notre mère Eve est sortie du Paradis Terrestre — oit il n'y avait nul regard indiscret — let femmes se voient dans la triste {ô combien triste!) obligation de se vêtir, les cinq grandes filles de papa veulent elles aussi, s'habiller.Je dis elles veulent s'ha-bilhr! Oui et non.Tenez, fetisons une distinction, comme tout bon philosophe: ELLES I'M EST Colli se FAIRE H ABU I El;.TOUT EN SE FAISANT BETEMENT DESHABILLEE.Et s'il en est un qui n'est pas sur les roses, c'est le pape, quand il reçoit les factures de sa coûteuse progéniture.Il en enrage littéral e-nirnt, ce pauvre copain.Il se prendrait la tête à deux mains."Mois oèi donc l'aruit-il, cette lete, quand il s'était décidé à fonder un foyer f.Qu'avait-il besoin de perruches dans sa famille f.Metis, lèi, il était à bout." "Voyez donc cette nouvelle favture qui m'arrive.Elles vont me ruiner, ees coquines.Nom d'un nom! Si cela a du sens commun!." Et le papu se laisse crouler au fond du fauteuil qu'il oe-l vupe dans son fumoir."Trois cent quatre-vingt sept dollars et soixante-dix-huit cents.Et tout cela, dans l'espace d'un mois.Une robe pour Mlle Henriette, Vingt dollars.Soutiens pour Mlle Cécile, Neuf Dollars.Un costume de voyage pour Mlle Suzanne, Quarante-cinq dollars.Sept paires de bas.Quatorze ilollars.Cinq boîtes de poudre compacte, deux fers à friser, parfum, carmin, etc.etc." Le pauvre papa en perd 2»esque la boule.Mais c'est fou.c'est.c'est d'uni sans-gêne effroyable que de métamorphoser ainsi ses sous, ses pauvres sueurs en un tel monceau de sottises, de ridicules costumes de parade, qui ne valent pas plus que celles qui les portent."Une chance que leur mère ne se met pas dans le branle, elle aussi.Ce seretit bien la banqueroute." Et pour la deuxième fois le papa se plonge rageusement, dans son comfortable fauteuil t\t cuir.Une lettre de son courrier, oubliée devant lui, réveille tout èi coup sa colère."Tiens, encore une antre facture, je suppose.Envoyez, envoyez, ehers petits anges d'enfants.Envoyez, et, toi, bonhomme, paye." D'un gi sic rageur, il ouvre l'enveloppe."Ho!.E! les yeux dilutes, il lit: Un manteau île rat musqué pour Madame.Fait sur mâture: Quatre cent vingt-cinq dollars.Le papa ouvre de grands yeux, regarde i droite et à gauche, comme s'il s'attendait èi voir surgir quelqu'horriblc fantôme, qui viendrait lui arracher sa bourse.des éclairs passent devant ses yeux.(Ce pauvre papa, il vient justement de diner).Ses oreilles sonnent un carillon endiablé.Sa vue s'obscurcit.Son cerveau se vide d'idées.Il lui semble qu'un grand trou noir est sous ses pieds et qu'il tambe dans ce trou.Un spasme, et il s'évanouit.Lorsqu'il reprit conscience, il était entouré de douze grands yeux effarés, fixés sur lui avec inquiétude.Au coin de chaque oeil, une mi-nusculi larme s,' promenait, prête à tomber, au vioindie signe de complication, le brace papa vit tout cela d'un clin d'mil.H stmbla s'ab-sorber, pendant quelques instants dans une méditation profonde.Finalement, il rr'eva la tête, et dit de son ton Bonhomme des meilleurs jours: "Tout di même, que la vie est chère, mes chers enfants.Voilà six laniu s.qui m, COÛtl ni.au-dilèi île huit cents dollars." MURRAY WARREN E.F.I>. Mon Magazine.Juillet.1929 3 Vol.IV.X i ABONNEMENT: — $2.00 par année, payable d'avance, pour le Canada et l'Empire Britannique.Le numéro, 25 cents.Etats-Unis, $3.00.Autres pays étrangers, $4.00 par année.Les remises peuvent être faites par mandat - poste, lettre recommandée, mandat-express ou chèque auquel on a ajouté le montant de l'échange.Enregistré comme matière de deuxième classe au bureau de poste de Beauceville, P.Q.Revue Canadienne de la Famille et du foyer Edouard FORTIN Directeur •TA.FORTIN Gérant-Général Jules La Rivière, secretaire de la rédaction.JUILLET 1933 ADMINISTRATION GÉNÉRALE 1725 rue St-Denia.Montréal.Téléphone HARBOUR 8216 ATTENTION.Changement d'adresse.Nous changerons l'adresse d'un abonné à sa demande, mais II faut donner l'ancienne adresse en même temps que la nouvelle pour que le changement puisse être fait.Publié le 1er du mois par La Compagnie de publication de "Mon ilayniine".Limitée, Montréal.EN MARGE DE BAGARRE SUR IV SOMME m 1917 Dans l'abri du petit poste 27, ce matin alors que Français, Anglais et Allemands, à la venue de l'aube, ont remisé leurs fusées éclairantes, et que le chaos de la nuit a fait place à un calme complet, l'escouade de garde repose en toute sécurité Deux veilleurs, seuls, l'oeil aux créneaux blindés, d'où l'on voit nettement la ligne blanche que forme la première tranchée allemande, par delà les fils de fer barbelés et les chevaux de prise à quelques cinquante mètres seulement, font bonne garde Les autres fatigués à la suite d'une nuit bien remplie, où leurs nerfs furent soumis à forte épreuve, où à deux reprises différentes, ils durent repousser à coups de grenades et de fusils un ennemi audacieux qui tentait de surprendre leur petit poste, dorment maintenant d'un sommeil lourd de bête de somme De l'abri peu profond, recouvert de quelques pieds de terre crayeuses s'échappent de singuliers ronflements, graves ou aigus; il s'en exalte aussi cette odeur forte de la chair humaine au repos.Au dehors, courlis et pinsons animent de leurs chants et de leur course ailée le paysage matinal, parfumé par les fleurettes des tranchées que caresse un soleil timide.Soudain un sifflement qui, lointain grossit, enfle; puis un fracas énorme qui déchire les airs et les oreilles, et oppresse les poitrines, tandis que des morceaux de fonte s'éparpillent en tous sens, au milieu d'un haut nuage de fumée et de terre pulvérisée: une torpille allemande vient de tomber à moins de trois mètres en avant du petit poste creusant dans le sol une cuvette d'importance.Presque aussitôt, une deuxième torpille raye l'espace de sa masse sombre et s'abat comme une monstrueuse bête à bout de souffle, écornant sérieusement, cette fois le parapet derrière lequel les deux guetteurs, toujours attentifs, n'ont que le temps de s'aplatir à terre pour n'être pas décapités par la trombe épouvantable.Et les torpilles succèdent aux torpilles et les explosions aux explosions.Dans l'abri les hommes se sont éveillés en sursaut.Sitôt dressés sur leur mince couche de paille, ils comprennent."Voila la danse des torpilles qui "commence!" grommelle l'un d'eux du ton maussade d'un homme dérangé brutalement dans son sommeil."Ces sales boches., est-ce qu'on "les embête, nous, ce matin", ronchonne un autre .Une pluie de pierres s'abat sur le boyau, à l'entrée même de la eagna.—-"C'est à notre petit poste qu'en veulent ces chamcaux-là! remarque le caporal.Et il dépêche aussitôt un de ses hommes pour dire aux deux sentinelles de rentrer.Pas besoin de s'exposer inutilement pendant le bombardement.D'autant plus qu'il n'y a pas SOMMAIRE Juillet 2929 Les ^acernces Page D'un mois à l'autre .1 Larmes précieuses.Murray Warren 1 La redoute 27.Auguste Galibois 4 La causerie du directeur .Edouard Fortin 5 La Sainte de France.Josette Clotis 6 Un vrai pêcheur à la ligne.Georges Boyer 9 L'Idylle du Reposoir.Anonyme 10 Madame s'amuse.Murray Warren 12 Avec des bobines.Ménagère 1 3 Héroïsme et Amour.Mechtilde 14 La Causerie de Tante.17 Le Courrier de Franceline.18 Nos Broderies Vennat.19 Les Modes.20 D'une rive à l'autre.23 La Page des Enfants.24 La Bonne Cuisine.25 L'Eté (caricature).26 Courrier graphologique.Carol Prczeau 27 Muguets et faux muguets.30 Le Dernier Mot.40 C'est notre second numéro de vacances que nous offrons à nos lecteurs.Le mois prochain, nous aurons un troisième numéro où nous causerons de nos plages québécoises, des joies des excursions sur les lacs enchanteurs.Notre prochaine livraison contiendra également une belle étude de Madame Tassé, sur les grandes figures de femmes du siècle de Louis XIV, une captivante nouvelle de Payse, plusieurs autres nouvelles illustrées ci foule de renseignements intéressants.Ne manquons pas cette livraison de Mon Magazine, en vente dans tous les dépôts de journaux.à craindre que les Boches viennent dsns le petit poste pendant ce temps-là".L'instant d'après, les trois soldats accourent bien vite, l'échiné courbée: "Mince! s'exclame l'un des veilleurs, vous parlez d'une façon qu'ont ces Boches de dire: "Bonjour" aux gens!" Maintenant, tous les gardiens du petit poste sont-là, au fond de leur terrier, écoutant les explosions plus t»u moins proches, et causant comme WfàJ VA NT lis vacances, c'est un f '/te) travail actif, un icdouble-t-iîJSl ment d'étude et d'attention pour passer de bons examens, réussir un concours.Puis c'est un soupir de soulagement quant tous les efforts d'une année scolaire se trouvent rassemblés dans un seul ouvrage qu'on vient de terminer, mais il ne nous donne pas toujours satisfaction; car chaque élève voudrait produire des chefs-d'oeuvre aux Beaux-Arts! Au dernier cours quand la cloche sonne, les adieux et les promesses s'échangent.ce sont des "Goods Bye", "Bonnes vacances", "A l'an prochain".On forme le projet de se revoir durant l'été; on s'égosille à qui mieux-mieux, et l'on se sépara.L'exposition s'inaugure brillamment, une foule élégante et distinguée visite nos vastes salles, où sont exposés des travaux vraiment méritoires et qui dénotent un progrès général.Et l'élève est en vacances!.mais je regrette mes cours réguliers et leur petit train-train habituel; les personnes connues; les gens que l'on voit journellement; les amitiés nouées; les brins de conversation qui roulaient toujours sur l'école, centre de toutes nos idées; enfin la bonne camaraderie qui régnait entre nous tous.Cependant les vacances sont nécessaires, elles nous permettent de nous reposer et de voir le chemin parcouru dans notre vie d'étudiant, de constater les réussites ou les manquements, et malgré tout de relever la tête et de continuer confiant vers notre but.Car le temps passe vite, c'est peut-être sa seule valeur, il nous fait apprécier les bons instants, le» instants consacrés à l'étude, aux Beaux-Arts ou ailleurs, et il nous encourage à toujours faire de notre mieux pour l'avenir.M.ine-M \Hi.l Kltl I K s'ils se trouvaient dans quelque endroit tranquille.Le petit poste 27 et ses abords présentent un aspect lamentable; partout des excavations, des éboulis, des tas de terre, des monceaux de fonte; des parapets éventrés, des boyaux obstrués.La cagna elle-même est criblée d'éclats et de morceaux de pierre.Il y aura du travail ce soir pour les sections de réserve! Le bombardument allemand, qui a duré près de deux heures, s'est éteint définitivement.Le caporal rédige alors un billet qu'il charge Cassegrain de porter au chef de section.Puis du haut de l'escalier de la cagna, il crie: —"C'est fini, les gars.Collard "et Morin.c'est votre U>ur de gar-"de".Le calme règne à nouveau sur tout le front du secteur.Le petit poste 27 a repris sa vie normale; les hommes à tour de rôle, veillent aux créneaux.Les courlis et les pinsons étrangers à la guerre, continuent leurs chants et leur ronde insouciante.JOSEPH on Magasine, Juillet, 1929 Bon rendement avec économie I -iF.Ford est plus qu'un nouvel auto.C'est l'expression d'un idéal—un idéal dont le but est de procurer à tout le monde les bénéfices du transport moderne.Pour atteindre ce but, on a fixé un prix bas et on a pris grand soin d'assurer l'économie d'opération et d'entretien.Peu de caractéristiques ont une importance plus grande pour des millions d'automobilistes.Des chiffres, provenant de sources nombreuses, démontrent que le Ford fait en moyenne 10 milles par gallon de gazoline, et des milliers de Ford-istes rapportent un millagc plus considérable sur de longs parcours.La dépense d'huile est également minime.On épargne grandement aussi sur les pneus par suite de la stabilité de la voiture, de l'aisance de la direction et du dessin parfait des roues.Tous les pneus employés sur le Ford, ou recommandés pour renouvellement, sont fabriqués spécialement par les principaux manufacturiers de pneus selon les spécifications établies par la compagnie.L'entretien mécanique est peu coûteux à cause de la simplicité du dessin et de la qualité d'endurance qui se trouvent incorporées danschaquepièce.L'économie d'opération et d'entretien du Fordestdémontréed'une façon évidente par les achats toujours plus nombreux et répétés par les conseils municipaux, les gouvernements fédéral et provincial, la Sûreté et les grandes compagnies industrielles qui tiennent un compte exact des Ford Nîotor op Canada, Company Limited dépenses d'auto.Fordn'aétéchoisi qu'après des essais rigoureux de toutes les caractéristiques de valeur et de rendement d'un auto.Un autre avantage est le fait que la compagnie Ford ne fait pas de changements radicaux à chaque année: ce qui a pour conséquence de maintenir la valeur de votre placement.En autant-que possible, les améliorations apportées au Ford sont faites de façon A ce que les Fordistes actuels puissent en bénéficier promptement et à très peu de frais.Le grand nombre de distributeurs du Ford dans le monde entier et l'attention vigilante que l'usine donne au service sont des facteurs additionnels d'économie.Ce sen-ice commence par les instructions nécessaires lorsque vous achetez l'auto et comprend une inspection gratuite à 500, 1,000 et 1500 milles.Où que vous résidiez et où que vous alliez, vous n'êtes jamais bien loin d un distributeur de Ford qui a été spécialement formé et outillé pour vous aider 1 obtenir des milliers de milles de tourisme plaisant et agréable avec le moins d'ennuis et .1 meilleur marché possible.Illustré ci-dtiiut.au mihtu d'uni icènt collégiale, roui |M It mj.'.r, : ford.A gauchi.It Coupé Sport.L'achat di tout ForJ comportt It choix dt la couleur. Mon Magazine, Juilhl.V>»> "» SUCCES LITTERAIRES Causerie Deux collaborateurs de "Mon Magazine", deux sympathiques amis de notre oeuvre, viennent de recevoir une belle récompense de leurs travaux littéraires et un éclatant hommage à leur talent.Ce sont mademoiselle Simone Routier, poétesse, de Québec, et notre confrère, M.Jean-Charles Harvey, rédacteur en chef au "Soleil", également de Québec.Le jury du prix David vient de couronner le volume de vers que mademoiselle Routier a publié, il y a quelques mois, i" Immortel Adolescent", en même temps que le dernier travail en prose de Harvey, "L'Homme qui va".Un prix de $1,700 vient prouver, à chacun de ces deux écrivains du terroir, que le gouvernement sait encourager les efforts que déploient les nôtres pour développer notre littérature nationale et reconnaître le véritable talent là où il se trouve.Nous voulons bien joindre nos félicitations bien sincères à toutes celles que ces lauréats ont reçues et nous leur souhaitons de continuer à produire davantage, et avec un poli encore plus grand.Nous n'entreprendrons pas d'analyser ces deux oeuvres.Notre revue, lors de leur parution, en a donné une étude critique développée.Mademoiselle Routier s'est révélée un talent supérieur, nourri de lectures variées mais tout particulièrement des poètes de l'époque lamartmienne, et ses vers respirent un parfum d'exotisme qui nous éloigne à peu près totalement du terroir provincial.Elle aura à vaincre tout ce qui lui reste encore d'influence étrangère pour devenir véritablement personnelle et conquérir un titre incontestable à l'individualité poétique.Quant à Hervey, son style lui est bien personnel et l'on sent courir dans ses phrases aux périodes châtiées, rarement nonchalantes, un souffle véritable, fruit d'une longue culture et de solides études.On a pu discuter le mérite intrinsèque de son oeuvre, la valeur des thèses qu'il soutient, mais il n'en reste pas moins vrai qu'il a produit un livre nouveau, un livre qui fera époque dans l'histoire de notre littérature nationale.Que ces deux artisans de la pensée et des lettres canadiennes continuent ardùment leur noble travail.Ils ont déjà bien mérité de la province qui a su couronner leurs efforts.LE PROGRAMME PERRON du Directeur SINGULIERE AVENTURE Et maintenant.quittons le domaine des affaires sérieuses pour entrer dans le domaine des choses plus légères, plus reposantes et laissons au sympathique informateur des Chemins de Fer Nationaux le soin de nous relater un singulier incident de pêche.C'est lui qui en garantit l'authenticité, défense d'en douter.Il s'agit d'un groupe de pêcheurs et d'un chevreuil.Les animaux sauvages ont rarement à se louer de leurs relations avec l'homme, et le chevreuil pour sa part semble parfaitement justifié de fuir sa compagnie.Il y a cependant des exceptions à cette règle comme le prouve l'aventure dont un chevreuil vient d'être le héros sur la Rivière Restigouche.Un M.Pit field, de Montréal, et un compagnon.M.Black, péchaient non loin de leur camp quand ils virent un jeune chevreuil sortir du bois et s'arrêter pour les regarder.Malheureusement pour le curieux, le chien du cuisinier, un Airedale, le vit aussi et sans hésiter se précipita sur l'habitant du bois.Celui-ci crut éviter le chien en se jetant dans le courant rapide de la Restigouche.mats il avait compté sans le courage des Airedales et son adversaire ne tarda pas à le rejoindre au milieu de la rivière où il engagea une lutte tout à son avantage.Ce que voyant.M.Pit field et son compagnon se portèrent au secours du chevreuil et enlevèrent de force le chien qui était installé sur le dos du chevreuil et le mordait à belle dent.Délivré, le chevreuil regagna la rive où il s'arrêta pour se reposer.Le chien fut reconduit au camp et son maître reçut instruction de le garder à vue.mais les pêcheurs n'étaient pas plus tôt remontés dans leurs canots que le chien réussit à s'échapper et à reprendre la poursuite.Pour la seconde fois le chevreuil se jeta à l'eau et fut rejoint par le chien qui.installé sur le dos de sa victime, continua à descendre la Restigouche.sur son embarcation vivante.Affolé, le chevreuil oublia pour une fois la crainte héréditaire et se dirigea vers le canot de M.Black, sur le bord duquel il posa ses pattes de devant.En bon sportsman.M.Black prit le parti du plus faible et après avoir confié le chien au guide il embarqua le chevreuil pantelant dans le canot et le conduisit à terre où il le coucha sur un lit de mousse et pansa ses plaies.Le pauvre animal était si fatigué qu'il ne put se remettre en marche qu'après une demi-heure de repos.Quoiqu'il s'agisse de la chose agricole, notre revue aurait mauvaise grâce de ne pas s'en intéresser.Le nouveau ministre de l'Agriculture, M.Perron, vient de faire connaître son programme de restauration de l'Agriculture.Il paraît que notre agriculture avait besoin d'un nouveau regain de vigueur pour se maintenir au niveau du progrès général et qu'elle traversait une crise.Va pour la crise, et M.Perron, en homme énergique et expéditif qu'il est, a donc résolu de prendre le taureau par les cornes {en agriculture, la méthode est de mode) et voilà ce qu'il entend faire: à la base de ce grand travail de restauration, il place la diffusion de l'enseignement agricole.Instruire le cultivateur sur les méthodes nouvelles de culture, faire disparaître les méthodes désuètes, répandre les découvertes qui ont été faites pour rendre le plus productif possible le labeur toujours rude de l'ouvrier de la terre.C'est la première besogne à accomplir.Cette diffusion amènera une production plus intense et la conquête de notre marché domestique.Chose extraordinaire, nos cultivateurs se laissaient couper l'herbe sous le pied par des exportateurs étrangers qui s'emparaient du marché de notre province et nous vendaient des produits agricoles que nos fermiers de chez nous auraient pu et peuvent encore nous fournir et davantage.Ce non sens économique était causé par le manque de connaissance et le défaut de production.Et quand cette production sera amplifiée à sa véritable limite, nous irons, avec des produits améliorés, sur les marchés étrangers, chercher notre part du commerce d'exportation.Pour réaliser ces progrès.M.Perron compte sur la puissance de l'organisation.L'agriculture va être solidarisée.Les sociétés d'agriculture et cercles agricoles vont être rénovés, et l'organisation paroissiale sera la cellule d'une organisation géante qui embrassera tout le territoire rural de la province.Par cette organisation seront régies, suivant une direction rationnelle, la production et la vente.Afin que ne manquent point les moyens d'action, l'organisation est assurée d'avance des ressources financières et des subsides qui seront nécessaires.Félicitons-nous donc de ce beau et patriotique mouvement et secondons-le.INCIDENT TOUCHANT Et pour terminer cette causerie que bien des lecteurs ne liront peut-être pas.en ce temps des vacances, disons un mol d'un touchant incident du dernier Congrès d'Hygiène Sociale, tenu à Montréal.C'est une minute de sympathie sur les misères humaines.Ce petit événement.aussi intéressant que pathétique, se produisit récemment à Montréal, lors de la plus importante exposition d'hygiène jamais tenue au Canada, sous les auspices de la Fédération des agences françaises d'hygiène avec le concours du Conseil Canadien d'hygiène sociale, dans le but de se procurer des fonds.Le matin, l'après-midi et le soir, on donna des causeries sur l'hygiène à des milliers d'écoliers transportés gratuitement par les tramways.Un jour, tous les petits sourds et muets de Montréal s'y trouvèrent.L'on réunit cette troupe silencieuse dans la grande salle des conférences.Devant chaque groupe de quinze enfants environ, il y avait une maîtresse.Chaque maîtresse faisait face au conférencier et les enfants regardaient attentivement leur maîtresse respective.Et, alors, le conférencier commença à parler aux enfants qui se tenaient là.sans comprendre, en fixant leurs maîtresses.Il disait quelques phrases, puis s'arrêtait pour permettre aux maîtresses, par le langage de leurs doigts, de traduire ce qu'il venait ie dire.Les yeux des enfants suivaient anxieusement à mesure qu'ils comprenaient les gestes du seul langage à leur portée.La plupart des enfants sont distraits à des causeries de ce genre, mais pas les petits sourds-muets.Bien des larmes tombèrent des yeux des personnes qui les voyaient faire.Ils devenaient, ainsi, en rapports plus étroits avec le monde de leurs autres petits camarades de jeux: leur isolement partiel était rompu pour un temps. 6 Mon Magazine, Juillet, 1029 Paye d'Outre-Mer JOSETTE C LOTI S LA SAINTE DE FRANCE A L'OCCASION DES FÊTES DU 5è Centenaire de là délivrance d'Ofléàr^ Çy\ a commencé par jouer aux boules.* * * * On a joué aux boules sur ce Mail, qui ceinture Orléans de son sextuple rang de marronniers.Orléans est une belle ville, bien construite au nord de la Loire, au point culminant de la courbe du fleuve harmonieux.Orléans, ample, étalée, respire à l'aise dans l'emprisonnement comme une douce étreinte de son boulevard d'arbres qui rejoint la Loire d'amont en aval, faisant à la ville un cercle de trois mille six cents têtes feuillues et d'une majesté simple et tranquille.Sa couleur est d'arpent, et sa marche déplace un remous comme une longue traîne.La Loire est indifférente et lente, et on ne sait pas trop si elle se souvient qu'elle aurait pu bercer une capitale.• • • Quand la Gaule avait seulement, dans la presque totalité de son étendue, des marécages et des bois touffus, une campagne désordonnée et nue, Orléans était déjà un ensemble puissant au coude du Grand Fleuve: Génabum, port de la Cité des Carnutes.Pour avancer, on taillait alors son chemin à coups de hache devant soi.Aussi utilisait-on mieux les "routes d'eau", et la Loire, route privilégiée, qui conduisait, du coeur même du pays, ce Massif Central bouillonnant et secret, à l'Océan large ouvert sur tous les désirs — les imaginations, les départs, tous les rêves.Génabum, port.De Chartres à Auxy, de Blois à Sully, des druides nobles, des guerriers valeureux dépensent leur activité bienfaisante.Au nord, les forêts étendent la protection de leur végétation compliquée.Plus au sud la Beauce donne la richesse de sa plaine fertile.Et César s'en vient buter contre cette force établie.Et les Maures des pays ensoleillés; et les Huns des grisailles septentrionales.La Loire établit la barrière de ses eaux paisibles entre deux civilisations souvent opposées.Le Midi cesse et le Nord commence.Et reste l'essence même de notre vieille race, la courageuse obstination gauloise qui a donné son Histoire à la France.Pourquoi Orléans, plus centrale, n'a-t-elle pas été Paris ?* * # * La France est née.Hugues Capet a mis le trait d'union entre les deux villes rivales — Orléans, et Paris, cette coquette, cette séduisante, vite et doucement acceptée.Et c'est une union si parfaite, une communion si étroite, un tel noyau, un tel coeur dans cette France promise à tant de gloire, Orléans, Paris, le Nord avec le Sud, l'Est avec l'Ouest, la puissance des belles alliances — rien, désormais, ne séparera plus.* * * * Aussi, quelle folie! Pendant cent ans les hommes s'entre-gorgent.Pour diviser ce qu'on ne divise pas?Pour empêcher cette puissance naissante?Pourquoi ?Orléans est assiégée, Charles VII à Chinon.Mais ne s'accomplira pas ce fratricide monstrueux: l'Angleterre égorgeant la France.Et Jeanne D'Arc parait.• • • "Jeanne vint au monde à cheval.Sous un chou qui était un chêne." Joseph Delteil.Jeanne, dès fa naissance, s'est-elle trouvée prédestinée, énorme, surnaturelle?Plutôt je lui imagine une fraîche et paysanne enfance lorraine, sensible et pieuse, et la fillette pensive s'indigne de la vie indifférente et joyeuse du Roi Charles, après cent années de guerres lentes, déprimantes et dévastatrices.La guerre de Cent An'.Cent ans! Comme on va vite! Nous trouvons cela drôle, nous, et ces guerriers donquichottesques, encombrés de lances et d'armures en quincaillerie nous font rire.Pauvres gens! On perdait bien sa vie dans ce temps-là — aussi.Charles VII était sage.Indolent et sensuel, il suivait son plaisir.Jeanne va à lui, réveille les patriotismes endormis.Le Français aime la jeunesse et la féminité, et on ne sait pas où son enthousiasme le mène.Jeanne dit: "Dieu.votre Roi.La France." Et voilà ce3 brigands devenus des né-ros.C'est tout simple, et le Poilu de 1914 a renouvelé ce geste qui dresse les hommes et découvre les poitrines pour un mot.un mot, ah! la Gloire, la Patrie, c'est simple de mourir.Chinon, adorable petite ville, célèbre par un feu d'artifice et un concours gymnastique le passage de l'Héroïne.La chambre où a eu lieu l'Entrevue — l'Entrevue avec le Roi marquée de l'inspiration céleste — est en ruine.Mais les coeurs reconnaissants ressuscitent le Passé.Chinon fête Jeanne.Blois, la France entière.Et Chécy.Chécy d'où elle découvrit la Ville assaillie, la Ville qu'elle allait délivrer.Là, à la place de cette colonne d'où on domine le Val de Loire, Orléans et les deux tours massives de sa Cathédrale, là, en cet endroit qu'on signale d'arbustes fichés en terre et de girandoles de papier.— Et là, elle a dormi.Jeanne, petite fille, petit corps faible abandonné au sommeil sur la terre humide, je connais ton cou- En manière de préface Jeanne naquit à Domrémy le 6 janvier 1412.Domrémy est un village lorrain, un village de frontière et de guerre, et Jeanne en connut, toute petite, l'horreur.Ses parents étaient des paysans simples, mais de condition aisée.Son père, doyen de la commune.Sa mère s'appelait Isabelle Romée.Elle avait trois frères: Jacques, qui ne l'approuvait pas: Pierre et Jean, qui la suivirent — et une soeur.On ne lui apprit ni à lire ni à écrire, mais à filer la laine tt traire les brebis, à préparer la soupe et à tisser la toile.Et on l'éleva dans une grande piété.Jeanne, dans son adolescence, subit la grande force de ses pensées pleines de rêves.Elle avait écouté les récits des soldats, elle pensait au royaume de France envahi, au Dauphin comme un fantoche.Et une voix lui disait qu'elle pouvait bien, faible fille, aller signaler à ces fous la débâcle où l'on courait, sans que personne paraisse s'en apercevoir.Et son idée grandit dans sa tête.A plusieurs reprises, elle alla voir le Sire de Vaucouleurs, de qui dépendait Domrémy, et avec qui son père avait affaire.On s'étonnait de ces démarches.Mais elle s'obstina tant, autour d'elle et prêcha si bien que la France ne pouvait pas mourir ainsi, que c'était contre la volonté de Dieu et que s'il n'y avait qu'elle pour ouvrir les yeux du Dauphin Charles, quand même elle irait, que Robert de Baudricourt de Vaucouleurs, content de lui, avec une brusquerie qui lui servait de volonté, céda et dit: "Va, et advienne que pourra." On s'équipa tant bien que mal, on vola le cheval de t'évéque! Le voyage de Jeanne et ses modestes compagnons, sur cent cinquante lieues à travers la France ravagée, fût une grande peine.A Chinon, sa conviction en soi et sa persévérance jamais lassée lui ouvrirent les portes impossibles de la Chambre du Roi.Mais on se plut à la mystifier: Gilles de Rais, seigneur à la Barbe-Bleue, prit sur le trône la place de Charles, qui se cacha dans la foule.Or, Jeanne connaissait le Roi par des portraits, et trois jours d'auberge à Chinon lui avaient appris les excentricités de cour, et quel prince teignait sa barbe.Mais si bien que fût caché le Dauphin, une main guida sûrement Va Pucelle.Ce fut le premier miracle.A Poitiers, où on la mit en présence de clercs pour s'assurer de la netteté de ses dires, elle étonna tout le monde par ses réponses claires et si bien équilibrées, encore que naïves.Il restait si peu à perdre On la laissa aller.Mais le peuple a plus de foi.Des volontés se tendaient vers elle, de partout.Avec de la douceur, de la gaieté, un sentiment chrétien sans rigidité rébarbative, elle sût constituer une armée.La délivrance d'Orléans fût un miracle.L'enthousiasme autour de cette jouvencelle, les ardeurs renouvelées — on vainquit à St-Loup, aux Augustins, aux Tourelles, à Meung, à Jargeau, à Beaugency, à Patay — ce ne fût plus qu'une ascension.Le 31 juillet de l'année triomphante Jeanne faisait sacrer son Roi à Reims.Dès lors elle a atteint la plus grande gloire terrestre: il lui reste a souffrir pour mériter le Ciel.Il y avait à lever le siège de Paris.Devant Compiègne, Jeanne fût traîtreusement faite prisonnière des Bourguignons, alliés des Anglais, auxquels Jean de Luxembourg la vendit pour un poids d'or.Mais les Anglais n'entendaient pas répondre seuls de l'accusation de l'Héroïne.Ils gagnèrent le clergé ou l'indigne évêque de Beauvais.Pierre Cauchon, qui se prétendait autorisé du fait que la prisonnière avait été prise sur son diocèse.C'est que Jeanne, dans sa foi indépendante et son assurance proche de l'orgueil, révolte l'esprit de soumission de tout parfait catholique.On cite cette réponse hardie qu'elle fait quand on lui demande si elle est en état de grâce: —Si je n'y suis.Dieu m'y mette.Si j'y suis.Dieu m'y garde.Cette protestation contre l'autorité de l'Eglise, intermédiaire entre Dieu et l'individu, fut sa condamnation.Elle fût brûlée comme présomptueuse, vanteresse, idolâtre, apostate, schismatique, hérétique et relapse, sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, le 30 mai 1431.Aujourd'hui, elle est sur les autels et c'est la grande sainte de France.C'est en ce mois de juillet que Jeanne fit sacrer Charles le Dauphin, à Reims, il y a cinq cents ans.Nous avons voulu donner à nos lecteurs, à l'occasion de cette fête glorieuse du 5e centenaire, un compte rendu finement raconté des fêtes qui viennent d'avoir lieu, à Orléans, à cette occasion.Au Canada, la race canadienne-française porte un culte tout particulier à la vaillante pucelle de France.C'est de son sang qui coule dans nos veines et son nom est non-seul&ment invoqué avec piété, avec ferveur, mais également avec fierté.Dans toutes nos écoles, elle est connue et son histoire enseignée.Nous nous plaisons à lui comparer notre Madeleine de Verchères et toute cette pléiade de nos femmes héroïques, religieuses et épouses de héros, qui, aux premiers temps de la Nouvelle-France, illustrèrent le nom français sur le sol canadien.Elles étaient soeurs de Jeanne et.comme elle, avec moins d'éclat mais peut-être autant de ferveur et de fol, surent donner le Canada à la France tout en ceignant leur front de l'auréole des saints. Alun Afiij'tzirir.Juilht.19H> 7 rage et ta destinée grande.Pourtant tu m'attendris, endormie.Autour de toi, ta petite armée passionnée veille, Imerguer, ton page, Pierre et Jean, tes frères, ton capitaine et tous.Sous tes paupières des rêves passent — des rêves de victoire, mais n'y a-t-il aucun regret vers le village que tu as quitté, le village de ton enfance, au flanc vert des Vosges, où coule la Meuse, tes troupeaux blancs dont la laine donnait des courtepointes chaudes, ta quenouille et ton ciel lorrain?Jeanne, Jeanne, ton visage est plein de clarté parée que tu sais ton but et que plus rien n'existe.* * * * ".Les troupes qui, de Blois, avec lesquelles "la Pucelle, avaient pris leur chemin par la Sologne "arrivèrent le jeudi soir 28 avril 1429, vis-à-vis du "bourg de Chécy, qui est à deux lieues d'Orléans, "sur la rivière la Loire, du côté d'Orient."En ce lieu les troupes passèrent la rivière et lo-"g>rent la nuit dans ledit bourg de Chécy.La Pu-"cellc fut accueillie au Château de Keuillv par Guy "de Cailly." Déception, Je ne vais pas plus loin: Jeanne n'a pas dormi dans l'herbe.* * * * Chécy, donc, honore sa Passagère à coup de drapeaux bleu-blanc-et rouge, de guirlandes et de feuillages; en remerciement la Sainte envoie sur les champs assoiffés la douce pluie qui sauve, qui va chercher dans la terre le germe producteur.* * * * Le soir du 29 avril 1429, Jeanne D'Arc, accompagnée du flambant Dunois sur son cheval harnaché de rouge, entrait dans Orléans au nez et à la barbe des Anglais sidérés.Quand les assiégés, à la lumière dansante et folle des torches, virent venir à eux, sur son blanc palefroi, cette forte et frêle jeune fille, porteuse de vivres, certes, mais plus précieux que les vivres du Courage et de la séduction de sa jeunesse hardie, ils se sentirent déjà comme un peu victorieux.Et ce fut un cortège de fièvre et de triomphe qui par les rue6 étroites, conduisit jusqu'à la maison de Jacques Boucher, Trésorier du Roi, la Libératrice.* * * * Pour figurer Jeanne à nos fêtes extraordinaires nous avons Nicole Chavann?de Dalmassy, fille du Commandant chef d'escadron au 8o régiment de chasseurs à cheval, desccnJante authentique de l'Héroïne.Nicole Chavanne de Dalmassy à seize ans, un petit profil net en franc, un menton rond, une bouche sensible et des narines vives, et ses yeux, comme ceux dei habitants des pays de plain.', regardant droit devant elle, loin.Sa chevelure est châtaine, tout cela bien français.Lundi (29 avril», elle est entrée dans sa ville qui l'acclame, derrière les hérauts, piquiers, archers, couleuvriniers — disent les programmes, — toute un; foule en armures d'éclat, sous des lumières fumantes et dans des chants de cuivre.Huit "tubes", qui sont de longues trompettes droites avec flammes, sonnent profondément.Le délire autour du cortège.Encore que grande, Jeanne est tout engoncée dans son lourd vêtement de guerre.Mais elle se tient à cheval crânement.Louis de Coûtes, dit Imerguer.son page, tient par la bride et guide la blanche monture (Moi, je n'aime pas les chevaux blancs.) Et viennent Dunois, énergique visage barré de rides, Etienne de Vignolles.Pierre D'Arc, Jean d'Aulon, Jean D'Arc; Florent d'Illiers et Pierres de Xaintrailles,; Gilles de Laval, ce Barbe-bleue et d'autres.Des porte fanions entre eux comme des pointe-virgules.Croyez que si je reconnais si bien tous ces gens-là, c'est que j'ai dans les mains un papier qui les nomme.Et ce n'est pas vilain, pas vilain du tout, ces costumes d'un autre siècle dans nos rues d'un autre temps.Il parait bien qu'à la formation du cortège des chevaux se rebiffèrent sous ces cavaliers iacongrus, incongrûment chargés de cuirasses et de casques.Sur le pavé de la cour du 30o d'artillerie il y eut le piétinement des sabots et quelques bruits de chutes.On maintint les bêtes récalcitrantes, les aveuglant de couvertures épaisses.Et toat finit par aller la mieux du monde.Le capitaine de Wallemont, beau, grand, l'oeil fier, a pris mi charge de cette reconstitution, qui aurait pu être une grotesque carnavaillade et qui est une évocation très juste, très fine, très précise, d'un soir victorieux à Orléans.— moins le jeu, la flamme, la fièvre.Le cortège va.La rue de Bourgogne est longue, lente, étroite, vertigineuse et pierrée.Elle a d'adorables vieilles petites maisons — "ce qui me plait m'arrête", — c'est joli, il n'y a pas besoin de raisons, ni d'aucune notion d'art.L'hôtel de Jacques Boucher occupait, dans notre rue du Tabour, les numéros actuels 35 et 33.La façade en a été conservée — restaurée cent fois — bardée de bois, suffocante de Passé.Deux étages, et des toits pointus sur les greniers.Mais que vous sert que je décrive.Je ne vais pas vous dénombrer les pierres, vous affoler de précisions architecturales où je m'embrouillerais d'exar- tudes chronologiques qui seraient des mensonges — comme toutes les exactitudes chronologiques.Dans la réalité, je ne retrouve rien: ce pavage est de 1552 et ce décor récent.La présence de Jeanne est effacée sous vingt couches de plâtre — ou mille — sous cinq cents ans de poussières, et de vies redevenues poussière.Je ne reconnais rien.Je veux voir Jeanne ici, là, partout, aller de son pas sûr et le front irradié, je veux voir Jeanne vivre.Laissaa-moi à mon rêve et je vou6 laisse au vôtre.Jeanne arrive devant l'hôtel de Jacques Boucher.Heure pour heure, à cinq cents ans de distance, Nicole Chavanne de Dalmassy répète son geste de salut saute à terre aidée de deux pages, franehit trois marches — et sur la foule qui la poursuit, de clameurs et d'admiration, la porte de l'hôtel de l'An-nonciade se referme.Les religieuses dominicaines qui habitent l'Hôtel aujourd'hui ont mis à la fenêtre, parmi les fleurs, la copie de l'étendard authentique de la Sainte.La foule guette, s'enthousiasme à ce rappel de ce qui a été, se sent vieille, et riche de tant de siècles au-dessus de soi.—Il me semble que je suis ma grand'mère, dit très exactement une jeune femme près de moi.Cependant, Imerguer enfourche la célèbre monture blanche, et le cortège reprend sa marche par les rues plafonnées de cordons électriques.* * * * La petite fille est entrée dans la maison hospitalière Elle était bergère en Lorraine, en cotte de bure, pieds nus dans les sabots.Mais elle a tout quitte sous une force plus grande qu'elle, sa chambre humide et vide, l'âtre ou l'eau bout, ses compagnes Hauviette et Gervaise, sa soeur et ses vitux parents, elle a tout quitté.Elle était bergère aux champs, et la voici aujourd'hui déjà si puissante qu'on la reçoit comme celle de qui on attend tout.Jacques Boucher lui a fait préparer un lit étroit sous les courtines tombantes, dans une salle de pierre nue.Jeanne, le front aux vitraux, regarde en bas dnn^ la rue étroite cette foule en joie, cette foule ivre qui veut se battre et vaincre, et Jeanne a l'âme Mite du sang qu'on va versar.Les flambeaux, dans les mains en farandole, agitent leur lueur fumeuse qui monte dans la nuit, et jette sur le dallage gris de la chambre où la vierge va dormir d'infernales flammes.Les pic-Js meurtris éclaboussent l'eau croupi?du ruisseau médian.Jeanne regarde, le front aux vitraux rouge et bleu.Jeanne pense aux prés verts où eMe cueillait l'h r-be, du geste rond de sa faucille au manche de bois rongé d'ans, aux aubépines balancées aux branches sans feuilles, à la paix de sa campagne printanière abandonnée —• et demain cette lutte, nécessaire, qui fera tant de morts.Alors Jeanne pleure.* * * * Comprenez que c'est mai, c'est mai, c'est le printemps, c'est l'air bleu, c'est toutes les promesses de bonheur et de paix.6n appelle ici l'aubépine, cette ramure lisse où les fleurs nacrées s'accrochent directement: le mai.Parce qu'à la première nuit de mai les jeunes hommes de nos villages vont suspendre aux feaêtres des jeunes filles à marier des touffes ficelées comme paquets d'oignons de ces tiges flexibles et roses.Cette année les "mais" étaient maigres, parce que l'hiver rude, mars capricieux et avril gris ont fait le printemps tardif.Notre campagne est sans verdure, et c'est lamentable comme un adolescent ra-chitique, cette atmosphère brusquement adoucie sur ce paysage sans fleurs.On a vu un chapeau de paille, hélas une hirondelle ne fait pas le printemps.Quoiqu'il en soit, les "mais" ont déçu les fiancées.De vieilles demoiselles ont trouvé des bottes de carottes, des poireaux et des salsifis à leur porte, et ee matin, en robe de maison et empapillottées, elles ont montré le manche de leur balai aux garnements.Pour moi j'ai eu du muguet, des souhaits en clochettes blanches.J'étais impatiente de cette odeur raffinée, précieuse, légère, extraordinaire.J'ai confiance en le nonhfur qui m'attend.J'aime tout de la vie et je crois qu'il fait beau.*•*•** Cméma Le vendredi 3 mai, le Pouvoir législatif, le Conseil de Préfecture en grande pompe, la Municipalité, les généraux, la Magistrature et la Presse, avec le Comité des Fêtes, — toute l'Autorité orleanaise es* invitée à "visionner" LA MERVEILLEUSE VIE DE JEANNE D'ARC la belle oeuvre de Marco de Gastyne, que par faveur spéciale on nous donne ici quelques jours seulement après la présentation du film à l'Opéra, à Pari».Simone Genevois, vedette, est dans la salle.Blonde, les yeux larges le nez qui hume et la bouche mouvementée.Lorsque j'avais cinq ans, Simone Genevois était ma meilleure compagne.Tout à l'heure je l'ai rencontrée dans la ville, en grand manteau gris de voyage.Sans oser l'aborder, j'ai reconau son petit museau blanc.On trinque à l'entr'acte.On lui offre des fleurs — et à Choura Milena, et des compliments à Marco de Gastyne, qui l'accompagnent.Mais le film?Le film est dans l'ensemble b»n, promis à une longue carrière de succès.A l'étranger, il portera en image de goût notre belle Histoire.Les vues, bien éclairées, sobrement, lombrement, sont prises de près, ce qui donne une photographie puissante — pas dee premiers plans.Il y a des choses tout à fait réussies, la grande maisan de Dom-rémy au toit plat, le-s murs sans fenêtre rongés de lierre; la fraîcheur des scènes paysannes du début, on sent chantey les branches d'arbres.Et puis certaines scènes d'évocation, les plus abstraites, en sur-Impressions vagues.Par exemple je n'aime pas que deux saintes apparues aient un visage "de-femmt?-en-vie" et des ondulations Marcel.Je préfère un voile qui flotte.Dans le même ordre d'idée — j'en ai des reproches à faire! — pourquoi coupe-t-on cette scène oil cm soldat de la guerre en évoque les horreurs, dans bi cheminée, au soir, profil pathétique éclairé par des "visions" de cette guerre, sanglantes, bousca-lées?Pourquoi?Ah! ne précisez pas ainsi, on comprenait assez (si on ne comprend pas, il reste à quitter la salle) et quel metteur en scène sentira-t-il enfin, que la plus belle image est celle de ma pensée, non pas celle de votre écran! Evoquez.Suggérez.Sachez vous éloigner sitôt que votre baguette de magicien nous a montré le chemin du Rêve.Vous me fatiguez à rester près de nous comme un cicérone encombrant, avec votre grosse voix qui ne fait grâce d'aucun détail.On se bat trop, et de telle façon que vient l'envie de rire.Et des inégalités.Nous n'avons pas vu comment Jeanne arrivait à séduire, à force de paroles convaincantes, ses compagnons de son village.Comme elle à pu faire son voyage de Vaucouleurs à Chinon, et c'est quelque chose, le voyage de cette fletite paysanne à travers la France Impossible et ravagée de ce temps-là! Certes, il appartient au réalisateur de métrer son film a su guise, mais etitc table de la lingerie et éeril à su mire d'adoption.Ses espoirs chantent follement en lui.Emporté par l'amour qu'il aurait pourtant voulu garder prisonnier dans son âme, mais qui vibre trop fort à cette heure, il avoue à sa garde-malade: —Mlle Saint-Yves.je voudrais vous dire que.je vous.Elle ne l'interrompt pas, alors, confiant, il poursuit: —J'ai fait un rêve dont les ailes sont trop larges, j'ai peur.J'ai rêvé de lier mes jours aux vôtres.de vous donner beaucoup de bonheur.—Chut! Ne parlez pas ainsi.Vous allez vous fatiguer, mon petit, répond câlinement Louise-Marie.—Oh! n'ayez crainte.Laissez-moi vous dire enfin tout ce que j'étouffe en moi depuis tant de jours.—L'heure n'est pas aux rêves d'amour, mon pauvre ami.Le malade eut des larmes au bord de la paupière mais défendant sa cause, il ajouta: —Il n'est pas interdit, mon amie, de croire à la victoire, à la liberté et d'espérer un foyer pour les jours de paix L'infirmière le laissait dire.—J'ai une très modeste vie à vous offrir, il est vrai.L'épouse d'un militaire ne peut attendre ni le luxe ni la richesse.J'habite une paisible chaumière à quelques milles de Paris avec ma Maman.Vous y serez reine et si je vous assure bien peu matériellement, par contre je vous promets tout mon coeur, mon amour et ma fidélité.Nous serions heureux, si vous vouliez.si vous m'aimiez un peu.La jeune fille est conquise.Amoureusement, elle laisse passer dans son regard ce qui vit en elle et répond simplement: _Merci, mon ami, de vouloir mon bonheur ainsi.Plus tard quand j'aurai réfléchi et demandé l'avis de mon père d'adoption, je vous dirai si je puis accepter de partager votre vie entière.En attendant, ne doutez pas de ma tendresse.Vite, là, reposez-vous, mon petit, car vous avez éprouvé un rude assaut ce soir, et il faut guérir pour être heureux.Allons, confiance en l'avenir et bonne et belle nuit.Le jeune fille borda le lit de Vergor comme une maman borde son chérubin et quand le malade ferma les yeux pour s'endormir, elle s'esquiva discrètement.Dans le corridor, quelqu'un s'avance dans l'ombre avec un bougeoir à la main.Elle reconnait Jean Bizet et lui sourit de toute la fête qui irradie son âme.Elle veut lui conter tout de suite comme elle est heureuse et passe son bras sous le sien pour l'entraîner à l'écart.Lui comprend mal, croit toute cette joie pour lui et posant le bougeoir sur la table où il s'appuie, il s'incline vers Louise-Marie qui prépare une potion.—Louise, ce soir, je te dis tout.tout.—Moi aussi, j'en ai long à te conter, mon Jean, mais commence toi.allons qu'y a-t-il ?—Mais tu ne l'as donc pas deviné?Je t'ain tiens, je t'aime depuis le matin où tu es apparue sur mon chemin.Je t'ai aimée davantage chaque jour et j'ai toujours rêvé de faire de toi mon épouse bien-aimée et de consacrer toute ma vie à ton bonheur.—Jean! Jean! —Non, chérie, ne m'interdis pas de te révéler mon amour.J'ai tant retardé parce que nous n'étions pas libres.mais là, je ne puis plus attendre.Et prenant dans ses mains la tête de la jeune fille, il la force à le regarder, les yeux dans les yeux.—Dis-moi que tu m'aimes, toi aussi, dis-moi que tu seras ma petite femme adorée, quand nous retournerons en France.Donne-moi cet espoir que là-bas, nous serons unis.Je te rendrai heureuse, va, Louise mienne, si tu savais tout ce que j'ai enfermé dans mon coeur pour toi!.La jeune fille se dégage.—Jean, mon grand, ne me parle pas ainsi.je ne puis pas t'entendre!.—Tu ne peux pas m'entendre! Pourquoi?—Jean, j'ai presque donné ma parole à un autre.Je t'aime, tiens, de tout mon coeur, mon grand, et je ne voudrais pas te faire mal, mais je ne t'aime pas comme tu veux, je t'aime comme un cher petit frère à qui je dois tant de beaux jours et pour qui je désire tout le bien et le meilleur possible, mais je n'ai jamais songé à toi comme compagnon de toute la vie.Cher.je ne voudrais pas te peiner, mais ce serait lâche de te tromper.Jean parle-moi! ne sois pas sombre ainsi.—Tu en aimes un autre! Un autre! Et les bras tendus retombent et Jean recule.—Pardonne-moi.je n'aurais pas parlé si j'avais su.Il hésite.puis un seul mot tombe entre eux: —Adieu.Et Jean Bizet laissant le bougeoir sur la table, s'en retourne.Son coeur lui paraît dans une nuit plus noire, plus étouffante que celle du corridor.ce corridor où tantôt il marchait pourtant l'âme pleine de rayons.Louise-Marie appelle: —Jean! Jean! ne t'en va pas comme ça.N'aie pas de chagrin.je t'aime fort, fort.reviens que je t'explique.Mais le jeune homme semble ne pas entendre.Son pas fier résonne sur les dalles de pierre et l'écho rebondit comme un tocsin de malheur sur le coeur de l'infirmière.Elle n'est plus aussi heureuse de l'amour de Vergor.L'aveu de Jean lui est toute une révélation.Pourquoi n'a-t-elle pas compris plus tôt?Ce lui est bon infiniment de se savoir choisie par son frère d'adoption qu'elle a toujours hautement apprécié.mais elle revoit la figure du petit malade qu'elle adore.elle entend encore les mots tendres, les promesses d'avenir qui l'ont captivée ce soir et elle ne sait plus.Accoudée sur une pile de draps blancs, d-\ns la petite lingerie où elle s'est réfugiée, elle réfléchit.étudie son coeur.soupèse les deux bonheurs qui lui sont offerts.Bien des jours ensuite, elle roula dans sa tête l'épineux problème mais de ce tournoi intime où rivalisaient son frère d'adoption et le porte-drapeau.c'est Jean Bizet qui fut le vaincu.Les représailles s'étant un peu calmées dans la région du Lac Champlain, Montcalm revint à Québec et avec lui Louise-Marie et la plus forte partie des combattants.Au premier de l'An, (1759) Mlle Saint-Yves et le Sieur Vergor furent fiancés dans la petite chapelle des Ursulines.Ils s'épouseraient en France à la fin des hostilités si le Ciel leur était clément.Le jeune homme avait repris les armes et sa fiancée continuait son oeuvre à l'Hôpital.Fièrement Jean portait sa blessure mais à certaines heures il lui semblait que ce lui aurait été im- (Suite à la page 32; Mon Magazine, Juillet, 1929 11 Le Foyer La Causerie de Tante Tante Ariette L'AURORE Â ma fille TTENDS, elle va venir.Tu la verras d'abord étendre ses voiles gris au fond du ciel.Ils sont humides de rosée nocturne, et c'est pour cela qu'elle les étire d'une montagne à l'autre.En séchant, ils blanchissent peu à peu et deviennent tellement trasparents que l'on devine le ciel au travers.Puis tout à coup elle s'avise que son échar-pe aussi s'est mouillée, sa belle échar-pe rose et bleue, frangée d'argent comme une vague!.Vite, vite, la soie mousseuse vient se mêler aux voiles clairs, et parce qu'il y a, çà et là, quelques opales incrustées, des reflets fugitifs et doux glissent jusqu'à la plaine sombre.Alors la lumière grandit; l'aurore radieuse et blonde s'élève au-dessus des vapeurs, et toute sa grâce indécise s'épanche ainsi qu'un flot vainqueur qui submerge la vaste terre.Tout rayonne à présent, tout resplendit et flamboie.La gloire du jour est tellement éclatante que ta prunelle n'en peut supporter la splendeur et tu caches ton petit visage sur mon épaule.ton visage, mon aurore à moi, gloire et beauté de mes jours humains!.Les jours terrestres sont des aurores.Elles viennent lentement, avec des voiles gris d'abord qui peu à peu se nuancent de rose, et il faut les attendre avec patience comme nous attendons au bord de la route sombre l'immense réveil des cieux.Chérie, elles seront quelquefois tellement éblouissantes que tu chercheras mon épaule pour y cacher tes yeux ravis; l'épaule maternelle, vois-tu est accueillante à la joie comme aux larmes!.Le chemin est obscur; ses marges sont peuplées de grandes formes attrayantes.L'aboi des chiens, ça et là, monte, clameur lugubre, et les oiseaux de nuit passent d'un vol ouaté.Il ne faut pas avoir peur, toute petite; il faut penser à l'aurore.attends, elle va venir.L'allégresse des oiseaux et des humains l'appelle et la salue.Les lacs déroulent vers elle leurs buées allongées comme de souples danseuses aux visages invisibles, et, tel un encens pur qu'aucune poitrine n'a respiré encore, l'haleine de la terre monte alourdie du parfum des sèves et des plantes jusqu'à la voûte bleue du ciel.La lumière est puissante comme le désir des empereurs, elle est pure comme le rêve des petites filles, elle est douce comme les chansons des poètes, elle resplendit comme la porte même du paradis.Toute la beauté du monde dépend d'elle, car sans elle il n'y aurait point de fleurs et les enfants ne riraient jamais.C'est pour cela que nous saluons l'aurore d'une âme heureuse et reconnaissante, comme une grande joie quotidienne que le Seigneur nous a donnée.La mort aussi est une aurore.Elle vient tout enveloppée de voiles gris; à mesure que nous nous détachons de ce monde ils se transforment et se font de plus en plus lumineux.Oh! ce passage, ce passage dont on s'effraye, comme il doit être facile à l'âme croyante!.Il ne faut pas avoir peur, chérie, au bord de la sombre route bordée de formes terrifiantes.Qu'importent la clameur lugubre des passions et le vol sinistre des mauvais anges?.Il faut penser à l'aurore, et se dire à soi-même: attends .elle va venir!.Elle viendra, éclatante et douce, pleine de revoirs et d'accueils, de miséricorde et de tendresse, et la porte rose, large ouverte, jettera les flots H lin d à méditer IIAQUE jour on entend gémir certaines femmes, on devrait crier sur les toits qu'il n'y a plus de ménage! heureux! Et pourtant, mesdames, tous ceux qui se plaignent ont-ils raison de le faire?Existe-t-il tout de même quelque recettes de rendre les ménages.plus heureux.' Il faut le croire, puisqu'un Yankee l'affirme.En tout cas.sans plus lasser votre curiosité, voici le témoignage d'un homme qui sans être prêtre a confessé nombre de malades du monde féminin.C'est d'un.avocat que je veux tirer quelques conseils, et d'un avocat américain! Et comme ce bon fils de race ose tout dire, je le laisse parler.Conseils à la femme: Ne faites pas de dépenses extravagantes.Un homme veut arriver à joindre les deux bouts dans son ménage et un mari n'a plus de goût d'apporter de l'argent quand il sait qu'il sera dépensé follement.Ne laissez pas la poussière s'installer dans la maison, l'n intérieur attrayant est un repos pour un mari qui rentre fatigué.Ne vous néglige/, pas.A femme malpropre mari absent.Ne vous laisse/ pas trop souvent complimenter.Les maris sont souvent jalouse et parfois sans motifs.Laissez le père corriger les enfants quand il le faut.Ne passez pas trop de temps chez votre mère.Ne prenez pas conseils des voisins, ni même de vos parents pour votre ménage.Ne découragez pas votre mari.Encnurajrez-le toujours.Ne soyez pas triste.Souriez.N'oubliez pas que les petites choses sont importantes.Ayez du tact.Soyez femme, les hommes aiment à être cajolés, mais ils se cabrent si on veut les mener et ils cèdent toujours à une femme qui a su leur plaire.Et pour vous consoler, mesdames, voici les conseils que l'on donne à messieurs vos maris: Ne lésinez pas.l'ne femme a le droit d'être pourvue selon la condition du mari.Ne vous mêlez pas du ménaire.Donnez confiance à votre femme.Ne bougonne/, pas.Tant île femmes en sont malheureuses! Ne raillez pas votre femme clans les vêtements.Sachez cependant lui montrer bon plaisir à s'habiller modestement sans s'enlaidir.Ne négligez pas votre femme après quelques années de ménage.La froideur est fatale aux ménages.Ne haussez jamais la voix.Pas de paroles dures.Soyez gai et raisonnable.N'habitez pas chez vos parents ni chez les parents de votre femme.Ne partagez pas votre maison avec une autre famille.Soignez votre personne.Soyez juste pour vos enfants." Enfin ce petit détail jeté négligemment comme une allumette capable d'incendier toute une maison: Tenez la cuisine propre.Et voilà ce que pense un Américain.Il n'était pas nécessaire de courir si loin, direz-vous?C'e^t bien parfois ce qui nous trompe.Quand on cherche le bonheur, la moindre négligence peut nous en éloigner à jamais.Avant de clore ce décalogue nouveau genre, je souhaite qu'on le dispute au coin du feu, avec le désir d'y chercher une petite flamme bleue.Tante AU LETT E.de cette lumière qui éblouit les yeux halant des spirales bleues que la brise des mortels.fait bouger.Ma fille, en attendant, contemple celle-ci qui n'en est que la pâle image.L'une prélude au divin repos, l'autre est le signal du labeur humain.Entends partout les appels des laboureurs et des pâtres, et vers l'étang si bleu sous ses fleurs, vois s'en aller la théorie silencieuse des porteuses d'amphores.Les foyers qui ont veillé toute la nuit s'éteignent, ex- Viens, tes pieds trop petits se blesseraient aux pierres tandis que nous regagnons notre demeure: je te porterai dans mes bras.Viens, le frisson matinal glisse sur tes frêles épaules: je t'envelopperai de mon voile tiède.Et là, au creux abrité de ma poitrine et de mes épaules, tandis que le jour monte au ciel, souris, toi aussi mon aurore.James filles ! Lisez ! E qu'il ne faut pas à la jeune fille d'aujourd'hui, c'est le gar^onnisme.C'est une maladie à la mode.Toutes n'en meurent pas mais beaucoup en sont frappées.La théorie des petites oies blanches n'est plus; et l'on peut craindre de voir nos jeunes filles des garçons manques et mal élevés.Elles se rasent les cheveux comme des hommes, raccourcissent en haut et en bas des robes déjà courtes, quand elles ne les troquent pas, dans les sports, pour la culotte.Elles fument renversées dans un fauteuil comme des hommes; elles parlent comme des jeunes collégiens imancipés.Elles jouent aux cartes et boivent comme les hommes.Dans leur désir d'être dans le mouvement, elles oublient ce mot délicat et profond de Pie XI, soucieux comme l'était St-Paul, de la dignité de la femme et du rôle qu'elle doit jouer dans la société! Il faut que la femme soit élégante et distinguée pour charmer; c'est son rôle.Mais dès qu'elle commence à perdre le sens du convenable, elle commence aussi à perdre de son charme et à cesser de plaire.Vos jeunes filles en se masculiné-sant, rompent les lois de l'harmonie qui doivent présider à l'évolution de leur personnalité.De même que les cheveux trop courts font saillir le nez, et les traits, ôtent au visage les charmes féminins, sans pour cela le rendre viril; le velouté de l'âme neuve enlevé, les délicatesses des retenues parties, les nuances inquiètes fondues, il n'y a plus le charme de l'âme, et bien proche pour la vertu est le danger.C'est que des allures, on passe vite à un état d'esprit masculin, la mentalité masculine.Il est des jeunes filles qui s'empoisonnent cérébralc-ment par des lectures malsaines, pour faire comme les hommes.Elles oublient que l'homme propre ne lit pas tout ce qui lui tombe sous la main; qu'il n'y a pas deux codes de morale; l'un pour l'homme et l'autre pour la femme.On se crée une âme où la pensée et l'imagination se plaisent en des raffinements troubles qui gagnent le coeur et l'atrophient.Les moeurs sont bien près de sombrer.Il est un autre malaise moderne qui menace la jeune fille d'aujourd'hui, c'est l'indépendance mal entendue et sans frein.Ah! si elle voulait s'émanciper des modes ridicules ou grotesques, du snobisme qui lui fait craindre de passer pour être en retard "ou trop style" grand'mère, ce serait superbe.Mais non! Elle s'émancipe de traditions sérieuses et nécessaires."Pour vivre sa vie", elle s'échappe à l'influence familiale, méprise même parfois l'autorité des parents.Sous le prétexte que chacun est libre de penser et d'agir à sa guise, on se façonne une âme prête à toutes les concessions et à toutes les compromissions.11 faut être large d'esprit et tolérant comme un homme, et alors de la théorie on passe à la pratique de "Laissez-aller, de laisser-dire, de de laisser faire." Tous conspire pour procurer à la jeune fille cette indépendance malsaine.Elle quitte la maison paternelle pour le travail, parfois nécessaire, c'est son gagne pain.D'autres fois; c'est une force centrifuge qui la précipite hors du foyer et de la surveillance de ses parents.C'est un engrenage sans arrêt de visites, de thés, de voyage ou de promenades en automobile, de partie de plaisirs ou de danses lascives.Décidément la jeune fille moderne est exposée à une camaraderie déplorable.Mm.( OMP \".NE. 18 Mon Magazine, Juillet, 1020 CLAUDE AMY.— J'ai tout remis fidèlement et tout a été reçu, soyez-en sûre.Je regrette de servir si tristement votre amitié mais ne me demandez pas plus, je ne puis réellement pas.Elle a raison votre amie et j'ai moi-même souvent pensé ainsi à votre sujet.Ce sont les natures comme la vôtre qui se brisent le plus à la vie.Je ne puis trop vous reprocher cette disposition d'âme, je me rappelle si bien avoir été la jeune fille que vous êtes, mais tout en étant compatissante et dévouée, il ne faut pas souffrir soi-même toutes les épreuves de l'humanité.Je souhaiterais que vous puissiez raisonner avant, de résonner.tout contribue chez-vous à cultiver cette sensibilité affinée, et les racines plongent toujours plus avant ; ce qui effleure à peine un autre vous tord jusqu'au plus profond.Suivez les conseils de votre amie, je ne saurais vous orienter mieux dans cette voie.Et vous rêvez d'une belle vacance et de ce voyage enchanteur?Ce vous serait infiniment salutaire et je désire que tout se réalise, ma chère Claude.Je vous approuve dans le retard de votre projet et j'espère pour vous.Je vous remercie de votre fidèle et confiante affection et vous assure de ma part de la meilleure et de la plus franche sympathie.• • * * DIABLOTIN'.— Mais oui, vous êtes la bienvenue.Vous savez que la page est largement ouverte à toutes celles de nos lectrices qui veulent bien nous honorer de leur visite.Un livre pour vous instruire sur vos futurs devoirs?Voulez-vous m'en croire?Les deux meilleurs auteurs à consulter, c'est d'abord votre conscience et puis, votre curé.Voilà les véritables guides dans la voie du devoir et du bien.Et si vous tenez absolument à un livre de chevet, procurez-vous : "Ce qu'une jeune femme devrait savoir".Vous aurez ce travail dans les grandes librairies, Garneau, à Québec, Granger, Beauchemin ou Déom, à Montréal.Pour faire dis-paraître la teinte dorée que donne le soleil à votre peau, rien n'égale les lotions blanches.Il n'y a pas de risque à les employer.Mais voulez-vous un autre conseil.' Votre peau brunie doit avoir un charme qu'il ne faudrait pas faire disparaître.Cette teinte chante la santé, les caresses du grand soleil d'été et si je m'appelai» "Diablotin", je dirais au soleil : brûle moi davantage, la teinte va bien avec pseudo! Pour les poils follets, le système électrique est bien recommandé.Je n'ai jamais fait l'expérience de "Tricho": votre médecin vous dirigera à ce sujet.Bonjour et à bientôt le plaisir de vous lire.L.II.I.— Non, je n'aurais pas songé à prononcer le "u" latin afin d'obtenir Louis, je croyais tout simplement ces trois lettres, les initiales de votre nom.Mais que faites-vous alors des points intermédiaires?Je n'ai aucune correspondante de ehez-vous et en aurais-je je ne vous le dirais pas, je crois.Mon âge ?Fi ! Monsieur l'Indiscret ! Vous savez bien qu'une femme n'a pas d'âge ! Toutefois, je pourrais bien vous concéder que je suis votre aînée et trop pour tomber dans vos filets.Cela vous suffit-il?La vie m'a toujours gâtée, c'est pourquoi je ne la vois qu'à travers ses sourires, dites-vous?Pourtant.il se pourrait que parfois, je l'aie vue à travers mes larmes comme les autres humains mais l'on ne gagne ni plus de résignation, de courage ou de bonheur à la maudire toujours.C'est un peu comme le voisin que l'on nous calomnie sans cesse, on finit par le détester mais si l'on vous chante ses qualités et ses largesses, n'en viendrez-vous pas à l'aimer un brin?On se plaint trop habituellement de la vie, elle a ses gros défauts mais ses.vertus aussi, soyons assez charitables pour apprécier un peu ces dernières.Vous venez d'avoir vingt ans, c'est trop jeune pour vous engourdir dans le noir parce qu'une (le Vos illusions s'est effeuillée.Je juge cette jeune fille sage de ne s'être pas engagée pour si longtemps, vous-même remercierez peut-être le Ciel plus tard de n'être pas liée à celle-là si vous croisiez une autre femme aimée davantage.Et par ailleurs, si cinq ans de fidélité lui paraissaient trop longs?.toute la vie, donc ?.Je vous le répète comme à mon dernier billet, combattez votre mélancolie, soyez plu viril, cuirassez-vous et comme vous ne pouvez cueillir toute la vie et ses joies en une seule grappe, laissez mûrir un peu votre jeunesse et votre bonheur.Tout vient à point à qui sait attendre.Bien sincèrement, je vous félicite pour le baccalauréat superbement décroché et vous souhaite de bonnes vacances de repos et.d'amour.• • • • ESPOIR.— Votre lettre m'a fait du bien.L espoir vous revient au coeur, tiens, la grosse tempête est close, me semble-t-il, et tantôt ce sera le soleil et la paix.Ne craignez, pas ses menaces, il ne les mettra jamais à exécution surtout quand il aura réalisé que vous êtes perdue pour lui.("est un de ses vils moyens pour vous induire à lui céder et c'est la rage qu'il a au coeur qui le fait vous peiner sans cesse.Rendre heureuse la personne chère est toute l'ambition de celui qui aime véritablement.Vous aime-t-il alors?Tenez ferme sans vous décourager et vous apportes tant de bonne volonté dans votre lutte, ma chère enfant, que vous finirez sûrement par vaincre.Je comprends vos raisons pour votre père et n'insiste pas.Oui, soignez-vous, vous avez déjà trop tardé et si vous n'avez pas de succès avec ce premier essai, consultez votre médecin et soyez fidèle à ses avis et prescriptions.Soyez raisonnable aussi voulez-vous.' Songez que c'est votre bonheur celte séparation et qu'elle vous prépare un avenir tout heureux.Revenez-moi sans vous inquiéter jamais de la forme, c'est votre âme que j'aime et si vous avez confiance, je vous recevrai tendrement aussi souvent que ce vous sera bon.Courage toujours et souvenez-vous que mon coeur vous attend.GITA.— Je savais bien que toujours vous étiez des nôtres.Votre lettre a dû rencontrer notre revue oû je vous avais enfoui une pensée affectueuse.Et vous êtes en vacances .' Comme vous allez vous reposer et jouir de l'été! Oui c'est ça, maintenant que VOUS êtes libre, venez jaser souvent.Nous discuterons sur les sujets qui vous intéressent et l'on s'entendra bien, je sais, même si l'on diffère d'opinions.Au plaisir de vous lire longuement, alors?< 'i »L( IM1UNE — Ce pseudo vous va bien et si vous le préférez à l'autre, c'est tout comme pour moi.Je ne vous reproche pas d'avoir été silencieuse, ce-i deux derniers mois puisque VOUS étiez à vos études et je comprends bien comme tous les moments sont d'or quand approche l'épreuve décisive.Je vous félicite de votre beau succès.Que rêvez-vous pour l'an prochain?Venez me conter ça.Comme vous le pensez, vous êtes bien la plus jeune de ma petite famille et vous désirez que je chérisse bien fort, ma cadette.' Mais, chère enfant, c'est un souhait vain puisque c'est chose assurée.Vous aimez les longues réponses 1 Elles ne se mesurent pas à mes sentiments, sachez-le, mais scion les questions soumises ou les confidences reçues.Alors avisez.Ne me remerciez pas pour ce tout petit plaisir que j'étais heureuse de vous accorder, et quand je pourrai vous être utile ou agréable, venez sans crainte à votre amie Franceline.Heureuses vacances à ma petite Colombe.• • • • CHRISTO-CIIRISTY.— Vous avez dû recevoir la revue désirée.Merci de votre lettre et de votre pensée délicate sur notre oeuvre.Il n'est pas nécessaire d'avoir une si grande âme.Christo.il suffit d'avoir vécu et de s'en souvenir.J'ai transmis vos messages à qui de droit.Un bonjour d'amie pour clore ce petit billet.• * * « TKEBOR.— Bon, ça va mieux puisque le courage renait.Si j'en suis contente! Maintenant que que l'espoir s'est fait un chemin à travers les ornières, n'allez pas lui chercher querelle et recommencer à douter, à craindre.Allez au devant plutôt et laissez-vous bercer et consoler par sa voix suave.Surveillez sans cesse votre volonté, ne la laissez pas défaillir, c'est elle qui vous sauvera.et quand vous aurez besoin d'une amie pour vous donner un coup d'aile, vous sourire, vous gâter un peu, venez chez-nous.Vos lettres sont les bienvenues et mon âme vous est toujours dévouée.SITIO.— Vous êtes arrivée assez tôt pour le présent courrier.Ne vous fatiguez jamais pour m'écrire, ma chère amie, je vous attendrai sans douter, devinant tous les pourquoi et vous aimant de la même affection toujours.Votre confiance m'a touchée, Sitio, et votre vie se livrant entière à mon âme m'a liée plus intimement, plus étroitement à vous.Votre "souffrante fierté" et vos "tortures révoltées", si je les ai comprises, pauvre petite.Mais ne regrettez pas ces pages de vie, elles ont tant de prix et ce sont elles qui vous achèteront les heures de rayonnement qui couronneront l'histoire de vos jours.telles ces vies qui s'ouvrent en tourmente et se terminent au dernier chapitre en apothéose de bonheur.Et vous saurez être heureuse avec raffinement, si je pouvais oser cette expression, car vous avez souffert ainsi.Soyez confiante, généreuse et vaillante toujours et votre tour viendra, bonne petite âme, et bien plus tôt que vous ne l'espérez peut-être.J'ai hâte au courrier qui m'apportera votre collaboration promise mais je vous défends bien d'abuser de vos forées tant qu'elles ne seront pas parfaitement rétablies.Il est des sujets que je ne puis traiter ouvertement ici, mais lisez entre les lignes et dites-vous bien que mon coeur et ma pensée sont près de vous aussi tendrement, aussi maternellement que vous le puissiez désirer.• • » • PAI'LO.— Je m'étais promis de vous adresser une longue réponse ici et voilà qu'aux derniers instants je suis mandée dans ma famille pour un nouveau deuil.Comprenez et ne me tenez aucun compte; plus tard, je saurai vous prouver mieux, j'espère.Je vous souffle à l'oreille le plus doux de mes (Suite à la page 31 > Mon Magazine, Juillet, 1929 19 Pour la Campagne Pour la Maison de campagne il n'est pas question de ces belles nappes de toile avec incrustations de dentelles et broderies compliquées ravissantes sous les lustres.La broderie de couleur reléguée à la cuisine retrouve naturellement sa place à la salle à manger qu'elle égale par ses vives couleurs.Le choix suivant conviendra nous l'espérons aux goûts les plus divers: No 6080.—Le nénuphar (Lys d'eau) est une fleur très décorative, et beaucoup de nos lectrices pourront s'inspirer pour leur coloris de la nature même.Pour celles qui ne sont pas à proximité d'un étang ou d'un lac, les deux fleurs au centre du coin seront traitées en 3 tons de rose: Les pétales du bas, rose pâle, ceux du coeur foncé, avec quelques points français jaune vieil or, ceux du dessus rose moyen.Les 3 boutons seront chacun d'une nuance de Jaune différent, les 4 boutons du bas, tous de roses différents.Les 2 nénuphars des cùtés en 3 tons de Jaune.Tout est au point de tige excepté les tiges, si désiré, et ce qui retourne des feuilles.Les tiges et rainures des feuilles sont d'un vert soutenu, le contour des feuilles vert clair.Les noeuds français seront Jolis en vert tendre.Jaune or ou noir suivant le goût.Ce travail peut également être exécuté au punch work (point de galan) ce qui serait évidemment encore plus effectif.Prix: Patron à tracer 25c, perforé 50c, au fer chaud, 4 coins 50c.Tout étampée sur coton Jaune 54 x 72 pouces $1.35, 72 x 81 pouces $1.75.Sur toile naturelle 54 x 72 pouces $2.00, 72 x 81 pouces $3.00.Coton perlé M.F.A.pour la broderie $1.40.No.6265.—L'extrême simplicité de ce petit dessin ne lui enlève rien de son charme et cette finition par dents carrées lui donne un cachet d'originalité.Pour les personnes que la difficulté de tourner ces dents effraierait, elles peuvent très bien faire un bord droit en laissant le modèle tel que.La ligne continue formant le tour de la nappe, s'exécute ordinairement gros bleu, lea noeuds français en Jaune vif.La grande marguerite rose France avec coeur brun doré, les petites roses en noeuds français rose pâle, feuilles vertes.Prix: Patron à tracr 20c, perforé 40c, au fer chaud 54 x 72 pouces 50c, 72 x 81 pouces 75c.Tout étampée sur coton Jaune 54 x 72 pouces $1.35.72 x 81 pouces $1.75.Sur toile naturelle $2.00 ou $3.00 suivant la grandeur.Coton perlé M.F.A.pour la broderie 60c.No 6270.—Voici la dernière nouveauté, les si commodes petits sets à lunch ou à thé qui comportent outre la nappe et les serviettes habituelles le chemin de table et les dessous de plat.Voila qui sera agréable pour emporter en pique-nique.Nous conseillerions comme couleurs, le quadrillé brun doré, la bou- cle de ruban gros bleu, la plus grande marguerite rose soutenu, la moyenne Jaune, les petites fleurs mauve et bleu alternées, coeurs des fleurB bruns.Prix: Patrons à tracer nappe et serviette 2 5c, dessus et rectangle 25c.Perforé nappe et serviette 40c, dessus et centre 40c.Au fer chaud nappe 35c, 6 coins de serviettes 24c.Chemin 30c, 6 rectangles 35c.Tout étampée sur coton Jaune nappe 60c.6 serviettes de 12 pouces 45c.Sur toile huître nappe et 6 serviettes $1.65.Set de 7 morceaux sur coton Jauno 70c, sur toile huître, $1.10.Coton M.F.A.pour la broderie 45c.No 5250.—Cette fois-cl, 11 s'agit d'un set à déjeuner seul, le chemin de table de 12 x 36 pouces et 6 rectangles de 8 x 12 pouces.Le rlchelleu revient à l'honneur mais dans un genre rustique destiné & être brodé plutôt en couleur qu'en blanc.Suivant que votre service à déjeuner ou à thé sera bleu, vert ou Jaune, la broderie sera exécutée dans les mêmes tons exactement.Si préféré parce que plus discret, le crème ou l'êcrue soit de la même couleur que la toile, soit plus foncé, serait très élégant.Un coton perlé fin sera plus approprié pour ce genre de broderie qu'un coton à 6 brins.Nous avons également un coton à 1 brin de qualité exactement égale au blanc à 10c l'écheveau, dans les principales nuances en vogue.Prix: Patron à tracer 2 grandeurs 36c.perforé 50c, au fer chaud grand rectangle 35c, 6 petits rectangles 40c Tout étampés 7 morceaux sur coton fini toile, $1.25, sur toile huître $1.50.Coton M.F.A.pour la broderie 60c.Nous recommandons fortement a nos lectrices pour tous ces ouvrages l'emploi de la toile naturelle ou de la toile huître, toutes deux moins dispendieuses qu'une toile irlandaise blanche, mais aussi solides, se lavant et se repassant parfaitement.Sur toutes les commandes faites dans le mois suivant la publication de cette Revue nous accordons 20% sur les patrons et 10% sur les marchandises étampées du moment qu'on Joint à la commande le coupon ou la bande d'abonnement de Mon Magasine.Raoul Vennat 3770 rue St-Denis Montréal Mon Magazine, Juillet, 1929 POUR.LES GRANDES FILLETTES Figure I.—Hobc de toile blanche, jupe en forme montée au corsage linr une étroite ceinture de tuile hh ne.I "nl-cmpiècem* nt en toile bleue.PU de toile bleue simulant un boléro, surmonté d'une étroite broderie au point de croix • n soie bleue, floche de paille jarretière de crêpe de Chine Imprimé ait bas de la calotte.Figure II.—Robe de lainage léger uni.Jupe formée de deux panneaux plats, l'un devant, l'autre dans le dos et de quatre panneaux en forme sur le côté, travaillés de nervures.Corsage plat fermant sur le côté, sous trois noeuds papillon en tissu semblable à la robe.Dans le temps, il était très difficile de trouver des façons de robes pour les jeunes filles entre douze et dix-sept ans.De nos jours, la question est beaucoup plus simple a résoudre, car les mamans, voire les grand'mamans portent à peu près les mêmes robes que leurs filles.La robe pour "dame d'âge moven", selon la formule polie des couturières, n'existe presque plus; tout le monde s'habille "jeune" Vous pourrez donc, petites mamans, exécuter pour vous-mêmes ces robes que nous destinons a vos filles.La robe figure I est en toile blanche, garnie de toile bleu faïence et brodée au bas du corsage d'un étroit dessin au point de croix exécuté avec de la soie ou avec du coton perlé bleu assorti à la toile.La jupe et le corsage sont réunis par une étroite ceinture de toile bleue, surmontée par un pli, formé de deux épaisseurs de toile bleue, fixé seulement en haut, qui donne au corsage l'aspect d'un boléro.La robe que nous avons vue, était, comme celle que représente notre dessin, complètement sans manches, mais, les étés n'étant pas toujours aussi chauds que celui que nous avons eu l'année dernière, je vous conseille d'ajouter un petit mancheron, qui, tout en laissant à la robe son aspect dégagé, la rendra plus confortable.L'empiècement est de forme très nouvelle et charmante.Il est fixé au corsage soit par un jour, soit par une simple couture, mais les deux pans sont libres, de manière à pouvoir se nouer comme le montre notre modèle.Ces pans seront bordés par un picot à la machine, par un simple point de feston, ou par un petit biais posé à cheval.Le chapeau en paille, forme cloche, est toujours le plus pratique pour l'été.Vous le garnirez d'une jarretière de ruban façonné ou plus simplement d'un biais de toile bleue.Peut-être trou-verez-vous que cette robe blanche est bien salissante, et que la toile est trop facile à froisser.Malgré le côté pratique du blanc, qui ne passe pas au blanchissage ni au soleil, ce reproche est mérité.Vous me direz peut-être qu'il vaut mieux porter une robe blanche, parce que les impuretés s'y voyant parfaitement, on aura l'obligation de la porter toujours propre.Je ne suis que partiellement de cet avis.Il me semble préférable, pour certaines circonstances, les voyages en chemin de fer par exemple, de choisir une étoffe lavable que l'on entretiendra com- me si elle était blanche, mais sur laquelle la poussière du voyage ne se verra pas.Les robes blanches seront parfaites pour les jours de grand soleil que l'on passe au contraire sur la plage ou à la promenade.Si donc vous voulez que cette robe soit ce que nous appellerons: "pour tout aller", faites-la en cretonne fleurie, ou simplement en toile de Vichy à petits damiers, avec la garniture en indienne unie assortie à l'un des tons du dessin.Vous pourrez alors supprimer le point de croix.La robe figure II est en lainage léger ou en indienne unie.Ici un dessin à ramage n'est pas indiqué.Pour laisser à la robe tout son caractère, il faut que les charmantes nervures qui ornent les deux côtés de la jupe stient bien visibles.Ces côtés sont faits de quatre panneaux en forme, le devant et le dos étant plats et droit fil.C'est une étroite ceinture de tissu qui réunit la jupe au corsage.Celui-ci.complètement plat, s'ouvre sur le côté du devant, et il est orné dans le haut de trois petits noeuds papillon en étoffe semblable à la robe.Le corsage est sans manches: c'est la mode cette année de la supprimer; mais rien ne vous empêchera, comme je vous l'ai dit pour le corsage figure I, d'y placer des petits mancherons qui rendront la robe plus facile a porter et, en même temps, plus confortable.Voici encore, figure III, un manteau en tissu anglais.Le devant en est tout droit, avec un long col châle, au bas duquel vous placerez quatre boutons disposés en carré; ces boutons seront en galahthe de la couleur du manteau Le dos est une partie très intéressante de ce modèle.Le col, au lieu de tourner en rond autour du cou.se prolonge en une longue pointe qui descend presque jusqu'au bas du manteau, passant sous une étroite ceinture qui occupe le dos seulement.(Suite à la page 30) y *N *3T »" Y-)\e Figure III.—Manteau très pratique en tissu anglais dans les tons neutres, beige ou gris.Long col châle terminé par quatre boutons de galalithc disposés en carré.Pans le dos, le col se transforme en empiècement se prolongeant en pointe presque jusqu'au bas du manteau.Cet empiècement est fixé par une piqûre, il passe sous une étroite ceinture qui s'arrête sur les côtés.Le bas de manches est libre, il est fixé par deux couples de boutons de galalithc jumelles.Cloche de feutre, calotte entourée d'un ruban. Mon Magazine.Jmlhl.1929 21 iHJPEJUK D'ÉTÉ m Il y a cette année des tendances très différentes dans les formes des chapeaux et dans la façon de les porter.Les uns gantent étroitement la tête et s'enfoncent jusqu'aux sourcils, comme ils le faisaient l'an dernier, d'autres, tout en épousant étroitement la forme du crâne, laissent le front dégagé; mais ce qui est commun à ces deux principes si différents, c'est la manière dont le chapeau descend sur la nuque et recouvre les oreilles.Même dans les cloches dont la calotte ne touche pas le haut de la tête, la passe est disposée de telle façon qu'elle descend plus bas sur l'oreille que partout ailleurs.Cloches, toques, bérets de fantaisie, gaines de feutre se partageront également la faveur de nos élégantes.Que choisirez-vous parmi tant de jolies créations si différentes les unes des autres?Peut-être aimerez-vous vous coiffer d'un casque de feutre très enfoncé et descendant bas sur le front; c'est une forme toujours seyante, mais, en été, elle a l'inconvénient de tenir très chaud.Vous éviterez ce défaut en adoptant la disposition qui découvre la partie ou par une large encoche, par un pli ou par un retroussé.Cependant, ma préférence reste acquise aux délicieux chapeaux-cloches de paille, si légers, si frais, si pratiques; il garantissent du soleil et enveloppent les yeux d'une ombre mystérieuse qui donne tant de charme au regard.Voici, figure I, une de ces jolies cloches.Elle est en paille rouge, mais vous trouverez les mêmes formes en feutre si vous le préférez.Vous exécuterez facilement vous-même la garniture.Elle consiste en une jarretière de crêpe de chine imprimé blanc, rouge et marine souligné par un ruban de gros grain marine uni.Sur le côté, la jarretière s'arrondit en une large cocarde plate.Le bord de la passe est entouré d'un biais de crêpe de Chine posé à plat.Il sera très élégant d'assortir à votre chapeau une écharpe longue ou carrée, dont le centre sera de crêpe de Chine imprimé et l'encadrement de crêpe de Chin blanc uni.La mode des mouchoirs, des écharpes, des fichus se répand de plus en plus, et cette faveur est bien méritée, car, là aussi, le côte pratique se double de tout le ravissement des tissus légers et vaporeux, enroulés avec goût autour du cou et jetant sur le visage les reflets de couleurs douces et gaies.Selon les tons de la toilette que vous porterz, vous modifierez les nuances du chapeau et de sa garniture, remplaçant la paille-rouge par une paille bleu biarritz ou par une paille ton naturel.Un autre chapeau, figure IV, d'une forme bien nouvelle et très seyante, est aussi en paille.C'est un béret en paille bleu marine, à calotte souple, avec une passe qui occupe seulement le derrière de la tête et les côtés.Devant, elle est remplacée par un bandeau de tissu qu'il vous sera facile de changer souvent, car l'étoffe en sera rapidement défraîchie.Le changement de ce bandeau, qui vous prendra quelques minutes, vous permettra d'en avoir plu- sieurs différents que vous assortirez à vos toilettes.Dans le modèle que nous avons vu, le crêpe de Chine du bandeau était un fond blanc imprimé de pois différente» grandeurs bleu marine.Le petit foulard enroulé autour du cou était pareil, ainsi que a fleur piquée au revers.Bien que la mode des fleurs épinglées aux manteaux, aux fourrures et aux corsages soit à peu près passée, on porte encore des fleurs très stylisées qui ne rappellent la nature que de bien loin.Les bords des pétales seront légèrement roulés; sur ce roulé vous exécuterez un point de feston assez écarté.Le coeur est fait d'une ganse ou d'une laine édredon habillée d'étoffe et tournée en spirale.Quant au foulard du cou, vous en sertirez les bords d'un jour à la machine.Le chapeau figure II se fait en feutre.Vous voyez la disposition de la bande pliéc derrière, figure III.La passe est relevée devant et maintenue par un petit motif de bijouterie qui la froncera légèrement.Le même chapeau peut se faire en paille fine tressée de manière à être souple comme une étoffe.Cela vous permettra de lui donner les pliures de la bande du dos.Le chapeau, figure II, est en feutre vert.H sera accompagné d'une écharpe étroite, verte, oranjre et blanche, que vous nouerez sur l'épaule.Vous pourrez remplacer l'écharpe par un collier de grosses perles vertes entre lesquelles vous in.-tercalerez de petits disques de métal dore1.J'ai vu, chez la modiste, le même chapeau en feutre beige avec l'écharpe beige, rouille et verte, qui formaient une harmonie de couleur très réussie.C'est un chapeau de feutre peint que vous montre la figure V.Charmante garniture que ce petit bouquet de fleurs d'une forme naïve placé sur un des côtes du casque.Point n'est besoin d'être une grande artiste pour exécuter cette peinture.Elle pourrait se faire à la gouache, mais elle aurait alors l'inconvénient de s'écailler, tandis que travaillée avec les crayons de couleurB que l'on fait depuis quelques années, les nuances ne bougeront pas, et même, vous pourrez blanchir l'é-(Sitili à lu /Hif/t HO) Figure I— Cloche de paille ou de feutre vouoe.garnie ,le rrêpe de l'hin, imprimé rnupe.blanc et marine et dun ruban de gros grain marine.Echarpe faite du même crêpe de Chine imprinu', encadré dun ourlet de crêpe de Chine aussi.Figures II et III—Devant et dos dun chapeau de feutre vert dons la pou», relevée devant être fixée par un motif de bijouterie ,/ui la fronce légèrement.Le dos est aVcoupé en bandes dont l'une te replie sur elle-même.Echarpe étroite en crêpe de Chine vert, orange et blanc, nouée sur l'épaule.Figure IV— Béret de paille bleu marine souple, passe de paille seulement derrière et sarrêtant sur les oreilles: devant, bandeau de crêpe de Chine blanc semé de pois irrégulicrs bleu marine.Foulard de cou et fleur plate en même crêpe de Chine.Figure V.—Casque de feutre noir orné d'un bouqu t peint dans les couleurs des fleurs des champs Echarpe de mousseline de soie noire peinte du même bouquet.Figure VI.—Clocfie de feutre belge, entourée d'un bandeau de paille de Manille du même ton, ce bandeau est rabattu et noué derrière en un noeud, sous lequel le feutre fendu te retourne en deux petits revert. Mon Magazine, Juillet, 1929 PATRON-5 VEAfMA T it a if .*- Pour les Pensionnaires en vacances Après la première Joie du retour des pensionnaires dans leur famille, combien de fillettes habituées & une vie réglée ne savent comment passer leur temps ou Importunent leur maman par une turbulence excessive.Pourquoi ne pas tourner leurs activités vers un but agréable et utile à elles-mêmes et aux autres.Elles ont toutes appris au couvent les points élémentaires de la broderie de couleur.Pourquoi ne pas employer leur Jeune talent â décorer la maison de campagne, avec les suggestions que nous proposons plus bas: Nos 9218-9219-9218 bls-9219.—Les serviettes d'invités qu'on sera si fières de mettre dans la chambre des petites amies ont l'avantage d'être très courtes à faire.No 9218 l'ovale de noeuds français sera gros bleu, à l'intérieur marguerite du centre rose France, les deux autres plus pâles, petits boutons Jaunes, les deux marguerites de chaque cOté de l'ovale rose France, celles des bouts bleus, coeurs des fleurs Jaunes.No 9219.—Le panier et la ligne continu fini par 2 rectangles brun doré, boucle de ruban rose, fleurs dans le panier alternées de toutes couleurs rose, bleu, mauve, et Jaune.Fleurs au bas du panier et dans les rectangles roses.No 9219 bis.—Papillon corps brun, contour et double ligne des ailes bleu, dessin à l'intérieur des ailes Jaune orange.Tige et feuilles vertes avec fleure bleues et Jaunes.! i ! I ! '.# PATRONS VEJWAT 33 f?No.9218 bis.—Marquise, bras, cou noirs, chapeau et robe mauves, fleurs de la rose et rubans du chapeau vert doux, noeuds français noire, feuilles vertes, fleurs roses et mauves.Nos 239.->-2279 No 1.—Rien de plus simple à faire qu'un sac a linge, une couture rabattue de chaque coté, un large ourlet dans le haut dans lequel on glisse un galon, le plus long est de le broder et encore si peu.No 2395, qu'il est mignon ce paysage hollandais avec ses bateaux noirs et oiseaux gris qui fuient à l'horizon sur une mer d'un bleu vert, sous des nuages bleu azur.Le petit hollandais en bonnet et culotte gros bleu chemise Jaune regarde ses paniers bruns pleins de linge de diverses couleurs; 11 y a encore d'autres paniers bruns sur l'herbe verte devant la hollandaise en robe rouge, tablier et bonnet jaune paies, fichu noir.extérieurs Jaunes, les quatre à l'intérieur oranges, le coeur noeuds français bruns; feuilles vertes.Tiges contournées gros bleu, le mot buanderie, lettres pleines non bourrées orange.Tabliers 4218-4219-4220-4221.—Les robes d'été si fragiles demandent à être protégées par des coquets tabliers comme ceux illustrés Ici: No 4218, panier et dessin rectiligne brun doré, fleurs assorties de toutes couleurs.No 4219.—Fond du médaillon noir, jeune fille visage et bras noirs, robe et chapeau vieux rose, tenant des fleurs mauves aux feuilles vertes.Ruban vieux rose, couronnes de fleurs mauve, rose et Jaune avec feuilles vertes.No 4220, tige et feuilles de 4 nuances de vert différents, les tiges étant toujours plus foncées que les feuilles, et les plus petites feuilles plus pales que les grandes.Pavots de plusieurs tons de roses et de rouges avec coeurs bruns dorés.No 4221.Les deux fleurs des bouts et du milieu seront en 2 tons de bleus, les parties remplies pâle, les points lancés foncé, le coeur brun doré, les deux autres fleurs du bas et celle du haut en 2 tons de Jaune.Feuilles vert clair, tiges vert foncé, grandes lignes contournées gros bleu.No.2379.—Ces poignées seront très utiles à nos petites lectrices pour transporter sans se brûler les plats de leur confection.Le sac est formé d'une simple couture.Les lignes seront gros bleu, feuilles vertes, fleurs Jaune avec coeurs bruns.Les 3 poignées avec fleurs seront Jaunes et bleus.Les ustensiles brun clair.PRIX DIVERS Serviettes de toilette.—Patron â tracer chacun 15c, perforé 25c, au fer chaud 02c la paire.Tout étampée sur matériel blanc de fantaisie 45c la paire.Coton M.F.A.30c.Tabliers.Chacun patron à tracer 25c, perforé 50c, au fer chaud 35c.Tout étampé sur coton Jaune suivant qualité 36c ou 55c.Blanc 65c.Coton M.F.A.de couleur 30c.Socs à linge.Chacun patron à tracer 25c, perforé 50c, au fer chaud 35c.Tout étampé 27 x 40 pouces sur coton Jaune $1.00, sur toile écrue pesante $1.90.Coton M.F.A.60c.Set de sac et poignées.Patron â tracer 25c, perforé 60c, au fer chaud 40c.Tout étampé sur coton jaune épais 50c.Coton de couleur M.F.A.25c.Dentelle de fantaisie blanche et rose, blanche et bleu ou blanche et jaune pour la finition des tabliers et des serviettes suivant la largeur 6c la verge ou 3 pour 10c, 8c la verge ou 2 pour 16c.Une remise de 10% sur le matériel étampé et 20% sur les patrons est accordée sur toute commande accompagnée du coupon d'abonnement de Mon Magazine et envoyé dans le mois suivant la publication de cette Revue.RAOUL VENNAT, 3770 rue St-Dcnis, Montréal UyU'J '.>'.'\.".".r.j'.".' , France, désire des correspondantes de son âge, 25 ans, s'intéressant aux Beaux Arts.Monsieur Paul Juge, Matelot Cuisinier, à bord de l'aviso."Les Epar-ges", centre d'études, Toulon, Var, France, désire des correspondantes canadiennes.Mademoiselle Boyer, Perception, Fougerolles du Plessis, La Mayenne, France, 22 ans, désire des correspondantes canadiennes, aimant la lecture, campagnarde comme elle.Mademoiselle L.Massalo, Saint-Al-ban sous Sampzou, par Ruoms, Ardè-che, France, 17 ans, désire des correspondantes de son âge.Mademoiselle Hélène Guély, 29 rue Lanterne, Lyon, Rhône, France, 15 ans, désire des correspondants de son âge.Mademoiselle Gaby Cougnenc, Avenue de Cessenon, St-Climian, Hérault, France.16 ans, désire des amies de son âge pour échanger cartes-postales et timbres.Monsieur Charles Sonderegger, 16 lue Soufflot, Tourcoing, Nord, France, désire correspondre en anglais avec canadiennes connaissant cette langue.Monsieur Paul Klein.Elève-Maître à l'Ecole Normale de Mirecourt, Vosges, France, 18 ans, désire des correspondantes canadiennes de son âge.Mademoiselle Yvette Auvray, 18 rue des Ursulines, Le Mans, Sarthe.France, désire correspondre pour échanger des timbres-postes.Mademoiselle Germaine Boury, 6 rue de la Have, Metz, Département de la Moselle, France, 22 ans, aimant la vie, rire, chanter, son piano et la couture, désire des correspondantes de son âge et de ses goûts.Monsieur Jacaues Ayard, à Ville, nar Tournon-en-Brie, Seine-et-Marne, France.23 ans, agriculteur et aviculteur, désire rencontrer une correspondante de son âge et de ses goûts.Madame G.Achard, 66 Bd Gambet- ta, St-Quentin, Aisne, France, demande des correspondantes, mamans canadiennes, demande aussi des correspondantes de 12 ans, pour sa fillette.Mademoiselle Emilienne Joly, 256 route de Penas, Bron, Rhône, France, désire des amies de son âge, 21 ans, elle est comptable dans une usine.Mademoiselle Yvonne Pinci, 22 Hotek, Rusticana, 28 rue de la Plage, Berck, Plage, France, désire des amies canadiennes.Son adresse date à partir du 1er juillet.Mademoiselle Raymonde Brénier, 88 Boulevard de la Tour Hassan, à Rabat, Maroc, demande des amies de son âge, 14 ans.Ils sont trois maintenant qui demandent des correspondantes canadiennes : Messieurs Jean Mari Guieu, Maurice Dixieu, Félix Moulin, matelots Cie, D.C.A.Cap Brun, Toulon, Var, France.Monsieur Clovis Carol, Graulhet, Tarn, France, désire correspondre avec des canadiennes.Mademoiselle L.Miarlet, Administration Générale, Rabat-Résidence, Maroc, désire des amies canadiennes, elle est très sympathique.Mademoiselle Yvonne Masson, "Les Lierres", Neuville-sous-Montreuil-sur-Mer, Pas-de-Calais, France, désire des correspondantes canadiennes pour échanger des timbres-postes.Mademoiselle M.Met, Rue Pointeau du Ronceray, No.12, Rennes, Ile et Vilaine, France, demande des correspondantes de son âge, 17 ans.Mademoiselle G.Martel, Recette buraliste, Rue Notre-Dame, Dom-front, Orne, France, âgée de 38 ans, tante dévouée demeurée fille pour élever ses neveux orphelins, demande des correspondantes canadiennes de son âge.Mademoiselle Simone Renevier, 41 Cours d'Herbouville, Lyon, France, demande des correspondantes de son âge, 20 ans; elle s'avoue très romanesque.Madame Albert Caunègre, 16 Boulevard, Alsace-Lorraine, Bayonne, France, demande des correspondantes canadiennes.Monsieur Henri Gassmann, chez Madame Bretey, Route d'Audicourt, Montbéliard, Doubs, France, demande des correspondantes canadiennes.Monsieur Paul Garo, Quartier-Maître électricien.Bord du Condorcet, Toulon, Vas, France, désire des correspondantes canadiennes.Mademoiselle Ginette Moser, 28 Bis rue du Prot de Marne, Châlons sur Marne, Marne, France, désire des correspondantes de son âge, 18 ans.Mademoiselle Marguerite Razes, 2 Place St-Ferréol, Marseille, France, désire des amies canadiennes aimant les sports, la littérature, les arts, pour échanger idées et impressions.Capitaine André Rondot, Chefferie du Génie, 2 rue Philippe, Alger, 30 ans, demande à correspondre avec des amies canadiennes.Un gentil garçonnet de 15 ans, désire rencontrer des amies de son âge en Canada, Maurice Violette, 10 rue de la Mouche, Lyon, Rhône, France.Une demoiselle très distinguée demande des correspondants canadiens: Mademoiselle Yvonne Merlin, 49 Cours de La Marne, Bordeaux.Monsieur Lionel Bal-Sollier, 317 rue de Vaugirard, Paris, (XVe), France, désirerait correspondre avec jeune fille sérieuse, demeurant à Montréal, pouvant causer sur les sports, théâtres et cinéma, de 16 à 17 ans.Mademoiselle Suzanne Stéphan.à Plougoulm, par Saint Pol de Léon.Finistère, France, désire correspondre avec jeunes filles de 25 ans.Monsieur Emile Paul Brouette, L.S.C, 46 rue de Tertre, Baudour, Belgique, désire correspondre avec un jeune homme s'occupent comme lui de critique littéraire.Monsieur Charles Tessier, Caporal Aviateur, 34e Regt D'Aviation, 1er Groupe Le Bourget, Seine, France, demande pour lui et un de ses camarades, des correspondantes canadiennes.Madame Louis Duchesne, Rue du Belnay, 67, Herstal-lez-Liège, Belgique, désire une amie canadienne.Deux amies françaises désirent des amies canadiennes, Mlle Yvonne Re-noux, et Mlle Lartaud Raymonde, Pâtisserie "Aux Délices", Boulevard de Courtais, Montluçon, Allier, France.Mademoiselle Angèle Renaud, dans sa famille, 19 rue du Collège, Remire-mont, Vosges, France, désire une petite amie sténo-dactylo comme elle, de 19 ans.Monsieur Noceto Emyl, Caporal, 15e, R.T.C, Caserne Mangin, 3 E, B, 9e Cie.Philippeville, Algérie, désire des correspondantes canadiennes.Monsieur Jean Teich, 28 Bis, Rue Rovigo, Alger, Algérie, demande des correspondants et des correspondantes canadiens.Monsieur René Talque, armurier au 15e R.T.S.Djidjelli, Algérie, demande une correspondante canadienne.Messieurs Pierre Gave et Pierre Hagelstein, Ecole Spéciale militaire, 2e Cie, 3e Section, Ecole Saint-Cyr, Seine-et-Oise, France, désirent des correspondantes canadiennes.Madame André Grange, 49 rue de Bourgogne, Vienne, Isère, France, demande des amies canadiennes.Soldat Meteo Armand Bouat, 39e Regt.d'Aviation, 8e Escadrille, Secteur postal 813, en Syrie, désire des correspondantes canadiennes de son âge, 21 ans.Mademoiselle Yolande Cerbelaud.E.P.S.de filles, Hirson, Aisne, France, 18 ans, désire un correspondant canadien de son âge, aimant les sports.Mademoiselle Marcelle Delmer, E.P.S.F.Hirson, Aisne, France, désire un correspondant canadien de son âge, 18 ans.Mademoiselle Yvette Camus, Ecole Primaire Supérieure de jeunes filles, Hirson, Aisne, France, désire un correspondant canadien de 18 ans.Mademoiselle Andrée Chèze, chez ses parents, Saint-Lucien, Dpt.d'O-ran, Algérie, 20 ans, désire une correspondante canadienne de son âge.Monsieur Gaston Carpentier, 19 rue Henri IV, Le Havre, Seine Inférieure, désire des correspondantes canadiennes.Mademoiselle Madeleine Gaud in.Avenue de la Gare, Nantua, Ain.France, 16 ans, Suissesse, demande des correspondantes canadiennes de son âge.Mademoiselle Nina Mazzotti Zotoli, Fur Dell, Fudi pendenzer, N.20, Bologna, Italie, désire correspondre avec des jeunes files canadiennes.Mademoiselle Marcelle L.Nicolle, 10 Square du Croisie, Paris, (XVe), France, désire correspondre avec jeunes canadiennes.Monsieur Pierre Allais, le R.T.M., 6ème Cie, Bou Nizer, L.P.407, Maroc, Afrique, demande de nombreuses correspondantes canadiennes.Monsieur Charles Piou, le R.T.M., 6e Compagnie, Bou Nizer, L.P.407, Maroc, Afrique, demande des correspondantes canadiennes.Mademoiselle Triolet, Place d'Alger, ù Brioude, Haute-Loire, France, demande des correspondantes canadiennes de 30 à 35 ans.Mademoiselle Buffier, Perception de Brioude, Haute-Loire, France, demande des correspondantes canadiennes de 30 à 35 ans.Mademoiselle J.B.Molle, 19 rue Serret, Clcrmond, Ferrand, Puy de Dome, France, désire des correspondantes de son âge, 24 ans.Tante M A DELON. 24 Mon Magazine, Juillet, 1920 Ba\)arde ( Monologué ) Je suis bavarde, très bavarde, paraît-il, et cette semaine, j'ai dit deux choses affreuses qui pouvaient — l'une d'elles surtout — causer des malheurs.Quell malheurs! .le n'en sais rien.Ce que je sais bien, c'est que maman a pleuré, que Charlotte me boude, et que papa m'a passé au cou un lacet avec — ( >h ! c'est horrible!.— avec deux grandes langues en drap rouge.Je dois porter ces langues pendant un mois, pendant trente jours, si vous préférez.Tout le monde les regarde, et Black, hier, s'est jeté dessus.S'il avait pu les manger) Hélas! non.Black est très fin.Il a vu tout de suite que ce n 'était pas de la viande, et il est parti en faisant la moue.Vous demandez ce que j'ai dit?La vérité.Mais les enfants doivent garder le silence quand il y a du monde et qu'on ne les interroge pas.Or, il y avait du monde, et.personne ne faisait attention à moi.Voici : ma soeur Charlotte — J.otte, comme on l'appelle toujours — va se marier bientôt avec M.Francval, un charmant capitaine de chasseurs, dont l'uniforme me ravit.Lotte est très belle; un teint blanc cornine du lait, une petite bouche comme une fraise mûre, de grands yeux bleus comme des myosotis, des cheveux blonds comme les épis d'août.Ce sont ces cheveux qui .Lotte les frise par-devant poulies faire "mousser" et leur ajoute une queue longue, épaisse, (pie ma man a payée très cher.Chaque matin, je m'amuse beaucoup à voir les différents chignons que Lotte fabrique avec cette queue.D'abord elle la peigne, la parfume d'eseenee de jasmin, puis elle la partage en quatre, six, huit, dix.Un jour, il y a des boucles; un autre jour, des tas de petits rouleaux; un autre jour encore — et c'est ce que je préfère, — OU gros noeud dans lequel ma soeur pique des épingles ¦Uperbes.Pour finir, elle prend sa glace à trois compartiments, se regarde au moins un quart d'heure et sourit.La coiffure est achevée ! Donc, lundi, nous étions en gran- La Page des Enfants Par la brèche.$Jjj*Q DUT près de chez-moi, dans une grande cour s'alignent plusieurs minuscules chaumières de deux à trois pieds de haut.Dans chaque maisonnette vit toute une famille qui se compose de la maman et d'une douzaine de.petits poulets.Il y en a des noirs, des blancs, des gris, des jaunes; il y en a qui savent à peine marcher et d autres qui essaient déjà leurs ailes.J'aime à les voir en activité, courir de toute leur jeune force, se disputer un grain de blé.fouiller la terre de leurs pattes grêles ou se cacher sons l'aile maternelle pour dormir un somme.Ce sont les blancs que je préfère.je leur trouve des airs de colombe mais depuis hier, non.je ne les aime plus les méchants poulets couleur de neige et je vais vous conter pourquoi.11 s'était fait une brèche dans l'enceinte entourant le petit village, l'n des aines au plumage blanc l'ayant découverte s'est faufilé- sans permission.hors de cbez-lui.L'exemple entraine, n'est-ce-pas?.Eh bien, toute la famille imita le déserteur.La mère inquiète essaya bien de suivre ses petits mais la brèche était trop étroite et meurtrissant sa tête contre la broche au fin treillis, elle chercha en vain une issue tout le long de la clôture sans pouvoir s'évader pour rejoindre les désobéissants.Ses appels désespérés suppliaient les fugitifs de revenir au gite, mais les blancs étourdis s'en allaient par la prairie faisant mine de ne pas entendre.Dans l'herbe reverdie, je ne.distinguais plus (pie de petites tâches moelleuses comme si d'immaculés agneaux passant par là avaient semé leur laine en légers rouleaux.Survint un gros chien noir qui n'avait pas dîné, je gage! Doucement il s'approche des jeunes imprudents qui ne s'en souciaient guère ignorant encore le danger.Unis l'affamé caniche se saisit d'un poussin, là sous mes yeux, et le dévora tout entier.Avec de petits cris apeurés, les autres poulets s'enfuirent à toute volée vers le nid où la maman tourmentée guettait encore le retour des enfants prodigues.Indulgente, elle les accueillit sous ses ailes et calma leur effroi mais elle savait bien la pauvre qu'un «le ses petits n'était pas revenu.Longtemps.longtemps, elle l'appela et quand vint le soir, tout dormait dans les autres chaumières et j'entendais encore le lamento de la mère désolée Mes petits amis, n'imitez pas les poussins blancs déserteurs! Restes au nid.là vous êtes en sûreté et n'avez pas à craindre le vilain dogue qui symbolise pour VOUS les périls qui vous menacent (piand vous êtes sans protection loin du foyer et des yeux vigilants d'une bonne mère.l'ar votre imprudence ou votre désobéissance, on pourrait vous rapporter à votre famille, sans vie, broyé par un véhicule ou noyé dans une eau traîtresse, si négligeant les sages conseils maternels vous vous exposiez au danger.Et ce serait avec un désespoir qui ne peut se comparer à celui île ma jolie poule blanche, qu'une maman pleurerait jusqu'au dernier jour, la perte d'un de ses chers petits.Min nu m USE.de partie de campagne chez tante Vinièrc Il y avait bien quarante personnes, et, après un beau dîner sur la pelouse, on s'était mis à jouer au croquet.Les gens âgés, Black et moi regardions les jeunes.qui poussaient les boules, riaient et se disputaient gentiment.De l'avis de tout le monde.Lotte et .M.Francval étaient les meilleurs joueurs: on les applaudissait tant et plus.Une partie allait finir La grande sœur POMME on est heureux quand on est [petit, D'avoir une soeur bien sage et bien [grande, Qui très gentiment, répond et sourit, A chaque discours, à chaque demande.Une soeur qui sait, quand on est mé- [chant.Vous rendre honteux de votre colère; Qui vous montre à lire et qui vous [apprend, A bien réciter toute la prière.Moi, petit tyran, je l'ai cette soeur Qui m'écoute avec patience.Je voudrais pouvoir de mon jeune [coeur, Pour elle exprimer la reconnaissance.O ma grande soeur, quoique tout petit, Bébé va de toi se faire comprendre: Prends-le dans tes bras et sens qu'il te [dit, Par mille baisers, son merci bien [tendre.quand, tout à.p, .Marcelle Drien poussa un petit cri: la branche d'un lilas venait d'accrocher son chignon au passage et.patatras, tous les cheveux se déroulaient, brillants, et noirs comme un flot d'encre.Il y en avait si long, si épais, que c'était tout à fait joli.—Un manteau royal, disaient les messieurs.Bien vite.Marcelle ramassa les peignes, les épingles ; plus vite encore, elle arrangea une coque, un diadème, je ne sais quoi de charmant.Cela m'intéressait beaucoup trop.puisque me voilé criant: —Marcelle, vous ne vous coiffez pas du tout comme ma soeur.Lotte met ses cheveux sur son genou ; quand ils sont bien peignés, elle les ajoute à ceux de sa tête.Un grand silence!.Ensuite dis rires.Maman était paie, Lotte très rouge.Et M.Francval, qui regarde toujours ma soeur, tortillait sa moustaclw d'un air drôle, les yeux fixés sur la charmille.Pourquoi?Pourquoi 1 Je me le demande encore.Au retour, tandis que ma soeur pleurait comme une fontaine, maman m'a grondée très fort, et a terminé ainsi : ( Suite à lu page 31 ) Mon Magazine, Juillet, 1920 25 La Bonne Cuisine SOUPE AUX POIS VERTS Incrédients: 2 boîtes de pois verts, 1 oignon, 1 cuillerée à thé de sucre, 1 cuillerée à soupe de sel, 3 cuillerées à soupe de farine, 2 tasses de lait chaud, 1 tasse de crème, 1 feuille de laurier, 1 bouquet de persil, 2 tasses de bouillon de poulet, Petite quantité de macis .Modo de préparation: Mettez de côté une tasse de pois et mettez le reste dans une casserole avec l'oignon, le poivre, le sel, le sucre et les herbes.Laissez mijoter pendant une demi-heure.Enlevez les herbes, écrasez les pois et ajoutez le bouillon.Laissez bouillir, puis ajoutez le beurre et la farine cuits ensemble, laissez encore mijoter dix minutes et coulez au tamis.Remettez sur le feu, ajoutez l'autre tasse de pois, le lait chaud, la crème et servez immédiatement.BLANQUETTE DE POULET Ingrédients: La viande blanche d'un poulet, ^cuillerée à thé de soda, % tasse de crème, 2 oeufs.Sel et poivre.Mode de préparation: Mettez le soda dans la crème, faites chauffer et ajoutez le blanc de poulet coupé en petits morceaux; laissez bouillir cinq minutes et ôtez du feu, quand c'est froid, ajoutez les jaunes d'oeufs battus, assaisonnez avec sel et poivre, puis ajoutez les blancs battus en neige, brassez légèrement .mettez dans des petits moules beurrés et faites cuire dans un fourneau chaud.Servez immédiatement.CARAMEL Mode préparation: Prendre 1 tasse de sucre granulé ou sucre brun, le faire chauffer à sec dans un poêlon jusqu'à ce qu'il devienne d'un beau jaune doré ou couleur d'ambre; quand il est à ce point, retirer vivement du feu et ajouter deux cuillerées à table d'eau bouillante, laisser au chaud pour faire fondre le sucre qui serait durci en ajoutant l'eau.Faire refroidir et embouteiller.NOUfiAT ESPAGNOL Divinity Fudge 3 tasses cassonnade blanche ou su- cre granulé, 1 tasse sirop maïs ou miel, 1 tasse d'eau.2 blancs d'oeufs, 1 cuillerée à thé de vanille, 1 tasse amandes hachées grossièrement; quelques cerises confites coupés en deux, si on le désire.Mode de préparation: Faire cuire le sucre, le sirop et l'eau à 238o F., c'est-à-dire jusqu'à ce que quelques gouttes jetées dans l'eau froide fassent une boule très dure.Verser graduellement sur le premier mélange et battre quelques instants, ajouter la vanille et les noix soit assez épais pour l'étendre.Verser dans un moule garni d'un papier ciré, étendre la préparation, quand elle est froide, à couper en carrés ou en roc-tangles.___________ MACARONI AU JAMBON .Mode de préparation: Faites cuire deux tasses de macaroni dans de l'eau bouillante salée; coulez, versez de l'eau froide dessus, et mettez dans un plat beurré.Prenez environ une tasse de jambon froid passé au moulin faites-le chauffer dans la poêle et ajoutez deux cuillerées à table de farine et deux tasses de lait graduellement.Brassez jusqu'à ce que cela bout.Versez ce mélange sur le macaroni et ajoutez une demi-tasse de fromage râpé.Faites cuire au four quinze minutes.VINGT EMPLOIS DU CITRON Peu de personnes se rendent compte de la valeur inestimable des citrons; en cas de fièvre, de mal de gorge, de torpeur du foie, ses qualités médécinales sont sans rivales.Voilà vingt usages auxquels on peut l'employer: 1.—Deux ou trois tranches de citron dans une tasse de thé fort guérissent un mal de tête nerveux.2.—Une cuillerée à thé de jus de citron dans une petite tasse de café noir guérit du mal de tête bilieux.3.—Le jus d'un citron dans une tasse d'eau chaude prise le matin en s'é-veillant, est un excellent régulateur du foie et économise bien des drogues.4.—Quelques gouttes de citron dans de l'eau ordinaire font un dentifrice excellent, enlevant non seulement le tartre, mais parfument l'haleine.5.—Une lotion de jus de citron et d'eau de rose enlève les taches de rousseur et blanchit la peau.6.—Le jus de citron avec l'huile d'olive est bien préférable au vinaigre pour assaisonner la salade—il faut mettre parts égales.7.—Le jus de citron sur un morceau de sucre est bon pour l'enrouement.8.—L'application externe du jus de citron calme l'irritation des morsures d'insectes.9.—On fait une boison rafraîchissante en ajoutant un oeuf fraîchement battu à la limonade.10.—Le même mélange congelé fait un sorbet délicieux.11.—Si on met dans de la semoule ou du riz qu'on fait bouillir une cuillerée à thé de citron, les grains seront plus blancs et auront un goût exquis.12.—Le miel et l'alun et un jus de citron constituent un remède ancien contre le croup.13.—Tout le monde connaît la valeur du sel et du jus de citron pour enlever les taches de rouille sur les objets blancs.14.—Après que le jus a été extrait, l'écorce du citron trempée dans du sol sert à nettoyer parfaitement le cuivre.15.—Il enlève aussi les taches malpropres sur les mains.16.—Le jus de citron est excellent pour assaisonner la cuisine.17.—Une fois que la pulpe a été enlevée, les citrons font d'excellents répectacles pour servir les salades, les glaces, etc.18.—Une viande dure peut être rendue plus tendre en mettant une cuillerée de jus de citron dans l'eau où elle bout.19.—Des tranches de citron peuvent servir de garniture à toute espèce de poisson.20.—Une tranche de citron améliore beaucoup le thé, soit qu'on le prenne à la glace en été, ou qu'on le prenne à la russe dans une journée froide l'Un, _ Ce savant mélange sera votre choix ultime "SAllDA 11 Tout frais des plantations Gin Canadien Croix do?La boisson la plus saine Fabriqué à Berthierville, Que., ioui la surveillance du Gouvernement fédéral, rectifié quatre foi» et vieilli en entrepôt pendant des année*.Trois frandeurs dt flacon»: Gros: 40 onces $3.65 Moyens: 26 onces Petits: 10 once- 2.65 1.10 DialilUri*: tWthirrvilIt.Qui.Dur*au chef MonlrW-J DISTILLA TE 1RS DEPUIS 1»M MELCHERS Distilleries Limited Une peau et un teint ayant la fraîcheur et l'éclat de la jeunesse.Une beauté qui fascine et attire irrésistiblement tous les regards.La Crème Orientale de Gouraud vous montrera comment vous pourrez obtenir aisément et en peu de temps, ce charme subtil et séduisant.CRÈME ORIENTALE de Gouraud "Le coup de maître de la beauté" donna una apparence doue*, Usaa at aatlnaa an Tlaar*.aa «ou, au hraa, épaula» on aux malni, ea qui aat an servie* indupanaaUe poor las affaire» d.aoireea.Étant estrln-renta et antitapttqne, eette crama art excellente pour faire duperartre lea déiectuoaitea du teint et lea ride» et rai-ïamir lae Jouas.Sa fait en troia teinte»: blanche, ââafc» at racket - nam B*« ti tou WKrn un uitrllmnl ma.•Ut t— frtf iraKnu «aura* pour ta toilrtf, tu 10* mmm aaar um teh*ntiU»o ét Crèmt Orientait it OourtutA, Ferd- T.Hopkins & Son, Montréal, QU£ Fera.T.IloylOu» & Sut, 417, St-lYançote Xavier, Montreal, Quo. 26 Mon Magazine, Juillet, 1929 Mon Magazine, Juillet, 1929 Recevoir est facile lorsque l'hôtesse permet à la Cuisine CLARK de l'aider a pourvoir aux rafraîchissements — MB sun PES CLARK pour le bouillon.Ils \ l ( I \i:k l.a langue de ii.if ou Langue "Lunch" CLARK.Le Poulet oV-snsKi- CI.ARK.Les Viandes en Pain CI.ARK.Pour let Sandwiches: Les Viandes en Pot CI.ARK — Pâté de Foie, etc.Kllcs sont toutes prêtes à servir froides ou rvi-hauffées si désire.UALITE: — Les meilleurs produits des fermes Canadiennes préparés d'après les hautes traditions c u l i n a i -res CLARK.W.CLARK LIMITEE, MONTREAL Bébé Dort Toute la Nuit La Cie Borden Limitée, Montréal."En lisant mon journal, je me suis arrêtée à la lettre de Madame W.J.P., reproduite dans votre annonce et recommandant votrelait.J'ai mieux à dire qu'elle.Mon bébé a été allaitée au Lait Eagle depuis l'âge de 3 mois.Elle dort bien la nuit et ne requiert qu'une tétée au moment du coucher.Elle pesait 6! lbs.le jour de sa naissance, et à 7 mois elle pèse 17Jlbs.J'attribue cela au Lait Eagle que je recommunde fortement." (Lettre S une mire rtsijantà Halifax.L'urtiinal tit dassi.) LAIT CONDF.KSÉ Eagle Brand Depui» 1857 prime tous les autres aliments infantiles.LA CIE BORDEN LIMITEE, Dept.140 Ouest, rue St-Paul, Montréal.Veuillet m'expédier grmti* vos livrât a "L« Bien-Etre do Bébé" et "Le Plus Beau Bébé." La Bonne Cuisine POMMES PARISIENNES AU NID Levez à l'aide de la cuiller ronde à légumes, des noisettes sur de grosses pommes de terre épluchées, mettez-les à l'eau froide salée, faite bouillir et égoutez-les.Dans une casserole plate, mettez moitié huile et moitié beurre, faites chauffer fortement, sautez les pommes noisettes et finissez de les cuire au four, à découvert.Entre temps garnissez de pommes paille un nid en fil de fer (ce nid se trouve chez les grands marchands de casserole), fermez le nid avec sa partie supérieure et faites le frire à grande friture.Egouttez-le, enlevez-le de son moule, et garnissez avec les pommes noisettes passées au beurre chaud.Dans le nid, on peut mélanger pâte à choux et pommes Dauphine (faites avec moitié pâte à choux et pommes Duchesse) ou encore des pommes de terre Duchesse en petites boules, par-rées à l'anglaise et frites Ces nids servent de garniture aux grosses pièces de boucherie comme aux grosses pièces de volailles chaudes.CONSEIL PRATIQUE Si l'on veut faire bouillir le café, il faut le faire de la manière suivante: Pour quatre tasses, battre la moitié du blanc d'un oeuf avec trois cuillerées à table d'eau froide, ajoutez les trois quarts d'une tase de calé moulu, et brassez jusqu'à ce que ce dernier soit bien humide; mettre ce mélange dans la cafetière échaudée, ajoutez une pinte d'eau bouillante et faire bouillir cinq minutes.Ajoutez le quart d'une tasse d'eau froide et ne servez qu'après avoir laissé reposer trois minutes.CONSEILS UTILES Pour faire un bon café.- 11 est un.petite précaution que beaucoup négligent de prendre, et qui influe énormément sur la saveur du café: cette précaution consiste à passer au préalable de l'eau bouillante dans la cafetière, comme on le fait pour le thé.LAIT ALBUMINE V4 tasse de lait, 1 ou 2 blancs d'oeufs.Mode de préparation: Ajouter les blancs d'oeufs au lait et battre très lentement avec une batteuse à oeuf Dover.Passer et assaisonner si on le désire.Servir froid.Courrier Graphologique ROSE MARIALE.— Il n'est pas encore formé votre caractère, c'est sans doute l'extirpation des mauvaises herbes qui vous paraît difficile car votre caractère lui-même n'est pas ce qu'on appelle un caractère difficile.Imagination très fertile qui nuit même au jugement parce qu'elle n'est pas encore assez bridée.La sensibilité est excessive chez ma correspondante qui souffre de tout et de rien, est facilement peinée comme facilement réjouie.Elle est tellement nerveuse que c'en est renversant.Je ne la crois pas très forte physiquement.Bien patiente, elle peut souffrir longtemps sans plainte ni révolte.La volonté est presque nulle, j'entends la volonté d'action, d'initiative, mais comme Rose a beaucoup de force d'à-me, cette volonté encore faible finira sans doute par s'affermir avec les années.Il y a de la vanité chez ma correspondante, une vanité minutieuse s'arrêtant aux détails, craignant les qu'en-dira-t-on et engendrant même un peu de respect humain, cette vanité alors ne serait-elle pas parente avec sa grand'mère l'orgueil?Un peu, je le crois.De l'égoisme encore par ci, par là, trop de retour sur elle, de la concentration beaucoup.Rose est craintive, hésitante, n'ose jamais agir de son chef, doutant toujours du succès de ses entreprises.Elle est un brin pessimiste, pas très gaie, plutôt portée à la mélancolie, la rêverie.De l'ordre, de la ponctualité mais manque de goût, d'harmonie.Dès qu'elle a confiance, cette petite fille, elle est très expansive mais elle regrettera l'heure suivante de s'être confiée tant elle doute toujours de ses amis et de l'amitié.Elle a dû souffrir, celle-là, si jeune soit-elle.Intelligence et jugement aptes à la culture encore et qui s'élargiront avec la vie car ma correspondante aime le sérieux et l'étude.Je crois que vous savez copié ou tout au moins transcrit cette composition si elle est vôtre.Cela nuit énormément à l'étude.Si mes correspondants pouvaient donc le comprendre et se soumettre à cette condition quasi essentielle.Rien ne vaut l'écriture naturelle sous la poussée d'une pensée spontanée.Néanmoins j'ai découvert un bon coeur, une nature généreuse, affectueuse.Surveillez votre sensibilité, elle menace de tourner en sentimentalité.fortiflez-vous, vous me paraissez surmenée et soyez courageuse, vos tristesse! passées au- ront sûrement une heureuse répercussion sur votre avenir.AIMER, C'EST SOUFFRIR, C'EST VIVRE.— Ce que vous avez un long pseudo mademoiselle! Merci de votre lettre et de votre généreuse contribution, je vais apporter toute ma bonne volonté pour vous servir une étude aussi fidèle que possible.Votre écriture est sympathique et votre caractère de même, vous avez pour partage une de ces natures qui plaisent au premier abord, attirant la confiance et dont le contact a toujours des charmes.Vous me semblez inconstante mais pas sur toute la ligne.peut-être plus de sentiments que d'action car vous possédez une belle volonté énergique.Cette volonté est toute d'initiative et souple d'application, c'est une volonté ambitieuse qui vous entrainera haut et loin car l'âme qui l'inspire est pleine de bons sentiments.Intelligence au-dessus de la moyenne, sagement et finement stylée par un jugement droit et pénétrant.Réfléchie, sobre, sérieuse, elle ne s'emballe pas celle-là non qu'elle soit dépourvue d'imagination mais cette dernière est soumise à Dame Raison.Beaucoup de sens pratique, pas d'enthousiasme.inutile, n'agit pas à la légère, prudente, elle mesure ses paroles et ses actes et ne la joue pas qui veut.elle voit venir ses gens allez! et saisit les plus infimes nuances car elle a en banque intime beaucoup de perspicacité et de circonspection.Ma correspondante est une femme de coeur, sensible et délicate, une femme qui lutte beaucoup contre sa nature vibrante afin d'en souffrir le moins possible.Elle a vécu, s'est blessée a la vie et s'est taillée une mentalité raisonnable, si je pouvais m'exprimer ainsi, pour ne pas recommencer.et je crois qu'elle a presque réussi.Large d'esorit, elle voit clair et net; belle facilité de conception, ordre et logique dans les idées, beaucoup de pénétration.C'est une âme ouverte, communicative, aimante; franche, sincère, loyale, elle agit sans détour, sans dissimulation; simplement bonne, généreuse, elle ne donne pas à regret.Voici quelques ronces pour déparer le bouquet tant il est vrai qu'il n'est point de rose sans épines.L'égoïsme n'est pas totale- (fttftj à .'a page 29/ Q).; ' Uoici ta manière agréable de prendre k^eifain Trempez une galette de Levain Royal, avec un peu de sucre dans un quart d'un verre d'eau tiède, toute une nuit.Remuez bien, filtrez et buvez le liquide Beaucoup de personnes la pre ferent dans du jus d'orange LES GALETTES DE LEVAIN ROYAL i|i,'liiii1llilili'iilimiMiMiiiiii[ii;iiiiriimiMii'iir'iiiiii::iiiiiiiimiiHii:i' SEALBRAND Chase is Sanborn En ho it «m métallique* de deui d'une et d'une demi-livre —en grtini-moulu ou moulu fin pour l'empli» du ptnulaieur.i] 28 Mon Magazine, Juillet, 1020 Prime par la force et par la qualité Mon Magazine, Juillet, 1029 29 Courrier Graphologique [8u\U 'h in pagi 'il) ¦Tient déraciné, il en est resté quelques vestiges encore, une touffe de vanité, d'orgueil peut-être, de l'obstination dans ses vues personnelles ce qui la rend un peu acerbe parîois, pas très patiente, je crois, et si elle a de l'empire sur soi pour ne pas toujours le laisser voir, rien n'empêche que tout bout en elle quand elle est mécontentée.Elle est rieuse, taquine, ma correspondante, et tout en restant sobre et sérieuse, elle aime à s'amuser.Discrète, on peut compter sur elle; beaucoup d'ordre, de ponctualité, c'est une femme proprette et de bon goût.Somme toute, vous n'avez pas à vous plaindre de votre partage, votre caractère est bienveillant et très sympathique et il me semble que l'on doit bien s'entendre avec vous et que votre amitié doit être sûre et appréciable.Non, mademoiselle, et je le regrette, je ne sais quasi jamais ce que pensent mes correspondants du plat que je leur sers.* * » « CLEMENTINE.— C'est la volonté ferme et constante qui tout d'abord saute aux yeux dans votre graphisme.C'est une volonté qui ne connaît pas de défaillance, qui ne se laisse pas aisément influencer.Elle manque peut-être de souplesse et s'appliquera parfois rudement, avec entêtement, apini&treté, mais d'un autre côté en atténuant les angles un peu raides de cette volonté, ma correspondante reste en possession d'un véritable trésor, celui de "vouloir" avec tant de force et de persévérance qu'elle atteindra sûrement les ambitions où elle a fixé son avenir.Je crois ce travail recopié et cela me chagrine, car je ne puis vous fournir une esquisse satisfaisante; ne vous en prenez qu'à vous si le portrait est mal brossé.le photographe ne peut nécessairement photographier que ce qui lui est présenté et si son sujet ne prend pas un "air" naturel, le résultat ne peut pas être "naturel".Tout de même, j'ai pu découvrir une personne rangée, apportant ordre et méthode dans tout ce qu'elle fait pratique, posée, prudente, d'habitudes régulières.Son orgueil semble lui jouer de vilains tours parfois, elle ne cédera pas facilement celle-là, tenace dans ses opinions et n'admet pus toujours ses torts.Toutefois sa volonté est si puissante qu'elle peut déraciner tout défaut de caractère si elle ne donne tant soit peu la peine de lutter.Discrète, pas très communicative, plutôt seule; nature bonne, indulgente, dévouée, compatissante.Jugement sain, esprit ouvert, intelligence cultivée.Légère tendance à la dissimulation, de la concentration, un peu d'égoïsme, instincts prodigues, peut-être un brin d'indépendance.De la délicatesse, de l'élévation ,du coeur.Je regrette mais ne puis détailler ce caractère davantage étant donné l'application trop soutenue de la copie.• • • • PETIT LIERRE.— J'écris Petit Lierre et j'ai désir d'écrire Petit Lutin tant vous êtes toute pétillante et coquine comme un Lutin.Venez que je vous conte tout ça.et ne bronchez pas quoique j'aie de tristes vérités à vous annoncer.Tout d'abord, ce n'est p»s permis à votre âge d'être si femme que ça.et de vouloir faire tomber un vieux grognon comme Carol, dans vos filets.Je suis si gourd que je ne m'y déprendrais plus.Ayez pitié de moi, alors.Ah! la coquette petite femme, attirante com-un charme, fine comme une mouche et qui a tout plein son carquois de pièges pour arriver à ses fins.Avec ça, enjouée, malicieuse, toute d'entrain,, de gaieté, taquine, tiens un vrai petit Lutin.Puis voilà, elle vous a une puissance de dissimulation nui la sert on ne peut mieux, elle conduit sa jeune vie comme elle l'entend et bien avisé qui saura d'elle si elle va à droite ou à gauche, si elle aime ou non.enfin ce qui se passe dans son moi.ça c'est pas pour les voi- sins.Active, entreprenante, elle doit aller vite en besogne et quand Lierre est en oeuvre, ne vous y frottez pas car montée sur ses petits ergots, elle vous en fera voir de belles, la douceur et la patience n'étant pas à la mode chez-elle .Imag.nation 1er-tile, enthousiasme déboruant, grand coeur affectueux.Quand elle aime, elle est "lierre" et se donne d'un coeur et d'un dévouement! La volonté est assez soutenue et si Lierre la soumet à son bon jugement, il n'y a pas à craindre, elle fera sa marque sur le grand registre aes humains, car elle est femme intelligente et femme de bien aussi.Généreuse mais sobrement et économe sans pingrerie, ce qui revient à dire qu'elle ne grèvera pas son budget ni pour son plaisir ni pour ses prodigalités.C'est étonnant avec cette nature primesautière, communicative, affable, ma correspondante est très concentrée pour ce qui regarde ses intimités, rien ne se livre.d'elle-même, elle est défiante auprès de ses amis Elle ne risque pas, en tout cas de se brûler ses ailes.c'est le nec plus ultra de la prudence, je dirais.Un peu de fierté orgueilleuse, une imperceptible admiration de sa personne et un tantinet d'égoïsme encore.Elle aime la contradiction mais c'est par malice, je crois.Elle est sensible et souffrira de la vie mais ne se laissera jamais abattre parce qu'elle est optimiste et courageuse.Enfin, c'est une chère petite fille que celle-là et je souhaiterais bien l'avoir souvent à mes côtés pour égayer ma solitude par son minois rieur et "lutin".Oui, adressez-moi cette lettre et j'y accorderai toute mon attention pour vous fournir une bonne étude.» * * • PIERRE DESC.— On m'a remis vos lettres pour étude graphologique.Je n'ai pas l'habitude des manuscrits de chez-vous et vous savez que chaque nationalité possède ses caractéristiques.Jusqu'à présent, je n'ai étudié que les nôtres mais je vais tout de même vous faire une brève esquisse et si je me trompe, vous me le direz simplement.Intellectuel d'une haute culture, d'une intelligence vive et pénétrante, d'un jugement droit et juste, d'une logique sûre.Habituellement concentré, c'est par accident qu'il se livre avec confiance.Une force d'endurance étonnante mais peu de volonté ou seulement par poussée, par période, une volonté entêtée s'exer-çant sur certains points mais non dans tous les champs où elle pourrait produire ses fruits.Modeste et sans aucune prétention.Très généreux, trop même, me semble-t-il.Y aurait-il encore quelques racines d'égoïsme échappées à l'oeil du maître?.Esprit d'observation largement développé, mais aime la critique.Il est d'une ténacité peut-être dissimulée mais qui existe néanmoins.Diplomate, il sait le chemin pour arriver à son but.Nerveux et peut-être un peu pessimiste.Bon coeur d'une sensibilité raisonnéc, on dirait.Actif, rapide en conception et en exécution.Assez persévérant, par ailleurs, il se rebute peut-être en face de l'obstacle.Vous désiriez bien fort savoir ce que vous pouviez valoir "approximativement".Eh bien! voilà.Y suis-je au moins ?.Conditions.— Trois ou quatre pages d'écriture courante, composition personnelle, non recopiée, signée d'un pseudo; le tout accompagné de la somme de 0.50.Ceux qui désirent une étude personnelle sont priés d'envoyer SI.00 en plus de l'enveloppe affranchie pour retour.Adressez : CAROL PRE/EAU, "Mon Magazine" Beauceville, Que.UN SOULAGEMENT CERTAIN AUX MAUX DE FEMMES TRAITEMENT GRATUIT DE 10 JOURS "Orange Eily" est un soulagement r-ertain a tous îei mnui de femme*- On l'applique a l'endroit affecté et II eat absorbé par le tiaau malade.Ea matière inutile accumulée dana la partie congé» tlonaéf eat eipulaée.de là soulagement h-iural, par les valsaesui sanguin» et les nerfs sont tonifiés et renforcés, la circulation redevient normale.Comme le traitement repose aur dea données -trit tement scientifique» et sgit su foyer même de la maladie, ce ne peut que faire du bien dana tous les cas de dérangements féminins, y compris les mena-t rua» ion» retardée» ou douloureuses.Is leucorrhée, chute de 1s matrice, etc.pour un mou» de traitement.Un traitement gratuit, aufftaant pour toute femme souffrante qui nous fera parvenir son s dresse.I*add, Dept.ftS, Windsor, tint.I'm oo Is boite, suffisant 10 jours, valant 7."»c.sera envove à Incluez 10c et adressez; lira Evdia \V EN VENTE PARTOUT DANS LES MEILLEURES PHARMACIES I' \ Kls I ( >\ OKI s DIPLOME L ONDULATION PERMANENTE — FAITE PAR — Prof.BERNARD, Enrg.FM la plus belle, I;i plus naturelle que l'on puisse voir.—Le vrai chic de l'aria est dans son travail.—"Satisfaction Garantis*'.—Tout ce qui regarde la culture de la beauté.4567, AVENUE DU PARC BEL Mit MU (I*n"> Muni lloyal) MOMHRM, SODS ENSEIGNONS IiA COIFFURE! Entre les feux de forêt qui détruisent, et les feux de l'usine qui produisent**^ oisissez : VOUS NE POUVEZ AVOIR LES DEUX Plus de la moitié dos industries canadiennes dépendent du bois comme matière première.Quand les forêts sont détruites, les moulins s'arrêtent, les chemins de fer perdent de l'argent, le commerce languit et la prospérité disparait.Publié par ordre de VHonoTiible Ourles Stewart, Ministre de E Intérieur.Préfcnei Ici feui d« lorit.ABONNEZ-VOUS \U JOURNAL DE MUSIQUE -LA LYRE" Parait tous les mois, avec douze pages de musique valant plus de $1.00 chaque fois.— En plus d'une littérature musicale choisie.ABONNEMENT: l'or An: $2.',0 — 6 mol*: $1.50 — Le Numéro: »5o 30 Mon Magazine, Juillet, 1029 Muguets et faux muguets RUn ERTAINES fleurs usurpent maintenant la renommée séculaire du muguet.Quand vient le printemps, selon les vers du poète: Les muguets aux mille clochettes Carillonnent pour son retour.Après les giboulées de mars et les aquilons d'avril, les jours ensoleillés reparaissent enfin Les doux effluves printaniers nous invitent à aller dans les botanique.Examinons donc de près ces usurpatrices d'une renommée séculaire.Au premier rang des faux muguets se distinguent d'abord deux l'olygonatum, membres de la même 1 m clairières humides ou les sous-bois ombragés, cueillir ces petites grappes blanches attachées du même côté à un léger pédoncule et d'où s'exhale un si suave parfum.D'autant plus que dans notre province la mode se répand beaucoup d'offrir, en mai, en guise de porte-bonheur, un bouquet de ces jolies Asparaginées, comme on donne une branche de gui à "l'an neuf".Aussi les fleuristes citadins ont besoin, ce mois-là, d'une telle quantité de muguet, qu'ils vendent maintenant sous ce nom diverses plantes offrant quelques ressemblances extérieures avec lui, mais en différant notablement au point de vue famille, qui fleurissent également à cette époque.L'un d'eux s'appelle vulgairement "Sceau de-Salomon", probablement à cause des linéaments en forme de sceau que représentent les sections de ses rhizomes souterrains ou racines blanchâtres charnues, de la grosseur du doigt et divisées en un grand nombre de noeuds d'où son appellation de Poly-gonatum signifiant "à plusieurs genoux".Il diffère du muguet par ses feuilles plus nombreuses alternant le long de sa tige anguleuse et par ses fleurs allongées en tubes.La seconde variété de Polygonatum, le "multiforme", se caractérise par sa tige plus arrondie et ses fleurs plus grosses.Comme les précédents, le vrai muguet des bois ou muguet de mai (Convallaria maialis Lin.) est aussi une Asparaginée.Ses deux feuilles d'un vert clair, semblables à des rubans de taffetas, entourent sa petite tige où pendent des clochettes blanc laiteux répandant une délicate odeur balsamique.Les bords de ses corolles sont découpés en six petits festons et au centre de chacune d'elles s'aperçoit un minuscule pistil ivoirin surmonté d'un stigmate de même couleur autour duquel se pressent six petites etamines aux anthères jaune pâle.Une Rubiacée, l'Aspérule adorante (Asperula odo-rata.Lin.) imite moins bien le muguet des bois qu'elle concurrence actuellement, surtout en Allemagne, en Belgique et dans le nord de la France.Ses feuilles sont groupées par six ou neuf au même point, ses fleurs minuscules, blanches et évasées en forme d'entonnoir, exhalent une agréable odeur, ne rappelant d'ailleurs que de très loin celle du "Lys des vallées".Nos voisins d'outre-Rhin dessèchent l'Aspérule odorante soit pour parfumer le linge, soit pour la faire infuser dans du vin blanc afin de fabriquer le "Maiwein".Mais ces diverses espèces de fleurs sauvages ne suffisant plus à satisfaire les amateurs de Liliacées printanières, on cultive aussi, de façon intensive, les diverses variété de vrais muguets.Depuis la fin de l'automne jusqu'au mois d'avril on les rentre en serre où on les dispose, côte à côte, sur un lit de sciure de bois.Pendant toute la durée de ce forçage, on ôte quelques feuilles des "martyrs", afin de fortifier leurs bourgeons floraux et on maintient, dans l'ambiance surchauffée où il s'anémient, une température de 25 à 30 degrés.Au moment de la cueillette, on lave leurs racines puis on met les pauvres étiolés en bottes qu'on entoure de mousse avant de les vendre aux midinettes des grandes villes! Pour les grandes fillettes (Suite de la page 20) A partir de l'épaule, la pointe-empiècement est maintenue par une piqûre de soie assortie à l'étoffe.Les manches toutes droites, ne sont cousues que jusqu'au cran qui forme manchette.A partir de là la manche est libre et réunie par deux couples de boutons de galalithe jumelles.La cloche est en feutre, vous pourrez la choisir d'un ton neutre, comme le manteau, ou, au contraire, la prendre dans un ton un peu vif, vert émeraude ou rouge, qui donnera une note gaie à votre costume.La petite jarretière qui entoure la calotte sera assortie au ton du chapeau; vous la préférerez unie, ou simplement liserée d'un petit bord en couleur différente, par exemple rouge liseré de bleu marin, ou vert liseré de noir ou de beige.Ce manteau se portera dans toutes les circonstances, aussi bien l'après-midi que le matin.Si vous voul'.-z le rendre très habillé, il vous suffira de changer l'étoffe dans laquelle il est fait, au lieu de tissu anglais qui évoque toujours un peu le voyage, les sports ou les courses matinales, prenez un drap de jolie qualité, mais restez dans les tons clairs.Pour l'été, le noir est peu pratique; il verdit au soleil et la poussière se voit beaucoup sur lui.Ce sera donc-un drap dans les tons beige ou gris, bleu marine ou châtaigne que vous choisirez.Chapeaux d'été (Suite de la page 21) l'harpe sur laquelle vous aurez mis un bouquet semblable.Si le chapeau est en feutre clair vous emploierez aussi les encres spéciale pour la peinture sur étoffe ou même l'aquarelle.Je vous engage, en tout cas, à essayer le procédé que vous emploierez sur un petit morceau de feutre pour ne gâcher votre casque.Le modèle était en feutre noir avec un bouquet peint dans les tons des fleurs des champs.L'échar-pe était de mousseline de soie peinte également et bordée à chaque extrémité par un picot, sur les côtés couraient les deux lisières.Pour terminer, voici une cloche de feutre beige, avec un bandeau de paille de Manille du même ton entourant le bas de la calotte, noué par derrière et rabattu sur le devant.La passe est fendue dans le dos et se retourne en deux petits revers au-dessous du noeud de paille. Mon Magazine.Juillet, 1929 31 UN BIENFAIT POUR LES FEMMES SOUFFRANTES Mon traitement simple à domicile pour les différents malaises dont souffrent tant de femmes a procuré des bienfaits sans nom à des centaines de Canadiennes.Si vous souffrez de maux de tête, de maux de reins, de douleurs dans le côté, de faiblesse do la vessie, de constipation, d'affections catarrh a lea internes ; si vous éprouvez une sensation de (ronflement avec accès de chaleur, de la nervosité, l'envie de pleurer, des palpitations, de l'apathie, demandez-moi par lettre mon traitement d'essai gratuit de dix jours, pour votre cas particulier.Rappelez-vous qu'il ne vous en coûtera rien.I Ne souffrez pas plus longtemps.Ecrivez aujourd'hui même.MME.M.SUMMERS a/s Vanderhoef & Co.R26P BOITE 59 WINDSOR.ONT.En vente chez les meilleurspharmadena ROBES Les plus derniers modèles à des I>ri\ île solde.Toute femme devrait demander notre nouveau supplément illustrant toutes ces toilettes de qualité.C'EST GRATIS IIALLA.M MAIL ORDKR (ORI'V l.iniil.'il Hill llallam Building, Toronto LE GRELOT HOSPITAL HQ MÉDAILLE De VERMEIL FABRICATION FRANÇAISE ' MEDAILLE DE VERMEIL 1 FABRICATION FRANÇAISE J Lames de Sûreté "LE GRELOT La meilleure lame de sûreté Jamais vendue au Canada.Cette lame s'adapte à tous les rasoirs standards.Demandez la à votre pharmacien, marchand de tabac, quincaillier, etc., et s'il ne l'a pas, appelez IlAKI'.ot K l'TTO.département d'importation et nous vous donnerons l'adresse du marchand le plus prés de chez-vous qui les tient en stock.Par poste 2 lames échantillons contre 15 Cents, fcdn Ml I F.IJourclielx, Importateur, MM place Jacques Cartier, Montréal, agent général pour l'Amérique du Nord.Ces lames sont strictement garanties.Dépositaires demandés partout, conditions libérales et toute l'aide possible.Elle a une âme croyante, délicate, £pNN£ * CEt/H SPECIALTY CQ BOITE POSTALE 510 QEAOC6 JONCT10N.QU6.BATARDE (Suite de la paye '24 ) —Lotte n'ayant pas beaucoup de cheveux eu ajoute d'autres pour faire tenir son chapeau.Mais cela ne se raconte pas.—Cela me serait bien égal de "raconter" qu'on m'ajoute des cheveux.On n'a rien répondu.Mais, papa est allé chercher un de ses vieux pantalons, a taillé dedans une grande langue, y mis un cordon, et me l'a passé au cou.—Voilà pour t'apprendre à garder le silence.Le ton était celui qu'il prend pour donner des ordres à son bataillon.C'est à mourir de peur.Pendant deux jours, je n 'ai presque pas ouvert la bouche.Me voyant si sage, on a décidé que j'assisterais au grand diner donné en l'honneur des fiançailles de Lotte.C'était hier! J'étais contente.Songez donc : il y avait des écre-visses toutes rouges, une sauce Toute blanche qu'on appelle lance mousseline et pour le dessert, '1rs petits pots tie crème ;in chocolat .puis beaucoup de gâteaux et de bonbons.J 'avais une robe rose et mes souliers découverts.On m'avait placé entre Miss et tante Jenny aussi sévère l'un que l'autre.Dès que j'ouvrais les lèvres pour parler, vite, un coup pied ou: —Taisez-vô.Ceci était très ennuyeux, mais j'oubliais cet ennui en regardant la table, superbe, vraiment, avec tous ses plat s.toutes ses lumières, toutes ses fleurs.Les grandes personnes mangeaient beaucoup, buvaient beaucoup, parlaient beaucoup.Je ne comprenais pas ce qu'elles disaient : Les messieurs et les dames causaient à la fois.Cela faisait comme un grand murmure qui ne finissait jamais.Au dessert, pourtant, il s'est posé une question.Alors, chacun à son tour s'est mis à raconter ses achats "artistiques" de l'année.M.de Vermont : une statue en marbre blanc.Le Dr Sonier: des faïences.M.Darnoy : un vieux livre, très ancien.Mme Dauvy : une lampe romaine.M.Assart : une médaille, toute verte à force d'être restée dans la terre.M.Francval : des armes japonaises.Mme d'U-riel: des dentelles d'Aleneon (je crois).Quand ce fut le tour de maman, elle dit: —Je n 'ai rien acheté et suis presque honteuse de l'avouer.Cette pauvre maman ! J'ai eu pitié d'elle et me voilà criant: —Tite mère, tu ne te souviens donc pas?Tu as acheté une dent très belle: une dent mécanique montée sur or.Et.cela recommence comme pour le chignon de Lotte: un silence, des rires, la mine fâchée de papa, de maman, de ma soeur.En plus, un coup de pied de tante Jenny, et Miss sur le point de se trouver mal.On ne s'est pas occupé de moi.on ne m'a rien dit jusqu'à ce matin.Mais ce matin, maman n'a pas voulu m'embrasser.Papa est retourné chercher son pantalon rouge, taillé une deuxième langue, encore plus grande que la première, et, sans un mot, me l'a pendue au cou.lires de l'autre.Je pleur ail bien fort.Au lieu de me consoler, Lotte a pris ses grands airs: —Petite peste! tu mériterais trente langues au lieu tie deux, et un écriteau avec ce mot: "Bavarde".A l'instant, je viens de me mettre à genoux devant la jolie Vierge qui sourit au milieu de mes rideaux blancs, et je lui ai dit.du fond du coeur: "Sainte Vierge, je vous promets de garder le silence, à moins qu'on m'interroge.Je vous en prie: Faites que mon papa m'aime encore; que maman me donne un gros baiser; que Lotte m'appelle "sa mignonne", et, puisque je n'ai pas assez d'argent dans ma bourse pour vous offrir un carré en marbre blanc, comme ceux que j'ai vus ;'i l'église, je suspendrai à côté de vous mes deux langues en drap rouge.Ce sera l'ex-voto de votre "Rosel".1/.AlAilIJ'EHSE Le COURRIER de FRÀNCELINE (Suite de la page 18) sentiments et au prochain courrier une plus longue causerie.MYOSOTIS.— Je vous affuble de ce joli nom de fleur en attendant de savoir votre récent choix.Comment va votre santé?Je m'intéresse toujours à vous de toute mon âme et regrette d'être forcée d'a-bréger ce billet pour la même raison que je donne à la précédente.Souvenir et amitiés en attendant plus.• • • • COEl'R VAILLANT.— J'ai reçu une lettre pour vous et comme je n'ai pas votre adresse, je vous serais obligée de me la faire tenir bientôt.Bonjour en passant et tous mes voeux pour ce que vous savez.• • • • PERVENCHE.— Mais .pi,' se passe-t-il done?Je ne comprends plus rien.rien.Venez vite m'expliquer, je m'inquiète et me chagrine.Je dois renoncer au projet ébauché et qui me rendait si heureuse d'avance.Une nouvelle tombe passant dans ma \ ie m 'oblige à ce sacrifice.Plus tard, je pourrai peut-être me reprendre.Je ne bâtis plus, voyez comme tout eut vain.Je vous aime toujours, chère Pervenche, et espère vous lire bientôt.• • • • ESPOIR.— Votre seconde lat tre m'arrive comme je fermais mon courrier.Je vous glisse néanmoins queluucs mots.Suivez la même ligne de conduite imposée et tOJtÊ (Suite à la paye 86 | LA RainKing; AJUSTABLE PLEUT et quand il faut de l.i pluie Notez les illustrations: Vue tlu lin m \.i u-.' pu l.i Knin King stationnaire.Double Jet très écarté dan* une même direction.Vue tlu centre.—Deux arroseuses Rain King — l'une stationnaire — l'autre tournante.\ ne tlu bas.—La Rain King stationnaire.Large et fin ruissellement d'un bec, courant compact de l'uu-tre.RAIN KING STANDARD Prix.$4.75 Winnipeg et l'Ouest, $5.00 — AUSSI — Majestic Rain King l'arroseuse ornementale avec bain d'oiseau à sa basa 15 pouces de hauteur.162,1 Winnipeg et l'Ouest.$6.75 24 pouces de hauteur.$7.25 Winnipeg et l'Ouest.$7.7.1 — ET — Olant Rain King.4 pieds de haut.Itra» de 20 pouces.Quatre becs ajustables.I'our terrains de golf, grandes propriétés, parcs, etc.Prix, $16.50 Winnipeg ei l'Ouest, $17.50 Ches votre marchand ou écrive* & la Fabrique FLEXIBLE SHAFT Co.Limited '.Il \\ciiuc t .irllIH TIHtlIXlli S 4514 32 Mon Magazine, Juillet, 1029 Héroïsme et Amour (Suite de la paqe 16) mensément doux, si à la bataille où sa poitrine s'offrait à l'ennemi, une bail* avait troué son coeur.Ce lui aurait été moins dur, croyait 11, que la lame de sa déception fouillant toujours plus avant sa chair sensible.V Louise-Marie doute.Le mois d'août 1750 touchait à sa fin.La Nouvelle-France se mourait de l'abandon d'outre-mer et malgré la vaillance de ses soldats, les misères, les privations les luttes incessantes la minaient, l'épuisaient; les Français perdaient toujours du terrain et Bourlamaque avait dû capituler à Carillon et au Fort St-Frédéric tandis que Pouchot était défait à Niagara Montcalm avait établi ses retranchements dans les environs de Que-bec et préparait courageusement la suprême attaque.Depuis le mois de juin, les Anglais s'étaient fixés sur la rive-sud et des hauteurs de Lévis, le général Wolfe bombardait Québec.Au camp fran.ais, un soir, Montcalm causait avec quelques soldats pendant qu'un autre groupe faisait la sentinelle près des remparts.Le général disait: —Je suis content de mes soldats.La Côte Nord est bien gardée et tant qu'il y aura un français debout, l'ennemi trouvera résistance ici.Un vieillard ajoutait fièrement: —Ce que les Anglais doivent être déçus et mécontents d'avoir été repoussés à Montmorency! —Ils se sont vengés aussi en dévastant Beaupré, l'Ile d'orléans et toutes nos campagnes naissantes sur la rive-sud.Un officier continue: —Il paraîtrait, Marquis, qu'ils ont offert 20,000 livres sterling au français qui leur ouvrirait les portes de la ville.—Ils vont espérer longtemps s'ils attendent une trahison de notre part, pour pénétrer jusqu'à nous, répond Jean Bizet.Vergor tressaille entendant discuter la question."Quoi! 20,000 livres sterling! Mais ce serait une fortune pour lui dont la modique solde est si loin de ses ambitions pour l'épouse choisie!" Il repousse l'affreuse tentation mais l'or magique, rançon d'une lâcheté, s'attachait à sa pensée comme une véritable obcession.Les jours suivants, il rêve sans cesse de l'aisance que lui apporterait la monnaie maudite.Il lutte pourtant, lutte encore se trouvant vil d'avoir conçu un si noir projet, mais peu à peu, il en vint à croire à la possibilité d'une trahison sans vilenie."On sera fier, pensait-il, de rencontrer enfin les Anglais! On les attend depuis si longtemps.Et nous sommes bien entraînés pour le combat, nous résisterons à l'attaque et nous vaincrons sûrement l'ennemi quand même il viendrait au-devant de nous.Puis ce serait une autre victoire pour la France." Il cajolait ainsi son étroite conscience pour endormir le remords qui tordait son âme.Le soir du 10 septembre.Vergor accompagne Montcalm à l'Hôtel-Dieu et revoit Louise-Marie.Comme elle lui est chère et comme il voudrait la rendre heureuse."Elle ne le sera pas dans ma vie modeste, elle qui a connu des jours larges chez le Marquis, se disait-il.Oh! pour elle, je veux de l'or et j'en aurai!" ., En la quittant, il la baise et la presse plus tendrement que d'habitude contre son coeur.Voulait-il lui demander pardon du forfait qu'il allait accomplir?.Louise-Marie sent le baiser de son fiance comme une brûlure sur sa joue."Qu'avait-il donc ce soir au fond des yeux?Du faux, on dirait".Elle ressent une instinctive peur, une crainte irraisonnée de Vergor Les âmes blanches ne peuvent Irôler la boue sans révolte.Dans son coeur, c'est changé, il lui semble.Depuis plusieurs jours le porte-drapeau s'estompe dans sa tendresse.un mur s'élève entre leurs deux âmes et sur la route où elle a des désirs de reculer, elle serait heureuse, heureuse si Jean l'attendait encore .Elle se reproche de penser ainsi.sa parole est donnée, elle doit être loyale à son serment.Un blessé l'appelle.elle court à lui pour sortir d'elle-même mais au bout de quelques instants tous ses patients reposent et de nouveau elle est seule et libre.Elle se sauve à la lingerie, son refuge habituel.Une jeune fille y est déjà mais si absorbée dans sa lecture que Louise-Marie ne souffre pas de sa présence et là.la main sur son coeur, comme pour en étudier les battements, elle essaie d'analyser son désarroi ."Mon Dieu! si elle s'était trompée! Si Jean était le meilleur et qu'elle l'eut méconnu!" Elle compare le regard franc, si droit de son frère d'adoption avec l'ombre fuyante surprise souvent ces derniers temps dans les yeux de Vergor.Son coeur a des palpitations délicieuses quand elle pense à Jean et il ne bat plus aussi vite pour son fiancé.Tout à coup, une voix bien connue demande : —Le Marquis est-il à l'Hôtel-Dieu, Louise ?—Non, Jean, il y a près d'une heure qu'il est retourné au camp.Et comme Jean fait mine de s'en aller tout de suite, elle l'invite du geste et de la parole : —Viens t'asseoir un peu avec moi et nous allons causer, veux-tu mon grand ?—Je ne puis pas, petite-soeur, j'ai un message très pressant à remettre au Marquis.—Oh! Jean, rien qu'un moment.Je souffre.—Louise, n'as-tu donc jamais pensé à ma souffrance à moi?.—Jean, je souffre parce que je crains de m'être trompée et je voudrais mettre mes doutes en lumière.si tu voulais m'aider.Que penses-tu de Vergor?J'ai peur de lui.Le jeune homme n'aimait pas le porte-drapeau non seulement parce qu'il Lui avait presque volé la femme élue de son coeur mais une certaine intuition lui inspirait de la défiance autant que de l'antipathie pour lui.Il n'avait jamais communiqué ses soupçons craignant d'être taxé de vile vengeance.Aussi, à la question de la jeune fille, le rouge lui monte au front.il se dérobe répétant sans le savoir les paroles de Louise-Marie au soir de leui adieu.—Je ne puis pas t'entendre.je n'en ai pas le droit.N'insiste pas, je t'en prie!.Et sans même se retourner, il repart abandonnant la jeune fille plus désorientée encore.Cette nuit-là Mlle Saint-Yves ne dormit pas tourmentée, angoissée, apeurée de l'avenir, portant douloureusement en elle des pressentiments de malheur.Jean trop heureux de l'espoir qui voulait s'infiltrer malgré lui dans son coeur oublia de fermer sa paupière.Et Vergor veilla jusqu'au matin combinant ses plans pour exécuter son misérable projet.VI La Trahison.Toute la journée du 11 septembre, les heures semblèrent interminables à Vergor.Son dessein infernal brûlait son âme et comme Judas, il avait hâte de toucher en sa main les deniers de la trahison.A la tombée de la nuit, il réussit à s'échapper du camp sans être remarqué.Il traverse en canot jusqu'à Lévis.Il se présente crânement à la sentinelle disant qu'il veut parler immédiatement au Général Wolfe.Il va droit au but tremblant malgré lui de sa bassesse.—Voulez-vous entrer à Québec et dès demain?—C'est pourquoi je suis venu d'Angleterre jusqu'ici, répond le général Anglais.—Donnez-moi 20,000 livres sterling.Gardez-moi le secret et demain vous serez à Québec.Wolfe hésite et demande : —Quels sont vos plans?—Voici : je ferai la sentinelle de minuit à quatre heures dans la nuit du 12 au 13.Vous pourrez alors escalader les murs de la citadelle pourvu que ce soit sans bruit.Je vous laisserai passer sans vous signaler aux Français.Wolfe craint un piège tendu.n'ose accepter.consulte ses officiers .Le porte-drapeau insiste : Je suis sincère, je vous le jure sur mon épée! J'accomplirai le pacte conclu si vous me versez la somme fixée et moi seul de l'autre côté serai au courant de votre entrée dans la ville.Wolfe réfléchit encore puis finalement se dit que même s'il était trompé, il pourrait se défendre et la rencontre avec l'armée française ne serait pas trop tôt.—Je vous paierai quand nous serons à Québec, annonce-t-il à Vergor haletant, la main tendue pour happer déjà la rançon de son ignominie.Dé.u, le jeune homme s'entête et commande : —Donnez-moi l'argent ou je recule.Une discussion s'engage mais Wolfe tient bon.—Les 20 000 livres sterling seront à vous, à quatre heures sonnant, le 13 au matin, quand nous serons sur la rive opposée.C'est ma seule condition et vous devez croire en moi comme je crois en vous.Vergor cède enfin disant simplement : —Soyez là, j'y serai.Puis, en une heure vieilli de dix ans, le porte-drapeau s'en retourne avec un nom déshonoré.Wolfe le regarde s'éloigner et sa droiture en révolte lui fait murmurer: —Lâche!.Lâche!.Etouffant la honte qui envahit son âme, le fiancé de Louise-Marie revient à Québec et pénètre au camp sans être vu comme protégé par le démon de l'or, vainqueur de sa faiblesse.Dans la nuit du 12 au 13, Vergor monte la garde à l'heure convenue.Il a une peur fébrile, nerveuse que les Anglais soient en retard.Enfin, il entend de légers clapotements dans l'eau.Les troupes ennemies traversent donc le fleuve?De son observatoire il discerne un défilé aussi noir que la nuit débarquant à l'Anse au Foulon.Les minutes languissent comme des heures pour lui tant il craint d'être surpris dans son infamie.Un peu plus tard Wolfe fait en silence escalader les murs de la citadelle à ses quatre mille huit cents soldats.Le fourbe voit les ombres se glisser sournoisement comme des fantômes .Quatre heures sonnent.l'ennemi est là.la trahison est consommée.Vergor est riche.Il cède sa place à une autre sentinelle et tout grelottant se roule dans sa capote et essaie de fermer les yeux sur son crime.Dans le matin rose, le soleil se levait splendidement, toute la nature était en allégresse, en beauté penchée sur la Nouvelle-France comme une mère caresse son enfant quand s'annonce l'orage qui l'apeuré.VII Les derniers instants du Grand Vaincu.Aux premières clartés du jour, le 13 septembre au matin, la sentinelle remplaçant Vergor réalise soudain que des troupes nombreuses sont rangées dans les Plaines d'Abraham.Affolé, le soldat court donner l'alarme.Mis au courant, Montcalm arrive de Beauport immédiatement.N'écoutant que son ardeur, sa soif de terrasser l'ennemi, il mobilise à la hâte ses bataillons et à neuf heures et demie, il se trouve en face de Wolfe avec quatre mille hommes.L'attaque avait été trop brusque.En dépit de l'héroïsme des Canadiens-Français la victoire est aux Anglais.Mais était-ce bien une victoire?.Et les nôtres n'étaient-ils pas plus granels dans leur défaite?.Nul ne se doutait qu'un lâche avait souillé le drapeau à la blanche fleur-de-lys, vendu pour quelques pièces d'or la pauvre et chère Nouvelle-France qu'on défendait de tout son coeur.Non, personne sauf peut-être Jean Bizet qui avait rencontré Vergor affolé.fuyant comme Cain après son homicide, les innocentes victimes tombées à l'honneur.Wolfe et Montcalm avaient été tous deux mortellement blessés dans le combat.Le général anglais expira sur le champ de bataille.Malgré sa souffrance, son épuisement, sa déroute, Montcalm veut revenir à Québec.Monté sur son cheval, soutenu par trois soldats, il entre dans la ville au milieu de la foule éplorée accourue sur son passage.—-Ce n'est rien, disait-il à tous, ne vous affligez pas, mes enfants.Et le général va s'échouer comme une glorieuse épave aux quartiers généraux où l'accueille hospitalièremint la maison qui existe encore dans la vieille cité québécoise.Au médecin qui sonde sa blessure, Montcalm demande: —Combien me reste-t-il à vivre?—A peine quelques heures.—Tant mieux, je ne verrai pas les Anglais à Québec.Lévis et Bourlamaque s'approchent et implorent son conseil pour la tâche qui va passer entre leurs mains.—L'heure est aux intérêts éternels, mes amis.Je vous recommande seulement de ménager l'honneur de la France.Jean Bizet et Louise-Marie sont au chevet de leur père d'adoption.Ils recueillent ses derniers conseils, ses dernières tendresses, ses dernières recommandations pour la famille lointaine.Filialement et solennellement comme un serment juré à Dieu même, Jean Bizet dit à son père: —Partez sans inquiétude, je veillerai sur les vôtres jusqu'à mon dernier jour, je les protégerai et vous remplacerai auprès d'eux en autant que je le puis.—Je serai là moi aussi, et de tout mon coeur, achève Louise-Marie.Dans la nuit, le Marquis reçoit les derniers sacrements, résigné, il répétait tout bas: —Que la volonté de Dieu soit faite! Le gouverneur Vaudreuil, un prêtre, quelques officiers entourent le général. Mon Magazine.Juillet, 1029 33 A genoux, Louise-Marie récite une prière; c'est le solennel précédant le départ d'un grand soldat, d'un grand chrétien.quand tout-à-coup apparaît un homme, avec la figure épouvantée d'un Iscariote, un homme qui râle plus qu'il ne dit: —Marquis! Mon crime m'étouffe.C'est moi qui ai livré Québec aux Anglais pour les 20,000 livres sterling.C'est moi qui vous ai tué.Ah! je suis un misérable.Montcalm se soulève un peu sur ses oreillers.—Toi! Vergor! Toi!.Tu as trahi le Drapeau français?.Tu as vendu la Nouvelle-France?.Tu es un lâche! Arrière Judas! Puis il retombe affaissé.On entraine le porte-drapeau.l'assistance est consternée.le silence est navrant dans la pièce.Louise-Marie la tète dans ses mains, est prostrée sur le lit de l'agonisant, abimée dans sa honte.Le Marquis pose sa main comme un pardon, une bénédiction sur l'enfant inclinée et dit simplement: —Souviens-toi que tu es la fille de l'héroïque Saint-Yves et tant d'honneur effacera l'humiliation d'avoir été la fiancée d'un traître.Le dernier mot passant sur ses lèvres fouetta le Marquis comme une injure à lui-même.La boue déshonorant le drapeau-français avait jeté son éclaboussure, lui semblait-il, jusqu'au front qu'il avait toujours porté haut et noble et le général souffrait intensément de cette dernière épine ajoutée à sa couronne.La jeune fille répond fièrement: —C'est trop d'avoir été sa fiancée.je ne serai jamais son épouse! Et arrachant de son doigt l'anneau de sa promesse, elle le lança dans le foyer où des braises rougeoyaient encore.Montcalm approuve de la tête à ce geste et cherchant des yeux Jean Bizet qui muet n'avait pas changé d'attitude durant toute la scène, il l'appelle plus près, prend sa main et la réunissant à celle de Louise-Marie, il dit à celle-ci: —La voici la droiture, la loyauté.Oh! mes enfants, si vous vouliez!.11 ne peut achever sa pensée.un flot de sang passe entre ses lèvres comme un torrent.On continue la prière interrompue à laquelle le Marquis semble participer intérieurement puis, une plainte.un adieu du coeur dans "Ma femme.mes enfants." un plus éloquent regard à ses deux protégés.un dernier "Mon Dieu! que votre volonté soit faite" Et c'est tout.le Grand Vaincu est mcrt pour sa patrie, au matin du 14 septembre, 1759.Le soir du même jour, à la lueur des flambeaux, le Marquis de Montcalm, le général des armées françaises en Canada, est enterré dans la chapelle des Ursulines comme un simple soldat mais sur son tombeau modeste, l'oeuvre intrépide et glorieuse de ce chevalier avait dressé un monument d'honneur que les siècles ne pourront jamais renverser.VLU Le drapeau est vengé.En sortant de la chapelle des Ursulines où elle s'était attardée à prier après la lugubre cérémonie, Louise-Marie croisa son fiancé qui dans l'ombre avait assisté aussi à l'inhumation du Marquis.La jeune fille eut un recul d'effroi et de révolte.Lui confus implora: —Pardonnez-moi, Louise-Marie, c'était pour vous procurer une vie plus large et plus douce.Je n'ai qu'une excuse, je vous aimais trop! —Vous m'avez bien méconnue et bien mal aimée, Vergor, si vous m'avez crue assez vile pour accepter un peu d'aisance à ce prix: la vie de mon père d'adoption et la trahison de mon pays!.—Je vous en prie, pardonnez-moi! Vous finirez par oublier et nous.Elle ne le laissa pas achever: —Etes-vous tombé assez bas, Vergor, pour croire que je pourrais oublier la honte dont vous m'avez abreu- vée par votre forfait?Tombé assez bas pour penser que je pourrais recevoir avec joie les deniers trempés dans le sang des nôtres, les deniers qui ont été le pourboire de votre infamie?Ah que vous êtes loin de moi! Non.non.la fille de Jean Saint-Yves, la fille de Montcalm ne peut pas être et ne sera jamais votre épouse, jamais! Puis elle passa droite, stoique, digne enfant de ceux qui lui avaient tracé la route du devoir et de l'honneur.Vergor comprit l'abîme qu'il avait creusé de ses mains trop avides entre l'âme loyale de sa fiancée et l'abjection de la sienne.Il comprit tout ce qui lui échappait.Puis.il eut peur.peur de la justice, peur du Conseil de guerre, peur d'expier sa faute, et lâche jusqu'au bout, s'évada de son camp et une nouvelle fois faillit à son pays et à son drapeau.On rechercha en vain le déserteur.Personne ne sut jamais où il était allé cacher son crime.Le lendemain de la mort de Montcalm, la vie militaire avait repris son cours.Lévis, nommé par le Gouverneur, remplaçait le Général fauché en pleine lutte.Jean Bizet était choisi comme porte-drapeau.Et toujours fidèles, malgré la déroute, malgré le deuil pesant sur tous les coeurs, malgré l'abandon toujours plus profond de la France, nos soldats se relevèrent pour venger la défaite des Plaines d'Abraham et retremper dans la gloire le drapeau roulé dans la fange par Vergor.Mlle Saint-Yves écrivit longuement à la Marquise de Montcalm lui racontant sans restriction la dernière étape du grand soldat, et sans restriction aussi l'infamie de son fiancé.Puis elle réunit dans un coffret les souvenirs que le général destinait aux siens afin de les remettre intacts à la famille lors de son retour en France.Tout au fond de l'étroite prison reposait un papier jauni, effrité par les années et tout tacheté de sang.C'était le legs sublime de Jean Saint-Yves.La jeune fille le baisa comme on baise une relique et le plaça contre la croix de guerre de son père d'adoption.Refermant le bijou, elle l'entoura de ses bras comme si les deux braves eussent été vivants dans ces reliques et posant sa tête sur cet oreiller de souvenirs, elle dit inspirée sans doute par l'héroïsme de ces chevaliers de l'honneur: —Dormez en paix, vrais fils de la Patrie! Je suivrai vos pas.et "nous" laverons la souillure au front de notre race! Nous réparerons pour "lui".Dans ce "nous", elle associait à sa pensée et à son désir son frère d'adoption qui lui apporterait peut-être son appui dans cette oeuvre patriotique.Elle rougit et reprit: "Oui, "je" veux.et pour cela je resterai encore au pays tant que durera la défense.Je me dévouerai pour les nôtres puis.je ferai davantage encore." Et la jeune fille sourit au rêve apparu soudain en son coeur.Jean se joindrait ainsi à son geste.Jean participerait comme elle à blanchir l'âme française un instant reniée par Vergor.A ce même moment, Jean Bizet songeait pendant que Lévis étoilait à sa poitrine l'insigne du nouveau porte-drapeau: "Nous vengerons Montcalm!.Nous vengerons l'odieux affront!".Et dans son intime "lui" il ambitionnait de jeter assez de gloire sur son nom pour que Louise-Marie soit heureuse de l'accepter un jour, heureuse d'oublier près de lui, l'humiliante déception de ses premières fiançailles.Louise-Marie tint sa promesse et fit à sa patrie un don magnifique.De ses économies, de son labeur elle acheta un drapeau pour remplacer l'ancien où elle voyait toujours une ombre d'ignominie et sacrifiant jusqu'à ses nuits de repos, elle broda elle-même les fleurs-de-lys, mêlant son coeur et sa foi patriote au délicat travail qu'elle offrit un jour au Chevalier de Lévis.Celui-ci ému dit en remerciant la jeune fille: —Il est impossible que la victoire ne soit pas à nous avec un tel étendard entre les mains de notre porte-drapeau.Quand l'Evêque bénit ce don symbolique, il appela la protection d'en haut sur la petite française à l'âme magnanime et sur tous ces soldats du devoir marchant à la mort pour glorifier leur drapeau De fait, quand le 28 avril, 1760, Lévis rencontra Murray aux Plaines d'Abraham, le Ciel se pencha avec clémence sur les nôtres et les clairons chantaient la victoire quand revint à Québec la phalange de nos braves Canadiens-Français.Montcalm était vengé, la Nouvelle-France palpitait à un renouveau d'espoir, et sur le drapeau neuf, Jean Bizet avait rougi le lys tissé par la Louise-Marie, purifiant ainsi à jamais la souillure du traître.On trouva l'héroïque porte-drapeau roulé dans l'étoffe ensanglantée et quand Louise-Marie tomba en sanglot-tant près de son lit en lui disant: Merci, mon Jean, je t'aime", il lui sembla que la blessure ancienne était guérie et qu'il mourrait heureux de la dernière blessure.IX Si Jean voulait encore.Un soir d'octobre de la même année.Un soldat frappe à la porte de l'Hôtel-Dieu où est encore Louise-Marie Saint-Yves et lui apprend: —Monsieur Bizet m'envoie vous prévenir qu'un bateau part demain pour la France et si vous avez quelques messages pour là-bas, préparez-les, il viendra les prendre un peu plus tard.La jeune fille remercie et s'installe immédiatement sur la petite table de la lingerie puis écrit à sa mère d'adoption: Québec, ce 8 octobre, 17C0."Ma bonne et chère Bienfaitrice, "Un bateau laisse le port demain "pour la France et je veux lui confier "une longue lettre pour vous, la derrière que je vous écris de Québec, car "au prochain navire en partance, ce "sera notre tour à nous de quitter la "terre canadienne."Nous avons capitulé.Marquise, "oui nous avons dû capituler, il y a "tout juste un mois, ce présent jour."Nous ne pouvions plus lutter; la "Patrie ne nous aidait plus, elle nous "abandonnait à nos propres forces et "nous étions épuisés, nous n'avions "plus de munitions, plus de vivres, plus "d'argent et nos armées décimées ne "pouvaient plus se renouveler, nous "avions tout pris ce qu'il y avait de "vies à offrir depuis les jeunes gars "de vingt ans jusqu'aux vieillards de "soixante ans.Mais je suis fière, ma "mère, de vous dire que nous avons "glorieusement capitulé.Lévis a accompli un geste qui l'immortalisera "quand à l'Ile St-Hélène, il brûla ses "drapeaux pour ne pas les livrer avec "leurs fleurs de beauté et de patrio-"tisme entre des mains ennemies."Et si nos chefs ont dû céder ce fut "en braves vaincus.Les clauses de "la capitulation si elles sont loyalc-"ment observées par les maîtres nouveaux, accordent aux Canadiens la "liberté de leur foi, de leur langue, de "leurs lois.Les troupes sous les ar-"mes seront toutes transportées en "France aux frais de l'Angleterre, "les citoyens éminents et les cana-"diens-français qui désirent être rapatriés le seront aussi.Noua partirons à tour de rôle.Moi.j'ai attendu Jean."Mais c'est dur la défaite, Marquise, "quand nous avions mérité la victoire."Et nous avions tant espéré surtout "depuis le valeureux exploit de Lé-"vis aux Plaines d'Abraham."Nous avons vengé notre cher "Montcalm mais la fourberie de Ver-"gor est toujours attachée à ma pen-"sée comme un crime commis par "moi-même.Vous ne pouvez savoir "comme ce souvenir m'humilie enco-"re.pourtant plusieurs mois ont (Suite à ta page 35) Enrayez-la avant qu'elle ne se complique.Chauffez et inhalez du Mlnard.Employez ce Uniment pour vous frictionner la ûorgo *( la poitrine.C'est une cxceBVnio mesure préventive.La Uniment Blanc Merveilleux 60F UNIMENT MinarD le Meilleur pour Bébé eill&ur pour Vous TEMELÛ UN hhw York 0h 600 CHAMBRES TARIF PAR JOUR Chambre simple *1 M Chumbro double UM Chambre simple tH M bain .$3.00 I Chambre double II avec bain.>i M ! 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Mon Magazine, Juillet, 1029 Soldi L u x q q i C q m f © r i; PACiriQUE CANADIEN ¥ E grand salon des nouveaux wagons-ob-servatoire-solarium récemment mis en service par le Pacifique Canadien offre le summum du confort en chemin de fer.Vous y trouvez de moelleux divans et de souples fauteuils, capitonnés de superbe velours multicolore.les lampes diffusent une lumière douce.d'épais tapis couvrent les planchers.les boiseries sont d'une grande richesse.Quel plaisir que de - "I voyager entouré d'un tel uxe Dans ce même wagon, vous avez encore l'avantage de pouvoir, le matin, prendre une douche rafraîchissante et, après le déjeuner, d'aller faire la sieste dans l'observatoire-so-larium, à l'arrière.Vous pouvez griller une cigarette au fumoir.emprunter un roman ou un magazine à la bibliothèque.faire une partie de bridge avec de charmants compagnons.conserver et admirer les panoramas.Et c'est ainsi que les heures s'écoulent agréablement.que la journée se passe.pendant que vous roulez de ville en ville, d'un océan à l'autre.EQUIPMENT i/i LUDCÔ - PACIFIQUE CANADIEN Mon Magazine, Juillet, 1929 35 Héroïsme et Amour (Suite de la page 33) "roulé sur cette heure pénible et je "rougis encore quand on prononce " "son" nom devant moi, quand je "croise Jean dont le franc regard me "reproche de lui avoir préféré ce Bar-"rabas."Comme je m'étais trompée en liant "mon coeur à cet indigne dont le vi-"sage était bien plus beau que l'âme "et dont le charme m'avait affolée au "point de fausser mon amour ainsi."Ah si j'avais compris Jean plus "tôt.comme j'étais enfant et ignorante puisque j'ai vécu si longtemps "de sa tendresse sans lui donner le "nom d'amour.Nos coeurs se "sont rencontrés seulement après."quand je commençai à douter de mon "fiancé.mais il était trop tard."Jean ne voulait plus et il ne veut "pas encore.malgré mon aveu le "soir de la bataille de Ste Foye quand "il nous arriva presque mourant, mal-"gré mes soins bien plus dévoués et "bien plus attentifs que pour l'autre, jadis.il ne m'a pas encore appe-"lée à lui.pas encore tendu les "bras pour que nous oublions à deux "ce passé de torture.Est-ce par "orgueil ?Se serait-il attaché à une "autre.Je ne sais mais plus je m'é-"loigne du goufre où j'ai failli m'en-"gloutir, plus la lumière pénètre dans "mon coeur et c'est Jean, ma mère, "c'est Jean qui domine toute cette pé-"riode de fièvre, d'exil, de malheurs."Jean qui se révèle dans toute cette "ombre, Jean à qui mon père m'a recommandée avant de partir en pla-"çant ma main dans la sienne.Oui "c'est ce Jean de loyauté, ce grand "coeur de frère et d'ami, ce bon et "tendre Jean que j'ai dédaigné et qui "ne veut plus de moi maintenant."C'est celui-là seul qui m'apparaît "comme l'unique ami et qui serait l'i-"déal époux.mais je ne veux pas "mendier son amour une fois refusé "et lui ne vient pas à moi.Je souf-"fre, ma mère, mais je laisse les jours "s'effeuiller.sans l'appeler, n'o-"sant pas, ne sachant pas s'il consentirait encore."Quand nous serons revenus sous "votre toit, vous nous aiderez, voulez-"vous, à nous comprendre et à fusionner nos deux vies si le Ciel les "veut ainsi.car je vous le souffle "à l'oreille, "si Jean voulait encore de "moi, je serais si heureuse d'être à "lui".La jeune fille sursaute.Jean vient d'apparaître dans la porte.Comme une enfant prise au trébuchet Ix)uisc-Marie pose ses deux mains sur la lettre inachevée pour voiler l'aveu de sa tendresse.Jean sourit: —"Quelle cachotière! Est-ce donc si mal ce que tu écris là, Louise?—Non, pourtant, j'écris à la Marquise.—Mais que lui contes-tu de si affreux ?Et soudain croyant qu'elle causait de Vergor, le traître qu'elle lui avait préféré, il dit un peu acerbe et pour la première fois faisant allusion au passé: —Ah! je comprends.on ne peut parler de ceux-là sans rougir.Mlle Saint-Yves riposte: —Non, Jean, il n'était pas question de lui.mais de toi.—De moi?Ah! ça, aurais-tu honte de moi, maintenant?—Non.tiens, je serai franche, je parlais de toi et fus surprise de te voir surgir juste à ce moment, c'est tout.—Louise, tu me rends indiscret.Si tu voulais, tu me laisserais lire.—Oh! Jean, je ne puis.Elle rougit.puis soudain vaincue, elle se jette sur la feuille révélatrice et pleure tout fort.Lui, tendre et plus intrigué que tout à l'heure s'approche de la jeune fille: —Allons, petite soeur, ne te chagrine pas ainsi, je n'insisterai plus, mais tu as donc des secrets pour moi.Louise ne répond pas.Alors il se penche plus près pour lui dire une autre douce parole et.oh! sans le vouloir, mais en un coup d'oeil, il lit: "Si Jean voulait encore de moi, je serais si heureuse d'être à lui." Suffoqué comme si une avalanche de joies fut descendue dans son coeur il prend la tête de Louise-Marie et l'appuie sur sa poitrine en disant: —Sois heureuse, mon adorée.Je veux encore, je veux toujours.sois mienne enfin." F I N Séverine Une grande voix vient de s'éteindre.Une des femmes qui honorèrent le plus le journalisme en France n'est plus.Les opinions politiques de Séverine n'ont rien à voir avec nos sentiments.Elle fut noble, elle fut généreuse, elle batailla toujours pour son idéal, elle se mit constamment au service de la misère et de l'infortune.Ah! comme il eut tort celui qui, voulant faire de l'esprit, lui donna, jadis, le sobriquet de "Notre-Dame-de-la-Larme-à-l'OEil"! Et pourquoi?Parce qu'elle fut pitoyable?Parce que le spectacle du malheur la trouva toujours vibrante et prête au combat, au bon combat?Nous avons gardé le souvenir de ces inimitables chroniques qu'elle consacra aux mineurs comme aux chiffonniers, aux cantinières comme aux midinettes, aux mutilés comme aux Petites Soeurs des Pauvres.Qu'on lui signalât une injustice et aussitôt elle entrait en campagne.Avec cela, courageuse à l'extrême, ne reculant devant aucun effort.Ne descendit-elle pas, elle, femme, dans les puits de Cour-rières et de Villebeuf?Et ce n'était pas là gloriole de journaliste.Elle voulait mieux voir pour mieux décrire cette horreur et toucher à coup sûr le coeur des foules.Les humbles l'entouraient d'un respect allant jusqu'à la dévotion.Que de touchants témoignages ils lui donnèrent! Séverine conservait chez elle les dons des travailleurs : une boule de verre des verriers de Pantin, une balle tirée sur les mineurs de Decaze-ville, un Christ efTrayant de réalisme et de douleur, sculpté dans un os de boucherie par un ouvrier.Le COURRIER de FRÀNCELINE (Suite de la page 31) indépendante tant que vous le pourrez, vous le détacherez et muf-frirez moins.Voyez comme c'était urgent de vous soigner.Si vous vouliez, vous d«nanderiez une vacance pour l'été.Vous avez besoin de repos, il y a si longtemps que vous souffrez et vous dépensez quand même.N'objectez pas le travail, si vous ne vous ménagez pas, il vous faudra tout abandonner, ce serait bien plus triste encore.Une promenade dans uni» famille parente ou amie loin de chez vous vous vaudrait une cure précieuse.Loin de la lutte, loin de la peine, dans une atmosphère nouvelle, vous ressusciteriez, il me semble.Voulez-vous essayer?lia chère enfant, vous n'avez pas de liberté à lui rendre, ne vous mettez pas cela en tête.Vous vous appartenez et il n'a aucun droit sur vous, vos paroles passées ne valent rien dans les circonstances.Une dernière tendresse pour ma chère grande.FRA.W'KLIXE.EN MARGE DE LA BAGARRE L'éternelle émotion LORSQUE je reviendrai, vous n'aurez plus besoin D'enguirlander la porte, Ni d'embellir le parc, ni d'apprêter au loin Une amicale escorte.Je ne me perdrai pas sur le sentier le soir.Ne me faites pas signe Je m'assoierai dans l'ombre où le buis est plus noir Et moins verte la vigne.D'ancien hymne éclatant, formidable et vainqueur Ne troublez mon oreille; J'adore le silence accoudé dans mon coeur Et perdu sous la treille.Laisse la paix clore nos lèvres et nos yeux Il ne faut rien entendre.Dans le recueillement, l'instant sera plus tendre Et plus délicieux ! Ne me demandez pas des récits de bataille, Ne me demandez rien, Un peu de nonchaloir sur ma bouche défaille Taisons-nous: tout est bien.Comme il sera calme et pieux le paysage Dans la nuit qui s'endort ! Entre mes doigts lassés ptnehera mon visage Nous songerons aux Morts.Et si je ne puis plus alors cacher mes larmes, Ni taire mes regrets.Si le jardin, pour moi, n'a plus ses ancien?ihaim; s Vous me pardonnerez.François BARON.(Tué à dix-niuf ans à Movcnnêville, en Lorraine, le 5 mai 191 S).UN AN D'ABONNEMENT POUR 25 SOUS Pour 25 sous vous recevrez men uellement, pendant un an, le plus Intéressant journal de broderie et musique qui existe au Canada, édité par la maison Raoul VennM.de Montréal.C'est une oITro exceptionnelle, A vous d'en profiter.Vous pouvez adresser ce montant de 25 sous par un mandat-poste ou en timbres.Utilisez le coupon d'abonnement ci-dessous.Coupon d'abonnement _ REVUE DE BRODERIE ET MUSIQUE 1723, Saint-Denis, MONTREAL._ Veuillez trouver Inclus 25 sous en paiement d'un abonnement d'un an à la Revue Musique et Broderie de Raoul Vennat.NOM.ADRESSE.VILLE.DECOUPEZ CE COUPON .1929 "MON MAGAZINE", 1725.rue Saint-Denis.Montréal.Messieurs: — Veuillez m "adresser tratultement et franc de port les numéros de Juin et de Juillet de votre revue a titre d'échantillons.Il est convenu que si Je ne décide pas de m'abonner à "Mon Magazine", Je devrai vous en avertir, par écrit, avant le quinze du mois do Juillet prochain; mais, au cas où je no vous donnerais pas tel avis, veuillez mo considérer comme abonné régulier ft compter de votre livraison d'août, ft raison de (2 00 par année, avec droit ft toutes primes qui seront alors offertes par votre revue.(Nom).(Adresse).(Comté). 3C Mon Magazine.Juillet, 1929 i» » a ' -pas *?TAS-PAS DEJA ÉPROUVÉ LE DÉSIR DAPPUYER UN PEU PLUS FORT SUR Il ACCÉLÉRATEUR UN JOUR QUE TU TE TROUVAIS SUR UNE BEU F ROUTE BIEN DROITE.SANS UN SEUL AUTO EN VUE- LE VELOCIMÈTRE RÉPOND INSTANTANEMENT ET TE VOILA BIENTÔT FILANT TES 45 A L'HEURE GRISE PAR LA VITESSE TU ACCELERES EnCORE A 50 ET JUSTE COMME TU COflflENCES A TROUVER LA VIE LiLLE - vol A CE QUE TU APERÇOIS TOUT À COUP DANS TOfl MJROiR RÉTROVISEUR - ET TU cN ES POUR TES 125.DE FRAIS.Tte-BftS fréjA essayé une BLACK HORSE POUR te remettre d'une FORTE EMOTION?dîtes simplement ~ Mon Magazine, Juillet, 1020 37 5é Centenaire de la délivrance d'Orléans —Ça vient ?Ils viennent ?Ça ne vient pas.Coup de canon.—Haaa.Et ce cri couvre et fait peur.C'est le cortège du 29 avril, le même, et encore frais à notre curiosité de vingtième siècle qui n'a pas chaque jour à contempler des guerriers en armure.Ces vieux visages d'une semaine me sont devenus familiers — une semaine de fréquentations johanniques et d'Histoire de France — je reconnais et je m'enthousiasme.Dans le Guignol du Lycée de Garson les Lycéennes font les pitres."De mon temps", on ne nous invitait pas, au Lycée de garçons.De mon temps, c'était beaucoup moins chic.On autorisait peut-être cinq minutes de promenade, avant la fête — oh! alors, j'en veux mon saoul, et coups de Tom-Pouce dans les jambes des Misses oxygénées et les "puppies" en désordre et coups d'épaules dans les épaules des dandies trop bien cravatés, et sweetmeats dans la bouche et cris, et joie, vingt jeunes gens dansent en farandole autour de notre rang et nos surveillantes, dans l'incertitude, l'inquiétude, font le pas de cigogne.Seulement — youp! au lit.Derrière ta vitre défendue, petite fille, pense au bruit, pense aux rires, et pense aux lumières dans le ciel, qui vont s'éteignant.* * * * Mais sur le parvis de la Cathédrale, Mgr Cour-coux, évèque d'Orléans, reçoit de M.Turbat, premier adjoint faisant fonction de Maire, l'étendard de Jeanne la Lorraine.C'est dans cet instant qu'une fumée d'abord, et puis d'énormes feux rouges embrasent les tours, sur fond noir.Que c'est grand! Que c'est rouge! Que les visages sont affreux dans ce rouge! .Et la fumée retombe avec une mauvaise petite odeur.* * * * Sur le quai désert de la gare, la Madone des Sleepings, accotée à une rampe de cuivre, tend sa main, ses lèvres, son pied à baiser — mais :;es yeux se ferment sur son regret quand le train l'emporte.* * * -* La nuit est séparée par une porte enchantée d'un lieu sans fin où des anges ou des diables font du jazz, et des couples dansent et chuchottent et les robes aussi chuchottent, et le vin enivre, et la musique encore mieux.Nuit adorable! Nuit folle et folle Josette! Nuit parfumée, nuit trouble et voilée, Nuit, Mensonge, Beauté de tous les Mensonges — j'aime! 8 mai.Le soleil se lève gris, en grognassant.Tout de même, se lève.Luira, luira pas.Jusqu'au premier coup de canon, le temps, mon Dieu, est acceptable.Au vingt-et-unième il pleut à fendre l'âme.¦—Fichu canon.Enfin il pleut.Voilà.Les Orléanais, ça les fâche.Ils vous jureront tous par leur sainte belle-mère que le soleil brille à chaque 8 mai.Or, la pluie n'a jamais manqué.Je vous le dis, moi, et c'est moi que vous devez croire.Vous verrez comment tout le monde a raison.Toutes les cloches de la ville sonnent ensemble, et ' même dans le ciel noyé — méchant ciel noyé, — cela fait un beau vol.Belles cloches de joie, din, din, dan, ailes allègres, félicité dans le matin, beau dimanche, chant bleu et blanc qui emplit l'air, qui emplit les oreilles de cedence céleste, carillon de toutes les aurores heureuses, sonnez, cloches, dong.Du Beffroi, un vieux son rouillé, vieux, vieux, à la limite du temps, tinte de quart d'heure en quart d'heure.Tout ce gr.i tintamarre tombe à pleins grelots sur la foule, entre dans les chambres par les fenêtres, éveille les paresseux au lit et leur persuade que "c'est fête".A la gare, qu'on a peinturlurée, balayée, grattée pour Lui.et affichée de neuf (on a même renouvelé l'horloge), dans la gare vert-printemps qui s'emplit pour Le recevoir d'un catafalque rouge, on attend M.le Président de Notre République, Gaston Dou-mergue, affable et grassouillet, irrésistiblement sympathique.On l'attend pour la Cérémonie Religieuse, on l'attend et il est bientôt là, le chapeau à la main.Vous savez qu'il est de Aiguemortes, du Gard, du Midi splendide.—Vive Gastounet, crient des compatriotes en feu.L'accompagnent: M.L'Ambassadeur de Grande-Bretagne.M.le Président du Sénat M.le Vice-Président de la Chambre.M.Poincaré, Président du Conseil.M.Painlevé, Ministre de la Guerre.Le Maréchal Pétain.Enfin, comme vous pensez, du monde bien.[Suite de la paye 8) Et sur le quai aussi de ces Messieurs qui ne sont à tout prendre, pas fait autrement que les autres — (de ça, maman n'en revient pas,) — et qui sont pourtant les maîtres de notre pays, les plus belles intelligences de notre époque.On croit qu'on reconnaît des visages, pour les avoir vus photographiés sur des journaux, mais les clichés sont si rarement bons qu'on se trompe assez justement.Le cortège Présidentiel fait un petit arrêt à l'Hôtel de Ville, et puis la Cathédrale.La Cathédrale Ste-Croix d'Orléans est une chose belle, point trop une chose émouvante.Commencée en 362, continuée par morceaux, incendiée, écroulée, elle réussit à offrir un mélange élégant de-tous les styles de toutes les époques.Elle est d'immenses proportions, ajourée et profonde.Quand on regarde ses tours — ("Lève, lève la tête",) — quand on regarde d'en-bas, en-bas, ses tours sur la nuit qui a la couleur des pierres, elles montent haut, ces deux masses carrées, haut dans le ciel, jusqu'au Ciel.Aujourd'hui les bannières claquent au vent.Tout est prodigieusement décoré, la voûte pèse sur mes épaules.De grandes tribunes rouge sang-de-vieux-boeuf, cela hurle bien, et ces glycines au mur, et toute cette pourpre et cet or, couleurs d'Orléans, couleurs aussi d'aficionades Je te regrette, belle église nue.La messe est célébrée par le très vénérable Cardinal Luçon à la tête blanche ainsi que pure neige.La cathédrale est pleine à craquer; il semble que les murs vont s'écarter autour de cette foule noble.Ces prélats, cette pompe, c'est impressionnant et c'est beau.Et vous savez quelle émotion jettent les orgues.De jeunes voix chantent comme un cristal, et la statue blanche de Jeanne D'Arc, derrière l'autel, s'irradie de musique et de lumière.A la quête je reconnais la petite Jeanne de nos fêtes, et une jeune fille amie, et de grandes dames, et enfin la directrice de mon Lycée qui révolutionne toujours en moi un effroi de pensionnaire."Ecce Johanna".chante le choeur.Le panégyrique de Sainte Jeanne D'Arc est fait par Mgr de la Villerabel, Archevêque de Rouen.11 dit quels espoirs accueillaient Jeanne dans la ville assiégée, il dit quelle flamme et quelle force, et quel élan, qui ne pouvaient venir que de Dieu, et il dit aussi ce que nous voulions dire, que l'Angleterre ayant toutes les mers offertes à son ambition, c'était folie de se chercher une puissance continentale.Jeanne a été là pour empêcher l'erreur, et Jeanne a-t-elle uni en fraternelle étreinte les mains levées pour se battre.M.le Président de la République, qui est de religion protestante, a écouté, et suivi la messe avec une grande élégance attentive.Il fait tout le monde content de lui.voyez-vous, il est sympathique et doux comme la France qu'il représente.* * * * Et moi, maintenant que la cérémonie est terminée, que les éminents personnages s'éloignent dans des chants, je vous ferai faire le tour de cette cathédrale somptueuse.Vous verrez le monument élevé à la mémoire du Cardinal Touchet, inauguré d'hier.L'évêque est représenté à genoux, dans une pose simple et grande, et la pureté du marbre l'éloigns et l'augmente à nos yeux qui l'ont connu.Vous verrez le tombeau de Mgr Dupanloup.et la statue étendue vous donnera l'émotion qu'elle m'a donnée.Mais la pensée de la Récompense au-dessus de nous arrête les larmes au bord des yeux.Vous verrez une chapelle blanche et noire, très sobre, que j'aime entre toutes.Et peut-être vous attarderez-vous devant cette plaque discrète qui vous dit qu'une jeune femme deux fois noble, qui avait un mari, des parents, des enfants, est morte à Bagnère-de-Bigorre, il doit y avoir cent ans.Et son coeur qui devait contenir tant d'amours et qui a cessé de battre est là, dans le mur.Mais non, ne demeurez pas avec moi et mes pensées facilement funèbres.Dehors, tout est plein de vie.Le Cortège solennel passera sous nos fenêtres: le restaurateur en profite pour nous coller du saumon qui n'est pas de Loire, des bifsteaks de cheval et sauce pique-pioue, un bout de pâte feuilletée desséchée, et "ça ira bien comme ça".Ventres affamés, espérons le Cortège.Les trottoirs sont noirs d'individus compressés oue des piétinements de chevaux maintiennent à l'alignement.Une chaise verte, pour les "évanouissements", que tout le monde guigne.On s'évanouit toutes les trois minutes.— peu ou prou.— Celle-ci se traine par terre, découverte jusqu'à la ceinture, tragiquement sans pudeur.Mais cette autre minaude sous chapeau à grandes ailes.Car, pour "tourner de l'oeil", comme on le dit grossièrement, il n'y a que les femmes.Ragez si vous êtes féministe, et convenez-en ,les femmes ne sont pas capables de s'étouffer pendant trois heures, les femmes ne sont pas capable-s de supporter des chaussures étroites et les mauvaises odeurs d'une foule échauffée qui digère, les femmes cherchent de suite un bras maie où se cramponner, les femmes sont des FAIBLES, des INCAPABLES, hou.hou.qu'elles aillent donc se reposer et qu'elles taisent leurs revendications J'ai dit.Trois heures qu'on s'impatiente.cela rend méchant.On brandit les guéridons de marbre des terrasses des cafés et on se lance des siphons à la tête.Il arrive qu'on ait dans la main une poignée des cheveux de sa voisine — ou les poils de sa fourrure horripilante.Une vieille femme qui n'avait pas mis de corset sûrement depuis l'autre centenaire, congestionnée, chapeautée comme une tour, s'affole sur la chaussée.—Rangez-vous! Rangez-vous! lui crie un des gendarmes à cheval.Et il met sa bête à se>s trousses.Elle tente un pas vers le trottoir.—Hou! Non! Non! On ne passe pas! Proteste la foule.Et d'ailleurs vous ne trouveriez pas la place de poser un pied sur C00 mètres de bitume.Alors, n'ayant pas mieux à faire, nous nous amusons de l'infortume de cette vieille femme éperdue sous le nez moite du cheval et les colères grossières du peuple.Ah! voici apparaître de petits chevaux piaffants, des tambours et des trompettes, des bannières rebrodées d'or et lourdes de médailles — voici! voici ce qu'on attendait tant! Chaque commune du département a envoyé sa fanfare ou ses jeunes gens sportifs, ses combattants de la Guerre ou ses pompiers.Et toutes les sociétés de la Ville et tout.Les applaudissements crépitent autour des anciens combattants de 1870, infiniment vieux et touchants.La Municipalité en deuil — Monsieur Chollet, maire, mort brutalement une nuit, à la veille de ces Fêtes pour lesquelles il avait donné tant d'efforts — repund aux saluts qu'en lui donne.Domrémy, Vaucouleurs, Gien, Chinon, Poitiers, Tours, Blois, Reims, Compiègne, Rouen — les villes johanniques — sont représentés.Ainsi que la Ville-Soeur, la Nouvelle-Orléans, et la Belgique au grand coeur.Des petits fusiliers marins belges jouent de la trompette comme des anges.Toutes ces musiques de cuivre, avec les cimbales qui scandent, ont beaucoup de grandeur.Le public acclame ou se tait au hasard de ses sympathies, et toutes les sympathies se re-ncontrent autour du petit corps bedonnant de Gaston Doumer-gue, souriant et gracieux comme une Reine de Beauté.Il s'arrête à deux pas de nous et on attend de voir les gens se jeter par les fenêtres.—Gastounet! Gastounet! Ils sont tous fous.Des petites filles gloussent de reconnaître le papa, ou le grand-oncle-qui-est-si-sévère en robe de travesti, en robe de docteur, rouge ou violette, un peu fanée et chiffonnée.Ces visages du dimanche, ces visages différents des visages que l'on connaît, point effrayants du tout, ce sont pourtant des visages de juges, les juges de nos corps et les juges de nos âmes, les juges des hommes et les juges des petites filles en classe, les plus terribles! les Inspecteurs.Trompettes! Musettes! Et voilà une Alsacienne.Je ne peux pas supporter les Alsaciennes — on les a mises à toutes les sauces — je ne peux pas supporter surtout les femmes qui, se croyant séduisantes, adressent avec des gestes ronds des bras, des sourires et des baisers, à la foule Je ne peux pas supporter les femmes d'aucune manière.A côté de moi, une enfant dit ingénument et avec un grand respect: —Voilà les papes et les saintes Vierges.C'est qu'elle a de bons yeux et cela annonce les Communiantes devant les Cardinaux — le Clergé.De petits Enfants de Choeur, hauts comme une botte pas haute, très graves et attendrissants, mains jointes, nuques bouclées comme des nuques d'anges, ne disent pas leur lassitude et s'appliquent à marcher droit.La pluie continue de tomber.Les communiantes ont ouvert des parapluies noirs au-dessus de leurs mousselines blanches.C'est triste, tout de même.Tout serait tellement plus jolie sous un rayon d'or.Six jeunes gens de seize ou dix-huit ans, qui appartiennent tous à la haute bourgeoisie orléanaise, en costumes roses et verts (Six "Monsieurs Printemps") entourent la copie la plus authentique (je (Suite de la page 38) 38 Mon Magazine, Juillet, 1920 5è Centenaire de la délivrance d'Orléans ne saurai pas vous dire son degTé d'authenticité) de l'Etendard de Jeanne.Le i"ut« et le vert étaient les couleurs de Charles d'Orléans, prisonnier des Anglais en 1421).Jeanne les avait adoptées par granue coquetterie et par bravade.Quand à l'Etendard, il est immense et lourd, moutonneux de broderies de laine.Celui qu'elle portait au-devant des armées était d'un même dessin mais plus petit —¦ une sorte de fanion.Mais à Reims, au Sacre du Roi Charles, c'est celui qu'on nous donne — ou dans ses dimensions — qu'elle tenait dans sa fière puissante petite main.Les prélats en grande pompe, les améthystes et les rubis, des aubes de toute beauté, de grandes traînes six fois soutenues, des figures puissamment intelligentes, le Cardinal Dubois, Archevêque de Paris; S.E.le Cardinal Bourne, archevêque de Westminster; S.G.Mgr Baudrillart, le plus grand cerveau du monde! S.G.Monseigneur Tissier, Evêque de Chalons, très beau, S.G.Mgr Foucault, immense regard, Mgr Ginisty; S.E.le Cardinal Lepicier, légat du pape, au milieu d'une garde en manteaux blancs.Et de douces bénédictions des mains fines levées.Ee des fanfares et des chevaux.La procession s'achève sous un ciel qui ne pleut plus.* * * * Dans la cour de l'Hôtel de Ville fleuri, Mgr Cour-coux rend au représentant du Maire l'Etendard que pour seize heures on lui a prêté.* * * * En principe je n'aime pas les cérémonies militaires, elles ont une beauté trop poignante — triste.Celle-ci débute par un discours de M.Gabriel Ha-notaux, au nom de l'Académie Française qu'il représente.Des hauts-parleurs ont mission de "diffuser" les paroles élogieuses et pacifiantes, et ne diffusent qu'un brouhaha.Un chien s'est trouvé égaré au milieu de la chaussée nue; un titi l'a d'abord sifflé, et puis toute la foule qu'on oblige au silence, qui ne voit rien et n'entend pas.Et un grand cri est allé vers cette pauvre insignifiante bête, qui s'apeure et précipite sa course, comme les chiens font, allongés de vitesse, le» quatre pattes qu'on ne voit pas.Les infirmiers sont accourus, les commissaires en gants blancs — un grand désordre pour un petit bâtard de fox.Cependant M.Hanotaux parle, et M.Poincaré garde sa mine froide.Ce Monsieur Poincaré.vous avez entendu de ses discours?.il est ainsi renfrogné, sec et cassant -— et quel homme! On n'a pas su encore se passer de lui.Les régiments du 5o Corps d'Armée, sous le commandement du général Rampont, présentent leurs drapeaux à la statue de Jeanne par Foyatier, qui est le centre exact de la ville.Ah! les drapeaux.On ne peut pas être moins patriote que moi — seulement.par derrière.Les drapeaux Français! Qu'on sent son coeur battre! Une petite "Marseillaise" par là-dessus et vous voilà la larme à l'oeil.Les opérateurs de cinéma poussent comme des champignons sur les toits, sur les balcons, sur les marquises de verre et sur les fils électriques.Sept avions survolent la place et la statue, et font dans le ciel des dessins adroits.A l'instant où les drapeaux s'abaissent un marchand de ballons de baudruche lâche d'émotion tout son commerce bleu et rouge, ce qui pavoise un peu l'air; on libère en même temps un vol de pigeons, et le soleil envoie un rayon sur leurs ailes couleur du temps.Les parapluies sont devenus des ombrelles.Les régiments défilent dans une harmonie de jambes cadencées; des marins marchent très vite et très exactement, les officiers sont beaux, les chevaux ont des jeux-de-dames sur la croupe; les saint-cyriens sont très fiers de leur pompon tout neuf de plumes, mais les élèves de Polytechnique bien plus contents d'eux encore, en noir barré de rouge.Et nos petits soldats bleu-horizon et nos petits soldats kakis (je n'aime pas du tout l'uniforme kaki), et les canons et les tanks, et tous ces souvenirs des heures où l'on se faisait tuer bravement.D'un bout à l'autre de la ville les Fran ais respirent ensemble, pensent ensemble, s'émeuvent ensemble.On ne dit plus de bêtises, on ne se fâche plus, on est silencieux et on ne sent pas si le voisin vous écrase un orteil.Devant moi un monsieur sans cheveux a l'apparence étrangère mais parle le français mieux que tout le monde.Pourtant il est bien étranger puisqu'il me bouche la fenêtre de toute sa largeur.Après le défilé la foule refoulée remplit je ne sais pas comment toutes les rues et toute la place, et c'est un grand fleuve noir qui s'écoule lentement avec des heurts.On ne peut pas croire que chaque individu ne fasse qu'un pas quand on voit tant de [Suite : Slx-Sl, OMM; si\-)M.S2«».'.: huit tu htm- i-">.$»;»."»; (Livrée à Montréal.) 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