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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 30 septembre 1899
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1899-09, Collections de BAnQ.

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'157 RUB SANGUINET No 235 BOITE 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE__THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XL (MONTREAL, 81 SEPTEMBRE 1899.No 285 SOMMAIRE: L'Unité Canadienne, Vieux Rouge — L'Opéra Français, Pedro — Où va-t-on ?Joson — France, Irlande, Amérique, Catholique — Mutualisme, Emile Fa-guet — Les Termites, Jean de Bonnefon — Le Monde Religieux, Julien de Narfon — Une Lettre de Rome, Jean de Bonnefon — Croix de Saint-Pierre, Croix de Calvin, Jean de Bonnefon.Nos abonnés sont priés de se rappeler que la saison automnale est proche, et que l'hiver est à la veille de nous tomber dessus sans crier gare.Nous les prions, en conséquence, de faire leur devoir et de ne pas nous oublier complètement.Oes factures d'abonnement leur seront adressées dans quelques jours, et pour peu qu'ils se rappellent que nous existons, nous sommes certains qu'il j s'empresseront de nous faire parvenir, tous et chacun, l'obole qui nous est due.L'Unité Canadienne Le Herald a publié ces jours derniers un article remarquable relatif à l'union qui devrait exister entre les races diverses qui habitent le Canada.Pratiquement, il n'y en a que deux, l'élément anglo-saxon et l'élément français.Voici la traduction de cet article in extenso : " L'espérance d'obtenir une union solide entre les races qui habitent le Canada, que l'hon.M.Laurier a exprimée dans le comté de la Beauce, trouvera de l'écho dans le cœur de tous les vrais Canadieus.Entre les Canadiens-français et le* Canadiens-anglais, la différence est beaucoup plus petite qu'on pourrait le supposer à première vue.Après avoir vécu ensemble pendant plus d'un siècle et demi, sous les mêmes lois, et possédant d >s droits poli-tiques égaux, ce serait phénoménal si leurs idées et leurs sentiments ne s'étaient pas sensiblement assimilés.Le Canadien-français, quoiqu'on en dise, sous bien des 50 LE REVEIL rapports, a plus de sympathies pour son compatriote Canadien-anglais que pour son cousin de France.Tous deux se trouveraient fort embarrassés aujourd'hui s'ils étaient sous l'administration judiciaire de l'ancienne mère-patrie, et les règlements sociaux qui régissent les français ne s'han-nonisent pas avec leur tempérament." Les Canadiens-anglais, conservateurs et libéraux, ont trouvé leur idéal dans la personne de l'hon.M.Laurier aussi complètement que lorsque le p iys était administré par Sir John Macdonald ou Sir Alexandre Mackenzie.Les Holton, les Dorion, les Laflamme, les Cartier, les Blake, parmi tant d'autres, sont des noms respectés par les deux races.Il est important que cette similarité de sentiment soit plus pleinement réalisée.Dans les relations commerciales ou sociales, la plus grande harmonie et les meilleurs sentiments d'amitié existent entre gens qui ne parlent pas la même langue ; dans les comtés également habités par les deux races les affaires commerciales, judiciaires et municipales sont conjointement conduites sans le moindre froissement." Toutes les classes tendent de plus' en plus à ce sentiment de communauté qui formera plus tard un grand pays.Tous les fils du Canada ont l'orgueil et l'espérance de voir leur pays devenir glorieux et piospère." Les éléments de discorde n'existent que parmi les petites coteries, surtout dans les villes, à qui l'on accorde beaucoup plus d'attention qu'elles ne méritent.Quelques-uns seulement cherchent à tenir les deux races séparées, mais on peut être certain que le bon sens de la masse juge leurs efforts inutiles." Cependant il semble exister une mal- heureuse divergence dans l'entraînement des Canadiens-françai" et des Canadiens-anglais Nous voulons parler du système d'éducation.M.L.0.David a récemment traité cette question et a dit que les gros salaires, dans les compagnies d'assurances, les banques, les compagnie de navigation et de chemins de fer, et autres industries, étaient payés aux Anglais.On peut facilement expliquer ceci par le fait que les collèges ont été construits dans le but avoué de donner aux Canadiens-français une éducation purement littéraire, pour leur permettre de rentrer dans les professions libérales, tandis que les écoles anglaises ont été fondées à peu près uniquement pour enseigner le commerce aux Anglo-Canadiens.Si ces résultats ne sont pas satisfaisants, lo remède est entre les mains de ceux à qui M.David adressait ces remarques.Lorsque le peuple le voudra, le système d'éducation peut être changé à sa guise, et le commerce du Canada sera enrichi par le nombre de tous ceux qui pourront uvoir un peu moins de belles-lettres et de philosophie, mais plus de science des affaires et de sens pratique.Outre le changement nécessité dans le cours classique, les écoles provinciales devraient être plus libéralement supportées par le peuple, et il nous semble que la réforme et le développement de notre système d'éducation, est le meilleur moyen de détruire les barrières qui empêchent l'existence d'une entente parfaite entre les races anglaise et française au Canada." Le Réveil a toujours été non seulement en faveur de l'unité canadienne, mais encore il préconise fortement la fusion des deux races.On sait qne la simple idée de formuler une telle doctrine est, aux yeux de certaines gens, un blasphème.L'écrivain du Herald eat certainement LB REVEIL digne d'éloges, mais il oublie un grand point.Si le Canadien-français, qui j n'a pas de ressources pécuniaires, se rapprochait un peu plus du Canadien-anglais, il n'aurait rien à perdre et tout à gagner, et il n'y a aucun doute qu'il est disposé à effectuer ce rapprochement, mais il y a derrière lui la grande machine ecclésiastique,admirablement outillée, bien conduite, qui possède les secrets de toutes les familles par la femme, et qui ne lâchera jamais ses tributaires autrement que par la force, morale on autre.Cette force morale a déjà été cause d'une foule de changements opérés depuis quelques années, mais ce n'est pas encore ce qu'il nous faut Lorsque nous aurons une institution comme le McGill, riche à millions, possédant tout ce qu'il y a de plus perfectionné en tous genres, le Canadien-français, ayant une intelligence avivée pourra se former aussi bien qne l'Anglais et arriver aux premiers postes.Mais pour obtenir ce résultat, il ne faut pas durant la période de son éducation, brisé sa volonté et son caractère, et lui enseigner qu'il n'y a qu'une chose à faire dans le monde : Plier devant l'Au-to-ri-té, arbitraire ou non.Vikux-Rouob.Le ministre dea Travaux Publiée est revenu d'Europe.Pas gaillard du tout, le ministre.Seulement, on annonce qn'il a repris les rênes du son gouvernement.ILCOUTB SI PEU Pour 25c r»n obtient partout une bouteille de BAUME RHUMAL, ce remède indispensable pour tous.L'OPERA FRANÇAIS La troupe d'opéra français est arrivée.Voilà déjà plusieurs essais que les Canadiens font depuis nne dizaine années pour implanter ici une troupe d'opéra permanente.Ils en ont toujours été quittes pour leurs frais, et l'argent dépensé pour amener à Montréal de soi-disants artistes n'a jamais été remboursé aux souscripteurs.Nous ignorons complètement la composition de la troupe actuelle, et nous ne pouvons en donuer une appréciation impartiale avant de les entendre.Seulement, une chose nous semble pour le moins fort étrange.MM.Nicosias et Durieu, les deux administrateurs, viennent demander aux Montréalais une souscription équivalente aux risques qu'ils vont encourir, soit, plusieurs milliers de piastres.Si nos compatriotes leur donnent ce montant, c'est leur affaire, et personne n'a rien à y voir.Néanmoins, lorsqu'on vient demander à toute la population d'une grande ville de fournir nn montant considérable pour assurer la réussite d'une entreprise de ce genre, les organisateurs, il nous semble, devraient donner leurs commandes des divers travaux qu'ils requièrent aux citoyens qui leur font cette avance de fonds.Qu'est-il arrivé ?Les imprimés ont été commandés à Paris et transportés à Montréal.Pourtant, il y a ici de grands établissements d'imprimerie qni sont parfaitement en état d'exécuter tous les travaux de ce genre qui peuvent leur être demandés.Ce n'est certainement pas par ce moyen que MM.Nicosias et Durieu attireront la clientèle.Lorsque M.Maurice Grau so présentait 52 LE REVEIL à Montréal, et cela depuis trente ans, il le faisait à ses risques et périls, et à l'exception d'une seule fois, il n'a jamais perdu d'argent, au contraire.Ceux qui veulent fonder un théâtre lyrique français ici devraient suivre son exemple, et la première chose qu'ils ont à faire est d'engager des artistes potables et de ne pas nous imposer des cabotins do cinquième ou sixième ordre, et de nous les faire gober : Mais la considération principale est de ne pas oublier que des gens qui souscrivent des montants considérables méritent quelques égards de la part de ceux qui bénéficient dc leur générosité.Pedro.Ou va-t-on ?La religion s'en va, lea murs se lézardent, et si l'on n'y met par bon ordre, tont est perdu.Je ne vous parlerai paa ici d'un diocèse récalcitrant comme celui de Montréal, où l'insubordination est contumière.et o'eat facile à prouver par l'Institut Canadien, la Lanterne de Baies, le Réveil de Baies, le Canada-Revue, le Réveil et surtout les conversations des salons ou de la rue.Je ne vous parlerai pas non pins de celni de St Hyacinthe, la serre-chaude du libéralisme canadien, qui a changé sa révolte perpétuelle en indifférence absolue.Je ne dirai rien non plus du diocèse da Que-bec'cette capucinière aux milliers de minarets, où l'on rigole avec ardeur.Paa mémo de celui de Chicoutimi où s'imprime la Défense, — gâté par l'invasion annuelle des touristes répandant leur argent et leurs mauvaises doctrines dans cette région bénie.Non, ce que je vais vous raconter s'est passé dans nn diocèse plus raccord, plas plissé, plus ratatiné que tout ce quo la plus brillante imagination puisse rêver.C'est un diocèse où il était défendu aux femmes de porter des fleurs ou des plumes sur leurs chapeaux, où les bustles avaient été honteusement bannies de la basilique, et où les ballons, dans' le temps, étaient anathematises du haut de la chaire.Je parie que vous avez tous deviné que c'est Trois-Rivières.Vons avez raison.Maie vous n'avez paa encore l'histoire.Donc, pendant la saison d'été, les directeurs du Parc Sohmer avaient engagé des ballerines qui faisaient les délices des vieux chauves et des jeunes chevelus qui fréquentent assidûment le parc.A l'époque où leur engagement se terminait les organisateurs de l'exposition régionale de Trois-Rivières se rendirent à Montréal et engagèrent les ballerines pour délecter les habitante de Trois-Rivières et des environs.Ils avaient en même temps retenu les services professionnels de plusieurs acrobates, fauteurs, danseurs, etc Tout allait bien.On n'avait pas compté cependant, aur l'inclémence de la température, et toute la semaine il plut et plut plus encore.Il est fort possible qne les instances de Mgr Laflèche aient déterminé le Père Eternel à ouvrir ses cataractes sut la bonne ville des Trois-Rivières.Résultat net : pas un chat et aucune recette pour payer les artistes qui se trouvèrent en plan.Que faire en pareille occurence ?Le Conseil-de-Ville s'assembla et offrit spontanément la salle publique pour denx représentations qni devaient avoir lieu le dimanche après-midi et soir, comme on dit sur les affiches.U n'y avait rien que de très naturel dans tout cela, mais o'jst ici que la narration devient invraisemblable.Ou dit — remarquez que je ne fais qne répéter ce qne j'ai entendu — on dit que le directeur de l'exposition a obtenu l'assentiment et même le concours de l'évêque de Trois-Rivières.On sjoute même qne les vêpres ont étés chan LE REVEIL 58 tées à l'issue de la grand'messe et que les fidèles ont été fortement engagés à aider ces pauvres gens dans la mesure de leur force en assistant aux deux représentations.Je n'ai jamais'eu l'habiiude de flagonner le clergé, et pas.même celle de le féliciter lorsqu'il le méritait.Mais cette fois, c'est plus fort que moi et je suis obligé de crier : Bravo ! Mais c'est égal, c'est Mgr Laflèche qui a dû faire uu nez là-haut ! Joson France, Irlande, Amérique Nous conseillons à nos lecteurs de lire attentivement la magistrale étude que nous publions sous le titre qui précède : La France a pour l'Irlande une passion qui grandit d'une mesure au tournant de chaque année, comme l'aile de l'aigle du chant grec.Cette passion est noble, pnisque l'Irlande est malheureuse.L'Ile désespérée nous rend-elle en tendresse alarmée ce qne nous lui accordons en amour échevelé ?Le fait est certain, puisqu'il est consigné dans les rapports des poètes et dans les hymnes des hommes politiques.Nous n'en anions jamais d'autre preuve, puisque l'Ile enchaînée ne peut, dans sou immobilité, nous envoyer que le baiser de ses yeux humides.Mais les catholiques irlandais sont occupés à se dédommager de leurs malheurs locaux eu faisant la pacifique conquête du Nouveau-Monde.Ils viennent parfois, sons la forme d'un évéque du pins moderne style, profiter en France du vent de sympathie que l'Irlande a pour l'heure en poupe.Pnis ils reviennent en Amérique lutter contre ls langue et les souvenirs français pou ¦ le plus grand triomphe de la littérature et de la puissance snglsises.Quelques esprits élevés et désintéressés, parmi lesqnels il plait infiniment de citer le docteur Gérin-Lajoie, ont signalé des faits nombreux et cnrienx.dout il est bon de reproduire le sec inventaire.Tout Irlandais installé en Amérique est un soldat de l'armée qui combat contre la langue française.P t contre, tout Canadien est nn " Frenchmsn " persécuté sux Etats-Unis, dans son cnlte pour la langue française, persécuté à l'école, à l'église, à l'atelier.Le clergé irlandais même le combat contre l'idée et la langue de France, ensevelies peu à peu sons des montsgnes de prêches anglais, dont je conseille aux curieux de gravir la lourde masse.La hiérarchie catholique, qui est irlandaise, impose des cnrés irlandais anx paroisses exclusivement composées de Canadiens français Parfois le noble sang du Canada a des révoltes qui courbent tout pour un instant au moins : dans plusieurs paroisses on a vu les catholiques fsire grève contre l'Eglise jusqu'à nominstion de prêtres sachant le français : les exemples les plus récents sont ceux de Fall-Riser et de Danielson* ville.Un évéque, qni se croit un scnlpteur de terre humaine au pouce puissant, interrompit nn jonr lo prédicateur canadien qui conseillait à ses compatriotes de garder, aux Etats-Unis, leurs coutumes et leur parler : — Il faut, clama l'évêque, que les Canadiens oublient au moina la langue française pour parler l'anglais, la langue des transactions ! Le prêtre répondit nettement au prélat étonné, et dans un beau mouvement dans une oraison de cœur, la pureté de la langue française, Isngue cmadienne.Ce prêtre, pauvre et ssns lettres, devint ainsi pour une minute le lyrique soldat de ls France.Puis il descendit et remit ss démission à l'évêque, dont le passsge en France fut plus tard souligné de ces attentions délicates que nous gardons anx ennemis de notre race.Contre cette attitude du clergé irlandais, il y a pourtsnt de belles révoltes laïques, eu Amérique.The Pilot, vaillant journal irlandais de l'Ohio, publiait naguère ce curieux écho : Tous les jours nons voyons et conststons que les Irlandais cherchent à créer l'hostilité contre la langue française dans l'Eglise catholique.La hiérarchie et le clergé irlandais font des efforts pinsssnts pour snglifier l'Eglise cstholiqne des Etats-Unis, et nos smis Canadiens-français et nos coreligionnaires allemands nous en tiennent responsables, nous, les lsîques. 54 LE RÉVEIL Non seulement nons acceptons lâchement la langue de l'étranger qui nons a conquis mais nous faisons ton» nos efforts pour la propager, et nous sommes sans cesse prêts à nons opposer an développement de l'influence des languea française et allemande dans l'Eglise catholiqne et en dehors de cette institution.Ainsi, par notre politique étroite, nous nous mettons en guerre avec nos cousins et amis les Canadiens ponr favoriser l'Angleterre.Plût à Dieu que tons les enfants issus de parents irlandais appriaent l'allemand ou le français, ou toute autre langue, excepté celle de l'oppresseur de l'Irlande ! Oette franchise vaut toute admiration dans nn journal qni juge des compatriotes.L'autenr de telles lignes est un homme loyal saisijd'admiration pour un spectacle uniqne dans l'histoire : qnatorzo cent mille Canadiens des Etats-Unis luttant, parmi les préoccupations de la vie, pour une chose qui n'est qn'un souvenir, un rêve, une étoile du passé bleu dans le noir du présent ! quatorze cent mille Canadiens soumis depuis quatre générations à des lois, à des mœurs anglaises et proclamant la grandeur de la France par la pieuse conversation de la langue que parlèrent les aïeux ! Je ne sais rien de pins beau que cette fidélité de bégayement dn berceau, aux mots appris dès l'aurore, â la phrase qui dans la sinuosité de sa courbe porte le souvenir de l'ancienne patrie, des gloires abolies, des triomphes finis en défaites.Devant cette fidélité à l'antel du passé, que font les dépositaires de la Foi catholique, les défenseurs de la religion qni s'identifie elle même avec le Passé ?Un seul fait éclairera l'histoire comme un sarment de vigne enflammé illumine la profondeur d'une caverne : l'évêque de Dacota refuse la communion aux enfants canadiens qni ne savent pas tout le catéchisme en anglais ! La religion de Jésus-Christ ne doit, par ordre de Monseigneur, parler que la langue de Cromwell ! Et ce qui Be passe sous la grande lumière aux Etats-Unis, se passe dans la nuit au Canada même, sur le terre où chacun garde, brillante comme la plaine de neige, l'étendue de ses espérances.Le clergé irlandais mène le bon combat anglais contre la langue frauçaise.Partout, excepté dans la province de Québec, les prêtres s'efforcent à supprimer la langue du passé national pour apprendre aux enfants le senl anglais.Dans la province d'Ontario, il y avait une colonie française.Les Jésuites avaient pour cetta colonie, fondé nn collège français à Sandwich.Mais l'évéqne canadien monrut.Un Irlandais lui succéda et transporta l'évêché à London, ville tont irlandaise.Le collège devint une institution confiée à des prêtres irlandais anx lieu et place des Jésuites renvoyés.Aujourd'hui, nul n'enseigne le français dans cette région, et, pourtant, écoutez le long des mes, le soir, quand les portes sont closes : par la fenêtre ouverte, vous entendrez les doux mots français qui volent dana l'air aveo un brnit d'ailes légères.La famille sauve ce que les instituteurs entendent broyer.Le clergé irlandais veut envahir le Canada comme il à rempli les Etats-Unis.Il arrive dani les postes les plus modestes, obtient la transformation de chapelles en paroisses, crée ainsi dei voix irlandaises pour l'élection de l'évêque.Quand le siège devient vacant, un candidat insoupçonné révèle tout à coup son nez, son génie, sa race, et se fait élire par ses complices.Comme les évêques sont élus par lea prêtres les archevêques sont choisis par les évêques : en ce moment, les Irlandais intriguent pour bondir sur le siège archiépiscopal d'Ottawa.Ua ont fait passer sons l'antorité de ce siège plusieurs petits évêchés sans importance de la province d'Ontario.Ils espèrent avoir nn jonr la majorité et donuer un successenr irlandais i l'archevêque canadien, Alors sera minée la mémoire française dana oette vaste région.L'illustre cardinal Taschereau savait ces choses qnand un soir, à Rome, dans le dernier joui tombé des hauteurs du Pincio, il disait à un jeune Canadien : — Détestes, si vous le voulez,.les Anglais ; mais craignes les Irlandais I Ici, plus qu'ailleurs, nons avons su par notre grand poète Georges d'Bsparbès, la splendeur del fèt s françaises sur la terre irlandaise, terre pauvre de biens, riche de souvenirs.Le centenaire de la gloire dn soldat Hoche devra-t-it être mac LE REVEIL 65 que par une draperie de deuil tombant de la nouvelle Irlande jusqu'à la vieille Irlande ?Faudra-t-il toujours constater que la victoire et le succès briserai de leurs mains nerveuses les amitiés que pétrissent les mains affaiblies par la détresse et la défaite ?La France, certes, ajoute uu beau titre à la liste héraldique de ses gloires, lorsqu'elle est appelée l'amie des faibles.Mais les fils de France peuvent constater avec un regret que la reconnaissance qui manque aux fils redressés de l'Irlande écrasée, cette reconnaissance qni devrait couronner et parfumer le succès de sa fleur légère et de son parfum discret.Catholique.Tous ceux qui ont suivi le mouvement religieux depuis trente ans seront frappés par les grandes vérités contenues dans ce remarquable article.MUTUALISME La loi d'avril 1898 sur les sociétés de secours mutuels a été un progrès très sérieux qui met la France, à cet égard, au niveau des peuples les plus sainement civilisés, Je dis : à cet égard, car le progrès n'est que partiel, et nous sommes loin encore dn bnt, tant que nons n'aurons pas une bonne loi générale, uno loi équitable et vraiment juste snr les associations.Mais, en attendant, la loi de 1898 sur les Sociétés de secours mutuels est un grand progrès.Il faut remarquer d'abord que cette loi de liberté relative est, comme toutes les lois de liberté une conquête de ceux qni en avaient besoin.C'est sur les vœux répétés des " repré-sautante les plus autorisés des Sociétés de secours mutuels, " comme le dit la circulaire ministérielle, c'est-à-dire o'est par la snite d'uue poussée populaire, que cette loi a été enfin établie.Les Sociétés de secours mutuels sont autorisés à vivre plus largement qu'autrefois, parce qu'elles ont vécu énergiquement et ont vigoureusement affirmé lenr volonté de persévérer dans l'être [Ainsi seront accomplis tous les progrès.Les montagnes s'aba'ssent psrfaitement, à la condition qu' -n monte dessus.La Société de secours mutnels de demain sera tout antre chose que celle d'hier.Elle n'aura pas pour unique objet " l'assurance contre ls maladie et certains risques ordinaires de la vie." Elle pourra se permettre toutes les combinaisons de l'esprit de prévoyance et toutes les organisations " susceptibles de faire produire à la petite épargne son maximum d'effet." C'est officiel.C'est le texte même de la circulaire explicative du ministère de l'intérieur.Les Sociétés de secours mutuels ne seront plus circonscrites sux limites d'une ville ou d'un département.Biles pourront s'associer les nnes aux autres et se soutenir mutuellement ; et ce sera comme nne mutualité entre les mutualités et un secours réciproque entre les Sociétés de secours mutuels.Enfin, les Sociétés de secours mutuels ne seront pins forcées de verser leurs fonds à la Caisse dee dépôts ; elles pourront les placer elles-mêmes où elles voudront, même en acheter des immeubles.Elles pourront recevoir des donations et des legs, Elles pourront constituer des retraites à leurs membres.Bref, elles seront des propriétaires dans toute l'étendue du mot, pouvant hériter, pouvant administrer leurs biens, pouvant donner, comme vons et moi, qusnd les circonstances nous favorisent.Voilà le tableau d'ensemble, Il est très satisfaisant.Ce progrès est dû, comme je l'ai dil, à la force qu'ont acquise par elles-mêmes les Sociétés de secours mutuels telles qu'elles existaient, quoique gênées, emmaillottées et entravées.C'est un grand exemple.Il est curieux à remarquer comme, en France, la Société de produotion végète et comme la Société de secours prospère, et comme, entre les denx, la Société de consommation vit à moitié, sans végéter tout à fait, mais sans porter haut sa crête.Nous sommes mauvais pour nons associer à dessein de prodnire, médiocres pour nous associer à dessein de consommer économiquement, excellent pour nous associer à dessein d'épargner et de prévoir en commun.C'est tonjours l'esprit d'épargne qui est la oiraoa 56 LE EEVEIL téristiqne de la race et l'esprit d'entreprise qni l'est moins.L'excellent serait que nons eussions, que nons prissions l'habitude d'acquérir l'esprit d'association aussi bien ponr consommer et produire que ponr nous secourir les uns les autres.Ce serait la vraie triplice, la triplice redoutable au socialisme et qui en arrêterait net tou j les progrès.Il faut applandir la victoire que le mutualisme secourable vient de remporter comme un gage et comme nne espérance dn développement des denx autres mutualismes ; car si le socialisme reçoit déjà un coup par le seul fait de la prospérité de l'un des trois ensemble le réduirait au néant même, en répondant entièrement à tont ce qu'il demande.Enfin il y a commencement à tout, et c'est quelque chose déjà, c'est beaucoup que l'instinct mutualiste s'exerce sur une partie du domaine qui lni est ouvert, qu'il devrait exploiter tout entier et qu'il est à espérer qu'il défrichera un jour entièrement.Un senl point m'inqniète dans la loi nouvelle, ce qni vient probablement de ce que je ne le comprends pas bien ; mais enfin voici mon scrupule.Les Sociétés de secours mutuels sont autorisées à placer leurs fonds comme elles l'entendront.Voilà qui est bien.Mais il est dit encore qne : à tous les capitaux que les Sociétés de secours mutuels déposeront à la Caisse des dépôts, " le taux de faveur de 4,50 pour cent serait garanti." Il me semble que ce taux est tout simplement exorbitant, Co n'est pas l'envie qui me fait parler et je ne demande pas mieux que de voir prodiguer les faveurs à l'argent des pauvres et à l'argent de ces excellents mutualistes, qui donnent un si bon exemple.Mais est-ce qne la spéculation ne va pas en être alléchée et attirée par cette favenr extrême, et est-ce qu'elle ne va pas envahir les Sociétés de secours mutuels, et est-ce que, à cela, les Sociétés de secours mutuels ne risquent pss de devenir les Sociétés de spéculation financière ?Les faveurs accordées aux Caisses d'épargne ont eu, on se le rappelé, nn effet dn même genre anquel il a fallu remédier et auquel je ne sais paa si l'on a remédié tout à fait.Il faudrait voir.A-t-on pris les précautioni nécessaires et suffisantes ?Il y a là un danger ou tont au moins nne obscurité, Et l'obscurité elle-même est déjà un danger.Je voudrais bien qu'on m'expliquât un peu la chose, et qu'on me rassnràt snr ce point, qui me semble noir.En tous cas, je pose le point d'interrogation.Quoi qn'il en soit, et les précautions fussent-elles prises par la loi, il faudrait encore que lei| Sociétés de secours mutuels en prissent elles mêmes.Qu'elles se gardent comme dn feu de tout ce qui ressemble on ressemblerait à une spéculation et tout ce qui attirerait chez elles l'élément spéculateur.Elles seraient proprement perdues, dn jour où elles auraient seulement quelque analogie avec des maisons de | banque.U est une autre chose dont elles doivent se garder pareillement à l'égal de la mort aux rats : c'est la politiqne.Il est tont naturel qu'une Société bien constituée ait des idées et que ces idées prennent nn caractère et un tonr politique.Seulement, il faut réprimer cette tendance comme désastreuse en matière d'association économique.Vous êtes un brave homme, très prévoyant et charitable aussi, et vous avei des idées politiques.Fort bien : d'une part faites-voui membre d'nne Société de secours mutnels, d'autre faites-vous membre d'nue association politique.Mais pour Dien, ne mettez pas vos idées politiques dans votre Société de secours mutuels.C'est la division dn travail.Elle eat nécessaire ponr que tous les travaux se fassent bien.M.Paul Deschanel faisait un jonr l'éloge des j syndicate agricoles à la chambre des députée : — Oh ! oh ! lui cria-t-on de la gauche, leij syndicats agricoles sont des associations poli-, tiqnes ! — Nullement ! — Mais si ! On vous en citera.— Quelques-uns, oni.— Ah ! Ah ! — Oni ; mais il faut faire cette remarque que tous ceux-ci sont morts anssitôt qu'ils sont devenus des associations politiques.C'est parfaitement exact ; et autant en adviendrait des Sociétés de secours mutnels si elles | \ LE RÉVEIL s'avisaient de tomber dans le même onbli de lenrs conditions constitutionnelles.La politique est nne plante qni vit très bien dans son terrain, et qni, dans un terrain qni n'est pas le sien, non seulement ne vit pas, mais stériliie le terrain lui-même.Dans son intérêt, dans l'intérêt du terrain, dans tous les intérêts et à quelque point de vue qu'on se place, il ne faut la cultiver que dans son domaine.Toili dono les conseils que je donnerais anx Sociétés de secours mutuels nouveau style.Ni finances, ni politique, ni spéculation, ni cociolo* gie.Vont êtes mutualisme et secours, restez secours et mutnalisme.Restez chez vous.Cela n'empêche pas d'agrandir sa maison, et vons voyez, rien qu'à l'svoir bien administrée, vous l'avez sgrsndie et forcé le législateur à agrandir.Restez-y, en l'aménageant de mieux en mieux et l'élargissant sans la dénaturer.A faire ainsi vous créerez une très grande œuvre qui aura des conséquences éloignées plus considérables encore qu'elle-même.Considères-vous d'abord comme très utiles à vous-mêmes, c'est ici l'essentiel ; ensuite considérez-vous comme un grand exemple.Les Français ont ce petit travers, non universel, vons en êtes la preuve, mais suez répsndn, de n'être associés que dans 1 Etat, de n'être associés que comme contribuables.Apprenez-leur à être sssooiés pour leurs intérêts personnels, lesquels sont toujours des intérêts communs, s'ils sont bien compris.Apprenez leur à être associés pour ls prévoyance et ponr ls charité, Ils s'associeront ensuite pour d'sutres desseins, non plus beaux, il n'y en s pss, msis aussi beaux et aussi louables.— Exerçons nos jambes, disait Cervsntès, dans ls bsgne d'Alger, à ses compagnons de captivité, — Pourquoi ?Pour le jour où nous serons sortis de là et où nons aurons besoin de nos pieds.Dites à tous les Français ; " Exerçons nos jambes, " et apprenez-leur comme l'on marche.Emilx Faquxt.LES TERMITES Les Pérès de l'Assomption marchent à l'a vaut garde de l'armée cléricale.Ils se csmpent bien en évidence et mène de brnysntes csmpagnes, organisant des comités électoraux, achetant des imprimeries, lançant des journaux sous le titre de Croix, auqnel ils ajoutent une épithète régionale.Ils n'ont pas l'allure surnoise des autres ordres monsstiqnes qni s'insinuent, se glissent, se tapissent, gagnent du terrain, captent des confiances, étendent leur influence, leurs forces et leurs richesses, le tout avec si peu de bruit qu'on est longtemps sans les remarquer, jnsqu'su jour où, psr suite d'un incident impiévn, on s'a-peiçoit soudain qu'ils s'agitent psrtont.qu'ils ont ls msin d&ps tout, et qu'ils sont déjà maîtres de beaucoup de choses et de beaucoup de gens.Les éclats psr lesquels les Pères de l'Assomption sttirent l's.tention surprennent d'abord comme les gestes insolites et les manifestations d'nn sèlé intempestif et maladroit On sursit tort pourtsnt de se fier à cette pemière et superficielle impression.De ls part des congrégations, quelles que soit la couleur et la ferme de ls robe, tout est calculé, les parades tapageuses aussi bien que les menées souterraines.Le but que visent les Pères de l'Assomption, c'est sens doute en plsntsnt svec des appels retentissants le drapeau dn clérioslisme snr la place publique, de créer des foyers d'action politique, des points de repaire électoraux, et il est bien évident qne dsns nne démocratie comme ls nôtre, fondée su» le suffrage universel à tous les dégrés du pouvoir, il n'existe pas de meilleur moyen de s'imposer que celui dont ces moines de combat font usage — on pourrait même avancer qne c'est le senl — msis il est possible en outre que leur tactique sit un double objectif : d'abord, elle lenr permet de grouper et de reconstituer les forces dn parti clérical snr le terrain politique; ensuite elle s créé une diversion ; tandis qne l'attention et les inquiétudes de l'adversaire se portent tout entières sur les Pères sgents électoraux et journalistes, on perd de vue les autres Pères.Ceux-ci, psr long défilés, s'introduisent silencieusement dans tontes les sphères ds l'activité sociale et sa 58 LB RÉVEIL livrent à nn travail sourd et sûr — si l'on n'a paa la perspicacité et l'énergie de l'arrêter à temps — dont on constatera avec terreur les conséquences lorsqu'un bean jour, on plutôt un jour de malheur à quelque incident innattendu, par exemple à une élection générale désastreuse, on verra, avec la majorité, le pouvoir passer, comme en Belgique il y a quinze ans, des mains des hommes de progrès et de liberté, aux mains des irréconciliables ennemies de la Révolution française.En p treille matière, il n'y a pas de petits faits, c'est-à-dire de faits négligeables à cause de leur peu d'importance : le moiudre mouvement des congrégations, on peut en être sûr, se rattache à nu plan d'ensemble dont chaque détail est calculé pour uue même fin.C'est pourquoi, après avoir signalé les exploits de nos Pères de l'Alhambra, à Bordeaux, il est intéressant de signaler la curieuse initiative prise par les Pères Capucins de Mont-de-Marsan.Ces bons moines ont organisé des réunions où ils ont appelé tour à tour des petits industriels et des ouvriers.La première de ces réunions, celle des patrons, a eu lien au commencement d a moiB d'août.Il y en a eu deux ensuite pour lea ouvriers, l'une le dimanche 7 et l'autre le dimanche 13.Aux industriels, l'orateur des Capucins, le Père Joseph, a exposé un projet de banque populaire à fonder dana les Landes sur le modèle d'une banque qui fonctionne eu Allemagne et dont les catholiques sout les maîtres.On y ferait des avances au tanx de 4 0(0, 8 pour l'intérêt et 1 pour les frais d'administration.Voilà pour les patrons.Anx ouvriers on a tenu un langage à la foia plus pathétique et plua vague.Le Père Joseph leur a exposé son rêve ; cet homme exquis pré* tend modifier la situation des travailleurs au poiut que chaque famille d'ouvriers puisse au moins tuer uu cochon chaque aunée pour les besoins du ménage.Comme on le voit, c'est ia poule au pot d'Henri IV qui re parait avec une tête de porc.En outre, le Père Joseph, pour achever de gagner le cœur du peuple, a entretenu son auditoire d'un projet assez obscur encore quant aux moyens de réalisation, mais qui se rapproche beaucoup de l'œuvre des Sociétés des habitations à bon marché.Le premier accueil fait par les Landais à l'initiative des Capucins ne semble pas avoir été enthousiaste.Lea auditeurs du Père Joseph ont laissé percer la surprise que lenr causait l'intervention dans le domaine économique d'hommes qui font profession de rompre avec les intérêts mondains pour se consacrer à la méditation et à la prière.Mais cette première surprise, à laquelle ces moines s'attendaient sans doute, sera bientôt dissipée ; elle n'est pas de natnre, par conséquent à les décourager.D'autre part, il n'est pas probable que les Capucins de Mont-de-Marsan -oient les senls de leur ordre à se lancer dans la voie des entreprises financières à l'usage des petits industriels et des ouvriers.La campagne qu'ils ouvrent sur un point, d'autres Capucins, apparemment, la commencent également ailleurs.Par le fait, les congrégations cherchent à conquérir à l'aide de lenr banque populaire et de leurs maisons à bon marché ce qui constitue le fond même de la démocratie, les gros bataillons du suffrage universel.Que les intéressés mordent à l'appat, et derrières les Pères Capucins viendront 1< s Pères de l'Assomption pour lever la ligne ou tirer la nasse, à moins que les Pères-Capucins ne mettent eux-mêmes la maiu à cette dernière besogne, ce dont ils sont parfaitement capables.Voyez-vous maintenant notre société républi, caine attaquée de tous côtés par les moines noirs hlancs, bruns ou gris : rien n'échappe à leur initiative, aucune condition sociale, aucun service pnblic ; les uns font de la politique pure ; tous se glissent dana les diverses branches de l'éducation nationale ; la moitié des jeunes gens qui se destinent à l'armée leur passent par les maits ; lea frères des écoles chrétiennes et des religieuses d'ordres divers disputent les eufants du peuple aux instituteurs et aux institutrices do nos écoles communales ; l'esprit clérical se glissent même dans nos Universités, où l'on a pu signaler certains professeurs de l'enseignement supérieur qui confient leurs enfants anx maisons cléricales de préférence à nos lycées.Une puissance terrible s'édifie ainsi au milieu de nous, malgré nons, contre nous, moins à notre insu qu'avec la complicité d'une complaisance faite d'égolsme et d LE REVEIL 59 veulerie.Noua ne voulons pas voir plutôt que nons ne voyons pas.U suffit à nos hommes publics, pour rassurer ceux dont la défiance et l'inquiétude risquent de troubler leur sécurité, de montrer l'extérieur des choses dans le pays et de faire remarquer qu'il ne change pas.Les craintes que nons exprimons seraient donc vaines ?Oe seraient les chimères d'esprits ombra* geux et de caractères grincheux ?La liberté, à l'ombre de laquelle on ose tout, sauvera tout, d'après nos optimistes, et ils ferment les yeux snr les provocations d'adversaires qui franchissent en attendant qu'ils les renversent, les limites tracées à la liberté elle-même par la loi.Ils ne veulent pal confesser que la liberté périra par les abus dont elle est l'objet.Ils ne veulent pas reconnaître que l'extérieur des choses n'est paa nne garantie de sécurité.On a vu quelque fois de superbes navires, solides d'aspect, arméu pour braver les tempêtes, sombrer su premier orage ; leur apparence était trompense ; dans leur armatnre s'étaient glissés d'innombrables insectes, à peine visibles ; peu à peu, ils avaient rongé, détruit les éléments qui constituaient la force du bâtiment.Les moines de tontes congrégations : Jésnites, Assomption* nistes, Oapucius, Dominicains, sont les termites de ls République.Avis su gouvernement de defence républicaine.LA RENOMMEE Le grsnd remède français, le BAUME RHUMAL, est le remède infaillible par excellence.LE MONDE RELIGIEUX Essai de reconstitution de la fédération catholique électorale—l'unanimité d'une minorité.— politique confessionnelle et droit commun.On se rappelle que la récente lettre du Pape au cardinal Richard recommandant l'union de plus en plus étroite des catholiques snr le terrain des institutions républicaines fut la cause occasionnelle de la dissolution de la Fédération alholique électorale de 1891.L'interprétation de cette lettre par le vénérable archevêque de Paris, qui pensait y voir une exhortations du Saint-Père *.faire désormais de la politique pins confessionnelle, amena, séance tenante, la démission de M.Etienue Lamy, président de la Fédération.L'acte de décès officiel de l'Alliance federative de 1897 date du 15 juin dernier.Oe jour-là, en efiet, la majorité — quatre groupes contre trois — vota, à l'unanimité des membres de ces quatre groupes : Politique nouvelle.Union du Commerce et de l'industrie, Union nationale et Démocrates chrétiens, la résolution suivante : La Fédération.Considérant que la majorité avait essayé d'établir une certaine unité de vues entre les groupes par nn règlement qui limita't, sur certains p rints, leur Indépendance au bénéfice de l'action commune ; Considérant quo la minorité a refusé d'accepter cette discipline et s rompu ses rapports svec la majorité ; Considérant que ces divergences ont révélé ches les groupes dissidents la résolution de garder intscte lenr autonomie.Considérant qne l'idée d'autonomie est exclusive de celle de fédération ; Par ces motifs : La Fédération est déclarée dissoute.Notons, en passant, que les qustre groupes de la msjorité n'ont jamais cessé d'être en parfaite communion avec le Souverain Pontife.Or, les trois groupes de ls minorité : Justice-Egalité, Association delà Jeunesse Catholique et Congrès catholique, qui obéissent de préférence snx directions des Pères de la Croix, songèrent immédiatement à reconstituer ls Fédération i leur profit.Le 18 juillet, ils tinrent nne réunion, à laquelle n'assistai t d'ailleurs aucun membre des qustre sutres groupes, et ils affirmèrent, solennellement, l'existence et ls vitslité de ls Fédération de 1897.Le résultat de cette réunion fnt communiqué i la prêtée, en vue de propager une équivoque, cependant facile à dissiper.Il est clair que-les trois groupes obéissant snx directions des Pères de ls Croix ont le droit de former entre eux une nouvelle association, d'où les quatre groupes fidèles aux directions pontifi- 00 LB REVEIL cales se sont volontairement exclus afin de ne pas conserver avec lenrs anciens compagnons d'armes une solidarité devenue à certains égards compromettante.Muis il ne semble pas qu'ils paissent donner à cette nouvelle association la raison sociale de l'ancienne fédération.La Croix ne pouvait rallier, à la réunion du 13 juillet, que l'unanimité de la minorité.Elle n'engagerait pas plus la fédération de 1897 qu'un groupe de députés, réunis dans ses bureaux, n'engage la Chambre.Cette question réglée, il est utile de préciser les points sur lesquels s'est envenimée, pendant les derniers mois, la querelle des groupes fédérés-Il y en a denx principaux : D'abord, la majorité acceptait nettement, selon la volonté du Pape, la République, tandis que la minorité, soucieuse de rester, an moins extérieurement, en communion politique avec le Pape, tout en ne donnant à la République qu'une adhésion de lèvres, se retranchait constamment derrière les formules vaguea favorables aux restrictions mentales et aux interprétations contradi-toires.Ainsi, tel membre de la majorité, déclarant sans trop de peine adhérer aux "institutions existantes, " ne consentir a jamais à se dire républicain.Dans la pratique, eu temps d'élections, surtout, on prévoit combien la conduite du '• républicain " catholique sera différente de celle du catholique adhérant aux " institutions existantes." Le second point litigieux auquel je faisais tout A l'heure allusion n'est pas moins grave que le premier : la majorité, fidèle aux prescriptions de la Lettre aux Français de 1892, où Léon XIII faisait appel, non seulement aux catholiques, mais encore à tous lea honnêtes gens dont le concours est indispensable pour fonder en France une régime de justice et de concorde, entendait porter son action sur le terrain des libertés communes, dn droit commun ; tandis que la minorité risquait de gaieté de cœur d'éloigner de la vérité les lionnêtes gens non catholiques en circonscrivant son action sur le terrain des libertés de l'Eglise, des droits de l'Eglise.Assurément, s'il y avait en France une religion d'Etat, on nne majorité, non seulement numérique, mais agissante, de catholiques, on pourrait utilement parler au gouvernement ou au peuple des libertés de l'Eglise, des droits de l'Eglise, c'est-à-dire faire de la politique confessionnelle.De nos jours, cette tactique ne peut produire que des déceptions.Chose digne de remarque : les partisans les plus déterminés et les plus aveugles de la politique confessionnelle se gardent bien d'employer ce dernier mot, dont ils feignent même de ne pas comprendre le sens.Pourtant, rien u'est plus clair.Uu exemple achèvera d'expliquer ma pensée.Supposons qu'il s'agisse de la liberté d'enseignement.Le prêtre partisan de la politique confessionnelle réclamera cette liberté comme prêtre, et peut-être invoquera-t-il la parole divine : " Allez, enseignez toutes les nations ! " Le prêtre, s'il comprend au contraire la nécessité de se placer au point de vue des libertés communes, de droit commun, réclamera la liberté d'enseignement comme citoyen.Le premier n'intéressera guère qne les théologiens et nu petit groupe de catholiques fervents.A tous il donnera l'impression que, si ses amis étaient au pouvoir, ila seraient peut-être moins prompts à donner aux autres la liberté d'enseignement qu'ils ne le sont à la réclamer présentement pour eux mêmes.Combien le second a pins de chance d'émouvoir 'esprit et le cœur du peuple; c'est-à dire des électeurs, qui sont aussi des citoyens ! Quand les catholiques auront compris cela, il y aura quelque chose de changé en France ; et les hommes comme M.Etienne Lamy pourront se dévouer utilement à leur pays, à l'Eglise, à la liberté ! Julien de Nabfon Un député libéral était à Moutréal ces jours derniers, retour de Strathroy, Ont.— Vous êtes allé avec M.Laurier ?— Oui, monsieur.— Alors vous avez causé avec lui ?— Oertainement.— Lui avez vous demandé la date des prochaines élections ?— C'était inutile.Il n'est pas dans les secrets du gouvernement. LB REVEIL 61 UNE LETTRE DE ROME La scène est à Lourdes, amas d'églises, d'hôtels, de couvents, de boutiques et de rochers que le Gave enserre, comme un ruban attacherait une gerbe au pied d'nn trône, le trône des Pyrénées, le trône de la Vierge.Sur le penchant du dernier coteau, un couvent dresse ses murs blancs, étale ses jardins verts.C'est l'Institut de l'Immaculée Conception de Notre-Dame de Lourdes.C'est un Ordre de femmes contemplatif, une fleur du printemps de la Foi attardée dans l'automne de l'Eglise.La maison-mère de Lourdes a cinq boutures en France, deux en Belgique et une à Constantinople.Ici, là, partout, ces religieuses divisent la journée de leur vie en deux parts.Pendant des heures leurs voix pures, légères et tremblantes comme des larm-s de cristsl, se répandent devant l'autel.C'est l'éternelle prière pour ceux qui ne prient jamais.Le reste du temps est employé à broder des ornements d'église, à rouler en spirales légères des cartons dorés sntour des reliques saintes, à composer des gerbes artificielles que les mains pures des vierges humaines posent aux pieds immaculés de la Vierge divine.L'Eglise qui a de la poésie dsns ses mœurs parce qu'elle s de la force dans ses Institutions, l'Eglise encourage ces Ordres psrce que la piété qui s'y déroule est conforme à l'intelligence de celles qui ls pratiquent ; il n'y a pas que dos aigles dans la montagne sainte.Il y a aussi des colombes pour qui le chêne est trop élevé et qui placent leurs, nids dans les rameaux de l'arbre le plus bas.Les filles entrées dans l'Institut de l'Immaculée Conception sont des âmes douces que les feux de la vie n'ont jamais brûlées.Riches, d'ordinaire, elles apportent leur bien qui se répand eu aumônes, et quand la mélancolie des années met ses voiles par dessus leur voile do laine, elles se préparent doucement à mourir en frisant quelques feuilles de papier d'argent qui deviendront sons leurs doigts des lys nitides.Elles sont les religieuses de Lourdes slibellules dans l'Infini, inutiles en apparence, nécessaires en réalité dans le puissant concert de la Foi.C'est ainsi que le catholicisme fait exprimer à chaque être, avec d-'s voix différentes, la piété qui prend son inspiration dans les sentiments éternels.A forcer les cordes de certaines voix ponr leur faire rendre des sons nouveaux et inconnus, on briserait l'instrument féminin qui est l'àme de la religieuse, contemplative.Au reste, à Lourdes, les Dames de l'Institut erndent un service pratique ; elles logeut, moyennant une légère rétribution, lea.dames qni délirent " vivre éloignéei du monde ou ie procurer les bienfait! d'une retraite." Selon la loi, la double loi qui est celle de l'Etat et de l'Eglise en France, les religieuses de l'Institut de l'Immaculée Conception de Notre-Dsme de Lourdes viraient sons la paternelle et légitime autorité de Mgr Billères, évéque de Tarbes.Ce prélat n'est pss dsns le premier duvet de fleur de son épiscepat.Car quatre-vingt-deux ans pèsent sur ses épsules et rendent sa marche incertaine.Mais o'est un prêtre pienx et discret, attaché à ses devoirs, fidèle à Rome, respectueux de l'Etat.A ce vénéré vieillard, le plus petit papier venu des bureaux du Vatican parait lettre de pape.Il appartient à cette génération d'évéques qui renoncent volontiers su pouvoir qu'ils ont reçn du pipe, mémo pour complaire aux très faillibles prélsts qui font barrière plus qne couronne autour du Vatican.Certes, Léon XIII a une fraîcheur d'idées près de laquelle les fleurs blanches des pâquerettes paraîtraient glandes, près ds laquelle la fleur du magnolia aurait le teint du parchemin janni.Mais le pape ne pent pas voir tons les détails de ls mschine dout il est le puissant chauffeur, et les évéques auraient les premiers le devoir de porter à ses pieds leurs doléances, lorsque lenr pouvoir est atteint.Or, il est à Rome tonte une capable organisée ponr arracher aux évéques français lenr autorité ¦ur les communautés de femmes.On a raconté ici même, comment l'illustre évéque de Nancy, Mgr Turinaz, à adressé sa haute et pieuse résistance contre cette prétention ; 62 LB il ÉVEIL — U n'y a aucune enclave dans lea diocèses dit le Concordat.Aux évêques de faire respecter cet article très juste.A Rome, on nie volontiers le désir qn'on a de réunir les forces et l'argent des communautés de femmes françaises entre les mains des cardinaux italiens.On a démenti le but intéressé dn voyage accompli en France par S.E.Vanutelli.Niera-t-on l'authenticité de la lettre suivante, dont lo texte est sous mes yeux imprimé en ces superbes ca-actères dont l'imprimerie vaticaue a le modèle ?Aux religieuses de l'Institut de l'Immaculée Conception de Notre Dame de Lourdes Nos bien aimées filles en Notre Seigneur, Nous avons la douce satisfaction de vous faire connaître officiellement, en Notre qualité de Protecteur de l'Institut, la disposition prise par le Souverain-Pontife, Léon XIII, avec laquelle Sa Sainteté a daigné accorder que la Maison général ice de votre Institut soit établie canonique-ment à Rome.Nous vous communiquons aussi, et avec autant de plaisir, que la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers a confirmé pour deux ans la Vénérée Mère Marie Pélagie Cous-tarot dans la charge du Supérieure générale dn même Institut.Par la première grace, le Saint-Père lui-même a voulu vous mettre immédiatement sous la houlette et la protection du Saint-Siège et de Nous, et par la seconde, la S.Congrégation a exaucé vos vœux si ardents et vos suppliques tant de fois réitérées, c'est-à-dire de pouvoir continuer à être régies par une Supérieure si bonne, si prudente et si habile.Que ces denx faveurs, donc, anssi signalées vous animent de plus en plus à vivre dans la paix et la charité des enfants de Dieu et dans la véritable esprit de votre Institut.Comme gage de notre particulière bienveillance, Nous vous donuons Notre paternelle bénédiction.Donné à Rome, dans le palais du Vicariat, le 2» mai 1899.L.• M., cardinal Parocchi, Protecteur.Concorda cum suo Origlnali exhibito Itac in Curia Datum Roma ex Aed.Vicariatus die 80 mai 1899.Petrus Checchi, L t S.Secrus.Il est impossible d'être plus net et plus précis.Le cardinal Parocchi est protecteur d'un couvent français, que le Saint-Père a voulu mettre immédiatement sous la houlette et la proteotion du Saint-Siège, c'est-à dire arracher à l'autorité diocésaine.Il serait fort intéressant de voir à la rentrée des Chambres un dépnté demandant quelques explications sur cette lettre.La question de personne serait, bien entendu, tout à fait réservée, car l'éminent Parocchi est un prince de l'Eglise, qui n'a que les défauts de ces mérites.U pratique vis-à-vis de la France une amitié qui n'a jamais fait faillite.U célèbre le mariage perpétuel de la grâce et du talent et taille ses idées dans notre langue comme en pleine pierre précieuse.Ce n'est pas une raison pour que nos évêques Polycrates nouveaux, lancent à l'eau l'émeraude qni est le symbole de leur autorité ot que les brochets ne leur rapporteront pas volontiers.Jean de Bonnefon.LA PRUDENCE Ayez toujours le BAUME RHUMAL chez vous pour faire face anu circonstances.108 Croix de St-Pierre, Croix de Calvin C'est une jolie tradition de l'autre régime que les grands dignitaires de l'Eglise soient attachés au trône du Roi ou au cabriolet de l'Etat par le ruban léger qui est celui des ordres nationaux.Dans les portraita du dix-septième siècle, les évêques font beau paysage, avec le cordon du Saint-Esprit sur le rochet de dentelles.Les photographies des prélats contemporains — tout descend — passeront mieux à la postérité quand la croix de la Légion d'honneur dessinera sa forme sur les plis du camail.Parfois aussi, en ces temps modernes, un humble, un desservant caché sous le toit moussu de son presbytère, reçoit l'étoile que Napoléon dessina par tous les héros, les modestes ou les illus LE REVEIL 63 très ; et le République s'honore ainsi en soulignant la vertu, courage continué, là ou elle rencontre cette noble survivance.Cette année, les croix des cultes sont des croix de combat, des croix qui ressemblent à des pommeaux d'épée, et leur émail marque de sou éclat les luttes actuelles.Raconter leur histoire, c'est écrire nne ligne de l'histoire de l'Eglise française.L'archevêque de Bourges, qui devient officier, est le facteur politique qui relie Rome à Paris, qui commente à l'usage de l'Etat la parole solennelle et profonde dn Souverain Pontife sur la politique immédiate.Dans ces fonctions délicates où l'homm i risque toujours ce que risque le tampon, entre le marteau et l'enclume, Mgr Servonnet a remplacé l'archevêque de Bordeaux, épave abandonnée sur les quais par le gouvernement et le Saint-Siège.C'est à l'archevêque de Bourges que Léon XIII a donné les derniers éclaircissements sur nne politique qui a le charme et la douceur des longues nuits.L'honneur qui tombe aujourd'hui sur la poitrine du prélat prouve l'harmonie parfaite qui vibre entre Rome et la France, An reste, Mgr Servonnet est un personnage d'unité et d'ordre, même d'ordre un peu impérieux, comme il sied à tout homme classé sons étiquette de libéralisme.Il est en bataille avec certain journal catholique que le pape excommu-nio de temps à autre, mais discrètement, par peur de l'ombre du grand Veuillot qui plane encore dans la maison.Mgr Servonnet garde à soixante-dix ans la belle ardeur des jeunes années.Il appartient à cette race de montagnards qui portent sur leur front la couronne de rides, sans vieillir pour cela, taudis que de jeunes hommes, snr leur tête chenue, n'ont jamais de jeunesse.Eu son privé, le successeur du cardinal Boyer a uue grande douceur, une retenue de polémique tout a fait charmante, et il prélude à la bataille par un sourire comme les anciens commençaient la lutte par un air de flûte.On assura déjà qu'au prochain Consistoire l'étoile ronge qne l'Etat vient d'allumer s'éteindra dans le grand incendie de pourpre que Rome réserve à ses prêtres les plus glorieusement fidèles.Le second décoré est aussi un homme de combat, mais il a le bonheur honorable de ne pas être mêlé anx luttes intérieures : l'évêque de Constantin?, élevé à l'école du cardinal Lavigerie, sait comment il fant enrouler autour de la crosse les mots de France et d'Eglise, sur la terre d'Afrique.U fnt soldat anx lieux mêmes où il vit msintenant en apôtre, interprétant la charité divine par la pins touchante des charités humaines.Modestement, dans le tête-à-tête solitaire avec le crucifix, il continue l'œuvre puissante du csrdinal Lavigerie.Avant de laisser tomber son dernier geste, le Primat d'Afrique, épris de progrès, avait formé des hommes pour prolonger ' sa pensée et son action.Mais ce grand esprit qui plantait les prêtres comme des jalons, excellait aussi à les abattre ou à les planter là.Sous le Maître M.Cazagnol serait sans doute resté vicaire général de Tunisie, parce qn'il avait pansé les plaies faite par la main du cardinal et réconcilié les prêtres italiens avec nos missionnaires français.Il avait une bonté trop faible pour n'être point brûlé par cetle lentille de lumière et d'éclat qui s'appelait Lavigerie.Msis la lentille se brisa, et M.'Csxsgnol devint évéque.Sous la mitre, il est resté soldat de France, et le tambour qui bat, le drapeau qui passe, inspirent à son àme les nobles improvisations.U officiait nn jo»r dans sa cathédrale, quand il entendit sur le sol le pas cadencé des zonaves.Us partaient pour l'île nouvelle, pour Madagascar.Somptueusement, en grand apparat, l'évêque interrompit la messe, traversa l'église et, toutes portes ouvertes, d'un geste large, envoya la bené diction de sa main au régiment qui partait.De telles imaginations ne sont peut-être pas de l'esprit, mais elles sont du cœur, et dans lo pays du monde où la main de l'homme ei-t le plus près du sabre, elles font grand honueur au prélat français.Et ce n'est pas tout : le culte catholique mar* che légalement eu France à côté dn culte protestant.Cette snnée le pas fut brisé daus ce coin de combat religieux qui est le pavs de Montbé-liard.Là, les desservants allumerait volontiers des bûchers où les protestants joueraient le rôle de bûches, et l'on croit que les disciples de Cal- 64 LE REVEIL vin ne rendent pas en amour an clergé catholique la monaie de haine qu'ils en reçoivent.C'est aiusi que se fansse et se brise l'accent chrétien, le plus beau que puisse donner la voix des hommes.Impu et pénétré de l'esprit des anciens jours, certain prêtre eut la délicieuse idée d'ac-cnsor en une brochure — fort littéraire, ma foi ! — les protestants d'avoir aidé l'invasion allemande en 1870.El les guerres de religion faillirent renaître dans ce frêle berceau qui est une brochure.Afin de calmer les cerveaux ardents, le ministre des cultes a choisi le pins apostolique le plus doux, le plus rose, le plus souriant des pastenrs pour récompenser.son patriotisme-Voilà pourquoi, après soixante-cinq ans d'âge et quarante ans de vie religieuse, le pasteur Girar-dex vient d'être décoré.Ce ruban sera-t-il assez large ponr éteindre les feux allumés ?Sera t-il au contraire, de la bourre à canon ponr les combats religienx du pays de Montbéliard ?On l'ignore.En tout cas, l'effort est d'une agréable diplomatie.Au reste, le décoré est un esprit marqué dn caractère moderne et qui tient ses mœurs au niveau de ses croyances.Telles sont les croix symboliques qui font, en passant, lenr pauvre justice éphémère et rendent hommage à des mérites variés, mais français.Jean de Bonnefon.*** Les gazettes nous annoncent que M.de Labri-olles, le conférencier de Laval, est de retour à Montréal.Il est inutile d'espérer que ses conférence vont être faites sur Victor Hugo, Alexandre Dumas, ou Alfred de Musset, mais il est raisonnable de supposer que Lamartine et Chateaubriand sont épuisés après les magistrales études que M.Labriolles a données l'hiver dernier.C'est beau, du Chàteaubriaud, et la diction si pnre du conférencier ajoute encore du fini à cette beauté littéraire ; seulement, tout un hiver o'est long.Faites abonner vos amis au Réveil.Le ministre des Travaux Publics vient d'avoir une idée brillante, et on doit lui en tenir compte.Il a promis à l'Angleterre d'envoyer un régiment de Canadiens au Transvaal.Il est permis de croire, cependant, que le ministre avait une arrière pensée, et que son intention est de shipper là le plus vite possible les chercheurs de places et les solliciteurs qui assiègent son bureau du matiu au soir et du soir au matin.Il aurait pu promettre cinq régiments.#*# TRADUCTION ET REDACTION Souvent le monde commercial, industriel on financier désire confier la rédaction de ses circulaires, brochures ou annonces à des experts ; mais on ne réussit pas à les trouver, a moins que, comme cela arrive trop souvent, sa confiance ne soit accordée à des gens qui n'ont ni la science ni l'expérience.Il ne suffit pas de faire beaucoup de publicité : il faut encore et surtout qu'elle soit'à point.Si la forme ne viont pas à l'appui du fond, le bnt visé n'est pas atteint, la pensée de 'intéressé est mal exprimée, peut être même n'est elle pas du tout comprise par ceux dont on recherche la clientèle.On nous a très souvent demandé d'organiser ici, sous les auspices du Réveil, un service de rédaction générale et de traduction d'anglais en français, on vice versa.C'est pour satisfaire à cette demande que cous venons annoncer qne dorénavant des experts se chargeront non seulement de travaux commerciaux, mais littéraires et techniques.Notre tarif n'aura rien d'exorbitant, nous apporterons dans l'exécution des commandes nn soin méticuleux et toute la célérité posssible.On pourra s'adresser à la direction du Réveil, an No 157 rue Sanguinet, ou par lettre au bureau sp poste, Boîte 2184, Montréal.NE NEGLIGEZ RIEN Un rien amène la toux {chez les personnes nélicates.Il faut prendre du BAUME RHUMAL, 109
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