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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 51, no 894
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1946, Collections de BAnQ.

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REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 FRANCHEMENT, ça promet ! Lorsqu'on revoit l'année écoulée, on s'aperçoit que "Le Passe-Temps" a progressé chaque mois.Ceux qui ont la collection de 1945 s'en rendent compte et l'admettent volontiers.Aussi sont-ils convaincus — autant que nous — que "Le Passe-Temps" de 1946 sera, lui aussi, de plus en plus intéressant.Eh ! oui, ça promet ! Et les progrès continus de 1945 assurent les progrès continus de 1946! Un riche album musical Pour $2, nos abonnés ont reçu au cours de 1945 environ 90 pages de musique et chansons ! Et près de la moitié était de l'inédit : des oeuvres nouvelles de nos compositeurs, et des chansons françaises dont quelques-unes n'avaient même pas paru en France.Qu'en pensez-vous?Un choix aussi varié qu'abondant : folklore, valses chantées, romances, rondes enfantines, morceaux de piano des grands maîtres (Mozart, Schubert, Heller, Chopin, Schumann, etc) et des meilleurs auteurs canadiens.Les faits les plus intéressants Chaque mois, vous recueillez dans "Le Passe-Temps" des faits et des renseignements que doivent connaître tous ceux qui s'intéressent à la musique.C'est pourquoi beaucoup de gens, sans être musiciens, ne manquent pas de lire chaque numéro du "Passe-Temps".Quelques-uns de nos collaborateurs ont une réputation universelle, et nous en sommes justement fiers.Nos articles et nos chroniques ont porté sur les grands musiciens canadiens et étrangers, sur l'histoire du folklore, nos sociétés musicales, etc.Savez-vous qu'à elle seule notre page intitulée "Pot-Pourri" vous a donné près de 200 faits curieux du monde musical ?Où allons-nous ?D'abord, dès le présent numéro, nous publions un Album Musical encore plus considérable : neuf pages de musique et chansons ! Et ce n'est qu'un début d'année ! Tous les musiciens et mélomanes auront d'agréables surprises, avant peu de temps.Quant à notre supplément Art et Beauté, il s'enrichira encore de textes et d'illustrations que nous serons les premiers à publier au Canada.SOMMAIRE JANVIER 1946 — No 894 MUSIQUE THEMES ET VARIATIONS .2, 3 SNOBISME OU IGNORANCE ?par Vincent d'INDY .4 LA VIE ROMANESQUE DE FRANZ LISZT par Gérard BAUER .S.17.18 POT-POURRI.6 ALBUM MUSICAL .8 à 16 CURIOSITES DU VASTE MONDE 14 NOUVELLES DE NOS CORRESPONDANTS .19 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS".20 L'ORGUE DE BARBARIE poème de VERLAINE .20 LES LIVRES.21 EXERCICES D'ARTICULA TON par I.L.GONDAL .21 CESAR FRANCK.MERVEILLEUX IMPROVISATEUR.22 LES MOTS CROISES.23 • ART ET BEAUTE LE SOUVENIR DE JUDITH GAUTIER Article inédit de Pierre DESCAVES .24.25 LES DANSES DE LA BRULANTE ESPAGNE par Mme André CORTHIS, 24, 25 PETITS FAITS INTERESSANTS .26 MODES DE PARIS.27 THE : CINQ HEURES .27 ECHOS.28 ELEGANT TAILLEUR.29 UN TAILLEUR ORIGINAL .30 SOMPTUEUSE ROBE DE DINER 31 LE MOT DE LA FIN .32 Autorisé comme matière de seconde datte par le Ministère des Postes, Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par les Editions du Pat—-Temps.(Inc.).627 ouest, rue Dorchester.Montréal 2.— Téléphone ! MArquetle 9905.Il est Imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou non.ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST : rédaction : Roland PREVOST.— TARIF DES ABONNEMENTS : Canada : S2.00 pour douze mois : $3.75 pour vingt-quatre mois.Etats-Unis : $2.25 pour douse mois.Autres pays : $2.50 pour douse mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chique affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue, il faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL.JANVIER 1946 PAGE UN Thèmes et Variations Un grand événement artistique Le 24 janvier, au Plateau, c'est la première fois que nous aurons la grande joie artistique d'entendre des chanteurs uniques au monde : la famille du baron autrichien von Trapp.sous la direction de l'abbé Wasner.Leur programme se compose de chants populaires tyroliens et français, la plupart d'inspiration religieuse.L'extraordinaire discipline vocale de la famille Trapp et sa profonde compréhension des oeuvres donnent à ses concerts une élévation rarement atteinte.M.Marcel LAURENCELLE.directeur fondateur du Choeur Berlioz qui participera à la "Missa Solemnis", de Beethoven, présentée par les Festivals de Montréal, le 12 lévrier, en l'église St.Andrew and St.Paul.Sa connaissance du chant religieux remonte à son entance puisqu'il lit partie de la Maîtrise des Petits Chanteurs de la Madone, dirigée par le Père Emile Fontaine, s.j.Après ses études classiques, il étudia le chant avec Salvator Issaurel et l'harmonie avec M.Georges-Emile Tanguay.Elève, pour la composition et la fugue, de M.Claude Champagne et de M.Séverin Moisse, au Conservatoire de la Province de Québec, il est actuellement maître de chapelle à l'église Saint-Etienne, assistant-directeur de la Petite Maîtrise de Montréal, et directeur du choeur des élèves du Conservatoire.La Choeur Berlioz (75 voix) a été fondé définitivement l'automne dernier après avoir participé à deux saisons d'opéra des Festivals de Montréal; il prit également part à la présentation du "Te Deum" de Berlioz.Bravo ! M.Roland Houde, élève du Séminaire de Jolietto, fait appel à notre "bienveillance" pour signaler à nos lecteurs l'initiative récente de l'Association des Etudiants de Shawinigan.dont il est le président ; ce n'était pas nécessaire : notre admiration très sincère suffira."La direction de l'Association, nous écrit M.Houde.trouvait illogique et irrationnel que des étudiants vivent dans une atmosphère de Bien, de Vrai, de Beau, pendant l'année scolaire, et de mièvrerie, de platitude, pendant les vacances".Aussi, profitant des vacances des Fêtes, ces jeunes ont-ils organisé à Shawinigan deux magnifiques soirées artistiques.D'abord une exposition de peintures (le R.P.Wilfrid Corbeil, es.v., peintre, musicien, architecte, M.Charles Desmarteau, étudiant au Collège Sainte-Marie, M.Jean-Marc Hébert) et de photos (l'abbé François Lanoue) ; au cours de cette première soirée, l'un des exposants, M.Desmarteau, présenta une solide étude de la peinture : historique et critique.La deuxième soirée consistait en un concert donné par Mlle Lise Lapierre, soprano coloratura de Montréal, qui interpréta avec beaucoup d'art des oeuvres de Mozart, Brahms, Fauré, Gounod Dvorak et autres.Nos félicitations à l'Association des Etudiants de Shawinigan et à son président.Vraiment, si les plus de trente ans ne font pas preuve de grande vigueur intellectuelle, ils seront vite dépassés par les élèves de nos collèges.La Bourse des Concerts Sarah Fischer Au printemps sera décernée la Bourse des Concerts Sarah Fischer, instituée à la mémoire de la grande cantatrice canadienne Albani.Cette bourse de $100 pour instrumentistes et de $100 pour chanteurs est réservée aux jeunes musiciens ou chanteurs (de moins de 25 ans) qui n'ont pas obtenu de bourse ailleurs ou qui ne font pas profession de leur art.Le 30e concert Sarah Fischer aura lieu le 4 février, au Château de Ramezay, et les jeunes artistes suivants se feront entendre pour la première fois en public : Ruth Lowie, violoniste de 11 ans ; Raisel Frank, clarinettiste ; et Léo Laurin, baryton.Au piano d'accompagnement, l'excellente Doris Killam.GERALD DESMARA1S.basse chantante, dans le rôle d'Hunding de l'opéra de Wagner "La Valkyrie", qu'il a interprété à Chicago.Il est rumeur que notre compatriote ob tienne un engagement de longue durée à Chicago ou à New-York.M.Edouard Woolley à Drummondville On nous informe que M.Edouard Woolley, membre de l'Académie de Musique, est maintenent professeur de chant à Drummondville.M.Woolley, né en Haiti, s'est acquis ur.e réputation de chanteur studieux et consciencieux, pendant son séjour à Montréal.Il a été l'élève de Salvator Issaurel pour le chant, et il a étudié le piano et l'harmonie avec M.Edmond Trudel.Il a été lauréat avec grande distinction de l'Académie de Musique de Québec.Le Septuor Vocal qu'il avait fondé il y a quelques années a remporté des honneurs fort mérités.M.Woolley est donc qualifié pour rendre de grands services à Drummondville.Le récital Noël Brunet Prix d'Europe 1936.Noël Brunet, violoniste virtuose, est un de nos crtistos les plus consciencieux : chez lui les dons n'ont pas éteint le goût du travail bien fait.A son récital du 21 janvier, au Hitz Carlton, Noël Brunet présentera un programme très éclectique, comprenant des oeuvres de Corelli, Mozart, Debussy, Grana-dos, Kreisler, André Pascal, etc.Au piano d'accompagnement : John Newmark.PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS Les organistes français à l'honneur L'artiste invité au prochain Concert Casavant, le 21 janvier, sera l'organiste américain Clarence Walters, qui n'interprétera que des oeuvres des grands maîtres français : Clé rambault, D'Aquin, Le Bègue.Loeil-let, Franck, Widor, Dupré et Vieme.Une revue imprimée à la main Pendant son séjour en Europe, le capitaine Jean-Marie Marcotte rencontra à Lyon 'le jeune éditeur Marc Barbezat, fils d'un important indus triel.Barbezat est l'éditeur d'une revue d'avant-gaTde, L'Arbalète, qu'il compose lui-même à la main et qu'il imprime sur une presse à bras.Il y a de huit à dix numéros par année, à 1,000 exemplaires sur papier vélin.C'est dans cette revue que parut pour la première fois, en avril 1944, un acte de Jean-Paul Sartre, Les autres, que François Bertrand eut l'occasion de voir, sous le titre de Huis-Clos, au théâtre du Vieux-Colombier, à Paris.Grâce à cet exemplaire de l'Arbalète apporté au Canada par Jean-Marie Marcotte, L'Equipe présentera Huis-Clos sur la scène du Gésù, les 27, 29, 30.31 janvier, et les 1er.2 et 3 février, avec Roger Garceau, Muriel Guilbault, Yvette Brind'amour et Jean Saint Denis.Une création d'Albert Viau "La Vieille Eglise", chanson que nous avons publiée en primeur dans notre numéro de décembre, vient d'être créée au programme de CBF.le Réveil Rural, par Albert Viau."Le Passe-Temps" lui exprime ici ses sincères remerciements.Comme au cinéma."Sa Majesté le Hasard", disait Frédéric II.C'est par un hasard extraordinaire que notre excellent ténor Jacques Labrecque vient de signer un contrat de trois ans avec National Concerts and Artists, de New-York.L'histoire vaut d'être racontée.L'automne dernier, Jacques Labrecque quittait les studios de Radio-Canada, vers G 1.cures.N'ayant pas le temps de se rendre chez lui pour le souper, il sauta dans un taxi et se fit conduire au restaurant Chez Pierre.Bientôt vint s'csseoir à sa table, la seule libre, un Américain de New-York, M, William A.Gehle.président de la Gale Oil Separator Une réplique de Toscanini Le grand maestro italien Toscanini avait un jour, aux alentours de 1912.à diriger un concert consacré aux oeuvres de Claude Debussy, et en particulier à l'Après-midi d'un faune.Toscanini arrive à la première répétition, celle où l'on devait "débrouiller" l'oeuvre, s'installe au pupitre, s'apprête à lever sa baguette, quand Claude Debussy s'approche discrètement de lui, l'arrête : — Mais, mon cher maître, vous n'avez pas la partition devant vous.Alors Toscanini lui fit cette belle réponse, que devraient retenir les amis de la musique: — Un vrai musicien doit avoir un chef-d'oeuvre dans la tête et non la tête dans un chef-d'oeuvre.Company.Au cours de la conversation, Jacques Labrecque apprit à son compagnon ses ambitions de chanteur.— Je pourrais peut-être vous être utile, lui dit M.Gehle.L'un de mes u-nis est publiciste d'un grand bureau d'impresûrios.à New-York.Si vous pouvez venir r^e voir là-bas.je vous présenterai volontiers.— Mes moyens ne me permettent pas de séjourner longtemps dans la Métropole américaine, répondit Labrecque, mais, si vous me le permettez, je vous enverrai quelques disques.Ce qui fut fait quelques jours plus tard.Puis Jacques Labrecque partit fin octobre pour sa grande tournée en Acadie, sans avoir reçu de nouvelles de l'Américain.Cette tournée le conduisit dans tous les centres acadiens du Nou-veau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse.Son répertoire, composé uniquement de chansons acadien-nes, remporta partout un vif succès.Et ce n'est pas sans émotion que Jacques Labrecque put chanter certains airs là même où ils furent créés.Celui qui fut son maître si estimé.Oscar O'Brien, — mainte nant chez les Bénédictins de Scdnt-Benoit-du-Lac, — lui avait appris à chanter dans leur rythme exact ces mélodies émouvantes et souvent nostalgiques.Les Acadiens, souvent plus patriotes que nous Canadiens français, lui ont fait un accueil inoubliable, qui laisse présager un rapprochement plus intime, grâce à la chanson, entre l'Acadie et le Québec.C'est du beau et du bon travail.A son retour, vers la fin de novembre, Jacques Labrecque reçut enfin un appel de M.Gehle, qui réclamait sa presence à New-York.Les disques envoyés par notre ténor avaient été entendus et admirés par M.Daniel S.Tuthill, vice-président de National Concerts and Artists.Et peu après, Jacques Labrecque signait ce contrat de trois ans qui lui ouvrira sans doute les portes des puissants postes de la National Broadcasting et des grandes scènes américaines de comédie musicale.Il profitera en outre de son séjour à New-York pour étudier avec Viktor Fuchs (qui fut la maître d'Igor Gorin) grâce à une bourse du gouvernement provincial.Pcrmi les beaux projets de Jacques Labrecque, — que nous lui sou haitons de réaliser pleinement, — il y a l'enregistrement sur disques de chansons du folklore canadien-français.Ce serait pour nous une propagande durable.Une tradition à faire revivre Toutes les associations, toutes les sociétés devraient avoir leurs chansons de table.A ce propos, rappelons ce qu'écrivait la grand» comédienne Mme Dussane : "Dans les vieux traités de civilité, du Moyen-Age, on retrouve un usage charmant : à la fin d'un festin, on présentait à l'un des convives un brin de buis décoré aux couleurs ei aux armes de la maison dans laquelle avait lieu la fête, et le convive ainsi désigné devait s'exécuter, chanter une chanson, dire une poésie, réciter une ballade ou un fragment de légende ; puis, il passait le brin de buis à son voisin ou à sa voisine et vidait une coupe de vin fin.Le voisin ou la voisine s'exécutait à Bon tour, et le brin de buis faisait ainsi le tour de la table, chacun — comme nous dirions aujour'hui — chantant la sienne".MONTREAL.JANVIER 1846 PAGE TROIS Snobi isme ou ignorance f par VINCENT D'INDY De même que, dans la nature, les hauts sommets sont séparés par des vallées plus ou moins profondes, de même, en art, il y a toujours alternance entre les périodes de haute pensée, productrices de chefs-d'oeuvre et les basses époques de décadence momentanée.Cette règle ne comporte pas d'exceptions.Abandonnant délibérément le culte de la Beauté, cet antique fondement de tous les arts, les musiciens, ou, du moins, ceux qui veulent se faire passer pour tels, se ruent vers le matérialisme, et, dédaignant toute règle et toute contrainte, en sont arrivés à écrire n'importe quoi et n'importe comment.Et ce sont des suites de notes dénuées de toute valeur musicale qui semblent avoir pour but de proscrire toute tendance à éveiller l'émotion dans l'âme de l'auditeur, ce qui était avant eux la principale condition de l'art.Ils ne se doutent pas que ce ne fut qu'après sa sixième année d'apprentissage que le peintre Cennino Cennini — il l'a raconté lui-même - reçut des mains de son maitre, Léonard de Vinci, l'ardoise sur laquelle il lui était permis de dessiner et d'employer le métier acquis par un constant labeur à "copier la nature" avant de s'essayer à produire des "oeuvres imaginées", oeuvres qu'il ne devait tenter de réaliser qu'après dix années d'études.Ils ont oublié, ces jeunes gens — et l'ont-ils jamais su ?— que Beethoven n'osa inscrire sur la première page du trio en ut mineur, la mention : op.1, qu'après avoir déjà composé quarante-neuf oeuvres : sonates, symphonies, concertos, oeuvres qu'il considéra, avec raison, comme quantités négligeables et qu'il se refusa à publier.D'aucuns, peu rassurés sur la solidité de leurs propres inspirations, nous servent des morceaux entièrement pastichés de Haendel.ou encore, des mélodies de Mozart enguirlandées de serpents et de bêtes venimeuses.Depuis quelque temps, ils ont découvert l'existence d'un nommé Bach, et ils en font tous, mais en accommodant le plat avec une sauce tellement pimentée que le grand Cantor de Leipzig en eut frissonné d'horreur et eut chassé honteusement ces vendeurs du temple de l'art.Quoi qu'il en soit, les snobs d'applaudir avec frénésie à cette dégénérescence.et les critiques de suivre les snobs au lieu de les guider.et le public de dire, souvent sans aller entendre : "Il paraît que c'est très berru." Le résultat le plus surprenant, le plus inattendu de cette ruée des compositeurs actuels vers l'immédiat succès, fut la suppression presque totale de la personnalité.Usant tous du même procédé, ils font tous "la même chose", et l'originalité se trouve, de ce fait, bannie de l'art musical.Mais, dans ce mouvement ooi-disant moderne, où l'on pourrait retrouver bien des systèmes très anciens maladroitement appliqués, il y a pire que les défauts signalés plus haut : je veux parler de la méconnaissance des oeuvres de Beauté qui jalonnent la route de l'art, et de la suprême indifférence vis-à-vis des cénies créateurs de ces oeuvres.Est-ce une raison, si l'on aime l'art d'un jeune peintre moderne, pour traiter avec mépris celui d'un Carpaccio, d'un Vélasquez ou d'un Manet ?Et pourquoi mon émotion serait-elle amoindrie à l'endroit d'un Motet de Vittoria, du Xlle quatuor de Beethoven ou de Y Enchantement du Vendredi-saint, parce que tel jeune a produit un curieux spécimen de musique descriptive ?"C'est la mode ! ." clame la chorale enrégimentée des snobs.On ne peut cependant pas s'empêcher de trouver bien regrettable une mode ayant pour effet de rétrécir le coeur humain au point qu'il se reconnaisse lui-même incapable de contenir la somme d'inspiration nécessaire pour admirer et aimer d'un égal amour tout ce qui est vraiment beau, vraiment admirable.Triste mode, en tous cas.destinée à être balayée à jamais dès l'apparition du génie, qui viendra fatalement, comme toujours en pareille occurrence, tirer les "hommes de bonne volonté" du bourbier où ils sont enlisés, pour les ramener enfin dans la pleine lumière des hautes cîmes.Le chef-d'oeuvre de Beethoven Le mardi 12 lévrier, les Festivals de Montréal présenteront de nouvoau la "Missa Solemnis" (Messe solennelle ou Messe en Ré), le chel-d'oeuvre de Beethoven.Chel d'orchestre : Bernard Naylor.Solistes : Jeanne Penqelly.soprano : Eileen Law, contralto ; Piorre Vidor, ténor : et David Rochette, basse 300 voix : le Montreal Elgar Choir, sous la direction de B.E.Chadwick et le Choeur Berlioz, sous la direction de Marcel Laurencelle.En outre.le grand orchestre de la Société des festivals.A cette occasion, il faut rolire la lettre que le prince Galitzine adressait en 1824 à Beethoven : "L'effet que cette musique a tait sur le public est inexplicable le ne crains pas d'exagérer en disant que jo n'ai jamais rien entendu dc si sublime : je n'excepte même pas les chels-d'oeuvre de Mozart, qui.avec leurs éternelles beautés, ne m'ont pas lait naître les mêmes sensations que vous m'avez données.Monsieur, par le Kyrie et lo Gloria de votre messe.La savante harmonie et la touchante mélodie du fienediefus transportent l'âme dans un séjour vraiment bienheureux.Enlin.toute cetto oeuvre est un trésor de beautés.On peut dire que votre génie a devancé les siècles, et qu'il n'y a peut-être pas d'auditeurs assez éclairés pour goûter toute la beauté de cette musique ; mais c'est la postérité qui rendra hommage ct qui bénira votre mémoire bien mieux que ne pourront le laire vos contemporains." PAGE QUATRE LE PASSE TEMPS La vie romanesque de FRANZ LISZT par Gérard BAUËR LEQUEL d'entre nous n'a point rêvé de vivre une vie déjà vécue, de s'idondUier à l'un de ces artistes dont l'aventure a ennobli et surpris le monde ?Toutes ces existences accomplies ne tiennent pas, cependant, une place égale dans notre admiration et dans notre désir.Car il y a des vies sublimes et malheureuses ; et il est des oeuvres réussies qui sont les lruits d'existences manquées.Mais un coeur ambitieux, une âme difficile, ne peuvent ressentir, devant la vie de Franx Liszt, qu'émerveillement, car elle est une réussite extraordinaire.Pourtant, celte vie.que serait-elle, si Liszt n'avait pas su lui donner la majesté du génie ?Elle serait une suite de séductions brillantes, elle formerait un long sillage de passions, avec, au bout du voyage- le havro commode de la religion.Or.être simplement un séducteur, ce n'est paB grand'chose.Clotilde de Vaux disait, en une phrase que Barres aimait à citer après Auguste Comte : "Il est indigne des grands coeurs de répandre le trouble qu'ils ressen tent." Cette formule ne vaut que ni les coeurs ne sont pas véritablement grands, si le don personnel n'est pas à la mesure de l'ensorcellement qu'il provoque.Mais, chez Liszt, il y a une harmonie parfaite entre la hauteur des sentiments, le pouvoir qu'il a de les faire partager et de les traduire dans le langage de son art.Dans les plaines de Hongrie Liszt était, vous le savez, le fils d'un homme de condition assez simple : Adam Liszt, intendant des Esterhazy à Eisenstadt.Les Ester hazy — l'une des familles les plus anciennes et les plus riches de Hongrie résidaient dans le château d'Eisenstadt, qui existe tou-lours.que l'ai visité naguère et qui maintient dans une petite cité rurale, annexée à l'Autriche depuis 1919.le souvenir de l'ancien faste hongrois.Ville musicale entre toutes : lo coeur de Haydn est enfermé dans une mystérieuse église où se marient la rocaille et le rococo, et vous avez sans doute vu que le cinéma y avait délibérément installe la légende de Schubert et do la Symphonie inachevée.J'ignore si Schubert a médité sa symphonie dans la désillusion d'un amour au château des Esterhazy ; mais, ce qui est certain, c'est que l'Intendant Adam liszl y fouait entre deux comptes, au clavecin, les musiques qu'il préférait.Cet homme, qui gérait la fortune agraire des Esterhazy.était profondément un mélomane.Et son maître, le prince Nicolas, également.U favorisait chez ses gens et ses intendants le goût qui était le sien et les incorporait volontiers dans l'orchestre qu'il avait formé sous la direction de Haydn.En 1810.Adam Liszl quitta Eisenstadt pour devenir, dans un bourg voisin, à Dobrojan.intendant des moutons ; et c'est là qu'un an plus tard, dans la nuit du 22 au 23 octobre 1811, à côté d'étables qui abritaient des milliers de moutons, dans une pièce basse où les images de la Vierge, de Beethoven et de Mozart étaient suspendues aux murs, naquit d'une mère viennoise, l'enfant Franz Liszt.Dobrojan, c'était un maigre village.L'enfant y grandit entre un presbytère et une bergerie, devant un horizon où se dessinaient les crêtes de Styrie.Le dimanche, des tziganes s'installaient parfois dans le village et faisaient retentir de ces harmonies flambantes, par instant assoupies, puis renaissantes et jamais éteintes que sont leurs étranges musiques.Le pèro Liszt continuait, durant les FRANZ LISZT, à 21 ans, d'après une lithographie de Deveria dessinée à l'époque où le jeune compositeur écrivait la transcription de la "Symphonie fantastique".soirées, à jouer de son instrument favori.A six ans.le petit Franz avait appris de son père les premiers éléments du piano.Bref, la vocation d'être un artiste hantait l'enfant, et lorsqu'on lui demandait ce qu'il deviendrait, Franz désignait sur la chaux du mur les portraits de Beethoven et de Mozart : — Quelque chose de pareil, répondait-il.L'enfant virtuose Celle solitude campagnarde, coupée de mélodies tziganes et de musique do chambre : voilà quel fui le climat de l'enfant qui.tout de suite, se trouva entretenir pour lui-même les plus nobles exigences.A neuf ans, 11 donna son premier concert à Eisenstadt.puis Il joua à Presbourg.choz le prince Michel Esterhazy.et son succès y fut tel que l'aristocratie hongroise, qui l'avait entendu, décida de lui fournir une bourse pour qu'il poursuivît sos études.Le père Liszt conduisit son fils à Vienne et le confia à Czerny, l'ami de Beethoven, qui lui donna des leçons de piano sans exiger de rétribution, tandis que Salleri.dernier maître de Boothoven.lui enseignait l'harmonie ot la composition.Au bout de quinze ou seize mois.Franz était devenu un excellent pianiste, quasiment un enfant prodige, et U n'avait plus qu'une ambition : jouer devant Beethoven.Boothoven.vieilli et sourd, s'abstenait do paraître dans des concerts.Après avoir d'abord refusé d'entendre ou, pour mieux dire, de voir l'enfant prodige au piano, il accepta el.le 23 avril 1823.il monta sur l'estrado oû le petit Liszt allait jouer.L'enfant lui avait fait demander un thème sur lequel il pût improviser des variations.Nous ignorons si Beethoven le lui avait donné.Ce qui est certain, c'est que le jeune virtuose, exalté par la présence du dieu, joua divinement.On a prétendu que, le premier morceau achevé, Boothoven se serait levé "pour embrasser le potlt Liszt", et que l'enfant, devenu un homme, n'aurait jamais oublié le sceau déposé sur son front par la gloire.La conquête de Paris Dès que le succès de son fils se fut affirmé à Vienne.Adam Liszt songea à lui obtenir la consécration de Parts.Us partirent donc ensemble, le père et le fils, et, sitôt arrivés, Adam présenta son onfant au Conservatoire de Paris, que dirigeait alors Chorublni.Cet Italien invoqua un règlement : pas d'étranger au Conservatoire.Lo jeune artiste n'eut plus qu'à se perfectionner lui-mémo : il y réussit vivement.Après quelquos mois, il était devenu, comme Mozart en sa jeunesse, une Idole des salons parisiens.Des concerts, des leçons.car il en donnait à son lour.- ot Usst établissait sa renommée à Paris et à Londres.A quatorze ans.il taisait jouer un opéra de sa com position : Don Sanche.el.à quinze ans.il confiait à l'éditeur Boisselot de Marseille coure études pour piano, dont la quatrième servit de thème ou Inspira le poème symphonique de Mazeppa.et c'est cette étude qui est devenue l'une des Etude* d'Exécution Transcendante.Peu de temps après, son père mourut.Voilà Liszt seul (sa more le rejoindra plus tard, mais son père était son véritable animateur, son soutien).Voilà donc Liszt seul à un âge où il est dur de faire l'apprentissage de la vie.D'autant que son talent n'allait pas sans de profonds troubles de l'âme, sans de vives crises mystiques qui le faisaient hésiter sur la route dans laquello U devait s'engager.Ce trait est important, car il certifie chez Liszt l'absence d'ambition sociale, cette ambition qui a été la déterminante de tant de carrières romantiques.Son ambition n'était pas une soif de réussite ou de conquête, mais un besoin absolu.Hésitant entre les ordres et la musique, il allait choisir la musique, mais comme un autre mysticisme.(Sutte à ta page dix-sept) MONTREAL, JANVIER 1946 PAGE CINQ Le 17 janvier est le cent-quarantième anniversaiie de Benjamin Franklin, homme d'Etat et écrivain américain, qui perfectionna l'harmonica, s s s 11 y a 55 ans — /e 21 janvier 1891 - naissait à Kiev, en Russie, l'émi-nent violoniste Mischa Elman.Dès l'âge de huit ans, il donnait son premier concert, jouant le septième Concerto de Bériot, avec Forchestre de FEcole de Musique d'Odessa.Le violon qu'il emploie pour ses concerts est un Stradivarius portant la date de 1727.a t a Le 22 janvier marque le centenaire de la naissance à" Albert Lavi-gnac.qui fut professeur au Conservatoire de Paris.Cest lui qui entreprit la publication de la grande Encyclopédie de la Musique.Laviqnac a écrit de nombreux ouvrages sur la musique et les musiciens.a a a Le critique musical anglais, Ernest Newman, commentait ainsi la Marche Funèbre de Chopin : "Comme la plupart des marches funèbres, elle semble plus gaie au milieu, ce qui peuf s'interpréter ainsi : 1.c'est bien triste de le voir mort.2.après tout il est peut-être au ciel.3.tout de même il est bien mort." a a a Philippe V, roi d'Espagne, avait engagé Farinelli, un célèbre soprano mâle, qui pendant vingt ans, tous les soirs, chantait quatre romances, toujours les mêmes, pour aider le souverain à dormir.Ill Dans une des nombreuses chroniques qu'il écrivit sous le pseudonyme de Corno di Bassetto, Bernard Shaw raconte qu'il a vu un ténor qui marquait le temps.avec ses oreilles."Quel spectacle que de voir un chanteur dont les oreilles s'agitent 116 fois par minute dans un mouvement rapide d'un opéra de Verdi ! " III Lorsque Victor Herbert arriva en Amérique, il était si pauvre qu'il de vait souvent rester à la maison pendant que sa femem lavait son unique chemise et pressait son unique pantalon.t i t Lorsqu'on reprocha à Handel d'avoir copié des thèmes d'un autre compositeur, il répondit : "L'imbécile ! II ne savait pas s'en servir ! " lack Judge, l'auteur de "It's a Jong, long way to Tipperary", que tous les soldats chantèrent pendant la guerre de 1924, étaiJ marchand de poisson le jour, et le soir il jouait sur la scène, a a a Caruso éfaif si superstitieux gu'il ne traversait jamais l'océan sans avoir consulté un astrologue.Et il ne se serait pour rien au monde risqué à passer sous une échelle, a a a Après un concert, .une aimable dame s'approche d'un violoniste de l'orchestre : "Vous êtes parmi les seconds violons, n'est-ce pas ?" — "Eh, oui, madame".Ayant demandé à voir l'instrument, la dame l'examina et, tout étonnée, elle dit : "C'est curieux, votre violon est exactement comme les autres".Ill Depuis 1937.la Children's Opera Company, de New-York, donne cha que année un opéra complet, chanté uniquement par des enfants dont la plupart ont moins de guinze ans.Notre compatriote Rosario Bourdon a été le chef d'orchestre de plusieurs de ces spectacles.Il y a toujours des représentations qratuites où Fon voit de deux à trois mille orphelins, a a i La "Sonate au Clair de Lune", de Beethoven, est un litre qui parait absurde à beaucoup de musiciens.Celle oeuvre de Beethoven est en réalité la "Sonata quasi una lan tasia" en Do dièze mineur, deuxième partie de l'opus 27.Ce titre de Sona te au Clair de Lune aurait été inspiré d'un article du critique Rellstab qui a comparé le premier mouvement de la Sonate à un bateau glissant au clair de lune sur le lac de Lucerne.Ill Stradivarius mettait six mois à fabriquer un violon, sans se préoccuper des réclamations de ses clients impatients.a t t Récemment, Albert Einstein, l'un des plus grands mathématiciens de notre temps, invita Arthur Schnabel à passer une lin de semaine chez lui.Us se mirent à étudier une sonate pour piano et violon.Einstein, violoniste amateur, massacrait la mesure, bien malgré lui.Exaspéré, Schnabel lui cria : "Mais non.ce n'est pas comme ça.VOUS NE SAVEZ DONC PAS COMPTER: Un.deux, trois, quatre." On a inauguré récemment à Rio de Janeiro, au Brésil, une Académie de Musique, londée par les compositeurs Villa-Lobos et Oscar Lorenzo Fernandez.Un ami du Brésil nous apprend que seuls les opéras italiens et français ont la laveur du public.Quant aux auditions de grandes oeuvres musicales, on refusait jusqu'à ces dernières années d'entendre même du Mozart.11 est certain que l'on entend à Montréal beaucoup plus de musigue — et souvent de la meilleure — qu'à Rio de Janeiro.Ht* Maqgie Teyte, la célèbre interprète de la chanson française, vient de donner un récital à San Francisco.Nous apprenons gu'elte viendra probablement à Montréal avant le printemps.a t a C'est M.Edouard Johnson, actuellement gérant général de la Metropolitan Opera Association, de New-York, qui tenait le rôle-titre dans la première représentation italienne de 'Parsifal", à Ja Scala de Milan, en 1914.a a a A l'université américaine Leland Slanlord, deux étudiants eurent l'idée, pour aider à payer leurs études, d'organiser un récital Paderewski.Le gérant du maître exigea un cachet de deux mille dollars.Malqiè leurs efforts, les deux impresarios improvisés ne purent retirer que seize cents dollars du concert.Ils se résolurent à voir Paderewski lui-même.Ils lui remirent les $1,600 et signèrent un billet pour combler la dillérence.Paderewski, apprenant l'embarras des deux jeunes gens, déchira le billet et remit les seize cents dollars, ne gardant que dix pour cent pour son gérant.Après la guérie de 1914, Paderewiski, devenu premier ministre de Pologne, se rendit à Paris pour remercier l'Américain qui avait si bien organisé les secours pour son pays.C'était Herbert Hoover, l'un des deux étudiants qui avaient profité de la générosité du grand pianiste.Ill Pour la première chanson qu'il composa, George Gershwin ne reçut que S5.Neul années après, un studio de Hollywood lui versa $50,000 de droits d"auteur pour enregistrer sa "Rhapsody in Blue" dans un film.PAGE SIX LE PASSE-TEMPS Nos pages de musique TROIS VALSES, pnr Franz Schubert.Ces trois oeuvres courtes, faciles et très agréables font partie de l'opus 18 comprenant des valses, tyroliennes (lândler) et écossaises.Elles donnent un excellent aperçu de ce maître, que Liszt a appelé "le plus poète des musiciens".LE VIEUX MARI.Cette chanson de folklore, recueillie par M.Marius Barbeau et spirituellement harmonisée par M.Alfred Laliberté.doit être chantée avec entrain et même une certaine rudesse.L'interprète doit prendre un air décidé, comme une personne qui ne s'en laisse pas imposer, ni par son père (du moins dans la chanson) ni par la vie.CE SOIR, C'EST LE PLUS BEAU DU MONDE.Voici une chanson que nous venons de recevoir de Franco.Chanson à la fois senti mentale, optimiste., .et pleine de promesses.GISELE, java pour accordéon ou piano.L'un des plus grands accordéonistes de France nous fera parvenir les oeuvres nouvelles.Depuis la libération, la Fédération des accordéonistes de France c'est réorganisée, et elle cherche à établir des relations avec le Canada français : Le Passe-Temps servira d'agent de liaison.Dans noire prochain numéro, une délicieuse ronde enfantine, TOUS PAR LA MAIN, paroïes et musique de Mme Doria G.Ncdeau, harmonisation de Lucille Dompierre.Pour égayer vos soirées, vos fêtes, rien ne vaut les chansons et la musique du "Passe-Temps".LISEZ ET FAITES LIRE "LE PASSE-TEMPS" 1231 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.Tout ce gui est joli et nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770-3772, rue Saint-Denis.MONTREAL Prix : Canada : 12c par an Etals-Unis : 25c par an.fILBUM MUSICAL DU JANVIER 1946 No 894 Trois valses 'piano) .Franz SCHUBERT Le vieux mari 'folklore).Harm, de Alfred LALIBERTE Ce soir 'slow fox chanté) .MALDEREN Gisèle (java pour accordéon ou piano).Max FRANCY Amours champêtres (chanson comigue), H.MIRO .EXAMEN de la VUE • VERRES CORRECTEURS • U Spécial.*.LORENZO FAVREAU.o.o.d.•I ses assistants oplométrlsles-optlclens Ba.O.Bureaux che» Tait-Favreau 265 Eat Ste-Catherine LA.6703 6890 rue St-Huberl CA.9344 1 654 est, rue Ste-Catherine |coln CHanpIaln) Téléphona ; AMherst 4488 ,0 a V FLEURISTE .0 V* Bouquati de Mariée Floraux Tributs Su—- k> fr 2.| 7 H — —4* - — E±: — : 4—g—g-^ .¦ 1 |-g—r- —«— > _tM- 4 4=1 PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS = x-—», V?i ffiFfr pn à g IT 1 r ^4^ w 1 » in* - r l P I mi" içjniriiTWf PP * Jr MONTREAL.JANVIER 1946 PAGE NEUF m lr # mm _ Ir ii :¦ i plus [rvurilf I'm - v.nir.rhagnnft«Vn - vn - _ I'Iiihiismii - vntmilr l';i Vf - nir In fi r : • 11 - do - Rit r Rtt Rail f Rrpnsr 2 fois ip \ 1 lent le l.e soir.£ Che • rie.-">III|HI (lu- ne.j'ai Ion a - mont' .Ce soir se - ra lou - jours'.3 ! MONTREAL.JANVIER 1946 PAGE TREIZE CURIOSITES DU VASTE MONDE ¦ Les coopératives sont importantes aux Etats-Unis.On y compte 2,000 associations d'assurés, 5.000 coopératives de téléphone, 10,425 caisses populaires, 825 coopératives rurales d'électricité, 1,400 postes d'essence coopératifs, etc.¦ Malgré les cing années d'occupation et malgré la pénurie de matières premières, Lyon reste "la capitale de la soie".On suppléera au mangue de soie par la rayonne.Il y a dans la seule région de Lyon 700 fabricants.En 1946, la production textile de la France sera à 125% de celle de 1939.¦ Dix peintres surréalistes ont décoré ensemble la salle de garde d'un hôpital français.C'est la première peinture murale faite collectivement.Le résultat est.parait-il.fantastique.Si bien que les dix peintres ne s'entendent pas sur le titre à donner à l'oeuvre.L'un propose ce titre : "Les cerceaux que j'ai perdus quand j'étais enfant de 10 ans".Un autre dit que c'est plutôt "La perle taillée en rose".¦ La guerre de 1914 eut un effet heureux au moins pour quelques-uns : elle fit aux Etats-Unis seulement 22,000 millionnaires de plus.Los grands industriels anglais, français, allemands firent eux aussi des profits énormes sur le sang des soldats.La guerre qui vient de se terminer aura coûté aux Etats Unis 336 milliards de dollars.¦ Sur une voie secondaire conduisant à un petit village, en Allemagne, les Américains ont trouvé les principales pièces d'un canon géant qui n'a jamais servi.Il mesure 105 pieds de longueur.¦ Deux pêcheurs de Long Island viennent de faire une pèche miraculeuse.Ils virent flotter à la surface de la mer une masse grise, informe.Ils la halèrent sur le rivage et, sans y connaître grand chose, ils eurent l'idée que ce pouvait être de l'ambre gris.Enquête faite, ce morceau d'ambre gris - très employé en parfumerie — valait $100.000.¦ En sectionnant certains muscles du crâne, des médecins anglais ont réussi à ïamener à l'état normal des personnes souffrant de maladies mentales, surtout d'hyper-émotivité.70% des cas troités ont été améliorés, et 29% ont été guéris complètement.C'est du moins ce que rapporte la revue médicale "The Lancet".GISELE JAVA POUR ACCORDÉON Piano ou Accordéon Musique de MAX FRANCY 1-L-o-j-DO M SOL 7 DO - P m— i—^-ttSts- DO M \ P m - P m ft-w-lupiÉ bu r r r W tlÉÉ mm SOL 7 I>0 M SOL M Production* Muricalci max FRANCY 17.m* d'ilailtcvillc P»fis XÇ SOI.M S0L7 UO M SOL7 Tant d'à".¦! tJtriiUnfl rit ¦ • ¦ J.< !.•i t jh+tftmti)'r';anM pimi w #¦»: ¦ Pour l'année 1944-45.environ la moitié des 850,000 instituteurs américains ont reçu moins de $1,800 ; 200.000 moins de $1,200 ; et 25.000 moins de $600.Dans certaines régions, on change si souvent d'instituteurs que l'on dit couramment : "Teaching is not a profession, but a procession".¦ On peut percer un trou dans une vitre ou un miroir au moyen d'un clou ordinaire.Il suffit de placer le clou dans la serre d'une foreuse.La pression et la rotation du clou le font s'échauffer et le verre fond.¦ Quelques etymologies : on trouve pour la première fois écrit le mot neige en 1325 ; il avait remplacé dans l'usage l'ancien français nei/ ou noi/ lequel venait du latin nivem.Ski vient du norvégien et il a été popularisé par le Club Alpin français à partir de 1890.Pour trouver l'origine du mot raquette il faut remonter jusqu'au mot arabe râha (qui signifie "paume de la main") ; dans le latin du Moyen-Age, râha est devenu rasceta qui fut francisé en ras-cette ; par extension il a pris le sens de "raquette pour lancer la balle", puis "raquette pour la neige".PAGE QUATORZE LE PASSE-TEMPS DO M RÉ mill SOI.7 J - l'—f-p- A J =» -fît?- w- *-1 i j —— DO M SOL 7 j DO M LgfjJ!-J —p-# #—p— —t —F— f.rr mm DO M FA M DO M SOI.7 DO ¦ La langue des mandarins, c'est-à-dire des Chinois lettrés, comprend moins de quatre cents sons différents.Le vocabulaire de cette langue consiste en quatre façons différentes de prononcer chacun de ces sons, sans compter un bon nombre d'autres arrangements.Tout comme l'écriture chinoise, qui dessine l'objet, le langage parlé se compose de mots qui sont en réalité des définitions souvent fort imagées.C'est ainsi que ftuo che, qui signifie train (de chemin de fer) se traduit littéralement par "char de feu".¦ Population des provinces canadiennes en 1943 : Ile-du-Prince Edouard: 91.000.Nouvelle-Ecosse: 607,000.Nouveau-Brunswick: 463,000.Québec : 3.457.000.Ontario : 3.917,-000.Manitoba: 726,000.Saskatchewan : 842,000.Alberta : 792,000.Colombie britannique : 900.000.Chiffres recueillis dans l'Almanach Beau-chemin.¦ Le Gouverneur Général du Canada a un traitement de S48.666.Le premier ministre reçoit $15,000.Le Sénat canadien se compose de 96 membres nommés à vie ; 24 sont pris dans la province de Québec.CURIOSITES DU VASTE MONDE ¦ Vers la fin de la guerre, un savant allemand inventa un phare d'automobile qui rendra de grands services.La Neuvième Division américaine du Désarmement aérien, qui îapporte la nouvelle, en a fait l'essai.Une sorte de filtre ne laisse passer que les rayons infra-rouges.Devant le chauffeur, un "convertisseur" permet de voir le chemin aussi nettement qu'avec la lumière ordinaire.Mais les autos venant en sens inverse ne sont pas éblouies par les phares.¦ Le dôme du Capitole de Washington (Chambre des Représentants) est en fer et pèse près de neuf millions de livres.La statue de la Liberté qui est à son sommet est en bronze et pèse 15,000 livres ; elle a été sculptée à Rome en 1863 par l'artiste américain Thomas Crawford, au coût de $3,000.¦ Le "Journal of the American Medical Association" déclare qu'il y a aux Etats-Unis 600,000 alcooliques invétérés, 2.000.000 de buveurs réguliers, et 38.000.000 de "social drinkers", c'est-à-dire de personnes qui absorbent des boissons alcooliques pour faire comme les autres.¦ Depuis le début de l'Eglise catholique il y eut 18 anti-papes.Les titres du Pape sont les suivants : Vicaire du Christ, Successeur de saint Pierre, Evéque de Rome, Archevêque et Métropolitain de la Province romaine, Primat de l'Italie.Patriarche de l'Orient, Pontife Suprême de l'Eglise universelle.¦ Chose curieuse, le maïs — ou blé d'Inde - ne pousse jamais à l'état sauvage.C'est donc essentiellement, comme le blé, une plante de culture.Mais d'où vient-elle ?Personne ne semble le savoir au juste.Ce qu'on sait toutefois, c'est que le maïs était cultivé en Amérique il y a au moins 20,000 ans.¦ Une autre légende que la Science fait disparaître : le fameux Serpent de Mer.Ce que les marins ont pris Dour un serpent de mer est le Régalée (en anglais "ribbon fish") dont il existe un spécimen au muséum d'Histoire naturelle de Chicago.Le Régalée est un poisson étroit, ressemblant à un serpent.Il peut atteindre 50 pieds de longueur et peser 600 livres.Sur tout le dos, de la tête à la queue, court une bande d'un rouge vif.MONTREAL, JANVIER 1946 PAGE QUINZE AMOURS CHAMPETRES Vieille chanson du terroir Mélodie et paroles recueillies par Henri-Gaston de MONTIGNY ANÙANTIMO non trv/ino Harmonisation de Henri MIRO CHART y iPxtl—k- Di-manche a - près les vê près, M'en al - lant m'pro - me - ner.PIANO moe l'et ri Kran-cis.tou* A*.is.de com-paKnée,Chez le bon-homm'Gau • rjiiier.J'ai z'allumé ma pipe, comme c'esl de la façon, Z'en disant queuqu' parol's aux gens de la maison.Et j' dis à Délima : "Me permetleriez-vous De m'éloigner des aut's el de m'rapprocher d'vous ?' Pour rev'nir au bonhomme qu'était à s'déchausser, Z'i dit z'à Délima : "Viens-t-en donc te coucher, Z'et vous les gens d'Ia ville, d'Ia côte et des faubourgs, Ertirez-vous d'icit', car il est bétôt jour ! " "Z'ah ! voui, vraiment, dit-elle, c't'avec un grand plaisir, Mais si tu viens icit', c'est ben rien qu'pour en rir'.T'as ta p'tite Mari'-Ouise, que t'aimeras toujours, Tu m'es trop z'infidèl' pour v'nir me fair' l'amour." J'attendis pas qu'il l'dise pour ane segond' fois.Et j'dis au p'tit Francis : "T'en viens-tu quand et moi ?" A yeux I ma Délima, j'enfile mon chemin, Et j'men allai nu-tête et l'chapeau z'à la main.FINALE (parlé) : ESTUSEZ-LA.PAGE SEIZE Tous drolls réserrés — Les Editions du Passe-Temps, Inc.LE PASSE-TEMPS La vie romanesque (Sulfe de la page cinq) Premier amour.première déception Ce lut à cette époque qu'il rencontra son premier amour.Son père, peu de temps avant de mourir, lui avait dit un jour que les femmes pèseraient sur sa vie.A seize ans.on reçoit ce genre de prédiction avec un scepticisme léger ou une petite satisfaction vaniteuse.Et pourtant, il y avait de la justesse dans cet oracle, car.là encore, Liszt était incapable de se contenter du médiocre : il lui fallait la ferveur.Il est remarquable qu'il a entretenu durant à peu près toute son existence une ou deux grandes amours Becrètes.correspondance avec des amantes spirituelles qu'il maintenait au-dessus des défaillances et des abaissements.Et, certes, jc ne prétends pas vous affirmer que cet artiste si séduisant n'usa pas de sa séduction : ce serait nier le romanesque même de sa vie.Mais il est certain qu'il avait placé l'amour sur le même plan que l'art et l'amitié, dans ces régions élevées où 11 trouvait l'atmosphère qui convenait à son naturel.Ainsi donc, lorsqu'il rencontra, à dix-sept ans, Mlle de SaintCricq.fille d'un ministre de la Restauration, s'éprit-il de son élève avec une ardeur singulière.Elle avait seize ans.Ce beau jeune homme brun, aux yeux inspirés, ce long visage, ces mains pâles, cette attitude de dignité et de passion contenue, tout composait dan» Liszt, aux yeux de cette jeune fille, le type de l'idéal romantique.Mme de SaintCricq, la mère, qui était à la veille de mourir, bénit cet amour ; mais le ministre, sa femme morte, ne consacra pas cette bénédiction.Le fils d'un régisseur hongrois n'était point fait pour épouser la fille d'un ministre de Charles X.Liszt fut prié d'interrompre ses leçons et il en ressentit une déception douloureuse.Il aimait Caroline de Saint-Cricq et Caroline l'aimait.Ils ne s'oublièrent jamais.Mariée avec un hobereau de Pau.M.d'Artigaux.Caroline pensait encore à Franz.l'A Franz, vingt ans plus tard, lui dédiait une ardente mélodie ; et trente ans après, c'est encore d'elle qu'il parlait aver ferveur à la princesse Wittgenstein.La célèbre comtesse cf Agoult Un soir de 1834.dans un salon de la rue du Bac, chez la marquise Le Vayer, Liszt rencontra Marie de Flavigny.comtesse d'Agoult.Vous connaissez l'histoire de cet amour : il est devenu, comme la passion de George Sand et celle de Musset, une des illustration?, les plus souvent dessinées de l'Imagerie romantique.II n'est pas dans mon dessein de vous demander de refaire pas à pas la route enthousiaste ot amère de ces deux coeurs durant dix années.Il faut rendre à chacun sa part : Mme d'Agoult eut le courage dangereux de rompre avec son milieu, de suivre son penchant jusqu'aux limites de co qu'un être peut sacrifier à l'amour.Mais rompant avec les siens, et créant une famille en marge des sacrements, dévouée, attentive, fidèle, elle n'avait pas su.pourtant, effacer en elle et autour d'elle tous les préjugés de son état.Elle avait conscience de jouer sa partie sur le génie : elle ne pouvait s'empêcher, au fond de soi-même, de penser de FRANZ LISZT qu'elle avait signé une déchéance, qu'elle avait égaré sa noblesse dans une aventure sans parchemin.Elle a appelé Liszt, — au moment où les relâchements de la satiété, l'usure de la jalousie, détachent le bandeau de l'amour, — elle a appelé Liszt un "parvenu de la gloire".Ce qu'ello prononça alors, elle l'a pensé beaucoup plus tôt.probablement malgré elle, et Liszt, quoiqu'il n'en ait jamais fait la confidence, dut souffrir de n'apporter que son génie dans cette corbeille de la passion.Ce génie, d'ailleurs, n'était pas La princesse Caroline Sayn-Witt-qenstein, avec sa fille la princesse Maria.Elle fut la grande inspira-trice de Liszt.encore pleinement exprimé.Liszt était un virtuose du plus haut rang ; mais lequel de ses fidèles prêtait attention à ses premières corn positions ?Dix années d'incertitude Bref, et jusque dans les plus beaux instants de cette union, il me semble qu'il s'est toujours glissé un malaise.Que Mme d'Agoult fût à Genève ou à Paris et quelles qu'aient été les amitiés et les prévenances dont elle était entourée, elle devait connaître ces froideurs par lesquelles les âmes vertueuses ou simplement sans courage se revanchent des audaces du coeur chez autrui.Elle devait connaître la jalousie : Liszt, dont la renommée grandissait sans cesse, ne repoussait pas, lorsqu'il était loin d'elle.les hommages offerts à sa gloire.Il avait voulu, avec beaucoup de dignité, subvenir aux besoins de son ménage, c'est-à-dire payer sur ses cachets toutes les charges nées avec ses enfants.On sait que la comtesse d'Agoult lui donna deux filles et un fils.Le fils mourut à vingt ans ; les deux filles vécurent, et l'une d'elles, Cosima.porta jusqu'à notre génération lo flambeau du génie musical, doublement confié à ses mains.Rien à reprocher à Liszt dans cette union du point de vue de la dignité.S'il fut Infidèle, c'est peut-être que la comtesse d'Agoult n'avait point su lui apporter la plénitude sentimentale à laquelle il aspirait.Elle lui avait peut-être laissé paraître involontairement le sentiment d'une mésalliance.Or, un homme comme Liszt ne pouvait être effleuré par l'amertume de l'infériorité.Sa nature n'admettait que l'enthousiasme, l'exaltation.Aussi bien cet enthousiasme renaissait-Il loin d'elle : il ne l'a jamais tant aimée qu'en lui écrivant.Et elle ne l'avait jamais si bien compris qu'en lui répondant.Cette correspondance porte encore toutes les blessures de l'amour : les cris qui y ont été poussés étaient si vifs, ils déchirent des fibres si délicates qu'il faudrait être bien Insensible pour ne pas être encore ému après un siècle.Mais la mémoire de Liszt ne sort pas diminuée par ces témoigna goB venus jusqu'à nous, tout brûlants des fièvres qui les inspirèrent pendant dix ans.Le romantisme exotique Durant ces dix années.Liszt avail mené plus ou moins une existence de tzigane errant, charmant l'Europe des résonances profondes de son talent.Cette manière de vivre, à vrai dire, le fatiguait : il n'était pas jusqu'à sa séduction même qui le lassait.Les espérances austères de sa jeunesse lui montaient parfois à l'âme en bouffées de regret.Qui donc, à présent, disciplinerait et faciliterait sa vie ?Quelle âme partagerait son rêve ?Quand les rêves no se sont pas réalisés, dirait la prêtresse de Delphes, c'est qu'ils n'étaient pas assez beaux.Celui de Liszt se réalisa.Un soir de février 1847, où 11 donnait à Kiev un concert au bénéfice des pauvres de l'Ukraine, 11 apprit qu'une dame de la ville avait payé son billet cent roubles.C'était la princesse Caroline Sayn-Wittgenstein.Demi-polonaise et demi-russe, mariée à un seigneur russe fort bel homme, mais qui no pensait qu'à chasser, elle s'était bientôt séparée d'un compagnon qui ne comblait aucune de ses aspirations.Elle était idéaliste et mystique et vivait, seule, au milieu d'une Immense propriété qu'elle peuplait do Bes rêves.Elle attendait l'inconnu.C'était Liszt.La princesse était libre, à la tête de terres considérables ; elle en réalisa une partie et suivit Liszt à Weimar, décidée à unir sa vie à la sienne.Us ne purent jamais se marier.Du moins, pendant douze ans, la princesse de Wiltgen steln fut-elle la compagne la plus attentive, la plus exaltante qui soit.Nommé directeur du théâtre de Weymar et maître the la chapelle grand-ducale.Liszt réinstalla tout de suite à Weîmar l'atmosphère enivrante et douce qu'on y avait respirée aux temps de Goethe et de Schiller.Libre enfin de s'exprimer à sa guise.Uszt allait donner le vol à ses facultés les plus hautes.La période de la virtuosité s'achevait pour la période do la création.L'époque glorieuse C'est à Weimar qu'il composa ses Poèmes Symphoniques.à Weimar qu'il libéra une inspiration contenue jusqu'alors dans les llml tes du clavier.Et, certes, Il avait nu en Imposer toutes les nuances au piano ; il avail su "élever le style pianlstlque à la hauteu; MONTREAL.JANVIER 1946 PAGE DIX-SEPT d'ouvrages religieux continuait de veiller su; Lisst quand il n'était paint là, s'entretenant avec sob plus chers élèves ou.encore, lui prodiguant ses conseils et ses Voeux.C'est sous son influence spirituelle et en retournant aux voeux de sa jeunesse qu'il entra dans les ordres, au mois d'avril 1865.Il devenait l'abbé Liszt jusqu'à sa mort, en 1896.Le prêtre-musicien Ces vingt et une années furent assez douces.Elles ne furent nullement une retraite.Lisst y déploya encore le meilleur de lui-même.Mais U avait exprimé sa fougue, il avait apaisé ses plus exigeantes ardeurs romanesques, il s'avançait dans des régions plus sereines, celles qu'il avait enviées lorsqu'il hésitait devant les premiers appels de la vie ou qu'il méditait à la Chênaie dans la compagnie de Lamennais.Peut-être avait-il cru aussi qu'il remplirait à Rome le rôle d'animateur qu'il avait tenu à VVelmar.Le pape ne lui en donna pas la joie.U partagea désormais son activité entre des compositions religieuses, des concerts, des séjours à Weimar, à Bayreuth, où il rejoignait sa lille Cosima et Richard Wagner, et des séjours à Budapest, dont, à partir de 1873, il dirigea le Conservatoire.Il continuait d'avancer, sereinement.vieillard blanchi, robe noire, entre des adhésions et des Ingratitudes.Fidèle au choix de sa vie.Caroline de Wittgenstein, avec une fidélité magnifique, lui gardait une admiration sans brisure."On ne comprend pas son génie, écrivait-elle.Usât a jeté sa lance bien plue loin dans l'avenir que Wagner 1 " Et, d'une certaine manière, c'était vrai, puisque nous nous sentons plus touchés aujourd'hui par sa grandeur humaine, par son universalité que nous ne le sommes par l'égoîsme ingénu et les vanités étroites de Richard Wagner.La fin d'un grand romantique Liszt, avant de mourir, connut une revanche, et c'est Paris qui la lui offrit.Il y vint au printemps de 1886.On joua sa Messe de Gran à Scdnt-Eustache et sa Sainte Elisabeth devant une salle comble, au Trocadéro.Il était accueilli dans un Paris où il ne trouvait plus aucune des relations de sa jeunesse, mais où 11 rencontrait une jeunesse qui com mençait à le comprendre tout entier.En quittant Paris, il regarjna Weimar, puis Bayreuth, où U allait assister à la représentation de Parsifal.Pendant la route, en chemin de fer.un couple monta, un jeune couple d'amoureux qui tendaient leurs visages au vent du soir.Liszt leur demanda doucement de relever la vitre ; mais eux.fort Insoucieux du désir de ce vieux prêtre, continuèrent à respirer l'air frais de la nuit.Ce qui rafraîchissait leur amour tua Franz Liszt.U arriva frissonnant à Bayreuth.Il put encore assister à des représentations de Tristan et de Parsifal ct puis il dut se coucher.Cosima le veilla plusieurs jours avec dévouement.Dans la nuit du 31 juillet au 1er août.U expira, en prononçant comme en un souffle le nom de "Tristan", c'est-à-dire, pour la dernière fols, la consigne de l'amitié.Franz Liszt nous a laissé une leçon d'une voleur singulière : celle de l'opiniâtreté dans la grundeur.II l'a remplie, celte leçon, d'un accent qui n'appartient qu'à lui.Gérard BAUER.du style orchestral".Mais il lui demeurait à exprimer par le moyen de la polyphonie tous les sentiments dont il avait rempli son existence.Il lui restait à accomplir la synthèse de la poésie et de la musique.C'est celte volonté originale, si parfaitement accordée à son naturel et aux aspirations de son temps, qui le guida durant cette période, la plus brillante de sa vie.U y servit en un même culte la poésie, la musique et l'amitié.Dans le salon bleu de l'Allenburg — la résidence qu'U occupait avec la princesse — et sur la scène de Weimar, il traduisit les aspirations de sa vie en réalités.Il eût pu simplement accomplir son oeuvre, et c'eût été déjà très beau ; mais il voulait mieux.Il voulait fleurir son siècle des beautés dont il le savait fécond.Marcel Proust, en un propos rapporté par M.de Hévecy dans son livre sur Liszt, a dit : "Liszt, grand génie et l'inventeur de tout ce qui fait la gloire des autres." Les grandes amitiés Il est vrai qu'il a renouvelé l'inspiration mélodique, qu'il a créé une facture harmonique nouvello, - dont Wagner allait faire un si grand usage.— mais il a.par surcroît reconnu, suscité, protégé le talent.A Welmar, se dépensant sans compter, usant de son pouvoir et du dévouement d'une compagne aussi fascinée qu'il l'était lui-même par les supériorités de l'esprit, il a fait représenter pou.-la première fois Tannhàuser, en février 1849, et Lohengrin, le 28 avril 1850.H a donné au Benvenuio Ce/fini de Berlioz l'éclat d'une revanche, créé ou dirigé au concert Egmonf de Beethoven, la Messe de Haendel, L'Enfance du Christ et la Symphonie Fantastique de Berlioz, le Faust de Schumann et Le Songe d'une Nuit d'Eté de Mendelssohn.Et comme si ces témoignages d'admiration et d'amitié avalent encore paru insuffisants ô son dévouement, il réconfortait Wagner à distance, partageait sa bourse avec lui l'argent qu'il gagnait car sa délicatesse lui avait interdit d'en recevoir aucun autre - - el rassurait d'un appui qui ne lui a, en e'Iet, jamais manqué.Satisfactions mystiques Liszt à Weimar, c'est beaucoup mieux qu'une page réussie de l'histoire de la musique, c'est un moment 1res noble de l'histoire des hommes.Il faut le recueillir et l'exaîtor pour donner un sens à notre existence, pour ne pas désespérer tout à fait de notro condition lorsque la violence et l'abject matérialisme l'emportent sur les suprématies de l'esprit.Qu'importe si Liszt ne fut pas compris tout de suite, si, pondant qu'il mettait en lumière le talent d'autrui, le public se refusait à sanctionner le sien ! Qu importe si sor.amitié fut quelquefois déçue, si Richard Wagner, notamment, ne répondit pas à tant de noblesse par uno noblesse égale ! Ces contrariétés ne donnent que plus d'éclat à l'autruisme de Franz Liszt.On comprend qu'après cette moisson de grandeur, Liszt ait cherché à terminer sa vi* dans un refuge immaculé.Trop de difficultés et jusqu'à l'autorité du papa s'étalent opposées à son mariage avec la princesse Wittgenstein.Leur union se défit, mais sans qu'aucune amertume en résultât.Bien au contraire.La princesse, qui s'était Installée à Rome et y rassemblait la documentation M.FRANK TAFT de Montclair (New-lersey), dont la collection de souvenirs sur Jean-Sébastien Bach et sa famille est la plus considérable du monde entier : 50 portraits de J.~S.Bach, manuscrits, éditions oriqinales, nombreuses biographies, 200 portraits de 5 générations de Bach, etc.JONQUIERE Plus heureux que les Montréalais, qui réclament depuis aï longtemps une salle de concerts, nous aurons peut-être la nôtre avant lonqtemps.A une récente réunion de citoyens, il fut en effet proposé de construire un centre municipal complet nvec salle de concerts de 800 à 1.000 sièges, ce qui serait suffisant pour une municipalité de 25.000 âmes.M Iules Bergeron el son orchestre ont donné au début de décembre, un excellent concert dans la salle de l'hôtel-de-villo.Mal heureusement, l'assistanco était trop peu nom breuse.Un chroniqueur lait remarquer avec raison que des comédiens populaciers eussent peut-être remporté plus de succès.Ce n'est pas que notre population manque de goût, mais c'est l'éducation du sens musical ct artistique qui manque.Grâce à Dieu, nous avons enfin une revue musicale ('Xe Passe-Temps"! pour nous aider à comprendre la belle musique.\JL Jfm L-A^ écrivez i?~ gPîLBERT F0URNIER 934 SI£ CATHERINE — MONTREAL PAGE DIX-HUIT LE PASSE-TEMPS De nos correspondants QUEBEC Au dire dea critiques, le récent récital des élèves du professeur Rolland-G.Gingras, de Québec, fut une très belle soirée artistique.Quelques jeunes pianistes ont des qualités évidentes, que le travail continuera à mettre en valeur.Nous avons remarqué Mlle Lucille Michaud.Mlle Françoise Fiset et Mlle Noella Tardif (qui sera soliste de la Symphonie de Québec, en février).Ces récitals d'élèves sont très recomraandables puisqu'ils donnent aux futurs artistes l'habitude du public.Nous regrettons de n'avoir pas parlé plus tôt de la belle fête d'amitié dont fut l'objet M.Louis Gravel, profiteur de -hant.Deux cents convives assistaient à ce dîner-concert, à l'hôtel Saint-Louis.Un grand nombre d'artistes prirent part au concert qui suivit le dîner, entre autres : MM.Edwyn Bélanger.Gabriel Cloutier.Lucien Ruelland, Emile Larochelle.Lucien Vandry, Raymond Cassette.N.P.Mlles Marie-Laure Drouin, Marguerite Lépine, Jeanne Paré, etc.ff ff ff TROIS-RIVIERES Le 13 novembre 1945.l'Orchestre Symphonique a célébré son premier anniversaire par un grand concert public sous la direction de M.Joseph Gellnas.Le programme comportait l'ouverture du Franc-Tireur de Weber.la Première Symphonie do Beethoven, la Marche Militaire de Schubert, les Scène» Bretonnes de Ropartz, la Polonaise de Chopin, le Sanq Viennois de J.Strauss.Ce concert était rehaussé par la brillante cantatrice Irène AUard-Moquin.Celle-ci a chanté la Gavoffe de Manon.Lamenf de Duparc.Jota de Falla.O Ravishing Delight* d'Arne, Alleluia de Mozart.Une salle comble a été témoin de cetto audition musicale.L'Orchestre Symphonique est un mouvement que les Trifluviens sont fiers de patronlser, main les connaisseurs reprochent à son directeur de choisir des pièces trop difficiles pour un Orchestre Symphonique â ses débuts.La Première de Beethoven a subi trop d'accrocs et la Polonaise n'a pas été un succès.On aurait beaucoup d'Intérêt à choisir des pièces d'un caractère moins clansique et d'inclure au pro-qramme plus de petites oeuvres courtes.Il paraît que le prochain concert nous réserve la Septième ou la Huitième de Beethoven.TI est encore temps de changer le menu.Jean Belland.violoncelliste, sera l'artiste invité.Les Trifluviens escomptent aussi qu'on ne tardera pas à inviter des chefs d'orchestre He l'extérieur comme Talbot, Vallerand, Bélanger, ff tf ff Les deux derniers concerta des "Rendez-Vous Artistiques" avec Roméo Jobin du Metropolitan et Isaac Stem, violoniste, un des meilleurs de la jeune génération, ont remporté un succès exceptionnel.Les Trifluviens ne cessent de parler de Jobin depuis.Roméo a créé une forte Imprennion sur son auditoire.A preuve, les disques enregistrés depuis par Jobin avec les Dlnciples de Massenet s'enlèvent rapidement aux Trois-Rivières et les marchands de musique ne cessent de renouveler leurs commandes.Le 27 novembre.Claire Gagnier a donné un magistral concert nu théâtre Capitol.Ce fut un triomphe exceptionnel pour la gentille et charmante cantatrice.Elle a fait salle comble et on ne se rappelle pas qu'un artiste ait chanté devant un auditoire aussi nombreux aux Trois-Rivières.Après le concert.Claire Gagnier a déclaré au représentant du "Passe-Temps'' qu'elle se destinerait de préférence à la carrière des concerts plutôt qu'à l'opéra.En effet.Claire Gaqnier sera plus à l'aise au concert qu'à l'opéra.Le volume de sa voix ne lui permettra pas de rivaliser avec la puissance dos oichestres et elle s'épuifo-ralt à la longue.En concert.Claire Gagnier crée une excellente impression.Elle a chanté à ravir devant ses concitoyens.Son programme comprenait dos extraits de Haendel.Mozart, Schumann.Brahms.Rossini.Grieg.Fauré, Donizetti, Ropartz, Chopin.Gounod, Schubert.une La fête de la Sainte-Cécile a été célébrée avec éclat par les Chorales de la Cathédrale et de Notre Dame, à la Philharmonie de La Salle et à L'Union Musicale.Chacune de ces institutions musicales a donné un concert ou rendu des messes en polyphonie.L'Union Musicale avait invité le fameux saxophoniste et clarinettiste.Al Gallodoro.de New-York.tf ff ff Le baryton Verdi (Jean-Paul Filion.de Montréal) a été entendu en concert au Cap-de-la-Madeleine, à Shawinigan el au Séminaire des Trois-Rivières, Agé de 25 ans.Filion est un démobilisé qui s'est lancé dans l'étude du chant depuis six mois.C'est une trouvaille superbe de Mademoiselle Laure Bailly.de Montréal, Filion possède un timbre de voix extraordinaire, d'une robustesse, d'une force et d'une puissance qui dépasse l'Imagination.Si ce jeune homme persiste à travailler sérieusement durant cinq à six ans.H ira très loin.Au Séminaire, il a pris part à un concert donné par la Chorale de cette institution sous la direction de l'abbé J.-G.Turcotte.On y a entendu un concert de chants de Noël harmonisés par le même abbé.Filion a été soliste à diverses reprises.Certaines gens ont reproché à Filion de s'être lancé sur la scène trop à bonne heure et on l'a même traité d'imposteur.On a mal compris la situation de Filion et c'est un affront dirigé à un soldat qui vient de com battre sur les champs de bataille d'Europe.Pour poursuivre des études, il faut le nerf de la guerre et on ne saurait faire injuro à Filion d'avoir pris ce moyen quand tant d'autres le font et n'ont même pas son talent et ses capacités.Filion a droit à la reconnaissance populaire et ce n'est pas le temps do lui créer des embûches, alors qu'il faut l'aider, ff ff f M.Louis-Philippe Poisson a été élu président de la Chorale Notre-Dame des Trois-Rivières.Au Thé Musical des Dames, le 21 décembre dernier, se sont fait entendre Liliane Duval et John Allen, élèves d'Irène Allard-Moquin.ff # ff M.J.-Antonlo Thompson, organiste à Notre Dame, directeur de la Philharmonie de La Salle et du Choeur Mixte, vient de faire éditer une Messe des morts à deux voix égales d'une facture merveilleuse.Cette messe est basée sur le thème grégorien.L'auteur l'a corn DAVIDSON & ROBERTSON COURTIERS EN VALEURS Membres Montreal Stock Exchange Montreal Curb Market Spécialistes en valeurs nunières 266 ouest, rue Notre-Dame MONTREAL (1), QUÏ.PLatemu 3971 Succursale à l'hitel Windsor d* HOUYN posée en quelques heures seulement.Les maitreB de chapelle seronl certes contents do I'ajoutei à leui répertoire pour usage opportun.M.Thompson a aussi composé une pièco gracieuse pour piano, Récits léqcndairos.d'Inspiration remarquable.C'esl une composition qui mérite de passer au grand concert.A.L.G.PIANISTES - GUITARISTES SYSTEME n m d rr e n 'BR55E; j RECORD Un des UO accord* du système ANDREX pour piano.SENSATIONNELLE Méthode d'Accompagnement contenant • Cent trente accords et plus vous permettant de Jouer et d'accompagner n'importe laquelle de vos chansons favorites sont contenus dans le SYSTEME ANDREX pour PIANO.GUTTABE HAWAÏENNE et ESPAGNOLE.e Système visuel MODERNE.RAPIDE vous indiquant par des explications claires et précises tout ce que vous aves à laire SOIT PAR PRINCIPES OU PAR OREILLE.VOUS NE POUVEZ VOUS TROMPER.e Indispensable à tous ceux qui veulent améliorer leur |eu sur leur instrument.Prix par poste : PIANO $1.25 GUITARE HAW.ESP.$2.00 Commandes téléphoniques et C.O.D.acceptées.Adresses vos envols comme suit : ANDRE VADEBONCOEUR.254 est.Ste-Catherine.app.13.Montréal.P.Q.Pour leçons privées par l'auteur même : MArquette S17S.MONTREAL.JANVIER 1946 PAGE DIX-NEUF ¦s?-.-;^ IL Y A 50 ANS Crépuscule parisien L'ORGUE DE BARBARIE .Puis loul à coup, ainsi qu'un ténor eltaré Jetant dans l'air bruni son cri désesépéré.Son cri qui se prolonge et se lamente et crie.Eclate en quelque coin l'orgue de Barbarie.U brame un de ces airs, romances ou polkas, Qu'enlant nous tapotions sur nos harmonicas Et qui tont, lents ou vils, réjouissants ou tristes.Vibrer l'âme aux proscrits, aux femmes, aux artistes.C'est écorchè, c'est faux, c'est horrible, c'est dur Et donnerait la lièvre à Rossini, pour sûr ! Ses tires sont traînés et ses plaintes hachées; Sur une ciel de soi impossible juchées.Les notes oni un rhume et Jes do sont des la-Mais qu'importe ! l'on pleure en entendant cela! VERLAINE.DANS •rjl'raiim.M'us,'qui Chronique du temps passé REEDITIONS • Lacrymosa Dies Ilia - (TOUR DE LARMES) Musique en feuilles mu,iqU« do L.DAVELUT .25c • Au Ciel ! au Revoir I pour suivie»! funéraire* musique de S.PROVOST .40c • René Valse .«>c • Espérons, marche -
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