Le passe-temps, 1 janvier 1903, v. 9, no 226
PER P-?6 E PASSE-TEMPS MUSICRLi, JjITTERAIRE et FANTAISISTE ABONNEMENTS: Pour l'Amérique: Uo nn.$1.50 ; mix iwAa.75oenU j__MONTREAL, SAMEDI, "21 NOVEMBRE 1908 j ANNONCES (Ml'l*l^,,ln*"rtlcrcur au printemps prochain.Voila tout ce que je peux vous dire pour le moment.Si vous vou les en savoir davantage nous nous reverruns, je l'espère, au moment opportun.— Quand pensez-vous, demande ensuite le directeur de VItalie, que l'opéra Roland sera joué ct où ?— 1-e Roland, répoml I^oncavallo, sera joué au début de l'automne 1901, et naturellement, la première lépiéscntation aura lieu au Théâtre Impérial de Merlin.Après Roland, Leoncavallo mettra en rru-fttque Rose d"hirert de Maurice Vaucairc, ct le Chevalier d'Eon, d'Armand Sylvestre et t.ie orges Cain.* MAXIME GORKI PAR LUI-MÊME Maxime Gorki, l'auteur des H as-fonds (ou l'Asile de nuit) qu'on joue ft Berlin presque sans interruption depuis plus d'une année, vient, sur la demande de son éditeur, de résumer sa carrière d'une manière brève, oh combien .Iks dates, des faits rapides ponctuant la rude vie'de l'écrivain mieux que de longues dl:-sertations, * 1878, j'entre comme apprenti chez un cordonnier ; 1879, je suis apprenti chez en dessinateur ; 1880, mousse »ur un paquebot-poste ; 1883, je travaille chez un boulanger ; 1834, je suis portefaix ; 1885 boulager ; 1886, choriste d'une troupe d'opérette ambulante ; 1887 je vends des pomme* dans la rue ; 1888, je tente de me suicider ; 1089, je suis remouleur ; 1889 scribe chez un avoué ; 1891, je parcours ft pied une grande panic de la Russie ; 1892, je suis employé aux ateliers du chemin dc fer.Cette même année, je publie mon .premier conte." On ne peut être plus bref et plus net.GRAPPILLEUR.C>attp$ de d^ijsieaux LE LIT DE MORT lorsque j'étais petit, tout petit, on me menait parfois dans une chambre tendue de velours rouge, dans le vieux chateau de mon grand-père : c'é.alt ltplus jolie pièce, arrangée, tenue avec un soin jaloux.mais je la détestais, ft cause de son ornement principal, un grand lit bardé de fcr qui se trouvait en plein milieu ct me faisait peur.Ce Ut, immense, recouvert d'un drap noir, était une masse colossale et imposante, effra-ant mes yeux d'enfant.Pub de son sommet jusqu'au milieu, rampaient, comme les bras d'un fauteuil gigantesque, deux bras humains en fer, nus et décharnés, dont les mains qui semblaient crispées retombaient sur le drap sombre.Mon grand père respectait la pièce et paraissait épouvanté tout autant que moi lorsqu'il s'en approchait.L'n jour il me dit : — " Petit I tu ne connais pas encore lu " vieille tradition du Lit de Mort.H est " temps que tu l'apprennes 1' * et il me conta la fantastique histoire : " C'était un vœu, depuis des siècles dans " notre famille, de venir sur ce lit rendre le " dernier soupir.Le mourant était trans *' porté lft pour y achever ses instants.pu-" niliond'un crime de jadis qu'il valait mieux 11 taire.Bref, il n'était pas permisde mou-" rir ailleurs dans notre famille I ' ' J'ouvrais del yeux ébahis, mais le grand-père soutenait sa thèse, disant que le châtiment du ciel ne se ferait pas attendre si on doutait de la vérité.Les jours passèrent, se succédèrent pendant deux ans : je pensais toujours ft la légende puis, un soir, ma mère se acntit mal.Le grand-père eut ce courage infâme delà prendre dans ses bras ct dc la porter dans la chambre rouge, surU lit fatal ; lorsqu'elle revint ft elle et se vit lft, elle comprit tout et pleura d'angoisse.Quand, plus tard, je vis la chère morte, les yeux clos pour jamais, entre ces atroces bras de fer qui semblaient ie tordre en des convulsions, cl la serrer, l'étreindre dans le froid de l'Au-Delà, je m'enfuis presque foi.J'ai fermé la chambre maudite, mais le grand-père l'a rouverte un jour, tout seul : je l'ai trouvé mort, lft, toujours entre cjs affreux bras.Je suis devenu père, je n'ai point dit à mon fils la tradition horrible.Un jour il vint dans la pièce et monta sur le lit : je le trouvai jouant.Affolé, je le saisis dans mes bras et me sauvai, ayant pe ir.Mais le drap noir possédait un aimant san* doute ; il l'attirait.Quelques jours après je le retrouvai lft.Il était couché : sa petite main tombait sur la main de fer, tea lèvres fines étaient entr'ouvertes cuun sourire.Ainsi dormait pour toujours le petit chérubin rose ! Depuis, combien de deuils, combien de rêves évanouis en toi, combien de lèvres closes encore, maudit lit de fer 1.Je suis un vieillard ft présent dont les instants sont comptés l c'est, la main appuyée sur un de ces bras terribles, que j'écris ces dernières l'gnes.Tout ft l'heure Ils vont m'étreîndre, m'enporter, et tout sera fini, car je représente le dernier de ma race.Lc moribond nux pas chancelants a trouvé ln force encore d'ouvrir ln porte ct de fran- LE PASSE-TEMPS '7' POESIE BALLADE DU MOIS DES MORTS i l.e mois des morts, novembre plein de soir, Sème partout avec l'ombre sa trace, Et le sillon, fuyant par le terroir.Est tout roidl d'une couche de glace, l'etit moineau, mendiant de nos toits, SoulTre tout bas en grelottant de froid.Pauvre nature ardue et Militaire, Discret témoin des yeux qui pleureront, Combien ?Combien devant toi s'en iront Vers l'au delà qui commence sous terre ?II I* corar vaincu, tournant au goarrre noir, Nous tomberons, fiers inconnus, sans place.Comme la feuille au fond des longs coaloiri Où la tempête emporte puis écrase ; Ainsi qu'une ombre au vaste champ des croix, Nous tomberons en des fmsins, sans voix.Voila pourquoi je songe en ma prière, bien humhlemcnt, à ces âmes qii vont En proie aux nuits du mystè e profond, Vers l'au delà qui commence sous terre.III Un horiron, une marge d'espoir A l'occident apparut et s'efface ; C'eat donc en vain que nous aimions revoir I-e grand soleil ?Tout tourne et tout se lasse ; Voici la main aux invisibles doigts •.lui.répandant la niit et ses effrois, A fait pleurer l'homme qui désespère : De l'arbre en deuil où reposa leur front Combien, o nuit, ont sombré sans pardon Vers l'au-delà qui commence sous terre ?IV ENVOI Seigneur-Dieu, vous qui savez le limon Dont nous sommes, vous de qui la lumière Eclaire l'ange et brûle les démons.Sou venez-vous de nous, pauvres larrons, Vers l'au-delà qui cumnicnc: sous terre.1.0UÙ Jouph DOUCET.MONOLOGUE LE MONOCLE Il cnlre en l'efforçant de faire tenir son monocle sur ton «cil.Je »ui* *ût que vous vou* demandez avec anxiété pourquoi je fai» de vains effort* pour maintenir ce monocle en équilibre.Dans cinq minutes, votre anxiété n'aura plu» de raison d'être.Elle n'aura plus de raison d'être, pirec que je vais vous faire pirt de ma situation, qui est des plu» péni- bles.Du reste, il a bien fallu qu'elle fût pénible pOOt que je me permette devenir raconter mes petites histoire» de • vant une assistance aussi nombreuse.U y a quinze jours, en me levant, zim ! je m'aperçus que j'étais amoureux.J 'eus beau me secouer, ouvrir ma fenêtre, me lotionner, ça ne s'en allait pas.J'étais amoureux ; amoureux de ma voisine, une petite veuve adorable.toujours en noir.Ça n'est pas très gai, mai» ça lui va si bien ! (Un temps.) Avez-vous remarqué comme le noir va bien aux veuves?— C'est peut-être pour ça qu'il y en a d'inconsolables.Je mets donc des gants.noirs, par délicatesse, et je frappe discrètement i sa porte : Notre entretien a été inouï.Inouï ! Je me contente de vous donn-r la conclusion : — '* Monsieur, votre demande me flatte ; mais l'image de mon premier mari est trop présente a ma mémoire pour que je sois tentée d'en prendre un secon 1." — "Je comprends cela, madame; mais il suffirait de faire une exception en ma faveur.Çu m'a pris ce matin en me levant.Zim 1.J 'ai eu beau me secouer, ouvrir ma fenêtre."— " Si je cédais, monsieur, cî serait a une condition tellement étrange." (Aupublic.) Voilà l'inouï, vous aller voir.inouï I — 11 Mon premier mari, continua ma veuve, s'appelait Thé mis-tocle." —" Jene connais, sous ce nom, qu'un grand général de l'antiquité." — "Ce n'était pas lui.Tliémistocle m'aimait et je l'aimais.— " Passons, madame, passons !" — " II était doux, serviable ; il ne rentrait jamais après dix heures.Le matin, je lut apportais son chocolat dans son Ht, et il me disait merci I d'une voix douce.Il était officier d'académie et avait une cicatrice a l'épaule." — " Oui, madame, c'était un brave, mais."—*' L't son monocle, monsieur ! Il avait un monocle admirablement campé sur son œil.Je me demandais toujours comment il arrivait à ce prodigieux équilibre, Monsieur, j- résume.Efforcez-vous de ressemble/, i Tliémistocle.Prenez, son nom, prenez sa figure, prenez, sa physionomie, et que ce second mariage me paraisse être U suite du premier !" — M 1^ tome deux., Est ce que le monocle est urgent l " Indispensable, monsieur.Tout Thémistocle était la ! " (Un temps.) Vou* ne trouvez pas ça inouï .* — J'ai couru chez mon coiffeur et je me suis fait faire la tête de Thémistocle.Tel que vous me voyez, j'ai la tête de Thémistocle.Il n'était pas mal.Je prendrai son nom, bien qu'il ne soit pas joli ; dans les moments d'expansion, s'entendre appeler Totocle.Le chocolat, le malin, dans mon lit, ça, ça n'est pas plus désagréable qu'autre chose.Thémistocle lui disait merci! d'une voix douce.( Voix de tête.) Merci I — Ou bien : (Avee ex.ptinsion.) Ah ! merci ! — J'aime mieux : Ah 1 merci 1 — parce qu'en disant : ( l'oix delete.) Merci ! j'ai l'air d'annoncer une station.Comme Thémistocle était oflïcicur d'académie, je me suis acheté du ruban violet, mais j'attendrai quelque temps ; je ne me crois pas encore digne de le porter, truant à la cicatrice à l'épaule, elle ne me parait pas indispen.able ; quand ma femme sera à même de constater qi'ellen'y est pas.il sera trop tard.(Souriant.) !' -.1.1 évidemment trop tard.— La cicatrice, le chocolat, la décoration, to-it ça c'est rrès bien.mais c'est le monocle 1.Le monocle I Impossible de le dire tenir.— Après huit jour» d'essiis infructueux, j'ai envoyé a mon adorable Pasiphaé — j'ai oublier de vous dire qu'elle se nomme Pasiplné — quelq i;s v_t».Jene puis résister à l'envie bien légitime de vous les dire ; je les sais par eceur : A une femme, qui m'ordonnait de porter un monocle, bien quî cet instrument d'optique changeât complètement ma ma-nièrede voir, QUATRAIN Cest vrai, je suis votre esclave, marquise.Mais vous abusez de vos droits.Avec deux yrux, je vous trouvait exquite.C'est de la cruauté que m'en ordonner trois l Il regarde longuement le public avec satisfaction.On fait ce qu 'on peut !.Elle m'a tépondu qu'elle tenait au monocle.S'il tenait autant qu'elle y tient, ce serait un rêve ; mais, si je n'ai pas l'arcade sourcilière conformée comme celle de Tliémistocle, qu'y faire r* Chacun a son arcade I Depuis ce matin, je suis arrivé* le f lire tenir sans changer ma physionomie, (file met et fait une horrible grima ce.) — Quand je me tais, il ne bouge pas ; mais, dès que j'ouvre la bruche, il torn lie.Tenez ! (Il le met el pousse un cri rauqae.) Ah \ \\ (Le monocle tombe,) Vous voyez !|j 'a-vais vaguement songé à le coller ; mais, alors, je ne pourrais plus le quitter, ça aurait d'autres inconvénients — il pourrait me gêner.(Souriant.) Il y a des moments où 11 pourrait me gêner.D'autant plus qu'il m'empêche totalement de voir clair ; si jamais, j'arrive s le faire tenir, il me faudra un caniche.(Il le met machinalement.) Ah ! je ne connais pas l'inventeur de ce verre solitaire ; mais, si je le connaissait, je lui dirait: " Monsieur.'' ( S1 apercevant que le monocle tient.) Mais il tient ! il tient!,.Je vais taire ma demande.Il sort à tâtons.Georges ZfE/fA', Sociétaire de la Comédie-Française.WREÀTIOk 91 — CHARADE L'un te jette a la mer et l'autre s'y promène.I tout n'embellit pis une tigurc humaine.Les réponses seront reçues jusqu'au 5 décembre.I.cs dix premières réponses justes, accompagnées de notr«: coupon de primes.No 225 recevront un morceau de musique de chant ou de piano, au choix.SOLUTIONS 89 — LE QUATRAIN CHRONOLOGIQUE Ce quatrain renferme les jurons habituels des rois de France Louis XI, Charles VIII, Louis XIII et l'niçois 1er.L'ALM ANACH DU CHANTEUR COMIQUE 1904 (sous presse) — Vol.in-16 de 6 pages avec parole* et musique de chant.Contenant tous Tes derniers succès.Prix, 25c franc.1.Ce volume sera mis en vente chez tout les librai es et marchands de journaux le ter décembre prochain.On accepte des commandes à partir de ce jour.Adressez: Le Passe Temps, Montréal.chir ton seuil, vustc pièce qui me fit trop pleurer.Je suis étendu sur toi, funeste et triste Lit de mort ! ___Je sens que c'est la tin I.j'étoufle.mains de fer.ne métreignez donc pat ainsi 11 ____Mon Dieu 1 !____ Priez pour le mourant.JEHAN HA A'7 EL, flans Ir J^onile^rtisle NATIONAL FRANÇAIS — 14^Ste-Catherine — Tél.llcll Est 1736, Tél.Marc.J»3 — DRAME — Deux icprésentations par jour.Prix, Matinées 10, 15, 20, 25 et 30c 11 Soirées io, 25, 35, 40 et 50c N.B.— Les enfants âgés moins de 5 ans ne sont pas admis aux représentations.Samedi soir, le 7, quelques-uns des amis de M.Lorenzo Prince lui ont donné un banquet a l'hôtel Riendeau, à l'occasion de sa nominatiau de '* City editor " à *' La Presse " poste difficile qu'il a déjà occupé il y a quelques années.Comme cette féte avait un caractère tout intime, le nombre des participants a été nécessairement limité.Une cordiale réception dans les salons de l'hôtel a précédé le banquet qui a commencé à 9 heures, et qui a été présidé par M.P.Arthur Côté.A l'issue du repas, fjit bien ordonné, quel • que» discours à la louange du protagoniste de la fête, et des chansons patriotiques et joyeuses tirent couler rapidement les heures, dont chacun avait momentanément oublié le poids.L'orchestre J.A.Frappier s'était chirgé d'ajouter au menu un: pirtie miloiiqie qil a été au «si appréciée que let met* succulent* et les vins parfumés.Puis, comme dans la chanson de Marlborough, chacun s'en fut coucher.» Nous enregistrons avec plaisi- l'hommage suivant rendu par la 11 (îaxrtle " de Montréal au talent de M.L.P.Hébert.L'hon neur d'être désigner comme le plus grand sculteur du Canada et même l'un des plus grands du monde, n'est pas mince, et mérite d'être signalé.Iji distinction accordée a M.Philippe Hébert (Chevalier de Saint-Michel et de Saint-Georges) réjouira bien du monde au Canada.M.Hébert n'est pas seulement le plu» grand sculpteur canadien, mai» l'un des plu* grands sinon le plus grand dans l'Amérique du Nord.La statue de Maisonneuve, à Montréal, fait bonne fiigure parmi les statues les plus remarquables dans le monde ce n 'est qu'une de ses crime- belles autant que nombreuses.Il n'y a pas un artiste dans l'empire qui soit plus digne que lui de la distinction qui vient de lui être accordée.ft M.Alfred Laliberté, un jeune Canadien-français de talent, exposera au Salon de Pa ris un groupe très original réprétcnlant le massacre des habitants de Lachine par les Indiens.De l'avis des conniLsscurs cette comiiosilion fait réellement honneur à notre jeune compatriote.No»lecteurs n'ignorent point que M.Lali berté est un ancien élève du conseil dei Ans et Métiers, Sou talent paur la sculpture le lit remarquer de ses profcst:urs et il fjt décidé dans le temps de prélever une souscription publique pour lui permettre d'aller étudier a Paris : il n'a pis trompé ses a Inii -rateur*.Tout dernièrement, SirWilf.îd Laurier et l'hon.jugî Choquet firent pirvciir a a » * -v r 1-1-—1 te, lorsqu'il fait lourd, La nuit cha - cun s'ap - pre te A pren • dre l'ait .»., sur le trottoir,.Res ¦ pi - rer la frai - cheur du pau soir.Chapeau d'eô ¦ té, Un banquet sur l'é le, Bien é - rein - té, Les ch'veux en feuill's de sau • le, A - vec sa g^^SSlrl^É femm' sul - vl d'ees trois mou-lards.Tout poussiéreux, l'ou - vri - ^ moins vite.ren • tre tard, Mais fre - don - nant Tout en mar • chant •' C'est rail.rail.• run.^ _^ t - rein - tant.Que plai • sir as -som-muni," Refrain.Io -—- C'est la cli.m son de ceux qui r'vien • nent.Ils sont par - lis dès le ma- tin Pour al - 1er s'bal - la - der un brin, Mais l'grand so ieil a fait des sien- nés, Et dam'comme II fai sait très chaud, On a sa - blé le pi - co - lo Lé-gèi^ment Allarg.gris s'te- nant .1 pei - ne, C'est Au vieux clocher C'est l'angélus qui sonne.Las de marcher Suri 'herbe qui frissonne, \jc pauvre geux s'est étendu, Avoir un toit, c'est défendu.Depuis des jours Courant à l'aventure Allant toujours Maudissant la nature, ( iourdin solide et la besace au dos, Traînant la jambe, il marche sans repos.El soupirant D'un air dolent, Lc ccrur souffrant,* Il chante tristement : RErtAlN.C'est la chanson de ceux qui r'viennent, Jadis, il a volé du pain Pour son p'tit gars qui crevait d'faim, Il t'est révolté sous la peine.Il n'a plus d'iarents, plus d'amis.Quand il passe, chacun frémit : C'est un libéré de Cayenne : C'est la chanson de ceux qui r'Tiennent.la chan- son de ceux qui r'vien-ucnl- Sous le ciel bleu Et aur la mer immense.Majestueux Le navire s'avance.Depuis deux ans qu'ils août partis.Ils vont retrouver leur pays.Les p'tits marsouins Brunis sous les tropiques, L'soir, nu pat'lln.Cont 'nt les faits héroïques A la veillée, auprès de leurs bons vieux Qui les écout'nt en clignotant des yeux.Sacré matin I DU'nt les anciens, Quel rud' marin, C'est un lameux lapin.C'est la chanson dc ceux qui r'viennent, Mais l'soir dans leur bon lit blanc.Us pleur'nt en songeant aux absents : Ce sont des cœurs qui se souviennent.Tous les pauvr's gars n'sont pas r'venus, *i en a qu'on n'verra plus," 'Prist's cl seuls des pauvres vieux pleurent.C'est la chanson de ceux qui meurent.Dimanche, le 18 octobre, une brillante soi-rée fut donnée en l'honneur de Mme C.A.Massé, 375.rue St-Denis, ft l'occasion de l'anniversaire de sa naissance et de ton ma -riage.Mlle» Ernestine et Aline Matté, qui avaient organisé la féte ft son insu, réunirent plusieurs amis pour la fêter gaiement.Après présentation de nombreux et riches cadeau x [Ou- lui présentèrent leurs souhaits de bon-heur et d'heureuse féte.I .1 soirée commença par une valse des plus entraînantes, au son du violon et du piano, laquelle fut suivie dc bien d'autres, ayant comme intermède, plu-sieurs morceaux de chant, piano, et violon.Mme M.T.Perrault nous a charmé par un magnifique morceau de chant intitulé Vont m'avnfaitplturtr, très bien réussi par notre aimable chanteuse.Mlle Ernestine Matté et Mi Iule.Gingras méritent de chaleureuses félicitations pour la parfaite réussite de la lourde tftche qu'ils avaient entreprise en chantant VArt Maria de Gounod ; tlsétaicnl accompagnés au piano par Mlle A.Gos-selin, rpii comme toujours, sut faire admirer ses talent* de virtuose.Nous avons eu lc plaisir d'entendre au piano.Mlles E.Massé, A.Testier, A.Gosselin, B.Testier, Alf.Tessier, ainsi que MM.W.Caron, C.Bailey, et Boivin.Tous surent faire apprécier leur talent de musicien.Mret Mme Massé, se.condés par leur jeune fille Mlle Ernestine, ct de leur nièce, Mlle Aline, ont su comme toujours charmer leurs invités par l'amabilité dont ils ont fait preuve.I-cs rafraîchissements étaient ricches et variés.On se sépara ft une heure avancée de la nuit en empor.tant un souvenir des plus charmants de ces heures passées si gaiement et trop t6l écoulées au gié de tous le- toilettes étaient riches et seyantes.Parmi les personnes prétentes, on remarqua: Mmes C.A.Massé, M.1-.Perrault, Mlles E.Massé, E.Larivée, A.Tessier, A.Masse, A.Gosselin, Alb.Tes-sier, A.Bailey, C.Tessier, B.Bailey, MM.C.A.Massé, W.Caron, J.Gingras, A.A.Matté, C.F.Laviolette, L.A.Masse, I- E.Picard, L.Gosselin, Audet, Cabana, A.De-beaumont, Lortic, Lefebvre, Boivin, Bertrand, C.Bailey, etc.A l'occasion du prochain mariage de Mlle Eva Leclaire, le 31 octobre, un joli groupe de ses amis se sont réunis ft sa demeure, au No 1514 de la rue Ste-Catherine.De jolis cadeaux accompagnés d'une adresse, dite par Mlle Almaidc Magnan, lui furent présentés.Malgré sa grande surprise, elle a su recevoir ses hôtes avec toute la courtoisie qu'on lui commit.Il y eu chant, danse, musique ct déclamation.A minuit un joli goûter fut servi.Les convives se sont retirés ft une heure avancée de la nuit, ayant une fois de plus apprécié le vrai plaisir dc tes réunions joyeuses.Tous avaient de jolies toilettes, l-ca organisatrices de cette soirée sont Mlles Antoinette leclaire et Maria Mailtoux, Par-mi les invités nous avons remarqué : Mlle l'-nl.' Magnan, qui charma ses amies par sa hclle musique; Mlle Florida Melançon qui fit entendre une jolie chanson, fort appeéciée dans la circonstance.Mlles A.Charrette, K.Charrette, N.Lamarche, I).Constanli-neau, E.Lamarche, L, Guilbault, B.Mail* loux, M.Desormier, M.-L.Rochon, J.Desormiers, N.Lamarche, D.Meilleur, C.Page, A.Lalonde, E.Daveau, C.Pilon, A.Gariépy, M.Magnan, A.Argolte, A.Magnan, E.Chntelle, A.Bénard, T.Mareil, K.Dcsormicrs, J.Landry, B.Charlebois, I" Gagnuu E.Argolte, C.Rivet, ect., etc.A.Beaugrand Champagne ARCHITECTE DE JARDINS.Plans de jardins, de parcs et de cimetières.Ornementation, i a-Place d'Armes, Montréal.Téléphone Bell Main 4138. LE PAS8E-TEHTS • 73 LE THEATRE MAISON TRANQUILLE Comidù-vauiicvilU en un acte (Suite) SCÈNE VIII gandinet, leguichard leguichard.— Voilà 1.voilà !.Dieu que c'est agaçant, le telephone I OANUlNF.f, à fart, — Lui 1.leguichard.— Allô i Je vous écoute, monsieur.(Pern à feu, sa figure exprime le ptui vif tbahisiement.) Vous di-tel?.Un crime chez moi ?.Quel enfant ?.La mère de qui ?.Mais je ne fais pas de rouspétance i.Je vous assure que je ne me fiche pas de vous !.Il y a une erreur., ça ne peut être qu'une erreur, .regrettable.Leguichard.oui, monsieur.(Quittant T appareil.) Il parait qu'Us vont m'en-voyer un inspecteur.S'ils croient que je vais l'attendre i.je vais làire un tour.,.Mon chapeau ?.Ah ?je l'ai laissé dans ma chambre.Il sort à droite.gandinkt.— U veut filer!.mon devoir est de l'en empêcher i.Comment faire ?.V a-t-il une clé sur la serrure ?.Oui.enfermons le.U donne un tour de clé.SCÈNE IX oandinf.t, balourdin balol'riiin, entrant.— C'est nop!.,, le téléphone, maintenant ! J'ai déjà pris une absinthe.elle m'a fait mal i.gandinet, àpart.— Notre policier, déjà i.(//««/j J'ai téléphoné.balourdin.— J'ai bien entendu i.,.C'est même pour cela que je viens.,.gandinet.— Ell bien ! la police se déplace, aujourd'hui, avec une rapidité i balourd)n.— Oui.(àpart.) Pourquoi me dlt-ilça?gandinkt.— En voua attendant, je l'ai enfermé !.balourdin.— Qui ?gandinnt.— L'assassin i.balourdin.— Il y a un assassin ?.C'a, c'est le bouquet.Je vous laisse.gandinkt.—Comment, vous vous en allez ?.balourdin.— Ecoutez-nioi.j'ai l>csoin de rqwa.Je suis fatigué.gandinkt.— Ca se voit i bAi.ourdin.— N'eal-ce pas ?gandinet.— Alors, il ne fallait pas venir Ici?.balourdin.— Ah i je suis bien de votre avisl.gandinkt, d part.— (jucl drôle de policier !.(liant.) Vous n'êtes pas ici pour votre plaisir, n'est-pas ?balourdin.— Ah i.fichtre non ! gandinkt.— Eaites donc votre d :voir.balourdin.— Et vous, qu 'est ce que vous allez faire ! gandinet.— Je vais m'en aller.balourdin.— Je préfère vous accompagner.gandinet, montrant la parte de droite.— Et lui ?bai.ol'rdin.— Il n'y a pas de danger qu'il nous suivre, puisque vous l'avez enfermé.gandinkt.— Vous ne voulez pas le voir ?balourdin, vii-ement.— Non.gandinet, — Comme vous voudrez, je le laisse entre vos mains.balourdin.— Je ne vous quitte pas.Ils vont vers le fond.Henriette entre, le bras toujours en écharpe.SCÈNE X i es MEaRS, henriette GANDINET.— Hein ?.Vous?iiknrikttk, étonnée.— Mais oui, moi.GANDINKT.— Blessée seulement ! henriette.— Moi ?.Ai.! oui ! .légèrement.au bras.Ce ne sera rien.Mais à qui ai je l'honneur de parler ?— candi nkt.—Ahl.madamel.l'occasion que j'ai si longtemps souhaitée et cherchée la voici.et, pourtant, je sens bien que ce n'est pas le moment.non, le moment n'est pas favorable.iiknrikttk.— y u'est ce qu'il dit ?gandimbt.— J'étais là, madam:.J'ai tout entendu.Mais comment osez-vous revenir ici ?henriette, à Balvnnlin.— Qu'est-ce que ça veut dire ?balourdin.— Il va vous expliquer.mol, je n'ai rien compris.Et, si vous voulez me petmettre.henriette, ètu.— Ne me laissez pas seule.ce monsieur ne m'inspire aucune confiance.oanuinct.— Je l'ai enfermé.il est là.henriette, tard Balourdin.—Tl est fou.ne me quittez pas.balourdin.— Allons bien 1., Je vous assure, madame, j'ai besoin de repos.Leguichard ébranle la porte, (.andinct et Haloardiu |k>us-sent un cri et cherchent à se cacher, Henriette suit Ita-lordin.m skim n.— Quoi ?Qu'y a-t-il ?balourdin.— L'aasaasin, madame i henriette.— Qui ça ?balourdin.— Je ne sais pas i gandinet.— Nous sommes bêtes.il est enfermé.balourdin.— Je vais avoir une maladie dt eccor ! henriette.— Il fzul éclaircir cela."Où est mon mari > balourdin.— Je ne sais pas.henriette.— C'est agaçant i.Vous ne savez rien i.Et ce monsieur, qui est-ce ?balourdin.— Mais je ne le connais pas i henriette.— Alors, qu'est ce que vous faites ici?balourdin.— Je ne sali pas i.mais si.Je vous expliquerai plus tard.iiknkikttr.— Messieurs, il me semble que nous sommes en nombre, nous pourrions laisser sortir cette personne, quelle qu'elle soit.gandinet, à part.— Elle est crâne I balourdin.— Voua avez absolument besoin de moi t henriette.— Vous n'allez pas me laisser seule.Ouvrez ! bai.oi rdin, à Candimel.— Oui.ouvres i gandinet.— Ce serait plutôt votre devoir, comme policier.Enfin 1 Il va ouvrir la porte.balouedin, d part.— Pourquoi m'appelle t-il policiei ?(A suivre.) .JACQUES B ASC H El.st-feançois, montmagny A la chapelle du couvent de si-François, Montmagny, le 6 octobre 1903, Georges léonidas Dionne, Ecr., notaire, de Amqui, comté de Matane, conduisait à l'autel Mlle Alcxina Martineau.Mr Octave Dionne, maître du bureau de poste île Matane, servait de témoin à son fils ; Mr I.éger Martineau, maire et préfet du comté de Montmagny, accompagnait sa fille, \a cérémonie a été bien belle, beau chant par les amies dt la mariée.Les cadeaux étaient riches el variés.L'heureux couple est parti le même jour pour voyage, emportant les souhaits de bonheur de tous leurs amis.* st cyrille de wendovee Mardi, le 27 octobre, a eu lieu, à l'église de St-Cyrille de Wendover, le mariage de Mr J.(îrlèvremont, industriel de Sorel, à Mlle A.llllodeau, de St-Cyrille, fille ninée de Mr Bilodeau, rentier.Nos souhaits de bonheur.* essex ville, michigan Mardi, le lo novembre, Mr Eugène La-croix, de llay City, Mich., à Mlle Emma Desjardins étaient unis par les liens du mariage dans l'église St John d'Essexville, qui avait revêtu pour la circonstance ses plus belles parure,, ses plus beaux ornements.L'union fut bénie |nr le Rév.pèie Hresson, curé de la paroisse.< Mr Jos.Lclieau, ami du marié, et Mr Alphonse Desjaidini, frère de la mariée, accompagné chacun de leur demoiselle d'honneur, Mlle Desjardins et Hébert, servaient de témoins.La mariée était ravissante et sa riche toilette, superbe- liesse, et semblait prédire au jeune couple une longue suite de Itonheur.I rnt> si.< util, 1 in.Dernières Nouveauté- venant de Parts Lc pas rel'té par Marcel Prévost 0-90 Toutes les femmes tome II par Vlgnola 0.90 Claudine à J'école à Pails en menace par Wlllj 0.90 L'amour à Pftrule par Louis K « - 0W Le .noue-Marin le Vengeur par Pierre Mae! 0.90 Virrges en ll*urs par Kujery 0.90 Détectives et bandits \ n I . Jos.c.G LaPochelle Editeur-Ppopriétaipe m „^'W^-^rrr-jACQUtS-M()NTI»EAL-CA^r*A-CM.a»._ pp.».loxg !- i ^1 I a I n-l I ¦ I' 1 "•¦"»¦ po.» 102a If f i —1 Magasin et Salon privée : 1741, Ste-Catherine (entre les Saint-Denis et Sanguine! ).Examen de la Vue a domlolle Foiiee-'ifonjita HaMllea — chez — n.leveille Marchand- Tailleur 202, RUE S7-DENIS Attornment complet de nouveaux patrons pour fiafnllementt et partlettus.Une vitite ett tollicitêe.LES CARTES MERVEILLEUSES Au moyen de ces cartes, la fortune et, par conséquent, ce qui s'en suit, est a la portée de tous ceux qui s'en servent en suivant bien les instructions qui accompagnent chaque paquet.Jeunes hommes et jeunes filles, hommes ou femmes, gens mariés ou célibataires, tous ont également le pouvoir et une méthode infaillible de parvenir, 1rs instructions n'ont rien de compliqué, un enfant les comprend et peut les mettre en usage.Ne manque/, juis de vous mettre en possession d'un de ces jeux de cartes merveilleuses dont les secrets on déjà tait le bonheur de milliers de personnes.Prix, 10 cents franco.Adressez toute comma iule : E.Martman, 129, rue du Champ-de-Mars, Montréal, Can, > LE BRILLANT SUPERK1N LIQUIDE nettoie et polit avec facilité le cuivre, le nickel, l'argenterie, le zinc, etc., propre d'emploi, sans acide, exempte le vert de gris, donne un brillant de grande durée.Dépôt, I .Dalcourt, 232 Maisonneuve, Montréal.Téléphone Est 2248.Emile Vézina Artiste-Peintre Spécialité : ^OXtXSllte i63o, eue notre-dame, montreal BEATJMISE medecin et opticien < —A l'Institut d'Optique— r "j 1854 Ste-Catherine M Coin Cedieux, Montréal EXAMEN CDITI?DES YEUX OnS 110 est le meilleur de Montréal en fait d'AJUSTEUR et FABRICANT de LUNET-JTES, LORGNONS et YEUX ARTIFI-' CIELS, 6*c., garantis pour bien VOIR de •' LOIN et de PRtS.Ouvert jour et nuit.I-c I dimanche de i a 4 p.m.Echange de verres, RF -l'i 1 FT ou pon de primes, ,ilc pour notre maison responsable.li ' No L! iUUPUN II PRIMPS le prix de thn^ic ailiclc tntn éré con nt j lin «sdc Musique et de librairie scia Oin irué de 5 cts, si la commande eit accompagnée de ce roup on.— Le coupon ne rx-ut être utilisé pour les Nos du journal.Ce coupon sera nul après le 5-11—1903 BLIOTHÈOUE NATIONALE 0601 Vol.IX — No 2x6 LB PASSE-TEMPS *5 FEUILLETON 00000000CKK>C>0 Au Pair ROMAN INEDIT — far — Mme Cliarles PEROJYjYET (utile) — IV n boic leg pré», quelque* champs de m»ï» mi dp blé.Les vaches font les grandes nourricière» dp lout le monde, ao»»i remarquez comhien elle» »ont belle» pi soignées, comme leurs élables sont merveilleusement propre».Elles ne travaillent jamais, nn 1rs aime, on les caresse, on «'intéresse A leur progéniture.Chaque année en automne, la premiere «ortie des petit* veaux dans les chemins du village est '.in événement local, et il n'y a rien do »i amusant que do voir ces jeunes fous se précipiter téte baissée A travers tous les obstacles, avec l'inconséquence de leur âge.Mai» non* oublions l'heure, je crois ; voulez-voti» dire avec nous une petite prière A l'église avant de remonter au ohAteait.Héléna s'est dite ratholiquo.il était cependant aisé de s'apercevoir quo ses sentiments religieux étaient ib » plus languissants.Ello accepta pourtant de faire une halte ; mais tandis que Françoise et se* nièce» pénétraient dans la modeete église déjà assombrie, elle erra dana le petit cimetière qui l'entourait.Klle reconnut aisément la sépnlture * de la famille de Beaufort et dans nn coin, comme en un limi d'exil, le petit monument élevé sur la tombe du lieutenant Hermann von Sehuller, tin le régiment dru dragons du roi, dêcéd?à Cage de vingt-deux ans.D'nn geste inconscient elle détacha la branche de rose* passée A sa ceinture et la nos» sur l'étroite pierre.Puis ello rejoignit ses compagne».CHAPITRE VI XAVIER DE BEAt'FORT A FRANÇOISE DC VlOAN " Villard d'Arène." Ma chère Francette, mes courts billets ne voub ont donné jusqu'ici que le court résume hatif domes impressions, Ot vous réclamez contre leur brièveté." Mo voilA maintenant bien au fait de ma nouvelle vie.puisque i'on remplis toute» les fonctions appuis trois semaines, et.le croirez-vous T je me sens déjà chasseur alpin dans l'Ame.C'est le réveil de tontes mes énergies, la misa en activité de mon intelligence, aussi bien que de mea aptitudes physiques.une existencomouvementé remplie d'imprévu, admirablement divorso dans son apparente monotonie." Je vois d'ici votre sourire railleur : —,Ce Xavier, pensez-vous, toujours le même !.un emballé, un enthousiaste, nous verrons La suite.Eh bien, je vous l'affirme, chère amie, je l'attends sans crainte et je l'aborde aans frayeur cette mile de manœuvres qui doit nous oonduirt, durant ces mois de marche, aux plus brlles cime» de ces alpes admirables.Ah' vous aviez bien raison de croire que jo serais pris bien vite par la (Voir les Nos 223 el suivants.) séduction de cotte grande nature A laquelle les beautés champêtre s admirées jusqu'ici no m'avaient point préparé.Ce calme, cette sérénité, cet horizon incomparable de verdure sombre, de rochers séculaires et de neiges éternelles, tout cela a un charme dont rien ne peut donner une idée.On sent qu'on est enlevé aux vulgair s mesquineries de la vie, et c'est avec un sentiment de regret toujours croissant que je songe maintenant aux année* si follement dissipées." Mes camarades sont sympathiques, intelligents et travailleurs, voire même poètes ou artistes."IlsontdéjA beaucoup d'acquis en tout ce qui concerne les connaissances spéciales A la montagne ot s'efforcent de les communiquer A leurs hommes par des conférences ou des causeries familières qui ont du succès.J'ai bien A faire pour les atteindre ; maiB je ne désespère par d'y arriver." J'ai été accueilli fraternellement par mes collègues, aveo bonté par mes chefs: nous vivrons forcément dans une grande intimité durant la période des manœuvres et je sens déjà qu'ello me Bera facile et douce." Nos hommes représentent une élite; il faut pour appartenir A ces bataillons, sans cosse sur la brèche, des qualités d'énergie, d'endurance, de vigueur physique et morale qui sont le partage d'un bien petit nombre.Leur existence est pénible, chaque compagnie devant A tour de rôle, sous la direction do ses officiers, séjourner durant plusieurs semaines sous la lente A une altitude de deux A trois mille métros." Les alpins travaillent souvent sous la pluie, parfois sous la neige, aux travaux stratégiques que l'on exécute en couru de route, ot comme je le lisais ces jours-ci dans un ouvrage qui leur est consacré : " La continuité de ces durs travaux, "les longues marches aux hautes alli-" tudes, la parfaite cobésiou de tous les " éléments de ces troupes, le voisinage " immédiat de la frontière, l'idée cons-" tante du danger toujours imminent " d'une chute, (l'une avalanche, tontes " ces causes out influé but lo physique " et sur lo moral des Alpins.Elle leur " ont imprimé ce cachet de joyeux eu " train, d'allantct de mâle vigueur qu'-" aucune autretroupe ne saurait possé-" der A un degré égal en tomps de paix." On ne peut paa mieux dire." Ils ont lo sentiment naïf mais réel des beautés de la nature, et tel panorama qui nous impressionne ne les laisse pas indifléronts.Il y en a de divers pays: Dauphinois, CevenolB, Auvergnats, l'ornes, tous unis dans le môme sentiment patriotique et ila adopteraient volontiers, dit l'auteur déjà cité, la réponse si vraie, si touchante du Fé libre: J'aime mieux mon village que ton village.J'aime mieux ma montagne que ta montagne Maia j'aime la I- rance par dessus tout." Malgré cette vie qui me convient sous tant de rapports, est-ce A dire, mon amie, que la tristesse ne m'atteigne jamais et que je no son! e pas vivement leB amertumes do la séparation ?Vous ne le en liriez pas, j'espère, même si jo le prétendais, car ce serait mettre en doute la profondeur de mon amour.Je souffre dans l'intime do mon cœur d'être si loin de vous, et o'est un sacrifice de tous les instauts ; mais c'est un sacrifie?quo j'aime, parce qu'il m'aide A mo transformer el A vous mériter.Que de rêves j'ébauche au cours do nos lon- 5ues marches !_ il ne tiendra qu'à vous e les réaliser l'an prochain, ma Francette aimée I Plusieurs do mes camara-d< s Bout mariés, leurs fsmmcs et leur* enfants les suivent aussi haut qu'ils peuvent, s'installent bravement dans quelque village, où il est parfois possible de se réunir deux on trois jours." Que ce serait bon, chèro amie, de vous faire contempler ces paysages grandioses, do voir aveo vous lo coucher au soleil sur les glaciers élincelantal En attendant, jo vous associe A me» admirations et je me dis souvent : ( \im-me Françoise jouirait de ces magnificences I " Sur l'avis de mon capitaine, qui a reconnu en moi un topographe passable, je dois refaire une partie de la carte de notre secteur à une assez grande échelle et joindre A ce document la description minutieuse et la photographie «les ouvrages de défense.Ce travail important, en ce qu'il a la frontière pour objet, me sera très utile au point de vue de l'avancement.J'ai commencé à en réunir les matériaux et je les quitterai au net, lorsque nous serons arrêtés par le mauvais temps." Adieu, chère et bien obère, ne me laissez pas jeûner do votre écriture, si vous saviez avec quelle joie le vaguemestre est accueilli,vous ne seriez point avare do vos let t n s." Parlez-moi de tout Beaufort, de Raymond, de Gaby, des fillettes et mfi- Une Prime Incomparable Four obtenir comme prims (absolument gratuit*) tt franco ls dernier ouvrage da IL Ernest Lavigne, Intitulé —25 MELODIES — et dont la praaas d'Amérique et d'Europa tait les plus grands élogea, il suffit de payer deux ans d'abonnement d'avanoe an Passe-Temps, soit $3.00.Cetto prime est aussi donnée aux abonnés payant on an d'avanoe st ajoutant 50o au prix de l'abonnement, aoit en tout 92.00.Chaque mélodie comporte un accompagionient de piano et dea parolea française» et anglaises.L'ouvrage, magnifiquement imprimé aur papier d* luxe, se vend $1.60 ; aveo notre Coupon, $1.45.Adressez : LE PASSE-TEMPS, Montreal, lan.me de Mlle Héléna.8'est-elle un peu dégelée?Adieu encore, je baiBe voa mains avoc la tendresse que voua savez." X.de Bbai'I'Okt." Françoise lisait ot relisait la longue lettre de son fiancé, elle y trouvait nn accent viril, ussaisonné d'uno pointe d'enthousiasme qui la touchait.Certes, elle counai-ssit ia vive intelligence et le cœur généreux du jeune homme mais elle le savait aussi fort impressionnable et avait redouté pour lui la solitude relative et l'austérité de sa nouvelle vio.C'était donc avec une agréable surprise et un peu de fierté qu'elle le sentait admirateur iiassionné do cotte nature majestueuse, officier tout pénétré de sos nombreux devoirs.Elle se bâta de répondre à Xavier puis renduo libre par l'ahnoneo de ses nièces, qui étaient sorties avec Héléna, elledesccndil pourrenouveler los fleurs ot moi 1 ro en ordre la potite chapelle.Françoise aimait ce vieil oratoire: il avait été le lieu choisi de ses grandes dérotions enfantines, alors que pénétrée d'ardeur et de joio, olle ee préparait à sa promière communion.— J'aimerais me marier là, pensa-t-elle, tout en groupant dans les vases de faïonce les roses blancces cueillies au jardin et les fougères remportées du bois, venir un matin sans pompe, Bans apparat, sans autre assistance que ceux que j'aime, engager ma vie devant ce petit autel où je priais jadis ! Mais non, Gaby voudra plus do fêtu, plus d'éclat, ello a déjà la tête tournée par sa toilette et mon trousseau 1.Baymond en sa qualité de tuteur teindra A se démettre solennellement de ses pouvoirs entre les mains do Xavier, et do fait, il y aurait cruauté à priver les bonnes gens du village du plaisir qu'ils so permettent d'une belle cérémonie dans leur église.Tante Mario amènera avec eUo mea amies Marthe et Valentine, et je veillerai à co que l'on restreigne les invitations.Mais à propos, que fera-ton d'Héléna?la réponse était simple il faudrait la convior à 1a fêto et Françoise eut un seul i mi m do malaise en songeant que ces yeux fureteurs et oe sourire souvent sardonique pourraient déflorer son grand bonheur.Mais elle se reprocha 00a pensées peu amicales touchant une pauvre fille isolée, et se promit au contraire de lui témoigner des égards en cette occasion comme eu toute» lo» autres. l'iu-t.iiit même ou elle formulait ¦n petto ses bonnes résolutions, Lili et Betty arrivèrent par la polite porte do service et vinront tout eu riant u jeter dans les bras de leur tante.Héléna suivait, toujours calme et posée, avec cette assurance et cette froideur qui l'abandonnaiont raremont et la rendaient ptu syuipatique.— D'où venez-vous, mes chéries î demanda Françoise en rendant avec usure les caresses des gonlilles fillettes, avez-vous fait mes commissiouB au Ver-not?— Oh ! oui, ta laine blancho pour les brassières, et lou billet che/.le boucher, puis, en revenant, comme nous étions lasses et que uous avions grand soif, Héléna nous a permis de nous arrêter ohez Mme Groll.Françoise sourit, il so passait peu ds promenades qui ne se terminassent par une halte chez la vieille dame et cela semblait salutaire à la jeune Suissesse qui en revenait parfois plus souriante et plus onimée.T — Vous faites liés bon ménageai me semble, dit-ello on souriant.-jj — Mme Groll ost une personne fort respectable, répondit Iléléna,'en qui 86 LE PASSE-TEMPS je trouve l'exclusivisme de principes et U rigidité de quelques-unes, de mes eoninntriotea.Elle me rappelle ma grand'mère.— L'avez voui perdue î demanda Fiarjçoise avec sympathie.— Uui, il y o, quelques années déjà; elle ne put survivre à mon père qui était ton unique enfant.— Et puisque vous n'avez ni frère ni sœur, vous êtes l'unique joie de votre mère ?Comment avez-vous pu vous résoudre à la quitter ?ajoula-t-elle involontairement, je ne mo serais jamais décidé à laisser la mienne.Une lueur aiguë Ir iversa les yeux olairs d'Iléléne, tandis qu'elle répondait sèchement: — Même s'il s'était agi de vous préparer à gagner votre vie ?— Jo vous demande pardon, dit Françoise un peu confuse, je n'avais point songé à cette éventualité.Avez-vo"8 en vn l'enseignement.Mais Héléna détourna la tète.— Jo ne sais encore, dit-elle avec froideur, tout dépendra des circonstances.l'urgent tient nne si grande place dans cette misérable vie.—En tient-il réellemont tant quo cela ?.il me semble" qu'on peut être fort heureux sans être bien riche.— Vous ne l'ave» jamais expérimenté.— Non, jo l'avoue, quoiqno ma vie ait toujours été fort simple, elle a été exempte do soucis matériels.Mais j'ai une amie très chère, mariée selon son cceur à un jeune olBoicr, elle est heureuse bien qu'ils soient presque pauvres.— Je ne mo contcnteiai jamais de la médiocrité, répondit Héléna vivement.L'arrivée de Gaby coupa, fort à propos, cotto conversation qui devenait embarrassante, Françoise pensait souvent qu'elle n'arriveiait point a connaître Héléna, dussent-elles vivre longtemps ensemble.Gabrielle brandissait triomphalement une enveloppe teintée do rose ti paraissait ravie.— Je vous apporte une nouvelle, Francette.— Dans quel geure T — Uu genre egréablo naturellement et qni vous touchoia, j'espère.— De quoi e'agit-il dono î — Oh 1 jo ms tnénngerraes effets.Venez vous asseoir toutes doux dans le parterre, il y fait délicieux à cette heure.Lili, cours prier Julio de nous y tenir lo goûior, jo ne prononcerai plus une parole tant que je ne mo se rai ]ms réconfortée ; je mo sens réellement épuisée pur tout ce que j'ai fuit depuis oe matin.— Pauvre ohère I voue ne léuesirez ccpi ud.itit pas à noua inspirer de la compassion tant que vous aure» oette belle mine, répondit Françoise ou considérant lo teint délicatement rosé do Gabrielle'.— C'est que les apparences sont trompcueis, voilà tout.Ce disant, lcsjeuties femmes étaient orrivées à un charmant parterre entouré d'une charmille, il avuit élé copié, disaii-on, pour le dessin des plates-bandes, turlo petit Trianon.Des f-tuteuiU de rotin y étaient disposes autour d'une table rustique, un air léger agitait les fleuis des roiors à baulc tiges, et on ressentait vrai tient En nom voy - ant vous voua di - tei Voi • li un cou - pir char- mant, Qu'en a pin - cé un' rud' cui • te, Vrai c'que c'est miro-bo- lant Nous a - vons bu du cli • quot.Bouf - fer des Jf*—" \ O .;H-flr\ 1 .-fi -£3 sal - mis d'per-dreaux.On s'est con- ter des ba ¦ der - nés Nous *wimm's les duettistes mo - der re - ve -nant d'ia fe - te O'la let' au cou - sin Louis.Nous e - tlons tous pom -pet- tes Ou ab - so • lu-menl gris lié a C'était un ' vrai rigolade.On a monter à dada, t."que l'on a fait de cascade Nous pouvons le dir1 oui dà, Yavail Lucien qu'était rond Oui mais rond comm ' un ballon, A fore' de boir1 du madère, Plein comm' un vrai dromadaire.su rai n.ab-so Comm' fèt' jravait rien plus chouette, On y jouait du mirliton Du piston ct d'ia trompette, Du bigophon', du basson.Le violoneux qu'était plein Et qui manquait pas d entrain Pour rentrer au domicile Chanta sans se fair' de bile.une impression de fraîcheur et de bion-êtro.— Voilà ce 'Ion! il s'agit, dit enfin Gaby, lorsqu'elle out rôp.ro ses forces aveo des gâteaux secs et quelques beaux fruité.Mmo do L-jrtior donno uu ijaiden party jeudi prochain et nous a tous conviés, même h-s enfants.Héléna eut un sourire satisfait, ello n'avait pas encoro vu graud monde, étant souvent à la promenade lorsqu'il venait des visites à Beaufoit, et il ne lui déplaisait pas d'être in roduito dans la bontiu société.Françoise si-mblai.infiniment moins charmée.— Vous no compter, pas mo faire sortir rn l'absence de Xivioi, dit-elle & sa belle-sœur, cela serait vraiment étrange q'ieje parai-se dans 1< monde sans lui, maintenant qu'on a fait pirt de nos flanc iilles.— Oui) s'il s'agissait d'une réunion ordiuaiie, répondit triomphalement Ualiri'-llo, mais vous ne m'avez pu.lais-sé finir.On organise sou vont un concert de charité au profit de notre bibliothèque populaire.Si r gido Biiyes-vous, ma chérie, voua ne pouvez refuser votre concours it cetto œuvre" si moralisatrice, ai éminemment chrétien- ne ".hein ! no croiriez-voua pas entendre noire présldonte 1.Votro voix est notro plus bolle appoint et vous n'aurez pas le cœur de nous en priver.Française demeurait hèsitaule.— X i v i.-1- lui-même voue conseillerait cette infraction à 11 lègle, insinua Gaby.— Eh bion, j'y consens ; mais i la condition absolue que v^us no me per-séoutere» point pour dansor, et que je sorai libre de partir de bonne heure avec les enfants.Faut-il se faire très bollo.— Cela va son dire, répondit la jmno femme d'un bit euchauté, j'ai déjà télégraphié a ma couturière de Besançon, elle sera ici ce soir.à voire service, Mesdemoiselles.Uno rougeur pénible envahit les traits d'Uéléna qui ne dit mot.— Je suis pourvue, déclara Françoise, ai vo .s mo trouvez à votro gré avec une rob> de mousseline blanche brodée et que jo considérait comme trop élégante pour mes goûts.C'est un cadeau de Tante Mario, elle sera enchantée d'appren Ire que jo lui fait houneur.— Et vous Héléna ?demanda élour-diuient Gabriolle.— Je crains que ma gard»-robs ne soi', irop simple pour une telle fête, répondit la jeune fille av«c raison, je ferai mieux d'y renoncer.— Voilà ce que je ne souffrirai pas, s'écria gaiemont Fr niçoise il faut me permettre de voua traiter en amio, ma chère, ev da vous offrir un des ohefa-d'œuvre de Mme Grandmaison j elle sera aa*c» fière de vous donner bonne idée du goût français.Uno agitation nxtiême contractait lo vissgo d'Helena et il était aisé de voir qu'un violent oombit se livrait en elle.— Vous £•'.«.- bonne, et je voua remercie, dit-elle enfin avec eflor:.Dès lors ce fut uu va ot vient perpétuel entre B-aufort ot la Ravenelle, propriété de Mme da Lortier ; Héléna s'était révélée bonno musicienne, elle accompagnait sana se Laser dea après-mi d'ntièrea.et chioun mettait sou talent à contribution, tout en vantant à l'envi aa complaisance.La docteur lui-même dérobait à ses malades le plus de temps possible pour venir répéter le graud ait de Faut! qu'il devait exécuter le jour du concert, il no tarissait pas d'éloges sur aon BCCompaguatrico ; c'était, à l'entendre, la premièro personne qui eut compris ta voix.Il est bon d'ajouter que le médeoin en question était un jeune veuf, pourvu d'un petit gaiçjn,et qui demandait rien autre quo do convoler en justes noces.«*» —Ne t.ouvoz-vous pas que le docteur Bernard est bien assidu auprès de notre Krauleiu î domauda uu jour Raymond.— Je n'ai pas remarqué, répondit Gaby, qui n'était point observatrice.— Eh bien I jt m'en suis aperçue, dit Françoise, je me suis demandé s'il fallait avertir Héléna ; oe ne serait pas loyal de se laisser faire la oour ai elle n'a pas l'intention de B'établir on France.Je la crois très attachée à son pay, cai elle est toujours disposée à ctitiquer le nôtre par comparaison.— Bah I elle est si froide, répondit Gabriolle, qu'il no peut y avoir grand inconvénient à cette espèce d'inltmité qu'établit toujours la musique fait en commun.CeW passera avec nos réunions.— N'importe, nous répondons de cette jeune fille, apiès toat, déclara Raymouil, je verrai notre inflammable douleur et lâcherai dn le pressentir snr ses internions.Quelques jours après, en effet, un Joiuonliqne ayant eu besoin des soins du médecin, Raymond trouva le moyen de lui parler d'Héléna, en le reconduisant le long de l'avenue.L'honnête visage du jeune praticien «e couvrit d'une vive lougeur.— Je l'admire beaucoup, confessât-il, elle est si distinguée ctsi gracieuse i U foi-, si itiHiruito ot si modeste, que je me suia dit souvent qu'elle serait une mère accomplie pour mon petit Paul.Elis semble adorer les enfants.0 an.our I toujours' aveugle I remarqua Kaymond in petto.11 savait à quoi s'en letiir sur les dispositions d'Hélena, ses fillettes se plaignant souvent de son peu do complaisance, et do ea raideur; mais il ne crut pas devoir détruire les illusions du jenne homme, IF BAUME RHUMAL est le ROI DES GUERISSEURS LE PASSE-TEMPS «t lui promit s"ul«mont de faire interroger Mlle Héléna dès que l'occasion s'en présenterait.| 'Françoise fat chargée de cette mission délicate.— Est-il riche ?demanda Héléna.— Je ne le crois pas.— Eh bien, ja vois avec plaisir qu'il •st désintéressé; mais je n'ai aucnn désir de l'épouser.~— Peut-ètro avez-vous eu le tort de le lui faire implicitement espérer.— Je ne le ponso pas, répondit majestueusement la jeune personne, et sur ce point, comme sur.lous les autres, le témoignage de ma conscience me suffit.— Eh bien, je vous ferai observer en passant que les Françaises n'ont pa* le monopole de la coquetterie, dit Françoise avec malice, en touB cas, la recherche dn dooteur qui est bien posé dan* le pays est fort honorable.— J'aurai soin néanmoins de le décourager, répondit Héléna, je ne me marierai jamais dans d s conditions si modestes.Françoise pensa h part elle qu'il fallait féliciter le bon et naïf docteur CHAPITRE VII Li li'-ic dn Mme do Lui lier n'est dàjft pins qu'un souvenir, souvenir heureux car elle a pleinement réussi et la caisse do la Bibliothèque du dimanche s'est enrichie d'une somme respectable.Mais cotte fêle a été précédée de tant de mouvement et d'agitation que loute la société du voisinage qui se rencontrait deux fois pour les rép titions, se trouve légèrement désorientée.Je veux parler surtout des oisifs, des mondains, de ceux qui font dans la vie une placo prépondérante au plaisir.Raymond est retourné sans peine à ses travaux, Françoise, très occupée à ses nièces, le ménage, ses lectures et s* correspondance-, 8e déclaro enchanteo d'être libérée.Iléléna ne se cache pas qu'elle a trouvé agréable de fré quenier assidûment bcs semblables ot ee montre plus gaie, plus animée.Quant a Gaby, elle dit bien haut que la vie monotone à la campagne est haïssable et qu'il est bien temps que le mariage de Françoiso apporte son contingent obligatoire de diners et de rév.nions.— Et moi je serai bien triste quand le méchant oncle Xavier viendra nous prendre notre pelite tante, soupire lamentablement Lili.— Qu'est-ce que nous f-rons sans ello, continuo Betty.— Voilà qui n'est pas aimable pour voire maman et qui me donno à penser que je vous gftic beaucoup trop, déclare Françoise.Quand je ne aérai plus lia., voub serer.bion obéissante aveo Helena et nous vous inviterons au printemps i venir nous voir à Grenoble.ou a Briançon.ou à Embrun.— Quel bonheur t s'écrient Icb fillettes avec l'inconséquence de leur age, ce sera si gentil d'aller chez toi, tante Francette, et chei l'oncle Xavier qui nous fait lout co quo noua voulons.Ou reste cependant un peu uiélan-coliquo et déanvivré durant cetto longue après-midi d'août.Lt pluie, une torToutiello pluie d'orage, tombe depuis une heure et menace de bo pro- longer.Il n'y a done mienne visite à espérer et l'on ne pourrait non plus s'aventurer dans l'avanue, transformée en torrent.— Je vais essayer do dormir nn peu, déclare Gaby a bout de ressources, oa-la dissipera peut-être la migraine que je sons venir depuis oe matin.— Et noua, qu'allons-nous faire T demanda Françoise, décidée à distraire ses jeunes compagnes, et déposant snr une table aon ouvrage de couture, car notre héroïne n'est jamais désœuvrée.J'ai ane idée.si nous faisions visiter le château tout entier à Héléna, qu'en dites-vous, mes petites I il y a encore bien des coins qu'elle ne oonnait pat.— C'est très amusant.— Et cela m'intéressera beaucoup, répond poliment Iléléna.Les voila donc en route pour leur expédition.— Jo no vous ferai pas même grâ;e des caves, dit Françoiso, elles avaient beaucoup d'importance ici jadis ; le phylloxéra a transformé notro pauvre Bays, maie nous avons eu des vigno-los fameux.Et l'on parcourt les grandes oavos fraîches ot sonores, meublées d'une respectable rangea de tonne iux, vides pour la plupart.La cuisine maintenant.elle est comprise dans la partie ancienne du château, ot présente un aspeot antique des plus originaux L» voûte se termine en ogivo, une grande chominée do piètre occupe tont le fond, et la rangée de vastos casseroles en cuivre brillant comme l'or qui orne les murs, la vieille fo taine d'étain, le pétrin massif carrément établi sur ses pieds sculptés, l'antique horloge au cadran enluminé qui a sonné tant d'heures bonnes ou mauvaises.tout oela parle du passé et conserve une physionomie pittoresque qui le sauve de 11 velgarité.A côté la laiterie, le fruitier, l'office arrangés aveo intelligence et symétrie.— Vous allez me trouver bien prosaïque, dit Françoise, si je vouaavoue que je ttoave un grand intérêt a ces humbles détails de la vie de chaque jour.L'ordre, le confortable, la bonne tenue da ménage même, peuvent être élevés, il me semble, prosque au même rang que le* occupations intellectuelles, oar ils dénotent chez uno femme le mémo désir sincère de progresser et de sa rendre agréable aux siens.Veat-oe point votre avis.— Nous nous piquons, eu général, d'être bonnes ménagères, répondit Héléna.— Kt l'on dit souvent que les hommes, même los plus poétiques, aont très sensibles au «oin que l'on prend de leur intérieur.aussi j) me prépire à faire uno bonno maîtresse de maison, je vous montrerai mon oahier do recetloa.Vous connaissez la salle à manger, les salons petits et grands, nous no noua arrêterons dono pas.Cet .scalier va noua conduire au pavillon occupé par Riyiuond et aa famille.Il eat plua moderne que le reste du château, partant moins interdisants ; il y a cependant quelques bons tableaux que je veux vous montrer dans la bibliothèque outr'autres uu portrait de mon beau-père, moins estimé, mais plus ressemblant a mon avis que celui du rez-de-ohaussée.Les jeunes filles, suivies dos onfants, passèrent légèrement devant la chambro de Gabriollo pour ne pas troubler son repos, et pénétrèrent dins la bibliothèque qui servait aussi de bureau à Raymond.Françoise s'arrêta devant le panneau de droite.Au milieu était suspendu dans un cadre île bois noir, un petit portrait du général de Beaufort, en teuue de colonel, tel qu'il était au moment do la guerre.Au-dessous déjà parus dans le PASSE-TEMPS Cos monologues sont envoyés franco sur réception do 10c pièce.Prière de désigner chaque monologue par son numéro.3 Fianeé ue Marironne, la 4 Clienlease.la H l'an ta I un, lo 34 Un monsieur qui ne rent pa'cbanser«es habitude» SS Roman de Jeanne, le 37 MastarOirbeanareeManier Konard sa Grenouille qui roulait falra lui aussi «ros*« qua la boeuf 39 Médecin Il Pour un rhume 42 Loup avee l'asmoaa.le 63 Niai Pimbêche 64 Dlmeoehe J'EuiJoe, le 65 Hapten* de lleb».I» 69 Knfani martyr 70 Mira du supplicie, la 71 Credo d'amour 72 Nouvel an 73 Premier amour 76 Hur le boulevard 77 Chasse SI Joli mois de mai «2 Urapholoale, la 83 Pourquoit SI Epave.I' 17 Maître Jean ¦ < Jnies matrimoniales, lea rti Pour le drapeau 82 Val»» du feuille» Kl llabr > ¦ Lettre d'un «tudtant à une étudiante 96 L'or allemand ou la Trehi- roa da peut boeaa 99 Moreeeul Ju Paradis 101 Vaeaboadi.le» Ilo Toilette, 1*1» condamnes, le los Merlan.1» il - Compliment d* Il«b» 113 obl Mademoiselle 114 llumme auxirlllone.P US Papillon» 121 Ku famille 122 Tiens I voilà la caserne 123 llrame de le rue Heelar 125 Matter Corbeau 126 f ne esclandre 12.1 llrouotta.la 130 Supins, les 131 Naufrsjreur.le 132 AlelooTP 133 Parfait bonheur IM ilreve de» rafflneur» IVte i:'erue.llou édition, fiais-sauce.LebaplAm»».J a premiere communion.Le mariage.Les Ti*i» j.La conversation.Les Dîners, liais, soirées.La carto de vis.**.La eorrespondaocc.l*s présents.La jeune fnmnie.Le véritable goutlmmiu.La Jouno fille.Lcllrt's de Taire part ct d'invitation.Lo deuil.L'hos- iiitalité* Divert.1 fort volume, élégsnte re-lar».y.$110 LB CABINET DR TOILLTTE.-T^ sand noi redo la fournir.Agenreiuetilctaïueuldement.tioins corporels en général.Conseils et recettes.1ÏV Jou\.chiffons cl diittflks.1 bcaa volume, relié.$1-10 LA CORRESPONDANTE dnnstovtMlM4jaMW- tanoodolavie.lbwau vol.relié.$1-10 LA MAÎTRESSE DE MAISON.PArtdorecevoir clfSSni.Direction Un nn'imitr.Réceptions.Ktî- quetto uuiudaiuc.1 beau vol.relié.$1 10 nt MUTIONS CULINAIRES ET L'ART DE MANUKRtout'i rti-m-s *, table.1 besn vol.relié.$1.10 MES FKCRETS.-I'.n.R ri-Ainat La santé i grace du corps ï beauté de la forint» i Exercices du corps j art de f'bubiller.n » rua iiHK : La personne momie | grûco morale : la nantie t lea 1' l-TLfuiy travaÛ .ad.-Usseuieiit.1 vol relié- LV nWsr: iv.MAINTIEN.LIIYOlfiNB Et LK1M' .\ rioN, s-.-ul guiûc cmplet approuvé par l'Académie.voufcrniifut 10W danses de t«u»» k-s piiy) Ui du Canada ou ¦loahtAU-Unulau PASSE-TEMPS, Montréal.Can- ' CHANSONS ET MONOLOGUES à 10e Abréviations: C.signifie CHAN80N ; M.signiûo MONOLOGUE 1—C.Descends donc, on va rigoler m.La femme et la pipo B—C.Nous étions huit C.Ainsi soit-il, Buffalo Bill C.BerceuBe d'un matin d'hiver m.Le " p " do Célestin 8—O.Les petites chatteries m.Nabuchodonosor _ 4—C.Lu chanson des cigales M.Blanohotte 6—C.Les élections H.Le gateau do ma tante 6—C.Diamond Jubilee Hymn O.Tu frais mieux d't'en méfier M.Je ne m'emballe jamais M.Le suicidé malgré lui 7—0.Ix» crêpes 0.Ouvre» vos blancs rideaux h.La cuiller d'argent 8—C.Mon huritage C.Chanson du toréador M.Oe qne je penao 9—C.Enscmblo m.Le locataire grincheux 10—C.Les oiseaux vont niohor O.Le chemin de ton cœur m.Eloi, Lattiile 11—0.Lo Mirliton bouché O.Lo champagno M.C'est tout le portrait de son pèro 12—C.La valse du cliquot 0.Concurrence M.On entre pas 18—0.Si vous oroyoi avoir rêvé C.Les noces de Madeloine M.Nini Pimbêche 14—C.C'est do l'amour 0.L'onfantchautaitla Marseillaise H.Le dimanche d'Eugène 16—C.Les trois baisers m.Le baptême do bébé 16—C.La bicyclette m.Le chapeau-claque moins Basse- Temps Architectes Boaugrand-Champagne, A., COte Place la, Tél.Bell Main 4138 ' Dentistes Gbndrbao J.G.A.St-Laurent, 22 Photo-Graveurs Montreal Photo-Engr'e Si-Jacques, 65 M .ri.-.; li\ L.A.Notre-Dame, 1630 Fleuristes Aerst Louis Ste-Catherine, 1607 Goulet L.H.Ste-Cathorine, 1911 Tél.Bell Main 921 Hôtels Hôtel Jacques-Cartier Place Jacques Cartier 27 Z.Dufresne & Cie, pro.Luthiers Dansereau D.H.Bonsecours 46 Lavallée Ch.COte 8t-Lambert, 36 Marchands de Nouveautés Coutlée & Cie, J.P.Ontario, 1346 Musique en feuilles et Instruments Aerts Louis Ste-Catherine 1607 Archambnult Ed.Ste-Catherine 1686 Téléphone Esf 1842 Hardy Edmond Notre-Dame 1676 Yon J.G.Ste-Catherine 1732 Peintres David, Théo.Craig, 606 Pharmaciens Lauronoo A.J.Coin rues St-Denis et Ontario, Tél.B.Est 1507 Pianos et Orgues Foisy Frères Ste-Catherine 1760 Normandin R.A.D.Laurier 1, 8t-Henri Professeurs de Piano Contant A.8t-Hubert 267 Heintz, Fernand Emory 33, tél.Est 1043 Ma*sc„Mlle M.-L.Amherst 163 Traduction Chamoux Elie St-Chs-Borromée 73 KALI Si votre mari ou votre frère est adonne & la boisson, suggérez-lui de prendre la " CUBE DIXON ", elle le débarrassera de suite de son triste désir.Voyez ce qu'elle fait poui les autres,elle fera la même chose pour lui.La guérison est garantie dans tous les cas.Lisex la lettre suivante : T.R-, 8 mal 1900.j.b.LALIMB, Gérant de la lllxon Cure Co., Montréal.Monsieur.— Ayant suivi le traitement au 1 c.iiil Cure" et n'avant pu fié siiéri.j.m» .l.VI.Ui à.nivre I.traitement d.la " Dixon Cure" «t j'en rai.très saturait, car depuis ls POURQUOI NE CESSEZ- t^^S»""'"1 VOUS PAS DE BOIRE?PourpluaampIe.informations,s'adres«rà ou au Dr Slarh AT.J.».I.AIJ* B.GéreM d.la Ilixon BoUnoat R«™y,KBKC.Cure C.6,2 ru.BgDenU^ Toute communication strictement confidentielle.O C o e o USIQUE INSTRUMENTS I De Fanfare et d'Harmonie Des meilleures liaisons Européen nés et Américaines-4-"a Les Comes "Imperial1 Pour Violon.Mandoline.Oultare, Banjo, «te., incontestablement la* meilleures sur le marché.0f- Réparation da tout Instrument de musique exécutée avee soin, dillienee et k bas prix» D.H.Dansereau, 46 Rue Bonscconrs.«Va-MONTREAL.- Hû O :©• O CM 0; PAGES MUSICALES « "PASSE-TEMPS" t», ill t NU\\\iJf!j||\\\||H\u///,i Sommaire musical No 226, 21 novembre 1903.CtlANl Dernière1» volontés.Gounod a.50 Cantique à la b mne Ste-Anne.Dugas p.2*J Ceux qui reviennent.,.Piccalini 0.10 La fête au cousin Louis.o.10 hiANO Les sept péchés capitaux.Hirschman 0.2| L'Insaisissable.Wittmann 0.25 MANDOLINE et QUI ARE Gaia, polka.Rubaudo o.25 $2.20 Une année du Passe-Tempo lorme un volume de B24 pages, dont 313 pages de musique vocale et instrumentale et 322 pages de texte.L'abonné reçoit en s'abonnant une prime équivalente aux deux tiers de l'abonnement.Un an, $1.50.TiÂNôs S3.50 pïmô^ Louez un piano droit, neuf [cottage], $3.50 par mois Si vous en êtes satisfaits et que vous désirez l'acheter, le loyer sera déduit du prix d'achat.Accords et réparations de pianos.X*.T_ ETV SI Salles ce ventes: 140 me St-Denis, Montreal TtLtmoum En-131,1. LB PASSfe-TEMPS A la Bonus Sainte Anne POUR OBTENIR UNE BONNE MORT Musique de l'abbe G.DUGAS Cantabile.PIANO./ 43 .J—%=-.pp ¦g—-—— ¦t tt -rS-=*=-«- ^-«T 1 .rail, f Les.mJ2 _#__ SOLO.I* Soprano, dolce.-i—r—.- -E- i-H—rV—H——i- -»-±-0-0.0^0-^-0-1 —-•_#.JJ
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