Le passe-temps, 1 janvier 1901, v. 7, no 162
PER P-26 E PASSE-TEMPS JBTJSICflli.LtlTTEfyfllryE et FANTAISISTE ABONNEMENTS: Poor l'AmérIqi»: Un u.$1.50 : ill mol», 75œnli Poor l'Europe: l'nnn, 10mit lU molf 1 6fn l'A VA (II.E d'aTAKOB MONTREAL, SAMEDI, 8 JUIN 1901 ANNONCES : Première (nsartloa.10 cent* U lira* Vol.VII —No 162 Le No, 6c ; anciens Nos, 10c in»rtioii,iut»6ia«t« J.E.BF.I.AIB, «dll.-prop., 08 •(•«abri*!, HOUTEE»!., Canada i I"umonem«ont meaureM nr l'ouate.Nos Artistes d'Antain Deuln d« Edmosd J.MisstcOTTi FRANTZ JEHIN-PRUME ,Né on Belgique en 1839.Mort ii Montré*! en 1899. 318 LE PASSE-TEMPS urn MUSICALE, LITTERAIRE «T FANTAIalBTR /',.rm«u row Ut q*in*e îomtw » ¦»^>,-i-KT-tr>,«"»-T.TTi - Un u.11-SO I Six molt.76 oU er ,'/*¦ .ta u.10 ta I BU m, i.5ta riTlULI D'iVAM C Ann onew i Première Inacrtlon.10et* la lin» ln'crtlont lubMlquontee.6 " •' Condition.' liblrnlct imur annonce* ft long terme.hat annonce* «ont metureet tar l'agate.Toute démentie de changement d'adrega» doit être accompagnée de l'ancienne adretoe.Ponr dlwontlnuer de recevoir ce Journal, Il faut aeolr pare tow ont arreragot.Let manuacrit* publiée ou non ue tout paa rendu Faire tout enrol d'argent par lettre enregistrée.mant'at-|H,tte, bon pœtal ou mandat d'eapret*.Non» aooei>li>nK auMil let timbre.-|,o>te dn Canada et du Etat»- L'nii.Aareeeei toute communication LB PASSK-TF.MIfi.Boite roilate 3109.Montreal, Cun.momtukau 8 juin 1901 Chronique de Quinzaine L'homme artificiel.— Un médecin allemand, attaché A l'un des hôpitaux militaire» do Munich, possède duns son sorvico un artilleur qui n'a plus ni bras, ni jambes, et dont la moitié de la faco a our moi un frère — frère par l'art ot frère par l'Ame I Je t'ai acclamé bion dos fois ; tu m'as BIDOUILLE CHEZ LES BOERS Envoyez-nous 5c et vous recevrez le commencement.Qu'on se le dise ! LE PASSE-TEMPS 219 CHOMES A DIKE LES CHORISTES Ainsi que dans un oratoire Aux grand" élastiques consacre.La I irmnrh-.au Confie rr a totre.6ur un fauteuil mal remboirré, Flanquée de lei'r i -.Lee bourgeois vleonenl.épris d'art, Ouïr de savantes mixture», Mendelssohn.Schumann ou .Mosart.Au fond, eontie le mur de plâtre "m'"]" motifi pompéien*.S'agglomère en amphithéâtre L'orchestre dee musicien* Kt plui bas, lut l'est rado étroite, Far banci corroctcuient places, Damel à gaucho, hommes a droite.Les choristes se sont tassel.On les Toit, assis par rangées, Comme harengs empiqneté-*, Attendre.Agir es figées.Le signal qui uis,i : PartesI Tels que dos pantins lorsqu'on louche A leur ressort mystérieux, Tou.ensemble ils ouvrant la bouche.Tous ensemble ils lurent les yeux, Et.son* la main savante- «t s Cire Qui dirige le mouvement.Les ToiU partie en meei-e Kt s'ossoulBant conjointement- Pûrmi tout ces humbles artistes Passant avec docilité Des andanleM graves ou tristes Aux tt'.lfQra» pleins de galté.Combien, avant que los années Aiont jeté leurs erroira ft bas, Baveront d'autres dcttiiiC- s Fuites d'Ivr-sse et de oombats 1 Avant quo le *-rentier déliolre Ait pu les efllourei-encor.Combien ont entrevu la gloire Les r.iiff.int'de non tanner d'orl FA es ttHcs si rapprochées S'agitant d'un rythme pareil Que d'espérancee dessinées, Do songes au triste réveil I Ce petit homme frêle et mince Dont la'voix chevrote entmonUnt, Sut maint théâtre de province Eut plus d'un succès éclntant, V.t devant des Balles charmées, Qui l'électrisalent d'un bravo.Tient des Juliettos plmées Sur sou porrpoint de Kotuéo.Ce géant juulllu.rouge et ehauvo, A rudo barbe oolvre et sol.Sous le justaucorps de cuir fauve.Httrl* ladis: " Je tuis Marcel/ " Ou, Ménhislophélos aimable, Diab!c galant et cavalier.Trouva plus d'un oœur inflammnble A Bordeaux comme a Montpellier.Et parmi Us dames, à gauche, Voycx-vous,dans les soprani.Cette téte pâle nfa s'ébauche Uu sourire mal défini?Puis derrière, uue forto brune.Aux rangs des contraltos puissants Mont r.ni S* faco en ck ir do lune El ses appas rebondissants T Ls> premiere fut Ophelia Ou Marguerite— pas longtemps, Car sa voix bien vlto affalbllo Connut les " iroui " Ijqulétants ; L'autre fit plus d'une conquête Parmi les garnisons, jadis.Et dana la Hg> du Prophète Bénit quatre cents fois son fils.La plus grand nombre o'a pas même Connu, lût-ce pour un moment* L©succès, l'ivre*«e tui¦ Ainsi posée la question est assez s i'.jo crois cependant quo M- X.V.a raison.Par définition, l'Opéra est un ouvrage dramatique et lyrique ou l'on réunit tons lei charmes des beaux-arts, dans la représentation d'une action passionnée on poétique, pour exciter, a l'aide de sensation agréable), l'intérêt et l'illusiou.— On appelle grand np^ra, le drame dans lequel il n'entro itmai- de dialogue parlé, et qui ne so compose que de chant ou do récitatif.L'opéra comique est une pifeoa mêlée do dialogue et de chant, Mon que le caractère en soit souvent très sérioux.Voila comment d'ordinaire on différencie les doux genres, mais il y a nn classement supérieur que le public ne peut pas faire.Eu vertu dos règles ou dra conventions do l'art lyrique, il faut qu'une pièce sans dialogue réunisse encore d'autres conditions pour être classée parmi les grands opéras.Ces conditions sont : l'importance do l'oau-vrc et sa soumission absolue «vix préceptes de 1a composition, q ii sont on quelquo sorte la rhétorique de l'art lyrique._ Un exemplo analogique pris dans un art plus i.11 i ! i • r n mes deux consultants fera mieux saisir cotto proposition.Lorsqu'on parlo devant un auditoire, on pronon-cesuivant les cas, c'est d-diro suivant t'étonduo et suivant la disposition ot l'agencemout, un compliment uno allocution, une harangue, uno homélie, uno pmclamaliou.etc.Lo vulgaire nomme tout cola d'un nom unique : discours.Or, un discours est un morenati d'éloquence qui doit réunir des qualités sans lesquelles il perd ses droit* il co titre pomp'tix.Lo di—"tir.so compose do sopt parties qui doivent se succéder dans un ordre fixé.Sans doute uu discours ne doit pas renfermer nécessairement ces sept parties, ou points, ot la division peut ne pas so soumettre aux proscription!! sévères de lu rhétorique.Dans co cas, il appartient aur vrais orateurs, aux gens instruits, de classer lo discours parmi les genres élevés on les genres inférieurs.Un compliment de reception à l'adres-so d'un personnago illustre peut être un véritable chef-d'o-uvro do pureté, d'esprit et do diction, co ne sera jamais un discours, ne serait-ce qu'A eau so de son pou d'étendue.Eh bien, un opera est une œuvre musicale complote, exécuté' selon loi règles de l'invention, de In i-1-1-« .à»__«_#_- .-i-y—é»C« Le toir ê-lè-ve Vâ - me: AI ¦ lotte au fil dei eaux, «fi Ré - pi ¦ ter lur la 3= 3* -/¦ti H—}-#-*i -M 4ë '4é ué.•«> -r 0 cresc.-#-*- »—-m- .0-L-„-«.&-l-JL I tv-tv-tv- -3-u>- Jo - me, Le doux i-pi - tha ¦ la • me, Que ehan - tent lee oi - eeaux I- Que ekan ¦ tent lee oi- -m-' -è mm cresc.23 suivez.3: " LE PASSE TEMPS 111 seaux.- == .f -•—|-p- dim.it—- «•-irf-V a7-i0iu un peu Etjut-qu'à la ±=£à=d L1 :i=ï: 4*- •tir lu ri - vit - re Ou- bli- er CA«u - re du eom -joy-eute au - ro - re, Not a-mou - reux du - ot rhyth ¦ S - j ]* j «-*_«zzi: r -w-¦> (S meO, mit as* -it- .E» eon-t«n - p/an< par la elai ¦ rit - re Âu bruit de la ra - me to - «o - re Let tplen • deurt du cou-cluxnt ver -Mon ¦ te - ront dea flots par - /u - ¦v—p -V- î-fc -L-> =4= d'm.rit.4=: 33É nw5i / 4ai y.m i: 7 f ¦1 t .¦• Œ-i-P_î- d'un.I ¦ff-•»—»—-< 5r> 3te S ils LE PASSE TUMI'S Respectueusement dédié à Madame D.ROLLAND mn\ QUADRILLE AUGUSTE CHARBONNIER 1.Panta- i LON.8»«' — —ffl- fl=3 -F l -l -i ¦¦ j f — ¦ • r r St-.' COOA.as - •—m-m—m- A .—»-#—»- -t—*—p- -Ht âtzjf 1=5=* -F v F 8?».feet 53 r»1—~*^*;«wJ' J 3Ç ^3 -» • =Efc -•—»- •tu*: t-m ' -1 #• 8ti>" -•-•»-#-0 4 Fin.r: —•-* « -—3— 1.E PASSE TKMP8 Wo 1- -«—— .:—i- :- OS É-tt Si • 2.Eté s2E3t ¦!—-1—I—r- roc* m -m—m- -VF f f 5-*—•— in- l'immense plaine où se faisait la Sainte Cène, on commençait par assister au sorvico divin : les catholiques allaient k la messe, los protestants allaiont an prêche.Aprèa quoi, on vendait ou on achetait dos bostiaux, dos fiançaillos se célébraient.On faisait baptiser les nouveau-nés.Et puis, on achetait un fusil au premier communiant, on vondait à des trafiquants les poanx des lions tudepuis la dornière Sainto Cèno.Cinq ou six jours 'après, chaque famille repartait pour sa ferme avec ds la joie dans le cœur et, pondant uno semaine, lo désert verdoyant était sillonné par les lourds chariots qui s'éloignaient.Dans un endroit où l'on vond ot où l'on achète, fut-il situé aux extrémités do la terro, lo Juif finit toujouis par faire son apparition.Et mon grand-père, à uno Saioto-Cène, rencontra ainsi un certain Lévy-son qui lui dit en un français où il y avait d.- l'allemand, do l'anglais, du hollandais et do l'hébreu : —Vous êtes bien Monsieur Campavort, le propriétaire de oetto ferme adosséo à la montagne rocheuso do Rosenfonteint à vingt lieues d'ici 1.—Mais oni 1 —Que je suis honreux do faire votre connaissance ! J'ai justement besoin d'sllur de ce cfité-là ! Vous n'auriez, pas uno petite place dans votre chariot t Je vous indemniserai do.Mon grand-père l'arrêta not.—Nom ! nom ! Si je vous emmène, co —ii pour rion I Votre nom I —M.Lévyson.Le grand papa Campavert ne se souciait guère do trimballer avoc lui cette affreux individu, dont la figura ressemblait à uno têto de porroquet.Mais Lévyson avait son idée.Il avait offert un petit bracelet d'argent à ma sœur Angèlo, qui avait alors huit ans et qui était la benjamine de mou grand-père 1 Et lo grand-papa Campavert n'eut pas le coinage de faire rendre le bijou ! Moi, je n'étais pas né I Sans quoi, il m'eût offert un fusil commo il en offrit un à mon grand frère Pierre I A mon père, il offrit deux pistolet* magnifiques.A ma mère, il fit cadeau d'un coupon de soie mcrveil-louso.Lévyson était devenu l'ami de la famillo.Il partit sans rion demander, on disant qu'on le rovorrai k la prochaine Sainto-Cèno.Et tout lo monde pl'uiait quand il partit.Dos mouchoirs s'agitèrent longtemps, tant qu'il fut visible, k l'horizon, sur le cheval quo mon pèro voulut absolument lui donnor.Et chacun souhaitait son retour ! On le revit, en effet, k la Sainto-Cèno suivante.Cette fois il donna uno montre à mon pèro, uno paire do bottes à mon grand-père, un chapeau à plumes à ma granu'mère, et des coupons d'étoffo ! Et une tabatière d'argent SI VOUS TOUSSEZ PRENEZ LE "BAUME RHUM AL" LE PASSE-TEMPS 30 pour l'arrière-grand'nière, et doa liqueurs fines pour tout le monde, et dos outils de jardinage, que sais-je 1 Lévyson resta cetto fois huit jours, il se promena beaucoup, explora la campagne, prit des notes, puis vint trouver mon grand-père qui no savait commont faire pour témoigner ses sontimonts d'affeotion à un homme qui démentait, par sa générosité, tout ce qu'on racontait sur les Juifs.Il lui tendit un papier et lui dit : —Signo cola ! C'est un tri i té d'alliance ontre nous, pour cimenter à tout jamais notro éternollc amitié !.-C'est commo un engagement que nous prenons de ne jamais n jus brouiller.Ignorant, naïf, mon grand-papa signa ; le Juif conduisit sa main, car mon grand-pèro no savait ni liro ni 6orire.Pruvro grand-papa Campavort ! Il venait de concéder l'immense domaine qu'il s'était taillé ot qu'il avait défriché avec tant de peine I Mais il no s'en doutait pas ! Et toute la famille sauta de joie quand il raconta qu'il venait de signer avec Lé vyson un pacte d'éternelle amitié, do contractor quoique chose comme uno assurance contre la biouillo I Ce qui se passa ensuite défie l'imagination la plus exubérante —Quel vieux gredin que ce Juif ! fit Pingoin emballé par lo réoit do Campavert.—A partir do co moment, continua Campavert, mon grand-papa revit lo Juif Lévyson à chaquo Sainto-Cèno.Et toujours ses cadeaux étaient plus magnifiques et plus nombreux.Kt il avait un sourire narquois et méchant qui étonnait sur la figure d'un homme aussi bon.Un beau jour, mou père, qui avait alors vingt-cinq ans, chassait les botes fauves aveo ses livres.Un gros bu (lie les avait ontralnés jusqu'au haut d'un mont rocailleux.Ils le suivaient à la trace do son sang.Tout à coup, en bs retournant, ils aperçurent, très loin, dans l'immense prairie qui faisait partie du domaine paternel, trois chariots, des hommes h cheval, et deux churettes qui contenaient des choses lourdes, mais si bruyantes que les cahots des roues sur les cailloux s'ontonduient du point où se trouvaient les chasseurs.Abandonnant la bête qu'ils avaient blessée, mon pèro ot ses frères miront leurs ohevaux au galop, coururent à la ferme, et diro à mon grand-père : —Père I.pèro I.co sout les Anglais!.—Les Anglais 1 vous radotez ! Nous ne sommes plus en gitorro avec eux ; ils nous ont pris le Cap, ils nous ont forces à allor fondor uno patrio jusqu'ici, ils n'ont plus rien & nous demander.—Ce qu'il y a de sûr; reprit mou pèro, o'est quo trois chariots sont sur notre domaine, entourés d'homme) u cheval.Et puis, il y a des charottos qui semblent pleines d'outils en for, a en jugor par lo bruit qu'elles rendent en roulant.Ma vieille arrièro-grand'mère, on ma l'a bien souvent conté dopuis, écoutait attentivement co quo raocon-taient ses petits-fils.Elle parut très effrayée : —Mes enfants, dit-elle on chovro-tont, semblable histoire est arrivée à "n do mes frrres ! Ces hommes doi- vent élie dos chorchours d'or !.S'ils en trouvent, nons sommes perdus !.L'Anglais s'emparera de co pays ! Il faudra oncoro une fois atteler los chariots, abandonner notro forme ot re-montor davantage au nord.—Ah ! zut ! dit mon grand-père.Je suis ici, j'y reste ! Il ne trouveront rien, parce que je leur défends bien de fouiller duns un soul ondroit de mon ylaate, et de cacher un seul enrré do celte herbe dont mes bœufs se régalent.—Il y a do l'or ! répéta mon arriè-re-grund'rnère.Il y a do l'or ! los Anglais l'ont flairé ! Elle n'avait pns dit ces mots quo Lévyson entrait.Tonte la famille lo vit avec joio.Parbleu ! cet homme n'avait laissé que do bons souvenirs à tout le monde Mon grand-père alla lui serrer la main en s'écriant : —Co cher ami ! c'est lui qui, avoc ses chariots, vous effraye tant ! —Oui I ce sont mes chariots ! répondit le Juif.Jo les ai laissés à quelque distance, pour no point vous encombrer.—Vous mangoz avec nous, Lévyson 1 —J'accepte ! d'autant que j'ai à vous parler de choses graves.—Ah !.Au dessert, quand il fut seul avec mon grand-père, lo yottpin dit : —Vous avez toujours, mon chor Monsieur Campavert, co papior quo je vous ai fait signer ?—Cortes I Je l'ai toujours ! Jamais il ne me quittera I Vous savez bien qu'il soello notre étornello amitié ! Nous ne nous brouillerons jamais, avec co papior ! Car ai nous le faisions, nous serions doux parjures, ot 10 bon 1 heu nous punirait.C'ost qu'il était bon chrétien, mou grand-pèro ! Le Juif, j'imagine, dut lo regarder d'un air qui signifiait : —Bonno tourte ! va!.Pauvre grand-papa ! Il serrait avoc forco les mains de ce Lévyson qu'il considérait commo lo bienfaiteur de sa famille, parce que le youpin lui avait fait cadeau do fusils du dsrnior mo lèlo français, de boites en cuir russe, ot h sa fommo des ch ipo.tux venus de Paris.—Co papior, cher ami, voulez-vous que j'aillo vous le cherchor 1 —Non, Monsieur Campavert, non ! 11 me suffit que vous vous rappeliez l'avoir signé ; pour moi, j'ai lo double.Puis, il emmena mon grand-pèro avec lui, ot lui demandait : — Venez donc me montrer les torres quo vous m'avoz cédées.—Moi, jo vous ai codé des terros ! Mon bon grand-papa Campavert rit énormément : —Mon cher Lévyson, vous voyez tant de gens que vous devez confondre I C« n'est pas moi qui vous ai vendu des terres.Mais lo youpin se mit on colère, ot voilà que co fut lui qui accusa mon grand-pèro do mauvaise fui.—Oui, Campavert, oui, vous regrot-tez peut -être de l'avoir fait, mais tant pis pour vous : vous avez signé, et vous m'avoz bol ot bien cédé, pour uno périodo do'quntre-vingt-dix-nouf uus, toutes ces terros au milieu desquelles se sont arrêtés mas chariots ot mes as- sociés, pour l'exploitation dos riches-808 minières de ce sol.Mon grand-papa on était bleu I II y avait de quoi.—J'ai été trompé ! s'écria-t il.Est-ce que je »ais co qu'il y a dans ce traité, que vous m'avez dit être un contrat conservateur do notre bonne amitié î.Kl puis, voyons, quelle richesse ospé-roz-vous trouver dans co soil.Il n'y a que des cailloux !.jo lo sais bien.Lévyson se fficha pour tout de bon : —Brisons là !.dit il.Jo ferai valoir mes droits.Mes associés ot moi, nous sommes la force !.Mes associés sont des Anglais, et l'Angleterre ne laisse jamais léser ses sujets, quand ils sont dans leurs droits.Dos Français, vous pourriez voue en moquer !.mais vous no vous moquerez pas impunément des Anglais.Adieu ! Et l'affreux youtro s'on alla.—Mon grand-papa rovint, très affecté ! Il conta son aventure à touto la famille, ot l'arrière-graud'inore s'écria : —Partons d'ici I.Attelons les bteufs : jo vous le disais bion : s'il y a do l'or sous ces prairies, les Anglais réussiront à s'en emparer, coûte que coûte!.Il y on a !.Ce jAaate est déjà à eux.—Minute I.lui dit son fils.Jone vais pas mo laisser dépouiller connue ça I Jo vais allor montrer co grimoiro, que j'ai signé si imprudemment, à un avocat do la villo.Et voilà grand-papa qui attelle quatre bœufs à un chariot ot qui part, tout seul, avoc eon fusil, do la poudre et des bulles.Mais, commo jo vous l'ai dit, ces solitudes sont immenses ! Li graud-papa Campavert mit un mois à parvenir à la ville la plus voisine ! Il y consulta uu avocat qui lui dit do revenir plus tard ! Comme c'était commode, à cette distance ! U repartit donc pour sa forme, où il arriva neuf semaines après en être parti.Eh bion ! mes enfants, vous mo croirez si vous voulez : sur lo domaine de mon grand-pèro, il y avait déjà, quand il revint, uno petite villo entière de construite avec cea maisons do métal, démontables, fabriqnéoa on Augleterre, ot qu'où édifie en quelques jours ! Il y avait des rues, des places, et uno exploitation mioière tout à côté, qui commençât à s'org.iuisor pour I extraction de l'or I Papa Campavert, avec son chariot, orrait en pleurant dans los runs de cette villo édifiée commo pur ouchitu-tement sur -ou propre domaine.Il trouva sa forme dans une sorte de faubourg, enserrée par d'autres maisons.Et sa femme lui expliqua qu'un policeman la m-iuuçait constamment de contraventions parce quo ses bœufs passaient tout près des habitation».Il n'y avait plus qu'à filer I On no lutte pas contra uno ville entière qui vieut souduinomont tiire irruption sur votre sol ! Et los conseils d'un avocat sont impuissants à vous défendre contre un fieau de la nature, une peste, un choléra, uno épidémie.On déménagea la forme, on attela los bœufs on touto hftto ; on poussa les troupeaux devant soi ; Campavort et sos fila, à cheval, lo fusil on bandoulière, escortèrent le convoi et, le soir même, ils avaient disparu dans la direction du Nord, ot allaient fonder dans lo Natal, la ferme où jo suis né, et que les Anglais occupont peut-être à l'heure actuelle.Toilo est une partie de l'odyssée de ma famille.—Les bandits d'Anglais !.s'écria Mégotin.—Et ce s.le'Juif !.fit Bidouillo, a-t-on idée d'un toupet pareil I.—Maintenant, poursuivit Campavert, je vais vous rucouter mon histoire personnelle : Il y a un an, je m'attirais la haine d'un fonctionnaire anglais qui était justement celui qui était chargé do percevoir l'impôt.Car le pays de Natal, fondé par nous, est aujourd'hui soumis à l'Angleterre.Mais nous vivons dans l'espérance d'être annoxés au Transvaal où à l'Etat libre.—Ça viendra, Monsieur Campavort, s'écria Mégolin, ça viendra ! —Mais dites-nous donc, voir un pou, ajouta Pinguin, pourquoi co fonctionnaire anglais vous avait pris ou grippe ?—Parco qu'il voulait épouser une do mes deux filles, expliqua Campavort.—Et que cette jeune fille, poursuivit Albort, no voulait pas épousor d'Englisch.—J'y suis, approuva Bidouillo on s'adressant à Albert, votre sœur ne voulait épousor d'un lioor.—C'ost ça même.—Jo continue, reprit Campavert.Cot Anglais, ne pouvant devenir mon gendre devint mon persécuteur.Mes impels augmentaient, do trimestre en triiuoslro.L'administration mo faisait on outre procès sur procès : on m'accusait de fraudes invraisemblables, pour lesquelles j'étais régulièrement condamné.Pui- le feu prit à ma ferme, et je fus pousuivi pour imenlie volontaire.—Cs, c'est ruitle ! s'écria Bidouille.Et vous avez été condamné 1 —Oui ! à uno forto amende.Maia attondoz.Jo mo disais : Ca doit être l'Anglais.J'ai voulu on avoir le cœur not.Savez-vous co quo j'ai fait 1 .—Nou ! fit Pingoin.—Jo suis allé uu juur à la chasse au buffle] dans uno région montagneuse où demeurait uieu percepteur anglais, et jo l'ai tué d'un coup de fusil.Tous mes ennuis ont cessé du coup.bans nos pays, voyez-vous, ajouta Campa-voit, Bui tout dans les rapports que nous avons avec lus Anglais, il faut fiiro les choses largement.Si je n'avais pas pris cotto détermination radicule il mu serait arrivé quelquo catastrophe.Jo sauvais des griffes d'un ennemi féroco non seulement moi, mais ma famillo.Une fois l'Anglais disparu, je vendis ma ferme à un ami sûr, et jo fis bion, car on mo l'aurait confisquéo, le jour où j'ai fini par être poursuivi pour assassinat ! Mais ils n'ont eu ui moi, ni ma ferine, pour lu bonne raison quo jo filai sur Paris avec mou fils Albert, dans l'intonti u d'y rester jusqu'à co que mon histoire fût oubliée Crac I Nous n'étions pas depuis huit mois dans votre capitale, que In guerre était déclarée entre les Boors ot les Anglais.Contru tout ce que nous aurions pu espérer, ces dorniers recevaient une pile monumentale, et mon fils ot moi ' nous délirions de joio en apprenant LE BAUME RHUMAL est le ROI DES GUERISSEURS 40 LE PARSE TEMPS l'invasion si rapide du Natal ot le siege de Ladysmith par nos frères du Transvaal.L'idée nous vint aussitôt de partir pour la guerre, de revoir los Ctres chers que nous avions laissés la-bas, et d'apporter notro concours à l'oeuvre de la libération do notro peuple.La tuile au prochain numéro.AUX SOURDS.- Une dnm« ricins qui • (u tu/ri* il- sa surdité et du bourdonnement d'or-ilie par lot Tympan* srtiflri.i.da I.'l K«i i roi M çMouom.a re-nur à est institut la •¦ da 125,000 afin qne toutes tes personnes sourdes q ui n'ont .as les moyen de se procurer les Tytupaas pjlasent les avoir gratulteioent.S'adresser à l'IwhtitUt Niciiolso», 780, Kioitrn Avasti».Nsw-Yom _ m No 36 — MYSTERE ECLAIRCI Tout est mystère, dans los affections de la gorge et des poumons, et pourtant le BAUME RHUMAL édsircit tout eola._^_ 26 —SANS RETARD Los pertes du sang par hémorrliiigie nu autrement demandent sans retard un régime aux PI LULES de LONGUE VIE riu CHIMISTE BONARD qui fera du sang nouveau ot pur.MONOLOGUES ou CHOSES A DIRE I>KJÀ PARUS DANS LE l'as.ke.par A.Turenno.0 90 Ce que chante l'autour, par P.Mu- 1.0 90 Ue trai d ehol» de modes françaises arec patron grandeur naturelle, chaque 0.05.Parmi leg Journaux littéraire*, on y trouve : Les Ànnslrs Politiques et Liitéiaire».*>e ; Le Sup.-lé-roent dn Petit Journal et du Petit Parisien.3c: I* Soleil du iMmanehe.t« ; l*a Lecture pour tous, 15e.Les commandes sont rempiles par retour du courrier.!SSS«SSS«.)S4.S"*""" Mandoline, Guitare et Itanin \ Et Importateur de ces instruments Leçon» données privément à me» salles ou à domicile.Instruments et accessoires FOURNIS GRATUITEMENT pour leçons à mon étude.Ixs meilleures références peuvent être données de la part des élèves qui ont reçu leur instruction musicale de Mr J.J.Invert.22}2 STE-CATHERINE "^^ffii!^ CRISTAUX D'EAU MINERALE Un pnqnet de ces cristaux suffit pour préparer un demi-gallon d'eau minera le .C.: ^^eomme'pHmïs"^^uïqTO bralriese» diminué de 5e, si la contends est aeoomuagnéo de ce eoupon.16 A?62C
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