L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 février 1868, Les Francs-Maçons: ce qu'ils sont, ce qu'ils font, ce qu'ils veulent
LES FRANCS-MAÇONS, CE QU'ILS SONT, CE QU’ILS FONT, CE QU’ILS VEULENT.PAR MGR.DE SKGUR.(Suite.) xrr.Du haut grade (le Juge-philosophe Grand-Commandeur inconnu.Dans la réception du Juge-Philosophe Grand-Commandeur inconnu on révèle crûment à l’adepte le sens véritable et pratique de la légende d’Adoniram : ces paroles sont rapportées textuellement par le Fr.\ Ra^on dans son livre de Y Orthodoxie maçonnique: “ Les grades par lesquels vous avez passé, dit le maître de la Loge, ne vous portent-ils pas à faire une Juste application do la mort tl Adontram à la fin tragique et funeste de Jacques Molay, Juge-Philosophe, Grand Commandeur de l’Ordre ?Votre cœur ne s'est-il pas préparé d la éengeance, et ne ressentez-vous pas Vimplacable haine que nous avons jurée aux trois traîtres sur lesquels nous devons venger la mort de Jacques Molarj?Voilà, mon Frère, la vraie maçonnerie, telle quelle nous a été transmise.”—En pratique ces trois traîtres sont : d’abord le Pape, et, avec lui, toute l’Eglise, tout le christianisme, tout l’ordre religieux ; puis le Roi, et, avec lui, toute la société civile et tous les gouvernements ; enfin la Force militaire qui a remplacé les anciens Ordres religieux militaires, voués à la défense de la foi.On laisse déjà entrevoir à l’adepte que la doctrine fondamentale de la Franc-Maçonnerie est l’athéisme ou le culte du Dieu-Nature.“ Sachez vous asseoir, lui dit-on, au milieu d’hommes dont la bravoure et les bonnes mœurs (/) sont toute la doctrine.Cette doctrine est la règle que nous impose notre constitution.”—La bravoure, c’est la volonté sauvage et aveugle qui fera tout entreprendre, même le crime et le meurtre ; les bonnes mœurs, c’est l’obéissance aux instincts de la nature.Tout à l’heure nous en verrons des échantillons.Lufin, l’on ajoute : “ Vous voilà, maintenant placé au niveau des zélés Maçons qui se dévoueront à nous pour la vengeance commune.Cachez soigneusement au vulgaire la haute destinée qui vous est réservée .Vous êtes maintenant, mon Frère, au rang des élus appelés pour accomplir le grand œuvre.Amen ! ” Juge-Philosophe Grand-Commandeur inconnu l’insigne de son haut grade avec l’indication de son travail spécial.L’insigne, “ le bijou ” de l’adepte, c’est un poignard ; et son travail c’est la vengeance.— Est-ce clair ?XIII.Du haut grade de Chsvnlier Kudosch.Je ne sais pourquoi le3 Chevaliers Ivadosch s’appellent Chcvalicrs-Kadosch.Leur initiation est assaisonnée du fumet le plus vif de sang, de meurtre, de vengeance, de révolte et d’impiété.Quand Louis-Philippc-Egalité (le seul des Grands-Orients de France qui ait été admis dans les secrets ténébreux de “ la vraie Maçonnerie”) fut initié au grade de Chevalier-Kadosch, on le fit s’étendre à terre comme un mort, et 1;\, renouveler tous les serments qu’il avait déjà prêtés dans les grades inférieurs ; puis, on lui mit un poignard à la main et on lui ordonna d’aller frapper un mannequin couronné, placé dans un coin de la salle, auprès d’un squelette.Une liqueur couleur de sang jaillit de la plaie sur le candidat et inonda le pavé.Il reçut de plus l’ordre de couper la tête de cette figure, et de la tenir élevée dans la main droite et de garder le poignard teint de sang dans la main gauche ; ce qu’il fit.Alors on lui apprit que les ossements qu’il voyait l'i étaient ceux de Jacques Molay, Grand-Maître de l’ordre des Templiers, et que l’homme dont il venait de répandre le sang et dont il tenait la tête ensanglantée dans la main droite, était Philippe le Bel, roi de France.* ” —On comprend que Philippe le Bel étant mort depuis près de cinq cents ans, ce n’est pas à sa personne que s’adressait le vœu de meurtre et de vengeance, mais bien à sa royauté.Aussi le nouveau Kadosch, en fidèle Chevalier, fut-il un des principaux assassins de Louis XVI.Presque tous les régicides de la Convention étaient Francs-Maçons.Le Rituel maçonnique dit expressément que le nouvel élu doit venger la condamnation de Jacques Molay “ soit figurativement sur les auteurs de son supplice, soit implicitement »ur qui de droit.'1'—“ Qui connaissez-vous ?” lui demande-t-on.—“Deux abominables.—Nommez-les.—Philippe le Bel et Bertrand do Goth” (le Pape Clément Y.) D’après le Fr.\ Ragon, “ l’auteur sacré,” ce ne serait plus seulement un mannequin couronné, que doit frapper le chevalier Kadosch le jour de son initiation, c’est un serpent à trois têtes, dont la première porte une tiare ou une clef, la seconde une couronne, la troisième un glaive : symboles de la Papauté, do la Royauté et de la Force militaire, qui se sont réunies pour détruire l’ordre des Templiers.“ Ce serpent à triple tête désigne le mauvais principe, dit le même Fr.\ Ragon.* Le secret de la secte perce de plus en plus.• Montji>i«», Histoire de l i conjuration de Louis-Philippe d'Ortéans-Egaliti.• Vnurt i»hilos'>phii]Ui et interprétatif d s Initiations anciennes et modernes, p.38S. LES FRANCS-MAf'ONS.07 XIV.Du haut grade de Rose-Croix.A la réception d’un Rose-Croix, le chef de la Loge n’est plus Vénérable, ni Très-Respectable ; il s’appelle “Très-Sage et Parfait Maître,” et tous les officiers de la Logo sont des “ Très-Puissants et Parfaits.” La perfection est le caractère distinctif de ce grade ; mais ne confondons pas : c'est la perfection maçonnique.Le candidat est entre autres choses interrogé sur le sens de la célèbre inscription : INRI, qui fut placé par Pilate sur la croix de Notre-Seigneur JÉSUS-CIIKISÏ.Chez les Maçons, cela ne signifie plus Jésus de Nazareth, Roi des Juifs: cela veut dire, blasphème ignoble “que le Juif Jésus de Nazareth fut conduit par le Juif Raphaël, * en Judée, pour y être justement puni de ses crimes.” Dès que le candidat a donné au “ Très-Sage cette interprétation sacrilège,le “Très-Sage” s’écrie: “Mes Frères,la parole est retrouvée ! — Ainsi “ la parole,” le secret des grades avancés de la Franc-maconnerie, c’est la haine de Jésus-Chiust.Dans les légendes maçonniques, Notre-Scigneur, en sa qualité de descendant du roi Salomon, expi ajustement sur la croix le soi-disant meurtre d’Adoiuram par Salomon, jaloux de son architecte.Adoniram est soi-disant le descendant de Cam, soi-disant fils de Lucifer et d’Eve ; et la lutte actuelle de la Révolution et de la Maçonnerie contre l’Eglise et la loyauté n est qu une suite logique et fatale d’une lutte qui commença au paradis terrestre : la lutte de Lucifer, de Cam son fils, d’Adoniram son descendant, et de toute une race supérieure, qui a reçu le don de la science, de la lumière et de la vraie vertu ; contre Dieu, contre Adam, Aboi, Salomon, contre JÉsus, et contre la race inférieure des enfants d Adam, personnifiée dans les prêtres et dans les rois ; cette seconde race a pour caractère la force aveugle, la tyrannie et l’ignorance.D’après les Maçons, Dieu est jaloux de Lucifer et le persécute ; Caïn est le persécuté d Adam et d’Abel, etc.C’est le sens-dessus-dessous ; c’est la contre-'élite; c est 1 apothéose de la révolte et le crucifiement de la Vérité et du Bien, en un mot, c’est la Révolution, qui, dans sa doctrine fondamentale, est essentiellement antichrétienne, athée, satanique.Quelque avancés que puissent être dans la connaissance du secret de a Maçonnerie tous les Frères des hauts grades, il faut reconnaître néanmoins qu ils ne sont pas encore sortis “de l’antichambre mal éclairée,” e )mme disait le Petit-l'igre ; ils ne sont encore maçon qu’en herbe et en cm.5.Le fruit est caché plus avant dans les sombres profondeurs de la Acte.C est ce qu un prêtre disait un jour à une espèce d’honnête homme 1 1 ce que ce Juil Raphaël?Serait-ce par hasard, le traître Judas, si sympathique au Fr.\ Renan ? à vue courte, promu depuis bien des années au grade de Rose-Croix.Ce pauvre homme ne voyait dans le cérémonial des Loges que des momenes historiques “ Il n’épargnait rien, racontait ce prêtre, pour me donner une meilleure idée d’une société dans laquelle il se glorifiait d’avoir exercé des fonctions importantes.Il voulait absolument me convertir a la maçonnerie.Je savais qu’il ne lui restait plus qu’un pas à faire pour arriver au point où le voile se déchire, où il n’est plus possible de se faire allusion sur le but ultérieur des arrières adeptes.Pour me convaincre, il voulut aller jusque-là.“ Très-peu de jours après, je le vois entrer chez moi dans un état impossible à dépeindre.“ Oh mon cher ami, mon cher ami! s’écriait-il, que vous aviez bien raison !.Ah ! que aviez raison ! Où étais-je, mon Dieu.où étais-je ?” Il s’assit ou plutôt tomba sur un siège, ne pouvant que répéter : “ Où étais-je ?où étais-je ?.Ah ! que vous aviez bien raison !” J’aurais voulu qu’il m’apprit quelques-uns des détails que j’ignorais encore.^ Il so contenta de répondre : “ Vous avez raison, mais c'est tout ce que je puis vous cii'/v.” Il ajouta cependant que s’il acceptait ce qu’on lui proposait, il réparerait sa fortune ruinée par la révolution.“ Si je veux, me dit-il, partir pour Londres, pour Bruxelles, pour Constantiuople, ou pour toute autre ville à mon choix, ni ma femme, ni mes enfants, ni moi, nous n avons rhr besoin de ricr.-Ou!, kd obscrv?.: jo ; xab à condition que vous irez prêcher partout l’égalité, la liberté et toute la révolution !-Tout juste, murmura-t-il.Mais encore une fois, c’est là tout ce que je puis vous dire.Ali ! mon Dieu! où étais-je!.”* .Le pauvre homme était tout simplement dans les hauts grades de la Maçonnerie extérieure ; et on venait de lui laisser voir le dessous des cartes.—A notre tour, jetons-y un regard.xv.Do la vraie Franc-Maçonnerie, qui est occulte et toute secrète.Cette Franc-Maçonnerie n’est plus celle des Loges, elle n’est plus même celle des hauts grades : elle est purement et simplement la société secrète.Dans l’arrière-Loge, les Maçons jettent le masque; ils dédaignent et repoussent le symbolisme à la fois ridicule et pervers des initiations premières; ils vont droit au fait: Guerre à Dieu, « son Christ et à son Ki/lise! (juerre aux rois et à toute puissance humaine nui n est pas avec nous ! Telle est leur devise ; tel est leur cri de ralliement.Là, plus de Graùds-Orients, plus de Grands-Maîtres, mais une unité effrayante, réalisée par un gouvernement occulte, aussi simple que savam- J 7 1 • L'abbé Bnrruel, le Jacoti iime 'H uilé, tome II, p.31- et suiv. ment organisé.“ Souvenez-vous, disait récemment le scélérat Mazzini souvenez-vous qu’une association d'hommes libres et égaux (toujours la même formule !), qui veulent changer la face d’un pays (il aurait pu dire: de tous les pays) doit avoir une organisation simple, claire et populaire.” * A la tete de toute cette armée ténébreuse, il y a un chef unique et inconnu, qui reste dans l’ombre et qui tient tous les Ateliers et toutes les Loges dans sa main, chef mystérieux et terrible auquel sont liés, par un serment d’obéissance aveugle, tous les Maçons de tous les rites et de tous les giadeSjjjui ne connaissent même pas son nom, et qui, pour la plupart, ne veulent pas cioire 11 son existence.Cet homme diabolique est plus puissant qu aucun roi de ce monde.Au dernier siècle, ce fut pendant de longues années, un Allemand .obscur, nommé Weishaupt.Le patriarche des sociétés secrètes n’est connu que de quatre ou cinq adeptes choisis, qui le mettent en rapport chacun avec une section ou vente ou Loge (le nom importe peu), et les adoptes de cette section ignorent le rôle que le lieutenant du grand chef remplit parmi eux.Chacun des Maçons de la section la représente à son tour dans une section ou \ ente inférieure, toujours à l’insu des adeptes réunis là ; et ainsi de suite jusqu’aux Loges les plus insignifiantes de la Maçonnerie extérieure, jusqu’aux assemblées maçonniques en apparence les plus étrangères aux complots des sociétés secrètes.Lans cette hiérachie sous-maçonnique, chacun est conduit sans savoir par qui, et exécute des ordres dont il ignore et l’origine et le but réel.G est la vraie société secrète, pour ceux-là même qui en font partie.Il y a une quarantaine d’années, la police romaine fut sur le point d’atteindre le chef même de la grande conspiration : le cardinal Bernetti, Secrétaire d Etat de Léon XII, parvint à saisir une partie de la correspondance intime des chefs de la Vente suprême, c’est-à-dire do cette première Loge maçonnique que dirige immédiatement le grand chef.Un do ces scélérats était attaché u la personne du prince de Metternich, premier ministre de 1 empereur d Autriche, qui avait en lui toute confiance.Son nom de guene était Aubins.Un autre était un juif qui avait pris pour nom de guerre le nom de Petit-Tigre.La correspondance d’un troisième dénotait un riche propriétaire italien.A cette époque, le centre du grand complot était en Italie.loui distinguer la Franc-Maçonnerie occulte on l’appela Cliarbonnerie.ommo lu h ranc-Maçonnerie, la Cliarbonnerie est une et universelle ; elle tst la partie militante de la Franc-Maçonnerie.” On ignore le nombre tle scs adeptes.Le J?i.Louis Blanc admire, en la constatant officiellement, l’organisa* lul» de la Cliarbonnerie ; c’est, dit-il, “ quelque chose de puissant et de * Manifeste d'avril 1854. d, " r™rs o^’Tc ü: 7mieï2trate, d’autres Montions «,4mm desquels agi raienUe» I rmlu particulière* (le mot Vente veut dn-e réunion).On fi-vl le «»1 .c des membres à vingt par association, pour échapper au Coc c p -m .jfiintp Vente se recrutait ellc-mcinc.« Pour former les Ventes centrales, on adopta le mode suivant : Deux membres de la Haute T'entel'adjoignaient un tiers sans lui faire confidence de leur qualité, et ils le nommaient Président de la 1 entts lutme en j prenant eux-môms, l’un le titre de Député, l’autre celui de Censeur La mission du Député étant de correspondre avec 1 association supuicu , celle du Censeur de contrôler la marche de l’association secondaire, //«< t-Vente devenait par ce moyen comme le cerveau de chacune ( t., qu’elle créait, tout en restant vis-à-vis d’elles maîtresse de son secret c de ses actes.H y avait dans cette combinaison une admirée élasticité (celle du serpent).Bientôt les Ventes se mu tilèrent à 1 “«”• Le Fiv.Louis Blanc ajoute avec la naïveté d’un enfant temble On avait prévu l’impossibilité de jouer complètement les efforts de la police ( £’• «*Lr l’importance, .convint que les commun, sans cependant se connaître les une» ii> au u , .iiièrc que la police ne pût qu'en pénétrant dans la limite-1 «te sa j»nt l'ensemble de l’organisation.Il fut conséquemment interdit a tout cl, iannter appartenant à une Vente de clierclicr a s introduire dans une autre.Cette interdiction était sanctionnée par la peine de mort.« Les devoirs du Charbonnier étaient d’avoir un fusil et cinquante cartouches (précaution éminemment philantropique), d’etro prêt a de-vouer (on Lût ce que cela «ont dire), d'obéir aveuglément aux ordres dos chels inconnus.”—(2).Cette organisation redoutable, éventée par le .Louis Blanc, avait été combinée dans la Loge de» a,A de hvénte.Ainsi derrière la Logo est Parrierc-Logc ; derrière le Iranc-Maçon Apprenti, Compagnon, Maître, et même derrière les Franc-Maçons dos hauts grades se cael.e le Franc-Maçon Charhmkr, I homme do la société secrète et des I «te».Les Loges que la Franc-Maçon,,orie afhrmc cachent J tous les regards les arrièrc-Loges, les grades cachent les arrière-grades, la doctrine avouée cache la doctrine mystérieuse, les rites et les cérémonies grotesques cachent les trames occultes ; les secrets ridicules n ont été imaginés (pie pour mieux cacher le vrai secret ; en un mot, la Maçonnerie publique cache la Maçonnerie sccieti.( l ) Pour y mieux réussir et pour attirerles militaires, la secte avait joint ^'organisation communes des Vente» une organisation militaire, ou plutôt des dénominations m.l.ta.rcs Lésions, Cohortes, Centuries, Manipula; et, scion les besoins du moment, elle présenta tantôt une face tantôt l'autre.(2) Histoire Je dix ans, tome 1er. Il y a union intime, mais occulte, entre la Franc-Maçonnerie et la Charbonnerie : l’une est le corps, l’autre est l’âme ; l’une est l’armée des soldats, l’autre l’année des chefs , l’une est menée, l’autre mène.Telle est l’innocente Franc-Maçonnerie qui se prétend calomniée par l’Eglise.xvr.A ([m is nflïeux excès se portent les Maçons des arrièrcs-Logea.Bon nombre de ces sectaires ne reculent ni devant le sacrilège, ni © / devant l’assassinat.A Rome, durant fes troubles de 1848, on découvrit plusieurs réunions nocturnes, une entre autres au faufourg du Transtevere, où les adeptes, hommes et femmes, se réunissaient pour célébrer ce qu’ils appelaient “ la messe du diable.” Sur un autel orné de six cierges noirs, on déposait un ciboire ; chacun, après avoir craché sur le crucifix et l’avoir foulé aux pieds, apportait et mettait dans le ciboire une hostie consacrée, qu’il avait été recevoir le matin dans quelque église ou bien qu’il avait achetée de quelque méchante vieille pauvresse à prix d’argent, comme Judas.Puis commençait je no sais quelle cérémonie diabolique, qui se terminait par un ordre donné à tous de tirer le poignards, de monter à l’autel et do frapper le Saint-Sacrement à coups redoublés.La messe finie, on éteignait toutes les lumières.D’Italie, ces pratiques sacrilèges se sont infiltrées chez nous ; et tout récemment on a découvert l’existence d’une sorte de sous-Franc-Maçon-nerie, déjà tout organisée, dans le but exclusif de s’entendre sur les moyens de détruire la foi plus efficacement et plus sûrement.La secte est divisée en petites sections de douze à quinze membres chacune, pas davantage, de peur d’éveiller l’attention.Elle se recrute parmi les gens lettrés, ou du moins parmi les personnes qui, par leur position, leurs talents ou leur fortune, exercent autour d’elles quelque influence.Les chefs de sections ne résident point aux lieux des réunions, mais à Paris, qui est leur centre d’action.Chose horrible ! chaque adepte, pour être agrégé, doit apporter, le jour de son initiation, le Très-Saint-Sacrement de 1 autel et le fouler aux pieds, en présence des Frères ?On m’a assuré que cette secte infernale existe déjà dans la plupart des grandes villes de France.On m’a nommé, comme renseignement absolument certain, Paris, Marseille, Aix, Avignon, Lyon, Châlons-sur-Marne, Laval.On m a également affirmé, comme la tenant d’un témoin auriculaire, prêtre vénérable on ne peut plus digne de foi, la réalité du fait suivant, qui n’est du reste que la répétition de crimes de même nature, accomplis fréquemment en Italie, depuis une vingtaine d’années.Un jeune homme s’était fait initier à la Franc-Maçonnerie.Il paraît qu il fut bientôt trouvé mûr pour les grandes choses.De la Loge il passa a 1 arrièrc-Logc, et uu beau jour il fut désigné pour faire disparaître une victime de la secte.11 fut obligé de la poursuivre partout, et ne put l’atteindre qu’en Amérique.Il revint en France bourrelé de remords, à moitié décidé à ne plus prendre part aux travaux de la Maçonnerie secrète.Mais bientôt un nouvel ordre lui fut intimé: il fallait un second meurtre, une seconde vengeance.Cette fois, son cœur se révolta et il résolut d’échapper par la fuite à cette tyrannie du poignard.Il quitta donc furtivement Paris pour se rendre incognito en Algérie.A peine arrivé à Marseille, il reçoit à l’hôtel où il était descendu un billet fraternel ainsi conçu: “ Nous savons ton projet ; tu ne nous échapperas point.L’obéissance ou la mort.” Epouvanté, il rebrousse chemin et s’arrête à Lyon dans une auberge obscure.Une demi-heure après, un inconnu apporte pour lui un billet à peu près conçu dans les mêmes termes : “ Tu obéiras, ou tu mourras !” Il quitte aussitôt l’auberge et la ville, et l’Ame pénétrée de repentir non moins que de terreur, il va par des chemins détournés chercher un abri au monastère do la Trappe des Dombes, près lîclley.Le lendemain de son arrivée, même avertissement, incine menace : u Nous te suivons , en vain tu cherches à nous échapper.’ Enfin, éperdu, hors de lui-même, et sachant par expérience que la secte ne pardonne jamais, il alla, d après le conseil d un des I ères de lu 1 îappc, consulter le prêtre qui a raconté tout ceci et qui a trouve moyen, en le confiant à d’intrépides missionnaires, de dépister les terribles limiers attachés à sa poursuite (1).Ce fait effrayant n’est que la réalisation littérale des instructions précises qui régissent aujourd’hui la secte.Voici quelques-uns des articles de cette constitution occulte, rédigée par Mazzini : “ Art.XXX.Ceux qui n’obéiront point aux ordres de la société secrète ou qui en dévoileraient les mystères, seront poignardés sans rémission.Même châtiment pour les traîtres.“ Art.XXXI.Le tribunal secret prononcera la sentence et désignera un ou deux affiliés pour son exécution immédiate.“ Art.XXXII.Quiconque refusera d’exécuter l’arrêt, sera censé parjure et, comme tel, tué sur le champ.“Art.XXXIII.Si le coupable s’échappe, il sera poursuivi sans relâche, en tout lieu ; et il devra être frappé par une main invisible, fut-il sur le sein do sa mère ou dans le tabernacle du Christ !” Après cela, allez donc vous faire Franc-Maçon ! (1) Tout ré cernent, la fille d'un Franc-Maçon confirmait, par une innocente indiscrétion la réalité de ces procédés inexplorables.Cette enfant, âgée de douze ans, avait souvent entendu son pure parler de lu Franc-Maçonnerie et déclarer qu’il en faisait partie.Grâce à l'influence de sa bonne mère, elle fut mise en pension d tns une maison d'éducation religieuse; et il lui est arrivé plus d'une fois de répéter devant ses compagnes, comme devant les lleligieuses et l'aumônier de l'établissement, ces naroles recueillies de la bouche même de son pùre : 11 Si quelqu’un de nous vient à trahir le secret qui lui est confié dans la Frauc-Maçonnerie, ou le poursuivra jusqu’au bout du monde, et ou le fera disparaître, sans que ni la police, ni qui que ce soit, puisse savoir ce qu'il est devenu." XVII.Oc que les Frères des arrièrc-Loges pensent, disent et comptent faire de leurs clier3 Frères du dehors.Apprenons-le d’eux-mèmes : “ Les Loges, dit le fameux Petit-Tigre, peuvent bien aujourd’hui procréer des gourmands, elles n’enfanteront jamais des citoyens.On dinc trop chez les T.-.C.\ et les T.\ R.\ Fiv.de tous les Orients: mais c’est un lieu de dépôt, une espèce de haras, un centre par lequel il faut passer avant d'arriver à nous.Cela est trop pastoral et trop gastronomique, mais cela a un but qu'il faut encourager sans cesse.En lui apprenant à porter arme avec son verre, on s’empare de la volonté, de l’intelligence et do la liberté de l’homme (ct“ les hommes libres, les Franc-Maçons!" que deviennent-ils donc?).On en dispose, on le tourne, on l'étudic.On devine ses penchants, ses affections et ses tendances ; quand il est mûr pour nous, on le dirige vers la société secrète dont la Franc-Maçonnerie ne peut plus être que l’antichambre assez mal éclairée (1).” On n’est trahi que par les siens.Un Franc-Maçon qui répudie de bonne foi toute idée d’affiliation aux sociétés secrètes, est donc tout simplement un Maçon naïf qui n’est pas mûr.C’est une espèce d'honnête homme “ qu’on tourne ” pour le faire cuire au feu sacré.Il est sans doute fort honorable pour lui de ne pas vouloir cuire, de ne pas pouvoir mûrir, mais il n’en est pas moins au pouvoir des arrièrc-Loges, et bon gré mal gré, au premier signal, il faudra qu’il marche ou qu'il meure.Entrez donc au dépôt ! Choisissez votre place au haras ! Allez apprendre à porter arme avec votre verre ! Pauvres dupes, voilà les sanglants abîmes sur la pente desquels on vous fait chanter et manger ! XVIII.Comment les Maçons des arrière-Logos exploitent les Princes et les nobles qui entrent dans la Maçonnerie.Laissons-leur encore la parole et, une fois de plus, comprenons l’union fatale qui existe entre la Maçonnerie extérieure et la Maçonnerie occultc.Voici comment s’exprime, au sujet des Princes Franc-Maçons, une des notes secrètes saisies par la police romaine sous Léon XII.“ Le bourgeois a du bon, mais le Prince encore davantage.La Haute-Vente désire que, sous un prétexte ou sous un autre, on introduise dans les Loges maçonniques le plus de Princes et de riches que l’on pourra.Il n’en manque pas, en Italie et ailleurs, qui aspirent aux honneurs assez modestes du tablier et de la truelle symboliques.Flattez tous ces ambitieux de popularité ; accaparez-les pour la Franc-Maçonnerie ; la Ilautc-Vcnte verra (1) Lettre à la Vente piémontaise, 18 janvier, 1822. plus tard ce qu'elle pourra en faire pour la cause du progrès.Un prince qui n’a pas de royaume à attendre est une bonne fortune pour nous.II y en a beaucoup dans ce cas-là ! Faitcs-en des Francs-Maçons ; Us serviront clc glu aux imbéciles, aux intrigants, aux citadins et aux besoigneux.Ces pauvres Princes feront notre affaire en croyant ne travailler qu’à la leur.C'eut une magnifique enseigne (1) !” C’est plus qu’une enseigne: c’est une protection très-efficace.Les Maçons eux-mêmes nous le disent.“ L’entrée des Souverains dans l’Ordre est de très-bon augure, dit le Fiv.Jeder, dans son Histoire de la Franc-Maçonnerie (p.149).Quoiqu’ils ne puissent contribuer à la construction du Temple maçonnique, quoiqu il nous faille subir le spectacle des brillants insignes attachés à leur boutonnière, ils sont très-précieux pour l' Ordre, soit à cause de leurs richesses, soit à cause de leur immens3 influence.Quelque libres qu’elles puissent paraître, les associations secrètes sont encore trop dépendantes des dispositions de la classe supérieure ; elles ne peuvent se développer qu’aux rayons du soleil, au milieu d un ciel sans nuages.Là où le Prince boude, il y a mauvaise grâce à vouloir trop s’élever, tandis qu'on peut cingler à pleines voiles dès qu'une brise favorable s'élève de la cour.Puissent nos augustes hôtes continuer à rester muets et inactifs comme la poupée de Martin !” Impossible de se moquer du monde plus librement.Les “ pauvres Princes,” les grand personnages, les riches s’y sont laissé prendre.“ Grâce au mécanisme habile de l’institution, la l'ranc-Maçonnerie trouva dans les Princes et les nobles moins d’ennemis que de protecteurs.11 plut à des souverains, au grand Frédéric, de prendre la truelle et de ceindre le tablier.Pourquoi non ?L'existence des hauts grades leur étant soiqneusemnit dérobée, ds savaient seulement de la Franc-Maçonnerie ce qu’on en pouvait montrer sans péril.Ils n’avaient point a s’en occuper, retenus qu’ils étaient dans les grades inférieurs, où ils ne voyaient qu une occasion de divertissement, que des banquets joyeux, que des principes laissés et repris au seuil des Loges, que des formules sans application à la vie ordinaire ; en un mot, qu’une comédie de 1 égalité.Mais en ces matières, la comédie touche au drame ; et les Princes et les nobles furent amenés à couvrir de leur nom,
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