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Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 1, no 8
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Le passe-temps, 1895, Collections de BAnQ.

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PER P-26 EX.2 e Passe-Temps LITTERATURE Musique=Théâtre=Mode=Sport Un an.$i-SO Six mois.a75 Payable il'avance.MONTREAL, 18 MAI 1895 Vol.I.—No 8.lb numéro, 5 cents.bureau No 26 Sainte-Elisabeth Boite 2168 MONTKKAI, Mme REJANE 114 LE PASSE-TEMPS REVUE BIMENSUELLE Parait le 1er et le 3me samedi de chaque m is.abonnement: i an.fl.so | 6 moi».75 e*"- htyablr d'avance.Toutes communication» devront élrc ndrewée» I.K PASSK-TKMrs.î6 Ste-Eliwbcih.Boite postale 3169.Monlréal.LA QUINZAINE Un dos faits les plus importants de la quinzaine, c'est la signature du traité de paix entre la Chine et le Japon.Des le début de cette guerre, le monde entier, pourrait-on dire, avait estimé que le Japon ne pourrait tenir tête au colossal empire chinois.Aussi, la surprise a-t-elle été grande lorsque l'on vit que le Japon, non seulement tenait tête il son ennemi, mais encore lui Infligeait défaites sur défaites et envahissait son territoire.L'attitude des nations changea, et le Japon eut le prestige des forts, ce qui lui attira toutes les amitiés.La Chine voyant ses places fortes occupées, son sol pris, Pékin menacé et l'empire tout entier en plein désarroi, songea à la paix.Le Japon y consent it enfin, mais il imposa à la Chine des conditions que la France, la Russie et l'Allemagne ne trouvèrent pas à leur convenance.En conséquence, les trois nations se concertèrent et envoyèrent au Mikado une note collective par laquelle les trois puissances, après avoir exposé le pourquoi de leurs objections au traité, signifiaient au Japon de le modifier dans un sens conforme il la sécurité que veulent avoir ces puissances dans le voisinage du Japon.Rien n'est fait encore relativement il la révision du traité sino-japonais.mais on peut iiflirmer en toute certitude que le Japon ne fera pas la moindre résistance.11 protestera sans doute, il posent en martyr, mais ce sera tout, et il aura la prudence de borner à du platonisme politique qu'il versera dans le sein de l'Angleterre, sa résistance aux injonctions de la France, de la Russie et de l'Allemagne.x En Russie, l'opinion publique est fort irritée contre l'Angleterre.L'attitude d'isolement qu'elle a prise au sujet du traité tie paix imposé il la Chine par le Jupon, montre que l'Angleterre ;i une arrière-pensée et qu'elle voudrait profiter des conquêtes du Japon, quitte à écraser ce pays ou du moins de le tenter.Il n'y a pas que ht Russie qui soit indignée; la presse universelle et le monde officiel se trouvent réunis et partagent la même irritation.D'après les dernières correspondances, l'avis général, en Russie, est que tontes les puissances européennes qui ont des intérêts politiques ou comiuercianx dans l'Extrême-Orient, sans avoir en même temps, comme l'Angleterre, quelque motif secret de prendre parti pour le Japon, se rendront compte des dangers que feraient courir a ses intérêts l'établissement des Japonais sur le continent asiatique, et.que, par conséquent, elles se joindront il la Russie pour obtenir les mollifications nécessaires du traité de paix.Les uouvelles reçnes de Madagascar indiquent que les Hovas, qui ne s'étaienl pas beaucoup remués jusqu'ici, commencent à trouver quo l'aventure où ils se sont engagés, en repoussant l'ultimatum présenté par la France, est beaucoup plus grave qu'ils ne lavaient pensé d'abord.Le général Melzinger, en attendant l'arrivée du corps expéditionnaire, s'est, avec les faibles troupes dont il dispose, emparé sans coup férir de deux autres forts que les guerriers malgaches considéraient dans leur candeur comme imprena-uables.Ces premières opérations ont répandu dans le pays une terreur contre laquelle la reine Ranavalo s'efforce vainement do réagir par des proclamations enllummées où elle conseille il ses sujets d'acheter de la poudre et de s'exercer au tir au fusil.Malheureusement, il est arrivé aux Hovas une antre mésaventure.Les officiers anglais qui (lovaient les conduire il la victoire, n'as-ant pn s'entendre avec la cour, ont quitté l'île.Cette retraite a été motivée par les atermoiements du gouvernement malgache et son refus de confier au colonel (T) anglais Shervinton, le commandement suprême des troupes de la reine Ranavalo." Cette perte, dit un journal anglais, le London Telegraph, sera vivement déplorée par l'année hova, parce que c'est au montent où elle aurait le plus besoin d'un chef capable et intrépide qu'on va se priver des conseils d'hommes sages et expérimentés, qui connaissent également les qualités du soldat malgache et les avantages qu'on pourrait tirer, pour la défense de l'île, de certaiues positions stratégiques." Sans doute, ajoute-t-il, ces démissions vout rendre les relations diplomatiques de l'Angleterre plus faciles, car, bien que nous ne puissions guère encourir une responsabilité, parce que des soldats résolus ont accepté des commissions dans l'armée malgache, quelque journaliste parisien n'aurait pas manqué d'en tirer prétexte pour nous jeter à la face que les troupes hovas étaient commandées par ties officiers anglais." En réalité, Shervinton s'est retiré parce qu'il ne se faisait aucune illusion sur l'issue de la lutte.En présence de ce départ, la reine des Hovas a eu une idée pen pratique mais fort originale.Elle fait adresser par le même journal un appel à tous les peuples chrétiens ; elle les invite à protester contre le gouvernement français et leur demande de prier pour elle et pour ses sujets.Sur quoi le journal london-nien adresse très sérieusement il la France le petit et inutile sermon que voici : " La touchante prière de la reine Ranavalo, dit l'organe anglais, faisant appel à notre pitié contre les envahisseurs de son pays, nous touche et nous émeut.Elle était encore au printemps de la vie, si nous avons bonne mémoire, quand elle fut appelée au gouvernement du peuple malgache ; sa sœur, plus Agée qu'elle, ayant été écartée du trône en raison de certaines imperfections de caractère.Son règne n'aura eu que de rares moments de bonheur et de prospérité. I.I'.l'ASSi: TKMl'N 115 " Nous voulons espérer que les Français se montreront aussi généreux qu'ils sont forts et qu'ils ne pousseront pas plus loin leur intention d'envahir Madagascar ; mais, si cela était impossible, les conquérants, quelles que soient les circonstances, useront de leur victoire de la manière la moins injurieuse pour les Hovns et pour leur reine." La signification exacte de cet appel hypocrite, c'est que l'Angleterre s'aperçoit que la défaite des Malgaches sera sa propre défaite, car ce sont les Anglais qui, en les poussant iV la résistance, ont rendu l'expédition nécessaire.Pardonner aux Malgaches pour laisser Madagascar aux Anglais, c'est une bfitise que la France ne commettra pas.Silvio.Mme REJANE Mme Gabrielle Réjane, qui de son vrai nom s'appelle Réju, est née à Paris en 1857.Fille d'un ancien comédien devenu contrôleur eu chef a l'Ambigu, nièce de Mme Naptal-Aruault, elle entra an Conservatoire où, dans la classe de Régnier, elle obtint, au concours de 1871, le second prix de comédie.Engagée au Vaudeville, elle débuta, en mars 1875, dans le prologue de la Rerun île.* Deiu- Monde* ; puis elle interpréta d'une façon remarquable divers rôles et créa, avec, un talent tout personnel, Madame TAU; Juliette, du Premier Tapis (1876); la marquise de Menu Castel, du Varglas ; A ngèle, des Dominas roses ; Gabrielle, de lierre ( 1S77 ' : Agathe, du Chili ilN7N): Madame Colas, du Mari (Vida ; Geneviève, des Tapageurs (1879) ; Anita, de VAuréole (1881) ; la baronne Doria, d'Odette.Klle passa ensuite au théâtre du passage des Panoramas, où elle personnifia le Moulin rouge, des Variétés de l'avis, et la femme de Paul-Louis Morisseau, de ln JVmï de Noces P.-L.-M.(1882).Elle aborda le drame à l'Ambigu, et, dans la Glu, de Richepin (ISSU», elle rendit, avec une vérité saisissante, Madame Cé/.umbre, l'épouse infidèle du docteur.Cette facilité de se transformer lui valut, au Palais-Royal, dans Adrien ne, de JMVi Camarade (1883), des applaudissements mérités.< 'essaut d'appartenir à un I héi'il re par un contrat de longue durée, «die créa, au Vaudeville, la Diva, de Clara Soleil 11885 > ; aux Variétés, Claquette et Gabrielle, des Demoiselles Clochart (1886) ; au Vaudeville, Blanche, de Monsieur de Moral ( I8S7 ) ; aux Variétés, Henriette, de 'Décoré (ISK8), qu'elle joua un peu partout, à l'étranger, au théâtre du Pare, à Bruxelles ; à l'Odéon, la Servante, de Germinie Lacertcu.r : au Vaudeville, Lydie Garousse, île Muri/uise ! , ls.S'.l Mais passons plus rapidement sur l'énuluération des divers rôles tenus par Mme Réjane pour consacrer quelques lignes au succès toujours grandissant qu'elle remporte encore dans cette brillante pièce de MM.Surdon et Moreau intitulée Madame San*-Gèneet dont nous donnons une complète analyse dans noire chronique des théâtres, un peu plus loin.Partout oit Mme Réjane a passé, elle a élé accueillie avec enthousiasma et elle a gagué immédiatement le cœur du public.Le plaisir que vous cause son jeu est naturel, spontané, inévitable, et on ne peul pas hésiter à le reconnaître.La l'orée de Mme Réjane ne réside pas seule ment dans son bagage technique, mais dans son charme personnel.Notre gravure «Mi l'ait foi.Son visage est rayonnant d'expression : as voix esl sympathique; ses allures Sont vives ; sa parole est d'argeiil ; son jeu est rapide et brillant.Klle peut être capricieuse, coquette, sé (luisante, dédaigneuse, espiègle, impudente, commune il un moment.passionnée :'i un aul re, el elle il tant d'aisance et d'empire sur elle-même qu'elle peul l'aire loul cela facilement.Le rôK' de Mme Sans Gène est devenu pour elle quelque chose connue un autre elle-même et elle le joue sans le moindre effort apparent.Tous lea journaux, tant en France qu'en Amérique, onl consacré de très longs el élogieux articles après la première représentation de Madame Sans Le " record " de l'habileté photographique.C'est un Anvdiii, un am Heur, lor I Or.iyleigh.qui parali le "détenir" pour le moment.I* noble lord est.en effet, parvenu, ces jours-ci, à phoiocjiphicr d'imiiiiié-rielles huiles de savon Uni tint dan* l'.iir.Non c- nient de ce icsiilt.il, ce virtuose de l'objectif, qui ne connaît |xiint d'obstacles, a fixé "tir ses plaques sensibles d'antres bulles de sivnn au moment précis où Sites éclatent et s'évanouissent en une imperceptible rosée.Il semble difficile à battre un tel artiste ! IS VINO VERITAS Dialogue entre un jh>.hard é uerile et un aspiranl pochard.Celuici-ci renâcle devant un dernier verre : —Non, merci, dit-il, je m'aperçois que je bois trop ! —Permettez, réplique sentencieusement le vétéran ; du moment que vous vous en apercevez, c'est que vous n'avez pas encore assez bu. 121 LE PASSE-TEMPS Feuilleton du PASSE-TEMPS LE SECRET DE L'ORPHELINE VIII •Suite) —Hortense, dit Mlle Célénie, laisse-moi d'abord poser une question à Mlle île Mauprié.Gertrude, poursuivit-elle de sa voix la moins rude, ave/ confiance en moi, et parlez franchement : où êtes-vous allée en quittant la maison, la semaine dernière ?—A Lachalade, répondit Gertrude, non sans rougir.—Ah !.Et vous y êtes restée tout le temps ?La jeune fille réfléchit un moment, puis répondit d'une voix ferme ; —Non, mademoiselle - -A la bonne heure.Ou prétend que vous n'avez pas quitté laville.Certes, nous n'avons nul droitde nous mélcrdc vos affaires ; mais nous sommes responsables de vous jusqu'à un certain point ; c'est pourquoi je me perineural 'l'insister.Pouvez-vous me rendre compte de l'emploi de votre temps ?La figure de Gertrude prit une expression plus inquiète Elle commençait à comprendre dans quel embarras elle s'était jetée, et cependant elle hésitait encore 4 répondre d'une i i.mi plus explicite.—Non, répondit-elle d'une voix treni-blonte, Je lie puis malheureusement entrer dans aucun détail.Il est vrai que je suis restée * B.les affaires qui m'y ont retenue ne sont pas les mienne1, et j'ai promis de me taire.Pardon, Mademoiselle, jedois tenir ma promesse.Mais je vous jure que je n'.i rien à me reprocher Mlle Hortense poussa un soupir, et Mlle Célénie fronça les sourcils.—Tant mieux pour vous, reprit celle-ci durement, si votre conscience est en repos ; mais cela ne suffit pas aux yeux du monde, et le scandale n'en existe pas moins.—I,e scandale ! n'écria Gertrude.Mlle Célénie, dardant ses yeux gril sur la figure tie la jeune fille, se tenait devant l'image des Vierges sages et des Vierges folles, que le aoleil éclairait en ce moment de sa pleine lumière, et la terrible demoiselle Pêche avait l'air de commenter avec son aune la parobolc évaiigélique ; ou plu-1*1 elle semblait elle même une des triomphantes vierges sages, descendue de la vieille image d'Epi-nal.—Le scandai ! répéta Gertrude atterrée.Elle fréniissnit de la tête aux pieds, et la voit lui manqua Le scandale ! Ce seul mot avait révolté toute sa fierté ; mais sa consternation était si grande que pas une parole ne pouvait sortir de sa gorge étranglée pur l'émotion.En lin ses dents se îles-serrèrent, et elle dit en relevant les yeux vers la vieille lille : —Que me reproche-t-on, et qu'a le monde 4 faire avec ce qui s'est passé ?—A tort ou A raison, répliqua Mlle Célé- nie, le monde jase.Tout se sait On a appris que vous étiez restée à B.clandestinement ; on vous a surprise jiortnnt eu cachette uu enfant nouveau-né dans vos liras.Est-ce vrai ?—C'est vrai.Mais je ne comprends pas.—Vous ne comprenez pas ! s'écria Mlle Célénie.Comment ! vous êtes jolie.Vos manières distinguées,—coquettes même,— n'ont que trop attiré l'attention sur vous.Vous vous absentez mystérieusement, puis on vous rencontre la unit avec un enfant sur les bras,et vous ne comprenez pas qu'un va dire que cet enfant est à vous ?.—A moi ! fit Gertrude indignée.Elle était pale comme une morte, et elle fut obligée de s'appuyer contre la table.Ses yeux étiucclaiits allaient de Mlle Hortense a Mlle Célénie, qui toutes deux la regardaient en secouant la tête.—Maisc'est une calomnie, dit elle enfin, cela n'est pas!.Vous ne le croyez pas, vous ne pouvez pas croire uue chose pareille ! Il y avait uu tel accent de sincérité dans cette protestation, qu'elle ébranla la conviction grandissante de la sœur atnée.—Certainement, commença-t-elle, nous avons toujours eu de l'estime pour vous, et nous ne demandons pas mieux que d'être convaincues de votre innocence limit le monde est méchant, il croit le mal facilement, et les apparences sont contre vous, Gertrude ! —Où est la mère de cet enfant?reprit Mlle Célénie.- Elle rst morte.—Et le père t —Il a quitté la ville.- Mais, vous, comment vous êtes-vous occu|k:e de cette affaire et qui vous a jetée dans une pareille nventure?—Cela, je ne puis le dire, répondit Gertrude accablée : je le répète, j'ai promis le secret.—Comment voulez-vous qu'on se contente d'une réponse semblable ?reprit Mlle Célénie brusquement ; vous le voyez, tout vous accuse .Gertrude commençait en effer i recon naître que la vieille fille avait raison, et des sanglots agitaient convulsivement ses lèvres.Mais, s'écriat-clleen joigiinut les mains avec désespoir, je ne mens pas, moi ! D'ail-leurs, il y a des témoins qui peuvent affirmer la vérité de ce que je dis.11 y a une vieille femme qui a vu naître l'enfant et mourir la mère.Elle demeure 4 Polval et s'appelle la mère Surloppe.En entendant ce nom, les deux sœurs échangèrent de nouveau uu regard attristé ; puis Mlle Hortense répliqua froidement; —Ce témoignage-là vous serait plus nuisible qu'utile, ma chère.La vieille femme dont vous parlera une mauvaise réputation, et personne n'ajouterait foi 4 ses propos.D'ailleurs, il vous resterait à expliquer comment vous ave» été mêlée à de pareilles gens.Pouvex vous le faire ?Gertrude resta muette.- Non.Eh bien ! j'en suis désolée ; mais dans la circonstance, nous sommes obligées de prendre une décision sévère.Il y a eu scandale.— Et notre maison ne doit pas même être soupçonnée ! acheva d'une voix mate Mlle Célénie, sans se douter qu'elle répétait le mot de César.Mlle Hortense poussa uu profond soupir.—Nous ne pouvons pas vous garder, mon enfant, vous le voyez.—Je vois queje suis perdne! murmura Gertrude ; et en même temps son visage fut inondé de larmes.Les sanglots secouaient sa poitrine, elle se tordait les mains ; tout à coup sa téte se pencha en arrière, ses genoux ployèrent, et elle tomba sur le parquet.La fatigue du voyage et la secousse violente produite par cette dernière scène venaient de déterminer une crise nerveuse.—Ah ! mon Dieu, elle se trouve mal ! s'écria Mlle Célénie, nous avons été trop dures aussi.Hortense, cours vite chercher le vinaigre des quatre voleurs.En même temps elle s'agenouilla prèsde Gertrude, la soutint dans ses bras, déboutonna sa robe, et finnlemeut se mit 4 lui baiser affectueusement le front en lui prodiguant de doux noms enfantins.—Sous sea manières de gendarme, Mlle Célénie cachait des trésors de tendresse maternelle.— Elle trans|m>rta Gertrude dans sa propre chambre et la mit au lit, puis elle la confia 4 la garde de la vieille Sdiolastiquc et courut chez, le pharmacien.En revenant 4 elle, la jeune fille vit la vieille bonne 4 son chevet Elle était encore trop faible pour pouvoir parler ; ou lui fil avaler un cordial, et elle s'endormit profondément ; quoid elle se réveilla, il faisait nuit, et la tranquillité de la rue indiquait une heure avancée.Ibie veilleuse éclairait la chambre, et dans un grand fauteuil Mlle Célénie, tout habillée, sommeillait bruyamment.Gertrude passa les mains sur sou front, se rappela la scène de la matinée et se sentit prise d'un nouvel accès de désespoir.—Elle, si pure et si fière de sa pureté, se trouvait soU|s,onnée d'une faute ar.Le mot est, assure-t-on, d'un loustic parisien, engagé volontaire.Il en est digne.C'est du bon Gavroche, sac au dos. LE PASSE TEMPS 127 UNE LEÇON DE MUSIQUE A CHAQUE NUMERO TII.-CI.EF BE NOL (Buite) RECAPITULATION ré mi fa sol la si do ré mi fa sol.Exercices sur les rondes, les blanches et les noires.— Nommez les notes sans les chanter.r v i ii 1 Iffn i 1 J J » J i L^—esl-*—- —• a é 1 ^ 1 -u— Notes placées sur ou entre les lignes supplémentaires Au-dessus de la portée.Au-dessous de la portée.do si la sol fa la si do ré mi recapitulation generale Exercices sur les rondes, les blanches et les noires.—Nommez les notes sans les chanter 10 11 rl r-Q-•—p*-#—;- - taCL^ m i .r « m ["fm r—J ' ¦ • J f 1-1 f-1- -1— \F -1-~- Exercice oral.—A quels instruments et a quelles voix sert la clef de sol ?—Sur quelle ligne se place la clef de sol ?—Nommez les notes placées sur les lignes, dans les inter ligues.—Quelle est la note placée au dessous de la première ligne ?Quelle est celle qui est placée au-dessus de la cinquième ligne ?—Nommez les notes placées sur ou entre les lignes supplémentaires d'en haut.—Nommez les notes placées sur ou entre les lignes sup plémentaires d'en bas.Exercice écrit.—Copiez les exercices lo et il ; écrivez le nom et la forme des notes au-dessous de chacune d'elles,—Transformez eu blanches les noires de l'exercice 4 et en noires les blanches de l'exercice 6.PROFESSEURS DE MUSIQUE Guillaume Couture, 58 Université.W.Davignon, 1180 St-Denis.Mme O.E.Defoy, 147a St-Hubert.A.P.V.Delfosse, t86 Sle-Elisabeth.Mlle F.Drummond, 57 St-Hypolite.Dominique Ducharmc, 153 llleury.J.A.Duquette, 433 Dorchester.Achille Fotier, 742^ Sherbrooke.Mlle Agnès Michaud, 131b St-Laurent.M.H.O.Wilson.74 Ste-Famille.Mlle McAnally, 27 Mance.Paul Wiallard, 2241 Ste-Catherine.Arthur l^ttondal, 2241 Stc-Catherinc.J.J.Goulet, 2427 Ste-Catherine.Charles Rcichling, 215 Stanley.('.K.Scifert, 2757 Ste-Catherine.Edmond Laberge, 382 Wolfe.I.Silverstone, 37 Hutchison Godfroid Filiatrault, 164 Montcalm.Molsc Robert, 98 Amlierst J.H.Mulhollin, 32 Carié Chaboillez.Herr Carl Walter, 2424 Ste-Catherine.F.Jehin-Prumc 64 Ave me Collège McGill.E.Van Loock, 173b Montcalm.Mme Adam, 479 St-Hubert.E.Archambault, 219 Herri.M.Bachmann, 27 l'anthaléon, Hubert A.Haker, 57 City Councillors.A.Béiquc, 62 St Denis.Mlle J.C.Hrennan, 313 Roy.Mme A.Breton, 283 Amherst.Mlle Alice Cardinal, 152 Murray.Aug.Charbonnier, 239 Panct.Edw.Clark, 315 Amherst.Mlle Sarah Coté, 35 Hudon.Mlle Alphonsine Delisle, 3263 Notre-Dame Piano Arthur Pépin, 1998 Ste-Catherine.Max.Bohrcr, 39 Bishop.Mme J.B Coté, 225 Drolet.Mme (Mark, 6 Desjardins, Maisonneuvc.Mlle Millar, 729 Sherbrooke.Mlle Marguerite Sym.6 Buckingham.Violon Achille I.ejeune, 480 Craig.J.Herbert Marceau, 138 Pce).Chant Mlle Itriche, 1924 Ste-Calhe'ine.Guitare et Mandoline Paul (.amoureux, 236^ Montcalm.A.C.Ijichance, 325 Dorchester.VV.Sullivan, 44^ Ayhncr.Mlle Tétrcault, 345 Dorchester.Fluto ot Plcoolo François Boucher, 1298 Notre-Dame.C Maggio, 146 Montcalm.Ulric Gingras, 353 Herri Clarinette Jacques Van Poucke, 221 Craig.Viola D, McKercher, 221b Craig.Musique pour bals et aolrees Orchestre Ratto Frères 55 St-Louis.Orchestre Blasi, 147 Sanguinet.Orchestre Harmonie, 149 Dorchester.Fanfares Fanfare Stc-F.lisabeth, 1114 Si-Antoine, Sl-Henri.Fanfare de la Côte Sl-Paul, u 14 St-Anloine, St-Ilenri.Accordeurs de Pianos Chs.E.Beaudry, 412 Dorchester.Geo.Cregan, 29 Ave.Collège McGill.Escrime Académie d'escrime, D.l.cgauit, 1511 Notre-Dame.La salle de la Garde indépendante de Salalxirry.85 Sl-Jacques, professeur M.D'Hincourt. 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