Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1 février 1898, samedi 26 février 1898
BOITE 2184 No 164 TELEPHONE 882 Revue Politique et Littéraire POLITIQUE—THEATRE—LITTERATURE—BEAUX-ARTS Vol vii.Montreal, 26 février 1898.No- 164 SOMMAIRE Paces d'histoire Vieux-Rouge- L'autre farceur Observateur — Le " Black crook " Franc — Galons d'or et robes noires Justus — Antinomies — La Franc-Maçonuerie chinoise Societies secrètes — Coups de crayon, Rigolo -Traité du jeu de " Whist " — Feuilleton : De toute son âme (Suite) René Bazin Los conditions d'abonnement an Réveil ne sou t pas les conditions ordinaires des antres journaux.Nous livrons le journal à domicile | fmnco,] à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de ohaque mois.Tout ce que nous demandons an public est de voir le journal.Les abonnements en dehors de Montréal sont payables tous les quatre mois et d'avance.Nous adresserons un numéro échantillon gratuitement àtous cenx qui on ferons la demande.Ceux de nos abonnés qui ont des travaux d'impresssion à faire voudront bien s'adresser au No 157 rue Sanguinet ou au No 1560 me Notre Dame- PAGES D'HISTOIRE " Pourquoi IjB Réveil fait-il de la politique ?" étaity U question posée à notre directeur il y a quelques jours.La réponse est bien facile et ne demande pas de grands efforts d'imagination.Il suffit de rappeler aux lecteurs du journal les luttes faites par les vrais libéraux contre l'autocratie religieuse depuis un demi-siècle, et de montrer, dans toute sa nudité, la conduite actuelle de ceux qui dirigent le parti libéral.Lorsque VAvenir fut fondé, il y a cinquante ans, Eric Dorion, Lusignan, Das-saulles, et plusieurs autres dénoncèrent les abus du clergé et ne craignirent point d'encourir la colère des autorités.Ils furent bel et bien condamnés sans phrases.Plus tard, l'Institut Canadien, fondé par les Vieux-Rouges du temps, et dont le père de feu Mgr Fabre était l'un des plus beaux ornements, continuait la lutte, et tombait sous le coup d'une condamnation episcopate promulguée par Mgr.Bourget.C'était toujours la même tactique, le non 210 LE BÊVEIL possuiims inexorable.L'Institut dut succomber sous les coups de crosse.C'est alors que Buies arriva avec sa Lanterne.Il Ht rire les gens qui lisaient en 1868 et 1869, mais cependant il fut forcé de sombrer devant la force imposante des phalanges sacrées qui marchaient en rangs serrés contre les mécréants.Entre temps, le procès Guibord allait son petit bonhomme de chemin et se terminait en 1876, au mois de novembre s'il nous en souvient, par l'enfouissement, manu militari, de ce vieux champion de la liberté politico-religieuse.Buies revenait un peu plus tard devant le public avec le Réveil, qui lit la lutte pendant quelques mois, mais fut obligé de tomber devant les foudres ecclésiastiques.C'est alors qu'une accalmie se produisit et que les autorités religieuses, en utilisant les maisons d'éducatif ^qu'elles dirigent, tentèrent de reprendre l'ascendant qu'elles avaient perdu sur le peuple en essayant de démontrer aux jeunes élèves que tous ces gens qui les avaient combattues étaient des pestiférés qui ne méritaient que les flammes éternelles, et encore.Un incident se produisit en 1892 qui permit à un journal franchement libéral, le Canada-Revue, de faire avec succès la guerre aux abus ecclésiastiques.C'est à cette époque qu'un de nos Canadiens des plus distingués, bien connu dans les lettres, écrivit sous le coup d'une indignation spontanée une protestation énergique, où il disait qu'à force de faire croire au clergé que tout lui était permis, " il Unissait par prendre nos femmes." Malheureusement pour lui, malgré ses tendances à tendre la branche d'olivier à propos de tout et à propos de rien, il ne pourra jamais récuser son manuscrit qui est conservé en lieu sûr et accompagné de son portrait, au cas où il deviendrait nécessaire de fournir des preuves de ses avancés.Cette apostrophe valut une condamnation carabinée au Canada-Revue, avec promesse de flammes éternelles aux récalcitrants qui refuseraient de s'incliner devant le décret episcopal La lutte se continua devant les tribunaux civils et le journal accentua sa campagne, à la grande joie des amis de la liberté civile et religieuse, et au grand désespoir des curés et de leurs esclaves.Pendant cinq années, le Canada-Revue et le Réveil répandirent à pleines colonnes les vérités immuables du bon sens et de la logique.Il y eut certainement des fautes commises et des écarts de langage, mais l'intention des éditeurs et des rédacteurs était bonne et ils répondaient simplement aux coups qui leur étaient portés.Pendant cette période fiévreuse, l'opinion publique se formait, et lorsque Laurier venait devant le peuple en 1896, il était élu par une majorité écrasante dans la province de Québec.Le Premier-Ministre, au lieu de s'appuyer sur les amis qui lui avaient été fidèles depuis plus de vingt ans, se jetait dans les brus d'un informer politique quelconque qui avait réussi à capter sa confiance,et voulait ramener ses anciens amis, qu'il avait trahis, au pouvoir, pourvu que ses intérêts à lui fussent sauvegardés.L'hon.M.Laurier avait oublié que les intérêts du vrai parti libéral devaient passer avant ceux des particuliers,* et il s'appuyait sur les bedeaux pour garder le pouvoir que les Vieux-Rouges avaient décroché.Or, ces derniers ayant devant les yeux LE REVEIL 211 l'expérience décisive faite par l'hon M.le chou, à fréquenter les deux camps et, Mercier, et sachant que la hiérarchie se dans un moment de sereine philosophie, prononcerait carrément contre eux, le expédie à ses gens ce message ploin de can- jour où ils pourraient le faire sans danger, deur et de franchise : voyaient d'un mauvais œil cette tactique " Whosoever sha'l be the king, I will be du chef.qui n'en continue pas moins à nié- the vicar of Bray." nager les curés, qui tentent aujourd'hui Cette réminiscence nous vient après la ct qui tenteront toujours de rembarrasser lecture des entrevues et lettres que M.dans sa politique scolaire.Chapleau a cru devoir publier pour expli- Nous pouvons encore tolérer chez nous qner sa singulière conduite, les calotins religieux, parce que leur inté- Personne ne lui demandait d'aggraver rêt est de se défendre contre les attaques l'affaire, mais il n'avait pas la conscience du dehors, et que c'est leur droit ; mais ce repos.(pie nous ne voulons pas subir ce sont les II comprend que le public n'est pas calotins politiques.aussi bête que bien des gens de son en- Et voilà pourquoi le Réveil fait de la tonrage le croient, et que sa lettre humou- politique.rùtique à M.Tarte n'a pas passé comme Et sa devise sera toujours : beurre en poêle."A bas la calotte politique rouge ou Un silence prudent eut été cent fois I 'AIITRF FARPFIIR Néanmoins, puisque notre ancien gou-l_ nu ML I nil u LU II verneur veut absolument en parler, nous Il y avait, un jour, dans la blonde Al- croyons de notre droit de dire ce que nous bion, un révérend quelconque, de taille à pensons là-dessus, rendre des points au plus opportuniste des Et avec cette virile brutalité de ceux opportunistes.qui parlent avec conviction, nous déclarons U jouissait d'une prébende très grasse, que dans notre opinion, l'honorable M.mais son ambition, très de taille elle aussi, Chapleau n'a fait que plagier la façon lui avait fait jeter les yeux sur un autre d'agir du prétendant au vicariat de Bray.patrimoine beaucoup plus plantureux.Il a courtisé deux camps, fait des ma-Mais, — il y avait des mais même à inours au Grand Faiseur du cabinet Lancette époque pour les gens à latin et à rier, ourdi une trame dont le résultat de-thèses — mais il ne pouvait l'avoir que vait, plus ou moins vite, le rendre gobable par le canal du roi lui-même.aux libéraux.Et pour comble d'empêchement, juste " Là où a passé Tarte, je passerai bien, " au temps où il allait faire valoir ses titres, semblait-il s'être dit.ne voilà-t-il pas qu'un prétendant, — une Et peut-être, ajoutait-il, plus ou |moins manière de Carlos — surgit et bataille mentalement, puisque les jeunes Tarte pour arriver au sceptre.sont des députés en herbe, je puis bien Xotre révérend ne se décourage pas être un ministre négociable en camp hé- pour si peu, se met à cultiver la chèvre et térogène.bleue, ou même violette! préférable.Tout mauvais cas est niable, mais ceux de ce calibre y gagnent à ne pas être expliqués.vieux-rouge. 212 LE REVEIL Ça n'a pas réussi.Bt c'est pourquoi nous le voyons aujourd'hui s'adresser aux conservateurs, et leur raconter que Tarte et lui ne correspondaient qu'à titre de farceurs.Nous 'sommes des liléinux vrais ce qui nous justifie d'écrire aujourd'hui que si M.Chapleau avait réussi à manigancer son petit coup c'aurait été le reste.D'un autre côté, nous savons quelle est l'opinion des bons conservateurs sur cette, avalanche épistolaire de l'ex-député de Terrebonne.Un d'eux l'a résumée heureusement, l'autre jour.Nous lui demandions ce que son ancien chef pouvait faire de mieux après la publication de la fameuse lettre à Joseph-Israel : " Ce qu'il pouvait faire de mieux ?Le grand Corneille me fournit à peu près ma réponse : Que vouliezvous qu'il fit?Qu'il se tût ! " observateur.Le "Black Crook" Ne sursautez pas, mes amis, je ne suis pas pour vous entretenir de cette fantasmagorie épicée qui a motivé l'arrestation de dix-huit demoiselles de bonne famille après la dernière représentation.Je veux simplement citer textuellement une partie du rapport de l'incident publié par la Presse.Si c'est là le moyen de conserver intacte notre belle langue française, suivant l'expression consacrée, la susdite langue est susceptible) de mourir snbitement dans un avenir rapproché.Voici le texte : On en était arrivé à la moitié de la matinée, samedi après-midi, et l'iutérêt était excité à son plus haut poiut.Il y avait très peu de chapeaux dans la salle, partant très peu de femmes, de plumes, fleurs et oiseaux, étant donné que les unes ne marchent pas sain* les autres.Au premier rang du parterre se lèvent sou- dainement denx hommes carrés.Jusque-là il n'y avait rien pour troubler l'attention des spectateurs, car il nous arrive tous les jours de voir des hommes carrés.Il en vient tous les samedis de la campagne, qui sont obligés de quitter en soupirant la représentation pour ne pas manquer le train.La seconde motié de la représentation l'annonçait donc aussi bieu que la première." Les Américains de Londres " avait effectué toutes les choses folichonnes et impossible que les Américains n'exécutent jamais à Londres, Kettie Clément avait diffamé la fille sage, Ketty Fells remplissait à son tour la salle de ses trilles claires où il était parlé d'nn petit cousin de son cousin, pour lequel elle éprouvait quelque chose comme un sentiment platonique.U fallait done qne les deux hommes carrés eussent bien envie de ne pas manquer leur train pour quitter la place à un pareil moment.Mais l'un des hommes carrés était très curieux assnrément et quelque chose dans les coulisses l'intriguait fort, qu'il ' voulait voir avant de partir; car il jeta un coup d'œil indiscret, tout au fond, en s'appuyant è la rampe.Cependant, son compagnon se souciait fort peu do manquer le train, car il fit signe à son camarade de reprendre sa place.L'autre prit effectivement le parti d'attendre que Kettie Wells eut fini de donner cours à ses soâvenirs platoniques.Seulement, ceux qui étaient quelque peu familiers avec la vue des limiers municipaux, commençaient à trouver que le premier homme carré ressemblait singulièrement au détective Côté.Or comme un agent do police se risque rarement dans les endroits pareils, on finit par couclure que c'était un de ses petits cousins.Mais voici que son camarade ressemblait aussi au détective Campeau ! Cela devenait embêtant à la fin, mais après tout c'est encore une chose possible que deux cousins de deux détectives se trouvent à une représentation avant de prendre le train.Et il y en a des colonnes comme ça ! Vraiment, ça fait pitié.¦5.franc EN VOYAGE Eu voyage comme à la maison ayez donc toujours une bouteille de BAUME RHUMAL son» la main- LE REVEIL 21S Galons d'or et robes noires Il y a deux mois environ, dans qne rénnion d'écrivains de talent, on s'amusa à " monter nn batean " n M, Zola.Il s'agissait naturellement de l'affaire Dreyfus, et l'on parlait du commandant du Paty de Clam qui est un des meilleurs officiers de notre armée et dont l'honneur n'a même pas besoin qn'on en parle.— C'est un élève des Jésuites, dit un autre.— Parbleu, ajouta un troisième en s'adressant à M.Zola, figurez-vous que j'ai vu dernièrement nue photographie du commandant du Paty de Clam, vous entendez, uni photographie du commandant e» Jésuites, oui, en Jésuites, avec la pèlerine des novies.— C'est trop fort ! s'écria M.Zola.Voyant qu'il " gobait " la plaisanterie, on insista ; on lui dit que le Père du Lac réunissait ainsi les anciens élèves des Jésuites, épars dans l'armée, leur faisait porter la sontane à ce moment, et, on revanche, leur donnait l'appui des Jésuites dans leur carrière, etc., etc.M.Zola croyait tout et s'indignait.Tout s'expliquait.C'était les Jésuites qui avait mené toute celte affaire et accusé faussement Dreyfus, Israelite, pour sauver Esterhazy, catholique ! Et les amis riaient sous cape.Telle est l'histoire amusante qu'on nous raconte.Nous ne pouvons en garantir l'authenticité, n'ayant pas assisté i cette scène de bonne comédie, mais il nous sera permis d'y croire, si ello n'est pas démentie.#*# Il y a ainsi de par le monde, des milliers de naïfs incroyants, sceptiques patentés, qui sont tout prêts à oroire à la puissance occulte des Jésuites, même sous le régime républicain qui les a expulsée et traités comme de simples anarchistes.La vérité est que les anciens élèves des Jésui-gardent bon souvenir de leurs éducateurs et en conservent, pour la plupart, des sentiments religieux plus ou moins pratiques, mais hautement utiles dans les grandes circonstances de la vie.Et encore pas tous, car Vcrmorel, tué sur une barricade de la Commune, était ancien élève des Jésuites, du collège de Montgré, près de Lvou, et uous pourrions citer nombre de républicains, hautes fonctionnaires on députés, qui ont par les maisons des Jésuites, et n'en ont pas moins été des plus acharnés anti-cléricaux et des plus favorisés par la république.Faut-il les nommer?A quoi bon leur faire de la peine ! Certes oni, il y a de -bons catholiques dans l'armée, mais cela ne leur sert gnère, car tous les francs-maçons du Café du commerce |de la garnison s'acharnent à les dénoncer comme " allant à la messe." Le commandaut du Paty de Clam, appartient nous l'avons dit, à nne très ancienne famille d'Irlande, où la foi et l'honneur sont héréditaires.Et o'est au moment où l'on s'efforce de reviser le procès Dryfus que le commandant apprend la mort de sa sœur qui revenait de Madagascar, Sœur de la charité, dévouée pendant de longs mois au soiu de nos soldats malades.Elle aussi avait contracté les terribles fièvres du pays; elle s'était embarquée sur le Peî-Ho, des Messa-gerier maritimes, pour revenir en t France, et le Peî Ho n'a ramené qu'un "cercueil.La voilà l'pposition criante enlumineuse.D'un part, un ancien soldat, justement condammé, en faveur de qui s'élève un bataillon de défenseurs acharnés; d'autre part, une humble fille de Saint-Vincent-de-Paul, qui a renoncé aux joies de ce monde, à la situation de sa famille dans le moude, à la vie calme et heureuse, qui s'en va monrir au loin en soignant nos soldats, et dont personne, hormis nous, ne parle ! Et c'est la sœur de celni dont on veut faire une sorte de Torquemada.De temps eu temps on les décore, ces pauvres filles dévouées à l'htmanité souffrante.Pour' elles seules on fait exception i la règle de la Légion d'Honneur qui veut que la oroix ne soit donnée qu'à qui l'a demandée et demandée par écrit.Elles ne peuvent même pas désirer une dis- 214 LE REVEIL tiuctioD quelconque, et pour l'accepter, il leur faut un ordre de leur supérieure ! Un colonel répondit après une action d'éclat de son régiment, au général qui lui demandait qui il fallait décorer dans sa troupe : — Tous ou personne ! Il'fallnt cependant faire une sélection.Il en est de même ponr les Sœurs de la Charité.Presque toutes mériteraient la croix : on ne peut la donner qu'à quelques-unes, et c'est bien assez, car c'est aussi leur drapeau qu'on décore.Et qu'on ne croie pas que la sœur du commandant du Paty de Clam soit une exception, comme fille de maison noble, sons la cornette blanchette.Elles sont légion.Mais elles perdent jusqu'à lenr nom en faisant vœu de pauvreté, d'obéissance et d'humilité.Elles ne sont plus que la sœur Marie ou la sœur Angèle, soumises à telle autre qni est née dans une chaumière, et toujours prêtes à partir pour le Tonkin on Madagascar, la Chine on l'Océanie, pour tous les climats et tous les dangers Un petit sac noir à la main, cinq minutes après l'ordre reçu, elles sont prêtes à partir, sans adieux et sans larmes, avec le sourire sur les lèvres, l'éternel sourire de la conscience tranquille et de l'amour du bien.U n'est peut-être pas une famille importante en France qni n'ait eu une religieuse, parfois dans les ordres contemplatifs, le plus souvent dans les ordres enseignants ou dans les ordres charitables, même chez les Petites Sœurs des Pauvres qui sont de création relativement récente.Faut-il rappeler Sainte Thérèse, sainte Seanne de Chantai, Mme de Barrai qui a fondé l'ordre des Dames du Sacré Cœur, et tant d'antres ?Faut-il rappeler Mlle de LaVallière et la fille de Louis XV ?A quoi bon ?Là est le grand amour, celui qui rachète l'autre, parce qu'il est plus haut et n'a lien de commun avec " le soi-disant amour rédempteur" de la Dame aux Camélias.Que les anti-cléricaux nous montrent les mêmes dévouements dans leurs familles, et nous nous inclinerons.Que les; pré tendus humanitaires nous fassent voir la même abnégation parmi eux ou les lenrs, et nous les admirerons.Jusque-là qu'ils nons permettent de rire de leur zèle pnrement théorique.JtJSTtJS.ANTINOMIES L''Autorité rapporte que M.Tnrinaz, évêque de Nancy, en recevant son clergé.à l'occasion dn jour de l'an, l'aurait engagé à " se défier des innovations irréfléchies, de l'engouement pour certaines doctrines inexactes on dangereuses, de certaines tendances qni menacent l'nniou et les grandes traditions dn clergé français." Bref, M.Tnrinaz a pris position contre ce qn'on a appelé le parti des démocrates chrétieus.On peut rapprocher des déclarations de ce prélat lo désaven infligé par M.de Mnn, promoteur des cercles catholiques, à certains de ces cercles où les ouvriers avaient exolu les patrons, contrairement anx intentions de l'honorable dépnté qui avait vouln favoriser l'entente cordiale entre employeurs et employés et faire œuvre de pacification sociale.Il est visible que le monde catholique est aujourd'hui partagé entre denx états d'esprits nettement opposés.L'organisation de l'Église est nne des plus savantes applications qne l'on puisse concevoir du principe d'autorité.Avec son chef suprême et unique, son episcopal, sa corporation sacerdotale profondément séparée des laïcs, elle eat le type parfait du gouvernement monarchique et hiérarchisé.Dans l'ordre religieux, les simples fidèles dépendent des prêtres, qui sont soumis aux évêques, lesquels avec toute la chrétienté, s'inclinent devant le pape.Il est inutile d'insister snr la force que de telles institutions donnent à l'Église.C'est seulement de nos jours que certains catholiques ont été amenés à y voir quelques sources de faiblesse." Est-il possible, ont demandé cee hardis novateurs, de perpétuer sans nul changement dans nne société démocratique une tradition fondée à^l'usage dea régimes féodaux et mnarchiquea ?Ne rieqne-t-on point par là de n'être plus compris, de perdre la confiance LE RÊVEÎL 215 dn peuple qui est simpliste et n'admet pas aisément que le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel s'exercent suivant des modes aussi dis* semblables ?Le peuple est è présent très pénétré de sa souveraineté et il a perdu depuis 1789 l'habitude de l'obéissance passive A vouloir le régenter de haut et le dominer, fût-ce au nom de la vérité religieuse, on s'expose à lni pataître suspect et à n'en être pas écouté.Voyez au contraire comme le clergé américain a su s'accomo* der aux mœurs nouvelles de la démocratie, et les résultats admirables que lui a vains son libéralisme sans arrière-pensée.Aujourd'hui, l'alliance même des souverains et dei gouvernements présente pour l'Église plus de périls que d'avantages, car le temps est passé où la puis-tauce de l'Etat avait une action snr les consciences, et toute pression dn dehors se heurte désormais à d'intraitables résistances.Pour atteindre les âmes, l'Église n'a plus d'autre moyen que d'accepter franchemen la liberté, de se mêler i la vie commune, et, en nn mot, aller au peuple." A quoi les partisans de la tradition répondent : " Prenez garde ! Il est excellent certes d'aller au au peuple et l'Evangile nous en faisait un devoir bien avant l'apparition des démocrates chrétiens.Mais prêcher le perple et le flatter sont deux choses distinctes, qne les nouveaux apôtres, par une transition insensible, arrivent trop son-vent à confondre.S'intéresser au sort des pauvres et des humbles est très louable ; il l'est beaucoup moins de les pouseer à la haine et à la révolte.Votre socialisme chrétien mène tout droit au socialisme pur et aimple.Qoe sert qn'nn prêtre ae fasse accepter dana les milieux populaires, si l'influence qu'il y aura pénible meut conquise, loin de profiter à la religiou, ne fait qne hâter et renforcer l'œuvre destructive de ses ennemis les plus acharné ?On a vu déjà des socialistes chrétiens s'allier onvertement aux pires révolutionnaires.Dans d'antre cas, comme dans celni des cercles de M.de Mon, les efforts catholidues sociaux ont en des résultats exactement contraires à ce qu'ils en attendaient.En outre, ces démocrates se dispensent volontiers du respect qui est dû aux évêques, et lorsque M.Tnrinaz osa affirmer que le pape n'appronvait point le socialisme chrétien, on lui fit bien voir» en lni infligeant en face le plus formel démenti, à quel point la hiérarchie est dorénavant tenue pour surannée.Bref, ces écarts et ces imprudences compromettant les intérêts mêmes de l'Église en même temps que Perdre social' " Telles sont en résumé les thèses des deUx partis, et il faut avouer que, si leur lutte est un spectacle infiniment curieux pour l'observateur il est bien malaisé de dire qui a raison de prévoir qui l'emportera.On plutôt, n'est-il pas manifeste qne ni l'un ni l'autre n'a complètement raison ni complètement tort, et que la difficulté véritable, c'est de démêler dans quelle mesure ils ont tort on raison.L'antinomie de l'autorité de la liberté éternelle.On se tirait d'embarras jadis en sacrifiant purement et simplement la liberté ;.la civilisation moderne ne comporte plus cette simplification.Quelle part faire à chacun dei deux termes ?Comment éviter le despotisme sans tomber dans l'anarchie ?Voilà le problème qu'on retrouve partout à notre époque et auquel l'Église ne pouvait par conséquent échapper.Mais, s'il est nécessaire de le p »ser, il n'eat certes facile pas ponr personne de le résoudre.•.La Franc-Maconnerie chinoise SOCIETES SECRETES Au moment où quatre grandes puissances penvent se rencontrer en nn choo terrible en Extrême-Orient, un examen sommaire de l'état inférieur du vaste Empire chinois ne manque pas d'intérêt.La dernière guerre entre Chinois et Japonais a détrompé certains hommes politiques qui avaient jeté le cri d'alarme dans d'importantes revues, faisant des calculs terrifiants au sujet de ce qui pourait advenir de l'Europe le jour où les quatre cents millions de sujets de l'Empire du Milieu se décideraient à passer les frontières de leuT pays ponr s'élancer à la conquête des nôtres.La Chine, tant qu'elle s'est maintenue inaccessible anx regards des Eurppéens, a imposé nn certain respect ; mais aussitôt que des murailles tenues impénétrables durant de longs siècles» LE REVEIL out été abarrui's pour laisser passer le commerce et la diplomatie, toutes les vieilles craintes se sont évanouies, et elles ont fait place aujourd'hui à la conviction absolue que l'Empire dit Cèles-te, avec une population notablement supérieure à celle do l'Europe entière, malgré toute la richesse de sou sol et le caractère laborieux de ses industrieuses populations, est incapable non seulement d'attaquer, mais même de résister à l'ag-gression de l'une ou l'antre des nations de premier ordre.#** La Chine est toute préparée pour uue conquête facile, non seulement à cause des rivalités de race, des défauts et de son organisation politique et de son éducation sociale, mais encore par suite de l'action persévérants des sociétés secrètes qui, imitant eu cela le travail criminel de leurs congénères d'Occident, ont plus contribué que d'autres forces destructives à miner les défenses de l'Empire et à développé la corruption publique.Les sociétés secrètes, qui ont accumulé tant de ruines et fait tant de mal parmi les nationa de l'Europe, se sont introduites eu Chine aussi ; là aussi elles travaillent à renverser la monarchie — colle des Tsing — en hâtant ainsi le partage des immenses territoires de l'Empire et sa dislocation définitive.Grâce aux révélations de certains Chinois, et surtout aux travaux de Schlezsl et d'autres écrivains qui ont été à même d'étudier le grand Empire asiatique à l'intérieur, nous possédons un assez grand nombre dedétails intéressants au sujet de l'organisation maçonnique au milieu des populations les plus importantes de la Chine.La connaissance de l'existence de cob sociétés occultes, eu Chine, date de peu d'aueées.Avant 18C4, cette connaissance n'était pas encore parvenue en Europe.A cette date fut imprimé à Taris un livre dont l'auteur était un Chinois, appelé Ting Tung Ling-, qui, peu de temps auparavant, s'était fait recevoir dans la Loge : " la Jérusalem des vallées égyptiennes." Dana ce livre, l'auteur s'attache à démontrer qu'en son pays, il existe des associations analogues, établies sur les mêmes bases, dans des locaux hémétiqne* ment fermés anx profanes.Bien plus, les cérémonies de rituel seraient indentiques.Dès ce moment on a en connaissance de l'existence de la franc-maçounerie en Chine, et l'on a su qne la première propagande do la *' doctrine du mystère" ne datait de rien moins que la quatre mille ans (!?).« • a A la suite des révélations de Ting-Tung-Ling complétées en la même année 1864 par un autre franc-maçon, Léon de Roiny, professeur de langue japonaise, à l'Ecole des langues orientales à Paris, un autre chinois qui, lui aussi, résidait à Paris, Sam Ung, publia des détails au sujet d'une Société, nommée le San Ho, ce qui veut dire " Société des Trois Concordes ou des Trois Unions " dont les initiés se reconnaissent entre eux an moyeu de certains signes mystérieux semblables à ceux dont se servent les maçons d'Europe.Quel eat l'objet de cette vaste associasion.qui serait vieille de quatre mille ans et qui a tanl de ressemblance avec la franc-maçonnerie ?Est-elle philanthropique, sociale, ou politique ?Lesadétails qui nous sont connus nous promettent de penser que la Société secrète primitive a subi de grandes transformations, et que celle qui existe maintenant à été notablement influencée par le franc-maçonnerie occidentale,[de sorte qu'elle a perdu tous les caractères essentiels de la Société.On peut donc bien affirmer que, tous indigènes qu'elles sont et remontant à une origine perdue dans la nuit des temps, les sociétés secrètes d'aujourd'hui en Chine sont exotiques et y ont été sinon introduites, du moins profondément modifiées par les Européens, Macao, Canton, Batavia, Hong-Kong ont été indubitablement les foyers les pins intenses de la franc-maçonne* rie qui s'étend aujourd'hui à toutes les provinces du Céleste Empire.^ tt « ?* Les relations de la Franc-Maçonnerie européenne avec la Chine ont pu ètre constatées par les Français dans leurs malheureuses expéditions au Tonkin et dans l'Annam. LE RÉVEIL Pes gens fort bien renseignés assurent que les déceptions que la République française a rencontrées dans l'Extrême-Orient et les désastres qne ses armes y ont subis sont attribnables i la Société Tien Si Hevi ( Ciel et terre.) Les endroits traversés par l'armée française étaient pleins de signes mystérieux d'avis et de menaces maçonniques à l'adresse des initiés eu*, ropéens, qui étaient conjurés de no paa user de leurs frères orientaux.Parmi toutes les formules prescrites par la Société Ciel et Terre, il y en a une qui mérite d'être tout part'culièrement signalée.Cette lormule parait, en effet, rattacher la Société établie à Batavia avec celle de la Chine même, établit que nou seulement elies ont toutes un but commun, mais qu'il y a encore unité de direction.Dans les réunions, dit ls formule, le frère initié devra réciter les versets suivant : " La dynastie de Tsing est impure ; celle de Min est puissante."Les lances et les armes s'amoncellent de tous côtés, et nous nons désolons de l'état présent des choses.Mais dût une révolution se produire entre le ciel et la terre, le grand Tsin sera rétabli, " U s'agit clairement dans ces paroles, de la dynastie chinoise, renversée en 1644 par la dynastie manchoue.On est donc en présence d'nn but politique ou, si Ion veut, réaolutionnaire.Les antres Sociétés secrètes chinoises, et en particulier celles dont Tsing Tung Ling et Sam l'ii- ont révélé l'xistence, poursuivent-elles la même fin que la Société Ciel et Terre ?La chute de la dynastie mongole des Tsing, désirée par cette dernière Société secrète, l'est-elie également par les autres ?Ces Sociétés agissent-elles d'acord avec la Frauc-maçonnerie allemande, ou sont-elles d'intelligence avec la diplomatie de certaines autres puissances européennes pour fa-citer à celles ci l'accomplissement de lenrs dessins par rappsrt à la Chine ?Autant de questions dont la solution serait bien curieux sur les événements qui paraissent snr le point de se dérouler dans l'Etréme- Orient COUPS DE CRAYON Tont est au Yukon par lo temps qni court.On demande un titulaire pour une place d'organiste devenue vacante récemment dans le Nord." Voyez comme nous sommes prospère depnis que nous sommes au pouvoir ! " s'écrie le Ministre des Travaux Publics.J'te crois ! On parle d'une enquête qui se pousuit actuellement devant l'archevêque de Montréal et qui nécessiterait peut être un changment ecclésiastique dans une paroisse dn Nord.Il parait que ia somme que le gouvernement à l'intention de donner à la compagnie qui doit construire le chemin de fer du Yukon représente une moyenne de |4 par tête pour tous les Canadiens du paya—C'est un joli cadeau.Lorsque la Patrie reproduit uue partie des article du Réveil, elle serait bien aimable de noua en donner crédit.Nons pouiions de plus lui passer uue liasse du journal depuis Juillet à novembre 1897, d'où elle pouvait tirer des extraits fort intéressants des articles le Vieux-Rouge.A la Presse on traduit "The Black Crook" par "Le Hameçon Noir — aspirez le H.Ceci nous rappelle une traduction faite par uue canadienne de Toronto qui rendait cette phrase anglaise : "The yeast makes buckwheat cakes sweet and tender." Par: " La hisse rend les galettes de sarazin douces et tendres." Nous aurons un mot à dire la semaine prochaine sur l'attitude de l'évêque de Chicontimi dans l'affaire du Soleil.On a toujours blâmer le Canada-Revue de navoir pas porté sa cause devant la Congrégation de la Sacrée Propagande.Nous avons soutenu alors, et nous soutenons encore qu'il est tout à fait inutile de chercher A Ç« faire rendre justico par le clergé du Canada, même lorsqu'il est condamné à Rome.Le traitement que reçoit aujourd'hui M.Pacaud nous prouve que nous avons raison.BiaoLO. 218 LE REVEIL TRAITE DU JEU DE " WHIST" (Suite.) 28.Règle; La différence entre la loi et la règle consiste en ce que la première est invariable depnis l'origine du jeu, et qne l'autre n'est que de convention.L'amende de trois points ou levées contre celui qui renonce mal à propos, l'obligation de couper les cartes avant la donne, voilà les lois.Payer 1, 2, 4 fiches pour le robre, 10 pour le chelem et le privilège de mêler les cartes une fois avant la donne, voilà des règles ou conventions.24.Renonce : C'est ne pas fournir de la couleur demandée, soit qu'on en ait ou qu'on n'en ait pas.Dans le premier cas la renonce est punie.25.Rentrée : La main ou le privilège de jouer le premier.ti\.Robre : La robre se compose de trois parties ; il en faut gagner deux pour gagner le robre.27.Séquence : S'entend de plusieurs cartes qui se suivent, comme as, roi, dame, valet — huit, neuf, dix.28 Singleton : Carte unique d'une couleur quelconque.29.Tenace : Avoir nne tenace, c'est posséder la première et la troisième meilleures cartes, et être le dernier a jouer.80.Tour : C'est lorsque les joueurs ont joué chacun une fois ; en sorte que treize tours font le coup.81.Trick ( levéj ) : Se compose des quatro cartes fournies par les joueurs.La septième levée, ou Y odd-trick, compte un point.III regles du jeu.1° Whist en dix points.82.Whist : Le nom du jeu indique qu'il n'est pas permis de parler pendant la partie.33.Le whist se joue à quatre personnes et avec deux jeux de cartes, composés chacun de cinquante-deux cartes.Cependant, peur qu'une table de whist soit au complet, il faut six personnes.Le sort en désigne quatre pour le robre actuel, et deux qui rentrent en robre suivant.S'il survient d'autres personnes, elles prennent rang comme remplaçants.84.On tire ponr counaitre les partenaires : les deux plus basses cartes sont ensemble con?tre les deux plus hautes ; Vus, quoique la plus forte carte du jeu, est considéré dans ce tirage comme la plus basse.S'il a été tiré deux cartes de même valeur, on en retire deux autres : mais la plus basse carte du premier tirage conserve à son possesseur ls droit de la donne, dn choix des cartes et de la place i table, lors même que des cartes plus basses sortiraient la deuxième fois.85.Les partenairea se placent vis-à-vis l'un de l'autre Chacun a quatre jetons pour marquer ses points, et l'ou met quatre fiches sous un flambeau pour payer à la fin do chaque partie.86.La partie se joue en dix points.Chaque levée ou trick au dessus de six compte un point.Trois honneurs comptent deux points ; les quatre honneurs comptent quatre points.Les honneurs ne comptent qu'après les lovées, excepté au point de huit quand on chante.Lorsqu'on est neuf, les honneurs ne comptent pas ; on ne peut gagner que par les tricks.Le chelem se paye huit fiches en dehors, c'est-à-dire sans rien changer aux points précédemment marqués.87.Uu point marqué empêche la perte triple Cinq points marqués empêchent la perte double.38.Chaque joueur doit marquer distinctement et devant lni.Les fiches doivent être placées de même très-visiblement devant un des denx partenaires qni ont gagné une partie.89.Lorsque les joueurs qui perdent le robre ont cependant gagné une partie on déduit les fiches qu'ils ont devant eux du nombre total des fiches à payer.40.Chaque joueur a le droit'de battre les cartea ; mais celui qui donne peut, s'il le veut, les battre le dernier.41.On donne à couper à droite ; moins de quatre cartes coupées, en dessus ou en dessous, rendent la coupe mauvaise.42.Si un jen de cartes est faux, le coup où l'on s'en aperçoit est nul ; les précédents sont bons.48' Le partenaire de celui qui va donner doit relever les cartes de celui qui vient de donner et les placer à sa droite, afin qu'elles se trouvent à la main du joueur qui devra donner le coup suivant.* 44.Les cartes sont distribuées une à une et de gauche à droite.Le joueur à la gauche du donneur joue le premier, et ensuite celui qui gagne chaque levée.45.Toua les joueurs ont le droit, dans le cou- t LE RÉVEIL 219 nDt d'nn conp, de regarder la dernière main après qn'ello est relevée.41.Chacun doit mettre sa carte devant soi en 1»jouant, et ai elle ae trouve confondue aveo celles dea autres joueurs, on est «n droit d'exiger que chacun replace devant soi la carte qu'il ijouée.47.On eat tenn de fournir de la couleur demandée, sans être obligé de forcer ; quand on n'en a pas, on se débarrasse d'une carte inutile ou nuisible.43.Tout joueur qui jette ses cartes snr table donne à ses adversaires le droit d'appeler chaque «rte de son jeu.49.Toute marque d'approbation ou d'impro-bation sur la manière de jouer de son partenaire est punie de la perte d'un point De la dorme 50.Le joueur qui distribue les cartes n'a point le droit d'en toucher plusieurs sur la table ni de compter celles qui lui reste dans les mains, ponr rectifier les etreurs de dorme qu'il a pu commettre.Il peut cependant retirer une carte d'un seul paquet sut lequel il en aurait jeté deux ; mais si, après l'erreur commise, il continue à donner à la personne qni suit, la donne est manquée.51.Le joueur qui regarde ou montre -la dernière carte avant de l'avoir retournée, perd sa donne.52.Personne ne doit relever ni regarder ses cartes pendant qu'on les distribue.58.Quand on retourne une carte par sa faute, le» adversaires ont le droit, avant que l'atout soit connu, d'exiger une nouvelle donne.54.Si l'on donne" avant son tour, et qu'on ne ion aperçoive qu'après la retourne vue, la donne est bonne et continue dans le nouvel ordre.55.Le joueur qui donne doit laisser la carte de retourne sur la table, jusqu'à ce que ce soit à ion tour de jouer.Plus tard on n'a plus le droit de demander orze cartes, le coup est nul et la donne est perdue 58.Toutes les cartes étant distribuées, chacun réunit ses couleurs pour étudier sou jeu .avec plus de facilité.69.Si un joueur oublie de rournir nne carte sut une levée et reste ainsi avec une carte do pins que les autres, les adversaires ont le droit de maintenir le coup ou d'exiger une nouvelle donne et de prendre la m'ain.Du tour à jouer.60.Si quelqu'un joue hors de son tour, les adversaires ont le choix d'appeler sa carte à volonté, ou de demander la couleur qu'ils préfèrent du partenaire qui aurait dû jouer.61.Si le troisième joueur joue avant le second, le quatrième joueur peut jouer avant son partenaire.Si le quatrième joueur joue Avant le second, on peut forcer celui-ci à prendre ou à ne pas prendre.62.Lorsque les quatre carte sont sur la table, aucune erreur sur une carte jouée hors de tour ne peut être rectifiée.63.Si quelqu'un, supposant qu'il a gagné le trick, joue de nouveau avant que s m partenaire ait jeté sa carte, les adversaires peuvent obliger ce dernier à mettre sa plus haute ou sa plus basse carte de la couleur, ou, à défaut, exiger qu'il coupe, ou encore l'empêcher de couper.64.Lorsqu'un joueur tire et sépare complètement une carte du reste de son j -u, los adversaires, sans être obligés de la nom ner, peuvent exiger qu'il ait joué sur le coup ; mais uue fois la carte rentrée dans le jeu, ils n'ont plua le droit sur elle 65.Si quelqu'un jette plusieurs cartes sur une même levée, les adversaires ont le droit, de faire mettre celle qui leur cou vient sans avoir égard à l'ordre de sortie.De la renonce 66.Chaque renonce est punie par la perte de trois points.67.Une renonce n'est pas faite tant qne la levée n'a pas été tournée et quittée ; mais les adversaires peuvent sur le moment demander la plus hante ou la vins basse carte le la conleur, ou encore faire étaler la cartes jonée enfin de l'appeler.68.Le partenaire de celui qui ne fournit pas de la couleur jouée a le droit d'empêcher les adversaires de ramasser la levée, enfin de demander à son partenaire de vérifier s'il ne faut pas nne renonce. 220 LE REVEIL 69.IL y a trois manières d'infliger la punition pour la renonce, pnuitiou qni se marque avant tont autre point.Les adversaires peuvent prendre trois tricks on levées an côté qni renonce et les ajouter aux leurs, ou bien ils peuvent effacer trois poiuts de sa marque, ou enfin, ils* peuvent ajouter trois points à la leur ; et si le côté qui a renoncé se trouve avoir encore assez de points ponr gagner, il doit rester à neuf.Il ne pent nou plus compter le chelem, lors même qu'il le ferait.70.Quand un joueur s'aperçoit sur une levée qu'un des adversaires fait une renonce, il peut, s'il le trouve avantageux, exiger qu'il soit fourni de la couleur demandée, et la carte jonée à tort reste étalée pour être appelée.Quand, malgré cette commande, la renonce a lieu, ceux qui fout la renonce perdent le chelem s'ils n'ont pas fait de levée antérieurement à la renouce ; ou s'ils en ont fait, ils perdent la partie triple, qnel qne soit d'ailleurs l'état de leur marque.Du point de huit.71.Si un des joneurs chante après avoir joué, ou s'il est à un autre point que huit, les adversaires, après s'être consultés, peuvent demander une nouvelle donne, ou bieu appeler les honneurs annoncés.Si les adversaires font redonuer, ils conservent ou acquièrent la donne.72.Quiconque appelle avec un seul honneur perd ia donne, et si les honneurs sont dans le jeu des adversaires, ceux-ci peuvent maintenir le coup et compter, leurs honneurs avaut les tricks.73.Si un joneur u'a pas répondu à son partenaire, bien qu'il eût un houneur ou plus, il ne peut faire le chelem.74.Les parteuaires qui marque les honneurs sans les avoir perdent deux poiuts.75.Si chaque parti a deux honneurs, personne n'en compte.On ue peut plus compter les honneurs du coup précédent, quand la retourne dn coup suivant est connue.De la galerie.u • 76.Il est interdit aux persounes formant la galerie d'avertir les joueurs des fautes ou des oublis qu'ils peuvent commettre pendant la durée d'un coup, et en géuéral de.se permettre toute manifestation .susceptible d'influer snr le sort de la partie.77.U est également interdit aux personnes de la galerie de tonrner antonr des joneurs; ou de chercher à voir deux jenx.Cependant, la galerie a le droit de faire rectifier les erreurs provenant de points indûment marqués.78.La galerie est appelée à prononcer comme jnry dans les difficultés qui n'ont pn être prévues par les règles.Principes généraux 79.Le jeu de whist est essentiellement un jeu de calcul.Sans la pins grande attention aux cartes qui tombent, il n'y a ni préceptes ni pratique qni puissent faire nu bon joneur de whist.Jamais une carte ne doit être jetée sans réflexion.Pins on fait connaître clairement son jeu i son partenaire, mienx on joue : ainsi lorsqu'un joueur a deux ou plusieurs caries d'une sequence il doit, sur l'invite de son partenaire, joner la plua basse ; le jen de la dame, par exemple, indique à son partenaire que le roi ne peut pu être dans la main de son adversaires de gauche, ni le valet dans la sienne.80.Les meilleurs invites sont celles qui proviennent d'uue séquence de trois cartes ou plai.Si vous n'en avez point, jouez de la couleur dont vous avez le plus grand nombre.Si vous avei beaucoup d'atouts, jouez plutôt de la couleur dont vou < avez le roi que celle dont voua avez la dame.81.Si un partenaire fait nne invite dana une couleur quelconque, on doit y revenir quand on prend la main, parce qn'il voua a indiqué ta coulenr ; mais si, de votre côté, voua avez aussi une belle couleur, avant de revenir à son invite, faites-le lui connaître ponr une autre invite, afin de pouvoir réciproquement jouor d'après la connaissance qne voua voua serez donnée de vos forces.82.U est nécessaire d'être conséquent et correct dans ses entrées.Quand un bou joueur jette un huit, puis un sept, vous êtes sûr qu'il joue d'nne coulenr faible ; c'est le contraire s'il jette d'abord uu sept puis un huit.A suivre UN LEGER EFFORT Il en coûte peu pour avoir toujours chez soi du BAUME RHUMAL qui guérit les affection» de la gorge. LE REVEIL 221 FEUILLETON DE TOUTE SON AME PAR RENÉ BAZIN Celles qui résistent ont vite pris nne dignité 1 elles, une indifférence voulue, de regard, qui est une défense, nne allure vive qui en eat une autre.Henriette Madiot était de celles-là.Elle avait reçn beaucoup d'hommages, et s'en défiait.Son salut fut donc bref.Elle était pressée, Ou veillait, ce soir, dans le "travail" de madame Clémence.De sa main gantée de gris, elle ramassa pins étroitement les plis de sa robe, et, légère, les yeux un peu au-dessus des passants, elle traversa la rue.Victor Lemarié trouva quelques personnes dans le salon de l'hôtel qu'habitait son père, Boulevard Delorme.C'était d'abord sa mère, puis deux vieux commerçants.MM Tomaire et Mou-rieux, et uue demoiselle de trente ans, Estelle Pirrnil, deuxième prix du Conservatoire, qui donnait des leçons, connaissait toute la ville, et passait pour originale.Comme il s'excusait d'être en retard, sa mère l'embrassa.— Est-ce que nous ne sommes pas en famille ?Mourieux et Tomaire sont des sortes de cousins, n'est-ce pas, Mourieux?— Trop honoré ! répondit le gros homme on l'inclinant.— Vous m'oubliez ?dit mademoiselle Firmil.— Je ne vous compte pas, ma chère, vous êtes chez vous.Heureusement M.Lemarié n'avait pas encore paru.Il était sévère sur l'exactitude.Un moment après; il rentra, petit, maigre, les cheveaux tout blancs et en brosse, la barbiche longue au-dessous des moustaches courtes.D'un regard habitué à dénombrer le personnel d'uue ¦aile, il compta les convives,: s'aperçut qu'il n'eu manquait pas, et alors, la main tendue, il ¦'avança.M.Lemarié ne s'abandonnait jamais, et parlait bien.Il avait l'espèce de raideur d'esprit et de corps d'un homme qui a beaucoup lutié pour parvenir, et qui lutte encore pour se maintenir.Quand il serra la main de son fils Victor, il dit, du bout des lèvres.: — Jolie promenade aujourd'hui ?L'air était bon?œuvres de René Bazin sont en vente à la librairie C.O.BEA» Chemin iSr> Fils, 256 et J58, rue Saint-Paul, Montréal.— Médiocre.— Dommage.Moi, j'ai eu une journée fiévreuse.On dîna, et, comme la soirée était belle, on passa, aussitôt après le dîner, dans le jardin, vaste carré humide, enveloppé de hauts murs, mal entretenu, et qui faisait contraste avec ia tenue confortable de la maison.La mousse envahissait l'allée .tournant autour de la pelouse ; les arbres, plantés en bordure sur trois côtés, avançaient en désordre leurs branches au-dessus des massifs de géraniums épuisées.La conversation, assez vive jusque-là, subit un refroidissement.Les hommes se groupèrent sur nn banc, les deux femmes sur uu autre qui faisait suite, tout au fond du jardin, dans l'ombre des acacias.Devant eux la pelouse s'étendait, d'uno teinte funèbre, et au delà, loin semblait-il, les trois marches du perron, toutes jaunes, éclairées violemment par le feu dea lampes et des bougies qui continuaient de.brûler dans la salle à manger.Dana cette découpure lumineuse, qui attirait le regard et le fatiguait, la silhouette d'ua domestique faisait, par moments, un dessin noir, mouvant comme une fumée Bien haut, si haut que personne ne pensait à elles, les étoiles, d'un bleu léger, d >rmaient entre les feuillages.Un coup de sifflet aigu, prolongé, fendit l'air.— Tiens, ce sont les ouvriers de chez Moll qui partent, dit M.Lemarié.Ils veillent, depuis un mois, à cause des grandes commandos de la marine chilienne.— C'est dur, dit Victor.— Tu les plains ?— Sincèrement.Les quatre hommes, M.Lemarié, M.Tomaire, M Mourieux et Victor, étaient en ligne sur le banc sur le banc.La fumée de leurs cigares formait, à la hauteur de leurs yeux, un petit nuage qu'ils regardaient monter.M.Lemarié demeura ainsi un moment, et tira de son cigare quelques bouffées rapides.Son visage s'était comme affermi encore et resserré, au premier mot de contradiction.Las sillons marqués au coin des lèvres et entre les sourcils s'étaient creusés.Il reprenait sa physiouomie de chef d'usine, prompt et autoritaire, dans la défense de ses intérêts, Cela lui déplaisait, cette divergence de vues entre son fils, conséquence dune différence d'éducation, d'époque et de milieu.Toute allusion aux souffrances de l'ouvrier avait lé don de le blesser, dans sa conscience de patron certain d'avoir été juste, de respecter la loi, et d'être impopulaire.Il répondit, d'un ton d'ironie batailleuse : 222 LE RÉVEIL — La journée de huit heures, n'est-ce pas ?— Non.— On de dix, ça m'est égal.Eh bien ! moi, mon cher, je travaille quatorze heures, et je ne me plains pas.Si tn crois que le métier de patron toit enviable aujourd'hui, c'est que tu ne le pratiques pas.Nous gagnons peu, nous risquons tout, uous sommes eu butte à des revendications ineptes de gens qui n'y connaissent rien, sans parler de celles des ouvriers qui s'y entendent trop bien.Profits nets : beaucoup d'ennuis et beaucoup d'ennemis.N'est-ce pas Tomaire?n'est-ce pas Monrieux '( — C'est bien vrai, dit Tomaire.— Pas entièrement, dit Monrieux.—- Oh ! je sais bien que vous êtes une âme tendre, vous, Mourieui, et ce que vous faites ponr vos employées de la m nie le prouve bien.Vous les placez, vous les aidez, vous leur donneriez votre maison pour les loger.Mais enfin on n'est pas obligé à cela.Et est-ce qu'elles vous rendent?Vous n'êtes pas assez naïf pour le croire.Elles se fichent de vous.— Quelques-unes, fit trauquilement Mori-eux — Moi je n'aime pas qu'où se fiche de moi.Je ne le souffrirais pas daus mes ateliers.Je n'admets pas d'avantages qne des journalistes, des théoriciens, qui n'ont jamais eu seulement nn employé sous leurs ordres, d's pleureurs de la misère d'autrui, cémme il en pleut depuis dix ans, viennent se mêler de critiquer le patron et de plaindre l'ouvrier.Quand Victor voit un homme en belouse, il s'émeut.— Pas à cause de la blouse.— Il lui voudrait des reutes.Parbleu, ils en auraient, des rentes, au prix que nous les payons s'ils avaient économiser ; mais ils veulent ton-jours gagner davantage, se reposer de même, et se faire donner des retraites qui les dispensent d'épargner.Voilà ! Peux-tu me dire.— Je ue suis pas de force à discuter avec vous.Ces choses-là ne sont qu'un sentiment, chez moi.Seulement je sens qu'il y a un malaise grandissant, un besoin nouveau.— Pas du tout, mon cher, il y a toujours eu uue question de tout, une question de la vie, plus on moins aiguë selon les temps.Rien n'est nouveau.— Si, quelque chose.— Et c'est ?— L'absence d'amour, de fraternité, si vons prêterez Presque tout le mal vient de là, et le reste vite résolu, si l'on s'aimait.Tenez, je viens d'eu voir défiler plusieurs milliers, de ces ouvri- ers, et ils avaient l'air de me regarder comme un ennemi.Par naissance, je lenr suis suspect Ils ne me connaissent pas, et il me détestent.Ili n'entrent pas chez moi, et je n'entre pas chez enx.— Ils entrent chez moi, par.exemple ! — Pardon, ils n'entrent pas chez vous.IU entront dans votre usine, ce qni est différent.D'nn bout de l'année à l'autre, ces hommes-là ne voient guère que deux représentants du p* tron : son argent et ses contremaîtres.Il n'y i pas là de quoi, les toucher beancoup.En cas de renvoi, le patron opère lui-même, o'est vrai! Mais où sont le lien, ia fête oommune, la marque journalière ou seulement fréquente de cor.dialité, de bon vouloir, capables de compenser la jalousie qui renaît sans cesse et les conflits d'intérêts qni ne manquent pas ?Cherchez ; moi, je n'en trouve pas.Quant aux anttei bourgeois qui ne fabriquent rien et ne vendent rien, comme moi, ils ne s'égarent pas souvent dans les quartiers pauvres, puisqu'il est entera du que les riches et les pauvres ont leurs quartiers séparés, dans les villes d'à présent.Ile naissent, vivent s'amusent ou pleurent à côté, tout à fait à côté.Pas même une apparence de relatious, d'estime, de quoi que se soit.Je vons dis que cela fait soufirir quelquefois, et que moi, j'en souffre.La haine qu'ils ont est faite de cela, bien plus que de revendications positives.— Bravo ! cria mademoiselle Estelle Pirmil, désireuse d'opérer uue diversion.Vous prêche* très bien, Victor, vous aviez la vocation ! Le jeune homme, qui s'était animé contrairement à toutes ses habitudes, ct, du bout de ses bottines, remuait le sable de l'allée, répondit avec humeur : — C'est bieu possible.— Ma foi, ajouta la petite femme qui, de toute la conversation, n'avait retenu que le mot d'amour, je ne comprends pas ce que vous dites Victor.Pas d'amour ?Ils n'ont pas l'air de s'en priver chez les gueux.Vous n'avez qu'à compter les en tant s dans les faubourgs : ma boulangère en a sept.Elle se mit à rire de ce qu'elle disait, et sa voix grêle monta seule un moment dans la grande nuit tranquille.\ — Ces gens-là ne devraient avoir qu'un on deux entants.Ça serait raisonnable.Qu'en pen-sez-vous ?Madame Lemarié, la mère, dont le visage lourd et commun trahissait rarement les émotiom remua les lèvres sans parler, et posa le bras sur-le bras du second prix du Conversatoire, LB REVEIL 223 pour l'engager à ae taire.Celle-ci ne comprit pas la leçon, mais elle se tut.Et le silence qni suivit fut d'autant plus pénible que ce chsnt de linotte écervelée, ne proroquant aucune réponse, prouvait que la discussion entre Victor et son père, sons des formes courtoises, cachait une mésintelligence et tendait les esprits M.Lemarié, toujours renversé en arrière, appuyé au dossier, jeta son cigare qui étoila le gazou, comme un gros ver luisant.Tout le monde se mit à regarder le point rouge au milieu da rond noir.Et cela durait.Ni Mourieux, ni l'autre ami de M Lemarié n'avaient envie de s'engager dans la querelle, le premier parce qu'il savait ce qu'elles valent toutes, le second par précaution d'hygiène et de peur des émotions.Mais leur présence seule et leur silence étaient une excitation.M.Lemarié htussa la voix, et dit : — C'est charmant à toi de parler de l'amour du peuple.Cependant il aérait bon de donner l'exemple.Le donnes-tu ?— Aucunement, reprit Victor en relevant la tète.Je snis parfaitement inutile, et je le sais.Et probablement je le resterai.-Alors?— J'aurais pu avoir une tout autre vie.Je vous ai demandé d'entrer dans l'usine: vous avez refusé.— Je le crois bien ! J'ai trop de peine à maintenir ma fabriqne contre les concurrences.Je le fais pour mes ouvriers, quoi que tu en penses.Toi.mon cher, tu la laisserais tomber.— Merci.— J'en suis si persuadé que, après moi, la fabrique fermera ses portes.Je le veux, et j'aurai soin que cela soit.Le vieux marchand, qui ne s'attendait pas è être mis en cause, fit une grimace, hésita et répondit avec un désir évident de ne pas s'avancer : * — Mais oui, pas mal, comme beaucoup d'autres de la mode.Elles viennent toutes chez moi.Puis, élevant la voix, de façon à être entendues des deux femmes, qui s'étaient remises à causer sur lu banc voisin : — Ne trouvez-vous pas qu'il fait un peu frais, mesdames ?Les hommes eux-mêmes furent d'avis que la soirée était un peu fraîche, bien qu'il ne fit ni rosée, ni vent, ni brume.Et tout le monde se leva.Qnand les invités rentrèrent an salon, madame Lemarié, restée en arrière avec Mourieux.lui dit tout bas en traînant les mots ; — (."est triste, n'est-ce pas, Mourieux ?mais je crois que c'est Victor qui a raison.— Oui, madame, répondit le brave homme ; seulement ces choses-là no s'enseignent pas, «t ne se discutent guère.— Il a bon cœur, mon Victor ?— Mais oui, dit Mourieux, timidement.-Elle cachait entre ses doigts deux pièces d'or qu'elle avait prises dans sa poche.Elle lea mit dans la main de Mourieux, — Prenez cela.pour vos apprenties, pour la bibliothèque.Mourieux pensa : " EU.) est vraiment la seule de cette maison qui soit bonae.Elle l'est tout à fait.Cela lui sert d'esprit.Et cela vaut mieux." III — Ne crairjaez rien, allez ! C'est bien fini, à pressent : l'habitude du travail est perdue.Le jeune homme s'aperaut de l'inconvenance de cette scène, et essaya de rompre sans paraître céder : — J'ai vu Madiot, le fila, ce soir.— Triste sujet.— Oui.J'ai rencontré sa sœur également.— Ah ! M- Lemarié tourna la tête, sur le dossier du bine, et regarda, avec une curiosité âpre et singulière, du côté de son fils qu'il pouvait à peine voir dans l'ombre.— Tu lni as parlé V — Non.Elle est gentille, et si différente de »on frère ! N'est-ce pas, monsieur Mourieux, qu'elle est bien ?.Après avoir traversé la rue derrière la voiture de Victor Lemarié, Henriette Madiot continua, en se hâtant vera la rue Crébillon.A sept heures au moment où la journée finissait, madame Clémence, la qatronne, avait ouvert la porte de l'atelier, et prononcé la formule connnue : '' Mesdemoiselles, on veille ce soit." Aussitôt l'apprentie avait couru chercher un peu de jambon et de pain, et les ouvrières avaient sonpé rapidement sur lecoin des tables.C'était pendant ce temps qu'Henriette Madiot, n'ayant pas faim, était sortie pour acheter quelques fournitures indispensables.A suivre QUE VOULEZ-VOUS II n'y a que le BAUME RHUMAL pour guérir rapidement et sûrement les extinctions de voix. 224 LE RÉVEIL Compagnie d'Assurance sur la Vie du Canada Siigt Social, Montres, ROBERTSON MACATJLAY.PWHden» Hon.A.W OGILVIE.Vice-Présidenl.I|T.B.MACAULAY, Secrétaire.[iRA B.THAYElt, Sar't.des Agences d.F.JOHNSTON, Assistant Surintendant des Agences.L'anuéo 1897 a, jusqu'à maintenu 6 été p{ns satisfaisante encore qne 189t Elle montrera sans ancnn doute n augmentation tont à fait anormale Cela vent dire beaucoup pour la om paognie spécialement si l'on r.nt\ dère la crise commerciale qui se fait sentir partout.Ce résultat est surtout dû au fait que le " SUN " du Canada est devenu tout à fait populaire.L police sans condition et son habile e prudente direction out fait leur œuvre.— UNB AUTRE RAISON — Le " SUN " du Canada est 'a pre micro compagnie qui a introduit 1 police sans conditinn ce qni a pen dant de longues années été une de principales attractions de ses policea.Cette compagnie a.depuis fait un pas de pins en avant et émet des polices non confiscables.Le contrat d'assurauce d'nn porteur de police ne peut d'après ce privilège et après avoir été deux aus en vigueur êtn résilié aussi longtemps que sa réserve esé assez élevée pour acquitter nne prime qui, sans qu!il ait besoin de le demander, est payée sous forme d'un emprunt remboursable à volonté.DEMANDEZ A NOS AGENTS DE VOUS EXPLIQUER CE SYSTEME Capitaux assurés au SI décembre 1891.$88,196,890 08 Actif au 81 décembre 1899.6,388,142 60 Revenu pour 1896.1,886,258 00 O.LEGER, Gérant Département Français pour la ville et le District de Montréal TÊTE GRISONNANTE it menacés .DBS OALVITIE On
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