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Titre :
L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
jeudi 29 mars 1860
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1860-03, Collections de BAnQ.

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OU CABINET DE LECTURE PAROISSIAL DE MONTEEAL, PARAISSANT LE 1er ET LE 3me JEUDI DE CHAQUE MOIS.LE PROCHAIN’ NUMÉRO PARAITRA DONC LE 10 AVRIL.Volume H.Montréal, (Bas-Canada,) 29 Mars 1860.No.7.SOMMAIRE.—-Chronique de la quinzaine.—Questions a l’ordre du jours sur lo Pape, par Mgr.de Ségur.—Discours de M.C.S.Cher* rier, C.R.eu faveur du Pape.—Discours de M.Géd.Üuitnet, M.P.P.—L’abus du talent par M.E.SempÆ.- L’Eglise au Canada.— Notice sur M.Léon Giugrna, prêtre du Séminaire de Québec.AVIS IMPORTANTS.Nous prions de nouveau ceux des abonnés :ï l'Echo qui auraient reçu, dans le temps, deux exemplaires du No.12, expédiés le 15 Juiu 1859, de vouloir bien nous en faire parvenir un exemplaire an plus tôt.Chronique do la Quinzaine.Discours du Souverain Pontife,—L’inslruction Pastorale do da Montréal.—Vaines menaces des ennemis de l'Eglise.—Hésitations de la Politique.Le Souverain Pontife, le; jeudi de la Scxagésime, suivant l’usage, a vu réunis autour de lui les prédicateurs qui devaient occuper les Chaires principales à Rome pour le Carême ; il leur a adressé quelques paroles empreintes d’une majesté et d’une force qui ont touché profondément les cœurs et qui ont été regardées comme l’expression réelle d’une révélation intérieure.Nous en reproduisons ici le trait le plus saillant et qui a semblé comme l'annonce authentique de tout ce qui doit arriver en ces jours de trouble, de lumulte et.de confusion; temps où il est si important que les âmes faibles et trop inattentives aux voies de la Providence soient éclairées, raffermies, rassurées et fortifiées.Après avoir dit aux Orateurs des différentes nations qui l’entouraient : Allez et que vos paroles soient accompagnées de prières rl de bonnes œuvres, Sa Sainteté a ajouté avec force et avec une expression toute céleste : “ Nous ne sommes encore qu'au commencement îles mal-11 heurs qui vont fondre sur Nous, mais Nous avons devant les *' yeux cette consolante perspective qu’à mesure (|iie les cala-“ mités vont naître, l’espril de loi et do «acrilice se dévelop-“ pera davantage.” Et en même temps tous les traits du Souverain Pontife exprimaient une confiance telle quelle se communiquait à tous ceux qui l’environnaient ; il y avait dans ses regards cette tranquillité et cette douceur pénétrante qu’on n'a jamais cessé de voir en Pie IX, mérne dans les plus grandes épreuves, mais qui, en ce moment, semblaient resplendir encore d’un plus grand éclat.Or, au milieu de toutes les inquiétudes et les incertitudes douloureuses des catholiques et des contradictions si étranges de la politique humaine, les paroles du Chef des fidèles doivent être recueillies avec une vraie consolation et une ferme assurance.Les souffrances ne peuvent manquer à l’Eglise, elles lui ont été annoncées par son Maître, mais elle se rc-jouit dans ces tribulations qui doivent lui amener un surcroît de force, de beauté et de grandeur ; ce ne sont plus des châtiments, îles vengeances qu’elle considère, mais tics épreuves fécondes, glorieuses et salutaires.Ecoutons donc avec bonheur les parolesdu Chef de l’Eglise, acceptons l’épreuve avec résignation, soyons prêts it tous les sacrifices et à toutes les œuvres de zélé et de foi pour en porter notre part ; mais consolons-nous, l’Eglise que nous aimons y gagnera ; quel-qties jours de douleur feront plus, peut-être, que des années de travaux et de prospérités, et elle en sortira avec plus de lumières et des vertus plus grandes dans le cœur de ses enlants.Cette ferme confiance dans l’avenir, nous la retrouvons aussi dans l’Instruction remarquable que vient de publier Mgr.de Montréal sur les événements d'Italie : c’est là le trait saillant qui éclate à chaque page.En résumant les preuves qui ont été fournies dans ces derniers temps, dans un si grand nombre d’écrits et en les accompagnant de considérations claires, solides, convaincantes, Mgr.de Montréal semble leur donner une force encore plus grande, par l’accent pénétrant de la foi admirable qui l’anime et de cet amour si tendre, si touchant qui remplit son cœur, pour l’Epouse de ,I.-C.Les fidèles auront dans cet écrit l’ensemble de tout ce qui peut être invoqué de plus fort sur cette grande 98 L’ECHO DU CABINET question, et ils y retrouveront avec bonheur cette foi qui est leur guide et cette confiance inaltérable dont ils ont tant de besoin de se fortifier au milieu des assauts de l’iniquito et de la tempête qui se prépare ; ils savent que l’issue n’en peut être douteuse.Les attaques redoublent dans les journaux révolutionnaires et elles sont si scandaleuses que le Gouvernement français a cru devoir donner un avertissement au Siècle, à l’occasion d’un dernier article qui dépassait, dans la forme, tous les autres ; mais quelque soit le ton de ces incriminations ; quelle modération qu’elles aient affectée parfois, elles n’en sont pas moins l’œuvre d'un esprit île ténèbres, de duplicité et de mensonge ; elles ne peuvent rien contre la vérité et la justice.On s’est efforcé de falsifier et de dénaturer les actes du gouvernement du St.Siège ; 011 a pu faire de belles promesses aux peuples égarés, mais aussi combien 'I serait facile de montrer la supériorité de l'administration temporelle du Souverain Pontife, sur les gouvernements et sur les systèmes qui réclament contre lui et qui se récrient si fort.Comme toujours, c’est l’esprit révolutionnaire qui s’agite le plus et qui a les plus grandes prétentions a succéder aux inconvénients existants, mais quelle pitié ! N’a-t-il pas suffisamment fait ses preuves, en brouillant et en bouleversant tout en chaque pays qui l’a honoré de sa coniianee : A-t-on besoin d’une nouvelle expérience et ne savons-nous pas de quelles belles promesses sont capables les oppositions en disponibilité de service ?Au milieu de ce tumulte et de cet assaut de eriail-lerics, quelques esprits ont cru remarquer de l’hésitation et de l’incertitude dans les nouvelles démarches du Gouvernement de la France.Est-ce un un piège de plus ?Est-ce un retour à des idées plus saines 5 La suite le démontrera, nous ne voulons rien présager ; mais il n’y a qu’une attitude franche et prononcée qui puisse désormais rassurer les catholiques et réparer les fautes passées.Questions à l’ordre du jour, r*B Mr.R, pe sei.i'r, rnrL*T romain.SOMMAIRE.—On ne parle plu qu« dn Ftp*.Qu’est-ce dont que le Pape ?—I, Evangile parle-t-il au P»pe ?—Y aura-t-il Pape» jui- qn'nla fin du monde Tout le monde peut-il devenir Pape Pourquoi le Pape e«t-U Roi temporel puisqu'il est le Vicaire de Jtat • Christ, qui a dit : ¦ Mon royaume r'est pu» de ce mnndc " —[.es Papesse sont passés pendant huit cents ans de lerop lel, ne p iur-raient-ils pas l'en pu.-**r encore ?— S'il faut un pouvoir temporel nu Pape pour irarantir son indépendance.Homo et un petit Etat ne lui euffiraient-ils pas?—Si le Pape faisait des réformes et des ci me.sions, il contenterait tout le monde.—Ce n'est pas, dit-on, pur impiété qu'on veut retirer nu Pape son pouvoir temporel.c'est a,, , i.ntniirc tour qu'il Folt plus libre dans l'uercicode son ministère religieux._ Le Pape, dit-on encore, ne sait | ai gouvi rner ion Etat et il y a r t foule d'abus qui rendent le peuple tres-mallicureui.Un m parle plu* que ilu Papt.(Ju'est-cc donc que.le Pape / Le Papr esl le Chef de la Religion Chrétienne.La Religion n’a qu’un chef qui esl Jésuh-Christ dans les cieux ; mais sur la terre ce divin Chef n un représentant visible, un Vicaire, un dépositaire de sa toute-puissance spirituelle ; ce Vicaire du Christ, ce représentant de Dieu, ce Grand-Prêtre de la Religion Chrétienne, c’est le Pape, évêque de Rome cl successeur de saint Pierre.L’Eglise esl l’armée de Dieu qui, sur la terre, marche à la conquête du Paradis.De même que dans la glorieuse campagne de Crimée, l’armée française, commandée par un général en chef, avait cependant pour chef véritable l’Empereur Napoléon, éloigné d’elle ; de même les Chrétiens, gouvernés spirituellement ici-bas par le Pape, enseignés et jugés par lui, n’obéissent cependant qu’à Jésus-Christ, qu’il Dieu seul.L’autorité du Pape, c’est l’autorité du Christ ; son infaillibilité doctrinale est l’infaillibilité divine de Jésus-Ciikist, et lorsque nous nous agenouillons en présence du Pape pour recevoir ses bénédictions et lui témoigner nos respects religieux, ce n’est pas devant un homme, niais devant Jésus-Christ lui-même que nous nous prosternons.Il serait trop long d’exposer ici tous les attributs de la puissance pontificale, il suffira de dire qu’elle est suprême et absolue en matière religieuse et qu’il esl défendu, de droit divin, a toute créature humaine de s’y soustraire.loin ce qui touche le Pape touche directement tous h" chrétiens, tous les catholiques; il ne faut donc point s’étonner que,dans la crise actuelle, les chrétiens se préoccupent vivement et parlent beaucoup du Pape.L'Evangile varlt-t-U du Pape / L’Evangile ne prononce pas le nom de la Sainte Trinité, bien qu’il parle souvent et fort souvent de la f rinité.Il ne prononce pas non plus le nom du Pape, bien qu a plusieurs reprises il parle de son autorité et de sa mission divine.Qui ne connaît le célèbre passage de l’évangile de saint Mathieu, en son xvie chapitre, où Jésus-Christ constitue l’apôtre saint Pierre Chef de l’Église et fondement de la société chrétienne?“El moi, je le dis qui' tu es Pierre, et sur cette pierre j’élèverai “ mon Eglise et les puissances de l’enfer ne prévau-“ «Iront jamais contre elle ; c’est à toi que je donnerai “ les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu “ lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce “ que tu délieras sur la terre sera délié dans les " cieux.” ( elle promesse n’a pas besoin de commentaires; elle esl confirmée par le Sauveur peu de jours avant son Ascension, par ces paroles, non moins claires, de I évangile île saint Jean : “ Sois le pasteur de mes atrneaiix ; ^ois |i» pasteur de mes brebis.” L’apôtre sainl l'ierre a donc été choisi par .Iésus-Ciirist pour t ire la pierre fondamentale de l’Eglise, le Pasteur des fidèles et des Evéï/ues, le Chef spirituel du peuple chrétien et le Dépositaire suprême de la toute-puissance de Dieu.On ne peut rejeter l’atifo-rité de.saint l'ierre sans rejeter l'Evangile.Or, no-lez-le bien, saint Pierre c'est le.Pape.Comme lioni- DE LECTURE PAROISSIAL.99 me saint Pierre, est mort, comme pape il vit toujours dans la personne des Evêques de llume, ses successeurs.Y aura-t-il des Papes jusqu'à la Jin du i, .iule ?Oui, jusqu’à la fin du monde, et voici pourquoi : Notre-Seigneur Jksus-Christ en envoyant son Eglise prêcher l’Evangile il tous les peuples lui déclara solennellement “qu’il serait avec elle jusqu'il la fin du monde." Il l’a promis, Lui, dont les paroles ne passent point.L’Eglise catholique, l’Eglise de saint Pierre et des Apôtres durera donc autant que le inonde ; et comme le Pape est le Chef de l’Eglise, le Pape durera autant qu’elle.Le Pape est aussi essentiel à la vie de l’Eglise que la tète est essentielle ;i la vie du corps.Plus de Pape, plus (l’Eglise; plus d’Eglise, plus de religion ; plus de religion, plus de société humaine.Tout cela se tient ; Dieu l’a ainsi réglé.Dune, il y aura des Papes jusqu’à la fin du monde, jusqu’à l’Antéchrist.Pie IX mourra, mais le Pape ne mourra pas.Tout le monde peut-il dormir Pupc ?Rien n’est démocratique et populaire comme l’E-glise.Tous les citoyens de cette grande et divine monarchie peuvent être appelés à la gouverner.Tout homme, tout chrétien, quelque basse que soit son ex-traction, et quelque pauvre que soii sa naissance, peut devenir non-seulement prêtre, mais évêque, mais archevêque, mais cardinal, mais pape.Et cela n’est pas seulement une belle théorie, c’est ^ un fait glorieux pour la religion et fréquemment en- i registre par l’histoire.Sur nos deux cent cinquante- \ huit Papes, plus de cent sont sortis des rangs du peuple, et un petit nombre seulement appartenait aux i classes élevées de la société.Grégoire XVI, prédécesseur de Pie IX, était de famille pauvre ; le grand i Sixte-Quint avait, dans son enfance, gardé les trou- ! peaux ; ( Vlestin V était un humble religieux, et tant d’autres, semblables en cela au premier Pape, le pé- I cheur de Galilée.Plus des trois quarts des Evêques appartiennent, par leur naissance, ii la plus modeste bourgeoisie, et plusieurs :'i la classe du pauvre peuple, l 'il des Cardi- , naux-Arehev.français (1) les plus distingués aime ii parler de son village et du moulin qu’il a servi jus- | qu’ii l’âge de vingt ans, Il en est de même de plusieurs autres prélats que l'orgueil et l’ignorance accusent, quelquefois, mais si injustement de fierté.Rien ne ressemble moins à une caste qui' le sacerdoce catholique; rien n’est plus mêlé aux rangs du peuple chrétien que les prêtres, les évêques et les papes.Dieu, qui aime les pauvres et ne fait point acception des personnes, inet à la portée de tons ses fidèles les charges les plus éminentes de son Eglise.Je le répète, tout le monde peut devenir Pape, excepté les femmes.La fable ridicule de la prétendue papesse (1) Monseigneur Gousset, Archevêque de Rheims.Jeanne, accréditée jadis par les historiens protestants, est maintenant rejetée, par les protestants eux-mêmes.11 n’y a de papesses qu’en Angleterre (et en Russie).On avait, par dérision, donné ce surnom au pape Jean VIII, il cause de sa faiblesse ; cl les écrivains pervers ont pris au sérieux cette mauvaise plaisanterie et s’en sont fait une arme contre l’Eglise et la Papauté.l’ourquoi le Pape est-il Uni temporel puisqu'il est leVicaire de Jcsus-Christ qui a dit: “ Mon Royaume n'est pas de ce mande ?” Notre-Seigneur a dit cneflet : “Mon royaume n’est pas de ce monde ; ” mais de grâce, pas de jeux de mois.Il s’agit ici de choses sérieuses.Traduite en noire lange, cette parole de l’Evangile prête à un double sens, et, presque tou jours on la prend dans le mauvais.Jésus a dit : Regnum meum non est de hoc mundo, ce qui veut dire en bon français : Mon royaume n’est pas d’ici, ne vient pas de ce monde, mais du ciel ; et toi, Pilatc, qui m’interroges, tu te méprends en croyant que ma royauté ressemble à 1 celle de César.—Mon royaume est céleste et ma royauté divine.—Où voit-on que Notre-Seigneur dise mon royaume n’est pas sur la terre ?Ce royaume qui est ; son Eglise est sur la terre, tout en ayant une origine et nne fin céleste ; sa royauté qu’il a laissée à son Vicaire n’est pas rfc ce monde, mais elle est en ce monde.11 ne s’agii pas ici de pouvoir temporel ; et cette objection, aussi dévote qu’évangélique, tombe d’elle-mème devant les premiers éléments de la grammaire latine.De ce que Notre-Seigneur affirme que son royaume vient de Dieu, s’ensuit-il que ce royaume ne puisse en ce monde être garanti par un pouvoir temporel ?S'il ne l’a pas ordonné, il est loin de l’avoir défendu.Le pouvoir temporel du Pape ne se confond pas plus avec la royauté spirituelle que le vêtement avec la personne qu’il recouvre et garantit.Si les Papes ont reçu des souverains catholiques une royauté temporelle, ce n’a été que par nécessité et parce que le libre exercice de leur ministère pontifical exigeait cette garantie d’indépendance.À tous propos on les violentait : un Etat temporel leur a été donné comme armure défensive.Les Papes ne sont donc rois que pour pouvoir être plus librement et plus complètement pontifes.Il n’y a pas lii confusion, mais union des deux puissances.La principale est, certes, la puissance spirituelle : la temporelle n’est que l’accessoire, mais l’accessoire nécessaire comme le vêtement est l’indispensable accessoire du corps.ht» Papesse sont passés pendant huit cents ans île temporel, ne pourra ient-ils pus s'en passer encore ?Sans doute, et leur puissance spirituelle, qui est immuable et divine, sortirait victorieuse de cette épreuve ; elle en a supporté bien d’autres?Pendant huit siècles les Papes n'ont pas eu de temporel ; aussi les cinquante-deux premiers furent-ils tous martyrisés; ce I qui n’est pas, avouez-le, un état normal. 100 L’ECHO DIT CABINET Après les grandes persécutions, ou bien ils lurent J ile/ait les souverains de Rome, et échappèrent ainsi aux vexations de leurs dangereux voisins, ou bien ils j vécurent sous la domination directe des Empereurs romains; qui les traitèrent ou plutôt les maltraitèrent selon leurs caprices, les exilant de Rome, les jetant en prison, toutes les fois que le Pontife ne voulait pas se faire courtisan.Pépin et Charlemagne, en grands princes et en grands chrétiens qu’ils élaient, firent cesser cet état de choses intolérable, et ils eurent l’honneur d’être, il y a plus de mille ans, les instruments de la Providence pour donner au St.-Siège apostolique la paix et la liberté sans lesquelles il ne peut régulièrement gouverner l’Eglise.Le peut-il maintenant ?—Le Pape, et avec le Pape tous les Evêques ne le pensent pas ; et voyez si le plus simple bon sens n’csi pas de leur avis.Si le Pape n’avait plus un Etat temporel pour garantir son indépendance, il faudrait nécessairement qu’il fût sujet du prince à qui appartiendrait la ville de Rome dont le Pape est toujours Evêque.Le Pape serait donc sujet français, ou piémontais, ou napolitain, ou autrichien, ou anglais.Qui ne voit, dès lors, les immenses inconvénients de cette position pour l’exercice du pouvoir spirituel: Sans parler des influences et des pressions occultes de son souverain, celui-ci ne pourrait-il pas, dans un moment donné, couper court à toutes les correspondances du Pape avec l’épisco-pat catholique, arrêter ses encycliques et ses bulles, le réduire défait au silence ?Les fidèles, les évêques et les souverains de« autres pays ne seraient-ils pas en légitime et perpétuel soupçon au sujet des actes d’un Pontife soumis à un Prince étranger ?Que serait-ce si ce prince était ennemi politique?Que se-rait-ce s’il était hérétique ou persécuteur ?Et puis, ce prince souverain de Rome ne s’arrangerait-il pas toujours de manière à faire nommer tin Pape.de sa nation et de sa façon?Ne serait-ce pas ruiner, ou à peu près, toute la confiance du monde catholique et politique?11 faut donc, de nos jours comme jadis, que le Pape ait une puissance temporelle, et tel était, du reste, le sentiment de l’Empereur Napoléon 1er.“L’autorité “ du Pape, disait-il, serait-elle aussi forte, s’il restait “ dans un paysqui ne lui appartint pas, et en présence “ du pouvoir de l’Etat?Le Pape n’est pas à Paris, “ et c’est un bien.Nous vénérons son autorité spi-“ rituelle, précisément parce qu'il n'est ni “ croûtes, ni idiots, tels que l'on voudrait nous les “ peindre, et que son prédécesseur immédiat, Grégoi-“ re XVI, qui laissa le pays dans une cond tion de “ prospérité sans exemple, n’était pas un tyran des-“ tracteur.” N’est-il pas étrange que l’on vienne reprocher à l’Eglise romaine de ne pas savoir gouverner, elle qui a donné à l’Europe ses plus grands hommes il'Etat ' Les noms do l’abbé Suger, des cardinaux d’Ambroise, Xitnenès, Albcroni, Richelieu, Mazarin, etc., ne sont- 102 L’ECHO DUans éclat dans son Ccrin, mais pour qu’elle resplendisse, comme un phare tutélaire, sur les Ilots orageux de l’humanité.Aussi bien (pie l’homme, vous avez votre place au banquet des intel-.ligences, et s’il ne lui est pas donné de s’asseoir sur les sommets du génie, ou d’éclairer la marche des 1 siècles par de lumineux enseignements, toute femme a néanmoins un vaste livre à composer: ce livre, dont elle doit éloigner toute idée malsaine, où doit | briller en traits ineffaçables le nom de Dieu, ce livre dont les pages doivent être pures et radieuses comme la face des anges et qu’elle est obligée de faire sublime, c’est le cœur de son enfant.("est vous, Mesdames, dont la main conduit le gouvernail des mœurs et de la société.Celui que vous abritez aujourd’hui sons l’aile de votre sollicitude, demain sera un citoyen de plus parmi les artisans du progrès social.Si vous voulez fournir à la patrie des j défenseurs capables de la servir, éloignez de vos familles l’action de la brochure licencieuse.C’est elle qui énerve el amollit les générations, et quand un peuple s’endort dans les déliées de Capoue, bientôt arrive la décadence avec les chaînes du barbare.Napoléon 1 demandant un jour à Mad.Campan ce qui manquait à la société : des mire.'), répondit celle-ci.Eli bien, faites des mères, ajouta le grand homme.En effet, Mesdames, ce sont les mères qui tiennent dans leurs mains les destinées des nations.C’est vous qui façonnez le cœur de l’homme ; l’hom-I me ajouté à l’homme fait les masses : les masses font 110 L’ECHO DU CABINET les empires.Et sans exagérer l’importance de votre rôle, comme un grand roi et avec plus de vérité, vous pouvez dire : l'Etal c'csl moi ! Messieurs, une chose qui saisit l’admiration du ' voyageur débarqué sur votre plage, c’est devoir comme | s'es! maintenue inébranlable et vivace votre nationalité.malgré un siècle de domination étrangère ; à qui le devez-vous?Je connais peu vos annales, mais je les connais assez pour savoir que e’est la foi qui vous a préservés du naufrage ; le catholicisme qui, par le : ministère de ses apôtres, a conservé dans vos fîmes i le souvenir et les glorieuses traditions de vos ancé-Ires.C’est lui qui, à la sueur de son front et par l'effort d’un infatigable dévouement, a ravi à la tombe cette belle langue qui est votre signe de ralliement et comme la hampe invincible de votre drapeau.Lui aussi qui vous a garanti d’une fusion qui eût été votre ruine ; c’est par lui enfin que vous vivez encore, et je ne crois pas être le jouet d’un puéril enthousiasme en disant, la main sur votre histoire, que le prêtre catholique a été de tout temps, et surtout depuis un siècle, comme le bon ange du Canada.Le Canada sauvé par la foi ; quel beau sujet ! Messieurs ; mais la muse de l’honorable lectureur qui va me succéder à cette tribune, bien autrement inspirée que ma débile parole, fera entendre sur cette thèse les ravissantes mélodies de ses accents.Messieurs, votre nation et surtout la ville de Montréal marche à pas de géant dans la voie du progrès littéraire, mais ici-bas, chaque médaille a son revers.Cueillant à pleines mains les bienfaits d’une civilisation progressante, évitez-en les périls, et ne laissez pas l’abus des lettres s’infiltrer dans les veines de vos générations.De tous côtés, j’aperçois des arènes où, dans de brillantes joutes, l’esprit et le talent rompent des lances, se forment an maniement île la parole, et propa- j gent au loin le crédit des saines idées.Docile au rayonnement de ces institutions, par la suprématie de I l’intelligence, voire cité restera l’aînée de res sœurs et la capitale du pays.Seuls, entre les autres contrées du nouveau monde, dont le commerce et l'industrie sont le premier apanage, vous marchez déjà par vos progrès intellectuels à côté des puissances Européennes.Parmi vous grandit une pépinière d'Ora-tenrs, de Jurisconsultes et de Penseurs judicieux.Le jour se lèvera où vous aurez votre pléiade de chefs-d’œuvre, et le Canada lui aussi, viendra porter sa Ileur à cet immense bouquet littéraire auquel chaque peuple d’Europe a porté la sienne, et cette (leur ne se flétrira pas, car ce sera VimmorteUe.Messieurs, à l’inauguration de cette salle, un éminent orateur disait que l’on ne vous appréciait pas ailleurs comme vous le méritez.C’est vrai, la France ne vous connait pas assez ; mais n’accusez pas votre vieille mère, car elle n’est pas coupable lui a (iris son enfant nu berceau! Depuis ce temps, vous le savez comme moi, le glaive des combats lointains et des guerres civiles n’a cessé de labourer ses entrailles : occupée tour-à-tour à cicatriser ses blessures ou à se défendre de nouveau contre ses enfants révoltés, elle n’a pu songer à ceux qu’elle a perdus.Mais Montcalm et Jacques Cartier ne dorment pas dans leur manteau de pierre.Ils sont là, sous les lauriers des premiers jours, la main sur le pommeau sanglant de leur épée, rappelant au roi, leur maitre, que les héros des plaines d’Abraham et de Chateau-guay vivent encore dans une splendide postérité, et si le cri des vivants lut autrefois méprisé, cet appel d’outre-tombe ne retentira pas aujourd’hui sans écho, car sous la pourpre du trône, elles ne sont plus,grâce à Dieu, les tyrannies d’une Pompadoure.llien-tôt, la lumière jaillira, l’éclat de vos mérites se reflétera au-delà des mers ; et à ce feu sacré du patriotisme qui brille dans vos poitrines, à cette ardeur du bien du beau et de l’honnête, à ce langage si purement conservé, à cette loi vive et solide, la patrie de vos cœurs reconnaîtra les fils de son amour et de son sang.Des rives dit St.Laurent aux rives de la Seine, il se fera comme une harmonieuse ondulation de sentiments : a travers l’atlantique, sur le pont de la pensée, s’échangeront sans cesse entre les deux plage-.de féconds entretiens, et alors, l’heure marquée au cadran des inondes par le doigt de la Providence, verra peut-être l’accomplissement de grandes choses.L'Eglise au Canada, PROVINCE ECCl.KSIASTqi'E DE HALIFAX.(1) Les colonies anglaises du golfe Saint-Laurent, qui composent la province ecclésiastique de Halifax, ne portent pins dans l’histoire le nom de Canada, et elles jouissent de gouvernement* et d’institutions parfaitement distincts.Mais elles ont fait partie, pendant un siècle et demi, du diocèse de Québec ; Charlevoix et tons les auteurs anciens les considèrent comme îles dépendances du Canada : et nous préférons conserver les désignations données autrefois par la France plutôt que d’adopter celles imposées depuis lors par l'Angleterre.L’Acadie, appelée aujourd'hui Vouvelle-Ecosse par les Anglais, est une vaste péninsule décent vingt lieues de longueur, unie au Continent par l’isthme étroit de Heauséjour.L’Acadie eut des missionnaires avant Québec ; et dès l’année 1011, deux Jésuites, les PP.Biard et Masse, élevaient la croix à Port-Royal (devenu \nnapolis ).Mais leur mission fui bientôt détruite par les Anglais ; et il en fut de même de toutes celles , Bureau de Poste, Montréal.( )n s’abonne chez M.Jeun Thibaudeau, au Cabinet de Lecture paroissial rue Notre-Dame, et chez MAI.Plfnguet et Oie., Imprimeurs.Imprimé par Fliugucf k (lie,, 26, rue St.üabriel.
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