Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1 août 1900, samedi 18 août 1900
m 157 RUE SANGUINET No 263 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE_THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XII MONTREAL, 18 AOUT 1900.No 263 SOMMAIRE La Mouchard i se, Vteux-Rouge — Opérations Inventoriâtes, Libéral — Vieilles ferrailles, Char Grit — Supplique, Séverine, — Chronique, Rigolo — Anatomie, Raoul Ponchon — Chinoiserie, Octave Mirbenu — L'Empoisonneuse, Jean Richepin — Pour vous, Mesdames.Lob conditions d'abonnement an Réveil ne sont pas lea conditions ordinaires des antres jonrnanx.Nons livrons le jonrnal i domicile [ franco,] à raison de 25 cts par mois, payable an commencement de chaque mois.Tont ce qne nons demandons an pnblic est de voir le journal.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.Le prix de l'abonnement au Réveil est TROIS PIASTRES par aunée.LA MOUCHARDISE Il n'y a pas de sot métier, c'est vrai, mais il y en a qui sont bien pénibles à remplir, et parmi ces derniers, il faut compter premièrement le métier de policeman.Je plains, certes, bien sincèrement, le brave homme qui veille sur la vie et la propriété de ses concitoyens pour un salaire souvent dérisoire, lorsqu'il fait son service honnêtement et consciencieusement.Mais je déteste cordialement le mouchard qui, par excès de zèle et par sottise, dans •le but de s'attirer les bonnes grâces des hommes en places, joue le rôle de la mouche du coche, et se fait voir partout où l'on n'a aucun besoin de lui.* * Depuis un certain temps, une campagne fiévreuse a été menée contre les hôteliers qui vendent de la boisson le dimanche, et les agents de polioe se sont jetés à corps perdu dans la lutte de .l'autorité contrôles gens qui violent la loi des licences 194 LE REVEIL Ils ont aussi fait la guerre aux maisons de prostitution, sur l'ordre qui leur en a été donné par les chefs de l'autorité judiciaire.C'est leur affaire, et sans aucune critique de leur conduite, je me permets de dire qu'ils ont peut-être eu tort de pousser cette campagne un peu plus loin qne leurs maîtres ne l'avaient désiré.Aujourd'hui, je n'ai rien à dire sur leur manière d'agir à l'égard des maisons malfamées, et je me contente de protester contre leur manière d'interpréter la loi, quitte à leur dire plus tard quel sera le résultat d'une campagne absolument inutile, et même nuisible au point de vue de la morale publique et de la sécurité que la loi doit garantir aux citoyens honnêtes et aux contribuables de la ville de Montréal.Ce que je veux signaler aujourd'hui aux magistrats de la ville, c'est la conduite de leurs subalternes, des gens à qui les citoyens paient des salaires pour la protection de leurs propriétés et de leurs enfants, de la police, en un mot.Et parmi ces policiers je dois signaler un cas particulier, celui du pudibond Job 0.Trempe, l'important, qui ricane au nez des citoyens, à travers le téléphone que la corporation, c'est-à-dire, tous les citoyens, paye à ce monsieur sans compter lo salaire qu'on lui compte chaque semaine.• Ce n'est pas moi qui refuserai à Job le droit de rougir lorsqu'il entendra des couplets un peu salés dans un café concert, ou bien lorsqu'il verra Marcelle Ducas et Del-ville exécuter—si gracieusement—des tours de valse au Parc Sohmer, mais si son incommensurable pudeur est offusquée par ces choses si ordinaires, qu'il sorte de la police et qu'il se réfugie dans la société des gens de l'Adoration Nocturne, ou diurne—il y en a pour tous les goûts.SEMÉ Il peut aussi choisir un monastère où l'on fabrique du whisky croche, ou bien encore s'occuper de colonisation dans le Nord avec le Dr Jacques.Les sphères de l'activité humaine sont nombreuses et variées, et il ne lui reste que l'embarras du choix.Mais s'il persiste à servir les citoyens de Montréal en qualité de policier, il doit suivre un cours de belles manières et répondre aux citoyens qui lui font l'honneur de requérir ses services avec politesse et se rendre à leurs désirs légitimes quand ils demandent la protection pure et simple de la police contre les voyous qui pullulent dans tous les quartiers de la ville sous l'œil paterne et bienveillant du garde municipal armé du glaive de la loi représenté par un bâton à deux bouts, et orné d'une courroie en cuir, qui sert plus souvent à assommer les innocents qu'à châtier les coupables.Viiux-Bouai.POPULARITE JUSTIFIEE.C'est ajuste titre que le BAUME RHUMAL est populaire : il guérit la toux, le rhume, la bronchite, la grippe, la coqueluche.Il im cniiDiïC-UNE DAME RICHE-QUIA UA dUUnUtf été guérie de sa surdité et de bourdonnement d'oreille par les Tympans artificiels de I'Institut Nicholson, a remis a cet institut la somme de 25,000 frs, afin qne toutes les personnes sourdes qui n'ont pas les moyens de se procurer les Tympans puissent les avoir gratuitement, S'adreser à I'Institut Nicholson, 180, Eighth Avenue, New-York.GENERALITE.- Pauvres, riches, jeunes, vienx, tous sont sujets aux affections de la gorge et des poumons, et tout le monde prend du BAUME RHUMAL pour les guérir.75 195 Operations Inventoriâtes i Notre journal—nous l'avons sonvent établi—ne s'adresse pas à la masse (ce qui le dispense de sacrifier à la déesse de la Bê-tisse pour s'arrondir une clientèle).U a pour public quelques centaines d'hommes qui sont, dans leurs sphères res-1 actives, des chefs dc file, des mouleurs d'opinions et des intransigeante, quand il s'agit de principes.Les relations entre notre journal ct ce public sont de deux natures : tantôt le K f, veil reflète purement et simplement les opinions et les vœux de ces derniers ; tantôt il inaugure de nouvelles campagnes, produit des plaidoyers nouveaux, mais toujours avec le même but en vue et en entière communauté d'idées avec ces fidèles.Ce qu'on appelle la grande presse—et qui n'est que la grosse presse—a toujours fait métier d'ignorer le travail qui s'élaborait dans nos colonnes, les mouvements très sensibles dans l'opinion dont le point de départ ne pouvait se retrouver qu'ici même.Comédie et tactique perdues! L'état actuel du vrai parti libéral est la corroboration exacte et plénière des campagnes menées depuis quelques trois ans par le Réveil.Ceux qui nous ont lu et suivi et qui, en même temps, ont accordé quelque attention à l'évolution dans le parti, comprennent combien nous avons raison de parler de la sorte.Mais, dira peut-être quelqu'un, comment votre journal a-t-il pu arriver à ce résultat si vrai et si général, puisqu'il n'atteignait pas la masse ?Notre réponse est courte comme tout ce qui n'a pas besoin dc démonstrations.La voici : C'est un travail à deux dégrés qui s'est fait.Le groupe qui forme notre clientèle est, nous le répétons, composé de mouleurs d'opinions, d'hommes qui comptent partout où ils se meuvent.Ils ont été les dissémi-nateurs puissante et constants des vues exprimées dans le journal que, tantôt, ils inspiraient et qui, tantôt, leur servait de texte de propagande.Et, d'un autre côté, qu'est-ce qui a fait et fait encore la force de ce groupe au point de vue de l'action politique ?C'est qu'on y trouve les gardiens naturels et reconnus des traditions et des doctrines du parti libéral.On ne pent les mettre en suspicion; leurs papiers sont en règle ; leurs quartiers de noblesse sont nombreux autant qu'authentiques, et si on a réussi à enlever leur patrimoine, il n'en a pas été de même de leurs justes titres.Aujourd'hui, ces hommes se préparent à renverser des usurpateurs.L'occasion va leur être donnée dans quelques mois.Nous disons qu'ils se préparent à renverser des usurpateurs.C'est une distinction très importante à garder en mémoire, car c'est là co qui fait tomber à l'eau le grand reproche qui nous est lancé, dans certains quartiers, d'être déloyaux, de vouloir la ruine du parti.Les usurpateurs se cachent derrière le parti : ils s'en font un paravent, une muraille sensible et semblent dire: Ne tirez pas sur nous, car entre nous et nos poitrines, il y a le parti que vous atteindre», que vous blesserez.Nous avons toujours tenu et nous tenons plus que jamais à bien faire comprendre qu'en attaquant les usurpateurs et les farceurs qui commandent aujourd'hui à Ottawa, loin d'être en guerre avec le parti, o'est 196 LE REVEIL le parti que nous défendons, c'est à son secours que nous accourons.Ce qu'il y a au pouvoir, ce n'est pas lo parti libéral, c'est une collection d'hommes qui s'y tiennent en son nom et qui en font le même usage que faisaient de la Liberté ceux que Madame Roland citait devant la postérité.Ces parasites, ces produits monstrueux ont tellement compliqué la situation ; ils ont si bien mêlé les intérêts du parti aux leurs que nous sommes forcément mis en face du terrible point interrogatif de l'opération césarienne: Faut-il tuer la mère ou l'enfant ?Ils se narguent de nous, en nous criant bien haut que nqus ne pouvons les abattre sans immoler le parti.Ils ont ce cynisme et, hélas I beaucoup de libéraux sans poigne et sans énergie seraient plutôt disposés à les maintenir au pinacle que de risquer de blesser le parti.Mais, chers amis, il y a des blessures qui sauvent, des saignées qui sont la vie.Et puis, est-ce la vie pour un parti que de n'exister que de nom ?Si le fait d'être au pouvoir est la seule preuve de vitalité que possède un parti, où était donc le nôtre de 1878 à 1894 ?que faisait-il ?Ce qui se passe en Chine a une graude ressemblance avec ce qui se passe dans notre organisation de parti.Les Boxers, dont nous sommes loin de penser trop en mal, veulent que la Chine - appartienne à la Chine, que le trône impérial soit occupé par un prince de leur sang et non par la dynastie mandchoue.Ils se sont soulevés, ils ont coupé des têtes à droite et à gauche, un peu à tort et à travers (c'est le progrès des révolutions) mais, somme toute, s'est-il trouvé un seul penseur sérieux qui ait censuré le mobile inprinci- pio de leur soulèvement ?La Chine aux Chinois I pourquoi pas aussi à droit et à raison que lo Canada aux Canadiens, formule qui a soulevé tant d'enthousiasme parmi nousl Et, pour rentier dans notre sujet, pourquoi pas : le parti libéral aux libéraux ?La logique est une science universelle et nous ne voulons pas que les libéraux soient les seuls à n'en pas bénéficier.Nous n'entendons pas mettre hors du parti tous les adhérents de nouvelle date.Nous reviendrons là-dessus tout spécialement, dans un des articles qui formeront cette série.Dans ce premier, nous tenons à établir rien qu'un fait : e'est pour le parti que nous travaillons, quand nous menons la campagne dont le présent écrit et ceux qui le suivent font partie.On a toujours essayé—et quelquefois avec succès—d'enlever quelque autorité à nos parole, en (lisant que nous mettions le parti en péril, que nous étions mauvais partisans.Nous voulons prouver le contraire et dans cet inventaire des actions et omissions des usurpateurs d'Ottawa, nous nous efforcerons de prouver que notre travail tend à sauver le parti, à prouver que les choses en sont rendues au point où se dresse terrible la question de l'opération césarienne.Libéral.POUR L'ENFANCE.La to ai, la coqueluche, le croup, tristes apanages de la délicate enfance.Le BAUME RHUMAL guérit infailliblement et promptement tont cela.74 Faites abonner vos amis au Réveil LB REVEIL 197 VIEILLES FERRAILLES Nous avons assisté, il y a quelques jours, à uu tournoi dont la mode était sortie de nos ns depuis quelques années.Si nous en parlons, ce n'est pas que l'affaire ait eu du retentissement ou quelqne succès.C'est uniquement pour constater la fin, bien finale, d'un élément de combat, d'un article de munition électorale qui, autrefois, avait force de lyddite.Nous parlons de l'influence cléricale.Jadis, aux beaux jours de sir goorge Etienne Cartier, l'influence indue et les manches de haches jouaient un rôle conjoint dont le souvenir est trop palpitant pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'historique.Grâce à l'œuvre du temps et aux efforts de quelques vrais libéraux soutenus par une couple de journaux non bâillonnés, les manches de haches sont retournés presque partout à leurs fonctions naturelles.Ce n'est qne par exception qu'ils entrent encore en scène et, dans tous les cas, ils ne sont plus considérés comme l'apanage exclusif d'un senl parti.Ce qui constitue nn progrès comme un autre.L'influence cléricale n'a pae disparu d'une façon aussi complète, mais elle n'est plus que l'ombre d'elle même.Nous dirons même qne c'est une arme qui éclate dans les mains de ceux qui l'emploient.C'est ce qu'ont compris depuis quelques années les hommes intelligents des deux partis.Mais il se trouve toujours de côté et d'autre quelques trainards qui croient qu'en repressant le citron on en tirera hien encore quelque chose.C'est ainsi que la Paresse qui adore s'appeler journal de progrès et ne rien faire pour le prou-est venu, sans crier gare, prouver dans toutes les règles de l'art que le clergé est avec les conservateurs.La Patrie qui anrait dû tirer un grand profit do cet co n-nencemout de campagne imprudente et continuer l'œuvre de ses pères en se félicitant d'avoir cette influence contre son parti, la Patrie s'est livrée à nn travail non moins ex- ténuant ponr établir |qne le clergé ne peut être qu'avec ses gens.La galerie prise de stupéfactione n'a même eu la force de siffler ou de jeter des trognons de chou à ces déterreurs de morts, Seulement, il est arrivé ceci : les deux organes étonnés à leur tour de l'étonnement du public ont vite mis fin à cette polémique démodée, donnant par là raison à ceux qni soutiennent qne l'influence cléricale n'est pins une arme valable.C'est, dans l'espèce, une manière de fusil à pierre, qui n'a pins d'effet ni de portée à notre époque de perfectionnement dans les engins de tuerie électorale.Le fait qui se dégagerait des articles de la Patrie et de la Presse — s'il devait s'en dégager quelque chose serait que les deux partis sont ou condamnables ou composés d'élus.La Patrie et la Presse ont fourni une preuve également forte et d'idiotie impartialement partagée.Il faut donc en conclure que dans un cas on dans l'antre le rôle du clergé se trouve remisé pour tout de bon, à moins, toutefois, que la Patrie et la Presse aient toutes deux plaidé pour deux condamnés, auquel cas le clergé serait obligé de fonder un parti pour lui tout seul.Pour réussir, il faudrait qu'il fut uni, harmonisé, susceptible de ne reconnaître qu'une autorité.Or tout le monde sait qu'aucun corps n'est plus divisé que le clergé sur le terrain politique.Le curé Thiverge, de la Baie des Chaleurs, sera toujours rouge, et le curé Gosselin, de Cap-Santé, sera toujours bien.Nous reviendrons, an point de vne d'une prochaine élection, à cette question de l'influence cléricale.Aujourd'hui nous n'avons voulu, constater que deux choses : la position comique où s'est mis le clergé aveo sa conduite tortueuse vis-à-vis les hommes tour k tonr au pouvoir — puisque deux organes politiques de couleur différente peuvent soutenir et prouver que ce clergé aveo eux ; et le peu de jugement de ces confrères qui ont voulu remettre entre les mais.s de leurs amis cette arme qui part par le mauvais bout.Clear Grit 198 LE REVEIL SUPPLIQUE Voici des mois, presque des ans, que je collectionne de pauvres lettres me demandant de prendre, à la date où nous sommes, l'initiative d'un vœu d'absolution envers les insoumis, les réfractaires, les déserteurs.Tarai ces correspondants, beaucoup de femmes : des mères, des sœurs en majorité.Peu sont riches, n'ont même pas la ressource de franchir la frontière ponr aller voir l'expatrié, ni la consolation, dans la misère où généralement il se débat, de pouvoir lui adresser quelque secours.Minées par le chagrin, plus encore que par l'âge, les unes songent que, pour elles, la maladie, la mort peuvent venir.et que l'enfant ne sera pas là ! Rivé par sa faute ou par sa révolto à la terre étrangère, il ne pourra approcher de l'agonie maternelle, recevoir les suprêmes adieux, les baisers, les bénédictions, les mots inoubliables qu'une bouche expirante vous chuchote à l'oreille : — Tu sais, mon petit, sois bien ssge.Deviens sérieux.Réfrène tes impatiences, tes passions.Te voilà grand, te voilà un homme.Tâche d'être bon, juste, vaillant et probe.pour l'amour de ta vieille maman, en mémoire de sa tendresse que rien ne lassa ! Les autres, jeunettes, mais déjà éprouvées par le malheur commun, regrettent le camarade d'enfance l'alaé qui protégeait, le cadet qu'on protégeait, cette moitié de lenr chair, souvent à même visage, et quisouffre au loiu ! Quelque chose de son acte pèse sur elles, de par l'injustice dn préjugé qui tend à établir dea responsabilités collectives.Leur soutien naturel fait défaut ; et peut-être, précisément, son absence sera-t-elle un obstacle à rencontrer le soutien légitime, le mari, le compagnon de route d'autant plus nécessaire.U y a bien aussi les petites cousines, les fian cées sans l'être, tont ce bouquet d'espoirs printa-niera, de projets en fleurs qu'a fauché comme grêle la bourrasque du départ.Celles-là sont tristes — et attendent.Car l'âme féminime, voyez-vous, si légalement coupable qne soit le refus de participer à la charge commune, ne saurait lui réserver ses pires sévérités.L'horreur de la gnerre, les mépris de cette sottise qui s'exténue à produire des récoltes pour en faire du fumier, à élever des enfanta ponr en faire des cadavres, nous a trop pénétrés jusqu'aux mo lies, d'un bout à l'autre dn monde civilisé, ponr qn'il n'en résulte pas quelqne indulgence en vers un délit seulement d'abstention.En temps de paix, cela va de soi ; car, en temps de lntte, la défection prend un tout autre caractère, assume d'autrea responsabilités.L'a band on dn poste, sous la menace dn péril, devient un manque de courage, un crime réel eon-tre la solidarité.Ainsi pensent, ainsi penseraient tontes celles dont les mains se tendent, jointee et suppliantes, vers la clémence présidentielle.•*» Ayant pas mal voyagé antour de France, j'ai rencontré pas mal d'insoumis, de déserteurs.Chez tous une chose m'a frappée : leur mélancolie profonde.Même les fortunés, mémo ceux qui, industrieux et énergiques, avaient tôt découvert le gagne-pain, portaient la marque indélébile d'nne secrète souffrance.Très peu, chez les Français, et quelques avantages qn'ils en dussent tirer, s'étaient résignés anx lointains exodes, à quitter la aone mixte d'où ils flairaient encore l'odeur de France.Ils ee précipitaient snr nos jonrnaux, ils rôdaient antour des arrivants, anx gares, avec nne indéfinissable expression de regret et d'envie, — ceux-là pourraient repartir ! Puis, an-dessous, il y avait l'innombrabre armée des malhenreux sans le son, sane relations, mangeant par hasard, vivant par raccroc ; évadés dn service militaire pour se trouver enrôlés dans le régiment de la misère, sous le drapeau noir de la faim ! Oh ! lee yeux, les tristes yeux entrevus au tournant dee rues de Oenève, de.Londres ou de Bruxelles ; les yeux qui, devinant qne vont étiez de France, voué suivaient du regard mendiant nn peu de patrie ! Que de souffrances ils révélaient ! Quelle expiation ! Qne c'eût étr pen de chose, les trois LB REVEIL ana de eaaerne, à côté de cet emmnrement dans l'exil ; de cea corvée» humiliantes à la recherche dn travail ; de cea petites et grandes manœuvres, pourconquérir quotidiennement la pitance nécessaire à ne paa monrir ; de ces assouplissements de l'échiné ; de cette abdication de soi-même sons le joug abrutissant du besoin ! Gomme tons ces égarés eussent voulu revenir ! Comme, sans jérémiades et sans phrases, par la cenle désolation de leur attitudo, ils imploraient grâce et merci ! Tont, plutôt que ce supplice, l'absence des êtres chers, l'isolement, l'éloignement ! Aucuue idée politique ne les étayant (sauf une poignée d'anarchos, farouches, logiques, à l'écart et ue demandent rien), aucun principe, comme une épine dorsale, ne les maintenant droits et | ortant beau dans l'adversité, ils apparaissaient faibles comme des enfants, pitoyables comme des épaves, attendant, espérant qu'on les sortît de la forôt de l'Ogre, qu'on leur jetât la bouée, grâce à quoi ils redeviendraient des hommes, des fils, et des citoyens I é\ Pourquoi donc étaient-ils partis ?Les causes sont très multiples, et valent la peine d'être étudiées.Je laisse à part, craignant de m'expliquer mal là-dessus ou d'être mal comprise, la conviction qni, " en tous pays ", commence à recueillir des adeptes ; cette sorte d'Internationale de la paix (corollaire de la conférence de La Haye) qni a le sort de tous les précurseurs, dont l'audace, d'être rare, apparaît choqnante, dout l'initiative, d'être isolée, semble devoir demeurer stérile.On verra.Mais c'est l'infime minorité ; et elle est aussi étrangère à ses voisins d'exil qu'à quiconque n'est pas hanté dn même rêve, ne poursuit pas le même but de fraternité universelle.Laiisons-les donc, et regardons les autres.D'aucuns, solides, bieu bâtis, de l'argent plein les poches, s'en sont allés parce qu'ils voulaient continuer de faire la fête ; parce que leur vanité de " fils à papa " n'admettait point d'être soumis au même régime que les gars d'onvriers.Ceux-là ne m'intéressent pas ; c'est le déchet / Ils bénificieront de la chance commune, enx qni n'ont pas) voulu accepter le sort commun; ils profiteront, nne fois de pins, de l'effort tenté ponr d'autres.Car pour eux !.Mais la pauvre multitude est là, qui vaut la tentative.Beaucoup de ceux qui la composent ont filé d'nn coup de téte, sans trop savoir pourquoi, en bordée.Et quelques uns pour des raisons de santé légitimes, par oxaspération de se buter à des fins de non-recevoir vraiment trop , inexorables.Enfin, il y eut aussi d'autres motifs, très tristes, sur qui l'amnistie sera le manteau de Noé.Voici le 14 Juillet, fête de la République — et le 14 Juillet de l'Exposition ! Cette absoute que tant de gens implorent, elle est presque de tradition lors de nos réceptions décennales.Elle les complète, elle y ajoute quelque chose de familial et de patriarcal comme le retour de l'Enfant Prodigue.Ils sont là, snr la limite du pays, à tous les points cardinaux, qui, anxieusement, espèrent le geste paternel d'oubli, de pardon, de réconciliât ion, de rentrée dans le devoir.Certains, j'y insiste, souffrirent beauconp avant que d'être réduits à la fuite ; ont souffert non moins depuis-Grâce pour eux ! Les destins s'annoncent tragiques : la France, la République ont besoin de tons lenrs fils.Ceux-là ont appris, dans leur bannissement volontaire, à aimer l'nne et à défendre l'antre.Qui reculait devant l'exercice saura peut-être mourir pour la Liberté ! Au nom des mères, des sœurs, des promises, au nom dn repentir et de la miséricorde, ajoutez la joie des foyers à la joie des nations, faites largesse de votre clémence ; amnistie, Monsieur le Président ! ssvbbins.BONNE PRECAUTION.Une bonteille de BAUME RHUMAL ne coûte que 25c.Ayez-en toujours une bouteille chez vous.Les rhumes qu'il guérit vous guettent constamment.78 200 LB RÉVEIL CHRONIQUE L'Exposition de Paris nons a coûté $860,000.Combien va-t-elle rapporter ?#*# Une récompense honnête est offerte è celni qni nous donnera la vraie définition de la Tarco-manie.#*# Je connais nn ministre qni ne voyage jamais sans son tricotage.« • Les rumeurs d'élection sont de plus en plus persistantes.« » Il y a déjà quelque temps que nous n'avons pss entendu parler des jnppns canadiens à Paris.Dix piastres par jour et les p'tits frais ! Us me semble que l'on devrait nn peu ouïr les échos.Un abonné m'a posé cette semaine une question quo je soumets aux légistes.Si par hasard le gouvernement nommait nn ou deux magiatrata abeolument incapables de remplir les fonctions dont ils soni investis, y a-t-il un moyen constitutionnel quelconque de les flanquer à la porte ?•*• La petite démonstration qu'on a tentée d'organiser en l'honneur de Tarte n'a pas eu tout le succès qu'on attendait Elle est morte dans l'œuf-sur le refus de quelques libéraux qu'on avait tâtés et qui ont poliment décliné l'honneur d'aller rencontrer l'Homme-Fatal.* » » Un député libéral désintéressé a réussi à caser son beau-père, ses beaux-frères, ses cousins, ses cousines et uu tas d'autres parents plus éloignés.Il fut élu eu 1896 parce qu'à cette époque n'importe quel homme portant le drapeau rouge était à peu près sûr de son élection, tout nul qu'il pus être.Il counait si bien le sort qui l'attend aux prochaines élections qu'ii a déjà commencé à boucler son sac de voyage.Toioi le mois de septembre et ce sera bientôt le moment de se choisir nn chapeau d'automne.J.R Lorge est le chapelier tont désigné.Ses clients ont toujours été satisfaits dea achats qu'ils ont faits dans son établissement.• » * Les Vues Animées continuent à attirer la foule au Parc Sohmer, et ce n'est qne légitime car les scènes merveilleuses que M.de Hauterive déroule devant son public sont de nature à attirer et à captirer tous les amateurs d'art.Cette semaines, les scènes du Transvaal sout le clou de la représentation.#*# Ohé ! les chapeaux ! Mesdemoiselles les commises, qui portez oes constructions fantastiques, ornées de plumes, d'aigrettes et de pompons que vous appelez des chapeaux, mettez donc ça au vestiaire en entrant au Parc.Vous devez vous rappeler qu'il n'y a pas que vous dana le monde, et qne vous caches *** La vacance est'à la veille de se terminer, et messieurs les avocate feraient bien de ne paa oublier l'adresse de la grande maison de papeterie Morton Phillips êc Cie, rne Notre-Dame, où ils trouveront l'assortiment le plus complet de fournitures de burean et de papeterie." Ajouter l'élégance à la solidité, " telle est la deviee de la maison.la scène à tous cenx qui sont en arrière de oes monuments qui ne contribuent pas à voue embellir lorsque vous êtes déjà fort laides.**# Madame Bennati, de retour d'Europe, s'éta-blie définitivement à Montréal où elle se livrera à renseignement dn chant et de la déclamation.Le succès qu'elle a obtenu l'hiver dernier eet de de bon augnre pour elle, et ponr les personnes qni désirent apprendre à chanter, c'est une aubaine, car jusqu'à présent, le public montréalais n'a pas été gâté sous le rapport des professeurs, et nous en somme encore à chercher des élèves qui soient arrivés à quelque chose.Rigolo. LS REVEIL 201 Qui dira lei croupes charnues Des belles dames inconnues Que l'on voit passer par les rues, Oui.Qui?Il en eet tant et tant de croupes : Il en est des tas, il en est des troupes, Il en est des bateaux, il en est des wagons, -Et de tons les moyens de locomotion.Ah ! celles des petits trottine Qui frétillent d'nn air mntin, Comme à l'étroit dane le satin Des jupes.Ça se trémonsee à ohaqne pas.C'est rond, c'est plein, c'est gros, c'est Je réponds que ça ne fait pas De dupes.Et la marche au roulis bercenr Leur donne un petit air farceur.Elles ont nn charme agaceur.Mazette ! Et tour à tour, cahin-caha, Deux globes vont de-ci de-là, Ayant l'air de jouer à la * Cachette.Une, Denx ! Une, Denx ! Et celles anssi de ces jouvencelles, Qnt n'ont pas enoor passé l'âge ingrat.(Pour les avoir, dirait-on pas Qne vous avoz pleuré, mes belles ?) Et celles encor des femmes de chambro, Fermes, potelées, mais criblées de blene.(Ah ! les pinsons des vieux messieurs Qui s'attardent dane l'antichambre !) Et les croupes des miss pudiqne.Voilà, certes, qni n'est pas gras ! C'est le derrière britannique.Il est fendu, n'y touchez paa ! Dirai-je aussi ta oronpe, 6 Toi, la trop cruelle, Qui passes dignement, si hautaine et si belle, Aveugle à nos appels et sourde à nos regards O toi, dont les rondeurs pourraient faire la (pige Anx Cléo de Mérode, anx Vénus Callipyge, Puis-je chanter ioi ton auguste ?Comment est-il, je n'en sais rien.Morne, endormi, tranquille, on bien Vif, plein d'astuce ?Ma foi, je ne l'ai jamais vu.Dans ce cas, comment voudrais-tu Qne je le pusse ?Et nons te quittons lentement Tristes jusqu'à la mort, et sachant senlement Par ta rigueur, qui de plaisirs bien donx none [sèvre, Qn'il y a loin de la croupe aux lèvres.Que de croupes encor ne pourrais-je chanter ?Les croupes de nos belles-mères Que nons sollicitons, parfois, pour plaisanter, D'nne on denx claques familières.Et les oroupes anssi des dames, qni, l'été, Parées de toilettes superbes, S'en vont à la campagne, et leur jupon ôté, Ponr dîner s'effondrent snr l'herbe.Et comme on ne pent imprunément se gaver, Elles ont nn mal de chien ponr ee relever.Et les cronpes)pointnos, et les croupee en pente Oomme en montrent nos vieillee tantes ! Mais ce que j'apprécie le plue, Publiquement je le proclame, C'est les croupes des grosses dames Qui courent après l'omnibus.Et j'ai révé d'avoir, tout près, comme nne [gamma Des croupes, nn clavier de derrières de dames Et de pianoter là-dessus, Bt d'y jouer, pensif, des chosee compliquées ; Les " Petites Michn " paraissent indiquées, Comme anssi d'antree aire connus.Ah ! les accorda ! Ah ! les arpèges ! Sur ce vivant olavier de neige.Des négresses feraient lee bémols, Sol, la, si, do, re, mi, fa, sol.IÎLilSK PSTIVIAU.8485 202 LE] [EE YE IL CHINOISERIE M.Odilori Tapeau-Tapier, que vous connaissez tous et qui de tous les voyageurs et diplomates est le mieux informé sur les mœurs des pays d'Extrême-Orient (alors comment lo sont les antres ?), dit à aon tour : — J'étais alors à Bangkok, où je vivais dans les plaisirs et dans les fleurs.Ponr comprendre tout ce que ce début avait de comique» il eût fallu voir le long visage mai* gre de Tapeau-Tapier, avec ses deux yeux à fleur de tête, ses pommettes proéminentes, ses lèvres fripées et ses deux favoris grisonnants.Quelques-uns sourirent.Lui, sans rien voir, poursuivit : —- J'avais eu la chance d'inspirer au roi une vive sympathie, et il n'était de procédés charmants, d'attentions délicates dont il n'usât envers moi, jusqu'à m'ouvrir les portes de ses jardins consacrés où il cultive lui-même des fleurs étranges, inconnues de l'Europe !.Ah ! quel pays délicieux, quelle joie paradisiaque s'ils n'eussent été envahis par les missionnaires protestants et catholiques qui, depuis tant d'années, s'acharnent à substituer notre civilisation ceci, dontale, si laide, à hnr civilisation souriante et oe Dieu triste que nons servons anx divinités merveilleuses dont les sacrifices sont de fleurs, de poésie et d'amour.C'est là, croyez-moi, qu'est le grand malentendu.Et je me souviens toujours, à ce propos, de cette anecdote que conte Bernai Diaz en cet étonnant journal de la conquête du Mexique que, pour la splendeur de notre littérature, traduisit M.J ose-Marin de Here- dit.Voici cette anecdote.Un jour, Fernand Cortex catéchisait l'exquis Montezuma et le pressait d'adjurer ses dieux et de se convertir â la religion oatholiqne : " Je ne demanderais pas mieux, répondit doncement Montezuma, si tn m'offrais nne religion qui fût di fièrent e de la mienne.Mon dien est horrible, il se gorge de vies humaines., c'est vrai, et je le déplore.Mais qne dire dn tien ?.Qu'enseignent et qne pratiquent tes moines qui souillent de lenrs dejections la beauté de mon palais, tes moines plus sinistres encore et plus sauvagement idolâtres que men prêtres ?., La torture, toujours, et la mort !.Us ne marchent que dans le sang.Chacune de leurs prières dépèce, vivante, une victime !.Donne-moi nn dieu dont le geste soit doux aux hommes et la parole pleine d'amour.et je consens, tout de suite â l'adorer.Sinon, pourquoi changerais je ?Nos dieux se valent.gardons-les." N'avait-il pas raison, ce roi, que le compagnon de Cortez nons montre si raffiné et devant qni ce Cortez nous appaaait si grossier, si barbare ?A quoi bon changer de bourreau ?.Ah ! pourquoi ne laissons-nous pas les peuples faire ce qu'ils veulent, adorer qni ils veulent ?.U y aurait peut-être un peu moins de chemins de fer transquelqnechose, il y aurait aussi un pen moins d'atrocités et un peu moins de douleurs sur la terre.,.Comme l'a dit Washington Irving, l'histoire de nos conquêtes coloniales sera la grande tache de honte et de sang en ce siècle !.Néron n'eût pas trouvé mieux.Prévoyant à quelles discussions violentes et sauvages cela allait encore nous entraîner, —-car depuis plus de denx ans ou ne peut parler de n'importe quoi sans se jeter des bouteilles et dn déshonneur à la téte, —je ramenai, tout comme M.Paul Deschanel, M.Odilon Tapeau-Tapier à la questiou : — Parlez nous des Chinois.lni dis-je, puisqu'il est entendu que vous les connaissez ai bien —- On les connait fort peu !.fit le diplomate, parce que nous avons cette obstination stupide et cette ethnologie inférieure de vouloir juger les gêna d'après nous-mêmes, et que nous tenons pour barbares des mœurs qui sont seulement différentes des nôtres.Par ce que j'ai vu des Chinois, ce sont des êtres merveilleusement intelligents, fort doux, d'une culture morale souvent supérieure à la nôtre, et, durant cinq ans que je voyageai, librement, à .travers lenr extraordinaire pays, je n'ai jamais reçu d'eux qu'nne hospitalité loyale et cordiale.Il est vrai qne je ne me présentais pas sons la triple face qu'ils abhorrent, dn conquérant, de l'ingénieur et du missionnaire, que je savais respecter lenrs usages et même leurs manies.Ha en ont LB REVEIL 203 beaucoup, maie, comme, pour la plupart, elles sont touchantes et poétiques, rien ne m'était plu» facile et plue agréable que de m'y conformer.On prétend que lea Chinois aont mal civilisés, en oe qu'ila ne fabriquent pas de cam ne et qn'il considèrent comme inférieur et nn pen dégradant le métier militaire.Mais ils fabriquent dee laqnes admirables, les plus belles broderies et les vases les plus somptueux.et ils sont incomparables dans l'art des jardins.Ajoutez qn'ils adorent les lettres, que tons sont plue ou moins poètes et qn'ile ont des livres d'nn aimé par la belle comédienne Mercedes de las Garinas et de ne l'avoir paa aimée, si bien qu'elle s'était donné la mort pour lui, la pauvre femme, et de la plus étrangs façon dn monde.• Désespérée, en effet, d'avoir été méprisée paa lui, elle était venae un jour chei don Mignel, pendant qu'il n'y était point, et avait préparé nne scene de comédie amoureuse par laquelle elle comptait bien séduire et vaincre son rebelle.Prenant dans une panoplie nn ancien yatagan arabe, elle avait résolu, quand don Mignel rentrerait, de e'en frapper devant lni, légèrement d'ailleurs, mais aasex ponr pouvoir feindre une agonie dramatique à laquelle il céderait.Or, il ee trouvait que la pointe dn yatagan était trempée dana nn venin qni donnait subitement la mort, en sorte qne la malheureuse, si légère que fut la b'essure, n'eut pas à jouer l'agonie, mais mourut en réalité de maie mort.Bt voyei comme lee voiee dn sort sont bizarres ! Snr la tombe de la Meacedès on grava nne épitaphe où au lieu de la nommer Mercedes, on Innomma Inès, par la fante dn graveur sans donte, lequel quitta le paye le lendemain même.Ainsi donc Mignel demeura convaincu que la morte se nommait Inès, et, comme il l'avait, en somme, empoisonnée sans qu'elle a'en dontât et •ans qn'il s'en doutât, il én conclut qn'il avait conjuré le sort selon le dire de la Gitans.Bt comment eût-il pu ne pas conclure de la aorte, puisque désormais, cessant de fuir lea Inès rencontrées, il n'en continua paa moins à être heureux en tont, dans ses ent reprisée, à la guerre, en duel, an jeu et en amour.Bt dono, comme la rose eet la pins belle dee rieurs, l'orange le meilleur des truite, l'or le plus riche dee métaux, l'Espagne le pins nohle dea pays, ainsi l'heureux don Mignel était bien le plus heureux dee hommes.Advint qu'il rencontra un jour, après beaucoup d'autres Inès, une Inès de eeize ans, de laqneUe il n'avait rien i craindre maintenant, et de la' quelle, même au temps de eee craintes, il ne ee fût guère méfié.Car du diable ai l'on pouvait avoir l'idée de la nommer la terrible Inès, oette pncelle aux yenx de pervenche et anx chevenx de lin, si modeste et ei douce pu'elle paraissait tonjonra en être encore à sa première communion ! Et cependant, pauvre don Miguel, o'est bien celle-là qni l'étsit le terrible Inès annoncée par la Gitans, c'est bien celle-là, et ce n'avait paa été l'autre, la fausse Inès nommée réelloment Mercedes, et par laquelle le sort t'avait trompé.Car'il s'amuse à nons tromper, le sort, et lea Gitanas n'y penvent rien, tont en noua le disant et en noue prémunissant contre lui ; et elles savent bien qn'il est toujours le plua fort ; et c'est pourquoi elles rient dn coin de la bouche.Il l'avait enfin rencontrée, l'empoisonneuse, eon empoisonneuse, il l'avait rencontrée, et il l'aimait, le pauvre don Miguel, et il ne fut paa longtemps àcomprendrequeo'était elle, la tertible Inès, et qne le sort est le sort.Il n'était paa marié depuis huit jours, le pauvre don Mignel, marié aveo eon empoisonneuse, que son bonheur, en effet, était empoisonné, irrémédiablement, son bonheur dane eee entreprises, en duel, au jeu et eu amour.La grêle tombait sur see champs ; lee naufrages dévoraient eee bateaux de commerce ; il perdait toute sa fortune sar le tapie vert ; jaloux da eon meillenr ami qu'il croyait l'amant d'Inès, il le tuait, et en apprenait ensuite l'innocence.C'est aveo d'autres qu'elle le trahissait, il la ent, provoqua ceux-là, fut blessé par eux, laissé pour mort par l'nn, qui enleva Inèe.Il parvint à la rattraper, lni pardonna, souffrit plus encore, ent le cœnr tourné en boue.Devenu fou, il assassina Inès, et ee prit à l'aimer davantage après qu'elle fut morte.Du sou venir qa'il en gardait, son sang était empoisonné 204 ;;r LB REVEIL Il déterra le cadavre, et la baisa encore enr les lèvres, la terrible Inès, son empoisennense.De pins en pins fou, il pensa qu'il serait hanté par le cadavre changé en fantôme, s'il n'anéantissait pas jusqu'à la forme même de ce cadavre, et il brûla l'abominable chose ; mais il en conserva les cendres dans une urne.Tonjours possédé par son souvenir et par son amour, il pensa que c'était encore trop conserver de la terrible Inès que cette urne pleine de ses cendres, et il se ernt de taille à tromper le sort, à se délivrer de son empoisonneuse.-—Souvenir et amour exécrés, s'écria-t-il, je ferai mentir la Gitana, je vous ensevelirai assez profondément pour que vous ne puissiez plus revenir m'empoisouner, je me servirai de vous comme remède contre vous-mêmes.Et, sa folie étant devenue furieuse, il fit bouillir les cendres et avala l'horrible mixture ; mais il en mourut dans d'atroces coliques, empoisonné par son empoisonneuse ; car on ne trompe pas le sort, et les Gitanes ne mentent point.Jean Richepin L'APPARENCE DE LA SANTE Dana le langage médical, on emploie beaucoup le mot anémse, qui veut dire tout simplement ; absence, pauvreté dn sang.L'anémie n'est pas une maladie proprement dite, mais une disposition qui se rencontre dans la plupart des des maladies chroniques.En efiet, dans presque toutes les maladiec, on peut conetater que le sang est apprauvri à nn degré pins ou moina marqué.Il y a des gens qui sont fortement anémiques, sans avoir perdu l'apparence de la santé, sans avoir maigri, mais le moindre travail, la plus légère occupation fatiguent à l'excès.A ces personnes on conseillera les Pilules de Longue Vie du Chimiste Bonard qui rendent au sang épuisé sa force, aa couleur et sa richesse.Dans toutes les pharmacies à raison de 50c la boite.Envoyé par la malle sur réception du montant en a'adressant à la Cie Médicale Fran-co-Caloniale, boîte &83 bureau de poste, Montréal, ou à la pharmacie xlaridon, 1703 rue S.e-Catherine.L'EMPOISONNEUSE Comme la rose est la plus belle des flours, comme l'orange est le meilleu- des fruits, comme l'or est le plus riche des métaux, comme l'Espagne est le plus noble des pays, ainsi don Miguel est le plus heureux des hommes.Et commont ne le serait-il pas, puisqu'il est noble espagnol, puisque est riche à ne point savoir le compte de son or, puisque la vie lui est aussi savoureuse qu'une orange ét puisque s'épanouit la rose de sa jeunesse ?Un seul danger le menaçait en ce monde, et pendant longtemps la menace de ce danger a suffi à rendre moina jcomplet son bonhenr ; mais de ce danger, à présent, don Mignel ne peut plua avoir peur aucune, et voici pourquoi.— Tu seras le plus heureux des hommes, don Miguel, jusqu'au jour où tu rencontreras et aimeras la terrible femme nommés Inès, celle que le sort a marquée ponr mettre fin à ton bonheur et pour être à jamais ton empoiaonnenve.Ainsi avait dit jadis à don Mignel nne Gitana, qni elle-même se nommait Inès, et qui de la sorte ahait été, elle aussi, son empoisonneuve, lui ayant, dès ce moment, comme empoisonné l'âme avec la crainte de cette rencontre.Mais on sait que l'art des Gitanes consiste i faire le mal d'une main et à donner nn remède de l'antre ; et dono cette Gitana, aussitôt après avoir pronostiqué la mauvaise aventure, avait ajauté en riant du coin de la bouche.: — A moins que tu ne conjures le sort, don Miguel, par le sort lui même, c'est-à-dire en empoisonnant toi-même la terrible Inès, mais sana qu'elle s'en doute et sans qne tu t'en doutes, car en cela gît l'essence de la sûre conjuration.A qnoi don Miguel n'avait pas compris grand'-chose, sinon que l'axis était fort mystérieux, très difficile s suivre, et que le mieux était encore, ponr éviter la mauvaise aventure possible, de fuir toutes les Inès rencontrées.Et ainsi avait-il fait jusqu'à sa trentième année, s'en trouvant bien, et parfaitement heureux, heureux dans ses entreprises, henrenx â la guerre et en duel, heureux au jeu et tout ensemble en amour, malgré le proverbe. LE REVEIL 205 Son seul malheur apparent avait été d'être charme rare.U y a chez enx des Boxers qui ne rêvent que pillage, massacres, incendie.Hélas ! il y a dea Boxers partout, et croyez que, le moment venu, ceux d'Europe ne seront pas les moins atroces.Pour la seconde fois, m'inspirent des exemples de M.Paul Deshauel, je ramenai le diplomate digreBsif à la question.— Eh bien, voici ce que je voulais vous conter, reprit il après un petit silence.Comme je vous l'ai dit, j'étais A Bangkok et j'y vivais dans la joie primordiale que me créaient sans cesse de jeunes prêtresses de Bonddhn, et les fleurs !.J'étais servi par un boy chinois que, denx ans auparavant, j'avais ramené de Shanghai et qui était bien le garçon le plus étonnant que j'eusse jamais rencontré dans ma vie d'aventures.Il savait tout faire, et avec quelle remarquable précision !.Cuisinier, jardinier, menuisier, tailleur d'habits, brodeur, acteur, musicien, il faisait, chez moi, l'office de trente domestiques et remplaçait tous les corps de métier.Il travaillait le fer, le bambou, les métaux précieux, le cristal et le jade.Il n'y avait rien dans la vie de quoi il fût en peine.Avec cela, d'une probité sornpulense, laquelle savait se contenter de quelques taèls par année, d'nne endurance telle qu'il ne connaissait pas la fatigue.Le soir, ses tiavaux terminés, souple et dispos, il jouait de la flûte sur la terrasse qui Sonne sur le fleure, ou bien il récitait des poèmes, ponr sa propre joie, ou encore lisait des livres merveilleux.A Paris, j'ai cinq domestiques, fort lettrés et fort libres, puisqu'ils lisent le " Petit Jonrnal ", et je vons assure que mon appartement est moins bien tenu que ne l'était, par ce serviteus unique et multiforme, ma maison fleurie do Bangkok.Dois-je dire aussi qne mon boy n'était pas un cas spécial, une exception, et qne beaucoup de Chinois sont ainsi, même parmi le bas peuple ?.Tout d'un coup, je reçus de mon gouvernement l'ordre de me rendre i Batavia pour une mission importante et qni, bien que temporaire, pouvait ètre longue.Je m'étais attaché à mon serviteur •i fidèle, si ingénieux, et lni semblait s'être fort attaché à moi.Je résolus de l'emmener.Mais quelques personnes essayèrent de me détourner de ce projet.Elles me dirent qu'il y avait à Batavia beaucoup de Chinois et que ceux-ci, désireux de se faire déplus en pins nombreux dans la ville et d'y tenir tont le commerce, auraient vite fait de m'arracher mon boy.Sûr de l'attachement qui, de plus eu pins, le liait à ma personne, je refusai de les écouter, et nous nous embarquâmes, tous les deux, un beau soir.Comme il savait m'épargner les ennuis, éviter les difficultés du voyage !.Comme il veillait sur moi, attentif et roublard ! Il ne laissait à aucun domestique du bord le soin de me servir, avait l'œil à tout, et c'était chaque jour un nouvel émerveillement devant tontes les qualités qu'il me montrait.J'étais si content que je voulus lui faire signer l'engagement de me suivre en France lorsque j'y rentrerais.Ii me dit qu'un engagement le lierait bien moins à moi que l'intention qu'il avait de ne mo jamais quitter.Il exigea seulement la promesse qne, s'il venait à monrir â l'étranger, je renverrais à Shanghaï son corps, afin qu'il pût reposer dans la terre natale, au milieu de tous les siens.Et c'est dans ces conditions d'entente parfaite et amicale que j'arrivai à Batavia.A Batavia, je le laissai se débrouiller parmi mes bagages, lui recommandant de me les apporter au consultât de France, où je devais habiter.f loi, Odilon Tapeau-Tapier fit une panse, et, ayant trempé ses lèvres dans nn verre d'orangeade : — Nons étions arrivés à midi, continna-t-il.A cinq heures, aucune nouvelle encore de mes bagages et d ¦ mon boy.J'étais fort inquiet, non que je pensasse nn seul instant que les prédictions qni m'avaient été faites à Bangkok pussent se réaliser.Mais je redoutais un accident, un malheur, à tont le moins une difficulté aveo la douane.J'allais partir aux renseignements qnand mes bagages enfin arrivèrent, convoyés) par quatre coolies, dont l'un me remit nne lettre.La lettre était de mon boy.Elle contenait : " Maître, pardonne-moi.J'ai rencontré des gens de mon pays.Ils m'ont emmené chez eux.Je snis établi horloger dans nne belle bon-tique du quartier chinois et demain /épouse la 206 LE REVEIL fille d'an tailleur.Je fais porter tes bagages où ta m'as dit.Ils sont intacts.Âdica ! " Immédiatement, je me rendis à l'adresse qu'indiquait la lettre.Quelle ne fut pas ma stupéfaction de voir, en effet, dans nne petite boutique, accroupi sur une table de bambon, la lonpe à l'œil, an mince tournevis dans les mains, mon boy, fort occupé à démonter nne montre ?" Mais où dono as-tu appris l'horlogerie ?" m'écriai-je, no trouvant pas, dans mou étonnement, antre chose à lni dire.Le boy répondit : " Il n'est point nécessaire d'avoir appris nne chose ponr la connaître.Les doigts d'nn Chinois en savent souvent plus long que les cervelles d'Europe., " Et il ajouta, en rangeant du la pointe d'une pince quelques menus rouages daus nue soucoupe de laque rouge : " Comme tn as été bon pour moi, je te ferai une belle montre, avec de la naere dessus et de la musique dedans, et je graverai aur la boîte, entre des fleurs incrustées, le portrait de ma fiancée." Comme je ne bougeais pas : " Excuse-moi, dit-il encore, si je te prie de te retirer.Mais j'ai de la besogne par-d -ssus la tête.Et j'ai promis que cette montre que voilà serait prête demain, avaut mon mariage .Adien ! Odilon Tapeau-Tapier retira de son gilet nne montre et la fit passer parmi noua.— C'est elle ! fit-il.Le boy a tenn parole.Mais, snr le boîtier, il n'y avait aucune fiancée.C'était, dans l'argent bruni, le portrait de " Gladiateur ", qui gagna le Grand Prix de Paris, et que le boy avait graaé d'après le vieux numéro d'un jonrnal illustré de Paris !.Octave Mibbeàu.N'ATTENDEE PAS.Sitôt qne l'enfant est embarassé de la gorge, donuez-luidu BAUME RHUMAL.Vous éviterai ainsi cette terrible maladie.72 SES BIENFAITS.Quand on pense au bien que le BAUME RHUMAL produit dans les affections des voies respiratoires, on ne peut s'empêcher de bénir ce remède précieux.68 RIRE BT PLEURS A une certaine époque dans la vie de la jenne fille Bon caractère se ressent dn travail de transformation qui s'accomplit chez elle.Bile travaille avec moins d'entrain à ses leçons, et, le soir, après nne journée fatigante, elle a quelquefois une crise de pleurs ou de fon rire, un état nerveux anssi désagréable ponr la jenne fille qui on est atteinte, que pour son entourage.Bn même temps, elle souffre physiquement, elle a des maux de tète, des malaises de toute nature, dee envies de vomir et parfoie des vomissements ; ces symptômes accusent un état anémique an-quel il convient d'appliquer les grands remèdes afin de ne pas donner an mal le temps d'empirer et de prendre des proportions alarmante.Les Pilnles de Longue Vie du Chimiste Bonard constituent le remède souverain par excellence de cet état nerveux qui est la conséquence d'nn appauvrissement de eang.On trouve ces pilules dans toutes lee bonnes pharmacies à raison de 50c la boîte.Envoyé par la malle en a'adres-sant à la Cie Médicale Franco-Coloniale, boite 888, bureau de poste, Montréal.Dn fiancier trop connu avsit eu la ridicule vanité de faire élever dans ses jardins nne statue équestre qui le représentait.Denx promeneurs examinaient cette statue ; l'un demanda à l'autre pourquoi l'homme à cheval n'avait point de gants.— Hélas ! dit l'autre, il n'en a pas besoin, puisqu'il a toujours les mains dans nos poches.»*# Vivier reçut, nn jonr, nne invitation à dîner, dane laquelle un " post-sciptum " lni recommandait de ne pas oublier son instrument.Vivier, no vonlant pas accepter cette invitation intéressée, a'excusa à pen près dana ces termes : " Monsieur, " Un engagement aatérieur me prive du plaisir de me rendre à votre aimable invitation ; heureusement mon instrument est libre et peut répondre à votre insistance toute gracieuse Je m'empresse de vous l'envoyer." LB RÉVEIL 207 La comtesse D., da faubourg Saint-Germain, a fait don à sa paroisse d'an magnifique saint sacrement d'un poids énorme, ce qui fit dire un jonr an cnré : — Qnand je lève lo bon Dien, c'est le diable ! #** On conseillait à nn père d'attendre que son fils fût plus sage pour le marier.— Votre conseil, répondit-il, ne peut pas être suivi ; car, si mon fils devient sage, il ne se mariera point.#** TOUTES OHOSES EN TEMPS.Le BAUME RHUMAL guérit les maladies de poitrine : U faut en prendre aussitôt que l'affection se manifeste.69 Ou ferait un bon livre de ce que tu ne sais pas disait un railleur à eon ami.— On en ferait nn bien mauvais de ce que tu sair ! répondit l'antre.#** Un député dn Parlement, haranguant Henri IV, fut si longtemps à finir son discours qne le roi, ennnyé de l'entendre depuis une henre, le prit par la main et lui fit voir la galerie du Louvre en lui disant : — Qne pensez-vous de ce bâtiment ?Quand il Bera achevé, ne sera-ce pas une belle chose ?— Assurément, sire, répartit le discoureur.— Eh bien ! dit le roi, il en sera de même de votre harangue.TRADUCTION ET REDACTION Souvent le monde commercial, industriel on financier désire confier la rédaction de ses cironi laires, brochures ou annonces à des experts ; ruais on ne réussit pas à les trouver, a moin que, comme cela arrive trop souvent, sa confiance ne soit accordée à des gens qui n'ont ni la science ni l'expérience.Il ne suffit pas de faire beaucoup de publicité : il fane encore et surtout qu'elle soit à point.Si la forme ne vient pas à l'appui du fond, le but visé n'est pas atteint, la pensée de l'intéressé est mal exprimée, peut-être même n'est elle pas du tont comprise par ceux dont on recherche la clientèle.On nous a très souvent demandé d'organiser ici, sous los auspices du Réveil, un service de rédaction générale et de traduction d'anglais en français, ou vice versa.C'est pour satisfaire à cette demande que i ous venons annoncer que dorénavant des experts se chargeront non seulement de travaux commerciaux, mais littéraires et techniques.Notre tarif n'aura rien d'exorbitant, nona apporterons dans l'exécution des commandes nn soin méticuleux et tonte la célérité posasible.On pourra s'adresser à la direotion dn Réveil, au No 157 rue Sanguinet, ou par lettre au bureau de poste, Boîte 2184, Montréal.50 YEARS' EXPERIENCE Patents Disions OOPtKMHTS ftC.on ru»; uot«.-^0«g5otmj-wk.».ndlk»;.kon !v< rua • Anyone wilding a iaateh àn4"daf^Ptlon may Qnlekly aaoartaln our opinion (IM WDCtM ntlon 11 probablrpatentable.çoromni .j.trlrtlyoonaoontfiJ.Handbookoo Pal ¦ent free, oldest arocy fori«MrtM»at«nt*.Patent» taken tbrouih Mann JiCo.reo-l-e rjxtW notiw.Without Char»» to the Scientific American.A hanatomely lllnitnM WMkljr.Utg*g* cul «tion of any sclent 10c journal.Terms, H • yew: four montai, |L Sold by all pewBde-lorj.Wmtotemm Demandez un numéro échantillon du RiVEiL qui vous sera envoyé gratuitement, pendant quatre semaines à toute a-dresse qui sera fournie an Canada ou aux Etats-Unis.Morton, Phillips d Cie.PAPETIERS FABRICANTS DE LIVRES BLANCS BT IMPRIMEURS, 1755 et 1757 Rue Notre Dame, .Montreal.Le maison Morton, rhillips & Cie.possède k brevet du_—^ £r«M4 Owe a Temilcs mobiles (Loose Leaf Ledger) de H.C.MILLER.LE QRAND LIVRE DU SIECLE.On trouvera dans ses magasins un assortiment Complet de Papeterie. 208 LE REVEIL POUR VOUS, MESDAMES I Lo secret do ce pouvoir étrange quo la femme possède sur l'homme, ce pouvoir dont nul ne *eil ise soustraire, rébide surtout daus In beauté des traits et de la peau.Aussi, uue fi m-ne qui veut C01181 rver lout son empire doit elle faire ton» en son pouvoir pour bien garder tes denx biens inestimables.Dans ce ptiys, malhenreu-neiût-at, les malndies et l«>s décolorations de la peau sont nombreuses ot variées, et jusqn à eu jour, nul remède efficace n'avait encore été trouvé pour leur traitement.Aujourd'hui la science vous dote d'uue prépa" ration que vous pouvez réellement qualifier du nom de sauveur, et elle justifiera ce titre.C'est !a Dermatine, qni vous rendra la pean plus belle que celle du plus rose bébé de vos rêves.L'application en est facile, elle ne laisse aucune trace pendant que vons vons en servez et la guérison est prompte et assurée.Quoi de plus désagréable pour une jenne et jolie femme de se voir défigurée par ces plaques d'un janne intense, qui lni rendent la vie douloureuse.Avant la découverte de ce merveilleux procédé, les femmes étaient bien obligées de Bubir leur triste sort et de se résigner ; maia à présent il n'y a pins de raison de se désoler, puisqu'elles ont à lenr portée un remède nniqne.Les taches de rousseur disparaissent comme par enchantement devant ce conquérant qni ne s'arrête jamais avant d'avoir remporté nne victoire complète.Les comédons (taches noires) s'enfuient et ne reparaissent plus après avoir subi l'action de la Dermatine.Enfin tontes les décolorations de la peau sont guéries en très peu de temps et l'expérience vaut la peine d'être tentée.Conservez votre beauté, mesdames, o'est un des biens les plus précieux que vous possédez.Rendez service à vos amies qui sont dans le même cas en leur signalant la venue de ce messie.Elles vous remercieront d'avoir été la cause indirecte de leur bonhonr.Voyez l'annonce de la Dermatine.POUR LA GUÉRISON DU Masque, des Taches de Rousseur, des Comédons et de toutes les décolorations GUÉRISON BARANTIE Toutes les femmes affectées par le Masque les taches de Rousseur, les Comédons et toutes les Décolorations de la Peau, viennent de trouver Un Sauveur! C'est la Dermatine Une préparation qui enlève en quelques jours toutes les taches de la Peau, quelles qu'elles soient.Prix: 50c, et $1.00 la Bouteille, S'adressera^**»***" Tiroir;Postal2l84, MONTREAL CANADA
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