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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 1 mai 1897
Genre spécifique :
  • Revues
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    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1897-05, Collections de BAnQ.

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BOITE 2184 No 134 TELEPHONE 892 Revue Politique et Littéraire POLITIQUE—THEATRE—LITTERATURE—BEAUX-ARTS VOL.6 MONTREAL, 1 MAI 1887 No.134 SOMMAIRE Le suffrage universel, Vieux-Rouge — Tous les même, A.Filiatreault — Changements, Vieux Libéral — Un revenant, Proulx— Encore elle, Catholique — Simple demande,Curieux — A Reims, de Clovis à Langénieux, Jean de Bon-nef on — Protcctionisme matrimonial, Félix Duque8nel, — Le Paradis Perdu, Rémi — Feuilleton : Rome (Suite) Emile Zola.Les conditions d'abonnement au Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des antres journaux.Nons livrons le journal à domicile, [franco,] à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de chaque mois.Tont ce qne nons demandons an pnblic est de voir le journal.Les abonnements en dehors de Montréal sont lyables tons les quatre mois et d'avance.Nous Presserons un nnméro échantillon gratuitement | ! tous com qni en feront la demande.le suffrage universel « Le suffrage universel, ce grand levier de la démocratie, cette arme sublime confiée au peuple pour dompter les tyrannies, ce sceptre et cette épée avec lesquels il commande aux rois et les punit, ce dernier mot de l'affranchissement humain, nous l'obtenons au Canada lentement mais sûrement, et ce ne sera pas le moindre bénéfice que nous retirerons de la présence aux affaires d'un gouvernement libéral.•Nous n'hésitons pas à repéter ici ce que nous avons dit.Les tendances du gouvernement Laurier sont profondement réformatrices ; nous trouvons à chaque pas qu'il tait l'empreinte d'un esprit ouvert aux revendications démocratiques ; comment se fait-il que ses paroles le soient si peu.Ce qui nous déplait, c'est cette dissimulation-qui peut être de la haute sagesse, mais qui ne répond pas comme dignité à la noblesse du but à atteindre.Il faut avoir le courage de ses opinions, que diable 1 et malheureusement nos politiciens de ce jour n'ont pas d'opinions ou 130 LE REVEIL bien quand ils en ont, ils s'empressent de les cacher.Le suffrage universel est un article du vieux programme rouge, que nous conservons comme notre credo politique.Les hommes de Y Avenir ont prêché, son adoption et se sont, dans le temps.attirés les dénonciations los plus farouches, pour oser même songer à implanter au Canada ce " régime cher aux sans-culotte et aux régicides," suivant les expressions qu'on employait alors.J'ai sous les yeux une petite brochure intitulée Le Rougisme en Canada et parue à Québec en 1864, où sont condensées toutes les infamies qui s'amoncelèrent sur la tête des chefs et fondateurs du parti libéral dont nous provenons.Aucune page n'est plus sanglante que celle où l'auteur parle des principes sociaux de ce groupe célèbre, qui introduisit pourtant dans notre politique et dans notre société le coin de l'émancipation.Dessaulles traduisait ainsi le suffrage universel : "les rois sont sujets et les sujets sont rois." Et il disait aussi : " la hiérarchie catholique qui refuse de reconnaître le dogme de la souveraineté du peuple, mais, laissons-la exhaler sa mauvaise humeur qui en tue peut-être dans les vues de la Providence et qui n'entraînera pas d'un iota la marche des événements ! Cette prédiction se réalise aujourd'hui.L'action du clergé n'a pas pu entraver le progrès de cette grande idée d'hommes libres.Nous sommes plus près du suffrage universel, du vrai suffrage universel, c'est-à-dire de celui qui donne aux poils l'égalité complète des citoyens que nous n'en avons jamais été.Au point de vue de la qualification ou du moins de l'inscription sur les listes électorales, un grand mouvement s'est opéré graduellement et à presque atteint son apogée aujourd'hui.Il est bon de dire que cette modification s'est opérée par l'action également influente des deux partis.11 n'en est pas de même de l'autre mesure de réforme dont le parti libéral aura l'honneur de réclamer la gloire toute entière.C'est au parti libéral commandé par sir Oliver Mowat qu'il revient d'avoir proclamé l'égalité de l'homme devant le scrutin.Le suffrage par tête donnant à tout électeur un seul vote, quelle que soit sa richesse, sa position sociale, est un des principes de notre époque.Tous les hommes sont égaux dans l'administration de la chose publique et s'il y a inégalité c'est que les plus riches au lieu d'avoir plus de droits ont plus de devoirs.Réfractairë à tou{idéal grandiose de noblesse cérébrale et morale, notre- province ne voyait, jusqu'à présent, l'influence que dans la terre ou le sac d'écus.Il eût fallu un vrai bouleversement, un cataclysme pour faire comprendre à notre peuple qu'il était anti-libéral, anti-démocritique de laisser un hommo voter dans cinq comtés s'il a ciuq propriétés, tandis que l'ouvrier qui est son égal ne peut voter qu'une fois.Mais on est arrivé à ce résultat graduellement, et sans effort.Québec a été entouré de provinces où fleurit le vrai suffrage universel, ou la plus parfaite équité règne daus la distribution du pouvoir aux mains du peuple.Québec s'est trouvé isolé dans ce mouvement et demeure la seule province réactionnaire au trône, encore l'aristocratique interprétation du pouvoir.3 Alors le gouvernement Laurier dit : " Nous allons simplifier le mécanisme électoral du pays, en ne laissant subsister qu'une seule organisation, pour ce qui a trait à l'établissement des listes et des lieux de scrutin.Les listes proviu- LE REVEIL 131 ciales nons les acceptons par économie et par .respect pour .'autonomie provinciale." Mais, et c'est là que se démontre toute l'habileté du jeu, ue pourriez-vous pas, a-t-il dit aux provinces, égaliser votre mode de suffrage, votre règle de qualifi -ation pour que le système pré sente au moins de l'uniformité." Le grand dicton, one man, one vote, t t capita, tot census, est bien une des devises chères aux descendants de la grande école do XAvenir.C'est au gouvernement Laurier que nous devrons ce progrès dans la province de Quebec.Québec avec la vieille conception catholique et conservatrice de l'aristocratie terrienne n'aurait jamais osé seul se débarrasser du préjugé suranné de l'influence plutocratique.Dans notre province, l'idée innée, inculquée par l'instruction religieuse des collèges et séminaires c'est que le propriétaire doit avoir plus de droits de votes que le fermier, que le riche doit avoir pins de droits de voto que le pauvre." Voyez, dit-il, la majorité des provinces pra» tique le suffrage par tête, pourquoi Québec ne suivrait-il pas cet exemple qui donne dans Ontario les meilleurs résultats ?" Et tout le monde de dire, pourquoi pas ?U i .-n de logique ne peut être invoqué en faveur du maintien de l'ancien système, et aujourd'hui le changement si naturel que le Globe &[>n annoncer d'une manière quasi-officielle que si M.Marchand arrivait au pouvoir le 11 mai son premier soin serait de faire passer à Québec une loi instituant le suffrage par téte comme il fonctionne dans Ontario.Si cela s'opère, la loi fédérale du cens électorale ne fera pas un pli pour passer à Ottawa et nous aurons bientôt à Québec et à Ottawa une loi électorale égalitaire et démocratique que nous devrons au parti libéral.Nous a* ions donc raison de dire que le vieux programme rouge peut sembler sommeiller, mais qu'il n'est pas mort.Il s'est fait agneau, mais il pourrait bien lui repousser des crocs.vieux rouge.TOUS LES MEMES A l'assemblée extraordinaire des curés du diocèse de Québec, à l'Université Laval, le 19 courant, le délégué apostolique, en réponse à l'adresse qui lui a été présentée, a fait les remarques suivantes : Je dois tous dire que nous comptons beaucoup sur la coopération des catholiques, pour ramener cette ère de concorde que vous venez d'acclamer.Coopérer avec le Pape ne consiste pas à se provoquer mutuellement, soit par des écrits, soit par des paroles ou à envenimer les esprits par des discussions acrimonieuses.Pour coopérer avec le Pape, il ne faut pas essayer de rabaisser l'autorité sacrée des évéques, qui est toujours en harmonie avec l'autorité du Pape.En vérité, cette manière d'agir, n'est pas de nature à préparer les voies de celui qni élève la voix pour enseigner les principes de la vérité et établir le règne de l'amour et de la paix.Le devoir des catholiques de tous les partis politiques est très clair en ce moment : C'est d'attendre avec confiance et d'accepter avec joie la direction du chef de l'Eglise, qui surveille diligemment les intérêts religieux de ses enfants C'est bien toujours la même chose.Les catholiques sont priés de se taire et d'attendre avec confiance qu'on les roule.Avec tout le respect que nous professons pour l'envoyé extraordinaire de Léon XIII, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer, qu'il dit absolument ce que tons les évéques de la Province ont dit bien avant lui : Taisez-vous, soumettez-vous et obéissez.Nous devons ajouter qu'il s'est servi d'expressions plus mitigées, mais au fond, c'est bien la même doctrine.Les ouailles sont créées pour payer et les pasteurs pour jouir.Aujourd'hui, Baptiste est écrasé sous le poids des impositions de toutes sortes, et il commence à regimber.La voix autorisée de l'épiscopat Canadien n'étant plus suffisante pour le ramener dans la voie des 182 LE REVEIL bons principes, on est allé à Rome chercher un nouveau régenteur.Nous en avions pourtant bien assez.L'élection du 11 mai va nous démontrer si on a eu tort ou raison.a.filiatreault.CHANGEMENTS Lorsque le gouvernement Laurier entreprit avec Rome des négociations, dont on n'a pas encore pu définir la nature, puisque les uns affirment que l'objet en est de réduire le clergé au silence, tandis que d'autres affirment que le seul but poursuivi est d'obtenir une approbation du règlement des écoles, il s'opéra à Londres un changement qui a attiré l'attention de la Chambre et motivé une interpellation officielle.Le gouvernement canadien, qui avait pour avocats en Angleterre, MM.Bompas, Bischoft' et Cie depuis plus de quarante ans, a subitement changé et pris MM.Day, Russell et autres.Aucune raison n'a pu être invoquée ponr expliquer ce changement.Le gouvernement a envoyé à ses anciens avocats, une lettre chaleureuse, leur exposant que le gouvernement n'avait eu qu'a se louer de leurs services.Cependant on les congédie.Pourquoi.Parce que M.Russell que l'on prend comme remplaçant, est le fils du juge en chef d'Angleterre et que son père est un catholique et l'ami du Cardinal Newman.En un mot, on engage le fils pour avoir l'influence du père.Nous irons jusqu'à dire, qu'on achète l'influence du père et nous n'exagérons rien, car ce ne sont pas les qualités transcendantes du jeune avocat, qui lni valent pareille clientèle.S'il n'eut pas été le fils à Papa, nous n'hésitons pas à le dire, jamais on ne lui eût confié pareil ouvrage.Au nom du parti libéral, dont nous restons et dont nous entendons rester membres, nous protestons contre ce funeste exemple.Le parti libéral a toujeurs été ennemi du népotisme et a toujours condamné ceux qui exerçaient sur la magistrature une influence indue ou spéculaient indûment sur son influence.Les libéraux ont toujours résisté à l'emploi de fils déjuge dans des causes où leur père pouvait influer ; ils se sont toujours tenus à l'écart de ces combinaisons de famille.Les temps sont changés; c'est regrettable.Cependant, il fallait le constater et le faire constater.L'emploi du jeune Russell ou plutôt l'utilisation de son influence religieuse et non de ses talents légaux, est une viola- tion de l'esprit libéral qui doit sûrement affecter les fidèles de la vieille école.vieux libéral.Un revenant Il y a longtemps qu'on n'en avait pas entendu parler de Baillargé, hein ?Eh bien le voilà revenu.C'est dans la Minerve qu'il fait avec la lettre suivante : Ce jugement sinistre est extrait de la Patrie du 10 avril et signé J.Israël Tarte.L'honorable ministre des travaux publics devrait bien nous donner son programme en fait d'instruction dans les écoles.- - En quoi notre système scolaire estjil déplorable ?Est-ce au point de vue de la direction générale î Cette direction est entre les mains de NosSeigneurs les Évéques et d'un certain nombre de laïcs chrétiens et instruits.Est-ce au point de vue du personnel enseignant ?Ce personnel se compose d'instituteurs catholiques pratiquants, de plusieurs milliers de jeunes filles dis- LE REVEIL 133 inguées, de 2,265 religieuses, de 754 religieux et 446 prêtres.Est-ce au point de vue de la science '! En 1805-96, le nombre des instituteurs et institutrices hues nou brevetés était de 686 seulement sur un total de 6,190.Est-ce au point de vue des matières enseignées ï Le programme est connu.M.le Ministre est prié d'iudi(|uer les matières a retrancher, et d'indiquer aussi celles qu'il faudrait ajouter au programme.Est-ce au point qe vue de Yassstance des élèves ?Cette assistance est de 71 p.c.à l'école primaire et de 83 p.c.à l'école modèle et dans les académies.Est-ce au point de vue de Vin fuir lté relative de nos écoles ?C'est sans doute parce que nos travaux scolaires ne raient rien, qu'ils ont fait l'admiration des étrangers à Chicago et nous ont mérité les plus grands éloges, Est-ce enfin au point de vue de nos maisons d'eau- cation ?Ces maisons étaient déjà au nombre de 3,907 en I8G7 ; elles sont aujourd'hui au uombre de 5,903 ! Notre système scolaire est-il déplorable enfin, parce que la province de Québec est au point de vue du pro qm duns l'instruction, inférieure aux autres provinces tlf la Confédération ?En ce qui regarde notre population de 10 à 20 ans —c'est le groupe à considérer pour juger les écoles — uous sommes à la tête.Oui, Monsieur le Ministre, nous le répétons, sans «rainte d'être démentis : Nous tommes à la téte.Ouvrons le Bulletin du recensement, No 17, page " Comme matière de fait, les progrès de la population de Québsc entre 10 et 20 ans ont été beaucoup plus considérables que ceux de tout autre groupe semblable dans aucune des autres provinces.La province x se rapproche le plus de celle ds Québec est l'Ile du IVince-Edouard avec un groupe de 10 à 20 ans.Enfin Québec, pour ce qui regarde l'éducation, montre l'état le plus satisfaisant que l'étude des chiffres du recensement, concernant ce groupe de 10 à 20 ans." De grâce, Monsieur le Ministre, dites-nous en quoi nottv système scolaire est déplorable, et vous aurez rendu k la patiis un service signalé.12 avril 1897 F.-A.BAILLARGË, ptre.P.S.— La Patrie n'a pas jugé à propos de publier cetU correspondance.26 avril 1897.Depuis les fameuses lettres de Frechette, il s'était tu, le fameux Hail large.Le voilà qui recommence.H n'a rien appris dans son exil.Toujours la même suffisance ; toujours les mêmes audacieuses prétentions.Nous avons toujours dit que nous n'avions pas de preuve plus complète do la faiblesse de nos écoles que le style et les idées de Baillargé.Nous les déposons ici.Qu'on les lise ; nous y répondrons la semaine prochaine si M.Tarte n'a pas le courage d'y répondre.PROULX.ILS SONT a PLAINDRE On plaint les pauvres malades atteints de gros rhumes ; pourquoi ne pas leur p.ocurer un soulagement immédiat en leur faisant prendre du BAUME RHUMAL qui Us guérira radicalement.ENCORE ELLE Il n'est jamais trop tard pour parler d'elle.De qui ?De celle qui fut Diana Vaughan et que Ta r divel appelait avec une intimité qui ne nous de plait pas ; Miss.Nous avons donné samedi la dépêche de ce bon Tardivel.Nous avons hâte d'avoir les détails de la fête.Nous ne les posséderons que la semaine prochaine, puisque Tardivel, la terreur des palla-distes et des lucifériens, s'est embarqué samedi dernier et ne mettra le pied sur la terre américaine que le jour où paraîtra ce journal.C'est égal, il aura une drôle de téte ce bon Tardivel, le jour où il se trouvera dans le groupe des petits minteaux qui composent le Club catholique de Québec.Nous en entendrons parler assez vite.Maintenant, prenons les renseignements qne nous possédons.Voici uue dépêche que publiait le New-York Herald dans son numéao de dimanche 25 avril : " Une des mystifications les plus colossales du siècle a été dévoilée cette semaine par son propre auteur.Leo Taxil, le farceur en question, a annoncé, sans la moindre honte apparente que sa conversion au catholicisme était aussi mensongère et aussi factice que ses révélations sur la franc maçonnerie.U a admis cyniquement que Diana Vaughan lu fameuse fiancée d'Asmodée convertie ensuite bruyamment au catholicisme était simplement une petite ouvrière, une cla-vigraphe, de fait, à qui il payait 150 frs.pat mois pour entretenir uno correspondance avec les évéques et les cardinaux et pour tenir le Vatican au courant des complots qui se tramaient dans les loges maçonniques pour la destruction do l'Eglise." Habemus confitentem rerum.Le coupable a avoué et a donné raison aux clairvoyants ou aux sincères qui n'ont voulu ni se laisser tromper ni tromper.Mais, passons outre : Le moment est venu de rappeler l'énorme spé 134 LE REVEIL dilution qui s'était laite sous le couvert de cette exploitation religieuse.Voici tel qu'il avait paru daus la Vérité l'itinéraire que devait suivre Miss : uous le publions parce qu'il est uu document utile, pour démontrer l'éuormité de la conspiration organisée contre la bourse du public.Voici cet itinéraire pris daus la Revue Catholique de Coutanees et reprise dans la Vérité de Québec : Voici l'itinéraire définitif adopté par miss Diana Vaughan pour la période du 19 avril au 15 juin, c'est-à-dire de Paris à Kome : Lundi 19 avril.Paris < Ire conférence).—Mardi 20, voyage de Paris à Avranches, arrivée l'après-midi.— Jeudi 12, Avranches.—Vendredi 23, voyage d'Avran-ches à Cherbourg ; le soir, conférence à Cherbourg.— Samedi 24.voyage de Cherbourg à Paris ; arrivée à ô hrs.du soir.—Dimanche 25.le matin.Notre-Dame des-Victoires.Voyage de Pans à Rotterdam ; arrivée à ôl|2h.après-midi'— Lundi 26, conférence (française ou anglaise, miss Diana Vaughan ne connaissant pas le hollandais*—Mardi 27.voyage de Rotterdam à Londres, soit par le service spécial du mardi (départ à midi ), «oit par le service quotidien i départ à 6 h.du soir)—Mercredi ib, Londres; pas de conférence, mais réception particulière des journalistes catholiques.—Jeudi 2!*.Londres ; départ le soir pour Edimbourg—Vendredi 30, Edimbourg ; arrivée le matin : conférence le soir.Samedi 1er mai, voyage d'Edimbourg à Londres : repos.—Dimanche 2, Siunte-Marie-des-Anges.—Lundi 3, vayage de Londres à Paris, arrivée le soir à 7 h.—Mardi 4 et Mercredi ô.Paris (réceptions particulières)—Jeudi I, le soir.2e conférence de Paris.— Vendredi 7 et samedi 8.Paris f réceptions particulières!—Dimanche t'.Sacré Cœur ; voyage de Paris à Rouen l'après-midi : conférence le soir—Lundi 10, Rouen ; voyage de Rouen à Lille dans la soirée—Mar-di U, Lille, journée de repos, saus receptions—Mercredi 12, Lille : réceptions particulières l'après-midi : conférence le soir : Jeudi.13, voyage de Lille à Bruxelles.—Vendredi.14.Bruxelles ; journée de repos, sauf réceptions de journalistes catholiques.—Samedi li.repos : conférence de Bruxelles, ls soir.—Dimanche lti.repos ; départ pour Reims, le soir, sauf «net à Saint-Quentin.—Lundi 1", voyage de Saint-Quentin à Reims : arrivée à 2 h.après-midi : repos.—Mardi 1S, Raima ; receptions particulières ; conférence le soir : Mercredi 19, Reims ; repos— Jeudi 20, voyage de Reims à Nancy, le matin : conférence le soir — Vendredi 21, voyage de Nancy à Paris l'après-midi ; arrivée à (i h: aucune réception, repos.— Samedi.22, voyage de Paris à Tours—Dimanche.23, Tours : conférence le soir—Lundi 24.voyage de Tours à Bordeaux ; arrivée à b' h.du soir—Mardi 25, Bouleaux : conférence le soir—Mercredi 26, Bordeaux ; réceptions particulières—Jeudi 2".voyage de Bordeaux à Montpellier : arrivée à 7 h.du soir—Vendredi 28, Montpellier ; journée de repos, aucune réceptian, conférence le soir—.Samedi 29, réceptions particulières dans la matinee a Montpellier ; voyage de Montpellier à Marseille ; arrivée l'après-midi—Dimanche 30, Notre-Dame-de-la-Garde, le matin ; conférence le soir Lundi 31, Marseille, repos complet, aucune réception.Mardi 1er juin, Marseille : réceptions particulières.Mercredi 2, voyage de Marseille à Lyon ; arrivée s 2 1[4 h après-midi ; coufércnce le soir.—Jeudi 3, Notre-Dame de Fournières, le matin ; réceptions particulières, l'après-midi.—Vendredi 4, voyage de Lvon à Grenoble ; urrivée à 1 h.après-midi ; repos.—Samedi 5, Grenoble, réceptious particulières ; conférence le soir.—Dimauehe 6, Notre-Dame-ds-la-Salette.—Lundi 7, Crenoble ; le matin, repos ; aucune réception ; voyage de Crenoble à Chanibéry, l'après-midi.—Mardi 8, veyage de Chambéry à Turin ; arrivée à 2 h" après-midi ; repos.—Mercredi 9, Turin ; réceptious particulières; couférenee le soir.—Jeudi 10, Turin; repos ; l'après-midi de 3 h.à 5 h., réception de journalistes catholiques.—Vendredi 11, Turin ; repos, aucune réception : voyage de Turin à Gênes, l'après-midi ; arrivée à 6 h.du soir—Samedi 12, repos complet à Gènes dans la journée ; aucune réception, conférenee j le soir.—Dimanohe 13.Gênes ; repcs complet—Lundi ' 14, Gènes ; réceptions particulières ; départ la nuit, 11 h, et quart, pour Rome—Mardi lô.arrivée à Rome, 10 h.et demie du matin.En cas de fatigue, telle ou telle conférenee pourra être supprimée, sans que cette suppression amène use modification de l'itinéraire Les conférences qui auraient été supprimées ponr ce motif seraient faites en juillet, au retour d'Italie.—Le voyage de retour d'Italie ne sera pas public, il comportera un pèlerinage .Notre-Dame de Lourdes, miss Diana Vaughan voyageant alors incognito et accompagnée seulement par une famille amie.Voilà donc toute la liste des gens qu'on voulait écnmer, blaguer et voler.Car il u'y a pas à dire.Les propagateurs de fausses nouvelles ont leur part de responsabilité.Ce qui nous étonne, par exemple, c'est de voir le .aime des autorités ecclésiastiques.Pas une n'a bougé.La Vérité depuis des années colporte le mensonge: • • «e fait le champion, du plus grand sacrilège du monde entier.Et la hiérarchie ne se lève pas droit.Pour avoir voulu publier un romau d'Alexandre Dumas, on nous a ruinés.Ou nt dit rien à Tardivel qui a colporté le mansong •.l'infamie, le mépris de toutes les choses saintes en se paoclomant le défenseur de cet iguoble voyou d>; Leo Taxil.' Qui punira doue ces gens là.- Qui aura le courage de leur demander des comptes de leur conduite ?CATHOLIQUE.CEST LA LE SECRET La cause du succès du BAUME RHUMAL est connue de tous ceux qui en font usage : il guérit proinptemeut et radicalement.C'est là tout !e secret. LE REVEIL 115 A REIMS DE CLOVIS A LANGÉNIEUX L1 quatorzième centenaire du baptême de fjlovis s'est trouvé, eu 1896, sous les pas d'uu homme fort avisé, qui est le cardinal Langé-nieux Reims a offert le calme décor de son élégance triste à une fête renouvelée des sacres royaux.Do la cathédrale, vitrée comme une lanterne, à l'église Saint-Rémi, précieuse comme un immense reliquaire, enrichie par la piété des siècles, un cortège nombreux a suivi la châsse de l'antique catéchiste et, en même temps, la mitre de l'actuel anhevêque.Les évêques et les pèlerins y sont venus parce qne la fête était celle d'un saint.Les royalistes ont suivi, parce que, en plongeant son corps dans l'eau du baptême, Clovis y plogea la monarchie française.Le pape s'est fait un peu tirer l'oreille, qn'il a longue, pour bénir ce projet ; enfin, il a donné nn bref et accordé à la France un jubilé national.Le cardiual Langénieux a transmis le document ans évêques et leur a rappelé la promesse qu'ils ont faite de venir tous à Reims.Les gardiens de la République se sont épou vantés, et ont trouvé, dans le vieil arsenal des articles organiques, deux ou trois bons bâtons à mettre dans les jambes du cardinal Langénieux.Les évêques ont du garder la résidence.Nulle lettre du Souverain Pontife ne peut être publiée eu France sans l'autorisation dn gouvernement.Enfin, ancuu concile, aucun synode ne peut avoir lieu sans le uiême consentement.Voilà pourquoi l'éminent Langénieux est exposé à être déféré au Conseil d'Etat comme d'abus.Voilà pourquoi une circulaire ministérielle priera les évêques de ne pas se déplacer en octobre.L'amusant de l'aventure est que les prélats protesteront pour la forme, mais seront enchantés du triste échec de leur collègue.Pour comprendre cette situation, il faut connaître l'archevêque de Reims et le passé déjà lourd qu'il traîne derrière lui comme un long manteau de pourpre.Les circonstances ont tait.de lui le chef des intransigeants ; mais ii est entré dans le combat sans y avoir été préparé.Mgr Langénieux, qui naqnit dans le département du Rhône, vint conquérir Paris et réussit à devenir le modèle du parfait curé de capitale.Il n'a pas de littérature : lisez ses écrits authentiques.Il n'a pas de science : sa vie d'œuvres ne lui a pas permis les travaux inutiles ; il n'a pas d'éloquence : il parle daus la manière précieuse des prêcheurs pour dames Mais il est aimable, d'une amabilité sans arret et sans mesure.Chez lui, le charme du sourire remplace tout, même celui du visage.Le nez est immense, mais pas à la manière d'un nez de grande maison ; il s'étend en largeur.Les joues molles sont sillonnées par qua-très rides, quatre chevrons héraldiques, deux à droite, deux à gauche, partant des narines pour se perdre dans la bouche sans garniture et dans le menton sans fossettes.Des yeux, il est difficile de parler ; ou ne les voit pas sous les plis des paupières.Le front est habilement garni de cheveux qui, après soixante-douze hivers, ont bleui au lieu de blanchir.La teinture dont l'Émi-nence abuse n'est pas de bonne qualité.Vicaire, curé évêque, M.Langénieux î\it catéchiste, c'est à-dire directeur des femmes par les enfants, des hommes par l-*s femmes.A l'église Saint-Augustin, il mena daus les voies de Dieu les épouses des ministres, alors que les ministres envoyaient encore leurs épouses à l'église.Par Mme de Montblanc, puissante près de l'impératrice, il obtint de prêcher nn carême aux Tuileries.Ce fut le dernier, on était en 1870.Les ministres, sous la conduite de M Emile Olivier, se rendaient tous à la messe impériale.Beaux parleurs, ils trouvèrent le prédicateur un peu faible.On espérait de lui le fond et la forme ; on ne trouva que la bonne grâce qui sied dans une réunion de mères chrétiennes.L'empereur, qui avait discrètem-nt baillé, ne pat se décider à poser une mitre sur la tète sans doctine, malgré les dames patronesses de cette candidature. ne LBl REVEIL —Il est trop médiocre, dit Napoléon III à Emile Olivier, après la messe du jour de Pâques.Nous ne pouvons lu} donner la croix episcopate Donnons-lui celle de la Légion d'honneur.Ainsi fut fait.Le gouvernement de M.Thiere passa méfiant devant ce candidat des dames.Le maréchal, lui, fut vaincu par la maréchale, malgré l'avis de M.Dupanloup, qui répétait sans cesse : " Méfiez-vous, c'est un faiseur onctueux." L'abbé Langénieux fut expédié dans les Hautes-Pyrénées, où il resta juste le temps nécessaire ponr Imusmanniser la ville de Lourdes.Quelques mois plus tard, il était assis sur le siège de Suint-Rémi.L'archevêque eut l'ingratitude du snccès : après le 16 Mai, il travailla discrètement à la chute du maréchal.M.Dufaure, ami intime du préiat, dut à sou influence, le portefeuille rendu par M.Fourtou.En faisant des ministres, M.Langénieux se préparait mal à devenir le chef de l'opposition qu'il est aujourd'hui.Ce n'est pas le succès d'une cause qu'il cherche, ce sont les sourires des salons, les applaudissements de la foule.Cette passion a mis ce Benjamin du centre-gauche au service de la maison d'Orléans, dans des affaires matrimoniales qui n'ont pas réussi.Les autres œuvres de M.Langénieux, depuis qu'en 1886 il a recueilli un des trois chapeauz chinois, valent d'être citées.Il s'est mis à la tête des revendications ouvrières ; avec M.Harmel, cornne habituel de pèlerinages, il a mené aux pieds du pape les dix mille, qui n'étaient que neuf cents.La retraite de cette expédition fut précédée par l'échauffou.rée de Rome, qui faillit mettre aux prises la France et l'Italie.Après ce succès, l'abbé Gar-nier sacra, sans huile et saus cathédrale, l'Eiiii-nence de ce beau nom : le cardinal des ouvriers , ce titre s'est collé comme une pancarte ironique au dos de ce vieillard pommadé, musqué, teint endentellé, embrillanté Avec cet Inri, le cardinal partit pour l'Orient.Légat du pape, il fit son entrée solennelle dans Jérusalem sur une mule richement harnachée Ignoraut de tout en ce pays, il y sema la graine de discorde et de haine qui a poussé jusqu'à hauteur des massacres d'Arménie.L'année dernière, pour ajouter une fouille de laurier à sa couronne, il combattit la loi d'abonnement.Les communautés religieuses abandonnèrent le général en chef qu'elles n'avaient pu choisi.La bataille ne fut pas livrée faute d'assaillants.Le eardinal annonce que l'armée religieuse doit se mettre en marche au mois d'avril.N'en doutez pas, la partie sera remise, et celui que la Croix appelle le prêtre sans peur et sans reproche, sera plus seul que Bayard auprès de l'arbre final.Il se désertera lui-même.Cela ne trouble pas la sérénité de l'éminent seigneur : reconduit sans triomphe par son suf-fragant, l'évêque de Barvais, abandonné par les moines, il cherche nne nouvelle manifestation triomphale et il trouve Saint-Rémi, nne victime qui ne protestera pas.Convocation des évêques, convocation du clergé, convocation des œuvres : toute l'Eglise de France aux pieds du cardinal Langénieux ! Les ignorants ont vu là l'imprudence d'an homme prudent, comme si à la chute du centre gauche, le cardinal n'avait pas été le chef discret de tontes les oppositions politico-religieuses ! N'est-ce pas lui qui a présidé.l'an dernier.leridicule Dieu le veult t de Clermont ?Le gouvernement n'a pas voulu voir une seconde édition de cette petite fête ; et ce faisant, il s'est peut-être montré le gardien de nos gloires passées compromises par des parodies.Ce qui précède n'est pas mon opinion sans importing ; c'est l'écho fidèle de ce qui fut entendu à Reims par une tempête de mer qui souf-tlait sur les craies de la Champagne.Ce vent tamisé par les couloirs d'un vieux palais a mis à mal l'éminentissime archevêque.Les insuccès l'ont usé courbé, enrhumé On s'en est peu inquiété d'abord ; le cardinal a la maladie facile.Ponr les funérailles de son collègue de Tours, il fit une chute qui devait le retenir, d'aprcH sa lettre, un mois au lit ; le lendemain des obsèques il se promenait dans les rues de sa bonne ville.Cette fois, l'affaire s'est trouvée plus sérieuse.Les fards n'ont pas trompé le Temps et la fatigue morale du cardinal, plu» LE RVREIL 18» ncore que son mal physique, le rend invi- ible.Cette cause regrettable m'a valu de connaître Mgr Péchenard, protonotaire apostolique, vicaire général et principal auxilliaire de l'Êminence.Ce distingué personnage représenta avec tant d'éclat son maître empêché à l'époque du congrès de Lille que les auditeurs enthousiastes oublièrent de formuler un regret pour l'a substitution de personnes.Mgr Péchenard est un de ces prêtres qu'on ne pent trouver sans crosse et sans mitre qu'à des tournants de l'histoire ; il s'est dévoué jusqu'à se compromettre pour le maître qu'il n'a pas choisi.Il dirige le diocèse, s'occupe des laïcs, fait tout ce qui est utile et laisse à M.Langénieux tout ce qui est brillant.Or, de tels mérites ne recevront pas de récompense en cette vallée ; tout le monde le comprend, excepté peut-être l'excellente victime.Le protonotaire a une figure rare, irrégnlière mais plaisante.Ses yeux ont un éclat fort dur adouci par un voile de cils d'une beauté inédite chez les hommes.Avec cela, le personnage est rigoureux et râblé comme uu loup.Nous ne savons, dit-il, des projets du gouvernement que ce que nous ont apprisses journaux.Que peut-on nous faire ?Déférer Son Eminence au conseil d'Etat, comme d'abus.Gela nous impôt te peu ; cela donnera un relief nouveau aux fête» d'octobre.— Mais si les évéques n'osent pas venir ?— Us viendront puisqu'ils l'ont promis.Quelques privations de traitement ne sont pas, je l'espère, choses à effrayer l'épiscopat.D'ailleurs, les articles organiques que le gouvernement peut invoquer ne sont pas une autorité pour nous.Ils ne font pas partie du Concordat La papauté les a toujours reniés.Le premier article aujourd'hui e-t simplement ridicule d'archaïsme.Peut-on empêcher uu archevêque de publier uue bulle de Rome quand tous les journaux ont le droit de l'insérer V La Presse a fait tomber ces précautions en poussière.—Son Emminence u,a-t elle pas eu quelques difficultés à obtenir la courte bulle à laquelle vous faites allusion ?N'a-t-elle pas dû rappeler au pape, le 25 décembre, une promesse que le Saint-Père semblait oublier ?—Tout cela est inexact.Le pape a donné sa bulle du haut de sa sereine autorité.Il a accordé à la France un jubilé pour la relever de son avachissement (sic.) Dire que le cardinal a voulu faire œuvre politique, c'est ignorer sa sagesse, sa prudence ; il faut s'en reporter à la lettre que voici et où vous pouvez lire cette suave parole : " Il est bien évident que cette manifestation conservera un caractère essentiellement religieux et patriotique ; c'est avec uu désir sincère de concorde et de pacification que Nous en jetons l'idée dans le cœur de tous ceux qui mettent au-dessus des luttes des partis un amour désintéressé du pays." Sur cette lecture, la conversation tourne brusque meut : nous passons aux sujets plus intéressants, mais moins actuels de Clovis et saint Rémi.Puis, le prélat veut bien me montrer la chapelle construite là même où fut catéchisé le roi.Au-dessus, il me fait visiter les appartements royaux que Charles X occupa le dernier pour son sacre.Si le chef de l'Etat voulait aller au quatorzième centenaire, il trouverait le tout in stalle : le lit même est prêt.JEAN DE BONNEFON.PROTECTIONISMS MATRIMONIAL Il y a quelque temps — disons précisément : le 4 mars,—les Etats-Unis étaient en fête ; le nouveau présidant, major MacKinley, succédait au président Clevelaud parvenu au terme de sa magistrature.C'est à Washington, la capitale présidentielle, que s'opère la remise des pouvoirs, en une cérémonie singulière, pour laquelle les citoyens de la libre Amérique accourent de tous côtés, adressant leurs adieux au président qui s'en va, composant le cortège de celui qui arrive.Lo cortège qui accompagnait JJMac-Kinley,— " le bon garçon," comme dit cordialement la foule,—était de plusieurs centaines de mille ci- 1S8 LE REVEIL toyens ;—et qnel mélange : des bourgeois, des marchands, des marins, des soldats, des fermiers, des ouvriers, des clergymen, des nègres, des pêcheurs, que sais-je, toute la flore des Etats-Unis.Au milieu de ce cortège diapré, grouillant, familier et respectueux à la fois, le président s'avance gravement, boutonné daus sa redingote noire, le chapeau haute-forme sur la tête, échangeant des shake-hands avec les milliers de mains qui se tendent vers la sienne.Et c'eBt ainsi que lentement, gravement, il gagne l'hôtel du gouvernement, — la " Maison-Blanche, " comme on l'appelle,—une grande maison plate, assez insignifiante, une desj plus simples, entre tontes les habitatious pirticu J lièrea de Washington, qui très élégantes, pour la plupart, se détachent au milieu de jardins fleurie.A l'arrivée, sous le péristyle, celui qui s'en va remet les clefs do la maison à celui qui arrive,— c'est uu locataire qui en remplace un autre, avec un bail de quatre années.—Le nouveau président prend alors possession, reçoit les membres, du corps diplomatique, qui viennent lui préseu ter les mêmes hommages que, quatre ans auparavant, ils adressaient à l'autre locataire ; il préside, pour la forme, uu rapide conseil des ministres, où ou se congratule réciproquement ; après quoi il p araît au balcon,—qui en vit paraître bien d'autres,—et adresse, de toutes les foiccs de ses puuuiuub, un discours à la foule, où il expose sou passe, ses opinions, sou programme de gouveruement,—celui qu'il exécutera ou n'exécute, ra pas : qu'en sait-il lui-même?—La foule qui n'entend guère, vu la distance, approuve de confiance, pousse les hurrahs traditionnels, jette quelques chapeaux un l'air et.la comédie est jouée : Mac-Kinley a succédé à Cleveland.J'oubliais : le soir, il y a banquet de dix mille couverts, à un dollar par tête, et bal de cent mille invités, qui se trémoussent toute la nuit, sous une tente dressée dans le .Tardiu public.Après cette cérémonie plus populaire qu'imposante, Mac-Kinley va donc gouverner, ainsi qu'il convient, la grande République des Etats-Unis.Or, le nouveau président e8t protectionniste à outrance,—il l'était, du moins, la veille de son arrivée au pouvoir ; le sera-t-il le lendemain ?nul ne le saurait dire,—et voilà que vers lui se portent les regards interrogatifs des jeunes misses qui se demandent quel parti il va prendre dans la question des entraves prohibi-tionnistes à imposer à la trop grande extension " de l'exportation féminine." Vous ne comprenez certainement pas ce que je veux dire, et ceci mérite explication.Voici ce dont il s'agit : il parait qu'une idée étonnante vient de naître dans les cerveauxyan-kees.Le cousin Jonathan,—vous savez que c'est sous ce vocable qu'on synthétise la nation américaine,—s'est avisé un beau matin, que ses plus riches héritières s'envolaient volontiers, vers le vieux continent, lâchant sans regret le pays des dollars, qui est aussi celui de l'ennui.Ces jeunes et jolies démocrates, eu effet, ont un prurit d'aristocratie, et se disent que vraiment la fortune ne suffit pas au bonheur.Et voilà que, d'autre part, les jeunes gens de la noblesse française, voire aussi de l'aristocratie anglaise, viennent volontiers en Amérique, pour y chercher de la dorure à blason, ou du fumier à domaines.Rien de plus naturel, n'est-ce pas ?C'est un peu comme disait le vieux sergent mer cenaire : " Que chacuu se bat pour ce qui lui manque.Je ne me bats pas.—ajoutait-il,—pour l'honueur, j'en ai plus qu'il ne m'en faut, tandis que ma bourse est vide !" Oui, mais voilà ! cette émigration heureuse pour les jeunes gentilshommes en panne, cause des émotions singulières aux jeunes Yankees, eux aussi en pourchas de dots étineelantes.La concurrence commence à les inquiéter.L'exode des filles de brasseurs enrichis, de marchands de charbon cent fois millionnaires, de tanneurs dorés sur tranches, qui, toutes, se dirigent vers l'Europe, les agace et les préoccupe.Ou a beau leur dire que ces mariages qni sont du côté masculin surtout d'inclination pour la cassette, qui a de si beaux yeux, n'ont pas toujours le bonheur pour résultat ; qu e le plus son LE REVEIL veut ils aboutissent en divorce; et qu'après rupture du lien conjugal, les jeunes Yankees ont tonte chance de voir leur revenir leurs aimables compatriotes plus prudentes et désillusionnées, ce qui est le commencement de la sagesse.On a beau faire, on a beau dire, rien ne les rassure.Encore, s'il n'y avait que la femme d'écornée, ce serait mince accident, mais songez donc qne la fortune court même danger, car les jeunes gentilshommes européens n'y vont pas de main morte ; aussi les jeunes Yankees sont-il dans la désolation.# * Kn présence de la calamité menaçante dn drainage féminin de la libre Amérique, par les gentilshommes décavés, le cousin Jonathan a pris d'abord sa téte entre ses mains noueuses ; puis il a enfermé, pour s'abstraire, ses yeux sons leurs longues paupières, et s'est mis à réfléchir, passant ses doigts crochus dans sa barbe en fer à cheval.Au bout d'un moment, il a souri, de ses grandes dents :—comme Archimède, il a trouvé." Qu'est-ce que la femme, après tout,— s'est-il écrié,—un simple article d'exportation.Pourquoi ne serait-elle pas tarifée, tout comme nne antre marchandise, et comme telle, frappée d'un droit ad valorem ?" 11 vous plait, jeunes misses, de devenir comtesses, marquises, duchesses,—ce qui est, d'ail" leurs, absolument logique et naturel, ces sortes de distinctions surannées et insignifiantes, ou à peu près, dans le vieux monde, n'ayant plus guère d'intérêt et de prix que dans le nouveau, berceau de la société démocratique;—rien de mieux, épousez donc qui vous voudrez !—libre à vous.—Seulement, comme, ce faisant, vous nous causez un préjudice, et que vous sortez de votre patrie, uu morceau de la fortune nationale, vous paierez un droit de douane." Dame ! on est protectionniste ou on ne l'est pas!" Sans compter la fameuse doctrine Monroe qu'on exhibe, de loin en loin,—comme un diable qui jaillit d'une boîte à surprise—et qu'on accommode à toutes les sauces, selon les besoins.—Et on a découvert qne cette chasse à la dot, à travers le Nouveau-Monde, par les jeunes pionniers de l'ancien, constituait nne immixtion de l'Europe dans les affaires de l'Amérique.Elle a bon dos, la doctrine Monroe ! Restait à fixer le tarif dn droit à acquitter ponr l'expcrtation féminine, et les financiers d'Etat ont conclu que 25 0{0 de l'actif de la fortune de toute Américaine convolant à l'étranger, serait nn taux suffisant—quant à présent du moins,—on verrait pins tard,—on aviserait ensuite, et s'il y avait lien.Et voilà où en sont les choses ! ! * • * Ne croyez pas qne tont ceci soit plaisanterie et simple caprice humoristique de chroniqueur ; rien n'est pins sérieux, et le bill a déjà été prorogé, l'année dernière, à l'Assemblée d'Al-bany.Il reviendra donc un jour ou l'autre, et motivera un débat nouveau, qui ne peut manquer d'être curieux, et alors nous verrons bien si le protectionisme Mac-Kinley, après avoir fermé l'entrée des Etats-Unis aux marchandises européennes, en interdira la sortie aux misses Yankees armées de leur dot.En tout cas, il faut avoner que ce serait nne singulière manière d'entendre la liberté, et ponr un peuple qui se pique de haute galanterie envers la femme, — car celle-ci est vraiment reine aux Etats-Unis — un singulier procédé, puisqu'il aurait pour effet de la faire considérer comme une marchandise dont l'exportation est prohibée, ou frappée de droits exorbitants.Si les Américains pratiquaient les mœurs chinoises, tout irait bien mieux, et ils n'aurait pas besoin de tant de précautions.En Ohine, en effet, tout se passe bien pins logiquement, — c'est le pays de la logique, l'Empire dn Milien, — Là, les pères ne dotent pas leurs filles à marier, et ils tiennent qn'en l'épousant c'est le gendre qni fait la bonne affaire.Alors non seulement celui-ci doit rendre, sans dot, la jeune chinoise aux yeux obliques, et aux petit3 pieds, mais encore pour remercier le beau-père du sacrifice, et l'indemniser de la perte de 140 LE RÉVEIL sa fille, il le comble de présents et il lui fait des rentes.Il est vrai qu'en Chine.— pays du bon sens absolu, quoique qu'on en puisse dire,— on paye son médecin tant qu'on n'est pas malade, et qu'on cesse de le payer, dès que la maladie vous prend.Aussi, je recommande le système, chinois au cousin Jouathan ! Qu'il cesse de doter ses filles Alors, entre colles-ci et les jeunes gentilhommes européens, il n'y aura plus que des mariages d'amour, de pure inclination.Il verra qu'ils sont beaucoup plus rares.FELIX DUQUESNEL.LE PARADIS PERDIT Mardi dernier, le chœur du Gesu, renforcé d'une quantité d'amateurs des deux sexes, interprétait au Monument National uue œuvre de Théodore Dubois : Le Paradis perdu C'est un oratorio, c'est-à-dire une œuvre lyrique qui ne comporte pas de mise en scène.Le nombre des exécutauts, y compris les in-btrumentistes, était de 250 environ.Il y avait là des masses chorales, bien stylées et bien exercées, qui produisaient des effets extrêmement puissants.Par malheur, l'orchestre ue cadrait pas avec ces masses, et le nombre des musiciens était beaucoup trop faible pour les voix qu'il avait à soutenir.De plus, uue impossibilité matérielle iusurmontablo avait empêché le directeur de cette vaste entreprise de se procurer la partition d'orchestre.De sorte que l'orchestration avait dù être improvisée sur une partition de piano.Ce travail a été aussi bien fait que possible et eu suivant toutes les indications marquées sur cette partition ; mais on comprendra combien ce travail d'arrangement, quoique parfait dans son genre, dénaturait l'œuvre originale.C'est certainement à cause de cette réduction forcée de l'orchestre que " Le Paradis perdu " n'a pu nous livrer toutes ses beautés.Néanmoins, tel qu'il a été exécuté, il nous autorise à présager uue prochaine et désirable révolution artistique.La tentative de mardi marque une des der- nières étapes vers ce but.Depuis bien des années déjà, drs œuvres diverses avaient été montées à grands frais et avec beaucoup d'efforts par des amateurs.Ces œuvres, opéras ou opéras-comiques, ont toujours obtenu un succès d'estime, mais jamais un succès financier.L'heure n'était pas venue sans doute.Elle a sonné mardi, et c'est avec joie que nous enregistrons le succès pécuniaire de la soirée, C'est sur cet indice que nous nous basons pour dire que nons touchons aux dernières étapes qui nous séparent encore du vaste champ artistique où nous convoitons depuis si longtemps de uous ébattre.Pourtant, si nous voulons atteindre le but de nos légitimes et nobles aspirations, il faut bien nous garder de tomber dans "lauto-gobisme," et nous garder surtout de croire que nous avons atteint la perfection relative à laquelle nous sommes fatalement limités, pour bien longtemps du moins Oui, étant donnée la modicité de nos moyens, lt soirée de mardi a été snperbe.Elle autorise tous ceux qui ont concouru à l'exécution de l'œuvre de se montrer très satisfaits du résultat, car ce résultat a dépassé les prévisions des pins optimistes ; mais il ne faut pas se reposer et vivre du souvenir d'un triomphe bien conquis.Il faut au contraire tirer de ce triomphe un enseignement et le considérer comme un engagement réciproque entre le public et les artistes-amateurs : de la part du premier, engagement de s'intéresser à toutes les tentatives artistiques et de les encourager de sa bourse : de la part des seconds, promesse formelle de travailler en conscience et de nous placer enfin an nombre des peuples artistes.Pour cela, par exemple, il faut de l'étude et ne pas compter sur les aptitudes de chacun on snr les dons naturels.Une belle voix n'est qu'un outil.Si l'on ne sait pas se servir de cet outil, c'est comme si l'on n'en avait point.Que nos amateurs ne se croient pas pa rvenug au terme final.Qu'ils étudient, au contraire avec l'acharnement de ceux qui croient ne rien' savoir, et le résultat sera la fondation définitive d'nne œuvre méritoire et la victoire de l'art sur le prosaïsme.RBMI. le reveil 141 FEUILLETON p a n EMILE ZOLA X Et monsignor Nani, qui semblait l'écouter d'un air de ravissement, s'exclamait, répétait à chaque station de ce calvaire du solliciteur : —Mais cest très bieu ! mais c'est parfait ! Oh ! votre affaire marche ! A merveille, à merveille, elle marche ! II exultait, sans laisser percer, d'ailleurs, aucune ironie malséante.Il n'avait que son joli regard d'enquête, qui fouillait le jeune prêtre, pour savoir s'il l'avait enfin amené au point d'obéissance où il le désirait.Etait-il assez las, assez désillusionné, assez renseigné sur la réalité des choses, pour qu'on pût en finir avec lui ?Trois mois de Rome avaient-ils suffi pour faire un sage, un résigné au moins, de l'enthousiaste un peu fou du premier jour ?Brusquement, monsignor Nani demanda : —Mais, mon cher fils, vous ne me parlez pas de Son Eminence le cardinal Sanguinetti.—Monseigneur, c'est que Son Eminence est à Frascati, je n'ai pu la voir.Alors, le prélat, comme s'il eût reoulé encore le dénouement, avec une secrète jouissance de diplomate artiste, se récria, leva ses petites mains grasses u ciel, de l'air inquiet d'un homme qui déclare tout perdu.—Oh ! il faut voir Son Eminence, il faut voir Sou Eminence ! C'est absolument nécessaire.Pensez donc ! le préfet de l'Index ! Nous ne pourrons agir qu'après votre visite, car vous n'avez vu personne, si vous ne l'avez pas vu.Allez, allez à Frascati, mon cher fils.Et Pierre ne put que s'incliner.—J'irai, monseigneur.XI Bien qu'il sût ne pouvoir se présenter chez le cardinal Sanguinetti que vers onze heures, Pierre, qui avait pris un train matinal, descendit dès neuf heures à la petite gare de Frascati.Déjà, il y était venu, en un de ses jours d'oisi-reté fotcée ; il avait fait l'excursion classique de ces Châteaux romains, qui vont de Frascati à Rocca di Papa, et de Rocca di Papa au Monte Cave ; et il était charmé, il se promettait deux heures de promenade apaisante, sur ces premiers coteaux des monts Albains, où Frascati est bâti, parmi les roseaux, les oliviers et les vignes, dominant l'immense mer rousse de la Campagne, comme du haut d'un promontoire, jusqu'à Rome lointaine qui blanchit, telle qu'un Ilot de marbre, à six grandes lieues.Ah ! ce Frascati, sur son mamelon verdoyant, au pied des hauteurs boisées du Tusculum, avec sa terrasse fameuse d'où l'on a la plus belle vue du monde, avec ses anciennes villas patriciennes aux Itères et élégantes façades Renaissance, anx parcs magnifiques, toujours verts, plantés de cyprès, de pins et de chênes ! C'était une douceur, une joie, une séduction dont il ne se serait jamais lassé.Et, depuis plus d'une heure, il errait délicieusement par les routes bordées d'antiques oliviers noueux, par les chemins couverts, qu'ombrageaient les grands arbres des propriétés voisines, par les sentiers odorants, au bout desquels, à chaque coude, la Campagne se déroulait à l'infini, lorsqu'il fit une rencontre imprévue, qui le contraria d'abord.U était redescendu près de la gare, dans les terrains bas, d'anciennes vignes où tout un mouvement de constructions nouvelles s'était produit depuis quelques années ; et il fut surpris de voir une victoria, très correctement attelée de deux chevaux, qui venait de Rome, s'arrêter près de lui, et de s'entendre appeler par son nom.—Comment ! monsieur l'abbé Froment, vous ici en promenade, de si bonne heure ! Alors, il reconnut le comte Prada qni, étant descendu, laissa la voiture vide achever la route, tandis qu'il faisait à pied les deux ou trois cents derniers cents mètres, à côté du jeune prêtre.Après uno cordiale poignée de main, il expliqua son goût.—Oui, je me sers rarement du chemin de fer, je viens eu voiture.Ça promène mes chevaux.Vons savez que j'ai des intérêts par ici, toute uue affaire de constructions, qni malheureusement ne va pas très bien.Et c'est pourquoi, malgré la saison avancée, je suis encore forcé d'y venir plus souvent que je ne voudrais.Pierre, en effet, savait cette histoire.Les Boccanera avaient dû vendre la villa somptueuse, bâtie là par un cardinal, leur ancêtre, sur les plans de.Jacques de la Porte, dans la seconde moitié du seizième siècle : une demeure d'été royale, d admirables ombrages, deB charmilles des bassins, des cascades, surtout une terrasse-, 148 LB REVEIL célèbre entre tontes celles da pays, qui s'avançait comme nn cap, au-dessus de la Campagne romaine, dont l'immensité sans fin va des montagnes de la Sabine aux sables de la Méditerranée.Et, dans le partage, Benedetta tenait de sa mère de vastes champs de vignes, en bas de Frascati, qu'elle avait apportés en dot à Prada, au moment où la folie de la pierre soufflait de Rome sur les provinces.Aussi Prada avait-il eu l'idée de construire là tout un quartier de villas bourgeoises, dans le goût de celles qui encombrent la banlieue de Paris.Mais peu d'acheteurs s'étaient présentés, l'effondrement financier était survenu, et il liquidait péniblement cette affaire fâcheuse, après en avoir désintéressé sa femme, dès leur séparation.— Et puis, continua-t-il, avec une voiture, on arrive, on part, quand on veut ; tandis qu'on est esclave des heures du chemin de fer.Ainsi, j'ai ce matin rendez-vous avec des entrepreneurs, des experts, des avocats, et je sais le temps qu'ils vont me prendre.Un merveilleux pays, n'est-ce pas ?dont nous avons raison d'être très fiers, à Rome.J'ai beau y avoir en ce moment des ennuis, je ne puis m'y retrouver, sans que mon cœur batte de joie.Ce qu'il ne disait pas, o'était que son amie, comme il la nommait, Lisbeth Kauffmann, venait de passer l'été dans une des villas neuves, où elle avait installé son atelier de délicieuse artiste, visité par toute la colonie étrangère, qui tolérait l'irrégularité de sa situation, depuis la mort de son mari, grâce à sa gaieté et à sa peinture, juste assez pour être libre.On avait fini même par accepter sa grossesse, et elle était rentrée à Rome dès le milieu de novembre, pour y accoucher d'un gros garçon, dont la venue avait rallumé, daus les salons blancs et dans les salons noirs, les commérages passionnés sur le divorce imminent de Benedetta et de Prada.L'amour de ce dernier pour Frascati était sûrement fait de ses tendres souvenirs et de la grande joie d'orgueil où le jetait cette naissance d'un fils.Pierre, qui gardait en sa présence une gêne, comme uue sorte de malaise, dans sa haine instinctive des hommes d'argent et de proie, voulut pourtant répoudre à son amabilité parfaite, en lui demandant des nouvelles de son père, le vieil Orlando, le héros de la conquête.—Oh ! à part les jambes, il se porte à merveille, il vivra cent ans.Ce pauvre père ! j'aurais été si heureux de l'installer dans uue de ces petites maisons, cet été! Mais jamais il n'a vou-u, il s'ntête à ne pas quitter Rome, comme s'il craignait qu'on ne la lui reprit, pendant son absence.Il éclata d'uu beau rire, s'égayant tout seul à plaisanter ainsi l'âge héroïque et démodé de l'indépendance.Puis, il ajouta : —Il me parlait encore de vous hier, monsieur l'abbé.Il s'étonne de ne pas vous avoir revu.Cela chagrina Pierre, car il s'était mis à aimer Orlaudo d'une tendresse respectueuse.Deux fois, depuis la première visite, il était retourné lu saluer ; et, à chaque fois, le vieillard avait refusé de causer de Rome, tant que son jeune ami n'aurait pas tout va, tout senti, tout compris.Plus tard, il serait temps, lorsque l'un et l'autre pourraient conclure.—Je vous en prie, s'écria Pierre, veuillez lui dire que je ne l'oublie pas et que, s! ma visite se luit attendre, c'est que.je désire le satisfaire.Mais je ne partirai pas sani aller lui dire combien j'ai été touché de son accu il.Tous deux continuaient à marcher lentement, par la route montante, au milieu des quelques villas nouvelles, dont plusieurs n'étaient même pas achevées.Et, lorsque Prada sut que le prêtre était venu pour se présenter chez le cardinal Sanguinetti, il eut nn nouveau rire, son rire de loup aimable, qui découvrait ses dents blanches.— C'est vrai, il est ici, depuis que le pape est souffrant.Ah ! vous allez le trouver dans uu bel état de fièvre! —Pourquoi donc ?—Mais parce que les nouvelles de la sauté du Saint-Père ne sont pas bonnes, ce matin.Quand j'ai quitté Rome, le bruit courait qu'il avait passé une nuit affreuse.Il s'était arrêté à un coude de la route, devant uue antique chapelle, one petite église, d'une grâce solitaire et triste, à la lisière d'un bois d'oliviers.Et, tout à côté, se trouvait une masure tombant en ruine, l'ancienne cure sans doute, d'où sortait un prêtre, grand, noueux, la face épaisse et terreuse, qui, d'un double tour de clef, ferma rudement la porte, avant de s'éloigner.—Tenez! reprit railleusemont le comte, en voici un dont le cœur doit battre aussi bieu fort, et qui moute sûrement chez votre cardinal, aux nouvelles.(A suivre) • _j LES A TOUS SUPPLANTÉS Le BAUME RHUMAL parson efficacité, a supplanté tous les autres remèdes préconisésgaBqu'à ca jour pour le traitement des affections de la gorge et des poumons.Demandez-le à vttre pharmacien, LE REVEIL! 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