La bibliothèque canadienne, 1 février 1830, lundi 1 février 1830
I M Bibliothèque Canadienne.Tome IX.Jer.FEVRIER, 1830.Numéro XV.HISTOIRE DU CANADA, (CONTINUATION.) La prise du fort de Frontenac et celle du fort Duquesne, ne permirent plus au marquis de Vaudreuil de douter (pie le but du gouvernement anglais ne fût l annéantissement de la puissance française sur le continent américain.Pour se mieux préparer à défendre le pays de l'invasion à laquelle il s'attendait pour le printemps suivant, il adressa aux capitaines de milice une circulaire où i} leur indiquait la conduite qu'iL (levaient tenir : il y dit, entre autres choses, que malgré les grands avantages (jui avaient été obtenus, le Canada se trouvait ddtta uu état tiès critiqua î que ledessein qu'avaient formé les Anglais de l'attaquer par terre et par mer, dans la prochaine campagne, démontrait la nécessité de pr< mire l» s mesure* les plus ellicac^s, pour être prêts à repousser l'invasion, dès ta commencement de l'été ; et qu'il n'y avait aucun temps o perdre pour faire les préparatifs d'où dépendait la sûreté de la colonie.Il ordonne ensuite que toute la population mâle, depuis luge de seize ans jusqu'à soixante, soit enrôlée dans la milice, et soit prête n marcher au premier avis.Les capitaines de milice exécutèrent de point en point les ordres du gouverneur général.Mais il était moins diihcile de trouver des soldats que des vivres pour les nourrir, et les enrôlemens et les devoirs militaires auxquels les cultivateurs étaient assujétis, augmentèrent encore la disette, qui se faisait sentir depuis l'automne de 1757, où l'on avait été obligé de réduire la ration de pain et de viande des troupes du roi et de la colonie, et où il y avait eu à Québec, une espèce d'émeute, surtout parmi les femmes, en conséquence de l'extrême rareté du pain et des vaindes de boucherie.* La récolte de 1758 avait été très médiocre, et les requisitions de graius quo * La chose est ainsi rapportée en substance dans les Mémoires du chevalier de Lévis : « L'aprés-midi (du 1er Dec 1757,) il y eut une émeute de femmes.Elles s'assemblèrent devant la porte de M.de Vaudreuil.Il en fit entrer quatre chez lui, et leur demanda quel était le sujvt de leur rassemblement.Elles répondirent qu'elles Tenaient pour lui demander du pain.Il leur dit qu'il n'en avait pas a leur donner ; que le roi n'était Si.» Miiloivt du (rttnaifa.pas obligé de nourrir le peuple; que cependant il avait fait tuer des bœufs < t des chevaux pour assister les pauvres, et qu'ils en pouvaient aller chercher aux boucheries du roi, a six sols la livre.Les femmes répondirent lu gouverneur, qu'elles aimeraient mieux mourir que demangerde la chair de cheval.M.de Vaudreuil leur repartit, que de tout temps, on en avait rmingé ; OU il était bon.et qu'il avait ordonné qu'il fût tué de la même manière que le bœuf.En congédiant ces femmes, le marquis de Vaudreuil leur dit, que la première fois qu'il leur arriverait de faire une émeute, il les ferait toutes mettre en prison, et qu'il en ferait pendre la moitié* Il ordonna néanmoins a M.Martel, commissaire de la marine, et à M.de Monketos.juge de police, de les mener à la boucherie du roi, pour leur faire soir que le cheval et le bœuf étaient de bonne espèce.Elles en convinrent ; mais elles dirent qu'elles n'en prendraient pas, ni personne, pas même les troupes ; après quoi, elles se dispersèrent, et se retirèrent cbe/-e-lltt, en tenant des propos séditieux.» luisait le gouvernement, avait rendu le bled extrêment rare, et* l'avait porté à un prix exhorbitanf.Quoique l'intendant en eût fixé le prix à douze francs le minot, on ne pouvait s'en procurer ù moins de trente-six ou quarante francs.Ce n'était qu'avec beaucoup de difficulté (jue le gouvernement en pouvait obtenir pour les troupes, quelque peu qu'il leur en fallût, depuis In diminution de la ration, à laquelle elles ne s'étaient soumises qu'après une espèce de mutinerie, qui aurait pu avoir des suites lâcheuses, mais qui fut nppaisée, dès le principe, par la prurience et la fermeté du chevalier de Lévis.Aussi fut-on obligé, dans l'hiver de 1758 a 1759, d'augmenter la paie des officiers, et de mettre une partie ties soldats et sous-officiers en quartier chez les habitans des campagnes.Dans e mois île Janvier, on fit le recensement de toute la populat on, dans les trois gouvrrnemens de la colonie.Le nombre des hommes en état de porter les armes, de l'âge de •e Ze ans à celui de soixante, se trouva de sept mille cinq cent OUZ , d n - le gouvernement de Québec ; de six mille quatre en cinq, dans celui de Montréal, et de treize cent treize, dans celui des Trois-Rivières ; faisant un total de quinze mille deux cent vingt-neuf miliciens.Le marquis de Montcalm, convaincu de la nécessité de mettre les garnisons de la colonie dans le meilleur état de défense possible, employa à leurs réparations et leur approvisionnement une grande partie des troupes et des indices, et fit en outre construire trois vaisseaux de guerre, pour avoir le commandement sur le lac Champlain.Le capitaine Pouchot, du régiment de Beam, homme de talens et excellent ingénieur, fut nt'ssi envoyé à Niagara, pour commander dans ce fort et le mettre en état de soutenir un siège.Tandis qu'on faisait ces airangemens, le gouverneur reçut, Histoire du Canada.38 T par le colonel de Boucainyim.k (f), qui arriva à Québec le 14 M.ti 1759, la confirmation de lavis qu'il avait déjà reçu, que le dessein du gouvernement anglais était d'attaquer le Canada, par mer et par terre.Il lui était ordonné de taire les meilleures dispositions possibles pour la défense de la colonie, à défaut des secours qu'on ne pouvait pas lui envoyer.Le 20 Mai, M.de Vaudreuil émana une circulaire, ou plutôt une proclamation, où, après avoir enjoint aux capitaines de milice de tenir leurs compagnies prêtes à se mettre en campagne au premier ordre, il disait aux habitans en général : " Cette campagne fournira aux Canadiens l'occasion de se signaler: sa majesté connaît la confiance que j'ai tre, et il fut encore plus surpris de le voir se lever et se coucher à des heures ijjfférentes Les formes diverses qu'il prenait de semaine en semaine, sa disparition totale durant quelques nuits, augmentèrent son attention.Tout ce que pouvait faire un enfant était d'observer et d'admirer : c'était beaucoup ; il n'y en a pas un sur dix mille qui ait cette curiosité et cette persévérance., Il étudia comme il put pendant une année entière, sans au-tr» livre que le ciel et sans autre maître que ses yeux.11 s'apperçut que les étoiles ne changeaient point entr'elles de position.Mais le brillant de l'étoile de Vénus fixant ses regards, file lui parut avoir un cours particulier, à peu près comme la Ja lune; il l'observa toutes les nuits ; elle disparut longtemps à Ses yeux, et il la revit enfin devenue l'étoile du matin au lieu e l'étoile du soir.La route du soleil, qui de mois en mois, se levait et se couchait dans des endroits du ciel différents, ne lui échappa point'; il marqua les solstices avec deux piquets,'^sans savoir ce que c'était que les solstices.Il me semble que l'on pourrait profiter de cet exemple pour e'wsrijner l'astronomie À un enfant de dix à douze ans, beau- A*tiwwmJ& 39.o| cpup plus 1'acilei uent (jue cet entant extraordinaire dont je parle n'en apprit par lui-même les premiers élémens.C'est d'abord un spectacle très attachant pour un esprit bien disposé par la nature, de voir que les différentes phases de la lune ne sont autre chose que celle d'une boule autour de laquelle on fait tourner un flambeau, qui tantôt en laisse voir un quart, tantôt une moitié, et qui la laisse invisible quand on met un corps opaque entre elle et le flambeau.C'est ainsi qu'en usa Gallie'e, lorsqu'il expliqua les véritables principes de l'astronomie, devant le doge et les sénateurs de Venise, sur la tour de St.Marc : il démontra tout aux yeux.En effet, non seulement un enfant, mais un homme mûr, (pli n'a vu les constellations que sur des cartes, a beaucoup de peine n les reconnaître quand il les cherche dans le ciel.L'enfant concevra très bien en peu de temps les causes de la course apparente du soleil et de la révolution journalière des étoiles fixes.Les systèmes de Ptolomk'e et de Ticho Brahe' ne méritent pas qu'on lui en parle, puisqu'il sont faux : ils ne peiw vent jamais servir qu'à expliquer, quelques passages des anciens auteurs qui ont rapport aux erreurs de l'antiquité : par exemple, dans le second livre des Metamorphoses d'OvjDE, le Solei) d'.t à Phaeton : Adde quad assidud rapitur vettigine cœlum, Nitor in adversum, nec me, qui ceci era vine it Impetus, et rapido contrarius evehor orbi.?Un mouvement rapide emporte l'empirée ; Je résiste, moi seul, moi seul je suis vainqueur, Je marche contre lui dans ma course assurée.Cette idée d'un premier mobile qui fesait tourner un prétendu firmament envingt-quatreheures, d'un mouvement impossible, et dusoleil, qui, entraîné par ce premier mobile,s'avançait pourtant insensiblement d'occident en orient, par un mouvement propre (jui n'a aucune cause, ne ferait qu'embarrasser un jeune commençant.Il suffit qu'il sache que, soit que la terre tourne sur elle-même et autour du soleil, soit que le soleil achève sa révolution en une année, les apparences sont à peu près les mêmes, et qu'en astronomie, on est obligé de juger par ses yeux avant que d'examiner les choses en physicien.Il connaîtra bien vite la cause des éclipses de lune, et pourquoi ii n'y en a pas tous les mois.Il lui semblera d'abord que le soleil se trouvant, chaque mois, en opposition ou eu conjonction avec la lune, nous devrions avoir chaque mois une éclipse de lune et une de soleil.Mais dès qu'il saura que ces deux astres ne se meuvent point dans un même plan, et sont raremen' sur la même ligno'avec la terre, ii ne sera plus surpris.¦ Médecine^ Sr.On lui fera aisément comprendre comment on a pu prédira les éclipses en connaissant la ligne circulaire dans laquelle s'accomplissent le mouvement apparent du soleil et le mouvement réel de la lune.On lui dira une les observateurs ont su, par l'expérience et par le eaicul, combien de fois ces deux astres se sont rencontrés précisément dans la même ligne avec la terre, en dix-neuf années et quelques heures ; après quoi, Ces astres paraissent recommencer le même cours : de "sorte qu'eu faisant les correcti ms nécessaires aux petites inégalités qui arrivaient dans ces dix-neuf années, on prédisait a,u juste quel jour, quelle minute, il y aurait une éclipse de lune ou de sOleil* Ces premiers élémens entrent aisément dans la tète d'un enfant qui a quelque conception.La précession des equinoxes même ne l'effraiera pas.On Se contentera de lui dire que le soleil a pu avancer continuellement dans sa course annuelle, d'un degré eu soixante-douze an-, vers l'orient, et que c'est ce que voulait Ovide par ce Vers cpie nous avons cité : .Contrariit ?evehor orb i : Ma carrière est contraire au mouvement des cieux.MEDECINE &c M Breton nt, au, médecin de Tours, parait avoir découvert un remède efficace pour la maladie appellee \à grippe, en soudant dans la gorge de l'enfant de l'alun par le moyen d'un instrument inventé pour cet objet.Dans bien des cas, 2 ou 3 répétitions de ce traitement sufiïsént ; dans d'autres, il en faut cinq ou six.M.Bretonneau a guéri par ce'procédé un grand nombre d'enfans qui allaient succomber à cette maladie cruelle.Beaucoup de personnes instruites, des médecins même, révoquent eti douté le réalité ties combustions humaines spontanées, malgré l'évidence de plusieurs faits qui ne sauraient être contestés ; à leur appui, voici un nouvel exemple d'une combustion de cette espèce : A Aurioi (département du Var,) demeurait Marie Dàignau.veuve Feràud, habitant seule à un second étage ; depuis long-temps elle était adonnée aux boissons spiritueuses, Dans la nuit du 24 Octobre, on sentit dans cette maison et dans les environs une odeur empyreumatiquë désagréable, mais on n'aperçut aucun signe d'incendie : ou n'entendit aucun cri, aucune plainte.Lé 21« au matin, le corps de cette femme fut trouvé en ignition et au:; trois quarts consumé, quoique la chaise sur laquelle elle était assise ne fût brûleé qu'en paitie.On a trouvé uu chandelier près de la chaise. Petoén divcritt* W PENSIVES DIVERSES.¦ On ne trouve dans un livre qu'autant d'esprit quVn en a soi-même.C'est dans l'esprit qu'est le" véritable courage, et le plus rare pst celui qui surmonte, non pas la mort, non pas un danger [momentané, mais une longue suite de revers ou d'infirmités.Penser est un art que l'on apprend comme tous les autres ; mais il est peut-être le plus difficile de toils; Un sot peut réfléchir quelquefois ; mais c'est toujours après la sottise.C'est une chose bien commode que la critique ; car, ou l'on attaque avec uu mot, il faut des pages [>our sYdéfendrë.Il en est de même de la calomnie.Le penser des âmes fortes-, les sensations d'une personne profondement émue, leur donnent un idiome particulier.Les rimes communes n ont pas la grammaire de cette langue.Les cceurs qu'échauffe un feu céleste; les génies livrés à une grande conception ; les hommes dévorés d'une grande passion, trouvent dans leurs propres sentimens une jouissance qu'il faut avoir éprouvée pour la bien peindre.Un c.fcur malade ne peut guère écouter la raison que par l'organe du sentiment.L'homme du monde est tout entier dans son masque ; il est toujours mal à son aise, quarid il est forcé de rentrer en lui-même i ce qU'il est n'est rien, et ce qu'il paraît est tout pour lui.C'est dans les appartemens dorés qu'on va prendre les airs du monde 5 mais le sage en apprend les mystères dans là chaumière du pauvre.Les orientaux, quoique voluptueux, sont en général log i et meublés simplement ; ils regardent la vie connue un voyage, et leur maison comme ui e hôtellerie.Les âmes d'une certaine trempe transforment, pour ainsi dire, les autres en elles-mêmes; elles ont une sphère d'activité n laquelle rien ne résiste.On ne peut les connaître sans vouloir les imiter ; et de leUr sublime élévation elles attirent à elles tout ce qui les environne.Il n'y a que des âmes de feu qui sachent combattre et vaincre ; tous les grands efL-ts, toutes les actions sublimes sont Toau XL No.XV: 44 i3e ta, M.Àubanel, médecin très-instruit de cette eommune, A tiré la conséquence naturelle et évidente que la chandelle a dû enflammer le gaz hydrogène. m Plchc de RerUb jeur 0UVfn#ej In froide raison n'a jamais ritn fait d'illustr», et l'en ne trioïnj h ?des "passions qtiN n lés opposant l'une ii l'autre.Si Ton est pHft at'acliè à sa vie qu'à ses dvvoiis, on ne |)tut être solidement vertueux* Le* mauvaises maximes sont pires que )• s mauvaises r.ctîons ; elles corrompent la raison mi me, et ne laissent phis de les* Source pour revenir mi bien.L'esprit se léirccit à 'mesure que l'âme se corrompt.Lu conscience du juste lui tient lieu des louante* de ru'fti* vers.r t PECHE DE PEtlLtl Don'Pablo Ocbou, qui a été pendant plusieurs nnnées surintendant d'une pêche, et qui était lui-nu me un habile plongeur*; tn'a donné le détail suivant il une de ses aventure» submarines, " On supposait (jue le roçlier de la Pi d>a tirgàtla, près Lo-refto, recelait autour de lui une quantité de tits gwu des huitres à perles j supposition qui fut confirmée par la d fliculîé (pi'on eut de retrouver ce rocher caché.Cependant Don Pablo lé-ussit à le sonder, ii plongea auprès à onze brades d'eau, pour y chercher les coquilles les plus vieilles et les plus grosses, rocîier n'a pas plus dé cent cinquante à deux cents verges de circonférence, et notre aventurier en fit le tour et l'examina, dans tous les sens, mais sans rien trouver qui l'induisît à rester plus longtems sous l'eau.Etant donc convaincu qu'il n'y avait pas cbhritres à perles autour de ce rocher, il songea à remonter à la SU)face de l\au ; mais auparavant, il regarda au-dessus de lui, comme font tous les plongeur*, pour éviter lu gueule affamée d'un monstre.Si Kau est claire tt libre dVhjets étrangers, ils peuvent s'élever sanscraïnte.Klàis eu regardant en haut, Don Publo s'apperçtït qu'un tftiifrefo s'était posté'n trois ou quatre verges au-dessus de lui, et le guettait probablement depuis qu'il ett.it sous l'eau.Un.l;fttoii à deux pointes est une arme inutile contre un tinterero, sa gueule étant si énormément grande qu'il pourrait avaler 'homme et bâton à la fois.Il se trouva donc assez en peine.; vu que la retrrile lui devenait impossible.Mais sous l'tau, le 'temps est un objet tr p précieux pour être perdu en réflexions ; il se mit donc à gagner à la nage une autre partie du rodier, espérant éviter par ce moyen la vigilance de son ennemi.Quel ne fut pas son décourage ment, lorsque jettant les yeux en haut,, il vit son opiniâtre ennemi nageant encore au-dessus de lui,' comme un épmier plane au-dessus d'un faible oiseau.Il le.fîeigrait comme ayant de grands yeux ronds, enflammés e! ' Anrcdctc Américaine.Wt semblant prêts £ sortir de leurs orbites et une, gueule (au fouver.ir de laquelle il frissonnait encore) qui s'ouvrait et je feima'.t continiulliment, connue si le monstre eut déjà dévoré sa victime, en imagination, ou ;lu moins cmpine si'lavuede sa proie lui i'ù't donné un avant-goût du rygal qu'il *e promet», tait.Il ne restait plus que deux alternatives dans l'esprit de Don Pablo, relie (le se laisser noyer, ou celle d'être mangé.Il y avait déjà si longtemps qu'il était sous l'eau, qu'il ne lui était presque plus possible de retenir son haleine, et il fut sur le point de s'abandonner à Foii voit, a vie toute la philosophie dont il était (loué.Mais qu'y n-t-il de plus cher que la vie ?L'invention (le l'homme est rarement en défaut, quand il s'agit de trouver des expédiens pour sa préservation, dans les cas d'extrême nécessité.Il se cappella tout à coup que sur un des côtés du rocher, il v avait un endroit soblonneux, et il v n'a-gea avec une vitesse incroyable, son attentif ennemi continuant à épier ses mouvemens, «t le suivant à pas mesurés, si Ton peut ainsi parier.| ^ Dés que Don Pablo fut parvenu à l'endroit, il se mît â fc*> muer taxable, avec son baton pointu,, fie manière que les par*, ties déliées s'élevèrent à la surface de l'eau, et la rendirent toutn trouble; et qu'il n* put plus voir le moustr", ni le monstre le voir.A la faveur du nuage interposé entre lui et le tin* terero, il nageu loin de l'endroit, dans une direction Iran*ver-ticale, et atteignit la surface sans accident, quoiquYntier nu nt épuisé.Heureusement, il r parut tout près d'une des chaloupes, et ceux qui étaient dedans le voyant dans cet état, et sachant qu'un ennemi l'avait poursuivi, et qu'il n'avait pu se sauver que par quelque artifice, sautèrent à l'eau, suivant leur coutume, pour ilfrayer le poisson, en s'y débattant violemment.Don Pablo fut mi:» clans la chaloupe plus mort que vif.(Hardy$ Travdt in Mexico.) ANECDOTE AMERICAINE- Un jeune Américain qui, cLpuis longtems, avait mérjté l'ap-probation du général Washington par son activité et par sa valeur, nç/ut du congrès une ce mnrssicn de capitaine.Sa femme voulut le Mibre ci paitagir avec lui le* fatigues et les dangers de la campagne de 1778.Poursuivant un jour un détachement de royalistes, le chef de ce parti le tua d'un coup de fusïlj uu moment avant d'être investi.]1 eut la générosité, en expirant, d'ordonner que sa mort ne serait point \cngce, el - 800 AnetdvU Améticaènc* que les prisonniers seraient conduits au quartier généruL Quelle fut I* douleur de sa femme, lorsqu'elle vit le corps de son mari pâle et sanglant, rapporté par ses soldats ! Elle eut encore un autre sujet de la plus vive douleur : dans celui des prisonniers qu'on lui dit l'avoir tué elle reconnut un frère qu'elle aimait tendrement, mais qui, malgré ses exhortations, avait suivi le parti des Anglais.Pénétré d'horreur et de désespoir, cet homme voulut se tuer ; mais l'amour fraternel, balançant pour un instant tous les autres sentiniens, cette épouse infortunée calma le désespoir de çe frère ; elle pardonna même au meurtrier involontaire de son mari ct à l'ennemi de sa patrie, à condition toutefois qu'il quitterait le service de la métropole.Il changea de parti en effet, ct cette jeune veuve alla T'^ser de tristes jours dans une campagne isolée, consacrant Idus ses instans à l'éducation du seul enfant qu'elle avait eu de i ëppuX qu'elle ne cessa jamais de regretter.Au milieu des horreurs de la guerre civile, les plus proches parens spnt souvent armés contre les objet» qu'ils chérissaient te nlus.L'anecdote que nous venons de rapporter nous rappelle ces vers de la Henriade ; Enfin, le vieux d'Ailly, par un coup malheureux, Fait tomber à ses pieds ce guerrier généreux.Ses yeux sont pour jamais fermés à la lumière ; Son casque, auprès de lui, roule sur la poussière; D'Ailly voit son visage : o désespoir, 6 cris ! Il le voit, il l'embrasse: hélas ! c'était son fils, Lfpère infortuné, les yeux baignés de larmes, Tournait contre son sein ses parricides armes; On l'arrête, on s'oppose à sa juste fureur.Il s'arrache en tremblant, de ce lieu plein d'horreur • Il déteste à jamais sa coupable victoire ; 11 renonce à la cour, aux humains, à la gloire, jEt se fuvant lui-même, au milieu des déserts, Il va cacher sa peine au bout de l'univers.Du héros expirant la jeune et tendre amante, Par la terreur conduite; incertaine, tremblante, Vient d'un .pied chancelant sur ces (unçstes bords { Elle cherche, elle voit dans la fbule des morts, Elle voit son époux, elle tombe éperdue ; Le voile de la mort se répand sur sa vue 2 Est-ce toi, cher amant?Ces mots interrompus Ces cris demi-formés ne sont point entendus.Elle rouvre les yeux, sa bouche presse encore Par ses derniers baisers la bouche qu'elle adore; Elle tient dans ses bras ce corps pâle et sanglant, Ld regard*, soupir», et mturt vn l'embrassant. 101 < tit, INVENTION.—On lit l'article suivant dans le Bulletin des sciences et des pris du mois d'Octobre dernier." Nous avons sous les yeux une nouvelle invention qui nous parait utile, non-seulement pour le roulage et pour les diligences, mais aussi pour toutes les voitures en general, voire même les brouettes et les charrues, ainsi que pour toutes les surfaces planes auxquelles pn veut imprimer un mouvement de rotation.Çe sont des rondelles d go lets, que l'inventeur breveté, M.Ciiarbonneaux, libraire de Versailles, se propose délivrer au public, four les roues de voitures, elles s'interposent aux deux bouts du moyeu,, entre deux rondelles plates, et facilitent le mouvement des foues.La société d'encouragement pour l'industrie nationale a approuvé ce procédé, et en a témoigné sa satisfaction à l'auteur, en délibérant qu'il serait décrit et figuré dans son bulletin, et communiqué au ministre de la guerre, afin qu'il puisse être appliqué au matériel de l'ar-mce." M.GUERNON DE HANVILLE.—L'éloge, de M.Guernon de Hanville est dans toutes les feuilles congréganistes ; on réimprime ses mercuriales, on vante à l'avance son éloquence parlementaire, on fait de lui le fjlaive et le bouclier du ministère.On parle de son génie po-itique et de ses talens administratifs, on va même jusqu'à dire que Mgr.est très lettré, et qu'il a tous les mérites classiques que doit avoir un successeur de liollin.Nous nous étions un peu défiés de toutes ces louanges ; nous avouons que nous n'avons plus de raison de douter maintenant du talent de son excellence.Ce que les discours prononcés par M.Guernon de Hanville devant lu coiw royale de Lyon n'avaient pu faire, une chanson, une simple chanson l'a fait.Et quelle est cette chanson?D'où vienNelle?Elle fut composée en 1815, et chantée par son auteur, aux volontaires qu'il commandait.Li FigatVf qui a toujours soin de donner à ses abonnés des choses rares et curieuses, a publié hier la chanson de M.de Hanville.Nous en citerons un couplet qui nous paraît admirable : le voici : Bonaparte est en cage Et son règne est fini : Qu'il en crève de rage* Il ne tenait qu'à lui De servir les Bourboni Sous It prince d'Aumonl. 203 Histoire de la Cbnquéts de Grenade.Ces vers sont délicieux assurément : mais c'est surtout paç )n pensée que cette strophe est .sublime ! Bonaparte qui pou* vait M-rvir »oi:s M.le duc d'Aumont, et quia préféré régner, pour finir pur crever de rage dans nue cage ! M.tiueruoii de Banville est bien mieux avisé; il a servi sous le prince d'An* motif, et le voilà ministre de l'instiuciion publique.Ht quand on pense {jit'll ne t trait qu'à Napoléon d'en être là ! Jl ne dépendra pas de nous (pie la gloire de M.Çiu» mon ne soit immense comme elle doit être; voilà pourquoi nous publions ce joli échantillon du talent poétique de M.U ministre de l'instruction publique.—Le Constitutionnel.HISTOIRE DE LA CONQUETE RE GRENADE.Par AL Washington Irving; 2vol.in-S, Timoîhie Dchay% rue des Btaux Arts.On en est venu à un mépris pour 1 histoire qui fait peur.C'est une des conséquences (Je l'ennui qui nous frappe.On ne veut plus d'histoire : du drame ou de roran, à la bonne heure.Walter Scott ou M.de Fongerai pn«se encore.Voici l'histoire île ta Conquête de Grenade : un récit sérieux, animé, vif, plein d'intérêt ; vous croyez avoir hi une histoire véritable.Détrompez vous ! véritable comme Wiistoire véritable du Chna> lier de ht Manche.C'est une bonne et charmante mystification, malheureusement détruite à la première page par un monsieur nommé Jean Çohen.M.Jean Cohen est un littérateur de l'école cl*» M.de Fait-compret.Il a traduit, tant bien que mal l'Histoire de G/r-tiaie.Mais au lieu d'abandonner le lecteur à lui-même, et de lui laisser croire qu'il, vient de lire en effet une vieille et vénérable chronique du bon temps, il non* avertit clans un avant-propos très stupide, que M.Irving n'a fait qu'un frivole ro-tuait, A cela ou demande de quel droit M.Jean Cohen traduit M.Washington ?Je charge mon laquais de porter une lettre à la poste, il la décacheté en chemin, à encontre du cabinet noir: que faire ?On n'est pas littérateur comme Mi Jean Cohen, à moins qu'on ne soit faiseur de vaudeville ou de roman.Ce qui n'empêche pas que.cette Hstoirr de Grenade ne soit une excellente plaisanterie, pleine de goût, de simplicité et d'intéiêt.C'est bien l'éclat de Grenade, un échu africain, par un beau soleil, et de grands arceaux d'architecture mauresque, et des chevaliers tant qu'on en veut; partout des noms propres, Société Littéraire ft historique.WÀr ties physionomies animées; une histoire, en effet, malgré la note de M.Jean Cohen ! Que me fuit, à moi, M, Jean Cohen ?Tout tela est île l'histoire ! Il faut absolument (pie ce' soit de Hiistoire ; autrement uurais-ie lu deux volumes in-So au plus fort de l'inquiétude du ministère Lahourilonnaye?Voyez quels progrès depuis M.île Florian.GontaliK dt Co'doue est aussi Hiistoire.de Grenade.On ne se souvient guère de Gmzalee du Corda: c, non plus que des L eus* et de toute notre poésie en prose.Ne l'eut-on pas oubliée, voici un auteur américain qui viendrait de New-York nous hi faire rougir, PotVs Fiançais des bords de la Seine.11 usurpe le champ de bataille de M.de Florian, sans songer (jue Ait de Florian y a campé ; et quanti il a fait mouvoir le même peuple simplement et franchement, comme dans un conte écrit a loisir dans une auberge voisine de f-fuif Gut*; il met en titre Histoire de Gnnade, par respect pour ses compatriotes qui ne sont pas encore aussi avancés que nous dans le dédain des faits réguliers.M, Washington îrving, qu'il faut connaître, est un compatriote de Coopi r, un écrivain plus élégant et plus correct que l'auteur de Y Espion, ayant surtout une bonne odeur d'université d Oxford, avec im bel amour de patrie et de liberté.L:i réputation de M.Irving a commencé en Angleterre dans les revues, dont nos voisins .sont fiers à tant de titres et que nou^ aurons beaucoup de peine à éga'er.Plusieurs ouvrages du • même auteur ont déjà réussi parmi nous.Ses Contas d'un voyageur, son iîhitoire.:d}Amérique, \^ Château de Brucbridge, ont révélé uu talent pur et neuÇ une variété puissante de style ct d'émotions.M, Washington Irving a été nommé depuis six mois secrétaire du congrès américain, de sorte (pie, Died aidant, nous aurons des contes politiques avec des hommes politiques, car un conte est un besoin de cœur pour M.Irving.Nouveau Jovial, il dira au nioindre événement: Js ferai un conte, là* des
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