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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 51, no 890
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1945, Collections de BAnQ.

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REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 SOMMAIRE SEPTEMBRE 1945 — No 890 OUS avons le plaisir de présenter ce mois-ci une nouvelle section, Art et Beauté, d'après une formule entièrement nouvelle au Canada.La Musique, la véritable Musique, est elle-même art et beauté, et s'accommode naturellement de toutes les choses harmonieuses, qu'il s'agisse de décoration intérieure, de mode, d'architecture ou de beaux-arts.Grâce à des ententes exclusives avec les meilleures maisons françaises, nous publierons dans cette section Art et Beauté des illustrations et des textes inédits au Canada.Nos lecteurs auront donc la primeur des plus belles modes parisiennes, et des plus récentes créations françaises dans la décoration, l'ameublement, les arts, la bijouterie, etc.La section Art et Beauté complète le Passe-Temps musical.Comme, dans votre salon, tout s'efforce à mettre en valeur le piano, Le Passe-Temps vous guidera donc dans cet art difficile entre tous : l'art de bien vivre ! DANS LE PROCHAIN NUMERO En octobre, Le Passe-Temps publiera un article signé par l'un des plus grands écrivains contemporains, membre de l'Académie française, et dont les oeuvres sont hautement appréciées au Canada.Nous en recommandons particulièrement la lecture à tous ceux qui trouvent dans la musique les joies les plus profondes, les satisfactions les plus hautes.Ne manquez pas de lire et relire ces pages pleines de substance et de poésie.Dans l'Album Musical d'octobre, les pianistes pourront goûter une délicieuse composition inédite de M.Joseph Strimer, musicien russe de réputation internationale, élève de Rimsky-Korsakov, Liadov, Steinberg et Glazounov.En France, en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis, il a publié des centaines de compositions pour piano, orgue, harpe, violon, etc.MUSIQUE MAURICE RAVEL, un portrait intime par Maurice DUMESNIL .2 LES FESTIVALS DE MONTREAL par l'hon.Ernesl BERTRAND 3 SOREL APPLAUDIT "LE PASSE-TEMPS" .3 ERNEST GAGNON.organiste et historien par Arthur LETONDAL .4 CONRAD GAUTHIER par Alfred ROUSSEAU .5 POT POURRI.6 HECTOR GRATTON.compositeur 7 ALBUM MUSICAL — 8.9, 10.11, 12.13, 14 CURIOSITES DU VASTE MONDE.13 EXERCICES D'ARTICULATION par I.L.GONDAL.15 L'ETRANGERE, poème par Jovette BERNIER .15 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS".15 LES LIVRES.16 • ART ET BEAUTE LA MODE.PERPETUEL CHANGEMENT par Marie BOURGUEUIL .21 MODES DE PARIS.22-23 LES CHAPEAUX DE PARIS .24 COIFFURES.27 "LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par les Editions du Passe-Temps, (lac).627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2._ Téléphone ! MArqueKe 9905.Il est Imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Umitée.Les manuscrits, publiés ou non.ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST : rédaction : Roland PREVOST.— TARIF DES ABONNEMENTS : Canada : $2.00 pour douse mois : S3.75 pour vingt-quatre mois.Etats-Unis : $2.25 pour douze mois.Autres pays : $2.50 pour douze mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque aifranchl.accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera ellectil.Pour discontinuer de recevoir cette revue, il faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE UN RAVE Par MAURICE DUME Certain» maitres de la musique — Beethoven, par exemple, et Debussy - - ont eu trois "manière*".D'autres ont très peu changé au cours de leur existence.Parmi ces derniers noua trouvons Bach, taillé dès son enlance dans le granit Immuable qui défie les siècles, et Ravel, le délicat et puissant musicien français dont les oeuvres nous apparaissent de plus en plus classiques avec le recul du temps.Mais ce n'est pas de sa musique que )e vais parler : c'est de son aspect physique qui, lui, connut trois périodes bien distinctes.Tout d'abord Ravel, 1' "ambassadeur autrichien", avec son haut faux-col empesé, sa cravate Lamartine, et la paire de favoris en pointe qui ornait son visage un peu anguleux, haut en couleur et marqué par un nés proéminent.Ces "côtelettes", comme on disait alors, faisaient penser à Metternlch, à quelque réception diplomatique à Schoen-brunn.De plus, 11 portait un feutre Derby qui rappelait étrangement le couvre-chel actuel de Winston Churchill ! D'aucuns trouvaient aussi qu'il ressemblait à un |eune amiral ; et les mal-intentionnés (ils foisonnaient déjà parmi les musiciens) disaient : à un maître d'hôtel, ce qui d'ailleurs importait peu vu l'originalité, la eouleur, la distinction de sa musique si nouvelle.Je le vols encoro à la petite Salle Erard, Jouant sa "Pavane" et ses "Jeux d'eau" à une des auditions que l'excellent M.de Bériot, fils de t'Illustre violoniste et de la Malibran, donnait dans le but d'aguerrir ses élèves du Conservatoire à l'exécution en public.Il Invitait parfois un Jotine compositeur à venir louer quelques-unes de ses oeuvres, ce qui rehaussait l'intérêt du programme et donnait à leur auteur l'occasion de se faire apprécier par la centaine de raélamones qui fréquentaient ces séances.Je les suivais assidûment, car {e préparais mon admission au Conservatoire el il m'était utile de connaître la mesure du talent de mes compétiteurs éventuels.C'est vers ce moment là et chex Gabriel Dupont que je fis la connaissance de Ravel ; le jeune Normand de génie sur lequel je reviendrai un |our était alors élève de composition chex Widor : et Ravel, qui était dans la classe Fauré.venait de temps en temps partager le dîner familial Rue Notre-Dame-det-Champt.Quel fut mon étonnement quand Je vis le futur auteur du "Boléro", si fluet, si menu, manger comme un véritable Gargantua : deux assiettes de soupe Normande aux légumes, un copieux bifteck, trois ou quatre énormes pommes de terre en robe de chambre.Mon Dieu, me dis-je à moi-même, où diable peut il bien loger tout cela ?Après ces premières rencontres je ne cessai plus de voir Ravel, dont les oeuvres se succédaient et s'affirmaient.Il travaillait, bien lentement comme toujours, au Quatuor à cordes, à la Sonatine.J'avais été reçu au Conservatoire, dans la classe Phlllpp où je représentais l'élément "avancé".Bien entendu, les "Jeux d'eau" étaient à mon répeitolre.et ce fut ce morceau maintenant célèbre, avec quelques autres également modernes, qui me valut d'être mis gentiment à la porte de la classe par le bon Maître horrifié de mes tendances subversives et d'un exemple qu'il jugeait désastreux pour mes camarades.La tempête passa.Je fus bientôt réintégré, et J'obtins mon premier prix quelques mois plus tard.Pendant la dlxalne d'années qui suivirent et Jusqu'à la première guerre, Ravel devint un des militants de la Société Nationale et de la S.M.I.d' "Indépendante").Régulièrement on l'y voyait écoutant avec attention les productions de la Jeune école et parfois prenant part à leur exécution.Il n'avait Jamais réussi au concours du Prix de Rome et c'était un vrai scandale, car même après la première audition de son admirable quatuor (maintenant au répertoire mondial de la musique de chambre) on l'avait refusé à l'examen préparatoire.Son aspect l'était modifié et maintenant, c'était Ravel le "barbu".Oui.II avait laissé pousser une Invraisemblable barbiche en pointe, peu fournie et un tantinet hirsute, ce qui allait très mal avec ses manières aristocratiques et sa distinction native.Quand Chevillard ou Colonne présentaient une de ses oeuvres on le trouvait au promenoir de deuxième galerie chex Gaveau, ou au poulailler du Châtelet.dédaignant les loges et se mêlant aux "purs" des réglons élevées dont II écoutait attentivement let commentaires.Malgré ses capacités gastronomiques 11 était plus menu que Jamais, et quand en 1912 ll produisit "Daphnis et Chlôé" on se demanda comment un si petit homme avait pu concevoir une oeuvre si puissante et si magnifique.Presque chaque jeudi de quinzaine.Ravel dînait chex M.de Bériot, Rue Euqène-FIachat.où je rencontrais aussi Rhone Baton.Ricardo Vines et quelques autres.On lisait les nouveautés musicales, on faisait du deux pianos avec le vieux maître.Un soir Ravel parut affublé d'un habit violet, avec jabot et manchettes en dentello.culotte courte, bas de soie et escarpins à boucle 1 Je l'accompagnai jusqu'à la Place Péretre où il prit le petit tramway joune pour rentrer chez lui ; Inutile de vous dire que pendant le court trajot.nous fûmes l'objet de quelques galéjades de la part de titia parisiens.Ravel persistait dans le célibat.L'amour filial occupait la première place dans sa vie.Pendant de longues années il vécut à Paris avec sa maman, dans un petit appartement près de l'Etoile.Puis vint la guerre ; mobilisé dans le service auxiliaire automobile, il passa plusieurs mois au garage de l'Avenue de la Motte-Piquet.Je le retrouvai à mon retour de l'Amérique du Sud et des Etats-Unis.Sa mère était morte et il avait quitté Paris.A Montfort-l'Amaury.charmante bourgade de deux mille habitants entre Versailles et Houdan.il avait acheté une villa à liane de coteau.Il la remodela, agrandit le jardin, et bâtit un "Belvédère" qui donna son nom à la propriété.Le site était admirable ; du rez-de-chaussée formant terrasse sur un Jardin qui se perdait dans la verdure du vallon, on dominait la petite ville avec ses toits anciens, ses pignons et sos lucarnes, on apercevait la vieille église se détachant sur l'envoléo dos plaines de l'Ile do France.Ce fut alors la troisième période, cello de Ravel "le marquis".Plus de barbiche ni de favoris ; set cheveux avaient blanchi, et 11 ressemblait à Joseph Paul-Boncour.Ce fut la belle période musicale du "Tombeau de Couperin", de la Sonate pour piano et violon, det deux Concertos, du "Boléro" qui rendit sa renommée universelle.Souvent, le dimanche.Je m'acheminais vert Montlorl t'Amaury.Nout savions qu'il était heureux de voir set omit ce jour-là, tout en préférant travailler en paix pendant la semaine.Une fols.J'entendis det gammes qui émanaient de ta maison : des gammes lentes et saget, comme le ferait un enfant appliqué.La vieille servante, une vraie "servante de curé" surnommée "Mélisande" par Madame Debussy.m'Introduisit dant le salon.Ravel parut."J'espère que je ne vous dérange pas.cher ami ; mais.cet gammes ?" "C'est mol-même.Voilà : Je vais en Amérique à l'automne.Alors.Je me prépare, car il paraît que les Américains désirent absolument me.voir Jouer ! " Ce mot n ost II pas exquis ?Car 11 n'avait aucune illusion tur son talent, ou plutôt sur son manque do talent planîttique pour lequel Il avail d'allleurt une excuse, s'étant naguère endommagé sérleute-ment un doigt dans un fauteuil pliant.La fatalité voulut qu'un autre accident se produisît : comme il regagnait un soir en taxi le petit Hôtel d'Athènes où il descendait toujours quand 1) venait à Paris, une collision eut Heu au coin des Rues d'Athènes et d'Amsterdam.On le transporta à la maison de santé de la Rue Blomet et je fut le voir le lendemain.Sa téte (Suite à la page dix-huit) LE PASSE-TEMPS PAGE DEUX Sorel applaudit "Le Passe-Temps" Coïncidant avoc la célébration de la Victoire, ce lut une fêle splendide que le concert donné le 15 août au paie Royal, à Sorel.Spontanément, les meilleurs artistes de Sorel.ainsi que l'Harmonie Calixa-Lavallée, avalent accepté de rendre hommage au "Passe-Temps".La partit?médiane du programme- ne comprenait que des oeuvres parues récemment dans "Le Passe-Temps" ; la Petite Berceuse, de notre distingué collaborateur M.Isidor Philipp, interprétée au piano, avec beaucoup de finesse, par M.Georges Codling, bachelier en musique et directeur de l'Harmonie Calixa-Lavallée.Puis une oeuvre de folklore harmonisée par l'éminent professeur montréalais M.Alfred Laliberté : C'est la belle Françoise, que rendit si bien le ténor sorelois M.Mandoza Augor.La Rêverie, de Schumann, donna l'occasion à Mlle Juliette Saint-Martin de faire apprécier une fois de plus ses belles qualités de violoniste.Et l'auditoire applaudit de nouveau M.Mandoza Augor dans une charmante romance de M.Henri Miro : Pourquoi /'aimer ?Enfin, M.Fernand Robidoux.chanteur sorelois à la voix chaude, créa avec entrain Danse, danse, bell' Gitane, chanson française nouvelle que publia "Le Passe-Temps" de juillet.En rappel, M.Mandoza Auger présenta en première audition une romance de M.George Codling : Tainter fou/ours, f aimer d'amour, paroles de M.Arthur Prévost, qui paraîtra prochainement dans notre revue.Et pour terminer cette partie du concert, M.Codling vint exécuter ce petit chef-d'oeuvre de Schubert, Moment Musical, que nous avons publié en mai.Grâce à l'obllgoance de son gérant, M.Léo Charlebois, le poste CJSO avait tenu â prolonger ses heures d'émission pour faire entendre le concert ainsi que les discours prononcés par Son Honneur le maire René Poliquln, le Dr J.W.Robidoux.député du comté de Richelieu, et par le directeur du "Passe-Temps".A tous ceux qui ont si générousement prêté leur concouis à cette belle manifestation artistique, "Le Passe-Temps" exprime sa reconnaissance et sos remerciements.D'autres villes suivront bientôt l'exemple de Sorel et affirmeront, avoc la collaboration du "Passe-Temps", la vitalité du sentiment musical dans notre province.L'APPEL DES FESTIVALS DE MONTREAL Par L'HONORABLE ERNEST BERTRAND Dix années 1 Les Festivals de Montréal ont déjà une histoire, riche, je dirais même glorieuse.Car que de sacrifices et de dévouements U fallut aux fondateurs — au premier plan Mme Athanase Dav.d et M.Wilfrid Pelletier — pour organiser, consolider, animer, et faire grandir une entreprise artistique unique à Montréal I Songez que depuiB le printemps de 1936, les Festivals de Montréal ont présenté des oeuvres musicales d'une ampleur propre à effrayer les moins timorés.Impossible de les mentionner toutes, en ces quelques lignes.Celles-ci suffiront : La Passion selon saint Mathieu.de Bach ; la Neuvième Symphonie de Beethoven ; La Messe en si mineur, de Bach ; La Messe Solennelle, de Wagner ; le Requiem, de Mozart ; Les Noces de Figaro, de Mozart ; Tristan ct Yseult, de Wagner.Ajoutez à cela la floraison de chefs d'orchestre et d'artistes qui ont participé aux manifestations artistiques des Festivals : Sir Thomas Beecham, Wilfrid Pelletier, Eugène Orraandy, Emil Cooper, Rose Barnpton.Grace Moore, Raoul Jobin, Lionel Daunais, les disciples de Massenet, et tant d'autres.Les Festivals de Montréal ont établi définitivement chez nous la tradition des grands spectacles musicaux.C'est par cet effort constant que Montréal deviendra un foyer de vie artistique intenso.Aussi, j'ai confiance que tous les fervents du Beau musical répondront généreusement à notre appel : les Festivals de Montréal doivent vivre et surtout grandir.Je compte en particulier sur les lecteurs du "Passe-Temps", eux qui sont épris de musique, de belle musique.Ernes, BEHTRAND Dans quelques semaines, les Festivals de Montréal feront entendre en l'église Notre-Dame le Te Deum de Berlioz, un des chefs-d'œuvre du maître.Les ténors et les basses qui désirent faire partie des choeurs n'ont qu'à s'adresser à M.Marcel Lauren-celle.6686 rue Saint-Denis.(DOllard 7924).L'hon.Ernest Bertrand el le brigadier A.Hamilton Gault nous lont une pelite "Demande" spéciale.(Cliché "te Canada"^ MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE TROIS ERNEST GAGNON ORGANISTE et HISTORIEN — 1834-1915 par ARTHUR LETONDAL Organiste de la Cathédrale de Montréal Parmi les musiciens canadiens-français du siècle dernier, une figure se détache entre toutes avec un relief particulier : celle d'Ernest Gagnon.Musicien, il l'était certes, mais à cette qualité s'ajoute une autre, celle d'une personnalité riche de dons artistiques, de distinction rare, de sentiments élevés, dominée par un amour profond de l'âme et des choses de son pays.Le mot tolkkxe, qui de nos jours est dans toutes les bouches.mot qui d'ailleurs n'est pas français — était autrefois inconnu.On chantait dans les campagnes les vieilles chansons de France, tout bonnement, par accoutumance, si l'on peut dire, avec cet amour instinctif des vieilles choses, des choses de chez nous, des objets familiers qui parlent doucement au coeur et rappellent nos origines.Ernest Gagnon ne fut pas lent à comprendre que ces chansons constituent un patrimoine, un fait historique, un document capable, à lui seul, de nous rattacher Indiscutablement à nos origines.Mais, au delà de ces considérations d'ordre historique, il n'est pas douteux qu'il ne leur reconnût une valeur esthétique.A cette époque, ce n'est pas un mince mérite.Car si.dans nombre de cas, nous n'arrivons pas toujours les premiers dans l'évolution des idées et du stylo, cette fois il en fut autrement : une réaction, en effet, venait de s'affirmer en France, — probablement sous la poussée du romantisme - on faveur de la poésie et du chant populaires.Trop longtemps, pensalt-on.los lettrés, — entendons les pédants de l'humanisme avaient considéré l'inspiration du peuple comme chose triviale, négligeable, de nature à corrompre le goût.Et voilà que Gagnon.ici au Canada, est presque le contemporain de ceux qui, en France, s'attachent à retrouver, à classer ces chants, qui sont en somme l'expression même de l'âme du peuple.II y a plus.En publiant, vers 1865 à Québec, les chansons qu'il choisit et nota au cours de ses peregrinations dans nos campagnes, 11 ouvrait la vole à ceux qui vinrent plus tard ajouter à cette première cueillette l'abondante moisson que l'on trouve aujourd'hui dans les travaux de M.Marlus Barbeau et de ses nombreux collègues.Ernest Gagnon est né, le 7 novembre 1634, à la Rlvlère-du-Loup (aujourd'hui Loulsevllle), dans le comté de Masklnongé.Son père était notaire, comme aussi son aïeul, Antoine Gagnon.La théorie de l'influence du milieu pourrait-elle expliquer ici la vocation artistique de celui qui est l'objet de cette étude ?Au foyer des Gagnon, en tous cas.régnait une grande distinction de sentiments.Le chef de famille, le notaire Charles-Edouard Gagnon.n'était pas en quelque sorte claquemuré dans les limites étroites de sa profession ; je crois même, au contraire, qu'il avait fenêtre ouverte Bur le monde de l'idéal.Il ne méprisait pas l'art.Et.dans sa bibliothèque, à côté des traités de jurisprudence, maints volumes annotés de sa main attestaient de la culture de son esprit et de son goût des belles choses.La mère d'Ernest Gagnon, née à Plattsburg, de parents français {son père était le colonel Marin-François Durand), chantait agréablement, dessinait avec art.savait donner de la beauté aux plus simples choses.Le milieu n'était donc pas défavorable.Mais il fallait un événement pour mettre en éveil, chez le jeune Ernest, des facultés qui n'attendaient que le moment d'éclore.Cet événement fut l'arrivée d'un piano à la maison paternelle.L'enfant en éprouva un indicible ravissement, à tel point que le soir de ce jour mémorable il me put s'endormir, tant 11 avait été impressionné par le merveilleux instrument.Les notes perlées, harmonieuses et sonores chantaient toujours à ses oreilles.N'y tenant plus, alors que tous dormaient dans la maison, il descend à pas de loup contempler le clavier magique d'où sortent les sons mystérieux.Et, le matin venu, on le trouve endormi au pied de l'instrument.L'anecdote est charmante, et révélatrice.Le petit fut bientôt initié aux éléments de la musique par une soeur aînée, ce qui fut tâche facile car lo jeune élève devinait promptement beaucoup de choses : il avait déjà exploré le clavier, repéré les tons et les demi-tons, écouté les intervalles qui sonnent bien et forment les accords.Ernest Gagnon ne nous a pas laissé d'autobiographie, et c'est dommage.De quelle façon exquise ne nous eût-il pas conté les premières étapes de ses études ! Mais un fait qui n'a pas été oublié, c'est qu'il fit son premier voyage à Québec à l'àqo de sept ans.Le grand-vicaire Cazeau l'ayant entendu jouer lui aurait dit en souriant : "Tu pourrais bien un jour devenir l'organiste de la Cathédrale t " Mol prophétique qui se réalisa.A dix-nouf ans, Ernest Gagnon était, à Québec, organiste de l'église Saint-Jean Baptiste, et pluB tard do la Cathédrale.Nous savons peu de choses sur ses études musicales par la suite : tout porte à croire qu'il se débrouilla à peu près seul.Après quelques années passées au collège de toilette, où U fit un peu de piano sous la direction d'un M.Beaudoin (U remporta même un premier prix), nous le retrouvons à Montréal, vers 1850, travaillant sous la direction d'un Allemand du nom de Seebold, rencon- trant souvent Charles W.Sabotier, et peut-être aussi d'autres artistes de passage, 11 échange des idées, écoute, observe.À sa nature primesautière.rien n'échappe ; sa mémoire est prompto et sûre.Un soir, il entend Sabatier jouer lui-même une de ses compositions ; le lendemain le jeune Gagnon exécute de mémoire, devant l'auteur tout ébahi, l'oeuvre entendue la veille."Misérable ! lui crie Sabatier.tu pourras dire ensuite que ce morceau est do toi ! " En 1856, aprè3 avoir exercé les fonctions d'organiste à l'église Saint-Iean-Baptiste de Québec, Ernest Gagnon obtient un congé pour aller étudier en Europe.A Paris.Il étudie la composition avec Auguste Durand, et le piano avec Henri Herz.Ce Henri Herx était alors justement célèbre : il avait composé et publié beaucoup de musique, voyagé dans le monde ontler comme virtuose.Il ne reste de lui, hélas, qu'un livre de gammes, qui semble avoir la vie aussi dure que l'aridité du sujet.Inconstance de la gloire.Avant d'accepter comme élève le jeune Canadien, Herz lui passa son Cinquième concerto, lui disant : "Demain, vous viendrez m'en jouer les premières pages, et j** vous donnerai ma réponse." L'épreuve fut satisfaisante, et tout le concerto fut étudié.Ernest Gagnon m'a dit un jour qu'il avait vraiment travaillé et progressé sous la direction de Herz.et que ses études avec Auguste Durand, le charmant auteur de la Choconne en la mineur, lui avaient donné d'excellents points d'appui.C'est avec ce bagage de connaissances gu'il revient au pays reprendre la série de ses activités, qui sont nombreuses, aussi bien dans le domaine littéraire que celui de la musique.Il délaisse parfois l'un pour l'autre, collabore au Courrier du Canada où.sous sa signature, paraissent de spirituelles chroniques et même, parfois, des polémiques.Une polémique, entre autres, nous révèle qu'en ces temps reculés, l'on rompait parfois des lances.devinez au pujet de quoi.Le Noël d'Adam ! Antoine Des-sane attaquait l'oeuvre, tandis que Gagnon la défendait.On croit rçver.mais, au fait, le Minuit Chretiens était alors chose d'actualité, tandis que de nos jours l'affaire semble classée, puisque cet aimable et Inoffenslf cantique vil toujours.Dessane, musicien d'un profond savoir, aimait le style sévère ; Gagnon, de son côté, ne méprisait pas la mélodie lorsque colle-ci, simple et sans apprêts, va droit au coeur.C'est lui qui, le premior.l'avait entendue à Paris, en l'église Saint Roch.et qui en avait apporté la primeur.A cette époque.Dessane et Gagnon étaient, n Québec, les deux musiciens les plus en vue.On peut dire que sous leur Influence la musique prit une direction sérieuse.Dessane était alors organiste de la cathédrale, Gagnon.de (Suite à la page douze) PAGE QUATRE LE PASSETEMPS LES COULISSES DE LA SCENE CONRAD GAUTHIER Par ALFRED ROUSSEAU NAIVETE DU JEUNE AGE.Vers 1 "âge de douze ans, le jeune Conrad décide de donner un spectacle avec un groupe de petits camarades.La circulaire annonçant Io fameux événement se lisait comme suit : GRANDE SEANCE DRAMATIQUE ET MUSICALE.AU PROFIT D'UNE BONNE OEUVRE.ENTREE GRATUITE.AU TEMPS HEROÏQUE.C'est en forgeant qu'on devient forgeron.A peine "courait-il" sur ses dix-sept printemps que le jeune Gauthier était devenu gérant d'un cercle dramatique.L'idée de monter un grand mélo germait depuis longtemps dans sa tête.Enfin, le jour tant désiré voit son aurore briller au firmament.On donne : Les Pauvres de Paris à Saint-Louis du Mlle-End, à la salle Napoléon.C'était au début de janvier.Quinze degrés au-dessous de zéro.Pour seul et unique système de chauffage : une "tortue" au milieu de la salle.Les quelques rares spectateurs laissaient leurs sièges et venaient se dandiner près du fou.se frottant les mains et suivant la pièce de loin.Une foie le rideau baissé, les acteurs gelaient comme des glaçons.Et ceux d'entre eux qui venaient donner des numéros pendant les entr'actes, gardaient leur paletot et leur chapeau."Jamais, au cours de ma longue carrière", nous dit M.Gauthier, "je n'ai eu à faire face à un public aussi froid".Jar.5 'Les Pauvres jv Pa«i PETITE VENGEANCE.Un copieur de rôle en voulait à Conrad Gauthier, on n'a jamais su pourquoi.Un jour, notre ami devait jouer un personnage du nom de Patoche.On lui remet la copie de son rôle.Mais, à toutes les répliques où devait revenir lo nom de Patoche, il trouve : Batoche.Pitoche.Catoche, Petoche, Mapoche.La poche.Mitoche, Monpoche, Ton-pocho.etc., etc.PLAIDOYER VS MAILLET.On jouait Le." Cousins du Dépufé, de M.E.-Z.Massicotte.La scène représentait une cour de justice.Les témoins les plus hétéroclites s'entassaient à la barre et parlaient tous ensemble dans un tintamarre indescriptible.L'avocat de la défense (Philippe Mercure) poursuivait sa harangue échevelée, frappant avec sa main sur la tribune du juge pour mieux souligner chacun de ses arguments.Mais le juge, maniant son maillet pour imposer le silence, frappait devant lui sans prendre garde et l'avocat se faisait attraper la main presque à chaque coup.Le fou rire gagna tous les octeurs, au point que le moment venu de laire son plaidoyer l'avocat de la partie adverse s'est trouvé dans l'impossibilité d'articuler un seul mot.CLIC-CLIC.On jouait Jean sans Worn, de Germain Beaulieu.Une pièce qui mettait en scène quelques exploits des héros de 37.Un patriote accusé d'espionnage tombe aux mains de l'ennemi.Il est bientôt attaché au poteau d'exécution."Feu ! " L'exécuteur a beau peser sur la gâchette de son fusil, pas d'affaire, pour tout bruit on n'entend que : "clic-clic".Hector Charland, alias le Patriote s'embêtait à son poteau, se demandant quand donc 11 allait pouvoir mourir ! En vain.le fusillour tentait de fusiller et de rcfusiller, pas d'affaire, toujours rien que "clic-cllc".Le chef machiniste, debout dans la coulisse, était encore plus pâlo que le condamné.Tout à coup, n'en pouvant plus, l'exécuteur saisit une barre de 1er, puis il en frappa un grand coup sur le plancher de ciment : Bang !.Enfin !.le brave patriote, "tué raide" s'affale le long de son poteau, mou comme une guenille.T'en souviens tu, Hector ?UN AUTRE GENRE D'ANGOISSE MORTELLE.Encore à propos de la pièce Jean sans Nom.Conrad Gauthier fouait le rôle d'un vieillard.Comme il avait beaucoup à faire dans le montage de la pièce, il s'était dispensé d'apprendre son rôle par coeur.D'ailleurs.II ne paraissait qu'une fols ot devait débiter un monologue en se tenant près de la boîte du souffleur.La toile se lève.Gauthier est à son poste.II regarde dans la boito : un trou noir.Pas de lumière, pas de souffleur.Le public attond.Les secondes passent, les minutes aussi.Lo vieillard se sent inondé d'une sueur glacée.Son coeur menace de cesser de battre.Mais, où donc était le souffleur ?Dans la coulisse, flirtant avec une jeune brunette : elle avait une téte qui lui revenait.Brel ' un machiniste alerté vint couper court à la conversation et le souf-Hour regagna son gïtw ù grandes on|ambéos.Rappolant ce souvenir.M.Gauthier nous dit que jamais sur la scène 11 ne s'est trouvé dans une situation aussi pénible.Morale : U n'y a rien de plus dangereux qu'un souffleur amoureux.PETIT DETAIL.Dans une salle paroissiale.On avail donné Monsieur /'Aurnôiiier.Le curé de la paroisse félicita Conrad Gauthier pour sa bonne interprétation du rôle de l'ecclésiastique.Cependant II formula une petite remarque : "Mais, rassurez-vous", dit-il, "(o suis sûr que le public ne s'en est pas aperçu." — "Mais, qu'est-ce donc, M.le curé ?" demanda Gauthier Intrigué.- "Vous portiez votre ceinture avec la boucle du mauvais côté." JOUEUR DE TOURS IMPITOYABLE.Au cours d'une matinée, on donnait une représentation pour les enfants.On jouait Les Gens Nerveux.Conrad Gauthier Incarnait l'oncle ot Paul Coutlée le neveu.Ce dernier so trouvait seul en scène, calé dans un fauteuil, lisant un Journal.Tout à coup, arrive Gauthier dans son rôle d'hommo grave et sévère.Très digne, il enlève son chapeau et l'accroche à une patère.Mais, malheureusement, sa perruque était restée au fond do son couvre-chef.Surprise des enfants qui ne pouvaient s'expliquer un pareil jeu de scène.Le neveu, sans se troubler, se tourne vers le jeune auditoire, et il s'exclame d'un air apitoyé : "D vieillit, mon oncle ! Il perd ses cheveux I ".Une autre fois, jouant un rôle de domestique qui apporte uno lottro ot so retire subito, le même Paul Coutlée ne s'était maquillé que d'un côté de la figure sous prétexte que le public ne voyait que ce côté-là.Mais, vous devines la surprise des confrères en scène-Ayant à interpréter une scène triste, Coutlée (Suite à la page seize) MONTREAL, SEPTEMBRE 1945 PAGE CINQ Un voyageur angiais de refour des 7ndes affirme gue le son du violon attire les moustiques.Aux premières notes, le musicien était entouré de mousfigues.gui Je piquaient furieusement.C'est sans doute qu'il jouait mal.D'après un psychiatre, les hommes de génie sonf rarement les premiers nés de la famille.II cite le cas de Jean-Sébastien Bach, qui était le dixième enfant ; Wagner, le septième ; Mozart, le septième; Schumann, le cinquième ; Schubert, le treizième ; Massenet, le dix-septième.Le compositeur italien Spontini lut l'objet de nombreuses blagues, à propos de ses oeuvres.Lors de la présentation de son opéra "Agnès", à Berlin, les sièges voisins de l'orchestre restèrent vides, personne ne pouvant supporter le vacarme.Un médecin conduisit son patient affeinf de surdifé.espérant que le tintamarre lui rendrait l'entendement.Au second acte, le sourd s'écrie : "J'entends, je suis guéri I " — "Qu'avez-vous donc, dif le docteur, l'orchestre ne joue pas." Le docteur était devenu sourd à son four / Les vivants souvenirs de notre collaborateur M.Maurice Dumesnil feront aimer davantage Ravel, musicien de grand mérite et tun des principaux représentants de l'école française contemporaine.Maurice Ravel est décédé le 28 décembre 1937.à Paris.Béla Bartok, dont on entend parfois les oeuvres, est né en Hongrie en 1881.Presque foutes ses oeuvres s'inspirent des folklores hongrois, roumain et slovaque, dont il a col-Jigé plus de 7.000 spécimens.A l'école, le jeune Gounod griffonnait des notes de musique dans ses livres et ses cahiers, ce qui désespérait ses parents.Le directeur se promit de le corriger : "Alors, vous désirez être musicien ?" fui demanda-t-il Ironiquement.— "Eh I oui, monsieur".— "Très bien ; vous allez tout de suite me mettre de la musique sur ce poème".Deux heures plus tard, c'était fait, et le directeur lut pris à son propre piège.Qui sait gue Georges Clemenceau, fe "Winston Churchill" français des années ferribfes de fa guerre de f 914, a écrit une pièce, "Le Voile du Bonheur", qui.mise en musigue par Charles Pons et en vers par Paul Ferrier, fut présentée avec succès à l'Opéra-Comique ?C'est une manière de conte philosophique qui exprime cette vérité, toujours vraie, énoncée trente siècles avant par Salomon : "Tout est vanité".L'origine du piano est assez obscure.Cependant dans les archives de la famille d'Esté, en Italie, on trouve une lettre en date du 27 juin 1598, où est mentionné un instrument de musique apoelé "piano e forte", sans autre explication.Nous espérons bien entendre au cours de la prochaine saison l'oeuvre déjà fameuse de Jean Martinon."Psaume CXXXVl", pour soli, choeur et grand orchestre.Jean Martinon le composa en grande partie alors qu'il était interné au Stalag IX.en Allemagne ; il fut libéré en 1943, et obtint pour son oeuvre le Grand Prix de la Ville de Paris.Le "Psaume" est écrit sur une adaptation française, par l'abbé Robert Petit, du célèbre psaume où les Hébreux captifs pleurent Jérusalem perdue et maudissent Babylone qui les enchaîne.Lorsque Tchaikovsky composa sa sixième symphonie, il traversait une crise de pessimisme intense.Aucun autre fifre gue cefui de "Symphonie Pathéfigue" ne pouvait exprimer Ja profondeur de ce drame intime.Stephen Foster, l'auteur d'un si grand nombre de chansons populaires reçut un jour $500 pour chanter une seule fois "Old Folks at Home".Pour célébrer le douzième anniversaire de son élection à la mairie de New-York, Fiorello La Guardia vient de diriger le dernier concert d'été de la New York Philharmonie Symphony Orchestra.Ceux que la chose intéresse doivent prendre notre que l'inscription au grand concours Reichhold peut maintenant se faire jusqu'au 1er mars 1946.Comme beaucoup d'autres compositeurs, Rossini prenait son bien où il le trouvait.Dans le deuxième acte de son opéra "Le Comte Ory", il s'est servi textuellement de l'Alle-qreffo de fa 8e Symphonie de Beethoven.Un passage de son "Ita-liana in Alqeri" n'est autre que le menuft de "Don Giovanni" de Mozart.Enfin, pour son trio du "Barbier de Seville", il copia tout simplement la chanson du laboureur dans l'oratorio "Les Saisons", de Haydn.En littérature, c'est ce qui s'appelle plagier.En serait-il autrement en musique ?Fort peu de gens, assurément, ont entendu F "Orphée" de Gluck.Mais tout le monde connaît les paroles et l'air célèbres : J'ai perdu mon Eurydice, Rien n'égale mon malheur.Mais un eminent musicologue français a prouvé que cette musique si émouvante peut cependant exprimer la joie, en changeant ainsi les paroles : J'ai trouvé mon Eurydice, Rien n'égale mon bonheur I Dans ses "Grotesques de la Musique", Berlioz raconte Fanecdote suivante.Une dame demande un certain morceau chez un marchand de musigue."Voici, dif fe commis, cette pièce pour piano, avec cinq dièzes".— "Oh / ça ne fait rien, répond la dame, quand il y a trop de bémols ou de dièzes à la clef, j'en gratte deux ou trois pour rendre le morceau plus facile ! " "Vous admirez trop Mozart, dit un jour à Cimarosa un peintre de ses amis.On dirait que vous tenez la posture d'un élève ; or, vous valez cent fois mieux que cet Autrichien I " Cimarosa, sans répondre, prit son ami par le bras et le conduisit devant un tahfeau représentant la Sainte Famille et que le peintre venait de terminer."Cest beau, très beau, s'exclama-t-il, et votre Sainte-Famille vaut cent fois celle de Raphaël".— "Ah I maître, vous exagérez, reprit fe peintre.Laissons de côté Raphaël, qui ne saurait soutenir de comparaison".— "Bravo I vous avez raison, fit Cimarosa.Mais sachez qu'entre Raphaël et vous, il y a la même différence qu'entre Mozart et votre humble serviteur".PAGE SIX LE PASSE TEMPS HECTOR GRATTON Auteur de LA JOIE DE VIVRE.scherzino-valse paraissant dans notre Album Musical Ptata "It ftffjf t% ti Phtttfrxsttf" On revient toujours à ses premières amours.Hector Gratton.lui.aima la musique dès sa naissance.Sa mèro.qui (ut san premier professeur, le laissa "pianoter" à sa guise.Aussi, à peine âgé de six ans.envoyail-il au Passe-Temps une valse de sa composition.L'aimablo Bélair.le fondateur de notre revue, le complimenta, tout en lu! conseillant quelques leçons d'harmonie.Il y out ensuite quelques années d' "obscurantisme" : les ennuyeux devoirs scolaires, puis les durs gagne pain.Envolés les beaux rêves de gloire musicale ! A dix-huit ans, le hasard le conduit dans un cinéma, à l'époque pas si lointaine où les séductions do Pearl While et les mésaventures do Ford Stirling s'accompagnaient d'un piano sensible aux images tremblotantes de l'écran.Le jeuno homme y entend Si j'étais ioi, et il est ébloui.En hâte, il achète le morceau et une théorie ; et tout seul il s'acharne à trouver le secret de ce charme musical.Dès lors, il est ropris par le démon de la musigue.qui ne le lâche plus.Malgré les besognes mercenaires, Hector Gratton étudie le piano, passionnément, d'abord avec Alphonse Martin, puis, pendant dix ans,' avec Alfred Laliberté qui lui enseigne également la composition.Il eut aussi comme professeurs Mmo Morin-Labrecque, pour la théorie ol lo solfège.Alfred Whitehead, pour le contrepoint, et Oscar O'Brien, pour l'harmonie.En 1926.sa Première Danse Canadienne remporte un très beau succès au festival de folklore de Québec.Il continue à travailler ferme ot, en 1937.il est prêt à donnor sa pleine mesure.Malgré des obstacles apparemment insurmontables, 11 a composé sa Légende canadienne, poème symphonique qui lui mérite le Prix Lallemand ; WHIrid Pelletier la fait interpréter à Montréal par l'orchestre des Concerts Symphoniques, ot Sir Ernest MacMillan la fait applaudir ù Toronto.C'est décidé, Hector Gratton se consacrera à la composition.A Radio-Canada, il écrit la musique, qu'il dirige lui-même, pour des centaines d'émissions : En roulant ma boule.Maria Chapde-laine, La Muse canadienne.Je me souviens.Mon pays.Suite pastorale (de Félix Leclercî, Imaqinorie (conte de Noel de Cécile Chabot), etc.U vient de terminer une soixantaine d'émissions du Quatuor Alouette, et il dirige maintenant, le jeudi soir à 8 h.30, le programme Rondo Rortdeluy.dont Anna Malenfant est la vedette.Au cours des prochains mois.Le Passe-Temps aura le plaisir de présenter d'autres oeuvres inédites d'Hector Gratton.ALBUM MUSICAL DU 1231 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal ALFRED LALIBERTÉ Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.SEPTEMBRE 1945 No 890 La joie de vivre fpiano; .Henri GRATTON Nanette (folklore).Alfred LALIBERTE Maria Carida (rumba chan fée) .Ricardo BRAVO A la fin des vendanges (nouveffe chanson) Louis CARENNE EXAMEN de la VUE; • VERRES CORRECTEURS • u Specialise LORENZO FAVREAU, o.o.d.el ses assistants opiomélrisies-opHcIens Ba.O.Bureaux chez Tait-Favreau 265 Esl.Ste-Calherine LA.6703 6890 rue StHubert CA.9344 1 654 est, rue Ste-Catherine (coin Champlainl Téléphone ; AMherst 4488 £ V FLEURISTE f"* ô1 Bouquet, de Morlsi ^r Tribut» Floraux SuCC.ii.u.d.Mme H.Etienne MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE SEPT A ma mère la joie de vivre Scherzino-Valse 1 o - «r ach'erzanc/c * *r A j J- l,J> 1 .Ji a I pg 1 lil Ae-cfescen dt .poco.a .poco é >jtj .pp ri J .—1-h-r- } r "r 1 ¥-1 i3—5 A 1 i i 411 • ¦ PAGE HUIT Tous droits de reproduction el d'arrangement réservés pour tous pays.Copyright IMS — Les Editions du Passe-Temps Inc.Montréal.LE PASSE-TEMPS in r11 r*r pp a tempo if?MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE NEUF /-—= T*r r r bN j.h.J.1 J7 | J -1-1-k —1-k- -1-1-rV- ga.^- * rjfr — deer * rscendo.poc IJ J' iJ" >.a poco **-4- r r t#- »r 1 PAGE DIX r LE PASSE-TEMPS NANETTE Folklore Harmonisation de Alfred LALIBERTE na - con - Ir* Na - MM* Qui al - lait iy bai - gner.Gai ia - lu - Je lui ai dit Nanett' Prends garde de le noyer.Nanette si follette Ne m'a pas écouté.Gai faluron dondaine Gai faluron dondé.III Mettant son pied à l'eau Son coeur s'y est noyé Son corps est en dériv' Le long d'un vert pommier.Gai faluron dondaine Gai faluron dondé.Beau pommier, beau pommier, Tu es chargé de fleurs Ne faut qu'un .petit vent Pour abattre tes fleurs.Gai faluron dondaine Gai faluron dondé.Ne faut qu'un petit vent Pour abattre tes fleurs Ne faut bell' qu'un passant Pour avoir tes faveurs.Gai faluron dondaine Gai faluron dondé.Tous droits de reproduction et d'arrangement réservés pour tous pays.Copyright 194S — Los Editions du Passe-Temps Inc., Montréal.MONTREAL, SEPTEMBRE 1945 PAGE ONZE ERNEST GAGNON (Suite de la paqe quatre} .'église Saint Joan Baptiste.Bientôt la fondation de l'Académie de Musiquo do Québec, dont nous célébrons cette année le soixante-quinzième anniversaire, fut le point de départ d'un contrôle des études musicales au moyen de programmes et d'examens ; et cette fondation est due à Ernest Gagnon qui en fut le premier président.La carrière d'Ernesl Gagnon peut se diviser en deux grandes étapes.Dana la première il fut surtout musicien ; dans la seconde domine l'homme de lettres et l'historien.Vers 1875.il délaisse la musique pour entror dans l'administration.Au Parlement de Québec, où H s'acquitte avec ponctualité de ses fonctions de secrétaire général aux Travaux Publics, il fréquente après les heures de bureau la bibliothèque qui est tout proche, et les Archives, qui ne sont pas loin.Il s'y attarde.Une nouvelle carrière, plus paisible mais non moins fructueuse, commence pour l'Impétueux musicien.C'est alors qu'il réslgno ses fonctions aux orgues de la Cathédrale, où lui succède son frère Gustave, et plus tard le fils de celui-ci, Henri Gagnon.l'organiste actueL J'ai connu Ernest Gagnon dans cette seconde phase de son existence.Il habitait alors, Grande Allée, une de ces maisons caractéristiques du vieux Québec, perdue dans un bosquet touffu qu'il avait appelé "Bols Jolllet".Il vivait alors avec sa seconde femme (née Cimon) et ses deux filles, dont l'aînée.Blanche Gagnon.vit encore, tout entière absorbée par les éditions et rééditions des oeuvres de son père, commo aussi par ses propres ouvrages.Ernest Gagnon était un éblouissant causeur, et là encore, comme aux claviers des orgues, primait chez lui l'art de l'improvisateur.Fidèle à sa prédilection pour les chansons du terroir et les vieux cantiques, il publia de ceux-ci des choeurs ot des harmonisations d'un bel effet vocal.Mais là se borne son oeuvre de musicien.C'est dans les Improvisations à l'orque qu'il a donné le meilleur de son talent, et dans la conversation le meilleur de son esprit.Comme causeur, il possédait un brio, ll avait des trouvailles qu'on chercherait en vain dans ses publications, évidemment celles gui ont trait à l'histoire.Il disait volontiers que pour causer il suffit sans douto de savoir bien des choses, mais que, pour écrire, il faut savoir bien les choses.Et les choses de notre histoire, 11 les savait bien.Fils et petit-fils de notaires, U rejoignait, dans les études historiques, les tendances héréditaires de son esprit vers la clarté et la méthode.C'est à ces qualités, jointes à celles de l'écrivain, qu'il faut attribuer la très belle étude que nous lui devons sur Louis /oilier, découvreur du Mlssissipi et le premier seigneur d'Anti-costi.Ce livre serait, d'après Thomas Chapais, une étude complète et pour ainsi dire définitive de ce personnage curieux et extraordinaire, "versé dans les sciences exactes, latiniste, musicien, dessinateur, logicien, un peu théologien", que fut le compagnon du Père Marquette au pays des Illinois.Les Chansons populaires du Canada et Louis Jolliet sont, croyons-nous, les deux meilleurs titres d'Ernest Gagnon à la gratitude de la postérité.Arthur LETONDAL.CHANSON NOUVELLE Créée à Paris par Henri REGNARD MARIA CARIDA Paroles de Max FRANÇOIS RUMBA Musique de Ricardo BRAVO Ituntli.-i lonio 8 mm Ma _ bien ai _ mé _ e.3 3~ Mon a _ mour De - puis lou - jours Tant dé - si _ réel Loin _ de toimonâmeest trisJe _ Car en moi rien n'cx.ts _te ._ Que l'espoir de tes bat _ sers! REFRAIN nia _ ri _ a Ca.rt — ba! Sous ton cœur (ra _ gi _ le Qui Copyright mi .MX I .V by Edition» t-.M.i.t.16 rjie Saint Marc.Paris 2" Tm itiuiti .v.1,1 .(«mi i.pa,.D'autres nouvelles chansons françaises Grâce à une entente exclusive avec les Editions Musicales et Littéraires (E.M.U.L.), de Paris, représentées au Canada par M.Paul Langlais, de Radio Programme Producers, et M.Marc Rousseau, "Le Passe-Temps" est heureux d'offrir une autre chanson française qui obtient un grand succès à Paris : MARIA CARIDA, une rumba de Ricardo Bravo, création de Henri Régnard.Cette chanson, ainsi que nos autres nouveautés parues et à paraître, seront Interprétées par nos melllours chanteurs aux émissions de Radio Programme Producers, en même temps que des chansons canadiennes du "Passe-Temps".Depuis janvier, "Le Passe-Temps" a publié chaque mois do nouvelles chansons françaises, grâce à des accords particuliers avec d'excellents chansonniers.Nous avons ainsi contribué — et nous continuerons à le faire — à renouveler le répertoire de nos chanteurs qui, pendant la guerre, ont dû répéter à satiété tous les grands succès aujourd'hui devenus des rengaines, En plus des chansons des Editions E.M.U.L., nous offrirons prochainement, en vertu d'une semblable convention, celles des Editions Chantai.PAGE DOUZE LE PASSE TEMPS Trop U — ne voix do _ #IiÉÉiÉ mm ci _ le -Tout bas — M'in - vi _ te'.Ma _ n _ a Ca - ri _ Quand, ser - rte dans mes bras.Tu t'a -bandonnes à Qu'au fond de mon !• - tre.par _ fois.Je trcm _ ble d'é Mon ame est tout à toil Dans tous mes rêves Je t'attends Le coeur battant Comme un enfant .Mon désir s'accroît sans trêve Aux minutes trop brèves Où ton corps me semble las.Au Refrain.A PARAITRE PROCHAINEMENT A la lin de septembre, te Passe-Temps lancera un grand succès radiophonlque : LA ROUTE DE L'AMOUR, créé au programme Radio-Carabins par les populaires duettistes Gareau et Couru.LA ROUTE DE L'AMOUR, paroles de Lucien Coutu et musique de Séverin Moisse, est une romance très gaie, pleine d'entrain et de fraîcheur.Nous sommes convaincus que LA ROUTE DE L'AMOUR vous plaira autant que les plus belles chansons de votre répertoire.Au nombre des nouveautés du Passe-Temps mentionnons : J'AI VOULU.JOLIE BLONDE, valse chantée de Geo.Miska, et ECOUTEZ MON CHANT D'AMOUR, une délicieuse romance de Paul Paraud.Ces deux chansons sont des exclusivités du Passe-Temps et n'ont pas encore été créées en France.Avant même les grands chanteurs parisiens, vous aures le plaisir de faire entendre ces airs que tout lo monde voudra ensuite connaître.Ne manques pas de retenir dès maintenant, chei votre marchand de musique, ces trois grands succès de la chanson nouvelle.CURIOSITÉS DU VASTE MONDE ¦ Au temps des Pharaons, des éleveurs transportaient sur des radeaux vers le Haut-Nil de nombreuses colonies d'abeilles chargées de recueillir le suc des fleurs de lotus.Puis ils descendaient le fleuve, d'octobre à février, à mesure que les champs fleurissaient.Au terme de leur voyage, ils avaient une ebondante récolte de miel.Le plus curieux, c'est que cette exploitation se faisait par des coopératives, comme celles qui existent aujourd'hui.¦ Le bureau provincial chargé de l'utilisation des bois québécois pourrait peut-être, s'il ne le connaît pas déjà, orienter ses recherches vers le procédé Scholler par lequel on extrait des déchets de bois de l'alcool éthylique.Procédé peu coûteux et qui utilise tous les déchets des moulins aussi bien que des chantiers.Le gouvernement américain construit à cet effet une grande usine à Eugène, dans l'Oregon.¦ Sur la planète Mars, la plus rapprochée de la Terre, l'année est de 687 jours.Cette planète reçoit du Soleil 60% moins de chaleur que nous ; toutefois la température, à midi, est de 86 degrés F.Les plus fortes lunettes y voient ce qui semble bien être du brouillard et de la neige.Dans quelques années, les skieurs y feront sans doute de belles randonnées.¦ Ceux qui observent le firmament de ce temps-ci, par un beau ciel sans nuage, voient souvent des météores, ou étoiles filantes, strier l'obscurité.Ces masses de fer presque pur voyagent à des vitesses incroyables : de 20 à 25 milles à la seconde ! ¦ Un capitaine de navire a trouvé un moyen original de s'ouvrir un chenal dans la glace de la rivière Yukon, bien avant la débâcle.Un tracteur répand sur la glace un "chemin" composé de noir de fumée et d'huile lourde.En trois ou quatre semaines, la glace a fondu en cet endroit car le noir absorbe beaucoup plus de chaleur que le blanc.¦ Le commerce de la fourrure, si important dans la province de Québec, est-il menacé.par le mouton ?Les grands magasins Saks-Fifth Avenue, à New-York, viennent d'exposer de belles fourrures qui ne sont que la transformation de peaux de moutons dont la laine a été chimiquement traitée.Cette foururre est.paraît-il, très attrayante, sauf pour les mites.MONTREAL, SEPTEMBRE 1945 PAGE TREIZE CHANSON NOUVELLE A la fin des vendanges Musique de Louis CARENNE Paroles de Paul GAISSAC Mouvf de Barcarolle lent et mélodieux_ BARCAROLLE m Couplet.avec g r-âce, mais modère.Cl c.Dans le ma - UU qui •'• - veil - le Toul bril • le, 1°"' esl gai - lé A plus anime' soutenu.___ i-.i 1— -1 [-JZJ -é— —fà- r « r • —i -M_ H-' -1— jo .lies 111 - les joy -eu - ses Chan - tent sous le veni lé - ger ÉI Lais - sant les rou _ tee pou - dreu — ses El - lee s'en vont v«n- dan - get.R /- efrain • - J 4— - — —1-É à -6 — —s-*— des per - les Sur tous les buis - sons E 2 Fau - vet - tes C?l cl ti t ex n t t pin - sons et mer - les SU - lient l'u - nia - »on -f*— —0- j» — p^'^ Gales ven — dan - g eu -.à demi -voix_ a -0-tj Les jed _ si ris blancs et -5- bleus mûrs D.C m Bel - les c _ mou - reu .ses — 2— Partout dans les vignes rousses On entend des cris joyeux Sous les fanchons, les frimousses Ont un éclat merveilleux Et Rosita la jolie S'en va là-bas grapiller Où est cachée la folie Sous la forme de baisers.Au Retrain .Ah I dan - ses sous le ciel p» — 3 — Finis, aramon, chasselas Les vendanges s'achèvent Bien triste s'en va Rosita Dans la brise qui s'élève Pour dire à son beau vendangeur Un dernier adieu d'amour Mais lui la pressant sur son coeur Lui dit ce doux mot : Toujours.Au Retrain .s.u.c Tous droits de reproduction et d'arrangement réservés pour fous pays.Copyright I94S — Les Editions du Passe-Temps Inc.Montréal.PAGE QUATORZE LE PASSE TEMPS EXERCICES D'ARTICULATION DE LA RESONANCE "I" DESCRIPTION PHYSIOLOGIQUE.— Dans la prononciation de 1T, le rôle principal revient à la langue.Plus elle se rapproche du palais sans s'y coller, plus l'I devient pur.L'essentiel est que le tuyau vocal se trouve rétréci le plus possible.Instinctivement les mâchoires se rapprochent, tandis que la pointe de la langue vient s'appliquer fortement contre les dents incisives inférieures pour que sa partie charnue puisse refluer plus aisément vers le palais et s'y attacher en s'élargissant.comme pour sortir des deux côtés entre les molaires.En même temps le voile du palais s'applique contre la paroi postérieure du pharynx de façon à fermer hermétiquement les fosses nasales.Le larynx est à son maximum de hauteur ; les dents sont à peine séparées ; les commissures des lèvres sont tirées dans leur écartement maximum.L'air doit se porter presque entièrement sur les incisives qu'il va heurter avant de s'échapper à travers les lèvres à peine entr'ouvertes.IL Y A 50 ANS EXERCICES Des Alpes maritimes et pen-nines aux promontoires siciliens, et de la Uqurle à l'Illyrie.en Italie, nommes ot choses, tout est en I : Crispi, Tamburini, Cherubini.Bellerini, Gigenti.Assist, Rieti.Chletl, Termini.Tivoli.Sibillinl.Brindisi.et Rimini.-Quand Isis brille sur les collines, sur les rivages et sur les cimes, vers le midi, lo paysan de l'Ionie se signe et dit : Ce soir la pluie.— Dans le pays de Sésostris.ge Sérapis, d'Apis, d'Osiris ct dlsls.l'Ibis tranquille bâtit son nid parmi les lis et les iris.— Bandits sinistres, six nihilistes de Tiills, hlor à minuit, ont entrepris de détruire par la dynamite la citadelle de Nijni.PRATIQUES Dè-zAlp màrltlm' 6 pènnîn' ô pro-montwar' sJ-si-/yen, é de là Ugu-rJ à lllllrl.an Hall, 6m' zé chez fou-fé foù f'nn /; K ri-psi.Tan bou ti ni, Ché-rou-bi-ni.BalUri-nl, Jlr-ftnti.As-si-ti.Rl-tL Chié-ti.Tér-mlnl, Tiro-li.Sibil Uni.Brin-di-si é flJ-mini.— •Tan t'Isis biiy' sur là Kôlin, sur lè ri-và/' é sur lè sim' vér Je midi, le pè-yi-zan de Ilo nt se sign' é di : Se nwar là pli.Dan le pè-yi de Sétostrls, de Sèra-pis, d'Apis.d'O-zi-ris é dï sis.l'ibis trankll bâti son ni par-mi lè Us é lè zi-ri.t.Ban-di si-nistr', si ni-i-list' on tantte-pri de détruit' par là dlnà-mlt là sità-dèl de NiJ-ni.I.L.GONDAL.MORCEAU A DIRE L'étrangère Quand je t'ai rencontré dans mon humain voyage, Ce fut une accalmie en voyant ton visage.Tu ressemblais au port où l'on débarque enfin.Son bagage trempé de pleurs et de salin Et son être ébranlé de vertiges sans nombre.Tu ressemblais au port qui défend que l'on sombre, Mais qui ne peut garder l'étrangère chez lui.Je n'aurai, sous ton ciel, logé qu'une mi-nuit.Etant vouée à tout ce qui bouge et dérive.Jamais ne me retient le mirage des rives Et tu ne sauras pas si je t'ai reconnu En cherchant le bonheur que d'autres ont perdu.Mais si dans les lointains de tes yeux je m'égare, C'est que j'ai découvert à ton coeur une amarre, Un ancre qui retient tes désirs dans un port.Et qu'importe, ce soir, mon inutile effort : Mon âme, ce navire errant dans la rafale, A trouvé au hasard de tes bras, une escale.Jovette BERNIER.Elirait do Mon deuil en rouge.f récemment paru aux Editions Serge.DANS irrtRArwu.Musique.^plwiwert, Chronique du temps passé 7 SEPTEMBRE 1895 — En page couverture, photo de Mlle Julie Bennati.chanteuse en tous genres, de la troupe de l'Opéra-Français de Montréal.Après ses études au Conservatoire de Paris, ello interpréta les opéras italiens au Danemark, en Russie, en Pologne, on Angleterre, en Italie et enfin en France.Le chroniqueur nous raconte un lait qui, à distance, nous paraît incroyable.Un reporter on mal de copie ayant décrit la soi-disant capture d'un serpent de mer au Saul tau-Recolle t.lo manager du théâtre Palace se hâta de faire construire un mannequin encore plus hideux que le serpent inexistant ce qui attira évidemment des milliers de curieux.Mais la Justice ne goûta pas cette Innocente mystification et le grand connétable alla démolir le pauvre monstre de papier mâché.Et le rédacteur du "Passe-Temps", qui signe Silvio, conclut : "Détruire l'imago d'un malheureux serpent de mer,.c'est Infiniment plus scandaleux quo do tirer intelligemment profit de la bétise humaine".Dans co numéro, un résumé de la carrière de Arthur Durieu, directeur de l'Opéra Français de Montréal.Né à New-York do parents français, il s'initia très jouno aux secrets du métier théâtral.A la Nouvelle-Orléans, il forma une troupe d'opéra et d'opéra-comigue.et il fut l'un des principaux organisateurs des fêtes qui marquèrent le centenaire du coton en Louisiane.20 SEPTEMBRE 1895 — Le chroniqueur rend hommage au spirituel Hector Berthelot.qui venait de mourir subitement : "W personnifiait l'esprit canadien, c'est-à-dire qu'il unissait à l'esprit gaulois la (Inesse normande, augmentée du sel particulier de l'humour anglais".Quelques chiffres sur la saison d'opéra à Montréal.On annonce qu'ello durera 21 semaines, soit 105 représentations en solréo.La salle de l'Opéra peut loger 1,300 personnes.Le budget de la troupe est de 545.000 pour toute la saison.La recette de chaque soirée doit être d'au moins $400.Dans ce numéro, une marche de Sousa, The High School Cadets.Et uno romance de Weber, paroles de Victor Wilder, Ne le dis pas."Pour bien connaître et aimer l'histoire de son pays, il faut d'abord connaître l'histoire de sa famille." NOTRE OEUVRE : Dresser expressément pour vous l'histoire de votre famille depuis le départ de vos ancêtres de France, jusqu'à nos fours.Dates, noms, armoiries, le tout avec soin et respect de la vérité historique.Nos conditions très raisonnables sont fournies sur demande sans obligation de votre part.Le Bureau de Recherches Historiques 477.St-François-Xavier.Montréal 1, (PL.8634) MONTREAL, SEPTEMBRE 1945 PAGE QUINZE CONRAD GAUTHIER (Suite de la page S) prit la précaution de cacher une éponge pleine d'eau dans son mouchoir.Ce n'était plue des larmes, c'était un déluge Encore avec Gauthier.Ils louaient tous les deus un rôle de grave financier.Gauthier, très dignement, disait la phrase que void : "Et maintenant, monsieur, fe désirerais avoir avec vous une conversation".Coutlée devait terminer la réplique en disant : "Intime et confidentielle".Mais, histoire de mettre à l'épreuve le sérieux de son confrère, il a ajouté tout bas «près le mot : Intime : "un team de fouauxl" ÏAMBE DE BOtS.Il ne s'agit pas ici du rôle de Conrad Gauthier dans Un Hommo et son Péché, mais de la pièce : La Cabane à Sucre, de Louvigny de Montigny.Gauthier tenait le rôle de Roussin dit Lasnette dit Jambe de Bois.Rôle très fatigant qu'U devait jouer avec une de ses |ambes repliée sur elle-même et attachée.Il avait tous les malheurs pour lui et disait à tout bout de champ en bégayant : "Que.que.que voulex-vous.l'sus.j'sus.l'tus pas chanceux I " Mais à un certain moment de la pièce, ce fut l'acteur lui-même qui ne fut pas chanceux.Comme il traversait la scène pour sortir.U glissa et tomba de tout son long près de la boîte du souifleur.Fou rixe du public.Mais notre homme en se relevant Ut changer les rires en applaudissements, car U murmura en branlant la tête et jouant son rôle : "Que.que.que.voulez vous.J'sus.j'sus.j'sus.pas chanceux 1 " NEXT ! On jouait La Fille du Tambour-Major.Gauthier arrive à la dernière minute au théâtre.Vite ! il saute dans la chaise du barbier.Louis Authier, l'expert maquilleur, étend une grande serviette sur notre acteur."Quelle tète veux-tu que je te fasse ?" lui demande-t-il.Gauthier, un peu impatienté, lui répond : "Mais tu le sais ?Je joue le rôle de Delia Volta ?Vite ! J'ai pas une minute à perdre ! " Authier se met à rêver."Dlela Volta ?.Delia Volta ?.le ne me souviens pas au juste.Quelle tète que c'est donc, ça?" Gauthier n'y tenant plus lui dit : "Comment?Tu devrais le savoir?Tu dois connaître La Fille du Tamboui-Mafor ?Delia Volta ?Voyons ?Genre rôle de traître ?Ah I tiens ! fais-moi le plus laid que tu pourras et co sera parfait ! " D'un.geste brusque, Authier arracha la grande serviette du cou de son client et cria : "Next ! " CE BON CUBE D'OV/LA.C'était à Saint-Théodore.On avait travaillé au film Le Père Chopin tout l'apiès midi.Le soir, assis sur la galerie de l'hôtel du village, se trouvaient Ovila Légaré.dans son costume du curé, Georges Lanthier et Conrad Gauthier.On causait de différentes choses, lorsqu'une automobile s'arrête devant l'hôtel.Un homme descend, s'approche de la qalerie et salue respectueusement : "Bonjour, M.le curé I " Ovila sourit et regarde le monsieur d'un oeil tranquille.Ce dernier continue, tout surpris : "Comment ?Vous ne me reconnaissez pas ?Vous savez bien ?le vous al promis que je reviendrais vous voir à mon retour de Valdor ?" U prenait Ovila pour le curé de la paroisse.Il s'en est passé bien d'autres pendant que tournait la manivelle, ne serait-ce que 1 "histoire d'une certaine tonsure.Peut-être en parlerons-nous, un de ces jours.Pour aujourd'hui, nous ne voulons pas terminer cette chronique sans féliciter M.Conrad Gauthier à propos de son programme radiophonique L'Album du Souvenir, et nous le remercions pour l'occasion qu'il nous donne de pouvoir réentendre les belles mélodies d'autrefois.Alfred ROUSSEAU*.LES LIVRES Anarchie dans l'Art, par Dominique Laberqe.Aux Editions Fernand Pilon, Montréal.Critique musical depuis de nombreuses années, l'auteur s'intéresse activement à toutes les formes de la Beauté.Anarchie dans VAit est un ouvrage à lire et à relire : M.Laberge.avec la fermeté d'un convaincu, rétablit à sa juste valeur - - qui est éternelle, — la notion d'Art, et H démolit bien des sophismes qui ont actuellement cours sous l'étiquette d' "art nouveau".Anarchie dans FArt ne peut laisser le lecteur Indifférent, même l'adepte des nouvelles formules ébouriffées.Mon curé chez les riches, roman par Clément Vautel.Réimprimé par la Librairie Pony, Montréal.$1.25.Clément Vautel s'y révèle sous son vrai jour, un intéressant observateur doublé d'un malicieux moraliste.Le curé Pellegrln esl devenu, en littérature, un type inoubliable.Eniin ! Le livre du coeur ! MON DEUIL EN ROUGE Au Cameroun français : Bandjoun, par le R.P.Albert S.C.J.Ouvrage couronné par l'Académie française.Préface d'Henri Laugier.En vente chez l'auteur, 2830 Boulevard Gouin Est, Montréal.Franco : $1.65.L'auteur a été pendant de nombreuses années missionnaire dans cette importante colonie française du Cameroun.En même temps qu'il retrace les étapes glorieuses de 1'evangelisation en ce pays africain, l'auteur décrit les coutumes des peuplades perdues dans la forêt.Ouvrage passionnant et Instructif, qui rend-un hommage mérité à l'effort missionnaire de la France.Canada (In World War II.Post-War Possibilities) — Ouvrage monumental, grand format, publié par William S.Boas 6 Co., Ediiice Dominion Square, Montréal.612 pages.7.50.C'est un des livres les plus considérables qui aient été publiés sur le Canada économique, Magnifiquement Imprimé sur papier couché, abondamment Illustré de photos et de cartes, U contient tout ce qu'un homme d'affaires doit connaître sur l'industrie, le commerce, otc.de notre pays.par la célèbre artiste de la radio JOVETTE BERNIER L'ouvrage si longtemps attendu En vente partout.$0.90 ou S 1.00 par la poste Un livre révélateur, à la portée de tous / LA FEMME inconnue ! I par HECTOR TALVART GROS VOLUME DE 256 PAGES $1.50 — Par Poste $1.60 Editions Serge Brousseau 1396 ouest, Ste-Catherine.Montréal (Ch.321), PL.7322 Tous trouveront un aqréable PASSE-TEMPS avec act* dans ADAGIO si.00 • ALLEGRO chacun • ANDANTE En vente dans toutes les librairies.Par la poste, ajoutez $0.10 par volume et commandez à 25 est, rue Saint-Jacques Montréal (1) — PL.8335 PAGE SEIZE LE PASSE-TEMPS DISQUES ENREGISTRES PAR Â k VOUS-MEME deau •a nos studios k COUT MODIQUE LAYTON BROS 1168 ouest rue Sainte-Catherine Montréal — MArquette 9291 Lorsque vous mangez en ville, allez chez CUISINE SOIGNEE 8 Restaurants à Montréal PIANISTES - GUITARISTES Un des 130 accords du système ANDREX pour piano.SENSATIONNELLE Méthode d'Accompagnement contenant • Cent trente accorda et plua voua permettant de jouer et d'accompagner n'Importe laquelle de voa chanaons favorites aont contenue dana le SYSTEME ANDREX pour PIANO.GUITARE HAWAÏENNE el ESPAGNOLE.e Système visuel MODERNE.RAPIDE vou8 indiquant par des explications clalrea et précises tout ce que voua ayez à faire SOIT PAR PRINCIPES OU PAR OREILLE.VOUS NE POUVEZ VOUS TROMPER.e Indispensable à tous ceux qui veulent améliorer leur jeu sur leur instrument.Prix par poste: PIANO .$1.25 GUITARE HAW.- ESP.___S2.00 Commandes téléphoniques et C.O.D.acceptées.Adressez vos envois comme suit : ANDRE VADEBONCOEUR.251 est.Ste-Catherine.app.13.Montréal.P.Q.Pour leçons privées par l'auteur môme : MArquette 5176.DAVIDSON & ROBERTSON COURTIERS EN VALEURS Membres Montreal Stock Exchange Montreal Curb Market Spécialistes en valeurs minières 266 ouest, rue Notre-Dame MONTREAL (1).QUE.PLateau 3971 Succursale à l'hôtel Windsor de ROUYN TABLETTES "MADELON" CONTRE Marqu luJoMrea maux de tête, rhumatisme, grippe, névralgie, etc.EN VENTE PARTOUT OU envoyez un dollar pour 100 tablette* a Les Produits "MADELON" Enrg.6296, rue St-André MONTREAL, QUE.Abonnez-vous à la Revue de Musique et de BRODERIE VENNAT (revue bilingue) PRIX : Canada : 12c par an Etats-Unis : 25c par an 3770 rue St-Denis, MONTREAL REEDITIONS Musique en feuilles • Lacrymosa Dies Ilia (JOUR DE LARMES) musique de L.DAVELUY .25c Au Ciel ! au Revoir ! pour services funéraires musique de S.PROVOST .3Sc Chez les marchands de musique ou au "PASSE-TEMPS" '934 LBERT FOURNIER PaOCUBtUBdeBHer-frsJIMHTIM SIïCAJHERINE LU MONTRÉAL REPARATION LOCATION SERVICE Machines à écrire de toutes marques, machines à calculer, minéographes.etc.CIE DE MACHINES DE BUREAU DE MONTREAL 1101 COTE DU BEAVER HALL MONTREAL — BElcdr 3016 Le gérant : CHAS.MOREL Vierif de nnr«:trn CHnnsnns^' ™ ¦Mil i uu uu lilt Pi ill 41 [i ¦cdiriiiiim ¦cm m***\ t (.•••*«»• Bu »*m 1 Hll HI iVC Rien de tel pour semer la gaîté et l'entrain de la noce.PAROLES ET MUSIQUE Par la poste .65c Chez les marchands de musique .60c Envoyer un timbra-posto do 2c pour recevoir notre catalogue.Chez les marchands de musique ou chez PARNASSE MUSICAL LACHUTE, QUE.MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE DIX-SEPT La paix.La S^ibvrié.vi La 'fflroHpérUt?¦ant lai rdivl'at.naturali dv travail omdu •t d* ¦'•conamia lyiltSmollqva.LA BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL Fond*» tn 184* Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE mij\ï:;ïsiM "BLACK HORSE" RAVEL (Suite de 7a page deux) était enveloppée de bandages et on ne distinguait que lo bout de son nez et ses yeux toujours si vifs et narquois sans méchanceté.U était gai.optimiste : "Ce n'est rien.Et à propos, est-ce vrai que W.vient de so remarier pour la quatrième fois ?" Puis 11 me raconta une hilarante histoire d'un jovial porteur nègre, qui l'appelait "Mousseurével" à jet continu et avec lequel 11 avait eu une grande conversation par signes dans un Pullman, pendant sa tournée en Amérique.Qui eût pu dire qu'il était frappé à mort ?C'est alors que commença la tragique période de ses dernières années.Peu à peu sa mémoire faiblit, certaines facultés semblèrent l'abandonner.Il n'écrivait plus de lettres, ni de musique.Et pourtant son apparence demeurait normale.En octobre 1934 je lui portai chez son frère à Levallois-Porret quelques exemplaires de "The Etude", la revue musicale dans laquelle j'avais publié sur lui une plaquette Illustrée."Monsieur Maurice n'est pas ici", me dit la bonne, "mais vous le trouverez à la terrasse du café-tabac, là-bas, au coin." 11 y était en effet, avec son frère Robert, directeur d'une petite usine de pièces détachées pour automobiles, et quelques contremaîtres.On m'invita à déguster un Dubonnet.C'était midi et la sortie des usines.Des ouvriers passaient, saluaient de la main : "Bonjour, M'sleu Ravel".Mais leur salut était pour le patron : le musicien de réputation mondiale passait totalement inaperçu.Le Maitre ne put lire les articles, car il ne savait pas l'anglais : mais 11 s'extasia devant une photo du "Belvédère".U gloussait littéralement de joie : "Oh I Oh I regarde un peu", disait-il à Bon frère, "n'est-ce pas fantastique ?Ma maison est si difficile à prendre, à cause du contre-jour.Mais cette lois-ci.On dirait un château-fort.C'est moyenâgeux.C'ost magnifique ! " Un autobus approchait : "Au revoir, je me sauve.On m'attend pour déjeuner chez Ida Rubinstein".Et Ravel de courir à toutes jambes vers le prochain point d'arrêt, tel un jeune athlète en pleine vigueur.Une fois fe l'emmenai jusqu'à Rambouillet, à travers la forêt d'automne.C'était une de cos admirables journées dorées où la nature s'épanouit avant de mourir.Devant une chope de bière à l'auberge rustique qui fait face au Palais, Ravel retrouva l'enthousiasme de sa jeunesse ; un flot de souvenirs lui montait aux lèvres, il revivait les années de ses premières armes.Puis nous rentrâmes ; le soir tombait, la brume descendait sur les frondaisons, U retombait dans la tristesse, dans le silence.Quelques jours après je retournai à Montfort avec Evangelino Lehman, la compositrice américaine dont on avait donné la symphonie chorale "Thérèse de Lisieux" avec grand succès à Paris et en province.C'était elle qui avait fait la photo si admirée et olle désirait en prendre d'autres du maître lui-même."Venez voir quelque chose d'inouï, nous dit-il dès le seuil, "c'est un cadeau d'un de mes amis Suisses".Nous le suivîmes dans son "musée chinois" entièrement composé de pièces en toc (11 s'amusait beaucoup de l'admiration naïve des visiteurs mystifiés ! ) ; le long du mur, des piles de journaux, des magazines de tous pays, des disques phonographiques : rien de tout cela n'avait été ouvert.Sur la table ae trouvait une sorte de boîte sculptée en ébène."Attention.Regardez bien", dit Ravel.Il pressa sur un bouton, les petites portes s'ouvriront, un minuscule oiseau d'or s'avança, chanta, battit des ailes.Le Maitre était fasciné : "Oh.C'est extraordinaire, incroyable, vraiment ! " On aurait dit un enfant devant un jouet longtemps convoité.Il refermait les portes, remontait la manivelle, recommençait deux fois, trois fois, je ne sais plus combien de fois.Quand ce fut fini Evangeline Lehman lui demanda de signer un album : "Oui, avec plaisir.Mais vous savez.11 faut d'abord que je fasse une répétition".Il s'appliqua quelques instants sur un bout de papier ; puis laborieusement, péniblement, il Inscrivit son nom et se retourna, rayonnant : "C'est un succès ! Déjà, la semaine dernière, j'avais retrouvé la position des notes sur la portée." Jamais il ne perdit la raison, comme on l'a prétendu à tort ; mais la neurasthénie l'envahit de plus en plus.Conséquence funeste de son stuplde accident d'auto, un abcès au cerveau le terrassa.En vain une opération fut tentée.Sous les vapeurs de l'éther II ferma les yeux.Il ne devait jamais les rouvrir.Maurice DUMESNIL.PAGE DIX-HUIT LE PASSE-TEMPS MONTREAL.SEPTEMBRE 1S45 PAGE DIX NEUF Habanlta Caprice Calendar Sept Fleure Iles d'Or Lilus Muguet Gardenia Le parfum de Vélégance Toute une gamme de parfums délicats évoquant le premier printemps, l'exotisme des pampas mystérieuses, les rêves d'or d'îles lointaines.MOLINAHD.le grand parfum de classe Subtil et éloquent PARIS LONDRES — NEW-YORK — MONTREAL G.M.LECLERE.CONCESSIONNAIRE POUR LE CANADA RESERVATIONS D'HOTELS RENSEIGNEMENTS TOURISTIQUES Hôtels recommandés .Villégiatures choisies .Guides touristiques .Itinéraires de voyages et de routes .Endroits d'intérêt .Service complet de renseignements sur les hôtels tant au Canada qu'aux Etats-Unis et en Amérique du Sud.Services absolument grafuffs.Edifice Dominion Square, Montréal 1010 ouest, rue Sainte-Catherine.PLateau 8077 ECOLE DE COUPE ET DE DESSIN Apprenez à confectionner vous-même vos patrons, vos croquis et vos propres créations, en très peu de temps.Permis Provincial.Diplôme reconnu décerné.Cours du jour et du soir.rendez-vous CLASSICAL LA 2143 INSTITUTE OF DRESS DESIGNING M«|i«riteIF«ti» Jeanne Ltd.It** Grmdin Cht 6Hi Ed Confédération 1253 McGill College, Montréal.1420, RUE DRUMMOND, MONTREAL SOIERIES LAINAGES DE HAUTE QUALITÉ PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS LA MODE, PERPÉTUEL CHANGEMENT Aperçu du costume à travers les âges par Marie BOURGUEUIL UN four La Bruyère parlant de la mode disait : "Telle est notre légèreté qu'une mode a à peine détruit une autre mode qu'elle est à son tour abolie par une plus nouvelle qui cède elle-même à celle qui la suit et qui ne sera pas la dernière." Nous allons cependant tenter de faire revivre ici les personnages d'époques révolues, avec leurs habits, leurs coiffures, dans le temps et le milieu où ils ont vécu.Pour évoquer lous ces souvenirs, vitraux, livrer,, peintures, sculptures, gravures nous fourniront de précieux renseignements.Nous suivrons les révolutions de la mode, autrefois lentes et progressives, aujourd'hui mouvementées et instables.La mode ost de nos jours avide de changements, interroge les siècles passés, emprunte, s'empare d'un costume pour bientôt l'abandonner.Lo costume militaire et civil on France subit des changements multiples, sans jamais adopter uno forme définitive, et ces transformations nées du caprice, de la vanité, du goût, sont infinies et variées.C'ost ainsi qu'une caricature du XHIe siècle, pour donner l'idée des costumes des peuples d'Europe, représente chaque pays avec des habits nationaux.Seul le Français est nu et tient sous le bras un paquet ficelé, avec cetto inscription : "Comme celui-ci change de goût el de mode à chaque instant, nous lui avons donné son étoffe pour l'employer à sa guise et s'habiller comme 11 voudra." Au temps do la préhistoire, l'écorce, le feuillage étaient les souls vêtements que les peuplades belliqueusos de l'époque gauloise remplacèrent par de grossiers tissus de laine, de poils entremêlés de lianes, et en confectionnèrent des braies (pantalons fendus en avant) et les sales (manteaux).Les Gaulois se coiffaient d'un casque sans visière dont de nombreux spécimens datant du XIlo siècle avant I.-C.figurent encore dans les musées.Les femmes gauloises portaient des tuniques sans manches, une jupe longue recouverte d'une saie.Mais avec la conquête des Gaules par les Romains et l'établissement de courants réguliers de communications et d'échanges entre la Chine et les pays latins l'usage de la soie passa dans les moeurs des classes riches.Ce fut un déploiement d'étoffes somptueuses offortos par les princes de l'Asie à ceux d'Occident.De souples tissus composèrent la dalmatique.la tunique, la chlamyde ou la saie décorée de bordure que portèrent Gallc-Romains, Mérovingiens et Carolingiens, chaussés de sandales.Lorsque Clovis fut élevé à la dignité de Consul, nous raconte Grégoire de Tours, 11 revêtit la tunique de pourpre et la chlamyde.C'est à l'époque mérovingienne que parurent les premiers vêtements liturgiques : aube et chasuble.Cependant que Charlemagne aimait les vêtements barbares et blâmait l'usage de somptueuses étoffes, les seigneurs de son tomps revêtent des justaucorps éclatants.Les Francs généralement eurent un grand esprit de frivolité.A cette époque, le costume religieux devient luxueux ; chasubles et dalma-tlques sont brodées, perlées, frangées et présentent de brillantes couleurs.On voit apparaître l'étole.insigne du sacerdoce.Au Xlle sicèlo, les vêtements se portent longs ; chainses.bliauds.braies, chausses, manteaux que l'on peut apercovoir dans les statues du grand portail de Chartres.La statuaire sut tirer parti dos heureux eliots du costume de ce siècle.Des ordres monastiques nouveaux se créent et chacun adoptera un costume.Les Bénédictins auront la gorne ou tunique longue, le froc et la chape.C'est en ce Biècle que s'établit la composition de l'habillement du prêtre à l'autel : l'amict.l'aube, le manipule, l'étole, la chasuble.Apparaissent aussi les insignes de la dignité épiscopale.C'est un récit du sacre de Louis VIII qui nous donne une Idée du luxe, de la magnificence des costumes du Xlïle siècle : "C'est un plaisir, dit NicolaB de Bray.de voir broderies d'or et habits do soie vermeille étinceler sur les places, dans les rues.Tous les âges plient sous la pourpre." Le vêtement féminin se compose de la (Suiïe à la page vingf hui/l MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE VINGT-ET-UN Un an est passé depuis la fin de la tourmente.Paris reprend sa place au foyer créateur des Arts.Les ateliers parisiens sont repris d'une fièvre créatrice, modélistes et dessinateurs s'apprêtent à sortir de nouveaux chefs-d'oeuvre.Leur ingéniosité surmonte les difficultés et tout au début de cette saison, nous arrivent de _^ s gracieuses créations.Il y a là des fantaisies heureuses, des trouvailles de ces petits détails inédits qui révèlent la touche délicate de modélistes et exécutants à la hauteur de leur tâche, qui est celle de conserver à Paris son titre ." «r* *Tr^ glorieux de Centre Universel des Modes.V, .l/e Et voilà revenus, velours et satins chatoyants, TTt'w *l'I taffetas raides nous rappelant ceux que portaient nos \\J7 aïeules.Les modèles sont sobres, distingués, faciles à porter et pourtant tous nouveaux.Les robes de dîner ont une silhouette mince avec de légers drapés sur les hanches ; de très larges emmanchures confèrent au haut du corps un volume qui équilibre la ligne et qui donne beaucoup d'élégance.Les jupes sont droites, évasées dans le dos par des fronces ou des plis.Les petites robes du matin sont généralement des variantes du chemisier.Les manteaux sont des redingotes avec ampleur donnée par des plis dans le dos, les épaules sont rondes, la taille fortement serrée et les hanches accentuées par les revers de poches.En noir cette redingote est on ne peut plus pratique ; le matin elle se porte avec un chapeau très simple, pour le dîner avec un bonnet de velours noir garni d'autruche.Les couleurs dominantes sont tout d'abord le noir resté maitre en élégance, bleu marine, vert mousse, gris acier, marron.Lucien Lelong nous présente ici deux très jolis modèles.Une élégante robe de dîner en crêpe noir, qui montre bien la silhouette nouvelle et particulière de cette maison.Le corsage long et moulé a un décolleté en pointe et des manches plates sur les avant-bras, les hanches sur la jupe droite, mais non étroite sont soulignées d'un drapé de taffetas vieux rose quadrillé noir.Pans noués.Le deuxième modèle est particulièrement intéressant, voici d'abord le boléro qui accompagne une jupe sans ampleur, puis la tunique plate, enfin les volants toujours jeunes et gracieux.Notez le dos souple, légèrement blousé.Balenciaga a, pour le matin, dessiné une roble à jupe ample, froncée dans le dos et faite dans un lainage souple et épais gris bleuté très doux.Les trois poches qui ornent la jupe sont amusantes.Une cravate et une ceinture de velours noir donnent une note imprévue et seyante.Schiaparelli apporte dans les manteaux une fantaisie très caractéristique, et pour l'automne nous offre un manteau de lainage noir réchauffé d'écureuil, garni de poches, style jardinière, des pinces arrondissant la ligne de l'épaule, manches larges, gros plis dans le dos.Voilà donc quelques jolis modèles créés pour vous, charmantes lectrices.Simone CHANDAI.BALENCIAGA SCHIAPAREUI LUCIEN LELONG LUCIEN LELONG PAGE VINGT-DEUX LE PASSE-TEMPS LES DRAPÉS A, ILLUSTRATIONS FRANCE-COUTURE kPRES la simplicité voulue, parfois exagérée, des modèles dits d'occupation, nous assistons à la renaissance de créations d'une grâce, d'un charme tout particuliers.Les drapés nous reviennent dans toute leur élégance, leur féminité.Des tissus souples et soyeux tombent en plis harmonieux, retenus par une ceinture qui amenuise la taille et garde au drapé tout le flou en vogue cette saison.Mad Carpentier présente ici une robe en crêpe noir, brodée de paillettes.De Jacques Fath, élégante robe de crêpe gris.MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 LES CHAPEAUX DE PARIS FLORENCE T TN CHAPEAU à Paris, c'est de l'esprit.\J Et pendant la guerre malgré décrets, réglementations, interdictions, les chapeaux de la Parisienne continuèrent à se moquer ; ils étaient l'ironie même.Aujourd'hui ils n'ont plus à fronder et ils redeviennent le complément de la toilette.Et les fées des ateliers parisiens font naître des créations charmantes.Jamais on ne vit variété aussi grande chez nos modistes, velours, feutres fourrure, toques de plumes, savamment drapés ou garnis de rubans souples et soyeux, taffetas, failles, etc.; Sygur nous montre ici un élégant tambourin de velours noir garni de faille rubis rayée noir.Chez Florence une toque de velours gris acier harmonieusement ceinturée de satin noir.Agnès a créé un chapeau de feutre fourrure vert mousse à bords relevés sur les côtés et calotte haute, éclairée d'un ruban de peau brun roux.Adieu le chapeau de l'occupation ! Avec le satin qui le composait, Madame s'est confectionné une fort jolie blouse.Et le Boche a été roulé.ET LES PARFUMS, MADAME.PAGE VINU., ATRE Aussi loin qu'on lemonto dans l'antiquité, les parfums ont toujours charmé et conquis les éléqantes.Dansant devant Hérode, c'est à l'âme des fleurs de Judée que Salomé demanda le véritable secret du charme.De nos joui* encore, nos coeurs sont épris par les arômes enchanteurs, chauds, ensorceleurs des parfums évoquant soit une tendresse, soit un souvenir, ou la griserie d'heures exquises.Molinard, l'incomparable magicien de Tether, continue brillamment la tradition maintes fois séculaire.Dans ses laboratoires modernes, des chimistes artistes poussent à un haut degré l'art d'extraire toute la gamme des parfums séducteurs.Les immenses jardins de Grasse, sur la Riviera française, paradis des fleurs et berceau des parfums, fournissent les essences les plus pures, les plus rares, les plus précieuses.La femme elegante moderne est vraiment favorisée des dieux puisque, en toutes circonstances, ces parfums subtils et éloquents rehaussent sa grâce et donnent à son charme un irrésistible attrait.LE PASSE-TEMPS LES BELLES FOURRURES La levée des restrictions de guerre a permis aux dessinateurs de donner libre cours à leur imagination.Aussi verrons-nous apparaître des modèles tout nouveaux, qui donneront aux manteaux de fourrure un caractère encore plus féminin Les épaules sont devenues très larges, et la manche ample se termine par de larges revers.Certaines préféreront la manche-ballon aux extrémités plus étroites.Il est certain que les fourrures les plus en vogue seront le mouton de Perse qui, lui aussi, subira désormais toutes les fantaisies inspirées par la mode ; le rat musqué qui redevient très chic, grâce à des teintures nouvelles le faisant ressembler au plus beau vison ; et enfin le castor canadien dont le prestige n'a pas diminué.créations dupuis ratuu sacs à main créations exclusives de rené courtine courtine de paris 9 west 31st.- new york.n.y.MONTREAL.SEPTEMBRE 1945 PAGE VINGT-CINQ DEPUIS 1877 FOURRURES D E QUALITÉ 1170, RUE ST-DENIS • MONTREAL PHOTOGRAPHIES COMMERCIALES STUDIO P HOTOGRAP M E- 1394 PSt, AV£ MONT-ROY*! MONTRE-AL 34 AMherst 5635 LE CADEAU CHIC ON LE TROUVE CHEZ en Parfumerie et en Bijouterie I.BRASSARD, prop.256 EST RUE SAINTE-CATHERINE, MONTREAL Pas de beaux yeux sans longs cils Possédez de beaux el longs cils en employant la "POMMADE LOi^GS CILS" — PRIX .50 PHARMACIESeSAR5RAZIN & CHOQUETTE 921 Ste-Catherine Est, Montréal.PL.9622 ENVOI PAR MALLE FRANCO - En «ente dans tous Its bonnes pharmacies Pour vos toilettes d'automne et d'hiver consultez d'abord ^lEIllll^ I.E.CADIEUX J.-C.AOTRY prés.sec.-dés.LE GRAND MAGASIN A RAYONS DE LA RUE MONT-ROYAL Le produit fameux, qui d'un cheveu abîmé, fait un cheveu neuf.I Application dans tous Jes Salons de Coilture ¦— Vente : dans toutes les pharmacies PAGE VINGT-SIX LE PASSE TEMPS 262380 COIFFURES Lj'ART de la coillure est lout d'abord l'étude de la /orme du visage, de l'expression du regard, de la couleur et de la qualité des cheveux ; la coiffure conlère de la personnalité à n'importe qui, celle-ci donnera Talr d'un ange, d'un page moyenâgeux, celle-là, de Madame Bécamier.Et ces réminiscences dans leurs variations nous plaisent infiniment.Voici quelques modèles exprimant merveilleusement la personnalité d'Hélène par exemple, qui avec son petit visage chlitonné.les yeux vils et curieux ef sa silhouette mince a l'air d'avoir quinze ans.Colette a un visage rond, un nez mon Dieu comme une petite pomme de terre nouveJJe.une belle bouche et un très loll port de tête.Quant à Jacqueline qui est grande, très mince avec un visage mélancolique, sa coiffure est très particulière, mais 11 faut être très belle pour pouvoir supporter celfe coiffure sans aucun apprêt.Et Elisabeth, qui, eUe ressemble à Diane chasseresse, rien de "flou' 'ne lui conviendrait.Mais pouvait-elle mieux choisir pour garder son air de déesse ?fUUPE NOIRE black TULIP CHENARD pa n i S Un parfum (oyeux à l'arôme discret mais persistant.C'est l'indispensable auxiliaire du charme féminin.Le flacon : .30.60 Etuis de luxe : S 1.00.SI.85 et S2.50 LA LOTION TULIPE NOIRE est l'idéal complément de la toilette féminine.La bouteille.S 1.25 La Cie Canada Drug.CRescent 2173 365 ouest.LAURIER, MONTREAL 8 8xnmm delate J.O.GIROUX O.D.ii*.,.u MM A.PHILIE.J.AALLAIRE.G.GL'ERNON *S) nptiis'.SiH'-iH- MONTREAL, SEPTEMBRE 1945 PAGE VINGT-SEPT LA MODE.{Suite de la page vingt-et-un) chainse, ta lutaine, le blanchel.une robe de dessus dite cotte et celle de dessous surcot.Celui de l'homme ressemble à celui des femmes mais il est plus court.L'équipement mllltairo se fait de plus en plus protecteur.Les chevaliers sont munis d'auqueton.pourpoint, heaume, genouillères, cuissots, coudières.brassières, etc.; les chevaux sont également protégés par des housses, des croupières, des poitreaux.L'expression, c'est une autie paire de manches, vient probablement de ce qu'au XlVe siècle on ajoutait de secondes manches aux jaquettes que portaient hommes et femmes do l'époque.Tandis qu'au siècle suivant, malgré l'invasion anglaise et les désolations He la Guorre de Cent Ans, la misère n'empêchait pas de s'intéresser aux modes.Le frère Thomas Couetto.dans ses prédications, "blâmait et diffamait les femmes aux modes ridicules et inconvenantes".C'était l'apparition du hennin et des chemises longues et transparentes, des chaussures dites poulaines, des mahoitres, du chaperons.Les précieuses miniatures décorant les Très Riches Heures du Duc de Berry et les merveilleuses gravures du peintre Fouquet nous disent toute l'élégance des modes du Moyen Age.A la simplicité du règne de Louis XI succède la prodigalité des étoffes, et sous Charles VII.Charles VIII ot Louis XI des lois somp-luaires veulent régler los habitudes du faste.Mais le luxe persiste.Les édits ne peuvent être appliqués ; et les costumes à pourpoint ouvert, manches fendues, chausses en drap d'or, vertugades, marlottes, vasqulnes, damas, velours, ne ressemblent en rien aux vêtements des siècles précédents et font les frais de traits satiriques.En 1S98, Henri VI s'adressant aux députés du clergé leur disait r "Mes prédécesseurs vous ont donné des paroles, avec ma jaquette grise, je vous donnerai des effets.Je suis gris en dehors, mais tout d'or en dedans." En effet, la mode se simplifia.Le panseron du costume masculin disparut.Les robes couvertes do dentelles, trois cottes, quatre jupes superposées composent l'habillement féminin.On porte la fraise.Richelieu multiplia les édits contre le luxe des modes, prohibant passemonts, dentelles, galons, points coupés gui venaient de Flandre ou d'Italie.Fraises et collets liront place au fichu de linon, souliers en satins et muletins de maroquin chaussèrent les élégantes de l'époque.Maxarin, plus tard, interdit les rubans dits "galants" qui remplaçaient les galons d'or et d'argent.Les robes étalent décolletées, garnies de gaze, de fils do perles.Puis ce furent les grands cols rabattus qu'affectionnait Anne d'Autriche.Les édits succédant aux édits.en 1660, guipuros.galons, dentelles sont encore prohibés.L'étoffe des Justaucorps, autrefois de soieries, dovlnt alors de drap, de lainage.Le costume féminin subit peu de changements.Le point d'Alençon et de Valenciennes était réservé aux toilettes de luxe, diamants et pierreries firent fureur.La plus grande innovation de ce dernier siècle lut la substitution du fusil au mousquet.La Bruyère, faisant un tableau du costume à la fin du règne de Louis XIV, en note l'austérité."Le courtisan, dit-il, autrefois, avait ses cheveux, était en chausses ot pourpoint et 11 était libertin.Cela ne sied plus, ll porte perruque, habit serré, bas uni et il est dévot.Les robes féminines devinrent elles aussi d'une grande simplicité, l'ampleur suppléa au luxe d'autrefois.Une écharge de taffetas couvrait la tête." Dans uno lettre écrite au XlIIe slèclo, Restif de la Bretonne compare les femmes à des oiseaux changeant de plumage plusieurs fois par jour.Les paniers font leur apparition.Pour le visage on se sert de rouge et de "mouches".Les hommes portent la perruque poudrée et à courte queue.Sous Louis XVI qui aimait la simplicité.les femmes, éprises de luxe, apportèrent à la cour un faste Inouï.Paniers do plus en plus larges, ornés de falbalas, de flours, coiffures extravagantes et compliquées et appelées toupot en hérisson, ques aco, minerve, à la Bello Poule, etc., et qui étalent surchargées de flours, de fruits, d'oiseaux, de plumes, voire de bateaux.Mais à la veille de la Révolution, on porte les vêtements négligés.Cette époque troublée amène des changements considérables.Le pantalon triomphe, rayé rose, carmagnole bleue, gilet blanc, bonnet rouge et bleu, jupes droites.Après Thermidor, le ridicule sévit avec les Merveilleuses ot los Incroyables, portant culotte boutonnée sur les genoux paraissant cagneux, cravate soufflée, cheveux en oreille de chien, bâton noueux, les femmes en robe longue très haut ceinturée et cabriolet.Hors de ces excentricités, les femmes s'habillent à l'antique, avec la robe athénienne en linon.L'Empire et le Consulat, imitant encore l'antiquité grecque ot romaine, les robes transparentes sont de linon, de gaze.Les châles de cachemire exhibés â cette époque sont fort coûteux.Le costume masculin est celui de l'ancienne monarchie.Sous la Restauration, les costumes se font lourds et engoncés.Popeline, zinkoline.cane-zou, etc.sont employés à l'envi pour la confection de gilets à revers et pantalons à sous-pieds, redingotes.L'Impératrice Eugénie, sous le Second Empire, mettra la - -inoline à la mode.Les jupes immenses furent tour à tour longues ot courtes.La Cour intervenant dans le lancement des modes fit créer casaques et basquines, les ombrelles minuscules garnies de dentelles, etc., les femmes rivalisent d'élégance, de splendeur.Les uniformes militaires sont luxueux, empanachés, galonnés.Et le vingtième siècle nous apporte jusqu'à nos fours une variété Infinie de modes, jupes cloche, manches gigot, mantes de dentelles, au début du fiècle.Plus tard, jupes entravées, jupes culottes, manches longues et larges, robes droites et courtes.Los chapeaux varient eux aussi, passent de la simplicité à la plus haute lantaisie.Couturiers et modistes font oeuvres d'art au cours des ans.Et la France, avec son goût et son génie, reste la lumière du monde ; les pages de ce supplément "Art et Beauté" vous en fourniront chaque mois de précieux exemples.Marie BOURGUEUIL.Nous tenons à exprimer nos remerciements à J'imporranfe maison Bianchinf, Ferrer (Candaf Limitée, qui a bien voulu collaborer à la rédaction de cet aperçu historique du costume en France.LA MODE DANS LE PASSE-TEMPS " IL Y A 50 ANS Le Passe-Temps de septembre 1895 présentait des costumes pour fillettes de 8 à 9 et enfants de 3 à 4 ans.Les garnitures de ces ravissants costumes étaient de velours.Le mois prochain dans "Art et Beauté" Un documentaire de grand intérêt sur l'histoire de la Soie.Photos et dessins inédits des dernières créations de la mode parisienne.Du nouveau pour l'artisanat canadien-français et les admirateurs de notre art paysan ! Ce sera l'une des plus utiles initiatives en faveur de l'artisanat.PAGE VINGT-HUIT LE PASSETEMPS PROPOS DE LA TABLE Les mei Pour qu'un repas soit pariait et développe toutes les possibilités d'allégresse créées par les mets.et les vins, il Importe que les convives s'accordent bien.On a dit du nombre des convives : plus que les Grâces, moins que les Muses, c'est-à-dire de quatre à huit.Un humoriste renseignait ainsi sur les meilleurs convives, ceux dont on tire le plus d'agrément : m des diplomates sans préoccupations d'affaires européennes, des hommes de lettres sans gastralgie, des voyageurs instruits, des artistes et de faciles causeurs comme des médecins sans malade et comme des avocats sans cause, moitié d'hommes politiques et quelques banquiers ; mais prenez aussi deux banquiers ruinés, avec eurs convives l'appétit sauf, et vous aurez ainsi uno conversation animée, variée et assez générale.Ne prenons de cette boutade que ce qu'il en faut.Quelques amis, quelques vieux omis éprouvés seront toujours des convives plus sûrs, supérieurs pour nous à cette société pittoresque et disparate.Donc, trêve de discussions d'affaires ou politiques.La table doit servir de diversion aux préoccupations de la vie, ne los y ramenons pas, ayons soin de les laisser au vestiaire."MAURICE DES OMBIAUX"."Jïlen ne fait les amis comme la bonne chère", a dif REGNARD.Amenez-les donc à ces bons restaurants: 1490 rue Drummond Montréal — PL.6345 Cest ma PRÉFÉRÉE! Rendez votre vie plus PETILLANT 7av>c\"-Y) \"X" MONTCLAIR RICHELIEU la fameuse | EAU MINERALE naturelle type vichy tïetetai vu Rjwndfuf Indiflduell* d»7onfPS jeu/e/nr/i/ £ 9"
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