Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1 octobre 1894, samedi 13 octobre 1894
22 RUE ST-GABRIEL BOITE 1*23 TELEPHONE 2033 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE HTTBHATUBB—THÉÂTRE—BEAUX-ARTS VOL.1 MONTRÉAL, 13 OCTOBRE 1894 No.6 SOMMAIRE: La Jeunesse Universitaire, Durer,.— L'Auteur de l'Abbé Constantin et de i.a Belle Hélène, Carlos.—Lourdes et l'Index.—Les Usuriers, J.6'.—Vitesses sur Mer, Dare.—Un Monstre Terrassé, La Diphtérie Vaincue, Median, — L'Exemple au Principe, Juste, — Phokessionnal Lover, if.—Feuilleton : La Main Couvée, Henri Ritikre.LE REVEIL Les conditions d'abonnement au Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des autres journaux.Nous livrons le journal à domicile (franco) à raison de 2ô cts.]>ar mois, payable an commencement de chaque mois.Tout ce que nous demandons nu public est de voir le journal.Le prix dans les débits de journaux est ô cts.par numéro.Les abonnements en dehors de Montréal sont payables tous les quatre mois et d'avance.Nous enverrons un numéro échantillon gratuitement à tous ceux qui en feront la demande.Veuillez adresser vos lettres «u Directeur du Réveil, Boite 1425, Montréal.LA JEUNESSE UNIVERSITAIRE Notre jeunesse universitaire vient d'être l'objet d'attaques aussi injustes que brutales de la I >;iit de certain pet il journal, aux prétentions ultra-catholiques, qui s'est offusqué de voir les étudiants se rendre en corps, drapeau en tète à la première représentation de l'Opéra Français.La Croix, puisqu'il faut l'appeler par le nom qu'elle a usurpé, rappelle aux étudiants qu'ils ont l'honneur d'appartenir \ une Univers ité catholique et les accuse presque de souiller ce titre en se livrant au passe-temps, bien anodin pourtant, d'écouter un peu «le bonne musique et de jolis chants français donnés par des Français.Il parait que c'est un crime abominable, horrible, pour les âmes pures qui rédigent lu Croie dc .-e livrer à cette innocente occupation lorsqu'on appartieut à une Université catholique.Et la Croie insiste sur ce qualificatif pour bien indiquer qu'aile ne fait pas de la conduite des étudiants une question de mœurs, mais do religion.C'est curieux comme ces journalistes ultra-montains prennent vite la place des autorités 8166 82 LE REVEIL religieuses qu'ils prétendent tant respecter et écouter ! Mais il y a quelque chose de plus important : voyez-vous avec quelle promptitude r»n se souvient que l'Université Laval est ur»r?Université catholique, lorsqu'il s'agit de s'immiscer dans ses affaires, de lui imposer des réglementations ou des interdictions et combien on met de temps à s'en rappeler lorsqu'il faut trouver de l'urgent pour payer ses professeurs ou élever un édifice pour l'abriter I Dans ces circonstances-là, il n'y a plus personne.La Croix moins que toute autre ne souille mot de ce beau titre et des obligations qu'il impose, non-seulement aux étudiants mais encore à tous ceux qui touchent à l'Université, à quelque titre que ce soit : professeurs, directeurs ou protecteurs.Les écarts de conduite dont se plaint la Croix, peut-êire pourrait-on en retracer l'origine dans l'indifférence avec laquelle sont traités les intérêts éducationnels de cette jeunesse dont on concentre dans une organisation unique tous les nioyen> d'instruction, sans leur donner en échange l'équivalent des restrictions qu'on leur impose.L'organisation de l'Université I.aval est parfait e au point de vue de l'instruction : les professeurs y sont d'un dévouement à toute épreuve, ils font le sacrifice de leur temps et de leur travail, c'est à dire un sacrifice monétaire considérable, pour maintenir l'éducation à un niveau raisonnable et respectable.Mais, le syndicat, lui, la direction, que fuit-il pour la jeunesse ; oil sont ses attentions, ses soins pour cette jeune génération qu'il a entrepris do façonner à la vie ?Sorti dos cours universitaires, que devient l'étudiant, s'il ne se laisse1 pas absorber dans quelques cercles ennuyeux et grognons ; où sont ces grands édifices universitaires comme ceux du McGill, pour prendre un exemple frappant, comme ceux des grandi s universités anglaises et allemandes, ou îles facultés françaises ?Où sont les bibliothèques, les musées, les jardins, les salles de conférence ou de réunion où nos étu- diants pourraient passer leurs soirées à étudier ou à se récréer le cœur et l'esprit.II n'y a rien de tout cela, absolument rien.Notre étudiant canadien-français catholique sort du trou sale et enfumé où se donnent les cours et qu'on qualifie d'Université catholique, pu% où voulez-vous qu'il aille ?S'enfermer dans sa modeste chambrette et s'étouffer encore.Vous savez que ce n'est pa3 possible, que l'esprit ne peut pas toujours être tendu, qu'il lui faut des distractions.Eh bien, lui eu donnez-vous ?Non, n'est-ce pas ; alors no vous "étonnez lias qu'il en prenne et surtout ne lui reprochez pas de choisir celles qui lui plaisent ; vous avez perdu ce droit en négligeant de veiller aux intérêts du cœur et de l'esprit de la jeunesse que vous voulez diriger.Ne croyez-vous pas qu'elle pense cette jeunesse et qu'elle y voie clair.Ne songez-vous pas que les étudiants sont allés quelquefois sur le versant de la montagne et ont vu s'élever graduellement cet immense collège de théologie, adjoint au Collège de Montréal, et bâti à même les fonds du Séminaire pour le recrutement de son personnel ecclésiastique avec l'argent qui devait être consacré à l'éducation île toute la jeunesse montréalaise ?Croyez-vous que, dans ces jeunes esprits, il ne s'est pas immédiatement établi une comparaison entre la lenteur et la difficulté avec lesquelles s'élevait leur Université de la rue St Denis et la rapidité et la facilité avec laquelle se terminait le Collège de théologie sur la rue Sherbrooke ?Vous figurez-vous qu'il ne se produit pas de ces calculs dans les jeunes esprits.Pensez-vous que cela ne crève pas lo cœur dos jeunes étudiants do la seule Université catholique du pays de passer devant les parterres de McGill avec ses pelouses, ses musées, ses bibliothèques, ses usines et ses gymnases Ah, i's le paient cher le glorieux titre qu'ils portent 1 Délaissés, livrés à eux-mêmes, ils cherchent los plaisirs que leur permet là modicité de LE REVEIL sa leurs ressources.Et ou veut leur eu faire uu crime.Allons donc ! On croit pouvoir reprochera ces jeunes gens, fiers de donner libre coure à leur sève joyeuse, d'accepter la petite réduction de prix que leur concède l'administration de l'Opéra Fiançais.Voilà qui serait trop fort, ft ces messieurs les moralistes en chambre nous la baillent belle.L'Opéra Français est d'ailleurs a peu près le seul endroit de Montréal, actuellement, où l'on parle le français correctement, et ne serait-ce qu'à co point de vue, il serait 1res naturel d'encourager au contraire la jeunesse universitaire à le suivre assidûment.D'un autre côté, l'Opéra Français est un lieu de bonne compagnie, fréquenté par la bonne société où les étudiants sont encore sous l'œil de leurs professeurs et souvent de leurs parents, ce qui vaut beaucoup mieux que les petites noces clandestines et abrutissantes dans quelque vilaine chambre du quatrième étage.Enfin, nous ne croyons pas à l'immoralité des pièces représentées.Tout le théâtre ne vit (pie de fiction, c'est lo inonde vu à la lorgnette, c'est-à-dire en grossissant, tous ces criards et les plaignards nous rappellent assez ce cher Tartuffe faisant cacher le corsage de Marianne offusqué, prétend-il, par ses rondeurs appétissantes.Les gens do la Croit: ont l'air bien offusqués en public ; le sont-ils tant dans l'intimité ?I 'our nous résumer nous dirons ceci : Les étudiants ont été injustement attaqués ; ils n'étaient pas traités comme ils devaient l'être par ceux qui se sont attribués la charge de subvenir à leurs besoins moraux ; et ils se sont affranchis d'une tutelle trop négligée et dont les droits sont presque volontairement forfaits.Enfin et par-dessus tout l'Opéra Français est uu endroit convenable, instructif, où nous menons nous-mêmes nos femmes et nos enfants; par conséquent où peuvent parfaitement aller de grands garçons comme les étudiants de droit et de médecine de Laval.Pour notre part, nous les encourageons forte- ment à mépriser les insultes des marmousets de la Croix et à profiter largement de la présence du théâtre français pour se perfectionner dans cette belle langue et s'initier à des idées moins racornies que celles de notre vertueux confrère.DUROC.L'AUTEUR DE L'ABBE CONSTANTIN ET BE LA BELLE HELENE M.Ludovic Halévy a été l'homme le plus adroit de son temps, ce temps qui est bien passé, et il demeure désormais inactif, comme le modèle des auteurs complaisants.11 a eu, et sans doute le portait-il en naissant, le sens du public, et il fut un de ces heureux que le souci de l'art tourmenta moins que le désir de plaire.Il n'a jamais cherché à imposer ses goûts à la foule, mais il a au contraire prévenu constamment ses besoins.Il n eu un certain génie d'auscultation.Comme il savait habilement interroger le troupeau qu'il avait réiolu de paître, il pouvait à coup sûr déterminer la nourriture qui agréait à ses ouailles.Il fut quelque chose comme un cuisinier réfléchi et bien pensant, et tous ceux qui s'assirent aux diverses tables qu'il servit n'y goûtèrent jamais que les mets qui convenaient à leurs estomacs.Lorsqu'il devint de bon ton d'être irrespectueux, sous l'Empire, M.Halévy mena les dieux de l'Olympe au bal public.11 caressa d'une main légère la barbe de Jupiter, tutoya Vénus et tenta do consoler Vulcain.Il fit descendre les héros de leur piédestal, fit fraterniser Achille avec le général Boum et Hélène a»cc la Grande-duchesse.Mais quand, après la fête finie, on rentra les quinquots qui illuminaient Mlle Schneider, la muse de M.Halévy devint plus sévère.Il apparut comme un modeste liistoriographo de l'invasion, célébra d'un ton ému la gloire militaire, l'héroïque malheur des vaincus et, quand les douleurs furent un peu mûries, il revint s* LE REVEIL entouré '1- ia famille Cardinal et du bon abbé Constantin.Quelle corde d'ailleurs n'a-t-il pas touchée et de quelle lyre, d'un geste toujours adroit, distingué sinon noble, élégant sinon beau, ce geste qui le fit chérir plutôt qu'admirer, et qui semble désormais le geste d'un acteur vieilli, attendant, pour s'endormir tout à fait, d'être secrétaire perpétuel do l'Académie française, quand le bon M.Doucet voudra lui céder la place.CARLOS.LOURDES ET L'INDEX Un rédacteur du Malin a Interviewé M.Emile Zola à propos de la mise à l'Index do Lourdes.L'auteur des Kougon-Macqiiarl a, tout d'abord, manifesté quelque surprise de lu décision prêtée à la Congrégation de l'Index, ln(|iielle, selon la déclaration même du cardinal Vanutelli, a mieux à faire qu'à s'occuper d'un mauvais roman.M.Emile Zola, à qui la réclame que Ni vaut le télégramme de Rome annonçant la mise à l'Index de son roman, ut parait, d'ailleurs, nullement désagréable, attribue la campagne menée contre lui aux causes suivantes : Ce qu'on no me pardonne pus, dit-il, c'est la révélation du tous les drames secret» do Lourdes, de cette tragique histoire do l'abbé Peyrauiiile, de la description trop vrâio de cette église inachevée, de cette égliso eu ruine, où il pleut sur la tombe du pauvre curé parce «pie les Pères de Lourdes n'ont pas voulu payer les 58,000 IV.nécessaires |wur la couvrir ; et puis l'état d'abandon où l'on laisse la véritable chambre de Bernadette, celle d'où elle est partie pour avoir ses visions! Car celle qu'on montre se trouve dans la maison qui fut donnée à son p« re pur l'évêque de Tarbes, et elle n'y est peut-être pus venue une seule fois.Tons ces petits mystères de Lourdes dévoilés, voilà l'origine vraie de beaucoup de colères.J'ai cependant été bien respectueux, même pour cette pauvre Bernadette 1 Je n'ai pas dit, ce qui est la vérité, pourtant, qu'elle était une pauvre idiote et une hystérique.La façon dont elle a vécu ot dont elle est morte le prouve suffisamment .Je .lois le dire, du reste, et lo répéter.A Lourdes, il n'y a pus de " truquages ".Le père Bjssarié, le vieux médecin de là-bas, qui me témoignait beaucoup d'affection, et qui, parait-il, maintenant me déteste, m'a bien prouvé que le bureau médical de contrôle des miracles on est en quelque sorte la police.Son plus grand soin est d'écarter les faux guéris, les simulateurs.On m'a tout montré.Les l'ères de Lourdes, d'ailleurs, n'ont rieu à cacher, et c'est uno folie de s'imaginer qu'ils machinent de faux miracles.Ils n'en ont pas besoin.La bêtise et h ij\ suffisent.vue des gens reviennent guéris de Lourdes c'est incontestable.Qu'il se produise là-bas des faits que la science est encore impuissante à définir, personne ne peut le nier.J'en ai causé avec une foule de médecins, avec Charcot notamment, qui me disait : " Nous sommes tous des ignorants, je le suis peut-être un peu inoins que beaucoup d'autres, mais il y a encore des phénomènes dont je ne puis pénétrer les secrets." Charcot et d'autres médecins ont parfois envoyé des malades dont ils connaissaient bien l'esprit, à Lourdes, et certains de ces malades sont revenus guéris.Aucun médecin ne peut nier cette influence du moral sur le physique.Je l'ai constaté loyalement, tant pis pour les fanatiques qui n'ont pas voulu reconnaître mon absence de parti pris.En homme pratique, M.Emile Zola ne laisse pas échapper, quelques lignes plus loin, l'occasion de lancer, par anticipation, ses prochains romans : • La seule chose qui m'ennuio dans tout ce tapage, c'est qu'il peut me gêner un peu pour mon prochain livre Rome, dans lequel on verra d'ailleurs encore l'abbé Froment.Je puis même dire que la conclusion du caractère de ce prêtre ne œ trouvera que dans Varia, le dernier volume de la série.A Rome, j aurais voulu être reçu parle Pape sans difficulté.Je demanderai du reste quand même une audience au Pape ; pourquoi mo la refuserait-il ?Je suis catholique, je suis baptisé, j'ai fait ma première communion.Le chef do la chrétienté doit avoir à cœur de recevoir les catholiques et de s'attacher à les convaincre de leurs erreurs ! LES USURIERS La résolution prise, le 14 septembre dernier, par la Chambre do Commerce du district do Montréal, dans le but de provoquer les mesures nécessaires à la répression do l'usure et des funestes pratiques de ses adeptes a paru causer quelque émotion.On a cru y voir une attaque contre tons ceux qui, en dehors des grondes institutions de crédit, se livrent au commerce de l'argent.Les préoccupations des représentants du haut négoce canadien ne visant que des procédés inavouables, des actes qui, pour être soustraits encore à l'action des lois, n'en sont |mis moins criminels, les opérations honnêtes, consacrées par l'usage, n'ont rien à craindre des investigations annoncées et peuvent, au contraire LE REVEIL 85 comme par le passé, compter sur l'estime publique, sur une profitable protection.Mais, à côté de ces entreprises, modestes parfois et pourtant respectables, s'agite tout un monde interlope, ne spéculant que sur l'ignorance, la faiblesse, la misère, l'inconduite, les plus mauvais penchants, et s'enrichissant effroyablement aux dépens de quiconque n le malheur d'en approcher.Chargé, il y a deux ans, de fournir quelques détails sur ses agissements, je disais dans un des grands journaux de cette ville : " Parmi les plaies qui désolent la génération actuelle, il en est uno d'autant plus à craindre qu'elle fait partie de celles que ses victimes ont intérêt à tenir secrètes.Nous voulons parler de l'usure.Ce n'est pas tant sur son existence proprement dite, remontant fort loin d'ailleurs, que nous tentons d'appeler l'attention des honnêtes gens et des philanthropes, que sur ses nullifications et la façon dont elle est aujourd'hui pratiquée." Ce triste métier était autrefois laissé à quelques uns, y apportant des aptitudes de race, tenus par tous en souverain mépris, et côtés au pair avec les traficants d'esclaves blanches.L'industrie ne connaissait pas le grand jour et manquait absolument de défenseurs aux moments pénibles.Aucune protection ne lui venait des administrations publiques, et c'était œuvre pie que de lui jouer ce qu'on appelle un bon tour." Les temps sont bten changés et si triste que soit l'aveu, il faut dire que le mal a grandi, s'est répandu au point d'envahir toutes les conditions, toutes les classes, et qu'il y a des usuriers partout maintenant " Et quels usuriers ! Jadis, on se récriait devant le quinze, le vingt pour cent par an, alors, qu'à cette heure, c'est monnaie courante que le cinq et le dix pour cent j>ar mois, le dix pour sent par semaine ou soit jusque au quatre cent quatre-vingt pour cent à l'un née." Le plus terrifiant, c'est que ces détrousseurs du commerçant emltarrassé, du père de famille besogneux, loin de rougir de leur criminelle audace, s'en glorifient sans le moindre embarras, dévoilant par les rues leur révoltante besogne, se décernant des certificats d'à-ilroso et d'habileté.Elle n'est plus vraie la consolante n marque de Boiste disant : On ne voit pas d'uni rier, quelque riche qu'il noit, vivre estimé, ni par-fuitement heureux.Celui qui se livre à cette abominable pratique n'est plus, comme aa temps du moraliste, toute en paria, et l'accueil favorable qu'il reçoit partout, étouffe on lui jusqu'à l'ombre du remolds, l'encourageant, au contraire, à pet severer et à s'enhardir." Les désordres dont ils sont la cause ne s'arrêtent pas à la ruine de ceux que des engagements d'honneur attirent dans leurs antres ; ils sont les pourvoyeurs des maisons de jeu, des maisons do débauche, et l'argent qui paye la chute de plus d'un ange sort, bien des fois, de leur repaire." Voilà ce que la Chambre dc Commerce s'est imposé l'utile devoir d'urrêter, et son initiative est d'autant plus méritoire, ses efforts d'autant plus louables, que la lutte par elle ainsi engagée sort do ses attributions ordinaires et n'a d'autres causes quo des sentiments au plus haut point humanitaires ; qu'un seul but, lo bien public.Il n'est douteux pour personne que l'administration chaigée de veiller sur la société n'aurait pas manqué de prendre les devants et de sévir à la nouvelle de méfaits semblables à ceux qui nécessitent la campagne actuelle, si le législateur lui en avait fourni les moyens au lieu de la laisser dans une complète impuissance.De son côté, la magistrature serait heureuse d'étro armée contre les monstruosités qu'elle est, chaque jour obligée do laisser s'accomplir sous ses yeux, et elle n'a jamais hésité à manifester hautement ses regrets de paraître se faire la complice do tant d'énormités." Pourquoi hésiterait-il d'ailleurs ?disais-jc encore ; il sait que malgré toute sa répugnance à légaliser ses entreprises, la magistrature est contrainte par la coutume à les sanctionner, et que le simple aveu par le débiteur d'une obligation usuraire.quelle qu'en soit l'extravagance, force lo juge à la rendre exécutoire.' C'est ainsi qu'on entend tomber du troue de la justice des sentences qui soulèveraient l'indignation des masses, si on ne les savait arrachées à leuw auteurs par la tyrannie d'habitude peu flatteuses pair un pays c'vilisé." Je déplore les grèves ; elles sont la négation de la liberté individuelle et ne trainent à leur suite que ruine et misère, mais j'admirerais, je béniraif cello résultant du concert d'une cour toute entière pour formuler le non serviam antique, chaque fois que la loi humaine ferait une opposition aussi manifeste à la loi divine.Dans ce cas la révolte honore toujours les révoltés.Et maintenant, quel est le romède à do si grands maux ?Il ne saurait y en avoir d'autre qu'une loi punissant l'usure, semblable à celle adoptée par la plupart des gouvernements d'Europe, notamment par la France, mais on se heurte dès le début à une difficulté dos plus sérieuses, celle de In limitation du taux ds l'intérêt.Impossible en effet de déterminer les cas punissables tant que le prix de l'argent serf lais
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