Les Veillées du Père Bonsens, 1 janvier 1865, No 11
LES VEILLEES DU PÈRE VOL.1.DE TOUT UN PEU No.lï Les Veillées du Pire Bonsens se vendent 3 sous par livraison.Les personnes de la campagne ou de la ville qui désireraient recevoir cette publication à domicile pourront adresser à l'éditeur propriétaire, N.Aubin àBélœil, Comté de Ver-chères ou au No.34, Rue St.Gabriel Montréal, une somme quelconque en argent ou en estampilles, et il leur sera adressé des livraisons jusqu'à ce que le montant ait été épuisé.L'envoi équivaudra à un reçu.Toutes lettres, questions, suggestions, etc; destinées à l'éditeur, devront être adressées comme dessus.La raison les offense ; ils se mettent en téte Que tout est né pour eux, quadrupèdes et gens.Si quelqu'un desserre les dents, C'est an sot.J'en conviens ; mais que faut-il donc lairer Parler de loin, ou bien se taire.Lê bon homme la fontaine.Sixième Entretien.Où mam'zclle Jacqueline se plaint amèrement des vicissitudes auxquelles une confiance aveugle en F almanack vient de tas-sujetlir.-Ôù Quenoche lui donne une leçon de philosophie.—Où elle reçoit force corn-plUricnts sur ses talents de ménagère, ce qui amené d'une manière incidente une leçon sur la culture des abeilles de la part dun voisin nouveau, monsieur Thomas.—Où monsieur Bonsens fait la rencontre d'un grand personnage qui vient passer avec lui la veillée au prêfond élon-nement des bons villageois.—Débat.Jacqueline.—Tiens, Quenoche, depuis quelque tems, je n'ai que du guignon, de la malchance ; tout va de travers, et depuis trois jours, j'ai eu un ouvrage à ne pas savoir où donner de la tête.Et tout ça pour avoir cru à l'almanac^ On ne m'y reprendra pas à acheter de ces trompe-monde.On a bien raison de dire que le papier souffre tout, etqueles imprimés mentent encore plus que les mauvaises langues.Je savais bien que les gazettes étaient farcies d'histoires en l'air, que presque tous les livres sont mauvais ou dangereux, excepté comme de juste ceux de prières et d'église, n)a*& au moins je croyais que l'almanach était respectable.Eh, bien, pas du tout; l'almanach aussi nous fait des coptes.A qui donc se fier maintenant, puisque l'almanach, pensez-y donc, Quenoche, l'almanach aussi nous conte des menteries.Je comprends qu'en parlant, comme ça entre nous, et pour rire, on puisse conter sur celui-ci, sur celui-là, quelque petite drôlerie qui ne soit pas tout-i-fait vraie ; cela ne tire pas à conséquence, mais l'almanach ! C'est sérieux ! Tiens, regarde, Quenoche, voici l'almanach qui nous promettait pour cette semaine du tems clair et froid.Me fiant là-dessus, j'avais arrangé tout mon linge pour faire mon Îrand lavage ; j'avais engagé la petite osepte ; elle lave bien, mais elle ne sait repasser à mon goût, et la femme à ce pauvre Martin.Elle ne lave pas ce qu'on peut appeler comme il fjtlit,.mflis elle repasse comme une invention.Enfin j'avais arrangé toutes mes flûtes pour ça, dépendu mes rideaux, levé mes catalogues, changé mes lits, toujours comptant sur le beau tems de l'almanach ; tandis que depuis trois jours, nous avons une pluie battante, un venta tout démancher, une chaleur du mois de mai.Mes viandes et mes volailles, des belles morues fraîches achetée* pour le carême, tout ça dégèle à vue a'oeil.Au lieu de laver comme je l'avais projeté, voilà qu'il nous a fallu dépendre tout'et mettre tout es nos vivres dans la neige.Enfin je n'ai que du mal heur.\ QuemKht.—W me semble, sans vous offenser, mamz'elle Jacqueline, qu'il y en a encore de plus malheureux que vous ; par exemple ceux oui n'ont pas de Îrovisions à mettre sous la nêice.'Quant votre lavage, vous pourrez Te faire lâ semaine prochaine et vous en sefei quitte pour frvoir fait gagner quelques journées de plus à' la Josette et à la Martin 82 qui en ont grand besoin.Ce n'est pas la mort d'un nomme.Jacqueline—1* mal de l'un ne guérit pas celui de l'autre, et dans tout ça, çe qui me contrarie le plus, c'est d avo r été trompée par l'almamich,moi qui, depuis que je me connais, niellais là dessus; moi qui prenais son parti contre Bon sens, qui riait dé mol toutesi les fois qu'il nie voyait consulter ce petit livre avant d'entreprendre quelque chose, et qui prétendait qu'il n'y a que Dieu qui puisse connaître ce qui arrivera demain.Jav.iis beau lui montieràce te tu de lionsens que souvent ça s'accordait; il me répondait en me montrant que sou veut ça ne s'accordait pas, et qu'il n'elail pas bien ditlicile de dire qu'il fera froid en Janvier et chaud en Juillet.Mutin j'avais foi à l'alnianach, et il vient de me tromper d'une manière indigne, je ne sais ce qui nie tient de le jeter dans le feu.Quenoche.—Kh ! mamz'elle Jacqueline, n'en faites rien.C'est vous seulement qui y perdriez.Pour un pauvre petil mensonge que vous a débité l'almanach, faut-il tapt vous fâcher; regardez que de Vérités il vous dit tantqu'il ne dépas se pas lès limites de ce que les savants peuvent connaître î Ainsi voyez, il vous a dit que le premier Janvier était lui ^uiiv^yiiuy unkiuiiiiuuc uni ^l'UUU laillC; toutes Ces choses-là sont vraies, et,«ans l'almaiVàch on aurait bien de la peine, à les savoir.Jacquçtyne.^Quenoche ! Quenoche !Tu raisonnes; tu vas te perdre.Voilà re Îue è est que d'éiouter mon fou de frère< u finira?xpal.Mais, à propos d&ce cher ami, jecoiumeuçe à qtre inquiète.Il est parti cejnatiç pour aller voir ses hommes (juicatîpent du bois.Il ipii déjà nuit ; ruis&çàux,sontgrossis;desiche-jnins1cpivënt étfe affieu*.ïl devrait bien penser que je suis inquiète qnand il s'attarde- filais ces Ijonime^e m'en î^rl^paq^çaues'occupecoi»»^e celfes .^fflW^W1 » 1^ maison t|«and ils itf^iqrQh! oe soyéi^tftin^iète; P^lBWÛf xitcqof line Jiai ^ix l$àftser mm^eyr Boiwens vere la brMàMah 111 *YW flf^tt^W»^ tin )ïiWif*éM^^«i m'a Ifair d'être de la vrll*.;Je nbïxto* pu le reconnaître.Ils se seront arrêtés quelque part.Jacqueline.—Qui ça pourrait-il bien être?:Jtan-Claude.les ai rencontrés aussi.C'estquelqu'a-mi du^ère.Çfonsens, je pense.Plus'jeune pourtant.Il commence à grisonner.Son visage ne m'est point inconnu, mais je ne sais pasau juste qui il esl.- Jacquelïhc.—Voyez donc quelle imprudence ! Aller s'embarquer comme ça avec un inconnu, et à la nuit tombante encore.Pétrus.—Oh ! il n'y a pas de danger.L'étranger avait l'air d'un monsieur.Jacqueline.—l'air! C'est bien trompeur, allez, ça, et on ditquesouvent de grands voleurs ont l'air aussi monsieur que n'importe qui.Quenoche.—Oh!soyez tranquille, mam'-zelle Jacqueline, monsieur Bonsens sait bien ce qu'il fait, et tout ce que vous avez à craindre, c'est qu'il ne vous amène encore quelqu'un à souper comme l'autre soir.Jacqueline.— Pourvu qu'il revienne bien vite, c'est*tor.t ce que je demande.Mais il ne faudrait pas que cela se renouvelle, tous les jours.Loutre fois, c'était pour le petit Julien, ça peut passer; mais pour un étrànger,je n'irai pas me faire rôtir devant mofï poêle jusqu'à des heures indues.Qitcnoche—Toujours que nous avons eu Dieu du plaisir la dernière fois., Ce farceur d'avocat nous a-t-il fait rire ?Nous en -fl-^il chanté.de^ drôles de chansons ! Ce^Ie où.un sotdat,p(irti tout jeune de s^i village," beau gajçon, ofFre à son retour de la guerre à sa^.promise un oeil de verrp, uhe jambe derois, une njain d'acier.A.jfthn j'-ai cru que j'eu crèverais.Il me seitiole que Vous avez bien ri aussi de ça, îmtin'zclle (Jacqueline ?Jacçutf iw.-48uenôche, je te prie dé' ctèire que je Ue prêté pas l'oreille à1 des propos de ce/genre-làJ'Si j'ai «ri o'eàt qUe' je peufeais à autre chose.J^C^e.-Je1.me suis bien amusé,' (Test ittai;1 hia\s ce ^jue j'ai ttotfvé le UlUs de mon ghût,'c'était la IbûHière.Faut avbire^ mam'zétleJàccjiiehnef qu'il n'y èn'àjm^pour vous battre sUrla toîir-lieFb '^/; ' ' 1 ' Jiïh-Qtkdé.-Et ce poulet farci^tfune tWe W&itâte ^nàvai^ jamiis'tofcïé' mm* mpmm m venir' 83 mander comment vous accommodez ça et quelles herbes vous y fourrez.JJrémie.—\l)i, je me suis rassassiô sui le soe.Un vrai gout de noisette.Ce n'est pas du eoehou de la ville, ça, sous votre respert; c'est nourri et engraisse à grain et à fleur., Quenoche.—Moi,j'ai trouvé tout bon; nui is c'est vos tartes, mam'zelle Jarque line, qui m'ont donné dans l'œil.Kt puis vos bisenits sucrés au miel.J'en ai parlé chez nous, et ils m'ont dit que j'aurais bien mieux lait d'en apporter pour leur faire goûter (pie de leur en parler puni leur mettre l'eau à la bouche.Jacqueline.—Eli mon Dieu ! ce n'est pas la peine de faire tant d'hélas ! Vou> savez que j'ai été prise au dépourvu.Si encore on m'avait prévenu (j'avance! Mais enfin, vous savez, c'était comme on dit, à l'hasard du pot.Pétrus.—Et dire que tout ee beau souper bon pour un prince élait dans la.maison, et que tout avait été produit sur la terre.Ce (pie c'est que de savoir ar ranger les choses! Il y a bien des gens gui, avec plus de dépense, né nous auraient rien fait d'approchant.Voilà ce que c'est que la conduite et l'œil d'une bonne ménagère.Les viandes, les volailles ont'été' tuées eet automne, les œufs ont été pondus rot* hiver, et je dis que c'est un grand luxe dans un tems où ils se vendent en ville quarante sous la douzaine.Les punies, les pommes, les cerises et les citrouilles du jardin oui été confites dans le sucre d'érable tiré du bois, et jusqu'au miel, je pense, a été préparé par les abeilles du père Bonsens.Jérémie.—J'd\ï\\\'()\\\\>.bien tout le reste.Mais pour ce qui est des abeilles, je ne suis pak d'accord avec vous.C'est bon pour les riches.Moi qui vous parle, j'en ai eu ides abeilles, ma is au lien de me àonfier' du profit, elles uVottt coûté de l'argent, m ont piqué et m'ont fait perdre du tems.J'avais pourtant payé ml beau Çrix à un homme de l'Ile Jésus pour itj'apprendre les charmes au mbyen dés- Îuels on les fait tenir tranquilles, garer la ruche et travailler; mais c'éthit comme neVi, mes abeilles ont diminue tous les ans fet j'ai été obligé de les abandonner.Encore un qui m'a attrappé: C'est t)on pour les riches, ces inventious- JewyClaude.— Ils avaient aussi des abeilles chez nous du tems de mon père ; mais on les a abandonnées depuis long- tems.Elles nous donnaient plus de trouble (jue de profn.Je crois eii eflet que ce n est bon que pour les riches.Pétrus.—in ne crois pas que monsieur Bonsens garderait des abeilles, si elles ne lui donnaient que des troubles sans profit.Je le connais, notre vieil ami.Si c'était comme ça, il aimerait mieux mettre sou argent à autre rhose et iïebeter du miel tout prè,t quand il en voudrait manger.C'est de ça comme des animaux et des volailles.Il y a des gens qui eu élèvent et qui sont toujours pauvres.Jacqueline.—Je m'en vais vous en dire la raison, moi.C'est lorgne i! qui lait ça.Croyez-vous que si, quand j'ai un beau porehet, une douzaine d'œufs, une cinquantaine de livres de miel, j'allais vendre tout ça pour m'achète!' des robes de soie des rubans, et toutes sortes de briuborions je pourrais vous donner comme ça mi petit souper qui ne coûte -cuère?Non non, ce .qu'on se met sur le dos coule souvent plus cher que ce qu'on se met dans l'estomac.Pour ce qui est des abeilles, je n'y connais pas grand (hose ; c'est Bonsens et son homme qui se mêlent de ça.Tout ce que je sais là-de&sus, c'est qu'il dit que ce sont des ouvrières qui travaillent pour rien et se nourrissent.Je ne vois pas souvent de 1 argent sortir de la maison pour elles, et je vois souvent entrer du beau' miel.Bonsens dit qu'il lui coûte moins cher que le sucre d'érable.Pétrus,—EU lîmaiô voici justement le père Thomas, l'homme aux guêpes.Il va nous dire tout ce qui en est là-dessus, lui qui a tant d'abeilles qu'on dirait à voir de loin son jardin que c'est un beau village.Entrez donc, monsieur Thomas, nous étions justement à discuter, savoir si les abeilles donnent du profit ou coûtent de l'argent., 5 ^ Jf.Jkomâ$.—E\\ ! if en est de ça comme de toute autre chose : il y à deux manières'de'cultiver, la bonne et la mauvaise.Mais je iVe vois pas monsieur Bonsens, j'étais entré pour lui demander un petit conseil ?Bonjour, iriam'zejle Jacqueline, comment ête&vous ?Toujours accorte, toujours la iheuje, je vois.Jacqueline.— ta va comihe vous voyez.Contentement passe richesse.Mais essayez-vous donc; niôti frère né peut tarder; vops allez jaser en l'attendant Je l'attends dans la minute. 84 M.Thomas.—Comme jja, vous parliez d'abeilles.Ça se rencontre justement bien, car quant à moi, je n'aime guère à parler d'autres choses, et j'ai mes raisons pour cela, allez, car ce sont parmi les botes de ce monde celles qui me causent le moins de tracas, qui m'amusent le plus, et qui, année portant l'autre, me donnent le plus de profit clair.Ça ne vous surprendra pas lorsque je vous aurai que, dans le tems de leurs travaux, mes petites mouches me donnent une récolte de près dè vingt piastres par jour.Jérémie.— Vingt piastres par jour ! Alors c'est que vous avez le véritable charme.M.Thomas.—Eh ! non, au contraire.Ce sont elles qui me charment par leur instinct, leur activité, leur industrie.Jérémie.—Bel instinct ! belle activité ! Quand on en approche, elles vous piquent; quand on n'y est pas, elles se sauvent.M.Thomas.—Je vois, monsieur Jérémie, que vtous n'avez pas réussi dans cette culture, mais je crois que je puis vous montrer aisément que c'est plutôt votre faute que celle des abeilles.D'à bord, mes amis, avant d'entreprendre quelque chose, n'importe quoi, il faut bien se persuader que ce n'est ni par magie,ni par charmes qu'on peut réussir.Le meilleur charme, la magie la plus sûre consistent à connaître son affaire.Jérémie.—Oh ! il n'y a pas besoin d'être bien malin pour ça.Quand.avec un charme on peut garder ses abeilles, on les étouife l'automne, et on prend leur miel et tout est dit.M.Thomas.1—Oui.Vous venez de nous expliquer en bien peu de mots le mauvais système.Je vais tâcher maintenant de vous faire comprendre le bon ; celui que l'on doit à des hommes éclairés et patients qui ont étudié les mœurs, les habitudes, les instincts de ces intéressants et utiles insectes, et qui nous ont fourni les moyens d'en tirer un meilleur parti, sans exercer l'ingrate cruauté de les détruire pour nous emparer du produit de leur travail.Si je vous dis cela, mes bons amis, c'est qu'il me fait peine de voir quelle richesse nous laissons perdre.Jérémie.—Tout cela c'est bon pour les riches.M.Thomas.—Au contraire, mon brave voisin.Ce serait la ressource du pau- vre s'il savait seulement la recueillir.Imaginez que chaque lieue carrée de notre pays pourrait entretenir neuf cents ruches.Ce sont donc des millions de piastres que nous laissons perdre chaque été, et qui ne profitent à personne; et pourtant il n'est aucune culture, aucune industrie, aucun commerce même qui donne autant de profit pour le capital employé.Et cela se comprend, si l'on réfléchit que presque chaque plante, chaque arbre produit à son tour les fleurs qui renferment un sucre que l'abeille seule peut ramasser pour elle et pour nous, car elle est si industrieuse, si prévoyante, cette chère petite créature, qu'elle en récolte chaque année beaucoup plus qu'il ne lui en faut.Elle pense aux mauvaises années, voyez-vous, et croit qu'abondance vaut mieux que misère.En les tuant inutilement, nous sommes donc plus que bètes, nous sommes méchants.Quenoche.—Vous avez qu'à voir ! C'est drôle, je n'aurais jamais pensé à tout ça, à moi tout seul.Mais c'est bien vrai toujours que ce que vous appelez de chères petites bêtes, c'est mauvais comme des tons.Il y en a une fois qui m'ont piqué et qui m'ont mis les deux yeux comme une pomme cuite.J'avais beau me revenger ; plus j'en chassais, plus il en revenait ; à la fin je me suis plongé la lête dans une cuve d'eau.Sans ça, elles me périssaient.M.Thomas, riant :—Ellos vous ont piqué ! C'est probablement pareeque vous vous mêliez de leurs affaires dans leurs heures de travail.Elles n'aiment pas à être dérangée par ceux qui lie connaissent pas leur^ habitudes, voyez-vous.Tenez, jamais elle ne me piquent moi, et je j me promène au milieu d'elles comme je ' fais avec mes au très animaux.Pour vous faire comprendre en peu de mots la culture des abeilles, i^me faudrait vous expliquer un peu leurs manières, et ce serait peut-être un peu long; et ennuyeux pour vous que ça n'intéresse sans doute guère.Pétrus, Quenoche, Jean-Claude.—Eh 1 non, parlez, marchez, continuez.Nous aimons bien i connaître tout ce qui peut nous instruire et nous être profitable.Jérémie.—Oui, il va nous faire une longue histoire, mais il n'y a pas de danger qu'il nous apprenne le charme.J'ai déjà été attrappé une fois.Mais ça ne 85 coûte rien d'écouter en se chauffant et «n fumant une pipe.Mi Thomas.—Chaque colonie d'abeilles : se compose de trois espèces qu'on reconnaît facilement quand on s'habitue à les regarder.La première est ce qu'on appelle la reine.Il n'y en a qu'une par ruche.Quenoche.—Oui, c'est elle qui gouverne tout, qui mène les autres aux champs, leur montre les fleurs à cueillir, les corrige quand elles font mal ou se querellent.M.Thomas.—Non, mon brave Quenoche ; toutes ces idées là sont des contes faits à plaisir.La reine au contraire ne quitte jamais la ruche que deux fois en sa vie : quand elle cherche un mari et quand elle accompagne un essaim qui veut aller s'établir ailleurs.La reine devrait seulement s'appeler la mère, car tout son ouvrage consiste à pondre ; mais il faut dire qu'elle s'en acquitte bien, puisqu'elle a souvent plus de vingt mille enfants autour d'elle.Elle ne peut donc pas beaucoup s'occuper à gouverner.Du reste il n'en est pas besoin, puisque toutes les autres savent exactement ce qu'elles ont à faire et le font sans se faire tirtr l'oreille.Il en serait ainsi parmi les hommes s'ils étaient tout instruits et de bonne volonté ; s'ils comprenaient tous que le travail est le devoir ainsi que l'intérêt de chacun.Les abeilles peuvent nousen montrer long là-dessus.La reine ou plutôt la mère est facile à reconnaître.Elle est d'un tiers plus longue que les autres et son ventre plus développé et plus pointu dépasse ses ailes.Viennent ensuite les faux-bourdons ou les pères.Ceux-là ne font rien quo boire, manger chanter et voltiger au soleil.Ils ne font pas.même la guerre pour défendre la famille car ils n'ont point d'aiguillon pour piquer.Il y en a environ mille par rdche.C'est peut être comme vous voyez neuf cent quatre vingt dix neuf de trop; mais peut-être aussi qu'ils ont •quelqif.utilité que nous ne leur connaissons pas enqore, car les abeilles qui sont fines ne les nourriraient pas comme cela pour ne rien faire.Il y en a qui pensent ifu'ils'servént à tenir la rucHe chaude en l'absence des ouvrières, mais je n'en sais rien.Ils sont plus gros que les ouvrières, sont de couleur plus brune, et ont la tête ronde tandis que les autres l'ont à trois coins.Quenoche.—Vous avez qu'à voir î moi ; je croyais que toutes les abeilles étaient des abeilles.M.Thomas.—he reste de la ruche se compose des abeilles ouvrières proprement dites et que tout le monde connaît.Elles sont grises, et deviennent noirâtres en vieillissant.Elles ont deux gros yeux fixés aux côtés delà tête et trois petits yeux fixes aussi au milieu du front.Elles ont deux cornes flexibles qui leur servent à toucher ce qu'elles approchent et à se parler entr'elles.à ce que disent les savants qui les ont observées.Il y en a quarante milleau moinsdans toute ruche bien conditionnée ; et comme chacune d'elles fait plusieurs voyages par heure dans le tems des fleurs, on comprend comment il se fait que chaque ruche peut augmenter de plusieurs livres par jour.L'art du cultivateur d'abeilles consiste à arranger les ruches par le moyen de boites mobiles, de manière à pouvoir les enlever de tems en tems sans se déranger, et leur laisser un corps de ruche pour leur usage, où elles puissent pondre, couver, nourrir les petits et demeurer elles-mêmes l'hiver.Les ouvrières divisent leurs fonctions.Le plus grand nombre va aux champs récolter le sucre liquide et la poudre jaune des fleurs que les savants appellent pollen.Les abeilles pourvoyeuses apportent du miel dans une poche faite exprès et celles qui apportent la poudre la mettent en boulettes qu'elles retiennent dans des espèces de corbeilles formées des poils de leurs pattes.Les abeilles qui restent à la ruche.pour construire les rayons ou cellules s'appellent cirièrefs, parceqii'au moyen du miel qu'elles reçoivent des pourvoyeuses elles font de la cire qui sort de leurs côtés sous forme de sueurs etqui, en se séchant, fait la matière solide dont elles se servent.La poudre jaune est délayée dans de l'eau et du miel par leg abeilles nourricières qui en font de là bquillie pour les petits.Les nourricières et les .ciriè-res restent dans l'a ruche où elle* travaillent sans rclâclie pendant toute la belle saison.Pétrus.—Comme c'est surprenant l'instinct de ces petites mouches-là! ça nous prouve encore une fois là grande sagesse et la puissance de celui qui a créé l'univers, et qui a si bien arrangé tout ce qu'il renferme pour que les plus petits êtres sachent faire ce qui leur convient mieux que nous pourrions le leur montrer nous-mêmes «avec toutes nos écoles et tous nos savants 86 Mr.Thomas.—Voici maintenant comment il faut conduire une ruche pour en tirer du profit, Eu vous expliquant le travail des abeilleà; je vous explique rai en même teins la manière de les l'ai re augmenter et de récolter une bonne partie du produit de leur travail en les conservant, au lieu de les détruire comme font ceux qui ne connaissent pas les méthodes que l'expérience et les observations nous ont enseignées depuis quelque téuis.Mais avant d'aller plus loin, il faut que je vous raconte une petite anecdote pour vous faire comprendre le parti qu'on peut tirer de Cette culture.Un évoque, faisautsa tournée pastorale, arriva dans une petite paroisse des établissements nouveaux et par conséquent encore très pauvre, et peu en état de nom: rir convenablement sou curé- Le bon évoque sachant cela avait prévenu celui-ci de son passage, en lui recommandant expressément de ne rien l'aire pour le recevoir, attendu qu'il eoui.aissait l'extrême exiguïté de ses moyens.A la sortie de la messe, l'évoque se rendit au presbytère pour se reposer un peu avant de reprendre sa route.Quelle fut sa surprise de trouver une table plus somptueusement servie que dans aucun autre village.Il en témoigna un vif mécontentement, car il pensait que le curé s'était endetté pour lui faire fête par un faux sentiment d'orgueil.—-Monseigneur, répondit l'abbé, ne me grondez pas.C'est un couvent que j'ai organisé ici près dont les occupantes travaillent pour moi, et dont les produits depuis un an m'ont permis de recevoir votre grandeur non pas comme elle -mérite de l'être, mais au moins sans me mettre \ la géne.-—Un couveull s'èCria l'èvéque 1111 peu cout-h>ueé, etqui vous a permis d'établir une institution comme celle-là sans morne que je le sache.Il faut que je voie cela i b'iftstant pour faire cesser un pareil scandale.—Volontiers, Monseigneur, ayez la bonté de me suivre.Et le curé tra Versa son jardin- suivi de l'évêque qui cherchait en vain des yeuxrde tous les côtés, un édifice qui pût servir de monastère.Enfin ils arrivèrent à un ap-¦pentis qui renfermait une cinquantaine 'âe ruches.—Voici, Monseigneur, dit le curé, le couvent qui m'a permis de vous ofirir quelques humbles rafraîchissements.L'èvéque, comme vous pensez bien, se calma, serra la main du pauvre abbé, et rentra au presbytère où il man- ! gea vraiment de bon cœur et de bon'appétit, Depuis ce tems-là, quand un prêtre de la campagne se plaint à lui de 1 exiguïté de ses revenus, il lui répond eu L'exhorta rit à la patience, et lui conseille en attendant une meilleure curé d'élever des abeilles.Quenoche.—Vous avez qu'avoir! Ça commence à me réconcilier avec les abeilles, et je crois même que j'en élèverais à la condition qu'elles ne me piquent pas.Mr.Thomas.-—U faut que je commence par vous dire que les abeilles ne piquent pas aussi souvent qu'on le croit.D'abord toute abeille qui pique meurt, de sorte qu'elles n'ont recours à ce moy.eii que dans les cas extrêmes et quand elles croient leurs propriétés attaquées.Ainsi il ne.faut pas en approcher en s'agitaut, ni essayer de les chasser si elles voltigent autour de vous.Si vous agissez ainsi, il est rare qu'elles vous attaquent ; ensuite nu peu de fumée de bois pourri les chasse ou lès tranquilise de suite, si elles sont dans leurs ruches et qu'on veuille les examiner.Quenoche.—C'est donc pour ça qu'elles s'acharnaient après moi; dés que j'en appercevais une, je m j demeuras comme un Pétrus.—Elles te prenaient pour un animal féroce qui venait pour les dévorer, elles et leur miel.Mais, Mr.Thomas, dites-nous doue quelle est la meilleure espèce de ruche qui nous convienne, car il vient tous les ans par nos cantiptgues des américains du Haut-Canada qui nous offrent des ruches à patente de toutes sortes.On ne sait plus lesquelles choisir.Mr.i Thomas.— Tenez, à tout bien considérer, je crois que pour notre pays la ruche de paille vaut mieux que celles de bois, parce que l'été elle est plus fraîche et l'hiver plus chaude que les aq-tres, ce qui permet de laisser les abeilles hiverner dehors, avantage très important pour les gens qui n'ont pas de caves ou qui if aiment pas à se (tonner la peine de les rentrer.Les abeilles hiveruées dehors sont eu outre le printemps plus tot prêtes à l'ouvrage que les autres.Mais la ruche de paille, comme on la faisait autrefois, n'est pas commode, ni aussi profitable que celles auxquelles ou ajoute des améliorations pour pouvoir les conduire sans déranger les abeilles.Ainsi par exemple, une ruche ronde de 87 paille, couverte d'une planche avec des trous sur desquels on met des petites boites en verre où les abeilles vont déposer leur miel de surplus, est très commode, parceque Ton peut ôter les boites pleines et les remplacer par d'au très sans déranger h travail des abeilles.On met dans le haut de la ruche des tringles qui servent de guide aux abeilles, lilies font alors,des rayons droits qui réussissent mieux que les autres.Jt'rcmr.—Oui, mais quand un essaim sort,comment faites-vous pour le rattrap-per, si vous ne savez pas tes mots qu'il faut dire pour les arrêter et les empêcher de vous piquer quand vous vouiez les reprendre.M.Tlionuis.—Quand les abeilles sortent pour chercher fortune ailh nielles emplissent leur sac à miel ainsi que leur estomac, alin d avoir des provisions au moins pour trois jours.Alors les abeilles ne piquent jamais.Il faut se contenter de tes regarder et de les laisser se poser, ce qu'elles font toujours sur l'arbre le plus près; car la reine est paresseuse et n'aime pas à aller loin, et les autres la suivent toujours.Tout bruit de chaudrons et de faux que font alors certaines gens est un charivari inutile' auquel n'ont plus recours ceux qui connaissent bien la c îlture des abeilles.Dès qu'elles se sont toutes posées et mises en grappes, il faut aller sans crainte, mais sans précipitation, mettre au-dessous une ruche renversée au fond de laquelle on aqcollé quelques morceaux de 'cire ou de vieux rayons.Ou les fait tomber eu les secouant ou en les balayant dedans.Celles qui voltigent vont bientôt rejoindre les autres: au bout de quelques tems,on recouvre la* ruche, on la fedresse et on la place à l'endroit qu'elle doit occuper.Le lendemain ou voit les abeilles se mettre à l'ouvrage comme les autres, ei voici comment elles è'v prennent.Les pourvoyeuses vont chercher lemiel, les cirières commencent de suite à construire, des rayons comme vous ,qu avez tous vus.Lesncellules sop>t placées sur le côté et sont/à six pans, c'est-à-dire dé latorrtie la plus avantageuse .poun-contenir le plus avec aussi peu da.màtériaux de construction que possible.- Lesmieiki leurs géomètres n'ont découvert cela qu'après les abeille! qui ont appris cela sans doute du grand géomètre qui a tout créé, les bètçs et- les; hommes qui ¦quelquefois sont encore plus bôtës.Ces cellules sont faites pour recevoir le miel 1 et les œufs que pond là reine.Les cellules dans lesquelles les abeilles se proposent d'élever de jeunes reines ne sont pas couchées, mais pendent comme des poches.Jean Claude.—Mais vous disiez qu'il n'y avait qu'une reine par ruche.M.Thomas.—C'est vrai.Mais les abeilles n'en veulent pas manquer et il eu faut pour les nouveaux essaims.Elles en élèvent donc qu'elles nourrisent, mais qu'elles gardent prisonnières dans leurs cellules jusqu'au moment où il bn faut une autre.Si par hasard il eu sort quelqu'une, il va bataille entre elle et la vieille reine, et l'une finit tr ujours par hier l'autre dont le cadavre est jeté hors d i la ruche.Quenoche.—Vous avez qu'à voir! Elles ne sont pis si douces, après tout, ces chères petites mouches.% ! » M.Thomas.—Il faut sans doute qu'elles aient pour en agir ainsi de grandes raisons.Elles craignent probablement qu'une secbnde reine ne vienne mettre la zizanie dans la colonie et elles pensent que, pour la prospérité de' tout le monde, la tranquillité, le bon accord et l'union sont indispensables.Les œufs que la mère ou reine, pond au fond des cellules qu'elle choisit pour cela, éclo* sent au bout de trois jours.Chaque œuf se transforme en un petit ver à qui les nourricières donnent la bouillie dont je vous ai déjà parlé.Ce ver vit ainsi pendant six jours, après quoi les nourrices ferment sa cellule et le laissent à lui-même.,11 se flle alors mie enveloppe de soie coilime les chenilles à papillons.' puis s'endork.Aii bout de dix jonrs il se réveille abeille, déchire sa couverte de soie, brise la points de -sal/cellule, et sort pour aller travailler avec les autres 'Jbcqueline.-i-îie\[B\ leçon à nos demoiselles d'à-présent qui ne rêvent Joute lçur vie qu'à la soie, et ne voudraient jamais la quitter pounce mettre bravement à l'o«;vrà£e./¦ Jérémie.—Toutiçaoest bel estboty mais comment faitestvouspoiir récolter vôtre miel sans étouffer vos abeilles avect du soufre comme nousifaiisons toujours ! Mr.Thomas.—DJabovd, monsieur Jérémie, nous avons: la: récolte dans les boites.Ensuite quand on veut prendre le miel d'une rnchp, on y envoie1 de la fumée de bois pourri an moyen d'Un ! tuyau fail exprès.Cela chasse k'tf abeii- 88 les dans le haut de la ruche.On la renverse et Ton peut alors leur ôter au moyen d'un couteau la quantité de gâteaux que l'on veut, ayant soin def leur en laisser assez pour passer l'hiver.Si deux ruches sont faibles et qu'on veuille les réunir, on les enfume ; on en renverse une sur le fond ; on place l'autre dessus gueule à gueule, on tambourine avec des baguettes sur celle qu'on veut vider Le bruit les fait passer dans l'autre.Quand elles sont toutes parties, on prend la ruche qu'on remet à sa place, et on a le miel de l'autre.Une ruche forte en Siopulation passe mieux l'hiver qu'une; aible, et ne dépense pas autant de miel, parcequ'une grande ([nantité de la nourriture est employée à la réchauffer, et il en faut moins quand il v a moins de place vide.Il est encore men des choses qu'il faudrait vous dire; mais ce serait trop long, et si vous veniez voir mon établissement je pourrais en dix minutes vous en apprendre plus qu'à parler pendant dix heures.Ce que je ne saurais trop vous répéter, c'est que I'étouffage est la ruine de la culture.C'est comme si un habitant tuait toujours ses j.mues animaux pour avoir leur viande et leur neau, et ne gardait que ses veilles vaches.Sa terre s'en irait bien vite en ruine.Voyez-vous, ce sont les vieilles reines qui partent en essaims pour conduire les jeunes ouvrières.La jeune reine reste a la ruche.Si vous la détruisez pour avoir le miel, vos colonies dépériront bientôt, pareeque les vieilles reines ne sont pas aussi fécondes que les jeunes.Voilà donc le plus grand secret pour réussir dans la culture des abeilles.Ne pas les étouffer et réunir les ruches pour n'avoir que de grosses familles.iV7/m—-Mais puisque c'est aussi simple que ça, pourquoi ne nous montre-ton pas ça dans nos écoles 1 II me semble quejsi chaque instituteur recevait d'abord quelques leçons sur les abeilles par quelqu'un que le gouvernement choisirait à cet eiiet, et qu'on lui accordât une petite somme pour commencer une ruche dont les produits seraient pour lui, à condition qu'il montrerait aux enfants à conduire cette culture, on répandrait bientôt dans tout le pays les bonnes méthodes.Ça ne coûterait pas si-cher que des soldats et des fortifications, et ce serait, diablement plus profitable.M.Thomas.—-Cela, monsieur Pétrus, c'est de la politique, et je n'en parle jamais.Pourtant je Vous dirai, entre nous, qu & j'aimerais beaucoup mieux voir dix mille ruches dans chaque paroisse qu'une seu le caserne.* Jean-Claude.—Oui, je pense que cela nous enrichirait plus vite.Quenoche.—Et môme je crois qu'en ca» d'attaque ça noua défendrait mieux.J'en sais quelque chose.M.Thomas.—Allons, allons,' je vois que monsieur Bonsens ne revient pas, je ne puis l'attendre plus longtems.Bonsoir mes amis ; si vous voulez en savoir plus long sur lés abeilles, venez me trouver ; si vous voulez des ruches, j'en ai à vendre, à bon marché et des meilleures.Jérémie'—Et le charme ?M.Thomas.—Je vous l'ai enseigné ce soir pour rien ; ne pas tuer les abeilles, n'en pas avoir peur, et employer la fumée de bois pourri pour les mener où vous voulez.Bonsoir, bonsoir.(Il sort.) Jacqueline.—Il est assez tanant avec ses abeilles, ce père Thomas 1 mais il faut avouer qu'i les connaît bien, et que toujours il en a une grande, quantité qui doivent lui donner de jolis revenus ; je me rappelle quand il a commencé avec une seule ruche.C'est encore bien ù beau.PéfYm.-Mais voilà une voiture à la porte.Je pense que c'est monsieur Bon-sens qui revient.Ah ! il a%vec lui son homme de ce sou, je crois, car il^n'est pas seul.Le père Bonsens entre précédé d'un homme vêtu proprement a la manière de la ville.Lorsqu'il ôte son casque de fourrure on voit qu'il a une chevelure grisonnante, presque blanche, rejétée en arrière ; mais son visage encore frais indique le voisinage de la cinquantaine.Il est souriant, bruyant, vif, et paraît surtout excessivement satisfait de lui-même.Bonsens.—Entrez, monsieur le ministre, puisque vous n'avez pas rencontré les personnes chez qui vous pensiez passer la nuit, vous serez ici le bienvenu.Jacqueline (apart.)—-Unministre! mais il est fait comme un homme.Quenoche, Pitrw, Jérémie, Jean-Claude:' —Un ministre ! allons nous en, aussi bien nous gênerons monsieur Bonsens.Partons, bonsoir.(A Continuer))
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