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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 1, no 14
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Le passe-temps, 1895, Collections de BAnQ.

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PFR P-26 CoaJ n> e Passe-Temps LITTERATURE Musique =Théâtre=Mode=Sport abonnement Un an.$1.50 Six mois.0.75 Payable d'avance.MONTRÉAL, 17 AOUT 1895 Vol.i.—No 14.lb numéro, a cents.bureau No 26 Sainte-Elisabeth Boite aie» MONTREAL Mlle BOSSY-CONTI Chanteuse légère de la troupe de l'Opéra-Français de Montréal «oiiqxuui 210 LE PASSE-TEMPS REVUE BI-MENSUELLE Parait le 1er et le 3me samedi de chaque mois.abonnement ; ¦ an.$i-5" 1 6 moi».75 cts.Itoyable d'avanct.Les demandes de numéros-spécimens devront •tre arcompajçnée* de 5 cent* Toula communications devront être adressées lu PASSK-TKMPS, s6&te-K1 Isabel h, Boite postale3i6o.Montréal.NOS AGENTS M.A.Man-, ni.26 Ste-Elisalielh, à Montréal ; M.A.l-alcndressc, 257 rue de l'Eglise, à Ottawa ; M.L P.I,arochclle, 227 rue Desfossés, à Québec ; Pont nos seuls agents autorisés à prendre des abonnements et à collecter.LA QUINZAINE Le temps est au calme.Les événements font défaut.Rien n'a troublé l'uniformité de lu vie montréalaise, si ce n'est le crime commis par Azarie Gauthier, une sorte de toquée, sur la jeune fille qu'il étaij à la veille d'épouser.En général, le crime de Gauthier provoque une pitié égale, ou à peu près, pour la.victime et pour le meurtrier.Celui-ci, en effet, est un déséquilibré qui, sans être ton, a agi sous l'empire d'un sentiment inexplicable, dont il rendra compte au prix de sa vie, selon toute vraisemblance.Et puisque je parle d'un meurtrier, il est tout naturel queje songe a Shortis et à Deniers.Le crime du premier est prouvé et avoué ; cependant, il est probable que, grâce aux diligences faites par sa famille et ses avocate, l'assassin de Valley-field échappera à la poteuce.Quant ii Deniers, il conserve sa déconcertante iiiiperturbabilité et semble sûr d'être mis en liberté incessamment.Du reste, les preuves accusatrices ne sout pour lui que des preuves morales qu'il y aurait dan- ger d'utiliser contre lui.J'entends par là un danger social.x Un petit incident, survenu dans le ménage Castellane-Gould, va peut-être abréger la lune de miel des époux qui ont échangé les millions de l'on contre le titre de l'autre.Il 110 faut pas être sorcier pour prédire qu'un hymen accompli dans île si-mbhililes conditions ue .saurait donner ce que l'on recherche d'ordinaire dans le mariage, c'est-à-dire le bonheur.La désunion menaçait donc le ménage et devait jeter la zizanie entre les époux à une date indéterminée, cela était fatal.Mais ne voilà-t-il pas que les no-liles parents du noble mari de la roturière millionnaire ont donné un bon coup d'épaule au sort et ont ainsi avancé l'heure des explications aigres-douces qui se produisent toujours dans les mariages où Its conjoints out.fait un marché, une affaire, et non un acte solennel.A l'imitation de tous ceux qui redorent leur blason avec les millions d'un croquant, la famille de Castel-lane s'est jetée sur le magot do la belle épousée.Les deux millions de dollars qu'elle a donnée à sou mari n'ont, pu suffire au superbe appétit desa famille, el la ci-devant Mlle Gould esl obligée tie payer les dettes faites par papa beau pire.Il parait que la dernière frasque tin vieux marquis a coûté #25,0110 à su bru! Par compensation, on l'appelle Mme la comtesse gros comme le bras.Eh bien 1 c'est bien fail.Cela me réjouit toujours de voir ces bons Yankees, si farouches démocrates dans les circonstances ordinaires de la vie, tomber dans le trébuche! I «ml 11 par un décavé portant tortil ou couronne fermée.L'orgueil triomphe tie leur lain sens pratique, et ils jettent leurs filles il la tête de tous les aventuriers titrés, à qui ils disent encore merci lorsque ces derniers consentent à leur faire l'honneur de croquer leurs millions.Croyez bien que l'aventure de Mme de Castellane, née Anna Gould, ne dégoûtera aucun million nuire, et que ce genre d'opérations sera toujours facilité à la noblesse française éprouvée par un krack quelconque.x La mort vient de frapper sur h' sol étranger un Canadien-français de haute distinction, M.Louis l)es-saulles, ancien conseiller législatif.M.Louis Dessaisies est mort à Paris, succombant au diabète.Il était figé do soixante-dix-sept uns.Né à Bt-Hyacinthe, M.Louis Des-Sanlles s'est lancé dans la politique où il s'est acquis une réputation égale à celle des Dorion, des La-llaiiiine, des Dotitrc et des Lafiiim-boisc.(Ses convictions étaient, ardentes et son savoir, joint à une grande facilité de travail, taisaient de lui l'un des liouime.s les plus brillants de la dernière génération.Avec cela, possesseur d'une grande fortune, M.Louis Dessaulles etâll appelé aux plus hautes destinées.Malheureusement, le défunt avait la main trop largement ouverte ; on abusa de lui, et il dut, comme Crémazie, se retirer sur la terre française, où il vient de mourir.Le Passe-Temps ne veut pas laisser partir cette grande figure, cet homme valeureux, ce lutteur si bienveillant, ce Canadien instruit, à l'esprit, toujours en éveil, sans lui donner un souvenir auquel ses fortes qualités lui donnaient tant de droits.Silvio.NOS GRAVURES Mlle b0h8y-c0hti Mlle Bossy-Couti est la chanteuse légère qui est destinée à briller à la tête de notre troupe d'opéra français cet.hiver.Nous en avons parlé plusieurs fois dans nos colonnes des spectacles et les quelques coupures de journaux que nous avons publiées en font invariablement les plus grands éloges.Mlle Conti est île la bonne école.Principalement les rôles de traductions lui valurent de brillants succès en France et sur les principals-, si eues de l'étranger, notamment avec le liarbirr de Seville, Uigoielto, les Pêcheur» de Perle», Lackmê et Lucie En Italie, les rôles de Carmen et LB PASSE-TEMPS 211 de Mignon lui permirent Uu hu Taire entendre sur les principales scenes.lii gravure que nous publions d'elle aujourd'hui tiendra une des meilleures places dans la collection de nos illustrations et prouvera que Bille Conl i n'aura nulle dilliculté à Monl real a se former uu cercle nombreux d'admirateurs.M.Paul ( "esl autant à tit re de musicien, de chanteur et d'artiste que nous publions aujourd'hui le portrait de M.Paul Rideau, que sa légion d'amis appellent plus brièvement Paul.Et certes, Paul est bien connu pour ses nombreux traits de franche camaraderie, sou urbanité, sa courtoisie et sa politesse extrême.S'il n'était né à Limoges, s'il n'était pas caricaturiste, virtuose et comédien, s'il ne paraissait pas si jeune, si gai, si souriant et surtout s'il n'était pas marié malgré ses vingt -sept ans, je crois fermement qu'il pourrait, sans trop de vanité, se donner des allures Ue Don Juan.La gravure en fait foi.?NC1S SPECTACLE B I* séjour aux villes d'eau va prochainement se faire tout à fait désagréable.Le temps va reprendre son manteau de froidure et les vents du nord vont dépouiller les artmsUc leurs feuilles.Déjà, nombre Ue familles en villégiature songent à réintégrer domicile en la turbulente cité, et les trains rentrent très souvent bonded de voyageurs.D'ici trois semaines, les logis déserts auront repris leur aspect accoutumé, et les longues causeries au coin Uu foyer, les soirées aux divers spectacles et ces soupers à la lueur des lustres se feront plus fréquents et surtout, plus savourés.Partout l'on s'alnmle en parlant de la visite prochaine de Sarah Bernhardt, de Mme Melba, de Réjane, de Salvini, d'Irving, de Lillian Russell, tontes ces célébrités des scènes anglaise et française ayant été engagées par la direction Ue l'Académie de Musique pour la prochaine saison.Et puis l'on parle d'opéra, de la prochaine saison, de la troupe d'artistes qui doit arriver d'Europe dans les premiers jours d'Octobre.On le sait, c'est du succès de cette saison que dépend l'avenir du théAtre français à Montréal.Jusqu'à présent, la direction a évité tous les écueils.On a pris soin de ne froisser les susceptibilités de personne.Les promesses sur la moralité îles représentations sont formelles.Les spectacles donnés ne le seront que dans le but Ue rehausser le niveau moral et intellectuel Ue notre population.Le théâtre français sera un véritable foyer d'art, d'où l'on puisera le goût pour l'étude Ue tout ce qui se rattache au beau, au vrai, au sublime.Et la sphère Ue l'influence du théâtre s'agranUira tous les jours, gagnera petit à petit la Ue-ineure Ues petite, des ignorants et Ues bumbles et tirera Ue la torpeur M.l'Ai'!.où elle semble dormir toute cette grande population qui s'honore en erne du titre do Canadien Français.M.ti coffra y vient d'etre engagé par M.Duricu comme busse iliau tante de la troupe d'opéra.Voici ce que VOrlêanai», de la Nouvelle-Orléans, disait de cet altiste après une représentation il son bénéfice : " M.OeolTray tient l'emploi de liasse chantante; c'est-à-dire qu'il lui faut une multitude de qualités diverses qui lui permettent de figurer avec honneur dans l'opéra coin i que el duns le grand opéra, et dans l'un comme dans l'autre, il trouve le moyen d'être toujours à sa place, Ue remporter partout de véritables succès.Dans l'opéra comique, il dit le poème avec beaucoup d'aisance, de sans façon, de gaité même, au besoin.Dans le grand opéra, il est suffisamment sombre pour jouer les rôles de traître auxquels il est condamné par son emploi.Se prêtant à tout et bon dans font, dans le personnage grotesque de rades.Il a pris, avant hier, son bénéfice, dans Aida.La salle lui a fait fête ; ce n'était que justice, nul ne l'a mérité plus que lui, comme artiste, comme camarade, comme pensionnaire, comme serviteur du public, qui ne l'a jamais vu broucher, ni rechigner, ni démériter, toujours le même zèle, le même entrain, la même volonté, la même jolie voix bien vibrante, bien timbrée Voulez-vous que je vous dise le fond de ma pensée 1 Si—ce qu'à Dieu ne plaise et ce que je n'ai pas mérité, car je n'ai pas encore assassiné père et mère— j'étais condamné à diriger cette galère que l'on appelle une exploitation de grand et de petit opéra, je n'hésiterais pas à ni'assurer les services d'un homme aussi utile et aussi peu encombrant."—24 février '90.La réouverture du ThéAtre Royal est fixée au lil août.Le cadre du programme des attractions est presque complet.M M.Sparrow el Jacobs oui faitmouter"Jack Harkaway," leur nouvelle pièce, avec un matériel splendide de décors.Cette pièce aura du succès, j'en suis convaincu.Plusieurs compagnies la joueront simultanément sur différentes scènes aux Ktats-Uiiis.MM.Paul Lamoureux et Arthur Anderson, Ueux habiles duettistes, exécutant des tours merveilleux de dextérité sur la mandoline et autres instruments, sont partis samedi dernier en tournée artistique avec une troupe de ménestrels qui doit visiter les principales villes Uu continent Bon voyage et brillants succès.t M.Ue Chirée s'occupe activement Ue In location des places au théâtre de l'Opéra-Français.Ses noua-agents lui sont il'iiii secours précieux et font merveille, mais leur nombre est trop restreint.Nous croyons bien sincèrement que M.de Chirée n'empresserait de donner do 212 I,B PASSU-TEMPS la besogne à trois ou quatre sous agents supplémentaires, si les aspirants qui se présentent étaient îles jeunes gens actifs et de lionne volonté.Il ne doit pas en manquer à Montréal.* Deux nouveaux engagements à signaler pour la troupe d'opéra : Celui de M.Carbonnel, comme premier baryton, et celui de Mme Ben-nati, comme contralto.Mme Benuati est déjà venue à Montréal, il y a plusieurs années, avec une des troupes que Maurice Grau dirigeait à l'Académie de Musique C'est une étoilo de la scène frau çaise.Bien des personnes conservent encore vivace le souvenir de ses succès à Montréal et ne perdront certes pas aucune des occasions d'aller l'applaudir cette saison.Les directeurs du Parc Sobmer se sont assurés, cette semaine, les services de Mme Mouiiier, une cantatrice de haute marque, et dont les succès à la Nouvelle-Orléans lui ont valu les plus flatteuses appréciations de la presse créole.Je me souviens parfaitement du triomphe qu'elle remporta dans Samson et.Dalila, au théâtre do la rue Bourbon.La musique et le chant avaient été si bien rendus ce soir-là, que le public, debout, acclamait et l'artiste et les musiciens.La représentation mémorable de ce chef-d'œuvre de Saint-Saeus ne fut, d'un bout à l'autre, que rappels, applaudissments et bravos.C'est après cette saison que Mme Mounier vint faire une semaine d'engagement à Montréal, au Psirc Sohuier.Elle vit ses succès se renouveler.Sa voix de contralto, qu'elle conduit avec tant de sûreté daus le reregistre élevé est mélodieuse mêmrr dans les notes graves.On se fait l'illusion que souveut il y a deux personnes qui chaulent sur la scène quand, en n'alité, ce n'est toujours que la même artiste qui nous charme et nous séduit.Nous applaudissons vivement à la décision prise par les directeurs du parc d'avoir placé Mme Mounier eu tète des al t raclions qui figurent déjà au programme des deux re-présentatious données chaque jour.ft M.Trudeau, de l'Opéra-Français, a plein pouvoir pom- s'entendre avec les étudiants au sujet de leurs eut n'es à l'Opéra.A vec de la bonne volonté de part et d'autre, une en tente favorable aux deux partis intéressés deviendra possible.La première pièce qui sera don née au Itoyal cette saison a pour titre "The' Prodigal Father." C'est une comédie drolatique dont l'action se prête aisément à l'introduction de plusieurs acteurs dont les spécialités varient à l'infini el dont le talent est incontestable et Supérieur.Je inppelerai ici à nos lec teurs que la réouverture du théâtre Royal est définitivement fixée à lundi, le 1!) août.IVANIIUK.LE SPORT Le cyclisme prend de jour eu jour uu plus rapide développement que personne n'aurait pu prévoir, et il est possible que, dans uu avenir peu éloigné, et pour certains cas déterminés, il remplace la plupart des autres moyens actuels Je liH-omol ion.Ce qui a le plus contribué à donner à la bicyclette la vogue dont elle jouit, c'est le revirement de l'opinion des dames.Du jour où elle a eu les femmes pour elle, la partie a été gagnée, et les rieurs d'autrefois ont dû rengainer leurs railleries.Parmi nombre d'élégantes, ce caprice n'a pas tardé à faire place à une sorte d'engouement qui ressemble à de la passion, l'eu s'en faut que plusieurs d'entre elles ne manifestent l'audace d'établir de non veaux " records " et de prendre part aux différents tournois.Pour celles-ci, je donne quelques chiffres puisés aux statistiques les plus récentes : Le 9 février, Wilder J.Kd wards, à Livermore, (ienrgie, a franchi la distance d'un mille en I minute et 34 secondes.Le 7 juillet, Holbein a franchi 297 milles en ¦_• 1 heures, entre Lon-dres el l'elei sborough.Mais res dames pourront également mettre ce nouvel ''ail "à pro til.ear, s'il faut en croire les journaux Hinérii-.iins, on ]»arle de donner des bicycles aux facteurs, et les dames auront droit de concourir aux examens.On est plus i.leste à Paris où, seuls, les vulgaires porteurs de jour naux ont trouvé l'application pratique de la bicyclette pour faire leur besogne.• .¦s-.l.icl Nos élégantes qui s'intéressent aux choses du sport no manqueront pas d'a-sistei a, la grande exposition de Montréal Ou la société de vénerie doit montrer une meute des plus variée» des représentants de la race canine.De nombreux prix se- ront offerts à ceux ou à celles qui exposeront les plus beaux chiens.Toutes nos lectrices qui, à la vue d'une souris, s'effrayent et montent sur les chaises en resserrant leurs jupes, frémiront à la lecture de cette annonce stupéfiante qui s'étalait ces jours derniers sur les murs d'une cité de Belgique : Grand match pour 100 fr.—110 rats.— l'n amateur prendra 110 rats à la main nue et les mettra dans un sac.Alors il y entrera (sic) et y restera cinq minutes sans en tuer aucun pour gagner son pari.Mat pour 50 francs.—Deux amateurs feront une purtie do piquet au milieu des 110 rats.Celui qui bougera ou frappera les rats perdra son pari.Tout spectateur aura le droit de faire Voyager les iats.Match pour 100 francs entre un amateur et uu chien.— \a'.chien devra tuer 50 rais,contre uu amateur qui prendra 511 rats vivants et les mettra par la poitrine dans sa chemise amie) sur la peau nue.Les 1011 francs seront pour celui qui le fera eu moins de temps.MM.J.P.et J.A.Hébert, deux de nos meilleurs cyclistes, ont parcouru la distance de 24 milles en deux heures, soit un mille en cinq minutes.Les coureurs sont parfis de Laprairie samedi soir à 5 heures et sont arrivés à Ste-Martine deux heures plus tard.IIkkoule.NOTES MONDAINES Nous publierons avec plaisir tous les renseignements, susceptibles d'être insérés sous le titre de Notes mondaines, que nos lecteurs et L-ctiices voudront bien nous adresser.moi u -it .-••urn, rju *iU'»ul u\ ii *n.'H| M nuit] luotiufftJti «JuuuirJ-tï anltj M.le chanoine N'aillant, béni lundi, le 5 courant, à la chapelle de l'archevêché, le mariage de M.J.A.Vaillant avec Mlle Marie Anne Bail ncrmnn.Les nouveaux époux sont partis en voyage de noces aux Ktats-Unis, ul i.io.i ui|,Miii/.tu, oi'i.-| ,'|, A Laprairie, le 12 courant, a été célébré le mariage de M.Maximi lien Renaud, de Montréal, avec Mlle Annie?Beau vais, fille de M.Siméon Béarnais, de Laprairie. I.R r ASSIS TEMPS une large glace.A gauche, sur le rivage, n toule vapeur, uu train noir arrivait sous la matinée claire, s'engouffrant dans les lun-uels île l.uimoiit avec un bruit sourd de touucrrc prolongé.Sur la rivière, un grand vapeur descendait, gravement incliné sur son arrière et déroulant, ciiuitue uu ruban sombre, une longue iiaptic de fumée uoirc rabattue par le veut — Et autrement, rien de nouveau?de-mauda le camarade de Duprat.- Non, rien.Kt tout à coup Bordeaux apparut, là-bas, sur l'eau ensoleillée, derrière un vaste hérissement de mâts.J Mipr.it vit la flèche de Saint-Michel jaillir, toute droite, tic la ligne grise des quais.C'est dans cette direction que se trouvait l'hôtel de Bourgogne.Kt le meurtrier tressaillit en pensant n ce qui allait se passer là, au pied de cette tour géante qui semblait uu jalon monstrueux piaulé eu cet eu.droit de la ville, comme pourdircaux cieux calmes vers lesquels il s'élanaait : " Regardez ! c'est ici que cette horreur s'est commise." Ou approchait.I.e petit bateau il vapeur, avec une toux quinteuse île sa machine es-soufllée, passait à toute vitesse entre les navires à l'ancre, de bons et vieux navires à voiles, nux carèues blanches ou bleues, reluisant au soleil comme des ventres tl'éuor-mes bêtes aquatiques.Au loin, sur la ligne circulaire des quais, les grues à vapeur tournaient, prenaient des barils et les déposaient, avec une aisance de doigts titauiques manipulant des glands.On arriva.Le bateau décrivit une longue courbe et vint s'amarrer à un poutou.Duprat blêmit.Sur ce poutou, l'œil fixé sur les passagers du bateau, uu gendarme se tenait immobile.—Si c'était po->r moi ! monologua le ca-pilaîne.U regarda l'eau à ses pieds, furtivement tenté de s'y jeter â la dérobée, quand personne ne ferait attention a lui.l«ea passagers débarquèrent à la file.I.e gendarme, les mains derrière le dos, inspectait les personnes uue il une.Duprat s'appuya au rebord du bateau, ses jambes tremblaient A sa boutonnière, il vit k- ruban rouge di- la Lgion d'honneur.Il lV>la instinctivement et le cacha dans sa poche.I«cs trois quarts des passagers étaient déjà à terre, —Vous ue venez, pas ?lui deuiau la le camarade.Duprat ue put répondre.Le gendarme, toujours dans la même position, regardait A la fin, poussé par les dernières personnes, le capitaine se résigna â avancer.I.e cœur lui faisait sauter la poitriue, tumultueusement, avec un bruit terrible, uu bruit éclatant de salve d'artillerie, un bruit vengeur, un bruit inétouflable qui devait racouter sou meurtre à tous les échos d'alentour !.Oh ! ce bruit ! —Avancez donc, monsieur ! cria l'employé qui recevait les billets.Plus mort que vif, Duprat avança, passa, ferma les yeux.Le gendarme ne lui dit rien.—Suis-je donc idiot ! cclata-t-il alors, eu poussant un soupir de bien être.Kt, 1res heureux, il s'en alla, d'un pas dansant et bieu rythme, taudis qu'il se sentait uu fourmillement de joie dans la peau du crâne.VI " Le Pelil Bordeaux ! cinq centimes !" criait un marchand de journaux.Duprat acheta cette feuille et jeta impatiemment les yeux dessus.11 savait que les gazettes n'avaient pu apprendre à temps U- meurtre «le l'hôtel de Bourgogne ; il chercha quand même et parcourut toutes les colonnes.Rien qui le concernât.Tout de suite alors, il s'achemina vers l'hôtel en longeant les quais.Là encore, des personnes le saluèrent Un train de marchandises manœuvrait sur la voie libre, le long de la Garonne, en laissant et en prenant des wagons çà et lâ.Uue locomotive hors de service, calme connue un vieux cheval, le faisait mouvoir ; et des gamins jouaient devant le train, eu toute sécurité, sachant que l'antique machine ne courait jamais assez vile pour les prendre.II était dix heures environ.Duprat, de si loin qu'il put, regarda dans la direction de sa demeure.Soudain il s'arrêta.Il croyait voir uu rassemblement devant la porte.Kt alors une terreur s'empara de lui de nouveau, et le jeta, les jambes impuissantes, sur un banc.Sur un banc à cô|é il y avait deux amoureux qui se regardaient en se tenant les mains.Plus loin, un enfant de dix ou douze mois s'appuyait à l'extrémité d'uu autre banc, el sa mère, placée à quelques pas, lui mollirait une pointue, puis l'invitait à marcher.Le petit s'avauç lit, les jambes inhabiles, les bras en avant, la face éclairée par uu sourire d'espérance.Kt tout cela horripilait Duprat et lui faisait uial aux yeux II pensa aux bonnes heures qu'il avait vécues avec son enfant, lui aussi, lorsque Quéquèle II lui gazouillait de ces choses qui ne veulent rien dire et qui, i cause décela peut-être, sont si éloquentes et fout lever si doucement Il se leva, aptes quelques minutes, inquiet, tracassé, brûlant de savoir si sa lille s'é'ait bien réveillée.Et â petits pas, en sentaut de plus eu plus se gonfler son cœur, il s'avança.Celait bien uu rassemblement, et c'était bien devant sa porte.Le crime devait être connu.Duprat hésita un moment, porta les mnins sur son cœur ou sur son estomac, car il ne savait plus bieu ce qui le taisait taut souffrir dans sa poitriue ; puis, viril, exaspéré, voulant en finir sur-le-rluunp avec ses angoisses morales plus terribles mille fois que les mutilations et les tortu- res, il ramassa tout le courage qu'il pouvait avoir dans le ventre, se battit les flancs pour trouver une contenance, se fit la leçon comme un caltotin, pour avoir des exclamations et des effrois naturels quand on lui apprendrait l'horrible événement, et, un peu titubant maigre tout, les oreilles bour-donnantea comme celles d'un voyageur qui viendrait fie passer quarante-huit heuresen train rapide, il se prépara à entrer.De tontes part», les badauds couraient, allant gressir l'attroupement Certaines gens parlaient d'un assassinat d'un incendie; d'autres, d'une querelle de ménage.—Qu'y a-t il, monsieur ?demaudn Duprat à uu douanier qui paraissait fort ému.—Je ne sais pas, capitaine, réiiondil-il cil saluant Mais ce doit être uu meurtre, on une explosion de gaz, quelque chose dans ce genre enfin.Duprat exprima le plus d'horreur possi ble, sans toutefois se presser pour s'informer au bon endroit L'attroupement grossissait à chaque minute.Un tramway venant de la gare du midi dut n'arrêter et corner uu grand moment, avant de pouvoir continuer sa route.Par toutes les fenêtres des maisons avoisi riantes, des têtes curieuses se penchaient faisant de petites taches blanches sur le fond noir de l'ombre intérieure.Kt Duprat vit, de chaque côté de la porte d'hôtel, pardessus le moutonnement criard de la foule, des képis blancs de sergent de ville barrant l'enlrée.I.n face du capitaine se violaça, et, dans son cou, détmrdant comme un tiourrelet cramoisi ]>ar dessus le col de la jaquette, lea veines parurent se rompre, l.a justice était lâ ! l.a justice ! Kl une vision de guillotine pnssa devant les yeux papillotants de Duprat.Des personnes, â côlé de lui, le reconnurent et s'effacèrent pour le laisser passer.Duprat s'avança.Le mot suicide courait de bouche en bouche et, à cette nouvelle, des gens s'en allaient, déçus dans leura espérances.Duprat arriva à dix mètres de l'entrée.Tout à coup, sur le seuil, au premier rang dea tiadauds il aperçut Madelee, son domestique s.,nul muet, qui, la face ahurie el immobile, regardait le monde en essay-saut de comprendre.Et alors la pensée que Miquèle pouvait être lâ, ehe aussi, cl voir, par uue porleou verte, le cadavre ensanglanté de la victime, donna des forces â Duprnl ; et, prêt à tout pour empêcher sa lille de regarder uu semblable spectacle, il se haussa, puis retrouvant daus sou gosier sa voix sonore des jours de comniaodenieiit : —Place, messieurs ! cria-t-il.Les tètes se retournèrent On le laissa passer.Tout le monde le rcganla.—Place ! ie suis un locataire de la mai-sou ! dit-il rudemeut â un sergent de ville qui voulait lui défendre l'entrée.(A commuer.) Jl U* »'¦' 'k>,.' «fil 222 IM PA8SH-TEMPS LE SECRET DE_LDRPHUINE XII •Suite el fin.) Gertrude ni- l'avait jamais vu plturer.Cette muelteet matérielle manifestation tic la douleur dans une nature aussi concentrée, aussi peu expansive que celle de Xavier, remua violemment les fibres les plus aittiHutcs du cœur ,'c Gertrude, et fil tomber sa colère.F.lle sentit lesblcssures de son orgueil se cicatriser comme par miracle, et elle oublia sa rancune pour ne plus se souvenir que de l'ancien et |k-rsistant amour.Cependant M» réchenart continuait sa lecture.Aptes avoir expliqué que l'enfant de Rose Fiuoêl avait été confié aux soins de la jeune fille et mis en nourrice, le testament se terminait ainsi : "J'ai la plus grande confiance dans ma nièce Gertrude, el j'ai eu la preuve de son affection pour moi.Si son dévouemeut doit lui causer plus laid quelque embarras, il est juste qu'elle ait au moins les moyens de remplir sa mission et d'assurer l'avcuir de l'enfant, Seule d'ailleurs de toute ma famille, elle possède les qualités nécessaires pour laire bon emploi de la fortune que j'ai si péniblement acquise.— En conséquence, j'iuslitue pour ma légataire universelle Marie - Antoinette - Geitrude de Mauprié.J'entends qu'à partir de sa majorité elle ait la pleine el entière disposition de lous mes biens meubles et immeubles, à charge par elle de servir uue renie annuelle et viagère de cinq cents francs à mes domestiques pauchette et l'itois, et défaire rlire chaque année, dans l'église de Lnchnlailc, une messe pour le repos de mon âme." Lachalade, le 8 décembre 1S4." BUSIACHE RENAUDIN." I,c notaire 1 arcourut le salon «l'un regard souriant el contempla, non sans une certaine satisfaction, les mines allongées des Mauprié, puis il remit galamment le testament entre les mains de Gertrude et la félicita de tout son cteur.—M.Rcuaudiu, dit-il.a sagement el honnêtement agi en minutant de la sorte son testament.—Mon frère ne m'a pas nommée ! s'écria madame de Mauprié avec amertume.Il n'avait pas le respect de la famille.Cela se voit, du reste, à la façon dout il s'est conduit avec ses bâtards.—A quoi bon tant de paroles ! reprit Gaspard en ricanant, il nous a déshérités, voilà tout.Allons, ma mère, nous n'avons plus lien à faire céans.Prenez mon bras, et parlons! Ici, Phanor ! —Attendez uu instant, ma taule ! dit Gertrude à Mme de Mauprié.Puis se tournant vers le notaire et lui moulrant le testament : — I ii'i - moi.Me l'échenarl, quels droits aurait eu l'orphelin qui m'est confié, daus le cas oit ce testament n'aurait pns existé ?—Aucun, répoudit le notaire, car sa mere n'avait pas été reconnue.Si M.Renaudin lût mort intestat, sa fortune aurait élé partagée par moitié entre vous et Mme voire tante.— Mais aujourd'hui ce testament équivaut à une reconnaissance ?.—C'est douteux.Mademoiselle.Du reste, même si Rose l-'iuocl eût été reconnue, son fils n'aurait droit qu'à la moitié de l'héritage.I.e reste reviendrait aux féritiè res légitimes.—C'est bien ! dit Gertrude.Mon oncle a obéi à une injuste raucuue eu déshéritnut sa propre sœur ; il le reconnaît lui-même sans doute là-haut ; je crois donc agir selon Dieu et selon la justice en aiiéantissaut ce testament.Par un btttsque mouvement elle déchira le papier timbré et en jeta les morceaux dans la cheminée.Gaspard lâcha un juron et Mme de Mauprié poussa un cri de joie.—C'est de la folie ! s'écria le notaire stupéfait, et, au risque de se briller, il plongea sa main dans l'âtre et eu retira les chiffons enflammés.—L'animal ! grommela Gaspard.—11 n'y a plus que des lambeaux., murmura la veuve.—Les morceaux en sont bons, repril le notaire en secouant les doigts et en faisant la grimace.Mais sa mine s'allongea de nouveau lorsqu'il parcourut les fragments noircis : —Il en manque un, dit il, et c'est l'essentiel ! Tout ceci n'est relatif qu'à l'histoire du marmot.La veuve et Gaspard respirèieut—Le notaire plia rageusement son portefeuille.—Vous avez fait là uue imprudence, Mademoiselle, et vous vous eu mordrez les doigts.On ne badine pas avec un testament eu forme, et dans ce monde il fout voir les choses plus séricusemeul.—Ne vous fâchez pas, lui répondit Gertrude en riant: vous le savez, M.Péchenart.nous autres verriers, nous avous une manière à nous de voir les choses.—Klle a raison fit Gaspard, qui avait pris son assurance, nos poules chantent un autre air que celles des bourgeois, et nous ne mettons pas, comme ou dit, nos œufs dans les mêmes paniers.—Oui, répliqua le notaire, les vôtres sont percés.—Plus un mot.Me Péchenart ! dit Ger trude avec fermeté ; j'ai agi comme tût fait mon père, et cela me suffit.—Ma nièce, ajouta Mme de Mauprié de sa voix la plus veloutée, vous avez agi comme j'aurais fait moi-même, et vous êtes digue de la lain lie .Quand à cet orphelin, cioyez bieu que nous ne souffrirons pas qu'il reste à votre charge.Nous suppor ten mi s notre part des embarras qu'il |k>urra vous causer.Gertrude souiit : —Ne vous inquiétez pas de cela, ma tante, cet enfant est uue joie et non uu embarras.D'ailleurs, je sais quelqu'un qui m'aidera volontiers à l'élever.Klle alla droit vers Xavier qui était resté cloué derrière son lauteuil, et lui tendant la main : —Cousin Xavier, lui dit-elle d'une voix légèreineut tremblante, ne vous souvient-il plus de la promesse que nous nous sommes faite, à B., et ne voulez-vous plus de ma main ?Il releva la tête, et vil ses l>eaux yeux verts, pleins de pardon et de tendresse ; d'un bond il s'élança vers elle, la serra dans ses bros et éclata en sanglots.Alors vinrent lcsétotinements el les questions.Quand Gertrude eut expliqué à sa latite tpie Xavier était son fiancé depuis près de deux ans, il fallut subir les compli-meuts de la veuve el les félicitations hypocrites de Reine el d'Honorine.—Tu sais, lui murmura Reine en l'embrassant, nous 11'avous jamais cru uu mot des mauvais prorios, et nous t'avons vertement défendue, va ! Enfin Xavier et Gertrude restèrent seuls.Ils s'enfuirent au jardin.L'enclos, couronné de grands arbres el bordé de charmilles, était pleiu de soleil, de bourdonnements d'insectes et de gazouillcuieuts de fauvettes.Les poiriers el les cerisiers secouaient en l'air leur blanche floraison, et des papillons couleur de souffre volaient au loug des plates-bandes parfumées de giroflées et de lilas.Dans la grande allée, la nourrice promenait l'enfant de Rose Finoël eu fredonnant une c'ianson berceuse, et sa voix claire s'harmonisait avec les épanouissements et lesjoiesdu mois de mai.L'enlant tendit les bras vers Gertrude.Xavier le prit daus ses mains, le baisa, et le passant à la jeune fille : —11 sera à nous deux, dil-il eu souriant.Ils l'ont adopté lous deux en effet; mais il n'a pas été seul à remplir de son bruit ioycux la maison des nouveaux mariés.D'autres enfants sont venus ensuite, plus chers au jeune couple, sinon plus choyés.Xavier, qui n'a pas voulu abandonner ses travaux de sculpture, a pu réaliser son rêve, et un an après les noces, iustaller Gertrude daus un couforlabîe chalet bâti eu face de l'atelier.Ou a laissé à Mme de Mauprié la maison de l'Abbatiale, dont la mine austère s'accorde mieux avec les uiauières et les habitudes de la veuve.Gaspard s'est piqué d'honneur et s'est remis au travail.Il a rcuionlé la verrerie des Bas-Bruaux et marié sa sœur Reine avec un jeune gentilhomme verrier qui est deveuu sou associé.Quant à lui, il se trouve trop vieux pour tenter la gaatule aventure du mariage, et il reste garçon.Lorsqu'on le pousse sur ce chapitre, il se contente de siffler eutre ses dents, et il ajoute malicieusement, en regardant d'un air narquois sa sœur Honorine qui tient son menage ; —Que voulez-vous?.Ma sœur et moi nous avions la vocation du célibat.ALBERT DKLPIT.PIN. lb passe temps PROFESSEURS DE MUSIQUE Guillaume Couture, 58 Université.W.Davignon, 1180 St-Dcnis.Mme V.Defoy, 147a St-Hubert.A.P.V.Delfossc, 186 Stc-Elisabcth.Mlle F.Drummond, 57 St-Hypolite.Dominique Ducharme, 153 Bleury.J.A.Duquette, 433 Dorchester.Achille Portier, 742J4 Sherbrooke, l'aul Wiallard, 29 Bishop.Arthur l.ctondul, 2241 Ste-Catherine.Charles Reichling, 2319 Ste-Catlieiinc I.Silvcrstone, 37 Hutchison K.Van l.oock, 239 Wolfe.K.Archainbault, 221 llcrii.Hubert A.Baker, 51 City Councillors.A.Béique, 62 St Denis.Mme A.Breton, 310 Dorchester Mlle Alice (Jardinai, 152 Murray.Aug.Charbonnier, 584 Amherst E Iw.Clarke, 1410 Ontario.Mlle Sarah Coté, 35 Hudon.Mlle Alph.om.iue Delisle, 3263 Notre-Dame William Bolircr, 28 McKay Piano Arthur l'epin, 1998 Ste Catherine.Mine J.B Côté, 725 Drolet.Mme Clark, 6 Desjardins, Maisonncuvc.Mlle Millar, 729 Sherbrooke.Mlle Marguerite Sym.6 Buckingham Violon Achille l.cjeune, 480 Craig.J.Herbert Marceau, 138 Pce!.Albert Renaud, 28 rue Napoiéoo, Ste- Cunégondc.J.J.Goulet, 29 Av.du Collège McGill.F.Jehin-Prumc, 64 Av.Collège Mc.jill.Chant Mlle l.criche, 1924 Ste-Caihe'ine.Guitare et Mandoline Mlle Tétrcault, 255 St-Hubcrt.A.C.Lachance, 325 Dorchester.W.Sullivan, 44 Aylmer.Flute et Piccolo François Boucher, 675 Berri.C Maggio, 1 ;() Montcalm.Ulric Gingras, 353 Berri Clarinette Jacques Van Poucke, 221 Craig.Cornot Louis Van Poucke, 221 Craig.Viola D.McKercber, 32.I Amherst.Musique pour bals et soirees Orchestre Katlo Frère t, 55 St-louis.Orchestre Blasi, 147 Sanguinct Orchestre Harmonie, 149 Dorchester.Fanfares Fanfare Sle-Elisabeth, 1114 Sl-Antoine, St-Henri.Fanfare de la Côte St-l'aul, 1114 St-Anloine, St-Henri.Imprimeur de Musique Jos.E.Bclair, 26 St Elisabeth UNE LEÇON DE MUSIQUE A CHAQUE NUMERO XIII.—MBCTUBK itvnciKM 1 TEMPS TORTS KT TEMPS FAIBLES Faire la lecture rythmique, c'est lire les notes sans les chanter et en battant la battant la mesure.Il tant, en faisant la lecture rythmique, appuyer sur les notes de grande valeur, telles que la ronde et la blanche, plus que sur la noire et la croche, les soutenir les unes et les autres pendant toute leur dutee sans rendre sensible à l'oreille le passage d'un temps à un autre.1-es temps de la mesure se divisent en temps foils er un temps faibles-Les temps forts sont ceux sur lesquels on renforce le son.Les temps faibles sont ceux sur lesquels on atraiblit le son.'les lire n il en \ 11 111 |.s Dans la mesure à deux temps, le 1er temps est fort et le 2c est faible.Rappelons que pour battre la mesure i deux temps on marque le 1er temps en abaissant la main, le 2c en lu levant.Dans la mesure à deux-quatre, la blanche et la demi-pause valent deux temp* ; la noire et le soupir, un tennis ; il faut deux croches par temps.EXKRCICF.PRATIQUE.—Faites la lecture rythmique des exercices suivants.Respirez aux virgules et aux divers silences que vous rencontrerez.1 2 \ 1 2 "ipw7Tinîiijjijjijji/-i I 1 2 -0—0 £K4^± EË 2=L: ±=t: : ££: ±EE 1 — 2 I J J1 I I '! J J3 I' I 1 J J"?! 1 -tm- 0 00- .il soi:jnt .i'.x kklkk ecrit.—Copier les exercices i8 et 22. 224 I.E PASSU TEMPS CHS.LAVALLEE uj Champagne Yve Amiot, en et k Bouteille '-n.-mM m de La vallée ft Hi* INSTRUMENTS! DEI MUSIQUE Aussi un assortiment comtlet de Fournitures pour Instruments de Musique Reparations «le toutessortesexéeulée* sour un court délai et A bas prix, lustnimrnls A Corde, uue spécialité.Violons faits A ordre 3B — COTE ST-LAMBER1 35 7-*"_ PAUL P.LAMOURKUX PROFKSSKUR DK Mandoline, Guitare et Cithare 244 WOLFE Morceaux de toutes sortes composés et ai rongés pour duos, trios, quatuors ou clubs, pour mandoline, cithare, banjo, 6ûle, etc EN VENTE PARTOUT PRIX MODÉRÉS 2-6111 0 a < in y K W a » t: S v ,1 1 • # 7 1.1: : :g QUALITE SUPERIEURE.SEC et EXTRA-SEC _ -j" COGNAC IP.RICHARD me** Garanti pur a l'Analyse V.O.-V.S.O.-V.8.O.P.try Ce cognac est eu vente partout, et est reconnu supérieur par les connaisseurs I.s s ,1 » • I, 7.- I.t] ! Extrait du Catalogue de Musique de Chant de la Maison EsT^T TURCOTTE Editeur et Importateur de Musique MONTREAL CHANSONS COMIQUES avec MUSIQUE DE CHANT a 5 cts.Il se promène .Canada KH's en uinc'nt pour moi .La fête de St-Cucufa.Etant soldat foi d'Baptiste Ta ra-ra-boum-de ay.Le chalet de nécessité.ROMANCES et CHANSONS avec MUSIQUE DE CHANT a 10 cts Connais tu le pays.Ah I Joseph.Les Métiers de Paris.Jlabet et Cadet.Fuyez les baisers îles D'moisclles.Elle a cent ans la Marseillaise.Il pleut des caresses.R'gardez par-ci, R'gardez par-là .Flanelle et Coton.Versez du Picolo .Il eat permis d'être sensible.Le Paradis de la France.Le conducteur d'omnibus.Mon petit mari chéri.Qu'eu pensez-vous?.1* fruit défendu.L'amour est enfant de Bohême.Ce qu'on appelle timer ,.u.Chanson du Casque .1.s.Chanson du Kiri-kiribi .La légeude des cloches.Attention ! ma petite coco'.te.Souvenirs des jeunes ans.tin mari sage.La marche des Commis-voyageurs.La noce des nez .Pif, paf, pouf.Restez-y.La Canadienne.I>u parc Sohraer au bout de la ville .Pretcz-moi doue une allumette.Jji valse du rllotiot .— e^t-f.La valse du cliquot.Le sous-pré let.La fête ties rats Verse Fanchclle.Ouvrez vos Wanes rideaux.TOC, tOC, tOC .«fit .rtnii I.'•.'.ROMANCES et CHANSONS avec accompagnement de piano a 25 ots, J'ignore son nom.A.Adam Chu-ur des Conspirateurs.C.lecoci| Dites-lui .J.Offenbach Va petit mousse.r.Planqueltc l.a ferme de Beauvais .O.Nadaud Le régiment de Sambre ct-Mcuse.R.PlanqiK -tic Pleurez les morts.Julia A.Bcaulieu Son nom .Puget Au revoir .Louise Panuron Toi.Puget Vous .Mas.nu Le Naufragé.F.Schubert Fleurette.PiiRct Tout tourne au moulin.C.Clapissou Le bouton d'oranger.P.Chéret Les cheveux blonds.Arnotid La lielle Jeanne-Marie.Puget La mère de l'Ecossaise.P.Chéret Exil et Retour.H.Monpou La fontaine aux perles.Arnoud I.es deux mules du Basque.P.Heuriou La réponse du bon Dieu.Masiui Ta voix .Puget A une femme.Jules de Climes Ah ! qu'il fait doue bon cueillir la fraise.A.Adam Thérèse la blonde .G.Lavigeur Ange des jeunes filles.Concora Jean le Pêcheur.*.Aruoud Les Converties.,.Paul Henrion L'Alcyon.V.Massé Sarah la Grise.G.Nadaud Le Renouveau.,.R.Vcntejoul Quinze ans.J.B.Tourneur Dieu nous bénisse.J.B.Duvernav Ou vas tu.E.de Corlieill'c Cruel souci.Ii.Darmaro La Sirène.F.Schubert Souhaits.F.Masini Le roi de Thulé.F.Schubert Adressez la liste dl tSçuTaT Ecrire pour w mi " commandes a ALBERT TURCOTTE, Editeur et Importateur de Musique Prix spécial pour les Communautés, les Editeurs, les Marchands et les Professeurs.prix et les conditions de paiement à Albert Turcotte.On demande des agents dans toutes les villes françaises du Caaada et des Etals-Unis.?8D 5209 Le Passe-Temps 17 août 1895 Pages 213 à 220 manquantes
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