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Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 4, no 98
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1898, Collections de BAnQ.

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PER P-26 EX.2 S ,E PASSE-TEMPS IvTUSICflLt, MTTECAICE et FANTAISISTE AR0NNEMENT8: i Pour 1'Arafrlqua : Un an.|1.60 : six molt.7S m< I Pour .'Europe.: Un an, 10 tn : tlx moU, 6 tn ' p1tabli l.'u'.v.i: Ailri'mci toute eomuiunicatlon LE PASSE-TEMPS, ! IIoitk rosT»i.«2108.M .m Première Inaartlon.lOeenta la llirno \ Insertion* lubtéquontal.5 " f Comlit ioni libérales pour annonces a long term* ) Ix'b annonces sont mesurée' sur l'agate.Adreaseï touto communication LE PASSE-TEMPS, ) Uona postale 2169.MoxTaiAL, Caj».HEUREUSE ANNEE A tous eet lecteur* et nombreux am it Le T'.-sf Timi's offre ses meilleure souhaite de lionne et hcutetttc anttêe.Silhouettes Artistiques Mil i i 'i.aiia Keid l'ur profil greo svoc Ips ynnx étrangenioul liions des racos germaniques ou scaudinaves.ot, cependant, Mademoiselle Reid est bien causdieone, canadienne-française même, malgré son nom d'origino britannique.S'il nous était donné d'êtro physionomiste on phréuologisto, nous dirions que Mademoisolle Roid doit possédor un double caractère très idéal : celui des races du Midi ct celui des races du Nord ; ello doit avoir le tempéraminent enthousiasto des Méridionales, elle doit s'éprendre très vite à ls seule conception d'une idée noble ot hello, et ello doit ètrooii marne temps rêveuse, mélancolique parfois, cette dornièro qualité si essentiellement innéo cher, les peuples de la Soandinavio, ot si magistralement pointe dans lc théAtre d'ihson.Nli.tUnioilll, i p i • - les quelques lippil- ritiona de Mademoiselle Reid sur la scène canadienne, il nous s élé donné de juger de son t&lent ct do lui trouver des qualités quo d'autres ue possèdeut pas .ni! iii! qu'elle.Son langage n'est pas aflunlé, et cependant ello parle uu fiançais très pur et très châtié.M,'•m- dans la conversation ordinaire, il nous plaît de l'entendre causer à cause dc son horreur des anglicismes ot dos barbarismes que tant do Canadiens instruits se permettent contre la langue française.Sur la scène, elle mot beaucoup de vérité et de chalour dans ses interprétations.Nous pourrions peut-être lui reprocher uno cortaino crainte de laitier aller qui paralyse les grauds mouvements, mais co léger défaut dispa-rutlra bion vite ; il est insignifiant, d'ailleurs, si uous songeons au nombre de foie très rostroint, où Mlle Reid a ou occasion do faire du théâtre.Sa voix très harmonieuse produit dans l'ftme de ses auditeurs uno impression musicalo indéfinie, olle berce, «Ho magnétise.C'est que Mademoiselle Reid joint aussi à son joli talent de comédienne celai de chanteuse légère.ses nombreux succès passés, dans les concerts sont oncore présonts a l'esprit do ceux qui l'ont outonduo.rJ£rjirgsiij^Hd PR1MES-ETRENNES A Voccation des Fttet nous affront ilet I'iumus-Ktiiennes à tous nos lecteurs.Voir t'annonce à la page 383.u)l F 1 Ml n Mi.lk Clara Heid ID'aprèf uno photograpliio de Lei.r/a * Lavarano) Kilo n'a jtiiiiiiis pris do leçon de diction ni do chant.Elle a seulement suivi la classe de solfège au Conservatoire National.Choz ollo, unn instruction solide ct un goût très sûr ont fait co que les meilleurs professeurs auraient pu faire.Klle a débuté, l'an dernier, au Monument National, duns Paul Kunvar, le drntno que l'on viont do répéter dernièrement dans cotto mémo salin.On lui avait confié le rôle de Diane de Beaumont, et elle a su lo créer do façon « remporter tous les suffrages ot à désarmer la critique.M.Elzéar Roy, lo vaillant directeur dos Soirées de famille, peut s'enoigueillir de son acquisition.Gustave Comte.-o- Parolaa do LÉO LELLÈVltE./t.Amimntiku.Musique ilo C.OONTROHH.a> | Le v.¦ j parfum nom fait rrricrr Le.beaux fâmn gui mont éeautte : Un coffre,.unn tram, un lier* Ont dt vieux parfume indiecrrle (/ui rappellent te, oubliée I \Au refrain.) *% On vient do découvrir, dans les archives paroissiales d'une petite commune, près do Laon (Franco), un document, pour le moins original, écrit bur parchemin et ensevoli sous une épaisse coucho de poussière.Lo voici dans sa simplicité I i.itanie8 DES VIEILLES FILLES Kyrie, je voudrais Christe, être mariée Kyrie, je prio tons les saints Christe, quo ce soit demain.Snintc Mario, fuites quo jo mo marie, Saint Joseph, dans lo délai le plus bref, Ste Claire, avoc M.lo maire, 8t (Servais, avoc lo juge (lo paix, St Mi.lin., avoc le notaire, St Clément, nveele receveur do l'enregistrement, Si Didier, avec le brigadier, St Anatole, aveo le maître d'école, Si Lucien, avec le pharmacien.St Alexandre, ne me faites pas attendre, Ste Sylvie, j'en ai bien cuvic, St Create, liuidra-l-il que je resto! 11 St Irénéc, c'est moi qui suis l'aînée, Si l'ardoux, il me faut un époux, St I.éon, qu'il soit bon garçon, St Barthélémy, qu'il soit joli, St Julien, qu'il se porte bien, St Antoine, qu'il ait du patrimoine, St Grégoire, qu'il n'aime pas a boire, St Leu, qu'il n'aime pas le jeu, St Jean, qu'il m'niino tendrement, St Eloi, qu'il n'aime que moi, Sto Félicité, qu'il fasse ma volonté, Ste Charlotte, que jo porto la culotto, St Isabelle, qu'il me suit fidèle, St Lazare, qu'il no soit pas avare, St Loup, qu'il no soit pas jaloux, St Narcisse, soyez-moi propice.Ste Marguerite, envoyez-le vile, Ste Madeleine, sortez-moi do peine, Grand Saint Nicolas, ne m'oubliez pus ! 1 Mesdemoiselles, essayez do l'cIBcaoi-t6 de cette invocation.Skroineh.Une ilcnltlte parfumée .Semble noue grieer de prinlrmpe : /Vii/am de voire birn-iiimée Qui vient, malgré Ue flute du tempe.I oue reparler de voe vingt an.t tAu refrain.) IV l'ar/um* gritanU tt plein» de daaimr Ïiii noue rappelé» lee beaux jour*, terne, embaumer notre Ain* /vf mu uni *QU9enir* d'amour*, A gai voue tureirres toujour* I lÂu r*fraim.) i 370 LE FASSE-TEMPS LE PASSE-TEMPS ketch MUSICALE.LITTÉRAIRE rr FANTAISISTE Faraittant tout lei quinte jourt ABONNBMENT POUR L'AMKKlijUB : Un an.SI MIMimoki.75ou POUR L'EUKOI'K: Un nn.111 fi» I Sli mol».6 fr» ritarll d'avanfll ANNONCES.: Première Insertion .lOetJ la ligne Insertion» »ubeéquente*.6" " Condition* libérale» i—ur annonce» à lotie tonne.Lee annonce» ei.nt ineenrée» »nr Peinte.Toute demande de changement d'ndreaae doit être accompagnée de I'anoienne adrcaoe.Pour 'li'citii iiitur do recevoir oo journnl.il fnut avoir paye tou» cc» arrérage».1.M manuscrit» publié» ou non no »ont pes rondo».Toute rtmife d'âne punira ot plu» devra être faite par mamlat-poete.mandat d eipree».chèque aaoeptr payable eu pair à Montréal oo lettre enregistré*.L» dernier numéro pora ae vend cinq oentj; lea ricin i.uni.t.ee vendent dix cent» ebacun.Non» acrepton» le» titobres-tmicte du Canada et dea Klats-Unla.AdreMet toule communication LE PA88K TKMPS, Bolto pullule 21M.Montréal.Can.montrkal.24 déckmiirk 18H8 Chronique de Quinzaine PtllIR I.K» uuu I.'nolttnlitd ist uux petits.Les jours gui s'écouleront jtui Ce "Patse-temps" montréal, • Canada (dH CANABIEN ERRANT Harmonisé pour 4 voix mixte* par l'abbé O.DUGAS Castabile avec expression ¦ 3: —-¦ — Sor.Alt.Tc.Bab.Org.Un Ca - na - dion or - rant, Ban - ni de sea foy ¦ era, Un Ca • na - dien er- PU it 3=H|= m Un Ca • na • dien er - rant, Ban - ni de see foy - en, Un Ca - na - dien er- 3g= =3 mm j â s T i T" -J.rant, Ban - ni de ses foy - ers, Par - can • rait en pleu - rant Des pa - ys rant, Ban - ni de ses foy - ere, Par - cou - rait on pleu - rant Des pa ¦ ys A.m >m\f "Sa>- I A.J J—J- J.T J.A A (mn • gen, Pax - oou - rait en pieu - rant Dob pa-ys é • tran i au bord dec flits.Eu courant funit if ( «.adre-ia oci mot! ; y "81 tu toU mon paya.I w-Mon pays raalheureui.( DW Va.die à mei amis I M.Que Ja me souviens d'eux, v '¦ 0 jours si pleins d'appas ' Vous «us disparus .< bU Et ma patrie, hélas I Je ne la verrai plus 1 S " Non.mais an expirant, y.0 mon cher Canada I Mon reaard lanjulsasint K,B Vers toise portât»." *"* L'Insaisissable GALOP Par G.WITTMANN Chef d'orchesire dei Bil» de l'Opfra LîA MARCHE DES R0IS CÉLÈBRE NOEL PROVENÇAL Dam Ici cieux.Quel aa - ira ra - di - eux Vient de pa - raltra é - tin - oe - tant de faux?D'un Dieu naia - aant ai gne brll tant, Aa - tre de paix, de Ja - cob heu - rouan € - loi - le; D'i O cité Dit le Sauveur est nél Qu'en nn hoau jour je te vois rayonnante t O cité I >ù lo Sauveur est né ! De quel éclat ton front s'est couronné ! Trois Rois partant De l'Orient, .'uaqu'on tes murs suivent l'étoile brillante, Trois Rois partant De l'Orient, Viennent ohorchor le Rédempteur naissant.Rois pieux, Voyes combler vos vosux : Voila Celui qui fait votre espérance .' Rois pieux, Voyex combler vos voeux : Dans une stable II se montro à vo» v-ux.C'est l'Éternel, L'Emmanuel, Caché pour vous sons le voile de l'entanoe, C'est l'Éternel, L'Emmanuel, Héduit pour vous à l'état d'un mortel.A leur Dieu Délaissé dans co lieu, So prosternant, ils offrent leurs hommages, A leur Dieu Délaissé dans ee liou, P'une foi vive ils offrent l'humble aveu.Leurs cœurs brûlante Sont leurs présents, Kt de leur foi sont les plus précieux gages ; Leurs coure brûlants Sont leurs présents, Bien plus que l'or et la myrrhe et l'encens.Kmpninix BU P*'»> lBfaa)Bfii T.-.'.*'¦¦>.' s'.-vw*/. DANS LA NUIT ETOILEE NOEL Par* des de SAtrvimrr.Musique de j.Hommky.iW.rie-loi - re ; Pre" du iH-rceau duFilBdol'Eler- nel.Angcf, chnntei votre ho-ngnim de gloi - re! Le monde en r—en-,—,., i BBS ._~T"i ~i~~ * ¦ W "ir cmc.M, t ' t f - www ri*/.4- ~-:- " — r r r r r ré-ixrad: Leniondoen-tler réiionjl^to - «II répond: No • «Il No - «Il r r r f n Des faux dieux, sur la terre Le règne va linir.et cet homme divin.Enfant de Bethléem, victime du Calvaire, Sera seul adoré do tout lo genre humain.Bethléem, love-toi :.m Il est Dieu I Sa naissance Au monde malheureux vient do rendre la paix, La gloire et le bonheur, lo ciol et l'espérance : Que son nom f oit béni des peuples a jamais ! Bethléem, lèvo-toi I.Sapruute au Mmngrr du Trié Saint àacmuml. m CMSON DES PEUPLIERS MÉLODIE cam .1 PaTÔ ILLE soubise.fi doria Li"'K" Si- - Ift» ij v r-/- l-^t-r—"m ^.M.x(.t-.-iii¦ v ./5\.-l «V 1 A A A *—A-—av rr !• «.Il ll'-SWIld .-illl' I».C0l.li.il>', Li j ___ ___, t—j^Nw?''''1 P*"T - -'A ¦•—~-^3—*i-*—i-9 '—-3—T — - r—I—i-!—I-—f )v//t * f _ii- ' LI4-*?1 J UiJJ J -H -""^-î^^-«- —•»-n-z —^li»]^-1 — •¦ "S" "~~ Pi we t—¦ m-W~ ¦-f- p m i t- p 0 ,,} h J> , p ,-J' j1 J « f a— p In.ni- mon .tr- (111 nsl'-.t.crKUx, El !••»• IwVB» l'li'ii.ri».'dâulM:.pi-iieSoiil Dleinsde iiriiilslwi'miun /Ta ' J—— **•j j j j m 1 wto^ iejji j^ti ——s—-„?- =, i i i rn iii r-igu — • Qatllfi «st f*t.le voix qui »ou |ii r—«j—»—*i- 4=*-'i «1 g ¦ r y— 3 s rte &- Ullf .-1 ¦ g g g F 1 mu ?j'V r*», Dims l''!< f .fPf—i -ff-7 i1;ill> li;» «f-n Et !B J si—- ^11 * |— L LJ J ft J.» - In;rs.__J_J__¦_M_ En lin llrz vous •et* «loux IHIH'.i 1U fi S-r- ¦ i4 i S* ii-s iluux inur .T.w«=—- r=9fe=-« ——w ~*">- mm-= 1^ m \t—=- ma mm—- p— — hiVr1" r—p—0—i—j*— Miiioiil -r r J c Lut^o ! 'h Ht 1 9-=- ri a** mu 1 P J J — res?.CVsl l.i cb»ll -¦—B—"- son j, Hl i i i i i=q= Hhs |)'-U|'ll -_pp , , , ¦ H|< ! 1 1 1 1 1 1- t.):s,, ^-p -i *iâ /< ¦ -fi— m m =^ it ff unit TTïlTTn j* 1 * m 1 % 5^ «1 LA CHANSON DES PEUPIIE1S MoDKRATO.Le soir.descend sur 1» col - li • ne, La lu - ne mon • te dans les r cioux.Et lea.bois lieu - via d'au - bé • pi • ne sont pleine de brriita har-mo • ui-eux! Quelle eat cot - te voix qui sou pi • re, Dans labrumn.au de - clin dn jour?On di - rait une im - mon - se ly - re, ^ BkTK.A NT» AN 1 K.Pré - ludant à des chants d'à - mour !.Le vent souf • flc dans los ra - mn - res, Dans lee ge - nets.__— 8 marcato.dans les sen - tiers.En • ten -dez • vous.ces doux mur • mu - res, ces doux mur mu - res ?C'est la chan- 2 son des pou - pli - ers !.C'est la chan - son.2 8 Voici le cœur errant des brises, A leurs accords il vient s'unir.Se mêlant aux voix indécises Dfs soirs d'été prèe do finir! La nuit a déployé ses v.iles, 1.' h peupliers pleins de frissons.Vont i.la lueurs dea étoiles Moduler leurs frôles chansons! (Au refrain.) J'entends au fond do la vallée, Lee peupliers causer entre eux.La lune un instant s|est voilée, Tout redevint silencieuxI Mais un murmure au loin s'élève, Plug doux que le son du hautbois.C- st peut être l'oiseau qui rêve, Qui rêve à la fraise des bois! (Au refrain) .peu • pli - ers ! 4 J'ai pour amante la nature, Qui fait parmi les vens roseaux, Couler la source fratche et pure.Où boivent les petits oiseaux ! Cest ello qui, sur les bruyères.Egrène los papillons bleus.Et fait chanter dans le< clairières Les peubliori mélodieux ! (Au refrain) VIEUX N©El POPULAIRE On ou - tend pur-tout ra - ril-lmi.Sur les monistic Ju - dé t, An-non-çai.tdu roi da SI • on Kn t*»r - re l'ar - ri- nous ¦ pro - doit, ce dit - on, La Vler - ta, ni - rs < ni, Sana lai le monde au • ralt vi - ri.Cher a - mi.£e*o./.nliii'i HAtons-nous d'aller voir l'Enfant Couché dans uno grange, Son petit corps de froid tremblant Sans drapeaux, ni sans lange ; Kir n'a pas le moindre haillon La Vierge ct Mère du Poupon, I* bœuf et l'âno ores do lui, Bénoni, Du grand froid l'mettent A l'abri, Cher ami.La femme du jeuno Colas, Georgette ot Magdelaine, Préparent dos linges ct drape.Couverture de laine ; Mais ello n'a pas de trouffon, La Vierge et Hère du Poupon.Perrette lui en a fourni, Bénoni, C'est pour ondormir lo Petit, Cher ami.Attendant qu'il soit éveillé, La bergère fleurie Lui prépare du lait caillé, Margot de la bouillie; Puis lui donnera la boisson, La Vierge et Mère du Ponpon, Cet enfant Bera bien nourri, Bénoni, Noua voulons avoir soin de lui, Cher ami.Sauveur, A toutes vos bontés Nous sommes redevables, D'être les premiers appelés A vous voir dans l'étable, Nous venons par dévotion, O Vierge et Mère du Poupon : Que Joseph, votre époux chéri, Bénoni, Soit toujours notre ferme appui, Cher ami. l.'nORLOGEDU CŒUR Oiil.DMsi ¦ -ifini .-'.'«t tre* certain: I "in" v.ti- it - palsîblo Qui fait tie tac aolr et matin* Se truuvo une horloge invisible Jailli, avaut «l'ouvrir ros yeux Un anse blanc l'y mit, Je pense, Kt chaque nuit il vient des cl eux Pour la remonter en silence.lion ange blanc, venex.vcuos Du paradis ou Dieu vous loge, Kt.dans le cœur dos nuureaux-nés.Faites bal Ire longtemps l'horloge ! Pour quo les pères soient joyeux.I'¦•¦u que les ni' r- - soient bénies, Kt qu'en souriant.les aïeux Ferment lours paupières ternies.O mou enfant, mon tendro niuoiir.Puisqu'on no peut tnirc cei chose*, Puisque l'horloge sainte, uu jour.Doit s'arrêter sous vos chairs roses.Pries, priez avec ferveur Afin qu'à votro heure dernière.Quand Dieu reprendra votre occur Des mains de l'Ange de In rai Are, Ce cœur, qnl fut si doux au mien.Soit sans a ignsur, soi t sans soul I lure.Kt n'ait battu que pour le bieu Dans votre vie bouucHc ot pure.Jean Rambau.nouvku.k L'IMAGIERDE KER1LIS Par CHAULES LE OOFFIO I —Vous ne me reconnaissez donc pas, Mathuri-no Kannou, douce lumière, que vous passez sans dire mot 1 Mathurine leva los yeux sur celui qui parlait : —Si, ai, Jean Dagorn, jo vous roconnais bien.Vous êtes l'imagier do Korilis ; vous avez deux années do plus que moi, puisque vous faisiez votre troisième, communion quand jo faisais ma promièro.Nous sommes do vieux amis, certes, fiais cc n'est pas lo moment d'unlrur en conversation.J'ai le cœur tourné vers mes morts ot il faut que je prie pour eux.—J'ai mos morts aussi, Mathurino ; seulement ils sont moins exigeants que les vôtres.Voici lo pardon do In Clarté.Jo no manque point d'y venir fairo mes dévotions.Croyez que tout le temps quo jo passe à l'église, je le passe à prier pour eux.Mais sur la route, il n'est pas défendu, dites-moi, do songer aux vivants.—Vous êtes un païen, Jean Dagorn, un vrai palan, répondit Mathurino.Kt olle rabaissa sa coiiTo sur ses yeux et, avec un soupir, elle hâta le pas.Lo père du Mathurino Iiannuu s'était noyé, un soir d'ouragan.On avait entendu ses cris du phare do Bécléguer, mais le gardien n'a pas de barquo, lo village est loin, ot, lo temps d'aller quérir du secours il n'y avait plus sur la mer que des épaves.L'aube venue, on fouilla la côte depuis Loc-quéuio jusqu'à Trégastel ; niais on ne trouva pas le corps du vieux Rannou.Lu jusant avait dû l'omporter au largo, et maintenant il flottait entre deux vagues, quelque part, là-bas, sous les colères du vent.Sa placo l'attendrait donc toujours au cimetière ! Un nom, uno date, une croix, ut puis des simulacres d'enterrement, l'eau bénite jeté sur une bièro vide, hélas, c'étaient les soins qu'on donnerait à sa mémoiro ! Vainement, les recherches continuaient et s'étondaiont.On fouilla les derniers rochers de la côte ; on poussa jusqu'aux tics : de Rannou, la côtu ni les iles ne gardaient trace.Aussi Mathurino, qui avait perdu tonte confiance dans les hommes, passait-elle ses journées à prier.Ello disait : —Bonno mèro de Dieu, patronne dos marins, Notre-Dame do La Clarté qui êtes si puissante, ac- LE PASSE-TEMPS cordez-moi do retrouver le corps demon pèro Rannou, de le laver d'eau fratchootdo lo coudre dans un drap blano ! Ramenez le-moi, je vous prie, avec la prochaine marée ; dépofloz-lc doucement sur le goémon ; qu'il échappe aux cmhûches des crabes et des piouvros, et quo, par vos soins, lus rochers aussi l'épargnent I Si vous m'exaucez, bonno Vierge, je voux assister à votre pardon.J'y veux faire, trois fois do suite, le tour de l'euclos sacré, pieds nus, un cierge à la main, en récitant vos litanies.Et, d'autres fois, elle promettait d'être plus assidue aux offices, do ne prêter aucune attention aux paroles dos galants, d'employer ses économies à fairo diro des messes pour les âmes du purgatoire Cependant, le quatrième malin qui suivit la disparition du vioux Kannou, des pêcheurs de Locquirec rencontrèrent, à quelques milles île la côte, un cadavre qu'ils reconnurent pour lo sien.Ils lo déposèrent dans leur barque, se signèrent pieusement, et, sans souci, des filets vides, rallièrent Beclégner.Commo d'habitude, Mathurino était sur la jetée.D'aussi loin qu'il la reconnurent, ils lui rirent signe qu'il y avait du notiv,au.Alors oHo tomba à gonoux et dit, dan» la candeur de son Time : —Louée soit la Viergo ! Lo corps de mon père Kannou est retrouvé.11 Or, les mois d'hiver passèrent ot les moi*de printemps ot vint ia mi-août, qui est consacrée à la Vierge, et Mathurine partit pour La Clarté en ae complissemeni do son vœu.Dagorn, oertos, eût bien voulu faire chemin à côté d'elle ; mais elle lui avait dit son désir de rester seule, et, à distance, il la suivait, lo crenr goullé ; machinalement, il s'était mis à fouiller avec son couteau la pomme d'un gros bfiton d'épine qu'il avait coupé en venant.—Eh ! o'est Jean Dagorn, l'imagier ! dit, par derrière lui, uno voix do Hûte.Il se retourna et, dans un groupe dc compagnons, reconnut sou interlocuteur, un petit bossu do Locquémo, cordonnier dc sou état, qu'on renommait au loin pour sa langue preste et acérée.—Sois le bienvenu dans notre bande, Jean Dagorn, dirent les autres compagnons.Depuis un an qu'on ne t'a pas rencontré, quelles merveilles de pierre as-tn oncore accomplies avec tou ciseau 1 U répondit : —Co ne sont pas des merveilles, certes, les imagos que je taille, et mon art est borné.Mais soyez satisfaits, mos camarades, ot apprenez que j'ai sculpté trois saints ot uno sainte daus les vantaux du grand portail du Biuic.C'est oncore moi qui ai réparé la fontaine de Koruol, en faisant grimper autour des colonettes un léger feuillage de granit, ot, si vous connaissez l'église de Rospez, vous vous rappollerez quo, depuis mon passage, ello porto sur sus chapiteiux autant do têtes d'anges qu'il y a do mois dans l'année.—Tu es un homme, dirent les compagnons.Mnis le bossu, aveo une moitié de sourire : —N'oublies-tu rien, Joan Dagorn î —Peut-être, car ja ne compte point a qui est du menu travail, et, çà et là, j'ai oncoro raccommodé bien dus calvaires, ou remis un saint sur ses jambes, ou refait lo profil d'un autie.Mais c'est du travail qui ne rapporte guère.—Tête sans cervelle, ricana le bossu, sans cervelle et sans mémoire 1 II dresse compluisamiuaut son bilan de l'année et t'oublie, de ses recettes, que la plus fructueuse.Dagorn rougit ct ses compagnons l'interrogèrent pour savoir co qu'il avait à répondre.Mais lui examina longuement lo bossu, secoua la têto ot dit: —Jo no sais pas.—Tu ne sais pas !.Regardez donc par ici, mes compagnons, regardez.Vous allez comprendre pourquoi Jeau Dagorn a si mauvaise mémoiro.Ils étaient arrivés au milan du bourg, et, sans qu'ils onssent fait attention, lo paysage avait mué, car la grève était proche, et los grands vonts qui y séjournent no permettent pas anx froments ni 881 aux avoines de croître dans les champs.Plus d'arbres, l'as trace dn culture.C'était, dans uue mélancolie et un abandon de toutes choses, un oint gris et bas tombant sur de vastes landes, et puis la mer, touto grise aussi.I- bourg n'omit que quatre ou cinq maisons.On le traversait d'un saut, tant elles conviaient peu d'espace, et, volontiers, on fermait les voux, tant elles snmhUiont tristes.Mais, brusquement, lo reganl s'éclairait.Au sommet du plateau, droite, fière et mémo un peu guindée dans sa belle rob-i de granit roue, l'église patronale s'effilait.Joie des hommes ! Il tomlKiit une douceur de sa uefet ses vitraux avaient d'artificieuses lumières oil l'.i'il so prenait longue-mont.Nulle part, les cloches n'étaient si bonnes musiciennes.Nulle part, los ostensoirs no secouaient uno si molle griserie I Et, pour compléter toutes ces merveilles, voilà que le ciseau do Jean Dagorn avait sculpté, dans la grando uicho du portail, une Notre-Dame comme on n'en trouve nulle part.—Hein t dit le bossu, cn la montrant à ses compagnons, est-elle assez belle, la Vierge neuve, avec sa chupu frangée et sus cheveux en bandeaux ot sous ses pieds, 1ns roses célestes qui naissent et ne mourront pas 1 Pourquoi renies-tu oe chef-d'œuvre, Joan Dagrn 1 Kt quo ne l'inscrivais tu, tout à l'heure, au chapitra des recettes t S'il U rapporté autant d'argent qu'il a dû te coûter do peino, tes économies do l'année auront joliment grossi.Qu'eu pensez-vous, mes camarades !.Mais «us camarades no l'écoutaient pas, ot, hou-ciio bée, ils restaient «nr lo seuil do l'église à coûtent pi.r la statue.—Jésus-Dieu ! murmurait l'un, quelle rossem-blsnce I —'lui, oui, reprenait un autre,c'est elle.—Voilà bion ses lèvroa, altornait un troisième, et voici son regard, et sa tailla ost la mémo.Et tous en oliœur de dira : —C'ost Mathurine Kniinou en personne.Et le bossu répéta: —C'est Mathurino Rannou, la lionne amie de Jeun Dagorn ! Alor» Juan Dagorn outra dans uno grande colère.—Maudit cornandon, s'écria-t-il, quoi besoin te tourmentait de faire remarquer aux gens cet ou-vrag.1 île mes mains t Ne suis-je pas libre dc reproduire les traits qui me plaisant t Et si jo trouve parmi les femmes uno famme qui soit plus bel-la que les autres, n'est-ce pas d'elle quo mon ciseau duvra so souvenir, plutôt que 1* mégère contrefaite ot borgne qui t'a enfanté I Mais sois «ans crainte.Et puisque tu aa dos yeux pour tout voir, tu pourras t'admirer à l'aise, un de ces matins, dans quoique gargouille de granit oii je taillerai ton profil de bouc.Il dit, ot sa voix, pareille à un torrent, courait et grondait, sous les voûtes, et, certes, il y avait un malhour dans l'air.Vous pnrûtos alors, at vos ohevoux blancs, l'évangélique bonté do votre sourire, vos mains interposées dans la diapiilo, ct vos yeux qui, tour à lour, suppliaient et commamlaiout, et lo miel de vos paroles, 0 recteur do Ia Clarté, doux prétro de la douco Marie, il faut bion quo toutes les colères tombent quand vous paraissez avec de toiles armes ! —Y songez-vous,, mos fils! Profaner lo saiut liou I Mais j'ai tout entendu, ut dos païen» n'agi-i ai.-nt pu autrement.Quo vous importe l'imagier l Son œuvre a été bénio, et, maintenant, elle doit vous être sacrée.Je ne sais pas si toile ou tello de vos filles ou dc vo» femmes ressemblai la Viergo quo voici.Mais c'est la Vierge : humilier-voua et prioz ! Puis il so tourna vers Joan Dagorn : —Suis-moi, lui dit-il, j'ai à to causer.Et lo long des tombes qui bordent l'église, ils s'en allèrent ensemble.III Cependant Mathurine s'était déchaussée, avait allumé «u candélabre do la chapelle un gros cior-go do ciro jaune et, sur sea genoux, ello faisait lo tour du cimetière.A trois reprises, ello s'arrêta SI VOUS TOUSSEZ prenez le BAUME RHUMAL. , 882 LB PASSE-TEMPS près dn porche : à trois reprises, elle leva les yeux vers ln statue de Jean Dagorn, et ello no so reconnut psa: car c'était une ûuie simple et les miroirs ne lui avait pas dit sn beauté.Klle priait.Mais, à travers sa prière, elle se revoyait sur In route, et l'imagier marchait à côté d'elle, et ils allaient, et lile songeait à -un vieu et que ln bouche est bien prompte à engager lo cœur.—Ora firo nobis, saneta Dei yenelrU, dit une dernière fois Mathurine.A co moment, le recteur et Jean Dagorn passaient derrière elle.Ils uniront leurs deux voix pour répondre : — Ut tligni efficiamur promissionibns Christi ! Kt commo Mathurine avait tressailli en reconnaissant la voix de Jean Dagorn, mais no ee détournait point, le rectour lui frappa doucement sur l'épaule : —Achevez votre vœu, ma fdle, et vouez me prendre k la sacristie.—Mon vœu est sur sa liu, dit-elle.Il ne me reste quo Voremus k réciter.—Je vous attendrai donc.Alors, cn un murmure plus faible : —Or ¦!¦¦>.: luam, i/iiasumus, Domine, mentihus nostril in/uude ; nt ijui, amjelo nuntiaiite, Christi Jilii tui incarnalionem cognovimm per pansionem ejus ct rrucem ad resurrectùmis gloriam perduca-mi/r.Per rumdem Christum dominam nostrum, — Amen I répondirent le recteur et Jonu I >a-gom.Kt Mathurine n'étant jointe k eux, ils entrèrent à la sacristie.Le reeteur tira le loquet, pour qu'on ne les dérangeAt point, puis il ht asseoir Malhuii ne, et tandis que Jean Dagorn, avec les airs hon-toux d'uu potit enfant pris on faute, su cachait dans l'embrasure de la croisée, il commença en ces termes : —Ma fille, c'ist pour un adiou que je vous ai mandée.Jean Dagorn doit partir demain.Un grnud et long voyage d'où il ne roviondrn peut-être plus.J ai tout toute pour qu'il restât parmi nous, car c'ost un ouvrier kiiiib pareil, oui snm pareil, quoique ccitaiucs de ses statues aient un air bien profane pour étro pincées dans les églisos.11 ne veut pas m'écoutor.Son cœur est malado et il prétend quo l'air d'ici n'est pas propre à le guérir.M .i- avant qu'il s'en aille, il m'a dcmnndé comme uue grAce, puisqu'il n'avait ni son père, ni sa mère, do vous fairo venir pour qu'il vous dise adieu, à vous qui êtes née dans la moine paroisse que lui et qu'il a conniio tout enfant.Car il a essayé de vous causer, ce matiu encore .uni.vons l'avez repoussé de dovant vous.Et certes il croit que vous avez fuit vieil do no plus lui adresser la parole, et c'est dans cette idéo qu'il s'en va, nia fillo.—Miithurinn répondit leuloment : —1.0 vieu que j'ai fait, comment regretlerais-je de l'avoir tenu t Mais Jean Dagorn prend pour lui seul co qui était pour lous.Car ma coquetterie pasxéo eat j.¦ un cause que mon père a péri.ct c'est pourquoi j'avais fait vœu, si je retrouvais son corps, d'être plus réservéo avec les jeunes gens.—Soit, ma lille, dit lo recteur.Puis il alln vers Jean Dagorn et, l'amenant k Mathurine qui tenait los yeux baissés : —C'est uno chose Unie.Dites-vous adieu.Mathurine se leva pour obéir ; mais comme elle mettait sa main dans celle de l'imagier, voila qu'une grande faiblesse la prit et qu'elle éclata en sanglots.Kt Jeun Dagorn aussi sanglota.Ils tombèrent dans les bras l'un do l'autre et longtemps ils ileiiiriiii'rent ainsi idle, appuyée aur 1 épaule de Jean Dagorn et pleurant toutes les larmes de son corps ; lui, collant sa bouche anière sur les beaux cheveux de son amie.—Allons ! dit lo rectour, je le ponsais bien : Jean Dagorn ne partira pas dc sitôt.I • •• cloches de l'église sonnaient à toutes volées.Il sépara doucement les amoureux, ouvrit la porte, el leur montrant, par delà le bourg, la grande roui" aablunneuse, bordée d'ajoncs et de genêts où pendaient do minuscules gousses jaunes pareille à des lutiterncs de couleur : —Reconduis Mathurine ohez elle, Jean Dagorn.Car elle est trop faible pour s'en aller seul jusqu'à ltccléguer.Kt toi, Mathurine avertis tn mèro que j'irai Ta trouver cette semaino pour lui demandor ai Jean Dagorn est lo mari qui te convient.FIN SEULE!! Par A.D'ENNERY TROISIÈME PARTIE (suite) On lui dit que lo blessé n'étaient pas, quand à présent, en péril de mort.—Oh ! mon Dieu, quel bonheur ! balbutia Mordoche.C'était la première fuis de sa vio qu'il prononçait lo nom du soigneur.On en conclut que, se sentant mourir, il so repentait dn ses forfaits.—Je demande en grùco dit-il, qu'on me.permettre de causer un instant avec mon ancien compagnon, pour qu'il me pardonne d'avoir voulu lc tuer.Nemo refii8ezpas, ne me refusez pas ! suppliait-il avec des larmes dans la voix.On accéda à son désir, ot lo directeur do l'infir-mfl-ie permit quo l'on plaçât les deux lits l'un contre l'autre, afin que los deux blessés pusseul s'entretenir.Kn apprenant que lo forçat d- mandait k lui parlor, lil.un liaiinbaud consentit avec ompresso-inont à l'écouter.infirmier» se tonaient à distance, les yeux fixés sur ces deux hommes qui s'entrolonoicut ù voix si basso quo l'on no pouvait percevoir que le murmure dos deux voix.Urbain Raimbaud s'était soulevé afin do mieux écouter.—Monsieur, lui dit Mordoche, j'ai mon compte on a boau mo soigner, c'est commo si on ne faisait rien.Jo n'en ai pas pour longtemps, jo lo sais : à peino quelques heures, et.encore ! Aussi ne perdons pas do temps.—C'est de votre famille quo jo veux vous entretenir ; jo désire quo l'argent que j'ai caché uo soit pas perdu ; c'est a, vous que je donne le magot.Approchez; il y a peut-être des oreilles aux écoutes.Urbain liaiinbaud, déjà à moitié redressé, s'approcha un pou plus.Son visage était maintenant tout près de celui de Mordoche.—Kcoutez-donc, reprit ce dornier, ct surtout ne m'interrompez pas, car jo aoulfro le martyre en ce moment ; il me semble que j'ai un tison dans la poitrine.Et de fait lo moribond haletait ct sa voix s'altérait rapidement Il dut reprendre halciuo pour continuer : —Gravez bien dans votre mémoire les détails que jo voiB vous donner.—Soyez certain que jo n'oublierai rion do ce quo vous allez mo dire.—Dans deux ans an plus tard vous serez libre.—Oui, dans doux ans ! —Je reconnais quo vous êtes un bravo cœur qui mérite do voir sa famille houreuse ; c'est pour ça quo je vais vous dire où j'ai caché le magot.Urbain Raimbr.ud ne put s'empêcher de faire un mouvement, ot si, à cot instant Mordoche eut put voir le visago de son ancien compagnon de chaîne, il y out l'expression de joie qui s'y peignit subi tentent.La confidence qu'il recevait faisait sur Urbain liaiinbaud uno impression qu'il no cherchait pas à dissimuler.Il allait, ponsait-il, apprendre ce qu'il avait, à différentes reprises, demandé vninement do lui dire.Mordocho respira longuement, afin do reprendre un peu de Bouille; puis il prononça ces mots, d'une voix déjà presque éteinte : —Vous trouverez mon trésor dans le cimetière do la commune de Montmartre.C'ost tout près de Paris, au nord ; onfin vous vous informerez.—Bion I.Kn quel endroit du cimetière t —Dès quo vous serez entré vous tournerez k gauche.—A gauche, répéta Urbain Raimbaud.—C'est presquo dans l'angle, à dix pas du mur.—Bien ! —Vous verrez unc tombe sur laquelle so trouve.—Uno inscription î Laquelle ï —Non, c'est un marbre.uno statue.colle d'un nommé comln Raymond .In Saint llilaire.l'rhaiu Kaimbaud répéta : —A gauche, dans l'angle, à dix pas du mur.la tombe du comte Raymond de Saint-llilairo.—Itien ; maintenant, voici le reste : vous fouillerez du côté de la téte ; il y a dea lierres très serrés qu'il faudra dégager juste au milieu do la pierre.—Continuez !.—Voua creuserez la torre.—A quelle profondeur! —Un pied.à peu près.ot vous trouverez un paquet.Tout à coup Mordoche cessa do parler.Un rule déchirn sa gorge.U voulut prononcer quelques mots, mais la voix vint expirer sur ses lèvres convulsées.Il fit un effort et dans un souffle haletant : —N'oubliez pan.dit-il.Adieu !.adieu !.Puis il ae tut de nouveau.Tout ceux qui s'étaient tenus à distanco B'ap prochèrellt au moment mémo oh le forçat Mordoche exhalait son dernier soupir.Urbain Raimbaud regarda celui qui venait do mourir et ou eut pu l'entendre murmurer : —Dois en paix ct que lo ciel te pardonno ! Cette mémo nuit Urbain Raimbaud éprouva un mieux senaible, et dès le lendemain, pondant qu'on procédait aux préparants do l'enterrement de Mordoche, il quittait l'infirmerie.CHAPITRE V peau neuvi Les deux auuées que In victimo d'uno torrihlo erreur judieiniro passa au bague, ue fuient marquées p.m le malheureux par auoun inoidonl.Après la mort de Mordoche, il nvnit élé p essé de questions tant sur les confidences qu'avait pu lui faire le No \'.\ concernant son projet d'évasion, que sur ln conversalion in extremis qu'il avait eue avec le moriliond.Urbain Raimbaud dut se faire violence pour cacher la vérité.Mais sou attitude ct la façon dont il s'était toujours comporté depuis son entrée au hagno lui gagnèrent les sympathies dos nrgousins niusi quo dn haut personnel.Le docteur qui l'avait soigné deviut même un de sos protecteurs et s'informait souvont do lui.Grâce à cotte protection, le forçat fut dispensé des rudes travaux de fatigue; puis, au bout de quelque temps, il fut admis à servir d'aide infirmier.C'est dans ces conditions qu'il allait aohover son temps U lui Unlait, pour deux motifs, do recouvrer sa liberté.Outre qu'il avait hâte de retourner auprès de sa femme et do sou enfant, une autre préoccupation s'agitait constamment en son esprit, depuis que Mordocho lui avait indiqué l'endroit oil so trouvait l'argent volé à M.Denis Morand.—Je donne cet argent k la famille, car jo veux qu'elle soit heureuse ; lui avail dit le forçat.Or Urbain Kaimbaud, en acceptant co don, n'avait jamais eu la pensée dc profiter de cette fortune que sa conscience lui faisait un devoir de rendre à celui à qui Mordoche l'avait dérobée.I.a suite au prochain numéro.Voir la liste de la Musique dfjX parue dans i.k Passe-Temps, page 384.LE BAUME RHUMAL est le roi de» GUERISSEURS. LÊ PASSE-TEMPS 888 PRIM ES-ETRENNES Toute personne qui, d'ici au 1er févrior 1899, nons enverra le prix d'un abonnement d'nn an (81.S0) aura droit à l'une dea Primes suivantes : PRIHR NO 1 SPLENDIDE PAROISSIEN BIJOU Do 360 pages, format do poche, riche reliure capitonnée eu venu ou cuir do Russie, avec monagramme doré sur le plat, garde-chromos, tranche rouge sous or, coins arrondis, dont lo prix chez tous les libraires est do une piastre ; le li vre ost renferma dans uno jolie bolto.Prix, franco, 11.00 j avec notre coupon do primos, 90o.Plume No 2 UN BEAU CHAPELET EN AMETHYSTE (En (iyst.,1.en Topaze, on Opale, nu choix), chaîne forçat, en argent, jolie croix carrée en argent : le chapelet est renfermé dans un étui on cuir.Prix, franco, $1.00 ;avcc notre coupon do primes, 90c.PnmK No S NOUVELLE METHODE D'ACCOMPAGNEMENT Cin H si> A3 .il- us aii i» tl lr Cette nouvelle méthode se compose d'une simple baguette sur laquelle sont mr.rquées toutes les clefs du la musique.A l'aiilo de culte nouvelle méthode, nous garantissons qu'une personne peut npproudro tous les accords sans l'aide d'uu professeur, et cela, dans quelques jours.Il n'est pas nécessaire do connaître la musique.I.a baguette est marquée do signes qui permettent déjouer à première vue et saus études prédablos.On ost prié, en ordonnant, do diro si l'on désiro uue bnguetto pour piano droit ou carré, ou harmonium.Prix, franco, $1.50 i avoc notre coupon de primes, f 1.40.PniMK No 4 DIX ANCIENS NUMEROS DU "PASSE-TEMPS" A choisir dans la liste de la Mtteiqttt déjà {NWM (voir dernière page).Ces anciens numéros se vendent 10c chacun, et uotre coupju ne peut être utilisé on ordonnant des anciens numéros.Piiimk No 5 LE DICTIONNAIRE COMPLET ILLUSTRE DE LA LANGUE FRANÇAISE Par P.Larousse, 1143 pages, 20O0 gravures, 3.1 tableaux encyclopédiques, 27 cartes géographiques, dont 7 spéciale* au Canada, 260 portrait* de personnages célèbres du Causda et des «utn-s pays, .1,000 articles géographiques et historiques concornanl le Canada ; fort volume relié.Prix, franco, $1.10 ; avec notre cou pou do primes, f l.no.Notre coupon do primes se trouve au bas de la dernière page, à droite.Pour s abonner, il sumt do nous retourner lu bulleliu ci-dessous après avoir rempli tous les blancs.Adressoz Le.Patte-Tempe, Montréal, Can.BULLETIN DE SOUSCRIPTION jJ.EL HELAI R, éditeur-propriétaire du Faste-Tempe, 58 rue Siint-Uabriel, Montréal.Monsieur,—Veuillez trouvor ci inclus la sommo do $1.50 pour un .an d'abonnement au Patee-fempa.Vous commencerez mon abonno-|mont avec le No.ot comme prime vous m'enverrez Nom.Adresse.Nous acceptons les timbres du Canada et des Etats-Unie.lin i inl Nn36ol{UE ST DENIS m.BCU«ss.MONTREAL./ •• MARCHAND s43 p q iMPRICDEKIE mm usique IMPRESSIONS or MUSIQUE (N GRAVURE ir TYPOGRAPHIE KxfeiiMcl à oonrt dél.l el k bu pris.J.E.BELAIT* 58 St Gabriel .MONTREAL .LE • ¦ • BRULEUR-SOLEIL ! ! ! 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