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Titre :
L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
jeudi 2 novembre 1865
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
Lien :

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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1865-11, Collections de BAnQ.

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Montréal, 2 Novembre 1SG5.Septième Année.—Nmnéro 21 l/n DU (MET IIE LECTURE P§0lfflL JOURNAL DES FAMILLES.Pnrnlnanl 1« lcr et le 1.% Unis, vous ne pouvez entrer dans un steamboat, dans un hôtel, dans une résidence quelconque—que ce soit un riche édifice ou une pauvre chaumière—sans -apercevoir quelque part le portrait ou la statue de l’immortel Washington.Ce culte, cet hommage rendu aux ancêtres est grand, beau, noble et digne de tout éloge.C’est le sentiment de reconnaissance qui le dicte, l’our nous les Jacques-Cartier, les Cliamphiin, les Laval doivent être ce que sont pour nos voisins les Washington, les Jefferson et les Franklin.Leurs portraits devraient donc être dans toutes les familles françaises du Canada.Dans la politique canadienne, le seul fait un peu saillant de lu dernière quinzaine a été l’élection du comté de \Vcntworth-Nord, dont le siégo en chambre était devenu vacant par la mort de son représentant, i\I.Notman.On a paru attacher une importance plus qu’ordinaire au résultat de cette élection.La question que les électeurs avaient à décider parleurs votes était celle-ci: si le projet d’une confédération de toutes les provinces britanniques de l’Amérique du Nord n’est pas réalisé, devra-t-on établir une fédération pour les PAROISSIAL.323 deux Canadas seulement ?L’un des candidats, Mi McMonies, se déclare favorable à cette fédération limitée des deux Canadas, et l’autre, M.Brovn, s’en tient au grand projet d’une confédération de toutes les provinces, et, en attendant qu’il puisse s’accomplir, à l’union des Canadas telle qu’elle existe aujourd’hui.Les électeurs d ; Wentworth-Nord se sont divisés comme suit sur cette question : Pour M.Mc.Monies.986 Pour M.Brown.97:2 Majorité pour M.McMonies.14 El paraîtrait, par ce résultat, que dans le Haut-Canada même, l’opinion publique est presqu’égale-ment partagée sur cette question.Les individus qui ont tenté l’enlèvement de M.Saunders pour le livrer aux autorités des Etats-Unis n’ont pas encore été jugés après plus de vingt jours de procès.Le premier jury devant lequel cette cause a été plai'lée n’ayant pu s’accorder pour rendre un verdict quelconque, fut déchargé.Un second jury fut choisi, la cause plaidée de nouveau, mais, malheureusement pour les lins de la justice, celui-ci n’est pus plus d’accord que le premier, bien que le juge ait déclaré formellement, dans son adresse à la fin du procès, qu’il ne voyait aucune raison d’hésiter, vu que la culpabilité des prisonniers avait été prouvée de la manière la plus claire possible.Le second juré a été déchargé à la fin du terme, et les accusés renvoyés en prison jusqu’au terme prochain.Ou a vu,dans ce procès, les graves inconvénients de la franc-maçonnerie dans l’exercice des devoirs publics.Au grand étonnement de plusieurs, il est a pparu qu'un catholique, Irlandais de nation, sergent de recherche dans la police de cette cité, était affilié à cette société secrète condamnée par son Eglise.Les accusés sont aussi des franc-maçons, et ou reproche à cet officier d’avoir trahi des confrères en déjouant leurs coupables projets auxquels il avait été initié en qualité de franc-maçon.D’un autre cèté, l'avocat de la défense, pour diminuer et détruire la valeur du témoignage de cet homme, représenta aux jurés catholiques qu’ils devaient le regarder comme un individu sans foi et sans principes, puisqu’il conserve son nom de catholique tout en faisant fi des décrets de l’Eglise sur les sociétés secrètes.L’influence de la franc-maçonnerie se manifeste, paraît-il, dans des sphères plu$ élevées.On est étonné quelquefois de voir des médiocrités en fait de talent, d’instruction et d’aptitudes spéciales, favorisés de préférence à des hommes qui leur sont 324 L'ÉCHO PU CABINET de beaucoup supérieurs sous tous les rapports et qu’on laisse à dessein dans l'obscurité.Si on prend soin de s’informer, si on pénètre au fond du mystère, on découvrira que les premiers sont francs-maçons et que les seconds ne le sont pas.Ou assure que quelquefois, la condition de l'avancement dans certains emplois publics est de devenir franc-maçon.On a même mis en doute l’impartialité de la judicature, lorsqu’un plaideur est franc-maçon et que l’autre ne l’est pas.Si ces soupçons étaient fondés, la franc-maçonnerie exercerait une tyrannie odieuse contre la population catholique.C’est une question sociale d’un ordro assez élevé pour mériter toute l’attention des hommes de bien et surtout de ceux qui administrent les affaires de l’Etat.Nous publions, en tête de celte chronique, la dernière allocution du saint Tère, sur la question des sociétés secrètes et nommément de la franc-maçonnerie.Les derniers journaux de Londres ont publié line correspondance diplomatique, importante au point de vue du Canada, échangée entre le ministre des États-Unis à Londres et Lord John Russell, secrétaire d’Êtat du gouvernement britannique.Le ministre américain, de la part de son gouvernement, soutient que le gouvernement de Sa ZMajosté britannique est responsable des pertes et dommages causés au commerce des Etats-Unis par les déprédations commises durant la guerre américaine, sur leurs vaisseaux marchands, par des pirates anglais, voguant sous de fausses couleurs, et notamment par un vaisseau connu en Angleterre sons le nom de Sea-Kiny, et qui, sur mer, changea de nom et de drapeau, s’appela Shcnandoah, vaisseau de guerre des États Confédérés.De son côté, Lord John Russell, au nom de son gouvernement, refuse d’accorder toute indemnité ou réparation,parce qu’il n’était pas en sou pouvoir de prévenir ces déprédations ou do contrôler ceux qui les ont commises sur des mers lointaines.Il maintient que le gouvernement de Sa Majesté a toujours observé fidèlement et de bonne foi les lois de la neutralité durant toute la guerre, et que, par conséquent, il serait contraire à la dignité de la couronne de faire juger cette question par un pouvoir étranger.A l'appui de cette prétention, le secrétaire anglais cite plusieurs précédents analogues dans l'histoire américaine.Le gouvernement de Washington a refusé, à diverses époques, des indemnités du même genre réclamées par les gouvernements d’Espagne et de Portugal.Le ton de la correspondance de Lord .Tuhu Russell est très-ferme, et si le ministre des Etats- Unis persistait dans cette réclamation, il pourrait s’ensuivre des complications sérieuses et fort désagréables pour le Canada.Sir Frédéric Williams, le nouveau lieutenant-gouverneur de la Nouvellc-Ëoosse, est arrivé à Halifax la semaine dernière.Le lieutenant-gouverneur Gordon est aussi de retour au Nouveau-Brunswick.Une catastrophe épouvantable a eu lieu dimanche dernier, à New-York, par l’explosion d’un bouilleur du steamer St.John, le plus beau vaisseau sur la rivière Iludson.Sur treize victimes nous avons la douleur d’en compter trois de Montréal : M.Cyrille Archambeault,avocat, etconseiller de ville, sa femme et sa petite fille.Le dernier steamer transatlantique nous apporte la nouvelle de la mort do Lord Palmerston, le plus ancien, sinon le plus habile politique de l’Angleterre.Il était âgé de 81 ans, et avait été membre du parlement anglais depuis 58 ans.Il était encore, à sa mort, premier ministre de Sa Majesté.Eu Italie, plus on approche du jour fixé pour les élections générales, plus la confusion augmente.Le gouvernement de Victor-Enimanuel a publié, sous furme de circulaire ministérielle aux préfets, un programme gros de promesses, mais vide du sens.Il se préoccupe au plus haut point de la question des fortifications do Florence etdes lignes stratégiques du royaume.11 prétend que l’Autriche prend des précautions en Y'énétie, comme à la veille d’une guerre ; le fait est que le général Bénédek a été maintenu à son poste, que les magasins militaires s’approvisionnent avec activité, et que l’élite des officiers d’artillerie inspecte les places fortes.Le plus profond silence régne dans la Russie; Vlnvtdidc Russe, parlant de la Pologne, disait na-gtiôres qu’il ne manque à l’empire des Czars, pour atteindre l’apogée de la grandeur, que d’exterminer, “ prudemment et sans trop faire souffrir,” la noblesse et le catholicisme dans toute la l’olo-gne.Malgré le vague des nouvelles qui arrivent du Mexique, l’opinion est généralement portée à croire que la situation du nouvel empire tend à s’améliorer.Juarez est à bout de ressources, sinon d’énergie: le gouvernement des Elnts commence à lui témoigner de la froideur.L’opinion commence à se remettre de la panique causée par l'affaire des Fénians ; mais le gouvernement est toujours sur ses gardes; jusqu’à présent on n’a pas constaté que l’association eût en Irlande une organisation assez forte pour menacer l’Angleterre d’une insurrection.* DE LECTURE PAROISSIAL.325 Le Times rend compte d’un meeting tenu à Londres pour examiner les mesures à prendre dans le but d’arrôter les progrc's de l’infanticide.Le Pr.Ivincn, qui présidait, dit qu’il avait passé plusieurs années à Ceylan, où le meurtre des enfants sc pratique, mais qu’en revenant en Angleterre, il a trouvé l'état des choses Lien pire.Le Pr.Clarke, juge, dit qu’il avait vu dans le Bengale, le Ceylan et dans la Birwanie, des enfants jetés aux cochons, qui sont ensuite conduits à l’abattoir ; mais que des faits beaucoup plus horribles encore sont venus à sa connaissance depuis qu’il est à Londres.Sa première idée a été d'établir des tours comme en France, pour recevoir les enfants; après avoir examiné la question sous toutes les faces, il a été obligé, bien malgré lui, d'abandonner ce projet, parce qu'il produirait une augmentation d’immoralité et nécessiterait une dépense à laquelle aucune société ne pourrait suffire.Il proposo l’enregistrement des grossesses, c’est-à-dire que chaque femme soit obligée de faire enregistrer son enfant trois ou quatre mois avant sa naissance ! On finit par conclure qu'il n'y a pas lieu d’adopter de résolution pour le moment, et qu’il vaut mieux attendre et consulter l’opinion publique avant d’attirer l’attention du gouvernement.L’empereur du Maroc a ordonné l’introduction de la télégraphie électrique dans ses F.tats.C’est dans le cours de ce mois qu'aura lieu l’inauguration de la première ligne qui reliera entre elles les deux villes impériales de L’ez et de Mesquines.Le choléra est en décroissance à Marseille ; il a continué de sévir à Toulon et dans quelques autres villes du midi de la France.La gaieté française trouve à s’exercer dans les circonstances les plus tristes.Voici les vers qu’on fait circuler à Marseille, et qui donnent la recette d’un spécifique excellent contre le choléra : phenu : Un quart d'once d'indifférence, Autant do résolution, Dont vous ferez une infusion Avec du suc de patience.Garantissez-vous de querelle, D'ambition et de faux zèle ; A\ez deux livres de gaieté, Deux onces do société; Mêlez-y deux grains dVxercice, 1! vous faut zéro d'avarice.Un grain de résignation, Et jamais d'indigestion.Vous mêlerez le tout ensemble.Vous le prendrez, pi bon vous semble, Sans y manquer, tous les matins, En récitant ces mots latins : Fiat volunlas tua! ! ! El jirocul rslo choiera ! ! ! La famille du général Lamoricière et Mgr.l'évéque (le Nantes ont demandé à Mgr.l’évêquc d'Orléans do vouloir bien prononcer l’oraison funèbre du général en eliet' de l’année pontificale, au grand service célébré u Nantes, le 9 octobre, pour le repos de son âme.Mgr.Dupanloup, quoique souffrant, a accepté.M.Keller, ancien député au sénat, prépare, dit-on, une biographie du général de Lamoricière.Le St.Fère a commandé un sculpteur de mérite une statue et deux bustes du gén.Lamoricière.Sa Sainteté a plusieurs fois déjà célébré la messe pour le repos do l'âme du défunt.Le roi Louis de Bavière a acheté le couvent de Schat’tlarn, au prix de 02,000 ilorins, pour le donner aux Bénédictins, auxquels il accordera une dotation de 50,000 florins, et qui y établiront un séminaire.Sa Majesté a visité elle-même le couvent, qui ne tardera pas à être livré aux Bénédictins.Avant la révolution française, il y avait sur le magnifique dôme des Invalides, à Paris, quatre grandes statues représentant la Paix, la Justice, la Providence et la Charité ; 93 les jeta à bas pour les fondre.On va les remplacer, mais parles quatre Évangélistes.Les ligures seront en pied, leur hauteur sera de plus de 12 pieds français, et elles seront en cuivre repoussé.BILLETIN KKLIGIEl'X.Nous lisons dans la Correspondance de Rome : La santé du Saint-Père n’a jamais été aussi bonne qu'en ce moment, dans ces dernières années.Depuis son retour de la campagne, Sa Sainteté donne, avec un redoublement d'ardeur, scs audiences ordinaires et extraordinaires.Elle se montre presque chaque jour en public.Romains et étrangers acclament en elle avec transport le Pontilè et le Roi.Nos lecteurs savent que par ordre de Sa Sainteté, un service solennel pour le repos de l’âme du général Lamoricière a été célébré le 22 septembre à Ste.Marie in Arq, cali.Une foule immense a assisté à cette cérémonie, qui s'est accomplie au milieu du plus profond recueillement.Parmi les admirateurs du général, tant romains qu’étrangers, on remarquait le cardinal l’itra, français, et Mgr.Manning, archevêque de Westminster.Sa Grandeur Mgr.Belgrado, patriarche d’Antioche, a officié pontificalcment.Des groupes nombreux, qui n’avaient pu trouver place dans l’église, se pressaient sur les rampes et sur la place du capitole.Le grand escalier de marbre de l’-lm cali était occupé par des détachements de l’armée pontificale formant la haie jusqu’aux abords du catafalque.Tous les hommes étaient pris parmi les volontaires décorés do la médaille commémorative pro l\tri seclc.Les officiers portaient le deuil ; les drapeaux, les clairons et les tambours étaient voilés.Sur la façade extérieure de l'église tendue de 326 L’ÉCHO DU CABINET noir, entre une grande croix noire et l’écusson du général, on lisait l'inscription suivante : I.EOXI CHRlSTOriIORO I.AMORICIERO HELLICA VIRTl'LE IXEMTO QUI SE ROMAX.E SEDIS JCRIBUS Tl'EXDIS DEVOVEl'S OLADE ACCEPTA AXTEACT1S TRH'MPIUS XOBIUI'S SIW XOMEX COXDIDIT SOLE.MX1A Fl'XKRIS L’intérieur de l’église était tendu do dr'iperie, noir et or; la belle devise du général: “SPES MEA DEUS", plusieurs fois répétée entre les colonnes, attirait les regards, et rappelait à l'assistance comment elle l’avait guidé dans s:i glorieuse carrière.Le Saint-Père a tenu, le 24 septembre, au Vatican, un consistoire secret dans lequel, après une allocution, il a ]imposé : 4 évêques pour I Eglise d'Espagne, 1 pour la Belgique, 3 pour le Brésil.1 pour la Transylvanie, 1 pour le Cap \ ert et 3 autres m partibus in/idelium.Sa Sainteté a ensuite notifié '1 élections laites par bref pontifical, pour la Nouvelle-Grenade.Enfin, Sa Sainteté a publié les élections faites depuis le dernier oonsistoire par l’organe de la S.Congrégation de la Propagande, savoir : d'un évêque pour Tarse, 1 pour les Bulgares-f'nis, 1 pour l'Irlande ; 1 pour l'Arménie ; 1 pour l’Abyssinie ; de Mgr.Henri Edouard Manning, protonotaire apostolique surnuméraire de Sa Sainteté, prévôt de la métropole de Westminster, à l’église métropolitaine de Westminster (Angleterre) ; Du Rév.Patrice Feclian.prêtro irlandais, du clergé du diocèse de St.Louis, à l’église cathédrale de Xasli-villo (Etats-Unis) ; Du Rév.Pierre Lavialle, prêtre français, supérieur du séminaire de Louisville, et recteur du collège Ste.Marie, à l’église cathédrale de Louisville ( Etats-Unis) ; Du Rév.Jean Conroy, ancien vicaire-général, administrateur apostolique du diocèse d’Albany, à l’église cathédrale d'Albany (Etats-Unis).Après les préconisations, un avocat consistorial ayant présenté au Saint-l’ère l'instance du pallium pour l'église métropolitaine de Westminster, Sa Sainteté a daigne répondre : Dàbintus propedinn.Le 2 ! *, après avoir célébré le St.Sacrifice de la messe dans sa chapelle privée au Vatican, le Saint-Père, assisté de Mgr.d’Avila, auditeur de lu Rote, a imposé avec le cérémonial requis le pallium a Mur.Manning.nommé arche\êquc de Westminster.Cette cérémonie, par laquelle Sa Sainteté a conféré au prélat le signe de la plénitude de l'autorité métropolitaine, a eu lieu le jour de la fête de l'archange St.Michel, quinzième anniversaire de la publication du bref I tueersalis Fclesiir, par lequel Sa Sainteté rétablit la hiérarchie épiscopale en Angleterre.\ oici le texte de la lettre adressée, en date du 13 juillet, à S., une chaise et un grabat que la munificence du directeur de la prison a daigné rendre moins mauvais que les lits des autres prisonniers.Pictro Rametti, accablé par plus de quinze années de captivité, n’a pas encore atteint sa cinquantième année, et cependant ses cheveux sont presque blancs; le feu de la vie s'est en partie éteint dans ses yeux caves et ternes; sa barbe est longue et inculte; les saillantes pommettes de ses joues attestent qu'une maladie de langueur dévore intérieurement le prisonnier.Ce malheureux dépérit : son cachot est comme l’antichambre de sa tombe.Mais pourquoi ce terrible châtiment ?Pourquoi cette séquestration perpétuelle?A le bien regarder, cet homme n’a pas les traits d’un criminel de profession.II y a plus de désc-spnir que d'avilissement dans l’expression de sa physionomie.Quelle faute l’a conduit dans cette sombre solitude, lui qui, en ce moment, semble commander la sympathie de son illustre visiteur ?Pictro Rametti expie un crime horrible, et, si on ne lui a pas infligé la peine capitale, c'est à la sollicitation suprême de sa famille qu il doit l’espèce de grâce dont il jouit.Sa famille était connue, honorée dans Rome.Après la condamnation prononcée, sa femme et ses enfants, se jetant aux genoux de Sixte IV, avaient obtenu du Souverain Pontife une commutation on prison perpétuelle.On avait épargné à cette famille la douleur et la honte de voir son chef sur l'échafaud.Les antécédents du coupable étaient d’un caractère si honorable, que jamais, en pronostiquant son avenir, on n eût pu penser que le crime y trouvât sa place.Ln effet, perdu de bonne heure dans les abîmes de la science, Pietro Rametti avait déjà, à vingt-quatre ans, étudié, approfondi les mystères les plus ardus de la science et toutes les questions naturelles et physiolo- giques agitées de son temps.C’était un érudit patient, un laborieux théoricien.Exerçant l’art de la médecine, il avait occupé un rang distingué parmi les docteurs, acquis une réputation méritée dans toute l’Italie, sans toutefois être parvenu aux honneurs ni à la fortune.Il avait le savoir ; le savoir faire lui manquait.A vingt-six ans, il avait épousé une jeune personne dont la beauté était la principale richesse; et de ce mariage d’inclination étaient nés quatre enfants, si bien que Pietro Rametti pouvait difficilement subvenir aux besoins toujours croissants de sa famille.Julia, la femme de l’ietro, avait apporté en dot à son mari, non une somme considérable ou seulement assez ronde, mais une entente parfaite do l’économio domestique, toutes les qualités d’une bonne ménagère.Une distinction modeste dans les manières, d’ardentes croyances, un dévouement profond au compagnon de sa vie, un amour sans bornes, capable de devenir héroïque dans l’occasion, tels étaient les mérites de la jolie Sien-noise.Mais, encore une fois, tout cela ne constituait qu’une fortune négative.Ils virent bientôt venir des jours de gêne.Enfin la misère les regarda face à face, la misère hideuse, qui donne de mauvais conseils! Pietro s'armait d’un courage fébrile; il passait les jours et les nuits à travailler, pâlissait sur ses livres, sondait tous les secrets de la science contemporaine, parvenait à s’abstraire dans l’étude.Ses efforts le conduisaient bien à éclaircir quelque difficile question scientifique ; mais qu’importait pour le bien-être du ménage?La solation trouvée n'amenait pas un écu de plus dans la bourse commune.Loin de là.les ingrédients chimiques coûtaient cher, et le pécule déjà si mince des jeunes époux en était d'autant diminué.Jamais de plaintes dans la bouche de Julia.Elle redoublait de zèle, se résignait doucement, parvenait à laire 1 impossible.Et la famille Rametti vivait au sein des privations, c'est-à-dire qu’elle ne mourrait pas de faim.Les pauvres enfants mangeaient un nain rare et dur, humecté par Julia de larmes silencieuses.II UNE CURE MERVEILLEUSE.Cette existence de gêne incessante lassait Pietro Rametti, qui, ambitieux de gloire, n'avait pas une résignation comparable à celle de sa douce compagne.Au moment d'une de ces crises de misère qui réduisaient le pauvre ménage au désespoir, un événement inattendu surprit la famille de l’ietro.Ramcttiavait un cousin fort riche, avec lequel il n’avait jamais eu que peu de relations.C'était un ancien marchand de l’ise, dont les navires avaient longtemps porté des pacotilles sur les côtes barbaresques et dans les échelles du Levant.Le vieux marchand tomba malade.En peu de jours, la gravité de son mal s’accrut au point que la plupart des docteurs de l’ise le déclarèrent inguérissable.Son état était regardé comme désespéré ; ses voisins, même, le disaient mort ; et l’on s'entretenait déjà du chiffre do la succession qu’il laissait.Ln jour, pendant que Pictro Rametti, plongé comme à l'ordinaixc dans uu travail opiniâtre, s’était enfermé DE LECTURE PAROISSIAL.333 au fond de la petite chambre qui lui servait de cabinet, un cavalier s’arrêta devant la porte de la maison, frappa et demanda : — 11 dottore Pietro Rametti ?— C'est ici, répondit une voix féminine.Et Julia se bâta d'aller ouvrir., Le cavalier descendit de sa monture, qu'il attacha aux barreaux d'une fenêtre grillée qui se trouvait :l côté de la porte.— Qu’y a-t-il pour votre service, monsieur ?demanda Julia étonnée de cette visite non annoncée.—.l'arrive au grand galop de Pise, répondit l'inconnu.Je viens chercher le célèbre Pietro Rametti de la part de son cousin Aggutorio, qui est dans une situation désespérée.— Et vous venez ?.— Je viens réclamer pour mon maître les soins habiles de votre mari.L'envoyé fut promptement introduit dans le cabinet de Pietro, à qui il renouvela sa demande.11 ajouta : — .J'ai ordre de vous promettre, au nom du seigneur Aggutorio, une récompense tout à fait princière, si vous parvenez à le guérir du mal aux atteintes duquel tous les médecins de l’ise déclarent qu’il doit succomber.Voulez-vous tenter la chose ?— Je la tenterai, répondit hardiment Pietro, qui n’était pas homme à manquer une si belle occasion.En moins d’une heure, il eut achevé ses préparatifs de départ.Bientôt il monta sur le cheval de l’envoyé et s'élança dans la direction de Pise.— Voilà un homme expéditif ot d'une autre trempe que les docteurs de notre ville, pensa le valet d’Aggutorio.Franchir la distance de Home à Pise fut pour Pietro Rametti l’affaire do peu do temps.On eût dit un courrier extraordinaire, tant son cheval dévorait l’espace.Le cas était pressant, et le mari de Julia ne perdait pas de vue son importante mission.Le vieux Aggutorio semblait toucher à ses derniers moments quand son jeune cousin se présenta chez lui prêt à tenter une cure si difficile.Mais celui-ci.nous le savons, possédait de rares connaissances eu médecin*1.Il ne tarda pas à s’apercevoir que tous les médecins do Pise, appelés au secours d’Aggutorio, s'étaient complètement trompés sur la nature de son mal et sur les remèdes qu'il fallait employer.Il fit quelques prescriptions énergiques, auxquelles personne jusqu'alors n'avait pensé; enfin il osa d’autant plus que ses confrères s’étaient montrés plus timides.Ces efforts obtinrent un plein succès.Quinze jours après l’arrivée de Pietro Rametti, lo vieux Aggutorio revenait à la santé, et la moitié des Pisans émerveillés criaient au miracle en vantant l’immense savoir du docteur romain.Déjà le vieillard sc sentait sauvé; et, comme il était à peine sexagénaire, il ne doutait pas d'avoir encore de longues années à courir.Lorsque Pietro, que le soin do sa clientèle, si peu fructueuse qu'elle fût, rappelait à Rome, parla de retourner dans la ville éternelle, Aggutorio le manda dans 6on salon, — magnifique galerie de tableaux ot de statues, voluptueuse Eden qu'il luit eut semblé bien dur de quitter:—les raffinements du luxe, en effet, rendent la mort si effrayante ! (/I continuer.) Etude sur Florian.FI.ORIAN, OU BIENFAIT ET RECONNAISSANCE.Jcan-Pierrc-Claris de Florian est né en 1755, au château de Florian; dans les basses Cévenues.Retiré a Sceaux durant la tourmente révolutionnaire, il se vit arraché à sa vie paisible et jeté dans les prisons.Il en sortit avec le germe de la maladie qui l’enleva peu après, le 13 septembre 1794.Florian est le premier de nos fabulistes après La Fontaine.Le poète sait varier ses couleurs avec scs sujets; il sait décrire et converser, raoonter et moraliser ; nulle part on no sent l'effort, et partout on aperçoit la mesure.Florian se procurait souvent lc3 plus douces jouissances qu’on puisse obtenir dans la carrière des lettres.Honoré de la confiance et de l'amitié du vertueux duc de Penthièvre, dont il était le premier gentilhomme, il trouvait amplement dans les honoraires que lui faisait accepter ce prince, do quoi pourvoir à scs besoins.L'argent que sa plume élégante et féconde pouvait lui rapporter, était employé secrètement à des bienfaits, dont il jouissait avec d'autant plus do sécurité, qu’il feignait de les répandre au nom du duc qui, chaque jour, l'envoyait distribuer dans Paris la majeure partie de scs revenus.Déjà les Fables de Florian avaient soulagé maintes infortunes.Les Deux Billets en avaient acquitté bien d’autres, auxquels des malaeurs imprévus ne permettaient pas de faire honneur.Le Bon Ménage empêchait souvent que la gêne et le besoin ne troublassent la paix de celui qui habite sous le chaume, et la Bonne Mère partageait entre les mères pauvres le produit de son succès; En un mot, Florian pouvait compter plus d’un heureux par chacun de ses ouvrages.Un jour qu'il était allé chez son libraire, homme probe, mais sévère dans le commerce, le commis de ce dernier, qui avait été toute la matinée en recettes, entre dans le cabinet du son patron, et, après lui avoir rendu compte de sa tournée, lui remet un billet à ordre de six cents livres que le débiteur s'était trouvé dans l’impossibilité d’acquitter.— Eh bien ! faites protester, dit brusquement le libraire.— Ah ! monsieur, un artiste malade depuis plusieurs mois, sa femme sur un lit de douleur, et trois enfants.— J'en suis bien fâché; mais il faut que je me mette en règle.— Quel est donc ce débiteur qui vous intéresse tant ?demanda au commis Florian, qui avait écouté la conversation avec un profond sentiment de compassion.— C’est un Languedocicu, homme d’honneur, mais un peu trop facile à obliger des amis dont il est dupe.— Un Languedocien ! reprend Florian.Il m'intéresse comme vous en qualité de compatriote, et je me charge de sa dette.Elle est de six cents livres, si j’ai bien entendu ?— Oui, répond le libraire.C’est un emprunt qu’il a fait par un billet à ordre, et ce billet est tombé dans mes mains.— Eh bien ! retenez ces six cents livres sur le prix du manuscrit de Niima, que je vous ai remis l’autre jour.Si l'artiste paie la somme, vous m'en tiendrez compte.Mais vous me promettez bien de ne jamais la lui demander, et surtout de lui taire mon nom, n’est-ce-pas ? 334 L’ECHO DU CABINET — En ce cas, je vais mettre 111011 acquit au billet et vous le rendre.— Non, non : je ne veux aucunement connaître ce débiteur.Il me suffit qu'il soit du Languedoc et père de famille.Plusieurs mois se passèrent ; Florian.accoutumé à faire du bien, tant au nom du duc de l’enthièvre que pour son propre compte, avait entièrement oublié ce billet de six cents livres.Sur ces entrefaites, celui qu’il avait obligé si généreusement sans qu’il put s'en douter, et qui se croyait toujours débiteur de cette somme envers le libraire, vint le trouver dès qu’il fut rétabli de sa longue maladie.L’artiste se nommait Quéverdo, graveur ei dessinateur, élève du célèbre Eisen, et s’était déjà fait dans la capitale une réputation méritée.Il remercie d’abord son créancier de l’obligeance qu'il avait eue, et lui propose de renouveler sou billet pour six mois, époque où il est certain d'y faire honneur, lui offrant d ajouter au capital de la somme les intérêts pour la prorogation qu'il sollicite.— Vous ne me devez rien, lui :épond le libraire: votre billet est acquitté.— Comment ?.et par qui ?— Par quelqu'un qui ne veut pas se faire connaître, et qui vous accorde tout le temps que vous voudrez.Oh ! il n'est pas difficile en affaires, celui-là! Je gagerais bien qu'il a déjà tout à fait oublié ce qu'il a fait pour vous.— Mais je ne me laisse obliger à ce point que par ceux que je connais.Artiste et homme de cœur, j’ai trop de fierté, je l'avoue, pour consentir à ignorer à qui je dois un pareil service.— Et c’est précisément pour cela que vous devez, sans crainte de blesser sa délicatesse, accepter le secours d'un compatriote.— Quoi ! c’est un Languedocien ?Cet aveu me fait du bien.De grâce, achevez de nie faire connaître ci' généreux appui que le ciel m’envoie.Mon cœur a besoin de le connaître, et si vous refusez, vous allez me forcer à vendre le peu d’argenterie que je possède, ou l’un de mes meilleurs tableaux auxquels je tiens le plus, pour acquitter cette dette sacrée.Je souffrirais trop du moindre délai.Le libraire voulut persister à cacher le nom du créancier anonyme, mais Quéverdo mit tant d’insistance et lui témoigna un si pénible tourment de son silence, que celui-ci n’eut pas le courage de le laisser dans une plus longue incertitude et lui avoua que c’était le chevalier de Florian.— J'aurais dû m’en douter, reprit l'artiste.Ce sont là de scs tours, et je connais plusieurs de mes confrères qu’il a secourus de même avec le produit de ses ouvrages.Mais j’espère me venger bientôt, et lui prouver que ce n’est pas gratuitement qu'on m'oblige avec tant (le grâce et de générosité.Plusieurs mois s’écoulèrent encore, sans que le graveur languedocien, malgré tous ses efforts et son économie, pût amasser de quoi retirer son billet resté dans les mains du libraire.Florian, depuis quelque temps, travaillait à son conte en vers intitulé Le Cheval d'Espagne, et qui n'est pas le moins intéressant de ses ouvrages.Content de son travail, il voulut s’assurer s’il avait réussi.Il fit une lecture de son œuvre au cercle du duc de Penthièvrc, qu’on pouvait consulter avec confiance en fait de morale et de sentiment.Ce prince, ainsi que toutes les personnes qui l’entouraient, fut charmé du petit chef-d'œuvre du poète.On ne savait, on effet, ce qu'on devait admirer le plus dans cette charmante production, ou le style enchanteur ou le charme des détails.Des applaudissements unanimes donnèrent à Florian la certitude d'avoir dépeint fidèlement la nature, et surtout d'avoir atteint le but moral qu'il s'était pr posé.La lecture de ces beaux vers avait produit un effet sensible sur l’un des jeunes pages du duo do Penthièvrc, nommé Ernest, fils d'un officier mort aux armées, «.a doué d'un excellent er.n qu'il fidi.it huis lu plus aimable espièglerie.Il était ce joui-là.même de service, et se trouvait placé derrière le fauteuil du prince.Il ne perdit pas un seul mot de l’œuvre de Florian.Connue Sa lichette l'intéressai Combien l'ingrat Favori lui parut coupable! Qu'il aurait eu de plaisir à ramener à la ferme l'aventureux coursier! Et le passage surtout où Favori, monté par l’iufunt d'Espagne, reconnaît la bonne Sanvlntte, ce passage, dis-je, lit sur Ernest la plus vive iuq ression.Sans cesse, il avait devant les yeux ce délicieux tableau.Partout il récitait Le Cheval d'Espagne avec la chaleur et l'enthousiasme d’une âme neuve et d'une ardente imagination.On lira volontiers ces vers charmants : On court bien loin pour chercher le bonheur ! A sa poursuite en vain l’on se tourmente : ( 'est près de nous, dans notre propre cœur, Que le pluea la nature prudente.Prouvons ici, sans beaucoup discourir, Que ce vrai bien s’attrape sans courir.Certain coursier, né dans l'Andalousie, Fut élevé chez un riche fermier.Jamais cheval de prince ou de guerrier, N i même ceux qui vivaient d'ambroisie, N'eurent un sort plus fortuné, plus doux ! Tous, dans la ferme, aimaient notre Andaloux, Tous, pour le voir, allaient à l'écurie Vingt fois le jour ; et ce coursier chéri, D’un vu u commun, fut nommé Favori.Favori donc avait de la litière Jusqu'aux jarrets, et dans son râtelier, Le meilleur foin qui fût dans le grenier.Soir et matin, les lils de la fermière Encore enfants, ménageaient de leur pain Pour l'Andaloux ; et lorsque dans leur main Le beau cheval avait daigné le prendre, ("étaient des eris, des transports de plaisir; Tous lui donnaient le baiser le plus tendre ; Dans la prairie ils le menaient courir; Et le plus grand de la petite troupe, Aidé par tous, arrivait sur sa croupe.Là, satisfait, et d’un air triomphant, Des pieds, des mains, il pressait sa monture, Et Favori modérait son allure, Craignant toujours de jeter bas l'enfant.De Favori ce (ut là tout l'ouvrage Pendant longtemps; mais quand il vint à l'âgo De trente mois, la femme du fermier Le prit pour elle, et notre cavalière En un fauteuil sise sur le coursier, La bride en main, dans l’autre la croupière, Ses pieds posés sur un mémo étrier, Allait, trottait nu marché faire emplette, Chez ses voisins acquitter une dette, Ou visiter son père déjà vieux.A son retour notre bonne Sanchctte Accommodait Favori de son mieux, Et lui doublait l'avoine et les caresses. DE LECTURE PAROISSIAL.335 Plus ou grandit, ]ilus 011 devient vaurien ! Co Favori (|uo l'on traitait si liicn, Ce cher objet de si douces tendresses, Fut un ingmt; et, quand il eut quatre ans, [I s'indigna, dans le fond de son âme, D'êlie toujours monté par une femme: “ Est-ce donc là, disait-il dans ses dents, l.e noble emploi d'un coursier d'ibérie?Avec des baufs j'babite l’écurie D'une fermière, et frémis de courroux Quand on me voit, comme un ânon docile.Au petit trot cheminer vers la ville, Ayant pour charge une femme et des choux.Non, je ne puis souffrir cette infamie I Je suis né lier, et, dusse-je périr, Jo prétends bien dans peu m'en affranchir!'' Orgueil! orgueil! c'est par toi qu'on oublie Vertus, devoirs : par toi tout a péri : Tu perdis l'homme, et perdis Favori! l'n beau matin, que la homme Sanchette, Selon l'usage, allait toute seulette, Vendre au marché les fruits de son jardin, Elle eut besoin (je ne sais pour quoi faire) I )*• s'arrêter un inonx lit en chemin ; D'un saut léger elle est bientôt à terre, Mais le bridon, par un sort bien contraire, En ce moment échappe de sa main, Et Favori s’en aperçoit à peine, Qu'au même instant, s'élançant dans la plaine, II casse, brise et disperse dans l'air Kt charge et selle et harnais et croupière, Des quatre pieds fait voler la poussière, Kt disparait, aussi prompt que l’éclair.Las ! que devint notre pauvre Sanchette?Dans sa surprise, elle resta muette, Suivit longtemps des yeux le beau coursier, Kl puis pleura, puis retourna chez elle Et raconta cette affreuse nouvelle.Tout fut en deuil chez le triste fermier ; De Favori tous regrettent la perte ; Enfants, valets, vont à la découverte, Dans les hameaux, dans chaque bourg voisin: “ L'avez-vous vu des coursiers le modèle, Le plus aimé, le plus beau?” C’est en vain, De Favori nul ne sait de nouvelle; Il est perdu.Sanchette soupira, Kt dit tout bas: “ Peut-être il reviendra." Km attendant, Favori, ventre à terre, Galope et fuit, sans perdre un seul moment.Il aperçoit bientôt un régiment De cavaliers qui marchait à la guerre.Hommes, chevaux, par leur air belliqueux, Par leur fierté, leur armure brillante, Dans tous les co urs répandent l’épouvante Ou le désir de combattre auprès d’eux.A cet aspect notre coursier s'arrête; Il sent dresser tous ses.crins ondoyants, Et, l’eril en feu, les naseaux tout fumants, Fixe, immobile, écoute la trompette ; Mais, tout à coup, frappant la terre et l’air, Il bondit, vole à travers la prairie, Arrive auprès de la cavalerie, S'ébroue, hennit, et jetant un a il fier Sur ces guerriers, enfants de la victoire.Il semble dire : •* Eh ! j’aime aussi la gloire ! ” Le colonel, qui voit ce beau coursier, Veut s’en saisir ; il vient avec adresse, Auprès de lui, le flatte, le caresse, Et par un frein eu fait son prisonnier.A l’instant même une peau de panthère, Aux griffes d’or tombantes jusqu'à terre, Couvre le dos'du superbe animal ; Un plumet rouge orne sa tête altiôre, Et cent rubans, tressés dans sa crinière, Lui donne l’air coquet et maitial.Sur Favori le colonel s’élance, Presse les flancs du coursier généreux ! Et Favori, dans son impatience, Mordant son frein, fier du poids glorieux, Vole à travers les escadrons poudreux.4‘ Voilà, voilà, disait-il en lui-méinc, Le noble emploi pour lequel je suis né ! Vivre eu repos, c’est vivre infortuné; Gloire et périls sont le bonheur suprénv .Sous ce harnais que je dois être beau! Je voudrais bien, dans le cristal de l’eau, Me voir passer, voir ma mine guerrière.Pour être heureux, ma foi, vive la guerre !" Comme il parlait, le chef du régiment Recuit l’avis qu’une troupe ennemie Doit dans la nuit l'attaquer brusquement.Tout aussitôt une garde choisie Est disposée autour du logement : Le colonel la commande lui-même, Et Favori, dont la joie est extrême De voir qu'on est menacé d'un danger, Passe la nuit sans dormir ni manger.Qu'importe?il est soutenu par le zèle.Point d’ennemis, voilà son seul chagrin.Mais tout à coup arrive, le matin, Fn officier qui porte la nouvelle Que la bataille est pour le lendemain.Le colonel veut être de la fête; L’armée est loin, mais jamais rien n'arrête, Lors pie la gloire est au bout du chemin ! Ou part, on veut arriver pour l'aurore.Toujours à jeun Favori néanmoins Ne se plaint pas, mais il saute un peu moins.Le jour se passe, il faut marcher encore Toute la nuit : et Favori rendu Fait un soupir ; mais l'amour de la gloire, Et le désir de vivre dans l’histoire, Et l'éperon réveillent sa vertu.Il marche, il va, se soutenant à peine, Quand, vers minuit, d’une forêt prochaine] l'n gros parti fond sur le régiment.On veut se battre: hélas! c'est vainement.N’os cavaliers harassés de la route, Sont enfoncés, tués, mis en déroute : Et, dans le choc, Favori tout sanglant, Couvert de coups, deux balles dans le flanc, Parmi les morts restés sur la poussière, Ne vovait plus qu’un reste de lumière.“ Ah ! disait-il, je le mérite bien ! J'ai fait un crime, il faut que je l’expie ! Je fus ingrat, il m'en coûte la vie; C'était trop juste.Et ce n’est pas le bien Que Favori dans ce moment regrette; Ce n’est que vous, ô ma chère Sanchette! " Disant ces mots, il perd tout sentiment; Et l'ennemi, vainqueur dans ce moment, Bien résolu de n'épargner personne, Le glaive au poing, poursuivant les fuyards, Pille, massacre, et bientôt abandonne Ce champ couvert de cadavres épars.Le lendemain de cet affreux carnage, Certain meunier, dans la plaine passant, Vit Favori sur la terre gisant. 336 L’ÉCIIO DU CABINET DE LECTURE PAROISSIAL.Il respirait ; le meunier le soulage, Clopin dopant le mène à son village, l’rcnd soiu de lui, le panse, le nourrit, Pour abréger, en un mot, le guérit.Mais prétendant se payer de sa peine, 11 veut user de son convalescent j Chargé de sacs, sous le poids gémissant, Dix fois le jour il le mène et ramène Dans les marchés, au village, au moulin, Le suit de près un bâton à la main ; Et ce bâton, fait d'une double épine, De Favori vient chatouiller l'échine, Pour peu qu’il bronche ou s'amuse en chemin.Ce fut alors qu'il regretta Sanchette?Mais sa frayeur rend s.i douleur muette.Brisé de coups, il n'ose pas gémir: L'excès des maux l’abrutit et l’accable, Et, se croyant pour toujours misérable, Il ne demande au ciel que de mourir.Xotre coursier, dégoûté de la vie, \ ivait toujours, sans trop savoir pourquoi, Quand un matin, un écuyer du roi, Qui parcourait, toute l'Andalousie Pour remonter la royale écurie, \ it Favori, de plusieurs sacs chargé, Par le bâton au moulin dirigé, Et conservant, sues ce triste équipage, Ce regard noble et cet air de grandeur D’un roi vaincu cédant â son malheur, Ou d’un héros réduit en esclavage.Bon connaisseur était cet écuyer; De Favori s’approchant davantage, Ii l'examine, et demande au meunier Combien il veut de ce jeune coursier : L'accord s.- fait; aussitôt on délivre De son fardeau notre bel animal ; Son nouveau maitre à l'instant s'en fait suivre.Et le conduit vers le palais royal.“ Oh ! pour le coup, se disait à lui-même Notre héros, la fortune est pour inoi ! Pins de chagrins, je suis cheval du lioi ! Cheval du lîoi ! c’est le bonheur suprême : Je n'aurai plus qu'à manger et dormir, De temps en temps à la chasse courir, Sans me lasser, et, gras comme un chanoine, A mon retour choisir l'orge ou l'avoine Que m.'s valets viendront vanner, je crois.Avec grand soin pour le cheval du Roi.’’ Ainsi parlant, il entre à l'écurie.Tout lui promet le bonheur qu'il attend : De peur du froid, sur sou cor s on étend Un drap mnr jué des armes d’Ibérie ; Ou le caresse, et sa crèche est remplie D'orge, de son : il est pansé, lavé Deux fois le jour ; le soir, sur le pavé, Litière fraiche ; et cette douce vie Lui rend bientôt son éclat, sa beauté, Son poil luisant, sa croupe rebondie, Et sou œil vif, et même sa gaité, .Il fut heureux pendant une quinzaine, Il possédait tous les biens à souhait ; Un seul point y faisait de la peine, C’est que jamais le Roi ne le montait.Nul écuyer n’aurait eu cette audace ; Et leur respect pour monsieur Favori l'ait qu avec soin il est choyé, nourri, Mais que toujours il reste en même place.Tant de respect lui devint ennuyeux.Ce long repos, à sa santé contraire, Le rend malade, et triste, et soucieux, Eu peu de temps change son caractère.Ce qu'il aimait lui devient odieux ; Plus d’appétit, rien qui puisse lui plaire; Un froid dégoût s'empare de son caur, Plus de désirs, partant plus de bonheur.“ Ah ! disait-il, que tout ceci m'éclaire ! Gloire, grandeur, vous qui m’avez séduit, Vous n'êtes rien qu’une erreur mensongère.Un feu follet qui brille et qui s'enfuit.Si le bonheur habite s,o a i
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