Le passe-temps, 1 janvier 1898, v. 3, no 74
ABOimBMKNT MONTRÉAL, 22 JANVIER 1898 ANNOXOKS 10 MI V* Am.«1.» VtH .Ill - NO 74 U» NUMÉRO, 5 CENTS U licne, lr» liuntlon.Pnyahlr H'noanrg J.E.B8XAIK, tdli -prop., S* ™« 8t-Oahrl»l Mfurt agau POL PLA/NÇOM v Zf09 PRIMES UNE PIASTRE DE CADEAU Au* abonne».— Aux personne* nui paient un nn d'ivkiir* non* dt niiDi.» rommn PHIM*F.pour TIN DOLLAR de uni-ch»* •II»*» : rnnree*ux de musique, monologues, chans* r-nlers el livres divers qu'on pourra nhoiai' dno* In I st# -dessous, feula lee a bono ce d'un An ont droit anx primée.Amm l^ekVwra.—Nœ lecteurs qnl achetant le jour-nal an numén» pensent anssi bénéficier da eus l'Ml MES m util)»*! t le nirruw n« raiura, nul ee trouve sur la dernière pan du journal.I.n prix de eh* que article ter» diminué de 5 cents, al la commande eat aoermpsgnée de noir* coupon.Nona acceptons lee timbres-postes dn Canada at dee Etala-Unie.NotA.—Prière de désigner chs.ua article par ton 52 numéro d'ordre, tel qu'iniéré ci-desnoua.MUSIQUE Cet morceaux «ont envoyés franco tnr r'ecptino du prix m-rqaé- Area notre roi rus ni ratais.5 senti en moins.GRANDB MOROKAUX 1 F.deSuppé— L'a mod t.c'est L'iarta&stci iBœ-eoot) 'chanson).2fic E.l,avîgne— Vith la Fasses 1 (avec choeur ad ImS 3e édition., 25e 5 Q.Goublier—Ls Csxnu nr Pavran, romanes.SSs 4 J.Massenet—Lr Souhait, mélodie.S3o 6 G.Maquis—.''msh bapri.!.ruialch- comique 26o t Ch.LtcooQ—1 ksh joliKi rso roiis (La tille de MmeAngnti.25 c 7 Léonce Ora»-L'ATrroLi.romance.2> * L.nobbaertsM'AiMU-votBÎ Valse élégante ponr piano.35e I J.Closant-La Cas adibsue,chanton populaire.25c 10 Milo—Lx Ladrirb, chanson.38o U !.Varney—Ça fait toujours plaisir 'La femm* à, iVarevue).chanson.25o 12 Zli brer—La ri-sua do bal.polka ponr piano, vfio 18 À- Petit—I.a CmaKbuK dib CiOaI.bs (mélodie pro- Tenoalel.25o 10 A.de Villcblehot — Essxmrlr ; (projets il'» venir,.25e IT V.Ratto-* po s 'msrche pour piaro).25o 18 Lucien Collln—J/àhfast crantait la Uai- brillairb I 35e 19 T*Rilsflro-l.A CHARSOK DR MaSIRRTTR —Souve- i h.50e 20 A.i or.tard—Vivs La irai si I (msrche brillante P^ur piano.60e 21 C.Faute — Ls pArtiLox nr la Flics (ro- o)Hii.-).25c 22 E.Li riens —La Flxux du Socvsxix (ro- rnlrooi.50o 18 Ch.Ponny—Tout kn sosr (Chansonnette).25c lOc-OHANSONS NOTÉES—lOo AIRS D'OPÉRAS 101 L* Fille dn Tambour-Major—Ls fruit défendu- 102 -armen—L'amour est enfant de Bohème.'03 .e Jour et la Nuit—Ce qu'on appelle aimer.M * Coruret la Main— Chanson du casque.05 * Grand Mord—Chanson du KlnKinbi.0*5 Les Cloches de Corneville-La ligende des cloches.107 m 2b Jours de Clairette—Attention I ma petit' cocotte- 08 Gillette de Narbonne—Sonvtmirs des jeunes ans.W La belle Hélène—Un mari sacs.0 Le* Cloches de Corneville—Chanson do Cidre.1 Mlle Nltouche—Debet et Cadet, 2 Le Petit Duo- L'Age de l'amour.3 Gillette de Narbonne—Le Paradis de la France.4 La Prinoeesedes Canaries—Mon petit mari chéri.15 Ls>»ClocheedeG)rii«Tille-R'tardeiparcl,r'fardet parla.116 I#«s Mousquetaires do la Reine—Ah 1 Messieurs.117 La Cigale et la Fourmi—Petit NoH.1IH Lh Ma*oouo— Cesnnvoyés du Paradis.119 Fleur de thé—Duvons encore.120 81 j'étais rel-«i vous croyea avoir r«ré lU Les dragons de Villars-Ne parle pas.Rose.122 Le sont» d'une nnll d'été—Dn songe hélas I 123 Rlgoletto-Femme varie, fol qui t'y Be.124 Carmrn—Chanion du toréador.125 Mme Favart—Ou and II oherchedans sa cervelle.126 Fleur do Thé—Ju iuls né dam le Jupon.127 Lu timbale d'arg i t—Couplets de la timbale .12H La Fille du Tambour-Major— Petit Français.129 La Mamotte—Conplets dea Presages.130 La FaToriti—Romance extraite du duo.IM Guillaume Tell-fcob Immobile.133 La Psrichole— On sait aimer quand on est espagnol.133 Mignon—Connals-tn le pays?134 Lee Cloches de Corneville—Chanson du Marquis.186 Bocenoe— L'amour, e'est le soleil.136 Ls TruuTère— Dieu que ma voix Implora.CHANBONNETTRB, HTC.801 Fais-moi la Charité-Grand succès parisien.202 Ca m'a fait bien plaisir—Chansonnette.203 Le Père La Victoire—Chanson-marche.204 Le Re Etage—Chanson.205 Us Metiers de P*ris—Sole d'atelier.206 II Pleut des Caresses—Chanson-Valse.2C7 Elle a ion ans la M arsoillolso—Chanson.2>** Verses du Piocolo—Chanson k boira.209 C'est Ferdinand—Chansonnette.21n Le conducteur d'omnibns—Chansonnette.211 II est permis d'être sensible—Chansonnette.212 Avec En gène—Balançoire militaire.218 Ah 1 Josepb—Rengaine.214 Trou la la—Chanson comique.215 Arrétes-Ie—Chansonnette.216 Mous'orhes-polka—Chanson-polka.217 Les foods d'magasins—Déballage comique.218 Je m'sens tout mal—Grivoiserie.219 Trois pour un son—Duetto.220 Ma sros«e Julie—Chansonnette.221 Va famille—Grand succès d'Yvette Guillen 222 La fete des rats—Chanson-marche.223 l.a mère canadienne—Chant patriotique.224 Les Mer!'lqu.es— Chaf80»o*t»e.2ïô Mud'mo'iell'viens d.I Chronique de Quinzaine Je no suis pas curieux, mais je voudrais bien savoir où s'arrêteront les progrès de l'humanité.Voici maintenant qu'un thérapeute a trouvé lo précieux Becret de réduire lc nombre des vieilles demoiselles de l'avenir en fournissant A ceux qui sont ou seront chargés de répandre sur la terre les futures couches sociales l'infaillible moyen d'augmenter A volonté l'élément masculin.Pans une vingtaine d'années la jouvencelle la moins favorisée des dons de la nature aura A ses genoux une centaino de soupirants ot la vieille fille sera considérée comme un être exlraordinnire.VoilA du progrès, ou je ne m'y connais pas.Seulement la magnifique découverte du docteur Srhenk — car tel est lc nom decet illustre «avant — aura peut-être un petit désavantage pour les pauvres gens, celui d'encombrer le marché de la main-d'œuvre ct, conséquemment, de diminuer la valeur do l'offre.Mais c'est la di mande qui va étro cou-tente ! C'est l'horrible patron qui va s'engraisser en toute sécurité, A l'abri des grèves qui, do nos jours, viennent quelquefois troubler sa Irnnquillité et ravager son coffre-fort ! Les gouvernements seront probablement obligés de contrôler lo rendement des families— si je puis m'exprimer ainsi—, afin de rétablir une juste proportion entro 1rs éléments masculin tt féminin.A moins que les guerres ne rendent leur intervention inutile, ce qui ne serait guère surprenant.* A propos de guerres, avei-vous remarqué comme les principales puissances européennes, qui n'oeent pas essayer de se prendre quelque chose l'une A l'autre, se jettent sur les pays presque sans défense dans l'espoir d'en attraper uu morceau?Pour obtenir quelque privilèges cn Chine, en attendant lc partage définitif, P Allemagne l'Angleterre, la Eussie et la France font des prediges do diplomatie.L'Italie, elle, ne joue aucun rôle dans le mélrdrame, parce que—c'est M.Crispi qui l'a avoué — elle n'aurait aucun avantage A en retirer.Qusnt au Canada, il a assesde territoire pour aujourd'hui.D laisse les Européens se débrouiller avec la Chine ct se contente de ncevoir la population chinoise.Témoins, les deux cents repsessura de ohe-misrs qui lui ont fsit dernièrement lTion-neur de débarquer sur ses rives hospitalières.Mais l'Empire du Milieu n'est pas le seul pays dont lis Européens convoitent la possession.Il y a aussi, ct surtout, l'Afrique.Le nord do cette psrtie du monde doit appartenir tot ou tard — les instrumentistes du concert européen semblent elro d'accord là-dessus — A la France et A l'Angleterre ou A l'une des deux.L'Italie a bien essayé d'avoir sa petite part du grand gftteau, mais, comme on le sait, le bon Ménélik l'a sévèrement chAtiée pour sa gourmandise et lui a fsit passer le goût des aventures risquées.Pour le moment la France et l'Angleterre désirent bc payer une nouvelle tranche d'Afrique ct se regardent comme des chiens de fsïence.DéjA le vieux lion britannique a rugi — il rugit 1res souvent, maintenant,le vieux lion britannique, msis ça ne l'engage A rien, heureusement I — et des gens qui le connaissent m'assurent qu'il rugira davantage encore si l'expédition Marrhsnd a le malheur d'arriver A Ehsrtoum avant l'armée anglo-égyptienne.C'est décidément très grave.En attendant co sont les pauvres noirs qui souffrent, et, s'il y a du grabuge, ils n'auront assurément rion do bon A en retirer.Pour eux la seule question digne d'être prise en considération est cello ci : " A quelle sauce allons-nous être mangés r " » Tout cela, n'est-ce pas, est ssses triste?Si jo vous parlais de quelque chose do plus gai ?Il ressort des statistiques du suicide aux Etats Cuis quo do tous les hommes exor-çant des professions libérales -.acteurs, avocats, journalistes, hommes d'affaires, membres du clergé, médecins, ces derniers sont les plus nombreux sur la liste des suicidés.—N'y a-t-il pas lieu de se dcmsndcr.me disait l'antre jour un malade, A oe sujet, ai ers grns-lA n'ont pss voulu, poussés parle remords, venger eux-mêmes leurs victimes ?.» Connaisses-vous la musique colorée?Et la musique odoriférante ?VoilA encore uno découverte digne d'être signalée et qui va ouvrir aux dilettantes des horisons nouveaux do toutes les couleurs.la chanson de marine,te ^-^x^r^z. Il- ll.PASSE-TEMPS Je cite un journal de Franco : " On vient de donner, pour la premiere foil, en Franco, un concert dc musique colorée." Chaque accord est accompagné d'une couleur.L'œil se régale en même temps que Pouie." Mais il y a encore l'udurat, que l'on néglige trop." Cette lacune va être comblée." On se propose do donner prochainement un concert de musique colorée et odoriférante." Chaque touche du clavier du piano aéra reliée, non-seulement A un jeu de lampe* multicolores, mais oneorc A une gammo d'odeurs variées." Lo programme annonce, je suppose, uno symphonie pastorale, et le livret explique : " Dans un petit sentier tout vert." " (Un accord ; lumière verte et odeur de verdure.) " Dea fleurs aux couleurs brillantes." " (Lumières variées et odours diverses.) "Une faudra pas, cependant, pousser trop loin le réalisme, car il n'y a pas que des fleurs dans les petits sentiers." Léon Famblart.M.l'OL PLANÇON Il fait actuellement une saison A New-York.Les Américains qui par tempérament ne sont peut-être pas aussi positifs, aussi froids que les Anglais d'origine, mais que cependant une activité trop grande empêche do se mêler suffisamment aux choses de l'art, so sont emballés et bien emballés de la fameuse basse chantante qui est Pol Plançon.Le talent de roi Plançon, nous disait dernièrement M.Jos.Saucier (A qui nous sommes redevable de la photographie qui a servi A notre srtiste pour faire notre première page) c'est quelque chose de colossal ; on dirait que le chanteur s'est appliqué A faire disparaître toute la science et tout le travail qu'exigent ses interpréta lions.Il est aussi d'un naturel inimitable.C'est un peu notre défaut A nous de trop laisser voir les efforts que nous faisons, de trop laisser pamllre le travail.Chez nous tierce trop l'écolier qui a appris par cœur la lev >ii que le mattre lui a " serinée " ; et cela aux dépens du tempérament qui peut se trouver étro celui d'un artiste.A New-York, nous disait aussi M.Saucier, lorsque Plançon chante en rappel Les Rameaux do Faure ou les Deux Grenadiers do Schumann, c'est un enthousiasme indescriptible ; on applaudit, ou se lève, on crie, on rit.on pleure.Citons les paroles d'un des plus grands critiques artistiques du siècle : " Une riche voix de basse profonde, vibrante, nourrie, forte comme le cuivre et douce comme l'or bruni." On dit mémo qii il est supérieur A Léonard de Rrxké.C'est A la salle Windsor, le 20 janvier courant, que nous pourrons entendre lo grand chanteur français.< "col une aubaino dont les dilettantes sauront profiter, d'autant plus uue viennent avec lui Mlle Antoinette Trebelli, dont la belle voix de soprano a été si justement admirée en Europe et aux antipodes : Max.Karger, le fameux violoniste, et Hubert de Blanck, qui compte au nombre des plus fameux pianistes de concert.Lc Passe-Temps croit être agréable A ses nombreux lecteurs, en publiant dc teni|>s A autre lc portrait de quelques célébrités contemporaines.Il sepm-met, autant que cela sera possible, de no pas laisser passer une seule occasion.M.EDOUARD CLAKKF, Dans notre livraison du 18 novembre, nous demandions, à la lin d'une petite notice sur M.Edouard Clarko " A quand la prochaine occasion de l'entendre f" L'occasion est venue.M.Clarke donnera de nouveau un concert, et cette fois ce sera dans la salle académique du Gesù.Après cetto audition, notre célèbre virtuose partira pourQuébec, où de nombreux artistes ct connaisseurs ont hAte de l'entendre.Evidemment le mérite, sans égal chez nous, du pianiste aveugle, va enfin briller au grand soleil de la popularité.La gloire lui sourit ; elle ne pouvait sourire A plus digne.Le concert A la salle du Gesù aura lieu le 24 janvier.Les billets d'entrée ne sont que do 25 cents, afin de.permettre A la foule des amateurs de la bonne musique de connaître notre artiste, ot do jouir de son talent.__ NOTRE MUSIQUE Le» Hameaux, de Faure.—Nous croyons l'aire plaisir A nos lecteurs en leur donnant ce morceau qui a valu tant d'applaudisse-nu nu nu grand artiste Pol Plançon, A New-York .- ; 111 m •¦ dans toutos les villes où il s'eBt fait entendre.Doux souvenir, romance sans parole, ponr piano, par M.Otto Zimincrmann.— Ces deux pages sont de toute beauté et ajouteront A la réputation déjà bien établie dc notre jeune compositeur canadien.Nul doute que Doux souvenir aura autant de succès que Noces de diamant, du même auteur, que nous avons donné dans le numéro w du Passe-Temps.m-loi mi , naturelles LE BOUC Son odeur le précède.On no le voit pas encore qu'elle est arrivéo.II s'avance en téte du troupeau et les moutons lc suivent, pêle-mêle, dans un nuage de poussièro.u a des poils longs ot secs qu'une raie partage sur lc dos.Il est moins fier do sa barbe que de sa taille, parce que la chèvre aussi porte uuo barbe sous lc menton.Quand il passe, les uns se bouchent lo ne», les autres aiment ce goflt-là.II ne regarde ni A droite, ni A gauche : il marche raide, lei nreillos pointues et la queue courte.Si lee hommes l'ont char- Séde leurs péchés, il n'en sait rien, et il risse, sans perdre lc sérieux, tomber un chapelet de crottes.Alexandre est son nom, connu même dos chiens.La journée finie, le soleil disparu, il entre au village, avec les moissonneurs, et ses cornes pendent do chae.no côté, comme une double faucille.JULES RENARD.Choses a Dire roman champêtre Près de chex nous est un ruisseau Auquel une planchette frêle Sert de pont, mais, l'an dernier, l'eau Avait brisé la passerelle.Et moi.ce jeu i justement, Pour franchir lo ruisseau j'arrive ; Je vois la planche lentement Qui s'en allait A la dérive.Un beau garçon passait par là : 11 s'arrête et se met A rire: "—Pourquoi donc rire dc cela ?" Ne puis-je m'eiipêcher de dire."—C'est rjiic jo vois votre embarras, " Répondlt-il, mais laisses-moi faire." Et je passai l'eau dans ses bras ; VoilA comment je connus Pierre.Mais dc so connaître A s'aimer u n'est pas bien grande distance; I,.cœur éprouve A se donner Moins do peine que l'on ne pense.Depuis rhistoiro du ruisseau, —Et pour le payer de sa peine,— Nous reçûmes Pierro au hameau ; Il venait sept fois par semaine.Il était toujours attendu, Bien qu'on ne parût pas l'attendre ; Mon pauvre cœur était ému, Mais lui ne semblait pas comprendre ; Il faisait, je ne sais pourquoi, Mille compliments A grand'mèrc ; Il ne m'en fit iamais, a moi ; Et voilA comment j'aimai Pierre.Oui, je l'aimais, bien tendrement : Quant A lui dire : "Je vous aime " Je n'aurais pas osé, pourtant Il le devina tout de même.Or, un beau soir que, sous les cieux, Nous nous promenions dans la plaine.Sans parler, émus tous les deux, II me prit la main dans la sienne: Moi, je la retirai soudain : Nous restâmes l'un près de l'autre: "—Ah! dit il, je vous tends la main, " Pourquoi me reprendre la vôtre?" Cest mal ce que vous faites IA ."Sériel-vous donc méchante ou fière?' "—Oh ! non, lui dis je.Oardca-la." VoilA comment j'é|>oiiaai Pierre.Paul Biliiaiid.ORAPHOLOŒE Le graphologue ne répondra, qu'aux lettres aoeempm- Réas de l'envoi d'un coupon de primes dn P*a*g-nr*.Nue correspondant* ut ooitv* pondante s no dulvont pas s'attendre a oe quo nous leur disions la bonno avculare.Leur caractère est tout ce que- nous noa-Tons connaître à l'aide de la graphologie.N'oosleur recoin mandons iiisUmment de roucher sur du papier non régie leur échantillon d'écriture, ct d'écrire couramment, commo pour on ami intime à qui l'on n'a rien à cacher.La signature cuinpliUc— nom et paraphons doit pas «tre omise, vu sit grande utilité' pour Pana-yso graphologique.Mi non.Minette.—Ksprit cultivé, ordre, beaucoup de .-nt'' et d'entrain, caractère entreprenant, rff et prompt : mais aimant cependant à ¦ occuper des petite détails : pa* innl d** volonté, amour du plaisir al de la liberté.Jeanne Myrande.—disposition a l'économie, amour du travail coquetterie, ordre, aime un peu la mise cn scène.Imagination active, pas mal de volonté.Annelt*.—Bon et aimable caractère, peu d'observation, économie bien entendue, amour du travail, un peu de légèreté et de frivolité, beancoup de volonté.Nakita.—Ordre, générosité, eireonspection.ne livrant rien au hasard, se trace uno ligue et la suit sans «n changer, amour-propre et bonne opinion de sol tnéme.en son lieu et place Le Balm i: Khumalguérit infailliblement les a flections do la gorge et des poumons.4 I CQ nLTIIY PDTMRniLTDQ J° fe"8"""*1*! lc 6™ud 8u0cè8 do po1 plftny°n- Nou8 «««verrons ce LLU L/LU À UULNilU.L morceau, avec accompagnement do piano, sur réception de 10 cents. Theatres, Concerts, Etc.ACADEMIE DE MUHIu.UK (Jette semaine : Dorothy.Semaine suivante : A Secret Warrant.QUEEN'S THEATRE Cette semaine : The Two Orpltant.Semaine suivante : Conn Hollov:.THEATRE RoVAI.Cette semaine: G ne IliWx, A'.Y.Star et Steve Jirodie.Semaine suivante : The City Sport*.THEATRE FRANÇAIS (Jette semaine : Lynwoad.* Nuns aurons un théâtre français |ierma-nent pour l'automne prochain.Un syndicat, uu capital tic $100,0Ull, s'est mis A l'teuvro et l'entreprise sera meuée A bonne fin.Espérons que les Canadiens-français ue seront pus apathiques au point dc forcée les directeurs A l'aire do co théfttre un théfttre anglais, comme il est arrivé pour notre Opéra français.Celte nouvelle salle s'appellera Renaissance-Theatre et sera située rue Saiiite-Catherine, vi» A-vie le Théâtre Français.Les étrangers qui von-* M.le professeur Joseph Saucier, récemment arrivé des Etats-Unis, vient d'être nommé maître do chapelle de l'église de l'Immaculée Conception.* Ceux qui, les années psssées, ont assisté aux concerts du Montreal Symphony Orchestra apprendront avec plaisir que cet orchestre a recommencé A on donner, vendredi dernier après-midi, le 14 janvier, ci que, pondant U saison, ii donnera une série do six Concerts.Le Symphony Orchestra so compose de 3fi musiciens de renom et est sons l'habile direction du professeur J.J.Goii'et, qui parle avec enthousiasme de ce qu'ils se proposent défaire.Lo programme sera ciioisi avec soin et en outre des morceaux classiques bien connus, un grand nombre de holies compositions, quoique moins familières, seront données.Ces concerts seront sans doute appréciés du public amateur de bonne musique.Au dernier concert, les morceaux suivants ont été spécialement remarqués : La symphonie No 11 d'Haydn ; le Ballet des sylphes de Berlins ; l'Ouverture de Guillaume Tell de Rossini ; le Chant hindou de Bern-berg, pur M.Saucier, superbement chanté ; la Rêverie de Hue, et la Grande fantaisie sur Faust de Gounod.Succès au jeune directeur, M.J.J.Goulet ct A tout son vaillant orchestre.» Mardi, le 11 janvier courant, devant une salle Comble, madame E.Brousseau a fait entendre un certain uombre dc ses élèves, aveo le plus grand succès.Le concert avait lieu danB l'Association Hall, au carré Dominion.Aux élèves de madame Brousseau étaient venus se joindre messieurs J.R.Dubois, 11.I'.Bruyère, Emory Lavigne, A.C.Lachance.Mademoiselle Desfossés qui B'estfait entendre dans deux morceaux, a été rappelée chaque fois avec enthousiasme.Cette soirée l'ait honneur A l'enseignement dc madame E.Brousseau ct A la perfection de sa méthode, tout autant qu'an travail et A l'intelligence de ses élèves.Rectifions en même temps une orreur LE PASSE-TEMPS que nous avons commise l'an dernier.Nous avions mentionné que le concert donné en 1897 par madame Brousseau était au bénéfice de ses élèvos ; pour rétablir les faits dans l'ordre nous devons dire qu'il n'en était pas ainsi.» Dimanche, lo 9, le populaire Cercle St-Louis donnait, pour les parents et amisde ses memhres, une magnifique soirée, A sa salle d'exercice, rue Plessis.Environ trois cents personnes assistaient A la séance.Les directeurs avaient très bien fait les choses ct les acteurs se sontacqui ttés de leurs rôles A la perfection.On a joué Robert l'assassin, drame en 3 actes de Ch.Buet.Le Cercle Saint-Louis donnera une représentation de cé genre tous les mois.Pour lo mois do février on est A monter te Voyage de M.Perrichtm.d'Eugène I-sbiche, » Le 18 janvier courant, eut lieu la reprise de la Vierge de Massenet, par l'association Chorale dc Montréal.Co fut, sans contredit, un des plus beaux succès artistiques de la saison.Le programme n'avait, pas été modifié.A l'exception du rôle do baryton qui fut rempli d'une façon magistrale par M.Jos.Saucier.Nous ne pouvons offrir que des félicitations bien sincères A l'habile directeur qu'est M.Alex.Clerk, et A toute la légion des vaillants amateurs qui l'ont secondé si généreusement.Sa grandeur Mgr Bruchési était au nombre d'S auditeurs, ot a semblé goûter infiniment l'œuvre de Massenet.Le public écouta religieusement et manifesta son enthousiasme A plusieurs endroits.Nos félicitations.* Un cercle de jeunes filles a donné, mardi soir, lc 11, une jolie représentation dra-matique et musicale, ¦lans la salle du Cabinet de Lecture, au profit d'une bonnet eu-vre.On a représenté 1"' Orpheline ", drame cn deu x actes ; " AsHaut de Soubrettes", opérette en un acte '', " Condrillon ", opérette en deux actes, puis la séance s'est terminée par un tableau rivant Il y a en chant par Mlles E.Cadoret, tu.Calder, K.Rondeau et L.Lochapelle, l.o piano était tenu par Mlles II.Casa-vant et F.Manteht, ct lo morceau d'ouverture a été joué par Mlle A.Vounier.* Uno ancienne connaissance tlo l'Opéra Français, Jf.Vérard ; remporte de beaux succès A Amiens, principalement dans l'air du TnreVdor, de Carmen, où il est toujours bissé.* Afme Rejanc est an Grand Théfttre de Nancy ; et l'ami Giraud, uu vioux de la vieille,oelui-lA, est A Angers.Il jouedans " la mascotte ", eto.LE MONDE ILLUSTRE, le plus ancien et lc mieux fait des journaux hebdomadaires illustrés, devrait être reçu dans toutes les familles canadiennes, s.s articles sont signés par nos meilleurs éarivains, ses romans sont marqués au coin de la haute morale et l'exécution typographique en est des mieux réussies.De pliiB, $200 de primes sont distribuées tous lee mois parmi les abonnés.Abonnement, $3.00 par année.Adresse, le "Monde II lustré ", Montréal, Can.Voir la liBte de la Mubiqub dejX i'arue dans i.e Passe-Temps, page 459.MONTRÉAL Dimanche, le H janvier courant, Mlles Bernier recevaient chez, elles, ruo Drolet, » Le mémo soir, chez Mlle M.Jcannotto, rue Sherbroke, très jolie soirée.I.C8 invités, tons pétillants de jeunesse ct d'entrain, ont semblé s'amuser délicieusement.* Samedi, lo 3 janvier.Mlle Corinne Ga-gnon recevait chez elle, rue Saint-Denis.* Lc jour des rois an soir, très jolie soirée cher.Stile Annette Saint-Pierre, rue Berri.* Mlle Antoinette Dozois recevait, le 6 janvier courant, me St.André.On mangea legftlenu (les rois.M.Jos.Bérard, étudiant eu droit, et Mlle Emma Vallée, deOgdens-burg, furent les hourcux souverains.* MllcGttbriello ('adieux, square St-Louis, avait rassemblé ses nombreuses connaissances pour lc jour des rois.* Encore le jour des rois1 Mlle Marie Loui-He 1^'bieuf, recevait chez elle, ruo St.Denis.* Toujours le jour des rois ! ! Réunion chez Mlle B.Loniioiix rue du Champ de-Mars.Lc traditionnel gftteau fut mangé A l'unanimité.La raine fut Mlle Louise Ouellet, et M.C.Langnlivr, de Québec, fut lo souverain trois fois heureux ! Leur royauté éphémère fut toute de mansuétude ot do coiirtoi-ic.* l« 12 janvier dernier.Mlles Sabouriu recevaient chez elles, Avenue Laval.* IjC 13 janvier, charmante réunion chez Mlles Bcluoiirt, rue Saint-Denis, * Dimanche soir, le lli janvier Courant, "Surprise party ", chez Mlle Odile Labbé, ruo St.Hubert.* Trouvé au patinoir "Le Montagnard ", le journal d'une jeune fillo.Nous le publions tel qu'il est afin de pouvoir le remettre A qui do droit.Lundi.—Aujourd'hui, première fois au patinoir.tombée sur le nez.Mardi.—Deuxième fois.beaucoup remarqué, mon costumo.lombéeeur lo poignet droit.•• ft pen près refoulé.Mercre H -h -h J* i j ipp=Ê Ont re - cou-vre, "There i* a Hong leur li ¦ 1er - te of joy and lib per-du - - e er -ty,, f De tes en-fonts chan-te la de - - li-vran - ce" Let iim gi'eflt ^ .de - liv^rance now, .t«H " 1"6 m p t cresc.li'nM - - ma - ni - té donnet it cha - cuti ses droits,.Il în of out hn - mau ^ - ty a pat-t,.-4 0 Par Let cha ¦ ri ¦ te, le Dieu de Beth • le em,.un re-joiee 0 God of Beth - le - hem.$ ¦9- Ef 'u lumière est à cha - cun A light di-vine, thatcoines.Gh, Lord ren - due; from thee.3S 5 A In • tec tii /ci t'ap-porjàlÇ, praise to thee our grateful pr - ritnr-are swell Que Let TO rre voir a no • tre voix ryheart his praise be glad pon - de Holy sing - ing Ho 4k Que .Let vo ¦ tre voix à no - tre voix ev' - ry heart his praise be glad >e-pon de Ho ly wing - ing Ho Be' - ni ee-lui 'qui vient sau.-ver It mon Iff jto s r ?_ — * v-1-1 FTth—\ WrH-tf-.4 s a •— *- — k-7 rgando -§- - =*=S « largo.-, r~ > ¦ ¦—o—i - 1 »- sa ^x.; , Tempo $ ft J * hH 1 F Ka_o—w_J»f- i- « .«te.»___ • iue\.— .-*¦ _ _ _ =6 ¦Pi n*27 5gs 3 or lasttbne.Et- BOèlX SOUVENIR ROMANCE OTTO ZIMMP.RMANN Op.62.PIANO.< Ted.îfc Ted.Tea.% Ted.% Ted.> Ad: * ' Si* Ted.% ÉÉ •a 2 a tempo.Him.3E5È T 15 .m.±. LE PASSE-TEMPS tia LE PASSE-TEMPS Adolphe D'Ennery* DEUXIEME PARTIE VI expiation (truite) Quelle cruelle et impitoyable fatalitù s'ntlachc donc à moi, pensait-elle, pour qu'ainsi succombo chacun do ceux qui ont compassion de mon malheur I Mis en déroute, los loups qui avaient survécu à la tuerie, s'étaient élancés u la poursuite du traîneau et allaient inévitablement l'atteindre, quund les rennes arrivèrent sur le bord de In petite rivière.Dans leur nllblcmenl, ils n'avaient pas hésité u se jeter h la unge, mettant ninsi un obstacle entro eux «t les loups quo leur horreur de l'eau arrêta brusquement Bttr le bord du la rivière.l.e ttnlnciiu transformé on un frêle esquif disparaissait à dumi, sous le poids du corps do Thérèse.Quand il fut arrivé nu milieu da courant, lo liusiird voulut qu'il rencontrât un lit de sable sur lequel il put glissor, giâce nux elfort* désespérés que multipliaient les doux rennes.O'est ainsi que los courageuses bêtes puront atteindre l'autre bord ot reprendre, au hasard, leur course, traînant toujours lo véhicule qui cahotait contre dos obstacles : pierres, toutes d'herbos ou buissons opiueux, sur le sol couvort d'il no végétation sauvage.Qu'était devenu, poudaut co temps, le missionnaire quo nous avons laissé nu moment oil les loups élnient près do so précipiter sur lui Certes, il n'avait juinais ou la ponséo qu'il pût se détondro longtemps contre tant d'adversaires qui s'acharneraient contre sn personne.Sa seule préoccupation avait été do tA-cher, en les nitirant par ses cris, que les carnassiers laissassent le traîneau s'éloigner.Et s'il prolongeait, en so defendant a outrance la combat duquel il no pouvait sortir vainqueur,c'étnit uniquement dnns le but do donner aux rennes assez d'avance pour no plus fitre rejoints.Aussi, tenant une hache d'une main ct lo harpon do l'autre, s'était-il campé do façou a résister au premier choc.Et de fait, de deux coups vigoureuso-monl appliqués, il avait étendu à ses piods los deux premiers assaillants.Puis, après ce succès inespéré, il s'était précipité sur la troupe, courant ainsi au devnnt du dnngor.Pour lui, c'était le moment suprême do l'expiation.Et eu recommaudaut sou liiuo a Dieu, il pensait : —Celui qui juge, absout, ou punit, a pris cn pitié colui qui n'a cessé do se repentir ! En permettant que je msnrc en accomplissant uno œuvre pie, il m'envoie nne suprême félicité I.Qu'il cn soit béni ! L'heure de la rédemption n'avait pas sonné pour co repentant quo les remords n'abandonnaient pas ! Toujours est-il qu'un miracle qui, soul, pouvait sauvor In missionnnire so réalisa.Alors qu'il n'avnit a espérer aucun secours, dans cette immenso solitude, ce secours lui arriva, l'improviste, comme s'il lui fut tombé du ciel.Au moment où la bande des carnassiers revenait sur lui, avec uno nouvello fureur, des coups do fou retentirent.En mémo temps plusieurs lonps, attaints par les balles tombaient, poussant des hurlements do douleur.Revenu do sa surprise, le religieux cherchait des yeux d'où lui venait ce secours inespéré, qunnd il vil tout à coup déboucher d'un bois voisin uno troupe d'hommeo armés do fusils et qui escortaient un traîneau, altolé de deux couples de chiens.Ces sauveurs qui se précipitaient a son secours étaient les passagers et les matelots qui -\ i -i-!!' trouvés avec Thérèse dans la chalonpo de l'Abeille et qui, a-près s'être m: - inutilement à la il«s leur avait adressées.Thérèse, disons-le tout do suite, avait été rencontrée par des hommes appartenant A uue dea nomhrouBes tribus de Peaux-Rouges, ls plupart nomades, qui occupaient tout un immense territoire s'étendant depuis le Lac Michigan jusqu'au pied des Montagne»-Rocheuses.Quelques-unes do ces tribus étaiont inoffensive8, tandis que d'autres, plus nombreuses, étaient continuellement en guerre, soit avec des tribus de Peaux-Rouges, soit avec les colons qui venaient s'établir dans ces contrées, pour y fonder des établissements, des comptoirs et des villas.Les Indiens dont ces derniers voulaient conquérir les territoires, los appelaient les " Visagcs-PAlts".Et lorsqu'ils étaient vainqueurs, ils no faisaient pas quartier A ces ennemis qui n'étaient pas de leur race, pas plus qu'ils n'épargnaient les prisonniers de mémo sang qu'eux.Les uns comme loi autres étaiont impitoyablement mis A mort, après avoir été préalablement scalpés ; et on leur faisait subir d'atroces supplices.La tribu des Peaux-Rouges qui avait capturé Thérèse s'était fait redouter entre toutes, par l'humeur guorrière qu'on lui connaissait et U férocité dont elle taisait prsuve pendant les combats.Chaque jour des détachements partaient en maraude à une assez grande distance du camp.C'était une de ces troupes qui avait surpris la jeune ii II- pondant son sommeil.A mesure qu'elle reprenait son sang- froid, et cherchait A se ressaisir, Thérèse b» rendait compte de sa situation.Elle n'avait, se disait-elle avec effroi, échappé à un danger que pour tomber Dans un autre.Et qui sait si celui-lA n'était pas tout aussi dangereux.Après avoir failli devenir la proie de loups affamés, elle se voyait A présont prisonnière de sauvages.Et c'est après plusieurs jours passés nu milieu dc ces barbares qu'elle parvint A s'échapper, gràue il la complicité de Knï-nara, femme blanche qu'avait épousé lo chef de IA tribu, Rama-Dama.Et c'est sur lo cheval de ce chef, que Thérèse avait pns la fuite.Mais un eauvage, Lao-Paw, amoureux de Thérèse, Boupçonnant son évasion, sans prendre le temps de jeter l'alarme, avait sauté sur son cheval avec lu légèreté et la souplesse d'un cavalier consommé, il le lança au galop dans le sentier qu'avait dû forcément suivre, pensait-il, la fugitive pour gagner la lisière do la forêt.Dans sa furonr a activer l'allure du cheval, Lao-Paw laissait des lambeaux de sa chair aux épiues des buissons, et les branches basses lo cinglait uvoo violence.Mais il n'en continuait pas moins à presser des genoux et de» talons les flancs de la vaillante bête qui, poussant des hennissements de douleur, passait comme un cheval fantôme entre les arbres.Quand il fut arrivé ainsi nu buut du sentier, Lao-Paw parcourut du regard la plaine qui s'étendait devant lui ot aperçut la fugitive, rapidement emportée par le cheval do Rama-Dama.11 fallait rattraper l'avance quo lu fon-guoux animal avait prise ct, sans donner A sa monture lo tomps dc souiller, Lso-Pnw la remit au galop, l'excitant do la voix, couché sur lo garrot, afin de diminuer le poids de son corps.Iji poursuito commençait, poursuite effrénée, pour laquelle il semblait quo les deux animaux rivalisaient d'ardeur aveu ceux qui los montaient, ii en juger par leurs hennissements répétés, commo en échangent les chevaux sauvages qui s'ex-oitent A la course et se provoquent A ln lutte A outrance Du même sang, également vit.-» ot tous deux fortifiés par uu long repos, ils pou vaient fournir uno b-ngue courso, sans que ni l'un ni l'autre parvienne A obtenir un avantage sérieux.Le cheval de Rama-Dama conservait son avance, en dépit dos efforts de Lao-Paw pour enlever sa bêto.U semblait que l'animal que montait la fugitive, ne sentant pas la main, en so retrouvant dans la plaine et foulant l'herbe dos pftluragcs oit il était né, eut galopé en animal domestiqué qui a reconquis sa liberté.Il dévorait l'espaco sans que Thérèse eut, un seul iustant, songé ¦¦ précipiter son allu e, eD l'attaquant, suit par la bride, soit par les talons.Lao-Paw, au contraire, no cessait de demander à son cheval de nouveaux ot plus vigoureux efforts.Et grâce A son énergie et A sa façon do montor en cava- lier habitué A faire la chasse aux chevaux sauvngos, il avait fini par faire rendre à sa monture tout ce qu'elle pouvait donner.La bête affolée gagnait maintenant du terrain A chaque foulée.Lao-Paw pouvait se croire désormais certain do reprendre la fugitive ; et dans la joie du triomphe, il poussait dos cris terribles, avoc l'intention do terrifier la jeune fillo et do lui faire perdre les arçons.Jusque IA, en effet, Thérèse avait pensé que los Peaux -Rouges do Rama-Dama no s'ei licni pas mis A sa poursuite et elle so fiait sur la vitesse do sou cheval pour la mettre bientôt hors de danger.Les cris qui lui arrivaiemà travers l'espace vinrent tout à coup l'épouvanter.Elle se retourna, et en se voyant sur lo poiut d'être serrée du près pur le cavalier qui lui donnait la chasse, elle lit appel A tout ce qu'cllo avait d'éuergie.A son tour elle cherchait A pousser son cheval.Aux cris de Ijio-Paw olle répondit pur dos cris do terreur qui affolèrent sa monture.Alors oettu jeune fillo qui n'avait jamais monté ii cheval su trouvant dans la cessité de faire prendre A l'animal l'allure la plus rapide, lùuha la bride, ss cramponna des dmix m lin- ii lu crinière, «t instinctivement se coucha sur le cou du cheval afin do no pas perdre l'équilibre.Dans cette position, ello continuait A frapper de vigoureux coups do talon les flancs du fougueux coursier qui bondissait n ces attaques incessantes.Tous les efforts de Lao-Paw ne réussiront qu'A lui faire garder lc terrain que l'animal qu'il harcelait avait pu-gagner dnns un rudoublemout do vitesse Los deux chevaux conservaient main-teii.int leur di.-tan.-e.snns avautago appréciable ni pour l'un, ni pour l'autre.Et cetto poursuite coulinui dans les mêmes conditions jusqu'à ce quo les deux bêtes, couvertes d'écume ot soiitiluntnvec violence, les poumons épuisés ct les jarrets tremblants, ralentirent l'un ot l'autre leur allure, malgré les vigoureuses attaques dont on no cessait de les accabler.On avait travorsé, dans toute sa largeur, une plaine immenso, bordéoau rond par un rideau d'arhros.Plus loin, on so retrouvait encore eu plaine, après avoir traversé uue partie dc buJB qui s'avançait on promontoire dans un océan do hautes herbes.Mais A présent, lo sol était coupé de distance ou distance do petits cours d'eau que los chovaux étaieut obligés de Iran-ohir.A chacun do ces obstacles qni retardaient la pouisuito, Lao-Paw poussait des .-ii - do rage et sa fureur débordait eu tor-rifiante3 monaaes.Iax suite au prochain numéro.Chaque demando de numéro-échantillon devra être accompagnée do 10 cents.Nous acceptons les timbrosdu Canada el des Etats-Unis.Demandez le Corset P- C.-En Vente daus tous les Principaux Magasins LB PASSE-TEMPS deux vieux hf\ VIEILLE NOMAS* MIMTAtRK IMÉDIT (fUit,) L'ordonnauue mi rodressu de toute an hauteur : —Mon général, que voua ai-je fait pour que voua m'innillio/ ' —Ne t» facho paa, mon liravo, tu res leraa avec moi,—dit .lean Héric en tendant la main h Pierre.—tu ne mu quitterai paa.—Alow,—déclara le lieutenant,—personne no partira, mon général.—Jeune homme, jo ne vous ni pan d.mandé votre nom ; qui ètes-vous I —Je me nomme.François t'aradec, répondit le lieutenant surpris ;—avaut ln guerre j'étudiais lo droit ii Paris ; je me suis eng-gé dans une compagnie franche oh j'ai rapidement gagné les galons de lieutenant.Mon pire est un avocat très connu du barreau d» Konnes, —Jo connais ce nom,—Ht lc général — Eh bien, monsieur ' nrudec, écoutez ce que je vais vous dite : Dans quelques heures, quelques instant» peut-être, nous allons être attaqués et je me ilonle fort que, malgré notre coinage, uous serous débusques de la maison et coiitrniuts dc nous réfugier daus cette tour Iji porte eat solide, elle résistera, mais les Allemands par viendront tût ou tard A l'enfoncer ct ils auront onlin rnisou dis quelques hommes que nous sorous encore ici.Je suis que uous voudrons nhèremciit uolre vie, mais après! François s'norin : —Nous serons morts pour la France : —Sans doute ! Pourtant no vaut-il pus inieux vivre encore et la défendu' Of, pour continuer ln lutte, il faut échapper à une mort glorieuse, mnis inulile.Donc, moi, Jean Héric, géuéiul dc brigade, j'ordonne que les survivants battront eu retraite par le souterrain, et vous le premier, lieutenant.si vous êtes du nombre.Vous aller le jurer, monsieur, le jurer sur l'honneur, sinon je vous enlève votre i-i.ct vous fais conduire hors de colle maison.—Sur mon honneur, j'obéirai.—Hien, jeune homme, j'y compte et songez aussi k lu mission que je vous ni confiée.—Mais encore, mou général, pourquoi restez-vous aveo Pierre 1 Jean prit la main du lieutenant et la lui serra affcctm-n-wiu ni —Enfant !—dit-il doucor.eut,_nous nvoUB, Pierre «t moi, chacun plan de quatre-vingts nus, nos lu :i- sont débiles, nous ue sommes désormais bons ù rien, excep té li bien mourir.Voici donc ce que j'ni décidé.Lorsque les survivants seront partis, qu'il n'y uuru plus dans ln tour que nous deux et le.Allemands, j'appro Voir le No 78.cherai nnn-mèche de ces barils qne vous voyez nu fond de cotte salle ot qui soul remplis de poudre, ot nous sauterons ensemble.Cela te va-t-il, mou vieux Pier roi —Parfaitomeut, mou général.A présent,—ajouta Jean Héric,—comme je puis Être tué pendant l'action, re-tenet bieu la manièro d'ouvrir et de refermer lo souterrain.11 suffit d'appuyer fortement sur le centra de cette rosace.Est-ce compris?Moi mort, les survivants filent et toi, Pierre, tu reste pour faire sauter la cambuse.C'est entendu 1 —Parfnitumcut, mou général.'eau prit alors un grand drapeau déposé dans un angle de la salle ct lo tendit A son ordouuanco.—Va l'arborer sur la plale-foiiuc, il faut qu'eu an i vaut les Allemands npei ç.oiveut lo pavillon do ln France llottanl au-dessus do notre vieux donjon, -l'ai idéo qu'ils n'iront P"* b' décrocher.IX Le jour s'est uiilin levé sur lu campa gue couverte dc neige.I.e manoir apparaît Kombro et clos, avec ses limits combles d'ardoises dominés par lu plale-for-mo du la vieille tour, au sommet de laquelle uu grand drapeau tricolore ola que tièrviiieul A l'âpre brise dc dtie.einluv.qui fail s'entrechoquer avec uu sou cristallin Iea aiguilles chargées de givre des sapins du la ferét.Nul autre bruit lie trouble lo silence do co paysage moriic it quasi-funèbre.Cependant une oreille exercée percevrait connue un très va gue, très lointain roulement venant, du fond des bois.Co moiivemeut s'ucceu tue el bientôt ou distinguo nettement les pns d'un- troupo sur la ucige glacée.D'autre part, il s'élève une rumeur dor riète les mure de la gentilhommière, naguère, aussi muette qu'une tombe : La poterne a été solidement fennec après avoir doliué passage aux deux sentinelles qui se sont repliées.Le rez-de-chaussée cal évacué, chaque ouverture esl murée ou barricadée et, derrière les fenêtres dn premier étage, les fraucs-ti-reiirs attendent, l'uni au guot, le doigt sur la gùulii-tte du clnissepot.Maiutouuut le chemin est couvert de soldats qui, sorhint do9 bois, s'avancent prudemment vers la vieille demeure d'où part, tout A coup, une mousqueterie bieu nourrie.Les i.- nil.un- approchent U-ujours, malgré les otl'ets meurtriers de la fusillade, leur Ilot bat lo pied de In muraille, s'écrase contre la porte charretière et la poterne qu'ébranlcut les coups de crosses et qu'ontamont les coups de hache.Mais les vieux huis sont solides ot le tir rapide et sûr des assiégés n bientôt repoussé ce pnunii-r assaut.Les Allemands su rutirent dans le bois, laissant le sol couvert de morts el de blessés.A l'intérieur du manoir, l'enthousiasme est à son comble : lo général exulte, plein de joie.—Bravo, enfants I Nous lea nvou» bien reçus, ces mangours de choucroute.Mille bombes I comme ils ont tourné ca-saqiie Mais ce n'est quo le prorata acte du la comédie, ils vont rovehir plus nombreux.Tant mieux ! ou on tuera davantage.—Attention !—uriu le liouteuant,—voilA uno compagnie qui arrive an pas gymnastique.—Laissez approcher,—dit Jean,—ue tirez qu'A coup sûr.Les francs-tireurs appostés aux fenêtres de la route ouvrent alors le feu sur la colonne d'nttaqiio ; cello-oi riposte vigoureusement tandis quo des sapeurs font sauter la grnndu porte avec un pétard.1.09 Allemands envahissent la cour, mais là encore ils reçoivent une terriblo décharge qui arrête un instant leur élan.Lu façade eu équorru du manoir se dresse devant oux, aveo ses raros feuotros murées ot crénelées ot son unique porto bas se, loulo garnie du ferrures et de gros clous A tête do diamiint.Des sapeurs veulent la fuiro suuter, mais ils sont nussitût abattus.Chaque coup de fusil dos assiégés porte dans la foule toujours croissante des Allemands Les cadavres couvrent lo sol, s'entassonl devant la porte.Cependant uu ofUuiur, suivi d'une tren-laine d'homme-s, sorl du la cour pour tourner lu position.Il doit d'abord essuyer lo fuu dus funélres donnant sur lu roule et cela lui coûte cinq soldats, puis il est arrête pnr l'élaug et rocouuult l'im possibilité d'attaquer sur eu point le vioux manoir, dout les murs, presque sans ouvertures, -lui.!, m inexpugnables.Tout l'ell'ort doit donc être porté du CÔté du la cour ; l'otlicier y retourne, mais il laisso encore trois homnios sut lo chemin.- -Mon général, -dit François Carudou.qui tiraille A l'uuo des fenêtres,— voici une compagnie de renfort avec dos fasci nés.— Hravo ! ils vont uuliu donner l'assaut.Aussi biou cela devient monotono du les caiianlur ainsi, ù l'abri.Iji vraie fête commence ! Tout joyeux, le vieux brave, écartant le lientcnnnt et un frauc-tirour, s'approche de la fenêtre et regarde dans ln cour.Dix coups de feu retentissent .lus balle* viennent s'aplatir sur le mur autour de Jonu Héric qui, so penchant oncoro davantage, soulève son grand chapeau galonné et crie d'une voix formidable : —Vive la France ! —Vous allez voua faire tuor, mon général,—dit r'rançois en le couvrant do son corps.—Ils sont trop maladroits ! Fou sur cette canaille I I ! Et la fusillade recommença, meurtrière, sur les Allemands quo In soudaine apparition do Juan Héric ii la fenêtre semblait avoir frappés d'étonnement.Pourtant lus fascines s'nmoncellent dc vaut lu logis, offrant un abri aux sapeurs qui font il-'i - sauter la porte.Le rez-de chaussée est envahi, mais au promior éta Demandez le Corset P- C.-Bn Vente dans tons les Principaux Magasins LE PASsE-ÏEMre ¦go, les assièges tirent, à coup sûr, par îles ouvertures pratiquées dans lu plancher et leur feu arrêto encore une fois les Allemands.Ceux-ci gagnent néanmoins l'escalier, un étroit escalier dans lequel la fusillade fait rage et qui, bientôt, est tout rempli de blessés et de morts.En haut, le général, François, Pierre et cinq frnnci-tireurs sont encore debout, sains ut saufs, les autres ont élé tués Oroupéa maintenant devant la porte du doujon, ils font uue deuxième décharge dnns la cage do l'escalier, puis, obéissant à l'ordre formel de Jonu Héric, chacun entre k son tour, les hommes d'abord, ensuite Piorro et François.—Venez, mon général.—Encore un moment Le flot des Allemands débouche do l'escalier, alors Jean ajuste lentement avec-son pistolet uu officier bavarois qui s'a vance le premier,et lui caaso la tête.Puis il disparaît lui aussi par la porte, dunl It lourd battant bo referme avoc uu grand bruit de ferraille.Et sn forte voix lance aux Allemands stupéfaits un second cri de : " Vive la Franco I " X Les coups de crosse battent l'épais panneau de ohéne bardé de fer, el derrière on entend les cris de rage des assiégeants.Ces cris, ces heurts furieux font rire aux larmes le vioux Jean Hério et cette hilarité gagne les francs-tireurs, qui adorent déjà le général ot sont fermement résolus à so fnire tuer jusqu'au dernier i\ ses côtés.—Hoin, mes enfants !—leur dit-il,—lu tour est bon et los gueux trouvent visage de bois.ot de for.Mais nous allons lour pu jouer nncore un meilleui !.Alors il piesso le ressort secret et, montrant aux hommes, surpris, l'entrée du souterrain : —Droit dovant vous et sans tarder, cn n'ost pas fuir, camarades, c'est battre en retraite.—Mais vous, mon général t —Je reste avec Pierre ; nous avons encore doux mots à dire aux Allemands «t cola no vous regarde pas.Allons, lieutenant, lo temps presse, n'oubliez pas ma lettre et donnons-nous l'accolade.En vous embrassant, j'embrasse nussi vos compagnons.Mais partez, sacré tonnerre ! Los cinq hommes se consultent et l'un d'eux prend la parole.—Mon général, si la fuite est possible, fuyex avec nous, ou si vous restez, nous restons.Joan Héric fronce ses gros sourcils : —^acroblou I f.le camp, jo vous l'ordonne, au nom do la France qui n besoin de tous ses enfants, l.ieiilenunt, emmenés vos hommes ; est-co vous qui oserez désobéir à un général t François, Caradec nt ses uinq francs-tireurs voirnt que rien ne snurait décider le général à les suivre ; cependant, ils hésilent encore, ils ne pouvant se résigner à abandonner ainsi les deux vétérans.—Lieutenant,—crie Jean Héric,—j'ai votre parole d'honnenr.NOEL AUX QUATRE VENTS, I.c jeune homme dont les yeux sont remplis do larmes, fait le salut militaire : — Mou général, je vous obéis.—C'est bien, mille bombes ! Aller., mes enfants, et vous, monsiour Caradec, prenez ce sabre : jo l'avais à Leipsig, à Champaubert et a Waterloo ; faites-en bon usage pendant la campagne ot portez-le ensuite, en même tomps quo la lettre, vous savez ou.Et lo vioux brave tend son sabre à François qui le tire ot le bai«e pieusement sur la lame on disant : —Mon général, je no le remettrai au fourreau qu'à la paix, pour le déposer ensuite entro los mains de qui de droit.Adieu, mon général.Et, suivi do ses cinq hommes, il s'engage, une lanterne ù la main, dans l'étroit escalier du souterrain.Des coups furieux résonnent toujours sur la porte de fer sans parvenir à l'ébranler.Lorsque le dernier franc-tireur est disparu, Joan Héric fait jouer do nouveau le ressort caché ot la lourde dalle do granit se replace lentement : —Bon ! voilà les oisoaux envoies.Mainlenant, mon vieux Pierre, tandis que nos camarades gagnent au pied et que ces brutes d'Allemands s'acharnent contre la porto qui tiendra longtemps encore, faisons nos derniers préparatifs pour les bien recevoir, quand ils l'auront enfoncée.Ne nous pressons pas, nons avons le temps.La salle oit se trouvent les deux vétérans est circulaire, voûtée en piorres, ot les murs tout nus, anus lambris, ni tapisseries, n'ont quo trois ouvertures, uno fenêtre et deux portes à ogive surbaissée.I, uno des portes est collo que battent les ennemis, l'autre communique avec les étages supérieurs pnr un escalier pratiqué dans l'épaisseur de la muraille.La fe.net re étroite est défendue pnr une grille à barreaux épais et serrés, à travers lesquels lo jour brumeux de celte matinée do décembre passe k peine.L'obscurité serait quasi complète si Pierre n'avait allumé deux torches de résine on dos bras de rcr fichés dans la muraille.Elles éclairent d'une lueur d'incendie cette vaste pièce, meublée seulement de doux bahuts gothiques, de quelques escabeaux ot d'une grande table sur laquelle brillent dos aciers de sabre», de fusils et de pistolets.La porte résonne toujours sous les coups do sapo des assaillants.—Boule les barils sous la table, — dit Jean.—Il y en a I.—Cinq, mou général, tous pleins de poutre.—Do quoi faire sauter la cambuse Dé-fonces-en un avoc précaution pour ne pas répandre la poudre ; il no faut sauter qu'au bon moment.Bion, maintenant, apporte deux sièges, asseyons-nous et attendons quo In porte cède.XI Lo général nt son fidèle Pierre sont tranquillement assis à la grande table, presque adossés au mur, justement ou facn de la porte derrière la- quelle on entend las cris des Allemands ot lo bruit dos haches, des pinces, dos leviers mordant les ferrures et entamant les panneaux.—Attention ! — dit Jean Héric, — la porte cédera dans dix minutes.Alors laisse-moi faire et souviens toi seulement de décharger ton pistolet dans le baril défoncé quand je crierai : '¦ Vive la France I " —Compris, mon général.—Maintenant, mon vieux compagnon, embrassons-nous.—Ali! mon général.Et ces deux héros qui si souvent jadis ont afironté lo trépas sur tous les champ» do bataille de l'Europe, et l'attendent au jourd'hui avec la même sérénité, l'un revêtu ds son vieil uniforme chamarré, constellé do croix et do plaques, l'autre sous sa veste de gros drap, avec seulement, à la boutonnière, la sombre médaille de Sainte-Hélène ; ces vétérans inséparables depuis plus de soixaute années, lo général ot le soldat, égaux un instant devant la mort qui va les prendre ensemble, se donnent uno ultime et fraternelle accolade.Un ori do triomphe, c'est la porte qui cède : le lourd battant disjoint, arraché do ses gonds, s'abat avec un grand bruit sous une formidable poussée ot, par la baie do granit, los Allemands se ruent dans la salle.MaiB ils s'arrêtent à l'outrée, étonnés de ne trouver que deux vioillard debout derrière une table couverte d'armes ; l'un l'épéo à la main, en un uniforme suranué mais qui lour en impose, l'autre le pistolet nu poing.Co,.>cndaut quelques fusils se sont abaissés mennçnnts, lorsqu'un commandant les rolève avec son sabre.—Mon général__dil-il en un français très correct,—inutile do prolonger la resistance ; j'ai dorrièro moi trois cents hommes et j'attends dos renforts.Rendez-vous avec vos francs-tireurs.—Commandant,—répond Jean Héric, —mon compagnon et moi sommes seuls ici.nous ne nous rendrons pas.—Mon général,—insiste l'officier,—encore uue fois où sont vos francs-tireurs t Rendez-vous où jo vous fais tous passer par les armes.—Monsieur, je vous répète qu'il n'y a que deux français dans cette tour, mon ordonnance et moi.Nous avons tousJes deux bion plus do quatre-vingt* ans en voici tantôt soizante-dix que nous sommes rencontrés pour la première sur les champs du bataille avec vos c patriotes.Nous sommes outrés tam battanl8 à Berlin ot In botte de notre perour a rudement foulé i otro sol ge nique.la mile au prochain numéro.UNE OCCASION Collection complète du IHotionnaire traitement du rhume par le Baume VltiMAi, soulage de suite ot guérit rapidement.Seulement 2ôo la bouteille.• LES IDÉES DE OBAND'MÈKE i.ks taches On se plaint souvent de ne trouver an con proiYdé efficace pour l'enlèvement des tarhes : il suffit rerendant dans la plupart dis ess de connaître le traitement i li n r a| pliquer.( i mine elles dillêVent de la nature, ou ne (eut les t mit, r de la même façon.l.i s taches se classent en grant*, chimiques, millet et timplet.Les pri niièrcs sont produites par le cou-tact de corps (iras.Ce sont les plus difficiles à faire disparaître ; prrsquo toujours il reBte une rmpreinte m façon d'oréole que la moindre poussière accentue.Tout d'abord brosses soigneusement la place a détnrber et entouitz-la de plâtre en poudre qui absorbera la substance dissolvante et empêchera la formation do l'o-réole.Il ne faut pas confondre ce pl&tre tamisé avec lo plAtre ordinaire qui est blanc.Celui, qui sert au nettoyage des étoffes est gris&trc ct très grenu.On le trouve < liez Us plâtriers et lès marchands de couleurs.' Après avoir isolé la tache, imbibe» le tissu abondamment avec une petite éponge.Quand il sera parfaitement arc, un coup de brosse iule vera le piètre.Les meilleurs dissolvants connus sont le fiel do bœuf étendu d'eau, la benxine et l'essence de pétrole.Les tm lu s de bougie qui se rangent dans la catégorie des taches grasses exigent quelques précautions dans le nettoyage: il faut d'abord gratter la tache pour enlever le pluB possible de stéarine; le reste disparaît sous l'application d'un for chaud et de papier buvurd.Ce qui peut encore rester du corps gras s'enlève a l'aide d'une petite éponge imbibée d'un dissolvant ou •lis; rit il,.\ in.Se traitent de même les vernis, la résine, la poix, etc.La terre rie Summieret, aorte d'argile absorbant, est excellante pour le nettoyage des bijoux, dis gants, etc.Los gants de peau se lavent dans la neufaline comme les gants de fil dans l'eau de savon.Les taches chimiques (rouille, nitrate d'argent, encro, fruits, etc.) ne disparaissent que par l'application de substances chimiques : les taches de fruits sur le linge s'enlèvent grâce à l'eau de javelle ; sur les étoffes de couleurs, l'ammoniaque liquide réussit fort bien ; uno application de chloroforme restaure la couleur ; les au-très par les cristaux d'acide oxalique, vulgairement sel d'oseille, ou encore par l'acide tartrique.Voici comment on opère afin d'éviter de briller le linge : Au lieu de faire dissoudre les cristaux dans l'eau, faites bouillir de l'eau et exposez à la vapeur la partie tachée sur laquello vous poudrez lo sol.Les tnches mixtcB (bouo, lait, etc.) se traitent ainsi : Enlevés avec soin toute la poussière, laves A l'eau et en dernier lieu serve» vous dos mêmes dissolvante que pour les corps gras.Observe» que l'eau chaude, excellente pour dissoudre le Bucro sang ot l'albumine du Bang, et rend la tache a peu près in-délébilo; par conséquent il faut se servir seulement d'eau froide.UNE BONNE AUBAINE Les affections de la gorge et des pou-monB ne résistent pas au traitement par le Baume Bhumai.5 BOITE AUX LETTBE8 ¦HT Nous rYi rnili n* ci-dt»om ft plusieurs lettres ti'ln >¦e).Ne parles pa* de mon courage (Lea Cloche* de Cornu vil le).Q av o t te- D u chesse.Ne le 6|S l|3 4|> 3jC }||.$|S 3|0 at 2K jf .1,3 cj Cette nouvelle méthode se comnose d'une simple baguette sur loqiiel'.Kot mnrqui'ex toutes les nlefs i v muriquo.A l'aide de cette nouvelle méthode, nous garantissons q a ans personne'" peut apprendra toïi» \im\ ac^ordii sans 1 aide d'un professeur, et cela, dans quelqti— jours.XI n'est pas n^fessairn que ta personne tacha la musique.La baguette est marquée de slgnett qui pennnttent ji.g 332 RUE ROY Fournil u rc* de toilette pour bureau : fi eesule-aiatDj par aemaloe.Baron, rira**- ate.Abonnement : 35 cts par semaine Berri o» Irréprochable Mandolines a 12 Cordes.Mandolines forme» Ouitara Mandolines à 4 clé», (haute» nouveauté*»' Mandolines ordiaairea de $4 00 i (40.00.GUITARS, VIOLONS.CORNETS, FLTJTBS, Etc.Rte.A pii» réduits pour le» fêle», chez OF3.WIYJII^iHB .35 Cote gt-Lambert MONTREAL LE eA/NARD Journal Hebdomadaire Humoristique Contenant Huit page de Bons Mots pour Rire Rt une Belle Chanson chaque semaine.Abonnement (strictement payable d'avance).50 cts par année.Hut eaux et ateliers : 1798 STE-CATHERINE, MONTREAL A.P.PiORON, Editeur- ProprUtair,.N.B.— Les timbrée Canadlena al Amerleaiaa aonl ¦iiiiHï, Dr J.G.A.GENDRE AU fjniH URQIBH-DKyTIHTB 20 Rui St-Lausint - Montreal.Tel.B-lt 981» DcntiéTt en Vu'ca-ite et Aluminium faite d'aprtë 'en prttetdt* Un p'tl» •r
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