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Titre :
L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
vendredi 1 avril 1864
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
Lien :

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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1864-04, Collections de BAnQ.

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L’ECHO DU llevue Religieuse, Sclentillque, Historiques Littéraire et Artistique, Vol.VI.Montréal (Bas-Canadu), lcr.Avril 1804.No.7.1 BO.MMAIHB.—Chronique.—Do 1 intervention «lu Clerjjé dans j 1rs iill'uires politiques, pur Messire Giband, Prêtre.— Biographie de l'Hon.Sir Louis llypolite LaFontaiue, ; Barouet, Juge en Chef.—Jacques-Carlier.—Annonces, CHRONIQUE.Nous devons, avant tout, remercier l’Hono-rable P.J.0.Chauveau d’avoir bien voulu nous prêter les deux planches d’où nous avons tiré es gravures qui accompagnent l’article, intitulé : “ Jacques-Carlier.” Les journaux canadiens annoncent le décès de Messire Tonpin, curé des Trois-Rivièrcs.Nous regreltons sa mort, car c’était un homme riche de vertus et de science, et qui pouvait encore rendre de grands services à son pays.Nous publions, aujourd’hui, les principaux passages de l’intéressante causerie de Messire liiband, sur “ l’Intervention du Clergé dans les allaires politiques.” Ce travail dévoile et réduit à leur plus simple expression certaines fausses notions de liberté, introduites et propagées dans ee pays par la mauvaise foi et l’ignorance.Il y aura, mardi, le 12 du courant, au Cabinet de Lecture Paroissial, une séance publique qui sera remplie par une lecture de M.Michel, sur “ la méthode employée dans l’Amérique Méridionale pour la recherche et l’examen des gisements aurifères,” et par une lecture de M.Paul Stcvens, sur “ les dix-sept héros du Long-Sault.” Plusieurs projets do loi, introduits récemment dans l’Assemblée Législative, méritent l’attention de nos hommes publics.Parmi les plus importants, nous remarquons celui qui a pour objet de faire fixer le taux de l’intérêt.Nous souhaitons de tout notre cœur que cette question soit décidée; car le système actuel de liberté illimitée entraîne les plus graves conséquences et les plus grands malheurs.Un sujet, non moins important, est celui qui a rapport aux mines.Il ne serait que juste d’assurer à nos compatriotes et à l’Etat la plus grande part de cette richesse que possède notre sol.A propos fie mines, nous prenons la liberté de recommander à ceux qui s’y intéressent, de consulter un homme parfaitement au fait de leur découverte et de leur exploitation; nous voulons parler de M.Michel.Dans l’intérêt de ce dernier et de ceux qui voudraient l’employer, nous avons cru devoir indiquer, sur notre dernière page, l’adresse de ce monsieur.La semaine dernière, le bruit s’est répandu par la ville que le ministère MacDonald-Dorion avait résigné : cette nouvelle a été presqu’im-médiatement confirmée.Un nouveau cabinet est actuellement en voie de formation.Nous voyons, par les journaux américains, que le Sénat de Washington a passé, le 18 de mars, une résolution autorisant le gouvernement à déclarer que le Traité de Réciprocité cessera d’existerà partir du 21 de septembre 1SG5.Trois commissaires doivent être chargés par les Etats-Unis de s’entendre avec un égal nombre de commissaires de la Grande-Bretagne sur les conditions d’un autre Traité.Lincoln vient de décréter une nouvelle levée de 200,000 hommes pour continuer la guerre contre le Sud.Voilà 700,000 hommes appelés sous les armes depuis le commencement de l’an- 93 L’JÎCIIO DU CABINET née.Il faut avouer qu’à ce prix l’Union coûte bien cher.Les relations amicales de la France avec le gouvernement de l’Equateur sont rompues ; mais les causes de ce nouveau conflit sont encore inconnues.Le chargé d’affaires de la France, à Quito, a amené son pavillon.L’Archiduc Maximilien a du s’embarquer, le 28 de Mars, pour le Mexique.La question dano-allemande n’est pas encore décidée.Elle a passée successivement par différentes phases, que Le Momie résume ainsi: “ L’affaire dano-alleman le se développe tout en paraissant rester immobile On peut maintenant mesurer avec exactitude l’espace déjà parcouru.D’abord, il ne s’agissait que d’une simple exécution fédérale dans le Ilolstein : l’exécution a été faite sans coup férir, et les troupes fédérales se sont avancées jusqu’à l’Eiiler.Mais le Danemark en refusant de retirer la Constitution du 18 Novembre, continuait de violer les droits du Ilolstein et ceux du Sehleswig.placé il est vrai en dehors de la Confédération Germanique, mais indissolublement lié au duché de Holslein.Alors l’Autriche et la Prusse sont entrées en scène, et l’occupation dn Sehleswig comme garantie a été résolue.Cette fois, si les danois résistaient, c’était la guerre entre le Danemark et les deux grandes puissances allemandes.mais non encore avec la Confédération.Le Danemark a résisté, la guerre a commencé, le Sehleswig a été envahi, et il ne rote plus aux Danois que la forteresse de Duppel el l’ile d’Alsen.Ce second pas devait mener à un troisième.L’Autriche et la Prusse maîtresses de tout le Sehleswig auraient pu s’arrêter et alors aurait commencé la campagne diplomatique sur la question de succession.“ Mais le Danemark, en se maintenant à Duppel prolongeait la guerre : par le .lutland, il menaçait l’armée austro-prussienne: celle-ci, pour se couvrir du côté du nord, a été amenée à occuper Kolding et la partie méridionale du Jutland.Cette fois ce n’était plus la guerre localisée, c’était la guerre générale entre le Danemark et les deux grandes puissances.Un quatrième pas est à la veille de se faire.Le Danc-j mark en mettant l’embargo sur tous les navires de commerce allemands, s’attaque autant à la Confédération qu’à la Prusse et à l’Autriche ; il fait entrer dans la guerre directe cette Confédération, qui, jusqu’ici, n’avait pas été au-deià de l’exécution fédérale dans le Ilolstein; voilà donc la guerre qui s’ouvre entre le Danemark et l'Allemagne tout entière.Ce dernier fait rapproche les Etats secondaires des deux grandes puissances ; i! resserre i’alliance de celles-ci, (pii semblait ébranlée, et il unit dans une action commune toute l’Allemagne, c’est-à-dire, une nation de soixante millions d’à mes.Tels sont les développements qu’a déjà pris la question dano-allemande; c’est l’ouvrage des deux premiers mois de l’année 18G1 et le printemps n’est plus loin de nous.” Le Roi de Danemark et son peuple sont fermement décidés à continuer la guerre avec toute l’énergie possible.Ils espèrent probablement qu’en retardant le dénouement, quelques complications nouvelles surgiront pour les tirer d’embarras.11 est certain, cependant, qu’ils finiront par être écrasés s’ils restent seuls pour soutenir la lutte, Leurs fortifications de Duppel ne peuvent tenir plus de quelques mois et leur flotte qu’on disait si considérable, est en réalité bien inférieure à celle de l’Autriche.Aux dernières nouvelles, ;î brigades autrichiennes s’avancaient sur Frédéricia, dans le Jutland.On dit que la France et l’Angleterre se sont accordées sur les bases d’un traité qui terminerait la guerre et maintiendrait la paix en Europe.On dit aussi que la Russie a mis sur pied 150,000 hommes pour tenir la Suède en échec si elle tentait de joindre l’alliance anglo-française.Ces rumeurs ont besoin d’être confirmées.Plusieurs complots d’une nature révolutionnaire ont été découverts dans la Province de Gallicie appartenant à l’Autriche.Des mesures énergiques ont été prises et l’Etat de siège a été proclamé.L’Autriche a élevé à 180,000 hommes l’armée qu’elle entretient dans la Vénétie.Ces troupes sont sous le commandement de l’Empereur.L’insurrection polonaise se maintient toujours sans perdre de terrain.Dans la journée du -2 février, les polonais, retranchés dans la ville d’Opatow, dont ils s’étaient emparés, ont soutenu avec honneur plusieurs assauts de la part des Russes.Il est hors de douteque la lutte est loin de toucher à son terme.En France, les quatre Italiens arrêtés, le 3 Janvier, pour avoir conspiré con're la vie île l’Empereur ont été jugés et trouvés coupables.Grcco et Trabuco ont été condamnés à la déportation pour la vie, et Imperatori el Saglio a 20 ans de détention.Il ressort évidemment du procès que ces misérables avaient été soudoyés par Mazzini.Un nommé Stansfeld, membre du DE LECTURE PAROISSIAL.99 Parlement anglais, qui déjà, en 1857, avait été désigné comme trésorier de la conspiration de Tibaldi contre la vie de Napoléon III, s’est trouvé compromis de nouveau dans le dernier complot des Italiens.Les anglais devaient évacuer, le 1er.Mars, les Iles Ioniennes et les remettre à la Grèce ; mais le gouvernement hellénique n’ayant pas autorisé son plénipotentiaire à signer le traité de cession, ce fait a été ajourné jusqu’après la signature du traité et l’échange des ratifications.On parle de l’occupation par les Turcs des principautés danubiennes et l’on croit qu’au moment où ces derniers pénétreront dans la Va-lachie, les Russes occuperont de leur côté la Moldavie.Dp L'Intervention du Clergf dans les a (Ta ires politiques.M.l’abbé Giband s’excusa d’abord de présenter une étude qu’il trouvait bien imparfaite.Pris pour ainsi dire à l’improviste, il était obligé de donner ses notes avant d’y avoir mis la dernière main ; mais il comptait sur la bienveillance de son auditoire.Pour nous qui l’avons suivi avec une scrupuleuse attention, nous pouvons assurer (pie sa modestie n’avait pas besoin de ces excuses, et les chaleureux applaudissements qui l’ont souvent interrompu ont dû lui prouver que le publie goûtait à la fois le fond et la forme de sa lecture.En voici les principaux passages : Le clergé peut-il, doit-il même intervenir dans les affaires politiques et dans quelles mesures?Cette question est triple, c'est-à-dire, quelle a trois parties qui vont diviser notre entretien.Vous remarquerez sans peine toute l’importance, toute l’actualité d'une pareille question.Vous avez sans doute plus d’une fois entendu dire et répéter autour de vous, vous avez pu lire dans je ne sais combien de journaux et de livres de notre temps, que le clergé n'a pas le droit de se mêler de politique, et autres assertions de ce genre devenues banales à force d'être répétées par ceux qui n'ont rien de plus concluant dans leur répertoire.Qu’y a-t-il de vrai, qu'y a-t-il de faux dans ces assertions si hardies ?c’est ce qu’il s’agit d’examiner présentement : abordons franchement cet examen de part et d’autre, et 110 craignons pas d’envisager en face ce qui est ici la pure vérité, dussions-nous y perdre quelqu'un de nos préjugés favoris, y laisser quelqu’une de nos illusions, de nos préventions les plus chères.A ce jeu là qui perd gagne.1ère.Question : Le clergé peut-il intervenir dans les affaires politiques, en d’autres termes a-t-il ce droit?Pourquoi pas?Le prêtre n’estril pas citoyen comme tout le monde ?Et tout citoyen, par cela seul qu’il est citoyen, n a-t-il pas le droit de se mêler des affaires de son pays, d’en parler, de s’en occuper, de s’y intéresser et même d y mettre la main, autant que le lui permettent les lois et les constitutions qui le régissent ?Au-jourd hui surtout 411e les peuples sont appelés presque partout il prendre une part active dans le gouvernement de la chose publique, de quel droit priver de cette intervention toute une classe de citoyens respectables d’ailleurs, un seul citoyen même que ses crimes ou sa folie n’ont pas fait mettre hors la loi ?Vous seriez tous les premiers à crier à l’arbitraire et il l'injustice si quelqu'un s’avisait d'invoquer cette exclusion contre toute autre classe de citoyens que les prêtres, et vous auriez grandement raison.Pourquoi deviendrait-elle légitime contre ces derniers?Serait-ce parce qu’ils ne sont pas citoyens ou qu’ils 11e sont pas assez éclairés pour exercer convenablement les droits civils?Vous n'oseriez le soutenir.Quoi ! vous accordez l’exercice de ces droits au dernier des citoyens, et vous le refuseriez au clergé, c'est-à-dire, quoiqu’on en dise, à l’une des portions les plus éclairées, les plus saines de la société ! Non encore une fois, vous n'oseriez ni commettre, ni soutenir une si criante iniquité.Mais alors, pourquoi frapper le prêtre de cet interdit civil ?Ah ! je vous entends, c’est parce qu'il est’ prêtre, et que comme prêtre il ne doit s'occuper que de ce qui est du ressort de son ministère.Il est prêtre, il est vrai, mais cette dignité, quelque sublime qu’elle soit, n'absorbe, ne détruit point en lui la qualité de citoyen ; elle lui en laisse tous les droits.Entendez-vous encore après dix-huit siècles la voix du grand apôtre St.Paul rappelant à un tribun de César qui s'apprêtait à le faire fouetter, qu’il est citoyen romain, civis romanus suiii, et faisant par cette seule parole tomber les fouets des mains de scs bourreaux ?Tout prêtre aurait, au besoin, le droit d’invoquer la même justice et pour le même motif.Et remarquez bien qu'il ne s’agit point ici de privilège : nous le savons, le temps des privilèges est déjà loin de nous ; nous ne réclamons ici pour le clergé que l’égalité devant la loi qui est aujourd'hui, une des bases de l’édifice social ; nous ne demandons pour lui que ce qu’on accorde à tout le monde, en général ; et de même qu’on le traite sur ce pied d’égalité quand il s’agit do soumission aux lois de son pays, de taxes, de cotisations, de toutes les charges, en un mot, qui pèsent sur tous les citoyens, de même nous voulons qu’il soit également admis au partage et à la jouissance des droits politiques, attachés au titre de citoyen.Quy a-t-il là qui sente le privilège ?N’est-ee pas plutôt 1 application rigoureuse des principes démocratiques, sur lesquels repose la société moderne ?De plus le prêtre, ainsi que nous le dirons tout a l’heure doit comme prêtre, au moins dans certaines mesures, et en certaines circonstances, intervenir dans les affaires politiques ; donc, il le peut.A ous aurez beau dire qu’il est à craindre qu il ne mêle a tort et à travers le temporel avec le spirituel et n’abuse mémo de celui-ci à propos de celui-là.Nous vous répondrons que les abus de l’exercice dans le droit ne prouve rien contre sa légitimité, A ce compte il faudrait interdire tous les citoyens dans l’exercice de ce droit politique 100 L’ECHO DU CABINET est pas qui n’abusent quelques fois ou ne mais on ne songeait nullement à contester le droit qu’a puissent abuser de ces droits pour des fins criminelles | tout citoyen de se mêler des destinées do son pays et et détestables.Nous vous répondrons que ce sont les j du maniement do ses intérêts.Dans des temps plus droits civils du clergé et en particulier le droit d'intervenir dans les affaires politiques que nous détendons et non point l'abus que quelques-uns en pourraient faire et dont il serait injuste de l'accuser en corps ; nous réprouvons ces abus aussi énergiquement que qui que ce soit, et nous tâcherons de proposer plus tard quelques moyens de les prévenir.Pour le moment bornons-nous à constater l’existence des droits politiques du clergé.A la preuve que nous venons de tirer du fond des choses par le procédé du raisonnement nous pourrions ajouter les preuves extrinsèques de l'expérience et de l'histoire, mais pour cette seconde preuve, le temps m’ayant manqué pour faire les recherches convenables je ne la développerai pas.Je laisse ce travail, j’ose même le conseiller à quelques-uns des jeunes gens studieux qui sont ici.11 s'agirait, chose facile avec le temps, de prouver l’histoire à la main, qu’à toutes les époques et dans tous les lieux le clergé est intervenu plus ou moins dans les affaires politiques.Cette proposition vraie en général pour tous les peuples qui ont paru sur la surface de la terre, l’est encore bien plus pour les peuples chrétiens.Parcourez les annales et vous remarquerez qu'à toutes les époques de leur histoire, le sacerdoce, quoiqu’à des degrés différents, a exercé sur l’empire, comme 011 parlait autrefois, une influence due à l’éclat de ses lumières, à l’autorité de ses divins enseignements, quelques fois même au génie et à la sainteté de ses ministres.Blâmez, si vous voulez, rois et peuples, d’avoir accepté cette intervention de l’Eglise, de s’y être soumis, de l'avoir même souvent provoquée comme la meilleure sauve-garde.les rois de leur autorité, les peuples de leur liberté, le fut n'en est pas moins incontestable, savoir, (pie, pendant 15 siècles du Christianisme, c’est-à-dire, depuis le premier empereur chrétien jusqu’à nos jours, le sacerdoce catholique, loin de rester étranger au gouvernement des peuples, aux révolutions des empires, aux mouvements des nations vers leurs destinées, y a toujours pris une part très-active.Tant pis pour ces peuples, direz-vous peut-être avec les plus fanatiques ennemis de l'Kglise.Eh bien ! qu'il soit permis à d'autres de dire tant mieux.Mais ce n'est pas la question pour le moment.11 ne s’agit pas ici d’apprécier cette action de l'Eglise sur le gouvernement temporel des peuples, nous nous bornerons à la constater comme un fait irrécusable, admis de tout le monde, même de ses adversaires qui en font une de leurs principales accusations contre elle et contre ses ministres.Ce fait est tellement universel qu'il n’a pas cessé de se produire aux époques même les plus mauvaises delà vie des nations chrétiennes.Ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, sur la liu du dernier siècle, alors qu’un orage politique fermentait dans le sein de la nation française, on vit le clergé représenté dans les Etats Généraux par plusieurs de ses membres les plus distingués.Au plus fort même de la tempête révolutionnaire, il ne cessa point d’avoir ses organes dans les assemblées nationales et il 11e vint alors à l'esprit de personne, du moins que je sache, de l'exclure des comices de l'état et de lui in terdire le domaine de la politique.Sans doute 011 voulut le forcer à transiger avec des principes, avec une constitution civile que sa conscience repoussait, rapprochés de nous, lors de ce nouvel et dernier essai de république tenté par la même nation, il y a Iti ans, le clergé, comme tout le monde se le rappelle, fut admis à prendre part à cette tentative, soit comme électeur, soit comme éiigiblc même à la dignité de représentant de la,nation, et l’on put voir des religieux, des prêtres, des évêques même venir s'asseoir sur les bancs de l'assemblée nationale, comme on voit encore des cardinaux au Sénat .le la même nation, des lords évêques à la chambre des Lords en Angleterre, des ecclésiastiques dans la chambre des députés en Belgique et ailleurs.Que conclure de ce fait si constant et si universel, savoir Y intervention du clergé dans les affaires politiques, sinon que cette intervention est pour lui un droit reconnu de tous les peuples, et principalement des peuples chrétiens.11 est facile de crier à l'ambition des prêtres, à l’esprit de domination qu'on suppose les animer.Mais il n’est pas aussi facile d'expliquer comment les peuples les plus éclairés, les plus civilisés de la vraie civilisation, qui est celle de l’évangile se sont accordés jusqu’ici à reconnaître dans le clergé ce droit d’intervenir, à l’accepter toujours, du moins en principe, dans les temps mêmes très-orageux, où beaucoup de ses autres droits étaient méconnus et foulés aux pieds.La seule explication plausible de cet accord unanime des peuples et surtout, des peuples chrétiens, sur un l’ait de cette importance, est dans l’évidence,l'ineontestabilité du droit qu'a le clergé d'intervenir dans les affaires politiques.Ce droit ressor tira encore avec plus d'évidence et de certitude, s'il est.possible, quand nous aurons établi que cette intervention est souvent pour le clergé non seulement un droit, mais encore un devoir.C'est l'objet de notre seconde question.'lr Question.Le clergé doit-il intervenir dans les affaires politiques ?Rappelons ici cc principe qu’il ne faut jamais perdre de vue dans cette matière, savoir : que le prêtre est tout à la fois citoyen et prêtre, membre de deux sociétés distinctes quoique mêlées ensemble sur le théâtre de ce monde, ih l'état et th l'église.Or, je 110 crains pas de le dire, j'en ai les preuves en main, le prêtre, et comme citoyen et comme prêtre, doit au moins dans une certaine mesure et une certaine circonstance que nous tâcherons de préciser plus tard intervenir dans les affaires politiques.Comme citoyen d’abord : n'est-ce pas en effet un devoir pour tout citoyen, digne de ce nom, de s’intéresser aux destinées di' son pays, de prendre fait et cause pour tout ce qui a rapport à sa gloire, à sa prospérité et d'user de tous les moyens légitimes pour les avancer?Pourquoi le prêtre serait-il dispensé de ce grand devoir?Il 11e le demande pas, bien s’en faut, et il est aussi capable que qui que cc soit de le remplir.T1 y a certaines gens qui sembleraient n’être pas éloignés de croire que sous l’habit noir qu’il porte le prêtre n’a pas de: cœur pour son pays natal ou adoptif ou que, s'il en a un, ce cœur est tellement rétréci pur les vues étroites de l'ambition et de l’égoïsme, qu’il est impassible, indifférent aux intérêts de la patrie et incapable de remplir les devoirs d un bon chrétien.De telles idées ne sauraient prévaloir dans un esprit droit et impartial et 11e mén T)E LECTURE PAROISSIAL.101 tont 0, M.Baldwin avait été contraint île remettre son portefeuille, sur un vote de non-eon-liance qui 1 avait profondément blessé.L lion.LaFontaine ne le vit pas se retirer sans éprouver de vifs regrets et se choisit alors M.Ilineks pour collègue.(' est vers ce temps que commença à s'agiter la question de la Tenuro-Seigneuriale.Le premier .Ministre avait proclamé lui-iuênie : “l'abolition delà Tcnure-Seigneuriale une question d'ordre publie"; mais erai gnant que dans un moment d irréflexion on ne portât atteinte a la propriété, I bon.LaFontaine voulut temporiser; mais il échoua et se vit forcé, lui aussi, de remettre son portefeuille à son ami.M.Morin.Peu de temps après, ses constituants de Montréal lui offrirent un banquet auquel prirent part un grand nombre de citoyens très-distingués du pays.On y remarqua 1 illustre Ampère, de 1 Académie Française, qui visitait alors le Canada.L hon.Lal'ontaine rentré dans la vie privée, reprit les exercices de sa profession avec la même ardeur, la même assiduité et le même succès que dans ses premières années.Quand il devait plaider une cause, c était presqu un événement, et I fin voyait accourir au Palais tous les jeunes avocats avides de recueillir la parole de l'ancien ministre et de se former à son école.En I s.>2, un épouvantable fléau qu'on ne se rappelé encore aujourd lmi qu'avec terreur, vint fondre sur notre ville, I n incendie qui dura deux jours réduisit en cendres des quartiers immenses de Montréal et en jeta une partie de la population dans les rues, sans ressources aucunes, sans vêtements, sans abri et sans pain, 'DE LECTURE PAROISSIAL.106 Un comité de secours fut aussitôt organisé et M.LaFontaine en prit la direction.Non content de souscrire lui-même pour unu somme considérable, il prodigua encore son temps, ses peines et son arpent jusqu'à ce qu'enfin toutes les victimes eussent un abri et leur subsistance assurés.L'année suivante, la mort enlevait à la magistrature Sir James Stnart, •luge en cliet'du Banc de la Heine.Sa place fut offerte à l'hon.LaFontaine qui l’accepta.Mais au milieu de tant de travaux, sa santé s’était épuisée, line maladie grave qu’il avait laite en 1K-ÜI avait laissé des traces profondes et altéré sa santé jadis si florissante.Avant de vaquer à ces hautes Jonctions non moins laborieuses, l'honorable Juge demanda du repos.Un congé lui fut accordé et il lit son second voyaire en Europe, où il visita l'Angleterre, la France, la Belgique, nouant partout des relations avec les hommes les plus distingués.De retour en Canada, il siégea, pour la première fois, à la Cour d'Appel, le 1" Juillet 185-1.1 n mois après, fî.M.la Reine Victoria, en reconnaissance de scs services et pour honorer ses talents et son mérite, lui coulera le titre héréditaire de Baronet du Royaume-l ni : la plus grande distinction qui eût encore été accordée à un lius-Canadicn dans l'ordre civil.Presqu’en même temps il fut décoré de 1 Ordre Romain de St.Sylvestre avec plusieurs de nos concitoyens dont .Mgr.île Bedini avait recommandé les noms à l’attention du Souverain Pontife pour les services i|ii ils avaient rendus à la religion dans leur pays.L'année suivante (1*55).la Cour Seigneuriale ayant été établie, l'hon.I,a Fontaine en présûln les assemblées et y rendit les plus grands services.“ Ses observations sur le régimo féodal en Canada resteront comme un monument de sa science profonde en Jurisprudence.Au milieu de ses graves occupations, le grave magistrat trouvait encore des heures de loi-ir qu il consacrait i\ l'étude de la littérature ; mais ses goûts le portaient de préférence à létude de l'histoire et i\ la recherche des anciennes généalogies du pays.C'est en s'occupant de ces travaux ayant trait a notre histoire, que Sir h.II.IjaF'ontaine se lia intimement avec M.l'abbé Paillon du Séminaire de St.Sulpice.Ces deux grandes intelligences étaient bien laites pour se comprendre et s'apprécier.Sir h.11.LaFontaine fut douloureusement éprouvé en 18,"iX par la mort de sa femme.Lady LaFontaine joignait à un grand fond de piété une charité intaris sable et son nom se trouve mêlé à presque toutes les bonnes oeuvres du pavs.Elle a contribué puissamment à la fondation de la Providence de Montréal : elle aidait de ses secours les Religieuses de l’ilôpital-tiénéral, du Bon Pasteur, les orphelines, les salles d Asile et envoyait des présents à presque toutes les communautés tant a Montréal qu'à Québec.Sandwich et Bytown.Sir L.II.LaFontaine n'eut point d'enfants de ce mariage, et, en lSlil, il épousa en secondes noces, Madame Kinton, sœur de Mgr.Morrisson et veuve d un officier des Ingénieurs Royaux.Il en eut un lils, aujour-d hui âgé de dix-huit mois, qu'il laisse héritier de son nom et de son titre.Le travail excessif que s’imposait Sir I.11.La!'mitaine fut cause qu’une première attaque d apoplexie, en 1802, l'obligea de prendre quelque repos.Les médecins lui conseillèrent le voyage à l’étranger et il parti une troisième fois perur l’Europe, accompagné de son beau-trère le Rév.M.Morrisson qui vient d’être nommé coadjuteur de ! Evêque de Vancouver.I)ans ce voyage, il visita les sanctuaires les plus vénérés de la France et de 1 Italie.A Lyon il se rendit à la montagne de Fourvières.Après avoir fait sa prière dans le sanctuaire, il examina, l’un après l’autre, les ex-voto que la piété et la reconnaissance des fidèles ont attachés aux murailles du temple.Cette histoire vivante, souvenir de tant de grâces obtenues par l’intercession de la Mère de Dieu toucha profondément l’honorable Juge.De grosses larmes roulaient dans scs yeux, et avant de quitter ce pieux Pélérinage, il s’approcha du tronc pour y déposer sou offrande.Au mois de Juillet ISii.’î.Sir L.11.LaFontaine, de 1 retour au pays natal, reprit ses fonctions de magistrat avec une assiduité qui ne contribua pas peu à provoquer une seconde attaque plus fatale que la première et ; qui devait être la dernière.Le ’25 février, I honorable juge en chef siégait avec : les I Ions, juges Moudelet et Badgley, lorsque .M.Carter, greffier de la Couronne, et M.Labelle, avocat, entrè-rent.pour faire signer à Son Honneur une requête , d Imitas fur/ms.Sir L.II.LaFontaine prit le document, mais ses doigts essayèrent vainement d'en tourner les pages.La requête tomba à terre avec d autres papiers.Le juge laissa échapper aussi deux ou trois fois son mouchoir de poche, On s'empressa de lui épargner la ! peine de ramasser ces objets.Dans un certain moment, Sir L.ll .La Fontaine se mit lui-même à ramasser de petits morceaux de papier sur le tapis qui couvre le plancher.C'était probablement pour constater qu'il lui restait quelque force.M.Carter ayant de nouveau demandé à l'honorable juge de signer la requête, il réussit à le faire.Ce fut le dernier acte officiel de sa vie.Quelques instants après, il partait du Palais de Justice pour aller bientôt comparaître devant le Juge Suprême.Transporté chez lui, il demanda aussitôt son dis, le couvrit de baisers, lit le signe de la croix, prononça les noms de Jésus, de Marie et de Joseph, et perdit connaissance.11 lie la recouvra plus.Pendant ce temps on s'était empressé de demander les secours de la religion.M.le (iraud Vicaire Truteau arriva peu après et l ad-j ministra.MM.les Docteurs Beaubien et Nelson, appelés en toute hâte, accoururent au chevet du malade ; les .secours de l'art furent inutiles.Le lendemain, dans la nuit, entre deux et trois heures ' du matin, celui qui avait jugé les hommes, se présentait devant le Juge Suprême île toute Justice.II.La nouvelle de cette mort causa partout le pays une profonde douleur.Les deux Chambres de la Province et les différentes Cours s'ajournèrent aussitôt en signe de deuil, jusqu’à ce qu'on eût rendu les derniers devoirs i à l'illustre défunt.Jamais deuil public ne revêtit un caractère plus national.Les coins du poêle étaient portés par les lion, Juges Badglev, Moudelet, Caron, Drunimond et Mere-dith, et par les lion.MM.de Beaujcu, Papineau et C.S.Chorrier.A la suite du char funèbre, on distinguait ses deux : frères, le licut.-gén, Sir \Y.F.Williams, le major-gén. 106 L’ÉCHO DU CABINET Lindsay, les Honorables Juges Duvnl, Aylwin, Berthe-lot, Loranger et Monk, et tout ce que notre société compte de distingué dans la magistrature, l'armée, le barreau, les professions libérales et le commerce.Ce fut Mgr.de Montréal qui officia, assisté de Mgr.Viuet, Curé du Saultau-Kécollet, de M.Verreau, Principal de l'Ecole Normale, et de M.Avilu Valois.L’Evêehé, le Séminaire, les Jésuites, les Oblats, les Collèges de Montréal et de Ste.Thérèse, et toutes les communautés religieuses de la ville étaient représentés par des députations de leurs membres.Plusieurs curés, parents ou amis de la famille, Mgr.Morrison, M.Pépin, Curé do Boucherville, les llévds.MM.Lavoie et Papineau, etc., s’étaient empressés de se rendre à cette triste cérémonie pour laquelle l'immense Eglise Paroissiale semblait trop étroite, tant la foule était grande.Au moment de faire l’absoute, Mgr.de Montréal prononça d'une voix profondément émue l'oraison funèbre qui suit : Mes frères, “ Avant d'arriver à cette tombe pleine do souvenirs, nous nous arrêtons un instant pour vous communiquer une pensée qui nous pénètre vivement.11 y a vingt-quatre ans.l’on déposait dans les voûtes de cette église les restes mortels d’un vénérable ecclésiastique du Séminaire.M.Rocque, dont la mémoire sera à jamais en bénédiction dans ce diocèse, à cause de l’élan heureux qu'il donna la bonne éducation, en dirigeant le Petit Séminaire de cette ville, et en formant tant de bons sujets qui ont fait l'honneur du sacerdoce et la gloire de la société.C’est sous la sage direction de cet habile maître que le Juge en Chef, à qui nous allons rendre les devoirs de la sépulture, s'était préparé à remplir les hautes fonctions dont il s'est si honorablement acquitté.En voyant passer sous ses yeux la dépouille mortelle de son ancien directeur, il ne put contenir son émotion, il lui fallut laisser tomber sur sa tombe chérie des paroles d'adieu qui prouvaient et son bon cœur et les sentiments de vénération qu'il conservait pour cet ami dévoué de la jeunesse ; Adieu pour toujours, lui dit-il, vous, qui par vos soins multipliés avez mérité nos plus affectueuses sympathies.“ En présence de cette tombe funèbre, nous recueillons ces paroles d’adieu que le temps n’a pu effacer et nous les appliquons à celui qui les prononça avec tout l’accent du regret et de la douleur : Adieu dune pour toujours, vous qui fûtes la lumière de notre judieature et de notre barreau ; adieu, vous qui étiez à hi tête de notre pays.“ La religion et la patrie sont ici réunies comme deux sœurs affligées, pour faire entendre dans cette vaste cn-cûinte, leurs gémissements et leur douleur.Car ce qui fait ici le plus bel éloge de ce citoyen, c’est le regret qu’il laisse au sein de toutes les familles.En effet, il faut avoir beaucoup mérité, pour être beaucoup regretté, comme l’est ce chef de notre justice.“ L’Eglise, en faisant pour lui les prières quelle a coutume d’adresser à Dieu pour scs enfants mourants, n^a pas manqué d'implorer en sa faveur son infinie miséricorde, en lui représentant humblement et avec confiance, que, quoiqu il eut péché, il n’avait pas cependant cessé de croire en un seul Dieu en trois personnes.Licet enim peccaverit, tamen Patron et Filium tt Spiritum aanctum non negavit, sed credidit.Car en se sentant frappé du coup qui l'a enlevé, il s'est armé de ce signe de salut et a invoqué le nom de Jésus dont il est dit que quiconque invoque avec confiance le nom divin sera sauvé.Quicumque invocavevit nomen Dornini saints crit.11 ne faut pas s'en étonner ; car il se faisait une gloire de faire sur lui ce signe de salut, même à la table des Gouverneurs, tout exprès pour qu’on sût bien qu'il tenait à passer pour catholique.C'est aussi pour cette raison qu’il lui est arrivé de se prosterner en pleine rue, devant le St.Sacrement que l’on portait publiquement pour la communion des malades.*• Nous devons ici avouer à sa louange qu’ayant eu à gouverner l’Eglise, pendant qu’il était à la'tête du gouvernement et de la justice, nous n’avons eu qu'il nous louer des rapports que nous avons eus avec lui, parce que nous l'avons toujours trouvé disposé à respecter les droits qu a la Religion de se faire protéger par l’autorité publique.C’est d’ailleurs ce qu’attestent les actes de son gouvernement et les jugements qu’il a prononcés du haut du tribunal sur lequel il a sié^é avec tant de gloire.“ Nous devons aussi rendre hommage à son bon cœur, car nous savons de source certaine que ce n'était pas sans verser des larmes de compassion sur les misères qu’abritent nos institutions et sans y répandre les bienfaits de sa charité, qu’il faisait la visite des asiles et hospices consacrés à soulager toutes les souffrances.“ Mais le voici maintenant couché dans sa tombe et prêt a descendre dans sa dernière demeure.Il nous iait entendre du fond de cette tombe des jugements nouveaux qui sont des oracles qu'il nous faut recueillir soigneusement.—0 vous qui jugez la terre, instruisez vous par mon exemple, et apprenez à apprécier les honneurs et les biens de ce monde leur juste valeur.Km-dimini cpn judieatis terrant • car vous voyez que la mort n épargne personne, et qu'elle frappe dans tous les rangs et dans toutes les conditions.\ nus voyez aussi qu il ne lui faut pas beaucoup de temps pour faire descendre du sommet de la grandeur au fond d'un tombeau, où bientôt on ne sera plus qu’une poignée de cendres, ("est aujourd hui mon tour, ce sera demain le vôtre.Pensez-y bien, llodii mihi, cras tibi.La porte par laquelle je vais me lancer dans l'éternité ne se fermera pas après moi, et bientôt vous me suivrez.— A nous tous de profiter de ces grandes et touchantes leçons.En achevant maintenant d accomplir nos rites sacres, nous allons demander la lumière éternelle pour celui qui par sa science a éclairé les autres.Nous allons demander le repos de la Patrie céleste pour celui qui est mort en travaillant pour lu bien de cette patrie terrestre qu il quitte pour toujours.Nous allons il mander un lieu de rafraîchissement pour celui qui vi souvent fit tomber la rosée de scs largesses et de ses aumônes sur ceux qui avaient faim et soif.Ipsi in ( hristo qniesee.nl) lorum refugii, lucis et paeis, ut in-dulgeas, deprccttmur." III.Au physique, Sir L, II.LaFontaine était d'une taille au-dessus de la moyenne et d’une constitution vigoureuse.Son port était noble et majestueux.Son front large, ses traits réguliers et d’une mille beauté rayonnant d intelligence, donnaient à l'ensemble du visage une ressemblance frappante avec ces portraits DE LECTURE PAROISSIAL.107 que la peinture et lu lithographie, nous ont laissés de Napoléon 1".l'n jour, rapporte la Minerve, qu'il visitait les Invalides, les vétérans l'entourèrent en lui disant : “ .Mon l)ieu! Monsieur, que vous ressemblez à l'Empereur!” Ses manières aussi simples qu'agréables rendaient son abord facile et quoique sa conversation fut naturellement enjouée, on ne pouvait se défendre avec lui d'une certaine réserve, tant toute sa personne inspirait le respect.l’eu d'hommes surent jamais mieux se maîtriser." Sir Louis," dit un écrivain de la Minerve, “ avait un grand empire sur lui-mâme.Nulle attaque ne lui lésait perdre son sang froid.Il laissait parler ses adversaires, les écoutait avec calme et leur répondait ensuite d'un ton ferme, plein de vigueur et de dignité, mais sans colère, ni passion.” Comme toutes les Ames d'élite, Sir L.II.LnFon-tainc lésait peu de cas des richesses, et l’on peut dire qu'il sortit du ministère moins riohe qu'il n’y était entré.Il a dépensé des sommes considérables dans l'intérêt du pays et de la cause nationale.Les œuvres d’intérêt publie, les œuvres de charité auxquelles il a concouru, et parmi lesquelles la reconnaissance nous fait un devoir de citer le Cabinet de Lecture Paroissial les pauvres nombreux qu’il a secourus, peuvent nous dire combien «rondes étaient ses libéralités qui souvent semblent avoir dépassé l'étendue de ses moyens.11 Les pauvres perdront beaucoup,” disait dernièrement une jeune fille qu’il occupait à travailler pour les vêtir.Citoyen plein de mérite et d honneur, d’un grand cœur et d’une grande intelligence, aussi bon écrivain que grand patriote, Sir L.II.Lal'ontainc sut se maintenir tout à fait au premier rang et presque hors ligne à toutes les époques de sa vie.Elève, il peut servir de modèle à tous les collégiens par son application, par une sincère et constante amitié pour ses condisciples, et par sa vive reconnaissance envers ses maîtres.Avocat, il fut un des plus beaux ornements du barreau et le premier de nos jurisconsultes dont les œuvres ont été estimées par les plus célèbres avocats français.Politique, qu'il nous suffise de rappeler la parole de L>rd Elgin qui s’y connaissait : " La Fontaine est vraiment un grand homme, c’est à peine s il a commis une faute dans sa carrière politique; ” et cet autre témoignage que lui rendit publiquement l’hon.M.Baldwin : " Quant mon honorable ami, M.LaPontaine, j ai trouvé en lui un sens si vif du droit, une détermination si prompte à l'affirmer, un éloignement si profond, si énergique pour tous les petits artifices des intrigues de parti, ressource ordinaire des esprits médiocres qui s'en servent pour cacher leur stérilité, que c est pour moi un sujet de satisfaction que de l'avoir pour guide, de gloire que de l'avoir pour chef, et de bonheur que de l avoir pour ami.Je le dis au peuple du llaut-Canada, dans mon opinion, il ne saurait trouver un homme, comme chef du parti-uni de Kéfonne, plus attentif a ses intérêts, plus décidé à lui donner une administration qui puisse le satisfaire." Juge en chef, le choix ne pouvait être plus heureux, et personne n'a rempli cette charge avec plus de science, d habileté et d'intégrité.Enfin,—et pour résumer notre pensée—nous redirons avec un des écrivains de la Minerve, “ Sir L.II.La-Fontaine fut un des représentants les plus illustres do la race française en Amérique, le premier de nos hommes d’état et un de nos jurisconsultes les plus distingués.” En tirant un simple enseignement de cette vie si noblement, si glorieusement remplie, nous croirons avoir achevé notre tâche.Nous dirons donc à tous ceux qui liront cette biographie, et plus particulièrement à la jeunesse : que cette vie vous serve d’exemple et retenez bien ce que disait encore, il y a quelques jours, un éloquent prédicateur : dans la voie des honneurs aussi bien que dans celle du salut, il n'y a rien d'impossible à tous ceux qui ont de l'énergie et de la persévérance, qui aiment le travail et qui surtout sont de bonne volonté.Jacqucs-Carlier.Ce qui est raconté dans les articles précédents du célèbre Découvreur du Canada, appartient principalement à son second voyage au Canada.(*) Avant ce voyage de 1535, le capitaine Malouin en avait entrepris un premier, en 1534.dans lequel il avait visité les côtes du Labrador, de Terre-Neuve, de la Haie des Chaleurs et de la (îaspésie.A son retour en France, dans l'été de 1536, il trouva sa patrie engagée dans une guerre importante contre l'Allemagne et l'Italie, et la Cour dans de grands embarras, peu disposée à poursuivre immédiatement les nouvelles découvertes.Cependant, François 1 r n’avait point renoncé au projet de coloniser la Nouvelle-France.Dès que la trêve de dix ans, conclue en 1538, eût rendu le calme au royaume, il tourna ses soins de cc côté.Il nomma Jean François de la Kocquc, Seigneur de Roberval, gouverneur des nouvelles terres et Jac-qucs-Cartier, capitaine général des vaisseaux.Le 23 mai 1541,1e Maître-Pilote mit à la voile et partit pour la troisième fois, île St.-Màlo, avec cinq navires.Le 23 août, il entra dans la rade de Stadaco-ué.Cette fois, il hiverna au Cap-Rouge, quatre lieues au-dessus; il en trouvait le havre meilleur et plus commode.Là il se fortifia et tit ses premiers essais de colonisation, lîoberval devait le suivre de près avec le matériel de guerre nécessaire à la fondation de la colo- L'hiver se passa sans qu'on eût aucune nouvelle du gouverneur.Les provisions touchaient »i leui fin, l»s hommes commençaient à murmurer et les sauvages devenaient plus inquiétants.Cartier se rembarqua et partit pour la France.A 1 erreneuve, il rencontra Roberval qui le sollicita de retourner avec lui en ( anu-da : il se crut obligé de poursuivre sa route et aborda heureusement à St.-Malo dans 1 été de l.if-.La guerre avait éclaté de nouveau entie I ninçois et Charles-Quint.Le roi de France ayant besoin de l'influence et des services du sieur de Roberval, confia à Cartier le soin de ramener en France le gouverneur et les colons.Ce quatrième voyage eut lieu en l;>-!3.(•) Voir les Nos.2, 4 et G, pages 22, 50 et 8G, 108 L’Écno DU CABINET Jacques-Cartier nous a laissé la relation complète do ses deux premiers voyages ; celle du troisième est inachevée, et celle du quatrième n'existe pas ou du moins n’a pas été retrouvée.Les relations sont à peu près tout ce que l’histoire nous a conservé de plus authentique et de plus certain sur l'un des plus célèbres marins dont puisse se glorifier St.-Malo.S'il est vrai que l'homme se peint dans ses ouvrages, c'est là que l'on doit chercher le portrait du maître-pilote de François 1er.Qu’on lise les Relations du Capitaine, et l’on ne pourra s’empêcher d’y admirer une foule de traits saillants qui donnent la plus haute idée du caractère et du génie de cette noble ligure, apparaissant au commencement de notre histoire comme un des plus beaux types du véritable grand homme.En terminant la lecture des voyages de cet illustre marin, M Gartieau a écrit ces belles paroles à la louan-ge du Capitaine: “ Cartier s’est distingué dans toutesI “ se3 expéditions par un rare courage.Aucun naviga-“ teur de son temps, si rapproché de celui de Colomb, “ n avait encore osé pénétrer dans le coeur même du “ Nouveau-Monde, et braver la perfidie et la cruauté I “ d'une foule de nations barbares.En s'aventurant “ dans le climat rigoureux du Canada, où durant six “ mois de l’année, la terre est couverte de neige et les i “ communications fluviales sont interrompues; en hi “ vernant deux fois au milieu de peuplades sauvages.“ dont il pouvait avoir tout à craindre, il a donné une “ nouvelle preuve de l'intrépidité des marins du cette “ époque." (T.1, 2ti.) Dans cet étonnant voyage de 1535, on ne sait en j effet ce qu il faut le plus admirer dans le marin breton.' ou de la célérité dj sa marche qui rappelle celle de j César, ou de la hardiesse de son entreprise, ou de la ‘ prudence et du rare bonheur avec lesquels il l’accom-; plit.Le 15 d’août, il était à la hauteur de l'Assomption (Anticosti).Le 2 octobre, il descendait à Hochelaga : en cinquante et quelques jours, il avait parcouru près de deux cents lieues de pays, à travers des nations inconnues et barbares, et .sur un Henve dangereux qu'il remontait pour la première fois.Les découvreurs avant lui.n’avaient point osé pénétrer si avant dans l'intérieur des terres du Nouveau-Monde ; et si quelques entreprises avaient été tentées, elles avaient été malheureuses et avaient découragé les pins hardis aventuriers.Aussi, ce que l’on ne saurait trop louer dans le navigateur breton, c’est la prudence, le tact et l'art avec lesquels il savait se ménager les voies au milieu de ces peuples féroces dont il ignorait les mœurs.Tout en traitant les sauvages avec bonté, pour leur inspirer de la confiance et les gagner, il sut toujours les maintenir dans le respect et dans la crainte.Dans toutes ses expéditions, et partout, il fut reru avec de grandes démonstrations de joie, ù la Haie des Chaleurs, à Stadaconé comme il Hochelaga.Il se prêta ces réceptions amicales, mais avec réserve.Il avait deviné le caractère astucieux et versatile des sauvages et il était attentif, comme il le dit lui-même, “ à se “ garder de toutes ces belles cérémonies et joycusetés-'¦ car ils auraient fait de leur mieux pour nous tuer 11 ainsi que nous l'avons appris par là suite.” Plus prudent et plus sage que ne le furent depuis bien des navigateurs dans l’Océanie, jamais il ne mit, par quelque imprudence, sa vie et celle de scs équipages ù la merci de ces barbares.Il ne quittait jamais scs armes.Le roi de Stadaconé lui témoigna la peine qu’il ressentait de ee manque de confiance.Cartier répondit au barbare, qu'il était ffiché de la tristesso qu'il en éprouvait, mais qu’il ne pouvait cesser de les porter pareequ’on France c’était la coutume chez les gens de sa condition.11 avait le rare talent de faire aimer et respecter l'autorité.On ne voit pas que ses équipages se soient jamais révoltés contre lui : ce qui, peut-être, avait été inouï, jusqu'à cette époque, dans les expéditions de ee genre.Il n’a fait verser aucune goutte de sang, tandis que jusque là, toutes les explorations avaient été marquées pur de sanglants sacrifices.Magellan lui-même, n'avait il pas été réduit i\ ces exécutions sanglantes de ses équipages, et Kobcrrn! ru1 fut-il pas aussi ' obligé d'en venir à de pareilles extrémités ?Cartier n’était pourtant pas homme à reculer devant une mesure énergique, quand il en était besoin.L’cn-! lèvemcnt de Donnacona peut en servir de preuve, et en voici un autre exemple: Au port St.-M art i n , explorant la côte dans sa j chaloupe, il se vit poursuivi par sept canots de sauvages qui feignaient des signes d'allégresse, et lui demandaient son amitié ; il n'osa se fier i\ la sincérité de ces démonstrations, et il leur fit entendre qu'ils eussent à se retirer.Ils n'en tinrent aucun compte et se précipitèrent sur lui avec furie et bientôt l'environnèrent.Cartier fit lâcher deux passe-volants, iU en furent effrayés 1 et se retirèrent avec grand bruit; mais bientôt remis de leur frayeur, ils revinrent avec plus de rage et en plus grand nombre.Comme ils approchaient, deux dards furent lancés et éclatèrent au milieu d'eux et les épouvantèrent tellement qu’ils recommencèrent à fuir en grande hâte et n'osèrent plus revenir.Capitaine intrépide et plein de ressources, Cartier non était pas moins, selon la belle expression de M.Léon (luérin, “ tin observateur puissant.'' Sous un ciel nouveau, dans un monde inexploré, les dangers des mers, la configuration des terres, les mœurs de leurs habitants, les influences atmosphériques, rien n'échappe à sa sagacité.Dans ces parages éloignés, il indique au navigateur les lieux où il est facile de se ravitailler, les endroits do pêche et de chasse, la latitude de chaque terre qu il découvre, et la distance des lieux.En marin expérimenté et en politique habile, il prévoit les ressources immenses que les vaisseaux attardés par les calmes, ou dévoyés par les tempêtes, retireront de ces précieuses indications.Il décrit avec une exactitude remarquable ces pays nouveaux, et à plus de trois cents ans de distance, quoique les noms soient changés, on reconnaît encore les lieux qu’il a visités.“J’ai été frappé,” écrit M.l’Ia-niondon.missionnaire au Labrador, “ delà resscmblan-“ ce de la baio Sainte-ljencviève, avec la baie Saint-‘ Laurent décrite par Jacques Cartier.11 n’y a pas à “ s’y tromper.J ai reconnu la montagne faite comme “ un tas de blé ; on la nomme aujourd’hui : Tête i/o h Perdrix.J ai vu la grande iie comme un cap
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