Le passe-temps, 1 janvier 1895, v. 1, no 2
PrR P-26 ,e Passe-Temps LITTERATURE Musique ^Théâtre =Mode=Sport ABONNEMENT lia an.$1.50 Six moi».0.75 Payable «l'avance.nONTKKAl,.1« I I > 1:11 15 is'.tr, Vol.1.—N() 2.I.K NIMKUo, 5 OUSTS.BUREAU No 26 Sainte-Elisabeth MONTRÉAL NOS REMERCIEMENTS Le PASSE-TEMPS est profondément reconnu issu ut du gracieux ac-cneil que lui ont fail se* confreres île la prenne canadienne.Ton* oui eu iVaima bien parole* à notre ililrenne et de fiatle 11 ne.» appreciation* île notre journal.Cesl là un précieux iiirou ingénient pour le nouveau né cl c'est arec le mot " creel -nior" pour define qu'il présente son second numéro a* public.11 prie ses confreres, ses abonnés et ses amis d'agréer l'hommage de sa gratitude pour la bienvenue qu'Un lui ont si cordialement souhaitée dès non apparition da ns le monde des joli r ¦ nau.e et renies.coupe tics amers désenchantement s.cl îles déceptions cruelles.Il esl ccpcutliiiit, îles personnes qui Ayant COnqUiS les honneurs il'iin seul ciuip, ont su retenir In bonne fortune, la chance et la l'a Mme VIRGINIA BOUIT Il v a toute une histoire, inèine un poème, dans la vie d'une personne, pour i|Ui sait In lire, écri -vait un jour un ties grands poètes ilu \ 1 \ >i.' personnes fout leur dernière révérence et s'en vont hVhus, dans l'autre momie oublier leurs déboires, leurs tristesses et parfois.leurs belles inères.l'ai parlé de mauvais leinps.de dispositions il la mélancolie.C'erUw, ce n'est pas l'affreux nan-fraugo de \'Klhe qui nous rendra d'une gaieté folle.Quel effroyable malheur ! Qui- de larmes ! Que de deuils ! Que d'or plu-lins et île veines l'Océan n'a-t-il pas créés en quelques s.aides ! t'n pasteur New-yorkais cherche en ce moment le moyen de prévenir ces terribles accidents qui glacent mémo les plus indifférents et les plus blasés et qui portent il l'Ame avec une frappante vérité, ces paroles de l'écrivain anglais : " 1*8 mortels sont des ombres qui poursuivent des ombres."' x La disparition de VKIhr dans les Ilots m'a lancé à la recherche de statist iques.11 n'\ a rien de bru lal.ni d'éloquent comme le langage des chiffres.Or, savez vous ce que j'ai appris en faisant des fouilles, c'est que depuis cinquante ans, cent navires chargés de passagers ont péri au milieu de l'Atlantique.D'après les maigres renseignements que l'on a pu recueillir ft la suite de ces catastrophes, l'on est certain que le nombre des victimes causé par dix-huit de ces naufrages s'élève à 5,817.Rappelons-nous que ce ne sont laque les données certaines.Que d'autres malheurs dont le monde reste et restera à jamais ignorant.Que de pères, de mères, d'enfants ensevelis dans les profondeurs de l'Océan, au moment où ils rêvaient de se revoir ! Que d'exilés devenus la proie des monstres marins, au moment oft ils allaient revoir le sol béni de la pal rie et jouir de la présence d'il mis, de parents retrouvés ou couler eu paix des jours de bonheur, assurés par des années d'un rude labeur ft l'étranger ! x Mais l rè\ c aux idées sombres : Quand tout semble perdu, il point toujours au ciel quelque rayon d'espérance.Les philantro-pes qui cherchent le moyen d'empêcher les épouvantables catastrophe dont je viens de parler, le trouveront peut-être.Kn attendant, fasse la Providence que les marins ne perdent pas la tête dans ces moments de désespoir, que la brute ne domine pas l'homme et que l'on n'entende plus jamais parler de robustes gaillards jetant à la mer, de pauvres femmes sans force, d'innocents bébés I ! x Avez-vous reçu un valent in 1 Ktait-il joli ou laid t 1*8 artistes en ont eonyu et fabriqué do tontes sortes cette année, comme toujours.Ceux et celles qui veulent être aimables et éloquents, sans vouloir rougir, trembler ou balbutier, ont eu dans ces messagers discrets, une occasion parfaite de révéler leur flamme, voire de reprendre le cours d'une flirtation ou d'une cour plus sérieuse, un moment interrompue.Et pour ceux qui voulaient exercer quelque vengeance silencieuse, LE PASSE-TEMPS quelle mine dans lea caricatures il deux sous ! ! Votre tailleur, votre épicier, votre lielle-nuVe, votre créancier, votre rival, en un mot, un mortel quelconque vous a-t-il embêté, la Saint Valentin, voilà, le grand jour ! Vite, par la poste exprimer à toute cette race, votre mépris, votre pensée, votre ennui ! x Un mien ami, arrivé des Etats-Unis, cesjours derniers, m'a raconté la suivante : Cue honni' vieille canadienne, fatiguée de demeurer chez sa bru dans une ville de la Nouvelle-Angleterre, se décida un jour de se louer nu petit coin, où elle put vi-vre en paix.Après avoir longtemps cherché, elle annonça un beau matin à sou lils qu'elle allait entrer daus ses pénates.Malheureusement, le séjour auprès «l'une bru irlandaise, avait fait tomber notre héroïne daus la détestable habitude qu'ont quelques-uns des nôtres, dès qu'ils ont passé quelques mois chez l'Oncle Sam ; aussi, voici eu quels ternies elle déclara son déménagement : " John, j'ai loué un lélénui- '/ii-.à quatr' room.a\ ce une belle cuphelte, sur la IIV*/ SI reel et je vas moiircr aujourd'hui.x l.a vieille Europe est rongéejpar trois chancres : le militarisme, le nihilisme et l'anarchisme.l'as u'esl besoin de le prouv er, tous nos journaux sont bondés de faite attestant cette cruelle vérité.Pour cacher leur jeu, quelques fomenteurs de trouble s'intitulent hardiment socialistes et s'api-loieut sur le sort de ce pauvre peu pie qu'ils veulent sauver ou régénérer.Montréal possède quelques-uns de ces importés d'outremer, venus on ne sait d'où ; émigrés on ne sait pourquoi.le viens de lire que les ouvriers canadiens ont mis une couple de ces énerguinèncs à la raison ; je les en félicite.(jll'uvous nous besoin de ces gens qui ignorent nos mieurs, nos aspirations, voire nos lois et nos ressources, pour nous annoncer la bonne nouvelle et nous ouvrir le chemin à la richesse.Je ~ui~ de l'av is de maint honi me clairvoyant: t'es hâbleurs cherchent le chemin du gousset de ceux qui les écoutent et comptent vivre sur la bêtise de leur entourage.x Ne téléphonez plus ! ! Pourquoi t Ne téléphonez plus, je vous le dis et vous le répète, au nom de la science.Ce petit appareil à sonneite, accroché là sur la muraille à cêté de vous, c'est la mort, c I .a mort t Oui, la mort froide, inexorable, sans espoir de retour.Et tout cela, chers amis, c'est la science qui vus le dit en vous sont' liant à l'oreille lentement le nom de cette peste de notre siècle : le microbe.Le microbe, en a-t-on assez parlé de cet être invisible, infiniment petit, qui se glisse partout, attaque tout, empoisonne tout, tue tout.Eh bien le microbe a élu domicile dans le téléphone et si voua n'examinez pas,n'essuyez pas attentivement le récepteur, chaque fois que vous vous aervez de l'appareil, vous êtes en danger.Tandis que vous écouterez les ac cents enchanteurs de celle que rolre rorar aime, le microbe, l'ennemi invisible vous glissera dans le tuyau de l'oreille, et le jour ne tardera peut être pas à venir, on l'organe de votre ouie sera fermé à tons les bruits d'ici-bas.Donc gare au téléphone ! x Pour terminer : Un peintre avait fait le portrait ¦l'une comtesse hors d'Age.Le* parents de la dame s'étaient donné rendez-vous dans l'atelier pout juger de l'œuvre, et chacun trouvait quelque chose à redire.—Le nés est trop long, prétendait l'un.—La bouche n'est pas assez gracieuse, disait l'autre.—lie ton des chairs est trop mat, objectait celui-ci.—Il faudrait plus d'expression dans les yeux, reprenait celui-là.Bref, la ressemblance laissait à désirer.-Eh bien, Messieurs, dit le peintre, je vais y retoucher et demain, si vous le voulez bien, je m'en rél'é- rerai à un juge aussi naif qu'impartial : le King-Charles de madame.En effet, le lendemain, le portrait est transporté au salon de la comtesse et placé an niveau du parquet ; puis on ouvre la porte au quadrupède qui accourt aussitôt vers la toile, la flaire et la lèche avec attendrissement.* Le portail, est dès lors déclaré parfait.Or.l'artiste avail seulement retouché le bas de son tableau avec un morceau de lard.ClIAM.NOS SPECTACLES lime fait grand plaisir d'offrir aujourd'hui à mes lecteurs une splendide primeur.Une fois n'est pas coutume, mais je m'efforcerai de faire mentir l'adage le plu- fré qiiemment possible, dans les colon nés du Pakhk-Tkmps.Le monologue, voire le dialogue, est aujourd'hui de mode dans les salons et on a toujours quelque succès dans une soirée, si ou est un peu beau diseur.Tout en remplissant mon devoir de chroniqueur et en vous parlant de Pour la Couronne, le succès du jour à Paris, je voua livre une magnifique pièce de vers pour vos récitations de soirées, réunions de fain 111.-.etc.Pour la Couronne est la dernière tragédie de l'aimable auteur des Humble*, Krunçois Coppée.Ix» thème de cette œuvre est lo patriotisme de Constantin, un jeune Slave qui tue son père au moment où la soif du pouvoir porte le mal heureux à trahir sa patrie et son Dieu et à lea livrer aux Turcs.Lisez et dites si ce dialogue u'esl pas sublime ! C'en r»t oaae*- Deboul ?car, par tous le* il.mon*.Je vcua devenir roi de ln plaine et des monta, Kt couronner ma reine, el me venger du prêtre-Auaal vrai que ce ciel eat pur.cria doit être.Kl tu parda ta fureur et ta rebellion.Vu dtapulrr plutôt an charogne au lion i 11 a mil deaaua aes fia griffe* teuacea.Rien n'v fera, aanglota.prlèrea ni raenacra.El, aachc-le.malgré tea colèrea d'enfant On n'allumera paa ce bûcher, mol vivant. 20 LB FASSE TEMFS CoWltamlim Vivant !.Quelle parole avet voua prol.oncée?Vivant î.Oh I quelle atroce et sanglante penrée Kclo>e en mon cerveau le torture et le moid ?Mirhrl Je ne te comprend* pas .Me voudral«-tn voir |mort | L'amslamlim Je «onge en ce momrul i|iie vous devrlca l'être.Ht d'une mort Infâme, et de III mort du traître ! Tu dis?MùM Camthnitu Je me souviens qu'a l'heure ou nous jiarlons, Othorgnl el ses Turc* mirent dons nus vallons.Que chaque instant perdu me rend votre complice, Et je songe au devoir qu'il faut que je remplisse.Quel devoir > Je me disque, très injustement.J'ai voulu vous sauver du dentier châtiment, Et que v«.tre existence A la hache échappée M un malheur poiirtou*-et quej'ni mrmcper?Toi | ton épée ' Mi.Iirl 1 niiitauhm Elle a, vierge de tout sflrout, Su détourner un jour Is mort de votre Iruut, Et ma chair p .rte encor trace de la blessnre .Mais puisque l'acre envie et liguolde luxure Ont fait un scélérat du héros de jadis.Puisque, au mépris de tout, près de ces Turcs iiiiiu- [dits Vous ailes mendier la couronne usurpée Htle s'Indigne alors, ma pure et noble épée.Et, d'nn éclair vengeur jnlllissant du fourreau.// lilt mm tp*r.Mukel, il.-¦('// ¦) mm lour.J'ai mon épée aussi, qui ne craint pas la lienne.( 'omUamlim Je défends mon pays et l'Europe chtctictttic, Mon devoir île soldat, l'honneur ik- ma maison, Ht vous ne combatte* que pour la trahison.Dieu nous voit et préside an champ clos.Qu'il décide !.' i/d mit.an u>m prie, />» ipfr\ le rtoi- terni mm muméml.Mukrl irefill mm emmn} iltinr rl rhamrrttt.Ah Michel I omilamlim Pieu ! qu'ui-jc fait !.Miihrl, «I Irirr rl r.xpiiamt.l'arriclde I S ils maudit ! Il meurt.( '»m\lamlim \x signal d'nhord.Meltons le feu !.* Il ft rmd la tateme et la /elle Ir ',.¦ l'rmltamwu amitilot./liai"/ la Am de la veme.am voit, am laim âam\ ta momlagme.l'allmmrt rTmmliri i i.' el om emlemd relemln le ramom il alat me- Vous êtes les témoius, astres- regards de Dieu ' Mala devant ce cadavre et devant cett^ flamme, J'ose vous regarder et vous montrer mon âme.Mon pére allait trahir|sa patrie et sa Toi I Etoiles, j'ai tué mon |iere ?____Jugea-moi !.Maintenant, une gerbe île nouvelles de partout : Frank Tliayer, autrefois du Musée Kden, est aujourd'hui directeur de la compagnie dfl comédiens Tin Inn l'iiltinrh.lie sun vrai nom, .Mlle Kéjunc, la fameuse tragédienne française, s'a p pelle Mlle lîe.ju.\m police de Itoston.poussée par les éehevins.a résolu tic faire la guerre aux art rires en maillot et de proscrire les talileaux -affiches, où l'on remarquera C6 genre tie costume.I,'autre soir, des plaisants sont allés poser des jiijm-s A Imites les affiches, où l'on remari|iiiiit des figurantes ainsi affublées.Ysaye, le jeune violoniste belge est aujourd'hui ù Washigton.la coqueluche ties liliesjeunes et \ ieilles laides et jolies.Cet artiste gagne •*l ,00(1 par concert.Wilson Barrett, actiiclleinenl au Queen's a été surnommé à jusic ti in-, le roi du mélodrame.Inutile de dire que comme d'or- Imitons tous aux artistes.les encouragements wilson hakkktt dinail'e, cet artiste l'ail salle ai chi comble au theatre de la rue Ste-Ca-I herine.Ses pièces sont superbement mon lées.J'apprends que Barrctl visitera Chicago tout prochninemenl cl qu'il y donnera un grand draine portant le singulier titre tie 'flic sii/n of the ( 'ni**.On a parlé maintes l'ois du chien qui accompagne sans cesse la l'alli et de l'amit ié de Sarah Bernhardt pour les fauves.Sait on que Minerva Dorr que nous avons vue a Montréal deux fois île suite dans ¦fane possède deux chats qui la suivent partout, hors la scène T Les soirées-béuélices vont leur train à l'Opéra Français.Noie, sou A Boston, on a payé jusqu'il $5.00 par année pour avoir le droit de tenir un théâtre.On veut aujourd'hui porter le prix à $100.Faut Mail que l'on joue au Royal celle semaine est essentiellement un mélodrame américain.Il faut voir la mise eu scène.File est épa- lanle.ft Dans Tin' I'lixxhiij Show, M.1.G.Ilenshaw.le comédien, dit à plu sieurs reprises : " C'est une bonne chose ; pousse/.là ! Fn farceur, l'autre jour, envoya une voiture d'enfant à Ilenshaw.Elle portail cette inscription : " ("est une bonite chose ; pousse/-lù ! " L'opéra de In Nouvelle Iberie, Louisiane, va être raflé.Voilà un comble.Beerliohm Tree, l'acteur anglais, actuellement à New-York dit que les théâtres qu'il a vus dans cette ville sont bien supérieurs à ceux de son pays.Il est des gens qui ,s'imaginent que tout esi joie, lumière, argent et plaisir dans la vie d'artiste.Ou se trompe grandement.La vie au théâtre est une vie de travail continuel, de déboires, souvent de pauvreté, voire de misère.Il m'est arrivé je ne sais combien de lois, depuis le commencement de la saison théâtrale de I8!»4!ir.de jeter les yeux sur les feuilles dru matiques que je reçois des Flats-Unis et d'y lire, des choses comme celles-ci : " La compagnie de comédiens de L'Etoile Polaire a fait naufrage dans l'I'tah ; l,es i rngédieiis tie Sam Maglory ont été mis à la porte de l'hôtel des Trois Chopines.Le gérant de la troupe a pris la fuite, laissant les acteurs sans le sou.L'hdtelier a gardé les valises." Je viens justement de lire que la compagnie tie Carrie Turner a fait banqueroute, ces jours derniers, à Kansas City et qu'une vingtaine d'aeleurs el d'aclrices soin mu- le pavé.orta un rude conp a leur prospérité en anéantissant leur monopole.Mais aujourd'hui encore, ils ont en grand mépris les roturiers, qu'ils tiennent à distance et qu'ils appellent des * matins " ; ils ne se marient guère qu'entre eux, et la fille d'un gentilhomme verrier ferait plutôt d'un bourgeois son amant que son mari La plupart vivent très pauvrement, et ont adopté les mœurs et le costume des pnysaus nu milieu desquels ils M') I'ASSKTKMPS habitent ; -pi.un .I.m ;u< ¦ de leur oisiveté, ont pris du service et sont devenus de bons officiers.C'est ce qu'avait fait le capitaine Jacques de Maupric, | ère de Gertrude ; mais ses efforts pour tirer sa fiituille de l'ornière n'avaient pas réussi.Il étsit mort trop lût, et Gertrude, confiée aux soins de sa tante, était précisément tombée dans ce milieu d'où le capitaine avait si éuergiquemcnl cherché à sortir.Comme on l'a vu plus haut, la veuve de Maupric, qui vivait mai grement d'une renie viagère de deux mille francs avait accueilli sa nièce sans enthousiasme, et la vie que l'orpheline menait I.arhalade était des plus pénibles Sa nature expansive et uficctnciisc était sans cesse refoulée et froissée, tantôt par la rudesse de Gaspard ou les méchancetés de Reine et d'Honorine, tantôt par les glaciales rebuffades île la veuve, l'n seul membre de la famille, Xiivier.ini avail toujours montré de la sympathie.Xavier de Maupric venait «l'entrer dans sa vingt-troisième année.Il avait été élevé jusqu'à dix-huit ans au |ietit séminaire de Verdun ; et sa première impression, s son retour au logis, lut la vue de cette char mante cousine de quatorze ans qui lui sauta au cou le plus gentiment du monde.Mme de Maupric avait eu l'cq>oir qu'il entrerait dans les ordres ; mais la vocation ne venant pas, Xavier s'en retourna à La-rhalade sans avoir une idée arrêtée au sujet d'une carrière quelconque.La famille était trop pauvre pour le pousser dans un emploi public : «a mère n'eût jamais con senti à faire de lui un commerçant ; d'ajournements en ajournements, il resta à Lachalade, menaut une vie dont l'inutilité lui pesait.Sous l'influence du milieu vulgaire dans lequel il grandissait, ses nerfs étaient devenus plus irritables, et son esprit de moins en moins communicatif.Gertrude, seule, aurait pu l'apprivoiser et le rendre expausif; mais, avec elle, un autre sentiment arrêtait son élan el paralysait sa langue, — la timidité.La grâce primesaulière, l'esprit vif et naturel de la jeune fille imposaient à ce garçon sauvage et gauche.Il brûlait de confier à sa cousine les inquiétudes et les ambitions qui agitaient son Ame, et tout le temps qu'il était seul, il trouvait mille fa çons de traduire ses aspirations confuses ; mais, une fois en face de Gertrude, les mots ne venaient plus.11 commençait une phrase, balbutiait eu voyant les grands yeux de la jeune tille se fixer sur les siens, puis brnsquement il s'arrêtait et redevenait silencieux.I'lus Gertrude croissait eu age et plus Xavier se repliait sur lui-même ; celle-ci, découragée par le» airs farouches et le ton parfois bourru de son cousin.commençait à imiter sa réserve.Ils se sentaient toujours sympathiques l'un à l'autre mais ils se parlaient peu, se bornant à échanger un sourire ou un regard, en signe de tacite alliance.Humilié de son Inaction, las des distractions du village et des ineptes conversa- tions de ses sieurs, Xavier s'était consolé eu se livrant à sou goût très vif pour le dessin Comme son frère Gaspard, il s'était mis à courir les bois : mais ce n'était pus le même attrait qui le retenait dans les gorges de l'Argonne.- Il était devenu amoureux de In forêt.-Les arbres aux attitudes majestueuses, les terrains mouvementés, la riche coloration îles bruyères roses ou des fougères dorées par l'milomii et le monde toujours bruissant, gazouillant ou IkhmH-.'.-!' dus insectes, des oiseauz et des fauves, tout cela le charmait et le passionnait.La fée des bois l'avait touché de sa baguette de coudrier ; elle l'avait ramené, séduite! asservi sous les voûtes verdoyantes delà forêt enchantée.Il y passait des jour nées entières a dessiner.Il avait fait connaissance avec les charbonniers et les sabotiers de la Gorge-aux-Couleuvres, et ces silvaius demi-sauvages, tout possédés de l'esprit forestier, l'avaient initie1 aux mystères des bois.Irfsoir.au long des fournaises flamboyantes, le mattre charbonnier lui avait appris le nom de toutes les essences d'arbres, le chant de toutes les espèces d'oiseaux ; et c'était en voyant le salioticr de la Poirière tailler le bètre et le bouleau, qu'une préoccupation nouvelle avait agité son esprit.De l'admiration des belles choses au dc-sir de les reproduire, la distance est courte.Xavier s'était tout à coup senti travaillé par ce besoin de création qui fait le tourment et la joie désorganisations artistiques.Après s'être longtemps contenté de dessiner des arbres et des plantes, il fut pris du désir de serrer île plus près la réalité, tout eu l'accommodant ù certaines combinaisons idéales La rustique industrie du sabotier Trinquesse fui pour lui comme une révélation.Il essaya à son tour de tailler le bois à sa fantaisie, et pria Trinquesse de lui apprendre son métier.Il y fit bientôt des progrès surprenants, et, non content de manier la " rouctte " et le "paroir," il s'aboucha avec le menuisier de Lachalade qui lui montra à dresser, à tourner et k assembler, I'uis son apprentissage terminé, il se procura les outils nécessaire et installa son atelier de aculture sur bois dans un appentis adosé la cloture du jardin.C'était là qu'il passait des journées entières, tout absorlié par des tentatives auxquelles personne dans la famille ne s'intéressait, sauf Gertrude.Ce fut là qu'il vint attendre sa cousine au lendemain de la scène qui ouvre ce récit.Cette visite matinale, annoncé si brusquement el si mystérieusement par la jeune fille, l'avait préoccupé toute la nuit; il allait et venait dans l'atelier d'un air impatient, et son inquiétude se peignait sur sa physionomie aux traits mobiles.C'était, à cette époque un garçon maigre et brun de taille moyeiincet de mine rêveuse.Ses beaux yeux noirs, enfoncés dans l'orbite avait parfois l'air de regarder eu dedans.Il ne portait pas sa barbe, et l'expression fine un peu triste, de sa bouche, ressortait mieux encore sur son visage soigneusement rasé.Les flammes sombres de sel yeux creux et la ligne rouge de ses lèvres expressives tranchaient vivement sur la pâleur oliv&tre de sou teint, et donnaient un caractère saisissant à sa figure encadrée île longs cheveux noirs.Il tressaillit tout à cou peu entendant crier le sable de l'allée ; un frôlement de jupe et un léger bruit de pas annonçaient l'arrivée de Gertrude.Il courui ouvrir à sa cousine et l'amena jusqu'auprès de l'établi où un petit poêle ronflait joyeusement.—Je t'ai lait un lion feu, lui dit-il : assieds toi là et chauffe tes pieds.L'air est humide ce matin.Tout en tourmentant un morceau de bois avec son ciseau, il la regardait d'un air em-luirrassé Gertrude était resiée debout près île l'établi.Ses lèvres étaient serrées, ses regards sérieux, et elle pressait nerveuse ment contre sa poitrine les pointes de sa fanchon.—Comme tu est talc ! s'écria Xavier.—Je n'ai pas dormi, répondit elle, j'ai pensé toute la nuit a une chose à laquelle je suis décidée.—Que veBX-ta dire, Gertrude, et qu'y a t-il de nouveau ?—Je ne puis plu» supporter la vie que je mène, Xavier ; je lie le puis plus !.Jeseus chaque jour davantage combien je suis ici à charge à tout le monde.—A tout le monde ?.interrompit Xavier en la regardaut d'un air de reproche.—Non, pas à toi ! s'écria t-elle en se rapprochant de lui ; tu as toujours été bon pour moi, cousin Xavier Mais les autres ! Tu as entendu Gaspard, hier, et tu sais qu'il m'a prise eu aversion.Mes cousines sont méchantes avec moi, et ma tante ne m'aime pas.Je fais pourtant ce que je puis pour qu'on m'aime, et je n'y réussis pas ! Je sens que je leur pèse.Je ne suis qu'une enfant, mais j'ai de l'orgueil, moi aussi, et je souffre.Je veux partir.—Partir !.Xavier laissa tomber son ciseau et demeura muet.Il regardait sa cousine saus pouvoir parler et ses moins étaient toutes tremblantes.Pour lui, Gertrude était la seule joie de la maison, le seul point lumineux dans la vie grise et terne de tous les jours.—Partir ! reprit-il enfin d'une voix sourde, seule ! à ton âge ! V penses-tu ?—Il y a longtemps que j'y |>cuse, poursuivit Gertrude, et j'avais hésité jusqu'à hier soir ; mais ce matin mon parti est pris.Je »uis courageuse, je travaillerai.Voilà un au que je vais coudre chez la modiste du village ; c'est une bonne fille qui m'a appris ce qu'elle sait et qui «'est déjà occupécdc me chercher une place à la ville.—Elle l'a trouvée ?demamla-t il avec-anxiété.—Oui, et c'est pourquoi je me suis décidée à te parler ce matin, avant que tu ne partes pour les Islettes.Voici une lettre que je te prie de mettre à la poste là-bas.Xavier demeurait silencieux.Ses yeux sombres avaieut pris une expression d'angoisse passionnée.Il contemplait tristement Gertrude, qui s'était approchée du h- LK, l'ASiSl.TKMI'S poêle et tendait vers la plaque île fonte ses petites mains glacées.—Dans trois jours, reprit elle, quanti tu retourneras aux Isleltes, il faudra que tu aies In complaisance de passer de nouveau au bureau île poste.La maîtresse du magasin cii je désire travailler, doit répondre I cette lettre, poste restante, et tu me rnp-tjorlcras sa réponse.—Je ferai ce que lu me demandes, dit il en soupirant profondément ; mais souges-y bien encore, Gertrude !.La vie est dure chez les autres ! —Je le sais, répondit-elle avec amertume.Puis, comme elle craignait île l'avoir blessé, elle lui prit la main et la serra.—Merci, dit-elle, ami Xavier ! Garde moi le secret jusqu'à nouvel ordre.Klle avnit les larmes aux yeux ; et lui se sentait le cœur serré par une douleur poignante.—Gertrude, s'écrîa-t-il, ne t'en va pas ! —Il le faut, mon ami.—Gertrude ! répéta-t-il encore en lui secouant la main, et en même temps mille pensées confuses lui moulaient aux lèvres.Ses yeux regardaient sa cousine avec une expression touchante.SI ces grands yeux sombres avaient pu parler, ils auraient dit : " Par pitié, ne t'en va pas, sois patiente et appuie-toi sur mon bras!." Mnislesyeux se contentnient de lancer des regards navrants, et Xavier n'osait pas révéler tout ce qu'il uvait dans le cœur.D'ailleurs, son propre avenir était si obscur ! Le secours qu'il aurait pu offrir était beaucoup si on l'aimait, peu de chose s'il n'était pas aimé.Qui pouvait savoir si tJcrtrude l'aimait autrement que comme nu compagnon d'en fauce ?.Si elle l'avait aimé plus sérieusement, aurait-elle songé à partir ?Il refoula eu lui les mots prêts à jaillir.—Soit, dit-il d'une voix étranglée, je ferai ta commission.Gertrude le renier-ia de nouveau et quitta l'atelier.Accoudé sur son établi, Xavier la regardait à travers les vitres tandis qu'elle suivait légèrement les plates-bandes hcrlieuscs.Klle avait disparu de puis longtemps déjà, qu'il était encore a la même place, la main appuyée sur son front, roulant des |ieusées noires et découragées, pendant que le veut fnisait tournoyer les feuilles sèches sur le gazon, et tpie les moineaux pépiaient dans les sapins .Quatre jours après, Xavier, qui revenait des Islettes, ajierçut, au soleil couchant, Gertrude qui l'attendait sur le pas tie lu porte.—J'ai quelque chose pour toi, lui dit il tiistement, et il lui lendit une lettre qu'elle décacheta avec vivacité.Tandis qu'elle la lisait, Xavier, appuyé contte la porte, considérait le fin profil île la jeune fille éclairée par les rougeurs du couchant.Klle releva brusquement la tète, et il l'interrogea du regard.—Tout est terminé, «lit-elle avec un léger tremblement dans la voix : les demoiselles Pèche consentent à me prendre comme ap- prentie, et je dois être rendue à B.le ter mars prochain.t'e soir, je parlerai à ma tante.Merci encore.Xavier.F.llc se retourna pour lui serrer la main, mais il s'était déjà enfoncé dans l'ombre du couloir, et elle l'entendit s'éloigner du cA:é tlu jartlin.I,orsque tonte la famille fut reunie pour le souper, et que Gaspard eut allumé la lampe, Gertrude alla s'asseoir près de M nulle Mauprié et déplia silencieusement sa lettre.Au bruit du papier froissé.In veuve posa son tricot, et tlîtà sa nièce eu lui tlar dant un regard froid : —Qu'y a-t-il, Gertrude, et que me veux tu ?— Ma tante, commença la jeune fille d'une voix émue mais ferme, vous m'avez accueillie chez vous, et depuis cinq ans vous avez été îmur moi une parente dé-vouée ; je vous ai imposé tie lourds sacrifices et je vous eu serai toujours reconnaissante.La veuve fronça les sourcils, piqua une aiguille dnns ses cheveux et s'écria d'une voix brève : — Ca, où veux-tu en venir ?—A vous annoncer, ma tante, que je ne veux pas abuser plus longtemps de votre hospitalité ; j'ai trouvé à B.une position convenable, et je viens vous demander la permission de l'accepter.Kn même temps elle remit sa lettre à Mute de Mauprié.Kn entendant ces dernières paroles, Gaspard avait relevé brusquement la tète ; Honorine et Reine se re gardaient et cherchaient tout bas quelle pouvait être cette position mystérieuse qui allait permettre à leur cousine de se produire à la ville." Cette chance-là ne m'arrivera jamais!*' songeait Reine dépitée.Xavier, les poings serrés sur les tempes, les lèvres froides, regardait la lettre, sa uiérc et Gertrude.Un silence profond remplissait la salle.La veuve ajusta ses lunettes et lut lentement, puis rejetant le papier avec dédain : — Ainsi, dit elle, tu veux te faire modiste?.Modiste ! A ce mol, Honorine ébaucha un sourire île pitié, et Keiue poussa un sou pir tie soulagement : quant à Gaspard, il se remit à frotter son fusil et à siffler d'un nir narquois.—Oui, répondit Gertrude, je veux gagner mn vie honréteuient et n'être à charge à personne.Mme de Manptié se mordit les lèvres.T'i as dix-neuf nus à peine, contiuun-l-ellc, et je suis responsable de tes actes.Kst il convenable que je te laisse aller à tlix lieues d'ici, dans une boutique cil tu seras en compagnie de filles de rien, et exposée à tous les dangers d'une situation pareille ?—Les demoiselle- Pêche sont tl'lioniiè-tes filles, tlit Gertrude, j'habiterai chez elles, et d'ailleurs je saurai me protéger moi-même —Kl te payera t on suffisamment pour le faire vivre ?—On me donnera, pour commencer, le logement et la table, répondit Gertrude en rougissant ; jusqu'à ce que je gagne davantage, je vous prierai de m'envoyer une partie de la rente de six cents francs qui me vient de ma mère.—Et si nous refusons ?.Car lu oublies que Gaspard est ton tuteur.— Alors, répliqua-t-elle d'un ton lerme, je m'adresserai à mon oncle Renautlin, qui est mon subrogé tuteur cl qui me fera émanciper.Gaspard se mit à rire bruyamment.—Hé, s'écria t-il, laissez-la doue aller, ma mère.Le village n'est pas fait pour de pareilles duclusses.Il leur faut la ville pour étaler leurs grâces et faire l'admiration ties mnrjolets qui flânent le dimanche sur les promenades !.Toute» ces mijaurées-là s'imaginent tpi'à la ville on trouve encore îles rois qui épousent des bergères, et voici Reine qui grille d'envie, elle aussi, de trouer derrière un comptoir ! Reine se redressa comme une guêpe en colère et lança à son frère un rcgartl furibond.—Reine est trop bien née pour songer à devenir une fille de boutique, dit la veuve ; elle n'oubliera jamais qu'elle est une Mauprié .A ces mots Gertrude sentit le rouge lui monter au front.Klle fit quelques pas vers sa tante ; ses yenx étincclaient et ses uari nés Irétnissaieut.— Madame, s'écria t elle d'une voix vibrante, c'est vous qui oubliez étrangement l'histoire de notre famille.Vous parlez des Mauprié ! Lorsque mes anrétres vin rent en Argonue.ils étaient pauvres et ne crurent pas tléroger en soufflant le verre.J'entends faire comme eux et ne pense pas déchoir !.Il y eut de nouveau un grand silence dans la salle.Gaspard regardait sa cousine d'un nir ébaubi, et lorsqu'on se- mit à table, Xavier serra fortement la main de Gertrude.Le souper fut maussade : Gertrude ne mangeait pas, Xavier était pen-sil et les autres ne tlisaient mot.lorsqu'on eut fini, Mme île Mauprié retint légèrement par le bras sa nièce qui se disposait à se retirer.— Quand comptez-vous nous quitter ?lui ilcniamla-l-elle.—Je dois être nu magasin le 1er mars, répondit la jeune fille, et je voudrais partir au moins la veille.—Nous avons encore quatre jours jusqu'à la fin du mois, reprit vivement la veuve ; je pense qu'ils veus suffiront.Bonsoir, mn nièce.Elle s'apprêtait à lui tendre machinalement son front comme chaque soir ; mais Gertrude se liorna à la saluer et sortit sans ajouter une parole.III Le jour fixé pour le départ île l'orpheline était arrivé Sa petite malle, cadenas sée et Scellée, attendait dans le corridor le passage d'Herbillou le " btioleur ", qui r 30 LB PASSE-TEMPS devait la charger sur un de ses mulets, et accompagner la jeune fille jusqu'aux Is lettes où passe le courrier de B.line restait plus à Gertrude qu'une demarche pénible à faire, c'était sa visite d'adieu à l'oncle Renaudin.Cette visite lni coûtait, car le bonhomme était quinteux et recevait fort mal les visiteurs, surtout quand ceux-ci faisaient partie de sa famille.Néan-tuoins Gertrude se croyait obligée à ce dernier devoir.L'oncle Eustache était le frère de sa mère ; et puia elle l'avait trouvé si faible, si vieilli, lorsqu'elle l'avait rencontré récemment.Qui pouvait dire si elle le reverrait jamais ?C'est en songeant à toutes ces choses que, vers midi, (iertrude prit le chemin de la maison de son oncle.Cette maison était une ancienne dépendance de l'abbaye de Lachalade.et on l'appelait encore l'Abbatiale.Elle était bâtie un peu en dehors du village, sur une étni nence d'où l'on dominait In vallée de la Biesme, et elle comprenait, outre les bâtiments d'hnbitation, un grand jardin abandonné, dont les murs croulants ne finissaient qu'à la lisière de la forêt.Le chemin qui allait du village à l'Abbatiale était liordé de peupliers mélancoliques et aboutissait à un grand mur triste, dans lequel était pratiquéeune porte cintrée, pru demmeut munie d'un guichet.C'est devant cette porte que Gertrude s'arrêta pour respirer, car son rieur luittait fort, et elle se sentait tout oppressée.Au bout de quelques minutes elle agita la chaine maillée de la sonnette, l'n tintement plaintif réveilla l'écho de la cour sonore, un aboiement lointain y répondit, mais personne ne se montra.Enfin un bruit de sabots ré sonna dans la cour, puis une clef grinça dans la serrure et la porte l'entre bailla.—Bonjour, Fanchette ; puis je voir mon oncle ?demanda Gertrude à une vieille servante qui l'examinait d'un air revéche.—Vous savez bien que M.Renaudin invent recevoir personne, répondit froidement celle-ci.—C'est que je pars ce soir.pour longtemps, et j'aurais désiré lui dire adieu.La servante, tenant toujours la porte à demi fermée, considérait la jeune fille d'un air soupçonneux.—Allons, Fanchette.dil une voix d'homme, laisse donc entrer mademoiselle dans la cour.J'irai voir si elle peut monter là-haut.En même temps le vieux garde Pitois ouvrit la porte toute grande et fit passer Gertrude, malgré les protestations de I-'an chette.Les deux domestiques s'acheminèrent vers la porte du vestibule, en discutant aigrement.Gertrude les suivait tout décontenancée et regardait machinalement la cour solitaire avec sa ceinture de hauts bâtiments aux volets clos, son puits à la margelle usée et «a pelouse ovale bordée du buis, où un grand houx dressait son feuillage sombre et piquant, emblème de la inaussaderie des hntes du logis .(A continuer.) PRIMES L'ÏÏDMINISTRÏÏTÏON DU "PÏÏSSE-TEMPS" \ Ne voulant rien négliger pour satisfaire le public, a conclu les arrangements nécessaires pour offrir à ses lecteurs une Prime vraiment extraordinaire.Nous nous sommes procurés plusieurs milliers de copies des morceaux d'o-pera.dont voici la liste : 1.La Fii.i.e nu Tambour-Major —Le fruit défendu (chant cl pianoi 2.Carmen — L'nmoiir est en finit, île Itnhémc 3.Le Jour et la Nuit—Oe qu'on appelle aimer 4.LE OcBDB et la Main'—Chanson dn casque 5.Le (Jrand Mogol—Chanson du Kiri Kiribi 0.Lis .La Belle Hélène—Un mari sage 10.Le» Cloches de Corneville—Chanson du Cidre Tdub cbb mnrcBaux sont vendus 10 cts.chez les marchands de musique Nous enverrons toute ta collection ( 10 morceaux) aux personnes qui nous jeront tenir le prix a un an d abonnement LE PAS BE-TEMPS 26 Ste Elisabeth MONTREAL La Société de Publication du PaSSF.-Tkmps, éditeur, Montréal.9 LK PASSE-TEMPS .31 UNE LEÇON DE MUSIQUE A CHAQUE NUMERO PREMIERE PARTIE NOTIONS PRELIMINAIRES IX, — V A I, F, » K nVM NOTIW D'après l'ordre suivi dans le tableau prêt-t'ilt-nl.cliai|uc note », comme durée, une valeur double de celle qui la suit.Ainsi : La ronde vaut deux blanches ; la blanche vaut deux noires ; la noire.vaut deux croches ; la croche vaut deux doubles croches, etc.TAlll.KAt; DES VALUES RELATIVES DES NOTES la ronde.q vaul -•- 2 blanches.P P ou__ 1 .1 noires.• • • * ou 8 croches.00000*00 on , ^ ^ ^ ^ 16 doubles croches.tT'm.m.m.«Tî #*» m m 0~m m~m triples croches 00000000**0000000000000000000000 i!4 quadruples croches.5 t 1 ne blanchi vaut : '_' noires ou 4 croches ou S doubles croches on ](i triples croches ou .'12 quadruples croches.noiri vaut : 2 croches ou I doubles croches on S triples croches ou Hi quadruples croches.Cue eroehi vaut : 2 doubles croches ou I triples croches ou 8 guadro pics croches.Une double croche vaul : 2 triples croches ou 4 quadruples croches.Une triple oroehe vaut : 2 quadruples cruches.La queue des notes peut indifféremment être dirigée vers le bas on vers le haut.Généralement, quand plusieurs notes se suivent, ou remplace les crochets par un trail qui réuni) lesquelles.On met deux traits pour les doubles croches, trois trails pour les triples cruches, quatre pour les quadruples croches.Iv.xkrcick ORAL.— Quelle est la valeur de la ronde ?de la blanche ?de la noire ?de la croche, etc.?—Quelle est la valeur de la blanche par rapport à la ronde ?de la noire par rapport a In ronde, a la blanche ?de In croche par rapport i la noire, à la blanche, à la ronde ?—Dans quelle direction trace Lon les queues des notes ?—Quand plusieurs croches se suivent, par quoi rcniplarc-l-oii les crochets ?—Combien de traiLs met-on pour les croches, les doubles croches, etc.?Exbkcick kCKir.- Copier le tableau des valeurs des notes jusqu'aux doubles croches.PROFESSEURS DE MUSIQUE Guillaume Couture, 58 Université.W.Davignon, 1180 St-Denis.Mme O.E.Defoy, 147a St-Hubert.Mlle M.Deguire, 69 des Allemands.A.P.V.Dclfosse, 186 Stc-Elisabcth.Mlle F.Drummond, 57 St-IIypolite.Dominique Ducharmc, 153 Bleury.J.A.Duquette, 433 Dorchester.Achille Forticr.742J4 Sherbrooke.Mlle Agnès Michaud, 131b St-Laurcnt.M.H.O.Wilson.74 sie-I'amille.Mlle McAnally, 27 Manrc.Paul Wiallard, 2241 Ste- .L.J.A SURVEYER e rue St-Leurent FOISY FRERES Marchand* en gro» et en détail de Pianos.Orgues et Machines a Coudre Muaique en feuille» et Instrument» de I""» Relire» Bureau Principal : 70 STLAURENT (coin Vttte) Tél.Helt 1*41 I Succursale iV.Sl-Joarph, Uué.1.1m • Marchand do BDIS et de CHARBON 628 Rue Notre-Dame—628.MONTREAL Telephone Bell 8048 i-un___i_1 Montreal Printers' Supply Agency 78 ST-JAOQUES MATEIIIE1, d'IMPRlMERIE NEUF el OCCASION P.O.TERRAUJ.T, 1-30.1 Secrétaire N.P.Lamoureux.G Aran 1 , Le Palais Crystal 1600 NOTRE-DAME Table de premier c classe.Reims de midi à 3 hrs.Des Vin» et Liqueurs déchois.L«s meilleures marques de Cigares.Tel Bell 1786 J.B.BURBAU.Prop. Le Passe-Temps 16 février 1895 Pages 23 à 26 manquantes
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