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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 3 juillet 1897
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1897-07, Collections de BAnQ.

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BOITE 2184 No.143 TELEPHONE 892 Revue Politique et Littéraire POLITIQUE—THEATRE—LITTERATURE—BEAUX-ARTS VOL.VI montreal, 3 juillet, 1897 no.143 SOMMAIRE N'oublions pas le passé, Vieux rouge — A nos abonnés, L'Administration — Tartines, Rieur — La conférence de Taxil, Cherclieur — La crémation, Père de famille — Au conseil de l'instruction publique, — Le sourire, Stanislas Rzewuslri — Feuilleton : Rome (Suite) Emile Zola.Les conditions d'abonnement au Réveil ne font pas les conditions ordinaires des autres journaux.Nous livrons le journal à domicile, [ franco,] à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de chaque mois.Tont ce que nous demandons au public est de voir le joTual.Les abonnements en dehors de Montréal sont Payables tous les quatre mois et d'avance.Nous adresserons un numéro échantillon gratuitomet à tous ne.uxqui en ferons la demande.Ceux de 'nos abonnés qui ont des travaux d'impre88sion à faire voudronnt bien s'adresser au No 157 rue Sanguinet ou au No 1560 rue Notre-Dame.- _ .Blaucs d'avocats et de notaires uue spécialité.N'OUBLIONS PAS LE PASSE L'incident du Drummond, qui s'est terminé de la manière que tout le monde connaît, a ouvert le champ aux commentaires et aux réflexions sur le sombre avenir qui se dessine pour le parti libéral, à Ottawa.Des groupes de libéraux qui, jusqu'ici, avaient été assez réticents sur les pronostics de la grande cause confiée aux chefs politiques imposés parle parti, ne se gênent pas maintenant pour exprimer leur mécontentement sur la conduite du gouvernement fédéral.On s'aperçoit qu'après tout, ils étaient loin d'avoir tort, ceux qui, dès le lendemain de la grande victoire du 23 juin 1896, so félicitaient du succès remporté dans la province de Québec, surtout parce que le scrutin populaire avait été assez heureux pour rejeter dans l'ombre des hommes qui auraient nui considérablement au parti, tout en amenant Laurier à la tête des affaires de ce pays.Ils étaient loin d'avoir tort ceux qui s'en- 274 LB REVEIL thousiasmaicnt sur les victoires libérales de la journée dans notre province et sur certaine défaite qui valait plus qu'une victoire.Les luttes politiques ne sont pas des lut' tes à main armée.On y rencontre parfois des défaillances, qui, sans être glorieuses, prennent toutes les allures d'un triomphe.On ne niera pas, par exemple, que la défuite de M.Beaubicn dans Beauharnois aux dernières élections provinciales, advenant le triomphe de M.Flynn, aurait été une bonne fortune pour lc parti conservateur.Ce qui est vrai pour les conservateurs l'est aussi pour le parti libéral.Veut-on avoir notre pensée franche et nette?Nous la dirons.Une faction importante du parti libéral, plus importante qu'on ne le pense, se réjouissait publiquement, le soir des élections du 23 juin, devant les bureaux de la Patrie, de la défaite de M.Tarte dans Beauharnois, lorsque le résultat général était connu.Ce fut nn soupir de satisfaction qui s'échappa des poitrines de tous ceux qui assistaient à la publication des dépêches électorales.Cette même nuit, un cercle de politiciens libéraux influents, — véritables libéraux ceux-là, — hommes qui, pour la plupart, avaient travaillé pour la grande cause libérale depuis plus d'un quart de siècle, se réunissaient au club St-Antoine, rue St-Antoine, à Montréal.Là, en devisant sur les glorieux succès de la journée, ils ne trouvaient pas d'expressions assez 1 loin penses pour exprimer leur satisfaction sur la défaite de l'ami de cœur des Chapleau et des Dansereau, gens qui ont trempé dans tous les scandales politiques des gouvernements conservateurs.Enfin, tout le monde était content.N'avait-on pas raison ?On disait que Laurier triomphait doublement.La trahison recevait en même temps son châtiment.Laurier triomphait doublement! La grande voix du peuple de ce pays venait de donner le coup de grâce au conservatisme éhonté qui semblait avoir conclu un bail emphythéotique avec le pouvoir.Cette lutte énergique et persévérante que lui, Laurier, avait conduite, par son prestige, par ses talents, par son honnête* té, par sa grande figure enfin, aidé de tous les libéraux de la province de Québec, venait d'être couronnée de succès.Laurier triomphait doublement! La providence avait voulu que le scrutin rendit pour j aurais à la vie privée celui qui n'aurait jamais dû en sortir." L'organisateur de la victoire, " criait un petit clan de cliquards qui se léchaient déjà les lèvres à l'espoir de l'arrivée à un ministère de celui qu'ils entouraient de leurs flagonneries.Organisateur de la victoire ! Mais peut-on trouver un seul comté, une seule subdivision électorale, dans la province de Québec, qui donna son allégeance au drapeau libéral par le prestige de M.Tarte ?Qu'on en nomme un seul I Quelle puérilité ! Ne sait-on pas que ce fameux " organisateur de la victoire " n'a pas pu se faire élire dans son propre cemté, Beauharnois, malgré tout l'argent du parti dont il avait la distribution, malgré toutes les influences mises en jeu ?M.Tarte fut honteusement battu dans Beauharnois, malgré là lutte incessante qu'il fit sur tous les hustings du comté.Le parti libéral avait donc donné à cette LB REVEIL 275 récente recrue malheureuse dans ses rangs toutes les chances de se faire valoir.C'en était déjà trop ! Dc bons vieux libéraux avaient même fait litière de leurs préférences, de leurs inclinations politiques pourt céder la place à cet homme qui était venu s'imposer à la tête de notre brillante phalange de Québec après avoir contribué hasardousement à la déchéance du parti dans lequel et par lequel il avait toujours vécu I Quel grand exemple de noblesse de caractère donna Laurier lorsque, après la victoire, n'écoutant que son grand coeur, se mettant au-dessus de toutes les rancunes partisan nés, oubliant toutes les injures sanglantes qu'avaientbavées sur lui, sa vie durant, Joseph-Israel Tarte, passant l'éponge sur tout, prêtant oreille aux sollicitations empressées de l'intéressé et de son entourage, le grand Canadien-français lui tendit fièrement la main et en fit son bras droit au timon des affaires publiques 1 Avons-nous besoin de rappeler le toUe de protestations sincères qui s'éleva de tout le district de Montréal qui avait combattu si vaillamment dans la lutte ! Puis vinrent les craintes, les inquiétudes fiévreuses.Qui a bu boira.Qui a trahi trahira, disait-on On ne se gênait pas pour appréhender dc tristes choses sur l'avenir du parti libéral.Et on avait raison.Il a toujours été de devise dans le parti libéral de gagner ses epaulettes avant d'y avoir voix au chapitre.Les rares gouvernements libéraux qui n'ont pas voulu accepter cette consigne ont payé de leur chute leur négligence ou leur imprudence.Ce pauvre Mercier, qui était appelé à faire beaucoup pour notre race, a dû songer souvent à ce précepte lorsque les jours de deuil furent venus! Mais il était trop tard.La dégringolade avait été trop accentuée, préparée comme elle l'était par ceux mêmes qu'ils avait comblés de ses faveurs.De véritables amis du parti lui avaient pourtant bien levé un coin du voile sur ce que lui réservait l'avenir s'il continuait à n'écouter que son entourage.La débâcle survint.Le pays perdit un homme précieux et lui, um prestige important.Voilà les grandes leçons que l'histoire des partis politiques enseigne et dont nos gouvernants ne savent jamais profiter! En 1892, des libéraux influents se sont vus désertés par tous et menacés presque de leur tête pour s'être faits prophètes de malheurs qui sont bien survenus.La leçon a sutli.On ne semble pas avoir aujourd'hui la vertu de vouloir travailler pour la sauvegarde de l'honneur du parti, malgré ceux qui sont payés pour le diriger.Les choses qui se sont passées à Ottawa dernièrement au sujet du Drummond sont simplement écœurantes et font hausser les épaules à tous ceux qui tiennent au prestige du nom libéral.Ah ! si l'on pouvait scruter au fond des cœurs et constater !a colère sourde qui germe et grandit, attendant patiemment son heure ! Ce fameux marché du Drummond était la chose de M.Tarte ; c'est lui qui l'a fait mousser.Si le Sénat est intervenu, il n'y a pas été de sa faute, qu'on le sache bien.JNous avions toujours compris que libéral était synonyme d'honnêteté et que le 2Ï6 LE REVEIL gouvernement Laurier serait à l'abri de toute accusation scandaleuse.De grâce, que l'on mette fin à toutes ces Saletés genre Langevin et Cie.Nous sommes montés au pouvoir en criant : Au voleur 1 Ce sera le même cri qui nous en fera descendre, si le parti libéral continue à se laisser gouverner au moyen de l'autocratie ! Le meurtrier politique de Cauchon de-viendra-t-il l'assissin politique du parti libéral et de Laurier ?vieux rouge.A NOS ABONNES Nous avons adressé la semaine dernière des factures d'abonnement au montant de 91,200 à tous nos abonnés retadatairres.Il nous est pénible d'annoncer que les réponses ont été rares.Maintenant, nous allons âtre forcé d'avoir recours à des mesures vigoureuses pour pouvoir encaisser ce qui nous est dû.Un journal comme le Réveil ne se fait pas avec des prières et des indulgences.Les Semaine Religieuse ont le monopole de ces saintes choses.Ponr nous, nous ne pouvons pas payer en monnaie de singe, ct les grimaces ne font aucun effet sur nos créanciers.Si nous avions la foi aussi robuste que la plupart dc nos concitoyens nous serions presque tenté de nous adresser à Saint-Antoine de Padoue pour le prier de faire retrouver à nos abonnés récalcitrants la bonne volonté qu'ils semblent avoir égarée depuis quelque temps, en lui promettant, s'il nous exauce, dix pour cent sur les recettes brutes.TARTINES A quand lea tourelles doréea ?A donner : des cloches, frais de bénédiction payés par le donateur.Envoi franco.C'est pour des pruneaux que vous faites les impressions du Pacifique, je suppose, monsienr Louis-Joseph ?Le gris pommelé à Louis-Joseph dait avoir les oreilles drus le crin, s'il entend tout ce qui se débite snr son compte de ce temps-ci.Il deviendra légendaire, tout comme ce fameux Clover.Le Drummond a-t-il des impressions à faire exécuter, à part l'impression profonde déjà créée dans le pays ?Il est vrai que M.Tarte n'avait pas soumissionné pour cette dernière.—Je dois $30,000, dit Louis-Joseph.Cela prouve simplement que vous avez beau coup de crédit.Pouvez-vous nous dire depuis quelle date vous avez consolidé votre crédit aussi puissamment?— C'est l'argent dn parti libéral qui a payé le prix d'achat de la Patrie, a dit en chambre le ministre des travaux publics.Depuis quand le parti libéral est-il assez riche pour faire des cadeaux de $80,000 à ds» particuliers ?— Papa nous a formellement défendu d'entreprendre des travaux d'impression du gouver-nemen, dit Eugène.>.— C'est bien beau, un tel désintéressement, et très rare, monsieur Tarte.— Ch ! c'est pas ça, mais ça pourrait nuire à sa position.l'administration. LE REVEIL — Je n'ai paa eo de patronage dn gonverne ment, dit Louis-Joseph.— Et les impressions du Palais de Justice ?— Oh ! ce n'est que deux mille piastres par année ! Modeste, n'est-ce pas ?— Il faut concilier tous les éléments dn pdrti-libéral, et profiter de tontes les bonnes volontés de nos amis politiques, disait l'hon.M.Tarte u notre directeur quelque temps avant les élections du 23 juin.Vous avez parfaitement rénssi, monsienr le Ministre, tous ces éléments se sont coalisés .contre vous.(Des Nouvelles) (CABLEGRAMME SPECIAL AUX " Nouvelles.") On dit qu'à l'occasion de son prochain départ pour Londres en qualité de Haut Commissaire du Canada, les collègues du ministre des travaux publies se proposent de lui offrir en don de joyeux avènenement ou événement, un carosse de gala dans lequel l'hon.I Tarte fera son entrée eolennelle dans la Capitale des brouillards.Par une coincidence aimable il se trouve que les :11s de M.Tarte ont acquis tout récemment deux superbes coursiers que, pour la circontance, ils offriraient à leur père en reconnaissance de tous les sacrifices qn'il a imposés au parti pour assurer leur avenir,— à condition, toutefois, qu'il n'arrive pas d'accrocs.La présentation se fera dés le retour de l'hon-rable C.A.Geoiirion qui est parti tout dernièrement pour l'Angleterro sous le spécieux prétexte d'aller plaider une affaire, alors que son voyage a tout simplement ponr but de soumettre à Sir Wilfrid Laurier le modèle du carosse de gala destiné à M.Tarte, qui sera exécuté (le carosse, pas M.Tarte) en Angleterre, avant le retour du Premier-ministre au Canada.RIEUR.LES PHARMACIENS Tous les pharmaciens vous diront que le BAUME RHUMAL est, de tous les remèdes pour la guérison des affections de poitrine, celni qui ee vend le plus.La Conference de Taxil Nous commencerons, dans le prochain numéro du Réveil, à publier le texte complet de la conférence de Léo Taxil, donnée è Paris le 19 avril dernier.Ce document nous a été transmis par un ami de Paris, et nous l'en remercions sincèrement au nom de nos lecteurs.Comme il est peu probablequ e M.Tardivel le publie nons invitons les lecteurs de la "Vérité" à suivre ce travail intéressant du maître blagueur Us y trouveront dequoi s'édifier et pour-rront glaner des pensées pieuses.Cette œuvre est inédite au Canada.chercheur.LA CREMATION La sainte Minerve part en guerre contre les fours crématoires.Un de nos confrères aurait parlé du procédé employé dans les autres pays pour incinérer les cadavres, et la vieille gazette en profite pour sortir tout son attirail de textes bibliques plus ou moins tronqués.Ecoutons plutôt ses angéliquei transports " Lors du décès de feu M.Molson un certain journal français de Montréal, la " Patrie" a donné un petit article, qui, sous une apparence de simple compte-rendu, renfermait des insinua' tions dangereuses.Nous ne les avons pas signalées dans le moment ; nous y revenons aujourd'hui.M.Molson a jugé bon pour lui de faire passer ses restes mortels au four crématoire au lieu de leur faire donner une sépulture ordinaire ; de plus, dans son testament, il a laissé 110,000 pour l'érecticn d'un four à Montréal, dans l'espoir qu'il aura des imitateurs un jour.Le journal qni a raconté la chose n'ose pas dire qu'il applaudit à l'idée de M.Molson, mais par un petit résumé historique du progrès que fait en Europe le procédé de l'incinérarion il donne assez à entendre qu'il ne serait pas f&nhé de voir la même idée se propager en Canada.Pour un jonrnal qni se dit catholique ce n'est pas édifiant, pour ne rien dire de plus, Il est bon que nos catholiques sachent ce que 278 LB REVEIL la sainte Eglise enseigne snr l'incinération des cadavres.En 1888, le Souverain Pontife a expressément condamné, comme antichrétien le procédé païen qui consiste à brûler les morts au lieu de leur donner la sépulture chrétienne ; par conséquent, aucun catholique aujourd'hui ne peut se faire l'admirateur des fours crématoires, ni rien écrire qui tendrait à les faire introduire dans une société chrétienne.En Enrope, les sociétés secrètes font des efforts inouïs ponr généraliser la crémation des cadavreB.Ou bâtit des fours à cet effet, et de fortes sommes sont versées pour aider à multiplier ces constructions antichrétiennes.Tont ceci est un signe du retour des idées païennes an sein des sociétés chrétiennes.La preuve que la crémation n'est pas d'inspiration divine, et qu'elle vient plutôt de l'ennemi du genre humain, c'est qu'elle est en opposition avec l'inhumation réglée par la sentence primitive de Dieu lui-même ; en opposition avec la coutume invariable du peuple de Dieu et de tous les anciens peuples en général ; en opposition avec l'esprit du christianisme qui regarde comme une barbarie de brûler les corps, ce qu'il n'a jamais fait, et qni, monté sur le trône avec Constantin, s'empressa d'abolir cet nsage.Dieu a dit : " Le corps de l'homme retournera " à la terre d'où il a été tiré et s'y transformera " pour se relever immortel." L'éternel adversaire de Dieu, Satan, aurait répondu : " Il n'en sera pas ainsi ; l'homme sera " brûlé, et, en l'anéantissant autant qu'il est en " moi, je ferai oublier le dogme de la résurrec-" tion." L'enseignement chrétien conduit au profond respect du corps de l'homme, à son anéantissement autant qu'il le peut.Les nations chrétiennes ayant tourné le dos au christianisme, le paganisme est revenu ; aussi rien de plus naturel qu'on retourne an régime païen et même à quelque chose de plui brutal et de plus dégradant ; car la chute se mesure sur la hauteur de laquelle on tombe.Voilà donc ce que le paganisme, le libéralisme et la libre-pensée, car c'eBt tout un, ne craignent pas de proclamer au sein des sociétés jadis catholiques.Maintenant qu'on ne s'y trompe pas ; la gnerre entreprise contre les cimetières et leur éloignement des églises, sous prétexte de salubrité, n'est qu'un acheminement à l'incinération ; les règles de l'hygiène poussées à l'excès nous mèneront là.Malheureusement, beaucoup trop de catholiques se laissent prendre à ce piège, dont ils ne soupçonnent pas tout le danger." Donc, la crémation n'est pas permise par les casuistes.Il est permis, je pense, de dire que c'est singulièrement abuser de l'excommunication.' N'a-1-on pas vu, ici même, à Montréal, des funérailles religienses ponr des suicidés qui avaient laissé heureusement de quoi payer grassement l'office et ses officiants.Il y quelque temps, un de nos citoyens bien connus, las de la vie, se logea une balle dans U tête, Le fait-divers, bien que caché par les jonrnaux, courait la rue.Le défunt fut enterré aussi pompeusement qn'nn archevêque.Le clergé ne lui refusa ni chants, ni prières, ni eau bénite, ni messes carillonnées.Quelques mois plus tard, un autre suicidé était enterré en terre sainte sur les instances d'un homme qui touche de très près au Canada-Revue, mais il n'avait pas de prières sur son cadavre parce qu'il n'avait pas les moyens de payer le curé.Mentionnons aussi le cas de Black Angèle, qui ne s'était pas suicidée elle.Etc., etc., etc.Pourtant, les canons sont d'une rigueur qni ne comporte pas de tempérament : on s'exclut de la famille catholique par le suicide, et l'Eglise ne doit pas recevoir en terre sainte celui qui s attenté à sa vie.Il est avec le ciel des accommodements ! Nous l'avouons, la raison et la morale universelle n'ont rien à redire à cette proscription posthume, au contraire.L'homme peut donner u vie pour son pays, pour sa foi, la risquer ponr ses semblables ; mais il lui est défendu de se l'ôter lui-même.Elle ne lni appartient pas, il n'en est que le locataire et il n'a pas le droit de mettre le feu à la maison.Donc, en cela,les interprètes de la loi divine ne provoquent aucun?controverse.Et cependant, que savent-ils de 1» dernière pensée de celui qui s'est immolé de ses mains?Mais ces mêmes interprêtes offensent le sens commun par la flétrissure arbitraire qu'il infligent LB REVEIL 219 i l'honnête homme qni a voué sa dépouille mortelle an fen purificateur pour la dérober à l'horreur de la décomposition sépulcrale, pour en épargner du danger ou du moins le sentiment douloureux à ses parents, à ses amis, à ions les survivants, qui Bait ?pour échapper au hasard d'être enseveli vivant." Il faut bien convenir, écrivait un célèbre médecin, que le four crématoire n'a pas la haute poésie de la flamme dn bûcher renvoyant dans es sphères éthérées ce qui fut l'âme du roseau lpensant.Gela ressemble trop à une vulgaire opération de briqueterie.On trouvera mieux certainement.Dans nn cas je fus autorisé, par exception, à voir étendu sur ls dalle réfractaire le pauvre mort sortant de la fournaise à la température de 1800 degrés.Il me parut comme coulé et modelé en une apothéose flamboyante mais endormie, où la photographie aurait pu reprendre tous les traits de la figure, toutes les lignes extérieures de son corps, sur lequel le suaire calciné drapait en voile de mousseline diaphane.Ce n'était qn'une forme qni s'évanouit pen à peu en cendres blanches à mesnre que la chaleur se retirait.Ces cendres furent recueillies et scellées dans une nrne de terre cuite que l'on porta cérémonieusement dans nne logette du mur du columbarium, nom latin pas trop heureusement choisi de ce dernier séjour des Ames." Que vous en conveniez ou non, je certifiieque cette manière de se séparer est infiniment moins lugubre que de voir descendre un cadavre dans la fosse où nous le savons attendu par une décom posit on ignoble dont l'idée affreuse nous poursuivra, malgré que nous en ayons.I.'i Minerve ct la Vérité viendront dire que l'Eglise a été déterminée par le respect du dogme de la résurrection qui doit retrouver dans la terre les éléments dn corps enseveli.Vaine puérilité ; comme s'il restait plus de poussière, même dans un tombeau de marbre, après quelques siècles, qu'il ne reste de cendre dans une urne incorruptible.Je croirais plutôt qu'on a craint que la crémation affranchit la pensée de la mort des horreurs qui sont la g ande ressource de l'imagerie religieuse.Et cela sera vraiment lorsqu'on aura tronvé le moyen de brûler le corps sous les yeux même de la famille, en plein air ou dans un four à parois de verre.La sombre nuit du tombeau ne sera plus qn'une figure de vieille rhétorique, et on ne répugnera pas plus à l'idée de la fin que du commencement de la vie.Les moeurs y viendront.Que sert de crier au paganisme, à la libre-pensée, etc.?Au surplus, puisque nous voyons béatifier Jeanne d'Arc' morte sur le bûcher—et allumé par qui {—quelles arguties peut-on plaider contre la crémation ?Dans un prochain article nous traiterons des fours crématoires au point de vue de l'hygiène publique ; dans un troisième article nous parlerons de la question au point de vue économique, ce qui nous permettra de toucher un tantinet à l'exploitation des cimetières dans notre religieux pays.PÈRE DE FAMILLE AU CONSEIL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE Notre surintendant provincial est rempli de millions de bonnes intentions, si bien que,— Cest comme un bouquet de fleuts t Ainsi qu'il est écrit dans la chanson du baptême du " P'tit Léon, ébénisse." Nous ne voulons pas déprécier ses fonctions et sa personne, mais nous profitons] de l'occasion qu'il nous fournit lui-même de lui donner un conseil qui ne manque pss d'apropos, dans notre humble opinion : c'est de s'en tenir d'abord à son rôle de chef d'nn département du service civil qui a besoin d'être amélioré sans cesse : en second lieu, de ne pas se faire fabricant de prières officielles d'occasion.U n'y a rien de pire que ce genre de compositions et d'impositions pour émousser la foi et.pour dégoûter les Saints.Chacun son métier ! Dans une circulaire datée du 4 courant et adressée anx commissions scolaires, M.le Surintendant recommande de réciter, aujourd'hui même, à 11 heures de l'avant-midi, dans toutes les écoles élémentaires de la province, la prière suivante :— 280 LB REVEIL " Dieu éternel et Tout-Puissant, d'où procèdent toute puissance et toute sagesse, et par qui les rois régnent, nous sommes ici réunis eu votre présence pour vous prier de conserver longtemps notre très gracieuse dame la Reine Victoria daus l'amour du peuple.Faites, O Dieu de miséricode, qu'elle ne désire que ce qui peut être conforme à votre volonté, qu'elle la recherche avec sagesse et qu'elle l'acomplisse avec perfection pour la gloire et l'honneur de votre nom et pour le bien du Canda et ie toute Pempire britaniqne.Amen- " Le brave homme aurait pu ajouter comme finale, cette invocation dn fermier yankee :— ( " O Lord break through the roof and I'll pay sure for the shingle " ! ) (Seigneur, venez à moi à travers le toit, je trouverai le nwyen de payer les tuiles brisées!) Comme prière, la bomposition du Suriuten-daut est respectable, mais comme propos elle est d'uu goût douteux.Les circonstances dans lesquelles il est placé donnent une teinte de ilagornerie à sa démarche, enfin, elle n'est pas pratique.Quant à se mettre en frais de liturgie, notre surintendant aurait eu plus de succès auprès de son Créateur et propablement aussi auprès des hommes, dans la composition suivante : .O Dieu qui sondez les cœurs et les reins.Accordez au gouvernement de l'empire anglais, assez d'esprit de libéralité pour laisser au Canada le privilège de faire lui-même ses propres traités de commerce ; Accordez au gouvernement fédéral du Canada la sagesse de régler avec justice la question des écoles du Mauitoba, de sortir indemne de la transaction du chemin ne Drummond et Artha-baska, de terminer la civilisation des sauvages du Nord-Ouest, de compléter le canal de Soulan-ges et les trovaux d'amélioration au port de Montréal ; de donner un pont aux Québecquois et un chemin de fer anx paroisses de la rive sud du St.Laurent depuis Lévis jusqu'à Sorel.Dannez aux cultivateurs de la province de Québec la grâce de sortir de la routine.Donnez aux électeurs de cette province le don de discernement dans le choix de leurs représentants an parlement, afin que le nombre des rhéteurs soit diminué au profit des hommes d'affaires dans les conseils de la nation.Faites que toutes les commissions scolaires dc la province soient composées de gens sachant l'orthographe.Faites qne le salaire des instituteurs et des institutrices des campagnes soit tel qn'ils ne soient pins exposés à périr de faim et de misère.Enfin daignez accorder à tous ceux qui, de près ou de loin sont chargés des affaires du Conseil de l'instruction publique le don du progrès et la haine de la routine.Amen." LE SOURIRE Dans le premier sourire d'un enfant apparaît le premier don d'un amonr désintéressé, la première grâce d'une âme libre et bonne.C'est ce qui fait la beauté et le charme du sourire, annonce de l'intelligence, de la volonté et de l'amour, c'est ce qui en fait aussi l'irrésistible puis-sauce.Le sourire est le symbole de la parfaite bonté, qui pour appeler toutes choses à l'existence et à la vie, n'a qu'à laisser entrevoir à travers l'infini de grâce radieuse.On peut dire que si Dieu créa le monde, c'est par son éternel sourire.C'est dans ces termes, où à peu près, que le plus grand philosophe français de l'heure présente, cet homme do génie qni s'appelle Alfred Fouillée, e'aillenrs aussi profondément ignoré de la foule stupide qne sont connues un tas d'imbé ciles célébrités boulevardières, c'est ainsi que l'admirable penseur des Idées caractérise la toute-puissance, l'origine divine, le pouvoir magique du sourire.Et mon vieil ami, le peintre Brideau, avec qui nons causions tranquillement des choses du passé, de nos souvenirs de jeunesse, par une belle soirée d'automne dans le jardin déjà endormi de son aimable villa de Viroflay, soupira profondément, et après nn long silence, me conta une petite histoire sentimentale, où vibrait l'écho sincère de grands chagrins à peine évanouis, et qui m'intéressa justement par ce que sa puérilité avait de significatif et de profond.En effet, les grandes décisions de la vie, les actions irréparables dont dépend souvent pour cause ou plutôt pour prétexte quelque fait insignifiant en lui-même, puéril en apparence, mais le monde material qui nons entoure a-t-il une signification quelconque en dehors de notre Ame qui lui prête sa réalité illusoire ? LE REVEIL 281 .C'était; je m Vu souviens, l'époque la plus douloureuse, l'année la pins tragique de mon existence si fertile en déboires, en déceptions, en épreuves de tonte sorte.Tont, dans ma vie brisée, s'écroulait à la fois : mes rêves de jeunesse, mes aspirations vers un idéal de création artistique et de beauté, mes ambitions de bonheur et de gloire, enfin, ce qui vaut mieux que tout cela, ce qu'on ne saurait même comparer à l'ambition et à la fortune sans commettre un sacrilège,—l'amour pour lequel j'ai toujours vécu et souffert, l'amour éternel et divin, qui seul réconcilie et rachète, l'amour dont la flamme douloureuse et ardente peut seule illuminer un instant les ténèbres de la vie, l'amour où palpite vraiment, à nos regards débiles, un reflet de l'Absolu pressenti, .desorte qu'en le perdant, ou perd la force et la raison, et l'excuse même de vivre, Ma première femme, cette adorable Lucienne que vous avez connue, cher ami, dont vous n'avez pas oublié le charme, la grâce, l'exquise et souriante beauté, venait de mourir.Vous savez combien je l'ai aimée, de quel immense amour, de quelle tendresse passionnée et profonde, vous devinez quel fut mon désespoir — et je n'essaierai pas do vous le dépeindre.A quoi bon ?Il y a dans la vie des épreuves si cruelles que mieux vaut ne pas en réveiller l'amertume, même lorsqu'une destinée nouvelle semble avoir cicatrisé les anciennes blessures.et ce n'est pas de cela, d'ailleurs, que je veux vous parler.• • * • .Je me trouvais à trente ans sur le pavé de Paris, seul, abandonné de tous, pauvre, méconnu comme aux jours des premiers débuts, mais brisé par la vie, le deuil irrémédiable et déchirant d'un grand amour, l'âpre vision du bonheur évauoui à jamais ; l'impossibilité même d'une espérance d'avenir meilleur, tout m'accablait à la fois.J'essayais pourtant de lutter avec la destinée, de chercher dans la fièvre bienfaisante du travail, dans la vision sublime de l'art immortel un soutien et une consolation.Hélas ! c'était aussi l'époque atroce des luttes meurtrières et s tup ides où j'étais attaqué de toutes parts,—ce que mon œuvre d'artiste apportait, je le dis sans faux orgueil, de nouveau, de si hardi et de personnel, provoquait alors l'arimosité, la raillerie et la haine de tous les routiniers, de tons les malfaisants imbéciles ne notre charmante Ville-lumière.Et un beau jour, tout à coup, sans qu'aucune catastrophe nouvelle lût venne m'écraser, je sentis que lutter davantage était impossible, matériellement impossible—en vérité, cner ami ; sans aucune exagération mélodramatique, je sentis dans mon âme le froid glacial de la mort, sur mou iront son souille meurtrier et tout-puissant.Jamais je n'onblierai l'état de torpeur morale, d'augoisse inexprimable qui s'empara de moi le jour où, eu me réveillant après une nuit agitée ot fiévreuse, je sentis que c'était pour ce jour-là, que rien, rien — je le croyais sincèrement du moins — ne pourrait désormais m'empécher d'accomplir le tragique, banal et nécessaire projet auquel aboutissent, lot ou tard, les vaincus de la Vie.C'était une fatigue extrême, une lassitude extrême de l'esprit et du corps, surtout une indifférence atroce, douloureuse et engoissée, me révélant pleinement le néant de toutes les ambitions, de tous les rêves, de tous les buts humains, en ce monde de misères et d'illusions où tout m'était devenu à la «ois hostile et étranger, — et où avant l'aube prochaine, il me faudrait répondre i la voix mystérieuse qui m'appelait de l'an, tre rivage.Ce fut sans doute une suprême révolte de cet amour-propre artistique qui survit en nous aux pires désillusions, aux plus grandes catastrophes morales qui m'mena bêtement, sottement—et pourtant ce fut là le salut—au Salon, où était exposé ce tableau de la mort de César Borgia, aujourd'hui célèbre et classé, et qui, à cette époque, était l'objet des railleries du public, des critiques idiotes des petits journaux, de toutes les avanies que les méchants et les sots infligent aux vaincue.Je ne croyais certes pas que, désespéré, résolu à mourir comme je l'étais alors, je souffrirais à ' ce point en entendant une fois de plus les quolibets de la foule qui stationnait presque toujours devant mon malheureux tableu charitablement signalé à son indignation par de savants critiques d'art.Mais l'âpre souffrance 282 LB REVEIL que jo ressentis en entendant les rires et les ré* flections sangrenaes d'nn tas d'idiots me prouva, hélas ! combien vivace est en nous, même à l'heure suprême où la délivrance est proche, le sentiment de la vanité.Cette ultime et mesquine cruauté du sort fut vraiment le coup suprême — d'autant plus que parmi ce groupe plutôt hostile et qui daignait s'occuper de mon œuvre, je reconnus deux mondains qui me rappelaient mon cher passé — hélas ! le passé à jamhis disparu — Hubert de Sonrdet et cet imbécile de baron Wraim, un suédois authentique, deux camarades de jeunesse que j'avais perdus de vue, mais qui ne m'avaient pas oublié sans doute.Avec la préscience douloureuse qu'éveille dans le cœur des malheureux un long passé d'épreuves et de chagrin, j'eus immédiatement la certitude d'uue avanie prochaine ; ces deux cercleux stupides, sans aucun doute, feraient semblant de ne pas me reconnaître, ils ne soucieraient de saluer un vaincu, qauvre, humilié, abaissé, mal rais, et dont le talent était, hélas ! non seulement incounu, mais totalement nié, dont l'œuvre provoquait l'hilarité et les injures de la foule.Et d'avance, je frémis d'indignation, de colère et de révolte, d'autant plus que Sourdet donnait le bras à la femme du Suédois, à cette mignonne et exquise baronne Manette Wraim, à qui j'avais eu l'honneur d'être présenté la première année de son mnriage, que j'avais toujours trouvée charmante et dont le dédain méprisant allait m'achever, m'écraser définitivement.Sourdet et Wraim m'ayant aperçu- et je ne devais pas avoir l'air commode ni aimable, je l'avoue—«'empressèrent de déguerpir, après quelques mots dits à voix basse à la baronne celle-ci vivement tourna la tète et me reconnut dans la foule ; une rage inexprimable me serra le cœur.J'attendis mes détracteurs à la porte de la salle où se trouvait le tableau, les bravant du regard—lâchement les deux hommes firent semblant de ne pas me reconnaître, ainsi que je l'avais prévu—mais, à ma grande surprise, la baronne Manette me regarda encore une fois, et comme elle l'aurait fait pour n'importe quel imbécile de son monde, me souria, d'uu aimable et joyau sourire, qni illumina tont son gracieux visage, aux traits fins et menus, d'nn sourire où il y avait tant de bonté, d'affabilité sincère, une pitié si cordiale et si viaie—celle qni ne blesse pas, mais relève et console, qne je restai écrasé, "Vous êtes malheureux, vaincu, calomnié, atlaj que, désespéré sans doute—qne m'importe.Je vous ai reconnu, je ne vons méprise point, vous existez pour moi, malgré tant de détresses et de calomnies ; reprenez counge, parmi tant de malveillance et de haines, quelques sympathies inconnues et fragiles vous sont restées fidèles ; reprends courage, pauvre paria de la vie sociale, pauvre être écrasé et vaincu ; ta vie brisée peut renaître, comme la grace du sourire vient d'éclairer mon visage, si triste d'habitude." Oui, voila ce que voulait dire ce sourire dont la charmante femme, que je n'ai plus revue d'ailleurs, m'avait fait l'inappréciable aumône.Je me suis mis à pleurer—comme un enfant, comme un sot, comme un désespéré—j'étais sauvé.Oui, moquez-vous de moi tant qu'il vous plaira, ls bonté affable et exquise que révélait ce fait si insignifiant en apparence, ce sourire inattendu clément m'avait réconcilié.Non, mille fois non, je n'avais pas le droit de désespérer de la vie ; non, je ne devais pas donner à mes innombrables ennemis la joie de ricaner et de chanter victoire sur ma tombe de suicidé, il fallait vivre et lutter quand même, fût-ce pour faire enrager les méchants, les goujats «t les sots.Il fallait vivre puisque la bonté, la pitié, la charité morale, mille fois plus précieuse que les biens matériels, tout ce dont la vie impitoyable m'avait fait douter, hélas ! puisque tout oela existe, puisque la pure lumière, dont mon regard voilé de larmes avait désappris la splendeur, venait de m'apparaltre encore dans la grâce d'nn sourire STANISLAS RZEWU8KI AYEZ CONFIANCE Confiance ! Les poitrines peuvent reprendre confiance.Lenr sauveur sera le B Ali ME RHUMAL.Procurable dans toutes les pharmacies et épiceries. LB REVEIL 283 FEUILLETON PAR EMILE ZOLA XII Et il so tut, comme envahi d'nn flot de pensées graves qui le forçaient à la réflexion, pendant qne les deux amis continuaient de causer.Puis il eut un geste d'excuse, il s'enfonça davantage dans l'embrasure, tira de sa poche un calepin, eu déchira une feuille, sur laquelle, en gros-sissaut seulement un peu les caractères, il écrivit au crayon ces quatre lignes : " Une légende assure que le figuier de Judas repousse à Frascati, mortel pour quiconque veut nn jour être pape.N'en mangez pas les figues empoisonnées, ne les donnez ni a vos gens ni à vos poules." Et il plia la feuille, la cacheta avec un timbre-poste, mit l'adresse : " Son Eminence Révérendissime et lllustrisime le cardinal Boccanera." Quand il eut replacé le tout dans sa poche, il respira largement, il retrouva son rire.C'était comme un malaise invincible, une lointaine terreur qui l'avait glacé, Sans qn'un raisonnement net se formulât eu lni, il venait de sentir In besoin de s'assurer contre la tentation d'nne lâcheté, d'une abomination possible.Et il n'aurait pu dire la relation des idées qni l'avait amené à écrire les quatre lignes, tout de suite, à l'endroit même où il se trouvait, sous peine du plus grand des malheurs.Il n'avait qu'une pensée bien arrêtée : il irait jeter lo billet, en sortant du bal, dans la boîte du palais Boccanera.Maintenant, il était tranquille.— Qu'avez-vous donc, mon cher abbé?de-manda-t-il en ee mêlant de nouveau à la conversation.Vous êtes tont assombri.Et Pierre lui ayant fait part de la mauvaise nouvelle qu'il avait reçue, son livre condamné, l'unique journée qu'il aurait le lendemain ponr agir encore, s'il ne voulait pas que son voyage à Home fût une défaite, il se récria, comme si lui-même avait besoin d'agitation, d'étourdisse-meut, afin d'espérer quand même et de vivre.— Bah ! bah ! ne vons découragez donc pas, on y laisse toute sa force ! C'est beaucoup qu'une journée, on fait tant de choses dans nne journée! Une heure, une minute suffit pour que le destin agisse et change les défaites en victoires.I s'enfiévrait, il ajouta : — Tenez ! allons dans la salle de bal.Il paraît que c'est un prodige' Il échangea un dernier regard tendre avec Lisbeth, tandis que Pierre et Narcisse le suivaient, tous trois se dégageant à grand'peine, gagnant la galerie voisine au milieu du flot pressé des jupes, parmi cette houle de nuques et d'épaules, d'où montait la passion qui fait la vie, l'odeur d'amour et de mort.Dans une splendenr incomparable, la galerie se déroulait, large de dix mètres, long de vingt, avec ses huit fenêtres qui donnaient snr le Corso, nues, sans rideaux de vitrage, incendiant les maisons d'en face.C'était une clarté éblouissante, sept paires d'énormes candélabres de marbre, que des bouquets de lampes électriques changeaient en torchères géantes, pareilles à des astres ; et, en haut, tout le long des corniches, d'antres lampes, enfermées dans les fleurs de flamme, des tupiles, des pivoines, des roses.L'ancien velours rouge des murs, lamé d'or, prenait nn reflet de brasier, nn ton de braise vive.Aux portes et aux fenêtres, les tentures étaient de vieille dentelle, brodée de soies de couleur, des fleurs encore, d'nne intensité vivante.Mais, sous le plafond somptueux, aux caissons ornés de rosaces d'or, la richesse sans pareille, était la collection de chefs-d'œuvre, telle qu'aucun musée n'en offrait de plus belle.Il y avait là des Raphael, des Titien, des Rembrandt et des Rubens, des Velaquez et dos Ri-bera, des œuvres fameuses entre toutes, qui soudainement, dans cet éclairage inattendu, apparaissaient triomphantes de jeunesse, comme réveillées à l'immortel vie du génie.Et, Leurs Majestés ne devant arriver que vers minuit, le bal venait d'être ouvert, une valse emportait des couples, des vols de toilette tendres, au travers de la cohue fastueuse, un ruissellement de décorations et de joyaux, d'uniformes brodés d'or et de robes brodées de perles, dans nn débordement sans cesse élargi de velours, de soie et de satin.—C'est prodigieux vraiment ! déclara Prada, de son air excité.Venez donc par ici, nous allons nous remettre dans une embrasure de fenêtre.Il n'y a pas de meilleure place pour bien voir, sans être t op bousculé.Ils avaient perdu Narcisse, ils ne se trouvèrent plus que deux, Pierre et le comte, quand ils eurent gagné enfin l'embrasure désirée.L'orchestre, placé sur nne petite estrade, au fond, venait de finir lajvalse, et les danseurs s'étaient remis à marcher lentement, d'un air d'étourdis-¦ement ravi, au milieu du flot envahissant de la 284 LE REVEIL uno nappe de tètes humaines envahir la chaussée et se pressor autour des carosses Déjà, à plusieurs reprises, il avait rencontré le roi, pendant ses promenades quotidiennes à la villa Borghèse, venant là comme un modeste particulier, un brave bourgeois, sans gardes, sans escorte, n'ayant avec lui, dans sa victoria, qu'un aide de camp.D'autres l'ois, il était seul, il conduisait un léger phaéton, accompagné simplement d'un valet do pied en livrée noire.Même une fois il avait emmené la reine, tous deux asssis côte à côte, en bon mena* ge qui Be promène pour son plaisir.Et le monde affairé des rues, les promeneurs des jardins, en 1rs voyaut passer ainsi, se contentaient de les saluer d'un geste affectueux, sans les importuner d'acclamations, tandis que les plus oxpausifs se contentaient de s'approcher librement pour leur sourire.Aussi Pierre, dans l'idée traditionnelle qn'il se faisait des rois qui se gardent et qui défilent, entourés de toute une pompe militaire, avait-il été singulièrement surpris et touché de la bonhomie aimable de ce ménage royal s'en allant à sa guise, avec une belle sécurité, au milieu de l'amour souriant de son peuple.D'autres détails sur le Quirinal lui étaient venus de partout, la bonté et la simplicité du roi, son désir de paix, sa passion de la chasse, de la solitude et dn grand air, qui avait dû souvent, dans le dégoût du pouvoir, lui faire rêver une vie libre, loin de cette besogne autoritaire de souverain, pour laquelle il ne semblait point fait.Mais surtout la reine était adorée, d'une honnêteté si naturelle et si sereine, qu'elle était seule à ignore: les scandales de Rome, très cultivée, très affinée, au courant de toutes les littératures, et très heureuse d'être intelligente, supérieure de beaucoup à son entourage, et le sachant, et aimant à le faire voir, sans effort, avec une parfaite grâce.Prada qui était resté, ainsi que Pierre, le visage contre une vitre de la fenêtre, montra la foule d'un geste.—Maintenant qu'ils ont vu la ruine, ils vont •aller se coucher contents.Et il n'y a pas là, je voue en réponds, nn seul agent de police.Ah ! être aimé, aimé ! Son mal le reprenait, il se retourna vers la galerie, en plaisantant.—Attention ! mon cher, il s'agit de ne pas manquer l'entrée de Leurs Majestés.C'est le plus beau de la fête.Quelques minutes s'écoulèrent, et l'orchestre, brusquement, s'interrompit au milieu d'une polka, pour jouer, de toute la sonorité de ses cuivres, la marche royale.Il y eût une débâcle parmi les danseurs, le milieu de la salle se vida.Le roi et la reine entraient, accompagnés par le prince et par la princesse Buongiovanni, qni étaient allés les recevoir en bas de l'escalier.Le roi était simplement en frac, la reine avait une robe de satin paille, recouverte d'une admirable dentelle blanche ; et, sous le diadème de brillants qui ceignait ses beaux cheveux blonds, elle gardait nn grand air de jeunesse, une face ronde et fraîche, faite d'amabilité, de douceur, et d'esprit.La musique jouait toujours, avec une violence d'accueil, enthousiaste.Derrière son père et sa mère, Celia avait paru, dans le flot des assistants, qui suivaient pour voir ; puis étaient venus Attilio, les Saceo, des parents, des personnages officiels.Et, en attendant que la marche royale fut finie, il n'y avait encore, au milieu de la sonorité des instruments et de l'éclat des lampes, que des sainte, des regards, des sourires ; pendant que tous les invités, debout, se poussaient, se haussaient, le cou tendu, let yeux luisants, nn flux montant de têtes et d'épaules, étincelantes de pierreries.Enfin, l'orchestre se tut, les présentation! eurent lieu.Leurs Majestés, qui connaissaient d'ailleurs Celia, la félicitèrent avec nne bonté toute paternelle.Mais Saceo, comme ministre autant que comme père, tenait surtout à présenter son fils Attilio.Il courba sa souple échine de petit homme, trouva les belles paroles qui convenaient, si bien qne ce fut le lieutenant qu'il fit s'incliner devant le roi, tandis qu'il réservait pour la reine l'hommage du bean garçon, si passionnément aimé.De nouveau, Leurs Majestés se montrèrent d'une bienveillance extrême même pour madame Saceo, toujours modeste et prudente, qui s'effaçait.Et il se produisit ensuite un fait, dont le récit, colporté de salon en salon, allait y soulever des commentaires sans fin.Apercevant Benedetta, qne le comte Prada lui avait amenée après son mariage, la reine lui sourit, ayant conçu ponr sa beauté et pour son charme une admiration tendre ; de sorte que, forcée de s'approcher, la jeune femme eut l'insigne faveur d'une conversation de quelques minutes, accompagnée des plus aimables paroles, que toutes les oreilles voisines purent entendre.Certainement, la reine ignorait l'événement du jour, le mariage avec Prada annulé, l'union prochaine avec Daiio annoncée publiquement, dans ce gala qui fêtait désormais de doubles fiançailles.Mais l'impression n'en était pas moins produite, on ne parla pins que de ces compliments adressés à Benedetta par la plus vertueuse et la plus intelligente des reines, et son triomphe ne LE REVEIL 285 foule, lorsqu'il se produisit une entrée qui fit tourner les têtes.Donna Serafina, en toilette de tatin cramoisi, comme si elle eût porté les couleurs de son frère le cardinal, arrivait loyalement tu bras de l'avocat consistons! Morauo.Et jamais elle ne s'était serrée d'avantage, d'une taiile mince de jeune fille ; jamais sa face dure de vieille demoiselle, coupée de grands plis, à peine adoucie par les cheveux blancs, n'avait exprimé nne si têtue et si victorieuse domination.Il y ent un murmure d'approbation discrète, une sorte de soulagement public, car le monde romain avait absolument condamné la conduite indigne de Morano, rompant nne liaison de trente années, à laquelle les salons s'étaient habitués, ainsi qu'à un légitime mariage.On parlait d'un caprice inavouable pour une petite bourgeoise, d'un mauvais ptétexte de rupture, à la suite d'une querelle survenue au sujet du divorce de Benedetta, alors compromis.La brouille avait duré près de deux mois, an grand scandale de Rome, où persiste le culte des longues tendresses fidèles.Anssi la reconciliation louchait-elle tous lès cœurs, comme une des plus heureuses conséquences du procès, gagné ce jour-là, devant la congrégation du Concile.Morano repentant, adonna Serafina reparaissant à son bras, dans ce'te fête, c'était très bien, l'amour vainqueur, les bonnes mœurs sauvées, l'ordre rétabli.Mais il eut une sensation plus profonde, dès que, derrière sa tante, on aperçut Benedetta qui entrait avec Dario, céte à côte.Le jour même où son mariago venait d'être annulé, cette indifférence tranquille des ordinaires convenances, cette victoire de leur amour avouée, célébrée devant tous, apparut d'une audace si jolie, d'une telle bravoure de jeunesse et d'espoir, qu'elle leur fut aussitôt pardonnée, dans une rumeur d'universelle admiration.Comme pour Celia et Attilio, les cœurs volaient à eux, à l'éclat de beauté dont ils rayonnaient, à l'extraordinaire bonheur dont resplendissaient leurs visages.Dario, encore pâli par sa longue convalescence, était, daus sa délicatesse nn peu mince, avec ses beaux yeux clairs de grand enfant, sa barbe brune et frisée de jeune dieu, d'une fierté svelte, où se retrouvait tout le vieux sang princier des Boccanera.Benedetta, la très blanche, sous son casque de cheveux noirs, la très calme, la très sage, avait son bean rire, ce rire si rare chez elle, mais d'une séduction irrésistible, qni transfigurait, donnait un charme de fleur à sa bouche un peu forte, emplissait d'une clarté de ciel l'infini de ses grands yeux sombres, inson- dables.Et, dans cette enfance qui lui revenait, si gaie, si bonne, elle avait eu le délicieux instinct de se mettre en robe blanche, une robe tout unie de jenne fille, dont le symbole d sait sa virginité, le grand lis pur qu'elle était restée obstinément, pour le mari de son choix.Rien de sa chair ne se montrait encore, pas même la discrète échancrnre permise de la gorge.C'était le mystère d'amour impénétrable, redoutabie, une beauté souveraine de femme, dont la toute-puissance dormait là, voilée de blanc.Aucnne parure, pas un bijon, ni aux mains, ni aux oreilles.Sur le corsage, rien qu'un colier, mais nn collier de reine, le fameux collier de perles des Boccanera, qu'elle tenait de sa mère et que Rome entière connaissait, des perles d'une grosseur fabuleuse, jetées là, à son cou, négligemment, et qui suffisaient, dans sa robe simple, à lui donner la royauté.— Oh ! murmura Pierre extasié, qu'elle est heureuse et qu'elle est belle ! Tout de Buite, il regretta d'avoir ainsi pensé à voix haute ; car il entendit, à son côté, une plainte sourde de fauve, nn involontaire grondement, qui lui rappela la présence du comte.Celui-ci, d'ailleurs, étouffa ce cri de sa blessure, brusquement rouverte.Et il eut encore ia force d'affecter nne gaieté brntale.Fichtre ! ils ne manquent pas d'aplomb, tous les denx J'espère bien qu'on va les marier et les coucher devant nous.Puis, regrettant cette grossièreté de plaisanterie, où se révoltait la souffrance de son désir inassouvi de mâle, il voulut se montrer indifférent.— Elle vraiment jolie, ce soir.Vous savez qu'elle a les plus belles épaules du monde, et que c'est un vrai succès pour elle que de paraître plus belle encore, en ne les montrant pas.Il continua, parvint à causer d'un air détaché, contant de menus faits sur celle qu'il s'obstinait à nommer la comtesse.Mais il s'était renfoncé un peu dans l'embrasure, de crainte sans doute qu'on ne remarquât sa pâleur, le tic douloureux qui contractait ses lèvres.Il n'était pas en état de lntter, de se faire voir riant et insolent, à côté de la joie dn couple, si naïvement affichée, Et il fut heureux du répit que lui donna, à ce miment, l'arrivée du roi et de la reine.—Ah ! voici Leurs Majestés ! s'écria-t-il en se tournant vers la fenêtre.Voyez donc cette bousculade, dans la rue ! En effet, malgré les vitres fermées, nn tumulte de foule montait des trottoirs.Et Pierre, ayant regardé, vit, dans le reflet des lampes électriques 286 LE REVEIL ut accru, elle en devint plus belle, plus fière, plus victorieuse, dans co bonheur d'être enfin à l'époux choisi, qui la faisait rayonner.Alors, ce fut pour Prada nne souffrance indicible.Pendant qne les souverains contiunaieut à s'entretenir, la reine avec les dames qui venaient la saluer, le roi avec des officiers, des diplomates tout un défilé de personnages importants, Prada, lui, ne voyait toujours que Benedetta félicitée, caressée, haussée en pleine tendresse et en pleine gloire.Dario était près d'elle, jouissait, resplendissait avec elle.C'était pour eux que ce bal était donné, ponr eux qne les lampes étincelaient que l'orchestre jouait, que toutes les belles femmes de Rome s'étaient dévêtues, la gorge ruisselante de diamants, dans un violent parfum d'amour ; c'était pour eux que Leurs Majestés venaient d'entrer anx sons de la marche royale, pour eux que la fête tournait à l'apothéose, pour eux qu'une souveraine adorée souriait, apportait à ces fiançailles le cadeau de sa présence, pareille à la bonne fée des contes bleus, dont la venue assure le bonheur aux nouveau-nés.Et il y avait, daus cette heure d'extraordinaire éclat, un apogée de chance et d'allégresse, une victoire de cette femme dont il avait en la beauté à lui, sans la pouvoir posséder, de cet homme qui maintenant allait la lui prendre, victoire si publique, si étalée, si insultante, qu'il la recevait en plein visage, brûlante comme un soufflet.Puis, ce n'était pas que son orgueil et sa passion qui saignaient ainsi, il se sentait encore frappé dans sa fortune par le triomphe des Sacco.Etait-ce donc vrai que le climat délicieux de Rome devait finir par corrompre les rudes conquérants du Nord, pour qu'il eût cette sensation de fatigue et d'épuisement, à moitié mangé déjà ?Le jour même, à Frascati, avec cette désastreuse histoire de bâtisses, il auait entendu craquer ses millions, bien qu'il îefnsa de convenir que ses affaires devenaient mauvaises, comme le bruit eu courait ; et, ce soir, au milieu de cette fête, il voyait le Midi vaincre, Sact o l'emporter, en homme qui vit à l'aise des curés chaudes, faites goulûment sous le soleil de flamme.Ce Sacco ministre, ce Sacco familier du roi, s'alliant par le mariage de sou fils à une des plus noble famille de l'aristocratie romaine, en passe d'être un jour le maître de Rome et de l'Italie, remuaut dès maintenant, à pleines mains, l'urgent et le peuple, quel souillet encore pour sa vanité d'homme de proie, pour ses appétits de voraces, de jouisseurs, qui se sentait poussé^hors de la table avant la fin du festin ! Tout croulait, tout lui échappait, Sacco lui volait ses millions, Benedetta lni labonrait la chair, laissait en hi cette abominale blessure du désir inassouvi, dont jamais plus il ne devait guérir.A ce moment, Pierre entendit de nouveau ctte plainte sonrde de fauve, ce grondement désespéré et involontaire, qui lui avait déjà bouleversé le cœur.Et il regarda le comte, il lui demanda : —Vous souffrez ?Mais, devant cet homme blême, qui gardait un grand calme par un effort surhumain de volonté, il regretta sa question indiscrète, restée d'ailleurs sans réponse.Aussi, pour le mettre à l'aise, continua-t-il, en disant tout haut les réflexions qne faisait naître en lui le spectacle de la pompe qui se déroulait.— Ah! votre père avait raison, nous autres Français avec notre éducation si profondément catholique, même en ces jours de doute universel, nous ne voyons toujours dans Rome quo la Rome séculaire des papes, sans presque savoir, sans pouvoir presque comprendre les modifications profondes, qui, d'année en année, en fout la Rome italienne d'aujourd'hui.Si vous saviez, lorsque je suis arrivé ici, combien le roi avec son gouvernement, combien ce jeune peuple travaillant à se faire une grande capitale, étaient pour moi des quantités négligeables ! Oui, j'étais cela, je n'en tenais aucun compte, dans mon rêve de ressusciter Rome, une nouvelle Rome chrétienne et évangélique, pour le bonheur des peuples.Il eut un léger rire, prenant en pitié sa candeur ; et, d'un geste, il montrait la galerie, le prince Buongiovauui en ce moment incliué devant le roi, la princesse écoutant les galente-ries de Sacco, l'aristocratie papale abattue, les parvenus d'hier acceptés, le monde noir et le monde blanc mêlés à ce point, qu'il n'y avait plus guère là que des sujs's, à la veille de ne faire qu'un peuple.L'impossible conciliation entre le Quirinal et le Vaticau ne s'indiquait-elle pas comme fatale dans les faits, sinon dans les principes, en face de l'évolution quotidienne, de ces hommes, de ces femmes en joie, riants et parés, que le souffle du désir emportait ?Il fallait bien vivre, aimer être aimé, faire la vie, éternellement ! (A suivre) x IL FAUT AIDER LA NATURE Il faut aider la nature.Si vous toussez prenez le BAUME RHUMAL, il provoquera et aidera, la guérison. LB REVEIL 287 L'ART MUSICAL sommaire du KUMÉRO de juin Chronique ; Causerie ; De l'origine des maîtres de la Symphonie (suite) ; La sncession de Brahms ; Les fléaux dn fen, Superstitions ; L'Influence de l'électricité snr la voix ; Chopin (suite) ; Gabriel Pierné ; Règlement snr la musique sacrée, (suite) ; Une aneccdote de Rubinstein ; Les littérateurs et la musique ; Le jubilé de la Reine ; Une lettre de Boieldieu ; Notes et informations ; Montréal ; Petit cours d'hamonie pratique ; Académie de musique de Québec ; Correspondance d'Europe ; Correspondance d'Amérique ; Instruments.MUSIQUE — A l'Angélus (Piano) C.Broutin ; Valse, 01-bersleben ; Lea Pifferari (Piano) Ch.Qounod.ABONNEMENTS : f ville.,.$1 15 00 Un an 1 25 15 | CAMPAGNE \ EN DEH0R8 DU | CANADA ET DE8 ' ETATS-UNIS .Le nnméro.Adresser les abonnements : Boite postale No 2181, Montréal on 1676 me Notre-Dame.A VENDRE Deux Matériels d'Imprimerie cpmfmnant Presses, Caractères, Casses, m UNE CHANCE EXCEPTIONNELLE.s'adresser à A.FILIATREAULT, 167 rue Sanguinet.Poite de Poste, 2184.Compagnie d'Assurance sur la Vie du Canada.Sligi Social, Montreal.ROBERTSON MACAU LAY.PréBident Hon.A.W OGILVIB,Vice-Président.T.B.MACAULAY, Secrétaire.IRA B.THAYBR, Sur't.des Agences.1 d.F.JOHNSTON, Assistant Surintendant dea Agences.L'année 1897 a, jusqu'à maintenant été p[us satisfaisante encore que 1806 Elle montrera sans aucun doute nne augmentation tont à fait anormale.Cela veut dire beaucoup ponr la corn-paagnie spécialement si l'on considère la crise commerciale qni se fait sentir partout.Ce résultat est surtout dû au fait que lo " SUN " du Canada est devenu tout à fait populaire.Sa police sans condition et son habile et prndente direction ont fait leur œuvre.—-UNB AUTRE RAISON — Le " SUN " du Canada est la première compagnie qui a introduit la police sans conditian ce qui a pendant de longues années été nne des principales attractions de ses polices.Cette compagnie a.depuis, fait un pas de plus en avant et émet des polices non confisca-bles Le contrat d'assurance d'un porteur de police ne peut d'après ce privilège et aprâs avoir été deux ans en vigueur être résilié aussi longtemps que sa réserve esé assez élevée pour acquitter une prime qui, sans quîil ait besoin de le demander, est payée sous forme d'un emprunt remboursable à volonté.DEMANDEZ A NOS AGENTS DE VOUS EXPLIQUER CE SYSTEME Capitaux assurés au 31 décembre 1891.#38,196,890 92 Actif au 81 décembre 1899.6,388,142 66 Revenu pour 1896.1,886,258 00 0.LEGER, Gérant Département Français pour la ville et le District de Montréal s 288 LB REVEIL Une invention peur les enfants de 6 à 60 ans.j MAPLE CARD l'echophone $ggfE Lorsque Edi.on Inventa le phonographe, qui reproduit la voix humaine, on a cru que c'était la phi i grande invention du siècle, et on a nu raison.Pensee-v-blen: la voix humaine, des airs de uiuskine, des chansons de toutes sortes, les discoure et les conférences deg grands hommes d'oint sont reproduits par ces machines.Pourquoi n'v a-t-il pas des phonographes partout ?Ils coûtent trop cher - de S40 à 1200.Nous avons résolu ce problème.Un ECHO-PHONE vous si Ta nddrcssé îles frais de l'express à la charge de l'acheteur, et Lealie'êWeekly pondant une année pour la somme modique de S8.ÔO L'ECHOPHONE est mis en mouvement par un mouvement d'horloge.Un enfant peut s'enservir.Un cy 1 indie est envoyé avec chaque machine, chaque cylindre ' suplémentaire coiite 50c chacun.Les cylindres du phonographe et duQrapho- Shone pen ven! être utilisés sur cette machine, et si la machine parler ne satisfait pas l'acheteur, son argent lui sera remis.A juste titre, l.tslits' Week/y, est considéré comme la magazine illustrée la plus en vogue en Amérique.Le prix d'abonnement est de $4,00 .ItMVIMHtAU*-j .- " FABRICANTS DE PAPIER.MOULIN A PORTNEUF MONTREAL QUE a—- -— « .?t»w et l'ECHOPHONE se vend $10.00.On peut être étonné que les deux se vendent seulement $8.00, mais ceci s'explique facilement.Nous 1 avons besoin de 150,000 abonnés au Leslies' Weekly.Nous croyons les' obtenir par ce moyen.Ceux qui annonceront dans notre circulation, nous rembourseront nos pertes d'aujourd'hu machine est limité — " Premier rendu, premier servi." 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