Le passe-temps, 1 janvier 1948, v. 54, no 917
REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 En guise d'éditorial, nous désirons rendre un hommage mérité à une belle organisation artistique qui célèbre en ce moment une étape importante.TNITIER gratuitement près de 3,000 jeunes gens à * tous les secrets de l'art vocal, leur inculquer l'amour du beau, voilà l'immense service rendu aux nôtres depuis dix ans par M.José Delaquerrière, un eminent artiste français.Son oeuvre, Le Choeur de France, qui fête ce mois-ci son dixième anniversaire de fondation, compte des milliers d'admirateurs ; oeuvre d'autant plus admirable qu'elle n'a reçu aucun appui financier des gouvernements.Nous aurons l'occasion prochainement de présenter comme il convient cette institution si méritoire et utile, ainsi que son fondateur, dont le dévouement est, c'est le cas de le dire, sans borne.Ajoutons que le président du Choeur de France est M.Dollard Morin et que l'organisateur est M.André Lecompte, tous deux journalistes estimés de Montréal.Que Monsieur Delaquerrière, ses collaborateurs et ses élèves veuillent bien accepter nos félicitations et nos voeux très sincères, à l'occasion de cet anniversaire dont ils sont justement heureux et fiers.SOMMAIRE AVRIL 1948 — No 917 THEMES ET VARIATIONS .2 el 3 BOÏELDIEU par Robert CHAUMONT .4 FRANÇOISE AUBUT.organiste .5 PAYSAGES DE FRANCE DANS LA MUSIQUE FRANÇAISE DE PIANO par René DUMESNIL .6 LES ARTISTES VUS PAR UN ARTISTE: S.FIELD par Roger PARENT .7 CREPUSCULE, poème inédit par J.-J.GAGNIER, D.Mus.8 MARGUERITE LESAGE, organiste 8 NOTULES .8 ELEVES DU PROF.DU BOIS .9 FORUM PIANISTIQUE par Maurice DUMESNIL .9 POT-POURRI.10 JE POURRAIS DIRE.poème par Gabrielle RAIZENNE .10 ALBUM MUSICAL .11 à 19 ETES-VOUS MELOMANE!?par MUSICOPHILE .20 POINTES SECHES, CRAYON GRAS par J.-J.GAGNIER, D.Mus.20 LES VARIETES CANADIENNES 22 SPECTACLE TZIGANE A MONTREAL.23 BIOGRAPHIES-ECLAIR d'artistes de la radio par Paul GELINAS .24 et 25 Clichés CKAC LES CONCERTS WILLIS M.ROBERT PARADIS .DOMENICO SCARLATTI LES BELLES LECTURES IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS" .LES MOTS CROISES .24 25 26 26 27 28 Autorisa comme malière de seconde classe par le Ministère des Posies.Ottaira."LE PASSE-TEMPS" esl publié mensuellement par les Edifions du Passe-Temps.(Inc.), 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.— Téléphone .-MArquetfe 9905.Il est imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou non, ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST ; rédaction : Roland PREVOST : publicité : Paul PREVOST.ABONNEMENTS : Canada : $2.00 pour 12 mois ; S3.75 pour 24 mois Etats-Unis : S2.25 pour 12 mois.Autres pays : S2.50 pour 12 mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue, 11 faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en leuilles.MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE UN Avril — mois favorable aux musiciens La saison printanière semble favorable à la musique, car un grand nombre de grands artistes sont nés en avril : Ferruccia Busoni, pianiste et compositeur italien, est né le 1er avril 1866 ; Serge Rachmaninoff, le 1er avril 1873 ; Charles Marie Courboin, l'organiste belge, le 3, 1886 ; Reginald DeKoven, le 3, en 1859 ; Pierre Monfeux, à Paris, le 4, en 1875 ; Albert Roussel, le 5, en 1869 ; Oscar Straus, à Vienne, le 6.en 1870 ; Carlos Salzedo, harpiste, à Arcachon, le 6, 1885 ; Robert Casadesus, à Pars, en 1899 ; Efrem Zimbalist, à Rostov-sur-le-Don.en 1889 ; Paul Robeson, le brillant baryton nègre, en 1898 ; Sigmund Spaeth, critique et écrivain américain, en 1885 ; Lauis Audran, compositeur français d'opéras, dont La Mascotte, en 1840 ; Lily Pons, à Cannes, en 1904 ; Leopold Stokowski, à Londres, d'un père polonais et d'une mère irlandaise, en 1882 ; Yehudi Menuhin, à New-York, en 1916 ; Serge Prokofiev, en Russie, en 1891 ; Friedrich von Flotow, compositeur de Martha et autres opéras, en Allemagne, en 1812; Sir Thomas Beecham, le fameux conducteur anglais, en 1878 ; Franz Lehar, compositeur de La Veuve Joyeuse et autres opérettes, en Hongrie, en 1870.Récital d'orgue à Notre-Dame La Société Casavant a invité Virgil Fox à donner un récital sur le magnifique instrument de l'église Notre-Dame le 31 mars.Le programme comprenait du Bach, du Franck, du Mendelssohn, et même, par une délicate pensée de l'auteur, des compositions de deux musiciens français contemporains : Langlois, qui occupe à Sainte-Clotilde de Paris le siège autrefois occupé par César Franck, et Marcel Dupré.Le concert a été suivi d'une réception chez Mlle Françoise d'Amour, professeur de piano bien connue à Montréal.Il nous fut ainsi donné de faire la connaissance de l'artiste, dont la personnalité ouverte et attachante a gagné tous les coeurs.C'est un jeune homme de 32 ans, et l'on pouvait reconnaître dans son jeu toute la fougue de la jeunesse : il joue Bach, par exemple, avec un brio extraordinaire, il l'arrange même, à la mode américaine, en y ajoutant ce "swing", ce "pep", qui modernise le vieux Bach d'une façon curieuse ; mais il n'en est pas encore à réussir à l'adapter en musique de cinéma.Ce genre de modernisations, en général, me déplaît souverainement, mais je dois dire que la manière de Virgil Fox est impressionnante : il nous présente Bach sous l'aspect du Victor Hugo des Châtiments, du MichelAnge de la Chapelle Sixtine, et cela projette une lumière toute nouvelle sur notre conception de Bach.D'une virtuosité éblouissante dans la Sonate de Mendelssohn et le Prélude et Fugue de Dupré, l'artiste a montré de la douceur et la suavité requise dans le Prélude et Variations de Franck ; on doit regretter qu'il n'ait pas tenté de nous jouer un Choral du même auteur, dans lequel il aurait pu prouver aussi une musicalité profonde, et l'effusion mystique que l'orgue, entre tous les instruments, est le plus propre à exprimer.— J.-Gaudefroy DEMOMBYNES.Pléonasme.une maladie grave ?— C'est une "artiste lyrique" de fort enviable réputation qui brille, d'ailleurs, beaucoup plus par sa voix que par sa culture.Elle devait chanter le lendemain dans une soirée mondaine, lorsqu'elle se sentit, soudain, légèrement enrouée.Immédiatement alerté, le médecin arrive et notre artiste de lui déclarer aussitôt : — Docteur, je crois que j'ai un peu d'angine dans la gorge.— Un peu d'angine dans la gorge, fait le médecin, tout, en examinant les amygdales de sa cliente, mais.Madame, c'est un affreux pléonasme, cela.Le soir même, l'organisateur de la soirée recevait de la vedette, un télégramme ainsi conçu : "Impossible chanter demain, suis atteinte d'un affreux pléonasme".¦ ANDRE DASSARY.populaire interprète de la chanson française, a bien voulu autographier sa photo à l'intention des lecteurs du "Passe—Temps".Lors de son passage à Montréal.Dassary a été la vedette de "Chanson Gitane", aux Variétés Lyriques, et invité à Radio-Carabins : il fut également l'hôte de 2a maison Ed.Archambault, où il a inauguré le nouveau Livre d'Or.La tournée de ce sympathique artiste dans la province s'avère un succès considérable.Disposez-vous de musique en feuilles?Lors d'un récent incendie, uno do nos musiciennes les plus estiméos.Madame Caron-Legris.avait le grand chagrin de perdre la plus grande partie de sa musique en feuilles, sos manuscrits et sa riche documentation accumulée depuis l'Age de douze ans.Tous les musiciens peuvent se rendre compte du désarroi st des ennuis qui découlent do pareille perte.Madamo Caron-Legris voudrait, on le comprend, reconstituer sa bibliothèque musicale, et o-'.lo invite, par notre entremise, toutes les personnes qui disposent de musique et de livres de vouloir bien communiquer avec elle, en fournissant listes explicatives et conditions.C'est un service précieux pour lequel Madame Caron-Legris, si lourdement éprouvée, nourrit à l'avance la plus vive reconnaissance.On voudra bien communiquer avec elle par téléphone à LAncaster 4452, ou par correspondance à 319 est.boulevard Saint-loscph, à Montréal.PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS ¦ Nous sommes heureux de vous présenter une autre de nos jeunes compatriotes qui nous fit honneur dernièrement en obtenant la plus haute note de la classe "soprano coloratura", lors du festival de musique d'Ottawa.Mlle LUCILLE BOUCHER, de Montréal.Elève d'Albert Viau.mademoiselle Boucher n'étudie que depuis un an et les juges du festival lui assurent de grands succès pour un avenir prochain.Nos félicitations les plus sincères à cette jeune artiste qui.nous l'espérons, nous donnera bientôt l'occasion de l'entendre sur nos réseaux canadiens.¦ La Société des Festivals, l'une des organisations les plus actives de la deuxième ville française du monde, vient de compléter les arrangements pour la présentation, en octobre prochain, de l'Orchestre symphonique de Paris, dans un con-cerl-gala qui sera donné en l'église Notre-Dame.L'orchestre sera sous la direction de Charles Muench, qui vient d'être désigné pour remplacer Serge Koussevitsky.comme chel de l'Orchestre symphonique de Boston e ¦ C'est le 23 mai prochain, à l'Auditorium de l'Hôpital de la Miséricorde, qu'aura lieu la troisième audition d'élèves de Mademoiselle Henriette Tardif, professeur de musique.Au' programme un choeur de chant de 35 voix, ainsi que solos et duos de piano dans un répertoire de pièces classiques et populaires.Quand on connaît le dévouement de ce dévoué prolesseur, le succès de ce récital esl assuré.L'art d'écrire de la musique moderne.A quoi bon s'y prendre comme les maîtres du passé pour écrire de la musique ?Voici la méthode d'un compositeur américain : il a deux "secréla:res-virtuoses".qui, chaque matin, viennent lui donner une audition à quatre mains d'oeuvres les plus diverses, de Bach au jazz.Le génie créateur du maitre de maison se réveille à ces accents : congédiant alors les pianistes, il fait introduire, après quelques minutes de recueillement, un autre personnage, le "secrétaire à la composition", auquel il chante ses inspirations instantanées ; le secrétaire "prend note" ; V "ours" qui vient de naître passe ensuite en diverses mains : on l'habille d'harmonie, on l'instrumente, on l'envoie à la gravure et à l'enregistrement.La publicité se charge du reste.Ce n'est pas difficile, hein?C'est l'ère des formules simplifiées.Prix "Archambault" 1948 Les concours ARCHAMBAULT suscilèronl celle année un tel intérêt, qu'il lallut y consacrer plus de quatre journées Rappelons que le prix "Archambault consiste en trois bourses de SI 00 00 chacune, et lut institué par leru M.Edmond Archambault.fondateur de l'importante Maison qui porte son nom.SECTION PIANO — Cette bourse lut attribuée cette année à Gilles Manny, élève de Yvonne Hubert ; il est le Irère de Marcelle Manny, violoncelliste de l'Orchestre Symphonique deB leunes de Montréal.Le jury était lormô de Mlle Gilberte Martin, de MM Allred Laliberté et Georges-Emile Tanguay.SECTION CHANT — Elle fut décernée à Mlle Marguerite Laliberté de Québec, élève des Rév.Soeurs de Jésus Marie, à Sillery, et du prolesseur Edouard Woolley de Montréal Le jury se composait do MM Marcel Valois.Charles Goulet et Albert Cornellier.SECTION INSTRUMENTS A CORDES — La récipiendaire lut Pearl Rosemarln.violoncelliste, élève de M.Roland Leduc Le jury comprenait Mlle Ethel Stark et MM.Albert Chamberiand et Jean Belland.Sincères félicitations aux bénéficiaires el meilleurs voeux de succès dans leur carrière qui s'ouvre sous d'aussi heureux auspices.Est-il besoin de souligner l'importance de ce prix dont le palmarès porte les noms d'artistes qui s'imposent déjà : Mlles Paule-A.Bailly.pianiste, (prix d'Europe 1939), Geneviève Gagnon.pianiste.Jacqueline Lavoie.pianiste, (prix d'Europe 1944), Jean McNabb, violoniste.Leopold Simoneau, chanteur, Mlles leanne Landry, pianiste, (prix d'Europe 1946), Claire Provost, altiste, Germaine Leblanc chanteuse, Simone Rainville, chanteuse.Lise Desrosiers.Prix Archambault, remporta le prix d'Euope de la province de Québec, en 1947.Nos iélicitations à la Maison Ed Archambault ainsi qu'à M.Maurice Crépault.organisateur de ces concours.Notre concours mensuel CHAQUE MOIS, deux abonnements gratuits à la revue musicale "Le Passe-Temps'' sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.Les concurrents trouvent les réponses en lisant les articles et les chroniques du numéro courant.Tous les lecteurs du "Passe-Temps", abonnés ou non.ont droit de participer ou concours ; les gagnants déjà abonnés recevront un prolongement d'un an à leur abonnement.Le nom dee gagnants paraîtra dans le prochain numéro.1.— Quelle famille de musiciens dont la maison pouvait être prise pour un conservatoire 1 — 2.— Quel musicien français a le plus heureusement trouvé dans la nature l'inspiration à sa musique ?— 3.— Quel haut dignitaire ecclésiastique Joue du violon de façon remarquable ?Dites en quelques mots quels genres d'articles et de musique vous plaisent le plus dans "Le Passe-Tempe".Adresses comme suit : Concours mensuel du "Passe-Temps".627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.LES GAGNANTS DU CONCOURS DE FEVRIER-MARS : Mlle Marthe Paquin.Ecole Normale.Joliette.el Madame Eliane Dallalre.12, avenue Maltais Chicoutimi (Québec).Nos sincères félicitations MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE TROIS BOÏELDIEU Collaboration spéciale de Robert CHAUMONT FRANÇOIS-ADRIEN BOÏELDIEU était de modeste origine.Son père était simple secrétaire de l'archevêque Larochefoucauld, de Rouen, et sa mère, modiste.François-Adr'en, né le 16 décembre 1775, manifesta de bonne heure d'heureuses dispositions pour la musique, et fut inscrit très tôt à la maîtrise de la cathédrale.Il étudie ensuite la mus que sous la direction de l'organiste Charles Broche, qui avait été l'élève du célèbre Père Martini et de François Couperin ; excellent musxien, mais d'une sévérité excessive et d'un tempérament violent qui était une source presque de terreur pour le jeune élève."On Hit que Boïeldieu étail obligé de remplir auprès de son impitoyable maître l'ollice de valet de chambre, comme autrefois Haydn avec le vieux Porpora.On dil aussi que lelle était l'épouvante que lui inspirait ce pédagogue farouche, qu'un |our.Irappé de terreur à la vue d'une tache d'encre qu'il avait laite sur un livre du maître, il ne crut pouvoir se soustraire au danger qui le menaçait que par la fuite ; qu'il partit seul, à pied, pour aller à Paris Rendu à sa lamlllo, il reprit le cours de ses éludes, el le maître consentit à mettre moins de sévérité dans ses leçons Un talent agréable d'exécution sur le piano, d'heureuses idées mélodiques et quelques légères notions d'harmonie, voilà ce que Boïeldieu possédait à l'âge de seize ans" Il semble que Broche lut son unique prolesseur Dé|à en 1791.le jeune Boïeldieu commence à se produire comme pianiste dans les concerts, à écrire quelques pièces instrumentales et des romances.Peu à peu sa vocation dramatique se dessine.Le plus souvent possible, il assiste aux représentations lyriques données au théâtre de Rouen, où une représentation de Raoul Barbe-Bleue do Gretry éveille en lui un ardent déHir d'écrire une partition d'opéra En 1793, à l'âge de 18 ans, ses aptitudes sont mises à l'épreuve, lorsqu'il représente, à Rouen, son premier opéra-comique, en deux actes, La Fille coupable, sur un livret écrit par son père.Le succès fut considérable.Toujours en collaboration avec son père, il compose en 1795.Rosalie et Mina, opéra en trois actes Le début était heureux ; mais c'est â Paris que Boïeldieu rêve d'être joué.L'ambition et la conscience de son talent lui lonl trouver bien étroits les horizons de sa ville natale ; surtout après l'échec de son projet d'y établir une école de musique sur le modèle du Conservatoire de Paris, de fondation récente.Projet qu'il avait préconisé avec grand enthousiasme dans un article paru dans le tournai de Rouen, el intitulé Reflection patriotique sur l'utilité de la musique.ALLER de Rouen à Paris, dil Fétis."n'était pourtant pas chose lacile pour quelqu'un qui n'avait pas d'argent, car le voyage étail cher dans ce temps où la diligence employait deux jours à lalrn le trajet Quant à la dillicullé de vivre dans la grande ville, Boïeldieu ne s'en inquiétai! pas N'avalt-ll pas dix-neul ans.sa partition et des idées dans la tête 7 C'était toute une lortune que cela.Le voyage donc était la seule chose qui l'embarrassât 11 résolut la difficulté en disparaissant un jour de la maison paternelle, emportant sn partition sous le bras, trente Irancs dans sa poche ot l'espérance au coeur.leune et fort .il marchait vite : la première journée n'était pas écoulée, el déjà il était à quinze lieues de Rouen.Le lendemain, il entrait à Paris, crotté jusqu'à l'échiné et se soutenant à peine, tant il était accablé de latigue ; mais II • élait à Paria, et si le présent était sombre, l'avenir était souriant.Cependant autre clio.te est de donner avec succès un petit opéra dans sa ville de province ou de le laire jouer à Paris." Cette vérité devait vile apparaître que trop évidente.Cependant, l'accueil qu'il trouva dans la maison Erard, le célèbre lacleur ses difficultés du début lurent en grande partie aplanies par de piano.C'est par des romances charmantes qu'il cédait à l'éditeur Cochet pour douze Irancs el que le chanteur Garât allait lancer dans les salons, qu'il commença à établir sa réputation ,- les succès obtenus dans ce genre lui facilitèrent l'obtention de livrets de pièces et en même temps l'accès à l'Opéra-Comique, son grand rêve En septembre 1795, il débute avec un petit acte La Dot de Sutette, uu théâtre Feydeau, à Paris.En 1796.il lait représenter Les deux Lettres, et en 1797, La Famille suisse (qui lut joué trente soirs), lesquels lurent tous bien accueillis.Quelques mélodies, dil M.Nétlen, "donl la source sera chez lui toujours prête à jaillir, séduisent les écrivains, et les poèmes abondent." Paraît ensuite Zoraïne et Zulnare, qui lait apparaître sur la scène deux chameaux vivants, ce qui contribue fortement au succès de la pièce ; puis Beniowski.véritable drame lyrique.Le Calife de Bagdad — un sujet purement comique — représenté en septembre 1800, obtient un succès considérable, car il eut près de 700 représentations.El voilà l'artiste, presque adolescent, devenu l'idole du public 1 Pourtant, c'est un peu par surprise que la place est si tôt enlevée.Si les auditeurs se sont laissés séduire à la première lueur du génie, l'art a le droit de n'être pas si facilement satisfait.Mais Boïeldieu esl heureusement supérieur aux décevantes trahisons de la vanité : malgré le premier enivrement, il comprend la sévère amitié qui lui reproche "d'avoir de si beaux succès et de faire si peu pour les mériter".AL'ANNEE 1800 se termine pour ainsi dire la première partie de l'oeuvre artistique de Boïeldieu, jusque-là dépourvue de style vraiment personnel.Grâce à ses relations avec les familles Erard et Garât, il rencontra les principaux musiciens et compositeurs de l'époque, en particulier Cherubini Or, c'est à la sortie d'une représentation fort réussie de Calife que Cherubini accosle le jeune et fier compositeur avec ces mots : "Malheureux, n'êtes-vous pas honteux d'un pareil succès si peu mérité 7 " A cela Boïeldieu répond carrément par une demande de leçons particulières de perfectionnement, requête accordée sur le champ.Aussitôt la surabondance incorrecte esl sacriliée à la recherche de la science, el Boïeldieu apprend à ne plus accepter trop facilement la parure de sa penRée.La leçon a servi I Maintenant pourvu des armes utiles même au génie, il se prépare à donner la pleine mesure de son talent, et désormais, nul ne pourra plus contester son droit aux applaudissements des salles charmées Trois années plus lard, il lail représenter son opéra comique Ma tante Aurore, et de nouveau, un grand succès, qui contribue ù affermir sa réputation européenne.Entre-temps, en 1802.II avait épousé Clothilde Mallleuroy.une danseuse aux moeurs.lanlalsistes, mais cette union ne lui pas très heureuse.Ses chagrins domestiques le contraignirent à quitter Paris dès la lin de 1803.pour Saint-Pétersbourg, où le Izar Alexandre 1er le nomme maître de chapelle et directeur de l'Opéra impérial.Les huit années de son séjour en Russie marquent une étape creuse, au point de vue création artistique, car l'inspiration lui manque sur cette terre d'exil où il ne peut s'acclimater.Conformément aux conditions de son engagement, il composera bien une dizaine d'opéras-comiques, des marches de fanlare militaire, des vaudevilles, mais rien de transcendant, si l'on excepte les trois seuls opéras composés en Russie qu'il reprendra plus tard à Paris.Toutelois Le Séducteur en voyage.1808, peut être considéré comme un succès.Mentionnons aussi la leune Femme colère.1805.les Voitures versées, 1808, Rien de trop, 1810, de même que des choeurs pour la tragédie ) Athalio de Racine; on pourrait ajouter Télé-maque qui renferme une mélodie charmante sur les mots "Quel plaisir d'être en voyage", laquelle lut portée ensuite à son Jean de Paris.PAGE QUATRE LE PASSE-TEMPS A son retour à Paris, hâté sans doute par la mauvaise tournure des relations Iranco-russes, en 1811, Boïeldieu trouva beaucoup de changements : Dalayrac était mort, Méhul el Cherubini, outrés de la dépravation du goût du public, se sont retranchés dans le silence ; seul Nicolo Isouard, un compositeur en vogue, est le rival à craindre.Il eut même à lutter avec Méhul, Catel el Nicolo, l'émulation suscitée par celle rivalité artistique contribua beaucoup à la vogue que leurs oeuvres respectives assurèrent dès cette époque à l'Opéra-Comique Irançais.Cependant, Boïeldieu n'a pas élé oublié par ses anciens admirateurs el il poursuit sa triomphante carrière avec la reprise de Ma tante Aurone et une version nouvelle de Rien de trop.L'enthousiasme du public était à son comble, lors de la représentalion de son superbe Jean de Paris, 1812, — un triomphe complet — qui le fera s'écrier lui-même ' "Ah ! quel succès ! " Boïeldieu aatleint vraiment le sommel de sa carrière qu'il continue avec le Nouveau Seigneur du village.1813.Angela, joué en 1814 pendant l'occupation russe de Paris alors que les soldats du tzar paradent au son des marches composées sur commande par Boïeldieu lors de son séjour en Russie, la Fête du village voisin.1816, Le Petit Chaperon Rouge.1818 .oeuvre assez quelconque mais qui plut, les Trois Genres (avec Auberl), une reprise de Le Séducteur en voyage.1920.el quelques autres opéras-comiques, composés en collaboration avoc Cherbinl.Catel.Isouard, Nicolo, Kreutzer, Paër.et autres."FN 1816, le roi Louis XVIII l'avait nommé compositeur _ de sa musique particulière; en 1817.à la mort de Méhul, Boïeldieu fut appelé à le remplacer à l'Institut.Mais déjà le maître commence à ressentir les effets de son activité débordante, el après la représentalion du Chaperon Rouge, en juillet 1818, un long repos lui jugé nécessaire 11 se retira alors à la campagne, dit Fétis, el "y vécut quelque lemps dans un oubli presque complet de la musiqur, uniquement occupé du soin d'orner une propriété qu'il avait acquise Ce repos, le plus long que Boïeldieu ait pris dans r.a carrière, car il ne donna rien d'important dans l'espace de sepl années Ce lut à cette époque que le litre et les fonctions de professeur de composition au Conservatoire de Paris lui diront offerts, l'espoir de communiquer à de jeunes musiciens le.-, lumières do son expérience les lui lirent accepter." Peu après ce repos lorcé, le maître donna, en 1825.La Dame blanche, qui obtint un triomphe sans précédent Très modeste.Boïeldieu attribua ce succè3 à la réaction populaire contre l'engouement rossinien des années précédentes, en particulier, le succès du "Barbier de Seville.1819" L'opéra La Dame Blanche lint l'alliclie rien-lanl plusicins années el il occupe un rang élevé dans l'école Irançaise do l'opéra-comique.La musique de Boïeldieu se caractérise par un certain charme, une certaine douceur mélodique qui semblu découler de la source de la véritable musiquo nationale, la chanson populaire.On pourrai! considérer La Dame blanche comme le prolongement artistique de la chanson , car Boïeldieu s'inspire d'airB écossais — le libretto étant basé sur deux romans de Walter Scott.The Monastery el Guy Mannering.donl l'atmosphère des montagnes mystérieuses clo l'Ecosse el la poésie légendaire e! fleurie charment vivement Ie3 spectateurs.Ceux-ci y trouvent d'ailleurs ce qu'ils recherchaient émotions, rêves, animation, enlin une histoire romanesque où il est question de château léodal, d'officiers jounen, bravnn el lidèles à leur roi, ele Tuf ALGRE l'état de sa santé sans cesse plus précaiie.¦*,VJ' il présente, en 1829, une dernière partition Les Deux JVuirs, qu'il soigne tout particulièrement et dans laquelle il tente de donner plus d'ampleur à son style ; mais ce qui devait être le couronnement de sa carrière, une sorte de testament artistique, ne fut qu'une demi-réussite.Cet insuccès peut être en grande partie attribuable au piètre livret de Bouilly, que Boïeldieu.cédant à l'amitié, avait accepté de confiance ; il en fut profondément attristé.Des difficultés pécuniaires viennent s'aiouter aux ennuis d'une sanlé sans cesse défaillante, par suite du surmenage et d'une maladie pulmonaire contractée en Russie A chaque instant lorce lui est d'interrompre son travail, bientôt, il dut renoncer à toute occupation intense ct prendre sa retraite comme prolesseur au Conservatoire La faillite de l'Opéra-Comique.et, la révolution de luillel, l'expulsion de Charles X, qui lui versait une pension à même sa cas8elle, privèrenl Boïeldieu de sa principale source de revenus.Dans un Iravail de révision sur les pensions de l'Opéra el du Conservatoire, on constata, pour comble de malheur, qu'il ne lui manquait que quelques mois pour avoir droit à la sienne.Finalement.M.Thiers, ministre de Louis Philippe, vint atténuer quelque peu la détresse du maître en lui faisant verser une pension gouvernementale de 6,000 francs.Mais le mal empirai! chaque jour.Aiteini de phtisie laryngée, il ne peut plus composer, et perd même, bientôt, l'usage de la parole En vain, tente-l-il plusieurs voyages cn Italie et en Suisse ; il revint à Paris plus faible qu'il n'était parti.Il espère même un soulagement dans les bains du midi, lesquels autrefois lui avaient procuré quelque bien.Avec l«ine.il arriva lusqu'à Bordeaux, mais ellrayé par les progrès du mal, il renonça à poursuivre plus loin son voyage.Pressentant sa lin prochaine, il manifesta le désir de revoir sa maison de campagne, à ïercy (Seine-et-Oise) ; c'est là qu'il séleignil le 8 septembre 1834 Les ennuis de ses dernières années avaient élé partagés el adoucis par se seconde lemme, la cantatrice Philis Desoyres, qu'il «ivait épousée le 22 lanvier 1827, après un long et tendre attachement.¦pOIELDIEU eut certes une influence importante, "car sa musique facile, légère, spirituelle que soutient une instrumentalion savante et sans vacarme — n'exclut pas la force dramatique".Sans conteste, il appar- (Suile ri la page vingr-ef-unj ¦ FRANÇOISE AUBUT.qui se lit entendre, le 22 avril, à la Basilique de Québec, en un récital au cours duquel olle improvisa ol interpréta des oouvres de compositeurs modernes, dont Marcel Dupré el Olivier Mcssiaen, ainsi que des oeuvres de l.-S.Bach, Franz Lisxt, César Franck.: Espérons qu'il sera possible d'entendre celte artiste distinguée dans un concert semblable à Montréal.MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE CINQ paysages de france DANS LA MUSIQUE FRANÇAISE DE PIANO s Un article inédit de René DUMESNIL BIEN que l'on parle souvent de sa couleur, la musique ne peut prétendre à peindre ; mais elle iait mieux : elle suggère, et nous livre, en même temps que le sujet traité, un aspect de la personnalité de son auteur.De tous les arts, elle est celui qui repond le mieux à la définition donnée par Bacon : "l'Art, c'est l'homme qui s'ajoute à la nature".Car elle ne peut copier ; elle ne prend dans la nature que l'inspiration, et celle-ci naît d'une impression fugitive, d'une circonstance heureuse grâce à laquelle une correspondance s'établit entre l'artiste et le spectacle dont il est témoin, le paysage où il se trouve placé.Combien de morceaux dont le titre évoque une impression de la nature, le souvenir d'un paysage ?Et malgré l'imprécision du langage musical, combien de ces pages nous livrent-elles, aussi parfaitement qu'un dessin ou qu'une peinture, ce qu'il y a de moins saisissablc dans les torme3 d'un site, dans l'atmosphère même d'une fin de journée ou dans le mystère de la nuit ?Point n'est besoin de la variété des timbres, de la "palette" instrumentale pour réaliser cette transposition des impressions visuelles en sensations auditives ; les cordes du piano — qui sont à la musique ce que les lignes du dessin à la plume sont à la peinture — y suffisent.Les deux portées de la musique de clavier traduisent, noir sur blanc, serait-on tenté de dire, les nuances les plus subtiles de ces étals d'âme inspirés par la mer, la forêt, la montagne, les scènes de la vie rustique,- et l'on y retrouve jusque dans le détail — en même temps qu'on y surprend lc secret de cette alchimie par laquelle s'opère la transmutation des sensations passagères en oeuvre d'art — on y retrouve la trace d'une émotion non moins fugitive que le reflet des nuages sur les eaux ou que le frisson des feuilles agitées par la brise.Quelques ouvrages qui sont parmi les plus caractéristiques de l'école Irançaise contemporaine peuvent servir à le démontrer.Voyez, par exemple, dans le recueil des dix Pièces pittoresques d'Emmanuel Chabrier, les numéros 1 et 4.La première a pour titre Paysage, et ce "paysage", selon le mol d'Amie!, est aussi un état d'âme : un unisson des deux mains, au début, nous montre le promeneur qui va.tranquillement, vers le site où l'appelle un souvenir.Le thème s'élargit, puis, brusquement, l'allure du morceau change.Le promeneur sans doute esl arrivé en haut de la colline d'où sa vue embrasse quelque horizon do montagnes donl les cimes se découpent sur un ciel chargé de nuages.II ne s'attarde point, et bientôt, il repart, et le même unisson des deux mains qui servit de prélude, nous dit son relour.La quatrième pièce a pout litre Sous-bois.Ici c'est la ramure des grands arbres agitée par le vent, c'est le frémissement des taillis, c'est la vie doucement bruissante de la foret que nous surprenons — une forêt de Trance, où la nature est sans traîtrise et où l'on peut s'aventurer en paix Mais la musique dit aussi les jeux de la lumière à travers les futaies, l'ombro épaisse des fourrés, et la bienfaisante impression de calme que ces choses répandent autour d'elles et qui emplit l'âme du voyageur, par un beau jour d'été.Comment ?C'est le mystère des "enchaînements d'accords subtilement équivoques", comme disait un musicien, et c'est le secret de Chabrier.Encore que le numéro sept ait pour titre Danse villageoise — ol qu'il s'agisse bien, en ellet, d'une danse — c'esl l'Auvergne qu'on trouve, le pays natal du musicien qui lui doit celte solidité, cette franchise el celle bonhomie eujouée dont toutes ses couvres sont marquées C'esl l'Auvergne do la Bourrée fantasque, publiée pour la première lois sous la forme d'une pièce pour le piano, que devait orchestrer Félix K'otll, séduit par l'exubérante richesse du morceau.e PLUS encore que celle de son ami Chabrier.la musique do piano de Vincent d'Indy nous dit son attachement à la petite patrie : la Symphonie sur un thème montagnard, qu'on nomme plus volontiers la Cévenole, est restée l'oeuvre la plus populaire du maître, et c'est un pur, un rayonnant chef-d'oeuvre.Symphonie, mais où lo piano tient le rôle d'un instrument concertant, qui reprend, développe et commente le thème unique, le chant montagnard du Vivarais que l'on retrouve, même lorsqu'il s'agît d'autres cimes plus élevées, sinon plus sauvages, dans le Poème des Montagnes.On y entend le Chant des bruyères, s'éveillant au matin, alors que les premiers rayons du soleil boivent la rosée ; puis, des Danses rythmiques traduisent les plaisirs des montagnards et ouvrent une échappée vers le Tyrol ; mais le Plein air, avec ses Hêtres el Pins, avec son Coup de vent, nous ramène en France.On ne peut douter : c'est la même atmosphère que dans la Cévenole.Le voyageur, si loin qu'il aille, retrouve sous d'autres cic-ux ot devant le dépaysement des horizons nouveaux, les souvenirs qui l'assaillent ot te ramènent à ses sites familiers.C'ost, peut-être,, entre tous les musiciens Irançais, Déodat de Séverac qui a le plus houreusemenl trouvé dans la nature l'inspiration : "Son oeuvre, écrivait à son propos Pierre Lalo.esl plolnc de l'odeur du terroir ; on y respire le parlum du sol Les courses sous lo soleil, les haltes à l'ombre, les cloches distraites tintant dans l'air du soir, les lieuios de repos ot do réve à la lin du jour, les labours des champs, les divertissements après le travail, les peines et les joies de la vie rust-que.sa musique exprime toutes ces choses, l'âme des paysages et celle des hommes, l'âme du pays nalal est en elle".De celle musique de Déodat de Séverac, Debussy disait qu'elle "sent bon", qu'elle embaume comme la prairie et la lorêt.Et c'est vrai, elle est le plus bel exemple, le plus probant, de ce pouvoir évocateur des sept notes de la gamme sous les doigts du pianiste.Car, c'est surtout au piano que Séverac a confié ses chants d'amour au Lauraguais, au Roussillon et à la Cerdagne, aux provinces dans lesquelles il est né et où il a grandi, où il a vécu la presque totalité de sa vie el où il est revenu mourir prématurément à quarante-quatre ans e CETTE musique de Séverac a été conçue dans la joie (parfois douloureuse) de créer ; elle a jailli, comme éclosent los fleurs, du Languedoc, et elle garde les couleurs de ce vasle paysage que le musicien avait sous les yeux, de la terrasse do sa maison, à Saint-Félix de Caraman.L'horizon s'élend jusqu'aux Pyrénées vers le midi, jusqu'à la Montagne noire du nord: Les vallées de l'Hers el du Sors dessinent leurs méandres au premier plan.Ce site parle un langage éloquent el simple — le langage du pays occilant, la vieille langue des troubadours.C'est elle qu'on entend dans le poème géorglque en sept parties auquel Séverac a donné pour titre Le Chant de la Terre, dans Baigneuses au Soleil, dans Cerdana.comme on l'entend aussi dans Le Coeur du moulin que l'Opéra-Comique joua en 1909 Séverac écrivit pour les dillérents morceaux du Chant de la Terre un commentaire qui les explique.Mais les détails qu'il donne, s'ils aident à préciser les caractères de chaque pièce, apparaissent en somme, inutiles, lant la musique se sul-tit, tant elle sail, sans aucune littérature, délinir — on serait tenté de dire avec précision — le tableau qu'elle nous olfre, qu'il s'agisse du Labour ou des Semailles, du Conte à la veillée, de la Grêle printa-nière.des Moissons, ou du lour de Noces.Et Languedoc n'est pas moins pittoresque — au sens exact du mot — pas moins suggestif ; ici, le personnage central, c'esl le Mae, la maison rustique, autour de laquelle s'étendent les champs qui la lont vivre.Deux pièces de celte suite onl assuré la gloire de Séverac : A cheval dans la prairie, el Coin de cimetière au Printemps.Il leur a dû non seulement sa précoce célébrité, mais aussi l'amitié de ses pairs.Les autres morceaux ne leur sont pas inférieurs, et l'on peut dire que Sur l'étang, le soir, esl d'une qualité qui l'égale aux pages Tes plus justement laineuses de Debussy.Ainsi, sur le piano, est-il possible d'évoquer bien de3 aspects étonnamment variés du pays de Fiance.La liste esl lorl Incomplète, on s'e3t borné ici à citer quelques-uns de ces tableaux les plus caractéristiques.Est-il d'ailleurs un musicien digne de ce nom qui n'ait, quelque |our, senti monter en lui un hymno de fervour et do reconnaissance envers le sol natal ?René DUMESNIL.PAGE SIX LE PASSE-TEMPS Collection unique de portraits autographies Les artistes vus par un artiste LES illustrations que l'on voit sur cette page, à droite, font partie d'une unique collection de dessins et d'aquarelles faits par l'artiste montréalais Saul Field durant des concerts donnés à Montréal, au cours des dernières années.Cette série de portraits d'artistes de réputation internationale est d'autant plus intéressante que les signatures des modèles y apparaissent en bonne place.Ce fut sûrement une excellente idee de M.Field que d'obtenir les signatures de ces célébrités, une fois leur portrait terminé.Car, si la collection possède déjà une haute valeur, elle deviendra infiniment précieuse avec les ans.Quel musicophile averti ne serait pas orgueilleux d'exhiber pareille galerie d'autographes?Parfois, l'artiste s'est placé dans la coulisse pour croquer sur le vif le musicien en plein labeur artistique.Il lui est aussi arrivé de demander au sujet de tenir la pose durant quelques instants.C'est en conversant qu'on apprend à mieux connaître l'homme, et que notre pinceau ou notre plume trouve de nouvelles inspirations.Il va sans dire que les imprésarii ont toujours facilité à Field l'accès des loges ou de l'arrière-scène en raison de sa renommée comme portraitiste des gloires artistiques.Révélons que cette série comprend trente aquarelles et lavis, tous autographies.Parmi les plus remarquables, il convient de mentionner les ressemblances de Raoul Jobin, Yehudi Menuhin, Malcuzinski, Pierrette Alarie, Emil Cooper, Earl Wild, Efrem Kurtz, Paul Robeson, Marian Anderson.Kurt Joos.les Cosaques du Don, l'Ensemble à Cordes de Budapest, Claire Gagnier, Simeon Karavaef, Brenda Lewis, Portia White, Virginia McWatters, Grant Cornell, Florence Reed, Anne Kirk-patrick.M.Field reste un peintre montréalais dont les oeuvres sont fort recherchées des collectionneurs canadiens et étrangers.En quelques minutes, il brosse — l'aquarelle lui plaît davantage — des ressemblances parfaites ou des scenes familières pleines de poésie.Chacune de ses expositions dans les galeries métropolitaines a connu un éclatant succès.Avant de se proclamer professionnel dans ce domaine, il a suivi les cours de Harold Goodwin, Arthur Lismer.Alice Nolin, Louis Muhlstock, Goodridge Roberts, Gordon Webber, Charles Fain-mel et Fritz Brandtner.Apiès avoir participé à l'Exposition du Printemps 1941, à la Galerie des Arts de Montréal, Field a tenu des expositions particulières aux Salons Morgan et à son propre atelier, connu sous le nom de Studio 214.Heureux d'apporter son concours à l'épanouissement de la peinture au Canada, il a permis à des confrères de présenter leurs oeuvres sous son toit.Alfred Ayotte et François Déziel, entre autres, ont pu se réjouir de leurs relations avec M.Field.De plus, comme directeur de l'agence de publicité S.Field Associates, f -4l de Montréal, il ne manque jamais l'occasion de faire illustrer des catalogues et des dépliants par ses talentueux camarades, leur procurant ainsi des revenus intéressants.On comprend que c'est son amour de la musique qui l'a incité à entreprendre lui-même la réalisation de cette série de portraits.L'artiste se départirait-il de sa magnifique collection autographiée ?Seul, le plus authentique des mélomanes-collectionneurs pourrait réussir le tour de force de la lui enlever.Toutefois, afin que tous aient le loisir de contempler cette unique s;rie de portraits de musiciens, chanteurs, chefs d'orchestre et autres, M.Field permet aux visiteurs l'accès de son studio, sis au numéro 214 de la rue Prince-Arthur.Roger PARENT.MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE SEPT CREPUSCULE Quel est ce murmure éperdu dans l'espace, lorsque se tait le refrain du ruisseau qui passe ?Est-ce la chute des ombres se jouant dans le paysage ?Est-ce le chant d" une cascade, vocalise aux sons dolents, — berceurs comme le saut des vagues au déclin du joui, — qui jase avec la brise ?Ceffe musique est lointaine, comme le soleil fugace, qui rouille les arches des forêts, baigne de pourpre chaque arbre, chaque buisson, la mer et mon âme.Saturée de lumière et de splendeur, cette brève fin du jour passe, s'éteint à son tour, comme la vie, l'amour 1 /.-/.GAGNIER, D.Mus.Extrait d'"HARMONIQUES" Volume en preparation.~m ' m.4 •> ¦ Marguerite LESAGE, brillante organiste et pianiste, dont le poste CKVL vient de s'assurer les services, est titulaire» des orgues de l'église Saint-Pierre Apôtre, à Montréal.Elle commença l'élude de la musique à l'âge de dix ans avec M Eugène Lapierre, D.M.et elle lut l'élève de M.Antonio Létourneau pour le piano, au Conservatoire National de Musique Son premier récital à l'église Saint-Jacques et la tournée qu'elle lit dans la province, à l'âge de treize ans, lui valurent le prix David.A Paris, elle suivit pendant trois ans les cours de Marcel Dupré et de Joseph Bonnet, et obtint le diplôme de l'Institut Grégorien.Voici une artiste sensible, dont le jeu revél une perlec-lion vraiment remarquable tant au point de vue de la technique que de l'interprétation des oeuvres les plus diverses.Et sa carrière ne tail que commencer.NOTULES ¦ M.FRANÇOIS-JOSEPH BRASSARD, de lonquière.vient d'être nommé membre du conseil international de musique de folklore, de Londres.Angleterre, société dont le siège est dans la capitale anglaise el qui recrute des membres dans tous les pays.Cl honneur est partagé par deux aulres Canadiens-français.MM Marius Barbeau el Claude Champagne.¦ Heureuse initiative que celle de l'Association des Professeurs de Musique du Québec qui vient d'organiser ce mois-ci un concert public consacré aux oeuvres de compositeurs canadiens, membres de celle association.Les compositions sont de Claude Champagne.Alexander Brott.Jean Papineau-Couture, Eugène Lapierre, Marvin Duchow, Félix-R.Bertrand, Auguste Descaries, Mary Coverl, Katherine-H.Smich et Violet Archer.Parmi les solistes el interprètes au programme, on remarque : Neil Cholem, Samuel Levxitan, Pierre Vidor, Michelle Bonhomme, Edna-Marie Hawkin, Fleurette Beauchamp, Jean Scarth, Anton Diehl et un groupe de voix d'entants.¦ Notre distingué collaborateur, M.MAURICE DUMESNIL.poursuit en ce moment sa tournée annuelle de conférences-concerls dans les principales villes des Etals-Unis ; vers la mi-avril, il participait, comme pianiste invité et conferences au Fe3lval de Musique du printemps, organisé par la Société chorale civique, de Red Spring, assisté par l'orchestre symphonique de la Caroline du Nord, sous la direction du Dr Swalin.Le festival de cette saison, consacré à la musique française, présentait des oeuvres de Franck, Debussy, Faure, Ravel et Saint-Saëns.¦ Le 17 avril, la SOOe soirée des Variétés Lyriques, fondées il y a douze ans par MM.Lionel Daunais et Charles Goulet ; et le chel d'orchestre, M.Jean Goulet, partage le même record, puisqu'il a dirigé tous les spectacles depuis la fondation.La direction des Variétés Lyriques, qui comptent 15,000 abonnés, a lieu d'être justement fière des succès remportés tant dans l'opérette que dans l'opéra chez nous, car, chaque saison, un spectacle d'opéra est aussi donné.On ne saurait trop reconnaître l'influence heureuse exercée dans le monde musical et théâtral par ces deux infatigables animateurs que sont Messieurs Charles Goulet et Lionel Daunais.A eux, et à leurs collaborateurs, nos félicitations pour l'oeuvre éminemment artistique qu'ils ont su édifier.¦ Le 12 mai prochain, à l'Auditorium Le Plateau, la Société des Festivals de Montréal présente un Concert Bénéfice avec Amparo Itucbi.pianiste de réputation internationale comme artiste invité.C'est un événement artistique d'importance et une occasion de promouvoir les activités de cette société, à qui Montréal doit des spectacles inoubliables.¦ 11 est difficile d'estimer à sa juste valeur l'oeuvre infiniment utile poursuivie auprès des jeunes depuis cinq années par Les Amis de l'Art.Notons, par exemple, que plus de 212,000 billets ont été obtenus à prix réduits ou à titre gracieux pour des représentations artistiques, des visites de musées, galeries d'art .etc.des récitals-causeries, et autres initiatives culturelles.On compte 15,160 membres inscrits répartis dans 308 institutions françaises, 58 anglaises et 39 hors de Montréal.Pour secs qu'ils soient, ces chiffres, qui ont l'éloquence d'un long commentaire, témoignent d'un effort immense et d'un grand idéal.Du 1er au 10 mai, l'Association des Amis de l'Art poursuivra sa campagne annuelle en vue de regarnir sa caisse, dont dépend étroitement, on le devine, son rayonnement et son influence.Pour "embellir la vie des jeunes — gage de bonheur", par l'entremise des Amis de l'Art, ouvrons largement notre bourse Meilleur placement ne saurait être.PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS Remarquable récital d'élèves du professeur Du Bois Bien peu de récitals d'élèves revêtent un tel déploiement que celui organisé par le professeur de chant bien connu, Paul Du Bois, de Montréal, pour le 3 mai prochain, au Monument National.Une distribution considérable assistée d'un orchestre symphonique de 25 musiciens, un ensemble choral de 45 voix mixtes, avec costumes, mises en scène et dialogues par le professeur Du Bois lui-même, lequel présente en même temps plusieurs de ses compositions.Parmi celles-ci, mentionnons Mes Trois Mouvements, une sonate, Le Couplet des Bouquetières ; un extrait de son opéra ; Les amours d'un Brigand", un Ave Maria, en fa majeur.Voici d'ailleurs le programme de cette audition annuelle, présentée sous le nom de "Cocktail musical" : Le Choeur des pêcheurs de Si J'étais roi.avec André Hamelin en solo ; le Duo de Zerline et de Mazetto de Don Juan avec csoeur, avec Aline Collon et Rodolphe Fournier ; Un bel di, vedremo, de Madame Butterfly, Thérèse Villcourt ; Sous les mimosas, Bernard Walker ; Le chant de guerre et les voix du ciel de Jeanne d'Arc, de Gounod, Mme Antoinette Turcot, Mlle Jacqueline Latraverse ; un Ave Marie, par M.Paul DuBois, exécuté par Mme Claire Borduas ; Stances à Jeanne d'Arc, H.Fournier ; autres compositions de M.Paul DuBois ; Nichette et Pluchette à l'auberge, Thérèse Charron et Roland Lévesque ; Couplets des bouquetières de Les amours d'un brigand.Yolande Frigon, Réjane Biais, Estelle Gervais, Mary Hazarian, Rita Hamelin, Joseph Brown, Jean Meloche, Roland Lévesque, Avery Vnis ; Le sextuor de Lucie de Lammermoor.avec A.Hamelin, Llly-Baum.Guy Pépin, B.Walker, M.Sha-tenstein, Eileen Church, etc.Très souvent, les récitals d'élèves réservent d'agréables surprises, et celui du professeur Du Bois est un de ceux-là, car il est monté avec un rare souci de la perfection.• AVEZ-VOUS DES PROBLEMES P1ANISTIQUES ?Soumettez clairement et brièvement une question à la lois .* si votre problème concerne plusieurs mesures, ayez la bonté do les copier au lieu de los indiquer par le nom de l'oeuvre.Votre réponse paraîtra dans cette rubrique.Adressez votre lettre comme suit : LE FORUM PIANISTIQUE.a/s Le Passe-Temps.627 ouest, rue Dorchester, Montréal !.P.Q.Forum pianistique et GUIDE D'INTERPRETATION par Maurice DUMESNIL Q.— Comment laut-il jouer Debussy ?Est-il nécessaire de se servir beaucoup de la pédale, même des deux pédales, mystérieuses, délicates et raffinées afin d'obtenir les sonorités voilées, que l'on associe volontiers avec sa musique de piano 7 Doit-on maintenu-un rythme assez strict, ou peut-on se pormettre certaines libertés 7 Existe-t-11 un "style Debussy" comme il oxiste un style Beethovénien.ou Choplnes-quo 7 — A.L — Trois-Rivières.Rép.— Voilà, mes chers lecteurs, plusieurs questions Intéressantes, et qui démontrent, mieux que de longs plaidoyers, la grande popularité des oeuvres du grand maître français moderne le vais donc m'ellorcer de projeter un peu de lumière sur ces points importants, et j'espère contribuer ainsi à rendre plus rares les défigurations de certaines pages, les erreurs trop souvent commises par des interprètes trop zélés qui, voulant trop prouver, tombent dans des exagérations inopportunes, même quelquefois d'un goût douteux.D'abord, la pédale, ou les pédales; oui, Debussy lui-même s'en servait copieusement dans certaines pièces telles que La Cathédrale engloutie.Reflets dans l'eau.Voiles.Feuilles mortes et autres du même genre.Mais il ne créait jamais de conlu-sion, même lorsqu'il réalisait un "fondu" extraordinaire d'une harmonie dans une autre.Pour obtenir un tel elfet, il faut se servir de la pédale forte d'une façon fractionnelle c'est-à-dire qu'au lieu de la lever complètement, on le fait à la moitié, ou au tiers, ou au quart, ou quelque autre division de sa course.Ainsi les étoufloirs touchent les cordes rapidement et insullisam-mont pour supprimer entièrement les vibrations, particulièrement en ce qui concerne les longues cordes des bassos.—-On pout ainsi procéder à des ajustements de sonorité par plans, qui donnent des résultats remarquables.Dans beaucoup d'autres oeuvres de Debussy, on doit Jouer selon les rnélhodes adoptées pour les classiques ; un exemple frappant est la seconde Arabesque, qui demande la même netteté, la même précision, la même légèreté qu'une pièce de Scarlalti, Mozart, ou Mendelssohn.Voyons maintenant la question du rythme.Ici.le rubato tel qu'on le comprend généralement n'est pas de mise.Ce qui convlont, c'est ce que je pourrais appeler des "nuances de mouvement", un système de "compensation souple" ; un peu plus vite sur un temps ou deux, un peu plus lentement sur les suivants.Au total, les valeurs additionnées représentent l'équivalent d'une complète égalité.Debussy lui-même montre le chemin à suivre quand il indique "sans rigueur" au lieu du conventionnel "rubato".Et enfin, pen- sons aux mots gravés 3ur le monument du Bois de Boulogne : "cherchez la discipline dans la liberté" — Voilà, en peu de mots, un guide précieux qu'il convient de respecter et de suivre.Le style Debussy 7 Mon Dieu, c'est pour lui comme pour Beethoven, Chopin et autres une question de bon goût tout d'abord, de tact musical d'assimilation des conditions qui entourent la création de leurs oeuvres.Etudiez la vie de ces maîtres, revivez leur époque, l'atmosphère artistique qui prévalait alors, et même les événements politiques et historiques qui se donnaient cour3.Ainsi vous pénétrez plus facilement jusqu'au tond de leurs âmes.Debussy vécut dans une période heureuse.Tout n'était qu' "Art et Beauté", l'Europe était en paix, la musique était à l'honneur.Ceci nous explique l'optimisme général de ses oeuvres.Les dernières cependant, telle le "Noël de3 Enfants", sont empreintes d'une profonde mélancolie.C'était la première guerre mondiale.Que serait-il advenu au pauvre grand maître, s'il avait vécu les récentes années d'horreur?Q.— Voulez-vous m'expliquer ce qu'on doit laire pour saisir Ja signili-cation intérieure du langage spécial parlé par le compositeur.L'étude de la "Littérature du Piano qui explique la reproduction du texte musical au clavier, ne révèle pas le secret de la pensée musicale.Des éïèves disent souvent : "Je ne comprends pas la musique".Existe-t-i! une méthode spéciale à ce sujet ?Comment un é jève peut-il l'obtenir?E.E.m.Québec.Rép.— Vous trouverez la réponse dans la dernière partie de mes commentaires sur le "style Debussy".Procédez de même pour les autres auteurs.Voire élève peut facilement se procurer des livres Vivants (sans excessive pédagogie ! ) qui stimuleront son Intérêt, éveilleront son imagination, et lui permettront, en quelque sorte, de vivre près du compositeur, de senlir ses intentions, et de les traduire sur le clavier avec fidélité et succès Q.— A quel âge conseillez-vous de commencer l'étude de la pédale ?J'ai une petite élève âgée de six ans.très intelligente, mais ses ïambes sont encore trop courtes pour atteindre les pédales.Que puis-je faire ?G.C.M.Saslc.Rép.— L'élude des pédalos doit être recommandée aussitôt que possible.Adressez-vous à votre magasin de musique, et priez-les de vous obtenir un des appareils construits spécialement dans le but de hausser les pédales au niveau dos pieds des jeunes enfants.Il en existe plusieurs, et tous peuvent être recommandés, car Ils sonl fabriqués par des maisons sérieuses.MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE NEUF Pot-Pourri ¦ La villa de Wagner, à Bayreuth, a été partiellement endommagée par les bombardements.Rien n'a été lait depuis, ïindittérence allemande laisse aller.Le bâtiment destiné aux hôtes du maitre a été coquettement aménagé comme mess des officiers américains.Sur une estrade, les instruments d'un jazz accentuent le sacrilège — car c'est la profanation du heu où vécut le magicien qui a donné au monde, dans d'inoubliables émotions, tant de grandeur, tant de chefs-d" oeuvre.¦ Marie Malibran, une cantatrice du siècle dernier, connut des triomphes qui surprennent aujourd'hui ; songez qu'à Milan on est allé jusqu'à frapper des monnaies à son effigie et qu'à Aix-la-Chapelle, en août 1836, on lui rend les honneurs réservés d"ordinaire aux princes de sang.En France, on vient de tourner un film à sa mémoire.¦ Il y a quarante-deux ans, ce mois-ci.le Metropolitan Opera de New-York présentait, à San Francisco, "Carmen" avec Caruzo, et ce lut la dernière représentation de la saison — forcément, car le lendemain, San Francisco était secouée par le fameux tremblement de terre et incendiée.¦ Le phonographe s'appelait au début ' Phonautographe ' (invention d"un jeune autodidacte français, Léon Scott, en 1857), puis "paléophone", ou voix du passé tinvention de Charles Gros, en octobre 1877), "phonographe" (invention de Thomas Edison en décembre 1877), "graphophone" (un perfectionnement de Charles S.Tainter), puis le "gramophone" (invention de Berliner, en 1888) qui remplaçait le cylindre par un disque horizontal.¦ Cest le physicien Dussaud, qui eut l'idée, des 1894, de l'enregistrement et de la reproduction électriques ; son "microphonographe" est le père du "pick-up".Son amplificateur, appelé "multiphone", fut présenté à l'Académie de médecine, en 1899.Que de chemin parcouru depuis.¦ Connaissez-vous T "aéro-musique synthétique" ?.Marinetti, un musicien italien, l'a définie à une réunion de "futuristes" comme l'effort auquel doit s'astreindre la musique pour échapper à ses vices terrestres, à la pesanteur qui J'empêche de s'envoler.Ef voilai Cest tout simple.¦ Contrairement à ce que Ton croit généralement, Xavier Cugat n'est pas né en Amérique du Sud, mais en Espagne, à Barcelone.11 joue du violon depuis l'âge de cinq ans, et il a accompagné Caruso en tournée.¦ "Le Drapeau de Carillon" lut chanté la première lois à Québec, il y aura quatre-vingt-dix ans, le quinze mai prochain ; son compositeur, C.-W.Sabotier, lut le fondateur de la première revue musicale canadienne ï "Artiste".¦ C'est Jean Lemaire, musicien français vivant au XVIIe siècle, qui imposa définitivement vers 1670 la syllabe si comme nom de la dernière note de la gamme.¦ /] lut une époque au dix-huitième siècle, où l'on tentait de tout exprimer en musique ; ainsi, pour exprimer les douze apôtres du Christ, on écrivait douze parties.Un certain Gregorius Wemer conçut un "Ins-trumental-Kalender", où tout est traduit en musique, jusqu'à la longueur des jours et des nuits, qui, étant en lévrier de dix et de quatorze heures, s'exprime par des reprises de Menuets en dix et quatorze mesures.POEME INEDIT je pourrais dire.La beauté du jour quand au midi éclate la lumière et qu'au laite des grands arbres les nuages Ilottants paraissent s'accrocher.Je pourrais dire.ce qui pénètre mon âme en regardant Raphaël ou Vinci et quand l'ombre el le recueillement placent dans la gloire les dieux de mon esprit.Je pourrais dire.le charme des saisons la grâce de la femme, de l'enfant ébloui, de /'oiseau indifférent.Je pourrais dire.ce qu'il y a de reflets, de prière et d"extase dans le soir approchant, mais n'attends pas que je dise ce qu'éveille en moi, le dangereux amour I Gabrielle RAIZENNE.¦ Le campanile de la Basilique de Montmartre est pourvu d'un cariiton électro-automatique comprenant trente cloches.M En 1934, Toscanini dirigeait TOr-chestre philharmonique à l'Opéra de Vienne, dans une matinée destinée au souveir du chancelier Dolltus.On jouait le "Requiem", de Verdi.Atin de remercier le maestro qui s'était mis gracieusement au service de cette manifestation, le gouvernement autrichien lui a offert un cadeau de grande valeur bibliophile : /"édition originale, pour piano, de "Fidélio", avec une dédicace autographe de Beethoven.¦ Il existe plusieurs orchestres symphoniques amateurs aux Etats-Unis, comptant de cinquante à cent-vingt musiciens chacun, recrutés parmi des hommes d"affaires, des travailleurs manuels, des juges, des professionnels, etc., qui en retirent un plaisir extrême.L'orchestre de New-York pour sa part a donné douze concerts, l'an dernier, devant des assistances de vingt mille personnes.Il y a même la Doctors Orchestral Society, formée de médecins, dentistes, pharmaciens, garde-malades, etc.M Sa Sainteté le Pape Pie XII est un excellent musicien et un violoniste remarquable.Lorsque nonce papal à Munich, le cardinal Pacelli aimait pratiquer souvent ses pièces favorites ef à s'entourer de musiciens de talent."La musique, disait le futur pape, n'a rien de trivole ; au contraire, elle peut être une façon très digne de louer le Seigneur." ¦ Lors de la création de la sémillante opérette de Arthur Honegger, "Les Aventures du Roi Pausole", à Paris, il y avait, dans un tout petit bout de rôle, une toute jeune comédienne qui taisait ses débuts, encore au Conservatoire, d'où elle sortait, deux mois plus tard, en enlevant brillamment le premier prix.Elle s'appelait Cora Lynn, nom qui ne vous dit peut-être pas grancfchose.à moins qu'on vous dise que Cora est devenue.Edwige Feuillère I ¦ Un compositeur sortait d'un théâtre, où l'on venait de jouer une de ses oeuvres avec un succès très relatif, et s'entretenait avec un ami du résultat de la soirée ; celui-ci, pensant qu'il avait besoin de consolation, lui dit : "Mais enfin, on n'a pas siltlé.— Parbleu, je vous crois, répondit-il en riant, il est malaisé de siffler quand on baille." PAGE DEC LE PASSE-TEMPS ASSISTÉ dOPTOMÉTRISTES OPTICIENS LICENCIÉS (( 2.5 E^^W/1 ""eau.o.o.o i^Jjà&fa «4- dim.^4= MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE TREIZE *Hrt—^=-— cresc.iff :-Trji —1—1- y i i i j t ii! >ocof^~y inn i'- -III III H^~t> P 1?—J-l—ï_l 1 | 0m- —i—f— > t i > — - rrr^rrfi " p mm w im t*u -^ u T^f- f* T* — »—9- rrr^rrri —r ***** r -bLf -\J_U_ poco erase.ii i' in ^ p t> b f 1— voce —1—j— nt.f - 1 » —^- PAGE QUATORZE LE PASSE-TEMPS NOUVELLE CHANSON VOICI LE PRINTEMPS Paroles de Christian ROGER Mou v Mouvî de VAlse lenie.p chantant rt spu tente Musique de Louis CARENNE - chantant rt scute nu./ ra//.lo -yeux a trap-pé le p.m _ tempe.Cfesc.de vert et l'ai rio/ce Il est ve - nu ro - se et pirn - pant _ Vé- lu ax-pr-essiy J mu - tin Ni - net- te corn - me l'an der - nier Tous deux à lom - bre des grands bois en ralentissant Fou- lant la mous-se des sen « Uimtri.-.ReJVain.amoroso 1 7-^., ' '-atenessant —-— amoroso.nel - te c'esl le bon — 2 — Viens au bord de la fontaine Ninette chercher le bonheur Enfoui sous les buissons en fleurs Viens c'est toi seule que j'aime En chiffonnant ton corsage Je veux m'amour y épingler La première fleur sauvage Cueillie pour toi sur l'églantier.Au refrain.temps Viens è - cou - 1er ma ehan son é - cou * 1er ma _ 3 — Sur mon bras ta tête incline Dans les parfums de la brise le dirai les mots qui grisent Et dans le soir qui décline Loin des jaloux, des indiscrets Dans les charmilles d'alentour Allons échanger des baisers Et de tendres serments d'amour.Au refrain.- ,11.Copyright 1948 — U.S.A.— Tous droits réservés, Canada — Les Editions du Passe-Temp3 Inc., Montréal.DEUX GRANDS SUCCES NECESITO DE TI, boléro, paroles espagnoles de Gabriel Luna de la Fuenta.paroles anglaises de Don Tltman, paroles françaises de Lucien Thériault.musique de Narciso Delgado.50f UNE ENSEIGNE AU VENT, paroles françaises de Rachels Thoroau.paroles anglaises de Don Titman, musique de Guy Luypaerts.5W EDITIONS A.FASSIO LACHUTE.p.Q.Récemment paru : un magnifique triptyque mariai, pour orgue, par le R.P.Marle-Ullaire Tardii.O.P.VIENT DE PARAITRE ?CHER AMOUR Mélodie sentimentale pleine de charme, Paroles françaises et anglaisos et musiquo Fabiola POIRIER Prix: SOt — choz l'auteur: 12S, Querbes.Oulromont 8 et chez les principaux marchands do musique.MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE QUINZE ACCOMPAGNEMENT PIANO OU ORGUE CANTIQUE DE MARIAGE Avec choeur à deux voix _ D.FRANCHERE-Des ROSIERS ai.l10 Mon1" INTRO Di- vin Mai-Ire des cieux.Si E - tends la main di- vi — ne.Sur ce cou-plo )oy- Qui de — vont Toi s'in-cli — ne.En col ins-tant pour eux.Ou — vto Sur ce cou-pie qui de —vant Toi s'in—cli — ne, En cel ins-tant pour eux.Ou — vre Ion coeur de Pè — re.Fais que sur cel —le 1er — re.Ils soient lou-lours heu — reuxT #.f—t PAGE SEIZE Copyright 194B — Tous droits réservés Canada — tes Edifions du Passe-Temps.Montréal.LE PASSE-TEMPS COUPLETS y PP Pgg 1 Sa - lui! 2 Aux piedB sa - lui à loi ! dc9 saints au-leb.beau jour de sainte i * v'cs pal - pi -lants à"es - pé— rar.se ! Au- rore ce, Q JejJ â jamais nés é-pou- fr m —^ _ ¦0- r/ivr.n/Mrgnndo dé — si - tt- — i Sa-lut! Sa-lul ! a loi! ses-vous vous é - tes ju - JÔ Tu lais biil-lcr les fror.ls du — ne E—le: — nel-le cons-tance, vive_ al — lé-gics — se.ju fais mour,- li - dé — H - 'é.El Diou bat-tre deux coeurs d'un doux et lon-dre é du haut du ciel.a bé - ni lal-11 an —- mm moi ce.Sa-lut sa-lut ?loi ' Sa - lut ! sa-lul a toi ! Sa — lut ! sa —lut à toi ! Sa—lui! Sa—lut à toi ! Di- W E P P ^n2 Oui dé -sor-mais.tous deux con - li — anls et ioy-eux.te coeur rem-pli d'e II j>pt p r poir.vous par — cou - rez heu-reux.Cet — to rou — te qui sem — ble de mys — t^ET &r p té — ros rem-plie,.Sen-lier_ triste ou joy-eux qui a pour nom^ la vi — ^ Sa - lut ! Sa - lut à toi ! MONTREAL, AVRIL 1948 PAGE DIX-SEPT Un parlai joyfur à l'arôme discret mais per.slstant.C'est l'Indispensable auxiliaire du charme lémlnln.M.TULIPE NVIRE ce ZH ENARI7 LA Oe CANADA DRUG.MONTREAL VOYAGES DE NOCES Pour vos réservations d'hôtels, d'avion, etc.consultez-nous.Quel que soit votre budget, nous Bommes en mesure de vous suggérer plusieurs plans de voyage.TOUS SERVICES SANS FRAIS PLateau 8 0 7 7 Suite 20.1010 ouest rue Sainte-Catherine Montréal INSTITUT GENEALOGIQUE DROUIN CE QU'ON CHANTE A PARIS MARYVONNE Psrol** de Musique de René» DEIVOIVOIIN Reno DENONCIN et r»n\ll NORMAND to cil VbImo r - F* min Do J J ||.|- | | J J= U7 Ré7 Sol7 , .Do «Do Ré* 7dim De-puis long" temps t _ loi Un jour, en _ fin, dc re Sol7 Do L.7 Sol7 gué du pa tour «u pa ys, l.à où son coeur a - vait dé - jà choi.ys, ytiHnd on lui dit:"Oue viens - tu faire i _ Mi 7 La si ci?-Ré7 t' _ ne fil _ lctte.un bou _ quet de prin _ temps, Il a corn _ pris que tout e _ tait per _ du, Sol7 Do Dont le sou - rire é —tait Que Ma - ry _ von - ne ne Ré»7dim Sol/ si sé _ dut _ sant, l'at-ten-dait plus.Do Il at _ten -II a pieu Le7 dait de pou - voir rc - ve _ nir.Pour, a nou - veau, dans ses ré comme un pe - tit en - fant, Sous le re - gard de sa bras la sai _ sir.Et.mal-gré lui.chantait vieil - le ma — man, Qui, ne sa - chant comment Copyright MCMXJ.V by _ Edition- K.M.1T.I,.Paris 2' a _ vec fer _ le con _so _ Tom droifi tricivlt pour lou» TéL AMherst 2389 NETTOYEUR-TEINTURIER DE PREMIERE CLASSE GEORGES BONIN 2679 est, rue Rachel, Montréal Location et nettoyage de combinaisons, laquelle», sarriettes TRANSPORT DE PIANOS ET AUTRES MEUBLES Payette Transport 551, rue Poupart, Montréal Téléphone: CHerrier 7153 PAGE DIX-HUIT LE PASSE-TEMPS Ré*7dim Sol Ré7 Sol SolT REFRAIN veur, 1er.Ce nom si cher à son cœur: Ne fai _ sait que ré _ pé _ ter: Ma _ ry _ Ma - ry _ von _ ne Ma _ ry _ von - ne Deux grands yeux,un pe _ Ma - ry _ von _ ne Ce n'é _ tait qu'un beau Re min Sol7 Sol 5aut{ tit nez mu _ tin, -réve en - fan _ tin._ Si ri _ eu-se Or.gueil _ leu.se I>é- li - cieu.se, Va.-ni _ teu.se, Tu n'é-tais, pour moi.qu'un tout pe _ tit dia-blo _ tin 0-ga_ Ce n'est plus, pour toi, qu'un sou.ve _ nir très loin.tain.Ma_ry_ 0 mi _ ne.Qui de _ vfT"ne.Son pou _ voir de fem _ von _ ne Ma-ry - von _ ne.T'a ren _ du mal - heu _ Do 5aug Ré min Fa min Do me de de _ main, reux.c'est cer _ tain, L.7 al coda -0-Ré7 Ma-ry _ von_ne M u's ta mè-re Sol7 Ma _ ry _ von _ ne Plus sin _ cè _ re Ton a Sau ra mour é _ clai - rait mon che _ CODA.bien te gué _ rir ton cha _ grin — Ma - ry von-ne Do fiS La7 Ré7 Sol7 Do Ma.ry -vonne Cè n'é - tait qu'un beau réve enfan - tin.Tout ce qui est joli et nouveau en MUSIQUE et BRODERIE ¦e trouve dam la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770 - 3772, rue Saint-Denis MONTREAL Prix : Canada : 12c par an.Etais Unis : 25c par an.12 numéros DU "PASSE-TEMPS" contiennent pour plus de $20 de musique et de chansons $2 pour 12 numéros carnet professionnel • CHANT ALBERT VIAU Technique vocale, Soliègo.Interpretation.31 rue Cardinal, Ville St-Laurent BYwater 2129.Mlle CECILE PERRAULT Prolesseur de chant et piano, classique et populaire — 2075 rue Papineau.Montréal.Tél.résidence.CHerrier 4377.Mme ADELINA CZAPSKA Prolesseur de chanl — 3641 avenue Oxenden, Montréal, Tél.: PLaleau 6508.• PIANO Ecole de Musique de Verdun sous la direction de Mlle M.-Jeanne Fortier.— 3288 ruo Joseph, à VERDUN — TRenmoro 5406.Mlle HENRIETTE TARDIF Professeur de piano, répertoire classique el populaire.— 6428 rue Bordeaux, Montréal.Tél.DOIlard 1888.• ACCORDEURS OE PIANOS R.L BRUNETTE Spécialité : Piano automatique: Vingt-cinq ans avec Nordheimor c« Laylon Bros.Ltd.Ouvrage garanti.Membre.Canadian Piano Tuners Ass.Bureau : Tél.: LAncaster 0109 109A, rue Deilauriers, Ste-Rose, Laval.• RELIEURS VIANNEY BELANGER Reliure d'art et de bibliothèque.Spécialités : Reliure de cahiers de musique et de collections du "PASSE-TEMPS".Prix raisonnables.2601, rue de Beaujeu.CRescenl 19S8 • PHOTOS DE TEXTES REPRODUCTIONS OU FAC-SIMILES de dessins, manuscrits de musique, musique, plans, documents légaux, lettres, rapports, etc.Agrandis ou réduits.Attention particulière aux commandes postales.Appelez LAncaster 521S et nous vous dirons ce qui peut être fait MONTREAL BLUE PRINT INC.1226.rue Université.MONTREAL 2 MONTREAL, AVRIL 1948 PAGE DIX-NEUF Etes-vous mélomane?-par MUSICOPHILE- 1—Autant que Chopin, il mérite le a—Gade ?surnom de "poêle du piano" : b—Boccherïni ?c— Heller ?2—C'esl à Bayreuth qu'il [allait aller a—Chopin ?pour se rendre compte de l'inten- b—Berlioi ?sité d'émotion que peut produire la c—Wagner musique de : 3—Auteur de l'opéra comique cana- a—Aimé Malllart ?dien "Le Père des Amours" : b—Eugène Lapierre c—Jean Mermet ?4—De ses oeuvres, "Poêle et Paysan" a—Bruck ?est le plus entendu : b—Suppé B c—Grieg ?5—11 lut appelé par ses détracteurs a—Verdi ?Il Signor Vacarmini : b—Bellini ?c—AatsjBj ?d—Farinelli ?6—Auteur d'un concerto qui servit de a—Jacques Jansen ?base à un film canadien : b—André Mathieu c—Paul Marcoux ?7—Célèbre compositeur, il n'a écrit a—GlucJt ?que pour le piano saul un Irio el b—Franck ?une Polonaise pour piano el violon- c—Chopin -B- celle : 8—On appelle la chanterelle : a—Une Jeune chanteuse ?b—Instrument d'orchestre ?c Une corde de violon ?9—Beethoven lui a dédié une de ses a—Bériot ?plus remarquables Sonates pour b—Kreutzer piano et violon : c Chauvef ?10—Auteur de "La Villanelle des petits a—Chabrier ?canards", "La ballade des gros b—Godard ?dindons", et "La Pastorale des c—Delibes ?cochons": 11—La plus grosse cloche au monde a—Notre-Dame de pèse tellement qu'elle n'a pu être Paris ?installée dans un clocher ; elle re- b—Kremlin à pose par terre; où est-elle?Moscou ?c—A la tour d'Ottawa ?12—Comment se joue la mandoline : a-directement avec les doigts ?b avec un crochet d'écaillé Q- c avec un archet comme un violon ?13—Combien de cordes dans une o— 4 fi harpe : b-32 Q c—4fi ?* 14—Quel est ce chanteur donl le nom a—Caruso ?demeure à jamais mémorable et b—Tagliavini ?qui donnait un ut dièze de poitri- c—Daunais ?ne : d—Tamberlick ?15—Ce qui 3ert dans l'orgue à mettre a—tirasse en communication un clavier ou b—la copula ?plusieurs avec le pédalier : c—pédale exprès slve ?(Solutions à la page vingt-quatre) Evocation Me serait-il permis de mettre de côté, pour cette lois, mes anecdotes sur le parc Sohmer, alin d'évoquer plus intimement certains souvenirs de la lamille Gagnier ?La disparition récente de ma mère justifierait mon idée.De 1894 à 1907, vivait modestement, rue Sainte-Calherine Esl.une famille qui devait plus tard laisser un nom dans la musique au pays et donner naissance à deux générations d'artistes Mon père, modeste artisan, cordonnier de son état, et musicien de vocation, abandonna tôt son métier pour se vouer entièrement à l'art musical.D'abord clarinettiste au parc Sohmer.bassoniste à la Symphonie de Montréal, contrebassiste dans les théâtres, etc., son unique ambition lut d'encourager sa jeune épouse à l'étude du piano.Puis devant les obligations qui la retenaient auprès de sa progéniture (27 enlants), 11 s'occupa uniquement des petits qui devaient, dès leur plus jeune âge, commencer à apprendre la musique.Chaque petit Gagnier se souvient d'avoir soulflé dans une clarinette, (à 3 ou 4 ans à peine), dont le père touchait les clés pour en laire jaillir un air gai destiné à l'amuser et à l'encourager.Je me souviens pour ma part qu'à l'âge de 6 ans je devais jouer un solo de clarinette, dans une salle paroissiale, un dimanche, à la grande fierté de mon paternel.Malheureusement, je brisai une clé de mon inslurment le samedi, au désespoir de mon père, à qui je vis verser quelques larmes.Avec les classes, — mises sur le même pied que la musique, mon père ayant regretlé toute sa vie de n'avoir pu étudier davantage, — c'est dire que nous n'avions de répil que durant les vacances, où nous n'avions encore et toujours que la musique pour toute récréation: Ainsi durant les 13 années vécues dans ce logement du faubourg Québec, quiconque n'était pas au courant pouvait prendre noire maison pour un conservatoire.En effet, dès sept heures du matin, résonnaient les accents du violon, alto, violoncelle, contrebasse, flûte, clarinette, hautbois, clarinette-basse, basson, cor.trompette, trombone et piano: Et cela se prolongeait jusqu'à une ou deux heures de la nuit.Surtout lorsqu'au retour du théâtre, j'apportais une nouvelle composition élaborée dans la journée et terminée dans les enr'actes, que je laisais essayer sur-le-champ par mes petits Irères et soeurs.11 fallait voir la lêle de chacun, tiré du sommeil .s'étiranl et pleurnichant, en vête-mens de nuit.Je faisais tarir les pleurs et les réticences au moyen de quelques sous.A cette coutume, mon père ne lit jamais objection, tant la musique pour lui passait avant tout le reste.Les voisins non plus n'ont jamais manifesté d'animosité pour ces sarabandes tardives.U faut dire que c'était "le beau temps".A quoi attribuer cette poussée irrésistible de noire lamille vers la musique ?D'une passion irraisonnée de mon père, datant peut-être du jour où, âgé de 4 ou 5 ans à peine, et impressionné par le jeu de l'orgue, qu'il entendait pour la première fois, il était demeuré dans l'église de l'Ancienne Lorette.malgré le départ de ses parents et à leur insu, pour entendre la musique de toutes les messes.Malgré son bas âge, ll avait trouvé seul le chemin du jubé où ses parents.Inquiets à son sujet depuis plusieurs heures, le retrouvèrent endormi, probablement avec l'espoir d'entendre encore l'organiste.Ce penchant pour les arts nous vient-il plutôt de notre mère, descendante de vieille noblesse prussienne, donl les ancêtres, venus de Bonn, patrie de Beethoven, ont peut-être apporté quelque mystérieuse inlluence ?Celle lemme de bien, qui a sacrilié sa jeunesse, sa vigueur et son loisirs pour nous élever, vient de s'éteindre en laissant derrière elle six garçons et une fille.A PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS BOIELDIEU (Suite h la page cinq) tient à l'école mélodique, et par la fraîcheur et la spontanéité de son inspiration, s'apparente bien souvent à Mozart.La clarté et ta franchise de ses thèmes, débordant d'entrain, do jeunesse et de chevaleresque — qualités bien françaises — contrastent cependant avec lo terne de son vocabulaire harmonique qui manque parlois de variété Maniant bien les timbres, son orchestre, un modèle d'élégance et d'équillibre, a déjà une résonance toute modeme.Ses caractères scéniquos sont bien dessinés et ses vastes ensembles ne ralentissent jamais l'intérêt dramatique.Emule et continuateur de l'école de Monsigny et de Gréry, il trace la voie à cette pléiade de compositeurs qui élargiront définitivement le cadre de l'Opéra Comique : Gounod, Bizet, Massenet et Chabrler.Bololdleu a eu pour élèves Zimmermann, Fétis et Adolphe Adam, et il fut le protecteur d'Hérold et de plusieurs autres jeunes compositeurs de talent.Boïeldieu.fils SON (ils.Adrien-Louis-Victor, né à Paris le 3 novembre 1815 (décédé à Quincy.le 9 juillet 1883).était également un compositeur remarquable, mais le lourd héritage du nom de Boïeldieu l'empêcha de briller davantage parmi les compositeurs de son époque En 1838, il fait représenter le premier d'une suite d'opéras-comiques que l'on a erronément attribués à son père : Marguerite.l'Aïeule, lc Bouquet de l'Infante, la Butte des Moulins, etc.La Messe solennelle, exécutée à Rouen le dernier jour des Fêtes organisées, en juin 1875.pour le centenaire de son père, élait de sa composition, de même que l'opéra-comique créé pour la circonstance et intitulé La Halte du Rot qui connut un réel succès.Ajoutons que ces fêtes grandioses du centenaire de la naissance de Boïeldieu durèrent quatre jours consécutifs ; de lous les points de la France des sociétés musicales étalent accourues prendre part à cette solennité ; les membres de 1 Institut, les professeurs du Conservatoire de Paris, toutes les sommités artistiques du pays y assistaient.Concert monstre devant la statue de Boïeldieu ; concours d'orphéons, d'harmonies et de fanfares ; banquet ; illuminations, régates, carrousel : lèle vénitienne ; feu d'artilice.etc., rien ne tut épargné pour honorer la mémoire de l'illustre composieur.Son lils et deux de ses petits-fils y assistaient également.Rouen ost fière à juste titre de son célèbre enfant.Robert CHAUMONT.leur tour, ceux-ci ont eu plusieurs enfants, dont les talents artistiques s'affirment davantage chaque jour.Pour éviter los malentendus, fréquents à notre sujet, voici une petite nomenclature : 1-j.(Jean-losaphat), compositeur et chef d'orchestre ; père de Roland, bassoniste.Dora : tromboniste et pianiste (aujourd'hui Mme Saint-Jean).Guillaume : corniste.- père de Jacques, artiste-peintre et contrebasse ; Jacqueline, artiste-peintre et pianiste ; Mariette, dentelière et dessinatrice.René : violoniste et chef d'orchestre ; père de Jeanne, pianiste ; Claire, cantatrice ; Gérald, trompettiste et compositeur; Renée, diseuse ; Eva, pianiste.Flora (Mme Laurin, décédée} ; mère de Madeleine, pianiste.Armand : clarinettiste ; père de Jean-Jacques, clarinettiste et de Gisèle, dessinatrice.Ernest : (décédé) ; violoncelliste ; père de Paul, flûtiste, et de Claude, dessinateur.Lucien : flûtiste Réal : hautboïste .père le Lise, danseuse •t planiste.S'il avait été donné à ce père et à cette mère de prolonger leur séjour sur la terre, qui sait s'ils n'auraient pas été les témoins fiers et émus de l'éclosion d'une troisième génération d'artistes, espoir que nous avons bien le droit d'entretenir.J.-J.GAGNIER.D Mus —u S,9VOUS SBRVfZ BONBONS du Ch âte des CHOCOLATS J762.rue St-Pierre.Montréal - HA.9989 du GINGER ALE KING'S WfffUMf de l'incomparable CAFE COURT LONDON — si bon que vous en voulez de tasse ! de L'EAU MINERALE MONTCLAIR RICHELIEU Type Vichy e du PATE DE FOIE GRAS "Cordon Bleu" e de la MAYONNAISE "Blue Ribbon" e du FROMAGE "Borden's Bluefort" J.-RENE OUIMET.Ltée.Montréal Une chanson à succès Cédant aux instances de ses nombreux admirateurs, Mademoiselle Fabiola Poirier, une de nos artistes des plus estimées, vient de faire éditer la première de ses ravissantes chansons dont elle est l'auteur.Le titre est prometteur, CHER AMOUR (et en anglais DEAREST LOVE), el la mélodie a beaucoup de caractère et de charme.Plusieurs artistes de la radio et de la scène l'ont déjà inscrite à leur répertoire.des FROMAGES FINS vendus par des spécialistes en fromages YE OLDE ENGLISH CHEESE ¦ Toutes les marques renommées | 1218 rue Stanley, Montréal | Tél.: LA.9932 des CANAPES qui sortent ae l'ordinaire avec le FOIE DE MORUE G ASP AIR I chez DUPUIS FRERES .t aux MAGASINS DIONNE LES PRODUITS MARINS GASPESIENS.Ltée.Montréal MONTREAL.AVRIL 1948 PAGE VINGT-ET-UN UN BEL ENSEMBLE VOCAL La Société des Variétés Canadiennes Fondée en 1945 par M.Gilbert Archambault, de Saint Hyacinthe — Remarquables harmonisations de chants du folklore canadien, par M.l'abbé Maurice Tougas.IL existe à Saint Hyacinthe, depuis le 7 février 1945.une société chorale mixte connue sous le nom de "Les Variétés Canadiennes, Inc.", londée el dirigée depuis par M.Gilbert Archambault.maitre de chapelle de la paroisse Notre Dame du Rosaire.D'une solide lormatlon musicale, profondément épris de son art.M.Archambault était tout désigné pour mener à bonne lin une telle entreprise ; il lui assigne comme but principal la présentation de concerts bien au point, où chaque membre de la chorale y mettra tout son coeur pour le triomphe de l'art vocal.Grâce à cette oeuvre, M.Archambault veut assurer le développement des talents locaux en leur Inculquant le sens de la vie artistique, le souci do la perlection.l'amour du beau et l'esprit du travail ; el visant à la maîtrise de l'art vocal, au développement de la mémoire, II préconise le "par coeur", comblant une lacune dont souffrent beaucoup de nos chanteurs, trop souvent paralysés qu'ils sont par l'inévitable et encombrante feuille de musigue.Aux "Variétés Canadiennes", on chante par coeur, d'où plus de naturel, de fini, de goût dans l'interprétation.T"\E toute évidence.M.Archambault a réussi.Mais que de travail.¦L» de persévérance a exigé la préparation de chacun des concerts.Que de travail bénévole, de coopération Joyeuse de la part des membres, que de loisirs généreusement sacrifiés, car, ne l'oublions pas.chacun a son travail quotidien.Le côté financier en fut assuré par l'appui généreux des hommes d'affaires et des professionnels locaux, à qui 11 faut rendre hommage pour leur bel esprit civique.Dès le 16 février 1946.les Variétés Canadiennes pouvaient donner leur premier concert, dans la Salle académique du Séminaire.Grâce à l'enthousiasme et au bel esprit de tous les membreB, les résultats dépassèrent les prévisions les plus optimistes.Depuis, des concerts lurent donnés à Upton : à Saint-Dominique : au théâtre Maska, sous les auspices des Chevaliers de Colomb ; le 24 Juin, à l'invitation de la Société Saint Jean-Baptiste ; au poste CHEF, de Granby, sous l'égide de la Chambre de Commerce des Jeunes ; à la Salle de l'Hôtel-Dieu.à la demande de a Société du Bon Parler Français, et pour clore l'année, un concert au poste CKAC.de Montréal.L'année 1947 débutait avec le deuxième concert annuel, le 20 mars, au théâtre Maska.Suivirent un concert au Centre Social organisé par l'Ordre dos Forestiers Catholiques, le 20 avril, et un autre avec la chorale Saint-Pierre de Sorel.Ajoutons qu'à ce dernier endroit, on bénéficia du concours précieux de M.l'abbé Maurice Tougas, vivaire de cette paroisse et ancien professeur au Séminaire de Saint-Hyacinthe.M.Tougas, maitre de chapelle diplômé et lauréat de la Sehola Canlorum de Montréal, est un musicien remarquable.La Chorale chante plusieurs de ses harmonisations du folklore canadien, qui sont considérées comme de véritables petits chefs-d'oeuvre.Le répertoire des "Variétés Canadiennes " comprend en outre des oeuvres de Gounod, Saint-Saëns.Brahms.Strauss, Missa, Cooper, Offenbach, Schumann, Verdi, et autres grands maîtres.Les succès do cette société chorale mixte sont un exemple pour notre Jeunesse québécoise à qui ils prouvent que l'étude, le travail et la persévérance assurent la réalisation des ambitions les plus chères.A l'heure présente, plusieurs concerts sont en vie de préparation.I.E.G.KUKKKKKKKHKKKKMKSKKKKKKKK'i AU PLATEAU LA SOCIETE DES FESTIVALS DE MONTREAL présente Une des plus célèbres pianistes de l'univers *AMPARO ITURBI UN SEUL RECITAL MERCREDI.LE 12 MAI 1948, à 9 heures Billets: $1.13,12 23.$3.34 Hôtel Windsor, bureau 14.BElalr 2238.Ed.Archambault.C.W.Lindsay, Willis.Plus populaires que jamais les oeuvres de Anna Boisclair, pour piano • Espérons Marche.40 • René Valse.40 • Marche des Vainqueurs .40 • Edouard Valse.25 ajouter 2'-' pour frais de poste.Gravure nouvelle.Ches les marchands de musique ou au PASSE-TEMPS 627 ouest, nie Dorchesler, MONTREAL 2.P.Q.PAGE VINGT-DEUX LE PASSE-TEMPS SPECTACLE TZIGANE A MONTREAL Collaboration do Lilian Dorsonn, Claudia Thibaudeau.Claude Hinton "TZIGANIA" présenté par l'Opéra des Jeunes, sous la direction de Mme Adelina Czapska C'EST CERTES un spectacle hors de l'ordinaire que nous oflrira l'Opéra des /eunes, le 13 mai prochain, au Monument National, avec la présentation de la première de TZIGANIA.On y verra de la danse, des chansons et du jeu dramatique, dans une heureuse évocation de faits réels de la vie fantaisiste et romantique inspirée des Tziganes.Le thème, conçu par Madame Adelina Czapska, fondatrice et directrice de l'Opéra des Jeunes, fut développé par Claudine Thibaudeau, auteur bien connue de sketches radiophoniques.Claude Hinton, qui se fit remarquer l'an dernier par ses décors d'Aïda présenté par le même groupement, se surpasse dans des décors originaux pour TZIGANIA.L'on y entendra pour la première fois dans un spectacle scénique plus de vingt-cinq chansons tziganes de Dvorak et autres compositeurs.La distribution groupe plusieurs jeunes artistes de talent, dont LucMle Gauvin.Napoléon Bisson, Claudine Thibaudeau et Roger Garand.Madame Lilian Dorsenn seconde Madame Czapska pour la mise en scène.L'impressario est M.Marcel Lalonde.Madame Czapska, une artiste de réputation internationale établie parmi nous depuis quelques années, se consacre à l'enseignement avec un dévouement et une compétence qui lui font honneur.Elève de Rach-mannoff, graduée du conservatoire de Leningrad.Madame Czapska, artiste d'opéra d'abord, donna aussi des concerts à Leningrad, à Varsovie, à Vienne, à Paris, à Rome, à Oslo, à Copenhague et autres villes d'Europe, ainsi qu'en Amérique du Sud.Chantant avec une égale facilité en français, en polonais, en russe, en italien, en allemand et en espagnol, son répertoire comporte 33 opéras, dont plusieurs rôles furent crées par elle, tel celui de Roxane dans "Le Roi Roger", de Karol Szymanovski.L'air de Roxane est universellement connu el joué par lous les violonistes.C'est en vue de faire valoir ce» talents que Madame Czapska fonda ce groupement plein de promesse, "L'Opéra des Jeunes".Sous son habile direction, plusieurs de nos jeunes talents bénéf:cieront d'une solide formation, condition première d'une carrière durable.Ajoutons quo Marie-José Forgues fut une de ses élèves.Ci-dessus Madame Adelina Czapska et ci-contre Claudine Thibaudeau, auteur des dialogues el des textes des chansons de Tzigania.MONTREAL, AVRIL 1948 BIOGRAPHIES-ECLAIR D'Artistes populaires de la radio _-par Paul GELINAS ===== André RANCOURT Ce jeune chanteur montréalais a connu des rébuts prometteurs à CKAC, au programme "La veillée du Samedi soir", puis comme artiste invité à plusieurs autres II prit part a plusieurs revues et spectacles de nos scènes et cabarets métropolitains.Conrad GAUTHIER "Prince de la musique de lolk-lore".pourrait-on dire, cet artiste est le prototype des interprètes de ces veillées d'atmosphère campagnarde.Sa mémoire ptodigieuse lui permet de remuer en moins d'une heure plus de souvenirs qu'aucun autre.Son époque est vraiment celle des plus belles heures de notre musiquo de folklore.Claudette I A R R Y Récente recrue de nos ondes et de la scène des cabarets
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