Mon magazine, 1 août 1929, août
I Mon Magazine, Août 1929 MODÈLES D'EXCELLENCE Mon Magazine, Août, 1929 1 D'UN MOIS A L'AUTRE Où il est question.LE FLEAU Oui, le fléau nous est arrivé avec les chaleurs d'été.Qu'est-ce donc?La peste?Pis que cela: la mouche, l'exécrable mouche domestique.Nous voudrions faire passer devant les yeux de nos lecteurs la cinématographie des oeuvres de mort et des immondes déprédations de la mouche domestique; ils en seraient terrifiés.Les témoignages les plus incontestables des hygiénistes modernes ne permettent pas d'en douter; c'est dire le devoir impérieux qui nous commande d'être sans merci pour la "tueuse d'enfants" —- quel carnage, en effet, ne fait-elle pas chez les tout petits!—pour l'implacable empoisonneuse, pour l'inlassable semeuse de contamination et de germes morbides.Bref, il faut partir en guerre contre ces minuscules ennemis et les détruire.Dans maintes villes on est parvenu à s'en débarrasser complètement.Les cités ont les insectes qu'elles méritent.Voici quelques mesures à prendre pour mener le bon combat.Elles sont de deux ordres: les uns visent à tuer les mouches, les autres à les empêcher de se produire.Tuer les mouches, c'est relativement facile.Nous avons, pour ce faire, à notre disposition tout un arsenal de produits chimiques et d'appareils perfectionnés.Ils sont trop connus pour que nous songions à les décrire.Empêcher les mouches de se reproduire peut paraître plus compliqué, mais est aussi beaucoup plus efficace.En réalité, c'est affaire de propreté.Si les agglomérations humaines faisaient disparaître de façon rapide et définitive leurs immondices et leurs matériaux usagés voués à une putréfaction prompte, les mouches auraient vite disparues, elles aussi, car elles ne pondent que là.Les déchets, voilà où naît leur progéniture.L'arrosage de toutes ces ordures avec le lait de chaux constitue une mesure de prévention de toute sécurité.Il y a là un chapitre d'hygiène publique et privée, qu'un peu de bonne volonté suffirait à transformer en bienfaisantes sécurités.UN IDEAL QUI EN VAUT UN AUTRE Un grand confrère parisien nous apprend que, tout dernièrement, et sans autre avis, quelques beau-tés de Kyabé, région du moyen Chari, viennent d'arriver à Paris.Ce sont des "femmes à plateaux" dont les lèvres sont étirées de telle façon qu'elles y peuvent encastrer de larges plateaux de bois.Et naturellement plus le plateau est proéminent plus la flamme est belle.Nous trouvons ça horrible; les indigènes de Kyabé sont d'un avis tout différent.Tous les goûts sont dans la nature.Et la nature, quelle race si primitive soit-elle ne s'ingénie ainsi à la retoucher pour façonner la beauté féminine suivant ses goûts?.Chez les jeunes Arabes, par exemple, c'est un trait de suprême beauté que d'avoir les incisives d'en haut sortant de la bouche, de façon à dépasser la lèvre inférieure.Afin de développer de bonne heure chez leurs filles cette élégante infirmité, les mères prévoyantes usent de moyens artificiels.Elles leur fabriqueront en quelque sorte ce prognatisme en massant les deux mâchoires, de manière à repousser l'inférieure et à tirer la supérieure en avant.L'art du maquillage, mesdames, s'exerce aussi chez les peuplades africaines.L'explorateur anglais Lavard raconte qu'il rencontra un jour, dans ses voyages, la femme d'un cheik que la nature avait faite admirablement belle."Quel malheur, dit-il, que l'art ait tout gâté! Ses lèvres étaient peintes en bleu, ses cils noircis à l'antimoine, ses sourcils formaient des arcs d'une régularité parfaite qui s'entrecroisaient à la naissance du nez et se prolongeaient au-dessous des yeux, en demi- cercles par une ligne d'indigo.Son front et ses joues étaient constellés de points rouges comme si elle avait eu une éruption." Naguère, un haut fonctionnaire de l'Indochine racontait une conversation qu'il avait eue avec un dignitaire de la cour d'Annam sur ce sujet éternellement controversé entre gens de race et de couleur différentes: la beauté des femmes.—Rien n'est plus horrible, disait l'homme d'Occident, que le sourire d'une femme annamite montrant une mâchoire aux dents noires et laquées.LE THÉ (A ma soeur).WIENS, la table est dressée à l'ombre des verdures, * J'ai mis des fleurs, des fruits et de la broderie Et la chaude brioche a de vieilles dorures Près de l'argenterie.Le cosy satiné couvre de sa couleur La théière aux longs flancs pleins d'attiédissement, Le sucrier vermeil étale sa rondeur Et son miroitement.Viens, ma douceur, causons, tu as mis le corsage Qui fait ton teint plus chaud, tes deux petits souliers Ont des vernis joyeux et sous ton beau visage Se croise ton collier.Un soleil indiscret et jaloux nous tracasse Pendant que je te sers, vois donc ce fol été, Il jette son rayon tout au fond de la tasse Comme une fleur de thé.Marguerite de La SAUGERIE.LE TELEPHONE AU CANADA L'on tempête quelquefois contre ces demoiselles du téléphone, pourtant si charmantes et si prévenantes! On ne sait à quels ennuis elles sont en butte et combien énervant est leur travail de chaque jour.C'est pour éviter un surmenage intolérable que le téléphone automatique a été inventé.Le client n'aura plus qu'à rager contre son appareil.Le nombre des téléphones en usage au Canada grandit sans cesse.Autrefois, c'était l'exception des familles qui se servaient couramment du téléphone, mais les choses ont bien changé depuis.Aujourd'hui, l'usage du téléphone se généralise de plus en plus dans les familles, vu l'extrême utilité de cette invention.Sur les 183,000 téléphones en usage dans la métropole, 70,000 fonctionnent, dit-on, d'après le système automatique.C'est suffisant pour démontrer l'efficacité de ce système et pour encourager la compagnie à vulgariser de plus en plus l'usage du téléphone automatique.Un jour viendra sans doute, où la transformation que subit actuellement le téléphone à Montréal sera générale dans les villes de moindre importance et même dans les villages.Quoi qu'il arrive, il est certain que les dernières améliorations faites au système téléphonique ont largement contribué au succès de la compagnie qui opère cette utilité publique.Montréal compte aujourd'hui un téléphone par cinq personnes.Quelle ville européenne, y compris Paris, peut se vanter d'en posséder autant?DEBROUILLEZ-VOUS! C'est formidable le nombre de bons conseils que toute personne reçoit dans sa vie.Et ce qui est particulièrement amusant c'est que tous ces sages avis constituent une collection de contradictions.La direction de "Mon Magazine" reçoit parfois de ces contributions gratuites qui lui sont soumises dans le but de les transmettre au public.D'ordinaire, nous informons les intéressés que tout conseil a du bon mais qu'il faut toujours éviter l'exagération.Quel choix, par exemple, pourrait-on faire parmi les conseils suivants: Evitez les liqueurs alcooliques; elles sont dommageables à la santé et abrègent la vie.Ayez toujours à la maison, une bouteille de cognac; c'est le stimulant par excellence.Ne buvez pas de bière; elle allourdit l'esprit, bouffit les tissus musculaires, et engendre des maladies des reins.La bière prise régulièrement, est un reconstituant et un fortifiant pour les personnes débiles.Ne buvez pas de vin; il donne la goutte, et favorise l'arterioschlérose.Le vin réjouit le coeur de l'homme.Il est un stimulant bienfaisant du cerveau et il tonifie le système.Ne buvez pas de thé ni de café; à la longue ils atrophient le système nerveux.Le thé et le café sont d'excellents stimulants, et ils facilitent la digestion.Ne buvez pas de lait; la plupart des vaches sont affectées de la tuberculose.Le lait occupe le premier rang parmi les aliments.Il est la nourriture par excellence.Ne buvez pas d'eau; elle renferme le germe de la typhoïde, et autres microbes délétères.L'eau est essentielle à la vie.Toute personne devrait ingérer chaque jour sous une forme quelconque, au moins deux pintes d'eau.L'eau est la base de l'alimentation.Ne mangez pas de viande; elle fatigue l'estomac et elle développe chez l'homme la "haute pression" du sang.Les viandes sont essentielles à l'alimentation; elles donnent les albuminoides qui sont nécessaires au système.Ne mangez pas de poisson; il renferme du phosphore qui irrite le système nerveux.Le poisson est aussi nourrissant que la viande, et il est en même temps un tonifiant du système nerveux.Ne mangez pas de légumes; ils sont cultivés dans la terre engraissée de matières malsaines.Les légumes offrent une nournture saine et riche en éléments reconstituants.Ne mangez pas de fruits; ils produisent l'acidité de l'estomac.Les fruits sont hygiéniques pour les enfants comme pour les adultes.Ne fumez pas de tabac; la nicotine qu'il renferme est un poison.Rien ne réconforte comme une pipée de bon tabac.Ne mâchez pas de gomme; cela produit l'irritation et l'épuisement des glandes salivaires.Mâcher de la gomme avec modération facilite la digestion.Ne vous exposez pas au soleil; vous pouvez être frappé d'un coup de soleil.Le soleil est le grand agent de la vie individuelle, animale et végétale.Il donne au corps la chaleur et le bien-être.Ne restez pas à l'ombre; > a favorise le développement des germes malfaisants de la surface de la peau et de la chevelure.Ne prenez pas de sommeil; la vie est trop courte.Ne passez pas vos nuits blanches; vous deviendrez en peu de temps une ruine physique.Ne prenez pas d'exercice; ça produit l'épuisement.Le corps humain a besoin d'exercice comme il a besoin de nourriture et de sommeil.Ne restez pas inactif; c'est de la paresse qui conduit à la pauvreté.Ne sortez pas en auto; les statistiques des accidents vous diront pourquoi.Ne voyagez pas en chemin de fer; les collisions sont fréquentes.Ne faites pas d'aviation; chaque jour fait des victimes.N'allez pas sur l'eau; vous risquez de vous noyer.Ne marchez pas sur les routes; les piétons ne sont plus en sûreté.Ne vous mariez pas; vous éviterez les troubles de famille.Ne restez pas célibataire; c'est une anomalie que de faire son paradis sur terre.Mais alors.Ne prenez pas ces recommandations au pied de la lettre et vous vous en trouverez bien.AH! LES PTITS POIS Nous mangeons des petits pois comme s'il s'agissait de légumes vulgaires Us sont devenus communs.Nous ne nous doutons pas qu'il y a trois cents ans, les petits pois étaient une denrée précieuse qui valait pour ainsi dire son pesant d'or.Dès qu'ils apparaissaient sur le marché parisien, c'était à qui se les adjugerait.La vieille chronique nous conte que le père du grand Condé qui ne rougissait pas d'aller au marché lui-même, les paya jusqu'à cent francs le litron.On a relevé, dans une Vie de Colbert, imprimée en 1696, ce détail: "C'est une chose étonnante de voir des personnes assez voluptueuses pour acheter des pois verts cinquante écus le litron." Et l'année suivante, qui était celle de la mort de la marquise de Sévigné, Mme de Maintenon.grande teneuse de livres et de comptes, notait: "Le chapitre des pois dure toujours: l'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé et la joie d'en manger encore sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours." La diffusion de leur culture les a démocratisés.Et Dranem a pu chanter les "p'tits pois", qui autrefois étaient à l'usage exclusif des puissants de ee monde, et que peut s'offrir aujourd'hui le plus humble ménage. 2 Mon Magazine, Août 1929 A votre choix Les plages ou le Grands Bois Des Provinces sur la Mer "y ENEZ passer vos vacances dans les Provinces sur la mer — air vivifiant, température superbe, journées chaudes, nuits fraî-ehes, bains d'eau douce et d'eau salée, promenades eut l'eau, golf, tennis, vie de camp— pêche dans les lacs, les ruisseaux on la mer.Vous avez Le choix entre la plage unie, la côte escarpée, la forêt parfumée, des lacs de cristal et des rnisseaux d'argent.Paysans hospitaliers — dont les moeurs évoquent le souvenir des plateaux d'Ecosse, de la vie rurale anglaise ou des Côtes de Bretagne.Longues journées ensoleillées vous invitant aux amusements extérieurs, au repos, aux divertissements.Vaste choix d'hôtelleries, chalets et camps, confortablement aménagés, et à prix très abordables.Panadien National Le Plus Grand Chemin de Fer de l'Amérique Fièvre jaune U "Métropole", l'orchestre est en furie.Sous les doigts experts d'une matrone costumée, le piano émet des notes endiablées.Penchée sur son archet, la violoniste exhale sa langueur.Grande, mince, travestie en tzigane, les hanches moulées par une ceinture touge et or, elle offre son âme à l'auditoire.Ointe, poudrée à souhait, une grosse mégère joue alternativement du tambour, de la cymbale, des castagnettes.Une quatrième partenaire martyrise les cordes de son banjo.Vêtue d'oripeaux, elle est étrange.Ses yeux cernés ont un charme d'abime.Elle invite à l'amour.Nombreuse autant que variée, la clientè'e s'abreuve et de boisson et de musique.La journée a été chaude.L'air est lourd de parfums et de fluides.Dédaignant la symphonie, deux hommes devis/ ni.Tour à tour, il» évoquent leur épouse, leurs parent», la France lointaine.Jeunes, point faits pour la vie erémitique ou la débauche, ils regrettent l'intimité familiale.—Fais-tu venir ta femme, Jeanf —Oui! Et toi, Itenét —Certes! Celte solitude est affreuse.A l'issue de la causerie, des projets ont pris forme, des dûtes sont fixées.Ces dames voyageront ensemble jusqu'à Dakar.¦ • • • Le typhus amaril vient d'apparaître.Depuis huit à dix mois il dé-pleuplait quelques points de la cette sénégalaise.Son emprise s'est resserrée et maintenant, il fond sur la capitale.Le peu de rigueur des mesures édictées jutqu'alor» — le mal était si loin — a permis au fléau d'arriver jusqu'ici.Promulgués en nombre, les décrets forment de lourds dossiers : Défense .-ir,l.r.Montréal 2-29 Mi - Il DECOUPEZ CE COUPON 1929 "MON MAGAZINE", 1725, rue Salnt-Dcnls, Montréal.Messieurs:— Veuillez m'adresser gratuitement et franc de port los numéros de Juillet et août de votre revue A titre d'échantillons.Il est convenu que si je ne décide pas de m'abonner a "Mon Magazine", Je devrai vous en avertir, par écrit, avant le 16 du mois do septembre prochain; mais, au cas où Je ne vous donnerais pas tel avis, veuillez me considérer comme abonné régulier à compter de votre livraison d'août, a raison de $2.00 par année, avec droit a toutes primes qui seront alors offertes par votre revue.(Nom).(Adresse).(Comté)._. 82 Mon Magazine, Août 1929 Mon Magazine, Août, 1929 29 Quarante-cinq jours à 'La Gueule d'Enfer" Aucun son de cloche, ne marqua ce jour, aucune messe ne se célèbre.Et pourtant aujourd'hui nous avons prié avec ferveur dans la naïveté du langage qui nous vient du coeur.Nous avons prié pour les deux chevaliers qui sont partis ce matin à six heures, sur les ailes tricolores d'un grand oiseau de France pour tenter d'un seul coup d'aile la traversée de l'immense Atlantique."NUNGES-SER"!!! Héros sublime, que seul Homère serait digne de chanter! Chevalier de légende qui a mûri tes ailes dans les ciels de bataille! AH! puisses-tu réussir! Tu es parti, sans chichis ni flaflas, sans réclame inutile, et tapageuse.Tu es parti avec la froide énergie de ceux qui n'ont qu'une devise: VAINCRE OU MOURIR! Tu veux faire frémir les ailes vaillantes du Coq Gaulois au-dessus du repair du condor Américain.Va! et si tu vaincs, la France reconnaissante te baisera au front, et si tu meurs, tu mourras de la mort qui seule est digne de toi, en plein ciel ou sur la mer, et delà, les anges porteront tout droit ton âme héroïque jusqu'au sein de Dieu.O! Dieu du ciel et de la mer! protégez le bel oiseau de France qui a voulu témoigner au monde que nous ne sommes pas si dégénérés qu'on veut le prétendre.Si cette tentative réussit, le 8 mai marquera deux événements dans l'histoire de France.C'est en effet aujourd'hui, la fête de Jeanne d'ARC, l'héroïne Française que les barbares anglos-Saxons brûlèrent à Rouen, il y a 496 ans.J'espère qu'au ciel elle se réjouit aujourd'hui de voir l'oiseau tricolore tenter de prouver à ces mêmes anglos-Saxons (les américains en sont) qu'il y a encore des coeurs prêts à tous les sacrifices sur la vieille terre de France.9 mai, 1927.12.45.— Une mer houleuse après une nuit agitée.Nous attendons anxieusement des nouvelles de l'avion fran:ais.Rien de Terre-Neuve, rien d'Halifax, rien de New-York à l'heure qu'il est — Espérons toujours.Ici, rien de particulier, rien de changé.Le temps sans cesse mauvais s'oppose aux opérations.Il ne fait pas, gros mauvais temps.C'est une mer sombre, sans cesse agitée et sillonnée de courants qui changent aussi, et souvent plusieurs fois dans la même journée.Le ciel est couvert d'épais nuages qui rendent difficiles et parfois impossibles les observations que les officiers de la navigation ne manquent jamais de tenter dès que le soleil ou une étoile daigne percer le rideau sombre de ces nuages.Les "bouées-marque" qui nous aident à nous maintenir dans une position déterminée, dérivent tous les jours avec le courant et le mouvement violent des lames.Comment trouver un câble dans de telles conditions!.Un objet si petit par rapport à un espace si vaste! C'est chose dure, et le commandant qui fait le métier depuis vingt ans se montre découragé, voire de fort mauvaise humeur, ce qui ne laisse pas de lasser les timoniers, qui eux, jurent par tous les saints que le diable est à nos trousses.Les hommes mariés qui ont leur épouse au port d'attache sont particulièrement désappointés.Ceux, qui, comme moi, n'ont rien ni personne qui les attend, se consolent plus facilement.Au fond, peu nous importe d'être ici ou ailleurs.Nos moments de cafard ne sont que passagers.Le 26 avril, j'écrivais que le courant .liniiiiii.ui à la suite du changement de quartier lunaire.Actuellement il est à son maximum d'intensité et il s'y maintient.— 3 noeuds 1/2 environ.13.30 heures.— Un radio annonce (Suite de la page 16) que l'avion Français a été vu passer au-dessus de Terre-Neuve.Puisse-t-il aller jusqu'au bout.A 5 heures ce soir, l'heure du lieu où nous sommes, un radio nous a appris que l'avion Français a été signalé au-dessus du MASSACHUSSET.Nous attendons anxieusement la derrière nouvelle, celle qui nous apprendra leur arrivée au terme de leur magnifique traversée.Le radio qui les avait signalés au-dessus de Terre-Neuve a été démenti une heure après.Nous avons craint un moment que la tempête de hier soir leur fût fatale.Dieu merci! il n'en est rien.Attendons encore et souhaitons de tout coeur le triomphe de ces deux vaillants fils de France.Ici rien de nouveau.Toutefois, ça a l'air de vouloir se calmer ce soir.Nous tenterons une drague vers minuit.Quelques oiseaux sont venus nous dire bonjour.Un voilier est passé aussi, pas loin de nous.Il faisait route vers Terre-Neuve, toutes ses voiles dessus et il filait dare-dare.Nous intriguons tous les navires qui passent, par notre silhouette fine et sombre.Ils se demandent ce que nous pouvons bien faire ici, et comme la nature de nos travaux, même aux marins demeure mystérieuse, cela ajoute à l'originalité du bateau.10 mai.1927.Un radio de la station Française de la Croix d'HYNS près de Bordeaux dément toutes les nouvelles lancées au sujet de l'Avion à Nungesser.Aucune nouvelle d'eux.Des navires rapides sont partis de CHERBOURG explorer l'océan sur la route qu'ils devaient suivre.Mon Dieu! c'en est fait.Ils sont certainement morts.Morts sur l'océan qui ne restituera rien de sa prise.Si tel est votre sort, soyez élus au royaume céleste, on vous a jugés mûrs pour voler jusqu'au domaine des anges.Paix à vos âmes et VIVE LA FRANCE! Ici rien de changé.Actuellement la drague est au fond.Ramènera-t-elle quelque chose?Je vous le dirai demain.11 mai, 1927.A 3.30 heures ce matin, la drague a croche le câble.Ce dernier devait être engagé dans des roches car il s'est cassé au bout d'une heure.Refait une autre après.Elle a pris fin ce soir à 7 heures.Aucun résultat.Actuellement il est 9.30 heures du soir.Nous draguons encore.La journée a été belle, une des plus belles depuis les trente-six jours que nous avons quitté St-Jean de Terre-neuve.C'est un temps sombre qui laisse l'horizon bouché et les observations sont très laborieuses.Et le courant nous gène toujours.A ce toucher, se trouvent deux courants différents.L'un polaire traîne des eaux à 2o centigrades.L'autre faisant partie du Gulf-Stream est à une température qui varie de 14 à 17o centigrades.La vitesse moyenne de ces courants est de 2n.5 allant parfois à un maximum de 4 noeuds.Dès qu'il se forme le moindre vent, des vagues énormes se forment aussi, et si le vent souffle dans une direction opposée au courant la mer est hachée et couverte d'écume.Voici trente-quatre jours que nous sommes ici au même point de l'Océan.Quand le temps est beau nous ne sommes pas malheureux.En dehors des heures de quart et des heures de sommeil, les jeux et les lectures, l'étude, voire le lavage et le raccommodage de linge, sont nos passe-temps.C'est une vie saine et régulière, dont les fonctions sont réglées avec une exactitude chronométrique.Il faut dire cependant, que cette "exactitude" est parfois troublée.C'est la sirène qu'on met en branle tout d'un coup et qui nous réveille, c'est un coup de roulis qui vous "drosse" contre les rebords de notre couchette! 12 mal.1927 Temps douteux.Va-t-il faire beau ou mauvais?Je ne sais pas.Il a été décidé par l'autorité siiprême du bord de nous envoyer charbonner quelque part avant de terminer les travaux.Il va donc falloir revenir ici une autre fois.C'ETAIT ECRIT.13 mai.1927, à 9 heures du soir.Depuis hier soir, nous sommes entourés d'un épais brouillard qui limite le champ visuel à quelques mètres devant l'étrave.Après le mauvais temps des jours passés, c'est la brume qui vient nous rendre visite.Et la sirène se fait entendre chaque trois minutes.Sa voix puissante n'a nul écho tant l'espace est grand autour de nous.La brise, très légère, est chargée d'une humidité qui pénètre partout.On éprouve la sensation d'être trempé quand on sort se promener sur le pont.Il paraît que, si pour dimanche soir, nous n'avons rien réussi, nous mettrons le Cap sur Halifax.Les confidences ne sont pas le faible de notre commandant.Je fais partie de l'état major mais mon rôle ne m'admet pas dans les décisions suprêmes.14 mai.1927.Toute la journée une brume épaisse a été tendue autour de nous.On ne voit pas à une demie longueur devant.C'est une couche grise, impénétrable à la vue, impalpable aux doigts, et cependant matérielle.Ils sont monotones, ces jours qu'on passe ainsi, sans savoir exactement où on est.S'il est là-haut au ciel un grand livre où l'on émarge les jours que nous vivons sur terre, de telles journées devraient laisser un espace vierge sur ces pages.Elles ne valent vraiement pas la peine d'être vécues.Le cablier anglais "LORD KELVIN", est aux environs aussi.Nous lui avons transmis un radio pour lui souhaiter plus de chance que nous en avons eu jusqu'ici.7 heures du soir, même jour.Le vent se lève.Ah! qu'il souffle donc bien fort pour balayer cette brume.Qu'on roule, qu'on tangue, mais au moins qu'on ne reste pas là dans la position d'une épave.Nous devons, dès qu'il fera clair, nous mettre à la recherche de la bouée "Marque".Nous la relèverons, et aussitôt nous ferons route sur Halifax.En définitive, nous n'avons rien fait que perdre du matériel et du câble.Tout sera à recommencer.Et juin, c'est le mois brumeux, le plus brumeux en ces parages, qui semblent être faits pour porter le deuil de la mer.AH! mers d'orient et des Antilles, pacifique sud et Zones Tropicales! Où êtes-vous?vous qui m'enchantiez par votre troublante splendeur! Si au moins c'était cette brume légère et transparente dont la Bretagne est recouverte au printemps! Mais non! C'est la nuit en plein jour, et la nuit sans astres qui semble limiter le monde dans l'espace si restreint que nos yeux peuvent scruter."Mon Rêve" d'été à Halifax est en voie de s'écrouler.Encore une illusion qui s'égrène devant l'implacable réalité.Dimanche 15 mai, 1927.Ce matin vers 3 heures, la brume s'est dissipée, et ce voile levé, la mer nous a présenté un visage de femme fatiguée.Un pâle soleil a daigné se montrer.A tous risques, nous allons encore tenter une drague, tout au moins, si les observations de midi sont bonnes.Je conserve peu d'espoirs de (Suite à la page 33) Aux Mamans des Poupons Mettez ce coupon à la poste: LA CIE BORDEN LTÉE., Dépt.140 Ouest, rue St-PeuL, Montre*!.Veui/ter m>ip*d.«r GRATIS /et hvrttt " Bimn-ttrm du Btbê" ml " Record du Btb* " NOM.ADRESSE .il M mus aimez avoir ces lient* utiles-GRATllTS LAIT CONDERtf eagle Brand Pur Sain Facile à Digérer L'ennui c'est la mort; voulec-voua rireT Alora demander le catalogue de fercee, attrapea, pree* tlrligitation, chaneona, monologues, plècea da théâtre, librairie amuaante, livre utile da jeu, magie, magnêtiame.hypnotiame, secret* de tou-tea aortea.Prix ] S rente.On obtiendra la catalogue gratta en achetant l'oracle de mariage ou bien eecreta merveilleul.EUH A HARTHAN, 4Mi« M Denis, Hontrfal.terfielD m iJO vvgjf 49«JTA?1 'Jew York Citur «VOO CHAMBRES TARIF PAR JOUR Chambre simple, f 2 00 Chambre double, Chambre simple avec bain.Chambre double avec bain.Taui apeclau» à la semaine Eau courante à la glace.Phono BRYANT 8000 3 00 $3.00 tl 00 Mon Magazine, Août 1929 Comme un \Oagon Pristé I TNE chambre coquette et con-^ fortable pour vous seul.un vrai lit avec sommier et matelas .eau courante, chaude et froide, pour votre usage exclusif .système de chauffage et de ventilation que vous contrôlez vous-même.absence de bruit, de friction et de secousses.une sensation de confort et de détente encore accrue par l'élégan- ce de l'ameublement et de la décoration.un sommeil calme et reposant, qui répare vos forces pendant que le train fuit dans la nuit, guidé par une main sûre.voilà ce que vous offre le Pacifique Canadien.Chambres avoisinantes arrangées en suites pour groupes voyageant ensemble.PACIPIQUÊ CANADIEN EQUIPMENT de L UDCe ACIFIQUE CANADIEN Mon Magazine, Août, 1929 31 COURRIER GRAPHOLOGIQUE Conditions : Trois ou quatre pages d'écriture courante, sur papier non rayé, composition personnelle, non recopiée; le tout signé d'un pseudo et accompagné de la somme de $0.50.Ceux qui désirent une étude personnelle sont priés d'envoyer $1.00 en plus de l'enveloppe affranchie pour retour.Adressez : Carol Prezeau, "Mon Magazine", Beauceville, Que.• • • • SECRET.— Notre édition de juillet était déjà sous presse quand m'est parvenue votre lettre.S'otre envoi vous donnait droit à une étude personnelle que je vous aurais certainement fournie si j'avais eu une adresse postale.Mes regrets.C'est vrai, vous avez trop de coeur et pas assez d'indépendance, pas assez de fermeté, non plus.Très affectueuse, attachante comme le lierre, sensible infiniment, elle juge avec son coeur avant de juger avec son intelligence, mais comme sa raison est encore là, elle réalise vite ses erreurs et c'est ensuite une lutte terrible entre ses sentiments et ses vouloirs.Bonne, croyante, honnête, une nature droite que le mal révolte.Patiente, volontaire, mais sa volonté s'applique en coup de vent, en coup de tête, elle n'est pas assez soutenue, assez constante et voilà qui est regrettable.Spontanée, elle se livre franchement, ne connait pas les détours du mensonge, de la dissimulation.Elle a trop confiance au prochain, n'est pas assez avertie, assez prémunie; il faut douter parfois, vous savez, et c'est mieux que de placer sa foi trop tôt.Par suite, elle manque d'une certaine prudence, d'une réserve sévère.D'un tempérament jovial, elle est d'une gaieté communicative, a de la répartie, de la malice, et de l'esprit, en veux-tu en voici.Personne de jugement, de logique, à l'intelligence ouverte et cultivée.Coquette, un brin vaniteuse, élégante.Possède le sentiment de l'art, du beau, de l'harmonie.Rangée, économe, ordonnée.Un peu d'entêtement, d'obstination dans ses opinions, trop de retour sur soi, pas assez de fermeté, manque de courage pour aller jusqu'au bout de ce qu'elle a résolu.Mais elle montre malgré tout tant de bon vouloir, à si grand coeur, elle se donne d'un tel élan, d'une telle générosité, que cela rachète.Toutefois, gare! et fortifiez votre volonté sans cesse.c'est ce point faible qui amoindrit le plus la valeur de votre caractère.Merci de votre bonne lettre pour moi et je souhaite une heureuse issue à tous vos troubles et vos tristesses.• • • • CETU Kl ?— Mais, non! Comment voulez-vous que je sache?Et vous souhaiteriez en plus que Carol soit une femme?Invoquez les fées et qui sait?.Vous auriez pu écrire en anglais puisque cette langue vous était plus familière, c'est tout à fait la même chose pour le graphologue.Bonne petite fille au grand coeur tout débordant de générosité et de tendresse.Douce et bienveillante, d'humeur facile, peu changeante, c'est un caractère aimable.Sa volonté est déjà stylée et me parait celle d'une âme forte en formation, elle se développera davantage avec les ans et soutiendra bien ma correspondante à travers la vie.C'est peut-être la vérité que vous êtes un peu égoïste encore, mais cela se corrige et il n'en dépend que de vous.Exigeante?Non, je ne le crois pas, vous êtes plutôt raisonnable, ce me semble.Délicatement sensible, elle est vite peinée, ma correspondante, mais vite consolée aussi.D'un rien, on peut la ravir comme d'un rien aussi, on peut la tourmenter profondément.Elle s'irrite parfois, se décourage, se lasse de ce que la vie ne marche pas toujours à son gré mais elle se ressaisit vaillamment, même si elle reste le coeurs gros.Elle est un peu influençable.Quand c'est pour monter, laissons faire.si c'était pour descendre, en garde, petite Cétu.Comme elle est concentrée, celle-là, gardant sous clé toutes ses joies comme ses tristesses! Elle souffre de cette disposition d'àme mais une défiance innée, une crainte d'être incomprise, la tiennent ainsi repliée sur elle-même.Imagination assez fertile, jugement droit, intelligence apte à la culture et qui s'approfondira encore avec le temps car elle est bien douée.Cétu Ki possède le culte du souvenir et de la reconnaisance, on ne l'oblige pas en vain et quand elle ne peut pas le prouver de sa bourse, elle le prouve largement par son coeur.Serait-ce inconsciemment qu'elle est égoïste?Ordre et propreté mais sans minutie, pas orgueilleuse pour deux sous, enfin une bonne enfant qui manque seulement d'essor pour se détendre et gagner un peu d'initiative, de confiance en elle et en la vie.Merci de votre seconde lettre.Mes correspondants rivalisent de gentillesse et de générosité pour moi.Tout spécialement, je vous suis obligé, petit "Mystère" Cétu Ki.• • • • AIGLON.— Je vous remercie "Lutin" des amis que vous amenez au courrier et du plat raffiné que vous m'avez apporté en dessert.A la française, je m'incline devant votre petite majesté, au risque d'attirer les foudres d'Aiglon, et je baise vos jolis doigts de fée.Puis, à la guerre comme à la guerre, j'entre en duel avec votre chevalier.C'est un sen-sitif vibrant, très imaginatif, un peu exalté.De parole facile, il me parait babillard comme une femme.(ba-billarde, j'entends).Expansif, il se livre de tout son coeur dès qu'il a un peu confiance mais si on le rebute tant soit peu, il se concentre "hermétiquement".Affectueux, d'une nature attachante au suprême degTé, coeur passionné se donnant totalement et sans retour.C'est la volonté qui manque surtout à Aiglon.Il me semble mou, sans résistance ni révolte, ayant encore moins d'initiative et de faculté combative.Il subit tout sans réagir.Si c'est bon, tant mieux, si c'est mal, il supporte passivement.Toutefois, il a comme des sursauts, des réveils de cette volonté et pour un moment, il se trouvera debout, prêt à la lutte et à l'effort.Dommage que cela ne dure pas, il a tant de coeur! Il possède aussi une riche intelligence et un jugement averti.Avec une volonté ferme et persévérante.Aiglon ferait son chemin.De l'égoïsme par ci, par là, quand le coeur s'oublie.Est-il toujours franc?Je lui trouve des tendances à la dissimulation.Quoique d'une nature généreuse, il n'est pas prodigue, même il vise à une sage économie.Ne serait-il pas entêté, très tenace dans ses opinions, qu'il ait tort ou raison?Très gai, il aime le plaisir et le mouvement.Un peu d'orgueil, d'ambition émousse les ailes d'Aiglon.Somme toute, le bon l'emporte sur le vilain et j'en félicite mon Petit "Lutin".• • • • M.R.B.— Reçu votre lettre et je vous enverrai les deux études particulières demandées si vous voulez être un peu patiente, car une foule d'autres esquisses personnelles précèdent les vôtres.CAROL PREZEAU.GRAND'PÈRE (Suitr de la paiic 24) Le vieux devint tout rouge, tant cette aubaine inattendue le comblait de joie.—Aujourd'hui, je suis pressé.Je vais prendre mon train à la gare d'Orsay, reprit Brugnon, mais je reviens à Paris dans une quinzaine de jours.J'aurai alors le temps de fouiller à loisir dans vos boîtes.Je suis certain que je découvrirai encore d'autres bonnes affaires, car je suis un bibliophile.Et comme, après avoir caressé tendrement de la main les enfants, il s'éloignait à petits pas, il ressentit une vive satisfaction parce qu'il venait d'entendre le vieux grand-père qui disait à ses chers petits : —Demain, c'est dimanche, et grâce à ce généreux client, pour la première fois, je vous régalerai avec un poulet, mes chéris.André de BREVILLE.beauté qui attire et fascine irrésistiblement Une peau et on teint qui captivent et commandent l'admiration de tous.Quel que soit le type ou genre de vos traita c'est, après tout, l'apparence de votre peau et de votre teint qui représente véritablement votre ebance d'être belle.Appliquez donc cette chanc à rendre à votre teint ce charme magnétique que seule la CRÈME ORIENTALE de G ou pau d "Le coup de mattre Je la beauté" Mut assurer.Une beauté raffinée radieuse, séduisante «I cependant si délicate et ai subtile à écarter tout soupçon dW fard.La Crème Orientale de Gouraud a trois fonction* distinctes pour la peau qu'elle embellit, maintient en bon état et protêt**, ttant astringente et antiseptique, elle est indispensable conte* la rougeur excessive, lea rides, lea joues flasques et une peu trop huileuse.Commences dés aujourd'hui à tous servir d* cette crème at royei comment, vous pourrez à votre tour posséder una beauté qui fascine.J«TO»m n»m BOo et cou, rtrrvrrt «» nMOflfalfl tpéeiat 40 preparation* pour Ut toOrtte Oouraué, m la* rt» mm aaiNlli» ém Cr*n» Orttmtmit fin ¦¦! 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Mais en Bretagne, il faut ça.C'est la terre la plus peuplée de France, et de beaucoup.Il y a dans les autres provinces françaises près de trois millions d'habitants de descendance Bretonne.Dans la province, qui elle-même, est à peine plus grande que certains comtés du Canada, on compte près de quatre millions d'habitants.Brest en compte 115 milles, Nantes plus de deux cent milles.Trop de monde sur une terre trop étroite.Et l'universelle loi qui règle l'exode des populations se fait sentir par là.Le trop plein déborde.Dans tous pays, ce sont les nécessités qui créent les individus.En ces pays d'AMERIQUE, où tout foisonne, espace, richesses de la nature et du sol, vous n'avez jamais été contraints à ces dures séparations qui envoient l'époux chercher au loin, les subsides pour son foyer.Deux pays, deux moeurs, deux vies.Même jour, le soir.La drague est au fond.Le temps est calme mais un peu sombre.Dans une heure nous devrions passer sur le câble.Même jour.Dimanche, 15 mai, 1927.Sonnez cloches lointaines de mes rêves, faites teinter en mon âme triste, le son de votre airain.Seule, sonne ici, la pauvre petite cloche qui marque les changements de quart.Et plus immense me semble, la solitude qui nous entoure.Lundi, matin, 16 mai, 1927.Nous avons réussi à relever le bout qui va de la rupture jusqu'à Cap-Cod.Il est bon jusqu'à l'atterrage.Actuellement on pose une longueur de vingt-trois milles de câble neuf.On doit mettre le bout sur bouée et faire de suite route sur St-Jean de Terre-Neuve pour nous ravitailler en vivres, charbon et matériel pour les travaux.En somme, nous allons partir avec la moitié du travail de fait.Terminé la pose à 13h.30.Temps très calme sous un ciel quelque peu couvert mais non menaçant.Comme le temps est magnifique, nous allons tenter notre chance sur le bout de câble qui va vers France.Nous pouvons tenir encore quarante-huit heures.Nous aurons juste assez de charbon pour nous rendre à St-Jean de Terre-Neuve.Nous allons jouer le grand jeu.Cette décision peut nous sauver et nous permettre de passer l'été à Halifax.Elle peut aussi tourner à l'inverse.Une grosse tempête adviendrait et avec elle du brouillard ou des glaces, nous serions peut-être cruellement punis d'avoir risqué cette aventure.Aujourd'hui, nous avons vu par bâbord, une traînée de fumée qui s'étendait sur le fond de l'horizon.Un vapeur qui passait, allant dans l'Ouest.Nous avons appris aujourd'hui que notre sympathique "GASTON", le président de la République, est en tournée à Londres.Ce célibataire endurci est capable de se laisser tenter par quelque blonde de l'entourage de sa Majesté bri-tanique.Justement, il est Huguenot lui, ça tomberait très bien.Les dieux délibèrent au laboratoire.Ils sont deux à bord.Le commandant et le premier ingénieur.Nous saurons dans un instant, (nous, petites étoiles qui vivons dans l'orbite de ces deux astres), si nous allons de sui- (Suite de la page 29) te à St-Jean ou si nous tentons de pêcher l'autre câble.Pas de chance!.Nous avons dragué mais c'est un vieux tronçon de câble abandonné que le grappin a rencontré.La brume vient d'apparaître à nouveau.Si elle est trop dense et d'allure persistante, nous partirons à St-Jean de Terre-Neuve.Il n'y a rien de décidé à l'heure qu'il est.17 mai, 1927.Dragué sans résultat de une heure à dix heures du matin.Temps calme et promettant de durer encore un bon moment.On remonte la drague, et on doit recommencer dans le courant de l'après-midi, après les résultats de la méridienne.Aujourd'hui, le ciel est dégagé, et la mer au lieu d'être morne et grise est délicieusement bleue.La colère de Neptune s'est apaisée et dans son caprice il veut nous faire oublier les mauvais jours qu'il nous a fait vivre, lis nous plonge dans un état d'éner-Un rien qui remue à la cadence du rou-vement réfractaire au sommeil.Nous sommes au quarante deuxième jour de Mer depuis St-Jean de Terre-Neuve.Même jour Rien de fait.Inutile d'insister, il faut partir!!! 18 mai, 1927, 4 heures du matin.Je viens de quitter le quart.Depuis huit heures et demie hier soir, on fait route vers St-Jean.La brunie est très dense, aussi c'est à vitesse réduite que nous marchons.Nous sommes donc partis sans avoir pû finir le travail.Tous, nous avons hâte d'être à St-Jean pour recevoir des nouvelles.Nous allons nous en faire un festin, tant il y a longtemps que nous en sommes privés.Je vais dormir jusqu'à neuf heures.Chaque trois minutes la sirène lâche son cri.Notre sommeil est agité et parfois hanté de rêves bizarres.18 mai, 24 heures du soir.Nous naviguons toujours dans la brume.Ce soir, la température a fraîchi et avec cette vapeur d'eau qui pénètre partout, il est difficile de se soustraire à la fraîcheur! Chaque quatre heures, nous signalons notre position au veilleur de glaces américain qui rôde sur les bancs de Terre-Neuve.Et lui, qui est parfaitement au courant des déplacements des glaces dérivantes, nous signale le danger s'il se présente.Vraiment, nous n'avons pas de chance! Après le mauvais temps continuel et les difficultés à exécuter le peu de travail que nous avons fait.C'est encore cette brume sournoise qui nous arrête, la sirène qui trouble notre repos, et partout des hommes d'humeur sombre.19 mai, 1927.AH! la journée d'angoisse qu'à été aujourd'hui.Une marche dans les ténèbres, avec à chaque instant, la menace d'un iceberg devant l'étrave.Enfin!.Ce soir à six heures, la brume s'est dissipée.Et ce fut un unanime cri de joie dans les machines lorsque la passerelle a commandé "EN ROUTE".Brusquement le navire a pris son élan, labourant la vague avec une énergie contenue depuis deux jours.Les chauffeurs ont rageusement manoeuvré leurs outils, tant et si vite, qu'en quelques minutes, les fourneaux resplendirent d'un embrasement d'enfer.Demain, la terre, les lettres, la joie!!! Je vais terminer par cette page, le résumé de la première phase de l'expédition.J'ai exposé les faits dans mon simple langage d'homme de mer, sans artifices littéraires que mon pauvre vo- cabulaire ne me permet pas d'aborder.J'ai voulu en faire une lettre que je destine à tous ceux qui veulent bien me faire l'honneur de leur amitié, à vous parents et amis qui jetez un peu de joie dans mes séjours à terre, à vous qui m'apportez.dans vos lettres le parfum des terres lointaines et aimées.Pauvre fille de l'océan qui va répandre son odeur saline dans quelques foyers teiriens.Elle est née au sein de l'immensité bleue et l'inquiétude s'est souvent penchée sur son berceau.Si parfois elle a des accents trop rudes, pardonnez-lui, son berceau a été balloté par les lames et le fluide des tempêtes circulait dans ses veines.Veuillez lui faire une humble place, et peut-être pourra-t-elle, comme ces coquillages qu'on ramasse sur les grèves, vous faire entendre longtemps encore, le grondement lointain de la mer.AU LARGE DE TERRE-NEUVE ce 20 mai, 1927.* * * Ce qui précède résume les premiers quarante-cinq jours passés au "grand large".Ce qui suit a été écrit durant la deuxième phase des opérations, pendant laquelle notre entreprise fut couronnée de succès.* * * 20 mai.1927, à 13.26 heures.La ville grise, entourée de brume et de fumée, s'accroche sur le rocher dénudé.En effet! l'entrée du port en encaissée entre deux pointes rocheuses qui s'élèvent de près de cent mètres au-dessus du niveau de la mer.Et pas un arbre ni une fleur ne pousse sur ces abruptes cailloux.Dès l'arrivée, le bruit infernal des treuils, des bennes de charbon déversées dans les panneaux de soute, fait tressaillir le navire.Pressons! Pressons! entend-on dire partout.Oui! pressons, notre tâche n'est pas finie.21 mai, 1927.Travail acharné, bruit, charbon, cri divers, quelques visiteurs qui se ramassent vite dans les cabines pour goûter un semblant de tranquilité.Enfin mon Dieu! nous ne partirons pas avant lundi et demain dimanche je suis libre.Dimanche 22 mai, 1927.OH! la belle journée, qu'à été aujourd'hui.Et quel calme à bord! J'ai été me promener au parc voisin de la ville.En cet endroit, la nature a fait des prodiges pour réaliser un site délicieusement pittoresque.Puis après, j'ai foncé dans la campagne, par les routes bordées de forêts de sapins.Je suis rentré le soir, l'àme heureuse, et le corps reposé.Le changement est salutaire aux êtres qui s'ennuient.Dimanche 22 mai, 1927.Quelques invités venus à bord, nous ont fait passer des heures joyeuses.Ont-ils le pressentiment que nous allons encore vers d'autres jours moroses, je le crois, car réellement tous ont rivalisé d'initiative pour nous charmer.Ils ont chanté, et j'ai entendu chanter des femmes!!! Dieu! que leur voix était douce! Ils sont partis tard, et nous gardons d'eux tous, un excellent souvenir, ils n'ont vraiment rien à nous refuser .23 mai, 1927.APPAREILLAGE REPORTE A DEMAIN, MARDI.DEUXIEME PARTIE 24 mai, 1927.Appareillé à onze heures.Brume mais mer très calme.Nous avançons à allure réduite.Journée du 24 mai, 1927.Dès la sortie de St-Jean nous avons mis le cap droit à l'Est, afin d'éviter (Suite à la page 35) Le Liniment Mlnard soulagera a douleur et préviendra tout* poulblllté d'Infection.Recommandé pour les plede endolorie, lea cora.brûlures, coupures, maux de dents, etc.81F Le Uniment BUinc Merveilleux UNIMENT MinarD Mon traitement vous offre la santé Femme, j'ai subi \ff& comme vous maux V de tète, maux de ^ reins, constipation, attaques de nerfs at insomnies.L'expérience et l'étude m'ont enseigné les remèdes à ces maux.Je pula maintenant vous venir en aide.Envojres-rti i simplement des détails sur votre compte et je vous expédierai absolument gistuit.un traitement d'eaaal de dix jours.Je suis venue an aida à des cen-tainaa de femmes.MME.M.SUMMERS a/s Vand.rhoot ê.Ce.r *)•" BOITE ft* WINDSOR.ONT.En vente chez les meilleur»pharmaciens Tonique Sardonol Enrg.— de — Mme J.COUSiNEAU 853 Ontario Est MONTIIKAIj lYoïitninr 4563 Eiccllent pour 1» fatblrtM du unf «t de la dictation.DOSE: Una eulllarta a aoupa avant laa râpai.kfjiïîcÈ specTaity cq), \P>-g OIT E POSTA Ul »IO \J* BBAUCE JONCT10H.qu6. 3-4 Mon Magazine, Août 1929 FANTAISIE HENRI DE FORGE UNE POUPÉE BIEN BELLE Quand elle était revenue de sa soi-disant tournée théâtrale au fond de l'Argentine, couverte de bijoux, on avait insinué sur elle toutes sortes de choses malveillantes.Une comédienne qui s'absente ainsi pendant un an, mystérieusement, pour reparaître fortune faite et merveilleusement parée, ne peut qu'avoir ruiné quelque millionnaire naïf.Et, ma foi, me souvenant de la femme délicieuse que l'artiste m'avait semblé être à ses débuts, avant le voyage qui avait emperlé sa vie, j'avais eu d'elle comme une immense désillusion, au point que, un beau jour, fort d'une vieille camaraderie, j'allai lui rendre visite, afin d'en avoir le coeur net : "Dites-moi, la vie vous est douce maintenant, à vous que j'ai connue luttant, il n'y a pas si longtemps encore.Les gens, qui sont mauvais pour les femmes heureuses, s'en étonnent et cela me fait de la peine.Racontez-moi, voulez-vous, cette page de votre vie.—Ah! oui!.l'on chuchote.l'on potine.J'ai des parures et de l'argent.Cela suffit pour que je sois une femme tarée.Les imbéciles!."Vous m'avez connue, pourtant, vous, quand je sortais du Conservatoire, petite actrice ingénue.Même — rappelez-vous — les camarades se moquaient et disaient que j'avais l'air d'une poupée d'enfant."Une poupée." Elle s'arrêta un moment, le front plissé : "C'est, en effet, une histoire de poupée, une histoire extraordinaire, incroyable.Je ne voulais la dire à personne.Mais, vraiment, puisque des gens me salissent, il vaut mieux parler, révéler d'où vient cet argent, d'où viennent ces bijoux.Oui.ils sont splendides.regardez-les.ce collier, tenez, tout en émeraudes.et ces boucles d'oreilles, et cette broche.Ah! si vous saviez! Si vous saviez.Imaginez qu'un soir, au milieu d'une représentation théâtrale, à Buenos-Ayres, l'humble petite comédienne, seule au monde, perdue là-bas, sans argent, sans avenir, sans amitié, voit venir à elle un homme considérable, un de ces hommes qu'on sait être un des rois de l'industrie.Imaginez que, brusquement, avec un flegme qui déconcerte, cet homme formidable lui dise : "Voulez-vous être riche?" Imaginez encore qu'il ajoute, avec des formules de respect : Ce sera le plus honnêtement du monde." On croirait un conte de fées, n'est-ce pas."J'ai des enfants, explique ensuite cet homme, des enfants que j'adore et auxquels je passe leurs moindres fantaisies.Vous êtes actrice; vous êtes jolie; vous avez de grands yeux naïfs.C'est là tout à fait le type un peu spécial que je cherche depuis longtemps.Voulez-vous venir chez moi, afin d'amuser mes enfants.Vous serez royalement payée." Tout de suite, j'avais été ravie.Jouer la comédie à domicile, chez un milliardaire, devant un public d'enfants! Quel début.Mais l'homme m'arrêta : "Ce n'est pas de cela qu'il s'agit.Chez nous, vous savez, on fait ce qu'on ne fait pas ailleurs.On fait mieux, on fait plus grand, on fait plus beau! Ce que je vous demande, ce n'est pas d'être comédienne, c'est d'être poupée, poupée vivante.Je me suis mis cela dans la tête pour amuser Trinid et Pédrito mes deux bambins adorables.Rassurez-vous, ce ne sera pas fatigant et votre vie matérielle sera confortable.Etre poupée, cela consiste à se laisser admirer beaucoup, pomponner un peu, gâter toujours, à l'heure où ces chers blondins ne dorment pas et ne sont pas à la promenade.Laissez-vous faire, ils seront si contents.Je leur ai parlé d'une grande poupée, plus merveilleuse que sont les autres, une poupée animée, qui remuerait et qui aurait la taille d'une grande personne.Les tout petits ne comprennent pas.Ils croiront que vous êtes comme un personnage de rêve venu sur la terre." Cet homme avait parlé sur un ton de sincérité, presque gravement.Il me montra le portrait de deux enfants, charmants en effet, de ces enfants pour lesquels on se permet toutes les indulgences, toutes les fantaisies même; quand on a cette puissance : l'argent.Et j'acceptai la place offerte.Oh! j'étais bien hésitante, bien émue, bien gênée surtout de ce rôle inattendu, inouï.Il en fut comme on m'avait dit.La maman m'accueillit avec bienveillance.C'était une personne douce et souffrante que la maladie empêchait, à son désespoir, de s'occuper de ses enfants."Il faut qu'ils jouent, me dit-elle.Ce plaisir-là les console un peu!" Vous pensez quelle fête ce fut pour Trinid et Pédrito, exquis bambins roses et blonds, quand on me présenta à eux richement parée, vêtue de somptueux atours.Sans tarder, en leurs petits coeurs enthousiastes je pris une place immense.Mais, comme ils étaient très jeunes et très frêles et que le jeu avec la si belle poupée les fatiguait, ma besogne fut restreinte.Je pouvais, le reste du temps, vivre à ma guise, jouissant de tout ce dont l'amabilité d'hôtes richissimes peut entourer une femme, avec des prévenances infinies et une absolue déférence.Les appointements, ainsi qu'on me l'avait annoncé, étaient superbes.Par instants, j'avais un peu honte de moi.Il fallait comprendre tout ce qu'il y a d'original dans la vie américaine, tout ce qui se passe de tantaisie chez ces milliardaires, pour pouvoir, sinon expliquer, du moins admettre qu'une femme raisonnable, qui veut travailler l'art sérieux, consente à devenir simplement un jouet.Mais le cadre était si merveilleux, Trinid et Pédrito étaient si gentiment drôles, que je me laissais faire, amusée, me plaisant à leurs caprices, me laissant habiller par eux, à leur idée, me laissant remuer, tourner, promener, admirer, comme ils auraient fait avec une poupée véritable.Ils me disaient, dans leur jargon enfantin, des choses adorables et — ne riez pas — je me sentais aimée d'une affection qui n'a pas sa pareille au monde.Une année se passa ainsi.Le tact infini des parents de mes petits propriétaires m'évita tout heurt, tout ennui.Vous ne me croirez peut-être pas, mais j'avais fini par aimer cette vie, si extraordinaire qu'elle fût.Et j'avais un peu d'orgueil aussi, car vous pensez si par tout le pays qui entourait le château où nous habitions, la nouvelle s'était répandue d'une belle poupée vivante, plus belle que les autres.Une rafale, une de ces rafales comme il en souffle parfois, même parmi les plus puissants de la terre, vint bouleverser brusquement l'existence de ces gens, qui semblaient pourtant faits pour être au-dessus de toutes les peines.Un même mal, une mauvaise fièvre, terrassa les deux enfants.Le père et la mère étaient fous de douleur.Des médecins illustres furent appelés.Il était trop tard.C:s petites fleurs étaient, comme leur mère, d'espèce trop fragile.Je voulais partir, pensant ma tâche désormais vaine.On me supplia de rester, au contraire, témoin silencieux de cette chose entre toutes affreuse : l'agonie lente de deux enfants.Et jusqu'au bout, moi, le jouet, le beau jouet, je demeurai la chère hantise de leur petit cerveau affaibli.J'abrège, j'ai envie de pleurer quand j'y pense, et vous allez me trouver ridicule.Sachez seulement que j'ai tenu mon rôle jusqu'au bout, en conscience et le plus gaiement que je pouvais.Sachez que la fatalité fit son oeuvre, la science étant demeurée impuissante.Quand tout fut fini, je suis repartie pour la France.Les pauvres parents tinrent à me voir emporter ces bijoux dont Trinid et Pédrito me paraient.Ils valent une fortune.Voilà toute mon histoire.Elle fera rire les sceptiques, car elle est un peu absurde en soi, et indigne, sans doute, de l'artiste que je veux devenir.Et pourtant, dans ma carrière théâtrale, aurai-je jamais d'aussi belles émotions, d'aussi pures, que celles que j'avais là-bas, devant ces petits bras tendus vers moi, dans leur grand appel de tendresse ?Trouverai-je chagrin plus profond que de voir s'en aller sitôt des êtres charmants?On a vu des enfants pleurer sur leur jouet brisé.Cette fois, ce fut sur des enfants brisés que le jouet pleura." RENOUVEAU VOICI venir le temps des troublantes ivresses, Le temps des doux espoirs, des rêves infinis, Le temps des floraisons charmantes et des nids Où les brises d'Avril effeuillent les caresses.Sur la branche, voici que les bourgeons vernis Craquent, ne pouvant plus contenir leurs richesses.Déjà la vieille terre, en ses flancs rajeunis, Sent couler une sève aux ardentes promesses.Voici venir le temps des secrètes douleurs, Où le rire est mouillé d'inexplicables larmes.Où le printemps vermeil possède trop de charmes Comme un désir trop grand qui vous mange le coeur.Voici que monte en nous plus d'un appel vainqueur Et l'Amour qui s'éveille a retrouvé ses armes.Suzanne BUCHOT.L'AMITIE TOUT ce qui fait la fleur jolie et parfumée, Tout ce qui fait si doux le calme de la nuit, Et si gai le soleil quand l'aurore pâlit Pendant à l'horizon sa couronne enflammée; Tout ce qui chante et rit l'été sous la ramée, Où murmure tout bas sous le berceau jauni: Tout ce qui fait renaître un souvenir béni.Tout ce qui rend notre âme et paisible et charmée.Je le prends pour te peindre, ô céleste amitié.Qui fait que vers un coeur un autre coeur se penche.Et se sentant compris, se confie et s'épanche.A nous Dieu te donna dans sa grande pitié.Mais vaine, tu serais, si par ta beauté même Tu ne faisais monter vers Lui, l'Ami suprême! Marie SYLVIA. Mon Magazine, Août, 1929 85 QUARAXTE-CLN'Q JOURS A "LA GUEULE D'ENFER" (Suite de ta page 33) les icebergs et les nappes de glaces dérivantes que le vent et les courants polaires sèment le long de la côte Est de Terre-Neuve.Jusqu'à la nuit, temps clair.Dès le crépuscule, une brume légère s'est étendue sur la mer et nous avons dû réduire la vitesse peu de temps après.25 mai, 1927.Temps clair tout le jour.A 9 heures ce soir, la brume est apparue.Réduit l'allure à 6 noeuds.25 mai, point à midi.Latitude 44o Nord.Longitude 49o36' Ouest.Temps clair depuis huit heures.Houle légère et bonne brise de Nord Est.Rencontré un vapeur qui allait vers l'Irlande.Ce soir la brume est revenue et, au son lugubre de la sirène, nous avançons comme une ombre hésitante, au milieu de cette obscurité chargée d'humidité.26 mai, 1927.A 3 heures, ce matin, nous arrivions sur les lieux des travaux.Nous n'avons trouvé aucune bouée.La nuit sera plus favorable pour les trouver (1).26 mai, 1927.Ce matin, vers 4 heures, le vent a tourné au Sud-Ouest, tandis que la mer grossissait rapidement.A dix heures, nous arrivions sur les lieux des travaux.En vain, jusqu'au soir, nous avons cherché la bouée câble que nous avions laissée ici avant de partir nous ravitailler à St-Jean.Nous désespérions de la trouver, quand vers 9 heures ce soir, nous vîmes un feu blanc se balancer parmi les grosses lames.Nous avons manoeuvré pour nous en approcher, et actuellement nous nous maintenons auprès, et ça sera ainsi jusqu'à l'accalmie qui permettra de tenter la première drague.27 mai, 1927, sur les Lieux.Toute la journée la mer a été mauvaise.Nous avons lutté contre le vent et les lames pour nous maintenir en vue de la bouée.Point minuscule, cette bouée sur une étendue si grande, mais combien précieux pour nous permettre de rester en un point rigoureusement défini de l'océan!.Ces jours vécus ainsi, loin de partout, perdu entre le ciel et l'océan, sont d'une morne longueur et tout remplis d'angoisse.Que sera demain ?Même Jour, 10 heures du soir.Le feu de la "bouée cable" a été aperçu à 9 heures.Elle est là, c'est l'essentiel.Grosse mer.En vue de la bouée tout le jour, et ça continue.Ce soir le vent s'apaise.Nous espV'rons travailler demain matin.28 mai, 1927.ENFIN! Ce matin vers 4 heures les flots ont apaisé leur fureur, et, gracieusement balancé par des petites vagues tachetées d'écume, le "JE-RAMEC" a entrepris sa rude et délicate besogne.La drague explore le fond, cherchant dans le mystérieux abîme, le fil de "NEPTUME" qui git par une profondeur dépassant cinq mille mètres.Avec une majestueuse lenteur, nous avan ons dans une direction perpendiculaire au câble.Allons-nous l'accrocher?Non! car vers 4 heures cet après-midi, un vent sournois a encore attisé la colère des éléments.Nous abandonnons.A 6 heures ce matin, le soleil s'est levé sur une mer parfaitement calme.A 8 heures le grappin rendu au fond, commençait la recherche du câble qui va vers Brest.Nous tentons une drague coupante.Dragué sans résultat jusqu'à 15 heures.Relevé la drague.Voici la brume, impossible de continuer.Allons! en vue de la bouée dans un instant, et recommençons la vadrouille.Dimanche, 29 mai, 1927.Brume très douce et froide.Au prix de manoeuvres continuelles, et l'absence de vent aidant, nous avons pu nous maintenir en vue de la bouée.Le temps s'est éclairci vers 14 heures.A 17 heures, on a filé la drague, fond-5000 mètres.A minuit, la drague est toujours au fond.C'est un bien triste DIMANCHE que nous avons passé.En mer, 4 juin, 1927.Ce matin 4.55 heures, un radio de Brest nous informait de la rupture par sectionnement du câble que nous recherchions.La drague coupante était donc réussie.A midi nous reprimes à nouveau la position de drague et à 2 heures le câble était engage dans le grappin.A 8 heures ce soir il arrivait à bord.Malheur! Voilà que le laboratoire signale qu'il est mauvais encore plus loin, un défaut qui s'est formé pendant le relevage.On vire toujours à bord, nous attendant à le voir casser d'un moment à l'autre car ce défaut est à quelques milles seulement d'ici.Que va-t-il se passer?S'il monte, et que nous puissions éliminer ce défaut pour demain soir nous pourrons faire route pour Halifax.Je n'ose pas avaneer d'opinion trop hardie.Il faut toujours s'attendre aux pires difficultés dans ce métier ci.Et ce soir la brunie menace encore d'apparaître.A l'heure où j'écris, un vapeur passe à un mille de nous.Il fait route vers l'Ouest.Bon voyage, frères inconnus! 5 juin, 1927.A 4.50 heures ce matin le câble s'est engagé dans le grappin.(Ici je dois dire que hier soir, alors que nous virions la drague à bord, la crainte que je formule dans mon journal du 4, s'est réalisée.Le câble s'est rompu à l'endroit exact d'un réparation effectuée en 1915).C'était la 29ième drague depuis le 8 avril.Nous avons mis 7 heures pour le remonter du fond.Il était bon jusqu'à Brest! Ah! quel soulagement général à bord.Nous avons épuissé du câble neuf dessus, et ensuite, en filant le câble, nous avons fait route vers la Bouée qui soutenait le bout de Cap-Cod, et qui était située à 23 milles, plus loin dans l'OUEST.Arrivés là, nous primes à bord les deux câbles.Cette opération est des plus pénible et très dangereuse.Il faut manoeuvrer pour accoster la dernière bouée, et ensuite ramener les câbles à bord.Chaque bout, pèse plus de huit tonnes, et avec cela, il faut toujours le maintenir bien allongé, pour éviter les courbes trop brusques susceptibles de le détériorer.Bref! toutes ces corvées terminées, et le laboratoire ayant été très bien communiqué par les câbles avec Brest d'une part, et avec Cap-Cod (ETATS-UNIS) d'autre part, le 1er sondeur entreprit de relier ces deux bouts de fils afin de fermer le circuit entre les deux continents.A dix heures cinquante minutes (soir), l'opération était terminée.Au dernier moment, le câble soudé est maintenu à bord par un câble d'acier qui est bossé (2) sur lui.On pose ce câble d'acier sur un billot, le câble étant à ce moment disposé pour tomber à la mer dès qu'on le libère de ses attaches.On coupe à la hache le fil ABONNEZ-VOUS AU JOURNAL DE MUSIQUE "LA LYRE" Parait tous les mois, avec douze pages de musique valant plus de $1.00 chaque fois.— En plus d'une littérature musicale choisie.ABONNEMENT: Par An: $2.50 — 6 mois: $1.50 — Le Numéro: >5o NOTE (1) La nuit sans brouillard favorise la localisation d'un feu sur la mer.De jour il est parfois difficile de les trouver.(2) Bossé signifie amarré en allongeant l'un contre l'autre les 2 corps à relier et en les entourant d'une ligature métallique ou végétale.d'acier de retenue.C'est le maître d'équipage qui a donné le coup de grâce.Ses vingt ans de bateaux câ-blier lui valent beaucoup d'adresse car au premier coup le sectionnement a été complet.Et "Brest-Cap-Cod" fit le grand plongeon, descendant dans l'inconnu pour poursuivre sa précieuse besogne.6 juin, 1927.Dès l'aurore, nous avons tout mis en oeuvre pour ramasser nos bouées et à huit heures, la dernière rentrée à bord laissait déserte et partout uniforme l'immense étendue qui fût notre champ d'action durant ces soixante cinq jours.A huit heures ce matin, par un temps radieux, nous avons mis en route pour Halifax.Par intermittences, des bancs de brume nous ont géné et bien à contre coeur nous avons dû ralentir.Prudence et stricte observation des règlements qui prescrivent aux navires de ralentir leur allure par temps brumeux.7 juin, 1927.Mer calme et brise très douce.Brume encore, se dissipant à peine par intervalles, laissant l'horizon voilé et rétrécissant ses limites.Dès qu'il fait clair, nous filons à toute allure.Les chauffeurs sont pleins d'ardeur et il ne manque pas de volontaire pour venir sortir des soutes le charbon qui s'engouffre dans la gueule béante des fourneaux.Ceci montre la hâte que tous ont d'arriver au port d'attache.Cela se comprend.Nous sommes délivrés de l'étau que l'océan serrait sur nous et nous voulons fuir, vite vite comme on tend à s'éloigner d'une terrifiante apparition.8 juin, 1927.La moitié de la distance est parcourue.Belle mer avec une brise à peine perceptible et qui laisse la fumée monter droit vers le ciel.Douze heures de brume et par suite de marche ralentie.Peu importe, on signale de la passerelle que nous passerons "L'ILE AUX SABLES" cette nuit.Les caractères sont métamorphosés.Point de visages troublés par la perspective des lendemains incertains.Et les barbes gardées longues depuis le départ, tombent sous l'ardeur des rasoirs.VOGUE! VOGUE! Vaillant navire, tu nous mènes vers la terre parée d'une grâce nouvelle.Mon Dieu! dire que Demain nous allons voir des fleurs, des femmes, des enfants, et voir les oiseaux chanter sur le bord de leurs nids.ALLONS! Courage! compagnons de bonne et de mauvaise fortune.9 juin, 1927."L'ILE AUX SABLES" est passée.Cette nuit Halifax.Brume encore, jusqu'au dernier moment tu manifesteras ta redoutable autorité, ô mer capricieuse!.A onze heures trente ce soir, les feux de la côte sont en vue.Le temps est clair et en approchant on voit les lumières d'HALIFAX rivaliser d'éclat avec leurs soeurs célestes.Mais qu'êtes-vous pauvres petites lumières allumées par des mortels, auprès des majestueuses étoiles que Dieu promène dans son ciel.10 juin, 1927.A 1.20 heures le pilote a embarqué à boni.A 2.30 heures on manoeuvrait pour accoster.A 2.60 heures, on signale "TERMI- NA LE GRE LOT W HOSPITAL \ lu © ) HQ MÉDAILLE OE VERMEIL j - FABRICATION FRANÇAISE / MEDAILLE OE VERMEIL FABRICATION FRANÇAISE Lames de Sûreté "LE GRELOT" La meilleure lame de sûreté Jamais vendue au Canada.Cette lame s'adapte à tous les rasoirs standards.Demandez-la & votre pharmacien, marchand de tabac, quincaillier, etc., et s'il ne l'a pas, appelez lIAltltOl H 2770, département d'Importation et nous vous donnerons l'adresse du marchand le plus près de chez-vous qui les tient en stock.Par peste, 2 lames échantillons contre 15 cents, adressez a F.Bourcbclx, iin 1 >.¦ lad nr.104 place Jacques Curlier.Munli-oul, agent générai pour l'Amérique du Nord.Ces lames sont strictement garanties.Dépositaires demandés partout, conditions libérales et toute l'aide possible.NE" pour les machines.Est-ce possible?Des matelots sont partis se promener dans la campagne sans se soucier de l'heure matinale (Il est actuellement 3.30 heures du matin) C'EST FINI! BRAVO! à vous Commandant qui avez opposé à la fureur des flots votre indomptable énergie de coureur d'OCEANS.BRAVO! à vous ingénieurs qui avez opéré cette veine délicate en laquelle circule la pensée du vieux et du nouveau monde.Bravo! à vous, mes amis, officiers du pont et des machines.Vous là-haut, qui, à travers mille obstacles, avez sans répit scruté le champ céleste, et vous, qui, en bas, dans ce domaine de fer et de feu, avez entretenu la vie dans le coeur du navire, penché votre inquiétude sur les organes défaillants des trépidantes machines.BRAVO! à vous tous, matelots, chauffeurs, novices et mousses, tendres adolescents d'AMOUR déjà mêlés à toutes ces misères.BRAVO! mes amis! EPILOGUE Dans un instant la terre m'offrira le spectacle de son visage baigné de la rosée matinale.Je la vois s'éveiller et déjà des merles s'appellent d'un arbre à l'autre.Chantez innocentes créatures, chantez la joie qui vient d'entrer dans quelques foyers des alentours, chantez la joie de ces femmes et de ces enfants qui viennent d'étreindre sur leurs coeurs l'époux et le père aimé.Jamais, terre, je ne t'avais tant désirée! Fais-toi belle tout à l'heure et ne désenchante pas mes yeux.Sur le pont, où tant de fois j'ai promené mes rêves nostalgiques, je vais aller te contempler.BOKI» « Mil IKK "EDOUARD JE-RAMEC" au Wharf de Darmouth.N.S.quatrième heure à la montre d'Habitacle.10 juin.1927.A.G.Pour copie conforme voir Tante Madelon. 36 Mon Magazine, Août 1929 Instruisons-nous Jean Vident rois LES GUÊPES OUS goûtions, fin de mai dernier, dans notre jardin, la douceur d'une belle journée de printemps lorsque un bourdonnement sifflant à nos oreilles nous fît instinctivement et anxieusement tourner la tête.Nous eûmes vite fait de reconnaître l'auteur du bruit: un superbe frelon au ventre rebondi inspectait la muraille et le toit de notre cabanon à outils.Parti en courant à la recherche d'un filet à insectes, à notre retour, la bestiole était disparue; sans doute les lieux ne lui avaient-ils pas semblé propices pour l'établissement d'une future colonie, car c'était bien certainement un logement qu'elle cherchait.Les frelons, en effet, comme toutes guêpes sociales vivent en colonie pendant la belle saison.Mais, au printemps, seules se rencontrent des femelles isolées, fécondées à l'automne précédent, qui, ayant tant bien que mal passé l'hiver engourdies sous quelque abri, sont chargées de fonder une colonie.Apres avoir fait choix d'une branche, d'une encoignure, d'une cavité souterraine, d'un vieux tronc d'arbre propice, la future reine se met immédiatement en devoir de façonner et de fixer les quelques cellules dans lesquelles elle pondéra ses premiers oeufs.Arrachant à de vieux poteaux ou à des branches mortes des fibres de bois, elle les triture avec ses puissantes mandibules et en forme une sorte de carton grisâtre, matière dont tout le guêpier sera construit.Bientôt les jeunes larves substantiellement nourries se transforment en insectes adultes qui, immédiatement, se mettent au travail.De nouveaux étages de logettes sont construits tandis que le guêpier s'entoure d'une enveloppe protectrice.Les générations se succèdent, la reine fondatrice dans les colonies un peu importantes, nourrie par ses filles, ne sort plus du nid.Tout son temps se passe à pondre; c'est ainsi que les habitantes d'un guêpier dépassent souvent le nombre de dix mille à la fin de l'été.La vie des guêpes sociales — comme celle des abeilles avec lesquelles elles possèdent, d'ailleurs, de nombreux points communs — est fort curieuse.Suivant les espèces, le guêpier dont nous venons de voir l'origine revêt différentes formes et atteint une taille plus ou moins grande.Tantôt fixé à des branches d'arbres, tantôt établi dans une cavité creusée dans un vieux tronc d'arbre, tantôt accroché sous un toit, il est toujours construit avec la matière première, sorte de carton, dont nous avons dit l'origine.Sa structure est aussi toujours semblable, comme si ses architectes étaient tous passés par la même école.Le nid typique ressemble à une boule plus ou moins régulièrement sphérique, sorte de ballon dont la manche à gaz n'existerait pas et serait simplement remplacée par un trou: l'entrée du nid.Cette entrée est toujours située à la partie inférieure, le sommet du guêpier, commencé, on s'en souvient, par une seule guêpe femelle au printemps, est suspendu au support: branche, paroi supérieure d'un trou souterrain, etc.A l'intérieur, le nid est constitué par une série d'étages d'alvéoles, sortes de plateaux parallèles horizontaux, chacun étant relié à l'autre par un ou plusieurs pédoncules ou piliers.Tous sont construits en carton et les cellules, qu'ils portent en une seule épaisseur, sont toutes ouvertes vers le bas.Elles sont uniquement destinées à recevoir les oeufs pondus par la reine, et à contenir ensuite les larves, puis les nymphes jusqu'à leur transformation en guêpes adultes.Ainsi donc ici, aucun grenier à provisions, pas de miel, il s'agit bien d'un nid destiné à la multiplication de l'espèce.Nous avons vu que cette multiplication se fait parfois avec une extrême rapidité; bien que la faculté de pondre n'appartienne qu'à une seule femelle fécondée une seule fois avant l'hiver.Toutes les larves issues des oeufs pondus ou cours de la belle saison ne donnent naissance qu'à des femelles stériles dont les organes génitaux sont réduits.Ce sont des ouvrières dont les fonctions consistent à nourir la reine et surtout les larves, puis à défendre la colonie.Il nous semble inutile d'indiquer de quelles armes elles usent dans ce but.Qui peut se vanter de n'avoir jamais ressenti la cuisante douleur que provoquent leurs piqûres?Celles-ci sont causées par un aiguillon à double dard placé au bout de l'abdomen qui pique et instille un venin.Notons simplement, en passant, qu'une guêpe, à rencontre d'une abeille, peut piquer plusieurs fois de suite.Son aiguillon, en effet, ne reste pas dans la plaie comme le fait celui de l'abeille qui, en piquant, se sacrifie pour la communauté.Ce n'est qu'à l'automne qu'apparaissent les mâles.Ils naissent d'oeufs pondus par la reine-mère sans avoir été fécondés avant leur sortie de l'oviducte comme l'ont tou« été ceux dont sont jusqu'alors issues les ouvrières.Les mâles sont un peu plus grands que ces dernières, leur forme est plus allongée et ils ne possèdent pas d'aiguillon.Peu après naissent les femelles qui sont destinées à devenir, l'année suivante, les fondatrices des futures colonies.Elles proviennent d'oeufs pondus dans les cellules des rayons inférieurs, cellules qui ont été fabriquées plus larges à leur intention.Leurs larves, nourries plus richement que celles destinées à donner des ouvrières prennent, par suite plus de développement et se transforment finalement en un insecte parfait de taille plus grande, analogue à celle de la reine-mère primitive.Ces futures fondatrices de colonies s'envolent du guêpier à l'automne accompagnées des mâles.Tel est, en général et en raccourci, le mode d'existence des guêpes sociales.Des variantes lui sont évidemment, apportées par les différentes espèces.De celles-ci on compte neuf en France appartenant à deux genres différents: le genre Vespa et le genre Polistes.Les individus appartenant à l'un ou à l'autre de ces genres se distinguent à la taille ou plutôt à l'abdomen.Tous ont, évidemment, des tailles de guêpe, ce qui, soit dit en passant, ne représente plus, comme autrefois, une des caractéristiques de la beauté féminine.Mais tandis que les guêpes du genre Vespa ont l'abdomen nettement tronqué à la suite du thorax, celles du genre Polistes ont l'abdomen fusiforme antérieurement.Ce genre polistes ne comprend, d'ailleurs, qu'une seule espèce, la poliste française très commune au Canada.Ses colonies sont peu populeuses et certainement nombreux sont nos lecteurs qui connaissent son petit nid en forme de disque ne possédant que quelques logettes sans enveloppe protectrice.Le genre Vespa est beaucoup mieux représenté.C'est à lui qu'appartiennent la plupart des guêpes que nous voyons autour de nous, à commencer par le frelon (vespa crabo), la plus grosse de toutes.Sa taille, le bruit de son vol ne permettent pas de confusion avec les autres espèces.Il est, d'ailleurs, bien connu de tous.Son nid se trouve bâti ordinairement dans un vieux tronc d'arbre, dans les maisons, ou bien encore en terre.La plus répandue de toutes les guêpes est la guêpe germanique, dont l'abdomen jaune possède une ligne médiane noire interrompue à la base de chaque anneau qui porte deux points noirs disposés symétriquement par rapport à cette ligne.Son nid se trouve le plus souvent sous terre, bien qu'il soit parfois installé dans les maisons.Comme elle, la guêpe vulgaire possède des colonies fort peuplées et à guêpier souterrain.Les anneaux de son abdomen ne sont pas ornés de points noirs comme ceux de la guêpe germanique.Une quatrième espèce se rencontre encore dans toute la France: la guêpe rousse, ainsi nommée parce que la base de son abdomen possède une teinte rousse.Pour être complet, nous citerons encore la guêpe orientale qui vit surtout dans la région méditerranéenne, la guêpe moyenne et la guêpe saxonne qui se rencontrent surtout dans le Nord et la guêpe sylvestre assez rare dans le Nord et le Midi, mais répandue dans le Centre.Au point de vue agricole, qui nous intéresse spécialement ici, les guêpes commettent d'assez nombreux méfaits.Tout d'abord, comme nous l'avons vu, ces insectes prélèvent des fibres de bois pour construire leur nid.Si, en général, ces fibres proviennent de bois mort, souvent cependant — et s'est le cas pour le frelon — l'écorce et le liber d'arbustes vivants sont arrachés dans ce but, ce qui, naturellement, les détériore considérablement.Mais c'est principalement en prélevant leur nourriture, ou celle de leurs larves, que les guêpes se montrent nuisibles.Cette nourriture se compose d'insectes, chenilles, etc.et de matières sucrées.En détruisant ainsi d'autres insectes, les guêpes jouent un rôle spécial et il est difficile de discerner exactement s'il est néfaste ou bienfaisant.L'on peut dire cependant que si, grâce à elles, des animaux nuisibles sont détruits, il en est de même de beaucoup d'autres qui sont pour l'homme indifférents ou même utiles.Si les frelons, par exemple, capturent les mouches domestiques, les abeilles constituent leurs proies favorites: un guêpier de frelons situé dans le voisinage d'un rucher cause donc de gros ennuis.Les guêpes, comme on le sait, sont friandes de matières sucrées.Qui ne les a pas vues entrer dans les maisons pour piller un pot de confiture ou voleter autour des gateaux, au dessert?Les fruits sont donc pour elles des aliments de choix, dès que leur maturité commence.En fait, c'est vis-à-vis d'eux que se manifeste surtout leur rôle malfaisant.Prunes, pommes, poires, raisins, etc.ont rapidement la peau percée par leurs mandibules puissantes.La pulpe de ces fruits, plus ou moins mangée, reste alors exposée à tous les microbes de l'air.Elle pourrit rapidement, contaminant parfois des fruits voisins.Ces dégâts dans les vergers, dégâts qui peuvent devenir importants, ne sont guère commis que par les individus appartenant à trois espèces: la guêpe germanique, la guêpe vulgaire et le frelon.Les guêpes rousses, saxonnes et sylvestres attaquent rarement les fruits et se contentent de lécher le n;c-tar des fleurs.Quant à la guêpe moyenne et à la polyste, leurs déprédations sont de faible importance.Comment se défendre contre les guêpes?On peut se borner à les éloigner, à mettre les fruits hors de leur atteinte.Certaines substances possèdent un pouvoir répulsif fort marqué.La tomate, notamment, les éloignerait et des pulvérisations avec des décoctions des feuilles de cette plante sur des arbres fruitiers suffiraient pour en préserver les fruits.Par contre, l'ensachage des fruits donne des résultats parfaits.Il présente d'autres avantages pour le développement du fruit et sa préservation contre d'autres parasites.Mais il est long et ne peut pas être exécuté partout.Un autre moyen consiste dans la destruction, des guêpes, moyen fort radical: le difficile est d'atteindre ces insectes ailés.Dans le voisinage des grappes on suspend, de petits flacons à demi remplis d'eau sucrée miellée ou mélangée d'un sirop de fruits, le goulot reste ouvert.Les guêpes pénètrent et la plupart se noient.Il est facile d'imaginer d'autres pièges.Tous ont le défaut de prendre en même temps que les guêpes, d'autres insectes utiles, notamment des abeilles.De plus, leur action est forcément limitée car ils ne peuvent avoir la prétention de détruire tous les membres de colonies qui peuvent atteindre et dépasser plusieurs milliers d'individus.Le remède vraiment efficace consiste en la destruction même des guêpiers.A ce propos nous ne saurions trop rappeler ce que nous avons wit au début de cet article: autant de guêpes tuées au printemps, autant de guêpiers qui ne seront pas fondés.La destruction proprement dite des nids de guêpes doit se faire avec de grandes précautions.Une fois le nid bien repéré, on ne l'approchera jamais que la nuit, alors que tous ses habitants seront rentrés et assoupis.S'il se trouve près de terre, dans un endroit accessible, où l'incendie n'est pas à craindre, le plus simple est alors de le flamber après l'avoir arrosé d'essence.S'il est accroché à une branche élevée, on pourra attacher un chiffon à une perche, l'arroser d'essence, y mettre le feu et le placer sous le nid.Pour les guêpiers souterrains, il suffit de verser, toujours le soir, 100 à 200 gr.de sulfure de carbone dans l'entrée du nid.Ce produit inflammable doit être manipulé loin de la flamme.On peut aussi faire pénétrer, à l'aide d'un enfumoir à soufflet, du gaz sulfureux produit par une mèche soufrée, après quoi on bouche soigneusement le trou d'entrée.Nous avons nous-mêmes détruit des nids souterrains en versant du pétrole dans l'entrée du nid puis en mettant le feu à un chiffon bouchant le trou et formant mèche, mais ce procédé peut être moins efficace que les deux premiers.Depuis quelque temps, on emploie avec grand succès des produits cyanures, cyanure de potassium, de sodium et de calcium qui, introduits dans l'entrée du guêpier, émettent des vapeurs d'acide cyanhydri-que immédiatement mortelles.Pour les guêpiers établis dans les bâtiments, on s'efforcera d'obstruer les ouvertures d'entrée et d'employer des gaz asphyxiants tels que le gaz sulfureux, l'acide sulphydrique ou l'ammoniaque. Mon Magazine, Août, 1929 SI LE PRESBYTERE EN FLEUR DOCTEUR—(Intervenant).Mais regarde donc ces chers enfants! Tu ne vois pas leur anxiété, leur trouble! CURE—Ah! Je sais.Je.(A part).Merci, Seigneur! DOCTEUR—En ma qualité de.CURE—.Ecoute.Ah! Je n'ai pas le coeur dur.Je sais ce que tu as dû souffrir.Que veux-tu.Ils sont Jeunes.ils peuvent recommencer.le déchirement sera moins grand aujourd'hui.JEAN-MARIE—(A Claudette qui donne de plus en plus le signe d'un grand malaise).Résiste.Sois forte! CURE—Il en coûte de faire intervenir dans une affaire de.de coeur.le témoignage de la raison, car "non sine dolore pereunt quae cum amore possessa sunt!." DOCTEUR—(Se redressant et solennel).And then, my dear friend?CURE—(Une pause).And then?CLAUDETTE — (La voix demi-éteinte).Je m'en vais.je.JEAN-MARIE—(Perdant contenance).Elle va faire de la toile! CURE—Eh! bien, dans leur propre intérêt, ce mariage ne doit pas se faire! (A part).Crac! DOCTEUR—(Irrité).C'est.c'est.(Il n'ose pas finir la phrase, et voyant Claudette vraisemblablement malade).Tiens.elle pique une crise! JEAN-MARIE—(Au docteur).Sauvez-la, docteur.CURE—-(A part).Par exemple! Je n'avais pas prévu ça! (Grand mouvement).DOCTEUR—(II est accouru auprès de Claudette, et s'adressant au curé).Vite! Il faudrait des sels, de l'eau.CURE—Ah!.Mon Dieu.Du sel!.(Fausse sortie).CLAUDETTE—(Ouvrant les yeux).Ça va mieux, docteur.un vertige.CURE—Tant mieux.Tant mieux.Seigneur.Mes enfants, venez là.Si quelqu'un entrait, quelle affaire! DOCTEUR—(Vivement impressionné).As-tu du vin, de l'alcool?CURE—Clémentine doit en avoir.Je ne sais pas.Je ne sais plus.Oh! Mon Dieu! Venez.(Claudette et Jean-Marie se lèvent et se dirigent vers la porte de droite, accompagnés du curé).Toi, docteur reste ici un moment.Surveille.(A Claudette).Ça va mieux, mon enfant?CLAUDETTE—Oui, M.le curé.CURE—(Au moment de disparaître).Je crois que j'ai de la camomille.Scène XIV DOCTEUR—(Seul).Ah! ça, c'est un peu fort! (En regardant vers la cuisine).Procédurier! Briser ces deux vies! Ah! mais Je vais intervenir.Si Monseigneur le savait! GABY—(Entrant).Papa! DOCTEUR—Toi! GABY—J'ai tout entendu.DOCTEUR—Tu as entendu?GABY—Oui.En sortant de l'église.Je me dirigeais Ici pour voir M.le curé et.Prière de femme QUAND on se rencontre et qu'on s'aime, Que peut-on échanger de mieux Que la prière, don suprême, Or pur qu'on reçoit même aux cieux?Vous me l'offrez, je le réclame: Pensez à moi dans le saint lieu; Que cette obole de votre âme M'enrichisse au trésor de Dieu.L'Orient sous son ciel de fête, Prenant les astres pour autel, Sur les minarets du Prophète Fait prier la voix d'un mortel.Le chrétien dans ses basiliques, Réveillant l'écho souterrain, Fait gémir ses graves cantiques Par la cloche aux fibres d'airain.Moi, j'emprunte une voix de femme Pour porter à Dieu mes accents; Mes soupirs, passant par ton âme Ont plus de pleurs et plus d'encens! A.de LAMARTINE (Suite de la page 7) DOCTEUR—Ce n'est pas bien d'avoir écouté! Tu ne peux pas voir l'abbé Senez, tu le comprends! GABY—II y a de quoi! J'en suis tout émue! DOCTEUR—Ne reste pas ici.Rétourne à l'église.J'irai te rejoindre! GABY—Pauvre Mlle Claudette! Je m'explique pourquoi tant de Jeunes filles de la campagne disparaissent! DOCTEUR—Hâte-toi! GABY—(En se dirigeant vers la porte du centre).Je vais prier pour eux.Pauvre petite, va! DOCTEUR—Attends-moi.Je suis là dans un instant.Scène XV CURE—(Entrant).Tu parles seul?DOCTEUR—Il y a de quoi, mon vieux! CURE—Claudette va mieux.Ce n'est rien.DOCTEUR—Ce n'est rien?Eh! bien, Je n'irai pas par quatre chemins! Je regrette de te le dire.Tu commets une iniquité! CURE—Une iniquité?(Cachant à peine son ravissement et à mi-voix).Hosanna! DOCTEUR—(Qui n'a pas compris).Tu dis?Je ne peux pas m'imaglner une pareille optique! CURE—Quoi encore?DOCTEUR—Une bétise.Je ne trouve pas d'autre mot.CURE—Une bêtise?Mais ton attitude est contradictoire, mon pauvre ami.DOCTEUR—Le plus petit traité de psychiatrie t'enseignerait.CURE—Arrête!.Psy.hein!.Pas de grand mot! DOCTEUR—(Solennel).Accablement!.Désespérance! Oui, la désespérance qui précède la chute.CURE—La chute?DOCTEUR—N'as-tu pas remarqué le silence farou- cher de Jean-Marie?CURE—Ah! lui!.Je suis bien tranquille.DOCTEUR—Tranquille?Cet oeil morne, triste! Ah! ah! CURE—Oui, J'ai remarqué cela.(A part).C'est épatant! DOCTEUR—Et Claudette! La crise!.Ah! chez les énervés des villes, qu'arriverait-U ?Tu n'y a pas pensé, Fulgence! CURE—Non.DOCTEUR—Eh! bien, moi qui suis le confident de tant de misères, de déchéances, comme tu n'en connaîtras Jamais, Je t'affirme que ce serait le recours à la violence, à la dégradation, à la morphine.CURE—Tu te montes! DOCTEUR—(Encore dramatique).Je me monte.Il y a de quoi.Il y a ton lac.un canot qui chavire.une cartouche.Tu n'as pas pensé à cela?(Un coup de fusil).TOUS LES DEUX — (Grande émotion).Hein!.Ah!.CURE—(Après un silence).As-tu entendu?DOCTEUR—Oui.et toi?CURE:—Hum!.oui.DOCTEUR—On tire chez toi?CURE—Dame, on le dirait! DOCTEUR—(Indiquant le jardin).Ça vient de là.CURE—(Simulant l'émotion).Va voir à la cuisine.Un accident! DOCTEUR—Viens avec mol.CURE—Je cours au Jardin.DOCTEUR—Bien.(Il se dirige vers la porte de la cuisine, puis au moment de disparaître).Ah! (Cri de soulagement).Ah! mes cherB enfants! Avez-vous entendu?J'ai eu peur, oui, vraiment.J'ai eu peur.• Scène XVI CURE—Ouf!.A Désiré, maintenant! (Il se dirige vers la porte du centre).GABY—(Apparaissant dans la porte).M.le curé, quelle émotion! J'étais à l'église, J'ai fait le saut!.CURE—Mademoiselle.GABY—Désiré a tiré sur une bête.CURE — Tant mieux! Elle mangeait toutes mes pousses.GABY—Ah! CURE—(Regardant la porte dans le Jardin).Où est Désiré?GABY—Il est parti.CURE—Parti?GABY—Il est parti en ceurant.CURE—En courant! Il a dû la manquer! (Gaby reste dans la porte et le curé disparaît un Instant dans le Jardin).Ah! le sacripant! Il a tué un de mes lapins.Le pendard! (Il rentre).Un de mes lapins!.Clémentine! Clémentine! DOCTEUR—(Sortant de la cuisine et se trouvant face à face avec le curé.Il semble réjoui).Tout va bien.CURE—Tout va bien! Nous verrons.(Il sort).DOCTEUR—(A Gaby).Tu es revenue.Qu'est-ce qu'il a?GABY—Vraiment papa, Je crois que nous apportons le malheur à M.le curé! Désiré a tué un de ses lapins.DOCTEUR—Un lapin! Tant mieux.Je veux dire tant pis.J'ai cru un moment.que.enfin.Je crois, ma fille, qu'il est grand temps de rentrer.Aussi Je me demande pourquoi ta mère et toi êtes venues.Tu vois ce qui arrive! (Il cherche sa canne).GABY—Oh! chéri, pourquoi me parler sur ce ton.Father, I feel quite happy, to-day! DOCTEUR—(Très nerveux).Oui.bien, filons à l'hôtel.Où est ma canne?Avala-Je une canne?GABY—Tu es bien nerveux, papa, faisons comme hier soir.tous les deux sur cette route solitaire.DOCTEUR—(Cessant de chercher).Non, Je n'en avals pas.Tu ne m'as pas vu avec une canne ?GABY—Non.Auparavant Je voudrais dire un mot à M.le curé.DOCTEUR—Ah! bien, le curé est dans un état! Demain! GABY—Vous dites toujours "demain".SI vous saviez ce qu'il fait bon de l'entendre.le voile.les missions.DOCTEUR—Perds-tu la tête?GABY—Ah— Je ne serais pas assez étourdie pour aller m'enfermer derrière la grille du cloître, pour une déception, un coup de tête! C'est entendu! DOCTEUR—Je sais ce qu'il vous faut à ta mère et à toi: un changement.Une croisière.un voyage en France.GABY—(Surprise promptement contenue).En France?.Un Jour, bien, J'y pensais comme cadeau de noces.DOCTEUR—Allons, filons, avant qu'il fasse trop noir.(Cherchant de nouveau).Où est mon chapeau, maintenant?En effet, Je suis épuisé! Impressionnable comme Je suis, cette scène, euh! * * * La pièce se termine alors que le docteur Plan-çon reproche au curé de Saint-Alme d'avoir brisé deux vies, celle de Claudette et de Jean-Marie.Il ajoute qu'il ne connait rien de l'âme et du coeur de ces deux enfants et que lui-même ne voudrait pas porter, en ce qui concerne Gabriclle.le fardeau d'une pareille action! Gabriclle, qui est aux aguets, entend tout ce que son père dit.Il consent enfin au mariage! Le curé de Saint-Alme a gagné! Il a voulu, par un pieux stratagème, éclairer l'âme de son ami le docteur Plan-çon! Tous ces événements n'ont pas été sans impressonner vivement Clémentine qui finit par céder aux instances de Désiré, le sonneur, qui se cherche une épouse "capable de garder la maison".Et notre bon curé de Saint-Alme retrouvera la paix au milieu de ses campagnards et de ses fleurs.Fleur des bois ON admire les fleurs de serre Qui, loin de leur soleil natal Comme des joyaux mis sous verre, Brillent sous un ciel de cristal.Mais souvent, parmi l'herbe verte, Fuyant les yeux, fuyant les doigts, De silence et d'ombre couverte, Une fleur vit au fond des bois.Un papillon blanc qui voltige, Un coup d'oeil au hasard jeté, Vous fait surprendre sur sa tige La fleur dans sa simplicité.Sans toucher à son pur calice u'agite un frisson de pudeur ous respirez avec délice Son âme dans sa fraîche odeur.Et tulipes au port superbe, Camélias si cher payes, Par la petite fleur sous l'herbe, En un instant sont oubliés! Théophile GAUTHIER. 38 Mon Magazine, Août 1929 JLEGAC* MST PARFAITEMENT MANIFESTE l'Ail CE SERVICE À THE DK 3 MUllttAl.V, »o.!o CUILLÈRES À THÉ LEGACY."HUIT", $5.05."SIX", $4.25 Legacy- Le JSoil^CCllI Modèk Aucun modèle d'argenterie dans l'hlstolro n'a jamais atteint le succès Instantané qu'à rencontré le LEGACY.Dans les six mois depuis son déliut, Il a brisé tous les reewrds
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