Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 8 décembre 1900
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1900-12, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
157 RUE SANGUINIT No 274 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE_THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XIII MONTREAL, 8 DECEMBRE 1900 No 274 so: Les Journalistes, Vieux-Rouge — Mœurs Electorales, Civie — Les Elections da 7 Décembre, Le Directeur — Le Chapeau Ronge, Catolique — Le Monument Bourget, Fervent — Marche Funèbre, Jean de Bonnefon—Chronique, Rigolo — La Kleptomanie, Félix Du-que8nel — L'Anesthésie, Emile Gauthier — Pour vous Mesdames.Les conditions d'abonnement tn Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des antres journaux.Nous livrons le journal à domicile | franco,] à raison de 25 cts par mois, payable an commencement de chaque mois.Tont ce que nous demandons au public eat de voir le journal.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.Lc prix de l'abonnement au Réveil est TROIS PIASTRES par année LES JOURNALISTES La question journalistique vient de surgir de nouveau d'une manière inattendue, mais celte fois encore, il est fort possible qu'elle fasse long feu, et toujours pour les mêmes causes.La dernière tentative qui a avorté péniblement était de grouper les membres de la profession dans une espèce d'association, sous le prétexte de donner des cours de journalisme au Monument National, et d'arracher une jolie carotte au gouvernement provincial sous forme de subside.Avec ce montant on établissait une tabagie bien conditionnée, et peut-être mieux que cela encore.C'est le promoteur de l'entreprise qui l'a lui-même cyniquement déclaré à Vieux-Rouge.Mais le papa Marchand, qui ne tenait pas à faire déflorer son surplus, qui lui a coûté la vie, ne l'entendit pas de eette oreille, et le projet tomba à l'ean.Les entrepreneurs libéraux de Montréal in 146 LB RÉVEIL nn groupe d'hommes d'initiative et de progrès, dans le but unique de promouvoir les intérêts de notre corporation, ont fait une offre générenre en mettant à la disposition des membres de la presse, à titre gracieux, lenrs salles spacieuses de la rue St Jacques.Cette offre sera probablement acceptée avec enthousiasme, mais avant de fonder un club de journalistes, il serait bon de se réunir et de décider une fois pour toutes quels sont les journalistes et quels sont les parasites de la presse.Dans ce but, il faudrait ouvrir un concours à tout venant, et public, où tous ceux qui ont la prétention au titre écriraient un article au pied levé, qui serait ensuite soumis à un jury.Ceux qui ne voudraient pas se soumettre à cette condition seraient de facto éliminés.Parmi ceux qui seraient disposés à se soumettre à cet examen, citons sans trop chercher et dc mémoire : Sauvalle, Heil-brouner, Monier, Sauvé, Stanislas Côté, Marion, Austin Mosher, Jimmy Harper, Langlois, Rémi Tremblay, Lasalle, Dalby, Charles Marcil, Voyer, Desaulniers, le rédacteur de la Semaine Religieuse, que je n'ai pas l'honneur de connaître, Mgr Bruchesi, en qualité de chapelain (quel job I) l'abbé Bourassa, Rodier pour la classe ouvrière, — un self-made littérateur -— Vieux Rouge, un autre self made, Louis Frechette, Ernest Pacaud, L.J.Deniers, Lorenzo Prince, Tarte, plus journaliste encore que politicien, ce qui n'est pas peu dire, Blumhart, Dansereau, Drolet, et combien d'autres dont les noms m'échappent.Naturellement la plupart de ceux que je viens de mentionner n'ont nul besoin de se faire ainsi connaître, mais leur bon esprit de camaraderie les porterait à se plier à cette légère exigence à titre d'encouragement aux jeunes- A propos de ces derniers, citons sans les nommer, toute cette pléiade brillante qai vient de se faire connaître dans les journaux du dimanche.En dehors du journalisme de tous les jours, il y a encore des écrivains spécialistes qui ne dédaigneraient certainement pu d'appartenir à une association journalistique qui serait digne d'eux.Je veux parler des médecins qui ont conquis lenra grades dans des publications spéciales.Par exemple, les Dis.Lamarche, Brennan, La-chapelle, Coyteux-Prévost, Benoit, Her-vieux.Beausoleil, de Martigny, Adolphe Lefebvre, etc., etc.En supposant que le seul résultat de ee eoncours serait un grand nombre d'articles bien pensés et bien faits, ce serait déjà an avantage immense pour notre journalisme.Une association composée de ces éléments serait une force pour la corporation et ne pourrait donner que de bons résultats.•*• Mais—car il y a plusieurs mais qui empêchent la réalisation de ce projet—il faudrait commencer par éliminer, après avoir crucifié les ignares, faire une épura* tion complète, et ne conserver dans no* rangs que les honnêtes gens et les hommes de bonne compagnie.Ici, pour soutenir ma thèse, je dois citer des faits qui sont à ma connaissance personnelle.Tant pis pour ceux qui se re* connaîtront Quand lo rédacteur-en-chef d'an journal ne peut se rendre à une invitation à un banquet, il délègue généralement l'un des reporters ou le chef des reporters, sans songer à l'humiliation qu'il in- LB BÊVfilL 14Ï flige parfois à son éditeur oh à son directeur.Ainsi, moi j'ai vu, à ma grande honte, an de ces reporters gros, gras, rubicond, le visage puant la suffisance, surpris pigeant' dans les gâteaux, les fruits, les bonbons et même je crois qu'il n'avait pas onblié nne petite bouteille de champagne pour la bonne femme et la marmaille.II trouvait cela tout naturel.Un autre, son très proche parent, probablement, reçoit des cadeaux sous forme de coupons de soie, de tweed et d'étoffes à robe pour boomer nue maison de commerce qui aurait trouvé son compte à payer directement au bureau.Un autre, blond celui-là, qui n'a pas encore été capable de se débarrasser du crétinisme puisé dans les bureaux de feu F Etendard, d'heureuse mémoire, est surpris dans une reception publique à rem* plir ses poches de victuailles de toute sorte.Et ensuite la race des maîtres chanteurs.Un malheur arrive à un citoyen haut placé.11 n'en est responsable en auoune façon, mais il a les moyens de payer et trois cormorans lui font suer $800.Je ne parlerai que pour la forme des misérables qui font tout ce que l'on veut pour un verre de gin.Croyez-vous qne oes braves citoyens soient bien acceptables dans un club do journalistes ?Il y a ensuite la catégorie des grotesques qui se sont décernés à eux-mêmes des titres de journalistes lorsqu'ils n'étaient même pas capables de conduire un pio convenablement.N'a-t-on pas vu, il n'y a pas si longtemps, un de ces bonshommes arrivé au poste de directeur d'an grand journal quotidien avec un salaire de $3,000.Pour suivre -sa méthode, il faudrait connaître certains dessous de la politique.Mais il est un fait certain, c'est qu'il a eu assez de diplomatie pour enseigner à un vieux singe.qni avait exercé le métier de ministre pendant un grand nombre d'années, à faire des grimaees.A ses côtés, un grand, portant haut, dont la suffisance égale au moins l'ignorance, s'intitule aussi journaliste et devient co directeur du même journal.Demandez-lui donc d'écrire nne lettre quelconque, même sons la dictée.Et le journaliste-fabricant de gazettes, qui a appris do peine et de misère à signer un ref u d'abonnement.**# Il ne reste plus qn'à mentionner les agents de publicité qui persistent à ie déclarer journalistes tontes les fois que l'occasion leur est offerte de se produire en public Certes, ce sont de braves gens que les agents de publicité, et qai possèdent sur le journaliste ordinaire, un avantage qui n'est pas médiocre, celui de percevoir à la fin de chaque centaine, avec la moitié du travail que lo journaliste s'impose, quatre fois la somme des appointements de ce dernier.Je n'ai pas le moindre doute qu'il y en a plusieurs capables d'écrire, maie alors ceux-là se soumettront sans peine à l'épreuve imposée, ct détermineront leur standing.Pour toutes ces causes, je soutiens qu'une société composée de vrais journalistes ne peut exister que si l'on fait un triage juste, sans aucun parti-pris et basé sur les 148 LE EE VEIL capacités de chacun des membres de l'association et sur ses qualités d'homme de bonne compagnie.Ga vaut la peine d'être essayé, ne serait-ce que pour réhabiliter la corporation des journalistes aux yeux d'une foule de gens qui ont raison de se plaindre.Viedx-Rocgb.MŒURS ELECTORALES Décidément, ça va bien dans le monde électoral, et on en est réduit bien bas si on est obligé, d'aller chercher nos représentants dans certaines sphères encore inexplorées è ce point de vue dans nos cités.Le système a déjà fonctionné dans nos csmpagnes, mais à la ville on ne le connaissait pa's.Voici ce qui s,est psssé lors d'une récente réunion électorale: Une poignée d'électeurs se réunissent et veulent à tout prix choisir comme candidat un individu quelconque pour le mettre en nomination contre le représentant autorisé de la circonscription.Le futur candidat, assis de travers sur une chaise en bois, avec une pipe d'une demie-aune dont il tirait des bouffées de tabac eanayen écoutait les discours que ses amis faisaient, et semblable à la grenouille de Lafontaine, grossissait à vue d'œil, moins la tête, qui est restée à sa grosseur naturelle.Après la soirée, ce paysan du Danube s'était tellement gonflé qu'il a été obligé de sortir tu'Pean, la largeur de sa personne, toujours moins la tête, s'étant développée à un tel point qu'il ne pouvait plus passer par les portes comme les autres chrétiens qui étaient là.Le fait est que si l'enflure eût continué deux ou trois jours, il n'aurait pu pénétrer sous les portes du temple de Notre-Dame.La tête, cependant, est restée toujours de la même grosseur.Que ce rustre aille représenter Saguc-nay Chicoutimi ou Témiscouata, ou n'importe quelle division plus bas que Québec, je n'y vois nulle objection.Mais qu'il ne vienne pas se risquer dnns une importante circonscription urbaine.Civil.Les Elections du 7 Décembre Nous avions l'intention [de publier nn article snr la vraie signification du vote donné par l'électorat de la Province le 7 décembre courant, mais, après |mûre réflexion, nona en sommes venu è la conclusion d'sttendre quelquoè jours, et de confier cotte tache à Vieux Rougi, Comme il a été l'nne des principales victimes de l'intolérance cléricale en oe pays, comme il travaille depuis bientôt trente cinq ans, et d'nne manière active, à briser le joug de fer et à nia-verdie manteau de plomb qui ont toujours pesé sur ls race frsnco-canadianne, il est mieux à même que tout antre de faire connaître à nos lectenrs les vrsis sentiments du peuple csnadien à l'égsrd de son clergé rapace et sans cœnr, qui ne travaille quo pour l'amour de Dieu et le triomphe de la caste à jupons.Nul doute qn'il saura donner lo note juste, puisqu'on ne pont trouver, parmi les rédacteurs des grands quotidiens, nn senl jonrnaliste possédant asses d'indépendance pour appeler un chat nn chat.Li Directeur.L'IMPORTANCE DU SANG PUR.Dans sa course à travers le corps, le sang nourrit les organea et en même tempe il iee nettoie.Les PILULES do LONGUE VIE dn OHIMISTB BONARD rendent le ssng pnr et vigoureux, et propre à accomplir ces deux fonctions.2 ILS NB SB COMPTENT PAS.Ceux qui savent apprécier la valenr du BAUME RHUMAL sont incomparables.122 LB REVEIL Le Chapeau Rouge Une grosa» nouvelle a été publiée par la Presse, vendredi, 7 courant, (feet la nomination prochaine, parait-il, dn successeur de Son Eminence le Cardinal Taschereau, décédé il y a déjà quelques années.On dit qne le choix dn Saint-Siège est unanime ci que le vénérable archevêque d'Ottawa, Mgr Thomas Duhamel est définitivement nommé à cette haute position.Les vertus civiques du nouveau titulaire, son âge avancé, les grandes capacités administratives dont il a fait preuve daus le passé, dans un diocèse difficile à conduire, tont contribue à rendre cette nomination acceptable à tons lea catholiques du pays.Une raison encore pins sérieuse, au point de vne dn parti libéral, est le fait qn'en 1896, Mgr Duhamel est le seul, de tons lee évéqnes du pays, qui n'a pas fait de tort au parti libéral ; c'est dn moins ce qni resiort de la biographie publiée psr la Presse.Au point de vne économique, il y a une antre question très importante ponr les catholiques de la province, Une cour cardinalice coûte tonjonra très cher, et c'est même ponr cela qne le Petit Cathéckime des troia provinces ecclésiastiques de Qnébec, Montréal et Ottawa a été refondn et qu'un monopole a été créé au bénéfice exclnsia de l'archevêché de Québec.Aujourd'hui, tout naturellement, les gena de Québec ne aont pas ponr lâcher ce monopole n nr le donner â cenx d'Ottawa, et il faudra trouver une nouvelle source de revenus pour subvenir aux dépenses de la nouvelle cour.A ce point de vne, donc, il n'y k rien â perdre.• Une antre question â envisager, et qui est aussi très grave, est la part d'ambition» légitimef et d'aspirations d'antres titulaires tout aussi importants, tont auisi dignes, tout aussi capsbles de remplir la haute dignité octroyée à notrt pays par la sollicitude du Saint-Siège à notre égard.Nons n'avons pes mission de parler en favenr de tel on tel candidat, mais il nous somble que le diocèse de Montrésl, le plus populeux, le plua riche et le plus grand de tous les diocèses de la Province et même dn Dominion, avait d»s droite incontestables è recueillir la snccession du Cardinal Taschereau.Les talents incontestables, l'éducation supérieure, et les vertus de Mgr Bruchesi le désignaient anssi ponr occuper ce haut poste, maie, d'un autre côté, sa grande humilité l'empêchait d'aspirer è une dignité qni n'est généralement conférée qu'à des hommes qui ont dépassé la toixantaine, et nons ne serions pas du tout surpris qne lui-même ne se soit servi de la grande influence qn'il possède dans le pays pour faciliter â son illustre collègue Mgr Duhamel, l'obtention dn chapean rouge.Il y aurait de plua une raison d'égolsme dana lé choix de Mgr Brncbési.O'est qu'il appartient è la confrérie des journalistes, Il ne fant paa oublier qu'avant de devenir archevêque, MgT était le dittingué rédacteur de la Semaine Relu gieuse, où il avsit remplacé M.Paul Dupuy, rédacteur du Canada-Revue W sortit du journalisme et comme tons ceux qui' abandonnent la profession, il est arrivé â tont, ce qui prouve toujours le vieil axiome : " Le journalisme conduit aux pins hauts grades, pourvu qu'on en sorte."£ Dans tous les cas, cette détermination de Mgr Bruchesi de ne pas se mettre de l'avant dans une question qui nons intéreaae si fortement, nons désole, et nons souhaitons ardemment qu'il aoit lo successeur du prochain cardinal, Mgr Duhamel, lorsque celui-ci, chargé de gloire et d'années, après avoir rempli aveo la dignité qni le caractérise cette position éminente nons aura laissé ponr aller recevoir dans un monde meilleur, la récompense de vertus pratiquées pendant nn si grand nombre d'années.En attendant, nons ne pouvons que nona joindre an grand nombre de ratholiqnea qui aujourd'hui disent dana leur cœur au nonvean cardinal : Ad mu/tas annos.Catholique 150 le re Veil Le Monument Bourget Il y a quarante ans passés, ou voyait, à la téte du diocèse de Montréal, un vieillard non pas autoritaire, mais autocrate, dont le long règne n'a constitué qu'une série de méfaits contre la sainte liberté de penser et d'agir de ses ouailles au bénéfice d'nn parti qui soutenait toutes ses entreprises pourvu qu'un bénéfice politique quelconque en résultât pour lui.J'ai mentionné le nom de Mgr Ignace Bourget de mémoire néfaste.Désireux d'illustrer son règne par un monument qui durerait, il conçut l'idée de construite nn édifice auquel son nom aérait à jamais attaché, et qa> perpétuerait sa mémoire parmi les générations futures.Pour arriver à ce but, il ne trouva rien de mieux que d'imposer à ses ouaillea, an nom de la sainte religion, une contribution forcée pour jeter les assises du temple que l'on voit aujourd'hui sur la rue Dorchester, près du square Dominion.Les caisses des diverses fabriques du diocèse étaient alors assez remplies pour permettre nne incursion productive su profit de l'Œuvre de la Cathédrale.Quelques syndics s'opposèrent Ace pillage en règle des trésors de leurs paroisses, mais l'excommunication avec tout ce qui s'en suit : le refus des sacrements, le refus de la sépulture chrétienne et tout l'arsenal que l'Eglise tient è la disposition de ses chefs, tont cela fut mis en œuvre pour avoir raison des récalcitrants.Les quêtes commencèrent et les offrandes tombèrent dans la main blanche et potelée du prélat, ornée d'une améthyste grosse comme une noix, que les bons habitants regardaient avec une aorte de terreur invincible, et qui avait le don de l'aimant aur la bourse de Baptiste.Le brave ' omme d'évêque perçut ainsi des milliers et dt.-.entaines de milliers de piastres dont on n'a jamai.¦ pu savoir l'emploi, sinon qu'un jonr, des snnées après .'inception du seheme, les murs de la cathédrale furent lentement commencés, et plus lentement continués.Et pendsnt tout ce temps la petite quête se continuait et les millions du peuple canadien tombaient dans l'escarcelle ecclésiastique, Dans l'intervalle Mgr Ignace était devenu cacochyme et avait été remplacé par le ssint homme Fabre.C'est alors que la bombance et la ripaille devinrent des institutions an palais, et les nopces et festins durèrent jusqu'en 1880, époque où l'on constata, avec stupéfaction que l'évêché était à denx doigts de la faillite.Ou galvanisa nne fois de pins l'illustre Ignace, on le couvrit do sa mitre des jours de gala, et il se mit en campagne (o'est bien le cas de le dire) toujours pour l'Œuvre de la Cathédrale comme prétexte, mais en réalité ponr rétablir l'équilibre dans le budget episcopal.1 Et les dollars tombèrent comme toujours dans la caisse toujours vide.Le fait est que le tonneau dea Danaldes était un enfantillage à côté do cette caisse.Ce fut le dernier acte du vieil artiste ; il disparut de ia scène du monde quelque temps après.Si c'est pour ce haut fait que Mgr Bruoheii veat élever un monument à son prédécesseur, il n'y a pas de raison de demander aux Canadiens de souscrire à cette œuvre, qni nous semble destinée à perpétuer l'immense carotte qu'où a appelée dans le passé l'Œuvre de la Cathédrale, et qui n'a aucune raison de cesser aussi longtemps que lés Canadiens seront assez ineptes ponr placer leurs économies entre les mains des messieurs-prêtres.FXBVXNT mCniIDDC UNE DAMB BICHE, QUI A oUUnUi) été guérie de sa surdité et de bourdonnement d'oreille par les Tympana artificiels de I'Institut Nicholson, a remis a cet institut la somme de 25,000 frs, afin qne tontes lea personnes sourdes qui n'ont pas les moyens de se procurer les Tympans puissent les avoir gratuitement, S'adreseï à I'Institut Nicholson, 80, Eighth Avenue.New-Yobk.; C'EST POUR RIEN.Tout le monde ost bien heureux de trouver partout nu remède aussi précieux que le BAUME RHUMAL à 25c la bouteille.121 LB RJOTBIL m MARCHE FUNEBRE Une question à U Chambre, peut-être ane interpellation, nn appel comme d'abus devant le Coneeil d'Btat, nne privation de traitement, les vieilles accusations d'intolérance, de fanatisme et de violence renonveléea contre l'Eglise du dons Nazaréen, tela aont lea admirables effets que S.Gr.Mgr.l'évêqne d'Annecy vient d'obtenir avec des lettres an ministre et des ordonnances i son clergé, qni font grand éclat : tont cela ponr interdire dans les cortèges funèbres le déploiement de bannières et de drapeau.Le vieux prélat a convert de son autorité et de sa mitre nn panvre desservant, et le gonvernement attristera les automnes de l'évêqne, si des poursuites ne sont pas exercées sans retard.Mgr Isoard aime le brnit et l'impopularité.Il est excité anx violences et aux injures par le récit des anciens martyies, comme Don Quichotte était excité è la guerre par la lecture des romans de chevalerie.Toute sa personne pbysiqne a pris lentement la forme et le poli d'nn parchemin d'église qni anrait é«é tanné dans nne pean de sanglier et mal ronlé.Four le moral, Mgr Isoard ne sort pins de la colère dans laquelle il est entré contre le siècle, contre les gouvernements, contre la presse et contre soi-même Sa bouche a pris la forme pour les anathèmes ct en prononce è tout propos contre ce qui heurte son canonique regard.Car le saint homme règle sa vie snr le droit-canon.Il vent ignorer les lois civiles, les concordats, et cherche, ponr les appliquer comme des soufflets, les plus antiqnes décisions des pins antiques conciles.Si le dogme de l'Eglise catholique a l'immobilité du Dieu, stator éternel, ses lois ont savam-mant varié selon les mœurs et les civilisations.Ce qui était défendu autrefois est souvent permis aujourd'hui, et le catholicisme montre ainsi sa souplesse avec sa force d'existence.Mais le progrès importe peu è Mgr Isosrd : il ne connait que le droit ecclésiastique, et plus les canons sont anciens, pins il les exhnme avec piété.Oe qui est poussiéreux, vétusté et désuel lui plait dana les uasges.Peu lui importe, au demeurant, d'éloigner les foules de l'église.Il a le droit canon pour lui, et il aime mienx triompher dana le désert que de paraître céder devant nne foule assemblée pour l'écouter.0«ei objecter è ce saint homme qne les ordonnances snr les funérailles, dont il est l'auteur, feront à ellea seules plus d'enterrements civile qne les efforts rénnis de tontes les loges maçonniques de France, Mgr Isoard vons répondra qu'il s'en moqne comme de sa première privation de traitement.Le discours qui précède les ordonnances vendrait d'être ci lé en entier.Il est malheureusement un pen long, car Mgr Isoard a la colère touffue autant qne hérissée.Le morceau termine par oette majestueuse déclaration : " Une cérémonie à laquelle assiste le prêtre doit être dana tontes ses parties présidée par lni ; elle sera purement et simplement religieuse, où elle ne sera paa." Suivent les ordonnances : Article premier.—Nous défendons à MM.lea cnrés et vicaires de procéder è l'nne des cérémonies qne comprennent les funérailles d'nn fidèle, si nn drapeau ou bannière n'ayant pas reçu la bénédiction du prêtre est porté par qni qne oe soit de ceux qui prennent part au cortège on sont présents è l'office dans l'église.Art 2—Si l'nn de ces drapeaux est apporté pendant que le cortège est déjà eu marche, le célébrant se retirera aveo le porte-croix et les clercs qui l'accompagnent.Si l'an de ces drapeaux est déployé au cimetière au moment dea dernières prières, le célébrant ne les achèvera pas et se retirera, U tiendra la même condnite si cenx qni conduisent le cortège ne suivent paa l'itinéraire habituel.Le prêtre, dans ce cas, ne rejoindrait paa le cortège è l'église on an cimetière, mais s'abstiendrait de tonte participation è cette sépulture.Il ne s'agit pas ici des senls insignes maçonniques.Tous drapeaux ou bannières sans distinction restent exclus.Le soldat ne pourra plus être enterre- dans les plis de l'étendard, le signe de la patrie, la sublime loque aux trois couleurs ne pourra pins suivre le cercueil du général, qui toute sa vie demeura fidèle au symbole, Mgr Isoard le défend.U s'expose et il expose avec lni les catholiques 152 LE REVEIL è de cruelles représailles : les maires vont prendre des arrêtés pour interdire, coi"me procession les cortèges funèbres.L'enterrement religieux sera fermé dans le temple et la bénédiction religieuse ne pourra plus tomber sur le trou où descendent les dernières espérances.N'aurait-il pas été plus simple, plus beau et pins évangélique de donner au prêtre l'ordre de ne pas se retourner, de marcher au cimetière les yeux fixés sur la croix ?S'il suffit que lea bannières soient bénies, pourquoi le prêtre ne commettrait-il pas la sublime ironie de bénir toutes celles qui suivent le cortège ?Ne serait ce pas pins pieux et plus habile que de bouder et de fuir ?Mais il est une autre question : le prêtre qni, è lu demande d'une famille, a accepté de suivre nn mort, peut-il l'abandonner ?La réponse aérait douteuse si l'enterrement était un service gratuit, mais malheureusement il y a des canons que Mgr Isoard n'exhume pas de leur poussière.Oeux-là interdisent au clergé de recevoir des honoraires pour les enterrements.Dans la table raisonnée des actea du clergé de France, Mgr Isoard eût trouvé cette sage déclaration : —" Les conciles et les anciennes ordonnances des princes chrétiens défendent d'exiger de l'argent pour la sépulture.Mais ils permettent d'en recevoir senlement si les parente ou héritiers du défunt veulent en donner.Il y a de cela une disposition expresse dans le concile de Meaux, en 845, et dans le Capitulaire de 846." Oû aont les conciles et les capitulairea d'antan ?Les dons volontairea ont fait place à ce que l'ancien régime appelait joliment " la quarte funéraire ".La quarto elle- même a fait place au moderne tarif, dûment imprimé, où les prières sont cataloguées, oû.les chanta tout comptés en argent et or, où les galons sont lonés, où les calicots blancs rehaussés de flanelle noire sont prêtés à forte usure.Je sais bien que l'Eglise doit faire l'enterrement gratuit* du pauvre.Maia allez voir dana les synagogues catholiques de Paris comment cela se fait ! Il faut un certifi.cat d'indigence pour obtenir ce qui tient lien de cérémonie, ce qne les abbés appellent la présen- tation du corps : le mort aurait eu la peste que les porteurs ne se hâteraient pas davantage ds l'emporter.Le prêtre reçoit l'humble cortège dans une allée latérale, sans chapelle, sans cierge ; il donne une absoute à la vapeur et tourne les talons.La règle canonique est violée : pour toutes funérailles catho'iques, le devoir est de lire l'office entier.Maia ici, sans que lea Isoard s'en plaignent, lea tarifs priment le droit canon.Oela est surtout vrai daus les villes ; car le prêtre des cam pagnes sait encore faire l'enterrement gratuit.Le desservant de la montagne est asset riche ponr donner la même bénédiction an pauvre qn'au millionnaire.Il sait qne les denx et lui-même sont égaux devant la mort ; aussi a-t-11 soin de ne pas diviser la prière en classes et de ne pas la doser en sous, francs et centimes.Le droit canon, cher en qnelques-nns de ses chapitres â Mgr Isoard, n'aurait sans donte pas toléré la loi française dn 28 prairial, an XII, contre laquelle nnl évéqne n'a encore protesté.Oette loi confire, dans toute la France, le monopolo des pompes funèbres aux fabriques catholiques et aux consistoires israélites on protestants.Ni les municipalités, ni les particuliers ne peuvent empiéter snr ce monopole.Bn fait, la loi est même an profit du seul culte catholique.Les consistoires ne penvent ensevslir qne leurs corel igionuaires, Les fabriques catholiques sont au contraire, admises â faire les fournitures da service funèbre pour les fidèles des cultes non reconnus et pour les personnes enterrées civilement.N'est-ce pas nn spectacle doux et moderne qne celni de cette religion qui fulmine contra lea funérailles civilea.mais qni ne refuse pas d'en tirer un malhonnête profit ?Enfin, a'il n'y a paa de consistoire dans une commune, la fabrique catholique garde le monopole ponr les protestants et les juifs.Les dissidents ne peuvent demander aucune part du profit.La loi fut ainsi faite ponr dédommager le clergé des biens fonciers perdus.On pourrait répondre â ceux qui considèrent les' traitement-ecclésiastiques comme la senle indemnité ; —- Le monopole dea pompes funèbres rapporte è Paris ce qae rapportaient tona les biens réunis de l'Eglise gallicane avant la Révolution! LS RBVBIL 168 Oe bénéfice explique ls tolérance extrême du clergé en matière de funérailles quand il s'agit deB premières classes.Les suicidés, le gentil* homme tné en dnel sont exclus de l'Eglise si leurs héritiers désirent un enterrement modeste.Mais il y a tonjours un arrangement possible si l'on accepte les flammes vertes dans les torchères d'argent et les clients dn ténor de l'Opéra voisin ! Oes sujets-là seraient dignes d'une colère épiscopale et la voix qui se ferait entendre la première co tre l'universelle simonie aurait des échos dans les églises catholiques.Mais il faudrait tout dire.Il faudrait rappeler que la sépulture ecclésiastique est interdite aux prêtres " chez qui on tronvo du pécule après leur mort " Il conviendrait de citer lea textes qni ferment les portes du temple devant lea usuriers, devant ceux qni ne font pas la communion à Pâques, devant les hérétiques.Or, qui est tûr en ce temps de ne pas être hérétique ?Combien sont de catholiques, prêtres on laïques, qui en lenr for intérieur ont excommunié le pape glorieusement régnant ?Certsins collègues de Mgr Isoard oroient cet évéque en déclin natif et perpétuel d'intelligence.Ils se trompent : l'évêque d'Annecy est simplement un archéologue de l'épiscopat, en même temps qu'il nons parait une pièce d'archéoiogie.Maia il montre la conservation à peu prés intacte de son entendement en ceci qu'il exhume seulement des morceaux de droit canon, des parcelles.Il se garde habilement de sortir les hsntes colonnes sntiques qni montreraient co que fut l'Egli.se et ce qu'elle devient, aelon la prédiction dn livre infaillible.Jean di Bonnefon.INTÉRÊT GENERAL.L'intérêt général, c'est la aanté de chaque individu et do la communauté prise dans son ensemble.La plupart des msladiea dont nons souffrons ont ponr csnse la faiblesie et l'altération du sang.Les PILULES de LONGUE VIE du CHIMISTE BONARD rendent au sang sa orce et sa pureté.1 Je ne croie pas qne la mesquinerie soit l'apanage de la richesse, maia,dans bien des eu, il est est su moins permis de le croire.L'épée de Damoclès semble suspendue sur la tête d'un certain nombre d'employés de la Corporation.L'effet est ssisisssnt parmi les spectateurs désintéressés.Sera-t-il, oui ou non, commissaire à l'Eipoei-tion Pan- Américaine de Buffalo ?That's thé question.Il y a encore des gens au Canada qni s'imaginent qu'une plume, de l'enore.dn papier et du brain, ça ne vant pas cher.Heureusement qne plusieurs de ces bons citoyens sont à la veilla de crever, ot ce n'est pas trop têt.• Ainsi que je vous l'si promis Is semsine dernière, je devrais vous donner la nomenclature de tous lee objets que vous pouvez acheter chez MM.Morton, Phillips 8e Oie, rue Notre-Dame, comme cadeaux de Noël et du Jour de l'An.Cette promesse était téméraire, car après avoir visité le vaste magaain, je me auia aperçu que j'étais an-dessous de la tâche qne j'avais entreprise, et qne je ne pourrais rendre pleine et entière justice à ces messieurs.Je ne puis donc qne vons donner nn bon conseil, et je snis certain qne voua le suivrez : Allez vous-même constater de visu que tout ce que je pourrais dire de l'étalage de MM.Morton, Phillips 8e Cie, serait encore au-dessous de la vérité.La courtoisie et l'urbanité dee employéa et des patrons, comparativement à oe que voue roi-contrei dsns beaucoup d'autres endroits, vous étonneront pent-être, msis n'en soyes paa surpris, o'est la règle générale à tonte saiaon dans cette maison de premier ordre.2362 154 LB REVEIL J'ai le plaisir d'accuser réception d'une plaquette intitulée " Soldats de France ".C'est le conférence que mon vieil ami, M.Frédéric de Kastner, a donnée à Montréal, l'hiver dernier-et qu'il a mise en brochure.Je l'ai lue tout d'une haleine, et j'ai été tellement absorbé par cette lecture que j'en ai onblié l'heure.En dehors de la science intime de l'histoire militaire de son pays que son auteur possède, il a su faire vibrer la corde patriotique qui anime son cœur de patriote et d'Alsacien qni n'a jamais consenti à devenir Prnssien.Je n'ai pas eu le plaisir dans le temps d'assister à la conférence de mon vieil ami, mais je n'ai anoun donte qu'il a su faire passer dans le cœur et l'esprit de ses auditeurs le souffle patriotique [qui l'anime.Tous les Français et les Canadiens devraient se procurer cet onvrage si bien documenté qu'ils penvent se procurer en s'adressant à l'auteur M.do Kastner, i Québec.Je ue parle pu?ici à ceux qui se sont enrichis par hasard, mais sux lettrés qui désirent se procurer une heure de lecture agréable et réconfortante.•*• Je mets mes lecteurs en garde contre los entrepreneuses de quêtes à domicile, qui trouvent cinquante prétextes ponr ramasser un petit pécule pour passer les fêtes de Noel et du Jour de l'An d'nne manière agréable, tout en se payant un petit cadeau aux dépens des gogos qui se font prendre à leur air de Sainte-Nitouche.Deux dames, bien mises, ms foi ! se présentaient dsns les famillea canadiennes et prélevaient une contribution pour payer la dot d'une jeune fille qui voulait entrer en religion.Seulement, en les interrogeant on constatait qu'elles ne voulaient pas donner le nom de leur protégée et elles ne vonlaient pas non plus exhiber le certi fiest de leur curé leur permettant de demander la charité du public ponr cette " bonne œuvre," Le trne n'est pas neuf, car il date, è ma connaissance personnelle, d'au moins vingt-cinq ans, mais il est tanjours efficace auprès de certaines personnes tonjours prêtes à s'apitoyer sur le sort de ces pauvres filles qui n'ont plus qu'nee ressource : le convent.Ouvrez l'œil.Nos abonnés qui ont reçu des factures [d'abonnement avec le dernier nnméro du Rcvia sont priés de nonss faire parvenir ce petit mon» tant sans délai.Nous remercions bien sineèrement ceux qui nous ont déjà envoyé le montant de lenr facture, et les prions en même temps de faire une propagande active en faveur de leur journal.La nouvelle Compagnie de Lumière Incandescente (The United Incandescent Light Co.,) dont les bureaux sont sitnés au No 24 sqnare Victoria, va probablement faire de la peine à notre excellent ami Granger, de la Compagnie Aner.Voici des gens qui ne méprisent paa la clientèle dea Canadiens-Français, et qni les trouvent assez intelligents pour apprécier les services que cette lumière pent leur rendre.Rioolo.LA 11 y a quelques joujs, racontent les guettes, nne jeune femme de mise élégsnte a été arrêtée, dans uu grand magasin de nouveautés, au moment où elle s'offrait " gratuitement " et sani passer par la caisse, certains objets de toiletta féminime, se servant elle-même, sans donte pour être plus sûre d'être servie à sa convenance.A peine prise, comme l'on dit, " la main dans le ssc ", elle usa de l'excuse inévitable en pareil cas, et qne connaissent si bien les inspecteurs de ces grands bazars.Leur œil exercé surveille arec attention les mains trop diligentes de certaines dies tes, qui les enfouissent volontiers dans les monceaux de dentelles, dont elles ne les res-sortent pas toujours vides, — Je suis atteinte de " kleptomanie ", — a dit la dame, jetant nn mot scientifique au nez de l'inspecteur qu'elle espérait étourdir ainsi, —¦ je suis une malade ; mon cas est bien connu.En dérobant ce qui s'offre anx étalages, j'obéis à une impulsion irrésistible.Lorsqu'on se rendit au domicile de la prétendue malade, ou y trouva un véritable magasin en ordre, avec des objets variés de toute sorte et de toute provenance, mais surtout d'nne vente 07882510 LB RBVBlL facile et courante.Il y avait, même, paraît-il, un livre d'entrées et de sorties.—Dame ! il faut se reconnaître dans ses affaires, n'est-ce pas ?alors même qne celles-ci sont les affaires des antres.— Il n'y avait ancnn donte possible, la toue hante " kleptomane " était nne pnre et simple voleuse de profession.Aujourd'hui, il fant bien en convenir, la " kleptomanie " — manie irrésistible dn vol — est aussi sonvent invoquée qne l'irresponsabilité céiébrsle est plaidée ponr l'assassinst.Les malandrins, grâce i ce système trop commode, ne sout pins des coupables, mais de simples détraquée, des déshérités de la natnre qni lenr refusa l'usage d'un cerveau complet.Anssi, il convient non pas de les condamner et de les punir, maia de les soigner en les entourant de beaucoup d'égards.Or, si la " kleptomanie " est sonvent invoquée i faux — ce qui d'ailleurs se îeconnsît assez vite — il n'en est pas moins vrai qu'elle existe réellement, et se manifeste en des cas aaaes nombreux et assex curieux pour solliciter l'attention de l'homme de science et même éveiller la prudence du magistrat.Les " kleptomanes " sont en réalité des aliénés, on plus exactement de» " monomaniaqnea ", c'est-à-dire des malheureux atteints d'une " msnie délirante particulière ", car snr tons lea antres points de raisonnement, ils possèdent la logique.On peut être atteint de kleptomanie, on " manie dn vol ", comme on est atteint de "pyromanie" ou " folie incendiaire ", de " dipsomanie " on " manie impulsive de l'ivresse".Mais rassurons bien vite nos lecteurs, ces cas-là sont excessivement rares, heureusement pour l'humanité, et on pent réagir contre enx.La " kleptomanie ", en général, ne s'improvise pas, elle n'est paa subite, d'ordinaire, et se forme peu è peu, sollicitante d'abord, puis ensuite irrésistible.Il fant surveiller l'enfance, bouvent douteuse sur ce point, lni inculquer avec soin le respect de ce qui appartient à autrui ; c'est le meMI**** *-* >yen d'arrêter nn éveil d'instinct manvais, qai, d'abord insignifiant, pourrait, dans la suite, amener un péril.Nons savons, en effet, que cette idée de- respect da bien d'autrui n'est i as toujours innée dans l'enfance, où il fant la cultiver et la développer.L'enfant, en effet, prend volontiers oe qni ne lni appartient pas.On trouve parfois, dana ses poches, dés joujoux enlevés à un petit camarade.Les nus, ssns conscience de leur méchante action, presque innocemment ; les antres, aveo U; conscience dn larcin qn'ils ont commis,,et qn'ils déguisent ensuite par le mensonge.Il faut immédiatement réagir.Les conseils motivés voire lea punitions, suffisent le plus souvent ponr couper le mal dans sa moine.Pourtant, il arrive encore qu'on trouve dans nne classe plus élevée des écoliers qui, alors que l'occasion s'en présente,, prennent les livres on l'argent d'nn camarade.Ceci devient pins grave, il fant se hâter de couper court et de forcer le retardataire à prendre une voie nouvelle.|f Les conditions dans lesquelles se produit la kleptomanie, chei les dégénérés, sont, d'ailleurs, variables.Elle peut avoir pour "déterminante" la satisfaction de mauvais penchants, de tendances, d'instincts pervers, sorte d'imbécillité et de folie morale.Non moins souvent, elle résnlte d'un besoin perçu et réprouvé par la conscience dn malade, d'nne impulsion involontaire irrésis tible, et l'acte délictueux s'accomplit alors en dehors de tont mobile de lucre, les uns s'emparent de tout ce qui leur tombe sous la main, les antres n'exerçant leura larcins qne par sélection.Un des caa les pins ourienx è signaler est celui de cet homme du monde,et du meilleur, âgé d'une soixantaine d'années, qui avait trois logements dans Paris, dans lesquels il vivait solitaire.Comme on s'en étonnait, il donna pour raison de ce lnxe inusité d'habitations qu'il redoutait lea longues courses le soir, et qu'allant beaucoup dans le monde, il avait des domiciles dans les quartiers où il fréquentait le plus souvent.Un jour, il mourut subitement, et, dans chacun de ses appartements, on trouva nne pièce encombrée d'objets mobiliers de toute sorte, linge, serviettes, mouchoirs, flambeaux, vases, lorgnet- LB REVEIL tes, cannes, parapluies, argenterie, bijonx, mé* daillons, montres.bref, tont nn bazar formé d'objets dérobés pendant pins de trente on quarante ans dana tontes les maisons où il étsit reçu.Jamais on ne l'avait soupçonné, et jamais, non plus, troublé, ni gêné dsns le cours de sea vola.Bien souvent, il avait entendu aaa amie se plaindre de lenrs mésaventures ; on avait accusé et renvoyé des domestiques ; il ne s'en était pas ému, et avait même joint aea doléances à celles de ses victimes.De ces vols nombreux et considérables, il n'svait tiré aucun profit personnel.Il n'avait rien fait des objets dérobés, tons se trouvaient li, si bien mêms qu'on fit des recherches et qu'on put les restituer à ceux qui en avaient été dépouillés psr notre maniaque.••• Maintenant, il fant reconnaître qne, ponr les maniaques, la tentation a été doublée par l'ouverture des grands msgssins de détail, où l'acheteur a libre accès, circule à son sise, où on sollicite ss visite, on allèche sa curiosité par un déploiement de luxe, amorce des acqnisitions.Les femmes fréquentent ces magasine à l'égal dea promenades pnbliques, et, pour la plupart, c'est un grand emploi de 1cm oiaiveté ; ellea y aiguisent leura appétits,les satisfont quand elles peuvent, ou se réservent ponr des temps meilleurs.On comprend qu'étsnt données ces incitations, il est des faibles qni succombent ; certes, on n'excuse pss lenrs défaillances, mais on les explique.Parmi les voleuses surprises, un oertsin nombre sgissent avec une conscience exsete et psr conséquent une entière responsabilité de ls faute et quand on fait en quête,on découvre,le plua souvent, que ce aont des femmes dont les ressources sont en disproportion do leura goûta on de la aurexcitation de lenrs besoins.Msia, dans nne autre catégorie de faits, — 1% aeule en réalité qni nous intéresse ici, — si la femme arrêtée, nantie de marchandises, appartient à une famille d'une honorabilité indiscutable, s'il est certain que ce n'est ni la misère, ni le besoin, ni l'intérêt, ni la convoitise, ni la eu* pidité, ni l'envie dc s'spproprier le bien d'autrui qni ont provoqué aon crime, il y a grande présomption de '\ kleptomanie ", c'est-à-dire d'inconscience, car les " kleptomanes " ne sont poussés an vol par aucun mobile, aucune passion.Il en est parmi eux qui possèdent une réputation de sérieuse probité, ont de l'aisance, souvent même de la fortune.Ils n'ont aucnn motif ponr vol
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.