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Titre :
Les Veillées du Père Bonsens
Éditeur :
  • Montréal :N. Aubin,[ca 1865]-
Contenu spécifique :
No 14
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

Les Veillées du Père Bonsens, 1866, Collections de BAnQ.

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VOL.1.DE TOUT UN PEU NO, 3,4 Les Vriller* 'In /Viv Consente, *"Vend:'nl .1 sous par livraison.Los personne; ''"'In Campagne ou 'le la rills qil il*«irKW'i:t recevoir eette publication à domicile pourront adrer ser à I'editem'-'pro-' prieta::v, >,.Al'HIN.X'.'il.1! •- ¦ Si.Gabriel, Montreal, une somme quelconque en argent ou en estampilles, et^fl leur sera adress-' .des livraisons jusqu'à-co que le montantsoit épuisé, L'envoi; qùivaudra a ua W£u.Toul ! tires, g lestioi s.suggestions,'etc: destinées à l'éditeur, devront tre adressées comme dessus.Pour H EM.t-1'nis.h cents en Grten'bàé&s.1 La raison te?oflonso : il?se mettent en tête yuc tout en nq.ue beaurc- ve c'est lorsque je me reporte au tems demon enfance, quand je vivais parmi vous et que je faisais ces travaux que tu trouves si durs et qui pourtant ne sont rien auprès de ceux que ju fais à la ville pour me procurer une existence qui n'a de beaux jours .que ceux que je^pins venir quelque fois passer ici.• Jacqueline revenant toute effarée et pourtant resplendissante de satisfaction.Elle tient à la main une lettre ouverte : —Ah ! je vous y prends, mamzelle la ca-chotteuse de Module ! Tenez voici une lettré qui est tombé de votre poche de gilet que je.secouais pour en chasser la poussière avant de l'accrocher.Je ne suis pas curieuse je m'en vante : niais c'est é-gal je n'ai pas pii'm'empêehcr de là lire et j'en suis bien contente parce qu'enfin, après tout, il faut bien que ces choses-là se sachent.Ah ! c'est comme ça que vous faites vos coups à la sourdine sans en rien dire à vos meilleures amies.Eh ! pourquoi vous tant cacher'/croyez-vous que je ne me doutais pas depuis longtemsde ['affaire ?Oh ! allez on ne me trompe pas facilement et j'y vois clair sans faire semblant de rien.Ce pauvre garçon il m'en faisait de la peine.Tenez, depuis votre dernière visite il n'était plus le même et je voyais qu'il avait le cœur gros.Il poussait à chaque minute, quand il était seul avec moi, des soupirs, mais des soupirs à attendrir un ours.Enfin en voilà l'explication et j'ai découvert à la fin, mais sans le Vouloir, le pot aux.Moduie.—Oh mademoiselle Jacqueline, ' rendez moi cette lettre que j'aurais dû sans doute laisser chez moi.Juqueline.Oh il n'y avait.pas de danger pour ça ; car on voulait l'avoir avec soi cette chère lettre, on voulait pouvoir la lire pendant le voyage, la lire avant de se coucher, la relire en se levant.Allez, allez, je connais ça et croyez bien qu'on n'est.pas arrivée à mon âge sans en avoir eu qnelques unes de cette façon.Scholastique.—Mais .enfin Jacqueline dites nous donc, si ça peut se dire au moins de quoi il s'agit ; car on pourrait croire à des choses, mais à des choses incroyables.Jacqueline.—Oh-pour ça, rriot ! c'est un secret à mademoiselle Module et is me garderais Jiicrfd'en rien souffler ; excusez-moi si'flaris le premier moment'de surprise je" n'ai pas gardé.l'affaire noar môij maissoyezsWe-fjue çfhvrrapas plus' 107 loin et que pas même mon frère n'en saura jamais rien.Module.— Tenez ma chère mademoiselle Jacqueline je pense qu'à présent que vous en avez tant dit il vaut mieux achever et lire la lettre elle-même.J'avais d'ailleurs l'intention de vous communiquer bien vite ce petit secret riais, sans savoir pourquoi, j'hésitais toujours.Monique.—Mais enfin qu'est-ce ?Lisez donc, lisez donc.Vous me voyez toute en transe et vous m'avez fait une peur pour notre bonne Module dont je ne reviens pas.Jacqueline.—Une demande en mariage ! rien que ça !' F'izabcth.—Ah ! mon Dieu ! lit de qui ?Monique.—Je respire, mais lisez donc.Scholastique.—Lisez donc vite, ne nous faites pas languir comme ça! Et de qui la demande '.' Jacqueline.—Vous •¦.liez voir.( Elle lit : ) " Ma chère demoiselle Module.Je n'ai ': pas la parole en bouche, c'est pour ¦• quoi je prends la plume en main pour vousdire,sur le papier qui endure tout, " ce que je n'ai jamais osé vous announcer moi-même, crainte que vous ne " m'enduriez pas.Ayant commencé, je " ne sais comment continuer et encore ': moins comment finir tant vous m'ins-" pirez de crainte.Pourtant vous êtes si -' lionne, si bonne, que vous me paraissez ¦' la meilleure des créatures du bon pieu " qui est bien bon de vous avoir créée." Vous allez être bien lâchée de ce que '•je vais avoir la grossièreté do vous de-" Mander, mais c'est, plus fort que moi " el je iiense bien que je mourrai de cha-'¦ grin si vous me refusez quoique je ne •• suis pas bien sur de lie pas mourir de " contentement si vous consentez." Mimique—Ce pauvre garçon, il me crève le cceur il'Iais qui peut-il bien êu\j"?Jacqueline.—Vous devez bien sûrement vous en douter.Moi j'ai deviné cela tout de suite.Monique.—Je crois bien vous aviez lu la lettre.Jaquelinc.—Eh ! je m'en doutais avant que ia le! Ire ait été IV.te.Allez dans ces affaires-là je vois bien vite où les gens vont en voir.Mais laissez moi continuer.( Elle lit : ) " Vous n'êtes pas sans vous être aperçu, mademoiselle Mo-" dule.que quand je suis près de vous " je deviens toulinicHbe1 qui votve voix " seule me coupe là parole.Ça doit vous faire comprendre que c'est pareeque j'ai " bien des choses à vous dire, mais que " le respect, l'émotion, enfin je ne sais " quoi m'empêchent de trouver des mots u.qui pourraient vous faire agréer les " sentiments qui, les sentiments que.,." et tenez, même la plume à la main je " ne sais pas trop comment vous présen-" ter mon idée.Je voudrais bien vous " avoir pour ma femme, si cela vous fait " plaisir, bien entendu.Excusez, voilà " le grand mot lâché, et maintenant ¦• cii'il est parti je ne le retirerai pas." Ce que je vous propose, mademoiselle, '; n'est pas, je le sais bien, une position selon vos mérites, mais avec du travail et la protection du bon Dieu je " pense que nous pourrions vivre res-J '• pectablemenl et que vous ne vous ar-" radieriez plus vos jolis yeux pour les ' autres.Je sais bien que la bonne chance ' et le bonheur seraient de mon côté,mais '; je ferais tant et tant que vous en auriez 41 votre part.Je ne suis pas ce qui s'ap-'; pelle riche et je ne pourrais pas, même ' je ne voudrais pas, vivre à ne rien fai-f're.J'ai deux bonne terres au soleil et 11 un brin d'argent à l'ombre ; j'ai douze '• belle raphes, quatre chevaux de tra-" vail, et un qui va à l'église, une cin-•quanlaiue démontons, une quantité '• de volaille, d'oies et de dindes qui se-'¦ raient, ainsi que • • 11 > i, bien fiers de vous '; avoir pour maîtresse.Tout cela gagne 1; sa vie ei la mienne ; ainsi vous voyez " que môme s'il m'arrivail malheur et " que je me casserais une jambe ou deux '• vous n'auriez pas encore de misère.'• Je vis bien, mais avec beaucoup d'en -'• nomie et vous ne trouverez rien d'i-•• nutile chez moi.J'ai seulement une ': pauvre vieille servante qui ne l'ait plus " rien depuis longtemps ; c'est ma ju-•• mènl grise.J'espère mademoiselle que vous ne me demanderez pas de la tuer, •¦c'est elle qui m'a men'' reconduire '• mou cher défunt père et nia sainte '• mère au cimetière de notre paroisse."C'est elle oui liai, illép chercher le -• médecin et lë uré pour leur dernière maladie.Personii" ne s'en est servi a-près.'' Scit'/'asliqur.— Sûrement, mnnvzelh» Module, que vous n'allez pas refuser ce brave garçon, je l'aime rien que pour sa jument grise.C'est beau.ça.Qui est-ce donc; dites-nous ça franchement.Faut toujours bien que ça se sache. 108 .A/eryii./'/f/ic.—Attende//, donc la lin.(elle-lit :)••' Vofis ayant exposé l'état dé mes '• affaires il ne reste plus qu'avons, faire " connaître celui de mon eo;ur qift sera "dans un bien grand déiabremeur.jùs- qu'à-ce vous m'aviez fait à,savoir votre " réponse favorable.J'ai mis trente ans " à vous trouver mademoiselle et s'il faut •' que j'en cherche une antre je passerais " bien encore trente ans sans rencontrer " votre pareille.Je st'fais bien allé vous " porter la présente moi-même si ce n'é-' tait le tems des foinset c'est un péché de " laisser perdre le'bien que lo bon Diéù-'•nous envoie cette année avec tant d'a-'; bondance.Ge prinlemson croyait tout " perdu,on se désespérait comme jamais.i: La providence est grande et nous voilà " tous dans la joie.C'est ce qui me pous-" se à espérer que vous serez bonne aussi uet que vous vouduez-bien d'un mot ~; changer en bonheur le chagrin de '• votre respectueùx.ct fidèle • • Quenoche.Monique, Elisabeth, Scholastiquc parlant à la fois:—Quenoche! Qui aurait cru ça de lui ?—rFiez-vous à ces hommes.Q'faisait tant l'indifférent, je croyais qu'il To-' rait un vieux garçon.—Il aurait pu trouver une richarrte s'il avait voulu.Jacqueline.—Étrhol je vous dis qu'il n'aurait jamais pu trouver mieux et si mam'zelle Module a de lâ chance de trouver un bon et estimable gai con je pense qu'il en a une bien pïus gfaiide â rencontrer une aussi brave fille.Sûrement que vous allez l'accepter de suite.- Module.—Je ne dis pas encore non.Jacqueline.—Bon ça veut dire oui.Je vois venir toute la bande de nos hommes avec mon frère, monsieur Languille et monsieur le ministre.Ils ont l'air d'être bien échauffés, bien animés, c'est leur insécrable do politique qui les bouleverse comme ça.Eli ! arrivez donc '.ous que je vous apprenne la grande nouvelle.Voyons Pétrus, Jérémie, Androche sortez les bancs ot les chaises tandis que je vais aller vous chercher de l'eap fraîche et du sirop, du vin, du lait, enfin ce que vous voudrez ; vous devez avoir la langue sèche à vous égosiller comme vous faites, bande d'écer,velés.Quenoche.mon port-dard, te voilà) tout penaud, je sais ee qui t'ahurit, c'-est la présence d'une certaine personne de notre connaissance.Ne fais pas l'innocent, je'sais tout- Nous avons lu ta lettre.Elle dit : On.Ainsi cours l'embrasser je"'*e le permets si elle te le permet, Et si elle .te refuse ça ne sera pas de bon ccetTr.• Module.— Oh ! mauein.oi.seHe Jacquè-* line taisez-vous donc.,' Jacqueline.— Met aire moi1!', non pas" dans une occasion comme celle-ôi.Vous' savez donc que notre Quenoche se mairie 1 -S.Languille.—Pas possible ! C'est un canard.Jérémie.—Que voul'e/.-vbus dire, ah ça ne nous insultez' pas.Quenoclie.—Moi un canard-?Languille.—Eh ! non pas lui„spn ma riage.Ne vous fâchez pas.Vous savez, qu'à la ville on dit d'une chose incroya-j ' ble rapportée par les gazettes, que c'est un canard, je ne sais pas trop pourquoi, car enfin le canard me parait un honnête volatile qui ne cherche à tromper personne.Petrus.—Où diable-vont-ils chercher des comparaisons, ces journalistes.Je ' crois qu'ils seraient bien embarrassés de nous expliquer celle-là.Bonsens.—C'est pourtant facile et je.puis vous dire d'bù vient cette expression.11 y avait un farceur d'éditeur qui demeurait à la campagne.Il écrivit dans son journal qu'il avait .dans sa basse-cour trente canards .et qu'un d'entr'eux avait mangé les vingt-neuf autres.Les autres gazettes traitèrent la nouvelle de mensonge ;des savants'du genre dé notre ami le docteur Boudin publièrent de longs écrits pour prouver scientifiquement que là chose i lai'/impossible.Alors l'auteur de la nouvelle confondit les contradicteurs en racontant comment la chose s'était passée.' Il expliqua qu'il avait un jour tué un canard, l'avait fait cuire et eh avait distribué la chair aux autres, que le lendemain il en*avait'tué un second, puis un troisième, un quatrième, jusqu'à-ce que les vingt-neuf y aient passé,de sorte que le dernier avait bien réellemeut mangé ses vingt-neuf camarades.Depuis lors toutes les fois que l'écrivain en question publiait quel- v\ que nouvelle extraordinaire ses contra res s'écriaient qee c'était encore lin canard ! Quenoche.—Vous avez qu'à voir ! ' .• Bonmis— Et j'espère bien que tu "vas confondre monsieur Languille en épousant mademoiselle.Module' comme tu m'as dit vouloirlë faire s'il n'y avait pas 109 d'empèçhenïêhtdes^,part.^/.^ Jacqueline.— Gomment tu savais cefcr ettU'ïM m'i'ii as jamais parlé Je ue te le pardonnerai jamais.C'est lion, j'aurai mon secret moi aussi el je ne t'en dirai rien.Bonsens.—A ton aise ma bonne sœur.Mais tiens verse à boire à notre ami monsieur Languille.Il doit avoir la gorge sèche après le discours qu'il nans a lait.>s Lanyiiillr.—Ein 1 vous les ai-je arrangés, vos rouges.Les ai-je déshabillés ?Ai-je montré que je connaissais leur politique ?• Pétrus.—Oui, on voyait bien à vos paroles que vous aviez vous même été de ce parti.Il n'y a rien comme Tes gens qui ont vendu leur capot pour y trouver des défauts irréparables.Mais pardon, je ne veux pas vous faire de reproche, vous nous "avez expliqué l'autre jour que vous ne défendiez que ceux qui paient.Vous me permettrez de vous dire que si vous avez gagné votre argent, ceux qui vous emploient n'y ont pas fait leur affaire- Il y avait cent rouges dans la paroisse avant votre discours et il en reste à présent deux fois cinquante.Le ministre.— Oui.oui tous ces bavas -sements aux portes d'églises sont inutiles ; ça ne change rien et' c'est pour ça que je mène les affaires sans m'occupe!-du qu'en dirai on.J'ai refusé l'appel au peuple et j'ai eu raison.Bonsens.—Permettez-moi, monsieur le ministre, défaire observer que si vous menez dans le pays quelques petites affaires sans conséquence, si vous distribuez les nominations de jugés de paix, les titrés de conseils de la reine dont la robe de soie traîné bêlas aujourd'hui dans la boue, vous avez peu de part réelle dans les grandes affaires, et que vous-même vous êtes plus pousse que vous ne poussez les autres.Ainsi, dans la ques-tiomilu, siège du gouvernement vous n'avez été qu'un pantin agile entre les mains d'un gouverneur têtu, spéculateur, et-rusé.*Vous ne pouviezpoiut désj-rer voir la capitale du pays donnée au Haut-Canada que vous prétendez morigéner ; vous ne pouviez désirer-ravir cet honnéurà la ville qui vous délègue son mandat et dont vous deviez défendre les intérêts, et pourtant pour, obéir à Votre supérieur,- pour conserver le pouvoir vous avez donné le siège du C .'ouvern-micnl à Ottawa, choix dont fout Je monde sa plaint cf que - vous m'avez, pu justifier que par une mauvaise chanson qui a peu de rime et pas de.rareftn.Le, ministre,—Vous avez beau dire-monsieur Bonsens, je mène les affaires et les mènerai long-tems.Bonsens.—Oui, peut-être, si vous continuez à faire co que veulent vos maîtres etsi le peuple continue à fermer les yeux sur ses droits et ses intérêts, ce qui n'est pas impossible tant qu'il ne lira presque pas.Je-vous le répète, je vous reconnais des qnalitôson assez grand nombre mais cela me fait regretter d'autaiH'plus de ne pas vous les voir mettre à notre service au lieu de les laisser manipuler par de grandes gens qui se caHientderriere votre jactance.Ce sont les banquiers de Londres qui mènent notre caisse ct'Cni-1 Binent notre dette.Vous ne vous mêlez ' oint du tarif, des taxes, de notre crédit, '.'est le Grand Tronc qui fait une partie de vos élections pareeque vous lui laissez faire son magot et votre ministre des finances rit bien avec les directeurs de celle compagnie, lorsqu'il énumère avec eux tout ce qu'on obtient de vous pour si peu.C'est le gouvernement militaire qui mène notre milice, qui vous dicte des fortifications pour faire autant de sinécures pour ses officiers supérieurs et qui ne vous montre de la tactique guer-rère que i'art d'emboiter fidèlement le pas.Quel intérêt national pouvez-vous avoir à établir une armée permanente quand vous savez qu'elle serait impopulaire inutile et coûteuse ?C'est pareeque ceux qui vous confient le pouvoir la veulent.Le ministre.—Tous les grands pays ont une armée.Bonsens.—Tous les pays libres et qui veulent le demeurer ont une milice mais non pas d'année.Tenez, essayez avant de vous aventnrer dans une pareille extravagance de mettre la question devant le peuple d'une manière intelligible pour lui.Le ministre.—Comment cela î Bonsens.— Annoncez que vous allez proposer une loi pour la défense du pays, et que .chaque localité qui voudra fournir des soldats ponr l'armée canadienne paiera1 la moitic de leurs dépenses par le moyen d'une taxte directe.\'mis ¦ errez truie lè -nombre des troupes j que vous aurez à commander ne sera pas no bien considerable.Le Ministre—Oh ! je crois bien, notre, peuple ne veut à aucun prix des taxes directes.Bonsens.— Vous calomniez vos compatriotes, monsieur le ministre, ou vous montrez i>cu de véritable patriotisme.Ne taxez-vous pas directement le peuple pour ses écoles ?et pourtant s'il est une Chose qu'il faudrait bu faire aimer, lui faire désirer, lui donner gratuitemen' n'est-ce bas l'instruction élémentaire indispensable dans le temps où nous vivons au milieu des populations qui nous entourent ?Avouez, monsieur le ministre qui quelques millions consacrés chaque année à payer de bons maîtres d'écoles, de bons livres, des plumes, de l'encre et du papier pour les enfants de nos campagnes ; à établir des fermes modèles, a répandre des modèles d'instruments d'agriculture perfectionnés, à payer la pension dans les collèges des plus intelligents parmi les pauvres, avouez que ces millions feraient plus pour île bien du pays que ceux que vous voulez dépenser à nous procurer d'inutiles soldats./,'¦ minitre.—Oh! tout ce qv.e vous dites-la ce sont des.rêves de rouges et d'une réalisation impossible- \ Bonsens.—Le moyen de ne jamais faire une bonne chose, c'est dé la déclarer impossible.Croyez-moi, monsieur lonri-listre, si vous vous mettiez de bon cofur à l'ouvrage pour un objet pareil,si vous abandonniez vous même votre rêve de soldats rouges pour cherchera retenir • - «-i„: j„„ qu'il po riez; et, si ceux que vous appelez rouges refusaient de vous aider en pareilleœu-vre.je les déclarerais bleus, vei-ts,jaunes ou de toute autre couleur qu'il vous plaira.dy choisir pour désigner des gens qui ne veulent pas contribuerai! bien public.Quenoc.lie.—lÀ\ .vous avez qu'à voir! Voyons monsieur le ministre avouez que < ¦ que vient de nous dire Qotre vieil ami a bien du bon sens.AmlrorM.—II rie semble" à moi qu'il n'y a paade réplique.C'csi v-ai,c'est jus t , c'est simple comme bonjour et.uunguiUc.—L'n moment; un moment, no tre ministre n'est pas assez fou, jel'es-pè re pour aller adopter ansi une pareille politique que tout le inonde raison- nable approuverait.Que deviendrions-nous, grand dieu ! nous autres parleurs et criailleurs qui défendons le gouvernement et qui prouvons clair ccmme le jour et papiers en mains que tous ceux qui l'attaquent sont des scélérats dignes de la corde et du feu '! Mais il n'y aurait plus de bonnes places pour nous récompenser.Les bureaux publics seraien' remplis d'hommes honnêtes et capables ! C'est à faire horreur ! Nous crèverions de faim.Mais je în'alanne sans raison.Il n'y a pas de danger qu'on voie jamais pareille perturbation du monde politique.Tant que la politique sera politique il y aura des ambitieux.Tant qu'il y aura des ambitieux il y aura des rusés qui les exploiteront.Tant qu'il y aura des exploitatenrs ils penseront qu'il vaut mieux tenir le peuple dans l'ignorance et l'amuser en lui donnant force revues de soldats que de 1 instruire de lui apprendre à voir clair dans ses affaires.- Tant que nous aurons des agents de compagnies rie chemins de fer, des banquiers les mains pleines et à bourses béantes qui tiendront à leur gré le sort de notre pays par le sort de nos ambitieux, il y aura plus de profit à défendre les gros et les forts qui n'ont pas trop de scrupules, qu'à se morfondre avec les justes.Ceinture dorée vaut mieux île nos jours que bonne renommée.Fclrus.—Boingre de Languill.e va.Si l'ai jamais une mauvaise cause je vous la donnerai.Mais ne me demandez jamais ma voix pour vous envoyer eu parlement, car je ne vous la promets point.Nousenavons trop vu de gentils jaseurs comme vous qui ne vont a la cîiambn que pour se caser sur le banc de la justice et qui après cela se rient de notre simplicité.Languille.—-Mais qui donc voulez-vons avoir pour vous bien représenter?Un cultivateur?Mais vous savez bien qa \ < fera triste mine au milieu dune bande de roués qui ne songent qu'à l'cntorlillei et qui lui prouvent facjle-nierit.qu ui.chat est un chien et qu'un voleur pubbj, lient Etre, au l'on i, un fort honnête et digne homme.Cela s'est vu.Voulez vous avoir un marchand ?Parcequ'il a lait' sa fortune allez-vous tin instant imaginer qu'il va faire la votreîBrreur mon ami.L'homme qui s'enrichit dans ce monde n'augmente guère sa fortune qu'en di 111 miituaut le plussouvent celle usa autres.Et tenez, un marchand est si désireux do vendre qu'à défaut,d'autres, marchandises il vous vendra et lui-même par dessus le marché.Defiez-vous du mar-, chand.Tenez on a vu un gros commerçant.de grains l'aire grand bruit, mener presque les affaires, pousser au parlement plus d'un indigue, c'était un grand-homme.Il a eu des malheurs, il est presque ruiné ; chacun lui jette la pierre et se félicite de ce qu'il n'ait pas eu plus d'importance dans nos affaires.Ceux même qui ont le plus puisé dans sa hour se ne lui donneraient pas aujourd'hui 'e plus chétif vota : Foin des marchands et' •des marchands de foin disent-ils en parlant de lui.Et pourtant c'est aujourd'hui le même homme qu'an tems de son opulence.Jérémie.—Vous croyez donc qu'il n'y a qu'un avocat qui nous convienne '?Lanffitille.—Si je me présentais je vous répondrais cerlainemcnt.qu'oui.Mais comme je viens ici pour appuyer la candidature d'un seigneur je commencerai par vous l'appeler ce beau dicton de nos excellenls et respectables ancêtresà tout seigneur tout honneur.Or celui que je vous recommande possède des titres nombreux à votre confiance et.Jean Claude.—Arrêtez donc, monsieur Languille, vous nous avez déjà dit et répété cela pendant plus d'une heure et j'ai assez souffert, avec le soleil en plein visage que j'en suis encore tout éba-rohï.Je n'en veux pas de votre seigneur : il m'a assez fait suer, sans compter la sueur que ses prédécesseurs nous ont arrachée déjà.—Et puis d'ailleurs il quitte son ancien parti où on le respectait pour en prendre un autre qui ne l'aimait pas.Ça ne sent rien de bon.Les girouettes sont bonnes à leur place, mais ne valentrien ailleurs.On en met au bout des clochers mais jamais à l'autel.Il peut-être s'il veut le coq de- sa paroisse mais il ne sera pas .notre représentant, au moins pas de mon consentement.• Languille.—Allons, allons, je vois qu'on vous perd et que vous avez des idées subversives comme dit avec raisons votre savantassc docteur Boudin.Mais enfin dans,quelle classe préteudez-vons-qu'il faille aller chercher des députés, car vous, me paraissez difficiles, mes bra?ves amis Andrqçhiir*Jetais bien ce ^ qu'il hofe ; faut mais je ne sais pas .irop comment vous expliquer cela.li me swicie que.Bonsens.pourrait dire la chose, mieux que moi.Il peut se 'tromper mais au moins il ne nous trompe jamais.Bonsens.—Le choix d'un bon représentant n'est pas chose facile, il en est tant qui ont joué leu1 s meilleurs aniis.Mais croyez-moi ce n'est pas la classe ou la profession à laquelle un homme appartient qui doit le, faire préférer ou qui le rend plus ou mefins digne de confiance.Il est dans toutes les positions de la société des gens honnêtes, instruits, intelligents.Et si un homme a négligé les intérêts de sa fortune pour étudier peut-être les grandes questions qui peuvent décider du bonheur des autres, il peut mériter plus de confiance que celui qui, mettant l'argent au-dessus de tout, a pu en acquérir plus eu moins, chose plus facile qu'on ne croit pour ceux qui ne songent pas à autre chose.La -richesse serait certainement une garantie d'indépendance si l'on ne voyait pas fréquemment ceux* qui la possèdent commettre plus de bassesses pour l'augmenter que d'autres n'auraient jamais fait pour se procurer le nécessaire.Croyez-moi : il faut dans un parlement des hommes de toutes les classes pareeque tous les intérêts y sont on jeu.Il s'y élève tous les jours des questions qui demandent les connaissances d'un cultivateur, d'un manufacturier, d'un marchand, d'un banquier, d'un avocat, d'un notaire, d'un médecin, d'un philosophe, d'un militaire.Mais quoiqu'un notaire puisse être utile dans la législature je ne voudrais pas m'y faire représenter par un homme de cette profession qui aurait fait preuve de son intelligence et de l'adresse de sa plume en falsifiant, des comptes publics et en obtenant du gouvernement de l'argent sous de faux prétextes.Je ne voudrais pas d'un avocat qui profitant de-sa position de député pour faire passer une loi qui as9urraità jamaisà un client ou à un parent des propriétés considérables, acquises par la fraude, le dol ou la! violence.Je ne -voudrais pas d'un agriculteur qui ne se servirait de sô.rustique et vertueuse apparence que pour soutirer de l'argent de ses amis ou, s'il le pouvait, bien plus encore 'du coffre publi-c ;jene voudrais pas d'un médecin qui voudrait wéérdes charges d'inspecteurs po+ir'Se-caser ; je ne voudrais pas d'un banquier qui voudrait indiquer ¦ 'à ¦la'province le-moyéW le pins facile de 112 i endetter inutilement ; je - jie .voudrais f«ns ûvM îJanul'act'irier imi ne voudrai) que des droiUji.protecii.-urs pour sou industrie, ni d'iinynarchand qui prêche-i ait au dessus do'tout et s:,ns discernc-liient la liberl • du commerce : je ne von drais pas d'un militaire qui no Trait sien de be.iu,de bonjd*çrMle dans uu pays
de

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