L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 octobre 1868, Chronique
CHRONIQUE.Canada : Missionnaires de St.Jean-Baptiste.—L’Œuvre de3 Chantiers.—Fête à l’Assomption.—Nécrologie.—Fêtes et Expositions.—Le Gore et la Rivière-Rouge.—Sir G.Young.—Colonisation.—Tracé Robinson.—Districts Militaires.—Etat de la Récolte.Romï: L’armée Pontificale.—Mgr.Lavigerie.—Les don3 d’un Musulman converti.— J.Karam.—Le Peintre de Mentana.—Pie IX et la Bretagne.—La Vigna-Pia.—La Caserne de Séristori.— Le prochain Concile.— Le Marquis de Banneville.— Les Lieux Saints.Europï : Situation générale.—Notre-Dame de Scbeut.— L’Emprunt français.—Révolution d’Espagne.Amérique : Campagne électorale.—Le Sud.—Prise d’Humaïta.I.Faute de prêtres parlant suffisamment leur langue, les Canadiens aux Etats-Unis sont dans un abandon à peu près complet sous le rapport religieux ; ils y perdent leur foi et tombent dans un tel dtat de démoralisation, qu’ils deviennent pour les Américains un objet de mépris, jusqu’il se voir forcés de rougir de leur nationalité et de leur nom.Il est temps d’ap- • porter remède à une telle situation, et de voler au secours de près de 500,000 compatriotes qui se perdent.On parle donc de fonder une Congrégation de prêtres missionnaires, sous le patronage de Saint Jean-Baptiste, qui se mettraient au service des évêques d’Amérique jusqu’au jour où le clergé américain, mieux pourvu, pourrait desservir les centres de population canadienne répandus sur le Continent.C’est donc une louable et noble entreprise qui mérite considération et encouragement.Le< difficultés, sans doute, ne manqueront pas de surgir, mais quelle est l’œuvre sainte qui n’ait point rencontrée d’opposition, et aussi quelle est l’œuvre divine qui n’ait pas triomphé de tous les obstacles ; et si cette entreprise est réellement inspirée de Dieu, comme il semble qu’elle le soit, qui pourra l’empêcher de réussir ?Une seconde Œuvre, non moins utile, est celle que les Révérends Pères Oblats ont établie dans les Chantiers et sur les Cages, c’est l’association des Zouaves Pontificaux pour Vabolition du Blasphème et des Jurements.Nous croyons que cette œuvre aura une portée plus grande que celle qu annonce son nom.Quoique arrêter le mal du blasphème soit déjà d’une importance majeure, au point de vue catholique et social, cette association peut aspirer à un bien plus étendu.Elle agira sur les mœurs de ces hommes trop souvent adonnés aux passions les plus funestes de l’intempé-rancc dans tous les genres.Nous avons pu constater, il y a quelques années et sur les lieux, les ravages que l’immoralité fait dans les chantiers, ou il est [eu de jeunes gens qui échappent à ce fléau.L’association nou- vclle, en même temps qu'elle les mettra en garde contre le blasphème, les retiendra également dans le j sentier de la vertu et leur apprendra à se respecter et à se conduire en hommes et en chrétiens.Monseigneur do Montréal poursuit scs visites pastorales dans la partie nord de son diocèse riveraine du St.Laurent.Sa présence au village de l’Assomption a donné lieu à de brillantes démonstrations.Sa Grandeur a consacré l’église qui vient d’être restaurée sur un plan plus vaste et plus magnifique.Elle a ensuite présidé au dincr servi par les Dames, dans le Couvent des Sœurs de la Congrégation, et a assisté le soir à la séance littéraire donnée par les élèves du collège, à tous les anciens élèves de cette Institution, invités à cette fete et accourus en grand nombre.Après cinq années de travaux et de sollicitude, le zèle de M.le curé de l’Assomption a été enfin couronné, et le souvenir de cette journée se conservera longtemps dans le souvenir des habitants de cette heureuse paroisse, une des meilleures de tout le Canada.Monseigneur de St.Hyacinthe a dernièrement publié le mandement annonçant la détermination qu’il a prise d’établir prochainement sa résidence à Bélocil.La ville de St.Hyacinthe est affligée de ce départ qui ' la prive de la présence de son premier pasteur ; elle en prévoit les fâcheuses conséquences, elle en témoigne ses regrets avec éloquence, mais les difficultés pécuniaires sont telles qu’elles n’ont pas permis à Mgr.Larocquc d’accepter l’offre des généreux sacrifices que sa ville épiscopalc voulait encore s’imposer._ # , Le diocèse de St.Hyacinthe a perdu le pieux et jeune vicaire de otc.Maric-du-Monnoir ; il n’était âgé que de 27 ans, et ne comptait pas encore deux années de prêtrise.A son tour, le Collège de Ste.Marie a fait une perte sensible dans la personne du llév.P.Schneider, décédé au commencement de ce mois, à l’Hôtel-Dieu.Il était né le 3 avril 1807, à Ribeauvillé, chef-lieu de canton du llaut-Rhin, diocèse de Strasbourg.Il n’avait que dix-neuf ans lorsqu’il entra dans la Compagnie de Jésus.Il débuta dans le ministère il Paris, où il dirigea pendant un an l’école industrielle de Mgr.Berven- 3 De Paris, il retourna dans son pays, et travailla à Strasbourg pendant huit années.Là il fonda l’établissement industriel dés Frères de Saint Vincent-dc-Paul, sur le modèle, sans doute, de celui qu’il avait dirig ; Paris.Il a toujours éprouvé un puissant attrait pour tout ministèic qui le mettait en rapport avec les jeunes gens, et ce même attrait 1 a suivi en fut en 1848 qu’il vint en Amérique, successivement employé à la maison de Québec, au Noviciat du Sault-au-Réeollet et au Collège bte.Marie, où il est demeuré jusqu’à sa mort.Son séjour en Cana a n a e interrompu que par une absence de quelques années (18.5G-1865) pendant lesquelles il séjourna dans les Etats-Unis, à Baltimore et à New York.Esprit orné et d’une conversation agréable, il laisse un vide dans la Société dont la mort l’a séparé, et à laquelle il fut si utile par ses conseils et par les ressources de son esprit et de son expérience.Si nous passons à un autre ordre de choses, Septembre aura été pour la Puissance du Canada, un mois d’émotions diverses, de plaisirs, de distractions et de fêtes.Et d’abord c’est la capitale fédérale qui a assisté au procès de Whelan, conduit avec habileté et intégrité par la Couronne et par le Tribunal.Tous les efforts de la défense n’ont pu soustraire le malheureux assassin «i une condamnation, malgré ses protestations d’innocence.C’est ensuite Québec qui a eu ses joyeuses régates d’où la Mouette est sortie victorieuse.Puis est venu le tour de Montréal et de Hamilton qui ont eu leur exposition agricole, industrielle et horticulturale.L’exposition a procuré à la cité de Montréal la gracieuse visite de Sir X.Belleau, qu’elle a reçu avec une noble courtoisie.Son Excellence a inauguré l’ouverture de l'exposition, et a daigné ensuite visiter plusieurs Etablissements publics, l’Ecole Normale, le Séminaire, Maria-Villa, l’Université McGill, le Iligh-Scool et l’Ecole-Normale McGill.En s’en retournant à Québec le Lieutenant-Gouverneur s’est arrêté à Saint-IIyacinthc où il a été plusieurs jours l’IIôte des Messieurs du Collège.A l’exposition fédéral» de Montréal, au département agricole comme à ceux de l’Horticulture, et de l’industrie on n’a presque vu figurer que des exposants de la Province de Québec, peut-être pourrait-on dire du District de Montréal seulement ; et s’il y a eu quelque progrès d’accusé, ce n'est guère que dans la partie agricole, où l’on a pu constater l’amélioration des races et le perfectionnement des instruments d’agriculture.Après tout, c’est la partie la plus essentielle, et il est difficile d’ailleurs qu’un pays aussi limité que le notre, puisse, à chaque fois, étaler de grands progrès, tant que les expositions seront aussi rapprochées qu’elles le sont.A Ilochclaga,- la Commission agricole a également constaté l’amélioration de la raco chevaline.A Hamilton, le Lieutenant-Gouverneur a également présidé à l’ouverture de l’exposition provinciale, où l’afllucncc des visiteurs a, dit-on, surpassé dans un seul jour celle des trois jours ù Montréal.Peut-être, À Ilamiltoiii est-on moins habitué aux expositions ; peut-être est-on plus curieux.A vrai dire cette curiosité est légitime et n’est pas mal placée.Nous avons eu notre tir fédéral, absolument comme les Allemands.La réception au camp de Sir G.Cartier, ministre de la guerre, a été brillante, enthousiaste même : les honneurs de la Victoire ont été pour la Province de Québec, pour celle du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse et pour le lOOme de ligne.Les Concerts ne nous ont point manqué pendant ce mois, et il faut avouer que c’était le temps favorable ou jamais ; les visiteurs ne nous fesaicnt pas défaut ; s’il en faut croire les compte-rendus, ils ont tous été brillants, même ceux où il y a eu échec et déception : la bonne critique ne consiste pas à tout louer, mais à conseiller pour corriger, à encourager pour élever à la perfection, à apprécier les défauts aussi bien que les qualités.Quand pourrons-nous avoir une réunion d’artistes distingués, si tous sont placés sur le pied d’égalité, apprentis et maîtres ! M.Jéhin Prume est de retour, c’est une bonne fortune.Des visiteurs distingués ont passé à Montréal : le Baron Gauldrée Boileau, que le Canada revoit°toujours avec plaisir, M.de Beleigue consul de France à Charleston qui l’accompagnait, et le Général Américain Morgan, ancien élève des Collèges de Montréal et de Chambly, qui a revu avec plaisir le pays où il a reçu son éducation.Tandis que six fortes cannonières se promènent sur nos lacs pour rece-roir, avec courtoisie, ces terribles Féniens qui viendront délivrer Whelan, le Ministre de la guerre, tranquille de ce côté, vogue vers l’Angleterre, où il se rend avec M.McDougall pour traiter de l’achat du territoire de la Baie d’IIudson, et peut-être aussi de l’annexion de la Colombie anglaise à la Puissance du Canada ; on ne parle pas encore de celle de Terre-Neuve, peut-être en sera-t-il aussi question.La Nouvelle-Ecosse a clos sa terrible session législative ; beaucoup do bruit et de tapage, et puis, quoi ! ! Purturiunt munies, nascitur ridiculus mus : La montagne en travail enfante une souris.La misère ne s’en fait pas moins sentir parmi les pécheurs du golfe et du Labrador.La pêche semble devenir insuffisante d années en années.la morue, particulièrement,a manqué pendant cette saison, et toute la popu lation de ces côtes est menanée de la disette pendant 1 hiver prochain .1» gouvernement y a déjà envoyé des provisions, puissent-elles suffire jusqu au rotour de la saison favorable ! Le gouvernement a résolu aussi de poursuivre les travaux du chemin de fer de fort William à ibrt Gratry ; ce sera une voie ouverte pour le commerce de la Rivière-Rouge, qui facilitera le transport rapide des secours que réclame cette colonie toujours désolée parla disette.G est a\ec plaisir que nous avons appris l’annoncc d’un concert donné par 1 Associa tion des Commis-Marchands, dans le but de venir au secours des océsains de Mgr.Tasché. On attend prochainement l’arrivée du nouveau Gouverneur général de la Puissance.Lord Monck quitte le Canada et son administration conciliante et prospère, il laissera certainement des regrets et un bon souvenir.Le nouveau Gouverneur Sir G.Young est né, en 1807, à Baileborough-Castle, en Irlande.Son père était un des principaux agents de la Compagnie des Indes.Il a étudié à Oxford, et il est entré à la Chambre des Communes en 1831, il y siégea jusqu’en 1855.Son assiduité, son amour du travail, l’entente qu’il montra des affaires d’Irlande, le firent remarquer de Sir Robert Pecl.Il fut nommé secrétaire du trésor, et en 1852 secrétaire d’Etat pour l’Irlande ; dans ce double emploi, il servit avec distinction et gagna l’estime et la confiance du cabinet.Depuis 1815, l’Angleterre exerçait le protectorat des Iles Ioniennes : des tioubles s y étant élevés, en 185o, on y envoya Sir Young, qui par sa prudence, parvint à y rétablir la tranquillité : de là il fut appelé au gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud, vaste colonie Anglaise sur la côte orientale de la Nouvelle Hollande, et fondée dans le but d’en faire un lieu de déportation ; c’est le Cayenne de l’Angleterre.On cite du nouveau Gouverneur un trait de générosité qui ne peut manquer de lui concilier l’affection de nos populations catholiques.—“ Un incendie ayant, il n’y a que quelques années, détruit la cathédrale de Sydney, en Australie, il ne se contenta point de télégraphier à Mgr.Polding pour lui exprimer sa sympathie au sujet de ce malheur, mais dans une assemblée publique tenue pour aviser au moyen de rebâtir l’église incendiée, il fit un chaleureux appel pour engager les citoyens de Sydney à fournir les fonds nécessaires et, bien que protestant, il donna l’exemple en souscrivant généreusement à cette bonne oeuvre.” (*) Les travaux de colonisation tirent à leur fin sur presque toutes les lignes entreprises par le gouvernemeut à Gaspé, dans la colonie Masson, uir la li^ne de Québec au lac Saint Jean.Là, l’IIonorable Premier Ministre est allé visiter les travaux dont il a été content; il a profité de la circonstance pour adresser aux ouvriers d’utiles conseils, entre autres celui de s’établir eux-mêmes sur les lieux témoins de leurs travaux, afin de s'emparer du sol, et d’arrêter le fléau de l’émigration aux Etats-Unis; toutes ses paroles ont été chaleureusement applaudies.Le Ministère impérial a dernièrement expédié le Message officiel >jui sanctionne le choix que le gouvernement fédéral a fait du tracé Robinson pour le chemin de fer intercolonial.La route du Sud ne pouvait être acceptée, elle serait peu sure comme voie militaire étant trop près des frontières : celle du centre, traversant un pays de montagnes peu fertile, étant condamnée à de longs circuits et traversant de larges rivières, aurait occasionné beaucoup de dépenses sans Pcu profit.Le tracé du Nord au contraire court sur des plateaux fer* (*)Courricr iiu Canada. tilcs ; sous le rapport commercial, il ouvre sur un très-grand nombre de points des communications faciles avec le golfe, et surtout, en temps de guerre, il offre par son éloignement des frontières toutes les garanties désirables à tous les intérêts engagés dans cette vaste entreprise : ces avantages ont paru décisifs au cabinet de Londres.°En vertu de l’approbation donnée par son Ex.Lord Monck au plan du Ministre de la guerre, la Puissance du Canada sera divisée en neuf districts militaires.En descendant de l’Ouest à l’Est, la province d’Ontario renfermera les quatre premiers districts : celle de Québec, le cinquième, le sixième et le septième : celle du Nouveau Brunswick formera le huitième et celle de la Nouvelle-Ecosse le neuvième.On les désignera par leurs numéros d’ordre 1,2,3, etc.Montréal Ouest appartient au ôème, Montréal Centre et Est au 6eme district.L’administration du Grand-Tronc a publié son état annuel des récoltes sur la ligne de son parcours : il en résulte que la récolte des grains rencontrera celle des années ordinaires et s’élèvera peut-etre au-dessus de la moyenne.Le blé d’automne a parfaitement réussi dans le llaut-Canada ; et dans celui de Québec, c’est le blé de printemps qui a donné en abondance.La récolte des autres grains s’équilibre : la perte de certaines localités est compensée par l’abondance des autres, et même s’élève au-dessus de la moyenne., .11 est impossible d’en dire autant des fruits, ils ont manque a peu-pres partout et ils seront chers cet automne.Les légumes ont d’abord beaucoup souffert de la sécheresse, mais les dernières pluies les sauveront dans les districts de l’Est et du bas Saint-Laurcnt.Malheureusement les pommes de terres, qui ont donne une assez bonne récolte dans les mêmes districts, ont mal réussi dans la plupart des autres, et il est à craindre que les pauvres n’en souffrent beaucoup cet hiver, a moins que l'importation de l’étranger n’en fournisse constamment e ma^hfoin a été abondant en plusieurs localités des districts de Buffalo, de l'Ouest, du Centre et de l’Est.Les pertes et la récolte s’équilibre dans celui de Québec* et de la Rivière du Loup.La récolte est presque partout de bonne qualité, et les moissons on e «• coupées et mises en grange dans de bonnes conditions; il y aura privation sous quelques rapports, mais on espère qu’il n’y aura pas souffrance générale.il.L’état sanitaire de l’armée pontificale est excellent, maigre les n1™^' fatigues qu’elle a eu à soutenir au camp d’Annibal ou nos Zouaves dicns ont été initié aux grandes manœuvres.La brigade campée à Rocca-di-Papa a simulé une attaque et la défense de la ville d’Albano.Ce spectacle avait attiré des environs, et de Rome surtout, une foule considérable.L’année a reçu une nouvelle faveur spirituelle de la reconnaissance de Pic IX.Sa Sainteté a conféré l'indulgence plénière aux volontaires qui visitent la basilique de Saint-Pierre pour la première fois après leur enrôlement.Le camp de Rocca-di-Papa a été levé avant le temps fixé ; les troupes sont rentrées dans Rome au milieu des acclamations de toute ia population accourue à leur rencontre.On craignait un mouvement insurrectionnel pour le 5 septembre, heureusement les appréhensions ne se sont pas réalisées, c’est au mois de novembre qu’on attend les garibaldiens.Les différents corps ont repris leurs quartiers, les deux tiers de nos zouaves canadiens sont maintenant aux frontières : quelques-uns sont encore retenus dans les hôpitaux et ont reçu dernièrement la visite du Saint-Père, qui a voulu tous les voir, les encourager, les exhorter à la patience et à la résignation.Les journaux d’Algérie ont publié le bref que le Pape a adressé à Mgr.Lavigerie ; il félicite le prélat de s’être prodigué partout où la famine, la maladie, la mort réclamaient sa sollicitude et celle de son clergé, et d’avoir généreusement ouvert des asiles aux vieillards infirmes, aux veuves délaissées, aux enfants abandonnés.Le bref ajoute que ce n’est pas seulement de la religion, mais encore de la France que Mgr.Lavigerie et scs prêtres ont bien mérité lorsque, par les oeuvres de la charité chrétienne, ils ont plus fait pour lui assurer les coeurs, qu’on n’eut pu le faire par des torrents de sang, des dépenses énormes, et les travaux d’un grand nombre d’années.Un musulman récemment converti à la foi vient de montrer combien ces nouveaux convertis de l’islamisme seraient reconnaissants.Etant venu à Rome, il a été admis auprès de Sa Sainteté et comme preuve de son dévouement, se souvenant du présent des trois mages de l’Orient, il a offert au Vicaire de Jésus-Christ, de l’or, de la myrrhe et des parfums auxquels il a ajouté des chaussures d’un grand prix sur lesquelles est brodée en or la croix, ornée de pierres fines.Ce sont ces chaussures que le Pape portait à Sainte-Marie-Majeure le jour de la fête de l’Assomption.Joseph Karam, le brave et généreux défenseur des populations catho-ques delà Syrie, a été accueilli à Rome comme le méritaient son nom et ses glorieux antécédents.Le Saint Père l’a reçu avec une bonté toute spéciale, et s est longtemps entrenu avec lui de la situation et des intérêts de l'Eglise catholique en Orient.Pie IX a dotné un autre témoignage débouté au peintre de la bataille de Mentana.M.Lafon, on le sait, habite Rome pour y achever son tableau.Le Saint Père a daigné visiter les ateliers de l’artiste français, et voici d’après une correspondance romaine ce qui s’y est passé.L’artiste se trouvait leul avec Madame Lafon, son fils et sa fille, quand le Pape est arrivé.Il n’avait point orné de tenture et de tapis son atelier, et s’était contenté de joncher de fleurs le pavé de la cour et de la salle.L’artiste, sa femme et scs enfants se sont agenouillés pieusement, baisant les pieds et les vêtements du Pontife, lequel a dit avec attendrisement : “ Voilà une bonne famille chrétienne.” Pie IX est allé droit au tableau très-brillant de couleurs, très-mouvementé et relevé par un vaste cadre de bois doré, et a témoigné aussitôt le plaisir que lui causait la vue de cette scène si fidèle, qui a exigé tant d’études et de labeurs.Le premier personnage que Sa Sainteté a reconnu est Mgr.Bastide que l’on voit au plan le plus rapproché, aux prises avec un garibaldien.L’aumônier donne le crucifix à baiser au mourant.Pie IX, examinant attentivement la scène, en a ensuite désigné les héros : Voici bien le colonel Allet, voilà Charette ! comme les méchants se plaisent au mensonge ! ils ont dit qu’il s’était séparé de nous, c’est absolument faux.Le Pape a reconnu aussi l’Etat-Major, désignant le général Kanzler et le général de Polhès, et trouvant que le comte de Caserte était bien à sa place.Les deux drapeaux et l’armée française ont attiré son attention, et il a suivi avec des marques d’intérêts le récit de l’action, telle que lui, le suprême Pontife, l’avait voulut, car l’histoire dira que dans ce succès il revient une grande part la personne même de Pie IX, la part que Pie \, de son oratoire où il était dans l’extase de la prière, prit à la bataille de Lépante.Les mérites de l’œuvre de M.Lafon sont incontestables : le paysage surtout y est admirable.Pic IX, voyant le mont Soracte qui dresse a 1 ho-rison sa coupe dorée par les rayons du soleil couchant, s’est mis à réciter les vers d’IIoracc : Candidum Soracte.Et il accompagnait toutes ses paroles de ce sourire charmant, de ce regard vif et tendre, de ce geste animé qui le rendent si cher a tous ses enfants.Il a eu pour l’artiste des éloges d’nnc délicatesse extreme, et a fait dans sa visite un jour plein de lumière, de triomphe et de bénédiction.Avant que de partir, Pie IX s’est plu à distribuer a la famille di M.Emile Lafon des dons doublement précieux par leur valeur et à causi de la ntain qui les donnait.C’est la Bretagne qui.à son tour, a reçu une preuve bien sensible de la prédilection du Saint Père.11 a accordé une couronne a la sainte Vierge et un diadèmo à Suints Ahn>' d Aur^y, lu célèbre patronne de la vieille Armorique.Cette concession est d’autant plus précieuse que c’est la première fois peut-être que le couronnement d’une sainte, autre que la Sainte Vierge, se fait par délégation apostolique.La nouvelle suivante venue de Rome, sous la date du 20 Août, suit naturellement la précédente.On sait avec quelle douce affabilité Pie IX accueille tous ses visiteurs, mais il a un faible pour les Français, et parmi les Français, il semble avoir un faible pour les Bretons.Nous en trouvons une nouvelle preuve dans la relation d’une scène intime et touchante, que nous devons à un jeune zouave pontifical, M.Alfred Salvagniac : “ Il y a quelque temps, nous avons obtenu, Henri de Poulpiquet, Chas, de Trogoff et moi, une audience particulière de Sa Sainteté.Aussitôt que le Saint-Père eut entendu annoncer les trois zouaves bretons, il s’écria : Avvicinate i miei zuavi.De l’air le plus gracieux, il nous fit signe d’approcher.Après s’être entretenu avec nous pendant dix minutes environ, d’une manière toute paternelle qui nous mettait à l’aise comme si nous avions été chez nous, le saint-père nous donna à chacun une médaille en argent et il nous congédiait déjà en nous disant addio.“ Mais ce n’était pas notre affaire de partir ainsi.Lorsque le saint-père donne des médailles, il ne signe généralement pas de suppliques ; nous connaissions cet usage, mais nous avions la prétention de voir le saint-père y déroger en notre faveur.Ce n’est pas pour rien que nous sommes Bretons et zouaves.“ Donc, au moment de Vaddio, chacun de nous tire sa supplique et la lui présente.Le saint-père fait quelques difficultés, puis il dit en riant qu’il n’en signera qu’une.Il prend, en effet, celle de Trogoff et se met à rire en voyant ce nom.“ —Vous êtes llusse ?lui demanda-t-il.“ —Mais non, saint-père, je suis Breton.‘* —C’est pourtant un nom russe, comme les noms de Malakoff, Armi-’koff, Mentchikoff.“ Le saint-père signe la supplique, remet sa plume dans son encrier, et croisant les bras, dit en nous regardant : C’est tout.Puis il sourit en voyant l’air stupéfait de Poulpiquet.Moi, je voyais à l’air du saint-père qu'il voulait un peu s’amuser: aussi je ne me tourmentais guère.“ —Mais, très-saint-père, dit Henri, vous avez signé la supplique de mon cousin et pas la mienne ; je serai jaloux.“ Il ne faut pas être jaloux, dit le saint-père, ce serait mal ; et prônant la supplique d’Henri, il la signa en disant : Voilà mes zouaves qui me mettent en pénitence ; car le pape est vieux.Il est fatigué d’écrire, et il écrit du matin au soir.“ Ensuite il signa également la mienne.“ —Puisque vous partez, dit-il à Henri, et que vous habitez le Finis- tère, vous allez voir votre évêque, que je connais très-bien.Deux fois il est venu me voir.Portez-lui ma bénédiction pour lui et pour tout son troupeau.Votre évêque n’est pas simple zouave, il est Sergent.(C’est le nom de monseigneur de Quimper.) “ Nous sortîmes enchantés de notre visite.Quelle bonne figure que celle du Saint-Père ! on ne peut s’empêcher do l’aimer en le regardant.Pour mon compte, je l’aimais bien avant ; mais tout à l’heure, je donnerais volontiers pour lui jusqu 11 la dernière goutte de mon sang.-iwino Religieuse.La munificence comme la bonté de Pie IX, trouve tous les jours de nouvelles occasions de sc signaler.Il y a déjà quelques années, qu’aux portes de Rome, sur la route de la mer, Sa Sainteté a fondé une ferme-école pour les enfants de la classe agricole ; Elle l’a pourvue des instruments perfectionnés, et Elle vient de la placer sous la direction des Frères Belges de la Miséricorde.Et tout cela s’est fait aux frais du Saint-Père.L’établissement s’appelle la V'ujna-Pia, du nom de son illustre fondateur.Sa Sainteté a encore résolu do faire élever une chapelle expiatoire dans la caserne de Soristori, u 1 endroit môme qu ont fait sauter, 1 année du-nière, les mines souterraines creusées par les Garibaldiens pour faiic sauter Rome entière.C’est ainsi que le Pape répond aux détracteurs du gouvernement pontifical, et répare les malheurs dont les ennemis de l’Eglise sont les seuls auteurs.De nouveaux détails sur lo prochain Concile œcuménique nous apprennent que los évoques dos trois églises Grecque, Arménienne et Nesto-rienne ont été invités à siéger au Concile, et à prendre part aux discussions sans avoir le droit de voter.Ces églises, quoique schématiques, ont cependant un sacerdoce et un épiscopat véritables, los ordinations s y étant toujours faites selon les lois de l’Eglise, et ayant toujours été valide».il n’en est point ainsi dans los églises protestantes, où le sacrement de l’Ordre n’a pas été conservé, où il n’y a ni vraies ordinations, ni sacei-docc véritable, aussi leurs représentants ne sont-ils pas convoqués au Concile.On fait de très-grands préparatifs dans los palais dol Etat, dans les maisons religieuses, afin de préparer des logements commodes aux évoques qui se rendront à Rome on 1809.Plusieurs princes romains offriiont * gale ment une hospitalité honorable aux illustres prélats qui voudront 1 acctp ter.Le Marquis de Banneville a remplacé le Comte de Sartigcs comme représentant de la France à Rome.Ce choix est très-heureux ; ayant it un des signataires du traité de Zurich, en 1850, il aura sans doute con>ei\ < l’idée que favorisait alors Napoléon III, une confédération dos Etats ta liens avec l’indépendance et l’inviolabilité des Ktats confédérés.Cette nomination a été bien accueillie à Rome et applaudie par les journaux dévoués au Saint-Siège. Une dernière nouvelle qui touche de près à Rome et qui intéresse tous les catholiques, est celle qui nous arrive de Jérusalem, Le 15 août dernier, on a découvert solennellement, en présence des consuls des divers puissances, des corporations religieuses et des autorités de la ville de Jérusalem, la croix monumentale qui surmonte la coupole du Saint Sépulcre.Vingt et un coups de canon ont été tirés au moment où s’accomplissait cet acte important par scs conséquences.Ce qu’il y a de singulier dans cet événement c'est la coïncidence dos dates suivantes : A pareil jour du même mois, le premier Temple de Salomon avait été détruit par le roi Nabuchodonosor.Et à pareille époque, le lOème jour du mois judaïque correspondant au mois d’août, en l’an 70 de notre ère, le second Temple rebâti après la captivité et qui passait pour le plus grand et le plus riche de l’univers était livré aux flammes par les Romains, et sa ruine mettait fin au Sacerdoce judaïque.iii.La situation politique de l'Europe est assez difficile à analyser.On n'y veut pas la guerre, et on s’y prépare avec une fiévreuse activité : On cherche des alliances, mais parce que personne ne se fie à son voisin, les alliances ne se forment point, et chacun demeure chez soi isolé, attendant avec anxiété où retentira en Europe le premier coup de canon, et craignant d’en prendre sur soi la responsabilité : et voilà le résultat de cette politique machiavélique qui a fait d?la force le droit des nations, et a banni de la conscience des gouvernements les vrais principes de la justice et de la bonne foi.On dit cependant que le traité d’alliance projeté entre la France et la Hollande est signé ; alors la Belgique ne peut manquer do suivre bientôt, quelques soient les inquiétudes que puisse lui inspirer l’état désespéré de l’héritier présomptif do la couronne.Le ciel seul peut sauver le petit Prince, c’est la pensé de la Correspondance belge, et c’est aussi l’avis de la famille royale.Le roi ne s’est point contenté de demandera NN.SS.les évêques les prières ferventes du clergé et des fidèles pour la conservation des jour3 précieux du jeune prince,- mais Leurs Majestés ont également recours avec une ferveur édifiante à celui qui commande à la maladie et à la mort.Il n’est pas jusqu’à la malheureuse princesse Charlotte qui ne dépose de temps à autre un bouquet aux pieds d’une statue de la Vierge à l’intention du jeune malade, auquel elle est tendrement attachée ; mais on remarque particulièrement la dévotion touchante et persévérante de la reine.“ .En présence de son cher fils expirant, la reine a encore pensé a la puissante intercession de Notre-Dame de Scheut, et chaque jour encore elle va l'implorer ardemment.A une certaine distance de la chapelle, la voiture s’arrête, la reine en descend pour faire à pied le reste du chemin.“ A propos de ce pèlerinage ouotidicn de notre souveraine, on me raconte un fait bien naïf, mais qui ne manque pas d’un certain intérêt : Un bon vieillard, dévot assidu de Notre-Dame de Scheut, voyant chaque jour la reine, qu’il ne connaît pas, venir s’agenouiller devant la statue vénérée, demanda à un prêtre de la mission qui venait ainsi prier tous les jours avec une si édifiante ferveur ; l’ecclésiastique lui répondit que c’était une grande dame qui demandait à Dieu la guérison de son fils unique, et il engagea le vieillard à prier aussi pour l’enfant malade.Immédiatement il commença une nouvaine.Le dernier jour, et après sa dernière prière, le bon vieillard s’approcha do la reine, qui priait aussi, et frappant doucement sur son épaule, il lui demanda avec les larmes dans les yeux : “ Eh bien ! madame, comment va le petit, maintenant ?” Et la mère put lui répondre avec bonheur : “ Mieux !” Ah ! puisse ce mieux être l’espérance d’une guérison complète ! Daigne le ciel, par l’intercession de Notre-Dame tle Scheut, faire un miracle en faveur de notre souveraine, de son auguste époux, de la famille royale et de la catholique Belgique !” Mais revenons à la politique.La Russie, eu ce temps, teud la main à la France ; faut-il croire à la sincérité de ses invites, elles sont bien enga géantes, et qui sait si l’Europe à force de ne vouloir plus être protégée par la France, ne la forcera pas de s’unir avec la colosse, pour faire la loi à tous ; serait-il impossible de s’entendre sur la question de Pologne ?La question italienne offrirait-elle do grandes difficultés à Saint Pétersbourg ! sans doute que l’Autriche et la Prusse paicraint les pots cassés, mais à qui en serait la faute ?quand il n’y a plus de sincérité et d énergie dans un gouvernement, peut-on faire quelquo fond sur lui ?Nous ne souhaitons pas cette alliance, car nous croyons que les interets catholiques de l’Orient seraient sacrifiés à la politique, et que tôt ou tard le Czar, maître do Constantinople, deviendrait un danger inévitable pour l’Occident.Puisse le ciel éclaijer les gouvernements, et leur montrer enfin que la cause catholique défendue avec sincérité est la seule chance de salut pour les peuples et la société entière.L’emprunt français a eu un succès prodigieux que nulle puissance, sans en exempter même l’Angleterre, ne saurait égaler.En huit jours, la somme demandée a été dépassée et 34 fois souscrite.On demandait près do 20 millions de rente, plus de 065 millions ont été souscrits, et les nullards ne présentent pas encore la valeur et l’étendue du crédit français puisque beaucoup de ceux qui eussent pu souscrire ont été écartes par l’obligation de fournir en espèces ; mais la conclusion de ce fait inouï, c’est que la France a confiance en son gouvernement.C’est une réponso éloquente à ceux qui la disent ruinée ; elle témoigne de sa force à leurs yeux, elle compte ses trésors par milliards et ses soldats par millions.L’Espagne offre, en ce moment, le spectacle le plus affligeant.Depuis longtemps régnaient, en ce malheureux pays, une anxiété et un découragement profond. Après l'arrestation des principaux chefs du parti progressite et l’exil du Duc de Montpensicr, on pouvait espérer que le gouvernement reprendrait quelque consistence, mais le mal était si profond, les divisions si grandes que bien que l’on connut les projets des diverses conspirations qui se tramaient comme au grand jour, personne ne pouvait dire : “ elles ne réussiront pas.” Deux partis poursuivant un but diamétralement opposé y étaient en pleine action, quoique leur siège fut à l’étranger.Le premier est celui des progressistes, des unionistes et de tous les hommes les plus avancés.Son foyer principal était en Portugal, avec des succursales en Angleterre, en France, en Italie.Le second est formé par les légitimistes et les partisans de Don Carlos ; il?trouvent de l'appui chez les Anglais et les Français de môme couleur.En désaccord complet sur tout autres choses, ces deux partis, pour renverser le trône d’Isabelle, n'ont pas hésité à se tendre la main par-dessus 1 abîme qui les sépare et à confondre leurs efforts pour opérer ce bouleversement.Les libéraux ont compté sur les officiers de l’armée et de la flotte, et sur les sociétés secrètes : les légitimistes espéraient dans les sentiments d’une notable partie de la noblesse et sur l’attachement séculaire de- quelques provinces à la personne de son oncle qu’Isabelle déposséda en 1832.Les partis étaient de plus encouragés par les sympathies non équivoques de trois gouvernements qui, par l’anéantissement prolongé de l’Espagne, par la chute de la Reine, par l'élévation du Duc de Montpensicr ou même du petit fils de Don Carlos, se sont imaginés porter un nouveau coup au pouvoir temporel de la Papauté, et infliger un affaiblissement et des soucis graves, sinon des embarras redoutables, à la Franco.L’immense majorité des Espagnols ne voulaient pas le changement, mais 1 Espagne est comme une terre volcanique, les passions y sont vives, c’est la patrie des imprévus, une étincelle en peu de temps embrase toute la Péninsule.Les soldats et les officiers de marine mal payés et mécontents, ont donné le signal du mécontentement, et les provinces de l’est, de Sarragosse Car-thagène et jusqu’à Gibraltar, ont répondu à l’appel.La plus grande partie de l’armée de terre, indignée de l’exil de ses généraux favoris, les a rappelés et a abandonné les drapeaux de la Reine.L’Eglise seule*, toujours fidèle au devoir, a essayé de conserver le peuple h la cause du pouvoir, mais ses efforts n’ont rien pu contre le torrent ; de toutes les provinces, les généraux révoltés à la tête des troupes de leur parti, ont marché sur la capitale ; Madrid leur a ouvert ses portes.La Reine, en voyage dans les Pyrénées, a été obligée de franchir la frontière et de se réfugier en France.Elle a abdiqué en faveur du Prince des Asturies, qui lie régnera pas plus que le Comte de Paris en 1848.Aux dernières nouvelles, les partis victorieux ne savent comment réorganiser le pouvoir, plusieurs ministères se sont formés et se sont diasouts presque immédiatement : le peuple semble pencher pour la République, alors ce sera la guerre civile. IV.La campagne électorale sc poursuit dans les Etats-Unis, à grand renfort de voyages des prétendants, de discours et de promenades aux flambeaux, les Etats-Unis sont surtout la patrie des lampions.Les radicaux profitent de l'occasion pour envenimer les haines des nègres contre les blancs, et déjà le sang a coulé plusieurs fois.Cependant une réaction s’opère parmi les hommes de couleur, ils s’aperçoivent que jusqu’ici ils n’ont été que les instruments des passions radicales.Le Nègre Rollins, le plus distingué de leur race, s’applique, en toute occasion, à prouver à ses compatriotes que leur émancipation n’a été qu’une manœuvre militaire, leur avènement à la politique un moyen d’oppression brutale et honteux, dont ils seront aussi bien la victime que leurs anciens maîtres.Ces discours ont leur effet, les noirs commencent à réfléchir, et à traiter eux-mêmes leurs propres affaires.Persuadés que l’esclavage est à jamais aboli, que les colons du sud n’y songent plus, ils comprennent également que le parti le plus avantageux pour eux sera de se réunir aux démocrates dont ils peuvent espérer plus de justice.De leur coté les démocrates secondent ces dispositions et cherchent à les réunir en un corps compact en vue des prochaines élections : de là, la rage des radicaux qui contre-carrent leurs projets par tous le smoyens bons et mauvais.Aussi partout ou n’entend parler que de meurtres, de pillage et d’incendie, presque tous commis par les nègres au service des radicaux sous un prétexte politique ou autre.Le parti au pouvoir se plaint amèrement de l’opposition qu’il rencontre dans le Sud, mais cette opposition n’est-ce pas lui qui l’a créée : sous l'empire injuste de cette loi de Jlcconstruction qu’il veut maintenir à toute force et qu'il applique de la manière la plus impolitique '! On a dépossédé les blancs de leurs droits, pour les livrer aux nègres et aux caprices d’une administration presque entièrement étrangère au Pays.Sur sept gouverneurs dans le Sud, deux sont du pays ; sur dix sénateurs qu’il envoie à Washington, deux seulement encore représentent vraiment leurs compatriotes ; sur trente trois membres envoyés au Congrès, onze en tout ont été choisis parmi les anciens colons.La même proportion règne dans tous les détails de l'administration, et l'on s imagine que tant d’injustices ne maintiennent pas le pays dans un état habituel d irritation.Mais en vérité, est-ce que les causes qui ont tant de fois soulevé 1 Irlande contre l'Angleterre et la Pologne contre la Russie ne peuvent pas amener les même résultats, et tôt ou tard faire arborer dans le Sud l'étendard de la sécession.—Ce serait là l’âge d'or qui nous serait réservé si les désirs de certains partis étaient réalisés.Dieu nous préserve de l'annexion ! lia guerre entre le Brésil et le Paraguay se poursuit toujours, on espère cependant (pie Lopez ne pourra pas résister longtemps.La forte position d'Ilumaïtu dont il avait fait son boulevard a été emportée parla flotte Brésilienne ; l’Assomption, capitale du Paraguay, a etc évacuée, et liopez s’est retiré dans l’intérieur.Cette victoire a donne lieu à de grandes réjouissances chez les alliés, au Brésil, dans la Repu m* que Argentine et dans l’Uraguay.Ilumaïta barrait la navigation du Rio-Paraguav, et sa chute ouvre au commerce le plus vaste réseau île rivières navigables qui existe; le Parana, l’Uraguay, le Paraguayt e Vertnejo et le Pilcoumyo sont des cours d’eau qui arrosent de magnifiques régions assez fécondes jiour fournir à tous les besoins de l’homme.
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