L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 juillet 1865, samedi 15 juillet 1865
Montréal, 15 Juillet 1805.Septième AnnCc.—Numéro 14.Vil mi LUI/ JOURNAL DES FAMILLES.l'iiriii'.s.int le lcr «•( !lu Sieur Couillanl, qui avait épousé lluillemette Hébert, tille ilu précédent, demeurèrent dans la Nouvelle-1'rance.Louis Kertk les avait engagés à rester dans leur maison et à faire la récolte de leurs grains, les assurant qu’ils en disposeraient comme il leur semblerait bon, et que si, l’année suivante, ils se déplaisaient eu Canada, ils auraient toute liberté de repasser en l'rance.rendre, au moment même ou arrivaient les deux pataches anglaises qui s’avançaient pour décider le combat.(1) La reddition de Québec et le transport de tous ses colons en France, remarque M.l'abbé Faillon, forme un des épisodes les plus singuliers de l’histoire du Canada.Malgré tant de secours envoyés, malgré le traité de paix conclu entre les deux couronnes, Québec est pris et tous les hommes de DeCaën sont transportés en France, de sorte qu'il ne reste plus en Canada que la seule famille llébert, qui même u’y fait qu'un séjour passager pour attendre la récolte, hi les secours dont nous parlons fussent arrivés à temps; si le Sieur de Roquemont fût allé droit à Québec; si le capitaine Daniel se fût borné à remplir sa commission, sans entreprendre une expédition militaire, le pays eût été conservé et les colons fussent restés à Québec.Il est bien probable que la Compagnie des Cent-associés,obligée de faire passer, dans le courant de l’année 1628, de deux à trois cents hommes dans la Nouvelle-France, y eût retenu, en grande partie, ceux de De Caën qui connaissaient le pays et pouvaient être très-utiles pour le commerce.11 paraît donc que la Providence ménagea tous ces événements si malencontreux en apparence pour éloigner du pays tous ces hommes dont la conduite avait été jusqu'alors un obstacle à la propagation de l’Evangile chez les Sauvages, et qui, d’ailleurs, s’étaient montrés si mal disposés envers la Religion, afin de former dans le même lieu une nouvelle colonie toute composée de catholiques, conformément aux religieux desseins de François 1er.I’ail Stbveüs.là'.MVÜIllli ( Suite.) VIII.M.Screlacs continua ainsi à exhaler sa bile jusqu'à l'heure du dîner, relevant, rassemblant, liant en gerbes les moindres, les plus impossibles griefs de la vie domestique, pour en dresser un acte d’accusation contre la pauvre femme.Celle-ci laissait passer l'orage, sans même élever de paratonnerre ; elle ne répondait (pie par quelques mots d’excuse, courts et simples ; mais, lorsqu'on se leva pour passer dans la salle à manger, Odile vit couler sur les joues de sou amie deux larmes retenuesà grand'peine.Le repas fut froid, silencieux ; le babil des enfants était réprimé par les regards sévères de leur père ; Gabriclle servait, un peu intimidée par les critiques do son mari, et.lui même, tout en s’occupant avec exactitude d’Odile, placée près de lui, ne semblait pas désirer lier conversation.Il goûtait peu madame Walmeire; le divorce lui était odieux en théorie autant qu en pratique; mais, comme, en dépit de sa mauvaise humeur, il estimait profondément sa femme, il n osait ni ne voulait exercer son autorité contre une amie qui lui était chère.Il se contentait de montrer à Odile un visage austère ; si elle l’eût consulté, en honnête homme, il lui aurait dit ce qu'il avait sur le cœur, et jamais Cliaumette exaltant le divorce, et l’appelant le.dieutulé- (1) I.’abbé Ferland. 222 L’ÉCHO DU CABINET lairc de l'hymen, n’aurait entend» une réplique plus verte, plus chaude et plus convaincue.Le dîner finit, et M.Serelaes sortit sans s'être déridé.Les enfants allèrent jouer, et Odile, qui avait le coeur oppresse, s'écria : “ Et tu souffres, tu tolères cela, ma pauvre Gabrielle ?toi.si bonne, si dévouée, tu te laisses accuser de faiblesse, d'incapacité, de non-cbalenee! j’en suis révoltée.” Gabrielle sourit, tuais d'un sourire un peu mélancolique.“ Eugène était agaeé, fatigué, dit-elle, il avait travaillé hier soir fort tard, et ce matin sa lampe brillait avant le jour.Ne faut-il pas un peu d'indulgence.—Mais c’est une patience angélique qu'il te faut ! S’il est malade, est-ce une raison pour être injuste, et injuste envers toi ! — J’avais eu 1111 tort réel, j’avais oublié de renvoyer les livres du président.—Tu plaisantes! il n’avait qu'à donner des ordres à ses gens.—Comme tu y vas ! sa femme ne doit-elle pas diriger toute chose dans sa maison, et un mari occupé comme l'est le mien, n'a-t-il pas le droit de se reposer sur elle de mille petites affaires ennuyeuses?— Les procédés de M.Serelaes ne te font donc aucune peine ?— Je mentirais si je le disais: mon cœur et ma vanité souffrent un peu, je l'avoue.—Et tu consens souffiir ! —Que ferais-tu donc à ma place?—Quand la vie en commun est devenue lourde, intolérable, le remède est l;\, prévu par la loi.Le divorce, pauvre amie ! — Ali ! si tu voyais ce triste remède revêtu des couleurs sous lesquelles il m’apparaît ! Mais, ave: le divorce, le mariage perd toute sa majesté, il n'est plus ce lien sacré, inviolable, qui doit se continuer dai - une meilleure vie; il devient alors un caravansérail, une tente dressée pour quelques heure» de joie, et que l'on abandonne dès qu’il pleut ou qu’il neige.L’indissolubilité est la pierre angulaire du mariage; on est plus patient pour celui qu’on ne doit jamais quitter, on garde mieux son cœur puisqu'on sait qu’un seul peut en être maître: toutes les vertus conjugales sont préservées par l'inviolable foi donnée à l’autel, et toi-même, Odile, si tu av ais vécu dans un pays où ton union n'aurait pu être rompue, n’aurais-tu pas cherché à apaiser tes premiers mécontentements au lieu d'en exciter le feu dans ton drue?On cherche d'instinct la résignation quand 011 sait que le mal n’a pas d’autre remède qu'elle.Et les enfants! pauvres créatures sans famille, passant de l'une à l'autre, sans amitié, sans direction, ayant des liens partout et de la protection nulle part ! Peut-être, avant un ou deux ans, ta M; irguerite aura-t-elle quelque frère, né d’une nouvelle union de son père; peut-être toi-même lui donneras-tu, dans un nouveau mariage, des frères et des sœurs ?Quelle confusion ! à qui portera-t-elle son attachement fraternel ?à qui rendra t-elle le respect filial ?.Ü son père que sa mère ne voit jamais et dont elle n'ose parler ?à ce parent nouveau, dont l’autorité rie durera peut être que quelques années, car un nouveau caprice peut dissoudre la nouvelle union, un nouveau caprice peut on former une autre.pourquoi pas?—Tues sévère ! répondit Odile en baissant les yeux —Oh ! vois-tu, cette question me touche au c
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