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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 14 juillet 1900
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1900-07, Collections de BAnQ.

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157 RUB SANGUINET No 260 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE—THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XII.MONTREAL, 14 JUILLET 1900.No 260 SOMMAIRE La Rétribution, (Suite) Vieux-Rouge — Une Idill», Franc—Les Instituteurs, Magister — Chronique, Rigolo —En Chine, Jules Clarelie — Notre ami Ireland, Jean de Bonne/on — Les Maisons Hantées, Jules Bois—Pour tous, Mesdames.LA RETRIBUTION Les conditions d'abonnement an Réveil ne sont paa les conditions ordinaires des antres journanx.Nons livrons le jonrnal i domicile [ franco,] à raison de 25 cts par mois, payable an commencement de chaque mois.Tont ce qne nous demandons an public eat de voir le journal.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.Le prix de l'abonnement au Réveil est TROIS PIASTRES par année, Tout vient à point à qni sait attendre | Lako.ntai.nk.(Suite.) Politiquement parlant, Tarte est mort : c'est un cadavre, et malgré tous les secrets de l'embaumeur breveté, il no sentira jamais bon.Il se dégage de cette carcasse politique une odeur sui generis qui pue la carne à plein nez.Je crois que ces remarques constituent des injures personnelles, de celles qui sont publiées dans la Patrie de temps à autre, lorsque l'hon.Joseph-Israel a une attaque de bile.Il a cru, le cher homme, qu'il était le seul au pays qui pouvait se servir impunément de cette arme.Il s'est trompé, voilà tout.#*# Dans l'armée anglaise, lorsqu'un soldat, ou même un chef, a démérité, on lui enlève ses galons, on le conduit hors du camp et la musique jouo un air bien connu du 146 LE REVEIL peuple anglais, tandis que le malheureux dégrade* passe entre les rangs de ses camarades qui le conspuent, et s'élance dans la campagne pour échapper à la honte qui le poursuivra jusqu'à la fin de ses jours.En temps de guerre, si le coupable est un traître, on le fusille sans merci.En temps de paix, c'est une simple rigolade pour les spectateurs, et une mort civile et ignominieuse pour celui qui reçoit le châtiment qui devrait être toujours infligé au misérable délateur qui vend des secrets qu'il a surpris.On appelle cela dans la langue de Shakespeare: To be drummed out of the army.Cette humiliante punition peut aussi s'appliquer à d'autres organisations qu'à l'armée, et un chef politique qui tolère dans les rangs du parti qu'il dirige, la présence d'un homme qui désagrégo ct mine en dessous tout l'organisme de ce parti sans se servir de ce moyen aussi simple qu'économique de tout remettre en ordre, est coupable de trahison envers ses partisans.L'hon.M.Laurier ne veut pas se séparer de Tarte ; il y tient.Il dit que Joseph-Israel est son ami personnel.Alors je lui applique le proverbe (il y en a pour toutes les situations) : Qui se ressemble s'assemble.Ou bien : Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es.Je ne dis pas ceci à mon vénérable chef pour lui faire un compliment.Mais le très grand homme semble ne pas vouloir comprendre qu'il devrait au moins faire semblant de s'enlever ce fardeau qui finira par l'écraser.Il en a pourtant bien assez sur la conscience depuis qu'il est ministre.Lorsqu'il est arrivé, tout le monde a cru qu'il était le Messie promis et attendu depuis si longtemps.De grandes réjouissances ont marqué sa rentrée triomphale comme chef du gouvernement, et tout le monde se disait que des merveilles allaient être accomplies par ce chef incomparable.Voyons donc un peu le bilan de ses bonnes œuvres depuis 1896 : L'achat du Drummond a été le premier acte de la série.Je suppose que c'était pour se faire la main.Il y eut probablement à cette époque, c'est-à-dire, lorsque les marchans de gazettes (comme M.Laurier appelle les journalistes) dévoilèrent le truc, une jolie passe-d'armes entre le premier-ministre et son ami personnel.Plus tard, lorsque M.Laurier se rendit à Londres à la recherche des pendrioches et des oripeaux, ainsi que des titres et des décorations, il sacrifiait sciemment le Canada à l'idée impérialiste.Enfin, lorsque la guerre du Sud-africain fut déclarée, sans aucune raison, sans aucune demande de la part du gouvernement impérial, il envoyait trois mille jeunes gens se faire tuer ou mourir des fièvres, pour aider l'Angleterre dans une guerre de conquête.Quelques-uns de ces jeunes gens sont revenus au pays natal, tous plus ou moins estropiés ou malades.Si la guerre dure encore six mois, il n'en reviendra pas un seul, et e'est le premier-ministre qui sera tenu responsable du misérable sort qu'ils auront subi.Vcilà les trois actes les plus glorieux du règne de l'hon.M.Laurier.Je passe par-dessus la Vital in e, la loi des journaux, le saut du budget de 42 à 62 millions, etc., etc., car ce sont des peccadilles.Mais je demanderai aux libéraux lion- LE REVEIL 14V nêtes, aux libéraux sincères, s'il n'y aurait pas un moyen quelconque de découvrir un homme pour nous conduire.C'est bien pénible à dire, mais le parti libéral est tombé en quenouille.Qui le relèvera ?Viiux-Rouoi.Une Idille Le chroniqueur clérical du RiviiL,ayant jugé à propos de s'absenter sans avertir son directeur, ce dernier était dans des transes mortelles.Il craignait tout, et comme oe bon garçon (le chroniqueur) est son meilleur ami, il se préparait à verser un déluge de larmes sut sa dépouille lorsqu'il a reçu la lettre suivante : Mon cher Directeur, .Je vont adresse, dn fond de l'ermitage où je fais ma retraite annuelle, nn bont de correspondance qne je désire voir paraître dan* les colonnes dn Réveil.J'aurais dû commencer par vons faire dei ex* onses et vons dire qne ce n'est pas absolument de ma faute si je vont ai quitté sans crier gare ; à prisent c'est fait.Je'suis snr les bords d'une rivière, à l'ombre de grands arbres, et je suis heureux.En guise d'amusement, je surveille les ébats d'un révérend frère qui est féru d'mour pour ls fillette d'nn smi demeurant dsns le voisinage.Le bon petit frère n's pas tort, car elle eat jolie à croqner, ef malgré le froc, on a un cœur, que diable ! et un cœur de SO ans encore, st un cœnr de frère, de plus ; c'est-à-dire un oœur vierge.Ce cher frère rêvait donc dsns ls solitude de sa cellule à celle qn'il aimait, et se creusa ls cervelle pour trouver le moyen d'entrer en communication svec elle.Il se dit que o'étsit bien simple, sprès tout, et qu'il n'y svsit qu'à écrira.Voici ss première lettre : Ms chérie, Venx-tn ètre l'smie de celui qui, hier soir, souriait qusnd tu le regsrdsis su travers des planches disjointes.Si tu le veux, viens souvent regsrder, csr je me promènerai tonjoura pour que tn me vois et je te ferai des signes ; je ts ferai d'autres billets où je te dirsi de belles ohoses que je te demanderai.An revoir, je t'envoie un bsiser.Celui qui t'écrit est ton smi ; c'est celni qni te souriait.Quelques jonrs plus tsrd, il envoyait à la fillette nne deuxième missive dsns les termes suivants : Ms petite blonde, « As-tu ln le premier billet qne je t'ai fait passer?Venx-tn être mon smie, et m'sccorder les denx ohoses qne je te demsnde pour me fsire nn grand plaisir ?Si tu le veux,tu me rendras réponse sur nn petit bout de pépier qne tn feras passer dehors, et sprès je te dirsi les denx ohoses qni me feront le pins de plsisir.Je t'aime bien msis seulement tu fais trop de bruit quand tu viens.Tâche de moins faire de brait.Ns montre pas ces billets à personne.Ls fillette montra cette deuxième lettre à son père qui lui diets ls réponse suivante, et se prépara à aller lui même rencontrer avec une psire de chaussures à fortes semelles —: I Mon cher smi, J'si reçu vos denx petits billets svec plsisir, s'il vous plait me dire quelles sont les denx choses qni vons feraient tant plaisir ; en attendant la solution dn problème, et espérant connaître votre nom.En réponse à ce billet il envoys nne troisième lettre demsndsnt nn rendez-vous, dsns les termes suivants : Ms chère smie, Mon nom de famille est : J.D.M.et mon nom de frère est Joseph ; si tu veux me taire plsisir veux-tu me dire si ce soir à 9 heures tn pourras aller à ls ferme en arrière de votre conr : Si tn peux y sller, j'irai sussi et pour ms répondre tu frapperas 8 coups contre les planches.Ton smi qui venx te connsitre dsvsntsge.Ne die rien à personnes ; il faudra qne nou ¦oyons seuls.Je me signe votre, Aujourd'hui la communauté gémit snr ls dé- 148 LE REVEIL part inattendu da frôre Joseph, dispara tout-à-conp sans laisser ancnne trace.Mon ami me dit qu'il frappait avec conviction et an bon endroit lorsqu'il l'a rencontré sur la erme.Franc.[LES INSTITUTEURS Que vont dire Nos Seigneurs les Evêques de l'article que vient de pnblier un journal sacro-saint, le Courrier de Saint-Hyacinthe, sur la question des misérables salaires payés aux instituteurs et aux institutrices de la province de Qnébec dans ceot aines municipalités dont les commissaires d'écoles devraient être encarcanés, car ila le méritent richement.Seulement, en cette occurrence, on nons permettra bien une légère observation, qni nons vient à l'esprit en lisant cet article étonnant dans un jonrnal iel qne celni qne noua avons mentionné.Lorsque nous avons publié de vigoureux articles sur cette même question, il n'y avait pas assez de munitions dans l'arsenal ecclésiastique pour nous eiterminer ; toutes les armes possibles furent employées pour détruire notro publication, et on n'a que trop bien réussi, grâce à la peur du diable.On none taxait alors d'exagération, et nous devons dire cependant ponr justifier noi écrite dn temps que nous avons simplement dit tout haut ce que tont le monde pensait tout bas, maia ce que personne n'osait formuler, de crainte de s'exposer au courroux de ces messieurs de la soutane.S'il y a nne justice ecclésiastiques, elle doit être égale pour tons, et lee éditeurs du Courrier de Saint-Hyaciutlte doivent être punis aussi sévèrement qne nous l'avons été ponr avoir oaé énoncer des principes subversifs et publié des vérités qui sont loin de faire honneur A nos éducateurs.Il y a si longtemps qu'on dit à Baptiste que l'éducation est inutile pour gsgner le ciel qn'il a fini par le croire, et il ne vent paa payer pour faire instruire son gars.Une autre raison péremptoire qni l'empêche de se fendre plus largement pour donner un salaire anx éducateurs de ses enfants c'est que la pieuvre cléricale l'a épuisé.Après avoir construit la résidence prinoière de M.le curé et de son vicaire, on a grevé sa terre de lourdes hypothèques, sous forme de répartition pour ériger un temple qui represensente è lui tout seul, dans bien des cas, dix fois la valeur totale de toutes les const ructions de la paroisse.Tous les ans il est obligé de payer un impôt considérable, élever une grosse famille et travailler comme dix nègres pour arracher à un sol souvent ingrat la subsistance de toute sa marmaille.En dehors de toutes oes choses, il y en a nne encore plue lourde, et c'en est nne qu'il s'impose volontairement : c'est de faire instruire l'un de ses enfants pour en faire nn homme de profession, an détriment des autres qni aont obligés de fouiller la glèbe, justement à l'âge où ils devraient apprendre ft lire.Et l'on s'étonne ensuite quand on entend dire qne les Canadiens sont ignorants.Lisez l'article dn Courrier : Notre confrère dn Journal fait nne charge à fond, an sujet d'une annonce dans laquelle on demande une institutrice ponr école élémentaire, è raison de $92 par année, logée et chauffée.Notre confrère proteste avec éloquence et s'écrie : " Et lee commissaires n'ont pas honte d'afficher cette pitance dans les journaux.Quatre-vingt douze piastres par année ! Si cette pauvre fille n'est pas nne Chinoise, il lui en coûtera tonjours bien quarante ponr ne pas crever de faim, cinq ponr aller à l'église de temps à antre et une dizaine pour se vêtir décemment.An bout de l'année, après avoir épnisé sa santé à élever dee enfants honnêtement, il lni restera dono quarante piastres.Une fille de chambre, sa voisine peut-être, en aura le double pour avoir brassé de la plume et secoué des couvertes.Faites instruire vos filles, braves gens ! Vons voyez ce que l'instruction, appliquée-à la plus noble des tâches, rapporte à cenx qui l'ont reçue.Franchement, nons avons honte d'être obligée d'écrire ainsi, mais n'est-il paa temps de stigmatiser, comme elle le mérite, l'avarice de cenx qni LE RÉVEIL 149 spéculent ainsi snr les sacrifices des pauvres instituteurs et institutrices.O'est nne honte de traiter aveo antant de mesquinerie cenx on celles qni se dévouent à l'instrnction de la jeunesse.On avait fait nn bon pas en fixant à $100 le minimum des salaires, mais le gonvernement ridicule et lâche qni fait la honte de la province de Qnébec n'a pas en le courage de maintenir sa décision première et ayant à choisir entre le vote de quelques individus incapables d'apprécier la valeur de l'instruction et de pauvres institutrices sans influence, il a préféré conserver l'adhésion des premiers et laisser è leur misérable sort ceux qui aiment encore mienx se dévouer pour la jeunesse que de faire de la politique.Au moins si l'on avait le cœnr de réparer cette lâcheté par un octroi destiné à snpplémenter l'indemnité municipale.On a de l'argent ponr donner des livres anx enfants des riches, ponr payer des réclamations ridicules à des imprimeurs amis, mais s'agit-i 1 de payer honorablement ceux qni accomplissent nn grand devoir, M.Marchand ferme ses yeux ternes, et M.Robidonx regarde par-dessus son binocle comme si on lui parlait de son voyage à la Nouvelle-Orléans.Oependant, ces farceurs viendront encore vone parler de leur dévouement à l'édncation." None sommes heureux, ajoute le Courrier du Canada, do reproduire ce vigoureux protêt.Bien des fois déjà nons avons signalé cette incroyable mesquinerie dont est ici victime notre classe enseigeante.Bien des fois aussi nons avons dénonoé la honteuse reculade de nos étei-gnoirs de Québec, de M M.Marchand et Robidoux qui après avoir sanotionné la décision dn Conseil de l'Instruction publique imposant un minimum de salaire,ont reculé devant la crainte lâche de l'impopularité, et ont abandonné lea instituteurs et les institutrices à leur malheureux sort.Le Journal se scandalise devant un salaire de $92.Que dirait-il donc devant des salaires de $60 comme on en paie aux institutrices dans certaines municipalités fort à l'aise ?Un tel état de choses est véritablement honteux.On ne doit pas se lasser de le flétrir pour secouer l'apathie pnblique.Et l'on ne doit pas se laisser nen plus de flétrir la couardise du gouveruement Marchand, qui a délibérément refusé de venir en aide à la claase enseignante.C'est encore le plus bel éloge que l'on pouvait décerner aux gens dn Canada Revu».Après hait années de travail et de lutte, les journaux les plus rétrograde* de la province sont forcés par les circonstances même, de déclarer que nous avions raison, et de dire à cenx qui ont le pouvoir de remédier à l'état de choses actuel, été qu'il faut changer de méthode.Maoist le.EN CHINE L'Académie vient de couronner nu livre, la " Chine ouverte ", à l'heure précise où la Chine entend se fermer hermétiquement aux " diabies étrangers." Le diable, pour la population crédule et surexcitée du Céleste-Empire, c'est tout Européen qui vient troubler la quiétude et fendre à coups de bâton la foule immobile de ces millions et millions d'hommes qne nous nous habituons à regarder, ponr dire le mot, comme des Chinois de paravent.Derrière le paravent il y a un peuple, et qnel peuple ! Innombrable, fourmillant, capable d'inonder et d'absorber le monde.Je ne croie pas—je ne crris pas encore—au "péril jaune" qui a inspiré à l'emperenr d'Allemagne nn dessin allégorique représentant lea nations européennes hypnotisées par la vne d'nn ponssah féroce et inquiétant.Quelqu'un qni connait bien la Chine et lee Chinois me dieait qn'on serait étonné, un de ses matins, d'apprendre qu'avec nne poignée d'hommes les légations ont pu tenir contre le grouillement formidable dea assaillants aux yeux bridés."Et vons verrez, m'as-rait cet optimiste, que quelques marins résolus et quelques diplomates changés en soldats étonneront le monde en réapparaissant tont à conp debout, à travers cette autre muraille de la Chine que forme lo cercle des Boxers, muraille humaine, menaçante et mouvante." Je souhaite que le télégraphe confirme une telle prévision.Hélas ! qu'aurons-nous appris au moment où paraîtront ces lignes '( A l'heure où je les écris, j'entrevois par l'imagination l'horrible scène ; cos légations assiégées, les femmes, les enfants attendant la mort, les hommes, pâles, leurs revolvers à la main, prêts à se défendre jusqu'au dernier—le groupement tragique de quelqnea êtres séparés du monde, pressés comme 160 LE REVEIL sur an radeau, aveo nn flot qni monte, monte, hurle, mord—et lo brait formidable de la (onle, l'immense fonle, l'horrible fonle, criminelle en tons pays lorsqu'elle a dans le cervean la folie de la vengeance et snr les lèvres la Inznre dn sang—la fonle fanatisée qni demande, comme nne proie, la chair de ces fils d'Europe réfngiés dans nne ambassade et priant.Qnel qne soit le dénonement dn drame, les ¦cènes ont dû être Ingnbres.Lngnbres et héroïques.Je suis certain qne, si M.S.Fichon nous revient, il nous contera, en s'oubliant lui-même, le dévouement des soldats, la résignation des femmes, le courage do tous.Mais ce qui s'est passé, ce qui se passe dans cette ville de Pékin, inabordable maintenant, qni le sait ?Quaud pourra-t-ou le savoir?Le saurai ou jamais ?Il semble que la suprême ironie du sort ¦e plaise à répondre à la Gonférence de la Raye, an rêve du désarmement, par les batailles du Transvaal et à l'Exposition, œuvre de paix universelle, par l'explosion de barbario de cette Chine et les tueries du Pays-Bleu.Pays-Bleu devenu le Pays-Rouge ! La vie humaine pèse pen, dn reste, en eette contrée où les guerres se soldent par des millions de cadavres.Mon ami Vereetchagin le peintre de la Guerre, qui a pénétré dans certaines villes chinoises ruinées par les combats, n'y rencontrait que dea ossements, des crânes, et encore des crânes, à perte de vue, Après un tas sinistre, un autre tas de crânes ! des crânes d'un blanc neigeux, lavés par l'eau des pluies, rongés par le soleil." On aurait dit, écrit le peintre, de ces gros cailloux qne l'on voit au bord des rivières." Ls révslte de Taï-pings étant ajoutée à cette révolte des musulmans, ces deux périodes de massacres ont, an calcul de Verestchagin, 'coûté en vingt années quelque chose comme quarante ou cinquante millions de vie humaines.Soit de deux millions à deux millions cinq cent mille égorge-ments par an.Et le nombre est si formidable là-bas que ces Baignées ne comptent gnère.Les villes dispa- raissent, les orânei s'amoncellent et blanchissent ;—ls masse hnmsine ae renferme comme nn fleuve coupé par un navire—et l'ean continue à couler comme la race jaune à grouiller, Ls fourmilière innomhrablo ne s'inquiète même pas de quelpues l'ourmis écrasées.Un soir, pendant la Commune & Versailles, je me promenais avec nu attaché de l'ambassade chinoise, et nons entendions au loin, le sourd grondement des forts de l'enceinte parisienne répondent à l'artillerie des assiégeants.Ces coups sinistres nons entraient dans la poitrine, nous frappaient au cœur, car chacun d'eux étsit tiré aur des Français, tuait dea Français, et, le matin, un engagement ayant eu lieu da côté de Vanves, ou nous avait parlé do deux cents morts.La pensée de ces deux cents morts noua hantait comme nue vision sinistn.U y avsit là Etienne Arago et M.Grévy, qui, tristement, hochaient la téte.Deux ceats cadavres ramassés, là-bas, sous les arbres reverdis psr Avril 1 L'attaché d'ambassade du Céleste-Empire se mit à rire et, dans sa face jsnne, ses yeux de porcelaine eurent des éclsirs d'une férocité narquoise.— Ah ! dit-il, que deviendrions-nous si nous devions nous émouvoir pour si peu ?et que di-riez-vous donc, vous antres Frsnçsis, si vous svies vu, comme moi, couper dans une jonrnée six ou sept mille tètes ?Vos guerres civiles ! msis ce sont jenx d'enfants ! Ches nous, c'est psr demi-millions d'hommes qu'on s'extermine et on n'y pense pins nn mois après ! Il ajouta gaiement, pondant qne le canon, là-bas, grondait toujours : — U faut bien vivre ! « * * Qne voulez-vons qn'on impose le reapeot de l'existence humaine à un peuple qui se soucie susai peu de ls vie ?Poussé à bout, affolé par les préd iestions des Boxers, il n's qu'une idée : débarrasser ls terre chinoise de ces Européens installés chez lui et voulant imposer leur oivili sation aux fils d'Asie.La vie, encore une fois, compte pour si peu là-bss que, dsns le Yang-tsé-Kisng, lorsqu'un homme tombe à l'eau, tout le monde le regarde se noyer, paisiblement, sans LB RfiVBtL l'ombre de pitié.Pas ua Chinois ne quitter sa pipe pour tendre la main an malhenrenx qni disparait là, dana le fleuve Jaune.Pourquoi ?D'abord parce que tout homme qui en sauve uu autre est tenn de payer les dettes de l'homme qu'il a sanvé.Il devient immédiatement le débiteur de celui qn'il a arraché à la mort.Tone les créanciers dn mauvais nageur (et mauvais payeur) ont recours contre le bon Chinois naît qni a commie ce orme d'en condamner nn antre à vivre.Et puis la vie n'a pas de piix en ces contrées, je le répète.Les naissances pullulent, les morts sont innombrables.L'être passe d'nn point à un antre avec nne facilité prodigiense.Mais, s'il méprise la mort, le Chinois aime la souffrance.J'entends qn'il se plaît à faire son • frir.Il prolonge l'oxistence en d'affrensee combinaisons de fortionnaire.Ce peuple de lettrée a d's fêaocités de tigre et des raffinements de ohat déchirant lee souris dans les supplices qn'il invente.C'est nn ingénieux artisan de douleur.Il prolonge les agonies aveo une science étrange de la cruauté.Quand je pense à ce pauvre commandant Henri Rivière dont la tète s'est promenée par les villages et que les mandarins montraient, glorieux et souriants, comme un trophée, entre ses mains coupées, cette loyale main que j'avais serrée et qui avait écrit " Pier-lot" et "Cain." Il faudrait arracher nos malhenrenx compa-trioies s ces périls, conrir bien vite do Tien-Tsin è Pékin.Ft.comment?Les hordes sont nombreuses entre nos soldats et la grande ville.Le flot grossit.La mer jaune déferle.Lea marins de l'amiral Conrrojolles et les soldats du général Voyran arriveront ils à temps ?Ils ne trouveront plus, du reste, devant eux les Tigres de guerre qui, agitant lenra dragons fantastiques, leurs drapeaux ornés de monstres brodés d'or er lançant lenra flèches contre lee balles les carabines Minié de nos chasseurs à pied, prétendant arrêter les Barbares en lenr montrant des masques horribles et en frappant sur des gongs effrayants.Les Chinois qui, sans reenter d'nn pas se faisaient tner uu à un sur le pont de Palikao et dont on retrouva les cadavres en ordre de bataille, en rang, le long des parapets, sont aujourd'hui remplacée par des soldats qni ne se contentent pas de bien mourir, mais qui veulent vaincre.Le colonel Dominé me disait qu'à Tuyen Quan ce qui l'avait frappé beaucoup, c'est qne, repousses, les Chinois acharnés, revenaient sonvent à la charge.-Lenrs mandarins les arrêtaient dans lenr retraite, les reformaient et les rejetaient à l'assaut.Jamais une colonne battue n'était revenue à l'attaque, autre-foie.Le fait seul de ne pas s'en tenir à la défaite subie montre que l'énergie renaît dans cette masse humaine.Et le Chinois est solide physiquement ! "Nons ne pouvions pas leur résister, me répétait un Tonkinois en me parlant du passé : ils ont sejp-gros bras !" Le biceps du Chinois pesait lourdement, en effet, sur les débiles épaules des fils du Tonkin.Nos troupiers auront donc à combattre dee adversaires dignes d'eux, ces grands gner rien "en or" qne repoussa Négrier.Ajoutes qne ces Asiatiques sont eiaapérés.Un très aimable jenne français qui, précisément revient de Chine me contait, en riant et le plue eimplement du monde, que, lorsqu'il revenait fatigué de travailler à la ligne de chemin de fer qn'il construit là-bas, s'il apercevait nne litière portant nn mandarin, il s'approchait et ordonnait au fonctionnaire chinois de descendre : —Mais je snis madarin, et cette litière est à moi I —C'est possible.Mais dana mon pays je suie mandarin d'une classe supérienre à la tienne ! Allons, descends ! Et le mandarin, impassible et respectueux, cédait sa litière.Il ne la cédera paa tonjonra.Il ne fant ni tner le mandarin, ni lni répéter trop aouveut qn'il est fait ponr marcher à pied.Irrité à la fin, il se révolte, et sa ruse et sa rancune poussent autour de pauvres êtres innocents les férocités, les bestalités, lea appétits dn meurtre de la foule.Ah ! Chine délicieuse des visions de poètes, Chine des vers de Brouillet et de Théophile Gauthier, aveo les lettrés qui rêvent sous les saules et les petites Chinoises "au teint pins clair que le cuivro des lampes" qui boivent' le thé et, de leurs yeux de songe, contemplent, soi LB REVEIL 61 m le ciel dn Pays-Bleu, l'idéale fleur de pêcher— où est-elle, certe Chine exquise et charmante ?On la retrouve encore dans les bibelots de l'Exposition, dans les laques et los albums en papier de riz.mais, entre elle et nous, il y a une vapeur de sang.Celle que j'aime à présent est en Chine.Elle demeure, avec ses vieux parents, Dans uue tour de porcelaine fine An Fleuve Jaune, où sont les cormorans.Elle y demeure toujours, la vision de Gautier ; mais, pour l'aller trouver, il faut maintenant traverser des campagnes en armes ot des villes en feu.Je sais des officiers qui avaient vingt ans lorsqu'ils arrivèrent, avec Montauban, sous les murs de Pékin et qui, grisonnants avec leurs épenleltes étoilées, voient aussi aujourd'hui se ranimer l'image de leur passé.Nos lectures ne nous ont pas plus séduits que leur campagne.La Chine et les merveilles du Palais d'Eté sont demeurées pour enx des visions de féerie.Quel étonnement lorsque les chaseurs à pied dont je parlais tout à l'heure, arrivant le soir devant Pékin et, campés sous des mûriers, passèrent la nuit là, virent tout à coup, le lendemain matin, à l'aurore rose, ceux de leurs camarades qui, les premiers, étaient entrés dans la ville en ressortir en traînant des tapis des Gobe-lins, des pendules du temps de Louis XIV, des meubles donnés à l'empereur de Chine par le Grand Roi ! Et les coffrets précieux, et les porcelaines incomparables, et les admirables cloisonnés et les éléphants d'or, et les tigres de métal incrustés d'orfèvreries, colosses stupéfiants dont les yeux énormes étaient des pierres précieuses ! Quand le général des G.évoquait devant moi ces souvenirs, il lui semblait faire encore un rêve.Voyage au pays des escarboucles et des potiches, acheté cher par une traversée atroce, mais terminé par uue apothéose des " Mille et une Nuits." Non, ce n'est plus cette Chine de théâtre du Châtelet que nos soldats vont rencontrer demain.Les arcs et les flèches des Mandchoux sant remplacés par des canons Erupp.A leur tour, les Chinois bombardent.Quelque Bonaparte jaune doit rêver la revanche contre le Japon et contre l'Europe.Il faut se hâter, se hâter de courir au secours de ceux qu'on menace daus ce pays immense où la vie de l'homme ne pèse pas plus qu'un fétu.L'opium a son alcoolisme.U voit rouge, le fumenr d'opium éveillé.Il frappe, il tue — que dis je ?— il lacère, il dépèce.Il rit et continue sou rêve en regardant souffrir.Qne la veille Europe se hâte ! Qu'elle arrache ses fils aux ongles des mains jauues ! Et qu'elle médite aussi sur tout ce qui se cache de férocités latentes, endormies et inassouvies au fond des êtres en apparence les plus doux et les pins soumis.Il ne faut jamais réveiller la bête hum line.Oe n'est pas le chat qui dort en nous, c'est le tigre.Et l'homme est bon pourtant Le Parisien sourit aveo doucenr aux panvres Chinois en robes bleues ou mauves qu'on rencontre au Trocadéro et qui gémissent, eux aussi, snr les nouvelles arrivées de Chine, quelques-uns des braves gens venus de Tien-Tsin ou de Shanghai étant dn reste, chrétiens et catholiques comme nous.—Vous ne craignez rien ?demandais-je à l'un d'eux hier matin.—Oh! non, monsieur.Nons sommes en France ! Jules Claretie, UNE CHANCE.S'il est facile de s'enrhumer, il est aussi facile de guérir son rhnme avec le BAUME RHUMAL 60 mPfllinnPUNE DAME RICHE, QUI A uUUnlM été guérie de sa surdité et de bourdonnement d'oreille psr' les Tympans artificiels de 1'Lwitut Nicholson, a remis a cet institut la somme de 25,000 frs, afin que toutes les personnes sourdes qui n'ont pas les moyens de se procurer les Tympans puissent les avoir gratuitement, S'adreser à 1'Instttut Nicholson, 780, Eighth Avenue, New-York.1 fa LB REVEIL Chronique Il y a longtemps qne l'on n'a entendu parler de fondation de nouvelles écoles an Monument National.• #*# On n'entend peu parler de la délégation japonaise de ce temps-ci.Oes dames sont probablement trop occupés à nons représenter.**# Allez chez Lorge si vous désirez être coiffé dans les derniers goût.O'est le bon endroit, rue S t-Laurent.»*» Le renvoi dn bill des juges a jeté le désarroi dans la province de Québec.Les calculs faits par nos politiciens ent été dérangés, et tout est à vau-l'eau.Gomme tont est à la Ohine on ce moment, j'invite les lectenrs du Réveil à lire attentive* meut nne reproduction intitulée "En Ohine," que j'ai enprnntée à nne publication de Paris.• On prête à l'hon.M.Marchand, qui est gravement malade, l'intention de démissioner.mais à une condition ; je vons le donne en mille, si jamais vous devines co que peut bien être cette condition et j'aime mieux vous le dire tout de suite.Le bonhomme s'en irait volontiers pourvu qu'il fût remplacé par le gendre de la province- : Raonl Dandurand ! ! ! Tont absurde que cela puisse paraître, ça peut arriver, car tout arrive avec nos gouvernants actuels.é% Je me joins à XEvénement ponr féliciter M.l'abbé Apollinaire Gingras, curé de Chateau-Richer, à l'occasion d'une féte qu'on lui a donnée ponr célébrer ses noces d'argent.Je cite des extraits de ce jonrnal afin qne mes lecteurs pui sont bien se pénétrer de l'en*hou-aiaame qui a dû déborder.journée devait être pins qu'ordinaire ; nn chœur de jeunes filles se faisait entendre dans des soli aveo le charme qn'on leur connait ; tout se prétait à rehausser l'éclat de la cérémonie.A l'Epi-tre, "Vœux à Marie" par Mlle Carméline Gravel.A l'Offertoire, "Célébrons ce grand jour" par Mlle Malviua Gravol.A la Communion : "Mou bien-aimé ne parait pas encore" par Mlles Carméline Gravel, Alice Lemay et Eugenie Gravel.A la fin de la messe, "Donne-nous un bean jonr" par Mlle Eug.Gravel.Par quel tour de force ce chœur de jeunes filles a-t-il pn se faire entendre dans des soli ?Il n'y a qn'à Qnébec qn'on voit ces choses-là A l'iisne de l'office, tous escortèrent M.le curé à son prosbytère, où uue adresse remplie des sentiments les plus délicats lui fut lue.On lui offrait en même temps, nne bourse assez bien-garnie.M, le curé Gingras, aveo le talent oratoire qu'on lui connait répondit en termes on ne pont mieux choisis.J'aime toujours la petite bourse traditionnelle, Jenne homme de Québec, qui avez écrit, n'ou-bliex jamais de di-e, lorsqu'un monsienr-prétre ou même évéque répond à nne adresse on à tonte autre chose : " M.l'abbé ou Monseignenr a répondu dans une allocution vibrante" Dans des circonstances aussi solennelles, il fant toujours vibrer.Vibrez, jeune homme ! On a en le plaisir d'entendre "Les voix du soir" par M.Laçasse.Bref, ce ne fnt, jusqu'à 9 heures, que discours, fanfare et.chansons.Puis la foule redescendit lentement des hauteurs du presbytère, semblant laisser à regret un site aussi enchanteur où elle avait entendu de si belles choses.Heureux paroissiens ! Rioolo.COMPARAISON INUTILE.Aucun remède ne pent être comparé su BAUME RHUMAL pour soigner le rhume, la bronchite, la coqueluche, la grippe.58 UNE CERTITUDE.Avec le BAUME RHUMAL, plus d'eurone ment, pins d'extinolion de voix.59 Déjà à la grand'messeon s'apercevait [qne la 154 LB REVEIL NOTRE AMI IRELAND ?Ce qui étonne le pine et ce qui marque pro* fondèrent la place du doigt providentiel, c'est que les persécutions contre l'Eglise sont toujours raaladioite8.Tel gouvernement civil gratte les moinei jusqu'à les faire crier et se rend impopulaire.Et le même gouvernement civil supporte que des évêpues étrangers viennent pérorer parmi nous, dire des choses dangereuses, après en avoir dit on l'ait de malveillantes contre noua le long de leur vie.L'an dernier, Mgr Ireland, archevêque américain, prêcha Jeanne d'Arc dn haut de la chaire d'Orléans de façon à entraîner la sainte dans le ' gouffre de banalité où il plongea lui-même.Mgr Touchet remercia/et la paterne République laissa violer le Concordat.Ce snecès grandissant la hardiesse) dn prélat, il vient cette fois parler là où déballent tous les saltimbanques de la terre, sur une place publique, et il se juche snr une estrade pour inaugurer la statue de Washington le 4 juillet.Il est vrai que nons sommes en temps d'Imposition et qu'il faut nous montrer de tout nn p m.On laissera donc Mgr Ireland parfaitement ranquille vaquer à sa popularité.Et ce sera même plaisante aventure que celle de cet évêque condamné par Rome, faisant en France l'éloge de la France qu'il combat en Amérique.Car Mgr Ireland, qni porte haut toutes les vertus privées, celles de l'homme, celles du prêtre, celles de l'Irlandais même, reste dana son archevêché l'irréductible ennemi de la langue française, comme il y est l'ennemi de Rome ; avec prudence.Le Pape a condamné l'américanisme et les élargisseurs du catholicisme.Le remnant archevêque de Saint-Paul qui tenait tons les fils de l'intrigue s'est mis à jnrer ses grands Dieux (car il en a plusieurs) qu'il n'avait jamais entendu parler des erreurs condamnées.Et ces erreurs, il les avait professées dans nn livre qui a eu huit éditions ! De même, le 4 juillet, Mgr Ireland, qui a le nez de diplomatique prudence et de hautaine impudence, oubliera sans doute que, le 27 juin 1899, il fnt, en Angleterre, plus anglais que le duc de Norfolk et le cardinal Vaughan.L'homme qui osera se frapper la poitrine, qu'il a large en affirmant qu'un cœur y bat pour la France, cet homme veut faire de l'Amérique un prolongement de l'Angleterre et voudrait effacer jusqu'au nom du Canada de la carte du Nouveau-Monde.Les tempes sèches, les os saillants, la peau luisante, la tête présentant un profil de rasoir anglais, voici comment s'exprimait, il y a un an le mendiant international de popularité : "Aujourd'hui, clamait-ii, l'influence de l'Angleterre est universelle.Aujourd'hui, à travers tous lea océans et les continents, la langue anglaise est répandue ; 'avenir de taut de continente et de tant de centainea d'îles est lié sa progrès de l'influence anglaise ! " Et Mgr Ireland, qui est d'origine irlandaise, voit l'Ile tristement assise de l'autre côté du canal.Mais, en bon Américaiu, sous ses lunettes d'or, il a l'œil optimiste.Vons ne devineriez jamais pourquoi la terre d'Irlande a tant souffert selon l'archevêque de Saint-Paul : "C'est en vne du grand pouvoir et de la grande mission de l'Angleterre de par le monde que Dieu a sauvegardé la foi en Irlande." Ce trait d'audace encourageant l'oreteur, notre homme devient lyrique et lance cette énormité."Partout où flotte le drapean anglais — et il flotte de l'Arctique à l'Antarctique, du Pacifique à l'Atlantique, et plus loin encore, au-delà des - océans indiens et de l'Australie — partout où il flotte, il abrite la représentation de la Sainte Eglise catholique." Un homme qui a de telles vnes sur l'histoire semble bien fait ponr mener le dogme là où il l'a mené, à trois pas de la pnre hérésie.Mais rien n'arrête Mgr Ireland dane son ' eitase anglaise, j'allais dire " anglicane " : " Nons antres, catholiques américains, nons sommes remplis d'espoir en regardant le grand avenir qui s'ouvre de par le monde anx peuples qui parlent notre langue et à l'influence anglaise." On ne sait ce qne pensent les diocésains de Mgr Ireland de leur bouillant évêque : mais cet- LB RÉVEIL 155 te phrase est faite ponr étonner la loyauté américaine.Et cela continue.La pensée de l'oratenr con-le tonjonra.Gomme nn grand fleure à travers les plaines ramasse des rivières, elle ramasse d'antres admirations, d'autres clameurs anglaises : " La mission des catholiques parlant anglais est immense.En qualité de catholiques, vous devez placer au service de la religion tontes les nobles qualités de votre race, car vous êtes une race de conquérants et de triomphateurs à traver le monde." Fuie Mgr Ireland, qni sème les naivetes autour de lui, comme les dents de Cadmus, pour qu'elles grandissent, explique qu'ii aime mienx parler anx laïques qu'aux prêtres, " surtout à des laïques anglaia ", dit-il poliment.Et il donne quelques conseil A ces chers laïques doLt il proclame la supériorité : " Ne perdez pas de temps, conclut-il, à faire des rapports au quartier général sur le bien qui peut être fait A la religion ; mais faites ce bien d'abord et votre rapport ensuite." Le quartier général c'est Rome ; Luther n'aurait pas mieux parlé ! La langue anglaise, que Mgr Ireland vent partout aubatituer A la langue française, est uu nouvel objet d'éloges pour l'orateur.C'est " le grand canal qui doit transporter les idées A travers le monde"."Vous êtes, après tout, la patrie mère des contrées qni parlent l'anglais, vona êtes le siège principal dn gonvernement dn monde et vous devei travailler, penser, agir pour que l'influence catholique ee répande de concert avec l'influence d'nn empire qui sort de Londres." Fuis Mgr Ireland étend sa couverture anglaise sur les denx Amériqnes, qui sont, d'après lui de simple fiefs anglais.Je|n'exagère paa : " Nos premiers colons catholiques d'Amérique, les compagnons de lord Baltimore, étaient anglais.Des milliers de liens nous unissent."Tendez votre main entre ces deux grauds pays.Nos intérêts sont les mêmes.Et puisque nous sommée si étroitement nuis comme Anglais et Américains, soyons unis doublemen1 par d'étroits sentiments d'amitié comme catholiques." Cette façon de jongler avec l'histoire, de la fausser, de la boasuer serait une courageuse niaiserie si nous ne devions pas demain voir le même apôtre d'anglicanisme parler en Franoe de la France comme il parla en Angleterre de l'Angleterre.Et cette France où Mgr Ireland vient prouver qu'il ne sait paa le français, savez-vous comment il l'a traitée l'an dernier en Angleterre ?Voioi : " Nons avons reçu, disait-il, des adhésions da toutes les contréee du monde.Chaque paye nous a adressé des emigrants.Nons avons reçu des catholiques de l'Angleterre elle-même.L'Irlande nous en envoie par millione ; l'Allemagne anssi ; et on nous arrive aujourd'hui de Bohême de Pologne, des régions slaves, d'Autriche, d'Italie et même dn Liban." La France, dont Mgr Ireiand parlera chez none aveo nne bouche de crocodile amoureux, la France-n'est même pas nommée qnand il pleure en Angleterre sur le malheur de n'être pas tont A tait anglais.Mgr Ireland a anssi le don de lancer dee invitations an nom de cenx qni no lui ont donné aucun mandat.S'avisera-t-il en Franoe d'inviter tont le pays an nom de l'Amérique, comme eur les bords de la Tamise il convia tous lee Anglaia A parcourir lee plaines dn Nouveau-Monde ?"Pour faire cela, il vons faudra franchir bien des milles, mais il vons sera agréable de traverser nos prairies, continuait Mgr Deshou lie res-Ireland.Alors vons verrez vos frères catholiques et vons vous connsîtres.Une grande mission a'ouvre devant nons, car certainement, A l'avenir, l'influence de l'Angleterre et de l'Amérique s'étend>a A dea milliers de milles d'étendue par terres et par mers : et puisque Dieu dans sa providence a donné une si grande étendue A oes deux nations, votre tâche est grande.La nouvelle ère est commencée pour nous, une ère de liberté entièro et le pouvoir de la réaliser dans la plénitude de la liberté".Que si l'on demande comment le diseur de teliea choses pent représenter le peuple qne 156 LB REVEIL nons aimons le mieux, l'Amérique, en France, k nne inauguration solennelle la réponse sera très sirrple.Mgr Ireland s'est agité.L'an der* nier, le gouvernement français a eu la naiveté de ne pas interdire son entrée dans l'église d'Orléans.Sur ce, le prélat a fait croire qu'il' était l'invité de ce gouvernement aux fêtes de Jeau-ne-d'Are.; ct c'est pour nous être agréable qu'on nous a gratifiés d'un nouveau discours de Mgr Ireland, l'évê ue de la religion nolytechniqne, mais non romaine, le citoyen au cœur anglais, le prêtre aux idées protestantes, le déclamât >ur qui fait le pins vite et le plus entre deux paquebots, l'homme enfin qne nous devrions le mienx applaudir à bruit de clefs forées qnand il mettra ses dents jaunes dans le marbre de France, si le marbre mordu ne se moquait pas do ses dents, Jean de Bonnefon.RENTREE DES CLASSES Au moment de la rentrée des classes, il nous semble utile d'appeler l'attention des mères de famille snr la nécessité qni s'impose à leur sollicitude maternelle, de suppléer à l'insuffisance de l'exercice physique chez leurs enfants astreints à l'étude, par l'emploi régulier d'uu tonique réparateur et reconstituant du sang.Il y aurait bien moins de jeunes filles anémiques, nerveuses, hystériques et souffreteuses, si les parents et les institutrices voulaient encourager les exercices physiques et forcer les jeunes filles k s'y livrer comme ils les forcent sonvent à étudier presque au-delà de leurs forces.Les médecins prescrivent les l'ilules de Longue Vie du Chimiste Bonard comme traitement préventif et curatif de l'anémie i elles ont toujours d> une les résultats les plus satisfaisants, n'exigent pas de îégime spécial et ne dérangent en rien les habitudes régulières de la vie du convent.Ces pilules se trouvent dana tontes les bonnes pharmtciesà raison de 50c la boite, Envoyé par la malle en s'adressent à la Cie Médicale Franco-Coloniale, boite 088, Bureau de Poste, Montréal.Faites abonner vos amis an Réveil LES MAISONS HANTEES Les étranges rumeurs dont la me de Bourgogne n été le théâtre remettent de nouveau en question les " maisons hantées." Ces seuls mots ont le don, jetés au hasard dans une conversation, de suseiter les ironies les pins sottes comme les anecdotes les plus fantastiques.D'une part, toute une catégorie de gens ne veut y voir que fumisterie grossière, truo, ventriloquie ; de l'autre, les récits superstitieux vont leur train, les souvenirs s'augmentent et se déforment sou l'influence de l'imagination et du désir d'étonner ; le petit frisson du mystère parcourt les jolies épaules des femmes et les reins épais des hommes.tout à l'heure on avait tout nié, maintenant on eit prêt à admettre les fantasmagories les plus absurdes.Il y a, je pense, entre ces denx opinions extrêmes et également inexactes, une position à choisir pour l'observateur impsrtial et attentif.Constatons d'abord que l'aspect des maisons hantées a évolué avec les siècles et l'état d'esprit des hommes.M.Laug, un psychologue distingué, cite un eu qui date de l'an 856.Comme vous le voyez, les maisons hantées ne sont pas nne invention moderne ; mais autrefois les esprits se plaisaient à visiter les vieilles mines, ils traînaient leurs linceul» et leurs ohaines dans les corridors des châteaux silencieux * les gémissements plaintifs réclamaient des messes ; s'ils exprimaient 1 urs griefs à quel* que visiteurs nocturne (il avait tonjours, disposés sur sa table, un livre de prières et un pistolet), c'était dsns nn lsngage poétique et solennel, et ils affectionnaient les douze couf s du beffroi comme heure dea confidences.Aujourd'hui le phénomène affecte des apparences plu prosaïques et moins grandioses.Nos revenants aont devenu beaucoup plu mal élevés et bruysnts.Ils n'attendent pas le recueillement de minuit pour commencer leur concert de cria, de coups frappés, d'ustensiles décrochés et mis en branle.S'ils s'expriment, ce' n'est plu dans un langage ossianique et fleuri, mais plutôt avec le vocable des halles et l'exclamation chère à Cambronne.Au lien de réclamer des messes, LB REVEIL 167 ils menacent, injurient, se vantent de faire dé-gnerpir les curieux ou de lenr infliger une ponr mémorable.Au lieu des graves fantômes d'autrefois, ce sont de vieux cabotins désireux de parader et de pétarader au nez des pauvres vivants déconfits.Cependant il y a un fond qui reste le même ; et c'est cela qui montre la part de réalité autour de quoi l'imagination a tissé sa toile de merveilles.Une part du phénomène physique est immuable.Les craquements, les soupirs, lee chutes de pierres, les mouvements des meubles, les projections de vaisselles et autres objets s'ont pas changé ; même on pourrait dire qu'ils ie eont accentués un peu plus de nos jours, comme si les revenants étaient devenus plus positifs, à l'image de ceux chez qui ils reviennent.Lisez les récits modernes des maisons hantftes.Pour ma part j'en ai examiné quelques-unes à la campagne et à la ville ; et j'ai tonjours été frappé de l'extrême matérialité et, j'oserai dire, de la grossièreté de cea phénomènes.Ils n'en tou , il eat vrai, que plus frappants, et nne lèchefrite qui, toute seule, descend les escaliers comme nne personne est bien plus faite pour itupéfier nn brave citoyen de la troisième République que les plus subtiles expériences de clairvoyance on de pressentiment.Eh bien, me dirs-t-on, quelle explicstion trouvez'vous ponr ces faits extraordinaires?Croyez-vous au surnaturel ?Je dois le dire tout de suite, d'accord aveo M.Anatole France, je pense qne, dès qu'un phénomène s'offre è nous, Nt perçu par noua, il fait partie de l'ordre des choses et reate psr conséquent naturel Mille forces nous sont inconnues encore on msl con* ânes.Elles n'en sont pss moins naturelles, pnisqu'ellea existent.Qne sont-elles ?D'où Tiennent elles ?En vérité, les difficultés commencent là.Tour nons restreindre snx msisons hantées, Toici brièvement les quelques soldions qui nous sollicitent : Tout d'abord, ls mystification pure et simple, wit intéressée, comme dsns le osa de déprécier sn immeuble, aoit dsns un bnt de divertissement.Les sceptiques de parti pris et les obser- vateurs superficiels s'en tiennent à cette explication un pen sommaire et qui ne saurait embrasser tous les cas.Les spirites prétendent, enx, que ce sont les défnnts qui viennent, dans le j maisons hantées, témoigner de leur survivance.D'après lenr théorie, l'homme serait composé de trois éléments : le corps, qui disparaît et se disperse après la mort ; puis le péresprit et l'esprit, qni continuent à exister.Le péresprit, qni tient lo milieu entre la matière et l'âme et participe de l'nn ct de l'autre, sert au défunt d'instrument ponr se manifester par delà la tombe.Lo péresprit d'un mort inquiet, outragé ou repentant mènerait la sarabande dans la maison qu'il a autrefois habitée.Dans ce cas, si vous voulez le calmer, interrogez-le avec déférence.U vous dira ce qui le trouble ; quand vons vous serez conformé à ses exigences, les bruits d'eux-mêmes cesseront.Les occultistes et les théo'ophes formulent une hypothèse plus complexe et pins raffinée.Pour eux, il existerait, en dehors du plan physique, le * plan astral." Oe plan astral est le lien où évoluent non-seulemont les âmes des morts qui ne sont pas encore tont à fait délivrées des illusions terrestres, mais tontes les coques, tous les vêtements psychiques abandonnés psr les esprits en s'élevsnt à d'autres régions.Ces débris d'âmes—si j'ose m'exprimer ainsi—sont des éléments de dissolution, de trouble, de désordre.En se diluant, et svsnt de se refondre dans le tout universel, galvanisées psr des souvenirs de vie personnelle, - ces lsrves tentent un dernier effort,- un ssssnt suprême.O'est à elles que nous devrions ces phénomènes violents, d'une intelligence obscure et d'une incohérence manifeste.Msis l'ingéniosité des occultistes va plus loin encore.Ils supposent que ce plsn astral possède des individualités autonomes qu'ils appellent " élémentals." Ces élémentsls sont ou bien des forces cosmiques encore inconnues ou bien àm pensées p'us ou moins malfaisantes d'hommes vivants qui se sont détachés d'eux et vivent d'une vie à part dans le plan astrsl.Oe penple bissrre et dispsrate, mi-conscient et plutôt malicioieux, qui rappelle les formes fant asti- 158 LB RÉVEIL qaes et les monstres des "Tentations de saint Antoine " on des " Sabbats " des peintres flamands, serait le fantenr des plaisanteries burlesques inhérentes aux maisons hantées.Tont cela est à la fois poétique et fascinant ; mais il semble que l'imagination y ait uue part importante.Les étudiants des " sciences psychiques " examinent le problème des maisons hantées avec un esprit beaucoup plus positif.Ils ont fini par découvrir qu'il ne se produit une rumeur on nn mouvement incxplio Mes par les moyens ordinaires que si dans l'ambiance du prétendu miracle se trouve nne personne spécialement nerveuse (généralement une femme) qui en est en quelque, sorte la coudition indispensable, et que nous appellerons le ''medium".—La petite bonne par exemple, joue dans les maisons hantées nn rôle prépondérant.—Partout où les revenants font leur sabbat, il existe un être en ohair et en os sans leqnel ils ne pourraient rien accomplir.Enlevez cet être, le calme est rétabli ; faites-le revenir, tont le vertige recommence.' Voilà nn point acquis et il a son importance capitale." Sans "medium" pas d'esprit, d'élémeutal on de larve." Dès lors on respire, nous ne sommes plus à louvoyer autour d'un an-delà insondable et irritant, nous tenons entre nos mains I'occaaion du prodige, qui est toujours un être humain.Ce n'est pas dire que la difficulté soit toute tranchée.Le " medium " est généralement un anjot entraîné aux pratiques dn spiritisme et de l'hypnotisme on nn hystérique qui ne so rend pas compte des.étranges privilèges de son détraquement.Le malheur, c'est qne de telles personnalités sont volontiers simulatricea Je ne parle paa surtout de la simulation grossière qui consiste à tromper consciemment, mais d'une simulation plus insaisissable par laquelle out trompé sans le savoir et avec une sincérité qui déroute les novices expérimentateurs.J'ai connu, par exemple, une hystérique déclarée qui, domestique, se plaignait à ses maîtres des mauvaises farces d'un esprit malin qui la tourmentait." Il renverse mes sauces, disait-elle, cache les objets dont j'ai le plus besoin, ouvre tout à coup les por- tes que j'ai soignensement fermées." Cette femme était très sincère et très malheureuse.On l'observa et l'on ne tarda pas à s'apercevoir qu'elle ouvrait elle-même les portes, renversait los sauces et cachait les objets.Seulement elle l'oubliait aussitôt, et, se trouvant en face d'un fait d ,n t elle n'avait plue connaissance, elle l'at-tribuail k quelqu'un d'extérieur à elle.Mais certains faits extraordinaires demandent nne antro explication.Bien sonvent devant le medium immobile, d s meubles se sont déplacés des chandeliers, des couteaux, des fourchettes, des vases, que sais je encore ?sont entrés en danse et parfois se sont brisés sans qne l'on ait pu discerner la force qui les agitait.Les sciences psychiques nous apprennent qne, même en ce cas, il n'y a rien de miraculeux.Ohez certains sujets où l'équilibre nerveux est détruit, les forcée dont ils disposent paraissent pouvoir s'ex-travaser hors d'eux et agir sane qu'ils en aient la maîtrise ni même la connaissance.C'est toujours le medium qni est l'occasion dn phénomène, mais le medium extériorisé.Ses forces motrices agissent-elles hors dee organes, projotés vers l'objet ?on bien induisent-elles, daus l'atmosphère, dee forces inconnues pour les faire agir ?Tout cela est obscur, et je crois qu'il aérait bien présomptuenx de vouloir se prononcer "ex cathedra".N'y a-t-il même dans les maisons hantées celles qui le sont vraiment, bien entendn, que des phénomènes d'extériorisation de forces psychiques ?Je ne le pense pas.Autour de oe fait positif, l'imagination tisse, commo je le disais au début, sa toile fantastique.Les cerveaux s'exaltent, la suggestion s'emploie, l'hallucination collective s'en mêle : antour du grain de mil qui est réel, les nnages brillants de l'illusion s'enroulent jusqu'à le cacher.Bt la fonle béate on rit sans comprendre et en criant au menaonge ou recommence ses viens et doux rêves de miracle, de merveilleux et de revenants.Jules Bois.SOIGNBZ-VOUS.Si vous avez sonoi de votre santé, vons emploie rez le BAUME RHUMAL dane toutes lee affections de la gorge et dee poumons.67 LE REVEIL 159 TRADUCTION ET REDACTION Souvent le monde commercial, industriel on financier désire confier la rédaction de ses cirons laires, brochures ou annonces à des experts ; mais on ne réussit pas à les trouver, a moin que, comme cela arrive trop souvent, sa confiance ne soit accordée à des gens qni n'ont ni la science ni l'expérience.Il ne suffit pas de faire beaucoup de publicité : il faut encore et surtout qu'elle ¦oit à point.Si la forme ne vient pas à l'appui du fond, le but visé n'est pas atteint, la pensée de l'intéressé est mal exprimée, peut-être même n'est elle pas du tout comprise par ceux dont on recherche la clientèle.On nous a très souvent demandé d'organiser ici, sons les auspices du Réveil, un service de rédaction générale et de traduction d'anglais en français, ou vice versa.O'est pour satisfaire à cette demande qne nous venons annoncer que dorénavant des experts se chargeront non seulement de travaux commerciaux, mais littéraires et techniques.Notre tarif n'aura rien d'exorbitant, nons apporteront dana l'exéontion des commandes nn soin méticuleux et toute ls célérité posssible.On pourra s'adresser à ls direction du Réveil, au No 151 rue Sanguinet, ou psr lettre au bureau de poste, Boîte 2184, Montréal.60 YEARS' IXPIRIINCI Patents TU*OC MARKS m DtSMHS CO-TMOMT* AC ' Anyone aendlni t »«e
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