Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Les Veillées du Père Bonsens
Éditeur :
  • Montréal :N. Aubin,[ca 1865]-
Contenu spécifique :
No 8
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

Les Veillées du Père Bonsens, 1873, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
¦ LES VEILLÉES DU PÈRE BONSENS Seconde Série.JOURNAL HEBDOMADAIRE.No.8.ANNONCES.Les Veillées du Pire Bonsens se Tendent 3 cents par livraison.Los personnes de la campagne ou de la ville qui désireraient recevoir cette publication à domicile pourront adresser à l'éditeur propriétaire, N.Aubin tiroir No.36, bureau de poste, ou au No.87 rue 8t.Jacques, Montréal, une somme quelconque et il leur sera adressé des livraisons jusqu'à oc que le montant ait été épuisé.L'envoi équivaudra à un reçu.A la ville, le journal est à vendre dans tous les dépôts et par Les porteurs de journaux.Tente en gros au No.87, rue St.Jacques.AUX INVENTEURS, On se charge à ce bureau de tout ce qui a rapport à la demande de brevets pour le Canada et les Etats-Unis.On prépare les spécifications, dessins, modèles, etc, et négocie la vente d'inventions ici ou à l'étranger.S'adresser par lettre ou personnellement à N.Aubin, 409 rue Craig.QUATRIEME ENTRETIEN.Novembre 1373.(Suite et fin.) Où Mademoiselle Jacqueline veut ouvrir son cœur.—Confession interrompue.— Une lettre qui cause une vive sensation avant sa lecture.—Ottawa, ses rues, ses cataractes, ses palais.—Les intrigues qui s'y trament.—Spectacle sublime et scènes révoltantes.— Chaos.— Chute d'un ange et d'un démon.—Dénouement.—Grincements de dents et réjouissances.Bonsens lisant : — Il était dans les " bureaux ministériels, un homme qui, " flairant cette entreprise encore dans les " limbes, avait pria son vol, des îles loin-" taines où 'ses méfaits l'avaient relégué, " vers le Canada, son ancienne patrie " adoptive, sur laquelle il vint s'abattre de " nouveau.Sire Francis llineka avait " compris que des capitalistes de la répu-" blique voisine, qui avaient fait leur école M sur un autre ohemin conduisant au Pa- " cifique, pourraient bien être tentés d'es-" sayer encore leur savoir faire avec nous." Il était impossible de traiter l'affaire di-" rectement.Il s'adressa à sire Allan." Entre quatre Sires de la force de sire " John, de sire George, de sire Hugh et de li Sire Francis il était facile de s'entendre." Ce quadrille de chevaliers convint del con " ditions et l'affaire s'arrangea.Les mi-" nistres avaient besoin d'argent, sire " Allan voulait un contrat.On ne s'oc-" cupa guère d'où il tirerait l'argent " pourvu qu'on mît la main dessus.Sire " Allan paya, sire Allan eut le contrat." La chose était simple comme bonjour.Bistouri.—Oui, il me semble qu'il l'était pas si difficile de débrouiller cette coupable transaction.Il n'était pas besoin de comités, de commissions, de prorogations et de toute cette fantasmagorie parlementaire, pour mettre la main sur les coupables.Muscade.—Arrêtez un peu.S'il s'agissait d'un simple commis oui aurait hypothéqué, chez un usurier, des marchandises appartenant à son patron, on l'enverrait de but en blanc au pénitentier et ce serait juste.Mais, avec des gros sires, avec des ministres, fichtre ! il faut des formes.On ne peut pas leur mettre la main sur le collet et les mener en prison.Y a des imites I Quenoche.—Il peut y avoir des imites tant que vous voudrez ; mais, satanchien, comme dit monsieur Grosmont, ça ne me paraît pas juste.Languille.—T'as qu'à voir.Quenoche.—Monsieur l'avocat, je ne m'adresse pas à vous pour savoir ee qui est juste ou ce qui ne l'est pas, attendu que jo n'ai pas d'argent à vous donner pour ça.Bonsens, reprenant sa lecture: — "Je " t'assure, non ehor ami, que le discours " de monsieur Blake me fit oublier let " petits mécomptes éprouvés dans les pre-» niera moments de mon séjour à Ottawa; 58 " la perte de tempi et d'argent occasionné " par ce voyage ; le profond dégoût que " m'inspira d'abord la vue de représen-" tauts du peuple, dont un si grand nombre, " m'assurait-on, avaient payé les votes qui u les avaient placés au parlement, et qui " étaient prêts à revendre le leur, avec " profit bien entendu ; brocantant ainsi sur fi un droit sacré, sur l'un des plus grands 11 honneurs que le pays puisse accorder à " ceux qu'il aime, comme le fripier le fait " sur la défroque la plus avariée.Avant " les nobles paroles de l'orateur, je me " sentais chétif, honteux, ravalé.Je me " disais : Est-ce donc pour en arriver là, " que nous avons jadis entrepris des luttes " si longues, si décourageantes, parfois.i( Est-ce donc pour nous assurer une forme " de gouvernement qui ne s'appuie que sur " la dégradation publique, sur les vices " particuliers, que nous avons subi la cap-11 tivité, la mort et l'exil, pire encore ?" Mais, mon vieil ami, les accents si pro-" fondement honnêtes, si fièrement patrioti-" ques de monsieur Blake, répandirent sur " mon cœur affligé le baume vivifiant delà " réhabilitation, et dans uu moment d'irré-" risistible enthousiasme, sans songer à u l'endroit où je me trouvais, et levant au-" dessus de ma vieille tête, ma canne et !{ mon chapeau, je m'écriai : Merci grand '! Dieu ! l'on peut encore être fier d'être " Canadien I Mais cet élan ne fut pas par-" tagé par un de mes voisins, qui me tira " violemment sur mou siège en me disant: (i Asseyez-vous, vieux sot; le brigand qui " parle va me faire perdre un contrat de " ciuq cent mille piastres.Quenoche.—Vous avez qu'à voir I Ah ! si j'avais été là, je vous Paurais-t-y applati, acrapouti, le maudit.Muscade.—Un moment, Quenoche ; tu n'es pas raisonnable et tu te serais fait jeter à la porte comme une valetaille ; et ce n'aurait été que juste.Après tout, cet homme là me fait de la peine.Pensez-y donc ! Voilà un homme qui a travaillé à son affaire on ne sait depuis quand ; qui l'a mitonnée de mille façons ; qui a cassé dix bords de chapeaux à saluer les ministres et les amis intimes ; qui a passé des heures et des heures à les attendre à la porte de leur bureau, tandis qu'ils y dormaient peut-être ; qui a couru les campagnes par tous los temps et par des chemins abominables ; qui s'est enrhumé pour trouver les électeurs; qui s'est enroué pour leur apprendre où est le bon bprd i qui a dé- pensé pour tout ça de beaux écus et glissé des rouleaux dans la poche de bien des vils gros messieurs qui se croient plus que lui, et de gazettiers qui rient de sa tournure en se gobergeant à même ses piastres ! Et vous voulez qu'il écoute sans grincer des dents, un bel avooat qui débite, en se pavanant, de belles paroles qui ne lui coûtent pas une cope et bûche ses espérances, démanche un beau contrat qui n'a plus besoin que d'une pauvre signature pour assurer sa fortune ?A la fin, y a des imites.Et il me semble, qu'à sa place, je n'aurais pas pu voir sans crève-cœur, l'extravagante joie de l'ami de monsieur Bonsens qui s'en va comme ça, par simple curiosité, suivre les débats parlementaires, sans y avoir seulement une mauvaise épingle au jeu.Je puis vous en parler savamment, moi qui ai gagé quatre louis, un casque, cinq gallons de Jamaïque et une selle neuve que le ministère aurait la majorité.De Grosmont.—Permettez moi, monsieur Muscade, de vous dire que je ne partage pas tout-à-fait vos sentiments quoique je me les aplique néamoins vu qu'ils me semblent résumer si bien la polique ainsi qu'on la fait aujourd'hui.Mais avouez aussi que nous autres, pauvres vieilles ruines des temps passés, nous pouvons ressentir quelques éclats de bonheur alors que paraissent quelques signes de retour vers les beaux jours de la vertu publique.Songez donc que pendant de longues années nous avons combattu, sans le moindre espoir d'avantages personnels,[pour sauvegarder l'héritage de nos ancêtres en ne réclamant comme garantie que des libertés modelées sur celles des autres sujets de l'empire avec lesquels le sort avait uni nos destinées.Nous avions, au prix des plus grands sacrifices, atteint notre but ou, du moins, cru l'atteindre lorsque des hommes d'une école nouvelle, celle du succès à tout prix, de l'avancement personnel et du sensualisme, vinrent tout remettre en question et, pour garder un pouvoir acquis sous la bannière du patriotisme, transformèrent le science politique en simple agiotage.Nous avons vu les populations trompées, par ceux qui les eussent dû protéger, pressurées, apprauvries, maintenues comme à dessein dans une ignorance fatale ; nous avons vu multiplier d'inutiles mais coûteux honorables, grassement payés pour représenter la richesse: des traîneui • de sabre, faire bombance et les maîtres d'école mourir de faim.Nous avons vu nos cultivateurs, 59 jadis dans une modeste aisance, fuir à l'étranger la terre paternelle qui ne leur suffisait plus.Peu-à-peu le gouvernement et une majorité de la législature ne se recruteront plus que parmi les hommes pour qui l'argent était le seul but de la vie.Enfin le mal avait tellement envahi notre monde politique que les ministres se crurent tout permis et trafiquèrent presqu'ouverte-ment des intérêts publics, comptant sur une majorité aussi corrompue qu'eux-mêmes.Et vous êtes surpris que quand, après de si longues années de déboires, de souffrances morales, nous voyous un homme pur et courageux sonner l'alarme, faire appel aux honnêtes gens et proclamer la déchéance dqs corrupteurs et de ceux qui ont si longtemps pillé notre peuple, déshonorer notre patrie, nous ne puissions comprimer notre joie ?Satanchien, monsieur Muscade, vous exigez trop de notre pauvre nature humaine.Muscade.—Excusez-moi, monsieur Grosmont.C'est sans mauvaise intention je vous assure, et je conviens que, pour vous comme pour nous, y a des imites.Vous êtes, voyez-vous, du bon vieux temps dont j'ai entendu parler par mon père oà la conscience menait encore le monde ; où l'on vivotait doucement avec la satisfaction d'.avoir fait son devoir ; où l'on s'habillait fièrement d'étoffe du pays, par patriotisme ; où la tuque et le capuchon suffisaient pour garantir de la neige ; où nos filles se tortillaient aussi coquettement dans l'étroit jupon de droguet.Mais tout ça est changé.Est-ce pour le pire, est-ce pour le mieux ?Ma foi je n'en sais rien, mais ça fait marcher le commerce.S'il y en a qui se ruinent c'est qu'ils ne s'arrêtent pas à temps et ne pensent pas qu'y a des imites.Pour moi je ne comprends pas comment on peut vivre sans ses trois ou quatre repas, bien arrosés comme de juste ; sans de bons surtouts de drap fin et le reste à l'avenant ; sans un bon trotteur qui mange la route et fasse crever de jalousie ceux qu'il laisse derrière lui; sans quelques piastres sonnantes pour traiter les amis.Voilà comme j'entends la vie et fouette garçon I Ma foi, si on ne peut pas se procurer ces indispensables agrément, par nn héritage paternel ou maternel, par des petites spéculations heureuses, ma foi je ne vois pas grand mal à bouchonner, à étriller, à frotter, à peinturer même un peu le cheval qu'on veux vendre; tant pire pour ceux qui ne l'essaient pas ; à travailler aux élections de gens qui ont les poches remplies plutôt que pour des hommes de rien ; à recevoir, en dédommagement,des pensions pour guetter le poisson ou le gibier ; des contracts, pour dos ponts, pour des chemins de colonisation ou autres frimes.On ne peut pas toujours s'échiner pour les autres sans rien retirer.Y a des imites.Languille.—Oui et il faudrait en mettre à vos paroles,, mon gros muscade- Vous me volez les théories que je n'ai pas encore pu mettre en pratique et de plus vous empêchez monsieur Bonsens de finir sa lettre.Bonsens.lisant :—" U ne m'est pas possible, nion vieil ami, de te redire avec " quel art profond monsieur Blake fit la " revue de toutes les pièces de ce terrible " procès.Comment il fit concorder les " lettres de sire Allan avec les telegram-" mes des ministres.Comment il recons-" truisit les documents qui n'ont pas encore " vu le jour au moyen de ceux dont lès " ministres n'osent ou ne peuvent nier '* l'authenticité.Comment enfin, du mi-" lieu des dénégations contradictoires, du " dédale de parjures et de déclarations " éhontées, il fit resplendir la vérité des ac-" cusations portées par monsieur Ilunting-" ton si violemment assailli, si grièvement " insulté par le ministre coupable.Mais " ce qui me ravit dans ee mémorable dis* " cours, plus encore que la découverte des " hontes qui rejaillissent malheureusement " plus ou moins sur nous tous, ce fut la " manière, pleine de noblesse et d'un esprit " national qu'on eût pu croire éteint, avec " laquelle il traita les questions constitu-" tionnelles dont la sale affaire du Pacifi-" que s'est compliquée.Loin de ployer " servilement ainsi qu'on a l'habitude dele '* faire, devant toutes les décisions qu'on " invoque, comme règles infaillibles, uni-" quement parce qu'elles viennent de l'au-" tre côté de l'Océan, il revendiqua pour " nous la faculté de juger de ce qui nous " intéresse et d'en décider sans en appeler " éternelloment à la sagesse ou à l'autorité " impériales.Boudin.—Oh ! je vois ce que c'est que ce monsieur Blake dont je n'ai pas encore, que je sache, entendu parler.C'est un de ces démagogues sans princi-principes ; un de ces révolutionnaires ambitieux et féroces qui oroient que la facilité du langage leur permet tout et qui ne savent s'ouvrir une carrière qu'à travers les débris des trônes séculaires et de la suave puissance des monarques légitimes, .! i; > .1 ' î qqa'n 1.1 60 Je vous demande s'il n'est pas de la dernière audace, pour nous humbles colons, de vouloir conduire nos affaires sans prendre pour guides uniques les précédents et les décisions des parlements et des hommes d'état de la mère patrie.De Grosmont.—Au diable les précédents, monsieur le docteur.Ils pouvaient avoir leur sagesse dans un autre pays et à une autre époque, mais ils ne s'appliquent pas toujours à nos besoins ou à nos idées.Tenez, cela me rappelle une petite scène qui trouve bien sa place ici et dont j'aurais tort de laisser mourir le souvenir avec moi, qui seul, peut-être, l'ai recuillie.Elle peint à merveille l'esprit et le caractère d'un homme qui peut jouer un jour dans notre politique un rôle important et qui, dans tous les cas, a fourni déjà des preuves notables d'énergie, de persévérance et de patriotisme.C'était dans l'un des premiers parlements, sous le régime de l'union des deux provinces du Haut et du Bas Canada.Un jeune représentant d'un des contés du distriot de Québec venait d'être élu.Son nom n'avait pas encore fait grand bruit en dehors du cercle de ses propres électeurs.Monsieur Baldwin était premier ministre.C'était un homme probe, sérieux consciencieux, fervent admirateur des coutumes parlementaires de la grande Bretagne.Le jeune député, peu brisé encore aux formes, parfois embarrassantes, de la procédure constitutionnelle, se hasarda bravement à faire une proposition qui touchait à une mesure administrative, mais dont j'ai oublié la nature exacte.Le ministre se leva pour faire observer qu'aucun précédent ne justifiait une pareille mesure.— 11 Ehl bien, s'écria le hardi représentant." s'il n'y a pas de précédents, nous en " ferons I " à ces paroles audacieuses, mais qui respiraient un fier esprit d'innovation et de justice le brave ministre retomba sur son siège comme frappé d'un coup de foudre, punition d'un blasphème I Quant à moi le mot avait chatouillé ma fibre patriotique et il demeura gravé dans ma mémoire.Quenoche.—Vous avez qu'à voirl En effet, ee n'était pas mal dit, et c'est justement ce que j'aurais répondu moi-même, si on m'avait donné le temps d'y réfléchir.Mais, je voudrais bien connaître le nom de ee membre.J'espère que o'est un Canadien-français, au moins; un de nés gens.L'auriez-vous oublié par hasard ?De Grosmont.—Non pas, Satanchien I Il s'appelle Letellier, Francois.— Hourra pour lui 1 C'est comme ça qu'il nous faudrait des ministres.Boudin.—Dieu nous en préserve 1 Un effronté qui ose se moquer de la vénérable constitution anglaise, et qui porte le nom d'un des plus enragés auteurs de la révolution française.Il faut que j'en écrive à ma gazette, que je proteste hautement.Languille.—Ehl monsieur le docteur, apaisez-vous.Les noms n'ont guère de rapport avec ceux qui les portent, et l'on a mis récemment dans notre Sénat, un homme qui, je vous assure, n'a rien de l'emblème, de l'attrait, de la pureté, de la beauté, ni du parfum d'une belle rose.Continuez, je vous prie, papa Bonsens.Bonsens, reprenant sa lettre:—"Je " n'entreprendrai pas de te décrire la phy-" sionomie qu'avait la chambre lorsque " monsieur Blake termina son discours." Il était trois heures du matin, et les " représentants étaient encore tous 4 leurs " sièges.Les galeries, même celles qu'oc-" cupaient les dames, étaient encombrées, " et une foule impatiente remplissait jus-" qu'aux passages extérieurs.Les repré-" sentants du côté ministériel étaient mor-" nés.Ils avaient depuis longtemps oublié " leurs interruptions et leurs cris ironiques." La stupeur avait remplacé leur ancienne " arrogance.Ils faisaient vraiment pitié." Il m'est impossible, mon vieil ami, de te " donner la plus faible idée de l'effet pro-" duit par l'orateur, mais tu comprendras " quelle explosion d'enthousiasme accueillit " ses dernières paroles que je te citerai de " mémoire, mais dont la traduction ne " saurait avoir la solennelle gravité :—La " nuit est fort avancée, dit-il, en reoueil-" lant les notes dont il s'était servi ; déjà " apparaissent les premières lueurs du jour." J'espère que le vote qui va être donné " dans cette occasion, lésera conformément " à ces principes de morale publique que " chacun appliquerait dans ses affaires pri-" vées entre lui et son yoisin.Ne nous " laissons pas [tromper par cette absurde " distinction, qui consiste à croire qu'il y a " une différence entre la morale publique " et la morale privée ; ne nous laissons pas " induire en erreur par cette ridicule théo-" rie, qui consiste à dire que tout ce qui " est fait en secret, fût-ce un crime, doit " demeurer sous silence et qu'il est honteux " de le faire connaître." Que nos actes soient faits au grand " jour, et comme la honte existe, comme " elle a été découverte d'une manière irré- 01 " futable, puisqu'elle a été avouée, infli-" geons aux coupables, par notre vote,— " malgré le regret que nous pouvons éprou-" ver,—le juste châtiment qu'ils méritent." Ici un grand bruit se fit entendre à la porte de la chambre où les femmes étaient renfermées.On eût pu croire à une émeute grave à une rixe dangereuse si des éclats de rire féminins n'eussent eu leur bonne part danf le vacarme.Notre ami Quenoche, qui avait, comme l'on sait, tourné la olef, se leva quelque peu inquiet des résultats de la mesure arbitraire qu'il avait prise, et alla libérer sa joviale moitié ot ses joyeuses amies.A peine la porte fut-elle ouverte qu'un ramassis tumultueux de têtes et de mains parurent à l'embrasure.Toyons Quenoche, mon écervelé, donne nous de la lumière.—Nous n'avons plus de thé,';lajchandélie est inorte.-Il est passé dix-heures ; temps de se retirer.—Moi qui vais à la ville domain au petit jour .-Mes enfants qui doivent crier.—Et dire qu'après avoir attendu si longtemps on n'en est pas plus avancé.—Nous viendrons demain entendre le reste.—Allons bon soir, bonne nuit, dormez bien.—Ne faites pas de man vais rêves.—Monsieur Languille vous qui êtes poli mettez-moi mon châle ; mon mari ne pense plus à ça.—Eh t Muscade, ne serrez pas ma claude si fort, vous m'étouffez I Si vous n'avez pas de retirance venez à la maison.—Docteur n'oubliez pas de venir demain.Grand'mère a son gros rhume qui m'inquiète.Faut-il continuez la graine de lin ?Ein ?Les pieds dans l'eau chaude, ein ?Toujours la même histoire, ein ?C'est bon ; mais pourtant faudrait autre chose pour ohanger ; car il me semble qu'elle est pire.Ah I c'est le froid ein ?Oui c'est ça, quand y a du mieux c'est le docteur, quand y a du pire c'est le temps.Bonsoir, bonsoir monsieur Bonsens, mam-zelle Jacqueline .toute la oompagnio .sans vous oublier monsieur Grosmont.Puis au milieu de ces salutations cent fois répétées la troupe se dispersa et la vieille demeure de notre ami rentra bientôt dans le silence et l'obscurité.CINQUIEME-ENTRETIEN.Novembre 1873.Oà mademoiselle Jacqueline recommence ta confession.—Souvenirs d'enfance.— Jeux innocents.—Catastrophe et inter-rapt ion.-Savante dissertation médicale.-* Suite de la lettre d!Otta%va.—Grand combat verbal entre Languille et Muscade.— Quenoche est pris pour juge et ne sait que décider.—Il prend Vaffaire en délibéré et s'en tire par un proverbe.—Choses et autres qui remplissent la veillée.Il ne fait plus grand jour ; mais la nuit n'est pas encore arrivée.On est à cette partie de la journée que nos habitants appellent : Entre chien et loup.C'est-à-dire l'heure indécise où ces deux quadrupèdes font sans doute, en leur esprit, leurs préparatifs, l'un de vigilance,l'autre de maraude.Monsieur de Grosmont est près du poêle.A l'aide d'un chiffon qu'il fait chauffer au soupirail il couvre ses bottes d'un enduit de suif et de cire.Pour se distraire de cette occupation manuelle il chantonne d'une voix un peu chevrottante des fragments d'airs formant une de ces singulières cacophonies mises en vogue aujourd'hui, sous le titre qui n'est guère attrayant de pot pourri, par certains pianistes qui suppléent à l'imagination musicale, souvent en défaut, par une gymnastique vertigineuse à la portée de tous les persévérants doués de doigts vigoureux.Monsieur de Grosmont, qui n'a pas de prétentions et ne se doute point qu'il suit la dernière mode artistique, se chante donc à lui même une série de refrains où l'on distingue vaguement tour-à-tour : Ah ! ah! Cécilia.Trois filles d'un prince sont couché à Saint Malo beau port de mer.Vole mon cœur.en roulant ma boule.allons enfants de la patrie.il y a longtemps que je t'aime.mon bras si dodu, ma jambe bien faite et cœtera.Mademoiselle Jacqueline est près de la fenêtre ; elle jette un regard pensif dans l'espace aux teintes grisâtres qui s'assombrissent insensiblement.Son ouvrage est tombé sur ses genoux ; une larme furtive vacille à sa paupière ; elle l'essuie, puis semble tout-à-coup prendre une résolution.Jacqueline.—Monsieur de Grosmont ?De Grosmont.—Mademoiselle ! Pardon ; je vous dérange peut-être par mes incohérentes rapsodies.Vieille habitude, voyez-vous.C'est, sans y penser.Aurais-je par hazard fredonné quelques grivoises réminiscences de jeunesse ?hélas, o'est tout ce qui nous reste de joie d'un passé qu'on rappelle en vain.Vous aurais-je offensée ?J'en serais au désespoir, mademoiselle.Jacqueline.—Oh ! pas du tout, monsieur.mon idée était bien loin, d'ailleurs.Vous vous souvenez sans doute que j'avais 62 malgré moi, pour ainsi dire, commencé, l'autre jour, une confidence qui fut interrompue par l'arrivée de plusieurs de nos voisins.Je vous dois, je me dois surtout à moi-même, de l'achever afin d'éviter des suppositions injustes.Je l'aurais fait plus tôt si l'occasion s'en était présentée.Ce soir, si vous n'y avez pas d'objection, jo vais compléter cette triste confession.J'en aurai le temps, je pense, avant l'arrivée de mon frère.C'est dans cette intention peut-être que je vous ai fait souper de meilleure heure que d'habitude.De Grosmont se lève de terre où il était assis, suspend ses bottes au dossier d'une chaise qu'il approche du poêle et sur laquelle il se place à califourchon—Made moiselle Jacqueline, je vous écoute et vous prête l'attention la plus respectueuse.Jacqueline,—Comme vous le savez sans doute par mon frère, mon père était jadis un des cultivateurs les plus aisés de notre paroisse.Il avait deux enfants et trois filles.Mes deux sœurs moururent jeunes et l'un des garçons, l'aîné qui aidait déjà notre père dans ses travaux, périt écrasé par un arbre qu'il abattait.Ma mère ne lui survécut que de quelques semaines.Il ne, reste plus, hélas ! de toute la famille que mon bon frère Bonsens qui, par dévouement pour moi, du moins je le suppose sans qu'il me l'ait jamais dit, est demeuré seul, et moi qui, pour la raison que je vais vous confier, restai avec lui dans la maison paternelle que j'ai de mon mieux maintenue dans l'ordre où je l'ai toujours vue.C'est ma seule occupation, ma consolation, ma gloire.Je sais qu'on se moque un peu de moi pour cela.Mais je n'entreprends pas de plaire aux envieuses et l'on en dirait davantage si je venais à négliger mon ménage.J'en reviens à mon suJGt.Mon père n'ayant plus que moi de fille voulut me faire donner autant d'éducation qu'on pouvait s'en procurer en ce temps dans nos modestes, mais alors plus heureuses campagnes.U me mit au couvent à demi pension et je m'y rendais tous les jours.Il n'y avait pas très-loin, comme vous pouvez voir; je faisais le tajet à pied quand il faisait beau, en eharette ou en traine selon la saison lorsque les chemins étaient mauvais.Je n'étais pas laide alors et la bonne religieuse notre maitresse m'appelait sa petite rougeaude.Cela faisait enrager les autres petites filles qui m'appelaient la grosse rousse parceque j'était grassette et que j'avais quelques unes de ces taches que le grand air et le soleil ne jettent que sur les peaux blanches et fines.J'ai dit bien des prières, employé bien des onguents et des recettes de toutes sortes pour faire passer cela; mais rieu n'y faisait et quand je fus fatiguée de remèdes mes rousselures s'en allèrent toutes seules.De Grosmont.—Oui, l'âge qui nous apporte bien des embarras nous débarrasse aussi de ces jolies petites misères.Jacqueline.—Oh ! non, monsieur, j'étais encore fort jeune.Mais je reviens à mon sujet.Près du couvent était une école de garçons tenue par un bon vieux maître ; un français de France, qui se fâchait tout rouge après ses élèves qu'il aimait pourtant bien quoiqu'ils lui fissent toutes sortes de niches.Il me semble encore voir sa drôle de figure toute plissée, son nez maigre armé de besicles vertes, sa porruque blonde qu'il frisait tous les matins, se piquant aux épingles qu'y plan taient la veille ses écoliers, quand par hasard il s'endormait, ce qui lui arrivait toujours après son diner.Il me semble encore le voir avec sa longue robe de chambre d'indienne jaune à grandes fleurs bleues ; ses culottes courtes et ses souliers à grandes boucles d'argent qui avaient été, disait-il, à la cour du roi toutes couvertes de diamants.Il me semble aussi.De Grosmont.—Pardon Mademoiselle si je vous interromps, mais il me semble à moi que ce n'est pas pour parler de ce ridicule maître d'école, quelqu'intéressant qu'il ait pu être dans ce temps-là, que vous avez désiré m'entretenir.N'y avait-il pas, par hasard, parmi ses espiègles écoliers, un jeuae garçon plus eepiègle que les autres, le plus joli de la bande, le plus aimable, le plus intelligent, le plus intéressant et qui n'appelait pas la jolie Jacqueline : grosse rousse ?Je vois cela d'ici.Jacqueline.—Ah I monsieur I qui vous l'a dit ?En effet, non loin de la demeure de mon père était une maison dont on ne voit plus aujourd'hui qne les fondations et cette cheminée demeurée encore debout, que vous pouvez apercevoir là, à travers les arbres, à laquelle nul aujourd'hui ne fait attention mais qui pour moi, pour moi seule, est un monument ohéri, respecté dont je ne puis m'éloigner sans une douleur mortelle.C'est là que demeurait mon George lorsqu'il disparut pour toujours.C'est là qu'il est né.C'est à l'ombre de ce bouquet d'érables que vous voyez en arrière que nous avons passé tant d'heures 63 délicieuses de bonheur innocent.Tenez, monsieur de Grosmont, si vous en avez la curiosité vous pourrez, en vous promenant, passer par là ; vous y trouverez encore gravées sur l'écorce de ces arbres les lettres J et G, quelquefois séparées par une rugosité maintenant informe mais qui représentait jadis un cœur brûlant, quelquefois elles sont entrelacées pour figurer le sort qui devait un jour nous unir.Mais je me hâte trop.Comme vous l'avez dit, parmi les jeunes garçons qui fréquentaient l'école du vieillard français, il y en avait un, supérieur en tous points à ses camarades, et avec lequel je fis naturellement plus intime connaissance qu'avec les autres, attendu qu'il me fallait passer devant la maison de son père pour me rendre au couvent et que, comme il se rendait lui-même à l'école nous nous rencontrions sur la route, sans préméditation, je vous assure.Il était si bon, si complaisant.Jamais il ne voulait nie laisser porier mes livres, mon ardoise, mon dîner.Quand le temps menaçait d'orage il ne manquait jamais d'apporter un grand parapluie ; plus haut que lui-même ; venant de son arrière grand'père ; en soie noire ; à manche jaune, à poignée de corne de cerf.Il m'abritait soigneusement de la pluie.De Grosmont.—Et quelquefois je suppose il vous protégeait.contre le soleil.?Jacqueline.—Pas dans les premiers temps ; mais plus tard, quand nous fûmes devenus plus familiers, naturellement.Toujours est-il qu'un beau jour, non un terrible jour d'orage, nous passions près d'un fossé profond que la pluie de la nuit précédente avait rempli d'une eau trouble et vaseuse.Nous étions tous deux sous co cher parapluie nous y cramponnant pour l'empêcher de se retourner à l'envers, ce qui lui arrivait fréquemment, lorsqu'un coup de vent subit nous fit pirouetter et je tombai dans le fossé où je disparus toute entière.Module.—qui avait doucement entr'ou-vert la porte et s'était glissée furtivement derrière la chaise de Jacqueline.—Ah ! mon doux ! Et vous-êtes vous mouillée, maman Jacqueline?Jacqueline.—Jour de Dieu ! qui est-là ?Ah ! c'est toi Module 1 Pourquoi me faire une peur comme ça ?Sais-tu, méchante, que tu pourrais me faire mourir de mort subite et sans préparation ?Module.—Pardonnez-moi, maman Jac- queline, c'est, vous qui m'avez saisie en tombant comme ça dans l'eau.Voyez-vous je n'y vois goutte vu que vous êtes dans la noireeur, A qui parliez-vous donc ?Ah que je suis folle ! à monsieur de Grosmont, sans doute.Mais allumez vite votre chandelle.Voici les amies et les voisins qui viennent avec pépère Bonsens pour entendre la fin de sa lettre d'Ottawa.Tout le monde est inquiet desavoir à quoi tout ça pourra bien aboutir.Je suis partie en courant devant les autres pour vous prévenir.Je sais bien que vos affaires ne regardent personne ; mais enfin on ne peut pas empêcher les langues de jouer.Bonsoir monsieur de Grosmont.Comment êtes-vous ce soir ; mettez donc vos bottes vous allez attrapper de l'humidité.De Grosmont.—Oh ! ne faites pas attention, ma bonne dame ; je suis près du feu et pas mal endurci.Satanchien 1 j'en ai bien vu d'autres.Bonsens entre, suivi de ses compagnons ordinaires, qu'il a ramassés, les uns à la porte, d'autres au magasin principal du village, et le reste sur la route où ils étaient déjà, batifolant avec les voisines auxquelles ils jetaient de la neige récemment tombée.Boudin qui entre gravement et à pas comptés, avec son confrère Bistouri.—Vous avez beau dire, mon cher collègue, le cas pour lequel nous avons été appelés en consultation, et où je suis vraiment flatté de vous avoir eu comme conseil, étant une affection inflammatoire de la muqueuse dans un voisinage très rapproché des méninges, et qui, saus les précautions que l'art indique, eût pu atteindre l'arachnoïde et, do là, envahir la substauce corticale et la médullaire, incident redoutable dont vous appréciez la gravité, je persiste à croire que le traitement que je propose, est le seul qui soit de nature à promettre uue guérison sûre.Heureusement que la maladie n'a pas encore fait des progrès alarmants, et que nous avons le temps de nous consulter, de comparer nos observations, de peser les circonstances, et d'y réfléchir à tête reposée.Bistouri.—Eh ! mon cher doyen.Je ne puis faire autrement que de me prosterner devant votre expérience, surtout lorsqu'il s'agit de vos patients ordinaires ; pourtant, je dois vous dire qu'à votre place, j'hésiterais à recourir à la saignée, dans un cas qui ne me semble pas nécessiter un moyen aussi violent.Votre jeune malade a seulement un léger rhume de cerveau, suivi, comme cela se rencontre assez ordinaire- 64.mont dans cette saison, d'un petit mal de gorge.Mais comme vous lui avez annoncé qu'elle se trouvait atteinte d'un coryza compliqué d'une laryngite naissante, elle se croit dans un eminent danger, et je ne serais pas surpris si elle faisait télégraphier à la ville pour deux autres médecins.Allez donc la rassurer, faites lui prendre quelques pillules de mie -de pain mêlée de suore d'érable, faites lui renifler de l'eau fraîche et se gargariser de même, qu'elle ne s'expose pas trop à l'air vif et dans quelques jours il n'y paraîtra plus.Boudin.—Tut I tut ! innovations modernes t Ce n'est pas ainsi que nous aurions autrefois osé nous jouer de la vie de nos malades.Mais les jeunes gens d'aujourd'hui ne doutent de rien.Ils passent par dessus les formules acceptées, et négligent les axiomes de la vieille école.A les croire, le premier venu pourrait guérir tout comme nous.Quenoche qui écoute les docteurs en leur apportant des chaises.—Tout ça est bel et bon, monsieur le docteur ; toujours est-il que le bonhomme Grégoire, le rammancheur du Ruisseau Blanc a, d'un tour de patte, remis celle à mon chien tandis que vous vouliez la lui couper.(Le docteur lève sa canne.) Ça n'empêche pas docteur, que si j'étais bien malade je vous enverrais chercher.Quand on se porte bien ou rit de vous autres ; mais dès qu'on souffre et qu'on a peur on est bien content d'avoir recours à votre science.Mais voilà monsieur Bonsens qui ramasse les feuillets de sa lettre, faisons silence.Les femmes cette fois ont apporté leur ouvrage, couture, tricotage, quenouilles etc.Après s'être chauffé les doigts au poêle elles suivent Mademoiselle Jacqueline qui se rend dans sa propre chambre.La porte reste grande ouverte.Bonsens, lisant :—" Dès que monsieur " Blake se fut assis quelqu'un proposa " l'ajournement du débat au lendemain." Ce délai me contraria, car j'avais espéré " que nul ne songerait à prendre la parole " après les deux jouteurs habiles qui sem-" liaient avoir épuisé tout ce qui pouvait " se dire pour défendre les ministres ou " pour soutenir l'accusation portée contre " eux.Le lendemain quelques orateurs " prirent néanmoins la parole et réussirent " à intéresser vivement la chambre ainsi " que la foule des curieux qui semblait prendre à la question solennelle qui se " débattait un intérêt toujours croissant." Monsieur Wilfred Prévost le représen-" tant nouvellement élu par l'un des comtés " du nord de Montréal, fit retentir de mâles " accents en notre langue malheureusement " si peu en usage dans notre parlement lo-" cal.Il fit ressortir avec énergie la poBi-" tion dégradante dans laquelle notre pays " était placé aux yeux du monde par des fi ministres qui se trouvaient réduits à voil-" er.à défendre, à justifier le crime par un " crime plus déplorable encore.Je l'é-" coûtai avec la plus vive satisfaction car sa " manière de parler me rappelait le temps " où dans notre anoien parlement les repré-" sentant libéraux attaquaient avec tant de rf véhémence l'oligarchie insatiable qui fut " la cause de tant de maux.Boudin.—C'est sans doute le représentant à qui mon journal a si vertement reproché de n'avoir pas voté comme notre parti s'y attendait sous prétexte que sa conscience ne le lui permettait pas.Lui en a-t-elle donné au moins, ma gazette I De Grosmont.—Je comprends ça ! La conscience est une monnaie qui n'a pas cours dans le commerce de vos ministres conservateurs.François.—Quand on pense à quels diaboliques moyens ont recours ces gros ministres pour cacher leurs abominable! tours, ça fait frémir.Il paraît toujours que, si ce qu'on dit de Sire John, le premier de tous, est vrai, il n'est jamais à bout de ruses.Quand les autres se oroient pris et s'arrachent l'âme de désespoir, d'un tour de langue il les tirs d'embarras et les fait paraître blancs comme neige.Il est impayable, oe Sire John, et après lui le renard s'évente.Quenoche.r-Eh I il est bien facile d'être fin quand on met tout de côté et qu'on ne craint ni dieu ni diabie.Ce n'est pas malin de battre les gens qui ont de la conscience quand on n'en a point souci soi même.Jean Claude.—Taisez-vous donc sim-piternels bavards que vous êtes ; monsieur Bonsens ne peut pas dire vingt lignes sans que vous fouriez des simplicités de votre cru.Continuez donc, s'il vous plaît.Bonsens reprenant sa lettre :—" Un au-" tre orateur nouveau qui me parut tout "jeune bien qu'il ait fait preuve d'une " vieille expérience, Mr.Laflamme, élu contre l'attente de ses plus fervents " amis, profita de cette circonstance mémo-" rable, pour foire son début.Et il le fit " de manière à faire envie aux plus an-w ciens.A continuer.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.