Le passe-temps, 1 janvier 1909, v. 15, no 361
Vol.XV — N° $6i Montréal, 2$ janvier 1909 TJa N0| O soua 5 - Gfempj Abonnement : aîûîu^î'|â.oo Par année.J.E.Bêlai r, éditeur.Adresje : 16, rue Cralg-Est, Montréal.Ce numéro contient un AVE MARIA d’Ernest LAVIGNE, 5 chansons, 2 morceaux de piano et 1 de mandoline ERNEST LAVIGNE, décédé (Voir texte) 2 LE PA88E-TEMPB No 361 — Montré»!, 33 janvier 190!) 3k§a00rç-®emj!B MITRICAL, LIXTKRAIRE n PANTAI8IBTK Parai! tou» lot OMtNse fours JUBOXTXTMIXCXXTV : Pour I.Canada .\ P—r U> Etau-Vn* tlnan SUO Un» .*?00 Si* moi».-Î5oU I Six mois.1.00 Pour l'Kuroftt i M fri vu an nnal.1 d'ituoi En «'abonnant pour un an, chaque abonné reçoit en marchandises Une Prime valant S 1.00 Demandes notre catalogue de primes Première Insertion .1U eu la lis» In«ertlon« subséquentes.5 Condition! libérale* peur annonees à loni terme.Les annonças (ont mesurées sur l'asau.Toute demande de chance .ont d'adresse doit être accompagnée de l'anoionne adresse.l’our dlsoenllnuer de reoeroir ce iouraal, Il faut avoir l>*jé tou» «ea arrénwe*.Les manueorite publiée ou nen ne sent pu rendus.Admises toute oommnnleatlea LB PASSE-TEMPS, Montréal, Oan.Nos Succursales On peut ae procurer lea anclem numéroi lu Passe-Temps en ('adressant à tou nos agents locaux, mais plua particulièrement aux adresses suivantes I A Montrtal : Arthur Yon, 94 Ste-Catherine-Est.Mme A.Bélanger, 1376# Ste-Catherine.C.B.Desrochers, 1159 l’apineau (coin Ma-rie-Anne), Tél.BeU Est 49‘5-L.N.Guajr, 1001 Notre-Dame-Ouest.A QtUbtc : J.Aie Guay, 283 rue St-Joaeph.A OUawa : Chs St-Jacques, 263 rue Water.TTTYTTTTVTY*»?TTTTTTTTTTTT QUINZIEME ANNEE Avec le présent numéro Lu I’arsk-Tkmpe entre dans sa quinzième année d'existence.On trouvera à 1» page six la liste des morceaux de musique punis dans Lk Passr-Tkmps durant l'année dernière.Notre catalogue complet pour 1009 est imprimé et Bera expédié à toute porsonne qui en fera la demande.PASSE ¦ TEMPS - CHRONIQUE Les Caprices in Froid fttofl vous capricieux ï Oui, un peu, n'est ce paa?Moi, je le suis beaucoup.Kt si les enfants, en général, los chien», les chats et surtout les artistes — ma galanterie me défend de uommer les femmes — passent pour l’être énormément, le froid, lui, donne le pion à tout loinonde.E11 effot, le froid est assurément un ar-liste peintre et sculpteur, dont la pâlotte, io pinceau et le ciseau merveilleux surpassent de cent coudées le pinceau tt la palette des peintres décorateurs ou non décorateurs, le cisoau des soulpteurs les plu» renommés 1 No vous est-il jamaii arrivé, un froid matin d'hiver, par exemple, do tomboren contemplation n la vue d’un paysage féé rique plaqué, durant la nuit, par la bise, sur une de» vitres de votre demeure 1 MORT D'ERNEST tAYIGNE Une perte plus que sensible pour le monde artiste canadien Au moment d’aller sous presse, Ernest Lavigne, l’un de nos compositeurs de musique les plus connus, vient de mourir, après avoir fourni une carrière artistique f'Ius qu’enviable.C'est une perte proonde pour notre monde artiste que nous ressentons vivement.Esquissons à la hâte cotte courte biographie du disparu, tout en déplorant de n'avoir pas le temps de choisir dans nos souvenirs pour rendre à sa mémoire un hommage plus que mérité.Ernest Lavigne avait au moment de sa mort 56 ans.Il naquit, le 17 décembre, en 1852, et fréquenta d'abord les écoles élémentaires, puis il entra pour faire ses études au collège de Terrebonne.Dès sa plus tendre enfance, il manifestait de grandes aptitudes pour la musique et déjà pointait ohez lui 1 artiste qu'il do-vait être plus tard.Agé de 15 ans, il entend parler que les Canadiens s'enrégimentent pour aller à Rome, comme zouaves, combattre pour les droits temporels du souverain pontife, Pie IX.On n'acceptait aucun conscrit au-dessous de 10 ans.Il insiste auprès du chevalier Gustave Drolet, qui, par un subterfuge le lit entrer dans les rangs du bataillon.Il fut assez heureux pour que les balles garibaldien-nes ne lui fissent aucun mal.Sa jovialité, sa bonhomie en firent l’idole des camarades qu’il égayait par son esprit primesautier et aa finesse d'observation.La lutte terminée, les zouaves rentrèrent au pays.Ernest Lavigne restait à Rome quelque temps, puis il parcourut la France, l'Allemagne, l'Espagne, toute l'Italie et l’Angleterre.Excellent musicien, il obtenait de lucratifs engagements et c'est ainsi qu'il fit son tour d'Europe.Revenu au pays, il avait un bagage d'expérience considérable.Il ouvre avec son frère Arthur, un magasin d'instruments de musique, à Québec.Il quitte Québec, en 1882, et vient à Montréal fonder avec M.Jos.Lajoie, l'associé de toute sa vie, un autre établissement du même genre que le premier.C'est alors qu il organiso la “ Bande de la Cité " et commence, à donner, dans un kiosque du jardin Viger, ces remarquables auditions musicales f)uf firent de lui l'une des personnalités les plus populaires du Canada.Le public accorda une telle faveur au musicien que sur les conseils de ses amis, il fonde le Parc Sohmer, on 1889.C'est là que les milliers et les milliers do personnes qui ont fréquenté cet endroit, ont rencontré cet éminent artiste, depuis vingt ans.Dans l’intervalle, la musique militaire qu'il dirigeait, ayant concouru dans les grandes vUles américaines, avait remporté tous les premiers prix, ce qui consacra sa juste renommée et celle de son directeur.Compositeur de talent, il a écrit plusieurs oeuvres importantes et un uombre considérable de mélodies.(1) Ernest Lavigne laisse une veuve, deux filles et deux fils, une sœur.Mme Leaage et trois frères : Emile, de Montréal ; Arthur, de Québec, et Alfred, qui est fixé aux Etats-Unis.A la famille, nous offrons nos profondes sympathies.(I) Nos lecteurs trouveront à la page 15 de notre Album musical un Avt Maria, dernière pensée de l'éminent disparu.Comme moi vous avez, plus d’une fois sans doute, admiré la délicatoase et le fini dea feuilles et dos fleurs de toute aorte ; la majesté des forêts et dea fleuves, des cascades, la profondeur dea précipices ; l’excentricité des chimères ou autres figures apocalyptiques ; et parfois la représentation exacte de quelque scèno vécue, plus ou moins drolatique, plus ou moinB triste, et vous vous êtes écriés : Comment diable cela a-t-il pu so faire ?Comment diable cela a pu se faire 1 E h I je ne le savais paa plus que vous, avant que rindien Piripatatahu m'eût raconté la légende que voioi : 11 Au commencement de toute choso, Io grand Manitou, quittant lea territoires d’en haut, descendit sur le Mont-Royal, afin de se rendre compte de la manière dont les esprits avaient exécuté les ordreà qu'il leur avait donnés concernant la création et la disposition du Canada.Car, avait dit le grand Manitou aux esprits, un jour viendra où cette contrée sera habitée par un peuple que, entre toutes les nations, j'aurai choisi pour mon peuple, et dont la destinée merveilleuse étonnera le monde.*** A la vue des innombrables orangers chargés de fleurs d'argent et de fruits d'01, embaumant do leurs parfums et la montagne et la plaine, dont ils faisaiont un jardin délicieux, arrosé par les ondes limpides du grand fleuve , à la vue des bananiers, ployant sous le poids de leurs régimes ; des palmiers-dattiers portant haut vers le ciol leur tête, comme pour rendre hommage au Créateur ; à la vue des îles admirables, des grands lacs, qui font du Canada un pays vraiment enchan leur, le grand osprit dit aux petits esprits : “ Vous avez fidèlement exécuté mes ordres ; venez dans mon Paradis recevoir votre récompense et jouir d’un bonheur qui ne finira jamais." Et le grand Manitou, bénissant le Canada, remonta au ciel, suivi d'uno foule de petits esprits qui chantaient joyeux : “ Gloire, Hosan-na au grand Manitou." Mais quelques légions composées de petits esprits espiègles, n’ohéirent point an commandement du grand Manitou.Elles trouvaient le Canada si beau qu'elles résolurent d'y rester.Quand donc le grand Espric regagna les territoires éternels, lea petits esprits so cacbèront sous les orangers, dans la tête des dattiers, sous les feuilles des bananiers.Arrivés au Paradis, les esprits fidèles s’empressèrent d’occuper les trônes d'or ornés de pierreries, que leur avait préparés le grand Manitou ; et le grand Manitou s'aperçut alors qu'un tiers, environ, dos trônes restaient iuoooupés.Jetant un regard courroucé sur la terre, il voit les oeprits désobéissants, jouant, folâ- trant, riant parmi lea fioura, convi dans leur insouciance, que leur absence avait passé inaporquo.D'un mot, le grand Manitou change la f»ce du Canada : Les orangers deviennent des pins at dos sapins ; los palmier», dos bouleaux et des érables ; los dattiers, dos chênes ou dos hêtres ; et la tempête, faisant rago, couvre lo paya tout entier do neige, de frimas et de glaces.Et les esprits grelottent, écoutent, affolés, cotte sentence qui, comme un coup de foudre, tombe des lèvres du grand Manitou : “Jusqu'à la fin dos tomps, esprits infidèles, ot six mois de l'année durant, vous serez les esclavos de l'hiver, qui vous emploiera selon sa volonté et son bon ou mauvais caprice.Dès que vous resterez inactifs vous éprouverez los tortures du dam : J'ai dit.” 1 Et les pauvres anges, condamnés par le grand Manitou,passent tous leurs instants à sculpter, à peindre au milieu des glaces et des froiduros, sur les vitres do nos fenêtres et de nos portos, ces divers sujets qui par leur caprice, leur beauté, leur perfection excitent notre etonnoment et soulève notre admiration.Gardons-nous de regretter les orangers et les palmiers d'antan j car mieux valent pour nous, Canadiens, les inoffensifs esprits sculptant durant l'hiver nos vitreB givrées et glacées, que les esprits malfaisants, terribles, qui ont fait du Paradis Sicilien une vaste et épouvantables nécro pôle.Personnellement, je no voudrais pas échanger lo Mont Royal pour l'Etna; il ost plus eûr d'être franchement Canadien.Je an PIC.L’Art et les Artistes ÜN APPEL A TOC8 DEUX QOl AIMENT L’oi'Ê-BETTB.Possibilité d'ijnr tp-oupc PKII.MASKNTE A MoKTRÉAL.P'.*ü,»-CITK POUR TOUS LPS LECTEURS DU •• Pasüp.-Tkmps’1.Le Thé&tre National vient de mettre à l'alliche une revue dont l'un dea prinoi paux collaborateurs est mon excellent ami Ernest Tremblay.Le succès de Ohé I Framjoi»» I dure encore et j'en suis très heureux parce que rare est l'occasion pour los nôtres do s’affirmer dans le thé&tre.La revue en elle-même était bien faite et elle a été fort bien défendue par les excellents artistes du National.Uno revue ne a’analyse guère ou s’analyse mil, à cause do la laLtitude infinie accordée aux auteurs, ot loin de moi le souol de vouloir entreprendre cotte tâche.Une constatation s'impose cependant.Lo succès de cette revuo ost certainement dû à sou mérite intrinsèque et à son interprétation, mais il est surtout dfl au fait que, comme dans toute bonno rovue qui se respocte, il y avait dos couplets.D'oil j’on conclus que le public aime la musique ail théâtre et qu'une troups d'opérette aurait do grandes chances de succès à Montréal.Seulement, il faudrait qu'elle fut bien organisée, le public n'é- Montréal, 23 janvier 1908 — No 861 LE PA88E-TEMP8 £-£M- s Au lomiriob je n’mnuùs que vous, Vau fai-siezdesrt-vei bien doux.Je ¦"!» nu-pUisaù 4vc* ae-nnux Autemps ^—:-^ t~ Été=45îi .1 f." p-ff- f—T~ - cr«f*e.A¥f~ 4= 1-UÜ-: J 1 -¦ Fine - ^ • # P çresc.4 - .—^ •— m- - - gffj T J =F= f=±= o OTT-^d J 1——1— p crric.*y.i i— > p «H -¦ p « - p * > ;«y CTtkt.> > 5=M= #=w= ir t t= ^— =H=^ =f=t=y Montréal, 28 janvier 1900 — No 301 LE PA88E-TEMP8 13 JjL »¦ 2 '> É> 3 2 ~m t—*-.rT— o .^ - dim.~f “ r1 r UJ £j— mf w y E^= f 'Slgk 2 5 m m m dim.gfefü ÉÉ îî m/ ÉÉ s î s i 1 f F « 1 .Moderato 1 * g S â j> espress I ï * r r EE r 3 $ ~n.¦ mf m u i M , ü f=f « f M ! 14 LE PASSE-TEMPS No 861 — Montréal, 23 janvier 1909 AVE nARlA ORGUE Musique LAVIGNE.A-ve,.Ma - ri - a gra-ti- t- — ?UUIjair. Montréal, 28 janvier 1909 - No 361 LE PA88E-TEMPS .15 16 LF PASSE-TEMPS No 361 — Montréal.23 janvier I#u9 1.Mandolini 2.LEPANTO MARGIA.INTROD.M?S.Agostini.Chitarra. Montréal, 28 janTÎtr 1900 — No S61 LE PAS8E-TEMPB F AIT DISPARAITRE en quelques minutes len POILS on DUVE L'S disgracieux du VISAGE, des BRAS, des AISELLE3, sans picotements ni rou-: laisse ’* ¦* * .atée.50c LA BOITE l5!* f, in.Succès certain.LA FAVORITE DES SULT et des ARTISTES.e.inrrrÉ DES PRODUIT" 1A” Bo veir A mon âmi, Claude Interprété par AIMÉ S0&VENIR Couplet Paroles et Musique Je J.-E.MARSOUIN Accompagnement de V.fSSlJBAU Piano Le Jia »a SoMveiir Réoit T'en souvient-il du i >ur de tu noce, mignonne Un clair matin de m «i tout riant de soleil : Pour l'or de tes cheveux si beaux sous ta couronne Le grand bois retentit d’un concert sans pareil.Et nos cœurs de vingt ans pleins d’espoir et d'ivresses Formulaient des projets infinis de tendresses- .T’en souvient-il, Margot, de ce jour si vermeil ?Un clair nr.lin de mai tout riant de soleil.-res.Bu-vons! bu-vons! pour vi-vre sans pâ- sou- ve- mr__________ ces ver - 2me Couplet Bonne Margot, verse à (lots dans ces verres, Le vin si doux de mes vignes si chères.Buvons! buvons! pour vivre sans pâlir De notre enfant le tendre souvenir.Récit Pour bénir nos amours, d'un ange à tête blonde, Le bon Pere Éternel nous fit le beau présent.Nous l’aimâmes tous deux bien plus que tout au monde ; Noue aimions écouter son doux gazouillement.Et je t'a main dans lui, follement, chère femme, Car il avait tes yeux, ton sourire, ton âme.T'en souvient-il, Margot, de notre cher enfant ?Dont le Père Eternel nous fit le boau présent.3me Couplet Bonne Margot, verse à flots dans ces verres, Le vin si doux de mes vigne?si chères.Buvons ! buvons! à notre noble fils ! Qui sut mourir pour l'amour du paya.Récit Notre Paul eut vingt aiiB lorsque survint la guerre, Le pays en danger voulait des défenseurs.Issu de sang gaulois, il fut à la frontière, Combattit vaillamment, offrit ses bras vengeurs.Mais, un jour, il tomba dans l'horrible bataille.Frappé mortellement par un bria de mitraille.Je ne le pleurai point.tu t'en souviens, Margot î Je criai fièrement : France! pour ton drapeau I MaoCrtfal, 25 Janrier 1909 - No Sfll LE PASSE-TE MP8 19 itüd-§otqs ABONNEMENTS RÉDUITS Tous nos lecteurs, abonnés ou aclieteun i peuvent nom aider tout en ga s l'argent.Voici comment : Vous a *ez bien parmi vos i susceptibles de : personne à un jour-et vous ob nal musical.Une bonne tenei un abonnement.Le prix régulier de l'abonnement au Passe Temps est de $1.50 par an pour le Canada et $2.00 pour les Etats Unis,payable d'avance.Maintenant voici ce que nous vous offrons: Envoyés du même coup 1 Canada 2 abonnements 3 abonnements 4 abonnements 3 abonnements 3 abonnements 4 abonnements JJ c | **-S° S o < 3.50 4-5° Etats- Unis i w ( $3.50 II! 5.°° $3-oo 4.50 6.00 6.50 5 J* *6.“ 8.00 Condition essentielle.— On n 'admet qu 'un eul renouvellement d'abonnement dans cha-|ue cas, c'est-à-dire qu'nne personne déjj .hounée peut faire compter son abonnement, nais les autres abonnés devront être nou-1 moment de l'envoi.I des abonnés aura droit à la prime (Demandez notre catalogue de pri.mes, envoyé franco sur demande).NOTRE AGENT A QUEBEC Nous rappellerons à nos lecteurs de Québec qu 'on peut se procurer les anciens numéros du Passe.Temps chei M.J.Alf.Guay, 283 rue St-Joseph.NOTRE COUPON Notre coupon vaut 5c, i déduire du prix de chaque article annoncé soit dans le Passe-Temps, soit dans notre catalogue, mais n'a aucune valeur : 1° Sur les anciens du Passe-Temps ; 20 Sur les objets comme prime gratuite aux abonnés un an d'avance.(Voir la dernière p journal.) GAGNEZ VOTRE ABONNEMENT Vouier-vous gagner un abonnement ?SI oui, envoyez-nous le nom et l’adresse de quatre personnes, accompagnés du prix de trois abonnements d’un an, soit$4.jo.Chacun de ces quatre abonnés a droit à une prime.OFFRE 8PECIALK En nous envoyant le nom et l’adresse d’au moins dix personnes susceptibles de s’abonner au PaS8»-T«hps, on recevra un joli morceau de musique par le retour de la malle.DÉCISIONS JUDICIAIRES CONCERNANT LES JOURNAUX 1.Toute personne qui retire régulièrement un journal du bureau de poste, qu’elle ait souscrit ou non, oue ce journal soit adressé à son nom ou i celui d'un autre est responsable du paiement.2.Toute personne qui renvoie un journal est tenue de payer tous les arrérages qu’elle doit sur son alxmnement, autrement, l'éditeur peut continuer i le lui envoyer jusqu’à ce qu'elle ait payé.Dans ce cas, l'abonné est tenu de donner, en outre, le prix de l’abonnement jusqu'au moment du paiement Iu’il ait retiré ou non le journal du bureau e poste.3.Tout abonné peut être poursuivi pour abonnement dans le district où le journal se publie, lors même qu'il demeurerait à des centaines de lieues de cet endroit.4.Les tribunaux ont décidé que le lait de retirer un journal du bureau de poste, ou de changer de résidence et de laisser accumuler les numéros i l'ancienne adresse, constitue une présomption et une preuve frima facit d'intention de —1 ~ Ludger Balcoirt FERBLANTIER, PLOMBIER, COUVREUR, Poieur d'Appareil» à Qaz et d Eau Chaude 2)2, RUE MAISONNEUVE Tél.Bell Est 2248 Montréal UKVITil PAR G.P.O.HÉROUX i|» 6jg i|s 3|» ;|> si» a|o 5» 2ls 3MM) -H sur laquelle son garantissons qu’une personne peut et cela, dan» quelques Cotte nouvelle méthode se compose d’une simple marquées toutes les clefs de la musique.A l’aide de cette nouvelle méthode nous apprendre tous les accords sans l'aide d’un profe*seur, jours.Il n'est pas nécessaire que la personne sache la Nous pourrions publier une longue liste de certificats attestant qn’un grand nombre de personnes ont appris leurs accords avec cette méthode, et peuvent faire un bon accompagnement.•aniTétuclof) 'lpVT B'Kne8 (lu* permettent de jouer & première vue et Prix, $1.00.En vente ohe* tons les marchand» de musique.Dépositaire : Ch.Lavali.4k, 30 Boulevard Saint Laurent, Montréal.* EXAMEN DES YEUX GRATIS ÉÉËSt Négliges hucuu rnnMc Yeux ln Vue est irop Précieuse.Tcnile lunetterie non fallc dur commande est toujours nalaibic* K* etex jatunis des Vtndcun Ambulants, ni oux Magnslnu-A-toat-falfc.f Kien ne remplace l'Examen de* Yeux iwir un «avnnt Spécialiste.£ SI vous tenez il Guérir vos Yeux sans drogues, opération ni douleur : ALLEZ A —-D’INSTITUT D’OPTIQUE?Vo,rcZLu„'ru Spécialiste BEHUMIER L"ÿ£2umlt H4 Est, rue Ste-Cfltherine, Près Ave H&iel-de-VIlIe.T Il recherche Ici Cas difficiles, Dtsesperes : Poae Yeux Artificiels.ï Naturels i se tromper.T Fabrique et ajuste lul-raéme, depuis 35 ans.lunettes, lorgnons, etc.Ses nouveaux " Verres ToHc à ordre ” sont garautla pour bien Voir «le Loin et de Prea, pour tracer, coudre, lire et écrire.Celte annonce rappoitée 'oui 15c.par dollar sur tout achat en lunetterie.Prenez garde I Pas d'agents sur le cliemiu pour notre malaon responsable.Heures de bureau: Tous les jours de 9 A 9 lus.(Dimanche de 1 A 4 hrs.) Maisons Recommandées — PAR LE — Passe- Temps La papier sur lequel est imprimé le Parte-Tetnpt est manufacturé par la Canada Papeh Co.Agent d’affaires E.I).Anmont 47 8t-Vincent Tél.Bell Main 3149 Assurance La Providence 52 St-Jacques Banque Banque d'Epargne de la Cité et du Distrit de Montréal.Chimiste-Analys’e Prof.J.E.Flahault 1414 St-Denis Dentistes Arthur Beauchamp 168 St-Denis Institut Dentaire Franco-Américain 162 St Denis Luthiers D.11.IJanseroau 46 Bonsecours Chs Laval lée 35 Boni.St-Laurent Piano, Violon, Mandoline et Guitare Mlle Roranna Brunet 159 Ave Hôtel-de-Yille Musique en feuilles et Instruments Edmond Hardy 38 Notre-Dame-Onest Tél.Bell Main 2466 J 0.Ton 266 Ste-Catherine Est Membres artificiels Conrad Martin 36 Craig-Est Maladies des Yeux des Oroillea, du Net et de la Gorge Dr Chrétion-Zaugg 234 Shorbruoke-Est Mercerie Ganta Perrin En vente partout Pharmaciens J.A, E.Gau vin 8îiO Ste Catherine Est Tél.4773 Est A.J.Laurence Coin St-D'ui- ot Onta rio.Tél.Bell E-t 160Î Pharmacie Goyer 1761 Houl’d Sl-Lauront Tél.6452 E t Dr Jos.Comtois 1636 St-Jacques Prof, de P ianu Romain Pelletier 23 Mansficld Henri Miro 241 St-Thimothé Contre le Rhume Le Baume Rhumal T*u Bill : Main 2149 BtJMAD UU SOI* : 240, *Ul PAN*T Tél.Bell : Est 2556 E.D.AUMONT Comptable et Collecteur Commissaire C.S.Achats de Comptes, Billets.Jugements, Dettes de Livres, Etc.81.000 à 60.000 k prêter sur hypothèques.•47, rue St-Viaosat, Montréal Palais dVjMtiss.Collecteur autorisé du Passe- Temfs. LE PA8SE-TEMP8 No 961 — Montréal, 1S janvier 1909 CE atlE PRETENBENT — LES — Medecins Spécialistes de la 0ie Chimique Franco-Américaine Tout le monde sait que 1* médecine, depuis déjà pas mal d'années, s'est spécialisée, c'est-à-dire que chaque médecin s'attache, en particulier, à une catégorie, à un groupe spéciale de maladies dont il fait uno étude exclusive et approfondie.Dans toutes les grandes villes, il oxiste aujourd’hui des spécialistes, des médecins qui traitent uniquement un certain nombre de maladies, les infirmités de tel ou tel organe, et auxquels on s'adresse pour une affection de cet organe ot pas pour une autre.Bien mieux, il y a de par le monde, sur ce contiuent-ci, comme sur l’ancion, des docteurs que l'on va consultor de mille lieues à la ronde au sujet d'une infirmité dont ils se sont Fait une spéoialité.Et, d'ailleurs, il n'en est pas ainsi seulement en médecine ; il en est de même pour tout le reste.Dans l'industrie, dans les arts, dans la culture, il y a des spécialistes auxquels on s’adresse si l'on est on face d'une question de leur ressort.Le bon sens indique facilement que si un homme s’occupe uniquement d'une étude spéciale, y porte tous ses soins, toute sou attention, y consacre ses veilles et son intelligence ; en étudio des milliers do cas et d'aspects divers, il on saura plus long sur ce point que l'homme dont les travaux embrassent un champ plus vaste et plus général.Lis Médecins Spécialistes de la Compagnie Chimique Franco-.' inérioaine ne prétendent pas détacher les familles de leurs médecins ordinaires.Ils ne veulent pas accaparer toute la olientèle et se poser en guérisseurs de tous les maux.Uno telle prétention serait du charlatanisme pur.Mais ce qu’ils ont le droit d'affirmer et ce qu'ils affirment, o'est qu'iLi possèdent, quant aux maladies des femmes, en particulier, une expérience et dos connaissances spéciales qui leur permettent d'oflrir des soulagements et une médication qui ne sont peut-être pas à la portéo do prati oiens, n'ayant fait de ces affections qu'uno étude moins spéciale, moins approfondie et moins fréquente.lies femmes ont raison, bien raison d'avoir confiance dans leurs médocins ordinaires ; nous voulons qu'elles y aient oonfiance pour leur traitement général, pour les maladies qui sont du ressort du régime de la constitution propre ; mais lorsqu'il s'agit de maladies spéciales aux femmes, do maladies dont nous avons fait une étude à part, nous voulons que toutes les femmes, quelle que soit l'affection dont elles souffrent, quel que soit le nombre de médecins qu'elles aient consulté, viennont nous voir.Nous le voulons parce que nous savons qu'il nous est possible île les guérir, même si les autres ont échoué.Nous sommes convaincus que nous | fai™ mieux que les autres parce que nous sommas des spécialistes, parce que i avons soigné des milliers do oas de cette nature et parce que nous en avon par milliers.Depuis vingt ans nous guérissons les maladies dos femmes ; nos livres sont là pour prouver nos assertions ; nos certifioats sont publiés, portent des signatures indiscutées, et nous avons le droit de baser ce que nous avançons sur dos aussi éclatants.La guérison des maladies des femmes par les Plut pus une matière de réclame et d'anuonce, o'est un fait acquis ; le côté sérieux et scientifique de uotro traitement est aujourd'hui reconnu et admis, et pas un des faits que nous affirmons dans les journaux, dans nos circulaires et dans nos consultations n’a jamais reçu aucun démenti.Nous ne cherchons pas à détrôner les médecins, ni à les discréditer dans l'eu-j prit du publio ; mais cq que nous proclamons sans crainte, c'est, qu’à l'é des femmes, nous avons des connaissances qu'ils n'ont pas et nous i les guérisons où ils éohouent.Nous oroyons accomplir notre et de citoyens, en disant aux femmes qui souffrent de venir nous voir, u après que leurs médecins ordinaires sont impuissants à les soulager.Les Consultations gratuites des Médecins de la Compagnie Chimique Franoo-Américaine se donnent tous les jours, excepté Ibb dimanches, de 9 heures du matin à 8 heures du soir, au No 274 rue Saint-Denis, Montréal.Les dames qui ne peuvent venir voir nos Médecins sont invitées à leur écrire.Les Pilules Ronges de la Compagnie Chimique Franco-Américaine sont en vente chei tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi par la poste, au Canada et aux Etats-Unis,|sur réception du prix, 50 cents une boite, $2.50 six boites.Toutes les lettres doivent être adressées : Compagnie Chimique Franco-Âmericainr, 274 roc St-Denis, Montréal Ssl-voel et “ BEL-PO RÈGLES HYGIÉNIQUES A SUIVRE POUR PRÉVENIR ET QUÉRIR LES MALADIES DE LA PEAU u Lea causes générales des maladies de la peau sont : la faiblesse de la constitution, les scrofules, la sy- Shllis, la mauvaise digestion, la débilité générale, la mauvaise nourriture, le manque d'air et d'exercice, la entition chez les enfants et U délicatesse de la peau.La malpropreté en est aussi souvent une autre, et o'eet pourquoi il est de la plus hnuto importance que les personnes veillent attentivement aux soins do leur corps, se lavent souvent, toujours aveo de l'eau chaude et un savon antiseptique, comme lo savon BEL-PO.Le traitement des maladios de la peau diffère peu, malgré quo ces maladies Boient variées.Comme traitement local, il n'y en a pas de meilleur que l'application de l'Onguont BEL-PO.uno ou deux fois p« jour, sur Us parties malades, api ès qu'elles ont été soigneusement lavées aveo le savon BEL-PO.l.e savon et l'onguent BEL-PO sont vendus chez tous les marchands de remèdes.Prix du savon et de l'onguent BEL-PO, 25 cts chaque.Envoyés aussi par la malle, sur réception du prix, par la Guérison radicale DES MALADIES DE LAPE AU PRIX 25 Coi&pagsis [bip Fm-kiwit 274 Rue Saint Denis MONTREAL Montréal, 23 janvier 1909 — No 861 LE PA8SE-TEMPC 21 ruÉsi» A l’orée du bois Le roi du jonr vcrs»il sa gloire au firmament ; Midi chantait, joyeux, as clocher du village, Et je dînais de pain, de lard et de laitage, Au pied des sapins verts pleins de Doordonnements.Le soc de la charrue, ainsi qu'un diamant.Luisait pris des sillons.Mon cheval en l’herbage, Le long de la clôture -t d’un tas de branchages, Broutait, faisant sifiler sa queue, en piaffant.La grive au bout d’un pieu moulait sa tuilutaine, Une perdrix errait en sa grise futaine.Et, par des gloussement*, appelait ses perIreaux.Alors, je m'endormis au parfum des fougères, Aux soupirs des sapins sous les brises légère?, Et dans le rêve heureux des anciens pastuureaux.LouisJostph DOUCEJ, de l’École littéraire.»¦ .i.~3 A Mlles CàiU et Louise CHIGNON.LE REVE ETERNEL DIALOGUE FANTAISISTE AMOUR ET DÉSHÉRITÉ I.E DÉSHÉRITA Que l’aurore se lève ou que Phébn» se couche, Toujours à met côtés, je vois le noir trépas! 11 me semble sentir la froideur de ma couche ; Et je voudrais me plaindre et ji ne le puis pas., I.’AMOUR Ami, pourquoi cette tristesse Qui lourdement penche ton front ?C'est me faire un injuste affront Que d'insulter à ta jeunesse.Ne puis-je plus te consoler ?Veux-tu me bannir, m'immoler?LE DÉSHÉRITÉ Hélas I je n'en ai pas seulement le courage.Lorsque je sens mon cœur palpiter avec rage, Je voudrais le meurtrir pour étouffer sa voix.Je le presse à deux moins,., et alors, j'entrevois, Devant moi, tout d'abord, une forme indécise ; A mes yeux éblouis, lentement se précise Un?ombre féminine j et je la reconnais, Je suis heureux, j'étais mourant, et je renais I,.C’est toujours la mignonne â la voix si câline, Aux yeux couleur d'azur, d’où, source cristalline, S'échappent, trop souvent, hélas I des pleurs amers.Comme un sanglot sorti des profondeurs des mers., Soudain, brutalement, cette image s'envole, Et je reste en ma nuit sans autre espoir frivole.Je sanglote en secret pour ne pas me trahir Quand de trop de douleurs je me sens envahir j Je souris au hasard, j'exile ma souffrance, Car ceux qui n’ont pas eu d'ironique espérance, Ceux que ton aile, amour, ne saurait effleurer, Pourraient trouver étrange, en me voyant pleurer, Que j’emprunte cet art i la sensible femme, Pour vouloir apaiser ce trouble de mon Ame ; Et je crains qu'en raillant ma faiblesse de cœur, L'on ne s'attaque aussi pir quelque mot moqueur A l'ange qui sourit & mon fève précaire, Que chasse ic réveil, cet intime sicaire I Il ne sortira rien du trop profond sillon Que tu traças en mui, car jamais un rayon N'eit venu réchauffer ma solitude sombre.Pourquoi me poursuis-tu, sans trêve, de ton ombre ?Pouiquoi ne vas-tu pas, quand passent les zéphyrs.Mêler tes doux accents à leurs faibles sonpirs, Et revenir vers moi, m'apportant sur tes ailes, Ce petit cœur de femme aux volag*s parcelles,.,?Ah I que n’animes-tu de ton souffle divin Celte âme, pure encor, que tu frôles en vain ?.Mais ta soif de souffrance est donc insatiable ?N'apaiseras-tu pas mon tourment effroyable ?L'AMOUR Pauvre ami, je le plains.Déjà tu t’es lassé De mes trop timides caresses.Et pourtant, tout joyeux, jadis, je t'ai bercé ; J'écartais tes noires détresses j Et parmi tes sanglots, tes éternels soupirs.Tu m'appelais ton '¦ viatique ' ', Tu buvais à ma source avant les frais zéphyr*, Vivant en extase mystique.Je le réconfortais, tu recourais A moi ; Dans mon sein tu puisais la vie.Un repos c^lme et doux succédait & l'émoi De ta chimère poursuivie.>Je t’apprenais, tout bas, des secrets, des aveux Que tu balbutiais à peine ; Pour toi, je m'impreignais du parfum des cheveux De ta cruelle souveraine ; Je te fermais les yenx ; ma tendresse en éveil Evoquait alors son image Sur tes paupières quand descendait le sommeil Un lève mirait son visage.Quand l'aurore perçait le voile de la nuit Je mettais son nom sur te» lèvres, Et Ion premier bonjour, mystérie ix, sans bruit, Vers elle volait plein de fièvres I Ne te souvient-il plus de ce jour toul d'effroi Où je vins frapper à la porte ?J’étais seul, délaissé, je grelottais de froid, Roi sans palais et sans escorte !.Joyeux, tu m'accueillis i je pris place au foyer.Et j'égayai ta solitude ; Je me fis tout petit afin de te choyer Dans ma profonde gratitude.Pourquoi donc m'en veux-tu ?Tu ne vois pas i'écueil Qui soudain surgit sur ma route : C'est ta timidité.Mets-la dans son cercueil, Et j'emporterai la redoute I Car ce n'est pas en vain que j’ai nom •' Cupidon " ; Souvent ma douceur est terrible 1.Tes yeux rêveurs seront mes flèches de brandon.Ton à me mon arc invincible !.le DftsuâRirt Ah 1 si tu disais vrai ! Je pourrais être aimé, Moi, le déshérité ! Sois sans crainte, ô mon hflte, Je ne te chasse pas ; j'ai commis une faute Quand je t’ai diffamé.Oui, ta présence en moi fut bien douce i mon âme ; Je te chéris, amour ! J’adore tes rayons Qui réchauffent mon cœur, d les gais carillons El ta pure oriflamme ! Oui, nous l’aimerons ma belle Eve d’airain I Pour ton souffle puissant ce n’est rien qu'un atôme.K.t toute énamourée alors de ton arôme.Elle ouvrira l'écrm De tes chastes soupirs, où, dans une hécatombe De pauvres cœurs meurtris, elle verra tutrn cœur Réflélsnt son image I.Et je serai vainqueur .Ou j'irai dans la tombe !.J.Arm.LECLAIRE.* La Pauvreté Toute la chambre exhale une odeur de souffrane, Sur un pauvre grabat, sans la moindre espérance.Une femme couchée.A genoux, deux enfants.Au dehors, la nature a des airs Iriomphams.— Mère, mère ! dit l’un, j’ai faim ! l'autre : Je souffre I Et la femme malade ainsi que dans un gouffre Sent son cœur s'en,;louiir sous d'impuissants sang'ois.Pareille au naufragé que balottent les flots.Est-il une douleur plus grande et plus terrible.Un spectacle plus triste, un baiser plus horrible Que le baiser du froid sur des lèvres d'enfants ?Oh ! quel enlisement implacable, étouffant Pour le cœur d'une mère ! ô souffrance effrayante De voir mourir son sang et rester impuissante A soulager ces chairs que la faim épouvante ! Je comprends ces regards plein de sombre désirs Des misérables gueux en face des plaisirs.Je comprends, Pauvreté, que lu portes au crime ; Et je pardonnerais le dévouement sublime D’un père sans travail qui vole uu petit pain Pour ses maigres enfants qui lui disent : j'ai frim ! Riches, qui vide* joyeusement vos verres, Dans vos salons dorés, songez à leurs misères.Penses à cette mère et ses pauvres pelits Sans un morceau de pain pour taire l'appétit, Sortes de vos palair ou le marbre ruisselle, Détachez largement vos pleinetescarcelles Et promenez vos pas dans les humbles faubourgs.Sans crainte de salir vos manteaux de velours.Mondaines, pénétres dans les pauvres mansardes ; En'endcz grelotter ces figures hagardes, Pâles, pour vêlement, de> murs sombres et froids Qui jettent dans les cœurs la tristesse et l'effroi.Ah I vous tous, ignorants les misères humaines.Qui goûtiez les plaisirs sans connaître les peines, Vous, les enfants gâtés du sort aveugle et noir, Frappez i celte porte ou l'on souffle ce soir.Des pas lourds, au dehors, troublent le froid silence ; Et la porte gémit pl.ine de somnolence.Quelqu'un ent-e au loris.Du dedans : •• Qui va là ?” ••C'est moi, mè'e Michel, voir’ voisin Ovila ! Un paquet enneigé pénètre dans la chambre, '•Oh 1 oh ! le froirl est dur, vjus savez en décembre, •• La femme est malade et ne peut venir vous voir, •• A ma dit, ce malin, t'arrêteras ce soir “ Porter i noir' voisine un peu de quelque chose ' ’.Et le hrave ouvrier avec un regard rose Partage, le cœur fier, le peu de son argent Entre les deux petits et la pauvre maman.La pauvreté donnait â la misère blême La moitié de son être h son autre lui-même ! F rues! MARTEL.NOUVELLE ELSBETH Depuis deux mois jo n'avais pas revu Maurioe.Sans avertir uu seul de ses ainis, il était brusquement parti.Son domestique lui-môme ne savait rien, sinon qu'un matin, après avoir reçu une dépèche, il avait préparé son sac de voyage on toute hâte, s'était fait conduire it lu gaie de l'Est, et qu’à une domondo au sujet do la dato de son retour, il avait répondu, la voix altérée : — Dan» huit jours.dans trois mois.je ne sais pas.Je me |>erilais en conjectures, bâtissant les hypothà- seslespluB invraisemblables et les plus i.bsurdesquand, l'autre jour, je rencontrai l'un de nos amis communs qui me dit l'avoir vu dans un bar de Montmartre, presque méconnaissable, buvant aoul ft une table et n'ayant pas voulu lui parler.— Il a l'air fou, ajouta t il.Je courus chez lui et je l'y trouvai.Dés qu'il m'aperçut, il se jota à inoncou, et m'étreignil en pleurant.— Qu'as-tu, Maurice ï lui dis-je.— Rien, rien.C'ost U joie de te revoir.Tu voiB bien que jo ris, que je suis conteut.Et il se mitrire bruyamment, tandis que des larmes coulaient encore sur ses joues.Je le tegardais, et c'est à peine si jo le reconnaissais.Maigre, los traits tirés, les os saillants troua la peau, les cheveux en désordre et les vêtements uéxligé», rien ne rappelait Maurice, le beau Maurice d'autrefois, ai séduisant et si désiré.Et je mo demandais, moi aussi, s’il n’avait pas perdu la raison.— Comme je suis heureux de to voir, continua-t-il, comme je suis heureux I J'ai tellement besoin d'un ami, d'un véritable ami. 22 LE PA88E-TEMP8 No 361 — Montrai, 13 janvier 190(1 — Pourquoi no m'as-tu pas annoncé ton retour et pourquoi n'es tu pas venu me voir .î — Pourquoi t.Pourquoi ?.Ah I Et il eut un grand geste vague.Puis, de nouveau, il se mit à rire et me montra du doigt nue table encombrée de bouteilles.— Que veux-tu prendre 1 — Rien, merci.Si, goûte ce kummel, tu me diras ce que tu en penses.Vois-tu : boire, il n'y a que cela de vrai.Tout le reste est souffrance et mensonge.Il verBa deux verres.Et pendant qu’il buvait, lentement et sans parler, fermant les yeux pour mieux savourer la volupté, je le regardais et je sentais peu il peu une étrange émotion me gaguer.— Tu as fait un long voyage, lui dis-je, eu me levant pour dissimuler mon trouble.— Oui, un long voyage.— Où donc I — Dana le Tyrol.— Encore 1 — Oui.Il me regarda fixement, hésita un instant.pr8t aux confidences, mais il so reprit aussitôt et, sans mot dire, se versa et but uu second verre d’aloool.— Je me souviens quo tu y es resté déjà tout un mois, il y a deux ans.A Ion retour, pendant quelque temps, tu ne fus plus le même.Je soupçonnai quelque aventure, mais jamais .'u no voulus me parler franchement.Et cependant tu devrais savoir que nul ne t'est dévoué comme moi.Pourquoi veux-tu me cacher quelque chose 1 N'as-tu pas confiance 1 O'est mal.Il ne me laissa pas achover, s’approcha de moi, me prit les mains dans les siennes.— Pardonne-moi, pardonne-moi.je vais tout te diro, tout.oui, tu es mon meilleur ami et j'ai eu tort d'agir ainsi.pardonne-moi.Je demandai, doucement.— O'est une femuie qui te fait souffrir 1 — Oui.— Elle habite là-bas 1 — Oui, elle habite là-bas.C'est là-bas quo je l'avais connue.Je l'ai aimée tout do suite.ce serait trop long de tout te raoonter eu détail.Je l'ai aimée tout de suite.Sait on d'ailleurs, sait-ou pourquoi Ion aime une femme ?Il alla prendre un cirnet dans un tiroir de son secrétaire et revint vers moi.— Tiens, voioi le carnet où, chaque soir, avant de m'endormir, j'ai noté les heures incomparables que nous avions vécues dans la journée.U l'ouvrit devant moi et le feuilleta.Ses doigta tremblaient comme en une crise de fièvre.— Ah I mon ami, mon ami, il me semble que tout mon cœur est dans ces pages et que c'ost lui même que je tiens en mes mains.Voioi des lignes que j'écrivis le 17 août, le soir du jour où noua échangeâmes nos serments ; pour mioux prolonger l'extase de oette journée, j'avais essayé de reproduire, mot pour mot, les paroles que nous avionB dites.Tiens, écouto : tu “ la " connaîtras un peu.C'oBt elle qui parle : “ Non Maurice, ne doutez pas de moi.C'est vous qui m’aurez oubliée depuis longtemps, alors que je vous aimerai comme aujourd’hui.Éternellement fidèle, je vous attendrai toujours, lorsque vous, peut-être, auprès de dix autres, vous serez lassé de répéter ces mêmes paroles qui m’ont grisée et dont mon cœur tressaille encore." Et moi j'ai protesté, j'ai juré de même une adoration infinie, une inlassable fidélité.J'ai pria à témoins les choses qui nous entouraient, los arbres, les ravins.Iob bois sombres, les maisons éparses dans la vallée, les montagues amies où naquit notre amour.Et certes, jamais je ne fus plus sincère ; car, je le sens, désormais ma vie est liée à la sionno d’une attache plus forte que toutes les ohatnea forgées par la main des hommes." — Jamais, jamais, lui ai-je dit, non, jamais, je no cesserai de vous aimer.Pourquoi ue me croyez-vous pas ) *' — Je lo voudrais, car je vous sens sincère, mais, malgré moi, j’ai peur.“ — Peur 1 " — Oui.peur que vous m'oubliez, des quo vous serez loin.“ Méchante." — Oh I il ne faut pas m’en vouloir.Voub êtes Français ; cela sullit pour qu'une étrangère comme moi se méfie.C'est que, voyez-vous, nous ne comprenons pas l'amour de même.Dans tous vos livres, je n’ai rencontré que des amants inconstants et volages, dos femmes dont les lèvres mentaient, des amoureuses qui trahissaient lours serments.Nous autres, nous ne prononçons qu'une fois : je vous aime; mais, par cos simples mots, nous nous donnons toute et pour la vie.A partir d'aujourd'hui, je me considère comme votre femme.Quoiqu’il arrive et quoique vous fassiez, entendez vous, Maurice, quoique vous fassiez, je n'aimerai que vous et je voua attendrai, je ne m'appartiens plus.“ — Oh I moi aussi, Elsbeth, je me suiB tout donné.Dès que j'aurai terminé rneB études, dans six mois, dans un an au plus tard, je reviendrai voua demander à vos parents.Vous savez que je suis richo, libre et sans famille.Aucun souci matériel, aucun lieu d’affection ne peut me retenir ailleurs.Je reviendrai, je vous le jure.“ — Si loin que je vous apercevrai, je me lèverai, j'irai vers vous, je vous tendrai la main en vous disant : me voici, Maurice, je vous attendais, je suis à vous.— ('h I divine, divine Elsbeth, je vous aime de toute mon âme, avec le meilleur de moi-même, avec tout ce j'ai de bon, de siuaère et de pur.Je vous aime et je vous vénère.*’ Il s'arrêta, la voix angoissée, et me regarda longuement.Puis U ferma le cahier et reprit : — Deux ans, plus de deux ans ont passé depuis le aoir d'août où j'ai éorit ces ligues ; pourtant je pourrais te les répéter mot pour mot.J'entends toujours, comme si elle parlait vraiment, sa voix chantante et douce, à la fois tendre et grave.Il est dos nuits où je l'entende de si près et Bi distinctement que je me lève comme un fou.Quelquefois, quand je marche dans la rue, il me semble qu'Elsbeth marche derrière moi et me poursuit, dans le tumulte de la ville, je ne distingue que le son de ces lèvres, chaque cri devient pour moi une supplication, une plainte douloureuse, tous les bruits me paraissent faits du bruit de sa voix et m'entourent d’une hostile clameur.alors j'entre dans un café et je m’en-nivre pour n'avoir plus conscience de rien.On soir, j’ai pris une arme et j'ai appuyé le canon contre ma tempe : je n'ai paB eu le courage de faire partir le coup.Pourtant, il faudrait bien que je me tue un jour.— Que dis-tu, Maurice, te tuer 1 — Oui, oui, il faudra bien que je me tue.Mais laisse moi me souvenir encore ; laisse-moi te raconter ces heures trop belles.Chaque matin, nous partions en excursion avec quelques personnes que la vio commune de I'h6tel avait réuuies.Rien n'est plus enivrant que les matinées d'août dans lo Tyrol.On va sur les routes claires, blanchies par l’aube, on foule les prairies que les (leurs d’été parsèment encore, ou traverse les bois qui s'éveillent, les forêts humides au bout desquelles luit le soleil nouvoau.Nous trouvions toujours l'oo-casion d'être seuls, elle et moi, derrière los autres, et nous marohions joyeux, les doigts enlacés, les nerfs tendus et frémissants, échangeant, sans dire un mot, le muet serment des éternelles amours.Oh I si tu n'as pas aimé comme j'aimais alors, tu ne peux pas me comprendre.Si tu n'as pas vécu ces heures où deux âmes ardentes et jeunes se rencontrent et se pénètrent, se fondent pour ainsi dire en une seule, tu ne peux que hausser les épaules.Un jour pourtant il fallut nous séparer.Je rentrai à Paris.Pendant quelques semaines nous nous écrivîmes, chaque soir, dos lettrea passionnées, toutes pleinos du plus sincère et du plus profond amour.— Je me souviens.cette année-là., tu n'étais plus lo mêmeot tu nous fuyais.Tu t'onfermais chez toi des journées entières et nous nous moquions de t» sagesse.— Oui, voua vous moquiez de moi ot peu à pou vous m'avez entraîné.Je repris mea anciennes habitudes.Je renouai de vieilloa relations que j'avais brutalement rompues à mon retour et j’espaçai mes lettres.Elle, régulièrement, m'adressait de longues, longues pages, où j’aurais voulu trouver des reproches, des supplications, des plaintes, et qui ne renfermaient autre chose qu'une infinie tondresse.pleine de confiance et de bonté.Ah ! certes, j'ai eu souvent des oris de révolte et d'indignation contre moi même et o me suis jugé criminel et vil, mais, comme l'ivrogne retourne à Bon vin, le lendemain je recommençais ma vie de sots plaisirs.L'année passa, jo n'allai point retrouver Elsbeth.Jo remarquai quo ses lettres, ooiume les miennes, devenaient moins fréquentes et peu à peu so chargeaient de reproches.Puia.brusquement, vere Pâques, jo n’en reçus plus.Je pensai d'abord qu'ello était malade, puis, aon silence persistant, j'eus uu jour l’idée qu'elle a'était lassée do m’attendre, qu'elle avait fini par m'oublier, qu'elle on aimait peut-être un autre.Cette pensée me troubla et me fit souffrir.J’avais fini par m’habituer à cotte fidèle et lointaine adoration qui me flattait sans me gêner.Ces pages, que je lisais à peine auparavant, je me mis à les attendre et à les regretter, et souvent, le matin, en no trouvant plus dans mon courrier la petite enveloppe gonflée de minces feuil-le's aux lignes serrées, j'eus le cynisme et l'invraisemblable audace de prononcer contre elle des paroles méchantes, d'accuser l'éternelle inconstance des femmes .Depuis qu'Hamlet, sur les terrasses d'KIsoneur, lança l'orgueilleux anathème, l'homme le répète à chaque instant avec une sotte satisfaction “6 femme, tu t'appelles inconstance." Ah ! non, cent fois non, la fommo n’est pas inconstante ! Par sa uature même, elle ne vit que pour s'attacher.O'est noua qui la rendons mauvaise.La femme argile vivante, eat ce que l’homme la fait.Peu à peu, Maurice a’exaltait.Il s’était levé et parlait avec des éclata de voix, marchant à grands pas à travers la chambre.— Calme-toi, lui dis je, et achève ton récit.— Oui, je vais l'aohever, d'ailleurs il toucho à sa fin.Tu sais que je suis parti brusquement, il y a doux mois environ.Un matin, comme je me levais, on m'apporta un télégramme.Jo regardai d'abord la signature : Steinet.Ma pensée était si loin d'Elsbeth que, aur le moment, ee nom ne me rappela rien.Alors je lus la dépêohe.Je poussai un cri et me laissai tomber sur un siège.Oui, moi, lo fier et courageux, j'ai perdu connaissance comme une fomme.Et que disait ce télégramme I — Qu'Elsbeth allait mourir et voulait me revoir une dernière foie.Toute l'infamio do ma conduite m'apparut.Je m'accablai moi-même d'injures et de malédictions, j'aurais voulu quo quelqu'un fut là pour me souffleter et m'humilicr.Deux heures après, j'étais à la gare de l'Est et le lendemain j'arrivais dans U petite ville du Tyrol où Elsbeth habitait.Ah I mon ami, mon ami, je ne crois pas que jamais un homme ait souffert ce que j’ai souffert lorsque je pénétrai dans sa chambre.Elle reposait sur le lit, la têle un peu soulevée sur un coussin.Effroyablement pâle, si p&le que son visage se distinguait à peine sur la blancheur dea draps, elle était presque méconnaissable.Ses yeux seuls n'avaient pas changé.Toute sa vio semblait réfugiée en eux.Courbant la tête, je m'approchai du-lit et je me jetai à genoux, baisant passionnément la main frêle qu'elle m'avait tendue.— O pardon.pardon I.m'écriai-je en sanglotant, et je ne pus rien dire d'autre.Je l'entendis prononcer mon nom aveo an pénible effort.Jo me relevai.Je visses yeux so fernur.Elle était morte !.Morte, mon ami, mortel.Morte par moi !.Elle m'avait at-tondu pour mourir.Pourquoi vivrais je après l’avoir tuée ?.J'essayai do le raisonner et lui fis promettre de ne pas attenter à ses jours, mais le lendemain je n'euB nulle surprise quand on m'annonça sa mort.Oubriet F AU RE. Montréal, 23 janvier 1909 — No S81 LE PA88E-TEMP8 23 CA NE VA UT PAS VOS FEMMES Paroles de JOST et DARSAY Musique d’OUVRARD ,1lod' Au Ixiut doquf*fLMUanplrfman&-A'.Las»**d'unamiuras- iu-ihi.Les homnhrfrrtitdiimlnirOTurvob-gt, De nnl-tcr au fmitdé-fcn-du.BteisamaUiàMjI fcur ar- ri - vu.Den’pa3ren .£ANS0NS CÂNAD1ENN /aroles et musique par nos tanadif « R HARMONISEES par.P.E PREVOST ILLUSTREES ;> .Wy ' J.C.FRANCHIR E " S H .g- § 3 j 8 t g - lit & ?2 3 S|.3 tfSSo* h gïsj ~ “Il o ris -1 — .-= s miV S Ch a .g g »—t « s -a
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