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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 28 octobre 1899
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1899-10, Collections de BAnQ.

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157 RUE SANGUINET No 238 BOITE 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE_THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XI.MONTREAL.28 OCTOBRE 1899.No 238 SOMMAIRE: L'Angleterre au Transvaal, Vieux Rouge ¦— La Lettre au Pape et la Réalité, Jean de Bonne/on — Pauvre Clergé, Lex — Banque Jacques Cartier, Banquier — L'Opéra Français, Pedro — La Vie Drôle, Alphonse Allais — Los Jeune* et les Vieux, Paul Adam — Villes de l'Ouest, André Theuriet — Pour vous, mesdames.Los conditions d'abonnement an Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des antres journaux.Nons livrons le jonrnal à domicile | franco,] à raison de 25 cts par mois, payable an commencement de chaque mois.Tont ce que nous demandons au public est de voir le journal.Ceux de nos abonnés qui ont des travaux d'impression à faire faire voudront bien s'adresser au No 157 rue Sjnguinet on au No 1560 rue Notre-Dame.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.L'Angleterre au Transvaal La bouffée d'impérialisme qui souffle actuellement du côté du Canada, semble avoir fait perdre la tête à nos gouvernements.Non content d'avoir autorisé l'expédition de mille hommes aux frais du pays, il faut encore que'l'on se fende pour en envoyer on ne sait combien d'autres.Que cinq ou six mille jeunes gens, désœuvrés pour la plupart, aient la fantaisie de faire un voy ige dans le Sud de l'Afrique, cela n'a rien d'étonnant.Il y a des aventuriers dans tous les pays.Mais qu'un homme du calibre do M.Laurier se permette de prendre à même la caisse publique un demi-million ou plus pour équipper et transporter ces mêmes individus, parait plus surprenant.Si encore le Canada avait un intérêt quelconque dans l'issue de ce conflit, ce serait une occasion de s'en mêler, mais, bien au contraire, malgré les affirmations des ministres que l'action du gouverne 98 LE RÉVEIL ment ne constituait pas un précédent, il est permis de supposer que dans le cas d'une geurre continentale, et même dans un conflit engagée entre l'Angleterre et la France, les Canadiens-français seraient exposés à se battre contre l'ancienne mère-patrie.Il n'y a aucun doute que si c'était pour la défense du sol canadien, un très grand nombre d'entre eux prendraient parti pour l'Angleterre contre la France, parce que tout le monde sait aujourd'hui qu'à part quelques rares exceptions, le peuple canadien-français préfère !e régime anglais au régime fiançais, et il a bien raison.On ne nous accusera donc pas ici de déloyauté, si nous disons que le gouvernement de M.Laurier nous a sacrifiés à sa grande idée d'impérialisme, et que Sir Charles Tupper est prêt à en faire autant.- non pas que l'uu et l'autre soient convaincus, mais parce qu'ils espèrent tous deux par ce moyen,l'un^s'emparer du pouvoir, et l'autre le garder.En attendant, une donnons uno traduction d'un article publié par John J.Ingalls dans le Journal de New York.H résume notre propre pensée.Co qui bo passe danB l'Afriqne-Sud est une sanglante ironie, au lendemain de la Conférence de la Paix à La Haye et de la proposition de désarmement général formulée par le Czar.La cire était è peiue refroidi.- sur le sceau des lettres de créance des délégués que l'Angleterre, délibérément, méchamment, cherchait noise au Président Kruger soas les prétextes les pins spécieux et les moins fondés, dans l'unique but d'anéantir l'indépendance de la République du Transvaal.Ayant réussi à provoquer un ultimatum, elle est maintenant en train de mobiliser une armée plus nombreuse- qne toute la population Boer indigène, plus forte que les deux armées réunies sous Wellinglou è Waterloo et sous Ragl m en Crimée, daus le bnt avoué de biffer de la mappe- monde un petit Etat dont la superficie n'égale pas celle dn Montana et dont la population entière tiendrait à l'aise dans bon nombre de nos cités de l'Etat de New York.Après avoir essuyé les rebuffades et les coups de pied de toutes les grandes puissances d'Europe, indignités qu'elle a subies sans protester, l'Angleterre est aujourd'hui entrain de faire nne énorme manifestation guerrière contre un tout petit peuple; justement comme le vulgaire matamore qui se venge des insultes d'hommes de sa taille en se jetant snr les infirmes, les femmes et les enfants ; et cette guerre de conquête —i le plus brutal et le moins excusable de ses crimes contre les droits de l'homme — est entreprise au nom de la civilisation ! Il ne faut pas oublier que le pays des Boers est one répnbliquo établie, indépendante et souveraine chez elle.Son droit à l'existence est le même que celui de l'AUema gne, de la France et des Etats Unis.LUS DROITS DES BOBBS L'Angleterre a reconnu l'sutonomie du Transvaal par la convention de Pretoria en 1881, et par la convention de Londres en 1884, il a été formellement et clairement convenu que la Ré publique Sud-Afrieaineu arait la suprématie dans son administration intérieure, avec cette seule restriction qu'elle ne conclurait de traités aveo nnl autre pays que l'Etat Libre d'Orange sans l'assentiment et l'approbation de la Grande Bretagne.Dans la dispute actuelle, il n'y a pas même lo prétexte d'une violation de ces stipulations.Les relatione extérieures des Boers ne sont pas en question.Il ne s'agit que des conditions de naturalisation, de droit de suffrage ot de représentation qu'ils imposent aux immigrante et anx étrangers.Oe sont des questions d'administration et de politique intérieure, que le gouvernement du Transvaal a droit de régler comme il l'entend.Ces réglementations peuvent ne pas être dn goût dee Anglais, mais par le droit international ils n'ont paa plus i y voir que s'ils s'a-visaient de vouloir se mêler de la manière dont le droit de vote est exercé anx Etats Unie ou dont on prélève les impôts en Russie.La prétention que les Boers font obstacle A la marche LE EE VEIL 99 de la civilisation est nn prétexte non moins impudent et blasphématoire.Les Boers sont ce qu'ils étaient voilà nn siècle, ni pires, ni meilleurs qne lorsque lord Derby traitait avec enx à Londres il y a qninze ans.C'ei.t nne race d'agriculteurs passablement édnqnés, industrieux et sobres.Ils sont pacifiques, très hospitaliers profondément religieux ; ils aiment la liberté et tiennent au droit de se gouverner eux mêmes.D'abord établis dans la colonie dn Gap, ils fuyaient la tyrannie anglaise vers le Natal il y a nne soixantaine d'années.Pourchassés jusque dans leur nouveau séjour pnr leurs ennemis héréditaires, ils oni encore émigré et sont allés, comme les Puritains de la Nouvelle-Angleterre et les pionniers de l'Ouest, transplanter leurs foyers et leurs autels dans le désert, entourés de féroces sauvages ; ils y sont restés avec le degré de civilisation qui leur suffisait, et n'ont inquiété personne jusqu'à l'époque où furent découverts les champs de diamants de Kimberly et les filons d'or du Wit watersrand, MINES D'OB ET BELLES MANIEBES Il est probable que ces braves gens n'auraient pn lutter, pour les belles manièies et pour les bons tons, aveo ces messieurs d'Angleterre qu'on a vu figurer dans les scandales de la rne Cie.vo • land; peut-être aussi n'étaient-ils gnère plus honnêtes que ces grands seigneurs mieux connus sous le nom de " gninea pigs " qni vendaient leurs signatures aux promoteurs de comqagnies frauduleuses, ou encore que ces camarades du Prince de Galles, surpris en flagant délit de tricher aux cartes ; mais tout de même c'étaient de rudes gaillards, gagnant honnêtement leur vie et très attachés aux jouissances simples de la vie domestique.Il se peut que le gouvernement de Panl Ktuger soit étroit, prose rip te ur, insupportable ; mais si les Boers s'en contentent, en quoi cela r.garde t-il l'Angleterre?Il ne manqne pas d'autres gouvernements qui sont loin de l'idéal, et aucun n'est psrfait.Les portraits qn'on a de Com Paul ne le flattent pas ; sa beauté est de celles qui peuvent se mettre au lit sans chandelle.La coupe de ses favoris n'est gnère fin-de-siècle, son hsbit tire ça et là ; sa physionomie respire l'ignorance, l'àpreté, l'entêtement ; masi il n'en est pas moins le chef légitime d'uu Etat souverain tout comme William McKinley ou le Kaiser Wilhelm.On dit que Mme Kruger met la main au potage de la famille, fait les lits et sert ses invités à table ; mais on ne sache pas que ces caractéristiques aient jamais été une menace pour ia civilisation anglo-saxonne ou pour la stabilité de l'Empire Britannique avant 1885.époque des grandes découvertes d'or à Johannesburg.La vraie vérité, la voici : le véritable grief de l'Angleterre contre les Boers n'est pas d'être des illettrés, des rustres et des obstacles au progrès, c'est tout simplement qne le Transvaal possède les plus riches mines d'or du monde entier, et que les mineurs, capitalistes et spéculateurs anglais, en convoitent le contrôle.HISTOIRE D'UNE BRUTB.Chaque fois qu'un peuple petit et faible possède quelque chose dont l'Angleterre a envie, et qn'il refuse de lui livrer, le casus belli n'est pas loin, et alors vivo la civilisation ! (1) O'est en son nom qu'on se met à piller, voler et extorquer.C'est en ce nom sacré que l'Angleterre a élevé som empire des Indes par une série d'actes de barbarie inconcevable, dont les horreurs, racontées dans les discours de Burke et de Hastings, donneront à jamais des hauts-le-cœur à la conscience de l'humanité.C'est sous le même prétexte qu'elle imposa à la Chine son fameux orne-merce d'opium, et c'est encore pour avancer l'aurore de la civilisation qu'elle travaille présentement au démembrement de cet antique domaine, qu'elle accapare le contrôle du canal de Suez et qu'elle protège les porteurs de patentes foncières.En une nuit, elle a bombardé Alexandrie et l'a réduite en cendres.Parmi les nations, l'Angleterre joue le rôle de l'assommeur, brutal, arrogant et lâche.Jam ds vous le voyez se battre contre ses égsnx ni à armes égales.Jamais elle n'osera signifier d'ultimatum aux forts.Aveo ceux-là, elle négocie, marchande, rampe et finalement recule.C'est elle qui prétend avoir conquis Napoléon, (1) En langue Boer, prononcez siphylisation. 100 LE RÉVEIL maio sur quoi champ de bataille a-t-elle jamais osé le ren -outrer seul à seul?Suis ses alliés les Prussiens, c'est elle qui aurait été défaite à Waterloo.Eu Grimée, elle a combattu la Russie, mais elle avait les Français à ses côtés.Par exemple, donnez lui pour antagoniste un infirme ou un enfant au maillot ; alors il fait voir comme elle est superbe, inflexible.Dans ce pays que nous habitons, elle a fait la brutale et l'insolente jusqu'à ce que nous lui ayons donné une double ridée et sur terre et sur mer.Pendaut la Rébellion, elle u'a rien négligé pour tâcher de rompre l'Union, menaçant le Nord d'une gnerre et faisant au Sud des promesses de reconnaissance.Elle équipe uue flotte de pirates qui tenta d'anéantir notre commerce sur les mers, déprédations dont nous ne nous sommes pas encore remis.Eh bien, après ?plutôt que de se battre, elle nous a payé quinze millions Le message du Cleveland sur la question dn Venezuela était un soufflet en pleine face pour l'Angleterre ; elle a accepté l'insulte et s'est bénigne-ment soumise à l'arbitrage.Il semblerait que le plus grand royaume du monde pourrait Be permettre quelqu - magnanimité dans ses differeiids avec un adversaire de la taille de la petite République Boer, et qu'il lui sciait facile d'arriver à une solution è l'amiable par voie de négociatiou comme il lui est arrivé si souvent avec les Jgrandes puissances.Mais nou.il parait que l'intérêt de la civilisation exige la suppression du Transvaal, et le contrôle suprême des Anglais sur le Raud.U n'y a guère de doutes sur l'issue finale.Les chances sont trop inégales.Le Boer est un homme fini ; mais il n'existe pas d'intelligence a»sez épaisse ponr ignorer la véritabie cause de l'oppression sous laquelle il sucombe, pis de ^conscience assez calleuse pour ne paa comprendre que le Boer est victime de cupidités et d'injustices qui, an grand jour du jugement des nations, demanderont vengeance et rétribution.Dur, mais vrai.VieuxRouok.GRAND AVANTAGE La toux, même la plus rebelle, est calmée avec un peu de BAUME RHU MAL.119 LA LETTRE AU PAPE ET LA REALITE Nous ne pouvions pas laisser passer la lettre de Mgr de Nancy, sans 1 accompagner des commentaires de Jean de Bonnefon.C'est pourquoi nous répétons cette lettre aujourd'hui.Semblable au vieux soleil du soir qni, ponr être regretté, jette ses derniers rayons d'uu éclat plus noble st plus curieux que les rayons dn matin ; semblable à la veilleuse dont la -lumière a tremblé toute la nuit et qui purifie aa flamme pour lutter avec le jour obscur, Léon XIII, dans cette dernière lettre aux évêques français, affine sa manière, agrandi l'orbe de sa pensée.Le Pontife le pins humain qu'il y ait jamais eu sur le trône dn Fila de l'Homme nons avait habitués à des paroles humaines sur des affaire» humaines.Il écrivait eu homme politique et jetait volontiers sur le divin menteau de l'apôtre les broderiea et les chamares du diplomate La lettre actuelle, dépouillée et nue, comme devait être la pensé' du Pécheur qui fut le premier pape, cette lettre éblouit pu son harmonie de longueur et de tenue, de profondeur et de simplicité O'est une monstrance d'expression chrétienne, de prudence senile et de sagesse inspirée.Oette œuvre apostolique, où la pensée du Pape se montre d'une manière inédite, prendrait aa valeur définitive et son rang immobile dans l'admiration de la France chrétienne, si .Ile pesait dans les faits.Et c'est là le grand chemin à parcourir, car Léon XIII est trahi par aea bureaux comme e Nazaréen par Iscarii.te.La plus belle idée de la lettre pontificale est celle-ci." Ne faites rien sans votre évéqne.Rappelez-vous que lea prêtres groupés autour de Judas Macchabée furent vaincns parce qu'ils avaient voulu s'affranchir des règles de la discipline." Oette phrase, o'est la tradition de l'Egl se française lumineusement tracée ; c'est l'esprit du Concordat paraphrasé en langne chrétienne : —Les évêques doivent être chefs du diocèse saus entrave, ni réserve. LE REVEIL 1Ô1 Or, tonte la prélature romaine, qui s'agite dans les vagnes lueurs d'nn christianisme de bureau lutte avec succès contre cette règle éternelle, que Léon XIII résume arec génie.Les congrégations de femme, immense troupeau qui a toujours besoin du berger présent, sont nne à une arrachées à la coûteuse protection des cardinaux romains résidant au bord du Tibre.Qusnd un évéqne revendique justement son droit et porte sa cause à Rome, il est vaincv, er Rome, la Rome des bureanx.déclare que les sœurs en révolte ont raison contre l'évêque.Lisez à ce suj t le fascicule IV des Analecta, c'eut-à-dire du recueil officiel où se réunissent les décrets des tribunsnx pontificsux.Le document est ésrit'par un évéque français, nn des plus grauds par la valeur et par le caractère.Nons ne pouvons donc y trouver ce caractère que le Pape flétrit en beau langage : —N'écoutez pas les hommes néfa-tes semant ls division, attaquant, calomniant les évéques.Ne lisez ni leurs brochures, ni leurs journaux.lies Romana analeaa sont rédigées sous les yeux du Pape et le contrôle du Sacré-Collège.Or, voici le résumé de ce qu'on y peut lire entre ls page 146 et ls psge 162; Mgr Turlnaz, évéqne do Nnncy, prélat aux yeux tristes et au sourire bon, orsteur qui fait passe» le souffle de la Patrie française dans sa voix et se tient aux dernières frontières du pays, Mgr Turinas, une des plus pures sonsciences de prêtre que nous puissions admirer dsns Is lumière de l'autel, vit éclster des scsndales dsns un convent de femmes.Il voulut intervenir : les sœurs luttèrent deux sns et répondirent qu'elles n'avaient rien i démêler avec lui leur évéque.La cause fut portée devsnt le tribunal romsin.Voici ls lettre de l'évêque su cardinal préfet : EVECHB DE NANCY ET Dl TOUL.Eminence, J'ai reçu au sujet des religieuses du Boa Pas- teur, de Nancy, une première lettre de votre Emi-b' n.e, sons la date dn 1 courant, et nue autre du 21 courant—Je tien d'abord à déclarer que, dans tontes les difficultés que j'ai depuis bientôt denx sns avec ces religieuses, elles ont manqué en toutes choses à toutes les règles de la loyauté et de la justice, résisté aux lois ecclésiastiques,' violé même les lois naturelles de la justice la plus élémentaire et bravé l'autorité épiscopale.Il y a au sujet des religieuses du Bon Pasteur, trois questions à traiter.Les deux premières concernant uue affaire de construction entreprise pour une somme énorme ponr les sœurs, sans autorisation de l'évêque.C'est sa cause première du débat.La troisième question est celle de la " direction donnée au* personnes reçues dans cette maison" et de la violation i leur égard de toutes les règles, non' pas de la charité, mais de la justice, des lois divines et naturelles.Ces religieuses, qui dépensent sans contrôle, et ponr des constructions en partie inutiles, " plus d nu demi-million « n quelques années, non seulement ne donne pas l'aumône aux pauvres, qui sont repoussés d>- paiti-pris de la maison, mais violeut, à l'égard des jeunes filles qu'elles reçoivent, non seulement les règles de la charité, mais les règles de la justice et bien d'autres lois enore.Dsns tous les orphelinsts et toutes les maisons où les jun -s filles sont accueillies sous le couvert de la charité et où elles travaillent, comme dans les maisons du Bon Pasteur, même dans les msisons tenues psr des laiques non chrétiennes, on donne à ces jeunes filles, quand elles sortent, un peu d'argeat et nn petit trousseau.Au Bon Pasteur de Nancy, ou ne len donne rien, même après qu'elles ont travaillé " et gagné b aucoup d'argent à la maison" pendant cinq, dix, vingt ans.On les met à la porte, sans ressources sans s'occuper de leur trouver une place, sans les engager à revenir voir leur maîtresse (ce qui se fait dans toutes les maisons de ce genre) Ces jennes filles, parmi lesquelles il en est qui n'ont point de parents ou qui ont des parents inoapa-pies de les aider et de les diriger, " sont livrées à tons les p rils, à tontes let.séductions " dès le moment de b ur sortie et plus lard.Parmi les soixante jeunes lilies que ces reli gieuses ont renvoyées depuis uue année, toutes (à l'exception de deux ou trois auxquelles on a 102 LE REVEIL donné un peu d'argent à cause de mes réclamations et de mes protestations) ont été renvoyées dans ces conditions.U en est auxquelles j'ai dû donner des secours et "qui m'ont, déclaré qu'on cherchait à les entraîner dans des maisons de prostitution." J'ai protégé auprès de la supérieur générale.Tout ce qui a été obtenu, c'est, comme je viens de le dire, un pen d'argent donné à deux ou trois, afin que les religieuses puissent affirmer qu'elles ne les rcnvo'ent pas toutes dans ces conditions.Il y a là nne question non seulement de charité pour les âmes, une question de moralité, nne question de justice, car l'argent qne les religieuses jettent dans leurs constructions " est gagné en très grande partie par cob jeunes filles." Il y a là, uu poiut de vue de la perte presque fatale de ces jennes fille, " des crimes qui crient vengeance." On peut ici se demander pourquoi Mgr Tnrinaz, an lien d'accepter la juridiction d'un tribunal romain, n'a pas tout simplement déféré aux tribunaux français la maison contre laquelle il dressait un tel réquisitoire.Certes le procès aurait été scandaleux dans ce pays du monde le moins saliqne (malgré les lois), puisque c'est le pays où la femme tient le plus de place.Mais justice aurait été rendue.Voici comment l'évêpue de Nancy résume les faits: "Les religieuses n'ont d'autre bnt que de gagner de l'argent." En reniant la sortie de ces jeunes filles plus difficile, en ne leur donnant rien quand elles veulent sortir, elles peuvent garder longtemps et même toujours les plus habiles, et spéculer sur leur habileté et leur travail Parmi les travaux de broderie, il est des draps de lits et linges personnels, chemises, etc., qui sont " d'un tel luxe et d'un tel prix, et d'uue telle facture, et d'une telle forme " que, d'après des femmes très respectables que j'ai interrogées, ces draps et ces liuges ne peuveut servir qu'à des courtisanes : " aucune femme honnête, parmi les plus élégantes et les plus mondaines, ne se sert de drap de lit et de linge de ce genre.Quelqu'un a fait à la supérieure locale des observations sur ses travaux, elle a répondu : " Ce sont les travaux sur lesquels nous gagnons le plus." et elle n'a tenu aucun compte de l'observation.On fait travailler ces jennes filles, ou du moins un très grand nombre d'entre elles, chaque jour plus longtembs que ne le permettent les lois civiles, et "quand l'inspecteur du travail des enfants demande à visiter la maison on fait disparaître des salles de travail les jeunes filles qui n'ont pas douze aus ; " on demande à d'autres de sacrifier pendent plusieurs mois de l'année une partie de leurs recréations sous prétexte qne le travail est pressant, et on leur fait, à cette occasion, des promesses que l'on ne tient pas.Il suffirait de la dénonciation de quelques jeunes filles sorties de la maison pour que l'antorité civile sévit contre les religieuses.Voici mes conclusions en ce qui concerne la congrégation des religieuses du Bon Pastenr.Je suis porté à croire qne ce qni se passe ioi se passe, dana une mesure plus ou moins large, dans un grand nombre de maisons do cette Congrégation, peut-être dans toutes, car, si la maison de Nancy faisait exception, la provinciale et la supérieure générale auraient été indignées et auraient pris immédiatement, sans attendre mes réclamations, tous les moyens de rappeler à l'ordre la maison de Nancy." Si elles résistent à tontes les instances, c'est qu'elles approuvent ce qui se fait ici.U me semble que la S.Congrégation ne peut pas tolérer dans nne congrégation religieuse de tels abus, et, en ce qui concerne certains faits, de tels crimes, et qui peuvent avoir d'un jour à l'autre de terribles conséquences pour tontes les congrégations religieuses en France.t Charles-François, Evêqne de Nancy.Telle est la situation d'après un évéqne pienx, discret et prudent, dont la parole vant, pour ceux qui le connaissent, parole d'apôtre.Un Ordre tiafique de cette idée sublime de la femme pure relevaut la femme impure, " aqrès avoir appris dans les antres le vice et la misère".Cet Ordre menace de compromettre aux yeux des LE REVEIL 108 sots lea divines Sœnrs de charité, les sublimes petites Sœnrs des pauvres et d'antres autour des* quelles il faudrait allumer, comm?autour des fronts de madones, une couronne de lumière.L'évêque dit : Tandis que les filles de Saint-Vincent n'ont pas de quoi construire une salle, les religieuses marchandes de blanches dépensent un demi-million ! Q .e fait Rome ?Le tribunal pontifical déclare l'évêque mal fondé ei donne raison aux sœurs -n révolte.Le jugement est la page 166 des Ana-lecta.Telle est l'application psr les bureaux romains des grandes idées de Léon XIII, de ces idées qui s'élèvent dsns le champ de l'Eglise comme des lys.des lys psrmi les pavots et les chardons aussi.Jean de Bonnkfon.PAUVRE CLERGE Toujours foulé aux pieds, ce pauvre clergé 1 Il n'a jamais de chance 1 S'il y a un bon morceau dans la maison, c'est toujours le chat qui l'a.Ainsi nous voyons qu'un caissier de banque, de la botte Weir, Litchtenheim & Cie., vient d'être arrêté pour avoir, parait-il, averti des Messieurs prêtres et des marguilliers de retirer leurs fonds, et ce après avoir reçu une dépê he de sus-pendre les opérations de la banque.Il n'y a point de doute qu'au point de vue orthodoxe, ce doit être absolument correct Mais il y a des laiques indignes et ridicules, qui prétendent le contraire, et ils font arrêter le caissier débonnaire.Ils ont peut-être tort, car si la hiérarchie s'en mêle, et s'il y a des ensoutanés coin promis, ils n'obtiendront rien, mais c'est égal, c'est une protestation.Lix.Banque Jacques Cartier La réouverture de la Banque Jacques-Cartier doit être un sujet de réjouissance pour tous ceux qui s'intéressent au sort du commerce canadien-français à Montréal et dans la province.La liquidation de la banque aurait été un désastre ponr tout le petit commerce.Heureusement que la plupart des déposants ont compris qu'il fallait prêter main-forte, et ne pas laisser tomber cette institution.Depuis la réouverture, la banque n'a cessé de recevoir l'encouragement de tous ceux qui savent qu'une seule banque canadienne ne suffit pas pour les besoins de notre commeroe, et qu'il faut nécessairement avoir plus d'une institution pour permettre aux négociants qui ne peuvent pas ebtenir dc petits escomptes dans les banques anglaises, de pouvoir faire des affaires .avec leurs propres concitoyens.En attendant le jour do la rétribution pour ceux qui ont vilipendé la Banque Jacques Cartier pour des raisons qui perçaient dans chaque ligne des écrits publiés, réjouissons nous avec le puhiic, et faisons tous des efforts pour maintenir nos vraies institutions.Banquier.Noos avons le regret d'annoncer à nos lecteurs le décès, i Papineauville, de Mlle Rosette-Marie Mercedes, fille bien-aimée de M.0.B.Major, C.B., et député à la Législature Provinciale, è 1 âge de 18 ans.Cette fillette qui était l'orgueil de ses parents, a succombé à la phthisie.Nous présentons nos condoléances les plus sincères à M Major et à sa f>
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