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Titre :
Mon magazine
Revue qui visait à instruire et à divertir la famille, Mon Magazine (1926-1932) avait tout pour plaire à un large public, notamment de superbes pages couvertures. [...]

Mon Magazine est une revue mensuelle montréalaise qui reprend le modèle de La Canadienne (1920-1924) ainsi qu'une partie de son équipe de rédaction. La revue vise à concurrencer les magazines américains en adaptant un contenu moderne et varié à la rigueur morale du Canada français.

On trouve dans Mon Magazine des romans-feuilletons, des poésies, une chronique culinaire, des articles de vulgarisation sur la médecine et la santé publique, sur l'histoire et sur de nombreuses pratiques populaires. La revue présente aussi des publicités de produits de consommation, des biographies et des récits de voyages.

Mon Magazine est d'abord dirigé par Joseph Léon Kemmer Laflamme puis, à partir de 1928, par Édouard Fortin. Les collaborations de Gaétane de Montreuil sur la condition féminine y sont abondantes. Henriette Tassé y écrit sur les salons français, et on y trouve une chronique de l'abbé Étienne Blanchard sur la qualité de la langue française.

En plus de textes littéraires, on peut y lire des critiques littéraires de Jules-Ernest Larivière et des reproductions d'articles de Camille Roy, de Séraphin Marion et d'Albert Tessier. La revue traite aussi fréquemment de cinéma.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 113.

SAINT-JACQUES, Denis et Lucie ROBERT (dir.), La vie littéraire au Québec - 1919-1933 : le nationaliste, l'individualiste et le marchand, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2010, vol. VI, p. 211-212.

Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de publication Mon magazine,1926-
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mon magazine, 1931-06, Collections de BAnQ.

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M - /éû Rexnse Canadienne de hi Famille et du Foyer "La grande hôtellerie du Pacifique Canadien, à Banff, dans les Rocheuses, où les excursionnistes de l'Université de Montréal s'arrêteront en juillet, en se rendant en Alaska." (Cliché du Pacifique Canadien) Et Voilà! L'Histoire cFune Bière C'EST dans la salle d'expédition que commence le dernier chapitre de *'L'Histoire d'une Bière".Les salles d'entreposage des bouteilles pleines et des boîtes en carton sont toutes deux la scène d'une incessante acti\ité, dans ia Brasserie Dow, alors que les **it d'appréciations contraires, je persiste dans mon opinion — mais dès qu'elle rede-rii ut la "bonne maman S< gur", elle est charmante."Les Orphelins de Grand Pré" est un roman pour enfants, brodé en marge de l'histoire et agrémenté de nombreuses aventures, c'est un roman pour enfants, mais comme tous ses semblables, les parents y trouveront un très agréable passe-temps.Villi h,m ¦( la conversation fut plus vive, plus brillante et p'us réglée", dit Marmontel dans ses Mémoires.Le président Henault voulut l'épouser.Une lettre qu'il lui écrivit jette de la lumière sur son charme et son amabilité: "L'excellence de vos manières ne serait pas une distinction pour une personne élevée à la Cour et ne parlant que le langage qu'elle a appris.En vous c'est un mérite réel et bien rare.Von» avez été élevée en Province, où vous n'avez rencontré personne qui put vous enseigner.Vous étiez en cela aussi parfaite le jour de votre arrivée que vous l'êtes aujourd'hui.Vous vous êtes trouvée tout de suite à l'aise dans la société la plus brillante et la plus critique que si vous y aviez passé toute votre vie: vous en avez deviné les usages avant de les connaître, ce qui implique une justesse et une fineisc de tact extraordinaires, une connaissance exquise des convenances99.Jl LIE DE LESPINASSE C'est son tact, son instinct social, et le charme de sa conversation qui ont donné à cette femme sans nom.sans beauté et sans fortune, une position si exceptionnelle, et un salon qui occupe une place si distinguée parmi les brillants centres de Paris.Elle était aristocrate par goût et démocrate par conviction.Les griefs et les humiliations de sa vie avaient ouvert son esprit aux nouvelles théories sociales et politiques qui agitaient la France.Elle aimait les discussions libres, et sa haute intelligence qui ajoutait à son talent pour éveiller les idées des autres, contribua beaucoup à faire de ce cercle cosmopolite, qu'elle présidait avec tant de distinction, une des grandes forces de son temps.Les savants, les littérateurs, recherchaient son approbation.L'influence de Mlle de Lespinasse peut être retracée dans les oeuvres des Encyclopédistes, avec qui elle s'associait.Elle fit plus que n'importe quelle autre femme pour les aider, les encourager.Elle partagea avec Mme Geoffrin et Mme de Lambert le pouvoir de créer des réputations et d'assurer l'élection de membres de l'Académie.Chastellux lui dut son admission, et sur son lit de mort elle assura celle de de La Harpe.D'Alembert définit ainsi le charme qui le subjugue et dans lequel est tout l'art de tenir un salon: "Le goût qu'on a pour vous ne tient pas seulement à vos agréments extérieurs; il tient surtout à ceux de votre esprit et de votre caractère.Ce qui vous distingue surtout dans la société, c'est l'art de dire à chacun ce qui lui convient, et cet art est bien simple chez vous; il consiste à ne jamais parler de vous aux autres, et beaucoup d'eux.C'est un moyen infaillible de plaire; mais vous plaisez généralement, quoiqu'il s'en faut de beaucoup que tout le monde vous plaise; vous savez même ne pas déplaire aux personnes qui vous sont le moins agréables".C'est le côté émotionnel de son caractère qui nous frappe le plus.Le charme personnel qui est ton-jours le principal facteur du succès social est une qualité trop subtile pour pouvoir être analysé.Le portrait le plus vif laisse toujours quelque chose d'incomplet auquel il faut suppléer par l'imagination; la fascination de l'éloquence disparait avec l'éclair du regard, la modulation de la voix et le charme des manières.Mais la passion demeure en caractères indélébiles quand elle jaillit spontanément d'un coeur d'homme ou de femme de génie dont les émotions se manifestent par l'écriture.Ce fut d'Alembert qui "présenta à Mlle de Lespinasse un des jeunes diplomates les plus brillants de la cour, le comte de Mora, fils du marquis de Fuen-tès, embassadeur d'Espagne.Les jeunes gens sont souvent attirés par la réputation plutôt que par la beauté.M.de Mora fut très flatté de passer pour l'idole d'une des femmes les plus spirituelles de Paris.C'est encore d'Alembert qui fit connaître M.de Guichet à Mlle de Lespinasse.E.lle s'en éprit fortement.C'était un jeune et brillant colonel, un homme accompli dont le génie ne semble pas avoir porté de fruits.Il fut l'auteur de travaux sur la science militaire fort appréciés de son temps.Cadet de famille, ayant sa fortune à faire, il vit tout de suite le parti qu'il pouvait tirer de son admiratrice.La première lettre de Mlle de Lespinasse à M.de Guibert est du 15 mai 1773.Toutes les lettres de Julie de Lespinasse ne sont qu'un long cri d'amour et de douleur.Quand Julie de Lespinasse reconnut enfin la bassesse du caractère de M.de Guibert, il était trop tard pour arracher cet amour de son coeur.Il fut plutôt flatté d'être préféré par une femme en vogue, qui avait des amis puissants, de l'influence à l'Académie et pouvant avancer ses intérêts de toute façon, que réellement amoureux.Le monde ignorait ce nouvel amour et la croyant désolée dé la m«rrt de M.de Mora, sympathisait avec sa peine et vantait sa fidélité.Elle joua double rôle, des sourires, de la gaîté pour ses amis et des larmes pour les heures solitaires.C'est elle qui a dit: "Aimer c'est faire un pacte avec la douleur".La tension trop forte l'ayant épuisée, plus elle avançait vers le terme fatal, plus elle était douce et résignée."Ah! mon ami, s'écriait-elle, ri le malheur rend quelquefois personnel, il rend aussi délicat; les malheureux ont pour l'ordinaire la main légère; Us craignent bien de blesser; Us sont sans cesse avertis par leur propre douleur.Je deviens parfaits à me faire peur; je crois que je suis comme le cygne; son chant de mort est le plus parfait".Elle mourut peu après.Julie de Lespinasse avec la force intellectuelle d'un homme conserva toujours le goût, la délicatesse et la tendresse d'une femme.Son charme personnel en faisait l'idole du monde dans lequel elle vivait.Son influence fut recherchée, son salon fut le rendez-vous des hommes les plus distingués de son temps. Page 12 MON MAGAZINE Juin 1931 ( '// t, ésor artistique .) Montreal LE GALERIEN Un Chef-d'Oeuvre de la Renaissance Française Mobilier dû au ciseau de François Rude 'OUVRAGE admirable de sculpture sur bois que l'on admirera dans les colonnes de cet article est le chef-d'oeuvre de François Rude, sculpteur français qui, l'ayant commencé en 1816 le termina en 1819.Ce serait d'ailleurs le seul chef-d'oeuvre de sculpture sur bois de l'immortel artiste.Ce mobilier de salle à manger appartient à la Renaissance, à ce style bien français que les artistes de ce pays devaient innover en se débarrassant des canons des écoles italiennes.Depuis toujours, semblait-il, il fallait s'exiler par-delà les Alpes, à Rome, à Milan, à Naples, à Turin pour se voir conférer le titre tant convoité d'artiste.Dès 1494, les Français de Charles VIII qui vin rent en Italie furent surpris de voir les arts si avancés.Il y avait certes, en France, des artistes de valeur, des statuaires, mais l'art italien fut une révélation.Pendant tout le XHIe siècle les Français oublient l'art de leur pays.La tradition romane n'est plus respectée, l'art gothique se perfectionne.La nature désormais inspirera l'artiste.En France, l'art était essentiellement italien, les écoles vassales de cette terre privilégiée, productrice de chef-d'oeuvre, terre que le discernement et le bon goût des papos devait immortaliser.Les artisans français, comme autant de papillons, étaient attirés vers le phare éblouissant de l'Italie heureuse, au temps des mécènes à robes blanches.Avant l'exode des artistes français vers l'Italie heureuse, l'école "primitive" ne connaissait pas la beauté des lignes, des équilibres; elle n'avait pas encore établi les lois des perspectives; elle avait à peine abordé le clair-obscur.Les couleurs étaient riches mais elle ne savait pas les harmoniser.Vint le souffle de la Renaissance par toute l'Europe: Renaissance artistique, littéraire, etc.C'est alors que les styles changèrent.Le mobilier qui s'était vu affublé d'une masse de bronze et dans lequel le bois ne servait plus que pour la charpente intérieure dut subir à son tour la transformation imposée par les nouveaux canons.L'ivoire, l'os, le bronze disparurent pour faire place à des bois rares, au grain uniforme et à couleur sombre.Ce n'était là que changement de matériel.Les lignes se modifièrent, devinrent plus rigides.Plus LA de ces meubles ventrus, plaqués d'i- Lo sculpteur François Rl'DE.l'un des plus grands maîtres de l'école française.(1784-1855).CHEMINEE._ Très élancée, aux proportions justes, elle constitue à elle seule un véritable chef-d'oeuvre.De chaque coté on voit des chaises recouvertes de cuir ancien repoussé.voire, décorés à la Watteau.L'évolution dans la forme nous montre un mobilier plus solide et infiniment joli.François Rude, après avoir buriné les bas-relief de l'Arc-de-l'Etoile à Paris, devait laisser libre-cours encore une fois à son talent pour la sculpture de l'unique mobilier de salle à manger dont on peut admirer dans ces pages trois specimen de meubles.Quel contraste avec le style Louis XIII, style aux lignes rigides, à l'air sévère, aux angles droits! Rien dans ces meubles n'invite à la détente.C'était au temps des moeurs dures, du jansénisme, de la réforme de Port-Royal.La contrainte à la mode, l'austérité d'un Pascal semblent se refléter dans le mobilier du temps.D'un bois venu du pays des Tcherkesses, de cette Circassie qui produit l'un des plus beaux noyers au monde, l'artiste devait pendant trois ans travailler à la gauge les cariatides, toutes différentes, qui soutiennent les corniches et les différentes pièces de ce monument sans égal.Il devait fouiller les chimères à longues queues qui se cramponnent à d'obliques panneaux.Les pièces s'ornent de tètes en relief.Quelques-unes sont ironiques, d'autres rieuses.Partout, le bois a reçu la visite de la main du maitre.Solidement établis, presque gigantesques ces meubles ont un air de grandeur et un cachet artistique rare.Le créateur de ce chef-d'oeuvre, François Rude, semble s'être inspiré pour l'exécution de cette pièce unique de l'esprit même de la Renaissance française.Sans" doute il a innové, mais ses innovations se rattachent de si près aux règles du canon que l'on sent que par la forme, la proportion juste (il s agit ici de meubles destinés à l'appartement vaste d'un château), le contour délicat, la dissémination appropriée des angles, lasveltesse aristocratique de la masse ouvrée, il est resté ou plutôt s'est affirmé un classique de la Renaissance du meuble français.La première impression à la vue de ce mobilier rare est presque indéfinissable.L'artiste, le critique d'art, celui qui a fouillé les collections, qui a quelque peu étudié les styles s'aperçoit qu'il est en présence d'un mystère.Non pas qu'il ne reconnaisse plus l'échantillon d'un art admirable, c'est la pureté des lignes qui l'étonné.Il ne sait pas encore qu'il a devant les yeux le pur chef-d'oeuvre de François Rude mais il sent un souffle passer, évocation fugitive et confuse qui fait vibrer délicieusement son âme. Juin 19 31 MON MAGAZINE Page 15 Ce doit être la sensation commune à la vue d'un chef-d'oeuvre.De l'époque où l'artiste l'a réalisé, le mobilier de noyer circassien a connu bien des aventures.Malgré ses pérégrinations nombreuses il a conservé toute sa splendeur.Aucune des têtes à rictus, aucune cariatide n'ont été brisées.Tout est là de l'oeuvre originale: boiserie, cheminée, armoire, buffet, chaises, jusqu'aux candélabres de fer forgé.L'artisan de ce mobilier, François Rude, naquit à Dijon, et fut l'un des plus grands maîtres de l'école française: "génie original et puissant," auteur d'un des bas-reliefs de l'Arc-de-l'Etoile, le Départ, surnommé la Marseillaise de pierre (1784-1855).Comment se fait-il que ce chef-d'oeuvre soit au Canada?Il fut apporté de France par M.Henri Beauchamp, journaliste à "La Presse" qui, servi par des connaissances artistiques indiscutables, réalisa qu'il était en présence d'une oeuvre d'art inestimable.Il fit les démarches nécessaires à son transport au pays.Depuis déjà quelques années on peut voir ce mobilier de François Rude au numéro 1783 de la rue St-Hubert (près Ontario), téléphone FAlkirk 2421.Tous ceux qu'intéresse le meuble français, surtout celui de la Renaissance, devraient se renseigner sur ce mobilier.Si nous ouvrons les pages du grand livre dans lequel les millénaires ont tracé les lignes de l'histoire du monde, nous y verrons en "a parte" la nomenclature "muette" des meubles qui ont servi l'humanité.Aussi loin que nous pouvons remonter dans cette ténébreuse nuit des temps, nous y voyons tracée dans de grossiers matériaux la couche rugueuse où le corps robustes des premiers hommes, cette meute de "bêtes verticales", reposa.Dans les cavernes obscures, au fond de ces corridors où les vents de nuits s'engouffraient en tempêtes, les troglodites dans leurs guérites de pierre entassaient des rondins difformes où leurs corps puissants, insensibles aux irrégularités du bois, trouvaient le sommeil réparateur.Toute la nuit, étendus sur les troncs noueux, bercés par je ne sais quel rêve formidable, pendant qu'au dehors, sous les astres qui épiaient comme autant de têtes réunies dans le sombre azur, les hommes-bétes reprenaient des forces.A l'aube, alors que tous les monstres de ténèbres s'évanouissaient, les hommes délaissaient leurs lits rustiques, la couche de peaux de bufles et reprenaient la chasse interrompue.Le meuble était rudimentaire.Il en fut longtemps ainsi.Les Hébreux nomades n'avaient guère plus de matériel meublier.Il fallut que les siècles avancent jusqu'à l'époque où les Egyptiens mobilisant des esclaves, inaugurèrent l'ère du meuble.Lorsque lord Carnavon mit à jour dans la Vallée des Rois, le tombeau intact de Tut-an-Ahmon, il fut agréablement surpris d'y trouver tout un rare mobilier.La vie en CABINET ou DRESSOIR.— Ce meuble est abondamment fourni de compartiments secrets.Sa beauté est surprenante.ARMOIRE A ARGENTERIE.- Ce qui parait être une jtlace est en réalité une porte vitrée qui s'ouvre sur de multiples tablettes.société nécessitait un meuble approprié aux usages du temps et ce meuble était resté le témoin, enseveli pendant des siècles, d'une civilisation qu'il avait servie.Lits bas, sortes de canapés, lamés d'or, incrustés de lapis-lazuli, taillés dans des essences rares; tabourets de même style où s'entremêlaient les emblèmes du boeuf-apis et de l'ibis sacré.Style qui semble se rapprocher quelque peu des meubles ventrus des styles Louis XIV et Louis XV.Plus tard, beaucoup plus tard, ignorant presque l'art égyptien, les peuples du nord de la Méditerranée créèrert un style.Les galères qui sillonnaient les mers, qui faisaient commerce avec tous les pays connus apportaient le matériel nécessaire à la confection de mobiliers que des artistes anonymes montaient dans les règles du style nouveau.Les cathédrales se peuplaient d'autels fournis de dentelles ajourées dans les bois les plus solides, les arabesques n'avaient pas de secrets pour le ciseau de l'artisan.Les retables avec des scènes bibliques; la boiserie des choeurs hachée de sculptures splendides; les chaires où l'ivoire et l'ébène disputaient à l'acajou et au vieux chêne la prépondérance, avaient relevé l'art du meuble.Nous sommes étonnés aujourd'hui de tant de travail.Nos meubles sont horribles, inhospitaliers, chers.et sans valeur artistique.La vie qui est un éternel renouvellement ne devait pas suspendre sa loi pour cette branche de l'activité artistique.Avec les années, les innovateurs étudièrent ce qu'il fallait aux hommes et spéculèrent sur leurs goûts.Aujourd'hui, avec les besoins de l'humanité qui grandit, qui déborde, qui brûle tout sur son passage; à cause du paupérisme "doré" dont nous souffrons tous, il a fallu adopter un style rococo et combien détestable.Le Juif qui a coupé ses papillottes et qui ne porte plus la lévite s'est ingénié dans le domaine du meuble.A Montréal, nous sommes à la merci de la meute israélite.Les descendants de Manassès vendent à la semaine un mobilier branlant à ligne mauvaise.Le jeune homme que les délices du célibat ne charment plus s'amène chez le Juif, il conviennent d'un prix énorme pour de vulgaires meubles.C'est l'apanage du peuple, de la tourbe dont je suis.Le riche qui a de la culture et .le snob dégarnissent les châteaux de France pour meubler des appartements modernes.A prix d'or ils se procurent des chef-d'oeuvres.Cependant je doute qu'ils puissent jamais se procurer un mobilier semblable à celui dont nous parlons. Pa9e 14 MON MAGAZINE Juin 19 31 Amours de vingt ans Qscar MASSE Un gros petit malentendu Je ne garantis nullement que Stendhal, Bourget ou Prévost (l'abbé et Marcel) soient de mon avis, mais j'estime qu'il y a, dans la vie de tout homme, trois périodes principales, trois étapes successives de l'amour.Peut-être pensez-vous que je devrais mettre ce mot au pluriel ; alors disons: les amours de quinze ans, d'écoliers à fillettes de couvent; les amours de vingt ans, tout feu tout flamme mais sans beaucoup de braise, et enfin les amours de vingt-cinq à trente ans — mes chiffres de sont pas arbitraires — alors que l'homme est dans la plénitude ou du moins dans l'équilibre de ses facultés amoureuses.J'ai dit étapes, ce qui fait entendre progression ou acheminement vers le but poursuivi, la façon d'être rationnelle et définitive, c'est à savoir: l'état matrimonial.En fait de psychologie, ça n'est pas bien sorcier, comme vous voyez ; aussi, je ne prétends pas avoir découvert un système ou fondé une école.Que les taquins désarment: Je n'ai jamais été un lovelace et, à mon âge, ce serait bien le comble du ridicule si je m'avisais de poser au Don Juan.Non, je n'entends pas de voix qui m'appellent et, quoiqu'il en coûte à ma vanité, je confesse que je n'ai pas le physique de l'emploi! Je rapporte tout bonnement le résultat de mon expérience personnelle — chacun en a plus ou moins en pareille matière — tout en m'éclairant de ce que j'ai également remarqué chez les autres — et qui ne se flatte de posséder de l'esprit d'observation?Ah ! mes amours de quinze ans, comme elles sont lointaines et, pourtant, comme elles s'affirment toujours dans le flou du souvenir attendri.Sans doute, est-ce la naïveté ou la candeur des jeunes ans qui persiste dans la mémoire plutôt que telle jolie frimousse.Risible, la folie, mais combien touchante, combien précieuse la sincérité, soit-elle d'une âme de quinze ans! Je me rappelle assez vaguement le minois de cette Maggie Burgess, élève des RR.SS.de la Présentation alors que j'étais potache chez les Frères Maristes, tout à côté.Mais ce dont je me souviens bien c'est la ferveur — la gaucherie aussi — de mes épanche-ments épistolaires et la hâte avec laquelle j'attendais les billets doux de Maggie.Et je n'ai pas non plus oublié que ma soeurette, pour avoir servi de postillon entre ma blonde (ou était-elle brune?) et moi, se vit enlever non seulement sa cordelière mais aussi — je lui en renouvelle publiquement mes cuisants regrets — plusieurs de ces livres de récompense qu'un auteur canadien — fi, le vilain jaloux! — a osé appeler les "niaiseries peinturlurées d'Alfred Marne & Fils, Tours"! Voyez comme on se laisse aller au fil du souvenir quand on est sur l'âge! J'ai pourtant pris la plume, ce soir, pour vous parler non pas de mes amours de quinze ans mafs plutôt des amours de vingt ans de mon ami d'enfance, Jacques Blanchard.Il m'en entretint souvent de ses amours (les amoureux sont tous les mêmes!) bien qu'elles ne diffèrent pas sensiblement des vôtres ou des miennes.Au fait, je n'ai retenu que le piteux dénouement qui y mit fin.Car Blanchard — peut-être s'appelle-t-il Desjardins ou Saint-Onge ou .autrement — n'a pas encore eu ses amours de trente ans, malgré ses quarante ans bien sonnés.Il est célibataire, ce qui ne témoigne pas nécessairement en sa faveur.Par contre, il aime la pêche à la ligne, ce qui prouve qu'il est intelligent, et il a un faible pour la littérature, ce qui indique .Mais écoutez-le plutôt me raconter son aventure alors que, adossés à deux pins, dans l'ile-aux-Vignes où nous campions, nous devisions, un soir de juillet, pipe au bec, de choses et d'autres, auprès d'un feu que nous avions allumé pour chasser les moustiques.— "Tu te rappelles Gustave Longpré?J'étais alors très lié avec lui.Vois-tu, nous avions été condisciples à Saint-Charles-Bor-romée et, sous bien des rapports, nous avions des goûts identiques: physiologie de l'amitié.Je me hâte d'ajouter que nous sommes restés en bons termes bien que les hasards de la vie nous aient séparés."Tu n'as pas connu sa soeur Gilberte.Je t'assure que pour une jeunesse aguichante, elle était un peu là.Ce que les Italiens appellent "un bel pezzo di dona" et ce que nous avons traduit assez littéralement "un beau brin de femme".Mais je te fais grâce de son portrait; je te dirai simplement que j'en étais amoureux fou, amoureux comme on l'est à vingt ans.Comme les Longpré demeuraient à Broughton et que je faisais ma clé-ricature à Sherbrooke, nous nous voyions assez rarement.En revanche, nous entretenions une correspondance suivie: une lettre n'attendait pas l'autre."A cette époque, j'étais un peu féru de belles-lettres, je m'essayais aux acrostiches et je portais, encore toute fraîche, l'empreinte livresque du bachelier.Gilberte Longpré n'était pas, elle, un bas-bleu, tant s'en faut.Tout de même et comme je suis d'avis qu'il y a du Sévigné dans toute femme, il me semble que ses lettres étaient bien sortables, à la syntaxe près.Somme toute, elle était, sous d'autres rapports, assez attrayante pour que je fisse bon marché de ses charmes épistolaires.'H>tte année-là — dire qu'il y a déjà plus de vingt ans de ça! — j'étais allé faire une excursion de pêche à Mégantic et, à mon retour, à part ma lettre accoutumée (hebdomadaire) à Gilberte, j'avais aussi écrit à son frère Gustave qui, comme moi, raffolait de la pêche.Je te permets de supposer que je lui donnais de mon voyage un compte-rendu mirifique, usant généreusement de l'hyperbole qui, inconsciemment, gagne l'imagination du pécheur le plus véridique lorsqu'il suppute le nombre, le poids et le bat des pièces capturées."Je terminais à peu près comme suit ma lettre écrite sur papier portant l'en-tête du Continental où je logeais: "Bonsoir, vieux."Il est dix heures; je monte maintenant à "ma chambre où m'attend Marguerite Gauthier qui vient de rompre avec Armand "Duval"."Je croyais avoir trouvé, dans cette phrase maniérée, un tour original pour terminer ma lettre en même temps qu'une façon pas banale de dire à Gustave que j'étais en train de lire la "Dame aux Camélias".J'étais à cent lieues de me douter que mes finess?s épistolaires pouvaient prêter à équivoque et constituer, pour certains yeux, une cynique fanfaronnade."Je reçus de Gustave une longue et bonne réponse.De Gilberte, plus rien.J'écrivis de nouveau: re-rien! Je sollicitai instamment une explication: silence! Je revins à la charge: motus! J'insistai, je fus pressant : peine perdue ! "C'est alors que vint la crise qu'ont connu bien des hommes ou plutôt des enfants de vingt ans.Le coeur, jusque là nourri de confiance et d'illusions, se brise et saigne de souffrance.L'àme désemparée gémit sa plainte amère.L'infidèle! l'inconstante! la coquette! la volage! la cruelle! tout le vocabulaire de l'amour déçu y passe."Ce fut aussi mon cas; je passai dans le creuset, je gravis le classique calvaire .— "Romanesque! lançais-je, cherchant à désarçonner mon ami que je soupçonnais vouloir, selon l'argot, me poser un lapin.— "Peut-être bien, mais j'avais \in7t ans et .j'avais lu Werther! Et, comme s'il eut compris mon intention, il continua : "Moque-toi, toi qui as filé le parfait amour, sans heurts et sans soubresauts, gouaille à ta guise, toi qui n'as pas connu cette lancinante torture infligée à un âge où l'expérience de la vie ne nous a pas encore aguerris.Pourtant, j'essayais de réagir, de m'oc-cuper, de me distraire.Ah! si seulement j'avais pu m'attribuer quelque tort, avec quel empressement je serais allé me jeter à ses pieds pour demander, mendier mon pardon.J'avais laissé discourir Jacques sans presque l'interrompre.Je me contentais, de temps en temps, de jeter, sur le feu s'amortis-sant, des poignées d'aiguilles de pin dont le sol était jonché.La flamme jaillissait, jetant sur les choses environnantes l'éclat de ces fusées de calcium dont on se sert pour photographier dans l'obscurité.Je profitais de l'illumination pour reluquer du coin de l'oeil mon compagnon et épier son âme dans ses yeux.J'étais curieux de savoir si, par pudeur, il cherchait à dissimuler son émotion sous un camouflage d'emphase ou bien si, cédant à l'entrainement littéraire, il ne brodait pas un peu le canevas.Lorsque deux amis d'enfance sont assis près d'un feu de M«'/'.dans la solitude d'une ile déserte et le silence de la nuit, l'occasion est certes propice aux confidences.Se rendait-il compte de mon manège et se payait-il le plaisir de dérouter ma perspicacité, toujours est-il que mon sphynx refusait de se livrer.J'avais tout de même l'impression que son regard s'attendrissait et que sa gorge se serrait.Il reprit: — "Des mois et des mois se passèrent sans apporter de soulagement à ma douleur.Je n'avais pas le courage de réagir; je filais un mauvais coton.Mes amis ne doutaient pas que je ne fusse en proie à quelque hypocondrie qui finit par me terrasser.(Suite 11 lu page 11) Juin 19)1 Souvenirs MON MAGAZINE Page 15 Emmanuel Desrosiers ALLER A LA QUERRE, JAMAIS! — Fall.in number one! Nous allions vers le "left-marker" qui était planté comme un piquet au bout de la rangée de tente de la 1ère compagnie du 64ème régiment.C'était aux T rois-Rivières, au curs du camp d'été de l'année 1913.Pendant une quinzaine nous devions "driller" sou» un soleil ardent, qui rougissait le sable mouvant.Nos vis-à-vis, le 85ème régiment, avec sa collection de tuniques rouges, formaient un ensemble qui nous faisait envie.Il y avait les réguliers, vieux soldats, tus anglais, qui nous enseignaient le tir et quelques autres unités aux uniformes différents.La multitudt des tîntes rondes s'étendait sur un plateau désertique, ça et là quelques baraques rompaient seules l'uniformité de la vague de to:I^ grise.— Fall-in number one! Vite nous formions le rang, la gamelle à la main.On nous servait une soupe très épaisse et très bonne, une tranche de bacon, un morceau de fromage et de la enfiture a la graine de mil.I>e grand air, les exhalaisons d?s mélèzes qui bordaient le camp, vers le no'd, et le dur travail du soldat nous ouvraient l'appétit.En pru de temps la macédoine de navets, de carottes et de boeuf dispara ssait dans le gosier d'un chacun.Le soir, le cinéma nous montrait les épisodes de la "Fille de Jephté" jusqu'au "lights out".Nous retournions à nos t?ntes, fatigues, presque harassés.— Fall-in number one! Pendant quinze jours, sous le soleil ardent ou bien sous l'orage que buvait le sable nous apprenions l'art de "tuer les autres".Chaque matin après la parade de la fanfare qui nous réveillait nous faisions nos ablutions sous le grand ciel bleu à la piscine commune et tout le lcng du jour nous devions entendre les commandements répétés des officiers sanglés dans leur fourreau de toile jaune.Quinze jours c'est vite passé.Nous revînmes dans nos foyers.Les uns retournèrent sur les quais de la métropole à la recherche de la croûte qui empêche de crever; les autres se dirigèrent vers la terre.Je fus de ceux-là.Tcus revinrent vers leurs misères ou leurs joies.Pour ma part, la hantise d'un lopin de terre avec un bout de forêt me décida à retourner vers la campagne que le soleil avait déjà brûlée.1914, Sarajevo, la guerre! Derrière les mers, au sein de ces vieux pays rongés par le chancre hideux de monarchies à autocratie presque absolue malgré les Reich, les Douma, les Downing Street, on préparait la guerre.L'ulcè- re creva avec les coups de feu de Sarajevo.Une seule voix devait se faire entendre au curs de ces quatre années de carnage, voix qui demandait la paix, celle du pape.Elle ne fut pas écoutée.L'homme blanc, de Rome, n'avait pas de canons, pas de flotte; il n'avait que son amour pour les hommes et ceux-ci n'avaient que leur haine à assouvir.Les faces patibulaires d'empereurs que la tourbe des peuples avait admirées continuaient d'inspirer un respect mêlé de crainte superstitieuse.Des mons- .Kl nous songions à Itellone qui frappait de grand* coups dans les plaines de Flandres, sur l'Yser, dans les forêts de l'Argonne; nous savions qu'elle traînait ses lourds escadrons à travers les Vosges que la mitraille hachait; qu'elle labourait les champs de la (ha m pagne d'affreux sillons.très couronnés présidaient les destinées de grandes nations qui avaient eu le malheur de réchauffer trop longtemps ces serpents dans leur sein.En Autriche, un empereur désuet, rongé d'orgueil, despote cruel, mannequin de musée, que le peuple avait conservé comme une vieillerie dont on pourrait se servir un jour, s'allia à un fou: Guillaume le boiteux oublants de mcssonges [légers.Les vitres, ces grands carrés transparents d'où je vois courir les nuages et qui sont si frais au toucher; ces grands carrés sur lesquels les doigts de mon père font retentir des tambou-rinades merveilleuses, ont été lavés et essuyés à grands coups.Les paletots des chaises et des fauteuils, ainsi que la grande chemise du canapé ont été enlevés.Que c'est beau! Que c'est beau! Je regarde partout; je suis en extase!.D'un grand placard, on a tiré des objets de porcelaine que l'on essuie avec respect.Ma mère va, vient, examine, puis me caresse chaque fois qu'elle passe auprès de moi.J'ai vu, tout à l'heure, Dorine mouiller, avec sa langue, le coin d'une serviette pour enlever une petite tache restée sur un objet.Je n'ai rien dit et pour cause, mais j'ai pensé que la vaisselle ne devait pas se nettoyer ainsi.(Au fond, je m'en moque.Mon couvert personnel est en lieu sûr, bien au chaud, caché avec soin sous la chemisette de ima mère.Je suis tranquille; je suis seule à m'en servir; personne, autre que moi, n'y a droit ! — Oh! égoïsme, voilà bien de tes coups) ! .On sonne! Qu'est ceci?Dorine s'enfuit et revient, accompagnée d'un monsieur. Juin 19 SI MON MAGAZINE Page 17 Il parle à ma mère: salutation», révérences; puis il va s'installer devant la grande armoire à musique.Il l'ouvre, mais il ne frappe pas sur la tablette comme le faisait mon père.Il la démolit, en arrache les planches qu'il pose à terre et met à nu le ventre de la machine, qui apparaît soudain: Oh! quel ventre extraordinaire! Ijuel est cet animal?Tous les ventres ont-ils de semblables ficelles?Il s'assied, il s'installe et se met à jouer un air aussi abominable que st upide.Je hurle; il s'arrête.Il recommence: je hurle plus fort.Je ne me possède plus.Et mes cris sont si épouvantables que tous' accourent : — Qu'y a-t-il?qu'y a-t-il?s'écrie mon père angoissé: — Il y a, Monsieur, répond le pauvre homme, que votre enfant ne peut supporter que j'accorde le piano! C'était un accordeur; je l'avais pris pour un sauvage! — Impossible pourtant de remettre a plus tard! répond mon père, qui cherchait déjà le moyen de me satisfaire; nous avons besoin qu'il soit accordé pour demain.Demain! Quand je vous disais qu'il se passerait, demain, quelque chose d'extraordinaire! Soyons sage, écoutons, tachons de deviner ce que cela peut être.Décision inutile, hélas! Car, ma mère, m'emporte dans ses bras et me ferme la bouche de la plus délectable façon du monde.Si bien qu'il faut me résigner; je ne saurai pas, avant l'heure, quel est le grand événement que l'on prépare avec tant de mystère.Ce mystère m'ennuie, car je suis curieuse.C'est un si joli défaut.Mais, prenons patience! Voici que, peu à peu, la nuit tombe.Les lueurs s'éteignent; tout s'endort.Après la nuit viendra le jour et, avec lui, la révélation tant désirée.Attendons! Dans la vie, je le devine, il importe de savoir attendre.• m • Dès que les premières clartés du mutin laissèrent glisser entre les rideaux un filet de lumière, je saluai, pur un soupir joyeux, son apparition.Mes parents dormaient encore.Dans toute autre circonstance, je me serais mise à geindre pour attirer leur attention, mais je voulais être ce jour-là particulièrement aimable et je ne dis rien.D'ailleurs ma mère que je n'avais pas entendue bouger, se dressa to\H à coup devant moi, souriante, accueillante, empressée.Oh! les bons baisers du matin! Baisers délicieux où se trouvent tant de nuances.On dirait que l'on revient d'un voyage lointain: parti la veille pour le pays des rêves, voici que l'on arrive, encore engourdi par le sommeil à peine achevé.Une nuit de voyage, cela fatigue; aussi, quels em-brassements; que de "Bonjour chérie"; que de tendres propos! Sous un flot de caressantes paroles, mes inquiétudes sont vite apaisées: — "Aujourd'hui, qui sera la plus belle?.("est Bébé! Qui sera la plus gracieuse, la plus adorable?Bébé! Vite, vite, faisons notre toilette; prenons notre buin! C'est aujourd'hui jour de fête!." Et, me précipitant vivement vers le sein tendu, je me rappelle subitement la surprise.» • • — C'est aujourd'hui jour de fête! Tout s'explique: le frotteur, Dorine, ses torchons, ses balais, son petit nettoyage à la salive, l'accordeur, la belle vaisselle descendue du grand placard, tout, tout; aujourd'hui, c'est jour de fête.Mes deux grand'mamans paraissent.Klles sont arrivées, la veille, pendant mon sommeil.Je trouve leurs baisers inconsistants et doucereux; mais leurs extases sont colossales et il n'y a pas, à les entendre, un seul bébé de mon âge qui soit aussi merveilleux.— On m'emporte.— On me baigne.— On me parfume.— On m'ennuie!.Une odeur étrange se répand dans la chambre; on dirait celle du papier brûlé?Peut-être Dorine commet-elle encore quelque bévue qui lui vaudra son sobriquet de Dorinelle?Pauvre Dorine ! Une heure ou deux s'écoulent encore.Pendant ce temps, mon père, qu'un rien effare dès qu'il s'agit d'autre chose que de ses chers bouquins, court, va, revient, repart, tout désorienté: Qu'allais-je chercher?Ah! oui.des cartons pour les menus.Quel vin mettons-nous?dit-il à ma mère que ce manège amuse et qui se rit de lui.— Du meilleur, mon a.ni, du meilleur.— J'y compte bien.Et du Champagne .n'est-ce pas?Du Champagne, j'y tiens.— Mais oui, mais oui, répond ma mère, occupée à certains soins de ma petite personne absolument incompatibles avec l'idée de repas.Tout est en l'air.Rien n'est terminé, quand tout à coup la sonnette retentit.— Déjà, s'écrie mon père, mais je ne suis pas prêt.C'est insupportable! Et tandis qui'l se précipite à nouveau pour courir dans tous les sens, un, deux, trois, cinq, dix visiteurs font irruption.C'est une invasion.Ces gens-là vont causer, marcher, me troubler dans ma quiétude et m'em-pècher de connaître la surprise.A moins que?Mais, c'est cela! Aujourd'hui c'est jour de fête, a dit ma mère; ces gens-là font partie du programme, voilà tout.• • • Mon attention entière, du reste, va se trouver retenue par les événements nouveaux.On apporte, pour m'en parer, ur.e coquette robe blanche, un amour de petite coiffure, une longue pelisse, où, délicieusement drapée, je vais me croire reine, ange ou fée.Avec des précautions infinies, on me couvre de tous ces beaux atours.L'introduction du chapeau soulève seule ma mauvaise humeur.On me jette ensuite sur la tète un long voile sous lequel je respire difficilement; mon nez y fait au centre un petit trou rose.Bien calée sur les bras de Dorine, qui, sanglée, pommadée, enrubannée, porte sa robe des dimanches, (une robe d'un vert épinard à faire loucher), je suis présentée individuellement à la phalange des visiteurs.L'un, digne vieillard à barbe blanche, me glisse son doigt sous le cou et me chatouille, en accompagnant d'un "Kiss, Kiss, Kiss", bizarre son geste indiscret; l'autre, c'est une dame — veut m'embrasser et réussit à toucher des lèvres le ruban de ma capote.; un troisième me prend dans ses bras et me trouve vraiment "très forte pour mon âge"; si forte même qu'il me remet aussitôt à Dorine, non sans avoir chiffonné mes dentelles.Le maladroit! (Je crois que c'est mon père qui vient d'arriver et qui a fait ce beau coup là!) Après lui et avant le reste des assistants, mes grand'mamans viennent également me donner l'accolade.L'une d'elle pleure.Pendant ce temps, mon père met ses gants.C'est tout un travail.Il glisse ses doigts le long des petits tubes de peau, dans lesquels il les introduit peu à peu.La main gauche terminée, il passe à la droite.S'il en avait trois ou quatre au lieu de deux, je crois qu'il enverrait tout promener.Mais pourquoi tant de cérémonie?.Tous ces gens qui m'entourent sont en grande tenue.Notre cousin, le commandant, inaugure un dolman neuf.Le croix pendue au ruban rouge et avec laquelle, plus tard, j'aimerai tant m'amuser, brille comme pour une revue; et grand'mère a fait onduler ses cheveux par le coiffeur!.Le coiffeur!.Voilà qui m'explique l'odeur étrange de papier brûlé que j'attribuais à la maladresse de Dori- ne: — Ah! grand'mère est coquette?J'en suis ravie! Elle me défendra plus tard contre les sévérités de ma famille.Enfin tout le monde est prêt.Portée par Dorine, je m'avance la première et traverse solennellement l'appartement.Nous arrivons à l'antichambre.La porte s'ouvre.Quelle joie! Je vais sortir: La voilà, la surprise! La voilà, la fête! Nous pénétrons sur le palier.Je pousse intérieurement un: "Oh!" d'admiration: l'escalier est devant nous! .Figurez-vous un endroit, dont le sol serait composé de beaucoup de petits parquets -p?acés les uns au-dessous des autres: l'endroit que voici descend, descend très loin.— Une voix dit: "Dorine, t?nez bien la rampe!" .Et je vois Dorine s'appuyer tout le long de la descente sur un bâton rond qui est suspendu dans les airs.Nous avançons en descendant; les petits parquets se succèdent; le bâton rond se continue indéfiniment.Et, tout au bout, après avoir ouvert une grande porte, nous pénétrons dans un espace immense, où le vent souffle et pique, où les gens vont hâtivement, où les cris éclatent, stridents et variés, où courent des voitures aveo leurs petites chambres munies de fenêtres et montées sur des roues et dans lequel j'arrive pour la première fois: LA RUE! Je ferme les yeux.Je me pelotonne dans les bras solides qui me soutiennent; je suis éblouie! Je verrai plus tard en détail cet endroit merveilleux; pour le moment, j'ai un peu peur; je suis émue et me laisse emporter inconsciemment vers des pays inconnus.Pendant ce temps, parents et amis sont descendus à leur tour.Ils se tiennent près de moi.Ils m'accoTTipa-gnent.Ils ne craignent pas, eux, d'aller dans le brouhaha et de heurter en passant les gens qui courent.Ce sont de grandes personnes! _Je comprends, à cette heure, I'etenuue qui nous sépare et je remue instinctivement mes pieds pour voir s'ils ne pourraient pas, eux aussi, me porter comme les portent les leurs; mais je m'arrête aussitôt à cette idée "qu'usa petite fille bien élevée ne peut aller pieds nus." .Eux, ils ont de grands souliers; ils peuvent marcher; ce n'est pas difficile.Quand j'en aurai, je marcherai comme eux, c'est évident.Nous allons ainsi en groupe, traversant quelques rues, puis, tout à coup, nous débouchons sur une grande place.Et là, devant moi, dressant jusqu'aux cieux sa flèche imposante, une masse de pierres, une haute maison, dont les larges ouvertures ont des formes grandioses, apparaît à mes yeux: c'est l'Eglise.Nous nous dirigeons vers un portail percé au centre de l'édifice.Nous traversons les grilles qui l'entourent et, suivie de mon cortège, je pénètre à l'intérieur.Une nef immense; de l'ombre, des clartés sombres, de l'ombre encore.Dans le fond, étincelant, frappe par un rayon de soleil descendu de la voûte, un décor fantastique apparaît.Puis, au milieu du scintillement des ors et des pierreries, droite, haute, dominatrice, surgit une immense croix dont les bras étendus semblent prêts à s'envoler au ciel.Où suis-je?Quel est ce monde nouveau?Pourquoi cette immensité?Les hommes se découvrent ; les femmes se signent: c'est ici la demeure de Dieu.• * * Et voilà les deux infinis mis en présence, l'infiniment grand et l'infini-ment petit; Dieu et l'enfant.Mon innocence me permet de tout affronter sans fërreur.L'harmonie qui est en moi me défend l'excessif.Je songe.Mes compagnons sont attentifs: les femmes, à genoux invoquent le Maître en ma faveur; les hommes contemplent respectueusement les sculptures et les décorations du lieu saint; chacun s'emploie à sa manière.Seule, au milieu d'eux, je me demande simplement pourquoi je suis ici?Je sais que mes chers parents n'ont à l'égarti de leur enfant que des intentions généreuses ef j'ai la certitude que c'est le coeur plein d'une pieuse et totale allégresse qu'ils m'ont amenée dans ces lieux.Cependant, puisqu'ils attendront bien que mon instruction soit suffisante pour que j'entreprenne plus tard l'étude des chefs-d'oeuvres de la pensée humaine, je m'étonne qu'ils n'attendent pas aujourd'hui que mon évolution spirituelle soit au moins aussi accomplie, sinon même plus élevée, pour me permettre d'aborder le grand problème de la divinité?En m'écoutant parler ainsi, n'allez pas croire que j'obéisse à quelque vain esprit de révolte, pas même au méprisable plaisir de la contradiction; j'ex-prixe seulement mon noble désir d'at-t?indre, dans une mesure raisonnable et sage, la voie la plus sûre vers la pe;fection et la vérité.Pour le moment, j'éprouve une répuis.on instinctive pour tout ce qui est mystère; l'étonnement est au-dessus de moi.Tous les concepts d'invisible, d'infini ou de finalité sont choses dont je me préoccupe fort peu (1): J'aime ce qui m'est bienfaisant, ce que je fris, ce que je touche.Tout le reste m'échappe et j'ignore l'âpre «.pouvante des responsabilités.• • • Mais un mouvement se produit.Du fond de l'édifice se d'tache un groupe de trois personnages, qui progresse vers nous avec une lenteur imposante.Dorine, assise depuis notre arrivée, se dresse, me soulevant dans ses bras vigoureux.Le groupe avance.Les femmes en prières se relèvent avec grâce.Les hommes cessent de contempler les vitraux où se joue le sjleil.Chacun tousse, d'une petite toux disciète, pour se donner une contenance.Dorine.en un dernier effort, empoigne mon petit corps empaqueté et me présente aux arrivants.Un prêtre revêtu d'un blanc surplis, murmure quelques paroles en étendant sa main vers moi.Il fait un signal, et nous le suivons tous.Un coin désert, une large vasque.Nous nous arrêtons.Deux garçonnets, en robe rouge et blanche, à la joue fraîche et à l'oeil espiègle, portent chacun un cierge qui flamboie.Le prêtre ouvTe un livre et se met à lire.Que dit-il?Le bon vieillard qui me caressait tout à l'heure lui répond, d'un ton caverneux, des mots dont la portée m'échappe.Grand'maman, que l'on interroge, dit.d'une voix blanche, des paroles graves.Et.voici que les cierges et le prêtre s'approchent de moi.Dorine soulève mon voile.La lueur des cierges fait clignoter mes yeux.La main étendue sur ma tète, l'officiant me fixe d'un oeil bienveillant et sa bouche esquisse un sourire p'ein d'indulgence et de bonté.Puis, saisissant sur une tablette dorée quelques grains d'une substance blanche, il me les dépose sur la langue.Une amertume inconnue me surprend et m'irrite.Un cri s'échappe de ma gorge.A l'aide d'un récipient consacré, quelques gouttes d'eau tiède sont répandues sur mon front.J'élève instinctivement les bras, mais ma défense se résume en un éternuement.Je sens les larmes monter vers mes yeux, qui les ignoraient encore et je me mets à pleurer (2).(1) Bernard Perez.— LfM trois premières années de rEniant (Paris.Félix Alcan, 1902).p.145.(2) L'époque où les enfants versent leurs premières larmes varie étonnamment avec chacun d'eux.Darwin en a observé qui pleuraient dès la fin de la 3e semaine, d'autres à la 6e, d'autres plus tard: on en a vu pleurer dès la 3e semaine.(Voir W.Preyer.L'âme de l'Enfant, p.255).(Suite à la page 30) Page IS MON MAGAZINE Juin 1951 I il LE COURRIER DE FRANCELINE ESPOIR.— Votre petit mot fut le bienvenu, je me demandais justement ce que vous deveniez; je suis si habitué* à vous lire régulièrement depuis au-delà de trois ans que si vous n'étiez pas venue, j'en aurais éprouvé de la déception, je vous l'avoue.Je crains bien que vous ayez outrepassé votre réserve d'énergie et vous allez en souffrir maintenant; si vous pouviez donc comprendre que la santé est un des principaux facteurs qui vous permettent de décrocher ce "bonheur-là", comnve vous veilleriez jalousement sur vos pauvres forces.S:yez raisonnable, je vous le répète, soignez-vous et gardez votre àme sereine et confiante.Rien à l'horizon?L'on va pourtant vous arriver en surprise quelque bon jour.Un petit peu de diplomatie et de patience vous serviraient, je crois, auprès de Monsieur le bonheur.A bon entendeur, salut! B njour et meilleur souvenir.JEANNINE.— J'ai vite reconnu la ^petite amie mienne et.son étoile.Contente de vous lire mais bien peinée d'apprendre votre récente et pénible épreuve.Comme je regrette aussi la perte du bon ami qui veillait si bien sur vous! Heureusement que vous êtes un peu mieux mais.je suis inquiète quand même.Savez-vous, ma petite Jeannine, je vous admire et bien souvent, j'ai puisé de la vaillance à vous regarder souffrir avec tant de générosité sans jamais cesser d'être joyeuse et optimiste quand pourtant plus d'une fois, l'an-goicse devait vous tenailler le coeur.Cù donc prenez-vous cette force surhumaine de porter allègrement et depuis des années une existence qui ressemble à la mort et de remplir vos heures de travail exténuant avec une si frêle santé?Et votre rire qui fuse et s'égrène à toute heure, à quelle source l'alimentez-vous donc?Je voudrais connaître le secret de votre vaillance, je le dirais à certaines âmes inquiètes et tourmentées qui viennent à mon courrier, qui n'ont pas la centième part de vos tristesses et à qui la centième part de votre énergie vaudrait une résurrection.Le genre choisi en premier lieu pour le travail en question fera mon bonheur, je vous l'assure.Je suis confuse d'accepter et si je le fais, c'est à une condition: celle de ne pas vi:us fatiguer.Merci du souvenir de la soeurette, mes bonnes pensées pour tous et meilleures tendresses pour vous.AME D'AUTOMNE.— Il y a longtemps, longtemps que je n'avais eu votre visite; toutes ces bonnes choses qui depuis se sont succédées dans votre vie me réjouissent.Vous me posez là, une question bien délicate à traiter à fonds dans un simple courrier mais je vous dirai brièvement mon opinion personnelle.C'est à la maman qu'incombe le devoir d'instruire ses enfants et avant que les voisins l'aient fait eux-mêmes plus ou moins honnêtement et plus icu moins véridiquement.Avez-vous lu "Quoi dire?Comment dire et quoi faire?" par le Dr L.-P.Mercier, un des collaborateurs de notre revue?Sinon, je vous le conseille fortement, vous trouverez dans cette brochure les mots appropriés pour traiter de ces choses délicates aux plus jeunes.Je n'armrouve pas cette méthode de fausser le jugement des tout petits en leur racontant mille légendes.S'ils ouvrent tant soit peu les yeux et les oreilles, ils ont tôt fait de réaliser qu'on les a trompés et ils cherchent plus avidement à savoir.Les mantins devraient, ce me semble, aux premières interrogations de leurs petits, les amener discrètement à la lumière au lieu de leur burrer le crâne de sottises.Pourquoi les parents auraient-ils honte de participer au grand oeuvre de la création et de s'avouer les auteurs de ceux qui sont nés de leur sang?Et puis, souvenez-vous.Ame d'Automne, que depuis longtemps, l'ignorance n'est plus l'innocence et la jeunesse qui se conserve le mieux est celle qui fut le plus avertie.Ne craignez pas non plus de prémunir vies filles contre les dangers qui les guettent et de leur ouvrir les yeux.Combien en est-il de bonnes petites âmes qui ont sombré parce qu'elles ont été jetées les yeux bandés dans le flot corrompu! Préparez-les vous-mêmes à la vie conjugale qui les attend, si les mamans savaient tout ce qu'elles peuvent éviter de désastres en éclairant elles-mêmes la voie de l'inconnu mystérieux.Voilà, mon amie, un peu en résumé la rép:nse à toutes vos interrogations.Vous ne m'avez nullement ennuyée, la preuve, c'est que je vous prie sincèrement de revenir.A bientôt alors?INQUIETE.— Il n'y a pas deux routes à suivre, ma pauvre amie.Retirez-vous, si douloureux que ce vous soit afin de ne pas entraver "sa" marche vers le devoir en alourdissant son coeur de votre amour et son bras de votre faiblesse.Il montera plus haut seul.Et soyez brave afin de l'aider! Si en se retournant, il vous voyait écrasée sur le chemin il voudrait redescendre peut-être et la lutte recommencerait.Lisez "Comment j'ai tué mon enfant" de Pierre l'Ermite, vous y rencontrerez des étapes tellement pareilles aux vôtres, et si saisissantes dans leurs désastreux effets, qu'elles v:us donneront des directives plus efficaces que je ne le pourrais moi-même dans ce courrier.Je vous plains, je vous comprends, mais je ne puis vous encourager à lutter contre Dieu, vous serez certainement la perdante, vous ne le savez que trop.Reprenez-vous, l'avenir qui est tout ouvert devant vous aura sans doute des compensations, de celles qui sont accordées aux âmes qui n'ont pas craint de se meurtrir pour ne pas déchoir.Bon courage, ma nouvelle amie, et s'il peut vous être réconfortant de venir à nous parfois, ne craignez pas de nous importuner, mon àme se fera douce et accueillante pour vous recevoir.LIERRE BRISE.— Pour vous, je remercie Oeillet de Poète de sa sympathie à l'occasion de la mort de votre chère soeur.Votre longue lettre m'a été bonne et "son" souvenir consolant.Merci d'avoir pensé à moi si délicatement.Je partage votre peine et je voudrais savoir les mots qui l'effaceraient mais, le temps seul pourra calmer une aussi profonde douleur.Je suis chagrine de vos appréhensions mais l'autre ne s'est pas sacrifiée en vain et je crois au miracle de l'échange.Il y a des périodes diverses, il faut longtemps lutter mais qu'elle ne désespère pas, la jeune maman ne fut-elle pas guérie et rendue à ses chers petits?Vous pouvez passer au bureau pourvu que vous ayez appelé d'avance, afin que je puisse fixer l'heure où je serai libre et je ferai tout en mon possible pour vous aider.En attendant, je v:us assure de ma vive sympathie et df mon affectueuse compréhension.JUNON.— Votre nouvelle a été soumise au jury pour nos prochains concours littéraires et elle porte assez de bons points pur vous permettre d'ambitionner un des lauréats.Je suis contente pour vous et vous félicite.Je préfère Junon aux autres pseudos mentionnés et si vous voulez, nous vous appellerons ainsi dorénavant.J'ai regretté devoir c:uper court aux explications la dernière fois mais vous avez compris, je sais.Bonne chance et.à quand donc l'hymen annoncé dans votre lettre précédente?* * * MYRIAM.— Votre missive couleur d'espoir m'est venue en son temps raconter toutes les joliesses que v us lui aviez confiées pour moi.Si vous avez réellement un peu de bonheur chez nous, je suis la première à en être contente et je veux vous garder longtemps afin de vous mieux gâter.Pourquoi n'essayez-vous pas d'écrire la nouvelle de longue haleine afin de prendre part à nos concours littéraires, puisque l'insniration vous bat les tempes ainsi?Et, il y a des prix.Essayez, l'on demande du neuf, du vivant, du naturel, du personnel et il me semble que vous avez tout cela en banque.Je vous congratule pour votre largeur d'esprit à accepter nos suggestions, c'est en vous cultivant, polissant et repolissant votre style que vous atteindrez votre belle ambition.Je serai toujours disposée à vous recevoir et à vous encourager.Vous souhaitant les joies du coeur, celles-là que vous appelez tout bas, je vous bonjoure affectueusement.MIREILLE.— Vous m'avez égayée par votre l.ngue lettre si pétillante et si gaie.Comme vous choisissez toujours des problèmes à part, vous! Vous vous plaisez tout bonnement à me faire parler, je crois bien.La femme doit-elle donner à déjeuner à son mari?Voilà certes une question qui peut avoir trente-six réponses; tout dépend, ma chère vous, des circonstances où sont placés les sujet-; et peut-être aussi de la générosité de chacun ou chacune.mais l'on ne peut poser de principes pour cela.Habituellement, oui, la femme est là pour le déjeuner du mari, mais il peut y avoir des circonstances où ce peut être non, et avec raison.Si la femme n'a pas de bonne, — et c'est évidemment de celle-là dont vous parlez, — si elle est malade, ou bien si elle a passé la nuit debout auprès des bébés, et si au matin, elle repose un peu, le mari débrouillard qui est capable de faire une tasse de café et de griller quelques rôties, puisque c'est le déjeuner classique maintenant, pourrait n'est-ce pas, se tirer d'affaire seul.Mais je sais que fatiguées ou non, malades ou non, la plupart des femmes se lèvent pour servir leur seigneur et maître au déjeuner et lui dire bonjour avant son départ pour le travail.C'est peut-être un des mille petits moyens à leur usage pour garder au foyer les maris qui, parait - il sont volages.Permettez-moi de ne pas répondre à votre autre question, elle est par trop personnelle et je n'aime pas à me mettre en vedette ainsi.N'en soyez pas blessée, si vous voulez bien y penser un peu vous verrez que j'ai raison.Sans rancune et au plaisir?* * * VIOLETTE.— Si votre prodigue compréhension approuve et admet tout "cela", je sais que dans le tréfonds du coeur déferle votre légitime souffrance, et si dans un sursaut de fière générosité, vous la voilez à tous, elle n'en existe pas moins.Mais, chère Violette, n'abdiquez pas.restez énergique pour ne pas ployer sous le fardeau, et malgré tout, tout, espérez, ayez confiance! Par delà l'infini, "ils" vous soutiendront, n'en doutez pas, et leur protection vous vaudra des heures de joie que vous ne p uvez pas entrevoir maintenant.Vous renaîtrez et vous ne direz plus alors: "Je vis seulement parce que je vois vivre les autres" car la vie sera redevenue meilleure et les grandes douleurs auront eu leur apaisement.Mon amitié toujours fidèlement vôtre.MANETTE.— Je suis Franceline et non pas Francine.A la "Revue Populaire", la chroniqueuse d?la page des /.odes s'appelle Francine, et à la "Quinzaine Musicale", le courrier artistique est sous la direct» n de Mme Albertine Morin-Labrecque qui llgM Francine aussi.Vous avez fait erreur en croyant que Franceline et Francine étaient la même personnalité.Je dois rendre à César ce qui est dù à César et je tiens à mettre les choses au point ici même au cas où d'autres penseraient comme vous."Mon Magazine" est la seule revue où j'écrive régulièrement sous le pseudo de Franceline, al rs il n'y a pas d'erreurs possible, d'autant plus que chez les plumes féminines attachées au journalisme dans le moment, il n'y a pas d'autre Franceline.Mais si je ne suis pas les trois à moi toute seule, ne soyez pas trop déçue et venez quand même nous rendre visite.je souhaite bien que vous vous y plaisiez assez pour y revenir souvent.Cordialement, je vous invite donc.D.TRESSE.— Bonjour! Bonjour! Je commençais à croire que vous nous oubliiez, heureusement que vous revoilà! Dans le cas soumis, il y a eu imprudence et imprévoyance.Jusque dans une certaine mesure, on aurait pu éviter ce désastre.Il y a presque ti ujours dans la vie des symptômes qui indiquent le danger prochain dans ce domaine.L'orage n'éclate pas subitement quand le ciel est pur; les nuages s'amoncellent assez tôt pour nous le faire pressentir.Autour de nous, c'est un peu ainsi, rien ne s'accomplit sans certains avertissements.Comme le marin qui de la dunette sonde du regard l'immensité de l'océan, il faut scruter la vie pareillement perfide.Rien n'est stable ici-bas et il est périlleux de s'endormir avec trop de confiance mais, 1' n agit souvent comme les enfants qui vivent sans soucis du lendemain et dès qu'une période de calme se prolonge un peu, on ne parait plus se douter nue le malheur est toujours à l'affût.Surtout d^ns notre ère de dépression, (Siiitt à Iti page 2fJ) urn 19}} MON MAGAZINE Page AUX MARIÉES DE L'ÉTÉ Il n'y a pas de trousseaux de mariées, si simple soit-il qui ne doive contenir une ou plusieurs parures de lit.On nous demande souvent ce qui est le plus en vogue, la dentelle, le feston ou le brin tiré.La dentelle prédomine mais nous faisons encore de tout.Le mieux serait d'en posséder des trois manières.Voici un groupe de modèles variés, qui aidera sans doute nos lectrices à fixer leur choix.Le No 9376 présente un feston d'une élégante originalité auquel on devra s'efforcer île garder la forme exacte.Les volutes au richelieu sont au point de feston, les marguerites pleines, les feuilles à jour, les tiges au point de cordonnet.L'initiale est au cordonnet et au plumetis, bourré avec soin.Prière d'indiquer exactement la lettre désirée.On peut facilement supprimer l'initiale sans détruire l'harmonie du dessin.Le No 9351 est d'un genre nouveau et moderne.Les grandes rosaces entièrement contournées au point de feston sont sur fond à jour.Les petits motifs au riche-lieu sont formés de brides croisées et les bords au point de boutonnière.Cette broderie quoique découpée sera très solide.Chacun: drap patron à tracer 25c, perforé 50c, au fer chaud 50c.Etampé sur coton fini toile faux-drap de 1 x 21* vgs $1.25 ou $2.10; drap complet 2 x 2 S vgs $2.50 ou $3.75.suivant la qualité.Coton M.F.A.pour la broderie, 45c.Oreiller patron à tracer 20c, perforé 35c, au fer chaud 25c la paire.Etampé sur coton fini toile circulaire Wabasso, suivant la qualité $1.10 ou $1.75.Coton M.F.A.pour la broderie 24c.Le No 9375 très simple n'en est pas moins effectif avec son feston joliment découpé, ses fleurs peu banales avec l'intérieur pleins et les pétales à jour comme les petites feuilles.Les grandes feuilles sont contournées au point de cordonnet et remplies au point sablé ou en noeuds français ce qui est moins lourd que le plumetis.Drap patron à tracer.2.">c, perforé 50c.au fer chaud 50c.Etampé faux-drap de 1 x 2^ vgs $1.25 ou $2.10 suivant la qualité.Drap complet 2x2', vgs $2.50 ou $3.75.Coton M.F.A.pour la broderie 45c.Oreiller patron à tracer 15c, perforé 30c, au fer chaud 20c la paire.Etampés sur coton fini toile circulaire, suivant la qualité 98c ou $1.50.Coton M.F.A 24c.Le No 9377 est un dessin délicat mêlant gracieusement l'anglaise à jour et le richelieu au cordonnet ou au cordonnet ou au point de boutonnière suivant le goût.Drap patron à tracer 20c, perforé 50c, au fer chaud 35c, Etampé sur coton fini toile faux-drap de 1 x 2lA vgs $1.25 ou $1.90 suivant la qualité.Sur pure toile $2.60.Oreillers patron à tracer 15c, perforé 30c, au fer chaud 20c la paire.Etampé sur coton circulaire fini toile Wabasso $1.10 ou $1.50 suivant la qualité.Sur pure toile $2.25.Coton M.F.A.pour la broderie 45c.Dentelle en pur fil de toile, garantie fait à la main, superbe qualité, pour le tour 30c la verge.Il en faut 6 verges environ pour les 3 morceaux.Médaillon du centre du drap 50c.ceux des côtés 25c.ceux des oreillers 25c chacun.SPECIAL un faux-drap et 2 oreillers étampés sur le plus beau coton fini toile avec tous les médaillons et la dtntelle.seulement ._ ._.$6.25 Une réduction de 20rv sur tous les patrons, 10'.sur la marchandise etampee est accordée à toute personne qui accompagnera sa commande de la bande d'abonnement à "Mon Magazine", dans le mois qui suit la publication de ce numéro, seulement.IN AN D'ABONNEMENT POUR 25 SOUS COUPON D'ABONNEMENT Revue de Broderie et Musique.1723.Saint-Denis.Montréal.Veuille! trouver inclus 25 sous en paiement d'un abonnement } d'un an à la Revue Musique et Broderie de Raoul Vannât.i NOM ADRESSE VILLE Raoul V ennat 3770, rue St-Denis, Montréal Page 20 MON MAGAZINE Juin 10 11 -A ,e succès saison de la J C'est, sans contredit, le manteau bleu amiral.Qu'il soit confectionné de crêpe de 'aine ou de tricotine, il convient bien en maintes circonstances.Des bas beige et louliers noirs compléteront la tenue si vous ivez le soin d'obtenir une cravate "Ascot" ou un simple devant à dessins écossais.Votre chapeau noir ou de même bleu sera i l'avenant.Les manches de ce manteau lont très simples tandis que l'encolure est garnie d'un collet à créneaux ou pointes, oosé à plat et donnant l'illusion du manteau sans collet.Une ceinture marque la taille.Modèle fourni par DUPUIS FRERES Lté*.i Robe à Jâcquette Voici une mode qui semble vouloir se populariser.On comprendra facilement l'utilité d'un tel vêtement pour l'été.La coupe de la robe est simple et en bleu vhalUnye, "amiral" ou autres s'égayant, à l'encolure, d'un collet blanc terminé d'une boucle.Ceinture étroite à taille normale.La jupe est allégée de plis.Jaquette unie à manches évasées du bas et soulignées d'un biais blunc pour appareiller l'encolure.Il va sans dire que la robe est sans manches.Un petit chapeau bicorne de même nuance ou noir se portera avec succès.Modèle fourni par DUPUIS FRERES Lté* eu amiral Un nouveau bleu moins sombre que bleu murine mais plus foncé que le bleu "challenge".Il flatte le teint, est très jeune et sied également bien pour le jour, le voyage surtout et même le soir dans certains tissu*.Il est facile d'établir un heureux contraste avec une telle nuance, soit en choisissant un ton coquille d'oeuf ou beige ainsi qu'ivoire ou blanc.La simplicité s'affirme dans la ligne De la richesse dans les détails | Il en est de nos sages résolutions comme de ces duvets qui, au printemps, s'évadent des peupliers pour s'envoler au caprice des brises, sans offrir la moindre résistance.Nous nous étions imposé de réduire le nombre de nos robes, de renoncer à des apparences de luxe incompatibles avec le malaise général dont nous voyons souffrir, comme d'une épidémie, l'Europe et l'Amérique.Il a suffi que couturiers et modistes fassent défiler devant nos yeux leurs créations du printemps et de l'été pour que nos résolutions soient réduites à néant.Quel stoïcisme tiendrait à la vue de tant de jolies choses?Quelle coquetterie ne se prendrait pas à leurs attraits?* » * Il faut avouer, pour notre excuse, que les couturiers nous présentent, cette saison, des formes pratiques, rationnelles, qui captent tout de suite nos désirs parce qu'elles s'accommodent aux circonstances.Mais prenons garde à l'aimable supercherie.Ces robes si simples dissimulent toujours quelque piège.Sous cette simplicité de surface, elles s'ornementent de plissés menus, de volants lilliputiens, de piqûres, nervures, incrustations, festons, de maints agréments subtils et discrets qui exigent des petites mains particulièrement adroites et des yeux de lingère.Des découpes, d'où dé- Jurn 1931 MON MAGAZINE Page 21 — •:• anee de juin ftùrn d« plus excitant qu'un mariage et rien de plus amusant que d'aider la mariée dans le choix de ion trousseau.Et si vous devez vous occuper avec elle du choix de sa toilette de mariée ainsi que celles des demoiselles d'honneur, ce sera alors une véritable alerte de plusieurs jours.Maintenant que la robe longue semble vouloir demeurer, au moins pour quelques mois encore, la grâce d'une toilette de satin blanc, a peine garnie à l'encolure, de coupe princesse et se terminant duns le bas par de profonds godets, est ce qu'on peut trouver de plus délicieusement féminin et tout à fait de bon goût.Mousseline de Soie La maison ULl'LIS presenti un, s/i/mi^x variété de cette nouvelle mousseline, sem-blahle an chiffon de soie, mais encore plus fine.Im beauté des dessins aux teintes de pastel ne peut se décrire.Qu'il suffise de mentionner que cette mousseline de soie est importée directement de France et qu'elle fait actuellement fureur à Paris et à Londres.Deux gracieux modèles sont illustrés ici.A noter que l'effet de basque sur les hanches permet de dégager entièrement la taille pour bien marquer la coupe princesse similaire à celle de la toilette de la mariée.Corsage à petit boléro et manches courtes ou encolure à volant noué dans le dos.Grand chapeau uni de même ton que la robe et de même tissu a dessins.M.-.1.I ¦ fourni pur DUPUIS FRERES Uée.La simplicité s'affirme (Suite de la page 12) rive généralement l'ampleur de la jupe, assurent par ailleurs l'étroi-tesse du buste et des hanches.Et que de cols, que de poignets charmants, chefs-d'oeuvre de talent et de patience! Tout cela se ligue pour maintenir élevé le prix des robes; si bien que voulant avoir la joie, la fierté de les revêtir, nous nous laisserons faire demain autant qu'aujourd'hui et qu'hier.Au surplus nous devons bien cela aux couturiers qui, en pleine crise, prodiguent sans compter les trésors de leur imagination oeuvrent leurs créations avec autant d'amour qu'aux folles époques où le luxe était souverain.» » * Un détail charmant.Cols, capes, décoletés sont noués par de petits Demoiselles d'honneur Autre toilette presque ainsi importante que celle de la mariée car, autant cette dernière doit être unie et sobre, autant celle des demoiselles d'honneur doit faire contraste et donner le plus beau coup d'oeil en fait de coloris, ce qui fera ressortir davantage le blanc immacule du satin.Habituellement une seule toilette suffit pour toutes les demoiselles d'honneur, c'est-à-dire le même dessin de fleurs quoique les nuances peuvent varier.Modèle fourni par DUPUIS FRERES Mee.liens faits en même tissus et plus étroits encore qu'un ruban comète.Comme l'on voit, la mode s'attache cette saison, moins aux formes qu'à la perfection des détails dont celles-ci s'enjolivent.Des plis aussi et beaucoup, des festons et des créneaux.Des tailleurs marine à blouse d'organdi blanc, cravatée de foulard marine à pois blancs, ce dernier tissu rappelé au bas de courtes manches et en ceinture.La cravate à pois, par ailleurs, nous donne sur un modèle l'originalité d'un côté blanc à pois bleus et d'un côté bleu à pois blancs.Asymétrie dans les formes, opposition dans les couleurs, assemblage de tissu, telle est la mode dominante.Cette note se retrouve un peu partout.Les corsages moulants le buste nous ramènent aux agrafages, aux boutonnages des environs de 1880; les jupes élargies du bas, aux "balayeuses" froufroutantes de valenciennes.Tout cela, je le répète, demande, exige un ap-prentissage, une application, dont I les ouvrières avaient quelque peu J perdu l'habitude et qui contribuent pourtant autant, sinon plus que la forme d'une robe, au bon renom de la mode.* * * Il en est des toilettes du soir comme des toilettes du jour; elles se séparent en deux catégories bien distinctes.La première doit son attrait principal à la coupe de la forme qui, le plus souvent, épouse strictement la ligne du corps, du moins le buste et les hanches, pour s'évaser progressivement vers le bas en une ampleur portée devant, derrière ou de côté.Sur ces formes on fait sinuer le méandre capricieux des découpes ou se détacher la légèreté des volants.La seconde catégorie comprend des robes d'une grande simplicité de forme dont le charme, dont la richesse viennent surtout des détails, des raffinements.Mais que viennent les beaux jours où les maris feront de nouveau bé-nificier leurs compagnes des largesses d'antant nous ne craindrons pas les robes de mousselines apprêtées, ajourées de broderie à l'anglaise, pi-quùrées ou matelassées, dont chaque dessin, cerné de menus valenciennes, prend les reliefs d'une fleur; les robes de mousseline et de taffetas fleuries, sur quoi ruissellent de fines lamelles d'or ou d'argent; les robes pareilles à un feu d'artifice, tellement elles sont criblées de perles et de paillettes; les robes à franges, évoquant l'Espagne et ses danses.Des fleurs d'une fantaisie délicate: mousseline, linon, dentelle ou cristal égaient aussi les robes de bal; et fréquemment la nudité des décolletés se voile de petites capes, dentelle, mousseline ou taffetas, presque les mêmes qui, le jour, élargissent l'étroitesse des bustes, mais sont faites en même tissu que la robe.Camille DUGUET. e 22 MON MAGAZINE Juin 1931 AUX MARIÉES DE L'ÉTÉ Mesdemoiselles ne vous découragez pas, il est encore temps de vous faire cette grande nappe brodée à laquelle vous rêvez depuis si longtemps et qui devra être le morceau capital de votre trousseau.Les longues après-midi et soirées de l'été sont propices aux brodeuses, et, à plusieurs, l'émulation aide au travail.1 PATRON VENN AT 6/5?Le No Cl59 est réellement merveilleux, comparable aux morceaux importés les plus beaux et les plus dispendieux.Tout le ri-chelieu devra être au point de cordonnet roulé le dessin étant délicat.Les fleurs brides croisées, les feuilles sont à l'anglaise genre broderie italienne sont formées de à jour.Patron à tracer 30c, centre 30c, Perfoié coin et côté $1.00, centre 50c.Au fer chaud complète $1.25.Tout étampée sur coton fini toile de très belle qualité 2 x 2Vfe vgs $4.75, 2x3 vgs $5.75.Sur toile irlandaise suivant qualité 2 x 2'2 vgs $7.00 ou $8.85.2x3 vgs $8.50 ou $10.00.Sur superbe toile française qualité supérieure 2 x 2'4 vgs $11.00; 2 x 3 vgs $12.75.Les médaillons illustrés sont en Filet français de qualité supérieure.La qualité du fil, la perfection du dessin les placent bien au-dessus du filet japonais, de belle apparence, très br,n marché, mais qui est complètement usé au bout de quelques lavages.Le filet français est garanti user la toile.Les ovales des coins ainsi que ceux des côtés se vendent $1.00 chacun.Les carrées des grands côtés et les triangles du centre, 35c chaque.Les rectagles du centre 30c chaque.La dentelle du tour, 2 pes de large 85c la verge.Nous sommes à la disposition de nos charmantes lectrices pour tout autre renseignement.Il faut pour environ $2.25 de coton M.F.A.lustré No 25 pour exécuter ce morceau.Pour les personnes qui ne peuvent entreprendre un travail aussi long, le No 6252 fait énormément d'effet, tout en étant très court et très facile à faire.Le richelieu se fera de préférence au point de boutonnière, vue le genre du dessin, ce sera plus solide.Les feuilles et oeillets à jour ou pleins au choix.Tout ce qui est à jour dans une nappe donne ordinairement le maximum d'effet.5» VS9wl In es M ùYfc «Kl # PATRON [/e/V/VAT 6X51 Patron à tracer coin et côte 35c, centre 15c.Perforé coin et côté 65c, centre 35c.Au fer chaud complète avec centre $1.00.Etampée sur beau coton fini toile 2 x VA vgs $4.75, 2x3 vgs $5.50.Sur toile irlandaise 2 x 2'u vgs $7.00 ou $8.75.2x3 vgs $8.25.ou $10.00.Coton M.F.A.pour la broderie $1.80.La dentelle du bord garanti fait à la main en pur fil de toile 2',* pes de large 30c la verge.Idi« W, DM*.I>ept.«W.\\ Ind-or.Ont.EN VENTE PARTOUT DANS LES MEILLEURES PHARMACIES HOTEL CCLUMEUX — A — MIAMI, FLORIDE Dominant le Boulevard Biscayne.cet hotel est situé au coeur de la Basse-Ville de Miami, dans le district des théâtres et des magasins.Le Columbus est tout près de la superbe Baie de Biscayne où se réunissent les baigneurs.:: A des prix très abordables, l'hôtel Columbus offre à ses hôtes une cuisine de premier choix, des chambres luxueuses et le service des meilleurs hôtels.:: :: ;; 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sans doute aussi ma mère a-t-elle saisi son violon, cet instrument merveilleux dont elle tire des sons incroyables en promenant une baguette magique sur quatre cordes tendues, car le bruit des voix s'est subitement tû et des ondes aériennes et mélodieuses emplissent et parcourent la chambre où mon berceau est installé.C'est un enchantement inexprimable.Les sons s'épa-houissent avec une grâce majestueuse.Lentement et gravement le chant s'élève, s'étale, se prolonge et s'éteint dans la nuit.L'air que je respire me semble parfumé.C'est une ivresse douce et enveloppante dont mon «ommeil est saturé et dont la sensation est sublime.Désormais, plus de larmes, plus de tristesse; mon âme rayonne de joie et je disparais entièrement dans un anéantissement plein de douceur.Petite fille des hommes, l'art des hommes a subjugué ma raison! .Et maintenant crispons les poings, dormons et en avant vers la Vie! (Suite de la page 17) Livra // PARIS "L'homme doit agir comme s'il pouvait tout et se résigner comme s'il ne pouvait rien".Joseph de MAISTRF.Où I CHAPITRE PREMIER r papillon, peu à peu tort de *t> chrysalide et subit d'utile* métamorphose».L'hiver s'achève lentement.Voici Mars! Les premiers rayons du soleil frappent la cime des arbres et le faite des maisons.Je sors tous les jours et, peu à peu, je m'accoutume au mouvement et au bruit.Cela me change: mon berceau, dans lequel je faisais de si jolies découvertes, m'est connu, archi-connu.Les dessins des rideaux, ceux de la tapisserie qui recouvre les murs et ceux du tapis jeté sur la table, n'ont plus de secrets pour moi.Si je savais compter, je pourrais dire le nombre des barreaux de ma couchette.J'ai fait, étendue sur le dos, des voyages merveilleux parmi les rosaces et les motifs en plâtre qui ornent le plafond.Je sais quels sont les petits coins où mesdames les mouches s'assemblent pour bourdonner entre elles.Je m'amuse à suivre leur vol sautillant et rapide.Quand les bois du lit ou de l'armoire grincent, j'en distingue le bruit tout spécial et je n'en ai plus peur.Les yeux, les nez et les mentons des personnes qui m'entourent sont de vieilles connaissances.Je ne tressaille plus à la vue des diamants qui brillent aux oreilles de ma mère et les sourires des bouches amies ont pour moi leur attrait enchanteur.Tout ce décor intime, je le possède pleinement et ne garde mes surprises et mes extases que pour le dehors.Je ne jouis malheureusement pas d'une très bonne santé.Toujours souffreuteuse, il faut m'entourer de mille soins; éviter pendant quelque temps les sorties et me tenir à la maison.Pour moi c'est une véritable torture.Depuis quelques jours cependant, on me trouve mieux et le médecin, venu hier, a décidé qu'il me ferait subir aujourd'hui l'opération de la vaccine: quand je vous dis qu'on ne me laissera pas tranquille! Il vient donc d'arriver, muni de tous les accessoires destinés, ceci entre nous, à frapper l'imagination de mon entourage.Sur une serviette blanche, il étale avec complaisance une série d'outils, riarmi lesquels il choisit une modeste ancette et retrousse lentement ses manches.L'instant approche.Il donne ses instructions pour que l'on me tienne et brise un petit tube, dans lequel est enfermé le liquide merveilleux qui doit sauvegarder mon humanité naissante.Je suis là, le pied tendu, pas très fière, pas très rassurée.Le praticien le saisit, le décore hâtivement des couvertures classiques et y introduit le vaccin.E,n deux minutes, tout est terminé.J'ai manifesté, par des rugissements de fauve, mon mécontentement, plutôt par méchanceté que par douleur: aussi personne n'en est-il troublé.L'ordre se rétablit peu à peu.Le bataillon des outils disparait; les manches de l'opérateur sont rabattues et, après des salutations nombreuses, le grand homme se retire, drapé dans l'importance de ses fonctions comme un sénateur romain dans sa toge.Au moment de partir, il revient sur ses pas, afi« de me revoir encore et le bon sourire qu'il m'adresse me réconcilie tout de suite avec lui.Tout va bien et me voici définitivement quelqu'un.Il ne me manque plus, pour être parfaite, que des dents, la parole, une éducation soignée et une instruction solide!.Des misères, quoi ! Toutes les consécrations m'ont été données: Bains, musique, Champagne, baptême, vaccin, rien n'y manque! Quand je pourrai courir, ce sera complet.Déjà je commence à m'asseoir.D'autre part, le mieux de mon état s'accuse de jour en jour.Je deviens intrépide et l'avenir est à moi! Les jours s'écoulent avec plus de rapidité; le soleil est plus brillant et plus chaud.Mars est passé, Avril se meurt et voici Mai.Le Printemps fait des siennes et mes progrès sont remarquables! .Je sais très bien, par exemple, tirer la langue, et ma famille applaudit à mes rires et à mes sourires, aussi intempestifs que gracieux.Je distingue dans la glace une petite personne qui me ressemble et suis étonnée de la voir si près de moi.Je dis "Beu! Beu!" pour l'appeler et faire avec elle plus ample rnnnaissance, mais elle ne répond pas.Je m'en console, en m'amusant seule dès que j'ai la chance de rester nue quelques instants: je saisis alors mon pied à deux mains et je le mordille avec joie.J'éprouve à cet exercice une félicité inouïe et quand on approche pour me prendre, je lance mes pieds en avant et chasse, d'un coup, l'indiscret.— Je sais aussi des jeux.Je fais "coucou!" — Je fais "bravo" ! .Faire coucou, c'est tout simplement délicieux! Cela consiste à voir disparaître derrière un livre, un journal, une serviette, un meuble ou un» porte, la bonne figure épanouie d'un de mes auteurs; de deviner qu'elle est là; de l'attendre, bouché bée et de la voir apparaître tout à coup, rouge et congestionnée, souriante et ravie: "Coucou! La voilà!" Et je m'épanouis de joie! Il y a de tout là-dedans: de la réflexion, de la surprise, du raisonnement, de l'étonnement heureux.Il y a de tout et, plus particulièrement il y a du nouveau.Du nouveau! Voilà le terme qui explique tous mes transports joyeux : // MM f'iut du nnuicuu,.n'en fiit-il point au >nonde! dit Opollon dans cette merveilleuse Cl limine de La Fontaine (1).— (Excusez ce bas-blcuisme; mais c'est moi qui dicte et c'est mon père qui rédige.) — — Eh bien! Je suis comme Apollon! .Du nouveau! Voilà ce qui fait le charme inappréciable de ma vie actuelle.Chaque vision, chaque mouvement est une révélation pour moi: Je regarde à droite, et c'est une statuette qui tombe sous mes yeux; je regarde à gauche, et c'est un grand vase avec ses fleurs si jolies.Je lève le nez, et le grand lustre scintille.Je le baisse, au contraire, et je vois courir sur le tapis un tas de figures étranges, figures que crée mon imagination et qui sont le résultat des combinaisons décoratives.Une fleur, posée sur un coin, ressemble au profil d'une petite vieille; ce bouquet de roses, qui s'étale au centre, figure assez bien l'idée de notre chat.Minet; et là, dans un angle, une touffe de fruillcs alt:irh< rs a leurs tiges me donne nettement l'idée du bonnet enrubanné de Dorine.Tout cela, c'est du nouveau! Chaque jour, chaque heure, chaque (1) LaFontaine: Ch/mènc, comédie en un acte, en vers, (1671). Juin 19 J1 MON MA G A Z I N E Page 31 minute, je fais des découvertes aussi importantes et mon jugement se forme progressivement.J'ignore le Bien et le Mal; mais je connais le Joli.Le Beau, c'est trop beau pour moi! Le Joli, voilà en quoi se résume mon esthétique: La queue de Minet est jolie; le tapis est joli; les fleurs sont jolies; les grimaces de mon père sont jolies.Et, ma foi, je suis jolie moi-même!.Quand toutes ces joliesses me séduisent, je frappe mes petites mains l'une contre l'autre, ainsi qu'on me l'a patiemment appris et je saute sur mes deux jambes pour manifester mon enthousiasme.Cela s'appelle "faire bravo!" Lorsque ma famille aperçoit cette petite gymnastique simiesque, elle s'écrie: "Voyez! Bébé fait bravo!" .Et c'est ainsi que j'arrive à saisir, à contempler tout ce qui m'environne et à en jouir en toute plénitude.En un mot, je m'intéresse et m'amuse infiniment.Pourquoi faut-il noter malgré tout quelques tache* sombres dans ce riant tableau?Pourquoi surtout ce débarbouillage qui m'arrache des cris forcenés?Je sais bien qu'une personne convenable doit se laver le visage.Je sais bien que la propreté est le respect de soi-même.Je sais bien que l'hygiène domestique doit chasser, suivant les théories de mon père, toutes les épidémies et tous les maux, mais cela ne diminue pas mon martyre.Quand la main de Dorine saisit l'éponge, mon sang ne fait qu'un tour.Quand elle l'approche de mon visage, j'interpose vivement mes mains; mais plie est la plus forte et je suis bientôt vaincue.Le savon mousse sur ma tète; l'eau ruisselle le long de mes oreilles et va gagner mon cou; je me tords; je me débats.Révolte inutile! Toujours esclave, je finis par céder! Quelle misère que la mienne!.Attendez un peu que je sois gTando! CHAPITRE II IhniH /./"'•/ apparaît, aux yntx étonne» d'une trèn petite fille, le npertaele immense de la Grande Ville.Mais aussi quelle joie quand ma toilette est achevée, mes vêtements endossés, ma tète couverte et que nous sortons ! On m'installe dans une petite voiture, derrière laquelle Dorine se met a marcher gravement, en me poussant.C'est comme si j'avançais moi-même.Mes yeux ne cessent de regarder.Je n'ai jamais vu les choses ainsi! Quand j'étais portée jadis dans ses bras, je ne distinguais, en levant la tète, que le bas du visage de cette bon-no fille, les deux trous de ses narines, les pans flottants de sa coiffure et, au fond, tout au fond, très loin de nous, un grand plafond bleu qui s'appelle le ciel.Maintenant, je vis enfin, je respire à mon aise et j'examine tout sans contrainte.Je contemple à nouveau — et de face, cette fois, — La Rue! — cette rue dont la première apparition avait été pour moi si extraordinaire!.Que de beautés! Que de couleurs harmonieuses, dont les détails enchanteurs avaient échappé à mon attention si brusquement surprise! A chaque pas se révèlent les spectacles les plus divers.C'est, autour de moi, les maisons, avec leurs façades immenses et les devantures des magasins où les choses les plus disparates et les plus magnifiques sont étalées.C'est, dans la même rue et de distance en distance.dP grands poteaux qui supportent des cages de verre et dont l'alignement à nerte de vue produit un effet curieux.Puis, ce sont les gens, aux allures diverses, aux contrastes éclatants, qui nous rencontrent, nous heurtent, nous dépassent, causant à voix haute, pgU tant les bras, les jambes, la tôte.Parfois, ils sont accompagnés par des êtres plus petits, marchant à quatre pattes, trottinant devant, derrière, ou à côté d'eux, que j'aime bien et qui sont des chiens.D'autres gens passent encore et s'enfuient, drôlement juchés sur deux roues, qui se suivent en courant l'une après l'autre avec une rapidité vertigineuse; tandis que d'autres, au contraire, sont installés dans ces petites chambres roulantes, que Dorine nomme des voitures et dont la vue m'avait suffoquée à ma première sortie.Ces petites chambres-là sont traînées par des êtres fantastiques, qui ont quatre jambes, qui courent sans cesse et qui s'appellent des chevaux.Tantôt ces êtres vont seuls, galopant entre deux longs bras qui les enferment; tantôt ils vont deux à deux, caracolant en cadence et se faisant des petits bonjours avec leurs têtes; tantôt enfin, — et ceci est particulièrement remarquable! — ils sont attachés, trois par trois, et traînent des maisons immenses, sur le toit desquelles des gens can:me nous sont assis (1).En voyant cela, je bats des mains et je laisse échapper un: "Guen!" d'admiration.Mais une surprise plus belle m'attend encore.Nous rencontrons une sorte de table, sur laquelle j'aperçois des petits objets blancs, dont la bizarrerie réside dans le mouvement qu'ils font quand on les touche du doigt-Ce sont des choses extraordinaires.Dorine elle-même s'arrête pour les voir et ma mère en souriant, en prend une que lui tend le marchand.Elle me la donne.Je n'ose y toucher.Dorine se penche: "Vois.Btbé, le joli petit lapin! Comme il remue la tête!" Et je considère le lapin, tandis que le rrarchand s'éloigne, poussant plus loin sa petite table, que portïnt également des roues.Ah! le joli joujou! qu'il est amusant! qu'il est original! Je l'examine.Je le tourne en tous sens.Je le porte à ma bouche.Je lé mordille.Je le presse entre mes bras.Je lui fais exrcuter les mouvements les plus audacieux.Mais ces mains inhabiles le tiennent mal: il s'en échappe tout à coup et tombe sur le sol.Je pousse un cri.Je tends la main.En tombant il s'est effrité et mis en miettes.Il n'est plus que poussière.Ma désolation est extrême, mais elle dure peu car mon attention est heureusement sollicitée de tous côtés.Nous continuons en effet d'avancer dans ce décor pittoresque et remuant où ma petite majest* fraie difficilement un passage.Tout nous arrête et tout nous distrait, jusqu'aux cris que poussent ces hommes qui, sans crainte de nous bousculer, courent en agitant de grands papiers que des messieurs sérieux leur achètent au passage.Les rues s'entrecroisent en tous sens; chacun se précipite de son côté et la foule bruyante et chatoyante des êtres et des véhicules fournit un mouvement continu, sur lequel gronde (accompagnement formidable) la note monotone et grave d'un roulement incessant qui semble sortir de profondeurs mystérieuses.Et je suis éblouie, assourdie, étourdie!.Brusquement nous nous arrêtons.Ma mère semble prendre une grave décision et, hardiment, nous traversons la rue.en faisant appel à l'obligeance d'un monsieur en uniforme qui veut bien nous accompagner et protéger mon véhicule.Nous gagnons l'autre côté et nous pénétrons bientôt dans un immense jardin.Ce jardin, c'est celui des Tuileries.Le Monsieur en uniforme, c'est un agent de police.Ce grand mouvement, ces larges rues, ce gronde-rent perpétuel, ces (Suite à la page 32) (1) Il ne faut pas oublier que ce livre a été écrit en 1903 et qu'à cette époque les autobus et les taxis n'avaient pas encore envahi Paris: Les fiacres et les omnibus, avec ou sans impériales, étaient seuls en usage.Riche en saveur naturelle 'Frais des Plantations* F.121 Une feuille fraîche, absolument pure Vert on noir — à partir de 60c lb.HOTEL PLAZA LA HAVANE.Cl BA Etes-vous entièrement satis fait avec la lame de sûreté dont vous vous servez?—Pas exactement! 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Page 32 MON MAGAZINE Juin 19 il A l'heure où les citadins fortunés s'en vont promener leur loisirs dans la Floride embaumée, ou sur la riante Côte d'azur, je me paie le luxe d'un voyage magnifique au pays du soleil De ce pas, je file vers la mission Ste-Croix situte sur les bords du Yukon, fleuve millionnaire qui roule avec insouciance ses pépites d'or; et si large que, bien rarement, l'on peut apercevoir les deux rives à la fois.Songez que, à son embouchure, il mesure encore près d'une lieue de largeur.Oh! n'allez pas croire que je veuille, encore une fois, tenter fortune.Non, non, je me promène en compagnie de la plus charmante créature, de Mère Marie-Joseph Calasanz, religieuse de Sainte-Anne.Vous ne la connaissez pas?Mais, c'est une des fondatrices de cette mission.Pendant dix-sept années, elle continua l'oeuvre de sen compatriote, Mgr Seighers belge d'origine, inspirateur de l'évan-gélisation régulière de cet Extrême-Nord, martyr, dont le sang a merveilleusement fécondé le champ de sor apostolat.Flamande d'origine, Mère Calasanz est "naturalisée" canadienne par quarante-sept années de vie religieuse chez les Soeurs de Saints-Anne I ¦¦' bon Dieu sans doute s'apprête à la naturaliser "grande sainte" en son paradis.En attendant de l'invoquer dan?nos litanies, écoutons-la causer: "Se souvenir, dit-elle, c'est revivre un cher passé.En racontant les choses vécues durant mon séjo'ir en c>tte contrée boréale, je retrouve la fraîcheur de mon printemps disparu et la consolante pensée d'apporter une contribution à l'histoire de l'apost:lat missionnaire".Tout ce que la vaillante soeur raconte dénote un regard observateur et un esprit cultivé.Voyez plutôt sa description: "D'un côté, la mer, ordinairement calme et paisible.Le soleil toujours très bas à l'horizon, y verse ses plus belles couleurs.De l'autre côté, des montagnes d'une grande altitude, survolées par des aigles puissants.Et ,dans ce cadre, une vallée où croissent des arbustes vert-nombre.Une infinité de ruisseaux arrosent ces terres.Enfin, pour rappeler le néant des choses terrestres, un petit cimetière rustre complète la scène.C'est là que repose Mgr Seighers, scus une rude croix de bois.Les Missions Voix d Mère Calasanz parle des Esquimaux, de leur caractère, de leurs moeurs, de leurs dégradantes misères; de leurs danses aussi et des gestes d'imitation des petits enfants, ficelés sur le dos de leurs mères.Comme chez tous les peuples, l'amour de la danse est donc inné chez ces sauvages des régions polaires.Et quelle fidélité de mémoire! Et quelle facilité d'expression! A l'entendre, ma compagne de voyage, on devine qu'en son âme passent des souffles divins.Tant de labeurs, tant de souffrances, tant d'immolations! .Oh! que nous sommes petits à côté des saints.mais j'allais l'oublier .Je suis en voyage de plaisir.Saluons donc au passage un Canadien français, Miki Bourque, dont le nom résonne dans les "Voix d'Alaska", comme une invite au désintéressement, comme une réponse du Dieu des miséricordes à la g.nérosité de sa pauvre créature.Menuisier de son état, Miki, pendant trois mois, avec un compagnon d'aventures, un jeune Irlandais, travaille pour les Soeurs de la Mission Ste-Croix: chaises, tables, bancs, armoires, autel et même confessionnal, tout sortait comme par enchantement des mains de ces deux hommes.Mais il fallait de temps en temps visiter le chantier, conseiller, admirer."Tenez, mes soeurs, voyez ce beau confessionnal! .Oh! mais, pas pour vous autres.Vos péchés sont bien trop gros peur passer par ces petits trous-là".Et le bon Miki riait sous cape en regardant les soeurs amusées.Le printemps vint, et les deux compagnons se disposaient à partir.— Combien vous dois-je?lui dit la Supérieure.— Ma paie?répondit le brave ouvrier.Mais des prières, ma Soeur, rien que des prières.C'est que Miki, au contact des religieuses, avait retrouvé la foi de son enfance.Le jour de la Toussaint, 1888, dans la cabane de Ste-Croix, il avait renoué ses relations avec le Christ, Renée des Ormes 'Alaska son àme avait senti qu'aucune richesse ne vaut la Communion des Saint?, et que cette richesse reconquise, il la devait aux prières des héroïques missionnaires.Que votre soeur, la religieuse, aurait eu du bonheur à vous voir communier ce matin!" — Et ma mère, donc! .répondit l'heureux prodigue, en essuyant de grosses larmes qui coulaient sur ses joues.Jamais en peine, la bonne soeur.Un jour, elle voulait chanter un cantique dent elle n'avait pas l'accompagnement: un temps, deux mouvements, et voilà les strophes adaptées à l'air de la Brabançonne.A partir de ce moment, les mélodies du chant national de Belgique résonnèrent dans l'humble cabane, chapelle de Sle-Croix d'Alaska; et la religieuse patriote exultait.Continuons notre route jusqu'à St-Miohel, champ d'apostolat des Père-s Jésuites.Là, encore de l'héroïsme à jets continus; et des merveilles à flots pressés."L'unique chose qui vaille la peine d'être notée, écrit-elle en son journal, ce sont les longs jours d'été.Le soleil se lève à minuit et demi et se couche à onze heures et demie du soir.Pendant l'heure de nuit, il fait assez clair.Plus tard, au solstice d'hiver, nou3 apprendrons à nos frais ce que sont les jours de froidure dans le voisinage du pôle Nord".Mère Calasanz parle sur un ton pathétique des souris qui, la nuit, passaient sur leurs lits, les empêchant de fermer l'oeil.Tout fut mis en oeuvre pour conjurer ce terrible fléau.Un bon matin, le Père Tosi, de la mission voisine, arrive en grande désolation: "Mes soeurs, notre maison est infestée de souris.Hier, au réveil, j'allais mettre mes bottines; toutes les deux pleines d'une nichée de souris.Connaissez-vous un bon moyen de les détruire, au moins de les chasser?Et les bonnes soeurs de lui dire : "Père, les souris voulaient aussi nous dévorer, mais nous avons fait une neuvaine à sainte Gertrude, et la gente trotte-menu est disparue.— Tiens! la belle inspiration, reprit le Père, tout scandalisé; vous avez prié sainte Gertrude d'envoyer les souris chez nous! .Pas plus facile de se procurer des souricières que des vivres le magasin le plus proche étant alors à deux cents lieues! Maintenant, une visite a la première école de Mère Calasanz.r^alle de classe, neuf pieds par douze.Dans ce réduit, 46 élèves serrés les un» contre les autres, à moitié asphyxiés, mais les soeurs s'épanouissent.A travers la rude écorce d'ignorance et de misères, ne voient-elles pas la beauté des âmes?Les yeux se mouillent de douces larmes au récit de la première fête de Noël en Alaska, l'an 1888.Les cantiques anciens ressuscitent la jeunesse, la famille, les joies du printemps, mais c'est tout le ciel qui rayonne, enveloppant dans une même lumière le doux passé, l'austère présent, l'avenir d'éternelle félicité.— Il ne fait pas chaud dans ces légions polaires, ajoute mon admirable cicerone.Le thermomètre descend parfois à 56 degrés et même 57 sous zéro.L'été alaskasien est assurén.ent plus agréable, mais il faut porter des voilettes-moustiquaires pour se protéger contre les maringouins dont l'atmosphère est parfois dense et toute bourdonnante.Et pourtant, toutes ces difficultés de la vie missionnaire n'entament pas la gaieté des religieuses de la presqu'île alaskasienre."L'âme d'un apôtre, dirait Mère Calasanz, doit être comme la surface polie d'un miroir où Dieu fait brillei son sourire, afin que l'âme lui renvoie ce sourire d'amour".Mais je ne pourrai jamais vous relater tout mon voyage.Procurez-vous donc la "Voix d'Alaska".(1) En fermant ce livre admirable, enrichi de nombreuses vignettes, vous aurez cmine moi l'illusion d'une promenade sans égale, réconfortante, édifiante, absolument inoubliable.Renée des ORMES .(1) On peut se procurer Voix d'Alaska en s'adressant aux RR.SS.de Sainte-Anne, Lachine.Autour de mon berceau (Suite de In pmje 31 y hautes maisons, tout c?la, c'est Paris!.— Paris! Je suis à Paris! — Mons:eur le Hasard, merci! En me faisant naître ici vous avez fait de moi une petite Parisienne! C'est beaucoup d'honneur! Nous entrons.J'admire les fleurs, les arbres, si grands, si hauts, si beaux et à travers les allées, nous gagnons un endroit où nous nous installons.Je bois avec ivresse le bon lait réparateur de mes forces; j'y mets une âpreté nouvelle; je veux vivre à tout prix.— Je veux, ô Paris! te faire honneur!.La joie que j'éprouve à savoir que c'est chez Toi que je vais vivre décuple mon appétit.Je dévore avidement, hâtivement, gloutonnement; à tel point même, que ma mère s'écrie: "Voyez! Dorine.comme le grand air lui fait du bien!".— Pauvre maman! Je la trompe déjà ! C'est mal ! Aussi je tempère vite mon ardeur, par contrition, car je ne veux pas, oh! je ne veux pas que ma mère me croie menteuse! » * • J'ai beaucoup de défauts: Je suis coléreuse, un peu jalouse, très gourmande; et (ceci intimement) peut-être coquette.Quand je dis coléreuse, je ne parle p.'is de mes colères contre la Douleur, I" Besoin, et surtout contre ces ennemies implacables, les Dents!!!.Celles-là sont excusables et légitimes.Je ne parle pas, non plus, de mes rages quand on veut me contraindre à ingurgiter les potions et les médicaments; ou quand — pour des raisons que j'ignore — on m'introduit, de force, une poussée d'eau que je n'ai pas demandée.Non! Ces colères-là sont irréfléchies et inconscientes.Mais si, par exemple, on veut m'em-pèeher de manger la poire de la sonnette électrique; si l'on m'enlève du piano quand je cogne à grands coups sur le clavier; si l'on veut m'obliger à embrasser les vieilles dames qui toussent; si l'on m'arrache des mains la moustache de mon père quand je m'amuse à tirer dessus; si quand je pleure, on se moque de moi; ah! cettp fois ma fureur entre en jeu et je deviens autoritaire, menaçante, insupportable.Gourmande, mon Dieu, c'est un joli défaut.Jalouse?.Ah! voilà! je suis femme! Quant à la coquetterie, d'abord je la pressens, je ne la possède pas encore et puis, pour beaucoup de personnes, c'est une qualité.Mais menteuse! J'aime trop la Justice et je désire trop posséder la Bonté! Faire pleurer les miens, en leur montrant la duplicité de mon àme; créer autour de moi une atmosphère de doute et d'incertitude; perdre cette douce confiance qui est une force dans la vie, non! non! je ne veux pas! Je hais le mensonge autant que la paresse et mes deux bras, quand je les mettrai autour de ton cou, te prouveront, ô ma mère, que je m'abandonne à toi tout entière! Tu liras en ma pensée et dans mon coeur et tu verras en eux la sincérité.Le mensonge est la fonction des âmes viles!.Si, comme le disait mon maître.Platon, "La moquerie est, de toutes les injures, celle qui se pardonne le rroins (1)., comment me pardonnerais-tu de te mentir, à toi qui cherches à m'enseigner la Vérité?CHAPITRE 111 A In renrnntre de V"lmpoK*ihlr" Je mets donc un frein à mon appétit glouton et, dans mon désir violent de plaire, j'adresse à ma mère mon (1) Cette pensée se trouve égale ment dans La Bruyère.plus gracieux sourire.Elle me replace dans ma voiture et nous parcourons les allées.Mes yeux ne peuvent quitter sans regret le tableau que font les jolis équipages, où des bébés comme moi sont promenés par des bêtes légères, aux cornes tordues et aux pattes agiles et fines.Je leur préfère cependant les poignets solides de Dorine.Dans mon ctonnement se glisse toujours une (Suite à In pnge 3h) LES BILLETS (Suite de la page 3lnge 2(J) me.Seulement, j'aurai une vacance mais pas de trois mois comme la vôtre.Quand?Je ne puis préciser encore, j'attendrai "qu'on me rende mes ailes" .Dites donc, Monsieur Louis, je n'ai que faire de l'ultimatum .retirez-le! Je suis femme et reste femme, ne vous en déplaise.Ce n'est pas un monsieur à grosses moustaches ni une bonne maman à tête blanche qui se cache sous le pseudo de Franceline, mais ce n'est pas un mythe non plus.Vous voudriez, que je vous invite à venir vous renseigner sur place.je vois ça.Oyez! Oyez! je suis invisible .pour vous! Vous bouderez, dites-vous?Je m'en moque pas mal.Mais peut-être bien que quand vous reviendrez contrit et repentant, je vous donnerai Tabs':lution sans pénitence.Voilà! Si je m'attendais à cela .Et vous!!! Tant pis! VIOLETTE ONTARIENNE.—Vous êtes tout à fait justifiable, mon amie, de consacrer vos loisirs à des tâches intellectuelles et puisque vous y puisez du réconfort et de saines distractions, je ne vois pas pourquoi on vous le reprocherait.Quant à vus assurer une situation plus tard, c'est difficile à certifier d'avance, vous le comprenez.Il y a tant de demandes en regard des positions libres, mais le risque n'est pas coûteux et il vaut la peine di le prendre.Je vous conseille donc de continuer votre travail et je vous répète que nous nous ferons un devoir de vus encourager et de vous soutenir.Merci des lignes au sujet de notre revue, plus nous rencontrons de sympathie, plus nous nous sentons d'élan pour travailler encore et toujours plus! Comme vous, je cr:is que la vie n'a pas dit son dernier mot et qu'elle vous "revaudra cela plus tard".Je préfère vous voir pleine de courage et d'optimisme qu'abattue et sans volonté, c'est le secret de votre succès.Je transmets aux courriéristes vos amicales pensées et vous dis au revoir.LAIDERONNETTE.— Alors que je croyais ma petite amie en joie, sa lettre m'arrive avec de tristes nouvelles.Je veux cr:ire que cette avalanche d'épreuves est maintenant dans le domaine du passé et que tous vos aimés sont tout à fait rétablis.Votre rêve m'a amusée, il n'en tient qu'à vous d'en faire une réalité.Les deux rues mentionnées sont à peu près à vingt ou vingt cinq minutes de distance, en tramway.Appelez donc au bureau, soit HArbour 8216 quand vous passerez en ville, et je vous donnerai tous les renseignements.Oui, c'est cela, ça grandit touiours en dépit de tout .Je suis obligée d'abréger, il me faut clore bientôt.Affections.PETITE SOEUR.— Merci pour la bonne petite lettre.J'ai passé un de vos articles, quand l'espace le permettra, j'essaierai de filer l'autre.Ne vous fatiguez pas pour écrire, je vous le défends, et soignez-veus pour guérir bien vite.Si je crois à votre bonne volonté, mais chère petite, de tout mon coeur et à votre courageuse petite âme aussi.Plein mes bras de bons voeux pour votre guérison.FLEUR DES NEIGES.— J'ai filé votre article pour ce mois.J'espère qu'il pourra être inclus.J'ai effleuré car certaines données étaient en contradiction.Votre santé va-t-elle mieux maintenant ?Je vous souhaite de même qu'à la si bonne soeurette de reposantes vacances à la campagne.SITIO.— L'articulet aura son tour, quand ce sera possible; chaque mois, cherchez bien et vous trouverez.Merci pour t:ut ce beau que vous m'offrez, certes, j'en profiterai et d'avance, je m'en réjouis.Travaillez votre petite nouvelle afin de nous l'apporter pour août ou septembre, disons.Quand il y a un certain fonds de vécu, dans un travail d'imagination, il y a toujours plus de vie.plus de réalisme, je dirais, alors, je vous invite à continuer sur ce ton.Je regrette de devoir vous saluer en vitesse, heureusement que je vous verrai sans doute un de ces jours.OEILLET DE POETE.— Votre lettre fut la bienvenue comme toujours.J^ comprends, si vous saviez, car je sais bien que même les désirs les plus sincères ne sont pas toujours possibles à réaliser.Il me fait plaisir de répondre à v:s questions: Le départ de l'amie Marthe de Lavoye, ne doit pas ètr^ définitif, comme vous, je le regretterais infiniment.Jovette est à l'Illustration, me dit-on.Le petit journal dont vous parlez est imprimé chez nous, à l'Eclaireur de Montréal.Tante Madelon est revenue d'Europe, je reçois une lettre d'elle à l'instant me disant combien elle est enchantée.Je ne puis v;us dire quelle est l'alliance de cette famille et celle de votre ami, je n'ai pas lu non plus le volume de ce dernier.J'espère que vos malades se remettent sur pied.J'ai passe votre article en enlevant le trop personnel pour le rendre d'intérêt général.Cela vous va?Bonne et meilleure santé toujours! LA PALCMA.— Vous constaterez de visu que j'ai passé le tout.Ce ne fut pas facile, je vous l'avoue.Après date, on est très sévère.Vous comprendrez pourquoi ce n'est pas en premier lieu, comme je l'aurais voulu.Vous ferez le voyage?Tant mieux, et jouissez-en à plein coeur, vous avez amplement mérité ce repos momentané, et puisse-t-il vous donner toutes les consolations que vous être en droit d'attendre.Merci encore et ma toujours même gratitude.TANTE MADELON.— Je reçois votre lettre assez tôt pour vous bon-jourer mais trop tard pour faire les changements demandés, ce mois-ci, car la page "D'une rive à l'autre" est toujours préparée à l'avance.Mais dès le prochain mois, je verrai à t:ut.Vous êtes trop charmante d'avoir pensé à moi si généreusement et de m'avoir apporte un souvenir d'outremer.Merci encore et encore.Mille félicitations pour tout ce beau dont on vous a comblée là-bas et au retour, et venez nous conter tout cela par le menu.Au plaisir.POUR MONSIEUR X — Lirez-vous le courrier jusqu'ici?Je verrai bien .Comme ça, des courriers de femme, ça vous amuse?Qui aurait cru?J'aurais plutôt pensé qu'un monsieur ne s'arrêtait qu'aux potins financiers.Nos papotages intimes, l'intéresser?C'est du neuf.Quels sont ces problèmes beaucoup plus épineux et plus lourds de philosophie que vous voudriez discuter?Dites, et l'on préparera l'attaque ou la défensive.J'attends de pied ferme.FRANCELINE.Adresser ses lettres à: FRANCELINE, "Mon Magazine" 1725, rue St-Denis, Montreal.97oM PENNA AVE.AT BOARDWALK TRAND Atlantic 7TT vr paHKSWi** SALUTATIONS A NOS NOMBREUX AMIS DU CANADA.HOTEL STRAND ATLANTIC CITY — NEW-JERSEY mEPLTS un grand nombre d'années, l'Hôtel Strand a eu la préférence d'une foule de touristes canadiens.L'hospitalité cordiale qui caractérisait les ancêtres est celle qui accueille les voyageurs à l'Hôtel Strand.L'on y trouve tout le confort du chez soi — une nourriture exquise — des bains d'eau salée — garage — et cet hôtel tenu sur un plan américain est à l'épreuve du feu.Situé sur le Boardwalk, Avenue Pennsylvania, l'Hôtel Strand est au centre de toutes les activités commerciales ou récréatives qui peuvent intéresser le touriste — et il est à proximité de la grève, des églises et de tous les amusements sportifs désirés.Ecrivez-nous et nous vous enverrons des pamphlets et vous dirons le coût de votre séjour à l'Hôtel avant votre départ de chez vous.Thos.E.RAN DOW.Gérant.H.Bradford RICHMOND.Propriétaire.HOTEL STRAND Une oasis d'hospitalité sur le bord de la mer, à Atlantic City. MON MAGAZINE ALLER A LA GUERRE, JAMAIS ! (Suite de la page 15) la ville malgré les "MP." qui se pavanaient rue Ste-Catherine et ailleurs.Le soir nous étions sur nos terres couchés dans les granges, sous le foin des "tasseries" ou bien en route pour le calme des forêts libératrices.Il ne fallait pas rester dans les granges, terrés sous le pontage des "batteries" ou cachés dans les caves humides.La forêt était la hantise.et la délivrance.Le 25 mai 1918 nous désertons les abords de la boucherie et nous fuyons vers le bois.E,n automobile, nuitamment, tournis d'encombrants bagages, nous suivons le long ruban que déroule sous les étoiles le boulevard Edouard VII.Sur les frontières, au coeur de l'immense seigneurie Douglass, un vieux braconnier nous attendait.En peu d'heures nous fûmes rendus et nos bagages débarqués à l'orée d'une forêt d'épinettes blanches qui se dressaient comme une multitude de piliers soutenant un dôme gigantesque.Un affreux silence, des ténèbres qui croulaient, des sous-bois pleins de mystères! Loin, derrière les broussailles qui poussent vigoureuses dans la terre noire, la pauvre maison trapue du braconnier s'écrasait comme terrassée par la forêt qui l'encerclait.Comme nous cheminions, traînant nos effets par des sentiers humides et à peine battus, un hurlement plaintif troubla la quiétude des lieux.— "C'est 1' chien d' Vincelette", nous dit le vieillard qui nous précédait dans le labyrinthe de feuillage et de souches.Pour nous, dans les circonstances, le chien devenait un ennemi.Celui-là nous avait éventé.Il irait dans la forêt à la recherche des conscrits.Le matin ne tarda pas à chasser tranquillement où tout manquait.Le sommeil vint bienfaisant, ré-les ombre3.Nous nous couchâmes dans un réduit parateur, apportant l'oubli à nos âmes d'enfants fatigués.Cette journée-là nous ne vîmes pas le soleil chasser les brumes ni colorer les futaies; il était déjà couché quand nous nous levâmes.Le firmament, où fuyaient de tout petits nuages empourprés, se tachait déjà d'ombres grandissantes.La nuit venait, on la sentait envahissante, prometteuse de ténèbres plus denses.Il y avait déjà quelques instants déjà que le soleil était tombé derrière l'horizon, mais des restes de rayons s'attardaient encore dans les brumes éloignées du ciel.Nous ne pouvions goûter plus longtemps les délices de Capoue: Vincelette viendrait, "il avait la langue longue" et dirait "au village des Côtes" que le Père Daniel cachait des conscrits.Il nous fallut partir pour le bois plus touffu, nous acheminer vers la retraite préparée d'avance ipar le vieux braconnier quelque part dans les "quatre cents arpents" de la seigneurie.Et nous songions à Bellone qui frappait de grands coups dans les plaines de Flandres, sur l'Yser, dans les forêts de l'Argonne; nous savions qu'elle traînait ses lourds escadrons à travers les Vosges que la mitraille hachait; qu'elle labourait les champs de la Champagne d^affreux sillons où la fine fleur de la jeunesse de France venait se faner pour toujours, et que certains soirs elle incendiait les nues, éclairait les trous de marmites où les soldats achevaient de mourir.Dans la nuit du samedi au dimanche nous quittâmes le taudis hospitalier.Les ténèbres, sombres complices, nous aidèrent dans notre fuite, secondés des broussailles denses, quasi impénétrables qui s'élevaient en murailles épaisses de chaque côté d'un sentier connu du braconnier.Nous marchâmes longtemps, des heures.Les ramures basses nous fouettaient la face; nos pieds se tordaient sur les branches mortes qui jonchaient la terre noire et glissante.Enfin vers six heures du matin, le pénible pèlerinage cessa et nous arrivâmes avec nos bagages au sanctuaire de feuillage où nous devions passer l'ete.Le calme était affreux, une solituli-comme nous n'en avions jamais connue; pas de brise, pas une feuille à remuer; pas de soleil, pas un miritement sur la rosée.C'était le point mort entre la nuit qui s'en va et le jour qui vient.Nous nous arrêtâmes dans la clairière qui dévalait d'un rocher plein de mousses.Tout autour la forteresse des grandes épinettes dressait ses fortifications troublantes.Au-dessus de nos têtes, l'aube essayait de chasser les brumes qui déjà s'effilochaient.Vint le jour clair avec ses chants d'oiseau, ses murmures de la brise et son réveil dans les sous-b>: is.— Je retourne à la maison, prononça le vieillard.Il y a près d'ici une petite rivière pleine de barbotte.Vous pourrez"y pécher.Dans trois jours je reviendrai.Il partit.Nous vîmes sa haute silhouette s'estomper dans le feuillage, puis la solitude nous parut plus empiète.Il ne fallait pas perdre de temps.Toute cette journée nos haches martelèrent les troncs jeunes et blessèrent les vieilles souches.Nous travaillâmes sans relâche jusqu'au soir, et quand nous vimes s'effondrer au-delà d^s cimes la lumière mourante, nous entrâmes sous la tente.Sans plaintes, sans joie; l'esprit vide de pensées nous nous reposâmes sur un lit de sapin.Aucun rêve cette nuit-là, le sommeil fut profond, sans heurt, plein de bienfaisant repos.Le lendemain, prise de possession de notre domaine.Il y avait des sentes, des ravines, quelques monticules, des marais.Çà et là, perdus dans cette mer de feuillage, des ipins gigantesques se dressaient comme autant de tours de guet.Puis la rivière annoncée se traînait comme un reptile de rêve dans la vase et la boue.Les maringouins avaient mobilisé depuis longtemps leurs troupes haineuses; sans doute, la nouvelle de notre arrivée s'était répandue parmi eux: c'était la guerre aux conscrits qu'ils avaient déclarée.Les jours passaient, quelquefois joyeux, quelquefois tristes.Deux êtres isolés dans un bois en viennent à s'épier, quelquefois à se détester.Cfl nostalgie se mêle à la susceptibilité, l'ennui à l'impatience, la tristesse à la rancune.Si l'un s'absente, l'autre se demande s'il ne va pas le livrer; quand celui-là revient, celui-ci a du dépit de voir qu'il s'est trompé.Il a de la rancoeur contre son compagm n qui, lui le redoute à son tour.D'un côté guettés par la nostalgie, de l'autre par la police militaire, nous attendions la fin d'un conflit qui semblait ne devoir jamais se régler.Le temps passait.Chaque semaine, par de sombres nuits, une auto onnue s'arrêtait au bord de la feuillée.Nous avions des nouvelles des parents, des amis et.de la guerre.C'était à l'époque de l'effroyable ruée sur Calais.A tout prix la horde allemande voulait se frayer un chemin jusqu'à la mer.De cette rive de la Manche, elle aurait bombardé la ville de Londres et, de la réussite de ce projet à la démoralisation des civils il n'y avait qu'un pas.C'était là le secret de la stratégie allemande.Les nouvelles étaient mauvaises: un canon laissait tomber sur Paris à intervalles réguliers -un obus qui arrivait de quatre-vingt dix milles de distance; les corsaires sous-marins trouaient la coque des transports, etc.Pendant tout ce temps, les chairs jeunes et généreuses des soldats étaient déchiquetées par la mitraille des grenades et des shrapnells, par l'éclatement des obus.Nous ne voulions pas de la guerre.Est-ce que les ambitions de l'Empire nous regardent?Il était patent que la conscription dans le Québec était un fiasco.Dès le 11 novembre 1918, l'armistice était déjà pour nous l'amnistie quoique celle-ci fut signée plus tard.Nous gouvernants savaient bien qu'ils n'auraient jamais pu procéder contre tous les déserteurs.La trahison d'un premier ministre ajoutée à notre besoin de paix et à notre refus de croire que les frontières de notre pays étaient quelque part dans les Flandres nous obligea à la désertion.Avec un milliard de dettes et les blessures de r»:s milliers de soldats qui revenaient couverts de gloire et pour la plupart a charge au pays, le gouvernement fédéral réalisa très vite qu'il fallait réhabiliter les jeunes conscrits qui s'étaient révoltés contre les directives de Londres habilemo-nt imposées au parlement de ce pays.Charles Lemo)'ne (Suite de la page S) mort, arrivée en 1885 ne lui permit pas de recevoir la récompense méritée ou d'éprouver le désappointement de se la voir refuser.Il mourait, laissant une veuve et treize enfants dont la majorité était encore en lia- âge; mais longtemps encore sa réputation d'homme sage, laborieux, brave et intégre devait lui survivre, d'autant qu'il laissait derrière lui des fils qui allaient porter plus loin encore la gloire de son nom.Et quinze ans plus tard, quand Louis XIV, en récompense des services innombrables rendus à la France par la famille Lemoyne, érigeait la seigneurie de Lon-gueuil en baronnie, voici comment i! débutait la rédaction de son décret: "Estant de nostre grandeur et de nostre justice de récompnser ceux qui, par leur actions de remarque, tant de marques de mérite et leur courage, se sont portés à des valur et de fidélité" données par Charles Lemoyne et ses fils, méritent récompense.Et le tableau des services rendus à la couronne de France par l'humble petit normand et ses fils, dressé par le Roi-Soleil, énumérait les actions d'éclat du père, les sacrifices des fils: Charles Lemoyne, premier baron de Longueuil estropié par le coup de fusil d'un Iroquois à la défense de Montréal, la blessure mortelle de Sainte-Hélène reçue au siège de Québec par Phipps, la mort de Louis de Chateauguay devant Fort Nelson, celle de François de Bienville, tué par les Iroquois, les exploits du capitaine de frégate Pierre d'Iberville et de l'enseigne Paul de Maricourt et cette liste déjà si longue devait s'allonger encore de nombreux et plus brillants exploits de Pierre d'Iberville, de ceux de Joseph de Sérigny, commandant général de la Louisiane, de la mort héroïque de François-Marie de Sauvole en Louisiane, de celle de Gabriel d'Assigny, des exploits de Jean-Baptiste de Bienville, le Père de la Louisiane et d'Antoine de Chateauguay, gouverneur de l'Ile Royale.Et cette tradition de valeur et de félicité allait se transmettre de génération en génération, les fils et les petits-fils du petit immigrant normand continuant à travers les ages la tradition de dévouement envers la patrie et d'attachement au sol de la Nouvelle-France qu'avait si magnifiquement (Suite à la page 40) Juin 10)1 MON MAGAZINE Page 35 Autour de mon berceau (Smil ili In )iugr M) | Ne grondez pas l'enfant j | qni mouille son lit : pointe de frayeur et ces petite» bête» cornue» ne laissent pas de me faire un peu peur.Je les considère néanmoins comme très intéressantes et les admire avec complaisance: "Plus tard, me dis-je, nous verrons!.Pour le moment, contentons-nous de ce que nous avons!." (('autres découvertes, d'ailleurs, appellent mon attention: Ce sont des bébés encore, la tète enfouie dans des capotes profondes, et qui, le derrière par terre ou se trainant à quatre pattes, font, avec le sable, des monticules extravagants.Leur pelle de bois décrit dans l'air des arabesques formidables; on dirait des Titans attachés à quelque besogne infernale-Plus loin, au centre d'un large espace, une nappe d'eau d'où s'échappe vers le ciel une colonne humide où se joue le soleil, vient frapper mes regards.Les nuances les plus diverses ornent les gouttelettes qui retombent en pluie; et, sur la nappe elle-même, des petits objets flottent, soulevés par les flots, emportés par le vent.Que tout cela est beau!.Mais que je trouve encore plus extraordinaire l'envolée de toutes ces petites bêtes qui descendent des arbres, accourent en foule et viennent picorer dans la main d'un vieillard.— "Vois, les jolis oiseaux!" dit ma mère.— Des oiseaux! Quel nom gracieux! Que c'est léger, discret, timide.Des oiseaux!.C'est un souffle qui passe!.C'est un rien qui bouge!.Et cela chante!.Des notes aiguës s'échappent de tous ces petits becs gourmands ! Quelle jolie langue parlent-ils?.Je tends les bras vers eux, j'allonge les cinq doigts de ma main.Je m'agite et veux m'élancer, mais d'un coup de leurs ailes rapides ils s'élancent eux aussi et s'échappent dans les airs.Je pousse un soupir.Je fais une moue grognon.Je suis mécontente.A la maison, tous mes désirs sont exaucés.Pourquoi ne m'a-t-on pas accordé celui-là?Est-ce donc que ma mere ne m'aime plus?.M
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