L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 septembre 1868, Dialogue des morts entre le marquis de Montcalm et le général wolfe
DIALOGUE DES MORTS ENTRE LE MARQUIS DE MONTCALM ET LE GENERAL WOLFE.(Suite.) WOLFE.Cette action a été vraiment glorieuse pour vous et (ligne de l’ambition d'un grand homme.Nos colonnes n étaient (ju de vos îetian-chements, et toute notre armée vous distinguait très-bien continuellement occupé à animer vos soldats, ;i les encourager et a exciter loui ardcui.Yous parcouriez vos lignes sans cesse ;i quelques pas de vos retianchement», vous exposant vous-même trop témérairement pour un géneial d armec.Arous aviez l’œil tout, et votre contenance était celle du lion.Le général Abercrombie aperçut bien le désordre de votre droite, quand le îegi-ment de Tierry fut sur le point d’abandonner les retranchements, et il redoubla d’efforts pour en profiter.Mais vous étiez toujours partout, et vous vous transportiez d’un lieu à l’autre avec la rapidité de 1 aigle.Rien ne vous déconcertait ; vous réprimiez les plus petits désordres aussitôt qu’ils paraissaient, sans leur donner le temps de s’étendre, ce qui arrive ordinairement comme l’éclair.Cette affaire vous a fait en Angleterre une si grande réputation de eapa cité et de talents, que, je vous l’avouerai, Monsieur, l’idée d’avoir pour antagoniste un homme de votre science et de votre mérite, me rendait pendant toute la campagne toujours incertain dans mes plans, indécis daii-mes idées, changeant et irrésolu dans mes projets.Cependant je ne puis pas condamner mes prédécesseurs, chargés du commandement des armées anglaises en Canada.La manière de se battu, dans les bois, suivie par les Canadiens et les Sauvages, est si difterente de celle de l’Europe, que j’ai de suite compris que le Général le plu.' habile, avec l’année la mieux disciplinée, et en suivant exactement h ' règles de l’art dont les principes sont sûrs, fixes et clairs pour la guem en Europe, peut facilement être défait par un très-petit nombre de San (•) Ce compte-rendu de l'attaque de l'armée anglaise contre Iss retnnclicmou.= ^ Carillon, prouve une fois de plus qu’au Dieu des batailles revient la part principe succès, puisque c'est lui qui inspire ou aveugle les généraux, et que ce nés pa» raison qu'on l'invoque avant d’entrer en campagne. vages dans ces vastes forets.Le blâme jeté en Europe contre Braddock, pour avoir laissé anéantir son armée de 4,000 (*) hommes sur l’Oliio en 1755, par G50 Canadiens et Sauvages seulement, a été bien plus grand encore que contre le général Abercrombic.La raison en est claire : Abercrombie retourna en Angleterre, et les vivants trouvent toujours des raisons pour se justifier : mais Braddock a été tué.Les morts ont toujours tort, et ne trouvent jamais d’avocats désintéressés pour plaider noblement et généreusement leur cause.L’ordre de marche de Braddock, critiqué par votre Général français, peut au premier coup d’œil paraître singulier, et plusieurs prétendent que, en conséquence de cette mauvaise disposition, sa défaite était inévitable : mais étudiez-le, et vous verrez que c’est simplement la mise en exécution d’une règle ordinaire, suivie partout en Europe quand on traverse un bois, (f) Pour une armée divisée en trois colonnes, l’artillerie, les bagages, les voitures et la cavalerie forment le centre, entre les deux autres colonnes composées de l’infanterie.La moitié des grenadiers est à l’avant-gardo afin de soutenir les pontonniers, chargés d’ouvrir le chemin pour le passage des voitures et de l’artillerie ; les autres sont en arrière pour fermer la marche.Braddock fut cerné de tous cotés par les Canadiens et les Sauvages dispersés dans le bois.Chacun d’eux, caché derrière un arbre, pouvait choisir sa victime, de telle sorte (pie chaque coup de fusil abattait un soldat, et à chaque décharge de la troupe ils fuyaient d’arbre en arbre.Que peuvent faire en pareil cas des troupes régulières ?Serrer sans cesse les rangs et les files, comme fit Braddock, faire feu continuellement dans (*) On no donne généralement que 2,000 hommes à L!rad
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