L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 novembre 1868, Bulles apostoliques: aux églises orientales et aux protestants
BULLES APOSTOLIQUES.AUX EGLISES ORIENTALES ET AUX PROTESTANTS.A tous les Evêques des Eglises du Rite Oriental qui ne sont pets en communion avec le siège apostolique Pie IX, Pape.riacé par les impénétrables desseins de la divine [Providence, et sans aucun mérite de Notre part, sur ce Siège sublime, comme héritier du Bienheureux Prince des Apôtres, qui “ en vertu de la prérogative ijue Dieu lui a accordée, est la pierre ferme et inébranlable sur laquelle le Sauveur a bâti son Eglise,” et pressé par la sollicitude de la charge qui nous est imposée, Nous désirons ardemment et Nous efforçons d’étendre Nos soins à tous ceux qui, sur tous les points du globe, portent le nom de claetiens, et de les unir tous dans les embrassements de Notre amour paternel.Ce ne serait pas sans un grand péril pour Notre âme que Nous pourrions négliger aucune partie de ce peuple chrétien, qui, racheté par le sang si précieux de Notre-Sauveur, et admis au bercail du Seigneur par les eaux sacrés du baptême, a droit de compter sur toute notre vigilance.Obligé donc de vouer sans cesse Nos pensées et tous Nos soins à pourvoir au salut de tous ceux qui reconnaissent et adorent Jésus-Christ, Nous avons les yeux et le cœur tournés vers ces Eglises, qui, attachées autrefois au Siège apostolique par le lien de l'unité, étaient si florissantes par le mérite de la sainteté et de la science divine, produisaient des fruits si abondants pour la gloire de Dieu et le salut desjunes, et qui aujourd’hui par les ruses et les machinations infernales de celui/jui a opéré dans le ciel même le premier schisme, se trouvent, à notre grande douleur, éloignées et séparées de la communion de cette sainte^Eglise romaine qui est répandue par tout l’univers.C est pour cette raison que, des le commencement de notre suprême pontificat, Nous vous avons adressé dans toute l’effusion de Notre cœur des paroles de paix et de charité.Et quoique ces paroles n’aient aucunement eu le succès que Nous désirons si ardemment, Nous n’avons cependant jamais perdu 1 espoir que Nos humbles et ferventes prières seraient un jour favorablement accueillies et exaucées par l’infinie clémence et bonté de 1 Auteur du salut et de la paix, “ qui a apporté le salut à la terre, “ et qui, en venant du ciel, a témoigné combien JaJpaix lui est agréable “ et doit 1 être a tous, puisqu'il l’a dès sa naissance annoncée auxjhouimes “ de bonne volonté par le ministère des Anges, qu’en vivant avec les “ mêmes hommes il la leur a enseignée par ses paroles et l’a préchéc “ par ses exemples.” Or, comme tout récemment, (le l’avis de Nos vénérables Frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, Nous avons indiqué et convoqué un Concilc œcuménique qui doit se tenir l’année prochaine et s’ouvrir le 8 décembre, jour de la fête de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, Nous vous adressons de nouveau nos paroles et Nous vous conjurons, avertissons et supplions, avec toute l’ardeur que nous pouvons y mettre, de vous rendre à cette même Assemblé générale, comifte vos ancêtres se sont rendus au dixième Concilc de Lyon, tenu sous le Bienheureux Grégoire X, Notre prédécesseur de vénérable mémoire, et au Concile de Florence, célébré par Eugène IV, également Notre prédécesseur d’heureuse mémoire.afin que,renouvelant les lois de l’ancienne charité, et remettant en vigueur ln paix de Nos pères, ce présent céleste et salutaire de Jésus-Christ, dont le temps nous a fait perdre les fruits, Nous voyions enfin, après une longue et triste époque de douleur où ont régné les ténèbres de la division, Nous voyions se lever l’aurore brillante et pure de cette union qui est dans Nos vœux.Que ce soit là l’heureux fruit de bénédictions dont Jésus-Christ, notre commun Seigneur et Rédempteur console, en ces temps malheureux, sa chère et immaculée Epouse, l’Eglise catholique ; qu’il adoucisse ainsi sa douleur et qu’il essuie ses larmes, afin que, toute division ayant cessé, les voix auparavant discordantes s’unissent dans une parfaite unanimité d’esprit pour louer le Dieu qui ne veut pas de schismes parmi nous, mais qui, par la voix do l’Apôtre, nous a prescrit île n’avoir qu’un même langage et une même pensée.Que d’immortelles actions de grâces soient rendues sans cesse au Père des miséricordes par tous les Saints, mais surtout par ces grandes illustrations des Eglises d’Orient, les anciens Pères et Docteurs, lorsque du haut du Ciel, ils verront restaurée et rétablie l’union avec ce Siège apostolique, qui est le centre de la vérité catholique et de l’unité, union qu’eux-mêmes, pendant leur vie terrestre, se sont efforcés de soutenir de tous leurs soins et de l’activité de leur zèle, ot d’affermir chaque jour davantage par leurs enseignements et par leurs exemples, parce que le Saint-Esprit avait rempli leur cœur de la charité de Celui qui a renversé le mur de séparation, qui a tout réconcilié et pacifié par son sang, qui a voulu que le signe caractéristique de scs disciples lut l’unité, et qui adressait à son Père cette prière : Que tous vefassent qu'un, comme nous ne sommes qu'un.Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 8 septembre de l’année 1808, de Notre Pontificat la vingt-troisième.il.Pie, Souverain Pontife, neuvième de nom, à tous les Protestants et autres non catholiques : Vous devez déjà tous savoir que Nous, qui, malgré notre indignité, avons été élevé sur le trône de Pierre et conséquemment investi du su- prême gouvernement de toute l’Eglise Catholique et de son administration, dont les principes nous ont été enseignés divinement par Jésus-Christ lui-même, Notre-Seigneur, Nous avons jugé à propos de rassembler autour de Nous, tous nos vénérables frères, les Evêques de l’Univers et de les convoquer à un Concile Œcuménique ; il se célébrera l’année prochaine d’une telle manière, qu’avec ces mêmes vénérables frères invités à prendre part au sujet de notre sollicitude, nous puissions être capable d’adopter toutes les résolutions les plus opportunes et nécessaires pour dissiper les ombres d’un si grand nombre d’erreurs pestilentielles, exerçant chaque jour leur pouvoir et leur licence au grand préjudice des âmes ; et établir et renforcer de plus en plus parmi les peuples chrétiens soumis à nos soins attentifs, le règne de la vraie foi, de la justice et de la vraie paix en Dieu.Nous reposant donc dans mie confiance ferme sur les liens de l’étroite et affectueuse union qui relie ces mêmes vénérables frères à notre personne et au siège apostolique, Nos frères qui n’ont jamais cessé à aucune période de Notre Pontificat de Nous donner, ainsi qu’au siège apostolique, les plus frappantes preuves de foi, d’amour et de respect, Nous avons le ferme espoir qu’il va en être actuellement comme il en a été dans le passé avec les autres conciles généraux ; que ce concile œcuménique, convoqué par Nous, devra produire, avec le secours de la grâce divine, les fruits les plus riches et les plus fertiles à la grande gloire de Dieu et l’éternelle félicité de l’homme.A oila pourquoi, dans cet espoir, et inspiré et encouragé par notre Seigneur Jésus-Christ qui a donné sa vie pour le salut du monde, Nous ne pouvons nous empêcher, a l’occasion de la réunion du prochain concile, d adresser notre parole apostolique et paternelle à tous ceux qui, tout en reconnaissant ce même Jésus-Christ comme notre Sauveur, et se réjouissant du nom de chrétiens, ne professent néanmoins pas la véritable foi du Christ, ou ne suivent pas la communion de l’Eglise catholique.Et si Nous en agissons ainsi, c'est avant tout pour les instruire, les exhorter et les supplier de tout notre zèle et de toute notre charité de considérer et examiner sérieusement si en vérité ils suivent la voie tracée par Nitre Seigneur Jésus-Christ et qui conduit à l’éternel bonheur.De fait, personne ne peut nier, ni douter que Jésus-Christ Lui-même, afin (pie toutes les futures générations humaines pussent jouir du fruit de Sa Rédemption, érigea ici-bas Son Eglise dans la personne de Pierre— c est-a-dire 1 Eglise, Ine, Sainte, Catholique et Apostolique—et qu’il lui donna tous les pouvoirs nécessaires pour la préservation intacte et entière de la foi et la transmission de la même foi, chez tous les peuples, chez toutes les races et chez toutes les nations, d’une telle sorte que tou3 les hommes fussent capables d’être unis par le Baptême dans son Corps Mystique, et de conserver toujours en eux-mêmes, jusqu’à son entier développement, cette nouvelle vie de grâce sans laquelle personne ne peut jamais mériter ou obtenir la vie éternelle ; de sorte que cette môme Eglise qui constitue un corps mystique, restera jusqu’à la fin des temps ferme et indestructible dans sa propre constitution, dont la vigueur tend sans cesse à se développer et fournissant à ses enfants tout ce qui est nécessaire pour la vie éternelle.Maintenant, pour quiconque désire sincèrement considérer et examiner avec attention les différentes sociétés religieuses divisées entre elles et séparées de l’Eglise Catholique, laquelle, depuis le temps de Notre Seigneur Jésus-Christ et de ses apôtres, a toujours exercé sans interruption et exerce encore par le moyen de ses légitimes pasteurs, le pouvoir à elle conféré par Notre Seigneur lui-même—quiconque, disons-Nous, fera un tel examen, se convaincra aisément lui-même, que pas une de ces sociétés religieuses, ni toutes ces sociétés religieuses ensemble, ne constituent, ou puissent être considérées en aucune façon comme celle et l’unique que Notre Seigneur Jésus-Christ a fondée, constituée et désirée—et verra qu’elles ne peuvent d’aucune manière être regardées comme l’un des membres, ou une partie de la même Eglise, parce qu’elles sont visiblement séparées de toute l’unité catholique.Vu que, de fait, ces sociétés sont privées de cette autorité vivante établie de Dieu, qui a enseigné avant toute chose au genre humain la foi et la règle de moralité, qui l’a dirigé et a veillé sur lui dans toutes les choses affectant le salut éternel, ces sociétés sont conséqucmment toujours divergentes dans leur doctrine, et ainsi leur instabilité ne cesse pas.Chacun peut aisément comprendre que cet état de choses est complètement opposé à l’Eglise établie par le Christ Notre Seigneur—Eglise dans laquelle la vérité doit toujours rester inaltérée, ne jamais être sujette à des changements, comme un dépôt confié à cette même église, afin qu’elle puisse le préserver dans toute son intégrité, un dépôt pour le soin duquel la présence du St.Esprit et son secours ont été à jamais accordés à cette Eglise.Personne ne peut ignorer le fait que ces différences de doctrine et d'opinion donnent naissance aux chismes sociaux, et que de cette source découlent ces innombrables sectes et communions qui augmentent chaque jour en nombre au détriment de la société chrétienne et civile.Quiconque, de fait, reconnaît la religion pour fondement de la société humaine, ne peut pas refuser d’admettre et d’avouer l’influence exercée sur la société civilisée par ces divisions et ces agrégations de principes de cette nature et par ces sociétés religieuses se combattant les unes les autres; ni de reconnaître avec quel pouvoir le déni de l’autorité que Dieu a établie pour régler les convictions de l’intelligence humaine et diriger les actions des hommes, tant dans leur vie sociale que dans leur vie privée, a excité, a développé et a fomenté ces troubles par trop malheureux, ces événe- 56 ments et ces désordres qui agitent et affectent presque toutes les nations de la plus déplorable manière.C’est pourquoi, afin que tous ceux qui n’ont pas inculqué en eux les principes de l’Unité et de la Vérité de l’église catholique, puissent saisir cette occasion que leur offre ce Concile dans lequel l’église catholique à laquelle appartenaient jadis leurs ancêtres, montre une preuve de sa complète unité, de sa vigueur et de son inextinguible vitalité ; et pour qu’ils puissent obéir aux nécessités de leur cœur ; pour qu’ils puissent s’efforcer de sortir de cet état dans lequel ils ne peuvent faire leur salut ; Afin qu’ils puissent adresser sans cesse les plus ferventes prières à Dieu, qu’il dissipe le nuage de l’erreur et les ramène dans le sein do l’Eglise, notre Ste.Mère, où leurs ancêtres reçurent la nourriture salutaire do la.vie, qui seule a préservé dans son intégrité la doctrine de Jésus-Christ lui tendant la main et dispensant le3 mystères de la grâce céleste ; Nous, en conséquence, qui devons avec le plus de zèle possible, remplir les devoirs d’un bon pasteur, en conformité avec la mission de Notre ministère apostolique, qui Nous a été communiqué par le Christ, Notre Seigneur lui-même ; Nous qui devons embrasser tous les hommes du monde dans notre paternelle charité, si nous adressons cette lettre à tous le3 chrétiens séparés de nous—lettre dans laquelle Nous les exhortons et les supplions de hâter leur retour au bercail du Christ, c’est que nous désirons de tout cœur leur salut en Jésus-Christ et que nous craignons avoir un jour à rendre compte de leur âme à ce même Jésus-Christ, notre Juge, si Nous ne leur indiquons point à eux aussi bien qu’à Nous-mêmes la voie qu’ils doivent suivre s’ils veulent atteindre leur salut.Aussi, dans toutes nos prières et supplications, et en rendant nos actions de grâce, nous ne cessons jamais humblement de demander pour eux, jour et nuit, la lumière céleste et l’abondance de la grâce de l’Eternel Pasteur des âmes.Et comme quelque soit notre indignité, Nous remplissons sur la terre les fonctions de vicaire du Christ, Nous attendons à bras ouvert le retour de ces enfants prodigues dans l’Eglise Catholique, afin que Nous puissions recevoir avec eux toute affection dans la demeure du Père céleste et le?faire participer à scs trésors éternels.C’est Notre vœu le plus ardent de les voir revenir à la vérité et à la communion de l’Eglise catholique de qui dépend non-seulement le salut de chacun en particulier, mais celui de la société chrétienne entière ; et le monde ne jouira jamais d’une véritable paix qu'il ne forme un seul troupeau sous un seul pasteur.Donné à ltome, près St.Pierre, le 14 septembre 18G8, dans la fingt-troisième année de Notre Pontificat.—Minerve.
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