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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 6 janvier 1900
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1900-01, Collections de BAnQ.

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157 Rue SANGUINET No 244 BOITE 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE-THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XI.MONTREAL.6 JANVIER 1900.No 244 SOMMAIRE Le Réveil, La Direction — L'année sainte, Vieux-Rouge — La Charité; Cari-tas — La Justice du pays, Juriste — L'année Sainte à Rome, Jean de Bonne/on — Loyauté Officielle, Canadien — Chronique, Rigolo — Le bon Règne, Maurice Montégut — La Cité du Sang : La nuit, Maurice Tal-ineyr — Pour vous, mesdames.Les conditions d'abonnement an Réveil ne tont pas les conditions ordinaires des autres journanx.Nons livrons le jonrnal à domicile [ franco,] à raison de 25 cts par mois, payable an commencement de chaque mois.Tout ce qne noue demandons an public est de voir le journal.Ceux de nos abonnes qui ont des travaux d'impre88ion à faire faire voudront bien s'adresser au No 151 rue Sanguinet ou au No 1560 roe Notre-Dame.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.LE "REVEIL" Voilà dix ans aujourd'hui que le Réveil existe sous trois noms différents.Le journal a surnagé en dépit de tous les efforts tentés pour le noyer.Les curés, les vicaires, les révérends moines de toutes les o leurs, les bonnes sœurs de toutes les couleurs ont essayé tous les moyens possibles et impossibles pour supprimer la vaillante feuille, et cependant le Réveil compte encore un millier d'abonnés et une dizaine de mille lecteurs.' Il se fait de plus un travail constant parmi nos amis pour détruire l'opinion faussée des femmes à notre égard.Cette opinion nous importe pou, au fond, et le mépris que nous ressentons pour ces pimbêches qui se voilent la face avec leur jupon en laissant voir autre chose, à la lecture d'un article un peu crû, est à la hauteur de notre dédain.Nous avons déjà dit que nous ne publions pas pour les jeunes tilles, et nos abonnés le savent.U n'y a que ceux qui 194 LB REVEIL achètent le Réveil dans les kiosques, où il n'est pas en vente, qui trouvent à redire.Tout ce'a nous est bien égal.Nous avons remarqué aussi que les conseils sur la manière de fabriquer une gazette étaient moins fréquents, quoique répétés encore trop souvent par des gens qui ne sont en aucune manière intéressés dans le journal.En cette année 1900, grâce à la générosité de quelques amis qui veulent assurer la publication régulière du Réveil, nous sommes à peu près sûr de donner 52 numéros à nos abonnés, car il y a déjà sept amis qui ont garanti l'impression d'un numéro chacun aux époques critiques.En commençant l'année sainte, nous ne pouvons mieux faire que souhaiter à tous nos amis, connus et inconnus, tous les bonheurs possibles.La Direction.L'ANNEE SAINTE Il est convenu que l'année qui vient de commencer lundi, le premier jour de janvier 1900, s'appellera l'Année Sainte.Comme nous l'avons dit dans notre dernier numéro, nous ne savons pourquoi, ni comment, et il nous est impossible de l'expliquer.Tout ce que nous pouvons affirmer, c'est que cette année sera, comme toutes les autres, composée de jours tristes et joyeux, de circonstances heureuses et néfastes.Mais ce qu'il faut souhaiter par-dessus tout, c'est que les bons moments de la vie humaine soient plus nombreux que les mauvais quarts-d'heure.Pour les vieux durs-à-eu ire comme moi, qui ont perdu même .es illusions de l'âge mûr, cette époque du premier de l'an, rappel le encore les souvenances de l'enfan- ce, alors que la bénédiction du père, don" née aux enfants séparément, dans la chambre où chacun se rendait à tour de rôle, en commençant par les petits, était une cérémonie attendue avec impatience, et redoutée, car elle était toujours accompagnée d'un sermon qui lésai c frissonner.Cette habitude s'est perdue et c'est an malheur, car réellement, elle avait do bon.Aujourd'hui elle est remplacée par le sermon du curé qui accapare tout, même la bénédiction paternelle, et s'il y a eu un vol de commis c'est bien le plus odieux que le clergé de notre pays peut mettre à son actif.Suivant l'expression énergique d'un de nos anciens collaborateurs, ils nous ont tout pris, et le temps approche où il ne restera plus rien, même pour les curés.Tant mieux I Après un demi siècle d'énerveraent, aprej avoir atrophié les intelligences et les conn des jeunes gens (garçons on filles) confiée à leurs soins, après avoir préparé ces jeunes âmes à la vie dans la direction qni convenait à ses desseins, le clergé s'est aperçu que le régime d'hypocrisie auquel il a soumis toute cette jeunesse bouillonnante n'était pas la voie qai conduit à lt domination perpétuelle.II s'est bien gardé de le dire tout haut, mais il l'a pensé tout bas, et avee ce génie inventif qui caractérise tous ceux qui ne sont pas embarrassés par les besoins immédiats de l'existence, ils ont découvert le truc de Y Année Sainte.Les enseignements de l'histoire semblent n'avoir aucun poids sur l'esprit obtus de ces autocrates qui croient que le monde entier a été créé dans le but unique de leur fournir de russomees pour vivre largement aux dépens de leurs dupes. LE REVEIL 19$ Et pourtant latin du siècle dernier a j  PUARITF été marquée par des événements qui de- Ln vil nil I I L vraient leur servir d^nseignement Toug ^ jourg ftrrive defl malheu.La France essoufflée épuisée, haletante, reux 8Qnt Més de 8,adr^er ^ ^ a bout de force et d'endurance se réveil a ^ *f d,obtenir d(j ^ ftfia de tou^coup et dans la colère de ce peuple jr ,acer de8 Qu deg ftmi QU rendu au paroxysme de la douleur, us'é-' * &mA .j;«eJL*a „„„„„„ , r ' .„ ' .,,.même des indifférents qui n ont aucune leva une rancœur qui dénotait 1 état dâ- re880urce et sont dans l'incapacité de trame de tous c* malheureux de la vie.La vai„ dftn8 ^ établi88emente constrnits vengeance fut terrible ; les têtes tombé- ^ écialement dan8 le but de 8ubvenir rent comme les feuilles à 1 automne ; la ftUx deg néce88iteux et des dé8hé.tourmente dura des années, et la lutte r-^g contre les accapareurs n'a pas cessé depnis ._, , .ce temps perdue.Il n'y a jamais de place Cela se passait à la fin d'un siècle.U a pas d'ar«enfc P°ur ,es bon-Sur la terre d'Amérique, ce serait une nes sœur8, folie de croire qu'une révolution du même La se1"8'"0 dernière, une femme se prégenre puisse jamais se produire, mais nn sentait au bureaa de M- Lucien F6r8efc» lait qui est indéniable, c'est qu'une évo- 8reffier du ^corder, et lui demandait son lution sérieuse est en train de s'accomplir intervention ponr faire admettre une per-tranquillement, sans secousse, parmi notre 801,06 impotente et même un peu folle, petit peuple canadien-français, qui se dé- dans ,,ne institution quelconque.La sol-barrasse de ses entjaves peu à peu.licitcuse elle-même, s'il faut en croire l'his- A force d'être bâtonné par ses curés, ^ire navrante qu'elle racontait, n'avait Baptiste a fini par comprendre qu'il était P*8 ,uôm0 ,es m°yens de 8a8ner 6ft ProPre volé, battu et pillé, et n'en veut plus.™.et ma,8,e" ,es démarches qu'elle Naturellement ce travail ne peut se faire avait faites- avaifc rec0 la même réponseje vite, mais l'Année Sainte, chère au cœur toutes les femmes sans cœur, sans patrie et dc M.Bruchési, pourrait procurer des 801,8 fan,ille- 9ui parcourent les rues de désenchantements à nos maîtres.Montréal du matin au soir, l'escarcelle à # # la main, le sourire mielleux aux lèvres et * la main tendue, pour arracher aux Cana- Pour nous, qui ne pouvons promulguer «jiens l'argent si durement gagné, aucun décret, nous nous contenterons de Pas ^'argent, pas de place.I souhaiter à nos amis et abonnés une bon- Qn ?oit ^ même8 fL.rameg en béguin ne et heureuse année, ainsi qne le paradis B.aventuPer ja8que dan8 ta Mien et M a la fin de leurs jours, en les remerciant Mn conduire par les eontremaf très auprès en même temps, de la coopération qu'ils dM ouvriew qrji MaTent ne travaillent nous ont toujours accordée sans marchan- ^ plug de trois jour8 par 8emaine et Mu ' liciter même de pauvres apprentis qui _y^ux-Rouoi.gagnent $1.60 par semaine, et n'ont pas Voyei l'annonce de la DERMATINE anr la de mitaines, parce qv'ils supportent la dernière page.famille avec leur maigre pitance. 196 LE REVEIL Dans ces mêmes colonnes du Réveil, nous avons déjà dit que les membres mâles du clergé n'avaient ni cœur, ni patrie, ni famille avouable ou légitime, eh bien, dans le cas des femmes nous irons plus loin, et nous dirons qu'elles n'ont même pas de sexe.Le cœur desséché à dessein ne connait pas les joies de la famille, ignore le plaisir qu'il y a à donner aux êtres aimés la plus grande somme de bien-être possible.Il ne sait pas, ce pnuvre cœur raccorni par la discipline implacable de l'ordre, que la plus grande jouissance qui existe encore parmi les hommes qui vivent normalement de la vio familiale est d'entourer leurs proches, leurs familles et mêmes leurs amij, de tout le confort qu'ils peuvent leur donner.Et chaque fois que ces bonnes sœurs viennent dévaliser la maison, elles reçoivent des dons qui leur permettent de construire toutes ces barraques, toutes ces usines à exploitation qui s'élèvent à tous les coins des rues de la métropole, qui ne paient pas de taxes, tout en profitant des améliorations continuelles et coûteuses que les citoyens s'imposent.Voyons, n'y a-t-il pas là, franchement, quelque chose d'anormal ?Qn'on passe une loi interdisant absolument la mendicité et qu'on l'observe.Que le policeman du coin arrête le premier mendiant, homme, femme ou sœur, qu'il trouvera sur son chemin et le conduise devant un magistrat qui l'enverra en prison dans le cas des laïques et imposera une amende dans le cas des sœurs, ce qui les punira mieux que la geôle, et permettra à la municipalité de construire un asile où ceux qui n'ont pas de gîte ou de moyens d'existence pourront être reçus.Encore un exemple.Je le trouve dans la Presse : • Il arrive fréquemment qae des Canadiens des Etats-Unis sont renvoyés an Canada, lorsqu'ils deviennent sans ressources.Une jenne femme du nom de Délia Gauthier, mariée depnis une dizaine de mois, et dont le mari vient de mourir, vient d'être renvoyée à Montréal, par let autorités municipales de Fall-Ri ver, dana l'espérance qu'elle trouverait quelqu'un ponr prendre soin d'elle, ici.La jeune femme qni est snr le point d'être mère, espérait trouver place dans quelque institution de charité, mais tons les efforts de Mme Lajeunesse, matronne de la prison, ponr lui trouver un tel refuge, sont demeurés vains.Les communautés regorgent.Poor gagner du temps Mme Lajeunesse a pn obtenir d'nn hôtelier qu'il hébergeât cette femme durant une journée, mais comme on ne se trouvait pas plus avancé, la jenne femme a consenti enfin à prendre la prison pour refnge, et y a été envoyée pour trois mois, sons la qualification de vagabonde.Et dire que des choses comme celles-là se voient à Montréal t.C'est renversant.Cabitas Nous avons eu le plaisir de visiter cette semaine, en compagnie dn propriétaire, l'importante scierie de M.Léveillée, Avenue-Papineau, près de la rne Ste-Catherine.Nous avons vu dans cet établissement toutes les améliorations et les perfectionnements modernes qui penvent être utilisés dans une maison de ce genre.MM.J.E.Léveillée Se Cie.fabriquent des portes ct chAssis, et sont en état de remplir tontes les commandes qui lenr seront foninies.MAUVAIS GERMES Tont rhume contient les germes de la consomption.Le BAUME RHUMAL, la dernière découverte médicale, tue les germes radicalement.Ceux qui l'ont essayé ont été gnérit.N'acceptez pas d'autres remèdes : Le BAUME RHUMAL n'est égalé par aucune préparation similaire.144 LE REVEIL 1W LA JUSTICE DU PAYS La lettre qae noas publions plas loin est empruntée au Soleil.Elle est de nature à étonner ceux qui n'ont jamais eu rien à faire avec les.cours de justice, mais il faut bien admettre qu'elle est rigoureusement vraie.On dit couramment qu'il est inutile de demander justice contre les curés, et encore inoins contre les archevêques.On ajoute que, au point de vue politique, c'est la même chose et la passion se mêle aux décisions judiciaires.Quoi qu'il en soit, voici la lettre telle que publiée dans le Soleil, et à mon sens elle est loin de refléter du crédit sur le Canada.Montréal, 16 décembre 1899.Mon cher ami, Ta cause était inscrite sur le rôle de la Cour de Revision, et à denx reprises elle a été appelée durant le dernier terme; mais j'ai refusé de procéder.Tu aurais tort de me blâmer, car avec le bano tel quo composé, elle était irré mé-diablement perdue.Tn connais mon adversaire, maitre X.C'est nn avocat très rusé.Au mois de septembre et an mois d'octobre, il a refusé péremptoirement de plaider sa cause, parce qu'il y avait un juge libéral snr le banc.Cette fois-ci, bien que son " factum " ne fût pas encore prêt, il aurait voulu plaider ooûte que coûte.Je refusai à mon tonr, car jo t'avoue franchement qu'avec les trois jnges " qu'il avait réussi à faire siéger " ton appel était renvoyé " illico ".Vous vous plaignes parfois de vos juges à Québec, mais, mon panvre ami, connais-tu bien notre magistratnro à Montréal ?L'ami Fiikpatrick a en bean couper les vivres aux juges des districts ruraux, nous n'en sommes pas moins envahis par enx.Et parmi ceux-ci, je pourrais t'en citer trois ou qnatre, qui accablent les pauvres avocats libéraux de lenr dédain et de leur mépris.Il faut avoir cent fois raison pour ga- gner une cause.Tu les vois surgir au moment où l'on s'y attend le moins.Dernièrement, " un samedi matin ", c'est uu de ces fanatiques qui a pris sur lui d'accorder l'émanation d'nn bref d'injonction dans une cause où le gouvernement fédéral était intéressé.Comment se fait il qne ce juge qui réside à St.soit arrivé juste à temps "en chambre ", ponr entendre cette cause ?Le même juge était amené à Montréal quelques semaines auparavant, pour entendre une cause politique, où l'un de nos amis, un député provincial, est concerné.Aveuglé par la passion et l'esprit de parti, oe brave juge a dû, avant la fin des plaidoieries, rétracter certaines expressions dont il s'était servi en rendant nn jugement interlocutoire.Si le gouvernement fédéral voulait nous donner trois juges additionnels, nous pourrions exiler dana lenrs ressorts respectifs, ces jnges politiciens.Nous pourrions avoir justice devant nos cours, car la besogne serait répartie de façon à donner "fair play" à tons.Certains de nos jnges d'ici ont, les nus, d'anciens associés, d'antres, des gendres qni pratiquent an barrean.Est-ce bien agréable, ponr un vieil avocat comme moi.par exemple, de retenir cea " finesses ", comme conseils, dans mes causes ?de leur livrer mes clients ?de séparer aveo eux mes honoraires ?Parole d'honnenr ! c'est un véritable scandale et il est temps que l'on y mette fin.La deputation libérale d'Ottawa doit insister auprès du gonvernement pour faire donner A notre district les trois juges auxquels il a droit.La magistrature est une puissance de premier ordre dans notre société et il est bon que nos gouvernants n'oublient pas qu'il est essentiel de se ménager des sympathies là comme ailleurs.Cordialement & toi, L.S.P.S.— Je plaiderai ta came au prochain terme s'il y a des juges.à Berlin.N'est-ce pas que c'est édifiant, et les étrangers qui lisent ces jolies choses dans les journaux canadiens doivent avoir une hère idée de l'administration de la justice dans ce beau pays. 198 LE RÉVEIL Et on dira quo le système américain, qui fait élire ses juges par le peuple, est inférieur au système canadien, qui conserve ces positions de juges aux dégommés de la politique I Juriste L'année Sainte a Rome Une bulle de Léon XIII proclame ; — L'année 1900 sera l'année sainte, tannée jubilaire.Et trente millions d'âmes tendront lenr vol vers la haute fenêtre de la chambre du Vatica a où le soleil brise son éclat pendant le jonr, où la flamme d'une veilleuse vacille pendant la nuit, où le leu d'un esprit qui ne veut pas s'éteindre brille le jour et la nnit.Il en est ainsi chaque fois que le Pape fait le Pape et monte au-dessus des détails politiques sous lesquels veulent l'ensevelir les profanateurs d'une vieillesse adorable.Ainsi le Pontife jette une feuille sur l'eau d'un fleuve limoneux, et l'eau emporte cette feuille aux quatre coins des mers.Et chaque partie du moude s'occupe autant du roi Bans royaume que s'il était partout dictant des arrêts contresignés par la force des armées.La bulle jubilaire perce les brouillards du Nord, franchit les mers, atteint les peuples usés sur une rive, les peuples nouveaux sur l'autre rive.Et la bulle brille comme si cette mince feuille portait sur elle la poudre de diamant et la limaille d'or qui font, au plus haut des cieux, étiuceler les ailes des archanges.A quel degré de civilisation raffinée, de discipline affinée, est nn monde d'Ames qui, à la même minute, sous le geste d'un vieillard, se tourne vers le même objet ?Get objet sera, le 24 décembre, uu marteau, le symbolique marteau de la justice et de la démolition.Il sera d'or i manche d ivoire, anx armes du Pontife, ciselé comme uu bijou, pour aller dans les collections vaticanes, se placer après les marteaux des siècles écoulés : ainsi vont les laits se rejoindre dans le charnier du passé.La veille de Noël sous le feu des lumières, dans la grande tenue de la royauté des âmes, le Pape paraîtra parmi le cercle de ses cardinaux, et si l'Eglise n'avait pas de Pape, le doyen du Sacré-Collège remplirait la fonction.De la chapelle de son palais à la basilique de Saiut-Pierre, Léon XIII se tiendra assis sur la sedia, traînant le délabrement jusqu'à la grâce et dessinant le geste jusqu'à l'auréole.Toutes les portes de Saint-Pierre seront fermées, et le cortège avancera jusqu'à la porte sainte, la porte murée.Le Pape descendant de la sedia, se raidissant sous le vernis de sa gloire en grande tiare, dirigera son hésitation vers cette porte et frappera trois fois d'un marteau d'or en disant : — Ouvrez-moi les portes de la justice.An même moment, la maçonnerie tombera sous les marteaux des ouvriers et le cortège entrera dans l'édifice au chant du Te Deum, pendant que les trompettes sonneront, su plus haut du dôme.Trois csrdinsux légats feront su [même instant la même chose dans les églises de Latrun, de Saint-Paul et de Sainte-Marie-Majeure.Le lendemain, jonr de Noël, le Pape donnera la bénédiction du jubilé, à la Ville et su monde, du fond de cette élégsnte vieillesse qn'il porte sur lni comme une srmure pour se rendre invulnérable, tendis que ls jeunesse semble se réfugier aveo nonchalance dans le cerveau qui pense, dans la main qui bénit.Telle sers dans Rome l'ouverture du jubilé.Cette féte, où se rencontrent le regret souriant du passé, l'espoir triomphant dans l'svenir, gardera l'éclat symbolique qui jette un reflet de divine poésie sur les gestes du cérémonial.Cette basilique de Saint-Pierre, parée de soie et do velours comme une souveraine, recevant le conp du marteau d'or, tenu par un pontife, ne sers pas plus que la dernière chapelle des missions, où le Dieu du calvaire dort dsns l'ombre d'nn tsbernscle de sspin.Et le jubilé sera le même ponr ceux qni viendront à la basilique romsine et pour les humbles qui s'agenouilleront sur le sol humide de ls pauvre église de ullage.Les uns et les autres gagneront le jubilé, et, psrmi eux nombre no sauront pss ce qu'est l'année sainte.\ LB REVEIL Or, c'est 1» plai juive de nos cérémonies catholiques.Le mot vient-il de jobel, qni signifie bélier, parce qn'on annonçait en Jndée le jnbilé avec ns instrument en .corne de bélier ?Vient-il de jobal qui venr dire rémission ?C'est l'objet de savantes, longues et inutiles discussions.Il est certaiu qne le jnbilé, parmi les Juifs, était la cinquantième année qni arrivait après sept semaines d'annéea ou sept fois sept ans : les esclaves reprenaient alors leur liberté, lea Juifs qni avaient mis lenrs biens en gage rentraient en possession de lenrs propriétés.L'Eglise catholiqne recnaillit l'héritage de ce symbole ; mais l'année sainte ne fut établie officiellement qu'en 1800 par le Pape Boniface VIII.Le cardinal de Saint-Georges rapporte à ce sujet que, aur la fin de l'année 1299, les chemins qni menaient à Rome étaient pleins de pèlerins qui venaient des pays allemands, de France et d'Espagne.Ils avaient appris, disaient-ils, qne tons les cent ans, ceux qui allaient à Rome gagnaient de grandes indulgences.Sur ces témoignages, Boniface VIII pnblia la bulle accordant nne année sainte tous les siècles.Clément VI réduisit l'intervalle à tons lea demi-siècles.Urbain VI reatreignit l'écart A trente-trois ans, en souvenir de la vie de Jésus Christ.Paul II et Sixte IV établirent quatre jubilés par siècle, de vingt-cinq ana en vingt-cinq ana.Les Jubilés sont ainsi les qnatres temps du siècle.La poésie de l'année sainte subit, aux dix-sep-tième et dix-huitième siècles, les familliarités de l'ironie protestante.Cent mille coups de dards de moustiques criblèrent la vénérable Tradition.Les ennemis de Rome voulurent établir que le jnbilé était nne invention humaine, et lui taillèrent un acte de naissance dans l'avarice des pipes.Selon ces méchants esprits, le jubilé •trait une imitation des jenx séculaires dea Ro-¦tins, un trafic honteux dea indnlgenoes, une pompe très mondaine, occasion de déhanche pour les pèlerins.Ces reproches furent assaisonués d'anecdotes scandaleuses et parfumés au fiel protestant.La fin dn dix-huitième siècle marqua le triom- phe de ces violents adversaires.En 1189, il ny ent pas de jubilé ; le monde était occupé A se resaisir après le tremblement de la Révolution, avant le fécond onragan de l'Empire.Aujourd'hui, 1.Eglise qui passe au service de la Révolution continuée, on qui peut-être est en train de courber cette Révolution devant lea autels éternels, l'Eglise va restaurer la somptuosité de ses fêtes.L'an 1900 aura la longueur d'un bel intermède, et la politique sera exclue des fêtes centenaires, la politique qni trop son-vent enserre la beauté de la Religion ponr l'étouffer en aea mots étreintes.Jean de Bonnefon.LOYAUTE OFFICIELLE Il est facile de comprendre qne la loyauté des Canadiens-français envers la couronne britannique est anssi franche que cello des Canadiens-anglais.Mais il y a nn abime entre la loyauté qui consiste A soutenir nn empire de son argent et de son sang, et oelle qui se contente de résister A l'envahissement de son propre sol, si l'occasion se présente.11 n'y a auonne raison d'envoyer des soldats anx frais dn gon vernement, combattre ponr les Anglais.Si, comme nons l'avons déjA dit, des désœuvrés ou des aventuriers désirent aller se battre, ils sont parfaitement libres, mais Baptiste ne doit pas être obligé de payer cette fantaisie.Quant A la question de loyanté, nons aimerions bien A connaître un Canadien-français qui ne sympathise pas avec les Boers.Il y a quelques semaines, an débnt de la guerre, la Presse ne déguisait guère sa pensée intime A ce sujet, et les gens qni savent lire entre les lignes ne se faisaient aucune illusion snr les sentiments du grand jonrnal.Tont A conp, une bouffée de loyalisme a soufflé sur la rédaction qni s'est retournée bout pour bout.Aujourd'hui, c'est le Journal qui est loyal A outrance, celui-là aussi.Voici son article de mercredi ; 200 LE REVEIL Nous habitons un pays libre, où chacun a le droit de dire, et même d'écrire des sottises.Dieu sait quo cette liberté qui confine à la licence n'aura pas la chance de tomber en désuétude ! S'en est-il dit, s'en est-il écrit, des billevesées, à propos de notre participation toute volontaire, tonte spontanée à la guerre soutenue en ce moment par la métropole ! Le bon eens a eu bian vite raison, heureusement, de cette effervescence.Ceux-là même qui, jetaient feu et flamme au seul mot de contingent canadien, avouent maintenant fort ingénument que le Canada n'a fait que ce qu'il devait faire.Tout est bien qui finit bien.Il n'y a plus lieu d'argumenter contre des convertis.Toutefois, certains adversaires fougueux de notre participation, même volontaire, à une guerre de l'empire britannique, out émis des propositions ui fausses qu'il est impossible de ne pas les démolir — en souillant dessus.C'est ainsi que M.Mouet — après quelques autres — a cru trouver un précédent en faveur do sa thèse, dans les griefs des colonies américaines contie l'Angleterre, en 1770.Uue connaissance pins exacte de l'histoire aurait pu conduire M Monet à une meilleure intelligence de la siturtion actuelle.Les colons américains qui s'opposaient le plus vigoureusement à l'imposition de taxes sur les colonies par le parlement britannique, étaient en même temps expressément et cordialement eu faveur de la ligue de conduite que nous suivons aujourd'hui.Le plus fort argument de Burke lui-même, était que les colonies, si elles étaient laissées parfaitement libres et si l'on n'essayait pas de leur imposer uue contribution, donneraient volontairement, par uue intelligence éclairée de leurs propres intérêts et par amour-propre national, une aide beaucoup plus puissaute que celle qui pourrait leur être imposée, même par la force des armes.Qu'est ce donc que uotre coopération actuelle de la guerre d'Afrique, sinon une contribution volontaire ?Ce n'est pas une taxe imposée sur nous par le gouvernement impérial ; mais quelque chose que uous étions libres de faire ou de ne pas faire, selon que nous le jugions à propos.L'initiative a été prise par le gouvernement, qni nous représente tons, Cela a été fait simplement parce que le peuple du Canada l'a venin aiusi.Si la métropole avait agi à l'égard des colonies américaines commo elle l'a fait envers nous, il u'y aurait pas eu de révolte.Il ne faut pas oubHor que le Canada était préparé de longue main à prendre la ligne de conduite qu'il a suivie.Lors des fêtes du jubilé de la Reine, M.Laurier, après avoir paradé en tête de notre milice, déclarait expressément qu'en cas de besoin, nos soldats seraient prêts à soutenir les lnttes de la Métropole.A-t-on entendu au Canada quelque protestation sérieuse ?Non.Au contraire, la voix du premier-ministre canadien trouva beaucoup d'écho dans notre pays.Un peu plus tard, notre parlement fédéral, par une résolution formelle passée à l'unanimité déclarait que la requête de la Grande-Bretagne au gouvernement du Transvaal, était juste et équitable.Ainsi, avant même les hostilités, nos représentants, forts do l'assentiment bien connu de la grande majorité de notre population, avaient offert à l'Empire la coopération du Canada.Il n'est donc pas exact de dire que le premier contingent est parti sans que nos représentants aient eu l'opportunité d'exprimer leurs sentiments snr le mérite dejla cause que nos soldats sont allés défendre.Le second contingent va partir, et cela est conforme à toutes nos professions de loyauté et de dévouement à la couronne britannique.En agir autrement dans les pénibles circonstances que l'on sait, après toutes nos promesses, aurait été souverainement méprisable.Nous contribuons donc à une guerre de l'Empire ; mais le précédent invoqué par M.Monet et quelques autres historiens de sa force, ne peut, en aucune manière, s'appliquer à nous ; car ce que nos faisons, nous le faisons librement, spontanément, et nons restons, pour l'avenir, aussi parfaitement libres que dans le passé.L'attitude du Journal ne nous étonne pas.Cette feuille est contrôlée, dirigée, payée par des Anglais.On assure même que les chefs de rédaction du Star viennent tons les soirs tailler la besogne à nos journalistes canadiens.C'est un peu humiliant, si c'est vrai, mais c'est leur droit.Quant au changement de la Presse, nous ne pouvons l'expliquer eu aucune façon.Canadien.Faites abonner vos amis au Réveil, LB EEVEIL CHRONIQUE Il est dono décidé qne la race canadienne française, on, disons mienx, la prépondérance française en Amérique, et surtout an Canada, est destinée à disparaître, et daus un avenir très rapproché.Au fond, si l'on ne considère que le point de rne matériel, ça ne tire pas à conséquence, mais si Ton y perd cette suprématie de l'esprit, cette souplesse et cette subtilité de langage qui caractérisent les races latines, c'est un malheur.La vie est courte, et le mieux est encore de l'égayer par dea mots d'esprit, des conversations intellectuelles et des toirées où le génie français se révêle, que de l'alourdir par des combinaisons de courtage, des jeux de coulisse, et des spéculations véreuses.Une remarque en passant : Je n'écris que pour les abonnés du lit veil ! Malheureusement, le matérialisme a envahi la population, et l'on ne songe plus à cultiver l'intelligence comme autrefois.La fièvre du gain et la jouissance brutale ont remplacé la verve, la bonne gaieté française, et, poui n'en citer qu'un exemple, prenez ces explosions d'enthousiasme, ces cris délirants, ces chicanes (de mots) à la narration d'une partie de crosse, — je ne parle paa ici d;s p'tits frères — on de base bail.Qu'y a-t-il au fond de tout cela ?Des gageures, du gain, et pas autre chose.Le tout est une simple spéculation.Si mes compatriotes voulaient m'en croire, ila laisseraient cette supprématie aux muscles anglo-saxons, et se contenteraient de briller par l'esprit, car ils ont encore assez de force musculaire ponr épuiser un siècle._ On voit des gens, même sérieux, qui prêchent le muscle et pas autre chose.U fait que le Canadien domine là comme partout ailleurs, disent-ils.Ile y arriveront peut-être, mais alors le reste sera perdu.Cela me rappelle une répartie d'un ami qui se trouvait en compagnie d'un industriel quelconque, qui avait fait nne fortune dans les machinée à coudre, les pianos, ou les cigares, peut-être les meubles, jo ne me rappelle plus, moi, et qui le faisait rire à ses propres dépens sans toutefois le fâcher.Cependant, il en était devenu quelque peu agacé, et à un certain moment, le capitaliste lui dit, impatienté : — Dia donc nn peu, toi, peux-tu m'expliquer où tu prends tontes ces choses drôles et piquantes en même temps.Moi, je vaux trois cent mille piastres, et je suis incapable de trouver la moindre chose fine.Je voua vois souvent, tous ensemble, vous n'avez pas le sou, et vous vous amusez comme des bossus.(C'était le cas de le dire, il y en avait un parmi nous, et ce n'était pas le plus bête, au contraire.) — Voyons, Thomas, ou Pitro, ou François, répondit mon ami, il faut être raisonnable.Tu es riche, et lu venx être fin ! Ça n'est pas correct.Garde ta richesse, si tn peux, et nous.gar-derons notre esprit qui ne fera qne grandir.La chose s'est réalisée.L'argent s'en eat allé d'un côté, et l'esprit a grandi de l'antre.Compensation ultime.Ce bonhomme-là avait appris les méthodes anglaises et il était supérieur à tous les autres Canadieni* au point de vue business, maia la supériorité intellectuelle n'existait pas ches lui.* * * J'ai toujours été d'opinion que les races latines étaient inférieures aux races anglo-saxonnes, et j'avouerai franchement qu'à un moment donné, j'ai cm me tromper et reporter toutee mes tendresses divers mes compatriotes, parce que je venais d'être témoin d'nn fait qui ne se rencontre pas souvent sur la route d'un journaliste.La Banque du Peuple avait fait nne faillite colossale qui laissait dans une ombre opaqne, à couper avec un couteau, quoi ! tontes les faillites de banque antérieures, e' je me disais que nous avions enfin un point de supériorité Le père Jacques Grenier, par ta bêtise inénarrable, et J.S.Bousquet, par sa rouerie incommensurable, avaient réussi à ruiner la plus belle institution financière canadienne-française du pays.— Enfin, me dis-je, nous voilà vongés ! On a prouvé an monde de la finance qne les Gana- 202.LB REVEIL diens-français savent faire des chiffres, eux aussi, et surtout en profiter.Eh bien 1 voilà qu'aujourd'hui, je suis obligé d'en rabattre et de convenir qne ponr l'arithmétique, nous ne sommes que des enfants.Pour une belle affaire, parlez-nous de la Banque Ville-Marie ! Ça, c'est corsé, au rupins.Il n'y a pas d'erreur.Weir et Cie.ont prouvé qu'ils n'avaient pas de supérieurs, excepté au pénitencier, et encore ! Daus l'affaire de la Banque du Peuple, il y avait bien de l'escompte extraordinaire, mais enfin il n'y a pas eu autre chose qne de l'escompte et des dupes qui ont cru que c'était tout naturel.Dans celle de la Banque Ville-Marie, c'était beaucoup plus simple, on prenait à jointées, sous l'œil paterne du gouvernement d'alors, et aie donc ! tout était pour le mieux, sans calembourg, cette fois, dans le meilleur des mondes.Denx punitions exemplaires ont déjà été infligées.Attendons les antres.On dit qu'il y a un troisième larron entre les mains de la justice.Est-ce le bon on le mauvais ?Ponr ma part, je crois que c'est le vrai, sans compter ces accolytes, qui auront probablement un compte à régler, sans escompte, cette fois, espérons-le.Rigolo bo years' experience Patents t**dc marks dcsmns copvrmhts 4e.Anrone Mndlng a sketch «nt! description maf QUlrkl.T n-.rort.'iln riur oplnlon^free^Whether an Inrentlnn la prolmbljr patentable.Communie*." ' ' .liai.Hr ojl__.ugh Mann 41 tjni un nolle t, without charge, la tht tlonutrlctljrcoutidentral.Handbook on Patenta lent free.Oldest nuenor for iccurlnii patenta.Patenta, taken .through Munu.A Co.recel™ Scientific American.A handnomelr lllntlrated weeklr.iunreal elr-'erme, 98 a culallon ot anr eclentlbo Journal.[wîjourœonthe,»!, SoMbyall newadealen.Demandez un numéro échantillon du Réveil qui vous sera envoyé gratuitement pendant quatre semaines à toute a-dresso qui sera fournie au Canada ou aux Etats-Unis.LE BON REGNE Vous vous rappelez, je l'espère, que la petite princesse Emeraude, à la suite d'incomparables désastres, avait été proclamée reine à l'âge de dix ans, et que, dès cette époque, elle promulguait déjà des édite merveilleux dont la sagesse emplissait d'aise les plus graves docteurs.Mais avec une prudence dont on ne saurait trop la louer, elle s'eu tenait, dans son enfance, à des lois d'intérêt général, des lois de charité, sur la solidarité des êtres, la beauté du bien, le respect de la vie.Ce ne fut que plus tard, lorsqu'elle eut atteint, elle-même, l'âge de l'amour, qu'elle résolut de traiter publiquement cette grave question.D'ailleurs, l'occasion lui eu fut suscitée, au cours des événements, par nne intrigue de conr, par nne rencontre dans la rue.Vous allez voir comment.Parmi ses écuyers nouvellement sortis des pages, la princesse comptait nn tout jenne seigneur sans grande fortnne, quoique de bonne naissance, qui s'appelait Jonquille ; il avait été son compagnon d'enfance, elle lni gardait nue grande affection.Les méchants en causaient tout bas, cat Jonquille était bien l'expression la pins pure delà beauté humaine ; il était même trop joli pour un homme, ayant des yeux, des pieds, des mains de femme, et n'ayant sur la peau qu'un duvet sen lement perceptible au soleil.Les vieux routiers barbus le traitaient de fille déguisée et lui conseillaient de filer la laine ; il répliquait, sans se fâch er, avec esprit et bonne humeur, et tontes les femmes prenaient son parti, le défendaient coutre les railleries.Cependant, si la princesse n'avait en realité pour Jonquille qu'une bonne amitié, basée sur des souvenirs communs, bien des demoiselles et bien des dames mûres, hélas ! rêvaient de lui, la nuit, sur leur couche en désordre, .De-ci, de-là, le nouvel écuyer récolta de joyeuses aventures, dont il ne parlait pas.car il était discret.Mais il était facile de voir, à sa mine réjouie, qu'il no s'ennuyait pas dans l'existence LB RBVB1L 208 Brusquement, cette gaieté s'altéra ; Jonquille devint triste, inquiet, et ne fit plua résonner ion beau rire intrépide dana les couloirs du palais.Fendant quelque temps, Emerande ne prit point garde à ce changement d'allure et ne remarqua rien ; mais son attention fut enfin éveillée par l'entremise d'nne ssge personne en qui elle mettait toute sa confiance : c'était la doyenne des Dames de la Oonr, veuve d'un sénéchal mort d'infirmités depuis longtemps déjà.On la nommait communément la Doyenne ou la Sénéchale, avec nn grand respect, car elle était crainte comme la peste, étant sèche et méchante et toujours en fnrie ; de plus, par ses alliances, elle tenait à dix familles princières et, femme politique, menait en sourdine les affaires de l'Etat.Et donc, la Doyenne dit, un matin, à la princesse : — Reine, grande reine, ne voua semble-t-il pas que le seigneur Jonquille est de piteux maintien depuis quelques semaines ?Je crois qne le chagrin le dévore et le mine ; il serait d'un bon cœur d'en prendre un peu souci.Emerande s'étonna tont d'abord.Elle n'avait rien vu.Mais, en réfléchissant.,, en effet.peut-être.sans doute.Et sur-le-champ elle fit mander l'ami de son enfance.Eu l'attendant elle' interrogeait la vieille sénéchale, demeurée devant elle, lea yeux baissés es l'air cafard : — Voyons, Doyenne, que peut-il avoir?.Je l'aime beaucoup, Jonquille ! Qu'est-ce qne c'est ?La vieille ridée, jeannàtre, maigre comme une hiqne, cligna d'un œil hypocrite, soupira, puis laissa tomber ; , — Je crains qn'il n'aime sans espoir.sans doute une personne trop haut placée ponr lui.Mais Jonquille entrait, le visage contrit, la démarche lente.D'un geste, la reine congédia aon entourage ; et seule aveo le jeune homme, un peu inquiète, elle le questionna, — Jonquille, on me rapporte que tu es triste, que tu souffres, et je m'en émeus, car tu fus de tues premiers ans l'assidu compagnon, et je t'ai gardé grande place dans mon cœur.S'il est du pouvoir de ta reine de soulager tes ennuis, parle sans crainte ; d'avance, je t'accorde ce qne tu désires, afin qne tes vingt ans retrouvent lenr gaieté.Tont en s'expriment ainsi, en elle-même, la princesse était mal assurée.Si, réellement, comme l'avait affirmé la sénéchale, Jonquille aimait trop haut pour jamais atteindre, qui pouvait être l'objet de son amonr, si ce n'était elle-même, la princesse Emerande, la reine du royaume?C'est ce qu'elle pensait dn moins, ne jugeant, à la façon de tous les grands de la terre, personne ici-bas susceptible de lui être comparé.Et l'idée d'un aven l'effrayait ei la charmait è la fois.Jonquille répondit d'uu ton boudeur, comme nn enfant gâté : — Hélas ! je ne sais pas »i vous-même, malgré votre toute-puissance, vous réussiriez à me tirer d'un pareil mauvais pas.Je suis le plus malheureux el le plus ridicule des jennes gens du royaume.Moi qui vivaia ai tranquille, sans le moindre souci !.— Enfin, quoi ?interrompit la princesse, commençant à jurer qu'elle faisait fausse route — - Quoi ?répliqua le plus joli seigneur de la Cour, quoi ?C'est à n'y pas croire.prenez garde.vous allez mourir de rire.mais, moi, je ne ris pas.Il y a qne la sénéchale m'adore, oui, madame ! qu'elle veut m'éponser, étant vertueuse, malgré tout, — et se charger de mon bonheur.Il serait joli ! Elle m'offre ses palais, ses châteaux, ses bois, ses parcs, son trésor ; mais je ne suis pas à vendre, palsambleu ! Seulemeut, si je refuse, elle m'offre encore, an choix, l'échafaud, la potence, la hache, le poignard, le poison, l'eau, le feu, la corde ; quelque chose enfin qui ne vons manque point.La sorcière est puissante.Je suis un panvre sire.On m'as8asinerait pour trois ecus.Où sont les risques ?J'ai demandé un moia pour réfléchir, et voici trois semaines que je me désespère.— Pauvre Jonqujlle, dit la princesse désolée ; o'est vrai qne la Doyenne est puissante et capa- 2Ô4 LE RÉVEIL ble de tout, ot que moi-mime j'hésite à la contredire.Ecoute et retiens bien : Ta ne m'as rien dit ; je ne sais rien.Il reste huit jours,,.D'ici là, je vais songer & toi ! — Dien vous inspire ! soupira l'écuyer, mais je suis mal en point.Un instant après, la sénéchale, avec un sourire édenté, interrogeait la princesse : — Eh bien ! madame, a-t-il conté sa peine à Votre Majesté ?— Non, répliqua la princesse ; il n'a rien voulu dire : il fat toujours discret.— Tant pis, grogna la vieille amoureuse, il faudra bien tôt ou tard qu'il avoue ! Ce même jour, la princesse s'en alla parla ville, selon son habitude, à pied, seule avec deux suivantes.En la voyant ainsi, le peuple la saluait saus s'arrêter, la voulant laisser libre, mais il l'en aimait mieux de vivre dans son air.Tout en marchant, elle rêvait au moyen de sauver Jonquille ; mais plus elle réfléchissait, et plua elle découvrait de difficultés, de dangers même dans cette redoutable entreprise.La Doyenne disposait d'un pouvoir presque égal au sien même ; de plus, elle ne reculerait ni devant nne infamie, ni devant un crime.Ce n'était pus gai.D'une autre part, Jonquille ne pouvait pas vraiment céder même à la crainte, sacrifier sa beauté prodigieuse, sa rayonnante jeunesse à cette veuve antique, effroyable et sinistre.Alors, que faire ?Comme, pour la dixième fois, elle se posait cette question, ses regards distraits se posèrent sur une maison basse et d'assez triste aspect.A une fenêtre grillée du rez-de-chaussée, une jenne fille était accoudée, les yeux levés au ciel, dans uue attitude de désespoir et de supplication ; et.de ses yeux, des larmes lentes coulaient sans s'arrêter.Or, dans cette pose, elle parut à la reiue d'uue rare beauté et d'un charme infini.Emerande dit à l'une de ses suivaures.— Approche toi de cette jeune fille et demande lui les causes de ton chagrin.Ainsi interrogée, la jeune fille ramena douloureusement ses yt,ux vers la terre et répondit ; — La cause de mon chagrin ?Hélas ! Je vais épouser par force, dans trois jours, un vieillard que je hais autant qu'il prétend m'aimer.Mes parents m'y obligenv, car ils sont pauvres, et lui est riche.Mais je ne puis me résigner ; je pleure ma jeunesse et ma virginité.Fuis elle s'arrêta, considéra plus loin dans la rue, aperçnt la reine qu'elle connaissait bien pour l'avoir vue passer maintes fois en carosse, les jours de graude fête.Alors, ello joignit les mains et cria de loin : — Reine ! Reine ! C'est Dieu qui t'envoie pour me sauver du malheur ! Reine, pardon si je suis enfermée, prisonnière, comme depuis longtemps, car on craint, avec raison, que je m'échappe et fuie !.Emerande s'approcha et dit complaisamment ?— Jolie fille, qne pnis-je donc pour toi ?Et la jolie fille riposta d'nne haleine, sans hésiter : — Reine, rentre chez toi et fais, ce soir même, une loi par laquelle sont défendus, sous peine de mort, les mariages entre les vieillards et les jeunes filles, les vieilles femmes et les jeunes gens.Et tn seras bénie dans la postérité ! A l'entendre, la princesse s'extasia : • — Cette petite a trouvé sur-le-champ ce qne je cherche depuis 'tantôt qnatre heures !.Elle a dix fois raison.Je vais, de la sorte, an devant des choses .Et nul n'a le droit d'en être courroucé.Fuis, B'adressant à la prisonnière : — Je t'accorde cette grâce.La loi sera faite ce soir ; demain tn seras libre, et tn viendras au palais pour me remercier.En effet, la loi fnt promulguée.La sénéchale en mourut, suffoquée par la bile.La jolie fille vint au palais remercier la reine.Dana les couloirs elle rencontra Jonquille ; et, de cet instant-là, naquit un grand et mutuel amour.Maurice Montcout Demandez la DERMA INE pour le masque, le remède à la mode.Voir l'annonce. LB RÉVEIL La Cite du Sang LA NUIT Il ne fant, on le sait, jamais dire de rien qne rien n'est pins saisissant, et je crois bien, cependant, qu'on pourrait presque le dire du Marché et des Abatoirs de la Villette.Il y a vraiment I?.à ce bout de Paris, tout un monde extraordinaire ; tout est continuellement coloris, théâtre, eau-forte ou tableau Les peintres ne savent pas les " coups do lumière " et les " effets de palette" d'une cour d'abattage ; les sculpteurs ne se dontent pas non plus des " mouvements " qu'on y surprend, et les auteurs dram tiques ignorent de même les étonnantes comédies, prodigieuses de dialogue et de pantomine, et même de péripéties, pui ee jouent par multitudes snr l'éuorme scène du marché.On devine plus facilement les sensations de spleen et de pitié dont on es t angoissé et assombri devant tons ces pauvres 'troupeaux hurlants qui s'abattent et qui s'effarent sous les cris et sous les coups, et devant tous ces ruisseaux et toutes ces cataractes rouges qui s'échappent, comme do pressoirs, des éch lud-'irs et des cours, mais il faut avoir vu toutes ces agonies pour savoir ce qu'elles peuvent vous dire d'infini.Et n'allés pas chercher là nu thème, nn prétexte ou une atmosphère de roman ! Vous vous tromperiez, et tout ee roman, ici, c'est la continuelle immolation et la continuelle tuerie, c'est le dur et fatal drame de la mon pour la vie, où coulent perpétuellement pour que Paris mange et jouisse, des milliers de fontaines de sang de milliers de sources qui souffrent.Les Abattoirs et le Marché couvrent, à l'extrémité du faubourg, un énorme terrain tout bâti de pavillons, de salles, de resserres, de gares, de débarcadères, de beuveries, de restaurants, de bureaux, de brûloirs, de pendoirs, d'écorcheries, le tout formant ensemble uu immeuse éventail doseiné par la rue do Flan Ire, la rue d'Allemagne, le canal Saint-Denis, les fortifications, et traversé par le canal de l'Ourcq.Lorsque vous passez, certains jours, devant cette ville singulière, tout entourée de grilles et do murailles, et fermée comme une ville ancienne, il vous en arrive à la fois des clameurs comme celles de la Bourse et des gémissements comme il en vient de massacre, mais c'est plutôt la nuit, cependant, qu'il faut d'abord la visiter, quoique tout y dorme dès le soir et s'y couche comme au cou-vre-feu.Huit heures.Huit heures et demie.La cour du côté de la rue de Flandre est déjà vide.De temps en temps, uéanmrius on voit encore soriir des grilles une voiture dont le trot, secoue les chargements de peaux sanglantes dans les lueurs de ses lanternes.Mais vons pouvez regarder la place.Toutes les maisons et tons les marchands de vin sont fermés.Peut-être, au-dessus d'une porte, à travers le vasistas, apercevrez-vous encore une lumière, et entendrez vous, derrière la porte, le garçon ou la servante en train de laver les carreaux de la boutique.Mais ce ne sera pas pour longtemps.Peut-être aussi, dans le silence du quartier, un pas claquant et précipité voua fera-t-il tourner la tête, et verrez-vons passer, dans le rayon d'un réverbère, uu homme horriblement accoutré, tout blano et tout souillé de rouge, une sorte de pierrot tombé dans le sang, avec des ceintures et des carquois, des tabliers derrière et devant, et tout un embarras de chaussons aux pieds dans tout nn vacarme de sabots.Mais il disparait vite, il a travaillé tard, il est pressé do rentrer, il rentre, et tout dort alors sur la place comme dans le cloitre ou le préau d'une Trappe.Ou s'explique, en voyant ce désert, pourquoi le noctambnlisme parisien, qui aime la fête, n'a pas mis à la mode, comme les excursions anx Halles, lea excursions à la Villette.Et tonte la nuit, cependant, les grilles sont ouvertes, et vous pouvez entrer, sortir, aller, venir, revenir, comme vons voulez.Mais vous ne trouverez toujours, là, encore, qu'un désert, mais nn désert tont illuminé d'nne illumination laiteuse, de longues files de globes et de lunes pâles éclairant partout, au loin, d'étrangea intérieurs de salles, dana le mystère et le calme desquelles un petit brnit d'ean qui cou le, un brnit de ruisseau qui court, nons saisit.Un gardien de la paix se promène bien quelque part devant un poste, mais tout 206 LE REVEIL autour de lai est si spectral, si plein de solitnde et si énigmatique, qne sa pèlerine et son képi ne peuvent être qne d'nn fantôme.Et fantôme aussi, dans la cour, l'horloge dont les quatre cadrans, d'une transparence barbouillée, montrent l'henre aux quatre vents ! Fantômes, les pancartes des guichets, les indications des bureaux, les enseignes des pavillons ! De grands halls vitrés s'ouvrent, entre les bâtiments et tout un monde de choses Vagues, dans la clarté viola tre et le bruit d'eau, apparaissent sous des reflets cadavériques, des déroutes d'objets bizarres, des silhouettes patibulaires, des crocs tendus, des tables qui ont l'air mouillées, et tout cela brillant, humide, lavé comme par des lueurs et le murmur d'eau courante.Et toujours personne, pas une âme, et il vsus semble voir, par moments, d'hallucinantes nefs d'églises d'où l'on se serait sauvé dans des psniques en renversant tout pour fuir et en laisssnt les lustres allumés, lorsque de grandes formes blsnches et de grauds éeorchés rouges vous sppsraissent encore, écarte-lés anx poutres, comme au fond de chapelles latérales.Et vous recules à l'odeur fade.Mais une autre odeur, chaude et saine, vous remet presque en même temps le cœur, et vous apercevrez, dans une étable, de beaux et grands bœuf» couchés.Eux-mêmes vous regardent à la clarté glauque, et rêvent et rnminent là, dans la paille bleue de leurs litières, su clair des globes électriques comme aux anciens clairs de Inné de l'Auvergne et du Nivernais.Et combien de gsleries et d'étsbles, offrant leurs perspectives de mort frsiche ou leurs tsblesux de crèches de Noël, allez vous voir ainsi défiler ?Vous en suivrez des svenues, et voilà que s'élèvent aussi des bêlements et des mugissements, et ils augmentent, se multiplient, se mêlent dans une mêlée rsuque, et sanglotte-ront bientôt en concert étonne.Maintenant vons êtes sur une place, et vous vous trouves là, su pied d'une sorte de fort, sveo des escaliers et des rsmpes.Montes et vons pourrez vous croire su théâtre, car tout change à vne, comme à nn truc, au coup de timbre dn régisseur.A l'horizon, Paris, et tont an-dessous de vous, sons vos pieds, tont nn paysage vénitien, tout un fouillis de batenux, de reflets, de miroitements et rd'ondulations dans un canal.Et les mugisse, monts des étables vous arrivent, à présent es sanglots plus nourris, plus étouffés et pins désespérés.Tonte une confusion de cris et de bruiti monte anssi d'un autre côté, et là-bas, en effet, des convois roulent et débarquent dans les lumières de la gare.Un train siffle, et des nuées de bouviers en blouses, en tricots, en guenilles, en paletots, se lèvent aussitôt, aveo leurs longe bâtons, du pavé du débarcadère, comme de grands cousins de nuit avec leurs aig uillons.lia sautent snr les wagons, s'y collent, s'y cramponnent, y piquent, y fourragent et en font sortir des bêtes, qui s'épouvantent et tombent sur leurs genoux.Puis le convoi s'en va, un autre vient, laisse encore échapper d'antres ouragans de coupe, et vous vous demandez alors, là ou vo us êtes, es que veulent dire ces roulements, ces coups de sifflet, ces tumultes qui vous donnent comme nne angoisse,.Je me rappelle ainsi une visite faite en été, et ma longue ststion, on ms contemplation, snr 1s terrasse du canal.Les toits s'allongeaient en ombres ou jetaient des lneurs psr leurs vitres, et nne torpeur de csuchemsr, nne de ces torpeurs qui délirent, plsnsit sur tontes ces mes et tous ces bâtiments.Des milliers de'plsintes hurlantes montaient, se lament ient, pleuraient, s'assoupissaient, les files de globus et de lunes mouraient et ranimaient, et le phare de la tour Eiffel, à l'horizon, tournait à tours de lueur et d'ombre sn fond de la fête de Paris ! Toutes ces féeries de ls Villette vous laissent, qusnd on les s vues, comme un grand rêve vacillant, mais l'hallucination la plus folle et la plus bissrre qu'elles vous donnent, on ls trouve peut-être au Marché.Brusquement, sous uu de ces coups de lumière dont on enveloppe, sur ls scène, certaines figures de ballet, toute une jonchée de corps blancs, rosés de fard, se détache et se lève devant vons, comme une apparition de volupté,,.O'est l'étable des cochons,et ce fard, dont ces pauvres bêtes ont toutes l'sir, comme des filles, de s'être fait le museau, c'est du sang, les zébrures et les meutrissures de centaines de coups de bâtons.Msis vous en svei \ LB REVEIL 207 pas moins en, pendant nne seconde, nne antre vision, sons ce rayon de lueur lactée, dans le my si ère dn pavillon.Maurice Talmetr UN FAIT SURPRENANT Un fait surprenant os facile à constater.Lorsque l'on a épuisé ponr le traitement d'nn rhume, •l'une toux on d'une bronchite, tous les vieux remèdes prônés par nos grand'mèies sans obtenir de résultat, il suffit souvent d'une bonteille de BAUME RHUMAL pour obtenir la guérison.SUA dUUnlld été guérie de sa surdité et de bourdonnements d'oreille par les Tympan* artificiels de I'Institut Nicholson, a remis à cet institut la somme- de 25,000 frs.afin qne tontes les personnes sourdes qui n'ont paa les moyens de se procurer les Tympana puissent les avoir gratuitement.S'adresser à I'Institut Nichol bon, 780, Eighth Avenue, New-York.Les propriétaires dn Journal nous pardonneront si nous n'avons paa encore souhaité la bien-venne à leur gazette.C'est un peu notre fante et nons nous en excusons.Notre qualité de vieux prote en typographie, et nne expérience de 85 années dans les boutiques d'imprimerie de l'ouest amécicain et canadien, nons permettent de dire qu'au point de vne matériel, le Journal est certainement le mienx fait de tous les jonrnaux canadiens qni ont vu le jour en ce paya U est permis de différer d'opinion qnant à la con-lenr politique, mais il fant rendre cette justice à la nouvelle publication que depuis son premier numéro jusqu'à ce jour, ses articles ont fait nne tache Inmineuse sur le terne dea autrea journaux quotidiens.Tranchons le mot : la direction de la non relie gazette est antre les mains des Anglais ! En faisant usage de la DERMATINE, la seule préparation au monde qni guérisse le masque et tontes les décoloration» de la pean.50c et $1 • bouteille.S TRADUCTION ET REDACTION Souvent le monde commercial, industriel on financier désire confier la rédaction de ses circulaires, brochures ou annonces à des experts : mais on ne réussit pas à les trouver, a moins que, comme cela arrive trop souvent, sa confiance ne soit accordée à des gens qni n'ont ni la science ni l'expérience.Il ne suffit pas de faire beaucoup de publicité : il faut encore et surtout qu'elle soit à point.Si la forme ne vient pas à l'appui du fond, le but visé n'est pas atteint, la pensée de l'intéressé est mal exprimée, peut-être même n'eat elle pas du tout comprise par ceux dont on recherche la clientèle.On nous a très souvent demandé d'organiser ici, sons les auspices du Réveil, un service de rédaction générale et de traduction d'anglaia en français, on vice versa.O'est ponr satisfaire à cette demande que cons venons annoncer qne dorénavant des experts se chargeront non seulement de travaux commerciaux, mais littéraires et techniques.Notre tarif n'aura rien d'exorbitant, nona apporterons dans l'exécution des commandes nn soin méticuleux et toute la célérité posssible.On pourra s'adresser à la direction du Réveil, an No 157 rue Sanguinet, on par lettre au bureau de poste, Boite 2184, Montréal.VOILA UNE BONNE PRECAUTION Une sage précaution à cette saison de l'année, où on est tout particulièrement exposé aux refroidissements, grippes, rhumes, bronchites, serait d'avoir toujours à la maison un flacon de BAUMB RHUMAL 148 LA DERMATINE Onérison dn masque et des taches de Rousseur garantie par l'usage de cette élégante ean de toilette.50c et |1 la bonteille.Si le gouvernement faisait nn léger effort et relirait de la circnlation les pièces de monnaie dépréciées, il rendrait un fier service au pays.Cependant, l'affaire ne mérite peut-être pas d'attirer l'attention de nos grands ministres, 208 LE REVEIL POUR VOUS, MESDAMES! Le secret de ce pouvoir étrange que la femme possède sur l'homme, ce pouvoir dont nnl ne peut 60 soustraire, réside surtout dans la beauté des traits et de la peau.Aussi, uue femme qui vent conserver tout son empire doit-elle faire toui eu sou pouvoir ponr bieu garder ces deux biens inestimables.Dans ce pays, malheureusement, les maladies et les déeolorntious de la peau sont nombreuses et variées, et jusqu'à ce jour, nul remède efficace n'avait eucore été Iron-vé ponr leur traitement.Aujourd'hui la science vous dote d'une préparation que vous pouvez réellement qualifier du nom de sauveur, et elle justifiera ce titre.O'est la Dermatine, qui vons rendra la peau plus belle que celle du plus rose bébé de vos rêves.L'application en est facile, elle ne laisse aucune trace peûdaut que vous vons en servez et la guérison est prompte et assurée.Quoi de plus désagréable pour uue jeune et jolie femme de se voir défigurée par ces plaques d'un jaune intense, qui lui rendent la vie douloureuse.Avant la découverte de ce merveilleux procédé, les femmes étaient bien obligées de subir leur triste sort et de se résigner ; mais à présent il n'y a plus de raison de se désoler, puisqu'elles ont à leur portée un remède unique.Les tsches de rousseur disparaissent comme par enchantement devant ce conquérant qui ne s'arrête jamais avant d'avoir remporté une victoire complète.Les comédons (taches noires) s'enfuient et ne reparaissent plus après avoir subi l'action de la Dermatine.Enfin tontes les décolorations de la peau sont guéries en très peu de temps et l'expérience vaut la peine d'être tentée.Conservez votre beauté, mesdames, c'est un des biens les plus précieux que vous possédez.Rendez service à vos amies qui sont dans le même cas en leur signalant la venue de ce messie.Elles vous remercieront d'avoir été la cause indirecte|de leur bonheur.Voyes^l'annonce de ls Dermatine.POUR LA GUÉRISON DU Masque, des Taches de Rousseur, des Comédons et de toutes les décolorations de la Peeu.GUÉRISON GARANTIE Toutes les femmes affectées par le Masque, les taches de Rousseur, les Comédons et toutes les Décolorations de la Peau, viennent de trouver Un Sauveur! C'est la Dermatine Une préparation qui enlève en quelques jours toutes les taches de la Peau, quelles qu'elles soient.S'adressera^»»»*»*' Tiroir Postal 2184, MONTREAL" CANADA
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