Le passe-temps, 1 janvier 1946, v. 52, no 898
^pajje -GJempj REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 LE PASSE-TEMPS s'adresse aux musiciens intelligents, et qui ont du goût.Ils ne mépriseront certes pas une bonne et honnête chanson (si elle est bien faite), mais ils trouveront leurs plus hautes satisfactions dans les oeuvres des maîtres : et souvent les oeuvres les plus courtes comptent parmi les meilleures.La collection du nouveau "Passe-Temps" fournit aux musiciens un répertoire choisi, dont ils ne peuvent se dispenser.La preuve, c'est le Dr Jean Persijn qui nous la fournit dans ses admirables "Réflexions sur la Musique" : "La musique d'Arcangelo Corelli est comme une gorgée d'eau fraîche pour notre palais fatigué." (Dans "Le Passe-Temps" de décembre 1945 : un Prélude de Corelli.) "Beethoven est le dernier sommet d'une chaîne de géants." (Dans "Le Passe-Temps" d'avril 1946 : une Bagatelle de Beethoven.) "Indomptable et doux Mozart, vous serez toujours l'ami des âmes fières et désolées ! " (Dans "Le Passe-Temps" d'avril 1945 : une Berceuse de Mozart.) "En jouant Bach et Beethoven, on se sent à la fois si grand et si petit ! " (Dans "Le Passe-Temps" de mars 1945 : un Aria de Bach, extrait de la Suite d'orchestre en Ré.) Et nous pourions continuer : n'avons-nous pas donné à nos lecteurs — tous gens de goût — des oeuvres de Tschaikowsky, Schumann, Heller, Schubert, Brahms, Haendel, etc.?Citons encore le Dr Persijn : "N'ergote pas sur la musique : joue et tais-toi".Et encore : "Aucune critique n'a jamais rien appris à personne".C'est pourquoi "Le Passe-Temps" croit utile de procurer aux musiciens et amateurs de musique des pages de lecture aussi instructives que vivantes et intéressantes."Nulle musique n'est si douce à l'oreille que le son de la voix de nos enfants." C'est à eux — et aux grands enfants que nous sommes tous — que nous dédions chaque mois de belles chansons françaises ou canadiennes et les plus beaux airs de notre folklore.SOMMAIRE MAI 1946 — No 898 MUSIQUE THEMES ET VARIATIONS .2.3 ALEXANDRE SCRIABINE, par Alfred LALIBERTE .4 FREDERIC CHOPIN .votre professeur de piano par Edouard-C.-N.LANCTOT S A propos de "JE NE VEUX PAS ME MARIER", par Marius BARBEAU .5 LE ROMAN MUSICAL DE VIENNE par André RIVOLLET .6 50 ANS DE MUSIQUE FRANÇAISE (Suite) par Henri ERICHSON .7 POT-POURRI.8 ALBUM MUSICAL .10 à 18 LA MISE EN SCENE DE "MALBROUGH S'EN VA-T-EN GUERRE" par Gustave FERRARI .15 LE CHANT CHEZ LES GUIDES par Claire DUTRISAC .19 SOIR DE PLUIE.Poème inédit de José MENDEVILLE .21 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS" .21 LES BELLES LECTURES .22.23 EXERCICES D'ARTICULATION par I.-L.GONDAL .23 LES MOTS CROISES.24 CURIOSITES DU VASTE MONDE 27 ART ET BEAUTE PETITE HISTOIRE DES CARTES A JOUER par Gisèle d'ASSAILLY .28 MODES DE PARIS .30.31 BEAUTE ET PREVOYANCE .32 Autorisé commo matière de seconde classe par le Ministère des Postes.Ottawa."LE PASSE TEMPS" est publié mensuellement par les Editions du Passe Temps, (Inc.).627 ouest, rue Dorchester.Montréal 2.— Téléphone : MArguette 9905.Il est Imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou non, ns sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST ; rédaction : ROLAND PREVOST.— TARIF DES ABONNEMENTS : Canada : $2.00 pour douxe mois : S3.75 pour vingt-quatre mois.Etats Unis : S2.25 pour douse mois.Autres pays : $2.50 pour douze mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue, il laul avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique on feuilles.MONTREAL.MAI 19« PAGE UN Thèmes et Variations L'homme à la barbe fluviale Pour les séances de fin d'année scolaire Sans tomber dans l'admiration béate de tout ce qui nait sous la calotte du ciel laurentien.il est bon de témoigner quelque encouragement à nos compatriotes qui font preuve d'une valeur certaine.Il fut un temps où l'on ne distribuait aux élèves méritants que des ouvrages insipides imprimés en France.Une reaction vint et il semble bien que l'on exagère parfois dans l'autre sens : sous prétexte d'encourager le livre canadien on donne en certains endroits d'authentiques niaiseries ou des ouvrages choisis par le "crieur" du bingo voisin.Le jeune et glorieux récipiendaire les lira-t-il ?Pourquoi poser une question aussi saugrenue ?.Préambule hors-de-propos d'une petite réclame en faveur de la musique canadienne dans les séances scolaires.Nos compositeurs, gens modestes, parfois trop modestes, ne demandent qu'une minime place sur le bout d'une chaise.Que l'on joue partout une oeuvre canadienne ou que l'on chante un air de folklore bellement harmonise, et nos compositeurs seront heureux même s'ils n'en sont pas plus riches.Notre conscience nous force à dire, toutefois, qu'en beaucoup de maisons d'enseignement on accorde de plus en plus d'attention à nos musiciens, mais cela devrait se faire partout.A ce sujet, que l'on nous permette de proposer la charmante valse que nous publions en primeur dans le présent numéro : Tendresse, sous la signature de notre excellent compositeur et chef d'orchestre Hector Gratton.C'est une oeuvre classique de forme, où l'on sent l'influence folklorique.Nous recommandons également une autre composition d'Hector Gratton.parue en primeur dans "Le Passe-Temps" de septembre 1945 : La joie de vivre, délicieux scherzino-valse.Interprétées dans le rythme voulu, ces deux oeuvres de chez nous peuvent s'inscrire avec avantage au programme des sécn ces de fin d'année scolaire.Aux professeurs de mus'que d'y penser.De même doivent-ils faire connaître les harmonisations de chansons de folklore que "Le Passe-Temps" publie chaque mois.Ces harmonisations de M.Alfred Laliberté sont le fruit de plus de vingt années de travail et de recherches.L'auteur de La Valse des Lilas Plusieurs lecteurs et leclrices nous expriment leur satisfaction de voir reparaître parfois, dans "Le Passe-Temps", des mélodies populaires d'cutrefois.La Valsé des Lilas, rééditée dans notre dernier numéro, a particulièrement été appréciée.A la demande d'un correspondant, nous donnons volontiers quelques notes sur l'auteur de cette chanson.Georges Milo a passé plusieurs années à Montréal, comme professeur de solfège, violon, viola el piano.Il a joué dans les meilleurs orchestres de la Métropole.En France, il a remporté la palme dans plusieurs concours de composition.Il a surtout composé de la musique religieuse, et l'on a dit grand bien d'une Messe à 3 voix et d'un Mystère en 12 tableaux."Le Passe-Temps' 'a publié un nombre considérable de ses romances.Mlle MADELEINE RAYMOND, pianiste, que Ton a entendue dans de nombreux programmes radiophoniques : "Détentes", "Mademoiselle au piano", "Les artistes de demain", et autres.Mlle Raymond a composé plusieurs oeuvres très intéressantes : "Suite de scènes d'enfants", "Idylle", "Danse sauvage", "Etudes", "Ballade sur Teau", etc.Elle donnera son premier récital public, le 13 juin, lors du Congrès des Médecins de langue française, à Québec.(Composifion photographique de Evariale Desparala) Il y eut 106 ans le 14 mai que naissait à Lachine Dominique Ducharme dont l'influence devait être considérable sur le monde musical québécois.Dans une histoire de la musique canadienne, il fait figure de patriarche, avec son abondante barbe, qui rendait encore plus imposante sa haute taille et sa carrure d'athlète.Personnage intéressant qu'un bon bionraphe devrait bien un jour nous faire connaître davantage.Car les anecdoles fourmillent sur son comp te.Au XIXe siècle, rares sont les musiciens canadiens qui eurent le bonheur de passer cinq années à Paris et de connaître Liszt, Saint Saëns, Rossini et autres grands hommes du temps.Excellent professeur de piano, — il a formé entre autres Emiliano Re naud.Dominique Ducharme était en outre organiste à l'église du Gésù, à Montréal, où lui succéda notre distingué collaborateur M.Arthur Letondal.actuellement organiste de la Cathédrale de Montréal.Le grand luthier Paul Kaul M.Henri Erichson, le correspondant du "Passe-Temps" à Paris, nous a fait parvenir un excellent article sur le grand luthier français Paul Kaul ; nous le publierons dans notre prochain numéro.A ce propos, rappelons que M.Ulysse Salme, gérant du département des instruments de musique chez Edmond Archambault, a étudié nendant six mois dans l'atelier de Paul Kaul, où il a appris la mise au point des instruments ; tous nos meilleurs violonistes profitent de sa riche expérience.Qui ?Quand ?Comment?Où?1.— Quel célèbre compositeur espa- gnol a quitté récemment son pays pour entrer dans un monastère en Argentine ?2.— Quand, où et par qui fut com- posé l'hymne national "O Canada" ?3.— Quelle est l'origine du mot "concert" ?4.— A qui s'applique l'expression "le Lamartine de la musique" ?5.— Quel pianiste canadien-français fut le premier à donner un récital à Montréal ?6.— Quel est le pluriel des termes suivants : solo, allegro, concerto ?(Voir réponses à la page 24) PAGE DEUX LE PASSE-TEMPE Forgeron et luthier La réalité rejoint souvent la fiction.On n'a pas oublié l'histoire pathéti que que nous a racontée le cinéma français dans Regain de Pagnol : le dernier habitant d'un hameau perdu, qui s'obstine à se cramponner à des ruines désertes.C'était aussi l'histoire, réelle celle-là, de Thomas Halbert, qui vient de mourir à l'âge de 92 ons.Bensville, en Ontario, avait connu la prospérité.Puis, peu à peu, les moulins cessèrent de tourner, faute de bois, les hôtels fermèrent, faute de clients.Mais le vieux Halbert tenait bon et, malgré la rareté croissante des chevaux, il restait "le" forgeron.Et ses loisirs toujours plus nombreux, il les occupait à fabriquer des violons, que l'on dit excellents.On en trouve partout en Ontario.Bel exemple de fidélité que celui-là : le vieux Halbert a du moins, dans ses violons, laissé derrière lui une preuve tangible d'un idéal bien rare de nos jours : celui du travail bien fait, qui est la marque des vieux artisans.La musique canadienne à l'étranger Un chroniqueur musical se plaignait, il n'y a pas longtemps, de ne pouvoir constituer un seul programme de musique canadienne-française.Il n'avait pas éclairé sa lanterne, ou peut-être subissait-il ce jour-là une crise du foie.Pour le programme que Jean Beaudet vient de diriger, le 13 mai, au festival de musique de Prague, on Tchécoslovaquie, il y avait des oeuvres — fort présentables assurément - de six Canadiens dont trois Canadiens de langue française : Claude Champagne, Georges-Emile Tanguay et Maurice Blackburn.Félicitations au chef d'orchestre ; félicitations aux auteurs.L'opéra à la Radio M.Roger Daveluy.animateur du questionnaire des entr'actes de l'Opéra du samedi transmis par Radio-Canada, et M.Raymond La-plante, qui sera l'animateur lors de la prochaine saison, ont constaté que.plus qu'ailleurs, les auditeurs de la région de Québec et du Bas-Saint-Laurent s'intéressent particulièrement à ces émissions.Sur une centaine de lettres reçues chaque semaine, bien peu viennent de la région montréalaise.Faut-il croire qu'ici l'opéra compte peu d'admirateurs .ou les fidèles du drame lyrique préfèrent-ils se rendre aux spectacles mêmes qui se donnent à Montréal ?Une autre Canadienne à l'honneur Musiciennes et chanteuses sont en passe de récolter de si beaux lauriers qu'elles feront bientôt rougir de honte nos artistes que l'on dit du sexe fort.Partout, à New-York, à Montréal, à Toronto, de gentilles Canadiennes font reconnaître leur beau talent, et reçoivent la récompense de leur travail.Et voici qu'à Philadelphie, une autre Canadienne, Aline Dansereau, fille du violoncelliste Napoléon Dansereau.de Montréal, vient d'obtenir une bourse de cinq années d'études au Curtiss Institute ; sa belle voix de mezzo-soprano, jointe à ses connaissances musicales (Mlle Dansereau est également pianiste) lui valurent d'emblée un verdict très favorable d'un jury sévère.Nos sincères félicita lions.Le scepticisme de Jehin-Prume Le 29 mai sera le 47e anniversaire de la mort de Frantz Jehin-Prume, violoniste virtuose belge qui avait remporté de très grands succès dans le monde entier avant de venir s'établir à Montréal.Dans ses derniers jours, il disait à ses amis qui lui rappelaient ses triomphes : "Les virtuoses sont comme les cigares : quand on les fume on ne trouve pas assez d'expressions pour les vanter, si toutefois ils sont bons.Mais aussitôt qu'ils se sont évanouis, on les a bientôt oubliés.Artistes que nous sommes, quelques-uns sont grands après leur mort, d'autres obtiennent des triomphes durant leur vie, mais à peine sont-ils disparus qu'ils sont oubliés." Au moment d'aller sous presse, nous apprenons le magnifique succès remporté à Toronto par Mlles Simone Flibotte et José Forgues.Nos félicitations.PETER SMITH.d'Ottawa, gagnant du Prix Archambault pour le piano.Elève depuis quatre années de Mlle Gladys Barnes.Peter Smith travaille avec acharnement, d'abord parce que le piano est pour lui sa raison de vivre, ensuite parce qu'il veut devenir pianiste de concert.Ses compositeurs préférés sont Bach.Beethoven.Brahms, et Rachmaninoff ; pour lui, Serkin et Schnabel sont les meilleurs pianistes virtuoses.Chose curieuse, dans la famille de M.Smith, lui-même musicien convaincu, on ne trouve aucun musicien.A Mlle Simone Rainville et à M.Pet reux d'offrir ses plus sincères félicite Mlle SIMONE RAINVILLE.de Québec, gagnante du Prix Archambault pour le chant.Elève, d'abord, de M.Emile La Rochelle, et actuellement de la Rév.S.Marie-Louise-Andrée et de M.Roger Filiatrault (Ecole Supérieure de Musique d'Outremont), Mlle Rainville étudie en outre toutes les matières nécessaires à une solide formation musicale.Elle suit aussi les cours a"art dramatique de Mme lean-Louis Audet.Les auteurs qu'elle prêtère interpréter : Bach, Brahms.Wagner, Fauré et Debussy.r Smith, "Le Passe-Temps" est heu- MONTREAI., MAI 1946 PAGE TROIS ALEXANDRE SCRIABINE MUSICIEN GENIAL.HOMME ETONNANT ALEXANDRE SCRIABINE .d'après le peintre russe Pasternack.Par une coincidence peut-être significative.Alexandre Scriabine et Nicolas Medtner naquirent tous deux à Moscou et le Jour de Noël, le premier en 1871 el le second en 1879.La mère du Jeune Scriabine, pianiste remarquable, étant morte alors qu'il n'avait que deux ans, il fut confié à sa grand-mère paternelle et à une tante qui lui enseigna les éléments musicaux.Compositeur-enfant Vers 10 ans, alors qu'il fréquentait l'Ecole Militaire, il reçut ses premières leçons de piano du célèbre G.-E.Con us (père de Georges, Jules et Léon, tous trois musiciens de renom).Plus tard, il devint l'élève de Zvérelf (avec qui Rachmaninoff étudiait déjà) pendant qu'il abordait l'étude des matières théoriques sous la direction du plus grand théoricien de la Russie : Sergei Tanelev.En 1888, déjà brillant pianiste.11 s'inscrivit au Conservatoire de Moscou où il travailla le piano avec Safo-noff.le contrepoint avoc Tanelov et la fugue avec Arensky.Ce dernier ne sut malheureusement pas reconnaître lo génie do son Jeune élève qui ne pouvait évidemment pas se contenter de fréquenter les seuls sentiers battus ; Scriabine s'aliéna à tel point la sympathie de son maître qu'il dut quitter le Conservatoire avant d'y avoir terminé ses éludes de composition.Il avait alors vingt ans.Déjà il avait écrit bon nombre d'oeuvres dont plusieurs furent publiées à Moscou, en 1893, par Jiirgenson (Op.1.2 et 3Ï.Quand on sait que ces Nos d'oeuvres furent composés avant qu'il ait dix par Alfred LALIBERTE ans.on s'émerveille devant ce prodigieux enfant qui sut concevoir et réaliser des oeuvres d'une telle maturité.Bien que l'on y reconnaisse l'influence de Chopin, elles laissent déjà pressentir le Scriabine de l'avenir.Ces premiers essais sont poétiques, frais, profonds même, et d'une écriture parfaite.A travers r Europe Dès sa sortie du Conservatoire, le Jeune musicien fit la connaissance de Belaieff qui, ayant entendu quelques études de l'Opus 8.- en particulier celle que le public a baptisée du nom de "Pathétique" (en Ré dièse mineur), et la première Sonate, — lui offrit un contrat pour la publication de ses oeuvres.Sur ce, Scriabine décida de se consacrer à la composition.Mais au même moment Belaieff organisait pour son Jeune protégé une tournée de concerts à travers l'Europe.Scriabine donna son premier récital à Paris le 15 Janvier 1896.Son programme était entièrement consacré à ses propres oeuvres (Il avait déjà une centaine de pièces à son crédit, dont trois sonates).Le public et la critique le reçurent avec un enthousiasme si étonnant que, de retour en Russie, l'accueil un peu moins chaleureux qu'on lui fit l'affecta au point qu'il crut bon d'accepter une classe de piano au Conservatoire.Il y resta pendant cinq années, au cours desquelles 11 négligea fatalement quelque peu son travail de compositeur.Cependant c'est à cette époque que sa 1ère Symphonie avec choeur fut terminée et présentée au public de sa ville natale par son maître Safonoff (qui était devenu le champion do la musique de son élève), de même que par Liadow.Poète et philosophe Comme Wagner, — par qui il lut à un moment de sa vie fortement influencé, — Scriabine était poète, philosophe, esthéticien et psychologue, en plus d'être compositeur et planiste transcendant.11 écrivit lui-même le texte du choeur final de cette symphonie» dans laquelle il identifie le but de toute religion avec celui de l'Art unique.C'est un hymne de louange à l'Art qui sert de lien éternel entre tous les peuples et toutes les races de la Terre.Un peu plus tard, la Société Impériale de Musique russe présenta la 2e Symphonie, encore sous la direction de Safonoff.En 1903, afin de se vouer plus entièrement à la composition.Scriabine quittait le Conservatoire, terminant ainsi sa carrière pédagogique.Il ne fit qu'une seule exception par la suite et j'eus la bonne fortune que ce soit en ma faveur.En quittant son Aima Mater, Scriabine rencontra un mécène.Madame Morozoff, qui lui assura une pension annuelle de 2,400 roubles (SI.200).Ce revenu inespéré lui permit de voyager en Europe avant de s'installer en Suisse où il composa sa 3e Symphonie (Le Divin Poème) qui, aussitôt terminée, fut Jouée à Paris sous la direction inégalable d'Arthur Nikisch.avec un succès immense, mais coû- teux.Les dépenses qui s'élevaient à 3,000 roubles furent payées par la généreuse Madame Morozoff.Le Divin Poème et Le Poème de YExtase En 1906.Scriabine vint faire une tournée en Amérique, n'Inscrivant à ses programmes que ses propres oeuvres.Au cours de cette saison, l'orchestre russe de New-York, dirigé par Modeste Altschuler.présenta la Rêverie, les deux premières Symphonies, le Concerto de piano (avec l'auteur comme soliste) et enfin Le Divin Poème.Comme presque toujours, le public qui ne ménagea pas son enthousiasme eut raison contre la critique réservée surtout vis-à-vis une oeuvre novatrice comme l'était alors Le Divin Poème.Scriabine retourna à Paris pour prendre part à un grand festival de musique russe.Sa 3e Symphonie y fut de nouveau présentéo par Nikisch, de même que son Concerto, avec Josef Hofmann au piano.Puis il retourna en Suisse, à Béatenberg d'abord, ensuite à Lausanne où il se fixa.C'est là qu'il termina son admirable Poème de l'Extase et sa 5e Sonate.On peut imaginer quel fut mon bonheur lorsqu'il me fit don des manuscrits originaux de ces deux chefs-d'œuvre I De Lausanne, Scriabine alla s'établir à Bruxelles.C'est là que je devins son élève et le compagnon régulier de ses promenades journalières.J'avais déjà découvert sa musique avant mon premier départ du Canada (Suite à Ja page ringt-slx) L'un des nombreux manuscrits de Scriabine appartenant à la collection de M.Alfred Laliberté.PAGE QUATRE LE PASSE-TEMPS FREDERIC CHOPIN, votre professeur de piano.Chopin n'a pas laissé de méthode.Il y avait songé.Au mois de mai 1849.malade et très affaissé, il brûla ses manuscrits.Il essaya alors de rédiger une méthode de piano qui resta à l'état de projet.Le 16 octobre, veille de sa mort, ayant recou vré faiblement l'usage de la parole, il dit à ceux qui l'entouraient : "On trouvera beaucoup de compositions plus ou moins esquissées ; je demande, au nom de l'attachement qu'on me porte, que toutes soient brûlées, le commencement d'une 1 FREDERIC CHOPIN méthode excepté, que je lègue à Alkan et Reber pour qu'ils en tirent quelque utilité".Chopin fut un excellent professeur de piano.Il forma plusieurs pianistes célèbres dont la princesse Mar-celline Czartoryska, la plus brillante et la plus authentique des élèves féminins du maître, et Georges Mathias, pour n'en nommer que deux.Pour Chopin, une bonne technique n'avait pas pour but de tout jouer avec une sonorité égale, mais d'acquérir une belle qualité de touche afin de nuancer d'une manière parfaite."Pendant longtemps, disait-il.les pianistes ont travaillé contre la nature en cherchant à donner une sonorité égale à chaque doigt.Au contraire, chaque doigt devrait avoir sa propre partie.Le pouce a la plus grande force, parce qu'il est le pluB gros et le plus indépendant des doigts.Vient ensuite le cinquième.à l'autre extrémité de la main.Puis l'index, son support principal.Enfin, le troisième, qui est le plus faible des doigts.Quant à son frère siamois, certains pianistes essayent, en y mettant toute leur force, de le rendre indépendant.C'est chose impossible et vraisemblablement inutile.Il y a donc plusieurs espèces de sonorités, comme il y a plusieurs doigts.Il- s'agit d'utiliser ces différences.Et ceci, en d'autres mots, est tout l'art du doigté".Chopin avait inventé un système de doigté à lui.Et en voici un exemple parmi plusieurs.Nous savons que le doigté le plus généralement adopté pour la gamme chromatique et les variantes à la tierce, à la sixte, à la dixième, par mouvement contraire, consiste à placer régulièrement dans cette succession par demi-tons le troisième doigt sur toutes les touches noires aux deux mains, que la gamme soit ascendante ou descendante.Mais Chopin préconisait plutôt l'emploi du deuxième doigt, par Edouard-C.-N.LANCTOT du troisième, du quatrième pour utiliser un plus grand nombre de doigts sans passer le pouce.Cette modification ingénieuse peut exceptionnellement s'employer dans les passages rapides et légers.Toutefois, c'est aux professeurs expérimentés, aux élèves attentifs et chercheurs du mieux, à trouver l'application convenable de ces différents procédés.Pour donner à la main une position avantageuse, Chopin la faisait jeter légèrement sur le clavier de sorte que les doigts s'y appuyassent sur le mi.le ta dièze.le sol dièze, le la -dièze et le si.Telle était, à son sens, la position normale.Sans en changer, il faisait faire des exercices destinés à donner l'indépendance et l'égalité des doigts.Puis il mettait ses élèves au staccato, pour leur donner la légèreté, ensuite au stac-cato-legcto.enfin au legato accentué.Cependant, nous estimons que le jeu lié est l'une des principales qua- (Suite à la page vingt) A PROPOS DE Je ne veux pas me marier "Je ne veux pas me marier" a été prise dans The Journal of American Folklore.Janvier-Mars 1919.Voici le deuxième et le troisième couplets.J'ai publié cette même chanson danB une autre mélodie dans le ROMANCERO DU CANADA, Pages 239-241.1.(Voir musique page 14) accent de sincérité que ne connaît guère la candeur virginale.Hâtons-nous de le dire, l'Homme sans tête a bien l'air d'une chanson de mau-mariée — une de plus, et il n'en manquait pourtant pas ! - qui s'esl faufilée à dessein dans des sentiments inaccoutumés, pour mieux faire scandale.Quand /'entends parler ces lilies qui voudraient se marier ! Oh I grand Dieu, quelle folie d'engager leur liberté ! 2.La première année se passe ; la seconde, comm' ci, comm' ça.La troisième, on se dispute ; la quatrième, on se bat.Les maumariées A en croire les chansons, le mariage n'est pas toujours couronné de félicité.La poésie des amours multiplie ses effusions, il est vrai ; mais elle ne connaît que les transports prénuptiaux.La Muse n'a que faire du bonheur conjugal, silencieux de sa nature.Les naufragés du mariage se complaisent à crier leurs déboires sur les toits.Non pas qu'ils s'attendent à beaucoup de sympathie, mais le rire amer ou le sarcasme même offre un soulaqement.D'où vient l'amertume de cette oetite querelleuse de la chanson qui se flatte si fort de ne pas se hâter ?Ses épigrammes sur les hommes et sa dénonciation du mariage ont un Il ne fcut pas croire que cette maumariée en est à ses premières agaceries, loin de là ! Sa critique amusante se continue depuis au moins trois siècles, pour ne pas dire davantage.Elle nous vient sans doute de France — dont les recueils, cependant, ne semblent p;s la contenir.Mes collaborateurs, le Père Archange, feu Jules Tremblay, MM.E.-Z.Massicotte, Jean Lemieux et Mme C.Cyr m'en ont communiqué sept versions qui varient légèrement entre elles.J'en conclus qu'elle a eu droit de cité parmi nous dès les premiers temps, depuis Montréal jusqu'à la Baie-de-Chaleur.Marius BARBEAU.MONTREAL.MAI 1946 PAGE CINQ Sur les rives du Danube bleu Le roman musical de Vienne Vienne, capitale de la musique, a le double privilège d'avoir vu naître au bord de ce Danube qui — soit dit en passant n'est bleu que quatre jours par année, aussi bien la musique surhumaine de Mozart, de Beethoven et de Schubert que le tournoiement léger de la valse avec les trois générations de Strauss.En effet un climat particulier favorise, à Vienne, l'éclosion du génie.Pour ces palais de style rococo aux lignes tourmentées, on semble avoir voulu assouplir le marbre lui-même et matérialiser ce mot de Goethe : "L'architecture est une musique immobile".Que de souvenirs charqés d'évocations musicales nous viennent aussitôt à la mémoire quand nous entendons ce mot : Vienne !! Je me contenterai de choisir un moment musical qui, à trois reprises, influencera typiquement Mozart, Beethoven et Schubert, les trois titans de la musique composée à Vienne.Mozart y arriva de Salzbourg à l'âge de sept ans.Invité au palais impérial, il est présenté à l'impératrice Marie-Thérèse, aux petites archiduchesses Marie-Caroline et Marie-Antoinette, la future reine de France.L'enfant prodige, intimidé, s'embarrasse dans son épée minuscule et tombe sur le parquet, aux grands éclats de rire de Marie-Caroline.Par contre, Marie-Antoineite déjà et toujours gracieuse, se précipite vers l'enfant, lui tend la main et le relève.- Mademoiselle, dit Mozart en rougissant.Vous êtes plus gentille que votre soeur.Je vais travailler en pensant à vous et je vous épouserai.quand je serai grand.On peut dire que, dès ce jour, il était fiancé à la gloire.C'est peut-être en pensant à Marie-Antoinette qu'il fit passer dans La Flûte Enchantée les ébats joyeux des djinns et des lutins qui hantent le Wiener-walde, la forêt voisine de Vienne.Muré dans son implacable surdité, Beethoven, lui, ne les entendit pas.et je ne connais rien de plus émouvant que ce concert où, pour la première fois, Beethoven conduit la Neuvième SymDhonie.Le beau contralto de Caroline Hunger s'y faisait entendre.Le public de Vienne éclata en applaudissements, mais l'auteur n'entendit ni les bravos ni les rap- par André RIVOLLET pels.La chanteuse, alors, lui touchant le bras, l'oblige à se retourner vers le public.Beethoven voit les mouchoirs battant l'air, les mains tendues vers lui, les spectateurs exprimant leur admiration par des acclamations enthousiastes.Hélas ! elles restaient muettes pour lui seul ! Cette opposition entre la vie jeyeuse et l'homme de génie enfermé dans son désespoir et son isolement, n'est-ce pas l'image du travail humain qui crée l'oeuvre surhumaine, dans la douleur ?Le troisième titan, Schubert, aime, souffre et avec quelle violence ! Car cet amour qu'il savait si bien chanter, il n'en connut jamais que l'amertume.Il croyait oux serments des sentimentales Viennoises qu'il emmenait, le dimanche, dans ces guinguettes aux noms pittoresques : L'Escargot Peureux, Le Loup qui pêche les Oies.Mais ces faciles conquêtes qui se riaient de son physique lourdaud n'avaient pas deviné le coeur brûlant de Franz.Un jour, il composa une symphonie que les rires de la comtesse Marie Esterhàzy laissèrent.inachevée, comme vous le savez tous.Quand il crut avoir trouvé une âme soeur au- près d'une blonde jeune fille qui le consolait, il se mit au piano et improvisa pour elle les premiers motifs de sa fameuse Sérénade.Il se disait qu'elle paraissait émue et qu'elle allait l'aimer.peut-être ; il se laissait aller sans contrainte à son inspiration quand, dans une glace, il crut voir la belle qui, derrière lui, s'alanguissait au bras d'un hussard.Il avait joué pour un autre.Et lentement, sans colère, il referma sur son amour le battant du piano-forte.Mais à Vienne, la fleur nationale, c'est la valse ! La valse s'est épanouie à la fin de l'épopée napoléonienne.Au moment du Congrès de Vienne, nos diplomates l'apprirent en tournoyant.Tournoyant parmi les grandes dames, tolérée dans cette assistance triée parce qu'elle était la favorite de Genz, le collaborateur de Metternich.l'aérienne Fanny Essler traînait les coeurs après elle.Autour de ces sirènes de chancelleries passent les maîtres du jour, les empereurs : le bel Alexandre, tsar tout-puissant au coeur prompt à s'enflammer, François II, le roi de Wur-temburg, si gros mangeur qu'il lui fallait une encoche spéciale à la table du festin pour y loger son ISuite à Ja page vingt-sept) Le 29 mai.les élèves de la classe de perlectionnement de Monsieur i.Philipp donneront un concert en la salle du Conservatoire de Musique, rue Saint-Denis.Nous publions le programme de ce concert dans une autre page.Sur la photo ci-dessus, première rangée, de gauche à droite : Mme Estelle Gélinas, Mlle Doreen Schecter, Mlle Lorraine Gaboury, Mlle Germaine Malépart, et Maître Isidor Philipp.Deuxième rangée : M.George Little, Mlle Roberta Kerr, Mlle Dorothy Morton.Mlle Thérèse Pageau, Mlle Geneviève Gagnon, et M.Carl Little.tla Photographie La Rose.Montréal) PAGE SIX LE PASSE-TEMPS Cinquante ans de musique française DE 1914 À NOS JOURS [Suite de l'article parti h mois précodent sous le titre : "Une époque glorieuse de la musique française".] 1914-18 ! L'une des plus hautes gloires de la musique contemporaine s'impose à l'admiration fervente au lendemain de la première guerre mondiale.C'est Maurice Ravel, le compositeur le plus joué alors.Pour les jeunes, son oeuvre constitue un exemple, une étude prodigieusement fertile par les richesses inépuisables d'écriture dont elle témoigne.C'est la valeur profondément sincère de la musique de Ravel, dans laquelle s'exprime un merveilleux poète des sons, gui conquit de très larges publics, éclairés assurément, mais qui ne sauraient toujours apprécier l'apport novateur d'une technique qui a situé, avec le temps, l'oeuvre de Ravel à la place qui esl la sienne, l'une des plus hautes.Si elle nous reste, le compositeur nous a quittés trop tôt.Albert Rousse/ Avec une ardente sympathie on accueillit, également à cette époque.Albert Roussel.Il s'était mis assez tard à la composition.Le ballet pantomime "Le Festin de l'Araignée", créé en 1913.avait laissé deviner la maîtrise de ce musicien dont l'inspiration a été d'une remarquable variété.Les concerts symphoniques s'emparèrent immédiatement de la suite d'orchestre que Roussel tira de son ballet.Grâce à celte petite partition, peut-on dire, le compositeur accéda eu grand public, séduit par une musique d'une richesse extrême, particulièrement de rythmes curieux et de timbres raffinés el toujours délicieusement poétiques.Elle a gardé un charmant modernisme, hostile à toute formule ; music ue fine, légère, malicieuse, espiègle.Une page de Roussel rend un son unique et éveille en nous d'étranges résonances, qu'il est — en cela réside sa magie — le seul à susciter.Les contemporains Et c'est Florent Schmitt, aussi, qui souleva les enthousiasmes de la génération montante de l'après-guerre par ses pages orchestrales d'une somptuosité saisissante, notamment celles de "Cippus feralis".Elles res- par Henri ERICHSON (Correspondant du "Passe-Temps" à Paris! leronl un haut monument, dressé par l'esprit el le coeur d'un artiste à la plume d'une rare originalité, d'une solide architecture, d'une chaleur communicative, d'un coloris magnifique.Outre ces maîtres, s'imposaient d'autres musiciens possédant de fortes personnalités, dont Arthur Honeg-qer avec son "Roi David" et une série d'ouvrages à la musique d'une complexité sonore et austere parfois.Sa "Pacific" rencontra immédiatement les faveurs des foules.Darius Milhaud, cet enfant terrible dont la partition du "Boeuf sur le toit" bouscule toutes les plates-bandes ; d'autres, locques Ibert, P.-O.Ferroud.Claude Delvincourt, Henry Barraud, Francis Poulenc, etc., etc.Bref, toute une élite de compositeurs français faisant pâlir d'envie des écoles étrangères par sa valeur considérable, consciente de son art et d'une grande culture.L'avenir Puis c'est la deuxième guerre mondiale.Au firmament musical d'aujourd'hui brillent des noms de jeunes talents prometteurs.Certains ont déjà tenu ! Olivier Messiaen cherche encore sa voie.Il y a des excès dans ses oeuvres, excès de jeunesse, au'on pardonne, car il est bigrement doué.Auleur entre autres des "Vingt regards sur l'Enfant Jésus", il a soulevé des admirations, mais des criti- ques âpres aussi.Jehan Alain, mort en héros lors de la défense de Sau-mur, en juin 1940, se présentait comme un musicien d'avenir el par sa science el son originalité.Hélas ! seules quelques oeuvres restent, attestant combien on était en droit d'attendre de lui.Fidèle à Debussy, à Dukcs, est le jeune compositeur Vaubourgoin.Il a pris contact avec le public lors d'une première audition de "Prélude, Fanfare et Danse".Presque ignoré des Parisiens, Georges Becker se révèle, présentement, comme un compositeur richement doué par la nature et déjà maître de ses ressources.Sur l'affiche des Concerts Lamoureux on a inscrit de lui une "Suite en ut" d'une contexture solide.Deux musiciens érudits et racés sont MM.Sanean et Gallois-Montbrun, tous deux Grands Prix de Rome de musique de 1943 et 1944.Tel se présente le succinct bilan de cinquante années de musique française, bien incomplet, il est vrai, dans lequel trop de noms manquent, faute de place.Mais dans sa sécheresse, ne prouve-t-il pas que la France, avec son école musicale, est toujours en tête ?Sa fécondité.Dieu merci, n'est pas sur le point de tarir.Tous les espoirs sont permis, ce qu: est d'un grand réconfort en ces heures difficiles traversées par notre pauvre pays.Henri ERICHSON.2,000 musiciens au stade Delorimier Le lestival de l'Association des ianlares amateurs de la province de Québec, le 14 juillet, rassemblera environ 2,000 musiciens appartenant à 40 corps de musique.Ce sera assurément un spectacle sans précédent que la grande parade — partant du Parc Lafontaine - qui précédera le concert.Quant au concert lui-même, il sera la plus impressionnante manilesta-fion musicale donl Montréal ait été témoin.Le programme n'est pas encore définitivement rédigé, mais on sait déjà que les 40 Ianlares exécuteront ensemble 2 morceaux, et qu'en outre on entendra un ensemble de 250 musiciens comprenant les meilleurs instrumentistes des 40 Ianlares.Au nombre des artistes invités, il y aura la fameuse cornettiste new-yorkaise Leona May Smith et le tromboniste virtuose Simone Mantia.Pour clore ce grandiose concert, la /ouïe de 20,000 personnes entonnera /'hymne national "O Canada", accompagnée par les 2,000 instrumentistes ! MONTREAL, MAI 1946 PAGE SEPT Albéniz, dont on entend souvent les oeuvres, eut une vie si mouvementée qu'elle suffirait à alimenter un film a"aventures.A 4 ans, il donnait un îécital de piano.A 8 ans, il s'enfuit et gagne sa vie à donner des concerts.A 12 ans, déjà célèbre, il fait des tournées en Amérique du Sud; puis il remonte vers les Etats-Unis où il fait tous les métiers pour vivre.Il retourne bientôt en Europe, et reprend sa vie nomade.A 23 ans, il se marie et il a assez bourlingué pour prendre enfin goût à une vie paisible.t t t C'est une anecdote que Clemenceau aimait raconter."Un jour j'étais à New-York, Paderewski vint me voir, le lui dis que je ne l'avais jamais entendu jouer.Nous descendons au salon de l'hôtel.Il se met à jouer, tout ce qui lui passe par la tête.Tout à coup, il s'arrête : "Sapristi, j'ai oublié ma femme dans le taxi I " Et Clemenceau de conclure : "Voilà comment il faut être.Il faut de temps en temps oublier sa femme dans le taxi." t t t A l'issue d une répétition à la salle Pleyel, à Paris, on présente l'illustre violoniste Kreisler à une poétesse : "Ah t Monsieur, je suis heureuse de vous connaître, car j'ai déjà entendu parler de vous !." » t t On annonce la venue à Montréal, l'automne prochain, des célèbres ballets ]oss, dont les spectacles sont inoubliables.t t t Aux Etats-Unis, on commence (en-lin I ) à se rendre compte qu'un artiste n'est pas nécessairement bon parce qu'il gagne gros d'argent.De moins en moins, on se laisse "bluffer" par l'étiquette.A Chicago, un eminent soprano (qui viendra à Montréal) s'est rendu ridicule en jetant le blâme sur le pianiste, parce que sa voix n'est plus tout à lait fraîche.A Richmond (Virginie), il n'y eut que 300 personnes dans une salle de 5,000 sièges pour venir entendre Melchior, qui croyait suffisant son titre d'ex-vedette du Metropolitan.A Chicago encore, Patrice Munsell chanta dans une salle presque vide, malgré une publicité bar-numesque.L'argent parle.mais il ne peut chanter de façon convenable.Récemment, eurent lieu au Town Hall de New-York six récitals conjoints de musique religieuse catho ligue, protestante et juive.Ces concerts avaient été organisés par la Pius X School of Liturgical Music, la School of Sacred Music et le Jewish Institute of Religion.On y entendit, entre autres, une chorale composée délèves des institutions suivantes : Union Theological Seminary, Brick Presbyterian et St.Nicholas Collegiate.t t t Le poète Verlaine, friand de musique sans en rien connaître, a écrit dans son testament : "Comme mes lauriers n'ont jamais empêché personne de dormir, pendant la triste cérémonie de mes obsègues, des choeurs pourront chanter sur un air de Gosier : La France a perdu son Morphée".t # t Dans une piaguefre éditée récemment à Paris, on trouve des flèches empoisonnées, adressées aux critiques musicaux : "La grosse erreur de la critique et son insupportable prétention est de croire qu'elle est utile, etlicace et salutaire, alors qu'elle ne sert à rien" (Becque)."Le critique, par définition, semble l'ennemi des oeuvres qu'il analyse" (Suarès).tut L'illustre violoniste Jacques Thibaud donne actuellement des cours d'interprétation au Conservatoire de Lausanne, en Suisse.t t t "Le violon est-il un instrument sata-nique ?" Ce titre d'un article récemment paru dans un journal français fera sursauter les violonistes.Bien entendu, l'auteur évoque l'ombre de Paganini.Le violon "représente assez bien ce pouvoir, cette puissance, après lesquels courent les hommes, qui veulent, par leur seule qualité individuelle, étonner et dominer".t t t Tex Fletcher, célèbre cow-boy chantant, ne peut lire la musique.Et pourtant, il connaît de mémoire 4,000 chansons.C'est peut-être beaucoup, mais aux Etats-Unis, il taut toujours des chiffres surprenants.Près de trois siècles avant l'ère chrétienne, TEgyptien Ctesibius inventa l'orgue hydraulique.Plus tard, ce sont des instruments semblables, mais perfectionnés, qu'utilisèrent les Romains dans les qrandes fêtes populaires.Les chrétiens regardèrent alors l'orgue comme un instrument "païen" et cet instrument resta longtemps dans l'oubli.t t t Les contempteurs de' Topéra se réjouiront de cette opinion de Rouben Mamoulian, auteur dramatique américain : "II me semble que Topéra est un peu démodé.Son grand mérite réside dans l'expression vraie d'époques à jamais disparues.Nous nous intéressons aux "histoires" des oeuvres opératiques comme nous aimons les contes de lée, mais nous ne pouvons y trouver une représentation, même lointaine, de notre monde à nous.L'important n'est donc pas de reconstituer dans nos oeuvres des traditions périmées, mais de créer nos propres traditions".t t t Hans de Bulow disait : "Un bon chef d"orchestre a sa partition dans la tête ; un mauvais chef d'orchestre a la tête dans la partition".Parmi les chefs d"orchestre doués dune mémoire prodigieuse et qui peuvent diriger par coeur de grandes oeuvres, Toscanini vient en première place : dans la même semaine, il a conduit, sans le secours de la musique, "Tristan et Yseult".de Wagner ; T "Orphée", de Gluck ; "La Fille du Wild West", de Puccini; et "Les Femmes curieuses", de Wolt-Ferrari.t t t Le tango est à"origine mexicaine et il s'inspire des danses nègres.Son rythme ressemble à celui de Thaba-nera mais de plus en plus rapide jusqu'à la tin, puis la musique s'arrête brusquement.t t t A New-York seulement, on compte plus de 5,000 professeurs de chant ; c'est donc au moins 25,000 personnes qui espèrent gagner quelque chose de leur art.t t t Le grand poète catholique Paul Claudel vient de terminer un oratorio dont Arthur Honegger assurera la partition musicale.PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS 1231 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.^EXAMEN de la VUEi • VERRES CORRECTEURS • Le Specialist, LORENZO FAVREAU, o.o.d.st ns assistants opfoméliijtoj opticiens Ba.O.Bureaux chet TaitFavreau 265 L'sl.Ste Catherin.LA.6703 6890 rua St-Hubert CA.9344 HATEZ-VOUS 1 II nous reste encore quelques séries du "Passe-Temps" de 1945 (sau/ le numéro de janvier).Pour compléter votre collection, commandez tout de suite "Le Passe-Temps" de févr.er 1945 à février 1946.12 numéros pour $2.Plus de $20 de musique et chansons.RESERVATIONS D'HOTELS PARTOUT flWHBDE BUREAU Edifie* DOMINION SQUARE MONTREAL 1010 ouest, rue Sainte-Catherine PLateau 8077 Tout ce qui est joli et nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770-3772, rue Saint-Denis, MONTREAL Prix : Canada : 12c par an — Etal» Unis : 25c par an.MAI 1946 No 898 tfLBUM MUSOL DU TENDRESSE, Op.1 No 2, Valse par Hector Gratton.Celte composition fait partie d'un groupe de trois pièces pour piano que "Le Passe-Temps" publie en primeur.Les pianistes trouveront dans cotte oeuvre la facture parfaite et la belle Inspiration gui caractérisent les oeuvres d'Hector Gratton.l'un de nos compositeurs les mieux doués.ETUDE, Op.2 No 1, pour piano, par Alexandre Scriabine.Scriabine avait moins de 10 ans lorsqu'il composa cette oeuvre et une vingtaine d'autres, alors qu'il n'avait même pas commencé à étudier le piano.Très mélodique, écrite dans un style déjà personnel, cette Etude devrait se trouver dans le répertoire de tous les pianistes.JE NE VEUX PAS ME MARIER, harmonisation de Alfred Laliberté.Cette amusante chanson de folklore appartient à la riche collection de M.Marius Barbeau.L'éminent folkloriste nous la présente ici spirituellement : voir page S.TU ME DEMANDES SI JE T'AIME, paroles de Louis-J.Paradis, musique de J.-I.Paquet.C'est à la demande de plusieurs amis du "Passe-Temps" que nous publions cette chanson d'autrefois.Elle n'a rien perdu de son charme vieillot.CHANT DE RALLIEMENT DES GUIDES, musique de Eugène Lapierre, D.M."Le Passe-Temps' esl heureux de publier ce Chant de Ralliement, en hommage aux Guides Catholiques qui célébreront, du 1er au 8 juin, leur 10e anniversaire de fondation.MALBROUGH S'EN VA-T-EN GUERRE, mise en scène de Gustave Ferrari.Les maisons d'enseignement qui réaliseront ce spectacle original voudront bien nous en informer.Si cela peut être utile à nos lecteurs, nous loions paraître d'autres mises en scène de chansons de folklore.INTERESSANTE VARIETE DE MUSIQUE EN FEUILLES ET LITTERATURE MUSICALE RECEMMENT ARRIVEES D'EUROPE AU MAGASIN DE MUSIQUE LE PLUS COMPLET AU CANADA 500.Rue Sainte-Catherine Est MONTREAL.MAI 1946 PAGE NEUF INEDIT A mon épouse TENDRESSE VALSE Hector GRATTON, Op.1 No 2 J t - —i—1— A ^— —i—i- —1-i—r^H" -j—f —imp —- ^= u 1" - l-1- ?— rj—rt- ^ -J -f— J «J J irj— Copyright 1946 _«____ — f/.S.A.- Canada Id-t=ir — Les Editions d i Passe-Temps Inc.Montreal.— PAGE DIX LE PASSETEMPS - "tf em pp de/icatamente.r r- MONTREAL, MAI 1949 PAGE ONZE LES MELODIES D'AUTREFOIS Tu me demandes si je t'aime VALSE CHANTEE Paroles de Louis-J.PARADIS Musique de J.-I.PAQUET p- , -r —1 - L ' rt-m L 4=f 1 PIANO/ / 0 H+t F»-1- J J j, =»=rtft "f"-1- : j- ; p*-—1 i4± !T!-L fe=S5 ffffll Z f -iff = 4=r=f =h ii,! -1 t»-1 •.tr 0 •ir— « - —i— t- — ^# A 4 F7T III./ 1.2.-—r — Tu me de-mand Oh! oui, je t'ai-1 —B-ffrr es ne-• i si rai ^- —1-*»- — sans t'ai - me.' trè - ve, J-—i af t* Mon cœur te le d Car pournnusdeu» " -1 f »-»- 1 t-c— - ra notreheure i L_-^- loi n ost b J.1 rè - me.rè • ve.Fi— .JE—3-1— - i t 1 \ _:- Ht *ft = Vf PAGE DOUZE LE PASSETEMPS t J±.pas que je meu - re.Ke - viens con-so - 1er ma dou- leur, là qui ray - on - ne.Rem-pli d'à-m pur et de ehan - sons l—J.»H mm Qui me gri - se dan» Kt j'en ê - prou - ve i t.i—i—tt -M pi dim REFRAIN ?>{oii W de mon mal - heur, des fris - sons Tu me de • man 0 mon s - mour! I i r rir if des si je t'ai - me.Mon creurest à je t'ai-me - rai.Kt tous les jours * fe I r- - # IL M.il É ¦M F toi pour tou - jours, te le di - rai.Je dis en ce Soit dans la joie mo-ment su - pre" - me Je t'ai-me-rai ou la tris - tes - se.Moncaorrest à rail.tou - jours.tou - jours.- Je dis en ce toi.char- me - res - se.Soit dans la joie : »-EE: mo-ment su - pre - me Je t'ai- me ¦ ou la tris - tes - se.Mon coeur est m ¦^ —- rail.f t f *J - rai tou - jours tou - jours." toi char - me - ni-M.Ritoumelle et Finale s Umpo.MONTREAL.MAI 1946 PAGE TREIZE FOLKLORE Je ne veux pas me marier Harmonisation de Alfred LALIBERTE I i î avec trttretirtj avec hum-cu-r.J'i Jl J Jl Fai - tes moi un hom' sans tê - te Je vous en ' ¦ ¦ 1 IIP g t—r Jlj J ji J1 |J- J j paie- rai la fa - çon.Tous les hom* font à leur tê - te Quand ils re - vien't à la mai - son.Vous a-vez beau me pri - er Je suis jeun et ne viens a jpétt jusqu'à la fin H-h-FTF ._ _ _v._ -r—ftn —i-teH Ir r 7 f eht pas Ah !vousau-rez -j^H beau me pri -A A j i J'J er Je neveux A | ii ^ J1 pas me ma - ri -A J- yll er.i \* 4 j5 M h 1 »_ PAGE QUATORZE Copyright J946 — U.S.A.- Canada — te» Editions du Passe-Temps Inc.Montréal.LE PASSE-TEMPS La mise en scène de "Malbrough s'en va-t-en guerre" par Gustave FERRARI Mal- brou^li s'on va- t-en giior- ro, .\fi- ron- ton, mi- ron- ton, mi- rou- tai- - ne, Mal- Ne «ail quan.l re- vieu- dra- D.C.La chanson que nous allons mettre en scène aujourd'hui, "Malbrough s'en va-t-en guerre" figure dans notre collection publiée par Schirmer.Inc.(New-York) sous le titre de "Refrains de France" et qui est omée d'images du dix-septième et du dix-huitième siècles par les maîtres illustrateurs du temps.Cette chanson compte parmi ce qu'on pourrait appeler les "Classiques" de la chanson populaire française."Malbrough s'en-va-t-en-guerre" semble, en ce qui concerne la musique, remonter au temps des Croisades.Chateaubriand entendit chanter cet air par les Arabes de Syrie chez lesquels (probablement apporté par un compagnon d'armes de Saint-Louis) il était connu depuis six ou sept siècles.Les paroles en furent écrites après la bataille de Malpla-quet où les Anglais, commandés par le duc de Marlborough, défirent les Français, en 1709.La scène représente une place publique dans une petite ville.A droite et à gauche, des maisons.Au centre, une tour sur laquelle la duchesse de Marlborough montera pour voir venir son page.(Voir le dessin ci-dessus).Sitôt le rideau levé, on entend, au fond à fauche, une marche militaire qui se rapproche peu à peu."Malbrough", suivi de son état-major et précédé de ses tambours et de ses fifres, part pour la guerre.Appelés par deux garçons que le son de la musique avait attirés, les habitants accourent sur la place et se groupent de chaque côté de la scène.La duchesse et sa dame d'honneur viennent se placer au pied de la tour."Malbrough", arrivé au milieu de la place, s'arrête et, s'adressant à la foule, annonce qu'il reviendra à Pâques ou à la Trinité.Puis, suivi de sa troupe, il part accompagné des acclamations des habitants et disparait enfin par la droite, au fond.Mais, peu à peu, voyant que la Trinité passe sans ramener le général, les habitants commencent à s'interroger mutuellement sur l'absence si prolongée de leur seigneur.Au milieu de l'émotion du public, la duchesse décide de monter à sa tour.Elle interroge l'horizon d'un regard anxieux.Tout à coup elle voit arriver son page tout de noir habillé.Celui-ci, parvenu au pied de la tour, apporte à la duchesse la nouvelle tragique de la mort du duc de Marl-brough qu'il annonce ensuite à la ioule agenouillée.La duchesse, descendue de sa tour, écoute alors le récit des funérailles du duc.Ce récit terminé, le page prend alors la tête du cortège, suivi de la duchesse, de sa dame d'honneur et des habitants du lieu.Tous marchant d'un pas cadencé sortent par la gauche et se dirigent vers le château.Le rideau tombe dès que le cortège a disparu.NOTES : Quant aux costumes, la lin du dix-septième siècle me paraît le plus pittoresque : riches en ce qui concerne la duchesse el sa damo d'honneur, mais simples pour les habitants do la petite ville.U esl de toute importance que le metteur en scène en appelle au sens d'humour de ses interprèles.Le duc.chevauchant un cheval imaginaire, donne à la personne chargée de ce rôle une excellente occasion de le traiter d'une laçon très amusante : coups d'éperon à sa monture, ébrouements, ruades du cheval, etc.Le page devra être très respectueux lorsqu'il s'adresse à la duchesse et très descriptif lorsqu'il raconte les divers épisodes des funérailles de son maitre.L'entrée des habitants et leur altitude durant la chanson devra être aussi naturelle que possible : vieux à la démarche hésitante, Jeunes garçons ct fillettes au contraire pleins de vie, tous suivant l'action avec un intérêt soutenu.Musicalement : l'Introduction répétée deux fois, de piano à lorto pour l'entrée du duc et de lorto à piano pour son dépari à la fin du deuxième couplet, servira de marche militaire.Les couplets un et deux sont chantés par le duc : trois et quatre par tous : cinq et six par la duchesse ; sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze ot quinze par le page : et enfin, le solxlème.par tous.Les dernières lois que j'ai mis en scèno cette chanson ce lut à Emma Wlllard School (Troy.N.-Y.) el à Skidmore College (Saratoga Springs.N.-Y.) et |e suis heureux de dire que l'enthousiasme des élèves, qui en donnèrent une remarquable interprétation, et celui de lour audience, me récompensèrent amplement de mon travail.Gustave FERRARI.MONTREAL, MAI 1946 PAGE QUINZE ETUDE Scriabine avait moins de 10 ana lorsqu'il composa cette oeuvre et une vingtaine d'autres A.SCRIABINE, OP.2 No 1 Andante , ,-, tf.3 Piano m.4st » PAGE SEIZE LE PASSE TEMPS f ! 'Emu «à u i •to tto %).ta.%ù.o tit MONTREAL.MAI 1346 PAGE DIXSEPT Chant de Ralliement des Guides Composé à l'occasion du 10e anniversaire des Guides Catholiques Musique de Eugène LAPIERRE, D.M.Refrain.Martial.' En a - vant, la Fé - dé - ra - 11 - on Elle a su on Par- mi les Ai - nées.Les Jean- nel - les.Par - mi lss nombreu-sos Ca - del - les.Nous comp - Ions au plus dix an - né - es El voi- ci la pha-lang'em-pros- Fé - dè - ra - li - on I ' Nous.los Jean- nel - les.Ré - vons de lo - rôts bleues : 2 Nous.les Ca — del — les.Ché — ris - sons la fi er - lé.->-tn-k-k-K-K-1-,-k-i-k-«-h-rS-r-,—^ Sa - qes fil - lei - les.Vi - vons "de no - Ire mieux".Trèv> à l'é - lour-de - ri - e.Nous "Au de-voir, pré- les" Li - vrons- nous sans comp - 1er.C'esl un plai-sir ex« Irê-me De - te au bon - sa-vons que la vi - e ap - por - te du bon - heur A qui vil de bon coeur, r , s'ou-bli-er soi - me me : L'I - dé - al ray-on - nanl S'ollr" à nous, sé - dui - sanl.cha - cun se le di - se.Mais nous re - vons aus — si D'un loy - er ré - us - lîrtf—J-fi—to- ¦1 Pour qran - dir la Pa - trie Et ban -nir 1 in - fa - - mi - e.PAGE DIX-HUIT LE PASSE-TEMPE LE CHANT chez LES GUIDES Le beau, reilet iniime de la Beauté divine et parfaite, revêt des formes multiples et variées.L'être sans vie.la plante vivace, l'oiseau sensible, la créature raisonnable et intolligente possèdent tous un don particulier.Mais pour permettre à l'homme, roi de la création, d'exprimer son enchantement de la magnificence de la nature.Dieu lui fit cadeau d'une voix capable de moduler des sons, de chanter.Le chant a toujours été et demeure l'expression spontanée de toute la gamme des sentiments humains.Personne ne peut nier qu'une éducation d'où la formation esthétique est exclue soit une oeuvre incomplète, sans fini.Les Guides Catholiques ont bien compris ce principe et utilisent le chant non seulement en vue de la formation purement esthétique de la guide, mais aussi pour rejoindre l'âme et l'élever, tant celle-ci est liée à cette forme d'extériorisation.La diversité et la grandeur, (grandeur qui touche parfois au sublime), des chants scouts ne sont plus à démontrer.Qui n'a pas vibré d'une émotion tour à tour profane ou religieuse, en écoutant des guides, autour du feu, le soir, interpréter des chansons du folklore canadien ou de tendres berceuses ou même des cantiques magnifiques lant par la musique que par la poésie ?Chez les guides, point de répétition, point de leçon.D'ailleurs la cheftaine, nécessairement éducatrice, ne possède pas inévitablement la culture musicale voulue pour donner la technique de cet art.Mais elle a toujours ce sens de la nuance requise qui donne à une interprétation un cachet personnel et supplée à la carence générale.Les guides Interprètent leurs chants non d'après les données d'une science mais d'après une compréhension intelligente de la mélodie, guidées, dirais-Je, par une sensibilité, une intuition, plus, une devlnation qui leur vient do l'éducation à base d'observation quo donne le mouvement.Et rien n'est plus charmant que de voir les vieux refrains de France réveillés par des voix si jeuneB, si fraîches.Ils ont une saveur nouvelle ainsi répétés autour d'une flamme pétillante ou jetés à tous les échos, sur les routes canadiennes.Et les danses, vieille France elles aussi, ravivées dans un décor champêtre ou répandues dans la vie sociale sont une richesse nationale incomparablo dont les guides, plus que tout autre, avant tout autre, sont les fidèles dépositaires.Les traditions ne mourront pas.Les Guides Catholiques sont là, toujours prêtes, assumant la relève I Guide Catholique, va, poursuis ton chemin.Sème tes chansons, les autres en ont besoin I Claire DUTRISAC.Litanies du ieu Feu, feu.joli feu.Ton ardeur nous réjouit.Feu.feu, joli feu, Flambe dans la nuit.1.— Vive le feu clair des guides.Vive le leu clair.2.Vive la clarté du feu.Vive sa clarté.3.— Vive la chalour du feu.Vive sa chaleur.4.—Vive la beauté du feu, Vive sa beauté.5.Vive les couleurs du feu.Vive sa couleur.6.— La flamme est un don de Dieu, Vive le bon Dieu.La vie est belle I.— Mes amies, la vie est belle Malgré les peines Qui nous enchaînent.Ames claires, voix légères.Sans un sou au fond de l'escarcelle.Chantons au soleil qui ruisselle, La vie eBt belle, belle toujours.2.— Mes amies, la vie est belle.DanB nos gambades.Nos escalades.Aux écoutes sur la route.Quand la voix du pauvre nous appelle Ouvrons une main fraternelle.La vie est belle, belle toujours.Viennent de paraître DEUX CHANSONS POUR HONORER LES MERES Les plus belles jamais écrites par un Canadien MAMAN Au chemin de la vie.Le plus pur des amours C'est TOI.Mère chérie, Qui m'aimeras toujours.DIS-MOI, MERE Pour te chanter, ô ma Mère.En ce jour que nous aimons.Il faut des roses, des prières.U faut l'azur et des chansons.par FRANCIS T.MARTIN Prix: 4(ty chacune Chez votre marchand de musique ou directement des éditeurs The FREDERICK HARRIS MUSIC CO.Ltd.OAKVILLE.ONTARIO Enregistrez dim un milieu confor-Ijblo «t intime.Le 11 u d i o le mieux scientifiquement construit de Montréal.Un studio professionnel pour I ' agrément d • tout.2175 ouest rue Ste Catherine — Tél.: WE.2713 MONTREAL, MAI 1946 PAGE DIX-NEUF Frédéric Chopin Le solfège à l'école La charmante danseuse montréalaise Madeleine Provost à qui les esthètes de la danse prédisent une très belle carrière.Dès /'âge de 3 ans, elle témoiqnait un talent très marqué pour la musique.A 13 ans, elle devint l'élève de Morenoff et avec lui elle dansa dans "Chauve-Souris", "Valse de Vienne", et dans deux récitals.Après quelques mois d'étude avec Mme Ruth Sorel.elle lit partie des ballets dans "Carmen", "Faust", "Le Coq d'Or" et "Les Noces de Figaro".Ses professeurs actuels sont Mme Koudriavtzeft, pour le ballet, et Mme Elisabeth Leese, pour les danses modernes.La qrande artiste Tamara Toumanova Ta fortement encouragée à aller poursuivre ses études à New-York.9 9 9 Décrire appartient à la peinture.La poésie peut aussi, en cela, s'estimer heureuse en comparaison de la musique ; son domaine n'est pas aussi limité que le mien, mais, en revanche, le mien s'étend plus loin dans d'autres régions ; et l'on ne peut atteindre si facilement mon empire.BEETHOVEN.(Suite de la page cinq) lités d'une bonne exécution, et nous ne craignons pas d'affirmer que les études bien dirigées doivent avant tout reposar sur ce principe fondamental.Il va sans dire que le jeu legato n'exclut nullement la variété d'accentuation, et que le staccato, le portamento, le jeu lourd ou martelé trouvent également leur application, suivant les effets à rendre.Donc, pour Chopin la tranquillité parfaite de la main lui apparaissait comme une vertu majeure, et comme le seul moyen d'atteindre à un jeu égal et posé, même lorsqu'il s'agissait de passer le pouce cprès le quatrième ou le cinquième doigt.Pour acquérir l'indépendance des doigts, il recommandait de les laisser tomber librement et légèrement, de tenir la main comme suspendue en l'air et sans nulle pesanteur.Il voulait qu'on ne prit pas trop tôt des mouvements rapides et qu'on jouât tous les passages très lorte et très piano.De cette manière, les qualités du son se font d'elles-mêmes et la main ne se fatigue jamais.C'est lui oui imagina, toujours pour acguérir l'indépendance des doigts à laquelle il tenait tellement, de faire exécuter des nommes en accentuant chaque troisième ou quatrième note.Ses leçons duraient une heure au moins, parfois bien davantage.Il lui arrivait souvent de jouer les morceaux lui-même.A l'une de ses élèves il interoréta une fois par coeur auatorze Préludes et Fugues de Bach.Et comme la jeune fille exprimait son admiration pour ce tour de force : "Cela ne s'oublie jamais, dit-il en souriant.Depuis un an je n'ai Das étudié un qucrt d'heure de suite, je n'ai pas de force, pas d'énergie, j'attends toujours un peu de santé pour reprendre tout cela, mais.j'attends encor».La dernière chose, c'est la simplicité.Après avoir épuisé toutes les difficultés, après avoir joué une immense quantité de notes et de notes, c'est la simplicité qui sort avec tout son charme, comme le dernier sceau de l'art.Quiconque veut arriver d'emblée à cela n'y parviendra jamais : on ne peut commencer par la fin".Edouard-C.-N.LANCTOT.Musique, champ magnétique de la délivrance.Tous les objets qui nous pressent et nous-mêmes soustraits par la musique à la douleur.André SUARES.Le 30 avili dernier eut lieu à l'école Sala-berry une audition dee élèves du Cours de solfège, des paroisses de Saint Edouard.La Nativité.Saint Pierre-Apotre et Saint-Pierre Clavor.sous la direction du professeur Iules Dubois.Les 54 élèves interprétèrent avec souplesse et un bel unisson des oeuvres de Lecocq.Xavier Leroux.Nlcou-Choron, Benjamin Godard, etc.Lo professeur Dubois, violoncelliste, recueillit de vifs applaudissements avec une Andante de Hollman.et un Menuet de Squire.Au piano d'accompagnement.Mllo A.Kingslcy montra un sens musical que l'auditolro sut remarquer : sa soeur, Mlle.F.Kingsley.exprima tout le romantisme de Schumann dans la Novelette Op.21, et de Chopin dans la Grande Valse brillante.Mlles Kinsgley sont élèves de Mlle Françoise D'Amour.Belle soirée artistique qui démontre l'intérêt croissant quo nos écoliers et écolièree portent à l'étude si Importante du solfège, grâce à l'institution d'Ecoles provinciales de solfège et de musique dirigées par M.Guillaume Dupuis.QUEBEC Succès immonfo du planiste Brailowski.qu'on accuse cependant d'avoir présenté un programme à succès facile.fl # « Pour la dernière soirée de sa saison, le Club Musical des Dames présenta un merveilleux sp«ctacle de danses, par les grands artistes MarVova et Dolin accompagnés d'un ensemble.« f fl Curieux concours organisé par la Symphonie de Québec, en laveur des jeunes pianistes qui doivent jouer un Concerto avec l'orchestre Les candidates se présentent deux (ois : d'abord jugéos par un Jury de musiciens sous la présidence du lieutonant Edwin Bélanger, directeur de la Symphonie de Québec, les candidates sont ensuite jugées par le vote d'un auditoire d'enfants.Les deux résultats sont les suivants : 1.- Concours devant un jury de musiciens compétents : Première : Mlle Noëlla Tardif.Deuxième : Mlle Pauline Lachance.Troisième : Mlle Cécile Drolet.Quatrième : Mils Louise Simard.2.— Concours jugé par les enfants: Première : Mllo Louise Simard.Deuxième : Mlle Noolla Tardif.Troisième : Mlle Cécile Drolet.Quatrième : Mlle Pauline Lachance.Mlle Noëlla Tardif, gagnante du premier concours, est l'élève du professeur Rolland-G.Gingras.docteur en pédagogie musicale.A ln deuxième audition, on entendit, de plus.Mlle Pierrette Guenette.xylophoniste.fl fl fl A l'occasion de l'exposition des modes prin-tanières des magasins Paguet.ensemble chorégraphique très réussi par Mlles Pauline Garneau.Françoise Huot, Mona Brown et Suianne Gingras.Danseuse-ioliste : Mlle Louise Mathieu.PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS POEME INEDIT Soir de pluie L'eau tombe sans répit du ciel couleur de cendre Et son ruissellement étoulle chaque bruit.A l'horizon brumeux un nuage qui luit Met seul un peu de vie au soir qui va descendre.La mer, silencieuse en cette demi-nuit.Semble un bloc immobile, et son rellet vert tendre Sur le bateau mouillé semble venir s'entendre A l'ultime rayon de ce jour qui s'enluit.Puis insensiblement le temps devient plus sombre, Les objets, les contours disparaissent dans l'ombre, Le soleil s'est couché sans qu'on puisse le voir.Ef pendanf que la pluie auqmente sa cadence, Couverte tout à coup d'un triste voile noir La nature s'endort, calme, dans le silence ! José MENDEVILLE.IL Y A 50 ANS DANS CHANT ET MUSIQUE DU "PASSE-TEMPS" POUR PIANO ALBERT VALSE (A.Boisclair) EDOUARD VALSE (A.Boiaclair) lENE VALSE (A.Boisclair) GAVOTTE ET MUSETTE (G.E.Tanguay) CHANTS PATRIOTIQUES O CANADA (Lavallée) AUX PETITS ONTARIENS (Giguère) MARCHE DES CANADIENS FRANÇAIS (Miro) POUR MARIAGE CANTIQUE DE MARIAGE (Franchir») CANTIQUE DE MARIAGE (B.Verdiclel) S0.2S .25 - .40 .25 .25 .75 .25 .35 .50 LE PASSE-TEMPS 627 ouest, rue Dorchester.Montréal 2 "Pour bien connaître et aimer l'histoire de son pays, il faut d'abord connaître l'histoire de sa famille." NOTRE OEUVRE : Dresser expressément pour vous l'histoire de votre famille depuis le départ de vos ancêtres de France.Jusqu'à nos fours.Dates, noms, armoiries, le lout arec soin «t respect de la vérité historique.Nos conditions très raisonnables sont fournies sur demande sans obligation de votre part.Le Bureau de Recherches Historiques 477, St-François-Xavier, Montréal l.(PL.8634) rjtRAimc.Mus/fur.^.Htéxvwrtl Chronique du temps passé 2 MAI 1896 - Numéro spécial consacré au Parc Sohmer.En première page, un portrait d'Ernest Lavigne.par Edmond I.Massicotte.- Article illustré sur le Parc Sohmer et ses musiciens.— Le Parc Sohmer.londé en 1689.avait comme gérant M.Larose et comme impresario Ernest Lavigne.- "Ernest Lavigne ne porte que d'irréprochables redingotes, accompagnées d'une semicérémonlouso era vote blanche et se permet le pantalon clair.Personne ne peut se vanter de l'avoir vu dans une autre tenue." Ernest Lavigno était chel d'orchestre et compositeur.Il passait pour excellent cornettiste Ce numéro contient des notes biographiques el la photo des musiciens suivants, tous membres de l'orchestre du Parc Sohmer : lacques Vanpoucke, clarinettiste, maître de lanlaro au Monl-Salnt-Louis ; Louis Vanpoucke.cornettiste : Henri Cordenier.première clarinette, directeur de la fanfare do la police de Montréal : Francis Boucher, flûtiste, dont le père avait été l'un des fondateurs de la fanfare de Montréal : Télesphore Laliberté.baryton ; Oscar Arnold, charinette : M.Hardelin.contrebasse ; Jean Baptiste Dubois, violoncelle : Charles Dom.hautbois ; Léon Medoer.clarinette.Quelques nouvelles : Les 14 concetti donnés par Albani au Canada ont donné $30.000 de recettes.- Durieu.qui avait dirigé la Iroupe de l'Opéra-Français.tente de former une nouvelle société, au capital de $25.000.— Pendant sa tournée au Canada et aux Etats-Unis.Paderewski a donné 91 concerts qui lui ont rapporté un profit net de $200,000.- Mlle Celine Marier donnera un concert le 6 mai.avec le concours de J.-J.Goulot, Jean-Baptiste Dubois, etc.Dans l'Album Musical : Premier rayon, musique d'Ernest Lavigne.Clochettes de mai.pour piano, par Albert Biehl.Le Credo du paysan.paroles de S.et F.Borel, musique de R.Goublier.16 MAI 1896 En première page, la photo de Mlle Céline Mariei.Des nouvelles : On annonce que Théodore Dubois remplace Am-broise Thomas à la direction du Conservatoire de Paris.On transforme la salle de l'Académie de Musique, qui contiendra au moins 1.800 sièges.— Au Parc Sohmer.Andrée et Golden plongent de 96 pieds de hauteur dans un baquet de cinq pieds de profondeur.-Au dernier concert de l'Oichestro Symphonique on a fait entendre Le dernier sommeil de la Vierge, de Massenet.Au Monl-Saint-Louis.soirée en l'honneur du premier ministre de la province.On a surtout remarqué le Jeune violoniste A.Tassé et les mandolinlstes Tétrault.Dans l'Album Musical : L'enlant chantait la Marseillaise, paroles de Villemer.musique d» Luden Collin.— Les regrets, pour piano, par Kalkbrenner.En tout temps de l'année un abonnement au "PASSE-TEMPS" est un cadeau apprécié.Elèves en musique • musiciens professionnels on amateurs • membres de chorales et d'orchestres 9} toutes les personnes, musiciennes ou non.qui aimenf la musique.$2 PAR ANNEE LE PASSE-TEMPS — 627 ouest, rue Dorchester Montréal 2 MONTREAL.MAI 1946 PAGE VINGT-ET-UN Les belles lectures TEMOIN DE LA LUMIERE, par le Père F.Saintonge, s.j.Aux Editions Lumen, 494 ouest, rue Lagauchetière, Montréal 1.S1.50 (Par la poste $1.60).C'est un livre qu'il faut lire avant le 24 Juin, fête nationale des Canadiens français."Témoin de la Lumière" raconte la vie trop peu connue de saint Jean Baptiste : vie rude, ascétique, toute illuminée par la lumière divine qu'il annonçait.L'HOMME, CET INCONNU, par le Dr Alexis Carrel.Réédité par la Librairie Granger Frères, 54 ouest, rue Notre-Dame, Montréal.400 pages.$1.50 (Par la poste $1.65).Ce maître livre restera comme l'un dos monuments de la pensée française.Ouvrage scientifique, qui aide à comprendre de nombreux problèmes essentiels de l'être humain."L'homme, cet inconnu" s'adresse à tous ceux qui ne se contentent pas d'une vue superficielle des choses.L E Abbé A.MARTIN MARIAGE (franco $2.35) Un ouvrage précieux de consultation pour les séminaristes, les prêtres, les avocats et pour tous ceux qui veulent être éclairés à fond sur le sujet.VICTOR HUGO OEUVRES POETIQUES COMPLETES En un seul volume relié avec chemise de couleurs 1228 pages.Une réelle valeur pour $4.75 (franco $5) Librairie P.A.MENARD 1564.rue Scrint-Denis, Montréal.HA.6126 DEMANDEZ NOS CATALOGUES Les Editions Méditerranéennes NEW-YORK IUAN-LES-PINS présentent MON VILLAGE U.S.A.par FERNAND AUBERJONOIS Dans ce village nous découvrons beaucoup d'inattendu et de poésie.Nous constatons que les Etats-Unis ne sont pas peuplés de mécaniciens, d'inventeurs, de savants, d'acteurs, de blondes beautés et de financiers.L'Amérique a sa province, un immense domaine où l'homme travaille, se distrait à sa manière, chante sa propre chanson, construit, émet des opinions personnelles et fait preuve d'Indépendance-.Il n'est pas possible de comprendre le climat américain si l'on n'accepte pas cette invitation.Prix U.S.$1.50 Distributeur Exclusif MARIE VALOIS.41 Central Parle West.New York.23, N.Y.GEORGE SAND, par André Fernet.Edition originale.Aux Editions B.D.Simpson, 1427 ouest, rue Dorchester, Montréal.$3.00 (Par la poste $3.10).George Sand, à cause de sa grande iniluence sur Musset et Chopin, a tenu une place importante dans lo monde artistique Irançais.Sa biographie par André Fernet est un ouvrage définitil.fortement documenté, écrit dans une langue vivante ; des heures de lecture passionnante et Instructive.CANADIENNES, par l'abbé Albert Tessier.Fides, éditeur, 25 est.rue Saint-Jacques, Montréal.167 pages.$1.00.Le rôle de la femmo dans notre histoire, leB services qu'elle a rendus et qu'elle rend encore, voilà le thème de ce livre agréablement écrit, el présenté avec goût.RECOMPENSE SCOLAIRE CANADIENNES par l'abbé Albert Tessier Il se dégage de cet ouvrage un sentiment d'admiration devant l'universalité et la qualité des services rendus à l'Eglise et à la patrie par dix générations de femmes."Toute notre histoire porte leur empreinte souveraine." 168 pages: $1.00 (par la poste: $1.10) 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL 1.PL.8335 Suggestions comme livres de récompense: TEMOIN DE LA LUMIERE.Frédéric Saintonge.s.|.Saint Jean-Baptiste, sa vie, son culte.Prix: S1.S0 — Franco: $1.60 HYGIE CONTRE VENUS.Guerre à la syphilis.Adrien Ploufle.4e édition.10e mille.Prix: $1.25 — Franco: $1.35 MISSION DE FEMME.Marie NUle Pintal.Etude psychologique sous lormo de roman.Prix: $1.00 — Franco: $1.10 Edition de luxe autographiée par l'auteur.Prix: $4.00 — Franco : S4.10 LA RANÇON DE LA COGNEE.Rolland Legaull.Roman de la forêt canadienne.Prix: $1.00 — Franco: $1.10 CHARLES ET EVA, Joseph Marmette.L'épisode héroïque de Schenectady.Prix : $0.75 — Franco : $0.85 En vente dans toutes les bonnes librairies.LES EDITIONS LUMEN CHEZ THERIEN FRERES LIMITEE 494 ouest rue Lagauchetière MONTREAL 1 DEMANDEZ NOTRE CATALOGUE ANNIVERSAIRE.PAGE VINGT-DEUX LE PASSETEMPS LE MARIAGE, par l'abbé A.Martin.Précis théologique et canonique.Cas de conscience et formulaire.254 pages.$2.25.Librairie P.-A.Ménard, Montréal."Ce livre de consultation contenant l'essentiel de la doctrine catholique du Mariage sera particulièrement utile aux curés et aux vicaires paroissiaux.La valeur pratique de cet ouvrage permet de le recommander à tous les prêtres." (La Hevue "CULTURE").PARAITRA BIENTOT LA PLUME AU VENT DES CARICATURES DE ¦zctjueô K^jaçjni EDITEES PAR LES STUDIOS LANY 1569.RUE SAINT-HUBERT.MONTREAL PEOCUREZVOUS SECOND EMPIRE par Octave AUBRY de l'Académie Française Une étude merveilleuse de l'époque de Napoléon III $3.00 — 2 volumes EDITIONS B.D.SIMPSON 1427 ouest, rue Dorchester, MONTREAL Bibliothèque Musicale CALIXA LAVALLEE, par Eugène Lapierre.Beau volume in 8 de 190 pages.Illustré.S0.75 MUSIQUE, par Léo-Pol Morin.In 8 de 440 pages ., 2.00 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE DES MUSICIENS CANADIENS, par Soeur Marie Valentine.In-8 de 300 page' Illustré.2.00 HISTOIRE DE LA MUSIQUE, par M.l'abbé Ad.Desrosiers.In-8 de 103 pages.50 L'INITIATION A LA MUSIQUE à l'usage des Amateurs de Musique et de Radio.In-8 de 400 pages.Illustré.2.00 LA VIE DE BEETHOVEN, par Edouard Heniol.In-12 de 300 pages.1.50 CHOPIN, par Antoine Gronowicz.In-12 de 242 pages 1.25 TSCHAIKOVSKY, par Antoine Gronowics.In-12 de 200 pages.1.25 PADEREWSKI.par Antoine Gronowicz In-12 de 236 pages.1.25 Nous invitons les professeurs ainsi que les amateurs de musique à visiter nos dlttèrents rayons de livres.Ils y trouveront toujours le plus grand choix d'ouvrages canadiens ou étrangers.Librairie GRANGER FRERES, Limitée 54 ouest, rue Notre-Dame, Montréal Tél.LAncasIer 2171 | I I Exercices d'articulation L'OCCLUSIVE DENTALE SONORE D.ARTICULATION.— L'articulation du D ne diffère de cello du T que parce qu'elle est plus explosive el précédée d'un frémissement guttural ayant, à peu de chose près, le son faible de IX muet.L'occlusion esl plus complète : les côtés de la langue cherchent un point d'appui sur les dents de la mâchoire Inférieure.L'ouverture est plus rapide : la langue frappe plus fort et la mâchoire descend plus vite.EXERCICES.— Da.dé.di.do.du.dou, deu, dan, don, dun.Dza, dzé.dzi, dzo.dzu, diou.dieu, dxan.dxin, dion, dsun.Dja.dje.dji.djo.dpt.diou.djeu.dfan, dfin.djon.djun.Dla.dlé.dil.dlo.dlu, diou.dieu.dlan.dlin.dlon.dlun.Dra.dré, dri.dio, dru, drou dreu, dran.drfn, dron.drun.Didon dîna, dit-on.du dos dodu d'un dindon.— Dieu, a dif soudain le Dr Didier, donnes donc des dattes à Denys Dandolo.duc des Dardanelles.I.-L.GONDAI.Les gagnants du Concours Willis LE 14 AVRIL 1946 Mlle R.Laporte — 2079 City Councillors, apt.15 — Montréal.Mlle Agathe Grenier — 5030 Christophe Colomb, Montréal.Mlle Jeannette Bergeron — 4400 Saint André, Montréal.Mlle Cécile Dumalne — 4299 Rivard, Montréal.Mlle G.Larivlère — 6275 Saint-Hubert.Montréal.LE 21 AVRIL 1946 Mme Philibert Desrochers — 9 rue Lafond.Thetford Mines, P.Q.M.l'abbé J.Matte — Crèche Youville.Côte de Uesse.St Laurent, P.Q.Mme Edmond Dinelle — Bromptonvllle, Co.Richmond, P.Q.Mme J.M.Frey — Osgoode.Ontario.Mlle Jeanne Gauthier — 115 rue Principale Est, Saint-Félix de Valois, Co.Joliette.P.Q.LE 28 AVRIL 1946 M.René Caplette -164 rue Laurier Est, Montréal, P.Q.Mmo Alcide Fortier - - 4660 rue Saint-Denis.Montréal.P.Q.Mlle Lil liane Loboeul — 71 Alexandre, Valleyfleld.P.Q.Mlle A.Richard — 3470 BIvd La Salle.Verdun, P.Q.Mme Elol Gobell — 63 rue Cossette, Valleylield.P, Q.Les élèves de M.I.Philipp le 29 mai Carl Little Nocturne, Op.27 Impromptu et Variations Op.142 George Little Novelelto No 8____ Dun lea-___ Mlle Thérèse Pageau Pourquoi 7 Op.12__ Dans la nuit.Op.12__ Chopin Schubert ._Schumann .Tschaikowsky Schumann Schumann Les collines d'Anacapri _ Valse.Op.34 _ Mlle Roberta Kerr Toccate et Fugue en Ré mineur Scherzo, Op.31_ Debussy Chopin Mlle Geneviève Gagnon Sonates on Do et SI bémol Nocturne.Op.90__ L'Isle Joyeuse __Bach-Philipp _-Chopin Scarlatti T.Philipp Debussy Mlle Lorraine Gaboury Danses et airs anciens (Arrangements de I, Philipp) : Largo —_-Léonard de Vinci Preludio _Pasqulnl Spagnoletta .4e Ballade _ Mlle Dorothy Breltman Polonaise fantaisie Scherzo.Op.16 _ Campcnelle _ Fabrlxlo Caroso -Chopin Chopin Mendelssohn Llszt-Busonl George ef Cari Little Toccata à 2 pianos Wldor-Phillpp MONTREAL, MAI 1948 PAGE VINGTTROIS Un peintre sud-américain d'origine canadienne José Miguel Tram LAFOREST est né en 1921 à Va Ipa raison (Chili) de parents canadiens.De 1938 à 1942.il lut élève de l'école des Beaux Arts de Montréal, et eut des cours privés du peintre Allied Pellan.Deux de ses toiles lurent exposés au salon du printemps de 1941.à V "Art Association".En septembre 1942.il part, engagé volontaire, dans la R.A.F.Fin 1943.il est avec les F F.L (Forces Françaises Libres) du Général de Gaulle, lait les campagnes d'Algérie et d'Italie, el participe au débarquement par le Sud pour la libération de la France.Blessé et hospitalisé Jusqu'en |uin 1945.il se remet à la peinture dès que possible, et il est démobilisé en décembre 1945.Il s'inscrit â Paris à l'école du Louvre, à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts dans l'atelier de M.Souverbie.à l'atelier de la Grande Chaumière avec Othon Fries.II eut également l'avantage de travailler avec Maurice Vlaminck.Une exposition de ses oeuvres lui valut la vente d'une toile au Musée d'Angoulème et une autre au Musée de Poitiers.Les quelque 25 tableaux exposés à l'Art Français du 20 au 30 mai sont des paysages qu'il u peints en France.Leurs compositions sont bien balancées et animées autant par la netteté que par la couleur.Le jmme artiste retournera bientôt poursuivre ses études et ses travaux à Paris.Qui connaît les pastels et gravures de Marc-Aurèle Fortin ?Les aquarelles de Marc Aurèle Fortin se trouvent depuis longtemps chex les meilleurs amateurs d'art du monde entier el dans nombre de musées.Mais qui connaît les pastels et les gravures de cet artiste d'une si riche inspiration ?Pour la première lois, nous aurons l'occasion de voir cet aspect du grand talent de Marc-Aurèle Fortin, lors de la belle exposition qui aura Heu.du 1er au 15 Juin, à la galerie de l'Art Français, 370 ouest, rue Laurier, à Montréal.On pourra y admirer 25 pastels et 30 gravures que Fortin a exécutés depuis trois ou quatre ans.Ils sont tout simplement magniliques : splondeur des lignes et des couleurs, du meilleur Marc-Aurèle Fortin ! Une heureuse initiative Monsieur A.Giguère, de Montréal, vient d'ouvrir, à Sainte Adèle en Haut, un magasin d'oeuvres artisanales : tapis, poteries, sculptures, etc.C'est une heureuse initiative et nous tenons à l'en féliciter.Il est bon que nos compatriotes gardent le contrôle de la distribution et de la vente des travaux de nos artisans.Jusqu'à présent, les Canadiens de langue anglaise ont su.mieux que nous, apprécier le talent de nos artisans.Espérons que nous délaisserons, une lois pour toutes, l'insignifiante bimbeloterie venue d'ailleurs.Quand vous allez dans les Laurentides visitez le seul comptoir de CADEAUX - ARTISANAT - Articles de SPORT J.COR BEI L.Enrg.représentant de si l€UEKE B STE-ADELE-ENHAUT Voisin Sle-Adèle Lodga tn-BnuBnBt-Bw-i^sicici^-,-.—- MORENCY FRERES — Limitée CADRES — EAUX FORTES TABLEAUX — MATERIEL D'ARTISTES Restauration de tableaux "40 ANS AU SERVICE DE L'ART" 458 es!, rue Sainte-Catherine — Montréal du 1er au 15 juin exposition PASTELS et GRAVURES Marc-Aurèle Fortin • L'ART FRANÇAIS 370 ouest, rue Laurier, Montréal.CA.6077 Réponses aux questions de la page 2 1.—Manuel de Falla.2.— En 1880, à Québec, par Calixa Lavallée.3.— Le mot "concert" vient de l'ita- lien concerto, qui signiliait primitivement "accord".4.— Charles Gounod.5.—Emiliano Renaud, à la salle Windsor, en 1896 ou 1897.6.— Solos, allegros, concertos.(Ces mots italiens sont francisés el suivent la règle ordinaire du français.) Editions musicales recommandées The Week's Good Course, un album pour le jeune pianiste, par lean Marat.Contient d'agréables compositions pour chaque jour de la semaine.50 cents.The Frederick Harris Music Co., Ltd., Oalcville, Ont Maman, chanson dot Frances T.Martin.Avec accompagnement.Paroles françaises de Dina de Ville-Marie.40 cents.The Frederick Harris Music Co., Ltd., Oakville, Ontario.Dis-moi, mère, par Frcnces T.Martin.Avec accompagnement.Paroles françaises et anglaises.40 cents.The Frederick Harris Music Co., Ltd., Oakville.Ontario.Maria Magdalena, paroles espagnoles de Salvador et Rafael de Leon, paroles anglaises de Olga Paul, musique de M.Quiraga.50 cents (aux Etats-Unis).Edward B.Marks Music Corp., RCA Bldg.Radio City.New-York.O Salutaris, par Geo.-E.Tanguay.25 cents."Le Passe-Temps", 627 ouest, rue Dorchester.Montréal.Rêve d'amour, paroles françaises d'André Louvain, paroles anglaises de Don Titman, musique de Franz Liszt.50 cents.Le Parnasse Musical, Lachute, P.Q., ou au "Passe-Tempt".LE PASSETEMPS PAGE VINGT-QUATRE Mots croisés du Passe-Temps 2 13 14 m PROBLEME No 7 HORIZONTALEMENT : 1.—Chant nuptial inventé chei les Grecs par Stésichose.— Chex leB Grecs, chanson favorite des tisserands.2.—Nom donné dans l'Hindoustan à tous les hors castes.— Un des mousquetaires, héros de Dumas.— Petits cubes à faces marquées do points.3.—Sarcasmes, railleries.— Sorte de guitare à roue semblable à une vielle.— Initiales du président de l'Académie de Musique do Québec.4.—Sac de linge enveloppant un oreiller.— Qui cultive l'osier.5.—Langue parlée par les Slovènes et apparentée au Serbo-Croate.•— Prénom d'une charmante artiste de la radio.— Initiales d'un écrivain anglais, excellent biographe de grands musiciens.6.—Première femme d'après la Genèse.— En latin, roi.— Terminaison d'infinitif.— Abréviation de Nord-Nord-Est.7.—Note do musique.— - Arbrisseau à baies d'un pourpre noirâtre.— Sommet des Alpes Bernoises.8.—Se chantait autrefois sur la lyre.— Adjectif possessif.- Pronom personnel.— Action de nager.9.—Erudll et folklorlste français.— Sorte de tuf volcanique.— Grand dogue qui sert à chasser le sanglier, le loup.10.—Erre çà el là.— Desoeuvré.— Dans villa.11.—Recueil de bons mois.— Philosophe et grammairien Irançais né à Cm th.— Du verbe être.12.—Tribun du peuple, fiancé de Virginie.— Conjonction.— Garni d'ader.13.—Article simple.-— Dessinateur el caricaturiste anglais.Illustrateur de Dickens.— Abréviation de Sud-Ouest.— Initiales de l'auteur de "Rêve de valse".14.—Deux lettres de Lulli.— Symbole chimique de sélénium.— Perfectionna l'orgue et surtout la harpe.— Terminaison d'un grand nombre de mots latins.15.-Génie de la mythologie Scandinave.— Meuble à tiroir, pour écrire.—¦ Conjonction.18.—Petite monnaie d'Espagne.— Liquide incolore.- - Vaisseau de bols rond el creux avoc ou sans manche.nt» VERTICALEMENT : I.—Portia de la messe qui précède l'Evangile.- Excéder le volume en chantant.2.—Monnaie de compte turque.— Doit son origine à la basse de viole.3.—Passage entre les iles de Sein et d'Oues-sant.— Niais — Note de musique.4.Salle basse où mangent las gens de service.— Poète chanteur de l'époque primitive chos les Grecs.— Ce qu'il y a de fin, de vif dans une conversation.S.—Retour sur elle-même de l'eau d'une rivière.— Dans Victor.— Cours d'eau artificial.6.—A l'égard de.— Philosophe français né à Saint-Martin le Vlnoux.— Noie de musique.7.—Fatigué.— Permission donnée à un pré-Ire par son évéque de quitter la diocèse.— Dans Messie.8.—Abréviation d'Altesse Royale.— Pronom indéfini.— Du Geste des Normands, poème historique.— Marnmlfèra ruminant.ecr/rcrz ALBERT FOURNIER rpaocuecupjvBBeveriJiitriMioh' \ S™ CATHERINES MONTREAI TABLETTES "MADELON" JJIQIJ/ CONTRE Maïqa* Eartautiee maux de tête, rhumatisme, grippe, névralgie, etc.EN VENTE PARTOUT OU envoyez un dollar pour 100 tablette» à Les Produits "MADELON" Enrg.6296, rue St-André MONTREAL, QUE.9.—Chant national français.— Petit ruisseau.10.—Emotion, souci.— Rivière de Suisse, traversant le lac des Quatre Cantons.— Empereurs de Russie.11.—De plus.— Tragédie lyrique de Qul-nault, musique de Lulli.— Borne, lisière.12.—Alcaloïde, extrait de la fève do Cala-bar.— Explorateur français.— Père, maître.13.—Ville de Grèce, sur un lac du même nom.— Abréviation de "notable commerçant".— Dans "lui".14.—Quinzième jour des mois de mars, mai.Juillet et octobre dans le calendrier romain.— Rapport entre des choses égales.15.—-Propre.— Semblable en nature, en qualité.— Vapeur qui se dépose lo matin et le soir sur l'herbe.16.—Initiales de l'autour des "Morceaux en forme de poire".— Action de mettre du grain pour attirer le gibier.SOLUTION DU PROBLEME No 6 1 2 3 4 S s.7 » 9 10 11 12 13 14 15 16 I 2 3 < I I 7 fïiratt'KaraMMïiLei vi rati 13 idaan'ram' ïïuto' a m a aua'awflra M'ra a moras MONTREAL, MAI 1946 PAGE VINGT-CINQ Alexandre Scriabine (Suite de la page quatre) pour aller étudier à Berlin.c'est-à-dire vers 1900.Je m'étais rendu à New-York en 1906 a seule (in de faire sa connaissance et cela en réponse à une invitation personnelle ; et par la suite j'allai le visiter en Suisse.Son don de double-vue Dés nos premières rencontres, je m'étais rendu compte de la miraculeuse faculté qu'il possédait de lire dans la pensée des gons.et j'en étais émerveillé.Mais au cours de nos relations devenues de plus en plus intimes je ne tardai pas à me sentir beaucoup moins à l'aise en constatant que tout ce qui traversait ma pensée lui était connu sans que je l'aie exprimé ni par une parole ni par un geste Fréquemment il lui est arrivé de me demander pourquoi je m'abstenais d'exprimer telle ou telle chose qui venait de me passer par l'esprit.Mais revenons à son génie qui était encore plus extraordinaire que ce rare don de dou ble-vue.Déjà, vers la fin de sa vie.le sens des valeurs el le goût avaient généralement commencé à diminuer ches les artistes.De la perversion totale de ces facultés nous est venu le fléau de l'ultra-modernisme qui aujourd'hui a envahi le monde occidental, tant au point de vue artistique que politique et social.Contre l'ultra-modernisme Plutôt que de se jeter à corps perdu dans le torrent du modernisme.Scriabine sut diriger son évolution intérieure de façon qu'elle se manifeste normalement et scientifiquement.Ses innovations ne furent Jamais employées que pom des fins de beauté et.contrairement aux ultra-modernes, il manifesta toujours à l'égard de la forme autant de révérence que d'absolue maîtrise.D'après un de ses biographes, M.Eaglefield Hull.Scriabine inventa un nouveau style de composition, mais sa construction musicale reste toujours claire : même son accord dit mystique est d'une logi-gue merveilleuse.M.Hull ajoute que d'après les autorités les plus reconnues les dix Sonates du maître sont à tout point de vue dignes d'être classées dans la littérature du piano, parmi ce qu'il y a de plus beau, et qu'elles y sont une contribution de la plus grande importance depuis Beethoven.Scriabine retourna à Moscou en 1910, où il se lia d'amitié avec Sergei Koussevltslry (actuellement directeur de l'orchestie de Bos ton) ; Us firent ensemble une tournée de concerts en Russie el Ils donnèrent à Moscou la première mondiale du Poème du Feu (Pro* méfhée) terminé cetto même année.D'autres tournées suivirent, qui n'eurent pas moins de succès : en Suisse, en Hollande, en Belgique et en Allemagne.En 1914.il visita l'Angleterre, oû on lui manifesta tant d'Intérêt qu'il devait y retourner l'année suivante mais la guerre vint et.la mort, le 14 avril 1915.Une oeuvre géniale Le Mystère, dernière oeuvre dont il avait projeté la réalisation, promettait d'être une musique d'un plan plus élevé que tous ceux atteints jusqu'ici, une musique qui devait servir à initier l'homme à un monde de beauté résultant de la fusion de tous les arts dans une Idée mystique et religieuse.Malgré l'évolution formidable qui l'a conduit presque à la frontière du connaissable, Scriabine n'a jamais songé un Instant à écrire dans le seul but de révéler au public I habileté avec laquelle il pouvait manier sa science, sa technique ou son art.Sa seule et unique préoccupation fut toujours de transmettre à la race humaine tout ce qui.jusqu'à lui.élait resté inexprimé sinon inexprimable.II parcourut, pour ainsi dire, toute l'échelle des émotions et des pensées afin de les ren dre accessibles à l'expérience humaine.Convaincu que l'Homme n'est qu'une microcosmique synthèse du macrocosmique univers, Scriabine n'hésita pas à employer son triple génie philosophique, poétique et musical pour créer des oeuvres dont le rôle puissant el irrésistible serait d'identifier le premier au second (par l'esprit et non seulement par la matière).Dans presque toutes ses compositions, il s'appliqua avec succès à présenter ce problème sous toutes ses faces, dans ses nuances les plus subtiles et ses aspects les plus foudroyants.Sans aller jusqu'à le classer au-dessus de l'immense Wagner, il est.je crois, permis d'affirmer que Scriabine l'a dépassé dans l'expression cosmique du naturel et de l'humain.L'auditeur des dix Sonates, par exemple, peut faire évoluer son moi matériel en un merveilleux pèlerinage gui le conduira jusqu'aux sommets de la vie.Le message de Scriabine Dans ses Contemporary Russian Composers.M.Montagu-Nathan écrit ce qui suit.— et ce sera ma conclusion : "Son désir de s'adresser à la multitude humaine et la nature même de son message lui confère un caractère rien moins que titanique.Dans les deux aspects si divergents de son caractère, il ne se trouve rien de contradictoire.La conception qu'il s'était faite de la véritable fonction de l'Art était d'une élévation souveraine, pour ne pas dire transcendante.Dans son idéal d'artiste, i) voyait te surhomme dont la mission ron siste à stimuler le sens de la beauté non seulement chez ceux qui y sonl prédisposé* par la nature mais aussi chez lous les humains sans exception.Il n'y a pas le moindre doute que son Mystère aurait été '.no immense révélation.Sa seule pensée suggère la possibilité d'une renaissance spirituelle qui aurait été réalisée par des moyens aussi agissants sur l'homme ordinaire que sur le plus subtil artiste.Qu'une telle force ait pu être mise en mouvement par un agent humain semble entror en conflit avec la conception qu'on s'est faite des prérogatives des mortels.En tout cas.nous nous devons de reconnaître et de constater que dans le cas de ce lumineux génie il ne fallut pas moins que la volonté des dieux pour contrecarrer la réalisation parfaite de son idéal." Alfred LALIBERTE.L'obéissance est supérieure à la loi ou à la règle parce qu'elle l'accomplit.Léon BLOY.e REPARATION e LOCATION • SERVICE Machines à écrire de toutes marques, machines à calculer, minéographes.etc.CIE DE MACHINES DE BUREAU DE MONTREAL 1101 COTE DU BEAVER HALL MONTREAL — BElair 3016 U gérant : CHAS.MOREL C'est dans la musique que l'âme atteint le plus profondément la grande fin pour laquelle, sous l'inspiration du sentiment poétique, elle lutte : la création de la beauté supérieure.Edgar POE.PIANISTES - GUITARISTES SENSATIONNELLE Méthode d'Accompagnement contenant • Cent tient* accorda et plus vous permettant de louer et d'accompagner n'importe laquelle de vos chansons favorites sont contenue dans le SYSTEME ANDREX pour PIANO.GUITARE HAWAÏENNE et ESPAGNOLE.• Système visuel MODERNE.RAPIDE vous indiquant par des explications claires et précises tout co que vous aves à laire SOIT PAR PRINCIPES OU PAR OREILLE.VOUS NE POUVEZ VOUS TROMPER.e Indispensable à tous ceus qui veulent améliorer leur feu sur leur Instrument.Pris par poste : PIANO SI.25 GUITARE HAW.- ESP.$2.00 Commandes téléphoniques et C.O.D.acceptées.Adressoz vos envols comme suit : ANDRE VADEBONCOEUR, 2223 rue Beaudry, Montréal.P.Q.Pour leçons privées par l'auteur même : CH.9788.PAGE VINGT-SIX LE PASSETEMPS fULIPE IIOBRE BLACK TULIP CHENARD pa n 15 Un parfum Joyeux à l'arôme diner*! mais persistant C'est l'Indispensable auxiliaire du charme féminin.Le flacon : .30.60 Etuis de luxe : SI 00 S 1.85 et S2.S0 LA LOTION TULIPE NOIRE est l'idéal complément de la toilette léminlne.La bouteille.S 1.25 La Cie Canada Drug, Montréal CURIOSITES DU VASTE MONDE 12 numéros DU "PASSE-TEMPS" contiennent pour plus de $20 de musique et de chansons $2 pour 12 mois ¦ M.Jacques Rousseau, directeur du Jardin Botanique de Montréal, a tenté de démontrer, il y a quelques années, que le Vinland des Northmen venus en Amérique vers l'an 1000 pouvait fort bien se trouver dans la région de Montmagny.Frederick Johnson, un savant du Massachusetts, vient d'étudier les restes de palissades de bois enfouies sous 33 pieds de terre, à 16 pieds plus bas que le niveau actuel de la rivière Charles, à Boston.Ces palissades auraient été érigées il y a environ 2.500 ans, alors que le climat était beaucoup plus doux qu'aujourd'hui.¦ Le cerveau de la femme contient-il plus de phosphore que celui de l'homme ?Le Dr Weil, de la Northwestern University, répond dans l'affirmative, ce qui tendrait à prouver que la femme a des idées plus lumineuses que celles de l'homme.¦ L'aviation américaine a développé une camera si fidèle que l'on peut compter les traverses de chemin de fer (les "dormants", comme on dit ici) sur une photo prise d'un avion filant à 300 à l'heure à 35.000 pieds (plus de 6 milles).¦ La langue arabe est une des plus riches du monde.Il y a mille mots différents qui signifient "sabre" ; il y en a encore plus pour dire "chameau".Bien entendu, personne ne les sait en entier.Car les habitants de l'Arabie, surtout les nomades Bédouins, ne lisent que dans la nature.Par les pistes sur le sable, ils savent exactement qui est passé par là.l'âge des personnes, le sexe.etc.Leur connaissance des étoiles est vraiment prodigieuse.¦ Durant les longs mois d'essaul que subit l'île de Malte, les habitants vécurent presque toujours dans des cavernes a peine éclairées.On constata que les fruits du genre citron contiennent une vitamine qui aide l'oeil à s'adapter à la vision nocturne.¦ En 1735.Louis XV publia un décret interdisant dorénavont les miracles au Couvent de la Porte Royale.En 1801, un ukase du tsar Paul 1er interdit le port de couvre-chef circulaires et de toutes formes de chapeaux qui n'étaient pas connues avant l'an du Seigneur 1775.LE ROMAN MUSICAL DE VIENNE (Suite de la page six) ventre ! Le prince de Ligne chan sonne ces avertissements : Après une longue guerre.L'entant ailé de Cythète Voulut, en donnant la paix.Tenir à Vienne un congrès.Au bureau de Terpsichore.Dès le soir jusqu'à l'aurore.On aqitait des ébats.Sur Timportance d'un pas.Minerve dit.en colère : "Cesser, au moins un instant.Si vous ne voulez pas laire A Vienne.un conqrès dansant ! " A cette époque, le rythme tourbillonnant de la valse crée le vertige et l'enchantement ; il envahit les guinguettes aussi bien que les salons, où il fait tourner mousselines et rubans.Avec les trois générations des Strauss, elle devait connaître un éclat exceptionnel.Elle charme les amours du Duc de Reichstadt avec la ballerine Fanny Essler, puis avec Thérèse de Lorget, qu'il surnommait "Petite Source".Dans L'Aiglon, Edmond Rostand en a prolongé les der niers échos : Ecoulez une valse.et banale, on dirait.Mais elle s'ennoblit en voyageant.Peut-être Qu'en traversant les bois que Iréquenta le maitre.Autour d'une fougère ou près d'un cyclamen.Elle aura rencontré l'âme de Beethoven ! .Et l'on dit que la tragédie de Mayerling, tandis que la Vetsera mourcit dans les bras de l'archiduc Rodolphe, fut accompagnée en sourdine par la phrase mélodieuse du Beau Danube Bleu.Bref, la valse viennoise a toujours eu la réputation.un peu louche de marier les coeurs et, dans les opérettes de Franz Lehar, d'Oscar Strauss ou d'Abraham, quand il fallait absolument que le roi devint épris de sa belle Américaine, — ce qui, dans ce temps-là, paraissait invraisemblable, — on faisait intervenir une valse ralentie à l'excès, et, aussitôt, sous l'empire de ces rythmes enjôleurs, le soprano défaillait dans les bras du baryton.André RIVOLLET.MONTREAL, MAI 1946 PAGE VINGT SEPT Petite histoire des cartes à jouer Un article inédit de Gisèle d'ASSAILLY Connaissez-vous l'origine des cartes à jouer ?Le sujet a donné lieu à de nombreuses controverses et les avis sont trop partagés pour qu'on puisse s'en tenir à une seule version.On a cependant tout lieu de penser que le premier jeu de cartes vit le jour en Orient.Mais, entre la Chine, la Perse et l'Inde, les érudits ont bien du mal à se mettre d'accord 1 Toutefois, le pays de la Jungle semble rallier le plus de suffrages : de Bombay, les cartes auraient été transmises par les Tziganes aux Arabes, qui les auraient introduites en Espagne.Au XlVe siècle, à Florence, on vendait un ensemble de dessins destinés à l'éducation de la jeunesse les premiers tarots n'auraient été qu'une combinaison de ces figures, avec le jeu numéral espagnol, sous le nom de naibi.Et c'est ainsi qu'en Espagne, les cartes s'appellent, aujourd'hui encore, les naipes.D'autre part, on a retrouvé, dans les "minutes" d'un notaire marseillais au XVe siècle, le mot nahipi reproduit à plusieurs reprises, et l'on sait qu'à l'époque, les fabricants de carteB à jouer portaient, en France, le nom de "maîtres naypiers".Le jeu de cartes ne fut point, comme on le croit communément, importé en France pour distraire la mélancolie du roi Charles VI : il y était déjà connu à la fin du règne de Charles V.Selon le Père Ménestrier, les cartes seraient une sorte de réplique pacifique du jeu d'échecs (beaucoup plus ancien), que l'on considérait comme le jeu de la guerre.La découverte de la gravure sur bois, vers 1425, popularisa les jeux de cartes en les mettant à la portée de toutes les bourses.L'Allemagne, dans la Cartes à jouer sous Ja Révolution ville d'Ulm.en eut tout d'abord le monopole mais, à partir de la seconde moitié du XVe siècle, les cartes gravées sur bois, puis sur métal, se fabriquèrent dans toute l'Europe.Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le premier quatrain d'images importé en France fût originaire d'Allemagne.On y voyait des signes "évocateurs" si l'on peut dire : des coeurs, des grelots (carreau), des feuilles (trèfles), des glands (pique).Cependant, de longues années durant, en dépit des jeux dont leurs voisins d'outre-Rhin ne se faisaient pas faute de les inonder, les peuples latins restèrent fidèles aux tarots d'origine espagnole.Condamnées par les uns, adorées par les autres, les cartes s'imposèrent, et, très tôt, la Monarchie, suivie par l'Empire et la République, essayèrent de tirer parti de la passion du jeu.en élevant progressivement les impôts qui frappaient les cartes.Néanmoins, jusqu'au XVIIIe siècle, il n'existe aucun contrôle sérieux.Ce n'est qu'à partir de 1739 que l'on trouve mentionnés les premiers papiers filigranes dont la réglementation ne fut établie définitivement qu'en 1751.Au début, ce filigrane officiel (une grande fleur de lys) était imprimé au coeur de la feuille de papier, ce qui permettait encore des fraudes, les cartes coupées au centre se trouvant être leB seules marquées, en partie tout au moins, par la dite fleur.En 1768, on fit autant de filigranes que de cartes, mais l'emblème varia par la suite avec chaque régime.Sous la Révolution, la fleur de lys dut céder le pas devant le bonnet phrygien.Puis l'aigle apparut, chcssé peu après par le coq de LouiB-Philippe ; il devait étendre de nouveau ses ailes sous le second Empire.Finalement, la République couronna l'as de trèfle de la feuille de chêne symbolique.En ce qui concerne le "portrait" (c'est-à-dire les figures), la Révolution eut, but la carte à jouer, une influence tout aussi directe.En 1792, les cartons restent les mêmes pour le "portrait de Paris" (fabriqué à Amiens), mais le nom des rois est effacé d'un gros trait et des dames apparaissent coiffées d'un petit bonnet rouge.A Angere, les rois deviennent des "sages", les dames des "libertés" et les valets des "braves".Dans le "portrait de Bordeaux", les couronnes subsistent encore, mais les couleurs remplacent les points fleurdelysés.Parfois, on aperçoit un petit plumet perché dans la résille qui coiffe les reines.En 1793, les choses se corsent.Cette fols, le bonnet phrygien est sur toutes les têtes.Les rois se transfor- PAGE VINGT-HUIT LE PASSE-TEMPS ment en "génies" de la Paix, des Arts, de la Guerre, du Commerce.Les dames idéalisent la liberté des cultes, du mariage, de la presse et des professions.Les valets représentent l'égalité.Un fusil au côté, celui du coeur se chargeait de faire respecter les devoirs, tandis qu'une balance à la main, celui de trèfle pesait les droits de chacun.Hector recevait les couleurs nationales en partage, et Ogier représentait le peuple vêtu de haillons et coiffé d'une carmagnole.Les as évoquaient la loi I Puis les idées évoluèrent encore et voici les libertés d'hier transformées en vertus.C'est encore plus édifiant, à n'en point douter ! La Justice tient une balance ; la Force, une massue ; l'Union, les lois de la Constitution ; la Prudence, le serpent.Rien n'y manque.Et voici les rois redevenus "sages", mais, cette fois, les classiques sont en vogue et nous voyons Caton et Solon voisiner avec Brutus et.Jean-Jacques Rousseau.Le 1er avril 1810, le premier "portrait officiel" de l'Empire fut mis en service.Dû à la fine plume de David, il était commandé par Napoléon qui figurait évidemment.César ! Mais ces cartes n'eurent aucun succès et, dès 1813, on revint à l'ancien "portrait" qui n'a subi depuis lors que des modifications de détail.Du XVIIe au XVIIIe siècle, l'envers de la carte à jouer uniformément blanc, sert également de carte de visite.Les commerçants complètent même la leur par une sorte de revue de leurs spécialités.Tel maître pâtissier annonce (sur un sept de pique) "des poissons en relief de gras, (le gras devant être mangé chaud), à la frangipane ; et des tourtes aux rognons de veau pour vingt-quatre sous".Heureux temps ! A l'époque romantique, on se servira également de ces cartes pour échanger des impressions ou des confidences sentimentales.Parmi les jeux qui obtinrent le plus longtemps les faveurs du public, il faut citer le Piquet.En la seule année 1790, les trois fabricants les plus renommés de Paris déclaraient respectivement : Ybert, 95,781 jeux ; Delatre, 83,378 ; Jean Minet, 63,938.Chaque jeu de piquet coûtait à l'époque cinq sous, huit deniers.Jusqu'en 1855, les cartes, composées de deux Çspiers collés ensemble, étaient aussi souples que du uvard et d'une opacité relative.C'est alors que Grimaud, maître cartier à Paris, depuis l'année 1819.eut l'idée d'intercaler entre les deux feuilles une troisième, qu'il baptisa du nom d'étresse, donnant ainsi aux cartes françaises une renommée mondiale.Cet érudit.dont la vie fut consacrée à l'étude et au perfectionnement des cartes, compléta son invention, dix années plus tard en arrondissant et en métallisant le coin des jeux.M.Marteau, maître Marteau dovrait-on dire, conti- Cartes à jouer commerciales, en France nue la tradition Grimaud, qui fit de la carte française une spécialité remarquable de l'industrie nationale.Tous les jeux qui sortent de chez lui sont presque aussi curieux el variés que ceux de ses ancêtres.Cartes anglaises, figures belges, "portrait' 'suisse, tarots, sans oublier les jeux spéciaux pour chiromonciennes qui sont un enchantement.Une suite de petits tableaux vous montrent bonheurs et malheurs illustrés d'exquise façon et commentés de légendes appropriées.La colombe vous apporte la lettre que vous attendiez, le renard et le serpent vous guettent au coin du bois.Rassurez-vous cependant, le soleil brille dans votre jeu et la "maiBon" est là, qui vous promet : "en aHaix9.beaucoup de gain "•I du bonheur toujours "au jeu ef en amour / " C'est la grâce que je vous souhaite.Gisèle d'ASSAILLY.FOURRURES CREATIONS, REPARATIONS, ENTREPOSAGE 10 ICDELRt 787 est, avenue Mont-Royal — Montréal Agence à SainKj-Adèle-en-Haut : J.CORBL'IL.Enrg.SOIERIES LAINAGES DE HAUTE 1420, RUE DRUMMOND, MONTREAL QUALITE MONTREAL, MAI 1946 'AGE VINGT NEUF Depuis quelques semaines.nous cssistons à un duel dans la mode.C'est celui des deux lignes, et nous nous demandions laquelle gagnerait la partie.Ne venait-on pas en effet de nous proposer deux lignes différentes : la ligne ample et la ligne droite, la ligne cloche et la ligne fuseau.Or, les femmes en ont décidé ; chacune se cantonne dans son genre et y poursuit son chemin.C'est ainsi que ligne ample et ligne droite voisinent chez les couturiers.Pour les tailleurs seuls la question est résolue, la ligne droite triomphe et les jupes n'ont aucune ampleur.Malgré la divergence, la fantaisie, quelques caractéristiques s'en dégagent, ainsi le buste sculpté, moulé par des drapés ou des plis souples, la poitrine haut placée, les épaules rondes, manches longues ou demi longues.Beaucoup de robes très pratiques en fin lainage ou en crêpe simulent le costume tailleur.PAGE TRENTE LE PASSETEMPS c'E RAVISSANT MANTEAU charmepar sa ligne jeune et seyante.Dans un souple lainage gris ou bleu froncé sous l'empiècement, il est garni de piqûres apparentes.Une ceinture et un bouton de cuir marine lui confèrent une élégance raffinée.Nous présentons ici quelques-unes de ces jolies robes printanières.EN HAUT : Robe manteau en shantung praline.La première découpe est soulevée accentuant l'effet de jaquette.Robe à basque en fin lainage banane.EN BAS : Robe de toile de soie naturelle garnie de découpés.Boutons el ceinture de cuir gros vert.Robe de crêpe "Mirador" vert aman de, grosses piqûres, boutons el ceinture marron.Les tissus sont infiniment variés et rien n'est plus amusant que les crêpes de "France-Couture" égayés de gracieuses "Ballerines" évoluant sur les fonds bleu pâle, rose, citron, etc.Le crêpe "Pari Mutuel" avec tous ces tentateurs tickets de course.Les toiles de soie, les failles, les moires complètent une splendide collection.Simone CHANDAI.ILLUSTRATIONS LA MODE PARISIENNE PARIS MONTREAL.MAI 1946 PAGE TRENTE-ETUN ILLUSTRATION CHAS DESJARDINS MONTREAL Beauté et prévoyance DANS le domaine de la foumire, nos créateurs jouissent d'une incontestable renommée.Ici, les établissements Chas Desjardins, Limitée, s'appuyant sur une tradition de trois quails de siècle, présentent une création qui sera la grande vogue, l'hiver prochain.De vison canadien ou de rat musqué descendu, ce modèle est de ligne classique qui demeure.La femme avisée considérera dès à présent l'acquisition de son manteau de fourrure, et saura profiter des prix raisonnables qui prévalent en ce moment.Sage prévoyance, vu l'instabilité des marchés de la fourrure.Elégance et prévoyance s'allient donc d'heureuse façon chez Chas Desjardins, Limitée, les grands fourreurs canadiens de réputation internationale.DEPUIS 1877 FOURRURES D E QUALITÉ : LIMITÉE ¦ 1170, RUE ST-DENIS • MONTREAL t_Huberg« fronçalte- Un temple de la tfourmandije ^ ^^aoxporlçf^Montréal Cuisine Atmosphère au v 111 il rs PROVINCES FRANÇAISES (J^-'.CAP SI/rVARTIN.PAGE TRENTE-DEUX LE PASSE TEMPS Tout le monde en parle n I r T r p U toujours à point et D I I L 0 l\ servi de façon appétissante Spectacle chaque soir dans la salle du haut 7815 Boul.Décarie.Téléphone : ATlantic 0638 RESTAURANT DISTINGUÉ • CUISINE SOIGNEE VINS — BIERES - LIQUEURS • 1490 rue Drum mond Montréal — PL.6345 Propos de la table Savez-vous que c'est probablement d'Abyssinie que nous vient le café ?Il y pousse à l'état sauvage et les indigènes en consomment depuis des temps imé-mémoriaux.Le mot café viendrait, croit-on, de Kaffa, province abyssinienne."Qui n'a pas faim peut prêcher le jeûne." "A table nul ne dort, tout le monde est d'accord." "La faim est la meilleure sauce." "Rien ne fait les amis comme la bonne chère." REGNARD.Un homme de lettres était invité à dîner, chaque semaine, chez un riche bourgeois très avare, et qui se plaisait à dire du mal de tout le monde.On en sortait, ayant encore faim et nul ne trouvait grâce devant lui.L'homme de lettres finit par en avoir assez, et n'y retourna pas.Rencontrant son amphitryon sur le boulevard, il tenta de l'éviter, mais celui-ci le retint au passage : — Vous viendrez après-demain, n'est-ce pas ?— Impossible, mille regrets.— Pourquoi donc ?— Cher monsieur, je suis las de manger mon prochain sur du pain sec.en ville allez chez CUISINE SOIGNEE 8 Restaurants à Montréal T'AS PAS?TAS PAS DbjÀ Sombre Oans le DécouctACBMenr eu CONSTATANT, PAR.TON LIVRET De.BANQU6, que ton compte esrÀ Peu près a sec ET LORSQUE TUAS FINI OE COMPTER LES CERTIFICATE Tu COM STATES NON SANS SATIS PACTION, QUE Tll AS AMASSE LA UN «JOLI MAGOT MAIS VOILA «SUCS TA FEMME SAMENE TOUTE JOVeUSE,BRANDISSANT OANS CHAQUE MAIN DES LIASSES OE ceRTIPlCATS LTEflARCNE ACHETES DURANT LA CUERR6 TmSPAS alors ReTROuvé tout;ton ENTHOUSIASME ET ÉPROUVE LE OES'R OE DANSER DE JOIE f CONTRIBUTION DE IA »*'W brasserie BLACK HORSE dawes 4 MAI 1946 52e ANNEE — MONTREAL P-26 TENDRESSE, piano Hector GRATTON ETUDE, P'ano.Alexandre SCRIABINE TU ME DEMANDES SI JE T'AIME, chanson .1,1.PAQUET JE NE VEUX PAS ME MARIER, folklore .A.LALIBERTE CHANT DE RALLIEMENT DES GUIDES.E.LAPIERRE LE ROMAN MUSICAL DE VIENNE 20/ 3818 Girouord MONTREAL WA.6423 OSWALD NICHAUD Accordeur de pianos pour l'élite des musicien* Professeur d'acoustique à l'Université de Montréal — Accordeur à Radio-Canada Inventeur du piano magnétique EONOBKI.PIANOS REMIS A KEUF _ W^4 PIANO QUIDOZ Le Compagnon des Artistes Chaque instrument eet un chei-d'oeuvre d'ébénlsterie grâce au mariage habile det plue beaux bout.Catalogue sur demande LES PIANOS QUIDOZ 1388 MONT-ROYAL EST Montréal 34 — Tel.: FR.1820 POUR L'EXAMEN DE VOTRE VUE Diplômé de l'université de Montréal PRESCRIPTION DES VERRES SPECIALISTE OPTOMETRISTRE-OPTICIEN 6761, SAINT-HUBERT 330, RUE SAINT-GEORGES CA.7616 ST-JEROME — TEL 171 Bonne nouvelle pour les SOURDS POUR ENTENDRE LA MUSIQUE CHEZ VOUS OU AU CONCERT MONO-PAC Beltone Un nouvel appareil plus compact sans pile-sèche encombrante.ir Une seule pièce à porter.Tonalité ajustable pour distance el intensité.Démonstration gratuite à nos bureaux ou à votre domicile.Brochurette "T" Bur demande.Conditions do paiement ladles.RAVOX EARPHONE 1587.rue Saint-Denis.Tél.HArbour 8730 (Face au théâtre Saint-Denis.Montréal) EXAMEN DE LA VUE Institut d'Optique Mont-Royal, Inc.JEAN-PAUL PRUD'HOMME.O.D.1371 est, rue Mont-Royal Montréal FAlkirk 30S9 VISITEZ A MONTREAL LE MUSÉE HISTORIQUE CANADIEN inc.Le plus beau musée de cire en Amérique (Pris de rOratolre Saint-Joseph! 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