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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 24 novembre 1900
Genre spécifique :
  • Revues
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    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1900-11, Collections de BAnQ.

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157 RUB SANGUINET No 272 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE-THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XIII MONTREAL, 24 NOVEMBRE 1900 No 272 SOMMAIRE Notre Programme, La Rédaction — Le 7 Décembre, Vieux-Rouge — Après la tourmente, Liberal — M.H.B.Rainville, Electeur — A Beauharnois, — L'innocente, Anatole le Braz — Le Rev.P.Gaffre et la musique religieuse Julien de Narfon — Patriotisme Catholique, Henri de Payrac—Le Russe tel qu'on le parle, Somebody — Un syndicat de curés J.Cornety — Le Baiser du Tsou-H9i, F.-A Steenachers Us conditions d'abonnement an RtvziL ne sont pas les conditions ordinaires des antres jonrnanx.Nons livrons le jonrnal à domicile [ franco,] à raison de 25 cts par mois, payable an commencement de chaque mois.Tout ce que nous demandons an pnblic est de voir le journal.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.Le prix de l'abonnement au Réveil est TROIS PIASTRES par auuéo NOTRE PROGRAMME.Toutes les élections seront terminées le 7 décembre prochain et le train-train ordinaire des gouvernements va reprendre son allure accoutumée.Nous en sommes fori heureux, car cela va nous permettre de lâcher la politique et les politiciens pour nous occuper de questions beaucoup plus importantes.Nous reviendrons cependant sur la question des mœurs politiques actuelles afin de démontrer à quel point d'avachissement le peuple en est rendu, et toujours grâce à ses éducateurs.« Les questions sociales occuperont une large place dans la rédaction du journal, et nous n'oublierons pas certains de nos amis que nous no voulons pas mieux désigner dans oe numéro lorsque l'occasion se présentera de leur dire la vérité ; et comme nous avons l'intention de reprendre la question de l'éducation populaire, il n'y a au» cun doute que la susdite occasion se présenter* souvent.Voilà, en résumé, ce que le Réveil veut faire pour plaire à ses lecteurs, tout en leur donnant des reproductions choisies dans les meilleures publications de France.La Rédaction. LE REVEIL 114 LE 7 DECEMBRE 11 faut profiter du bon vent, disent los marins.Il faut profiter du bon vent, ont répété les ministres de Québec.Ce qui fait qu'au lieu d'attendre à 1902 pour la grande consultation générale, ils en appelleront lo sept décembre au peuple encore tout chaud de la lutte fédérale et tout frémissant d'enthousiasme pour le parti libéral.Le gouvernement Parent est pratiquement un gouvernement nouveau.Il n'a à son crédit aucun acto éclatant de bonne politique ou do malfaisance.De fait, ses ministres n'ont guère fait, depuis leur avènement, que de la politique de husting ou de propagande pour l'hon.M.Laurier.On ne saurait les en blâmer, puisque depuis quelques années, il est devenu do pratique courante que les ministres d'Ottawa s'ingèrent dans les luttes provinciales et vice versa.Les mœurs électorales américaines nous envahissent do plus en plus, voilà tout.Et puis nous ne voyons pas bien pourquoi ce qui est bon là-bas ne je serait pas ici.Bref, l'honorable M.Parent a causé une surprise, et au lieu de demander des élections générales à son ascension an premier poste, il les fait maintenant.Pour notre part, nous lui demanderons un programme de progrès, dc réforme scolaire, de résurrection provinciale.Le progrès ne consiste pas à organiser de mignons et débiles surplus qu'un rien amollit on craquelé, qui augmente le vent de scepticisme qui se promène sur nos bords et dont l'entretien se fait au pré- judice de celui de nos routes et de nos écoles.Nous venons d'écrire : nos écoles.C'est surtout au sujet de ces dernières que nous attendons l'hon.M.Parent.Le Premier-Ministre, qui est un self made man, qui connait personnellement l'outrageante infériorité de nos écoles, est bien l'homme qui pourrait nous assurer une vraie restauration scolaire.Il y a là un beau monument auquel attacher son nom."Quant à la partie financière, que le nouveau gouvernement ne craigne pas de s'engager pour quelques centaines de milliers de piastres afin de rester à l'unisson avec la grande poussée vers le développement général qu'on remarque depuis trois ans.Qu'il tire la province du recoin ou feu M.Marchand l'avait blottie, que l'univers sache qu'elle n'est pas bonue qu'à voter.Qu'elle reprenne son rôle de cadette dans la Confédération, un milieu où un Cendril-Ion compterait vainement sur une fée pour faire une fin et avoir beaucoup d'enfants.Que l'hon.M.Parent relise les diseours de feu M.Mercier sur nos droits provinciaux et les minutes des séances de la conférence interprovinciale, il trouvera là d'antres excellents, éléments pour son programme.Quant aux conservateurs, ils ont nos sincères sympathies.C'est une dure corvée, que de se mettre en campagne après un cataclysme comme celui du 7 dernior.Que voulez-vous, l'histoire ne fait que se répéter.Autrefois feu sir John a cruellement profiter de ces coincidences.La politique n'a pas de sentimentalité.ViBux-RonoB. LE REVEIL 115 APRES LA TOURMENTE Nos ministres d'Ottawa prennent quelque repos ou ne se remettent que lentement à la besogne.On no saurait les en blâmer, après une période si secouée— et d'ailleurs rien ne presse.Le train-train administratif roulotte toujours.Il est même mieux que no?ministres prennent tout le temps voulu avant de voir aux innovations possibles, nécessaires mémo.Car on a beau dire que le gouvernement a été approuvé tel qu'il est et avec m politique telle qu'elle est, il est entendu quo ce gouvernement, ne serait-ce qu'en vertu de l'immuable loi de l'évolution, doit passer à autre chose.D'ailleurs M.Laurier ot ses nontenants ne se sont pas montrés trop réticents dans louis déclarations.Ils nous ont promis une nouvelle orientation—pas un écart de l'ancienne politique — mais un perfectionnement.Oui, il importe que le gouvernement Laurier soit bien prudent, bien retors, qu'il calcule bien son élan.L'immense majorité qu'il a reçue l'a mis au point culminant, au faîte—situation li ir lan te, mais délicate, dangereuse.La réaction si elle se produisait serait d'une violence égale au courant qui a tout ba layé du côté de l'ennemi le 7 novembre.Il y a un 17 septembre dans l'histoire du parti libéral.Le gouvernement Laurier a tout en mains pour qu'il retrouve le peuple, dans quatre ou cinq ans, aussi fort et aussi en grâce avec lui que lo mois dernier.Une robuste majorité, bien composée, une presse vaillante et nombreuse, une discipline admirable, l'entrain, l'oubli des griefs passés, bref c'est un idéal de second départ sur l'onde politique.M.Laurier a pu pendant cinq ans être au premier poste, subir les exigences de la vie de chef de gonvernement, passer chaque jour par le crible do toutes sortes de gens, ct malgré cela son prestige a plutôt augmenté.A lui seul iljest les quatre cinquièmes de la force du cabinet.Comme Gladstone il est le parti libéral.Il est encore plus son parti, eroyons-nous, que sir John A.MacDonald ne fut le parti conservateur.Cette durée do prestiae presque idéal tient du prodige.Et dire que M.Laurier est un Canadien-Français.Cette situation même indique de suite un grand devoir aux libéraux : Celui de protéger leur chef do toutes les manières puisque, sans ambages, il est la colonne du temple.Le protéger ?Oui.Et de plusieurs manières, nous le répétons.Par le protéger contre lui-même, M.Laurier étant l'homme le plus rassis, le plus pondéré, le moins "salpêtre" que nous connaissions.Mais protéger sa santé en ne lui imposant pas, comme cela s'est vu, tâche sur tâche au point de vue oratoire.N'oubliez pas ce que disait Sheridan : "Un discours c'est une once de sang qui s'en va." Protéger sa santé en ne remontant pas toujours à l'arbitrage du Chef pour des vétilles, des petits règlements de compte insignifiants.Protéger la réputation de M.Laurier en n'insistant pas pour des entreprises, des actions ou des omissions qui lui seraient reprochées plus tard et dont il aurait à supporter tout le poids.Le protéger d'une autro manière en le dégageant tellement des questions do terre-à-terre, d'organisation, de patronage et de pe- 116 LE REVEIL tite zizanie qu'il puisse réellement taire de la grande politique, mûrir des plans dont il a le germe depuis longtemps.Pour bien travailler dans le grand il faut de l'espace, de l'air.Libéraux, n'oubliez pas que dans votre chef vous avez la fortune presque entière du parti libéral.Protégez-le donc.Libéral.M.H.B.RAINVILLE La division Saint-Louis, de Montréal, a droit A son député, A elle en -propre, à la Législature de Qnébec.Feu Mercier connaissant la richesse, l'importance et la force des intérêts de cette localité, s'est empressé de lui donner un représentant qui fut capable, tout en s'occupant du bien-être général de la province, svoir l'œil tout spécialement à la division Sain-tLouis.Depuis ce jour Saint-Louis a toujours été représenté, moins un court interrègno, par l'un des hommes supérieurs de ce pays, par un des Canadiens-Français les mieux doués sous le rapport de l'intelligence, de l'expérience, du prestige et de la hante et profonde compréhension des affaires ; uu homme* dont la parole fait autorité et qui eût été ministre si, pour des raisons qui ne font que le rehausser dans notre estime, il n'eut cédé le pas A d'autres.Nous voulons parler de M.H.B.Rainville.M.Rainville cédant A la pression de ses amis de Saint-Louis et du dehors, est de uou veau candidat.Son élection ne fait, ne peut faire de doute.Rien dans son passé parlementaire ne peut indiquer qu'il a démérité et, dans les circonstances présentes ou d'avenir immédiat, sa présence A la Législature sera plus précieuse que jamais, ail y a toute uue rénovation de la politique financière — puisque la restauration en est assurée par la présence d'un surplus.U ne faut pas se lier les bras, reculer devant toutes les entreprises parce qu'on craint de retomber dans l'ère des déficits, Des hommes habiles et A idées fécondes sauront bien allier la prudence administrative A l'avancement.Nous sommes en effet arrivé à une époque où il faut sortir notre paovince de la position vague, inactive, obscure, dommageable où l'ont tenue certains esprits craintifs, certaine hommes qni pour éviter les écarts ont enrayé tout progrès, tout élan, toute initiative.Le temps est arrivé ponr la province de se jeter dans le mouvemont de l'avant sans pour cela se mettre dans les aventures.M.Rainville est un de ces hommes, tous l'admettent.Il sera le plus précieux aviseur des ministres, le plus lumineux démonstrateur des systèmes è adopter et à mettre eu pratique.Bref, M.Rainville sera, comme il l'a été, un député dont Saint-Lonis sera légiti vera eut honoré.Les marchands de St.Louis, trouveront en lui plus que jamais, nn défenseur habile et intransi-sigeant de leurs intérêts vis-à-vis de leurs ennemis, les propriétaires de magasins à rayons.M.Rainville n'aura plus que St.Louis à représenter.Qui veulent comprendre comprennent.Pour la province il sera un champion de premier ordre à l'époque même où celle-ci entrera dans une ère nouvelle.Electeur.A BBAUHARNOIS La candidature libérale de M.Achille Berge-vin, dans le comté de Beauharnois, vient de recevoir la première sanction populaire ; celle dn choix unanime en convention.C'est un beau début et d'un excellent angure.Le choix de M.Bergeviu plait à plusieurs points de vue.C'est l'un des jeunes militants qui ont le plus payé de leur personnes et sur lesquels les chefs ont pu toujours et quane même compter, travaillant avec ardeur, intelligence et perspicacité.U est du groupe de ces jeunes déjà aguerris dont c'est maintenant l'heure d'entrer dans l'arène législative où tant de fois ils en ont mis d'autres.Le cri général semble être : Place aux LB BBVB1L lit jennes : et M.Bergevin devait lagiquement être de la première promotion.C'est nn " Beauharnois Boy " lni anssi : il connait à fond les gens et los choses du comté et à ce point de vue nul ne saurait se teuir en relation plus comprehensive aveo ses électeurs.M.Bergevin a à son crédit le grand mérite que tout en étant libéral ardent, il n'a rien d'intransigeant et d'obtus.Il saura toujours, nous eu sommes persuadé, juger au mérite et planer au-dessus des exigences de la cocarde.O'est cette conviction qui lui vaudra tout le vote indépendant de Beauharnois.Ajoutons que M.Bergevin s'exprime avec une grande facilité, qu'il a la connaissance innée des affaires et son affabilité ne lui a valu que des amis, et nos lecteurs en sauront assez pour s'expliquer la spontanéité et l'ensemble aveo lesquels les électeurs libéraux de Beauharnois l'ont choisi pour candidat et pourquoi le 7 décembre, le comté tout entier se le donnera pour député.L'INNOCENTE — Uu meurtre bien involontaire, certes, dit le juge, mais tout de même un meurtre.Ët il commença : Au fond de la Baie de la Forêt, entre la pointe de Beg-Meil et celle de Trévignon.se creusent deux fiords secrets, deux mystérieuses filtrées de mer glauque, sur qui semble planer encore tout l'inviolé des âges d'avant l'homme.Ils sont parallèles et comme jumeaux.Sur les cartes, ils portent les noms liturgiques de Saint-Laurent et de Saint-Jean.Un promontoire arrondi les sépare, que ceigneut d'une donble guii lande, semi-terrestre, semi-marine des ors superposés de varechs jaunes et de jeunes ajoncs.Anx rayons du couchant, on dirait la proue somptueuse de quelque navire de féerie.Des pins le couronnent, quasi centenaires, avec des troncs bizarrement bronchus à qni la fantaisie du vent s'est plu à donner des formes de harpes et de lyres, et qui, sous leurs fines chevelures aériennes et ouores, font penser à un chœur harmonienx de vieillards célébrant, au retour d'une odyssée loin* taine, l'Océan qui les épargna.Des denx fiords, celui de Saint-Jean est de baamoup le plas abrité, le pins solitaire, le plus vierge Ou y a vraiment la sensation de l'inexploré.Les choses y sont restées dans l'attitnde qu'elles dnrent avoir au lendemain de la Genèse, gardent cet air de songerie énigmatiqne des lieux où nul pas humain n'a retenti.La première fois que j'y pénétrai ce fnt par terre, au crépusonle.La veille, le peintre G-laizard m'a* vait écrit : " Viens.J'ai besoin de ton ministère.Tn me trouveras à la jonction de la nouvelle route de Oonca/neau aveo l'ancienne.Je t'attendrai sur le coup des six heures dans l'anborge qui fait l'angle." Lorsque j'arrivai an rendez-vous, Olaizard était en grande conversation aveo le cabaretier.— O'est tont de même par trop singulier ! insistait-il, en heurtant du poing la table.Bile est née quelque part, voyons ! Elle a nn état-civil !.Comme j'entrais en ce moment, il me prit à témoin.Admets tu ça, toi, qn'en France, à l'époque où nons sommes, il y ait une créature dont personne dans son entourage ne pnisse vous dire ni le domicile, ni la provenance, ni le nom ?— Un être mythique, quoi ! prononçai-je en riant.Et j'ajoutai, à tout hasard : — Chez les Bretons, mon cher, rien de plus normal que le mythe : il est suprême réalité.— Moi, fit le cabaretier, je vous ai conté d'elle ce que j'en savait.Enfant, elle accompagnait dans sa quête d'aumônes, une antique pauvresse la Onida.Toutes deux logeait alors dans un gabion, nne hutte de pierres et d'argile que des douaniers compatissants leur avaient abandonnée snr la falaise.Mais, un soir d'équinoxe, le même conp de temps emporta l'âme de la vieille et la toiture du gabion.O'était il y a douze ans.La petite en avait peut-être cinq, six aux plus.Depuis, elle est une sans-gîte, comme elle était nne sans-nom.Elle vit de la charité publique.Ou ne la voit paraître que quand elle a faim.Jamais une parole, d'ailleurs : un cri 118 LE REVEIL seulement, guttural et prolongé, comme un appel de courlis au large.Pour la désigner, les cens disent : " C'est l'Innocente " Le rectenr de Clohars a tenté naguère de la catéchiser.Ah ! ouiche ! Lorsqu'il voulut la forcer de se mettre è genoux, elle faillit lui sauter au visage.En revanche, elle se prosterne, comme une païenne, devant les arbres devant le 6oleil, devant la mer.Croyez-moi, monsieur Glaizard, ça doit être né, commo les champignons, des rosées de la nuit, ou comme les mouettes, de l'écume des vagues.Le peintre haussa les épaules.Nous sortîmes.On éLait sur la fin de septembre : il faisait une de ces opulentes toirées d'art)ère saison qui sont, en Bretagne, d'un charme unique.Le sang de l'astre évanoui empourprait encore la cîme des hêtres.Entre leurs fûts cercles d'argent, l'ancienne route royale, condamnée depuis près d'un siècle, semblait la maîtresse avenu» d'un parc désert, menant très loin, dans l'ombre, vers quelque châtellenie enchantée.— Par ici, dit Glaizard, presque à voix basse.11 prit, sur la gauche, un sentier plongeant, et nous dévalâmes dans une grève étroite, anx courbes sinueuses et lustrées comme ur intérieur de conque.Un filet d'eau perlée glissait sans bruit à travers des sables d'un rose délicat.Glai-zard ne s'arrêta que lorsque nous eûmes contourné l'anse et gagné la hauteur abrupte qui lui fabait rempart du côté de l'Occident.— Maintenant, murmura-t-il, regarde-moi ce paysage ! Sens-tu comme tout y est, en quelque Borte, plein de passé ?» • • Et quelle noblesse ! Quelle majesté ! Quel silence !.,.C'était vrai.Impossible d'imaginer uu plus merveilleux décor de légende.Et le silence y était, en elfet, d'une solennité grandiose et quasi-épique, comme peuple d'immenses souvenirs.— Très beau, très impressionnant, répondis-je mais Y.Glaizard ne me laissa pas achever.— Oh ! fit-il, je t'entends bien, et si ce n'avait été que pour te mettre de moitié dan» ma découverte, je ne t'aurais pas dérangé.Non ; il y a autre chose.Oe que tu as là sous les yeux n'est qu'un cadre vide : il y manque la figure animée qui lui donnera, en y répandant le fris-son de l'être et de la vie, toute la signification dont il est capable.Cette " animatrice ", elle va se montrer.Tu la connais par ce qui t'en t été révélé ce tantôt L'étrange fille dont parlait l'aubergiste, c'est elle-même.Une sauvagesse, dit-on : il se peut.Pour moi, quand elle m'eat apparue, je me suis écrié, comme Ulysse en présence de Nausicaa ; " Jeune vierge, à moins que tu ne sois quelque déesse sous les traits d'une mortelle !." Les vers d'Homère ont-ils en eu une mystérieuse v.rtu d'incantation, je l'ignore.Ce qui est sûr, c'est que, cette Ciuamériennc indomptable et faronche ennemie de tout contact humain, je l'ai eu vite apprivoisée.Journellement, elle me fait visite, s'accroupit dans li mousse à mes côtés, joue avec mes pinceanx.Moi, s?s moindres mouvements me sont uu délice.Elle est tout harmonie.Son corps a le nombre et l'aisance d'un beau rythme.Mais le plus curieux, lo plus attachant, c'est qu'il existe entre cette fille et ce paysage une correspondance et comme une parenté secrètes.Elle est cette nature faite femme.Le ciel, la terre et l'ean, s'expriment et se marient adorablement en elle.C'est la même pureté de lignes, la même grâce primitive et profonde.La mer, toutefois, est son véritable élément.Je la vois surtout comme nne Néréide, attardée aux rives du septentrion, et le désir m'est venu de la peindre en sirène, non point vivante, mais morte, dissoute à demi dam la vague, tandis qne, derrière elle, triste du trépas de sa dernière fille, pleurerait le vieil Océan.Quelque chose comme le crépuscule et la fin dei antiques divinités marines, tu conçois ?.•.J'si tout lieu de croire qu'elle s'y prêterait sans difficult é ; seulement il faudrait, pour cela, ponvoir me faire entendre d'elle, et je ne sais pas an traître mot de breton.D'autre part, à qui recourir ?Où trouver un intermédiaire intelligent ?Il n'y a, dans ces environs, que des rustres.Alors.! — Il suffit, repondis je.Je te servirai de truchement.Mène-moi, quand tu voudras, vers u sirène.Il mormonna : — J'en serais bien embarrassé, puisque j'si LE REVEIL 119 beau interroger lea gens, nnl n'est à même de m'apprendre où elle perche.Et, me faisant signe de m'asseoir près de lni, snr nn rocher de granit mauve, sons les grands panaches assombris des pins : — Non, reprit il, c'est elle qui va venir à nons Sou henre est prochaine : le flot commence à monter.Je fus ponr lai dire qne je ne saisissais guère le rapport.Mais tonte son attention s'était fixée sar l'entrée de l'anse, où la marée da soir s'épandait.Je me laissai aller moi-même à la douceur hypnotisante da spectacle.La mer avançait sans brait, comme respectueuse du veu-vagede cette solitude.C'était u ne pénétration lente coutinne, silencieuse, presque mystique, comme d'une foule qui ce recueille aux abords d'une enceiute consacrée.Pas un clapotis, pas lopins léger murmure d'onde, pas un souffle.Rien qu'une poussée tranquille, le déronlement dis* cret, sur les sables, d'nne large bande de moire glsnque où, ça et là, le frisselis d'un courant projetait une rapide lueur d'écaillés.Peu à pen, le flux baigna le pied de la hanto berge sur laquelle nons étions assis.Et da pale miroir des eaux, une voix soudain s'éleva, une voix aussi tenue qu'une haleine, et qui modulait en caden-ce nne plainte longue, une sorte de soupir ena* m >nré.— C'est elle, dit Glaizard ; c'est notre jenne amphibie.Tons les jours, à la mer montante elle m'arrive ainsi, en nageant.Vois avec quelle élégance heurense elle vogue, toute nne, ses maigres loques nouées en paquet au-dessus de sa tête.Ses membres semblaient avoir, en effet, la belle eurythmie, la noble aisance fluide de l'élément qui la portait.Elle se laissa déposer par lui dans la marnes roses du fiord qu'il achevait d'en* vahir, se mit debout, sans hâte, en sa nudité ruisselante, secoua le front pour en faire tomber ses vêtements et, après les avoir passés un à nn escalada, toujours fredonnant la même cantiène languide et monotone, le versant où nous l'attendions.Ma vue l'étonna, lui déplut.S'in-terrompant de chanter, elle eut un cri rauque, le strident coup de sifflet d un courtis qui va l'envoler.Mais, Glaizard m'ayant entouré le cou de son bras ponr marquer qu'il m'avait eh affection elle sourit, s'opprocha, farouche encore le pas hésitant.Dans le velonrs brun, des mousses, ses pieds luisaient d'un éclat ambré : — Depéche-toi ! Parle.Explique lui.• dit Glaizard.Le discours que je lui tins en hreton fut à peu près le suivant : — Mon ami te trouve belle, très belle et il brûle d'envie de te mettre dans une imago.Si tn y consens, tu lui feras beau coup de plaisir.U te représentera bercée par la mer, comme une enfant des grèves qne tn es.Tout ce qu'il te demande, c'est do rester quelque temps devant lui, sans bardes, telle que tu étais, il n'y a qu'une minute, qnand tu nageais, mais, par exemple, en bougeant le moins possible, en feignant quelqu'une qui flotterait endormie et commo morte.M'as-tu compris ?Elle m'avait écouté, d'abord, avec une expression de joie pnérile ; puis, aux derniers mots, elle avait baissé la tête : ses prunelles d'émerau* de ardente s'étaient voilées, Lentement, laborieusement, elle répétait : — Belle.Dans une image.•.Morte.•.Ses yeux, en se relevant, allèrent an peintre, l'enveloppèrent d'un long regard de bète soumise douloureusement passioné.— " Varo'hoav ", balbutia-t-elle avec effort.Et humant lVr comme ponr s'orienter vers son gîte, elle disparut.— Elle re fuse ?questionna Glaizard, anxieux.— Au contraire.Elle a répondu : Demain I.C'est donc qu'elle accepte.Il n'était pss trop tard pour regagner.Qnim, per par le train de nuit, Glaizard (m'accompagna jusqu'à la station de La Boissiere et, en guise de remerciement, promit de m'écrire la suite de l'aventure.An lien d'une lettre, ce fut un télégramme qne jo reçus ; " Pars navré.Sauras par les journaux pourquoi." Et, dana la semaine, en effet, les gazettes locales, a la rubrique des faits-divers, annoncèrent qae le peintre Glaizard, — nn fanatique du iiord Saint Jean, — y avait retiré de l'eau le cadavre d'une pan- 120 LB RÉVEIL vre idiote dont c'était la manie de s'y baigner en tonte saison ''.Fonr mieux poser la " airène morte ", la mal-heureuse, dans la simplicité de son intelligence et la icrveur de son amour, n'avait rien trouvé de plus naturel que de se noyer.Anatole le Braz.Pouvez-vous me dire ce que c'est que la Tur-cotmanie ?••• Les candidatures libérales se dessinent partout.Il y a pléthore./• Tardivel doit trouver le noyau d'un centre parmi les députés conservateurs de la Province de Québec au fédéral.La délégation Juponaise va probablement réunir ses tronçons épars et travailler un scheme pour se faire expédier en bloc à Buffalo.Les gazettes ont annoncé que Joson Perrault était allé à Buffalo pour le gouvernement.Une personne digne de foi m'a assuré qu'il n'en était rien, et que le cabinet d'Ottawa a l'intention de le changer pour un plus jeune.* • « J'ai en le plaisir d'assister cette semaine à la soirée donnée par Mlle Idola St.Jean, è la salle Knrn.Un auditoire nombreux et distingué s'était rndn pour entendre Mlle St.Joan qui a charmé son auditoire dans une déclamation et une pièce à ' rois personnages en nn acte.Mlle St.Jean est nne élève de Mme J.Bennati, et le talent naturel qu'elle powède lui a permits avec l'aide de ce distingué professeur.de fsire plus de progrès en quelques mois, qu'elle n'en avait lait auparavant durant le même nombre d'années.Jo souhaite A Mlle 8t.Jean tout le succès pocsible dans la carrière artistique.TRADUCTION BT REDACTION Souvent le monde commercial, industriel ou financier désire confier la rédaction de ses circulaires, brochures ou annonces A des experts ; mais on ne réussit pas A les trouver, a moins que, comme cela arrive trop souvent, sa confiance ne soit accordée A des gens qui n'ont ni la science ni l'expérience.Il ne suffit pas de faire beaucoup de publicité : il faut encore et surtout qu'elle soit A point.Si la forme ne vient pas A l'appni du fond, le but visé n'est pas atteint, la pensée de l'intéressé est mal exprimée, peut-être même n'est elle pas du tout comprise par ceux dont on recherche la clientèle.On nons a très souvent demandé d'organiser ici, sons les auspices du Réveil, un service de rédaction générale et de traduction d'anglais en français, on vice versa.C'est pour satisfaire A cette demande qne nous venons annoncer que dorénavant des experts se chargeront non seulement de travaux commerciaux, mais littéraires et techniques.Notre tarif u'aura rien d'exorbitant, nous apporterons dans l'exécution des commandes un soin méticuleux et toute la célérité posssible.On pourra s'adresser A la direction du Réveil, au No 157 rue Sanguinet, ou par lettre au bureau de poste, Boîte 2184, Montréal.SEUL RECOUBS.Contre le rhume, il n'y a de recours efficace que le BAUMB RHUMAL.117 Faites abonner vos amis au Réveil 60 YBAR8' Patents a-.lurent DtSMNS COOTRWMTSAe.m» .,ir aa Communie-Patenta ¦IrçonSdantU.H nut) book on Palau* .JSSSSP*' Sdtirilk Jlmerfcan.handfomel, lllaMntsd mu,, MrnK etf JhHOBj?'¦"M^>l*a tranML Tirai»,»»a Demandex hn numéro échantillon du Réveil qui vous sera envoyé gratuitement, peudant quatre semaines A tonte a-dresse qui aera fournie au Canada ou aux Etats-Unis.7367 LB REVEIL 121 Le Rev.P.Gaffre et la Musique religieuse L'assemblée d'élite qni assistait ces jours-ci à la cérémonie de bénédiction et d'inauguration des grande» orgues de la jolie église Siint-Fierre de Nenilly, près Parie, a eu, comme nous l'avions annoncé, la bonne fortune d'entendre tour à tour l'uu des maîtres incontestés de la chaire chrétienne et quelques-uns des plus éminents parmi les maîtres de l'harmonie.Au banc-d'œuvre avaient pris place,' aux côtés de leur président M.Gallay, eoua-directeur du Comptoir d'escompte, tons les membres du Conseil de fabrique Anx premiers rangs do la grande nef, le général Ilenrion-Bertier, maire de Neuilly, les adjoints et tout le Conseil municipal témoignant par sa présence à nne solennité religieuse, de la bonue eutente qui préside a ses relations avec le clergé.Daus l'assistance : Baron Tristan Lambert, représentant les princes de la Maison de France ; nn chambellan de la reiue de Naples, représentant Sa Majesté : prince Lusignau.général du Barail ; Mme Bouvier, femme d« l'ancien ministre ; M.Roulinas, ministre dn Chili ; MM.Chérest et Lapierre, con-seillers généraux ; comte do Rohan Chabot, comte Dupont, Mme Dumont, Mines Jane Hadiug et Jeanne Boyer, famille Ruf de Lavivon, M.Bréham, etc.Après les prières liturgiques et la bénédiction proprement dite, donnée par Mgr de l'Escaille, doyen du chapitre, le R.F.Q-affre, Dominicain, est monté en chaire.Le R.P.Gaffre est bien connu à Paris, où les plus beaux auditoires goûtent fréquemment le charme enveloppant de sa parole, très littéraire, très savoureuse, admirablement servie par un organe souple et puissant.Sou disiours d'hier sur "la Musique de l'âme", discours d'une documentation étonnamment a-boudante et précise, est une pure merveille.Il faudrait pouvoir tout citer.Le P.Gaffre n'eat pas tendre ponr le plain- chant, tel qu'il sévit dans nn trop grand nombre d'églises, et il ne consent point à reconnaître tre la " musique de l'âme " dans " ces mélodies - épulr raies on pl-ines de mugissements, cet amalgame de sy labes estropiées et" ces cris poussés, à pleine poitrine, cette processions lamentable de paroles boîtenses vociférant saus rythme, Bans accent, sans cadence, celte lourde enfilade de grosses notes qui se remuent dans le gosier des basses-tailles comme des voitures trop chargées dans leur ornière, ceB cris perçants qui glapissent sur le fausset des enfants ", etc.Ce plain-chant-la n'a rien de commun aveo le vrai plain-chant, "limpide et stable comme l'Iufini, suave et fécond comme une caresse de Dieu, donx et pieux comme un regard d'enfant, majestueux et formidable comme l'affirmation des masses, qui monte sous les voûtes des basiliques porté par les harmonies de l'orgue".Comme il a distingué entre lo vrai plaint-chant et le plaint-chant de contre bande, le P.Gaffre distingue entre deux musiques : Qu'ils viennent dono dans son tomple ces chantres chrétiens, harpes vivantes dont l'Esprit-Saint émeut toutes les cordes ! Paleslriua, auquel le pape Pie IV, qui venait d'entendre sa troisième messe, disait en l'embrassant : " Telles doivent être les mélodies qu'entendit saint Jean daus la Jérusalem triomphante ! " Chants vraiment tombés du ciel et qne les Italiens appelleut musica del altro monda I Qu'ils vienuent ; Uaydn, du, Mozart, Beethoven : ces trois notes immortelles que rendit en mourant à la foi.comme uu suprême adieu.l'Allemagne catholique ; Haydn, dont les Sept Paroles du Christ eu croix ruissellent comme une pluie de larmes arrachées aux yeux des séraphin* ; Moj&rl, aveu «es vingt inesses tontes vêtues d harm >ni \ comme 1 s Vierges de Raphael sout vêtues de lumière ; li irthoven, aux acceuts pathétiques où se poiut si graude âme, si divinement lasse des choses d'ici bas et impatiente des splendeurs de Dieu ! Qu'ils viennent tous les maîtres qui, ayant reçu le souiil) d'eu hant, développent les traditions de leurs aïeux et sont aujourd'hui, comme d'autres l'étaient hier, les échos de la musique d- 1 antre mondo I qu'ils viennent au nom de l'art s'ils comprennent que l'ait est fait pour le Bjsu, e.le Beau pour le Bien.Ma», messieurs, qu'auenn d'eux ne franchisse 122 LE REVEIL le seuil de nos églises s'il ne comprend pas cela.Fermez les portes dn temple aux amateurs qui prétendent faire de l'art pour l'art.Brisez dès aujourd'hui les claviers de oet orgue merveilleux plutôt que de lni permettre d'apostasier de son rôle socerdotal et divin. l'issue de ce magnifique discours, MSI.Wi-dor, Guilmant, Gigont, Letocart ont successivement exécuté sur les grandes orgues quelques-unes de leurs œuvres.M.Gigout s'y est, en outre, abandonné à une de oes merveilleuses improvisations qui ont si largement contribué à sa gloire artistique, non seulement en France mais à l'étranger.Et la maîtrise ainteiprété des œuvres de Ch.Vervoitte, Bach, Haydn, Bœlmann, Th.Dubois, Hœndel, O.Frank.Vers six heures prenait fin cette féte grandiose de l'éloquence et de l'harmonie.Julien de Nàbfon.ON VOUS .REPONDRA.Demandez à qui voua voudrez si le BAUME BHD MAL n'est pas le remède par excellence contre les affections de la gorge et des poumons.116 mi cniionc_unb dame riche, qui a IUA sjUUnllsJ *té guérie de sa surdité et de bourdonnement d'oreille par les Tympans artificiels de I'Institut Nicholson, a remis a cet institut la somme de 25,000 frs, afin que toutes les personnes sourdes qui n'ont pas les moyens de se procurer les Tympans poissent les avoir gratuitement, S'adreaer i I'Institut Nicholson, 180, Eighth Avenue, New-York.COMPARAISON IMPOSSIBLE.Le BAUME RHUMAL ne coûte que 25c la bouteille.Le bien qn'il fait ne peut s'évaluer en argent.118 Abonnez-vous au Réveil.PATRIOTISMEJATHOLIQUE BELLES ET ENCOURAGEUSES PAROLES.Au récent congrès catholiqne tenue à Bourges, le clou de la journée, a été une conférence de M.l'abbé Birot, vicaire général d'Albi, sur nos devoirs à l'égard de notre pays et de notre tempt.M.l'abbé Birot est un jeune, à peine trente-sept ans : mais le discours qu'il a prononcé hier témoigne d'uu talent d'orateur et d'écrivain tout à fait hors do pair.Voici d'ailleurs un échantillon de son discours pris au vol de la plume, et qui donnera uue idée très exacte de sa manière oratoire : " Messieurs, il faut bien y venir ; notre patriotisme a un défaut : c'eBt qu'il est triste.Je ne sais quelle mélancolie découragée enveloppe comme d'nn crêpe, au fond de nos âmes, l'image de la patrie.11 est rare que nous parlions d'elle sans mêler à notre langage quelque réserve oa quelqne inquiétude.Il semble, à vrai dire, que ce soit uu autre pays que le notre que nons aimons, un pays qui n'est pins, une France d'autrefois ; ou bien une Frauce qui n'est pas encore et qui, sans doute, est trop belle pour être jamais ! N'est-ce pas parce que nous sommes hypnostisés par ce rêve, ou paralysés par ses regrets que nous éprouvons je ne sais quel malaise à l'égard de uotre patrie véritable, celle qui vit et souffre devant nous ?Nous avons comme nu besoin maladif de distinguer entre les hommes et les choses ; nous choisissons soigneusement les mots, les vocables que nous employons On disait autrefois " le royaume de France " parce qu'eu eftet la France était un royaume ; on n'ose maintenant employer l'équivalent historique et actuel de cette formule aujourd'hui caduque.comme si l'on avait honte ! Cela se manifeste sut tout, messieurs,quand on se trouve en face de catholiques étrangers.Dès qu'on les aborde, on s'aperçoit qae lear âme rend un sou tout autre ; ils aiment leur pays comme nous, mais ils l'aiment joyeusement, aveo confiance.Allez à l'assemblée annuelle des catholiques allemands, cette assemblée issue des lattes da kulturkampf et qui sait ce que vaut la liberté de l'Eglise : vous verrez ces évêques, ces prêtres, dont plusieurs furent confesseurs de la foi; ces laïques qui marchent à la tête de l'opposition, après avoir acclamé le Pape, se tourner vers l'image du Baiser et la saluer de leurs LB BBVBIL hourras ! Interrogez nos confrères d'Angleterre on d'Amérique : lenr loyalisme éclate à chaque mot ; ils proclament lenr attachement inviolable à la Constitution et anx principes juridiques de lour pays ; vous aurez l'aven de pins d'nne imperfection, mais vous n'obtiendrez pas une plainte ; vous ne trouverez cela qu'en France I ,1c me trompe, je l'ai rencontré aussi quelquefois en Espagno ! Il m'a semblé, messieurs, que la raison du malaise que je signale tient à un état d'âme assez singulier, assez répandu néanmoins, en vertu dnquel, si nous aimons beaucoup notre pays, nous avons moins do sympathie pour notre ii u-ps.En face des vicissitudes de la fortune, notre humenr s'est aigrie ; nous l'avons trop laissé voir.L'Eglise avait fait la société au-cienne : aussi y tenait-t-elle la première place.La société moderne s'est faite sans nous, et même un peu malgré nous : nous avons été vexés dn sans-gêne avec leqnel ou nons y a reçus.Pour rappeler un mot spirituel, nons avons imité la vénérable douairière qui soit, très digne, d'an salon fin de siècle en disant : " Je n'y remettrai plus les pieds ! " tandis que, derrière elle, on murmure en se frottant les mains : " Quelle aubaine ! " En écoutant M.l'abbé Birot, on songeait à l'abbé Peireyve, ce prêtre éloquent qui charmait les jeunes gens du quartier des Ecoles, en lenr montrant qu'aucune de lenrs idées et de leurs aspirations ne lni était étrangère.Parfois même, quand le sujet le comportait, M.Birot avait des frémissements et des envolées oratoires qui faisaient songer è Lacordaire.Retenez bien la nom de ce jeune prêtre : je serais bien surpris si, d'ici quelques années, il ne devenait pas un de nos prédicateurs les plus en vogue.Henbi de Pavrac.Le Russe tel qu'on le parle, Mark Twain a racconté un jour les difficultés que lui avait données l'étude de la langue allemande, dans laquelle les phrases sont A ce point chantournées et allongées qu'il faut, dit-il une longue vue pour apercevoir le verbe qui se trouve à la fin.Le cœur sur la main, je ne puis en dire autant de la langue russe, n'y ayant ja- mais vu aucun verbe, ni au commencement ni à la fin et pas davantage au milieu.O'est vous dire que je n'y comprend goûte.L'étranger ignorant de la langue de Dostoievsky apprend avec p'aisir, en débarquant en Russie, quo bifteck se traduit en moscovite par bifttckchstck mais s'il en conclut qu'il suffit de cracher à la fin de chaque mot français ponr en faire du russe, uue amère désillusion l'attend.Oette langue à nne grammaire pins compliquée que celle d'auenue autre langue occidentale ; elle est par conséquent, supérieure à toutes, et sa supériorité réside en trois éléments qui manquent aux autres et font le charme du russe, à savoir : 1 0 les signes alphabétiques inutiles ; 2 9 l'air sur leqnel on les chante ; 8 0 la grimace dont on les appuie.Ainsi le nom de ville que nous prononçons Kharkow est presque exclusivement composé dc lettres qu'on n'énonce pas, il faut pour le foire comprendre dire simplement âddôôô en ouvrant la bouche à deux battants et siffler en même temps pour faire vvv, co à quoi les Russes rénssisent en utilisant lo nez que le bon Dieu leur a fabriqué en conséquence.L'alphabet russe contient trente-quatre lettres dont cinq i, un iou et deux ié, ces derniers se transformant accidentellement en io, ce qui explique l'homme à idées, par exemple, deviennent accidentellement un idiot, cas fréquent chez les gens qui potassent cet alphabet.La prononciation complique les choses.Ainsi le signe èi s'appelle hierr et se prononce oui mais ue signifie naturellement pas oui, qni se dit da.O'est absolument comme ti en français le signe b se nommait flûte, «e prononçait tambour et servait è désigner une cas se ro: le.Pure question de convention, comme on voit.On aimerait se figurer la languo russe simple et rude, comme le peuple.Simple, elle ue me parait pas l'être.Mais elle est rude, faite ponr être brisée et conoassée par des mvhoires d'acier Ainsi pour pronoucer la phrase : Id/chouff sstvou iou s se biaolchenn bail nountm" il faut une fière santé ; or cette phrsse signifie : Je suis malade." - *** Ces quelques considérations vous montrent que 124 LE REVEIL si je ne connais pas le russe, je l'ai du moins honnêtement étndié.Je n'ai jamais ambitionné de soutenir une conversation dam cette langue étant de ma nature assez taciturna.Mais j'aurais voulu en connaîtro assez pour pouvoir parler aux garçous d'hôtel et aux portiers.Au début, j'ai fait des efforts héroïques pour m'assimilur à la prononciation classique, et quaud ils me voyaient arrondir la bouche et tordre le maxillaire inférieur pour demander de la soupe, les gens de la tablo d'hôte allaient chercher leur parapluies.A quoi cela me servait-t-il ?i me rendre ridicule.Le garçon ne comprenait absolument rien ; il tournait son plateau d'un air embarrassé, et quand je prononçais avec trop de zèle, se reculait en esquissant avec sa serviette le geste d'un torero chulo.J'ai pris,, en désespoir de cause, le parti de m'exprimer exclusivement en français et je ne m'en suis pas trop mal trouvé, uue foule de Russes parlont—ou tout au moins comprenant— oette langue.Le correspondant particulier de la Métropole, qui a épousé toutes mes tribulations durant co voyage en Russie et dont la sauté (je suis heureux de pouvoir vous ht dire eu passant n'en a du reste nullement souffert—car il continuée fonctionnera mes côtés avec une régularité de pendule—votre correspondant particulier dis-je, s'est obstiné plus longtemps que moi daus cette lutte inégale avec les déclinaisons moscovites et les participes cosaques.U s'aidait dans cette tâche d'un dictionnaire à prononciation figurée qu'il portait constamment sous bju bras gauche, taudis que le bras droit serrait jalousement un parapluie qu'il a emporté de Bruxelles on n'a su pourquoi.Daus chaque gare après avoir en jouant des coudes gagné le guichet, il me dounait le parapluie à garder et ouvrait sou dictionnaire pour demander les billets.Cela prenait toujours uu certain temps ; les gens qui étaient derrière poussaient, et l'employé criait des choses en russe.Alors le confrère, ponr comprendre ce que criait l'employé, retournait le dictionnaire de l'autre côté, à la partie russe, et se remettait à feuilleter fiévreusement.Naturellement on le jetait de côté ; uu jour même le parapluie fut égaré dans la bagarre, ce qui n'empêcha son propriétaire de continuer à chercher Bes mots dans la salle d'attente, "dans l'intérêt de la science,'' disait-il.Il y a huit jours heureusement, il a perdu à la fois son dictionnaire et le moyen de le redemander Maintenant, il parle français comme moi, à tout le monde, et lorsqu'il rencontre un interlocuteur qui ne le comprend pas il cherche son recours dans la mimique, U geste qui est la langue primitive de l'espèce humaine et constitue encore aujourd'hui le seul volapuck possible.Mais le gesto n'écarte pas absolument les occa sions de maleutendu.En Russie il n'est toujours trouvé quelque passant obligeant ponr l'expliquer, quand il ne suffisait pas à uous tirer d'embarras.Il eu a été autrement à partir du moment ou nous avons été claquemurés dans le Transsibérien.Raisonnablement on ne peut s'adresser constamment â ses compagnons de voyage pour leur faire jouer—gratis—le rôle d'interprètes La plus élémentaire discrétion nous commun-ait do nous tirer d'affaire tout seuls, au restaurant, et avec le moins de bruit possible.Nous avions pour compagnons de table deux Français qui n'avaient sur nous d'autre avantage que de gesticuler un peu plus vite.Et c'était le diable pour se fai recomprendre.Au dessert, ou faisait venir le garçon, on écartait la carafe, les ta-ses de thé et les autres objets fragiles et, vivement, on s'expliquait.Le g'irço i, dont j'ai toujours admiré la patience (d'autaut plus que le malheureux souffrait d'une rage à', dents et portait uu bandeau autour de !a tête) nous regardait manœuvrer aveo une inaltérable patience ; six fois sur dix il comprenait Dt s fois, cependant, sou intelligence nous fut particulièrement désagréable.Le premier jour, nous déjeunâmes avec des côtelettes de moutou ; après le repas je fis nu geste circulaire indiquant que je désirais payer la tournée : il apporta quatre nouvelles côtelettes.Nous avions l'ai m encore ; nous t ûmes aussi pitié de son iuexpérience, bref, nous mangeâmes les non* LB REVEIL voiles côteleltes.Quaud il revint j'eus bien soin d'acceuiuer mon geste pour le faire comprendre.Le garçon cligna de l'œil discrètement, comme pour dire : " Vons êtes dos goinfres ",—et apporta encore quatre côtelettes.Je conçois qu'on mange une côtelette par bienveillance ponr son prochain, mais denx côtelettes, c'est trop.Ma fureur éclata, et peut-être m'iuduisit-elle eu d'autres gestes circulaires, car le garçon gagna peécipitamment la porte.Si nous ne l'avions attrapé par les basques de son habit, il nous infligeait un quatrième quadrige d»» côtelettes.Il en est arrivé nne meilleure à ce brave Charles, que sou ignorance du russe (j j vous ai raconté son histoire à St.Pétersbourg) finira par mener en police correctionnelle.Quand nous devons énoncer nn somme, nouB n'avoua d'autre ressource que de nous servir de nos dix doigts, ce qui est assez commode dans nn pays où existe le système décimal.Or, mon excellent confrère entendait faire comprendre au garçon qu'il lui devait, au lieu de deux roubles et demi, un rouble quatre-vingt quinze kopecks.Il dressa d'abord l'index et le maintint en l'air avec fixité ; Fuis il projeta rapidement ses dix doigts tenduu, è neuf reprises différentes, vers le visage de son interlocuteur, enfin de sa dextre avancée il compléta le compte.A notre stupéfaction, non seulement le garçon ne comprit pas, mais il resta immobile, fix, muet, perinde ac cadaver.Nous le secouâme.Il dormait.11 était hypnotisé.Nous avons eu uue peur affreuse.U a dormit petulant vingt heures d'horloge, quoique tout le persounel du train soufflât dans sa figure.A la* atatiou de.—mettons Machinskoff—on lui a lâché uu coup de sirène dans l'oreille, ce qui a fait l'affaire.Chose bizarre : le patient n'avait plus mal aux dents.Malheureusement, nous avons entendu dire qne le corps médical de Machinskoff, rais au courant de cette cure merveilleuse, allait faire poursuivre mon excellent confrère pour exercice i \légal de la médecine.S'il écope, ou l'enverra tr availler anx mines do platine.C'est ennuyeux ; mais ce serait une concurrence de moins.Somebody.Un syndicat de cures Je retrouve en rentrant une des questions qui m'ont toujours postioné : celle de l'avenir- du clergé français.J'ai été élevé par des prêtres catholiques et je n'ai jamais cessé de les aimer.Je les aimais lorsque, sorti tout frais de leurs mains, je pensais comme eux.sur toutes choses.Je les ai aimés plus tard, lorsqu'une éducation plus scientifique que celle qu'ils m'avaient donnée m'a conduit à ue plus penser comme eux snr bien des choses.Je les aime toujours maintenant qu'une presse iuepte et violente a transformé uu trop grand nombre d'entre'eux eu êtres grossiers et crédules, qui ont fait descendre la religion deB hauteurs sereines où elle recevai-directement les rayons du Christ ressuscité just que dans des marais où grouillent les fantômes et les larves des anciens fétichismes humains.C'est avec une douleur inexprimable que je les vois, à la fois auteurs et victimes de malentendus st upides, s'évertuer à creuser le fossé qui les sépare du reste du monde auquel ils sont indispensables et qui, lui aussi, leur est indispensable.J'ai toujours été de cenx qui voudraient combler le fossé et réconcilier sur le remblai la Science et la Foi.U y a beauconp de prêtres qui partagent ces idées-là ; mais jusqu'ici il leur a manqué le premier outil des hommes dans toute entreprise : le droit et même la possibilité de s'unir.Napoléon 1er, avec srn Concordat, avait divisé l'Eglise de France eu un certain nombre de régiments qui .s'appellent des diocèses.A la tête de ces régiments, il avait mis un colonel qui s'appelle un évéqne, et dont l'autorité n'était même pas tempérée par la garantie des règlements, des Conseils de discipline et des Conseils de guerre.L'évêque moderne a sur ces prêtres un pouvoir discrétionnaire que ne connurent jamais les évéques de l'ancien régime.Et au Sénat impérial, l'archevêque de Bordeaux ; le cardinal Donnet, put dire un jour que ses prêtres formaient un régiment dont pas un soldat n'était tenté de discuter les ordres de son colonel. 126 LB REVEIL Le cardinal fnt applaudi A outraoe et personne ne comprit combien il était monstrueux d'aroir introduit dans le domaine spirituel les procédés de la force brutale.C'est précisément parce que quelques prêtres français sontent les dangers qui les menacent, eux et, par contre-coup, les vérités qu'ils enseignent ; c'est parce qu'ils ont eu la chance de mettre la main snr cet apôtre doux et obstiné qni s'appelle l'abbé L> mire, que le clergé français, au moins daus les régions où régnent des houlettes intelligentes, a pris part au congrès de Bourges.C'est l'adhésion du prêtre à ce vaste monvement de coopération, de fédération qui dominera forcément le vingtième siècle, et qui sera la loi de nos descendants.Un syndicat de cnrés ?Parfaitement, un syndicat do curés, c'est-à dire nne miso en commun de toutes les ressources intellectuelles, une coopération de tontes les bonnes volontés, une fédération de toutes les initiatives pour rendre au clergé, dans la société moderne, la place qu'il doit occuper et qu'il perdrait sûrement, s'il continuait à se tenir en dehors du mouvement social et à n'apparaître anx hommes que comme une protestation perpétuelle contre ce qu'ils aiment, co qu'ils font et ce qu'ils pensent.Nous suivons d'un œil attentif ce qui se passe à Bourges, heureux de voir commencer daus le clergé catholique une révolution pacifique qui lui rendra sur notre société une influence égale à celle qu'exercent snr leurs pays les clergés des autres religions.J.CORNfi*LY.AU JOUR LE JOUR LE BAISER"DÛ" TSOU-HSI En 1860, comme aujourd'hui, Pékiu flambait.Dans la nuit, au loin, tonnait le canon des alliés auquel notro artillerie répondait coup ponr coup( glas funèbro de la puissance chinoise, voix glorieuse proclamant notre victoire.Sur notre gauche, lo combat avait cessé ; mais on pouvait craindre que, d'une aile du palais impérial, dont les bizarres architectures se reflétaient dans les eaux du lac, quelque vole a de mousqueterie at.teignit los hommes éparpillés dans les jardins, A la tête d'une poignée de voltigeurs, le capitaine de Negroni, revolver en main, explorait I'ia nextricable labyrinthe des appartements de l'aile gauche Ses sentinelles placée dans les al lées ombragées de grands arbres, l'officier allait regagner le bivouac, lorsqu'il aperçut des femmes fuyant dans la direction d'un joli pavillon édifié snr une petite eminence.Suivi de son ordonnance, il s'élança snr leurs traces, et les rejoignit au moment où, folles de frayeur; elles pénétraient dans ce mystérieux asile.Trois d'entre elles se prosternèrent, terrifiées et suppliantes.Une seule demoura debout, muette et imposaute, dans une immobilité de statue, majestueusement drapée dans les plis d'une robe de satin jaune impérial, lourde de broderies d'or sur laquelle flottait un léger manteau de' crêpe de Ohine bordé de cachemire blanc, constellé de pierres précieuses d'nne invraisemblable beauté.Sur ses cheveux noirs, splendides, qu'emprisonnait mal une résille d'argent, étincelait un diadème d'un vert tendre d'où retombaient, de chaque côté, des cascades de perles merveillenses.Cette femme était l'impératrice favorite, Tsou-Hsi, — aujourd'hui l'impératrice douairière, — née, il y a environ soixante-dix ans, d'un père tartaie, do misérable'condition, comme Theodora, impératrice de Byzance, naquit d'un gardeur d'ours et Catherine de Russie du serf fugitif Shawrousky.* Dans un livre très curieux, introuvable aujourd'hui, les "Souvenirs du capitaine de Negroni", le héros de l'aventure que nous rappelons a raconté (ont au long cette scène curieuse." Je lui lis comprendre, en mauvais chinois, que j'étais disposé à la sauver, mais qu'il fallait e hâter.Alors, l'impératrice favorite, mis convulsivement sa jolie maiu sur mon epaulette et, d'nn pas précipité, me conduisit au fond du parc, près d'une petite grille qu'une de ses suivantes ouvrit aussitôt.— Il était.la lune roulait comme une perle au ciel bleu.l'idolâtre princesse la contempla avec nne émotion LB RÉVEIL 12V visible.C'était ponr elle le séjour det âmes et des esprits protecteurs !.Elle prit ensuite, dans une cassette allongée qne portait une de ses dames, nn objet enveloppé dans du satin et, d'an air angelique, me l'offrit, — puis elle me regarda avec la plus ineffable expression de reconnaissance, s'approcha, tonte divine, et, dans nne douce étreinte, ses royales lèvres imprimèrent sur mes lèvres nu baiser dont ma bouche recueillit la suave rosée !." Le capitaine de Negroni clôt ici le récit de ion amonreuse aventure, pas banale du tont.Deux heures après, il pouvait examiner à son sise le mystérieux présent de son impériale conquête, Ce fut un éblouissement.Le souvenir offert à l'officier français pa.Sa Majesté chinoise étsit nn admirable coffre à bijoux en or, enchâssé de grosses perles, de rubis, de splendides saphirs, d'émeraudss, composant nne collection de pierres précieuses, d'objets d'art et de bijoux d'nne \aleur fantastique.Dans le catalogue publié A la suite des " Souvenirs dn cspitaine de Negroni," et qui ne com-portïit pas moins de soixante numéros, j'en relève trois particulièrement intéressants : le collier de l'impératrice, en rubis roses, formé de cent dix boules semblables, du poids do dix csrats chacune ; au centre était un rubis rose, taillé cœur, du poids de cinquante carats ; un bracelet composé de vingt perles semblables st d'nn rnbis rose taillé en cœnr complétait cette parure.Un rubis oriental, rouge sang-de-hœuf, du poids de vingt-quatre carats,—destiné à rafraîchir les paupières de l'impératrice, — fut estimé par Jeffry, le joaillier anglais, à 156,000 francs.Enfin le véritable olou de cette féerique collection était nn saphir de quarante-huit carats " première grande eau ", classé, en Chine et à Paris, comme pierre do premier ordre, que l'estimation de Jeffry portait à 691,000 francs ! Et M.de Negroni terminsit sa fantastique enumeration par cette phrase modeste : ' Que d?choses nous oublions i dessein ! " Quarante années ont passé.Pékin flambe ; mais la voluptueuse et cruelle Tsou-Hsi, n'aura plus l'occasion de payer aussi fastueusement un baiser.F.-A.STKENA0KÏB8.RIRE BT PLEURS  une certaine époque dans la vie de la jeune fille son caractère se ressent dn travail de transformation qni s'accomplit ches elle.Bile travaille aveo moins d'entrsin A ses leçons, et, le soir, après une journée fatigante, elle a quelquefois une crise de pleurs on de fou riro, un état nerveux anssi désagréable pour la jeune fille qui en est atteinte, que pour son entourage.Bn même temps, elle souffre physiquement, elle a des maux de téte, des malaises de tonte nature, des envies de vomir et parfois des vomissements ; ces symptômes accusent un état anémique an-quel il convient d'appliquer les grands remèdes afin de ne pss donner au mal le temps d'empirer et de prendre des proportions alarmante.Les Pilules de Longue Vie du Chimiste Bonard cons- > tituent le remède souverain par excellence de cet état nerveux qui est la conséquence d'un appauvrissement de sang.On trouve ces pilules dsns tontes les bonnes pharmacies A raison de 50c la boite.Envoyé par la malle en s'adres-sant A la Cie Médicale Franco-Coloniale, boita ' 888, bnreau de poste, Montréal.BRISE LA TOUX.Les accès de toux brisent la poitrine; Le BAUMB RHUM A L brise les accès de toux.111 Morton, Phillips & Cie.PAPETIERS FABRICANTS DE LIVRES BLANCS BT IMPRIMEURS, 1755 et 1757 Rue Notre Dame, .Montreal.U maison Morton, PàllhpM A Cit.possède h btévit -fr .i griid Vm ï Ttailki moWki (law Lot Ud(w| de H.C.MILLER.LE ORAND LIVRE DO AIECLE.Ou trouvera dana aea magasin, un assortiment Complet de Papeterie. mJi- M lil .-.-.'.S' 128 ¦ r Ï '¦g LB REVEIL POUR VOûf MESDAMES! o secret do co poinvoir étrange que la femme, possède sur l'homme^ ce pouvoir dont nul ne est de soustraire, réside surtout dans la beauté des trails et de la pean.Aussi, uni' femme qui veut conserver tout son empire doit-elle faire (oui on son pouvoir ponr bien guider ces deux biens inestimables.Dans ce pays, malheureusement, les maladies et b'S décolorations de la peau sout nombreuses et.variées, et jusqu'à ce jour, nul remède efficace n'avait encore été trouvé pour leur traitement.Aujourd'hui la science vous dote d'une préparation que vous pouvez réellement qualifier du nom de sauveur, et elle justifiera ce titre.C'est la Dermatine, qui vona rendra la peau plus belle que celle du plus rose bébé de vos rêves.L'application en est facile, elle ne laisse aucune trace pendaut que vous vous en servez et la guérison est prompte et assurée.Quoi de plus désagréable pour uno jeune et jolie femme de se voir défigurée par ces plaques d'un jaune intense, qui lui rendent la vie douloureuse.Avant la découverte de ce merveilleux procédé, les femmes étaient bien obligées de subir leur triste sort et de se résigner ; mais à présent il n'y a plus de raison de se.désoler, puisqu'elles ont à leur portée un remède uuique.Les taches de rousseur disparaissent comme par enchantement devant ce conquérant qui ne B'arrète jamais avant d'avoir remporté une victoire complète.Les comédons (taches noires) s'enfuient et ne reparaissent plus après avoir subi l'action de la Dermatine.Enfin tontes les décolorations de la peau sont guéries en très peu de temps et l'expérience vaut la peine d'être tentée.Conservez votro beauté, mesdames, c'est un des biens les plus précieux que vous possédez.Rendez service à vos amies qui fout dans le même cas en leur signalant lu venue de ce messie.Elles vous remercieront d'avoir été la causo indirecte de leur bonheur.Voyez l'au nonce daJkfiermatiuc.POUR LA GUÉRISON DU Masque, des Taches de Rousseur des Comédons et | de toutes les décolorations de la Peau.GUERISON GARANTIE Toutes les femmes affectées par le Masque les taches de Rousseur, les Comédons et toutes les Décolorations de la Peau, viennent de trouver Un Sauveur ! C'est la Dermatine Une préparation qui enlève en quelques jours toutes les taches de la Peau, quelles qu'elles soient.Prix: 50c.et $1,00 la Bouteille.sa S'adresser^ «¦Kl»- Tiroir Postal 2184, MONTREAL CANADA
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