Les Veillées du Père Bonsens, 1 janvier 1866, No 13
VEILLEES DU VOL.1.DE TOUT UK" PEU NO.13 Lis ]edlm du Pin lions, .-¦ indent 3,squspèi livraison.Los personnes de la Can,pagne on i!e la ville qui désirerairjU cece-; on- cette nublieniioa à domicile poïlmSiii adresser à l'édHoiir-iiro-prietaire, N.AUBIN, X»."î.Gun St, ¦i.-si.ri.-i.Montreal, une somme rrueleoti'pic en alrSenl ou en estampilles, et il léir sera adiessS les livraisons .jusijuu-ce (pie le nioniant soit épuisé I,'envoi .puvntulra û un reçu.Toutes lettres, questions, suggestions, et': deSÛni-es à r éditeur, devront ire adressées ROmmo dessus; Pour les ÈtaJs-Vnis, ô aJ'î,son ,t?'''foose ! ''s se raottom en tete tout est ni Itour eux.iiundruiii-iles et «ens.ai nuvlqn'un desserre les dents.C est un sot.-l'en conviens : niais une faut-il donc fane • 1 arler de loin, ou bien so taire.bonhomme LaFoxtaisk Septième Entre::*::;.( Suite-) Oà l'on renouvelle conn".tSsi cette singulière Jacqueline et aoec la plupart des anus de monsieur Bonsens:—Où Quenoche recommence ses naïvetés;—Où Von retrouve M.Languille qni explique comment en sa qualité d'avocat il entend la politique; —Où le Pire Bonsens décrit la file de la confédération où il a vu des choses dont les , organisateurs nç se doutaient pas ;—Où un grand ministre rentre m scène, scandalise Quenoche et veut en montrer à son curé;— Où le Père Bonsens apprenti à ses amis ce que c'est que l~ordrç du Bain ;—Où il a um • crible discussion acee le ministre - sur le passé, sur le présent Cl sur l'avenir:—Où "on trouve une curieuse lettre ili Sa Majesté la reine ù unbicn-ai»n:s!.- Qumoche.—Vous avez qua voir! Eh bien mor-je donnerais pour le sur quatre sous de bon cœur pour voir notre ministre habillé en peau de bête rouge.Il me semble pourtant que ce u'étai tpas la peine de se donner tant de tracas pour avoir le droit de s'habiller comme un sauteur de cirque .Bonsens.—Que veux-tu les hommes aiment à posséder quelque chose qui les tire de la foule et les fasse remarquer.J'approuve ce sentiment qui peut produire souvent une émulation salutaire.Je no vois à cela qu'un seul défaut, c'est que quand ces distinctions se donnent à d'autres qu'à des militaires elles arrivent rarement à ceux qui ont défendu les intérêts du plus grand nombre ou les doctrines populaires; de sorte que cela me semble pour les monarques un moyen fort économique de récompenser leurs amis.Dans le cas actuel les préjugés do race ont encore fait leur jeu ; car on a mis au premier rang un ministre du Haul-Canada qui n?possède pas la confiance de la majorité de ses compatriotes, tandis que notre ministre qui a tenu l'autre si longtemps à Ilots n'occupe qu'une place secondaire, qu'on lui fait du reste partager avec des gens de petite volée.Languille.—Au fond je n'en suis, pas fàehé car notre ministre ne pourra plus dire qu'il est avec son collègue comme les deux frères Siamois.Pétrus.—Ah ! mon Dieu qu'est-ce donc que ça ?Bonsens.—Ce sont deux jumeaux insé D8 parables qui se trouvent réunis entr'eux par l'estomac.Je vous dis cela sans mauvaise intention* „ Ilowlin.—Mgijjpienf Bonsens.apprenez que notre ministre donl vous paraissez l'aire peu de cas a refusé l'honneur dont vous avez parlé et qu'il préféré la confiance de ses concitoyens à tous les vains titres de noblesse que les monarques voudraient lui offrir.Ce que je vous dis-là c'est vrai puisque c'est publié dans la gazette.Bùnsfns.—Oui, cher Docteur, mais la môme gazette a publié aussi que le mi-luslrc a refusé pareequ'il ne trouve pas le grade assez élevé.Mais tenez, au moment où je partais de Montréal des plaisants faisaient circuler une lettre que la reine aurait fait adresser par le télégraphe de mer à notre ministre pour lui : xpliquér les raisons qui l'ont empêchée dé le faire chevalier comme sort collègue du HauNCanada : on tts'ort a donné une J ••opi* ; si M.Languille qui a do bons yeux v>iit nous la lire, pour nous amuser, je vais la lui passer.Qitçiwch':—Ihie lettre de l*jvine, vous uv.'zqu a voir ! ça doit être beau.Diantre ! il faut que notre ministre ne soit pas de la queue île chu1 pour que cette grande damé hii écrive ! Lisez donc, monsieur Languille.LonyiiiUr.—Volontiers, hum ! hum ! {lllit:\ Mon cher et honoré monsieur.Sa Majesté notre gracieuse reine et maîtresse .e'- commandé de vous écrire ce qui sait:—" Mou léal et bien-aimé cousin le " trës-honorable lia run Monck gouver-« neur dé mon Domaine du Canada, «vient de m'in former par le télégraphe « que vous ne désiriez pas conserver le « titre de compagnon de l'ordre très-ho-i' nérablédu Bain qu'il m'a plu de vous ii conférer et il me transmet aussi les ii raisons sur lesquelles vous appuyez « votre refus et qui sont principalement « que vons-pensiez avoir autant de-droit « que l'honorable Sir John A.MacDonald ii au titre de Chevalier du susdit ordre et « que l'honorable Monsieur Lange vin ùi dù être décoré du litre de Gompa-ii gnon puisque d'eux autres ministres de i la Province d'Ontario vinnent do l'être.ii J'apprécie, je vous assure, ;V leur juste i valeur les droits que vous cnumérez el que vous avez à ma reconnaissance 'i et à celle de l'Angleterre pour avoir « aidé au gouvernement de vos corhpa triotés les Canadiens-Français pendant « un aseez grand nombre d'années et sur-« tout pour avoir conseillé longtemps puis ii enfin amené lajconfédération de quatre de mes provinces de l'Amérique Britannique.Je vous en exprime ici ma reconnaissance.Boudiil interrompt :—Vous voyez, bande d'ingrats qui méconnaissez les services qu'on vous rend ! La reine elle-même exprime à notre ministre sa sincère reconnaissance.(Jenochc.—Vous avez qu'à voir! S'il a rendu des services à la reine c'est bien juste qu'elle le .remercie et elle est assez polie pour ça ; mais ce n'est pas une raison pour que nous en fassions autant; continuez, .-'il vous plait Monsieur Languille.Languille- lisant:—" ma reconnaissance : mais."' Prints.—Ah ! il y a un mais! c'est là que p se trouver l'anicroche.¦I on-paûdr.—Kh ! n'interrompez pas toujours : j'aimerais bien'à voir la fin.languille.— Mais vous me permettrez « en même temps de vous expliquer.i puisque vous m'y forcez, quelques unes « des raisons qui out dû nous guider dans «les marques d'approbation que nous « avons Cru devoir donner à plusieurs de « mes bons et dévoués sujets du Canada « à l'occasion de ce changement qui doit « selon vous, et comme je l'espère, resscr-« rer les liens qui unissent leur pays à •nnon empire.Jérémie.—Comme ça jase bien une reine ! Ce que c'est que d'avoir les moyens de se l'aire éduquerj Si ma petite seconde qui a eu deux prix au dernier examen du couvent peut continuer vous verrez qu'elle.Anilroclt'.—Elle ne sera pas une reine toujours.J ri'mii.—C'te h'disse ! je ne dis pas ça, niais seulement si ma seconde était poussée elle pourrait bien avoir autant d'esprit et jaser en phrase.Petrus.—Mais laissez donc continuer Monsieur Languille.A la lin si vous l'arrêtez toujours il n'en finira jamais.I.aiimiiïlr lisant :—« Bemarquez mon ii honorable Monsieur, que plusieurs rai-« sons militent ion faveur du preux et «galant chevalier Sir John A.MacDonald.« D'abord il appartient à notre race qui, i comme vous l'a dit voire intime ami et « protecteur Sir Edmund Head, est bien 1 supérieure à la, votre, ce qui explique « pourquoi, sur sept décorations, il y en r-\ 99 « a une grosse et cinq petites pour la race t supérieure et une petite pour la race « inférieure.Ce n'est que juste, comme u vous l'avouerez avec cette candeur qui n fait la base de votre caractère.Il est •i une considération qui n'est pas à nié-« priser.On m'a dit que, voilà de cela n quelque trente ans, (j'étais bien jeune •• alors et s'il m'en souvient il ne m'en " souvient guère,) ous ave/, voulu, les '• armes à la main, verseron mon gouver."nemenl eu Canada et déclarer voire '• tre pays indépendant.Ce qui pallie " nu peu votre crime à mes yeux, c'est - que l'on m'assure que vous n'avez pas •' tué un seul de nos soldats ; mais l'in-'• tention était coupable.Vous êtes revc-•; nu à de meilleurs sentiments il est " vrai ; mais ce n'est pas une raison pour que je vous place sur un piedd'é-" calité avec nn Immmo comme Sir John gahté avec un hommt v ; A.MacDonald qui a toujours éié fidèle • à ma couronne et qui, en sa qualité de chef orangiste jure d'appuyer à tout ; prix et mon trône et la foi dont je suis • iedelenseur, même s'il devait, pour " chef oraiiKisti a " ie uBiL'iisuui', même s'il devait pou " la marcher dans le sang de vos coréli-" gionnaires, les catholiques romains." Quenoche.—Vous avez qu'à voir ! Elle n'a pas froid aux yeux, notre petite reine pour dire des choses pareilles à notre ministre Bin! qu'en dites-vous, docteur Boudin ?Mais est-ce vrai, ce qu'elle dit des orangistes et de Sire John ?Boudin.—Ce sont des calomnies de ces damnés ronges.Croyez-vous que M.MeGee, un bon irlandais s'il en fut jamais, aurait voulu s'associer avec un orangist'V Et que notre ministae, 1' soutient de nos droits et de nos institutions, eût voulu se prêter ;| 1111 tel déshonneur! Tenez, vous m'impatientez avec vos propos insensés.Cherchez dans toute la collection.de la Gazelle que j'ai à la maison et je vous mets au déli d'y trouver rien de ce que vous dites.Bonsens.—Lisez donc, Mr Languille.Languille lisant:—Où en serais-je,grand '• Dieu mon cher et honorable monsieur " s'il me fallait donner des titres à tous " les rebelles qui deviennent loyaux '• lorsqu'on leur offre des portefeuilles de ministre.Nous nous en servons ne comme de raison, mais nous i les estimons pas.J'aurais pu passer par dessus les préjugés dans votre cas/attendu que vous nous avez exçessive-1 ment, amusés ; mes enfants ont beau-' coup ri de vous, mais ri à en mourir, " lorsque vous êtes venu nous voir au " château de Windsor.Mon petit Alfred ;t surtout, cet espiègle Incorrigible imi-" tait votre parler, vos manières, et, " ayant mis des bas sur les manches de " deux balais il représentait votre allure " en culottes courtes.Il était à croquer " ce petit coquin et nous eûmes pour longtemps des points de côté.Je vous " devais en toute justice quelque " compensation mais cela a été plus fort •• que moi.Les raisons d'Etat, comme " vous savez, doivent passer avant nos •' désirs particuliers.Vous vous plaignez " de ce que votre collègue, Monsieur " Laugevin, n'a pas reçu les mêmesbon-" neurs que Monsieur MacDougalL Je " sais que l'on dit que ce dernier a eu ;' des penchants très prononcés pour le •• système américain de gouvernement ;' et que l'autre est un saint homme.Je ¦• ne sais rien de tout cela, mais on m'a •' assuré que ce monsieur Laugevin qui, " je crois était votre substitut, a failli " nous mettre en grande difficulté avec " mon fidèle allié l'empereur Napoléon " au sujet de l'affaire d'un pauvre mal-u heureux du nom de Lamirande.Mou '¦ Secrétaire des colonies d'alors, lord " Carnarvon m'a assuré que c'était une '« affaire des plus scandaleuses ; que l'on " ne peut expliquer la conduite que vo-tre collègue a tenue en cette occasion ¦' que par le désir de vous plaire et de ¦• vous favoriser attendu que c'était votre •: associé qui fut employé par la police u française pour obtenir la reddition de " ce coupable.Cette conduite de votre '; part m'a semblé d'autant plus singu-•• lière que l'on assure que sous votre " gouvernement les défalcataires, les " faussaires, les voleurs publics sont •• l'objet d'une protection toute particu-" lière et que non seulement on leur " donne les places les plus lucratives." mais que même souvent on les supplie " d'entrer dans le cabinet.Vous n'aviez " donc pas quelque petit portefeuille " pour Lamirande?11 entendait pour-" tant admirablement bien les finances '¦ et ces gens-là sont rares.Toujours est-" il que je n'ai jamais pu induire mes ¦' ministres h renoncer à leui-s préjugé i ;' " cet égard et voilà ce qui explique pour-'•quoi vous n'êtes point chevalier ni " Monsieur Langeuin compagnon de •' mon royal ordre du Bain.Il y avait •' bien encore quelques autres raisons, " mais elles m'ont paru spécieuses et ne too '• valent pas la peine de vous tjtre- eolh-.' jnuniquées.Je regrette seulement qu'avec votre perspicacité ordinaire." vous n'aviez pas compris pourquoi il " nva été impossible lie vous trailer com-" me je l'eusse désiré.Voue eussiez pu " même, profiter de l'occasion pour ac-" croître votre prestige auprès de vos " compatriotes, hommes simples et lion-'¦ notes qui ne croient pas aux artifices '" des grapds en leur laissant croire jjUfe li vous méprisiez les litres honorifiques, ••' que vous auriez mémo- refuse ceux '• que j'aurais pu vous offrir, .le vous " eusse gardé le secret et tout eût été " pour le mieux, tandis que la lettre que " vous avez ou ut maladresse de ni'éeri re et de publier, et à laquelle la poli-'; tessc- m'a forcée de répondre, vous '• place, excusez ma franchise, dans la '; position la plus ridicule dans l'esprit •¦ des gens sensés.Je souhaite mon èttér '• et honoré monsieur, que Dieu Volis •• ait en sa sainte garde." •' ' I.x Rkine, .; Par son Secrétaire intime ISouilin.—Vous voyez bien qu'elle n'est pas signée c'est donc une lettre fausse.Reliais.—Serait-ce par hasard votre ami.Monsieur JeaH-Bantis!" Dftonsl qui l'an writ écrite?ISowi'm.—11 ne s'amuse .pas à des platitudes insignifiantes.Ah ! enfin, voici notre cher ministre lui-même : Arrivez bien vile pour-coiifondre ces bavards au milieu desquels je pourrais perdre l'esprit.Quciiorhr.—En v'Ia que bonne! c'est connue moi l'autre jour dans les chars : trois de mes amis on', eu leur bourse volée, Moi je n'ai rien perd.!.IrrrM:"—Ail I Ooniliielll as In fait?Qiimnrii .—J'avais oublié d'emporter de l'argent.Boudin.—Avouez, monsieur le ministre, (pie c'est bien affligeant do vivre avec des simples de Ctfttè espèce.Le ministre, riant—Eh ! Eh ! mon nmi Quenoclii! ne me parait- pas aussi belt-qu'il en a l'air.Il ne s'agit que de le comprime re : mais voyons, de quoi par-liez-vous pmfcebut mon absence?Vous parli.asde moi je parie?c'est tout naturel, dans ce monfenl-ci tout lé monde s'occupe de ce que je fais, de èe que je lieuse, de ce que je dis et même de oe que je De dis pas.J-int Clatn/r.—Les oreilles ont dû vous corner depuis quelque temps car il faut avouer que jamais ou n'a tant parlé, de personne que de vous de ces temps-ci.Quenoche.—Oui et même les oreilles vous corneraient et se redresseraient encore plus si vous entendiez tous les jasemeuls qui se font eii arrière de vpus.Vous avez beaucoup d'amis, je vous, assure, mais vous avez aussi beaucoup d'ennemi-.J'aiinefais bien pouvoir me débrouiller au milieu de tout ça., Lr ministre.—Voilà Je' père Bonsens qui peut vous éclaiiyr'à sa manière.Je pense qu'il nie.hait et me déteste de tout son cœur : car il a beau dire et beau faire on voit qu'il n'est' pas de ma politique.Bonsens.—Nous avez tort de parler ainsi, monsieur le ministre; je ne sais détester personne.Je blâme souvent la conduite de om-taines gens, je les plain s, mais ne puis les haïr.Ainsi j'admire en vous certaines qualités comme votre énergie, voire vigilance incessante, vo-tiv dévouement à ceux qui appuient vos vues :._mais je deplore voire soif insatiable (f'u [Miuvoirqui a fait tant de mal à vos compatriotes et tellement reculé le pays qu'il faudra bien des années .de luttes pour rnlrappcr le chemin perdu.Lr winislri:— Comment, comment ?Allez-vous dire que j.' n'ai, pas l'ait ron , deineul marcher les' affaires du pays.Voyez par exemple la confédération.mais j'oublie que naturellement vous '•les opposé à la confédération el que vous feriez tout votre possible pour nous faire retourner à l'ancien.système.Boiwns.—Vous vous trompez encore là.monsieur le ministre.Tant que nous ne serons pas les maîtres de uosileslipées nous serons bien forcés d'accepter.le sort, qu'on nous fait, sauf à tâcher .djeîl tirer le meilleur parti possible.Ce q'iie je " reamis des gri'lle i-'esl de voir d'anciens -.doctrines populaires, des hommes qui se sont l'ait, un nom par leur dévouement aux idées libérales, faire l'ouvrage de nos ennemis et nous reculer de cent pas après nous avoir aidés à en faire péniblement un.Vous vous souvenez que lois de l'Union des deux Canadas il y eut par tout le pays un cri général de réprobation.Toril le monde promit d'y résister.Tous les candidats à la représentation jurèrent solennellement de n'avoir ni trêve ni repos lant quel Union subsisterait.Mais bientôt on fit luire à leurs yeux l'appât des places et du pou- 101 voir.On introduisit le régira.?do la corruption, on fit des dépenses exorbitantes pour nos moyens, on endetta le pays pour acheter par des contrats lucratifs l'appui de tous ceux qu'on trouva nécessaire d'entraîner ou de faire "tain•_.Boudin.—Mais vous savez bien, monsieur Bonsens.que tous les journaux bien pensants on! dit et redit que l'Union nous a sauvés.Bonsens.—Oui elle a sauvé ceux qu'elle a payés et chargés d'honneurs.Mais pour quelques centaines qu'elle a sauvés elle en a chassé des centaines de mille du pays.Les impi'is placés pour payer les intérêts de notre dette sur lesoll'els dont nous avons besoin ont rendu la vie impossible pour la majorité des ouvriers qui Ont été forcés de chercher de l'ouvrage et du pain ailleurs.Quenoche.—Vous avez qu'à voir ! .1" ne comprenais pas comment la politique pouvait chasser le monde ; mais ça me parait clair à present.Bonsens.—Eh bien je ne voudrais pas entreprendre une lutte contre la confédération comme» celle qu'on a fai'e inutilement déjà contre l'union ; mais je voudrais qu'on envoyât au parlement fédéral des hommes dévoués et capables qui pussen^apporterà la,.uouvelle.constitution des changements propres à nous permettre don l'aire uu système avantageux et sûr Le ministre.—Ah ! je vous y prends, vous approuvez presque la confédération : j'ai donc bien fait de participer à son établissement ?On doit donc élira ceux qui m'ont aidé au lieu de ceux qui me combattent Boudin.—C'est clair et c'est ce que je dis.Petrus.—Attendez, attendez.II me semble que ce n'est pas aussi clair que cela et que notre Bonsens aura bien son mot à dire.Bonsens.—Permettez, il me semble au contraire que pas un de ceux qui ont voté la confédération ne devrait être chargé de nouveau d'un mandai et je vais vous dire pourquoi : D'abord vous n'avez pas voulu adopter ce système tant que vous pensiez pouvoir gouverner le pays avec de grandes majorités.Dès que vous avez été battu vous avez dit que la constitution ue valait rien, tandis qu'il est bien probable qu'avec de la bonne volonté elie eût pu marcher longtemps encore.Vous avez refusé d'en appeler au peuple afin de savoir de lui s'il voulait ce changement.Vous avez agi sans son consentement et contre vos promesses.Tenez il pourrait vous prendre fantaisie d'en faire encore autant si par hasard vous étiez comme cela pourrait fort bien arriver, battu dans le premier parlement du nouveau Domaine.Par exemple quelle garantie avons-nous de votre fidélité ?Vous avez abandonné deux loisvos opinions: pour arriver au pou -voir, puis.ripour le reprendre.Je pense qu'on pourrait voiiV entendre,"dans Te ' cas d'une défaite, vous écrier que l'on n'a de choix qu'entre la confédération et, l'annexion ; or comme' la confédération ne peut pas fonctionner (car selon vous un gouvernement qui marche sans vous ne fonctionne-pas) il faut s'annexer! Et l'on pourrait vous voir faire une coali-ion avec tous les annexionnisteset dire qu'il nous faut être américains de suite et qu'il n'y a pas pour cela besoin de consulter le peuple qui est trop ignorant pour décider des questions de cette -portée.C'est votre passé, comme vos voyez, qui me l'ait craindre pour l'avenir.Amîroche.—Diantre ! C'est-pas drôle en effet d'envoyer au parlement des gens qui croient avoir le droit- de tout.faire • sans consulter ceux qui les élisent et qui les paient.C'est trop dangereux et il nie .semble que c'est assez de l'avoir fait une ' , fois.Cest pas une raison parceqn'on a •' une girouette sur sa maison de faire ' tourner la maison avec, toutes les fois que le veut change ! Jean-Claude.—Ah ! ça pour le coup c'est vrai et je comprends que ça ne serait pas une économie.Jérémie—Du yablc si je voudrais faire ce jeu-là! ' Bonsens.—Eh bien pourtant mon pauvre Jérémie, il y a moins d'inconvénient à tourner une maison qu'un pays.Le ministre.— Mais enfin, Monsieur Bonsens, quel défaut trouvez-vous à ma confédération ?Bonsens.—Les défauts que j'y trouve, je vais vous les dire.Je ne suis pas à mon âge comme vous devez bien le penser, un de ces forcenés qui ne trouvent rien de bon que ce qu'ils ont fait ou prôné.Non.et vous ne devez pas voir en moi un aveugle ennemi de cette confédération que vous nous avez imposée plus pour la satisfaction de votre ambition que par amour du bien.Mais ce que je regrette, c'est que vous aviez in- 102 trotl n i t clans votre gouvernement un élément monarchique dont nous nous étions presque débarrassés à grand peine.Je comprends qu'en Europe, en Angleterre par exemple où d'anciennes classes possèdent le sol, qui ont eu le pouvoir longtempsœiitourenl et appuient autant que possible le trône qui les protège, ou doive compter sur ces classes et leur laisser un certain contrôle dans lès.affaires.Et encore, vous le savez ou commence à crier très-fort contre l'inutilité de la chambre des lords.En ! bien vous nous avez donné sous le nom de énal une chambre des lords dont vous Qè jouri./ contrôler l'opposition parfois que parla corruption puisque vous avez limité le nombre de ses membres.Le ministre.—Mais le principe électif ne nous a pas donné des hommes supérieurs.Bonsens.—Vous n'avez pas le droit de dire cela puisque vous avoz composé vo- Bonsens.—Mais trop tard et maladroitement puisque vous vous plaignez de son insuffisance.Boudin.—N'importe tout ça ?La confédération nous donne le pouvoir de nous gouverner dans le Bas-Canada, or comme nous y avons la majorité nous allons faire tout ce qu'il nous plaira C'est autant de gagne.Bonsens.—On nous a bien donné ce droit eu apparence, mais la réalité se réduit à peu de chose.Si le parlement général est conservateur vous aurez la maîtrise ; mais s'il est démocrate ou libéral la minorité qui a droit d'appel fera renverser toutes vos décisions.Nous tomberons alors dans un chaos qui n'aura pas d'exemple ailleurs.Nous aurons reours aux gros mots, [mis aux coups, ce qui n'est pas bien consolant quand on est le plus faible.Jérémie.—Expliquez-moi donc ça à la franquette.Moi.voyez-vous ie ne con- tre sénat d'anciens conseiller élus par r¦?•*¦•?>¦?wjn-wu» je ne con I- peuple.Vous en avez seulement di- llais Pas tous vos beaux termes de con-miné quelques uns des plus dignes s"'»»«ati'iirs «•! de démocrates.Parlez par et conservé d'ignobles nullités ! Du reste celte faute ce doigt qui permet toujours je vois dans île la Providence que les hommes laissent dans leurs œuvres un point imparfait qui fait leur punition ou marque leur infériorité.Ainsi quoique je ne suis pas prophète, beaucoup s'en faut, je crois pouvoir vous dire qui cette confédération que vous avez acceptée des mains de votre plus mortel ennemi.M.Brown, ear c'est à lui que l'idée en est venue: au lieu de perpétuer votre prestige vous précipitera du haut du pouvoir parmi lesdéchusde ce monde.Déjà vous sentez la nécessité de vous justifier, devons défendre, de vous mesurer sous iui désavantage probable.devant là flmle du populaire avec uu adversaire étranger encore à la vie parlementaire bleus et par rouges.J'entends ça.Bonsens.—Eh! bien supposez que vous avez dans le conseil municipal neuf bleus qui veulent ouvrir un chemin dans un endroit de la paroisse et trois rouges qui ne le veulent pas.Les neufs bleus passent à la majorité un règlement pour faire le chemin.les trois rouges votent contre puis appellent à la législature qui serait, supposons, ronge.Elle renverse le règlement, et .'e chemin que la majorité voudrait avoir ne se fera pas mais au contraire vous aurez celui qua désire la minorité.Jérémie.—Mais ça ne serait pas juste, ça, père Bonsens.Bonsens.—Non certainement.En théorie il est bon de protéger les minorités, -.- i'i.t.ius a faite parceqne eel Boudin.émerveillé.-Quclgrandhom-: V Si tas le* Bas-Canada où , me ! .1 a réponse a ton ! i si Butiç uu.1 " *pTier sur le Quenoche.—Cest égal je n embarque- ^SSîï!f5S?a^^ rai pas dans son canot.J'aime mieux Sîy2Sïï»ir.N ous reprendrons cet le cou versât ion car je ne désespère pas de mettre Moiij sieiir Donsensde mou côté.Quenoche—Vous avez qu'à voir.C'est pas facile, l'ourlant il y aurait un moyen Le Ministre—Ah ! et lequel ?Quenoche.—Etre, à l'avenir, modeste, juste et bon patriote.Jacqueline.—Bonsoir, bonsoir.
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