Le passe-temps, 1 janvier 1895, v. 1, no 17
PER P-26 EX.2 S e Passe-Temps LITTERATURE Musique =Théâtre=Mode=Sport .abonnement Un an.$1.50 Six mois .0.75 Payable d'avance.MONTRÉAL, 5 OCTOBRE 1895 Vol.i.—No 17.le numéko, 5 cents.bureau No 26 Sainte-Elisabeth boite 2168 montr,bai» Mme VANDIRIC ESSIANI Forte chanteuse de grand opéra de la troupe de l'Opéra-Français de Montréal 258 LB TASSE - TRIM fS REVUE BIMENSUELLE Parait le 1er et te 3m© samedi de chaque mois.a bosnemes1 : 1 an .4'.Jo I * mou.7SC1».ftonmt vavamet Le» demandes de nu r.- .tp.,.devront *tre .it de 5 cent*.Tontes - -n.¦ i'i n devr ni Sire adressée* LK PAsSK-TKMI's.16 Sle-Hllsabelli, Belle postule ïiIVj.Montrent.Depuis la dernière quinzaine, le temps u marché et noua voilà entrés dans l'automne.La saison est belle et la campagne, avec ses arbres qui portent des gamines de couleurs allant du vert éclatant au pourpre, présente uu aspect ia\ issanl.l'ai malheur, cette période automnale est de courte durée et les frimas nous menacent sérieusement.Déjà l'on doit fermer les fenêtres et se protéger, matin et soir, contre les morsures «le la bise.Adieu, chaleur! adieu, longues journées! Le froid et l'obscurité arrivent et, pour quelques mois, il faut renoncer aux plaisirs tie l'été.Cette renonciation sera d'autant plus facile que l'hiver n'est pus sans charmes et que depuis quelques années il se montre plus clément qu'autrefois.Du reste, avec la troupe française, les jours sombres s'illuminent et nous avons le tlroit de compter sur des récréations recher- chées.A l'heure où j'écris ces lignes, l'Opéra est a la veille d'ouvrir ses portes, cl les urlistes auront fait leurs débuis à Montréal au moment où l'on lira ces lignes.J'ai tout lieu de supposer que ces débats seront heureux, et j'en juge ainsi à cause de- antécédents de (cuis les chefs d'emploi.Si les Montréalais prennent goût à l'opéra, l'hiver n'aura plus désormais que des attraits.l'iieeonvention monstre a eu lieu à Chicago.Cette convention a été réunie par l'élément irlandais des Etats-Unis, daus le but de prendre les mesures les plus propres à assurer l'indépendance de l'Irlande.Jusqu'il présent, on a l'ait beaucoup île lu 11 il el peu de besogne, .-| il est- presumable que toutes les tentatives de ce genre avorteront aussi piteusement.Hait-ou quel a été le projet qui a réuni le plus d'adhérents t C'est le projet de for- ¦ mer une armée de volontaires, armée qui se rendrait sur les lieux et qui opérerait un coup d'audace en s'emparant du territoire irlandais.Quanti on est maître du territoire, on est maître du reste et l'on peut facilement décréter l'indépendance d'un pays que vous tenez en votre pou voir.Seulement, voilà ! la croisade irlandaise se mettra t elle jamais en route t x Le procès de Deniers prend îles proportions fantastiques.On se demande quand il lin ira.L'accusé a sensiblement regagné dans l'opinion publique qui, un moment, lui étail tout à l'ait hostile.Plus les témoignages se multiplient, plan il semble évident que Deniers pourrait fort bien être tout à fait innocent du crime odieux dont on l'accuse.A côté des preuves morales, des présomptions qui semblent l'aecuser, il y a des preuves solides qui tendent au contraire à l'innocenter.Tels sont, par exemple, les témoignages do la famille Bergeron, d'après lesquels la défunte aurait élé vue par trois personnes, le jour du crime, à midi et vingt minutes.Or, si la victime était vivante à cette heure, il est matériellement imi«>ssible que Deniers ait commis le crime.Attendons que le jury ait pro-noucé sur le sort tie ce malheureux avant de nous livrera des critiques prématurées : niais nous trouverons dans ce procès des laits de nature à provoquer 'les réformes dans la machine judiciaire, réformes de haute importance et qui s'imposent.x Un mariage fashionable est sur le point /l'être contracté entre deux puissantes personnalités: lu tille du millionnaire américain Valider-bilt et le duc de Marlborough.Ce sera un mariage ties plus fastueux, car les parties sont immeusément riches, mais nous croyons qu'il y a autre chose qu'une union matrimoniale en jeu.Nous croyons surtout qu'il y a dans cette union, bien assortie tlu reste, une manœuvre adroite tie quelques gros Ii miliciens qui désireraient faire échec à une puissante compagnie.L'avenir se chargera île dire si nos prévisions sont justes.Kt, si elles le sont.ou devra reconnaître que les princes de la finances ont parfois des moyens originaux de maintenir leur royauté.x Nous apprenons avec un réel chagrin que noire confrère Léon Ledieu, l'élégant chroniqueur du Monde flIiiHlrê de Montréal, est gravement malade à Québec.Nous faisons des vœux très sincères pour sou prompt rétablissement et nous présentons à sa famille éprouvée toutes nos condoléances, en attendant que nous ayons lu satisfaction de nous réjouir avec elle de la flu de cette maladie.x Une autre nouvelle douloureuse nous est parvenue ; c'est celle de la mort, d'un des plus illustres savants tlu sièle : Louis Pasteur.Le célèbre savant a acquis tant de droits à la reconnaissance générale, que tout le monde est en deuil par suite de ce trépas.Et c'est bien véritablement à cause de l'admiration qu'il avait fait naître que la douleur publique est si in-lense et -i inaiiifesle.car le savant ne laisse pas son œuvre incomplète.Avec le souci qui caractérise les vrais grands 1.leset les hommes utiles A leurs semblables, I'asteura eu soin d'initier à ses travaux une pléiade tie jeunes savants qui peuvent continuer son œuvre.Les Roux, les Chamber land, les O rancher, les Strauss, les Nocard, ete., peuvent suppléer au maitre absent et répand re ses bienfaits avec le même savoir, la même libéralité.la mort de Pasteur n'est pas seulement un deuil national pour LB PASSE - TOM PS 259 la France, c'est un deuil universel qui sera porto dans tontes les par-lies du monde.Silvio.->* LE PASSE TEMPS Le Songe d'une nuit d'été (Midsummer's Night Dream) de Shakespeare, est universellement connu.Mais il ne faut pas du tout confondre le poëme du grand poète anglais avec le livret du " Songe " tel qu'écrit par MM.Hosier et de Leuven et pour lequel Amhroise Thomas a écrit la musique.11 ne faut pas songer a trouver daus cette pièce les personnages et les ravissantes invent ions de Shake speare.Puck, Obéron et Titania font place à Elisabeth, Shakespeare, 1 ji-timer, Falstaff, Olivia, t'e n'est pas non plus par leur beau côté que les auteurs du livret ont tracé les caractères de la reine et du grand William.Au début de l'intrigue Elisabeth et sa demoiselle de compagnie Olivia se sout trouvées séparées, ou ne sait comment, du cortège royal.Mlles sunt pniirsim ies par (les nia telots, et se réfugient dans une taverne où Shakespeare est occupé à s'enivrer avec des compagnons de débauche.Lu reine, masquée, entreprend en vain de ramener le poète national ft uu genre de vie meilleur.Il se moque de ses sermons, continue à boire et roule sous la table ; c'est un spectacle doublement hideux.Elisabeth ordonna ù sir John Falstaff, gouverneur de Kielieinont.de faire transporter Shakespeare dans le parc de ce palais.C'est la nuit ; les eaux du lac, les arbres éclairés par la lune, tout semble concourir ù abuser lessens de William à son réveil.Il entend, en effet, des sons mélodieux: puis il voit une l'orme blanche; uue voix se fait entendre : c'est celle de sou génie, qui lui reproche ses égarements et le menace de l'abandonner.Le poète, un instant sous l'empire de cette appariti n, ne tarde pas à s'apercevoir que son bon génie n'est autre qu'une femme charmante.Olivia prend biplace de la reine, effrayée de sa situation.Un amant d'Olivia, Latimer, témoins des empressements de Shakespeare, le provoque en duel.La lutte a lieu i.lédiatement, et Latimer tombe après quelques pusses.Olivia se trouvant mal, et secourue par la reine, a trahi l'incognito royal.Shakespeare croit avoir tué lord Latimer.Il s'enfuit et va se jeter dans une rivière.On l'en retire évanoui, et il est ramené à son domicile.l-u reine, après avoir donné ù Falstaff et aux autres acteurs de la scène nocturne l'ordre d'oublier tout ce qu'ils ont vu, fait venir Shakespeare.Le poète se croit aimé de la reine; il arrive transporté d'amour et il s'entend traiter de visionnaire.Elisabeth seule prétend pitié de son désespoir et dit au poète : Que les événements de cette nuit soient un songe pour tout le monde, liorini vous.Quelques détails intéressants sur les artistes de l'Opéra.M.Geoffray est bûti comme un Hercule, a une voix de stentor, est beau garçon et, malgré ses trente ans uu peu mûrs, n'a pas encore mis son humble personne au service d'une légitime moitié.M.Castel est aussi un célibataire endurci.Sa voix a souvent semé le trouble et la discorde dans les rangs féminins.On me dit qu'il a fait autant de victimes par les crocs de sa moustache que par l'ampleur de sa voix.Il y a de l'étoffe chez, lui.C'est bien pourquoi il n'est jamais employé en doublure.M.Adrien barbe porte binocle, a les allures d'un don Juan et porte îles vêlements à la ville, d'une coupe irréprochable.Il serait encore garçon si l'attrait qu'il semble manifester pour le beau sexe sur la scène ne l'eut convaincu que le véritable bonheur était dans les douceurs du conjungo.M.Sylvan, comme tous les ténors dont la voix ne va pas se percher avec éclat au faite des tours Notre Dame est loin de dominer par la taille une épouse qui n'a nulle envie d'Être récalcitrante.M.Déo l'ait cependant exception a cette règle et quoique pas très grand il parait fort capable d'" Exterminer les sai rasiiis " sans efforts et selon les règles lyriques posées par railleur de lioland à lloncevaux.M.Vémrd chante comme uu.diront vulgairement plus d'un de nos compatriotes.Pour cet artiste l'épi-chôte ne sera qu'un éloge quand il se sera familiarisé avec les incongruités de notre argot national.M.Vérard est frileux et s'inquiète déjà du vent qui siflle dans les arbres dénudés, de la brise qui descend de la montagne.Si le bonhomme Hiver en fait une statue do glace, nous croyons qu'il sera fort digne de remplacer la statue d'Adonis au palais de glace du prochain Carnaval.Qu'il se méfie.M.Perrier a des yeux qui fout rêver à Biaise Pascal et à son frêle roseau pensant.Mince, un peu élancé et flexible sur les doubles tiges qui supportent son auguste personne, il fait rire en apparaissant et une ex u Itérante hilarité se dégage de tout son être.Il diffère cependant du grand moraliste par un détail fatal.Il est marié.M.Gilbert ressemble ù Jouanue sans être le moins du monde le même person nage sur la scène.(Voir la suite au prochain numéro).* On donnera lundi le Trouvère avec la distribution suivante probable : Manrique .MM.DeO Comte de Luna.Castel l-'eruaud .Prunet Eiéonore.maies Essianl Azucena.Bennati Les opéras il l'élude sont Norma Mireille et La Dame, lllanche.Ix-s amateurs de haute tragédie vont au Queens cette semaine entendre M.James O'Nell.Le répertoire de cet artiste comprend Virginias, Monte Crista el Le Courrier de Liions.C'est daus celte dernière pièce que déjà Sir Henry Irving a soulevé tant de critiques adverses en France.O'Neil est magistral dans Virginia».Ce même théâtre annonce Wang pour la semaine suivante.On donne .1 Itailroad Ticket au Ho} al eel I e sema i ne, Avec une troupe qui donne une interprétation hors ligne et à la tête de laquelle figure un artiste de haute valeur, Eugène Can field, le publie peut être assuré tie passer deux heures ft se divertir agréablement .L'intrigue de cette pièce est un inéli mélo fort attrayant, tout parsemé de chansons et d'incidents comiques.Le Royal, avec des troupes de ce geure, verra sûrement se continuer la popularité si grande donl il jouit depuis tant d'années.La troupe qui viendra la semaine prochaine sera une véritable surprise pour les habitués.Le Parc Sohuier a solennellement clos la saison d'été, dimanche dernier.Le programme, fort attrayant du reste, a donné ample occasion ft la foule d'applaudir et de bisser les artistes.Comme on le sait, ce populaire lieu d'amusements, pendant la saison d'hiver, n'ouvre ses portes que les dimanches, et, dès les première froids, la salle est chauffée il lu vapeur.Nous savons d'avance que MM.Lavigne et Lajoio, les propriétaires, ont pris toutes leurs mesures pour s'efforcer tie ne donner ft leurs clients, cet automue, que des spectacles de premier ordre, avec des LK PASSU TKMl'S 21 artistes de limite volée, et dout l'engagement ne sera pas éternel.Le prix d'admission reste toujours illucentins.Je snis il me demander si Debri gny n'a pas un nombre suDisant d'amis pour le faire sortir de la cellule où l'inflexible justice l'a fait entrer il y a 15 jours.C'est comprendre drôlement la liberté de la personne que de forcer un homme il rester en prison parce qu'il n'a pas d'argent pour payer un créancier impitoyable.Mlle Hélène Mignon il toujours du succès à l'Eden, rue SI Laurent.Ahurissement du virtuose.Mais le vieux monsieur, avec un malin sourire, d'ajouter : —Ne devons-nous pas, l'un et l'autre, notre réputation ù des morceaux détachés t LA LEGENDE DE L'AIGLE I.K ORI I)F.T.'AIUMI-; Les Anglais occupaient la crête île la montagne d'Alcoba, entre le couvent de lîusaeo et la gorge, et ils dominaient entièrement le camp des Français.La posit ion paraissait imprenable ; il fallait cependant l'attaquer.Le 27 de septembre, Ney fit éclater les t roui pelles et donna le branle aux tambours ! Cette position gardait la montagne, et s'enlevait en plein ciel, enveloppée de gouffres.Au bout d'une heure, sans qu'on eût pu deviner quelles ailes gigan tesques avaient porté quatre mille bommessi liant, le maréchal el deux régiments de grenadiers apparurent il vingt pas des Anglais ! Aussitôt les gueules des canons s'ouvrirent, et, les rouges mitrailles s'envolèrent, vers les colonnes françaises ! Haletants, Ney et ses troupes tombaient coutre les affûts, s'écrasaient dans les flammes, fondaient sous les fumées, s'élançaient, croulaient, et surgis de nouveau, barilis comme des cibles, ressuscitaient écharpés à la pointe des fusils anglais ! Pendant l'assaut trois cents homines étaient morts ; l'attaque en supprima cinq cents.Ils tomba ion I pal grappes lourdes, mais derrière eux, d'autres soldats accouraient, buttaient, faisaient place à d'autres.A la lin.les canons situ rent, égosillés ; la ligne ennemie frissonna, et les cationniers roux, les hauts carabiniers auglais s'enfuirent.—En avant ! cria le maréchal.On se mit il leur poursuite sur le plateau; — mais soudain la terre trembla.un grand pan de terrain se fendit, et lancée en pleiu vertige, une masse effroyable d'hommes, dont mille Anglais et quatre cents Français fit la culbute on ue sait en quel abîme ! Les combattants qui restaient u'entemlirentqu'une vaste clameur, une fugitive et sifliante lamentation lointaine.puis plus rien ne demeura sur la montagne que l'espèce d'écho d'un buée sour de,—et l'épouvante, le silence, des troupes atterrées qui reculaient.Vers trois heures du soir, un parlementaire anglais descendit l'AI-coba, se til indiquer la demeure du maréchal, et alla prévenir Ney que Wellington désirait lui parler au sujet de la catastrophe du malin.Alors seulement, Ney parut se réveiller.Depuis le combat, il vi- Réponse il uu curieux.Dans nos théâtres d'opéra, le roryphte est le chanteur qui sert de chef d'attaque â chaque partie des chœurs, et qui, toul en faisant sa partie dans l'ensemble, se trouve parfois chargé d'exécuter un solo plus ou moins important : il y a par conséquent, un coryphée poulies ténors, un pour les basses, un pour les premiers el un pour les seconds dessus de femmes.Les choristes de la danse ou figurants ont aussi leurs coryphées.it Par tloubhire au théâtr.I coin prend nn acteur de deuxième, troisième ou quatrième ordre, destiné à remplacer au besoin on Chef d'emploi et à jouer les pièces de peu d'i m port a uee ou dans les rôles insi gniliauis : Les doublures composent ce qu'on appelle la troupe de fer blanc.Le public pourra se faire une faible idée de la valeur des artistes de la troupe de l'Opéra-Français quand il saura que la forte eban tense.Mme Sésaniie, qui était à Québec, la saison dernière, n'a pu obtenir que l'emploi de L'ème Du-gazon dans la troupe de .Montréal.Mme Sésanne s'appelle maintenant Mme Valéry.IVAMIIIK.- La scène se passe chez un casino où un pianiste s'est ctl'orcé de faire oublier il son audi toi relies mélancolies al mosplii'riqiies.Quand il a fini, et après les applaudissements de rigueur, un vieux monsieur s'approche : —Je tenais ù vous féliciter per -¦ ¦ 1111.-11 ¦ ¦ 111.-111 en qualité de confrère.—Ah ! monsieur esl pianiste aussi ?—Pas du tout ; je suis Chirurgien.1a» femmes,décidément, hésitent de plus en plus à s'affubler de pan-tiilous i¦ bloomer* : DOUI aller en bicycle.11 est vrai que ce costume ne sied guère aux pédale uses dont l'embonpoint ib'passe le moins du monde la mou-nue.Kl les ont aussi toul à risquer en montant en bicycle; leurs mouvements sont dangereux, et, si elles font une chute, c'est toujours désespérant de voir les efforts inouïs qu'elles doivent faire pour monter en selle.Rarement mi cavalier complaisant voudrait se risquer à leur servir «le point d'appui et se couvrir de ridicule devant les insuccès répétés qu'elles ue manqueront point de provoquer maladroitement.¦ Ce que bien des élégantes ignorent, c'est qu'il existe à Montréal des clubs de femmes où tons les jeux athlétiques sont en honneur.Los "émancipées" du sexe vont même plus loin et font, dans le silence recueilli des vastes salons qu'elles fréquentent, maintes parties de '' bluffs " de billard, fu-menl d'excellents havanes et ingir-gutent à petits trails des liqueurs enivrantes qui répugneraient à Bacchus même.© Certaines de ces dames viennent parfois prendre leurs ébats dans la salle d'exercice de lu rue Craig, où elles l'ont fureur sur leurs bicycles ou tandems qu'elles mènent à une allure plus qu'evngérée.m Il semble bien assuré que le combat entre Corbett et Fitzsiinmons aura lieu au Texas, et cela en dépit des protestations conjointes du gouverneur, de l'attorney général, des juges et d'une grande partie de la population «le Dallas. 262 1,10 l-assk tumi's vail dans une allucinante stupeur, et son domestique installé devaul la tente, ne laissait plus entrer personne.Il se leva enfin, et se fit appeler le chef du 2e corps : —Reynier, tu vas me suivre, ('(umiianile un capitaine el une compagnie.Le général s'inclina ; et une minute après, la troupe gravit la montagne.Là haut Wellington attendait, pftle encore entouré de ses officiers.—Monsieur le maréchal, dit-il d'une voix rapide, vous devez être autant que moi intéressé à la vie des braves gens qui sont, tombés dans le gouffre de l'Acobace matin.Il n'existe plus d'ennemis, à cette heure, mais des malheureux.Ney s'avança, et les deux chefs se serrèrent la main.—Il faut immédiatement leur porter nos secours I —Nous aurions dû le faire plus tôt, dit le maréchal, mais l'épouvante m'a glacé les idées ; c'est lu première fois de ma vie que j'ai peur.En causant ainsi, les généraux et.leurs suites s'étaient arrêtés devant le gouffre.Un entonnoir de rochers, dont lesoleil brûlait l'ouverture, se dilatait à la surface du plateau, comme un immense bâillement, et creusant la montagne, s'enfonçait droit dans la terre, en de nocturnes profondeurs.Ney, Wellington et les officiers se penchèrent.De cette gueule affreuse, toujours tendue, sans cesse ouverte, immobile et insensible, surgissait une trombe de vent froid.Les tètes en furent fouettées.—Il faut y faire desscndre quelqu'un, dit simplement le maréchal.Wellington frissonna, et quelques visages, dans l'état-major anglais, pâlirent.Ney, homme d'action, se retourna.—Des cordes, commanda t-il.Capitaine, avez-vous un homme T —Oui, maréchal.—Faites-le venir.—Le capitaine '' regarda " sa troupe, et.un grenadier sortit.—Il fera de son mieux ; c'est un Basque, dit.l'officier en le présentant.I,o soldat en leva son uniforme, se lia les reins, lança dans uue grimace un rapide et comique salut à son capitaine, et la corde se défila.On le vit un moment descendre le talus, avec sa culotte de grenadier, uu fort baton dans le poing,—et au bout d'une minute il s'évanouit daus le noir.Là, on lui cria : —C'a marche 1 —Oui, lâchez la corde.Alors, un Anglais voulut descendre aussi.C'était un montagnard.Wellington le proposa.—Non, dit le maréchal, votre Ecossais pourrait cogner mou homme en chemin.Or, celui qui est i parti a mauvaise téte ; il en profit e-j rait pour attaquer, et nos deux hommes se battraient suspendus par nos cordes sur le gouffre.Au lieu d'avoir des renseignements, nous remonterions deux cadavres.Wellington ne répondit pas.La descente se faisait rude ; la corde flottait.—Ce sont des arbres, des rochers qui l'arrête, fit un officier : Ou cria : —Hoop ! La corde se tendit.et une voix déjà lointaine s'élança de l'abîme.—Je ne vois rien.lâchez.Un mystérieux frisson secouait la corde.Quatre officiers rangés à la file en faisaient glisser un bout, de temps en temps.Ça, ne marchait pas vite.L'homme eu bas, n'y voyait qu'avec ses mains, et se tortillait sans doute en pleines téuèbres.—Hoop ! hola I crière ensemble les grenadiers.De plus en plus basse, élargie, assourdie comme un écho de bourdon, une clameur s'exhala tlu gouffre: —Eue.oi-e, lâcli.ez !.Il y eut un autre arrêt.Sans rien qui pesât " au ltout de lui," le cable s'étala cn vagues spirales, puis redevint rigide.Alors on ne lâcha que quelques mètres,—mais impatient, Wellington se retourna : —Qu'on aille chercher le moine.l'n major s'écarta et revint suivi d'un Minime.Monsieur le maréchal, dit Wellington, voici un religieux qui pourrait nous dire s'il existe sur uu des flancs de l'Alcoba une issue dont nous puissions nous servir pour sauver plus promptement nos horn mes.J'ai arrêté ce moine ce matin.—Interrogez-le, dit Ney —Mon père, tlit aussitôt Wellington, parlez vous le français t Le Minime dit " oui," d'un signe.Il avait penché le cou, et.sa tète maigre et pelée, aux longs yeux caves, s'avauça comme celle d'un gypaète.—Vous êtes tlu pays ; vous devez connaître l'Alcoba.lia tète du moine s'avança encore : —"Oui," fit-il.A ce moment, les soldais qui tenaient la corde sentirent comme un ville au bout de leurs bras.L'homme ue pesait plus.—Hoop 1 ho.ooo I crièrent, vingt gorges.Il y eut un silence, et un lil de voix que les oreilles tendres saisissaient à peiue au passage arriva jusqu'à la gueule du trou : —Eue.ooorc.lâche.eez.lit- moine n'avait rien entendu.Wellington lui tlit alors : —Mon père, un malheur est arrivé.Ce matin, quatre mille hommes se battaient à l'endroit on vous êtes.Soudain, la masse de terre où ces bravos se poursuivaient s'est écrasée sous leurs pas, et une foule a été précipitée dans cet abîme.Quatre cents des miens, fit Ney.Mille des nôtres, tlit Wellington.Y a-t-il un moyen de les retrouver, d'en sauver quelques-uns 1 D'un identique mouvement, ils levèrent la tête comme s'ils eussent voulu accaparer, chacun |hiui- les siens, la bienheureuse réponse du moine, -mais ils virent ceci d'effrayant: la taille du moiuc s'était abattue, et dans les plis amples de son froc, à genoux sur la terre, il priait déjà, il priait et se lamentait en silence, courbé en deux, pante-lau d'horreur, la tête scellée à ses points joints, le regard en bas, dans le plus profond de l'abîme.—C'est donc Uni.murmura un officier.Ney eut uu tremblement, pivota sur ses grosses bottes, et lit un signe.Cinquante voix hurlèrent ensemble : -Hooô.la.a !.On avait "'défilé" quatre cents mètres de corde, et il n'en restait qu'un dernier paquet, dix mètres au plus.On écouta.et au bout d'un instant, pénibles, cinq ou six mots arrivèrent à la clarté du grand jour : —J'entends.maintenan.ant.Descendez la eo.orde I.On en lâcha quelques mètres, il veut un nouvel arrêt.Les souilles se turent dans les poitrines, et d'autres mots, du fond de lu terre, s'en vinrent effleurer le boni du plateau : —.entends.voix d'hommes.mais loin.loi .oin.un cri, même cri liuijoii.ours.Descendez en-co.o.ore.t)n abandonna les derniers mè-l ics.el ¦ va::' Ira - 1 le* d'un ici jeu, IMwit : ne jouez paa, fillette, avec le feu ! Maintenant, vou« vuiU bieu grande.Dieu vrnia a guidé daus vu§ poa.Qu'il i .-• • que votre imc entende Ce que Je vaia dire loul bai ; 11 est encor une aulie flaimue l'if, dangereuse, c'est l'amour.Kl qui.aan» briller, en un jour peut ¦ i - .m- - - uu crut de femme— U (au! *tre prudente, avec elle aucun Jeu, ah', ne jouez jamais avec ce traître feu T Paix Paavu.LB, - LA CUISINE Vutaijv milanais*—Faites 1111 bon velouté nvec du consommé blanc que vous laissez bien dépouiller pen-tlant une heure et demie.Faites une liaison avec six jaunes d'unis, un demi litre de crème doublv ; liez votre velouté en ajoutant a votre linison la valeur de 125 grammes de fromage rapé.gruyère et parmesan.Passez à rétamine votre potage lié, ajoutez un bon morceau de beurre, faites des croûtiuis avec du macaroni cuit et jetez les duns votre potage.Servez.- vient disparaitre Us sokc.k, Il f LA s !—Romance créée à Montréal par M, Adrien Itarlie, premier ténor de l'Opéra Français.Albert Turcotte, éditeur, Montréal.Kn vente dans tous les dépôts.LES ECHECS PROBI.BMK No 17 Par M.A Gilbert.N0IKS Les blancs jouent et lont nint en ï coups.Solution nu Prohlfmr No 16 itlanci noirx I I) 7 CD 1 P pr C (ou ABC) * C a D éch 2 R 1011e 3 U 7 CR mat (A) 1 1> 7 CD 1 P pr P 2 C de 5 D i 3 R écb 2 P 4 1) 3 D pr I* mat 1 I) 7 CIJ 2 C 2 I) écb 3 F 3 R mat 1 D 7 CD 2 P 6 F éch 3 C 2 D mat (b) i P 4 R 1r5b 1 R S D 2 R joue RECREATION No 17—CHARADE DC deux noies, omi, que lu maries ensemble Tu tais nattre un fir^lat : Clovis le voit et [tremble.Solution de la deruiè-ie devinette :—Foin, un conseil par quinzaine Moyen d'arrêter le* douleur» dan* le» eu* de briilure.—Il suffit de faire couler sur la partie malade, lentement et sans interruption, le contenu d'un syphon d'eau de seltz.?4- Fraginent de dialogue entre maris désabusés : —Ah ! si c'était ù refaire ! Si j'avais su de quel bois étaient faits les nœuds de l'hymenée.—Il y a, mon cher collègue, beaucoup de chênes et peu de charmes ! 254 II: l'ASSR TRMI'S C'EST • fHN • REVE.Mki.oi>ik tirée or fiOX lb passk-tmmps I.E PASSE TEMPS ROMANCE SANS PAROLES MoriEiuTo.CH.CIOVNOD.PIANO., il i m 0 W-0 étT 1 *f =l=n= - g g a —•-m-r-m 9 é-m—>m-
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